Gregoire VII

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Gregoire VII

Grégoire VII

Grégoire VII
Pape de l‚Äô√Čglise catholique romaine
Image du pape Grégoire VII
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[[|100px|Armoiries pontificales de Grégoire VII]]
Nom de naissance Ildebrando Aldobrandeschi de Soana
Naissance vers 1015/1020
√Člection
au pontificat
22 avril 1073
Intronisation: 30 juin 1073
Fin du
pontificat‚ÄČ:
25 mai 1085
Rome (Italie)
Pr√©d√©cesseur‚ÄČ: Alexandre II
Successeur‚ÄČ: Victor III
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Antipape‚ÄČ: Cl√©ment III
Listes des papes : chronologie ¬∑ alphab√©tique
Projets Catholicisme et Histoire · Modèle

Ildebrando Aldobrandeschi de Soana (né vers 1015/1020 et mort le 25 mai 1085), devient en 1073 le 155e pape sous le nom de Grégoire VII, succédant à Alexandre II.

Il est le principal artisan de la réforme grégorienne, tout d'abord en tant que conseiller du pape Léon IX et de ses successeurs, et bien entendu sous son pontificat.

Cette r√©forme de l'√Čglise entend purifier les mŇďurs du clerg√© (obligation du c√©libat des pr√™tres, lutte contre le nicola√Įsme) et lutter contre la simonie, le trafic des b√©n√©fices et notamment des √©v√™ch√©s, ce qui provoque un conflit majeur avec l'empereur Henri IV. Celui-ci consid√®re comme vital de donner l'investiture aux √©v√™ques. Au cours de la querelle des investitures, Gr√©goire VII oblige l'empereur excommuni√© √† faire une humiliante p√©nitence √† Canossa. Cependant cet √©pisode ne suffit pas √† r√©gler le conflit et Henri reprend l'avantage en assi√©geant le pape r√©fugi√© au ch√Ęteau Saint-Ange. Lib√©r√© par les Normands, le pape est chass√© de Rome par la population, exc√©d√©e par les exc√®s de ses alli√©s. Gr√©goire VII meurt exil√© √† Salerne, le 25 mai 1085.

Sommaire

Enfance

Gr√©goire VII na√ģt √† Soana proche de Sorano en Toscane vers 1020[1]. Il se nomme Hildebrand, ce qui rappelle l'origine germanique de sa famille, les Aldobrandeschi, une famille noble de Toscane. Cependant selon certaines sources, sans doute avec la volont√© de faire appara√ģtre un parall√®le avec le Christ lors du proc√®s de canonisation, Hildebrand serait issu d'une famille de condition moyenne[1]: son p√®re aurait exerc√© la profession de charpentier[2].

√Čl√®ve puis chapelain de Gr√©goire VI

Hildebrand est envoy√© tr√®s jeune √† Rome, o√Ļ son oncle est sup√©rieur de l'abbaye clunisienne de Sainte-Marie sur l'Aventin[3]. Il y est instruit et aurait eu pour ma√ģtre Jean Gratien, le futur Pape Gr√©goire VI. Ce dernier est un fervent r√©formateur. La culture de Hildebrand est plus mystique que philosophique : il se nourrit plus des psaumes ou des √©crits de Gr√©goire le Grand (dont lui-m√™me et son mentor prendront le nom en acc√©dant au tr√īne de saint Pierre) que de ceux de Saint Augustin[1]. Il s'attache √† Jean Gratien qui fit de lui son chapelain. Il le suivra jusqu'√† sa mort[2].

La fin du IXe si√®cle et le d√©but du Xe si√®cle ont √©t√© marqu√©s par l'affaiblissement de la puissance publique du fait de la dissolution de l'Empire carolingien. Confront√©s aux invasions et au guerres priv√©es engendr√©es par la mont√©e en puissance d'une nouvelle √©lite guerri√®re qui prend en charge des territoires, les clercs recherchent la protection des puissants. En contrepartie ces derniers s'approprient le droit de disposer les biens des √©glises et de d√©signer les titulaires de charges eccl√©siastiques, abbatiales et paroissiales[4]. D√®s lors ces charges sont confi√©es √† des la√Įcs, souvent contre r√©tribution et leur transmission se fait parfois par voie h√©r√©ditaire. L'√Čglise subit une v√©ritable crise de moralit√©: les charges et des biens de l'√Čglise sont soumis √† un v√©ritable trafic (simonie) et la clerogamie (nicola√Įsme) est tr√®s r√©pandue[5], particuli√®rement en Italie, en Allemagne et en France[6].

En réaction, cette époque est marquée par un fort mouvement réformateur monastique qui obtient l'autonomie de nombreuses abbayes et impose une moralisation de la conduite de la chevalerie naissante en particulier par les mouvements de la paix de Dieu puis de la trêve de Dieu[7]. Le mouvement est largement porté par Cluny mais pas uniquement: ce sont les abbayes bénédictines de Brogne en Belgique et de Gorze en Lorraine qui propagent la réforme. C'est dans cet esprit qu'est éduqué Hildebrand.

Du fait de la vaste superficie du Saint Empire romain germanique, l'autorit√© de l'empereur allemand est assez faible en Italie. Les grandes familles romaines (et en particulier les comtes de Tusculum) habitu√©es √† faire √©lire le pape, ont repris leurs anciennes pr√©rogatives: trois papes issus de la famille des Tusculani se succ√®dent √† partir de 1024. Si Beno√ģt VIII et Jean XIX sont √©nergiques, Beno√ģt IX √©lu tr√®s jeune se comporte de mani√®re tyrannique et indigne[6]. Critiquant sa faible moralit√©, des insurg√©s Romains √©lisent un antipape en 1045 (Sylvestre III). Mis en difficult√©, Beno√ģt IX revend sa charge √† Jean Gratien qui, pensant remettre de l'ordre, accepte cet acte de simonie et prend le nom de Gr√©goire VI. Cependant, il ne parvient pas appliquer la r√©forme et le d√©sordre est accru: il y a trois papes concurrents.

Depuis Henri II (1014-1024), les empereurs sont contraints de descendre périodiquement avec leur armée en Italie pour y restaurer leur autorité[8]. Henri III intervient lui aussi militairement: le 20 décembre 1046, au synode de Sutri, il dépose les trois pontifes et impose le pape réformateur Clément II[9].

Hildebrand suit son mentor Grégoire VI en exil en Allemagne et reste auprès de lui jusqu'à sa mort en 1048. Sa vie austère est alors remarquée par Brunon l'évêque de Toul et proche parent de l'empereur, qui l'attache à son tour à sa personne.

Conseiller des souverains pontifes

Article d√©taill√© : L√©on IX.
Le pape Léon IX

√Ä Rome les d√©sordres persistent. Coup sur coup, les deux papes d√©sign√©s par l'empereur, Cl√©ment II et Damase II, sont assassin√©s. En 1048, Brunon, est proclam√© pape par une di√®te tenue √† Worms. Il n'accepte qu'√† la condition d'obtenir le consentement du clerg√© et du peuple romain. Il est confirm√© dans cette r√©solution par Hildebrand qui le persuade de quitter ses v√™tements √©piscopaux et de se rendre √† Rome comme un simple p√®lerin, pour demander le renouvellement et la confirmation de sa nomination. Les Romains sont sensibles √† cette humilit√© : Brunon est √©lev√© √† la charge pontificale sous le nom de L√©on IX le 1er f√©vrier 1049[9].

√Člev√© dans l'esprit de la r√©forme monastique, il conclut que c'est l'indignit√© des papes pr√©c√©dents qui leur a valu leur d√©saveu par les Romains et leur d√©ch√©ance. Il nomme Hildebrand sous-diacre et le charge de l'administration des revenus du Saint-Si√®ge, proche de la faillite[10]. Les actes les plus importants de son pontificat sont effectu√©s sous le conseil d'Hildebrand[11]) qui restera ensuite un des conseillers les plus influents de ses successeurs Victor II (1055-1057), √Čtienne IX (1057-1058), Nicolas II (1058-1061), Alexandre II (1061-1073))[2]. Hildebrand est l'un des principaux acteurs de ce qu'on appellera plus tard la r√©forme gr√©gorienne, vingt-cinq ans avant de devenir pape lui-m√™me.

Les organes de gouvernement sont r√©organis√©s ; les services de la chancellerie, d√©sormais tr√®s actifs, suivent le mod√®le imp√©rial et la fonction des cardinaux, auxquels sont confi√©s des postes cl√©s de la curie, s'accro√ģt tr√®s sensiblement ; ces places, nagu√®re r√©serv√©es aux repr√©sentants des familles romaines, sont ouvertes aux "√©trangers", ce qui souligne le caract√®re universel de la papaut√© et montre que ces nominations ne doivent plus relever du client√©lisme[12].

Une doctrine est √©labor√©e, qui tend √† donner au Saint-Si√®ge le pouvoir n√©cessaire √† l'accomplissement de la r√©forme. Les Dictatus papae en r√©v√®lent les id√©es ma√ģtresses : dans la soci√©t√© chr√©tienne, ciment√©e par la foi, l'ordre la√Įque a pour fonction l'ex√©cution des commandements de l'ordre sacerdotal dont le pape est le ma√ģtre absolu. Vicaire du Christ, il est le seul titulaire l√©gitime de l'Empire, puisqu'il est le vicaire du Christ, ¬ę l'empereur supr√™me ¬Ľ. Il peut d√©l√©guer ce pouvoir et reprendre sa d√©l√©gation. L'empereur n'est plus le coop√©rateur du pape, mais son subordonn√©. Il doit ex√©cuter le programme de r√©forme d√©fini par le pape. Or ce programme remettait en cause l'√Čglise imp√©riale.

Hildebrand est envoyé en France pour enquêter sur l'hérésie de Bérenger . L'écolatre de tours affirme qu'il y a seulement une présence spirituelle du christ dans l'eucharistie. Déjà condamné aux conciles de Rome et de Verceuil en 1050, puis au Synode de Paris en 1054, Bérenger est déféré en 1054 au concile de Tours présidé par Hildebrand. Il reconnait qu'après consécration le pain et le vin sont le corps du Christ[13].

Henri III et Agnès.

L√©on IX meurt en 1054, mais une d√©l√©gation romaine comprenant Hildebrand parvient √† convaincre Henri III de choisir Victor II comme successeur, le parti r√©formateur reste donc au pouvoir au Saint-Si√®ge, bien que le pape continue d'√™tre nomm√© par l'empereur. Apr√®s avoir pr√©sid√© aux obs√®ques imp√©riales le 28 octobre 1056, Victor II est, le 5 novembre suivant, le principal artisan de l'√©lection du jeune fils de 6 ans d'Henri III comme empereur, sous le nom d'Henri IV, et met en place la r√©gence d'Agn√®s d'Aquitaine, veuve de l'empereur[14]. Cette derni√®re est proche du mouvement clunisien : le monast√®re de Cluny est une fondation de sa famille et Hugues, son abb√©, est le parrain de l'h√©ritier du tr√īne, le futur Henri IV, et le confident intime de la famille imp√©riale.

Toutefois, elle n'a pas l'autorit√© politique ni le volontarisme de son mari et elle gouverne sous l'influence de pr√©lats comme Anno de Cologne, Siegfried de Mayence et Henri d'Augsbourg. Elle doit conc√©der de nombreuses possessions aux ducs pour garder leur fid√©lit√©. Pendant la r√©gence, les relations entre l'√Čglise et l'Empire √©voluent au d√©triment de ce dernier. Au d√©c√®s de Victor II, en 1057, les r√©formateurs profitent de la minorit√© de l'empereur Henri IV, √Čtienne IX est √©lu pape sans qu'Agn√®s soit mise au courant[15],[1]. Le nouveau souverain pontife est le fr√®re de Godefroy le Barbu. Ce dernier, duc de Basse-Lorraine et de Toscane √©tait entr√© en conflit avec Henri III soucieux de neutraliser ses vassaux trop puissants : un refus de la r√©gente pourrait d√©clencher un nouvelle r√©bellion des grands vassaux. Le nouveau pape s'oppose √† la nomination des papes par l'empereur.

Dans son trait√© de 1058 Contre les simoniaques, le cardinal Humbert de Moyenmoutier analyse les cons√©quences de la simonie, montre la n√©cessit√© de supprimer l'investiture la√Įque et insiste sur le r√īle pr√©pond√©rant que doit jouer le Saint-Si√®ge dans la r√©forme[10][1]. Il y affirme que l'inconduite des clercs provient de leur soumission aux la√Įcs car ceux-ci les investissent en fonction non pas de leur pi√©t√© mais des avantages mat√©riels que cette nomination peut leur procurer[16].Etienne IX est assassin√© √† Florence apr√®s seulement huit mois de pontificat.

Son successeur Nicolas II est √©lu pape √† Sienne le 28 d√©cembre 1058 par les soins d'Hildebrand, il est conduit √† Rome par Godefroy le Barbu, qui expulse l'antipape Benoit X, √©lev√© par la faction des Tusculum. Pour ce faire l'√©lection de Nicolas II avait re√ßu l'approbation imp√©riale du jeune Henri IV[17]. Le 13 avril 1059, Nicolas II fait promulger par un concile r√©uni au Latran, le d√©cret in nomine De√Į qui stipule que l'√©lection des pontifes romains sera dor√©navant r√©serv√©e au coll√®ge des cardinaux[1],[18]. Le r√©dacteur de ce d√©cret est tr√®s vraisemblablement Hildebrant lui-m√™me[19]. M√™me si le droit de confirmation par l'empereur est maintenue[20], le pape n'est donc plus l'homme lige de l'empereur. Les r√©formateurs ont su profiter de l'instabilit√© de l'empire pour procurer l'ind√©pendance du Saint-Si√®ge.

Apr√®s la mort de Nicolas en 1061, les cardinaux choisissent Alexandre II. Une notification est adress√©e √† la cour de l'empereur : ce faisant, ils ne demandent pas √† la r√©gente de reconna√ģtre l'√©lection[20]. Elle choisit de l'ignorer. Les cardinaux consid√©rant que le privil√®ge de confirmation imp√©rial est abrog√©, le nouveau pape est sacr√© le 30 septembre. Furieux, les Romains, d√©poss√©d√©s de leur ancien droit d'√©lection, portent leurs griefs devant l'imp√©ratrice Agn√®s. Elle saisit l'occasion de contrer la nouvelle ind√©pendance du Sacr√©-Coll√®ge et convoque une assembl√©e √† B√Ęle qui, en l'absence de tout cardinal, √©lit un autre pape, qui prend le nom d'Honorius II[20]. Ce schisme dure peu de temps et l'antipape est abandonn√© par ses protecteurs d√®s 1064. Confort√© dans son r√īle, Alexandre II accentue son contr√īle sur l'√Čglise d'Italie[20]. Il agit en parfait accord avec un groupe de r√©formateurs, parmi lesquels Hildebrand joui d'une influence exceptionnelle[20].

Pontificat

√Člection

Grégoire VII.

En Juin 1073, √† la mort d'Alexandre II, il est √©lu par les cardinaux, sous la pression du peuple romain[10]. Il accepte ces fonctions √† contre-cŇďur : il est d√©j√† sexag√©naire et en conna√ģt les lourdes responsabilit√©s. Il √©crit en 1075 √† son ami Hugues de Cluny: ¬ę Vous m'√™tes t√©moin, bienheureux Pierre, √©crira-t-il en 1076, que c'est malgr√© moi que votre sainte √Čglise m'a mis √† son gouvernail. ¬Ľ[21]. Cette √©lection effraye les √©v√™ques qui redoutent sa s√©v√©rit√©. Le consentement imp√©rial n'ayant pas √©t√© donn√© ainsi que l'exige encore le droit √©tabli, les √©v√™ques de France, qui ont subi les exigences de son z√®le r√©formateur quand il √©tait venu chez eux comme l√©gat, tentent de pousser l'empereur Henri IV √† ne pas le reconna√ģtre. Mais Hildebrand sollicite et obtient la confirmation imp√©riale. Il ne prend possession du si√®ge apostolique qu'apr√®s l'avoir obtenue.

D√®s son av√®nement, il r√©clame, en vertu de la donation de Constantin, la Corse, la Sardaigne et m√™me l'Espagne; il soutient que la Saxe avait √©t√© donn√©e au Saint-Si√®ge par Charlemagne, la Hongrie par le roi √Čtienne ; et il r√©clame de la France le denier de Saint-Pierre. Ces pr√©tentions risquant de se heurter √† un refus g√©n√©ral et de lui attirer trop d'ennemis, il recentre son action sur la lutte contre le nicola√Įsme et la simonie.

Lutte contre le nicola√Įsme

Il ne rentre pas imm√©diatement en conflit avec les grands et s'attaque dans un premier temps aux pr√™tres mari√©s. Pour lui, le c√©libat eccl√©siastique fait partie de son id√©al monacal, qui met l'asc√®te √† part et au-dessus des autres hommes. Il y voit aussi une force pour l'√Čglise. Il souhaite des clercs uniquement pr√©occup√©s d'elle, sans famille, ind√©pendants des liens sociaux et, par suite, de l'emprise des la√Įques, inaptes enfin √† fonder une caste h√©r√©ditaire prompte √† s'approprier les biens d'√Čglise[3]. Lors du concile du Car√™me de 1074, des d√©cisions sont prises pour √©carter les pr√™tres simoniaques ou concubinaires. En particulier, il fait interdire l'acc√®s aux √©glises pour les pr√™tres mari√©s ou vivant en concubinage[18].

Ces d√©crets sont contest√©s par de nombreux pr√™tres allemands. Les √©v√™ques embarrass√©s, principalement en Allemagne, ne montrent aucun empressement √† appliquer les d√©cisions de ce concile et le pape, doutant de leur z√®le, ordonne aux ducs de Souabe et de Carinthie d'emp√™cher par la force les pr√™tres rebelles d'officier. Il se voit alors reproch√© par les √©v√™ques Th√©odoric de Verdun et Henri de Spire d'avoir abaiss√© par cette d√©cision l'autorit√© √©piscopale devant le pouvoir s√©culier. Dans un premier temps, l'empereur Henri IV d√©j√† occup√© par la r√©volte de ses grands f√©odaux tente d'apaiser le conflit. Il propose de jouer les conciliateurs entre les l√©gats pontificaux et les √©v√™ques allemands[22]. Gr√©goire VII triomphe pourtant en Allemagne: les pr√™tres mari√©s y sont bafou√©s, parfois tortur√©s et exil√©s ; leurs femmes l√©gitimes sont mises √† l'index de la soci√©t√©[23].

Aux f√™tes de No√ęl 1075, une r√©volte est organis√©e √† Rome, par Censius, chef de la noblesse oppos√©e aux r√©formes. Gr√©goire VII est arr√™t√© alors qu'il officie dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure et est enferm√© dans une tour. Mais le pape est d√©livr√© par le peuple dont il a le soutien, ce qui lui permet de r√©primer la r√©volte[3].

En Espagne, sous la pression de l'envoy√© pontifical, le concile de Burgos (1080) prescrit aux eccl√©siastiques de renvoyer leurs femmes, mais l'ordre ne sera ex√©cut√© qu'au XIIIe si√®cle, sous Alphonse le Sage, dont le code punit le mariage sacerdotal[3].

En France et en Angleterre, les choses sont plus difficiles. Le synode de Paris (1074) d√©clare les d√©crets romains intol√©rables et d√©raisonnables (¬ę importabilia ideoque irrationabilia ¬Ľ). Au synode agit√© de Poitiers (1078), le l√©gal obtient qu'on menace les auditeurs d'un pr√™tre r√©fractaire, mais les √©v√™ques ne peuvent gu√®re mettre ce canon en vigueur sans l'appui du bras s√©culier, et les mariages eccl√©siastiques persistent[3].

Outre-Manche, Guillaume le Conqu√©rant ne fait rien pour appliquer la r√©forme. Lanfranc de Cantorb√©ry ne put emp√™cher le concile de Winchester d'autoriser en 1076 les pr√™tres mari√©s √† garder leurs femmes. Le concile de Londres de 1102, sous l'inspiration d'Anselme, ordonne le renvoi, mais sans prescrire de p√©nalit√©s. Le second concile de Londres (1108) n'a d'autre effet que d'aggraver le d√©sordre des mŇďurs dans le clerg√©[3].

En fait, Grégoire VII vite engagé dans la querelle des investitures, ne peut se payer le luxe d'affronter à la fois l'empereur et les rois de France et d'Angleterre. Il ménage donc les deux derniers en adjoignant à son intransigeant légat Hugues de Die le plus diplomate Hugues de Semur, abbé de Cluny[3].

Lutte contre la simonie

D√®s 1073, il s'attaque √† Philippe Ier, roi de France, pour simonie. En 1074, il essaye de soulever contre lui les √©v√™ques de son royaume en leur √©crivant: ¬ę Entre tous les princes qui, par une cupidit√© abominable, ont vendu l'√Čglise de Dieu, nous avons appris que Philippe, roi des Fran√ßais, tient le premier rang. Cet homme, qu'on doit appeler tyran et non roi, est la t√™te et la cause de tous les maux de la France. S'il ne veut pas s'amender, qu'il sache qu'il n'√©chappera pas au glaive de la vengeance apostolique. Je vous ordonne de mettre son royaume en interdit. Si cela ne suffit pas, nous tenterons, avec l'aide de Dieu, par tous les moyens possibles, d'arracher le royaume de France de ses mains; et ses sujets, frapp√©s d'un anath√®me g√©n√©ral, renonceront √† son ob√©issance, s'ils n'aiment mieux renoncer √† la foi chr√©tienne. Quant √† vous, sachez que, si vous montrez de la ti√©deur, nous vous regarderons comme complices du m√™me crime, et que vous serez frapp√©s du m√™me glaive. ¬Ľ. Philippe Ier promet de s'amender, mais continue d'autant que les √©v√™ques fran√ßais ne mettent pas le royaume en interdit. Le pape comprend que sa r√©forme ne peut pas s'appuyer sur des √©v√™ques, eux-m√™mes simoniaques: il lui faut des hommes convaincus de la n√©cessit√© de la r√©forme. Il s'abstient donc de donner suite imm√©diatement √† ses menaces qui risqueraient d'engendrer un schisme.

Lors du concile du Car√™me de 1075, non seulement les pr√™tres simoniaques et concubinaires sont menac√©s d'excommunication mais des √©v√™ques sont aussi condamn√©s[24] : ¬ę Si quelqu'un d√©sormais re√ßoit de ta main de quelque personne un √©v√™ch√© ou une abbaye, qu'il ne soit point consid√©r√© comme √©v√™que. Si un empereur, un roi, un duc, un marquis, un comte, une puissance ou une personne la√Įque a la pr√©tention de donner l'investiture des √©v√™ch√©s ou de quelque dignit√© eccl√©siastique, qu'il se sache excommuni√© ¬Ľ[25]. Gr√©goire VII publie √©galement un d√©cret interdisant aux la√Įcs de choisir et d'investir les √©v√™ques. C'est la premi√®re fois que l'√Čglise prend position sur la question des investitures la√Įques.

Henri IV.

Gr√©goire VII fait √©lire le l√©gat Hugues de Die, l'un de ses plus proches collaborateurs comme archev√™que de Lyon. Ce dernier √©tait issu d'une puissante famille aristocratique (il √©tait le neveu d'Hugues Ier de Bourgogne l'abb√© de Cluny et du Duc Eudes Ier de Bourgogne). Il peut appliquer dans son archidioc√®se la r√©forme gr√©gorienne, convoquant maints conciles, au cours desquels il excommunie et d√©pose √† tour de bras les clercs simoniaques et concubinaires : 1075 √† Anse, 1076 √† Dijon et Clermont, 1077 √† Autun (contre le tyrannique Manass√®s de Gournay, qui a priv√© Bruno, le fondateur des Chartreux, de ses charges et de ses biens[26]), 1078 √† Poitiers[27].

L'empereur Henri IV vient de faire face √† une r√©bellion en Saxe[12]. Face √† la turbulence des grands seigneurs, le soutien d'une √Čglise imp√©riale lui est indispensable.

En effet, sous les Carolingiens, la mise en place progressive de l'h√©r√©dit√© des charges avait fortement contribu√© √† l'affaiblissement de leur autorit√©: l'empereur n'avait plus prise sur les grands f√©odaux ce qui a conduit au morcellement progressif et √† la dissolution de l'empire carolingien[28]. Pour √©viter une pareille d√©rive, les Ottoniens se sont appuy√© sur l'√Čglise germanique dont il distribuent les charges √† des fid√®les sachant qu'ils les r√©cup√®reront √† leur mort. Les √©v√™ques parfois √† la t√™te de v√©ritables principaut√©s et les abb√©s constituent donc l'armature de l'administration imp√©riale. L'empereur s'assure la nomination de tous les membres du haut clerg√© de l'empire. Une fois d√©sign√©s, ils re√ßoivent du souverain l'investiture symbolis√©e par les insignes de leur fonction, la crosse et l'anneau. En plus de leur mission spirituelle, ils doivent remplir des t√Ęches temporelles que leur assigne l'empereur. Ainsi l'autorit√© imp√©riale est-elle relay√©e par des hommes comp√©tents et d√©vou√©s[29]

Malgr√© cela, dans un premier temps, Henri IV, qui n'est pas hostile √† la r√©forme, cherche √† n√©gocier pour continuer √† nommer les √©v√™ques. Il a comme objectif de renforcer en Italie une √Čglise d'Empire, Reichskirche, qui lui serait totalement fid√®le[30].

La querelle des investitures

Article d√©taill√© : Querelle des Investitures.

L'affrontement avec Henri IV

Gr√©goire VII entreprend des n√©gociations avec Henri IV, soutenu par quelques √©v√™ques de l'Empire √† propos de l'investiture royale (c'est-√†-dire la√Įque). Les n√©gociations ayant √©chou√©, Gr√©goire jette l'anath√®me sur le conseiller du roi.

En septembre 1075, suite au meurtre d'Erlembald, Henri investit (contrairement aux engagements pris) le clerc Tedald archevêque de Milan, ainsi que des évêques dans les diocèses de Fermo et de Spolète[31]. Alors éclate le conflit.

Gr√©goire envoie en d√©cembre une lettre virulente √† Henri, dans laquelle il l'exhorte vivement √† l'ob√©issance :

¬ę L'√©v√™que Gr√©goire, serviteur des serviteurs de Dieu, au roi Henri, salut et b√©n√©diction apostolique (si toutefois il veut bien se soumettre au Si√®ge apostolique, comme il sied √† un roi chr√©tien) [...][32] ¬Ľ

Au-del√† de la question des investitures, c'est le sort du dominium mundi qui se joue, la lutte entre le pouvoir sacerdotal et le pouvoir imp√©rial. Les historiens du XIIe si√®cle appellent cette querelle Discidium inter sacerdotium et regnum[33].

Le Dictatus papae

Dictatus papæ, archives du Vatican.

Gr√©goire VII promulgue alors, en 1075, le fameux Dictatus Papae, d√©finissant canoniquement cette doctrine pour contrecarrer le c√©saro-papisme, √† savoir : l'ing√©rence du pouvoir politique dans le gouvernement de l'√Čglise (voir Querelle des Investitures). S'appuyant sur des princes comme Philippe Ier ou Guillaume le Conqu√©rant, le pape parvient √† r√©duire les pr√©rogatives de la f√©odalit√© et √† mettre en place un √©piscopat beaucoup plus ind√©pendant du syst√®me des fid√©lit√©s s√©culi√®res.

On peut r√©sumer l'esprit de cette l√©gislation, comme √©tant la reprise de la doctrine des deux pouvoirs du pape G√©lase Ier √©dict√©es au Ve si√®cle : toute la chr√©tient√©, eccl√©siastique aussi bien que la√Įque, est soumise √† la magistrature morale du pontife romain.

Grégoire VII trouva dans l'ordre de Cluny, présent dans l'ensemble de la chrétienté latine par-delà les frontières politiques, l'allié nécessaire pour relayer une telle entreprise.

Articles d√©taill√©s : C√©saro-papisme et Dictatus papae.

La Diète de Worms

En janvier 1076, Henri r√©unit autour de lui la majorit√© des √©v√™ques lors de la di√®te de Worms ; la plupart des √©v√™ques d'Allemagne et de Lombardie entrent alors en dissidence avec le pape qu'ils reconnaissaient jusqu'alors, et d√©clarent Gr√©goire destitu√©. Les √©v√™ques et les archev√™ques se consid√®rent en effet comme des princes de l'Empire, dot√©s de privil√®ges importants ; que l'attribution des charges eccl√©siastiques rel√®ve du pape leur para√ģt une menace pour l'Eglise de l'Empire, pierre d'angle de son administration. Ils r√©digent donc depuis Worms une r√©ponse √† Gr√©goire VII, le sommant de quitter sa fonction :

¬ę Henri, roi, non par usurpation, mais par la juste ordonnance de Dieu, √† Hildebrand [pr√©nom de Gr√©goire VII avant son accession au si√®ge pontifical], qui n'est plus le pape, mais d√©sormais le faux moine [...] Toi que tous les √©v√™ques et moi-m√™me frappons de notre mal√©diction et de notre sentence, d√©missionne, quitte ce si√®ge apostolique que tu t'es arrog√©. [...] Moi, Henri, roi par la gr√Ęce de Dieu, te d√©clare avec tous mes √©v√™ques : d√©missionne, d√©missionne ![34] ¬Ľ

On justifie cette r√©vocation en pr√©tendant que Gr√©goire n'a pas √©t√© √©lu r√©guli√®rement : il a en effet √©t√© tumultueusement √©lev√© √† cette dignit√© par le peuple de Rome. De plus, en tant que Patricius de Rome, Henri a le droit de nommer lui-m√™me le pape, ou du moins de confirmer son √©lection (droit dont il n'a pas us√©). On pr√©tend encore que Gr√©goire aurait jur√© de ne jamais se faire √©lire pape, et qu'il fr√©quente intimement les femmes.

Le synode de carême de 1076 à Rome

La r√©ponse de Gr√©goire ne se fait pas attendre ; il pr√™che au synode de Car√™me de 1076[35] :

¬ę que m'a √©t√© donn√© de Dieu le pouvoir de lier et de d√©lier, sur Terre comme au Ciel. Confiant dans ce pouvoir, [...] je conteste au roi Henri, fils de l'empereur Henri, qui s'est √©lev√© avec un orgueil sans bornes contre l'Eglise, sa souverainet√© sur l'Allemagne et sur l'Italie, et je d√©lie tous les chr√©tiens du serment qu'ils lui ont ou qu'ils pourraient encore lui pr√™ter, et leur interdis de continuer √† le servir comme roi. Et puisqu'il vit dans la communaut√© des bannis, puisqu'il fait le mal de mille mani√®res, puisqu'il m√©prise les exhortations que je lui adresse pour son salut, [...] puisqu'il se s√©pare de l'Eglise et qu'il cherche √† la diviser, pour toutes ces raisons, moi, Ton lieutenant, je l'attache du lien de la mal√©diction.[36] ¬Ľ

Gr√©goire VII d√©clare Henri IV d√©chu et l'excommunie ; s'√©tant rebell√© contre la souverainet√© de l'Eglise, il ne peut plus √™tre roi. Celui qui refuse ainsi l'ob√©issance au repr√©sentant de Dieu et fr√©quente d'autres excommuni√©s est de fait d√©chu de sa souverainet√©. En cons√©quence, tous ses sujets sont d√©li√©s de l'all√©geance qu'ils lui ont pr√™t√©e.

Cette excommunication du rex et sacerdos, dont les pr√©d√©cesseurs ont, en tant que patricius Romanorum et dans une conception sacr√©e et th√©ocratique du roi, arbitr√© l'√©lection des papes, parait √† l'√©poque inimaginable et suscite une vive √©motion dans la chr√©tient√© occidentale. On r√©dige quantit√© de pamphlets pour ou contre la supr√©matie de l'empereur ou du pape, en se r√©f√©rant souvent √† la th√©orie des deux pouvoirs de G√©lase Ier (pape de 492 √† 496) ; la chr√©tient√© allemande s'en trouve profond√©ment divis√©e.

La pénitence de Canossa

Article d√©taill√© : P√©nitence de Canossa.

Apr√®s cette excommunication, beaucoup de princes allemands qui soutenaient auparavant Henri, se d√©tachent de lui ; √† l'assembl√©e de Tribur en octobre 1076, ils le contraignent √† renvoyer les conseillers condamn√©s par le pape et √† faire p√©nitence avant le terme d'un an et un jour (soit avant le 2 f√©vrier suivant). Henri doit en outre se soumettre au jugement du pape lors de la di√®te d'Augsbourg, pour que les princes renoncent √† √©lire un nouveau roi[37].

Pour intercepter le pape avant sa rencontre prévue avec les princes, Henri décide en décembre 1076 de traverser les Alpes enneigées pour se rendre en Italie. Comme ses adversaires lui barrent l'accès aux cols allemands, il doit passer par le Col du Mont-Cenis pour s'entretenir avec le pape avant la diète d'Augsbourg, et ainsi faire lever son excommunication (obligeant par là les princes de l'opposition à se soumettre à lui). Henri n'a pas d'autre moyen de recouvrer sa liberté politique de roi.

Gr√©goire craignait l'approche d'une arm√©e imp√©riale et souhaitait √©viter une rencontre avec Henri ; il se retire √† Canossa, ch√Ęteau bien fortifi√© de la margravine Mathilde de Toscane. Henri obtient avec son aide et celle de son parrain Hugues de Cluny, une rencontre avec Gr√©goire. Le 25 janvier 1077, f√™te de la Conversion de saint Paul, Henri se pr√©sente en habit de p√©nitent devant le ch√Ęteau de Canossa. Au bout de trois jours, soit le 28 janvier, le pape l√®ve l'excommunication[12], cinq jours avant l'expiration du d√©lai imparti par les princes de l'opposition.

L'image d'Epinal d'Henri se rendant √† Canossa dans une attitude d'humble p√©nitence repose essentiellement sur notre source principale, Lambert d'Hersfeld, qui √©tait par ailleurs partisan du pape et membre de la noblesse d'opposition. La recherche historique actuelle juge cette image tendancieuse et de propagande[r√©f. n√©cessaire]. La p√©nitence √©tait un acte formel, accompli par Henri, et que le pape ne pouvait refuser ; elle appara√ģt aujourd'hui comme une habile manŇďuvre diplomatique, qui rendait √† Henri sa libert√© d'action tout en restreignant celle du pape. Il est pourtant acquis que, sur le long terme, cet √©v√©nement a port√© un s√©rieux coup √† la position de l'Empire allemand.

Les anti-rois

Bien que l'excommunication ait √©t√© lev√©e cinq jours avant le d√©lai d'un an et un jour et que le pape lui-m√™me consid√®re officiellement Henri comme roi, les princes de l'opposition le destituent le 15 mars 1077 √† Forchheim, en pr√©sence de deux l√©gats pontificaux. L'archev√™que Siegfried Ier de Mayence fait proc√©der √† l'√©lection d'un anti-roi, Rodolphe de Rheinfelden, duc de Souabe, qui est sacr√© √† Mayence le 26 mars ; les princes qui l'√©l√®vent au tr√īne lui font promettre de ne jamais avoir recours √† des pratiques simoniaques lors de l'attribution de si√®ges √©piscopaux[38]. Il doit aussi accorder aux princes un droit de vote √† l'√©lection du roi et ne peut transmettre son titre √† d'√©ventuels fils, abandonnant le principe dynastique qui pr√©valait jusqu'alors. C'est le premier pas vers l'√©lection libre que r√©clament les princes de l'Empire. En renon√ßant √† l'h√©r√©dit√© de la couronne et en autorisant des nominations d'√©v√™ques canoniques, Rodolphe affaiblit consid√©rablement les droits de l'Empire.

Comme au cours de la guerre contre les Saxons, Henri s'appuie surtout sur les classes sociales montantes (petite noblesse et officiers minist√©riels), ainsi que sur les villes libres d'Empire au pouvoir croissant, comme Spire et Worms, qui lui doivent leurs privil√®ges, et sur les villes proches des ch√Ęteaux du Harz, comme Goslar, Halberstadt et Quedlinbourg.

La mont√©e des minist√©riels, autrefois priv√©s de pouvoirs, tout comme l'√©mancipation des villes, se heurte √† la solide r√©sistance des princes. La plupart d'entre eux se placent du c√īt√© de Rodolphe de Rheinfelden, contre Henri. Le pape reste tout d'abord neutre, conform√©ment aux accords conclus √† Canossa.

Au mois de juin, Henri met Rodolphe de Rheinfelden au ban de l'Empire. L'un et l'autre se r√©fugient en Saxe. Henri subit d'abord deux d√©faites : le 7 ao√Ľt 1078 √† Mellrichstadt et le 27 janvier 1080 √† Flarchheim pr√®s de M√ľhlhausen (Thuringe). Lors de la bataille de Hohenm√∂lsen, pr√®s de Mersebourg[25], qui tournait pourtant √† son avantage, Rodolphe perd la main droite et est frapp√© mortellement √† l'abdomen ; il succombe le lendemain, 15 octobre 1080. La perte de la main droite, la main du serment de fid√©lit√© pr√™t√©e √† Henri au d√©but de son r√®gne, est utilis√©e politiquement par les partisans d'Henri (c'est un jugement de Dieu) pour affaiblir un peu plus la noblesse d'opposition.

L'empereur en Italie

En 1079-1080, Grégoire VII fait venir Eudes de Chatillon (qui est le grand prieur de Cluny et le futur pape Urbain II) à Rome et le nomme cardinal-évêque d'Ostie. Eudes devient un conseiller intime du pape, et soutient la réforme grégorienne.

En mars 1080, Gr√©goire VII excommunie de nouveau Henri, qui soumet alors la candidature de Wibert, archev√™que de Ravenne, √† l'√©lection de l'(anti)pape. Il est √©lu le 25 juin 1080 au synode de Bressanone par la majorit√© des √©v√™ques allemands et lombards, sous le nom de Cl√©ment III[39].

Henri et l'antipape Clément III. Mort de Grégoire VII.

La soci√©t√© se trouve donc √† ce moment-l√† scind√©e en deux : Henri est roi et Rodolphe anti-roi, Gr√©goire pape et Cl√©ment antipape. Dans les duch√©s aussi le pouvoir est contest√© : en Souabe, par exemple, Berthold de Rheinfelden, fils de Rodolphe, s'oppose √† Fr√©d√©ric de Hohenstaufen, fianc√© d'Agn√®s, fille d'Henri, qui l'a nomm√© duc.

Apr√®s sa victoire sur Rodolphe, Henri se tourne en 1081 vers Rome, afin de trouver l√† aussi une issue au conflit ; il r√©ussit, apr√®s trois si√®ges successifs, √† prendre la ville en mars 1084. Henri se doit alors d'√™tre pr√©sent en Italie, d'une part pour s'assurer le soutien des territoires qui lui √©taient fid√®les, d'autre part pour affronter Mathilde de Toscane, fid√®le au pape et son ennemie la plus acharn√©e en Italie du nord.

Apr√®s la prise de Rome, Wibert est intronis√© sous le nom de Cl√©ment III le 24 mars 1084. Un nouveau schisme commence : il dure jusqu'en 1111, quand le dernier anti-pape wibertiste, Sylvestre IV, renonce officiellement au si√®ge pontifical.

Une semaine apr√®s l'intronisation, le dimanche de P√Ęques, 31 mars 1084, Cl√©ment sacre Henri et Berthe empereur et imp√©ratrice[40],[25].

Eudes de Chatillon est nommé légat en France et en Allemagne, dans le but de démettre Clément III, et rencontre Henri IV à cette fin en 1080, en vain. Il préside plusieurs synodes, dont celui de Quedlinburg (1085) qui condamne les partisans de l'empereur Henri IV et de l'antipape Clément III, c'est-à-dire Guibert de Ravenne.

Tombe de Grégoire VII à Salerne.

Au m√™me moment, Gr√©goire VII se retranche dans le ch√Ęteau Saint-Ange et attend une intervention des Normands soutenus par les Sarrasins, qui marchent sur Rome, emmen√©s par Robert Guiscard avec qui il s'est r√©concili√©[40]. L'arm√©e d'Henri est tr√®s affaiblie et n'affronte pas les assaillants. Les Normands lib√®rent Gr√©goire, pillent Rome et l'incendie. Apr√®s les d√©sordres perp√©tr√©s par ses alli√©s, Gr√©goire doit fuir la ville suivant ses lib√©rateurs et se retire √† Salerne, o√Ļ il meurt le 25 mai 1085[40].

Ayant accompli l'un des pontificats les plus importants de l'histoire, d'un temp√©rament √† la fois courageux et tenace, le pape meurt le 25 mai 1085. Il est enterr√© dans la cath√©drale de Salerne. Sur sa tombe sont grav√©s ses derniers mots: ¬ę Dilexi iustitiam,odivi iniquitatem, propterea morior in esilio ! ¬Ľ (J'ai aim√© la justice et d√©test√© l'iniquit√© ; c'est pourquoi je meurs en exil !).

L'Ňďuvre de Gr√©goire VII est poursuivie par ses successeurs. En particulier par son conseiller Urbain II qui acc√®de au pontificat en 1088, chasse l'antipape Cl√©ment III, pr√™che la premi√®re croisade en 1095 et encourage la reconquista. Gr√©goire VII sera d√©clar√© saint, canonis√©, en 1606 par Paul V.

Impact de la réforme grégorienne

Article d√©taill√© : R√©forme gr√©gorienne.
Urbain II prêchant la croisade.

La r√©forme gr√©gorienne et la querelle des investitures ont accru consid√©rablement le pouvoir de la papaut√©. Le pape n'est plus soumis √† l'empereur, et le Saint-Si√®ge se retrouve √† la t√™te d'√Čtats vassaux qui doivent lui verser un cens annuel. Il s'agit des principaut√©s normandes d'Italie du sud, du comt√© de la marche d‚ÄôEspagne au sud de la France, du comt√© du Viennois en Provence, et de principaut√©s situ√©es √† l‚Äôest, dans les r√©gions des c√ītes dalmates, en Hongrie et en Pologne[41].

D‚Äôautre part, le pouvoir du pape √† la t√™te de l‚Äô√Čglise est renforc√© par l‚Äôhumiliation inflig√©e √† l‚Äôempereur. L'expansion du puissant ordre de Cluny s'en retrouve renforc√©e. Des ordres nouveaux sont cr√©√©s, Camaldules, Chartreux, Cisterciens, qui sont aussi √† la d√©votion du pape[18].

La puissance politique et √©conomique de ces ordres - et en particulier ceux de Cluny puis de Cteaux - est telle qu'ils influent directement sur les d√©cisions des princes. La puissance du clerg√© est √† son apog√©e : il √©dicte la politique de l'Occident d√©clenchant, par exemple, les croisades. Toutefois, m√™me au plus fort de sa tentation th√©ocratique, le pape doit partager le pouvoir avec les autorit√©s la√Įques comme le montre le Concordat de Worms. D'autre part, la croissance √©conomique soutenue dont b√©n√©fice l'Occident ne tarde pas √† donner une importance croissante √† la bourgeoisie : celle-ci va progressivement s'imposer comme une nouvelle force au sein du syst√®me de r√©partition tripartite de la soci√©t√© m√©di√©vale (clerg√©, noblesse et paysans) en faisant valoir sa propre puissance √©conomique et politique.

Aux XIIe si√®cle et XIIIe si√®cle, le renforcement progressif des monarchies, particuli√®rement en France et en Angleterre, lesquelles s'appuient largement sur la puissance croissante de leurs villes, et la reprise de la lutte du sacerdoce et de l'Empire, contribuent √† l'affaiblissent progressif de la papaut√©.

Hommages

Par son nom a été nommée la Tomba Ildebranda, une des tombes étrusques de l'Area archeologica di Sovana, près de son lieu de naissance (Soana).

Précédé par Grégoire VII Suivi par
Alexandre II
Emblem of the Papacy SE.svg
Liste des papes
Victor III


Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005 (ISBN 2213623910)
  • Michel Balard, Jean-Philippe Gen√™t, Michel Rouche, Des Barbares √† la Renaissance, Hachette, 1973 (ISBN 2011455405)
  • Jean Ch√©lini, Histoire religieuse de l'Occident m√©di√©val, Hachette, 1991. (ISBN 2012790747)
  • Yves Congar, L'√Čglise de Saint Augustin √† l'√©poque moderne, Le Cerf, 1997. (ISBN 2-204-05470-4) disponible sur [4]
  • Paul Fargues, Histoire du Christianisme - Tome III - De Charlemagne √† la Renaissance, Fischbacher 1934.
  • J.-P Cuvillier, L‚ÄôAllemagne m√©di√©vale, Tome 1 : Naissance d'un √Čtat (VIIIe-XIIIe Si√®cles, Payot, 1979.
  • Sous la direction de A Fliche et V Martin, Histoire de l'√Čglise, des origines jusqu'√† nous jours, Bloud & Gay :
    • Auguste Fliche, La r√©forme gr√©gorienne et la reconqu√™te chr√©tienne, 1934.
  • Sous la direction de J.-M. Mayeur, Charles et Luce Pietri, Andr√© Vauchez, M. Venard, Histoire du christianisme, Tome 5, Descl√©e, 1991-2001 (ISBN 2-7189-0573-5)
  • Robert Folz, L'id√©e d'Empire en Occident du Ve au XIVe si√®cle, Aubier, Paris, 1953.
  • E Jordan, L'Allemagne et l'Italie aux XIIe et XIIIe si√®cles, Presses Universitaires de France, Paris, 1937-1939.
  • Marcel Pacaut:
    • Histoire de la papaut√© de l'origine au concile de Trente, Fayard, 1976. (ISBN 2213002991)
    • La th√©ocratie, l'√Čglise et le pouvoir au Moyen-Age, Aubier, 1957. (ISBN B0000DOG7K)
    • La th√©ocratie, Descl√©e, Paris, 1989. (ISBN 2718904380)
  • Francis Rapp, Le Saint-Empire romain germanique, d'Othon le Grand √† Charles Quint, Point Histoire, Seuil, 2003, (ISBN 2020555271)
  • Joseph Rovan, Histoire de l'Allemagne, Seuil, 1994, (ISBN 2020351366)
  • Henri-Xavier Arquilli√®re, Saint Gr√©goire VII: essai sur sa conception du pouvoir pontifical, Vrin 1934.

Liens externes

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ, e‚ÄČ et f‚ÄČ Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005, p. 209
  2. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ MM. Berthelot, Hartwig Derenbourg et F.-Camille Dreyfus, Le pape Gr√©goire VII, La Grande encyclop√©die : inventaire raisonn√© des sciences, des lettres et des arts par une soci√©t√© de savants et de gens de lettres, Paris, Soci√©t√© anonyme de La Grande encyclop√©die, 1885-1902, Encyclop√©die universelle
  3. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ, e‚ÄČ, f‚ÄČ et g‚ÄČ Paul Fargues, Histoire du Christianisme - Tome III - De Charlemagne √† la Renaissance,De Gr√©goire VII au Concordat de Worms, Fischbacher 1934: regard
  4. ‚ÜĎ Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Le Moyen √āge en Occident, Hachette 2003, p. 173
  5. ‚ÜĎ Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Le Moyen √āge en Occident, Hachette 2003, p. 174
  6. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Jean Ch√©lini, Histoire religieuse de l'Occident m√©di√©val, Hachette 1991, p.251.
  7. ‚ÜĎ Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Le Moyen √āge en Occident, Hachette 2003, p. 175
  8. ‚ÜĎ Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005, p. 198-199
  9. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Prosper Alfaric, Un pape alsacien: L√©on IX d'Eguisheim, Annuaire de la Soci√©t√© Historique, Litt√©raire et Scientifique du Club Vosgien, volume I (1-2), Strasbourg Imprimerie Alsacienne 1933, Encyclop√©die universelle
  10. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Le Moyen √āge en Occident, Hachette 2003, p. 176
  11. ‚ÜĎ Francis Rapp, L√©on IX, un grand pape, Heimetsproch.org
  12. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Francis Rapp, L√©on IX, un grand pape, Heimetsproch.org
  13. ‚ÜĎ Jean Ch√©lini, Histoire religieuse de l'Occident m√©di√©val, Hachette 1991, p. 253-254.
  14. ‚ÜĎ Francis Rapp, Le Saint-Empire romain germanique, Tallandier 2000, p. 134.
  15. ‚ÜĎ Francis Rapp, p 130
  16. ‚ÜĎ Francis Rapp, Les relations entre le Saint-Empire et la papaut√©, d'Otton le Grand √† Charles IV de Luxembourg (962-1356), clio.fr, consult√© le 7 novembre 2007
  17. ‚ÜĎ Fran√ßis Rapp, Le Saint-Empire romain germanique, Tallandier 2000, p. 130.
  18. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ XIe si√®cle : la r√©forme gr√©gorienne, Le Temps
  19. ‚ÜĎ Yves Congar, L'√Čglise de Saint Augustin √† l'√©poque moderne, Le Cerf, 1997, p. 98.
  20. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ et e‚ÄČ Fran√ßis Rapp, Le Saint-Empire romain germanique, Tallandier 2000, p. 131.
  21. ‚ÜĎ Lettre √† Hugues de Cluny du 22 janvier 1075
  22. ‚ÜĎ J.-M. Mayeur, Charles et Luce Pietri, Andr√© Vauchez, M. Venard, p 70
  23. ‚ÜĎ (de) Hauck et Kircheng,Deutschlands Tome III, 4 vol, Leipzig, (1837-1903), Tome III, p. 780
  24. ‚ÜĎ En Allemagne, Li√©mar, Werder de Strasbourg, Henri de Spire, Hermann de Bamberg
  25. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ encyclopedie-universelle, ¬ę Le pape Gr√©goire VII: La querelle des Investitures ¬Ľ sur [1]. Consult√© le 2 avril 2008
  26. ‚ÜĎ Laurent Theis, Histoire du Moyen √āge Fran√ßais, Perrin, Paris, 1992, p.98.
  27. ‚ÜĎ encyclopedie-universelle, ¬ę La r√©forme gr√©gorienne ¬Ľ sur [2]. Consult√© le 1 Juin 2008
  28. ‚ÜĎ Adriaan Vehulst, ¬ę La construction carolingienne ¬Ľ tir√© de Histoire de la France des origines √† nos jours sous la direction de Georges Duby, Larousse, 2007, p.202-203.
  29. ‚ÜĎ Les relations entre le Saint-Empire et la papaut√©, d'Otton le Grand √† Charles IV de Luxembourg (962-1356) sur [3]. Consult√© le 27 octobre 2007
  30. ‚ÜĎ J.-M. Mayeur, Charles et Luce Pietri, Andr√© Vauchez, M. Venard, p 71
  31. ‚ÜĎ Joseph Rovan, Histoire de l'Allemagne, Seuil, 1994, p 119
  32. ‚ÜĎ Cit√© dans Canossa 1077 ‚Äď Ersch√ľtterung der Welt, Essays, p 72.
  33. ‚ÜĎ J.-M. Mayeur, Charles et Luce Pietri, Andr√© Vauchez, M. Venard, p 121
  34. ‚ÜĎ Cit√© dans Sources pour l'histoire de l'empereur Henri IV, p 65.
  35. ‚ÜĎ Sous la direction de J.-M. Mayeur, Charles et Luce Pietri, Andr√© Vauchez, M. Venard, Histoire du christianisme, tome 5, Descl√©e, 1991-2001, pp 72 et 122
  36. ‚ÜĎ Cit√© dans Sources pour l'histoire de l'empereur Henri IV, p 289.
  37. ‚ÜĎ Jean-Marie Martin, Canossa, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007
  38. ‚ÜĎ Fran√ßis Rapp, Le Saint-Empire romain germanique, Tallandier 2000, p. 141.
  39. ‚ÜĎ J.-M. Mayeur, Charles et Luce Pietri, Andr√© Vauchez, M. Venard, p 72
  40. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005, p. 210
  41. ‚ÜĎ Yves Congar, L'√Čglise de Saint Augustin √† l'√©poque moderne, Le Cerf, 1997, p. 107.
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  • Gregoire VII de Constantinople ‚ÄĒ Gr√©goire VII de Constantinople Gr√©goire VII (en grec őďŌĀő∑ő≥ŌĆŌĀőĻőŅŌā őĖ , n√© en 1855 mort en 1924) fut patriarche de Constantinople du 6 d√©cembre 1923 au 17 novembre 1924. Voir aussi Articles connexes √Čglise orthodoxe de Constantinople Patriarche… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Gr√©goire VII De Constantinople ‚ÄĒ Gr√©goire VII (en grec őďŌĀő∑ő≥ŌĆŌĀőĻőŅŌā őĖ , n√© en 1855 mort en 1924) fut patriarche de Constantinople du 6 d√©cembre 1923 au 17 novembre 1924. Voir aussi Articles connexes √Čglise orthodoxe de Constantinople Patriarche Ňďcum√©nique Liens externes ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Gr√©goire vii de constantinople ‚ÄĒ Gr√©goire VII (en grec őďŌĀő∑ő≥ŌĆŌĀőĻőŅŌā őĖ , n√© en 1855 mort en 1924) fut patriarche de Constantinople du 6 d√©cembre 1923 au 17 novembre 1924. Voir aussi Articles connexes √Čglise orthodoxe de Constantinople Patriarche Ňďcum√©nique Liens externes ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Gr√©goire VII de Constantinople ‚ÄĒ (en grec őďŌĀő∑ő≥ŌĆŌĀőĻőŅŌā őĖ , n√© en 1855 et mort en 1924) fut patriarche de Constantinople du 6 d√©cembre 1923 au 17 novembre 1924. Articles connexes Patriarcat Ňďcum√©nique de Constantinople Pr√©c√©d√© par : M√©l√®ce IV ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Liste des cardinaux cr√©√©s par Gr√©goire VII ‚ÄĒ Au cours de son pontificat de 1073 √† 1085, le pape Gr√©goire VII a cr√©√© 31 cardinaux. Sommaire 1 1073 2 1074 3 1075 4 1076 5 ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Gregoire ‚ÄĒ Gr√©goire Cette page d‚Äôhomonymie r√©pertorie les diff√©rents sujets et articles partageant un m√™me nom. Pour les articles homonymes, voir Saint Gr√©goire. Gr√©goire est un nom propre qui peut d√©signer : Sommaire ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


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