Grossesse

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Grossesse
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la grossesse dans l'espèce humaine. Pour les autres animaux vivipares, voir gestation.
Grossesse
Classification et ressources externes
Pregnancy 26 weeks 1.jpg
Une femme enceinte
CIM-10 Z33.
CIM-9 650
DiseasesDB 10545
MedlinePlus 002398
eMedicine article/259724 
MeSH D011247

La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce qu'elle puisse survivre hors du corps de la mère. Une femme en état de grossesse est dite enceinte ou gravide.

La grossesse commence avec la f√©condation de l'ovocyte par le spermatozo√Įde, d'o√Ļ r√©sulte la cr√©ation d'une cellule-Ňďuf, qui va se diviser jusqu'√† devenir un embryon, puis un fŇďtus. Elle se poursuit jusqu'√† la naissance, ou √† son interruption par un avortement artificiel ou naturel (fausse couche).

Chez les humains, la grossesse dure environ 39 semaines, entre la fécondation et l'accouchement. Elle se divise en trois périodes de trois mois chacune, communément appelées trimestres.

Mais pour des raisons de convention on parle en semaines d'aménorrhée soit 41 semaines (correspondant à 39 semaines de gestation plus 2 semaines entre le premier jour des dernières règles et la fécondation), ou encore en mois de grossesse.

Sommaire

Fécondation

Articles d√©taill√©s : F√©condation humaine et F√©condation in vitro.

La premi√®re √©tape de la grossesse commence par un rapport sexuel (ou co√Įt) au cours duquel les gam√®tes m√Ęles (les spermatozo√Įdes) sont √©mis (par √©jaculation) dans le vagin. Le sperme se compose non seulement de spermatozo√Įdes mais aussi de sucres (principalement du fructose), de prot√©ines et d'autres substances servant √† maintenir les √©l√©ments cellulaires en vie. Le sperme humain survit environ 48 heures dans le corps de la femme (parfois plus). Les spermatozo√Įdes poss√®dent un long flagelle (une sorte de ¬ę queue ¬Ľ) qu'ils utilisent pour se d√©placer, √©tant ainsi les seules cellules humaines pourvues d'un organite de d√©placement. Ces cellules sont haplo√Įdes, s'√©tant divis√©es lors de la m√©iose de cellules germinales dans les testicules du m√Ęle, et poss√©dant ainsi seulement la moiti√© des chromosomes des cellules du corps. L'√©jaculation humaine comprend entre 100 et 300 millions de spermatozo√Įdes (voir spermogramme).

L'ovocyte est la cellule Ňďuf haplo√Įde (c‚Äôest-√†-dire qu'elle ne contient qu'une moiti√© du mat√©riel g√©n√©tique) femelle. Son r√īle est de fusionner avec un spermatozo√Įde, ainsi devenant un zygote fertilis√© qui cro√ģtra ensuite dans l'ut√©rus et deviendra embryon puis fŇďtus. L'ovule est cr√©√© par m√©iose dans l'ovaire de la femelle, et demeure dans un √©tat de suspension jusqu'√† ce que les fluctuations hormonales du cycle menstruel (pic hormonal au 14e jour du cycle chez la femme, plus commun√©ment appel√© ovulation) provoquent sa lib√©ration et son √©mission dans la trompe de Fallope. Habituellement, un seul ovule est lib√©r√© par cycle menstruel (une lib√©ration de deux ovules et leur f√©condation ult√©rieure donne naissance √† des ¬ę faux jumeaux ¬Ľ, c‚Äôest-√†-dire des jumeaux issus de deux Ňďufs diff√©rents f√©cond√©s par deux spermatozo√Įdes diff√©rents).

Lors de l'ovulation, la frange (fimbriae) des trompes de Fallope couvre l'ovaire pour recevoir l'ovule lib√©r√©. En cas de f√©condation, le sperme rencontre l'ovule d'habitude dans la trompe de Fallope, au niveau de son tiers externe (dans l'ampoule) ; les spermatozo√Įdes doivent alors traverser le vagin sup√©rieur, le col ut√©rin, l'ut√©rus et la trompe de Fallope avant de rencontrer l'ovule, ce qui repr√©sente une distance consid√©rable en comparaison avec la taille du spermatozo√Įde.

Les spermatozo√Įdes qui y parviennent essaient de fertiliser l'ovule. Chaque spermatozo√Įde porte √† son extr√©mit√© c√©phalique, contenus dans une vacuole, des enzymes lytiques qu'il utilise pour dissoudre une partie de la couche ext√©rieure de l'ovule. Cette √©tape, lorsqu'elle parvient √† son terme, peut prendre environ 20 minutes. Une fois l'ovule fusionn√© avec un spermatozo√Įde, sa paroi cellulaire change de composition, permettant ainsi d'inhiber la p√©n√©tration d'un autre spermatozo√Įde. La fusion des noyaux de l'ovule et du spermatozo√Įde cr√©e une cellule diplo√Įde (c‚Äôest-√†-dire comprenant tout le mat√©riel g√©n√©tique n√©cessaire √† sa multiplication, dont une moiti√© d'origine maternelle et une moiti√© d'origine paternelle), compl√©tant la premi√®re √©tape de la grossesse.

Des moyens alternatifs de fertilisation, dont l'ins√©mination artificielle et la f√©condation in vitro, sont parfois utilis√©s dans les cas de st√©rilit√©. En France, les conditions d'acc√®s √† la procr√©ation m√©dicalement assist√©e imposent la n√©cessit√© d'un couple vivant, en √Ęge de procr√©er, de sexe diff√©rent, pouvant justifier d'au moins deux ann√©es de vie commune.

L'ectogenèse est l'externalisation comme les ovipares. Elle n'est pas (encore) au point techniquement.

Développement

Période de préimplantation

√Ä ce moment le zygote est une seule cellule souche totipotente (appel√©e cellule-Ňďuf) avec la capacit√© de cr√©er un organisme entier. La division cellulaire par mitose est le prochain processus : chaque cellule se d√©double pour produire une autre cellule diplo√Įde. Le zygote se divise pour produire deux cellules plus petites, dites blastom√®res, environ toutes les 20 heures. Ces cellules se redivisent environ 3 fois (16 cellules). Cet amas de cellules, dit la morula (en raison de son aspect, que l'on peut rapprocher d'une m√Ľre), quitte la trompe de Fallope et entre dans l'ut√©rus.

Postimplantation

Les cellules développantes se distribuent autour du blastocèle, une cavité liquidienne au milieu des cellules. Les cellules deviennent, au fur et à mesure de leurs divisions par mitose, de plus en plus petites. Cette structure comprenant les cellules zygotiques et le blastocèle s'appelle le blastocyste. Les cellules commencent à se différencier entre les cellules intérieures et extérieures au blastocyste. En 24 à 48 heures, la paroi du blastocyste, la zone pellucide, se rompt. Les cellules extérieures du blastocyste commencent alors à sécréter une enzyme qui érode l'épithélium de l'utérus et crée un site pour l'implantation. Le blastocyste sécrète aussi la gonadotrophine chorionique (HCG), une hormone qui stimule le corps jaune de l'ovaire de la mère à produire de la progestérone, qui maintient le revêtement intérieur de l'utérus pour nourrir l'embryon. Les glandes dans le revêtement utérin grandissent en réponse au blastocyste, et la croissance des capillaires est stimulée dans la région, assurant la provision de nutriments vitaux et d'oxygène au blastocyste.

Le diagnostic biologique de la grossesse se fait par la recherche sanguine ou urinaire de la fraction b√™ta de la gonadotrophine chorionique, mieux connue sous le nom de b√™ta-HCG. Les tests de grossesse urinaires disponibles en pharmacie proposent un dosage qualitatif de cette hormone, leur fiabilit√© est de 90 √† 99 %. Le dosage sanguin, quantitatif, des b√™ta-HCG permet un diagnostic de certitude et une datation du d√©but de la grossesse (le taux de cette hormone double toutes les 48 heures en d√©but de grossesse).

Système circulatoire du placenta

Les cellules autour du blastocyste commencent √† d√©truire des cellules du rev√™tement ut√©rin, produisant de petites flaques de sang et stimulant ainsi la production de nouveaux capillaires. C'est la premi√®re √©tape dans le d√©veloppement du placenta. Les cellules int√©rieures du blastocyste croissent rapidement et forment deux couches. La couche sup√©rieure deviendra l'embryon et la cavit√© amniotique, et la couche inf√©rieure cr√©era un petit ¬ę sac ¬Ľ, la v√©sicule vitelline. Quelques jours plus tard, des villosit√©s choriales placentaires ancrent le blastocyste dans l'ut√©rus. Un syst√®me sanguin se d√©veloppe en regard du placenta, pr√®s du site de l'implantation : la future zone d'√©change entre la circulation maternelle et la circulation fŇďtale se met en place. La v√©sicule vitelline dans le blastocyste commence √† produire les premi√®res h√©maties (ou ¬ę globules rouges ¬Ľ). Pendant les 24 heures qui suivent, du tissu conjonctif se d√©veloppe entre le placenta et le fŇďtus, ce qui deviendra plus tard le cordon ombilical, reliant la face ventrale de l'embryon au placenta (il contient une veine et deux art√®res).

Différenciation cellulaire

Ensuite, une mince couche de cellules se d√©veloppe √† la surface de l'embryon, signalant le d√©but de la gastrulation. C'est un processus au cours duquel les trois feuillets du fŇďtus, l'√©piblaste, le m√©soderme (ou m√©soblaste) et l'endoderme, se d√©veloppent. La couche de cellules commence par stimuler la croissance de l'endoblaste et du m√©soblaste ; l'ectoblaste commence √† cro√ģtre rapidement gr√Ęce √† des substances chimiques stimulatrices produites par le m√©soblaste sus-jacent.

Ces trois couches se d√©velopperont pour former toutes les structures du corps de l'embryon. L'endoblaste donnera la bouche, la langue, le tube digestif, les poumons, la vessie et plusieurs glandes. Le m√©soblaste donne l'int√©rieur des poumons, le cŇďur, la rate, et le syst√®me de reproduction et d'excr√©tion. Il aidera aussi √† la production des lign√©es sanguines. L'√©piblaste (devenu neurectoblaste √† la 4e semaine) deviendra la peau, les ongles, les poils et cheveux, les yeux, le rev√™tement interne et externe des oreilles, le nez, les sinus, la bouche, l'anus, les dents, les glandes mammaires, et toutes les parties du syst√®me nerveux (cerveau, moelle √©pini√®re, nerfs).

Environ 18 jours apr√®s la f√©condation, l'embryon a produit la plupart des formes du tissu dont il aura besoin. Il a la forme d'une poire, avec la t√™te (le p√īle c√©phalique) plus grande que la queue (le p√īle caudal). Le syst√®me nerveux est l'une des premi√®res structures √† se d√©velopper. Au sein du neurectoblaste, se cr√©√©e une d√©pression dont les berges s'√©l√®vent puis fusionnent pour donner un tube √† l'origine de la goutti√®re neurale, √©tendue du p√īle c√©phalique au p√īle caudal de l'embryon, premier axe de l'organisation du futur syst√®me nerveux. Le syst√®me sanguin se met en place √† partir du m√©soderme produit des r√©seaux permettant la distribution du sang dans l'embryon, des cellules sanguines sont en production et en circulation dans l'embryon. Des vaisseaux secondaires se d√©veloppent autour et dans le placenta pour pourvoir aux besoins croissants de l'embryon en nutriments. Le blastoc√®le produit des cellules sanguines et des cellules qui deviendront des vaisseaux sanguins. Des cellules endocardiales se d√©veloppent au sein du m√©soderme, elles sont destin√©es √† former les couches internes du cŇďur.

Environ 24 jours apr√®s la fertilisation se met en place un cŇďur primitif (√† ce stade un simple tube en forme de S), qui commence √† battre et √† faire circuler le sang dans les vaisseaux embryonnaires.

Adaptations de l'organisme maternel au cours de la grossesse

Adaptations cardio-vasculaires

On note une augmentation du débit sanguin de 30-40% durant la grossesse, avec une augmentation du volume circulant pouvant aller jusqu'à un ou deux litres de plus au moment de l'accouchement.

Adaptations immunitaires

D'un point de vue immunologique, le fŇďtus est √† moiti√© "soi" et √† moiti√© "non soi".

Adaptations de l'hémostase

Adaptations endocriniennes

Linea nigra variable selon le phototype dont l'origine évolutive reste obscure.

Tout le système hormonal et métabolique de la mère est affecté et transformé par la grossesse.

En particulier, la fonction et l'√©conomie thyro√Įdienne de la m√®re doivent s'adapter √† la pr√©sence du foetus qui stimule la thyro√Įde de la m√®re, ce qui se traduit par :

  • une nette augmentation des taux s√©riques de TBG (Thyroxine-binding globulin) [1];
  • une l√©g√®re diminution des taux d'hormones libres (s'il n'y a pas carence de l'organisme maternel en iode). Cette diminution est nettement aggrav√©e en cas de d√©ficit en d'iode et plus encore en cas de carence manifeste [1];
  • une tendance fr√©quente √† une l√©g√®re augmentation de thyrotropine (TSH) entre le premier trimestre et l'accouchement ;
  • une stimulation directe de la glande thyro√Įde maternelle par des taux √©lev√©s de gonadotrophine chorionique humaine (hCG, ou human chorionic gonadotropin), surtout vers la fin du 1er trimestre et pouvant √™tre associ√©e √† une baisse transitoire de la TSH [1];
  • des modifications du m√©tabolisme p√©riph√©rique des hormones thyro√Įdiennes maternelles [1];
  • une augmentation de la production hormonale par la glande thyro√Įde de la m√®re jusqu'√† ce qu'un nouvel √©quilibre soit atteint et jusqu'√† l'accouchement (avec probablement un passage transplacentaire d'hormones thyro√Įdiennes (dont thyroxine maternelle (T4) interagissant avec la barri√®re placentaire via notamment l'enzyme d√©iodinase (= Deiodinase = Iodide peroxidase = Monodeiodinase) qui peut par exemple transformer l'hormone T4 en T3[1].
  • des secr√©tions d'Ňďstrog√®nes et progest√©rones en exc√®s par le placenta peuvent √™tre en partie responsables de l'apparition du masque de grossesse et de la Linea nigra (en), ligne brune physiologique dont la croyance populaire lui attribue √† tort le pouvoir de pr√©dire le sexe de l'enfant. Cette hyperpigmentation (en) dispara√ģt dans 99% des cas (s√©quellaire dans les 1% restants)[2].

L'iode va jouer un r√īle important durant la grossesse[3] et apr√®s la grossesse[4]. L'ajustement du m√©tabolisme thyro√Įdien est rendu difficile en cas de maladie thyro√Įdienne auto-immune et d'hypothyro√Įdie ou si la grossesse se d√©roule une carence en iode (L'OMS recommande pour cette raison un apport de 200 ¬Ķg/jour d'iode pour les femmes enceintes). Une carence en iode conduit √† une stimulation thyro√Įdienne accrue pour la m√®re, r√©v√©l√©e par une hypothyroxin√©mie relative et une goitrog√©n√®se (le go√ģtre form√© pendant la gestation peut partiellement r√©gresser apr√®s la parturition)[1].

La grossesse pourrait donc √™tre l'un des facteurs environnementaux expliquant la plus forte pr√©valence de troubles thyro√Įdien et de goitre dans la population f√©minine, d'autant qu'une carence en iode chez la m√®re conduit aussi √† la formation de goitre dans la descendance. Une suppl√©mentation ad√©quate en iode en d√©but de grossesse permet la correction et la pr√©vention presque compl√®te de la goitrog√©n√®se maternelle et n√©onatale[1].

Adaptations du système digestif

La femme enceinte souvent souffre de la nausée survenant le matin, en particulier pendant le premier trimestre. La HCG est soupçonnée comme facteur principal de cet effet.

Le diagnostic de la grossesse

Il se fait en laboratoire ou √† domicile, et repose sur la d√©tection dans l'urine ou le plasma de la femme (enceinte) d'une hormone sp√©cifique produite par le tissu placentaire : l'hormone gonadotrophine chorionique (HCG) glycoprot√©ine constitu√©e de deux sous-unit√©s alpha et b√™ta. Cette hormone appara√ģt tr√®s rapidement dans le sang et les urines apr√®s la f√©condation, sa concentration cro√ģt les trois premiers mois de la grossesse, puis d√©cro√ģt et dispara√ģt apr√®s l'accouchement ; Le dosage radio-immunologique de la fraction b√™ta de l'HCG pratiqu√© en laboratoire peut √™tre positif d√®s le 6e jour apr√®s f√©condation.

  • Tests biologiques ou de ¬ę biodiagnostic ¬Ľ: Les premiers tests de mise en √©vidence de l'hormone HCG faisaient appel √† un animal, auquel de l'urine de femme pr√©sum√©e enceinte √©tait inject√©e. Si cette urine provoquait l'ovulation de l'animal en 24 heures, alors on concluait √† l'existence de la grossesse (Test de Galli-Mainini (du nom du m√©decin Carlos Galli Mainini sur le crapaud ou la grenouille, test d'Ascheimzondeck sur la souris, test de Friedman sur la lapine, etc.) . Ce type de test n√©cessitait de disposer d'√©levages animaux permanents est aujourd'hui abandonn√©s.
  • Tests immunologiques, plus pr√©coces plus pr√©cis et moins on√©reux.
    Ils reposent reposent sur la visualisation de la réaction se produisant entre un anticorps monoclonal (anticorps anti-HCG obtenu par immunisation chez l'animal) et un antigène.
    En pr√©sence d'HCG venant de l'urine de la femme enceinte, l'anticorps anti-HCG r√©agit avec l'antig√®ne. Plusieurs m√©thodes coexistent : test d'agglutination, test d'inhibition de l'h√©maglutination, test immunoenzymatique colorim√©trique, test d'immunoconcentration, test d'immunoconcentration ascensionnelle.
  • Tests personnels : (En France, ils sont vendus en pharmacie depuis 1973, non vendus en grandes surfaces et non rembours√©s par la S√©curit√© sociale
    Marques : G.test (Carte ou "Sceen"): les premiers ont √©t√© mis √† la disposition des femmes en 1973.
    Ils sont utilisables d√®s le jour pr√©sum√© des r√®gles. Le r√©sultat appara√ģt en 2 √† 5 minutes par l'apparition d'une ligne rose (r√©sultat n√©gatif) ou de 2 lignes roses (r√©sultat positif).

Surveillance médicale de la grossesse normale

Une grossesse normale fait l'objet d'un certain nombre d'examens. Certains de ces examens doivent être pratiqués dans des périodes précises.

La durée de la grossesse est indiquée en semaines d'aménorrhée (SA) ou en mois de grossesse (semaines d'aménorrhée = nombre de semaines écoulées depuis les dernières règles, ce qui fait que le terme en semaines d'aménorrhée compte deux semaines de plus que le terme en semaines de grossesse). Le fait de parler de semaines d'aménorrhée est une convention internationale. Le tableau suivant donne la correspondance pratique entre semaines d'aménorrhée et mois de grossesse. Pour plus de clarté, ce tableau fait également la correspondance avec le nombre de semaines de grossesse.

Examen prénatal
Mois Semaines
d'aménorrhée
Semaines
de grossesse
1 6 4
2 10 8
3 15 13
4 20 18
5 24 22
6 28 26
7 32 30
8 37 35
9 41 39

Principes généraux

Les principes √©nonc√©s ci-dessous ne concernent que la surveillance de la grossesse en France. Cette surveillance est marqu√©e par une intervention forte de l'√Čtat, se traduisant par des d√©crets et r√©glementations.

Deux exemples sont particuli√®rement frappants: La France est le seul pays au monde o√Ļ le d√©pistage de la toxoplasmose au cours de la grossesse est obligatoire[5]. De nombreux pays ne pratiquent aucun d√©pistage ou uniquement chez des populations √† risque.

Il en est de m√™me pour l'√©valuation du risque de trisomie 21 (syndrome de Down) au cours de la grossesse par les dosages de l'HCG et de l'alpha-fŇďtoprot√©ine m√™me si d'autres m√©thodes sont plus performantes. Ce d√©pistage fait l'objet de dispositions r√©glementaires parues au Journal officiel[6].

Le nombre d'échographies au cours de la grossesse est de 3 en France mais une seule échographie, en Norvège, est pratiquée systématiquement vers 18 semaines (la limite légale de l'interruption médicale dans ce pays est de 22 semaines), les autres se faisant uniquement sur signes d'appel.

L'objectif de la surveillance r√©guli√®re est le d√©pistage pr√©coce de pathologies obst√©tricales (retard de croissance intra-ut√©rin, hypertension art√©rielle gravidique par exemple). Des s√©rologies sont faites de fa√ßon r√©guli√®re pour d√©pister certaines maladies infectieuses pouvant entra√ģner une embryopathie ou une fŇďtopathie, en particulier chez les femmes non immunis√©es. Recherche des agglutinines irr√©guli√®res tous les mois chez les femmes de rh√©sus n√©gatif.

Des examens biologiques ou bactériologiques sont recommandés à des moments bien précis de la grossesse.

L'examen du col de l'utérus par l'intermédiaire du toucher vaginal est habituellement effectué au cours de la grossesse normale pour dépister théoriquement les risques d'accouchement prématuré. Mais le toucher vaginal ne fait pas partie de la surveillance de la grossesse normale dans de nombreux pays en Europe (Angleterre, Espagne, Pays-Bas, Finlande, Suède, Danemark) avec des taux d'accouchement prématuré identiques ou inférieurs à celui de la France. Enfin certains pays considèrent cet examen comme dangereux (Norvège) et à ce titre comme une faute médicale.

L'existence d'une consultation destin√©e aux couples avant la mise en route d'une grossesse serait hautement souhaitable : le nombre important de couples dont l'un des √©l√©ments est porteur d'une maladie g√©n√©tique impose de les informer des possibilit√©s de diagnostic pr√©natal. Un diagnostic pr√©natal efficace impose souvent de conna√ģtre de fa√ßon pr√©cise la mutation en cause. La pr√©vention de certaines anomalies du syst√®me nerveux central passe par la prise de vitamines plusieurs semaines avant la f√©condation.

Premier trimestre

Première consultation

D√®s qu'une femme conna√ģt son √©tat de grossesse, il est souhaitable qu'elle b√©n√©ficie d'une consultation avant deux mois. Au cours de cette premi√®re consultation seront effectu√©s :

  • Un interrogatoire :
  1. Recherche d'ant√©c√©dents familiaux de maladies g√©n√©tiques ou de malformations pouvant soit b√©n√©ficier d'un diagnostic pr√©natal ou d'un conseil g√©n√©tique. La recherche d'ant√©c√©dent thrombo-embolique familial est aussi important pour le d√©pistage des thrombophilies car la grossesse est une p√©riode √† haut risque thrombog√®ne ;
  2. La r√©currence de certaines malformations familiales est connue. Certaines malformations peuvent √™tre √©vit√©es par un traitement pr√©ventif comme par exemple la prescription d'acide folique pour la pr√©vention de la spina bifida ;
  3. Le nombre et le d√©roulement normal ou pas des grossesses pr√©c√©dentes, leur terme ainsi que le poids des enfants √† la naissance seront not√©s. Enfin, le mode des accouchements et l'existence de complications compl√®tent l'interrogatoire permettant de distinguer les grossesses ¬ę √† risque ¬Ľ ;
  4. L'existence de pathologie maternelle ou de prise de m√©dicaments (r√©guli√®re ou occasionnelle) avant et dans le d√©but de la grossesse, doivent √™tre prises en compte en raison des effets secondaires possibles sur l'enfant √† venir. Il importe de statuer sur les traitements en cours, l'opportunit√© de les poursuivre, de les interrompre ou de les modifier. Le retentissement de la pathologie sur la grossesse et de la grossesse sur la pathologie doit aussi √™tre √©voqu√© ;
  • Un examen clinique :
  1. Un examen cardio-vasculaire avec auscultation cardiaque est effectu√© ;
  2. Le poids et la pression art√©rielle seront relev√©s ;
  • Le frottis de d√©pistage :
  1. Le frottis de d√©pistage pour le cancer du col de l'ut√©rus sera effectu√© chez toute femme ne b√©n√©ficiant pas d'un suivi gyn√©cologique r√©gulier ;
  • La datation de la grossesse :

Elle a un double int√©r√™t, m√©dical et l√©gal, en effet :

    • M√©dicalement, elle permet de d√©pister les anomalies du d√©veloppement fŇďtal, les anomalies du liquide amniotique (hydramnios, oligamnios), de conna√ģtre la date pr√©vue du terme de la grossesse (41 semaines d'am√©norrh√©e ou 39 semaines de grossesse) et de poser le diagnostic de d√©passement de terme ou de pr√©maturit√©,
    • L√©galement, elle influence une √©ventuelle demande d'IVG (terme l√©gal maximal de 14 SA en France), la d√©claration de la grossesse (16 SA au plus tard), la viabilit√© du fŇďtus (une interruption spontan√©e de grossesse au-del√† de la 22e SA permet de d√©clarer un enfant mort-n√© √† l'√©tat civil)
    • M√©thodes de datation de la grossesse :
  1. Par l'interrogatoire, à partir du premier jour des dernières règles (qui détermine le nombre de semaines d'aménorrhée). La conception se produit 14 jours plus tard, au moment de l'ovulation,
  2. Par l'√©chographie, en mesurant la longueur cr√Ęnio-caudale de l'embryon. Cette m√©thode est possible de la 7e √† la 12e SA, et est pr√©cise √† 3 jours pr√®s. Elle repose sur une notion fondamentale : lors du premier trimestre, la croissance est la m√™me pour tous les embryons (elle n'est d√©pendante que de facteurs ut√©rins, et pas de facteurs g√©n√©tiques ou hormonaux),
  1. Avoir une alimentation équilibrée, riche en calcium et en légumes frais, éviter les fromages et laitages au lait cru (prévention de la listériose), éviter de manger de la viande crue.
  2. En cas de non immunisation contre la toxoplasmose, on conseille d'éviter le contact avec les chats et leurs excréments, bien laver les fruits et les légumes, bien cuire la viande,
  3. Arr√™t du tabac et abstinence compl√®te vis-√†-vis de l'alcool (voir syndrome d'alcoolisation fŇďtale). Au besoin, on aiguillera la patiente vers une consultation anti-tabac,
  4. Maintien d'une activité sportive adaptée au terme de la grossesse. La prise de poids est de douze kilogrammes en moyenne dans une grossesse.
  5. En France : d√©claration de la grossesse avant la 16e semaine d'am√©norrh√©e √† la s√©curit√© sociale et √† la caisse d'allocations familiales.

Première échographie

Elle permet :

  • de s'assurer de la vitalit√© de la grossesse par la pr√©sence d'un embryon pr√©sentant une activit√© cardiaque ;
  • d'affirmer le caract√®re unique de l'embryon ou multiple. S'il existe deux embryons, il s'agit d'une grossesse g√©mellaire. En cas de grossesse g√©mellaire il est important pour le suivi correct des grossesses de savoir s'il existe un placenta ou deux placentas qui alimentent l'embryon. On parle dans ce cas de grossesse monochoriale s'il existe un placenta et de grossesse bichoriale s'il existe deux placentas ;
  • de dater, de fa√ßon pr√©cise, la grossesse par la longueur de l'embryon ;
  • d'√©valuer le risque que l'embryon soit porteur d'anomalie chromosomique comme la trisomie 21 par mesure de la clart√© nucale ;
  • de voir certaines malformations ou pathologies √† expression √©chographique pr√©coce.

Deuxième trimestre

Entretien individuel du 4e mois

Cet entretien est fait pour accompagner plus efficacement les parents. En sus du bilan général et obstétrical, et de la préparation à la naissance comportant des séances préparatoires à l’accouchement, il est proposé à toutes les femmes enceintes et aux futurs parents un entretien individuel, ou en couple, au cours du 4e mois. Il est réalisé sous la responsabilité principalement des sages-femmes.

Deuxi√®me consultation : 4e mois

  • Bilan maternel : Pouls, pression art√©rielle, bandelette urinaire (albuminurie, glycosurie), hauteur ut√©rine, poids, toucher vaginal ;
  • Bilan fŇďtal : mouvements actifs fŇďtaux (per√ßus d√®s les environs de la 20e semaine), bruits du cŇďur fŇďtal ;
  • S√©rologie de la toxoplasmose si elle √©tait n√©gative.

Troisi√®me consultation : 5e mois

  • Bilan maternel : Pouls, pression art√©rielle, bandelette urinaire, poids, toucher vaginal ;
  • Bilan fŇďtal : hauteur ut√©rine, mouvements actifs fŇďtaux, bruits du cŇďur fŇďtal ;
  • S√©rologie de la toxoplasmose si elle √©tait n√©gative ;
  • Morphologie compl√®te.

Deuxième échographie

√Čchographie mettant en √©vidence le sexe du foetus : masculin.
  • Croissance fŇďtale par l'√©tude la biom√©trie fŇďtale ;
  • Morphologie fŇďtale ;
  • Localisation du placenta ;
  • Pratique d'une √©tude de la circulation sanguine des art√®res ut√©rines par doppler.

Quatri√®me consultation : 6e mois

  • Bilan maternel : Pouls, pression art√©rielle, bandelette urinaire, poids, toucher vaginal ;
  • Bilan fŇďtal : mouvements actifs fŇďtaux, hauteur ut√©rine, bruits du cŇďur fŇďtal ;
  • S√©rologie de la toxoplasmose si elle √©tait n√©gative ;
  • Recherche de l'antig√®ne HBsAg (antig√®ne de surface du virus de l'h√©patite B) ;
  • Num√©ration formule sanguine, RAI en cas d'ant√©c√©dents de transfusion sanguine ;
  • Recherche d'un diab√®te gestationnel par test de O'Sullivan : Glyc√©mie une heure apr√®s l'ingestion de 50 grammes de glucose. Si la glyc√©mie est sup√©rieure √† 1,4 le test est dit positif et on pratique (id√©alement dans la semaine suivant le test) une hyperglyc√©mie provoqu√©e per os (HGPO). Si la glyc√©mie veineuse est sup√©rieure √† 2 grammes par litre, il est inutile de pratiquer HGPO on peut parler de diab√®te gestationnel.

Troisième trimestre

Cinqui√®me consultation : 7e mois

  • Bilan maternel : Pouls, pression art√©rielle, bandelette urinaire (albuminurie, glycosurie), hauteur ut√©rine, poids, toucher vaginal ;
  • Bilan fŇďtal : mouvements actifs fŇďtaux, bruits du cŇďur fŇďtal ;
  • S√©rologie de la toxoplasmose si elle √©tait n√©gative ;
  • √Čchographie du 3e trimestre : de croissance ;
  • Pr√©vention d'une carence en vitamine D ;
  • 2e d√©termination groupe, rh√©sus, RAI ;
  • Traitement d'une √©ventuelle an√©mie.

Sixi√®me consultation : 8e mois

  • Bilan maternel : Pouls, pression art√©rielle, bandelette urinaire (albuminurie, glycosurie) ;
  • Bilan fŇďtal : mouvements actifs fŇďtaux (per√ßus d√®s les environs de la 20e semaine), bruits du cŇďur fŇďtal, hauteur ut√©rine, poids, toucher vaginal (d√©termination de la pr√©sentation, c√©phalique ou en si√®ge) ;
  • S√©rologie de la toxoplasmose si elle √©tait n√©gative ;
  • Un pr√©l√®vement vaginal est fait syst√©matiquement pour la recherche d'un portage du Streptocoque agalactiae. En cas de r√©sultat positif, une antibioth√©rapie sera faite au cours de l'accouchement.
  • Pr√©voir une consultation d'anesth√©sie et un bilan sanguin pr√©-op√©ratoire;
  • Cong√© de maternit√© : port√© l√©galement √† 6 semaines pr√©natales, puis 10 semaines postnatales. Il peut √™tre allong√© en cas de grossesse compliqu√©e (8 semaines pr√©natales), de grossesse multiple, ou de troisi√®me enfant. Le cong√© de paternit√© est lui de 11 jours, 18 jours en cas de grossesse multiple. Ces cong√©s sont pris en charge par la s√©curit√© sociale et indemnis√©s √† hauteur de 100% du salaire dans la limite de la tranche A de la s√©curit√© sociale (2773 euros en 2008).

Troisième échographie

Beaucoup de pays ne font pas syst√©matiquement de troisi√®me √©chographie. En France, une troisi√®me √©chographie est faite id√©alement entre 7 mois et 7,5 mois soit 32 √† 34 semaines. Elle permet :

  • De v√©rifier la croissance (D√©pistage des retards de croissance d'apparition tardifs ou des macrosomes) ;
  • De s'assurer du bien √™tre fŇďtal ;
  • De d√©pister un placenta ins√©r√© bas ;
  • De s'assurer de l'absence de certaines malformations √† traduction √©chographique tardive ;
  • De s'assurer de la culbute physiologique du fŇďtus c‚Äôest-√†-dire de la position t√™te en bas. En cas d'absence de culbute physiologique, la culbute sera v√©rifi√©e deux semaines plus tard. Si la version spontan√©e ne s'est pas fait on proposera √† la patiente une version par manŇďuvre externe.

Septi√®me consultation : 9e mois

C'est au cours de cette consultation que l'on détermine la possibilité d'accoucher normalement.

  • Bilan maternel : Pouls, pression art√©rielle, hauteur ut√©rine, bandelette urinaire (albuminurie, glycosurie), poids ;
  • Bilan fŇďtal : mouvements actifs fŇďtaux, bruits du cŇďur fŇďtal ;
  • V√©rification de la pr√©sentation fŇďtale : quelle est la partie du corps du fŇďtus qui se pr√©sente √† l'entr√©e du bassin maternel. Cette v√©rification de la pr√©sentation se fait par la palpation ou par le toucher vaginal. Enfin, on v√©rifie la position du dos du fŇďtus. Si le dos est √† gauche, l'accouchement sera plus rapide et facile ;
  • S√©rologie de la toxoplasmose si elle √©tait n√©gative ;
  • Expliquer √† la patiente les circonstances qui doivent l'amener √† se pr√©senter en maternit√© : rupture de la poche des eaux, contractions ut√©rines r√©guli√®res pendant au moins deux heures, diminution des mouvements actifs du fŇďtus, h√©morragie ;
  • Donner un rendez-vous pour le jour du terme th√©orique : Surveillance dans le cadre d'un d√©passement de terme, et √©ventuellement d√©clenchement du travail.

Consultation postnatale

Elle est faite dans les 8 semaines suivant l'accouchement, elle renseigne sur :

  • L'existence de troubles urinaires ou sexuels secondaires √† l'accouchement.
  • Examen de la cicatrice d'une √©ventuelle √©pisiotomie ;
  • Discussion sur la contraception si le retour de couches a eu lieu (reprise des menstruations) ;
  • Les indications d'une r√©√©ducation p√©rin√©ale si n√©cessaire, ou abdominale.

Accouchement

Article d√©taill√© : accouchement.

Psychologie de la grossesse

Article d√©taill√© : d√©ni de grossesse.

Sexualité pendant la grossesse

Un couple de futurs parents.

Aucune restriction sauf avis m√©dical contraire. La p√©riode de la grossesse est aussi une p√©riode tr√®s √©panouissante pour la sexualit√© et pour le couple. D'ailleurs certains hommes avouent √™tre ma√Įeusophiles.

Soins dentaires pendant la grossesse

Parmi les nombreux changements de métabolisme induits par la grossesse, nombreux sont ceux qui interviennent au niveau de la bouche, de la dentition et de la salive, dont la composition chimique va évoluer. Il est donc éminemment recommandé de prendre soin de ses dents et de son hygiène dentaire pendant cette période. Il n'est, contrairement à ce que l'on peut croire, pas contre-indiqué d'effectuer une visite chez le dentiste. Si certaines interventions chirurgicales sont à prohiber (comme la pose d'implants dentaires), on pourra néanmoins effectuer des radios, effectuer un détartrage et même procéder à certains soins sur les caries, avant que celles-ci ne se dégradent. La prise en charge de la femme enceinte ne devrait pas différer de celle des autres patientes. Seulement certaines précautions doivent être prises. Pour cela, il faut entrer en contact avec l’obstétricien pour savoir le moment approprié pour intervenir[7]. Le premier trimestre doit être réservé à faire le bilan clinique. Toute intervention, hormis l’urgence, sera reportée au deuxième trimestre de la grossesse. Les étapes opératoires des soins conservateurs ou endodontiques sont les mêmes sauf que les radiographies sont réservées aux cas d’indication impérative. Au cours du troisième trimestre, seul le traitement d’urgence est dispensé.

Alimentation pendant la grossesse

Logo Zéro alcool durant la grossesse

L'alimentation de la m√®re pendant la grossesse doit, si tout se passe bien, √™tre l'alimentation d'une personne en bonne sant√© : la plupart des conseils nutritionnels habituels s'appliquent donc aussi √† la femme enceinte : √©quilibrer glucides-lipides-protides, manger vari√©, et chaque jour prendre plusieurs fruits et l√©gumes. Quelques conseils sp√©cifiques sont cependant n√©cessaires :

  • Il va de soi que toute consommation d'alcool (chronique ou ponctuelle) est fortement d√©conseill√©e, et ce, √† tous les stades de la grossesse. Les risques sont multiples et parfois gravissimes : le syndrome d'alcoolisation fŇďtale (SAF) se caract√©rise par des malformations cranio-faciales, un retard de croissance et des handicaps comportementaux et cognitifs.
  • Avant la f√©condation et en tout d√©but de grossesse, un apport suffisant en folates (acide folique : vitamine B9) permet de diminuer fortement le risque de spina bifida (non fermeture du tube neural), une anomalie tr√®s grave du d√©veloppement embryonnaire. On trouve des folates dans les feuilles, et particuli√®rement dans l'√©pinard.
  • Le fŇďtus a des besoins particuli√®rement importants en fer et en calcium. La femme enceinte doit donc √™tre attentive √† manger suffisamment de laitages (calcium) et de viande rouge (fer) si elle n'est pas v√©g√©tarienne. En France, de nombreux m√©decins recommandent de prendre des suppl√©ments de fer (cachets) pour contrecarrer une an√©mie constat√©e. Cette prescription est toutefois contestable au regard des donn√©es de la m√©decine factuelle[8]. Le m√©tabolisme du calcium n'est correct que si la femme re√ßoit assez de Vitamine D, que la femme synth√©tise lorsqu'elle s'expose au soleil (15 min par jour suffisent, au moins dans le sud de la France, ou en √©t√©). Certaines femmes enceintes font de l'Ňďd√®me, et on leur recommande de ne pas manger trop de sel, sans forc√©ment suivre un r√©gime d√©sod√©.
  • Il semble que la consommation r√©guli√®re de poissons gras (sardine, maquereau, saumon) pendant la grossesse permette un meilleur d√©veloppement c√©r√©bral et r√©tinien du b√©b√© [9]: les acides gras om√©ga 3 √† longue cha√ģne sont indispensables dans la membrane des neurones. Il ne faut cependant pas en abuser, les ¬ę gros ¬Ľ poissons comme le thon pouvant apporter des mati√®res toxiques : mercure, dioxines. L'ingestion de suffisamment de fluor pendant la grossesse et la jeune enfance pr√©vient la carie dentaire. Les doses pr√©ventives sont minimes, les fortes doses de fluor √©tant par ailleurs toxiques.
  • Par ailleurs les aliments peuvent apporter des bact√©ries ou des parasites dangereux pour le b√©b√©, notamment la listeria et le toxoplasme (donnant la toxoplasmose). Les r√®gles de prudence pour √©viter ces deux dangers sont pratiquement les m√™mes : tr√®s bien laver les fruits et les l√©gumes mang√©s crus, tr√®s bien cuire les restes, la viande et les charcuteries, √©viter les fromages √† cro√Ľte lav√©e ou au lait cru (listeria), changer la liti√®re de son chat tous les jours et se laver les mains apr√®s (toxoplasmose).

Après la grossesse

La période du post-partum (ou suites de couches) est comprise entre la délivrance placentaire et le retour de couches, c’est-à-dire le retour des règles. C'est une période de nouveaux bouleversements à la fois psychiques et familiaux (période clef pour la mise en place de la relation mère-enfant, de la découverte du nouveau-né, de mutations familiales), mais aussi physique avec la perte brutale des repères physiologiques et anatomiques liés à la grossesse.

Le post-partum est donc une p√©riode √† risque de complications psychologiques li√©es aux bouleversements de tous les rep√®res d'une femme, en particulier lorsqu'il s'agit d'un premier enfant. On parle notamment de ¬ę baby blues ¬Ľ et de d√©pression post-natale.

Article d√©taill√© : post-partum.

Surveillance médicale de la grossesse dans le monde

Chiffres des performances obstétricales dans le monde

Définitions

Accouchement prématuré

Un accouchement prématuré est défini comme tout accouchement ayant lieu avant la 37e semaine d'aménorrhée. La limite légale de réanimation d'un enfant prématuré en France est à 24 semaines d'aménorrhée, et 500 grammes, en dessous de ce terme il s'agit d'une fausse couche.

Le nouveau-né prématuré est plus fragile qu'un nouveau-né à terme (risque d'infection). Plus petit, il ne peut s'alimenter seul (donc par sonde gastrique), il nécessite parfois une aide ventilatoire, et ne peut réguler seul sa température corporelle (installation en incubateur). les nouveau-nés prématurés sont pris en charge en réanimation néonatale ou en néonatalogie selon leur terme, poids et fonctions vitales.

Signalons la m√©thode dite ¬ę b√©b√© kangourou ¬Ľ, invent√©e en Colombie, qui consiste √† maintenir l'enfant pr√©matur√© en contact peau-√†-peau permanent avec sa m√®re (ou son p√®re). Sous diverses adaptations, cette m√©thode tr√®s efficace est de plus en plus utilis√©e dans les pays industrialis√©s. √Ä compl√©ter avec des liens

Mortinatalité

La mortinatalit√© parfois appel√©e mortinaissance est la naissance d'un fŇďtus mort apr√®s 24 semaines de grossesse. Lorsque le fŇďtus est mort ou expuls√© avant 24 semaines de grossesse, il ne s'agit pas d'une mortinaissance, mais d'un avortement ou d'une fausse couche au sens √©pid√©miologique et non pas m√©dical.

Son calcul se fait en comptant le nombre de mortinaissances enregistrées durant une période donnée (en général l’année civile) pour mille naissances vivantes et mortinaissances enregistrées durant la même période: Taux de mortinatalité.

Mortalité néonatale

La mortalité néonatale correspond au décès des enfants entre la naissance et jusqu'à de 28 jours de vie. On distingue la mortalité néonatale précoce pour les décès durant la première semaine, et de mortalité néonatale tardive pour ceux des trois semaines suivantes.

Son calcul se fait en comptant le nombre de d√©c√®s d'enfants √Ęg√©s de moins de 28 jours enregistr√©s durant une ann√©e donn√©e pour 1000 naissances vivantes: Taux de mortalit√© n√©onatale.

Mortalité périnatale

La mortalité périnatale est la somme de la mortinatalité et de la mortalité néonatale précoce.

Son calcul se fait en comptant le nombre de mortinaissances et de d√©c√®s d'enfants √Ęg√©s de moins de 7 jours enregistr√©s une ann√©e donn√©e divis√© pour 1000 naissances vivantes : taux de mortalit√© p√©rinatale.

Mort maternelle

La d√©finition de l'OMS ‚ÄĒ selon la Classification Internationale des Maladies (CIM 9) utilis√©e en France ‚ÄĒ de la mort maternelle au cours de la grossesse est "le d√©c√®s d‚Äôune femme survenu au cours de la grossesse ou dans un d√©lai de 42 jours apr√®s sa terminaison, quelle qu‚Äôen soit la dur√©e ou la localisation, pour une cause quelconque d√©termin√©e ou aggrav√©e par la grossesse ou les soins qu‚Äôelle a motiv√©s, mais ni accidentelle, ni fortuite".

D'autres pays, comme le Royaume-Uni, utilisent la CIM 10 qui impose d'inclure les d√©c√®s dans l'ann√©e suivant la naissance (morts maternelles indirectes). Le choix d'une d√©finition a une incidence appr√©ciable sur la politique p√©rinatale : en effet, si la premi√®re cause de mort maternelle, en France, est l'h√©morragie post-partum, au Royaume-Uni elle est le suicide[10].

Les morts maternelles se r√©partissent en deux groupes :

  • D√©c√®s par cause obst√©tricale directe : ce sont ceux qui r√©sultent de complications obst√©tricales (grossesse, travail et suites de couches), d‚Äôinterventions, d‚Äôomissions, d‚Äôun traitement incorrect ou d‚Äôun encha√ģnement d‚Äô√©v√©nements r√©sultant de l‚Äôun quelconque des facteurs ci-dessus.
  • D√©c√®s par cause obst√©tricale indirecte : ce sont ceux qui r√©sultent d‚Äôune maladie pr√©existante ou d‚Äôune affection apparue au cours de la grossesse sans qu‚Äôelle soit due √† des causes obst√©tricales directes, mais qui a √©t√© aggrav√©e par les effets physiologiques de la grossesse.

Le tableau ci-dessous résume les données sur quelques pays:

  • Les donn√©es maternelles viennent de cette source[11] sauf indication contraire.
Pays Accouchement prématuré Mortalité périnatale Mortalité néonatale Mortalité maternelle pour 100 000 naissances Date de la donnée
Monde élément élément élément 402[12] 1995
Allemagne élément élément élément 7,1 1990-1994
Autriche élément élément 6,2 1990-1994
Danemark élément élément 5,6 1990-1994
Finlande élément élément élément 5,5 1990-1994
France élément élément élément 11,2 1990-1994
Hongrie élément élément élément 14,5 1990-1994
Japon élément élément élément 9,5[13] 1991-1992
Norvège élément élément élément 6 1990-1994
Pays-Bas élément élément élément 7 1990-1994
Royaume-Uni élément élément élément 7 1990-1994
Suède élément élément élément 7,4[14] 1980-1988

La mortalit√© des pays en d√©veloppement est tr√®s nettement sup√©rieure √† celle des pays industrialis√©s, la grande majorit√© √©tant concentr√©e dans l'Afrique subsaharienne et l'Asie. Cette mortalit√© maternelle est en d√©croissance r√©guli√®re dans tous les pays sauf en Afrique subsaharienne o√Ļ elle stagne[12].

Illustrations

Voir aussi

Bibliographie

  • Claude Didierjean Jouveau, Pour une naissance √† visage humain, Jouvence, Paris, 2007 (2e √©dition).
  • Sophie Gamelin-Lavois, Pr√©parer son accouchement avec le projet de naissance, Jouvence, Paris, 2006.
  • Jean-Marie Delassus, Psychanalyse de la naissance,Dunod, Paris, 2005.
  • Paul Cesbron et, Yvonne Knibiehler, La Naissance en Occident,Albin Michel, Paris, 2004.
  • Michel Odent, Le Fermier et l'accoucheur : l'industrialisation de l'agriculture et de l'accouchement, M√©dicis-Entrelacs, Paris, 2004.
  • Lysane Gr√©goire et St√©phanie St-Amant, Au cŇďur de la naissance, t√©moignages et r√©flexions sur l'accouchement, Remue-m√©nage, Montr√©al,2004
  • Sophie Gamelin-Lavois et Martine Herzog-Evans, Les Droits des m√®res (2 tomes), L'Harmattan, Paris, 2003.
  • Chantal Birman, Ce qu'accoucher veut dire, une sage-femme raconte, La Martini√®re, Paris, 2003.
  • Isabelle Brabant, Vivre sa grossesse et son accouchement. Une naissance heureuse, √Čditions Saint Martin, Montr√©al, 1991 (√©dition fran√ßaise: Chronique Sociale, Lyon, 2003).
  • Madeleine Akrich et Bernike Pasveer, Comment la naissance vient aux femmes, Synth√©labo / Les emp√™cheurs de penser en rond, Lyon, 1997.

Articles connexes

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Liens externes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f et g Glinoer D. ; What happens to the normal thyroid during pregnancy?, in Thyroid. 1999 Jul;9(7):631-5.(R√©sum√©)
  2. ‚ÜĎ Aida Zerouali, In√®s Zaraa et coll, ¬ę Modifications physiologiques de la peau au cours de la grossesse ¬Ľ, dans Presse m√©dicale, vol. 40, no 1, 2003, p. 17-21 
  3. ‚ÜĎ Glinoer D., Pregnancy and iodine, in Thyroid. 2001 May;11(5):471-81.
  4. ‚ÜĎ Ardawi MS, Nasrat HA, Mustafa BE. Saudi, Urinary iodine excretion and maternal thyroid function. During pregnancy and postpartum ; Med J. 2002 Apr; 23(4):413-22.
  5. ‚ÜĎ D√©cret no 92-143 du 14 f√©vrier 1992 relatif aux examens obligatoires pr√©nuptial, pr√© et postnatal
  6. ‚ÜĎ Arr√™t√© du 23 janvier 1997
  7. ‚ÜĎ Dossir du ""Courrier du dentiste sur les soins dentaires chez la femme enceinte
  8. ‚ÜĎ La diminution du taux de fer est due principalement √† l'augmentation du volume sanguin. Voir Steer, PJ (2000). Maternal hemoglobin concentration and birth weight. American Journal of Clinical Nutrition, Vol. 71, No. 5, 1285s-1287s, May : l‚Äôincidence minimale de faibles poids √† la naissance (< 2.5 kg) et de pr√©maturit√©s (< 37 semaines) se trouve en association avec un taux d‚Äôh√©moglobine de 95 √† 105 g/L. La m√™me √©tude multi-ethnique avec le faible poids de naissance pour seul crit√®re, en 1995, fournit un taux optimal de 85 √† 95 g/L. Dans ces conditions, il n'y a aucune raison de consid√©rer une femme enceinte comme an√©mique lorsque son taux de fer est inf√©rieur √† 105 g/L. L‚Äô√©tude montre par ailleurs qu‚Äôau-del√† de 120 g/L √† la fin du second trimestre, il y aurait des risques accrus de pr√©-√©clampsie et autres complications. Enfin, le fer est oxydant et inhibe l‚Äôabsorption du zinc (Valberg 1984). Voir les fiches 1891 et 1892 dans la base de donn√©es de l'AFAR
  9. ‚ÜĎ grossesse regime, Enceinte manger, j'attends enfant
  10. ‚ÜĎ Source : Confidential Enquiry into Maternal Deaths for 2000-2002. Voir aussi un commentaire de l'AIMS
  11. ‚ÜĎ CŇďuret-Pellicer M, Bouvier-Colle MH, Salanave B, et le Groupe MOMS. Les causes obst√©tricales de d√©c√®s expliquent-elles les diff√©rences de mortalit√© maternelle entre la France et l‚ÄôEurope ? J Gynecol Obstet Biol Reprod 1999 ; 28 : 62-68
  12. ‚ÜĎ a et b Hill K, Thomas K, AbouZahr C et Als. Estimates of maternal mortality worldwide between 1990 and 2005: an assessment of available data, Lancet, 2007; 370:1311-1319
  13. ‚ÜĎ Nagaya K, Fetters MD, Ishikawa M, et al. Causes of maternal mortality in Japan. JAMA 2000; 282 : 2661-2667
  14. ‚ÜĎ H√∂gberg U, Innala E, Sandstr√∂m A. Maternal mortality in Sweden, 1980-88. Obstet Gynecol 1994; 84 : 240-244
  15. ‚ÜĎ (3D Pregnancy (√† 6 semaine d'√Ęge gestationnel), consult√© 2007-08-28. 3D avec rotation, et aussi
  16. ‚ÜĎ Image 3D (√Ęge gestationnel de 10 semaines). consult√© 2007-08-28. Vue en rotation, et ici.
  17. ‚ÜĎ Vue 3D (Image √† l'age gestationnel de 20 semaines), consult√© 2007-08-28. Vue 3D mobile, et ici.
  18. ‚ÜĎ Vue 3D (√Ęge gestationnel de 40 semaines), consult√© 2007-08-28. Vue en rotation, et ici.


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