Gravure

ÔĽŅ
Gravure
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gravure (homonymie).
Hercule et l'Hydre de Lerne par Cornelis Cort (vers 1565).

Gravure est un mot polys√©mique qui d√©signe, dans les pratiques artistiques :

  • une technique, le fait de ¬ę graver ¬Ľ, c'est-√†-dire de creuser ou d'inciser un mat√©riau ; par extension la gravure d√©signe aussi un ensemble de techniques utilis√©es en art ou en reprographie, ne n√©cessitant pas toujours de graver le mat√©riau ;
  • l'Ňďuvre finale obtenue par l'utilisation de l'une des techniques de gravure ; cette Ňďuvre sera le mat√©riau grav√© lui-m√™me ou bien encore une transposition d'apr√®s celui-ci.

Par abus de langage, on confond souvent ¬ę gravure ¬Ľ et ¬ę estampe ¬Ľ, la d√©nomination d'estampe, ou tirage, √©tant r√©serv√©e √† l'¬ę image obtenue par impression, apr√®s encrage, d'une matrice ou d'une planche grav√©e[1] ¬Ľ.

La gravure est considérée, avec l'architecture, la peinture, la sculpture, la musique et la danse, comme l'un des beaux-arts.

Sommaire

Histoire

L'époque préhistorique

La gravure pr√©historique utilise plusieurs techniques qui creusent la surface d'un mat√©riau dur (os, ivoire, roche dont la couche patin√©e sombre est attaqu√©e pour faire appara√ģtre son int√©rieur plus clair) :

  • par piquetage, technique tr√®s r√©pandue qui consiste √† marteler une surface rocheuse avec une pierre dure. La r√©p√©tition des impacts permet de dessiner des traits ;
  • par incision, technique moins fr√©quente qui consiste √† entailler plus ou moins profond√©ment une roche, un os (gravure fine par la pointe d‚Äôun burin de silex, incisions plus profondes dessinant vigoureusement les contours, long travail d'incisions pouvant conduire √† la sculpture) ;
  • par raclage, technique exceptionnelle qui consiste √† frotter la surface d‚Äôun corps avec un instrument tranchant, produisant des effets de couleur et de volume. Des enl√®vements de mati√®re importants peuvent conduire aux bas-reliefs[2].

La gravure sur bois - La Chine

La gravure sur bois est connue depuis fort longtemps en Chine : elle est utilis√©e en particulier pour la multiplication des livres de pri√®res. Mais rien ne prouve que cette technique ait √©t√© introduite en Occident par la route de la soie. Les sp√©cialistes supposent que la technique de la xylographie a vu le jour soit dans la vall√©e du Rhin soit en Europe du Nord, la localiser plus finement est impossible.

Le Bois Protat[3], la plus ancienne matrice en bois, est dat√©e autour de 1380 : plus pr√©cis√©ment, il s'agit du fragment d'une planche en bois de noyer (0,60 x 0,23 cm), qui fut ex√©cut√© √† Laives, canton de Sennecey (Sa√īne-et-Loire) en Bourgogne et qui repr√©sente sur une face ¬ę Le Centurion et les Deux Soldats ¬Ľ et sur l'autre, ¬ę L'Ange de l'Annonciation[4] ¬Ľ. Signalons aussi le Saint Christophe retrouv√© dans la biblioth√®que de Buxheim coll√© sur un manuscrit de 1423[5].

La xylographie pr√©c√®de l'imprimerie. Les techniques de gravure sont tr√®s li√©es au support, car celui-ci doit √™tre peu on√©reux pour que l'utilisation d'un original recopiable soit int√©ressant, d'o√Ļ l'importance de l'introduction du papier. L'√©volution de la production xylographique va donc suivre le d√©veloppement de l'imprimerie.

La Renaissance

En Europe du Nord

La gravure sur bois se d√©veloppe parall√®lement √† l'utilisation du papier vers 1400. La gravure sur cuivre se g√©n√©ralise √† partir de 1430 dans la vall√©e du Rhin et profite des techniques de l'orf√®vrerie : Schongauer et D√ľrer sont orf√®vres de formation. La xylographie touche un public plus populaire alors que la taille-douce s'adresse √† des commanditaires plus cultiv√©s.

Il est difficile avant Schongauer d'attribuer les Ňďuvres : on d√©signe ces graveurs anonymes le plus souvent ¬ę par le nom de leur mani√®re[5] ¬Ľ :

  • Le Ma√ģtre aux Banderoles, actif de 1460 √† 1467[6].
  • Le Ma√ģtre de 1446, premi√®re gravure au burin en Allemagne ( Flagellation, Kulturforum , Berlin).
  • Le Ma√ģtre des Cartes √† jouer, peut-√™tre plus peintre qu'orf√®vre[7], d√©veloppe les ombres par des hachures parall√®les, soit une soixantaine d'Ňďuvres conserv√©es au Kupferstichkabinett (Dresde) et √† la Biblioth√®que Nationale de France (Paris).
  • Le Ma√ģtre E.S., actif entre 1450 et 1467 : 313 gravures sur divers th√®mes. Son alphabet sera souvent imit√© par d'autres graveurs.
  • Ma√ģtre du Livre de Raison (Hausbuchmeister) appel√© aussi Ma√ģtre du Cabinet d'Amsterdam est actif entre 1465 et 1505. Il semble inaugurer la pointe s√®che sur zinc ou √©tain : 80 gravures sont r√©pertori√©es avec des ¬ę effets picturaux et de clair-obscur[5] ¬Ľ.
  • Martin Schongauer, actif entre 1471 et 1491, est le premier monogrammiste auquel on peut associer un nom. Il innove dans la technique du burin. Ses Ňďuvres sont remarquables pour la pr√©dominance de la ligne de contour et l'alternance des zones claires et sombres (la Mont√©e au Calvaire, Fondo Corsini,Rome).
  • Israhel van Meckenem (1450-1503) ¬ę ...figure parmi les burinistes les plus prolifiques de l'√©poque avec six cent gravures dont trois quarts sont des copies[5] ¬Ľ. (J√©sus et les docteurs de la foi, Pinacoteca Nazionale, Bologne)
  • Albrecht D√ľrer, form√© par Martin Schongauer, sera le plus innovant des graveurs rh√©nans.
Article d√©taill√© : Albrecht D√ľrer.
  • Hans Baldung grave sur bois Les Sorci√®res en 1510. Il se distingue par la nettet√© du trait et le ton dramatique de ses compositions. On lui doit un portrait de Martin Luther en 1521 (Chevaux sauvages, Fondo Corsini, Rome).
  • Urs Graf (1485-1528), originaire de Suisse, est l'un des premiers √† utiliser l'eau-forte dont le proc√©d√© est attribu√© √† Wenceslas d'Olm√ľtz (1496). ¬ę Avide d'exp√©rimentation, il reprend la "mani√®re cribl√©e", nouvelle appellation de l'opus interrasile[5]. ¬Ľ
  • Albrecht Altdorfer (1480-1538), √©l√®ve le paysage au rang d'entit√© artistique autonome. Il est le premier √† utiliser l'eau-forte pour accentuer les variations de la lumi√®re.
  • Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553) sera peintre et graveur : il invente la technique du cama√Įeu √† deux bois. Les bois grav√©s lui serviront pour la propagande luth√©rienne et pour les illustrations de livres (Repos pendant la fuite en √Čgypte, Fondo Corsini, Rome).
Article d√©taill√© : Lucas Cranach l'Ancien.
  • Lucas van Leyden(1494-1533) fait une synth√®se des √©l√©ments nordiques et italianisants (Saint Georges). Il est √©galement novateur dans la technique[8]
  • Pierre Bruegel l'Ancien (1525-1569) apprend la gravure dans l'atelier de Hieronymus Cock.
Article d√©taill√© : Pierre Bruegel l'Ancien.

L'Italie du Nord-Est

La V√©n√©tie, Dalmatie, √Čmilie, Lombardie) voient la xylographie et la gravure sur cuivre se d√©velopper dans la premi√®re moiti√© du XVe si√®cle : voir √† ce propos la collection d'images de d√©votion du notaire Jacopo Rubieri (n√© √† Parme en 1430). L'Italien Maso Finiguerra trouva, en 1452, le moyen de tirer une √©preuve d'une plaque qu'il avait grav√©e pour l'√©glise Saint-Jean √† Florence[9]. ¬ę Les premiers graveurs sur cuivre, √† la suite de Finiguera, sont des orf√®vres, nielleurs, damasquineurs [‚Ķ]. Ils sont localis√©s, d'une part, en Toscane [‚Ķ], Padoue et la V√©n√©tie formant l'autre grande sph√®re[5]. ¬Ľ

  • Andrea Mantegna (1431-1506) renouvelle les sujets et la technique (Triomphe de C√©sar, Fondo Corsini, Rome ). Baccio Baldini (1436-1487) orf√®vre et nielleur (Dante, Virgile et la vision de B√©atrice, Fogg Art Museum, Cambridge-Mass-). Botticelli, Antonio del Pollaiuolo, nomm√© aussi Pollaiolo[10] (1432-1498), Francesco Francia.
  • Parmigianino utilisa pour la premi√®re fois la gravure sur cuivre en Italie vers 1530. Francesco Rosselli (1498-1513) : repr√©sentant de la ¬ę mani√®re large[11] ¬Ľ. Nicoletto da Modena reconnaissable √† la duret√© du trait et √† ses formes rigides (All√©gorie de la Fortune, Fondo Corsini, Rome).
  • Girolamo Mocetta (1454-1531) travaille sur les effets chromatiques et dans un style monumental. Il se caract√©rise par un trait fin, quelquefois courbe. Benedetto Montagna travaille dans le style de D√ľrer : hachures crois√©es et lignes courbes. Il cherche √† traduire sur ses plaques le sfumato.
  • Giulio Campagnola (1482-1515) introduit la technique du pointill√©. Avec lui la gravure devient un genre artistique autonome.
  • Titien (1490-1576) : ses xylographies sont monumentales (Le Passage de la Mer Rouge en 12 blocs, 1549). ¬ę Les Noces mystiques de Sainte Catherine pr√©sentent des hachures crois√©es faites par une incision profonde, d√©licate, plus proche de ce qui se fait √† la m√™me p√©riode pour les eaux-fortes[5]. ¬Ľ
Article d√©taill√© : Titien.
  • Marc-Antoine Raimondi (1470 ? - 1534 ?). Les premi√®res gravures s'inspirent de la nielle, et son Ňďuvre va √©voluer vers une ma√ģtrise du clair-obscur (Le Songe de Rapha√ęl, 1507). Sa collaboration avec Rapha√ęl marque la naissance de l'estampe de traduction. ¬ę Techniquement, la fa√ßon d'utiliser le burin appara√ģt r√©volutionnaire, car les hachures simples s'accompagnent de hachures crois√©es, qui cr√©ent un clair-obscur bien plus r√©el avec ajouts d'incisions au burin et de pointill√©s[5]. ¬Ľ
  • Ugo da Carpi ; peintre m√©diocre mais graveur de g√©nie. Il innove avec le cama√Įeu ou xylographie chromatique (Rapha√ęl et son amante, Albertina, Vienne). C'est au cours de ses ann√©es v√©nitiennes qu'il exp√©rimente divers proc√©d√©s : en 1516, il supplie le S√©nat et le Doge de prot√©ger son proc√©d√© contre les faussaires.
  • Parmigianino (1503-1540) domine le proc√©d√© de l'eau-forte (Le Tombeau du Christ, Fondo Corsini, Rome). Les traits √©pais se croisent et donnent un aspect voil√©, le tout rehauss√© de quelques retouches √† la pointe s√®che.

Le baroque

Au cours de cette période la gravure oscille entre la reproduction et le genre autonome qui puise l'essentiel de son inspiration dans le libertinage, et les fêtes.

Deux pr√©curseurs du mouvement baroque :

  • Cornelis Cort (1533-1578), n√© en Hollande, s'installe d√©finitivement √† Rome en 1572. Il r√©volutionne la technique du burin en obtenant des modulations tonales (Noces de Cana, Biblioth√®que nationale, Paris), gr√Ęce aux variations de forme et √† l'√©paisseur des traits.
  • Hendrick Goltzius (1558-1617) connu pour son Ňďuvre grav√© ; environ cinq cents estampes grav√©es au burin (Icare, Fondo Corsini, Rome).
Article d√©taill√© : Hendrick Goltzius.

En Italie

Avec les artistes suivants le baroque s'affirme tant dans les sujets que dans la technique :

  • Federico Barocci dit le Baroche (1528?-1612) associe eau-forte et burin (L'Annonciation, Fondo Corsini, Rome). ¬ę Le Baroche applique un vernis √† la cire, apr√®s la premi√®re morsure, sur la partie de paysage form√©e de traits fins, presque calligraphiques. Il renonce ainsi √† plusieurs passages √† l'acide qui creuseraient les sillons dans la matrice. Le r√©sultat, appel√© proc√©d√© √† morsures multiples, est totalement r√©volutionnaire. √Ä cela s'ajoute une fa√ßon particuli√®re de graver : les parall√®les croisent les transversales dans plusieurs directions, avec des ajouts de pointill√©s, pour obtenir des effets de lumi√®re vibrante[5] ¬Ľ
  • Augustin Carrache (1557-1602) est consid√©r√© comme l'un des plus grands graveurs du XVIIe si√®cle italien (L'Adoration des Mages en sept gravures sur cuivre, 1579). Le travail du burin n'est pas sans rappeler Cort et Goltzius. √Ä partir de 1590, il entreprend des eaux-fortes : les Intermezzi en l'honneur des noces de Ferdinand de M√©dicis et Christine de Lorraine.
  • Jusepe de Ribera est consid√©r√© comme un grand ma√ģtre de la gravure du XVIIe si√®cle ; cependant sa production s'√©tale sur un laps de temps tr√®s court (11616-1630). Son domaine de pr√©dilection est l'eau-forte avec une pr√©dominance du trait irr√©gulier (Le Po√®te, 1620, Rome, ING).
  • Stefano della Bella (1610-1644) a une production impressionnante : plus de mille gravures, dont la majeure partie sont des eaux-fortes rehauss√©es au burin et √† la pointe s√®che (Les Caprices de la mort, c.1648).
  • Giovanni Benedetto Castiglione (1609-1665) a toujours √©t√© consid√©r√© comme un autodidacte. ¬ę Sa technique de graveur est ax√©e sur la ligne... Il serait l'inventeur de la technique du monotype peut-√™tre li√©e √† ses essais pour cr√©er des effets de lumi√®re[5] ¬Ľ. Castiglione utilisait non le monotype sur fond noir mais le monotype sur fond blanc (l'All√©gorie de l'eucharistie)[12].

En Europe du nord

Anvers et les Flandres sont de v√©ritables p√©pini√®res d'artistes ; ceux-ci feront presque tous le voyage en Italie afin de parfaire leur technique.

Parmi eux, retenons :

  • Pierre Paul Rubens (1577-1640). ¬ę Il a le grand m√©rite d'avoir fond√© l'√©cole des burinistes d'Anvers... Pour lui, l'estampe est un moyen de diffusion et de connaissance... Il utilise essentiellement la gravure comme moyen de traduction[5]. ¬Ľ Deux estampes ont l'inscription de P. Paul Rubens fecit (Vieille femme √† la chandelle, Rome, Fondo Corsini).
  • Cristoffel Jegher (1596-1652) est un grand sp√©cialiste de la gravure sur bois au XVIIe si√®cle, technique alors en d√©clin (Le Jardin d'amour, Waddesdon Manor, Buckinghamshire).
  • Pieter Claesz Soutman (1580-1657) d√©veloppe la technique du pointill√© au burin ce qui permet de cr√©er des clairs-obscurs.
  • Hercules Seghers (c. 1590-1638) invente l'eau-forte color√©e et l'aquatinte √† vernis noir.
  • Rembrandt Van Rijn (1631-1669) utilise d'abord l'eau-forte puis la pointe s√®che. Dans un dernier temps il m√©lange les deux techniques et joue avec les effets de papier (papier Japon ou parchemin).
Article d√©taill√© : Rembrandt.

En France

  • Le Lorrain Jacques Callot (1592 ? - 1635), form√© √† Florence, d√©veloppe l'eau-forte dans d'importantes s√©ries (Les Foires, Les Supplices, Les Mis√®res de la Guerre).Il veut exploiter le maximum de possibilit√©s de la technique et ¬ę il d√©cide de remplacer par le vernis dur des ma√ģtres √©b√©nistes florentins, le traditionnel ¬ę vernis mou ¬Ľ des aquafortistes. La surface se dilate, les d√©tails apparaissent au sein de grandes perspectives qui cr√©ent l'illusion d'un espace √† trois dimensions[5]. ¬Ľ
  • Abraham Bosse (1604-1676), th√©oricien de la gravure, est l'arch√©type du graveur baroque fran√ßais. Son livre est une somme des techniques de gravure de l'√©poque : tout est d√©crit minutieusement depuis ¬ę la mani√®re de faire le vernis mol ¬Ľ, en passant par ¬ę la mani√®re de manier les √©choppes ¬Ľ et de ¬ę se servir de l'eau-forte ¬Ľ, avec pour finir ¬ę la mani√®re d'imprimer les planches en taille-douce ensemble du moyen d'en construire la presse[13]. ¬Ľ

Le néoclassicisme

L'engouement des collectionneurs du XVIIIe si√®cle pour les vues de paysages italiens oriente la production des graveurs tels Vanvitelli (1653-1736), Giuseppe Vasi (1710-1782), Luca Carlevarijs (1663-1730), Marco Ricci (1617-1730). Ce dernier dans ses eaux-fortes introduira les traits minuscules et dentel√©s afin de traduire les effets de lumi√®re et le mouvement des frondaisons.

  • Giovanni Antonio Canal dit Canaletto (1697-1768) essaie de traduire dans ses eaux-fortes les vibrations de la lumi√®re (Caprice avec balcon et galerie sur la lagune, 1763, Windsor Castle, Royal Collection).
  • Les Tiepolo, Giambattista (1696-1770) et son fils Giandomenico (1727-1804), sont de fabuleux techniciens : hachures, contre-taille, courbes aux ondulations parall√®les, pointillisme, lignes parall√®les.
  • L'atelier de Giuseppe Wagner (1706-1786) est important tant au niveau des artistes qui le fr√©quenteront (Brustolon, Baratti, Zucchi...), que des nouvelles techniques qui y seront mises au point : en particulier la belle mani√®re de graver au burin avec une pointe douce capable de produire un trait net et profond.
  • Giovanni Battista Piranesi dit Piranese (1720-1778).

Les illustrations de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert montrent combien cet art contribua à populariser la culture.

Au XVIIIe si√®cle, la gravure sur cuivre sous ses diverses formes (taille-douce, eau-forte, etc) pr√©domine. La gravure sur bois se cantonne √† l'imagerie populaire.

L'époque moderne

¬ę La grande p√©riode de traduction des Ňďuvres des artistes les plus fameux prend fin avec le n√©oclassicisme[5]. ¬Ľ Deux r√©volutions vont survenir √† la fin de ce si√®cle, qui auront un grand retentissement sur tout le XIXe si√®cle.

D'une part, l'invention de la lithographie par Aloys Senefelder. La lithographie, basée sur un principe totalement nouveau (l'antagonisme eau-encre grasse, et non plus le relief), permet de dessiner directement, sans avoir à apprendre une technique de gravure ardue. De nombreux peintres et illustrateurs vont ainsi accéder à l'estampe, largement diffusée en Allemagne, en Italie, en France et en Angleterre.

D'autre part, le Britannique Thomas Bewick remet au go√Ľt du jour la gravure sur bois, en mettant au point la gravure sur bois de bout (ou debout)[14]. Le bois est alors grav√© au burin, comme le cuivre, ce qui permet toutes les finesses, et qui pr√©sente l'avantage d'√™tre une technique en relief : on peut donc imprimer les gravures sur une presse typographique, en m√™me temps que le texte.

Introduite en France par Charles Thompson vers 1818, cette technique est utilis√©e de mani√®re universelle par l'√©dition et la presse. Des centaines de graveurs, desquels se d√©tachent de grands noms, comme H√©liodore Pisan, Fran√ßois Pannemaker et fils, Hippolyte Lavoignat, travaillent quotidiennement pour interpr√©ter les Ňďuvres des grands illustrateurs comme Honor√© Daumier, Gustave Dor√©, Grandville, entre autres. Avec la croissance de la presse, la gravure sur bois tend √† devenir une industrie de reproduction, servie par des techniciens virtuoses, mais souvent d√©pourvue de cr√©ativit√©.

Les tentatives de retour √† une gravure sur bois originale, avec des graveurs comme Auguste Lep√®re, arrive trop tard √† la fin du XIXe si√®cle, la gravure √©tant supplant√©e par les techniques bas√©es sur la photographie (similigravure).

La cr√©ation de soci√©t√©s regroupant les graveurs est un des √©v√©nements importants de la seconde moiti√© du XIXe si√®cle : Soci√©t√© des aquafortistes en 1862, Soci√©t√© des peintres-graveurs en 1889. Le mod√®le en est la Society of Engravers fond√©e √† Londres en 1802.

L'√©cole de Barbizon est √† l'initiative de la revue Eau-Forte, et exp√©rimente de nouvelles techniques comme le clich√©-verre[15]. Millet et Corot vont adopter cette nouvelle technique (Le Petit Berger, Corot, Milan, 1855, A. Bertarelli). Antonio Fontanesi red√©couvre l'eau-forte d'invention : il a recours √† la morsure √† r√©p√©tition (effets de lumi√®re). Il utilise aussi le clich√©-verre.

Giovanni Fattori (1825-1908) est un des grands ma√ģtres de l'eau-forte, ce qui fera dire √† Baudelaire : ¬ę parmi les expressions de l'art plastique, l'eau-forte est celle qui se rapproche le plus de l'expression litt√©raire et qui est la mieux faite pour l'homme spontan√©[16]. ¬Ľ

Whistler (1834-1903) est initi√© √† la gravure avec Fantin-Latour, Courbet, et Legros. Il d√©butera par l'eau-forte pour ensuite travailler la pointe s√®che en 1871 (Portrait de la famille Leyland). Francis Hayden (1818-1910), mixera les techniques pour traduire les effets d'atmosph√®re : pointe s√®che, brunissoir, morsure, aquatinte.

Les impressionnistes, comme Manet vont utiliser gravure et lithographie afin de traduire une atmosphère (la danseuse Lola de Valence, Paris, Bibliothèque Nationale). Degas fera de même en y ajoutant le monotype (Femme à sa toilette, 1885, Paris, bibliothèque d'Art et d'Archéologie). Pissarro est plus amateur de gravure sur bois (Femmes faisant de l'herbe, 1895). Il ne faut pas oublier Pierre Renoir, Paul Cézanne, Vincent van Gogh. Quant à Paul Gauguin (1848-1903), il a une prédilection pour la gravure sur bois (Te Faruru, 1893, Chicago, Art Institute).

Mont-Blanc par Félix Vallotton (1892).

D√©barrass√©e de ses contraintes utilitaires, la gravure revient √† un pur domaine artistique, retrouvant et modernisant les techniques traditionnelles. Le XXe si√®cle red√©couvre le bois de fil, sa simplicit√© et sa valeur expressive, avec des artistes comme F√©lix Vallotton (La Manifestation, Lausanne, galerie Vallotton) et Edvard Munch.

Les artistes des mouvements Die Br√ľcke et du Blaue Reiter seront attir√©s par la gravure sur bois o√Ļ ils pourront jouer avec la simplification des formes.

Matisse exp√©rimente toutes les techniques : xylogravure, eau-forte, pointe s√®che (Henri Matisse gravant, 1900), lithographie (Grande Odalisque avec pantalon √† bayad√®re, 1925, Berne, E.W.K. collection), aquatinte et linogravure.

Giorgio Morandi (1890-1964) ¬ę parvient √† fusionner une lumi√®re g√©n√©ratrice de la forme, un volume qui la construit plastiquement et une couleur qui permet de la distinguer en se pla√ßant comme ton ou "couleur position[5]". ¬Ľ Ma√ģtrise du trait, morsure unique gr√Ęce au mordant hollandais lui permettent de transcrire les flots de lumi√®re.

Picasso (1881-1973) va √©norm√©ment graver : pas moins de deux mille Ňďuvres connues. Initi√© par Roger Lacouri√®re en 1933 au burin et √† l'aquatinte avec du sucre, il cr√©era La Suite Vollard. Il essaie tous les proc√©d√©s et les renouvelle : les diff√©rents √©tats nous montrent un artiste perfectionniste.

Georges Gimel (1898-1962), √† partir de 1921, r√©alise de nombreux bois-grav√©s au burin et des aquatintes au sel pour des illustrations : Musiciens, pr√©face d‚ÄôAndr√© CŇďuroy, portrait de D√©odat de S√©verac, retenu par la Biblioth√®que nationale de France (FRBNF38643332). Il met au point des xylographies avec lesquelles il √©x√©cute des tissus imprim√©s pour la d√©coration et pour la haute couture.

L'utilisation de nouveaux mat√©riaux et de nouveaux proc√©d√©s[8], notamment dans les Ňďuvres de Jean Fautrier, Raoul Ubac, Johnny Friedlaender, Stanley Hayter, Henri-Georges Adam, Roger Vieillard, Marcel Fiorini, Louttre.B ou Pierre Courtin, lib√®re la gravure de toute subordination au dessin ou √† la peinture et, l'engageant dans la reconnaissance de ses moyens sp√©cifiques, assure l'enti√®re autonomie de son expression.

Les ateliers de gravure comme celui d'Hayter (atelier 17), de Jo√ęlle Serve (atelier 63), de tirage comme l'atelier Lacouri√®re-Fr√©laut vont participer au renouveau de la gravure. Mohlitz remet √† l'honneur le burin, Avati la mani√®re noire, Andr√© B√©guin la pointe s√®che, et de nombreux artistes jeunes et moins jeunes s'int√©ressent √† la gravure pour la vari√©t√© des techniques et leurs multiples combinaisons.

Les techniques

La technique de gravure.
Illustration de l'Encyclopédie.
Articles connexes : estampage et estampe.

Graver consiste à dessiner sur un objet en creusant, ou en incisant sa surface.

Avec la gravure √©gyptienne, le sgraffite et la lithogravure, le mat√©riau grav√© devient l'Ňďuvre elle-m√™me. La gravure peut √™tre transpos√©e, apr√®s encrage, sur un support tel que le papier.

En gravure, il existe deux, voire trois, grands proc√©d√©s :

La gravure en taille d'épargne

On parle de taille d’épargne lorsque

¬ę la planche est creus√©e partout o√Ļ l'impression ne doit pas avoir d'effet ; le dessin seul est conserv√© au niveau initial de la surface de la planche, il est √©pargn√© ¬Ľ

‚ÄĒ Andr√© B√©guin[17].

C'est la technique employée pour la gravure sur bois (xylographie) ou la linogravure.

La gravure en creux

La gravure en creux appelée aussi taille-douce. Elle se pratique le plus souvent sur métal, en particulier sur cuivre et on parle alors de chalcographie[18], mais cette technique se pratique également sur d'autres métaux comme le zinc, le laiton, l'acier...

La gravure à plat

Certains auteurs ajoutent aux deux pr√©c√©dentes cat√©gories la gravure ou impression √† plat[19]. C'est le cas de la lithographie ou du monotype qui ne n√©cessitent pas de reliefs, et ne sont donc pas des ¬ę gravures ¬Ľ au sens strict du terme mais assimil√©s comme tels.

Catégories

En affinant ces cat√©gories, nous trouvons :

  • la gravure manuelle utilisant un outil

Le burin, la pointe s√®che, la gravure sur bois et la xylographie, la linogravure, la mani√®re noire, le pointill√©, la pyrogravure, le cama√Įeu.

  • la gravure manuelle utilisant un mordant (dite ¬ę gravure √† l'acide ¬Ľ)

L'eau-forte, l'aquatinte, la gravure au sucre, la manière de crayon, le vernis mou

  • la gravure m√©canique ou semi-m√©canique

Le timbrage, le carborundum, le cliché verre

  • la gravure photom√©canique et photochimique

La photogravure ou gillotage, la galvanotypie, l'héliogravure

  • la gravure par encrage

Le monotype, le pochoir, la gravure à la poupée

  • la gravure en √†-plat ou planographie

La lithographie, la sérigraphie[20]

Notes

  1. ‚ÜĎ Voir les d√©finitions sur larousse.fr.
  2. ‚ÜĎ Techniques artitistiques dans la Pr√©histoire.
  3. ‚ÜĎ Du nom de l'imprimeur Jules Protat, collectionneur, habitant M√Ęcon au XIXe s. (F. Courboin, 1923) ; cette Ňďuvre se trouve d√©sormais conserv√©e √† la BNF, Cabinet des estampes.
  4. ‚ÜĎ in L. Lieure, L'√Čcole fran√ßaise de gravure, La renaissance du Livre, Paris, 1928.
  5. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Maria Cristina Paoluzzi : La Gravure, Solar, 2004.
  6. ‚ÜĎ On lui doit par exemple La Fontaine de Jouvence, burin, 23,4 x 31,4 cm, visible au Mus√©e du Louvre (source : Grande Galerie - Le Journal du Louvre, juin/juillet/ao√Ľt 2011, n¬į16).
  7. ‚ÜĎ cf. Max Lehrs, Geschichte und kritischer Katalog des deutschen, niederl√§ndischen und franz√∂sischen Kupferstiches im 15 Jahrhundert, 1910 et Max Geisberg
  8. ‚ÜĎ a et b √† pr√©ciser
  9. ‚ÜĎ Selon Vasari dans ses Vies.
  10. ‚ÜĎ Habile dessinateur et orf√®vre r√©put√©, est le premier √† graver ses propres dessins.
  11. ‚ÜĎ Terme employ√© par E. Kollof dans son essai sur B. Baldini.
  12. ‚ÜĎ Selon R. Kisch, le premier usager du monotype serait le Flamand A. Sallaert (c. 1590-1650). ¬ę Le monotype sur fond noir est obtenu en encrant une plaque non grav√©e, puis en tra√ßant le dessin avec un instrument pointu ou une plume dure avant le passage sous presse. le monotype sur fond blanc est cr√©√© en inversant le processus ¬Ľ, M.C. Paoluzzi.
  13. ‚ÜĎ A. Bosse : Trait√© des mani√®res de graver en taille-douce sur l'airain par le moyen des eauxs fortes et des vernix durs et mols, Paris, 1644, avec privil√®ge du roy.
  14. ‚ÜĎ Au lieu de graver le bois dans le sens habituel, en devant donc lutter contre le fil du bois, on travaille sur du bois dur (buis, fruitiers) coup√© perpendiculairement au sens des fibres.
  15. ‚ÜĎ ¬ę Sur une plaque de verre recouverte d'un vernis noir, l'artiste grave √† l'aide d'un instrument pointu avant de placer la plaque contre une feuille de papier sensibilis√© (de type papier photographique) ; la lumi√®re filtre l√† o√Ļ le graveur a creus√© avec la pointe formant ainsi une image en n√©gatif ¬Ľ, M.C. Paoluzzi.
  16. ‚ÜĎ Charles Baudelaire : L'eau-forte est √† la mode, 1860
  17. ‚ÜĎ Andr√© B√©guin, Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977 
  18. ‚ÜĎ Le mot vient de ¬ę khalkos ¬Ľ, cuivre, et ¬ę graphein ¬Ľ, √©crire : au d√©part cela caract√©rise la gravure sur cuivre et par extension la gravure sur m√©tal. C'est presque un synonyme de taille-douce. En 1797 est cr√©√© le d√©partement de la Chalcographie du Louvre, rattach√© aujourd'hui aux Arts graphiques
  19. ‚ÜĎ Paoluzzi, Encyclopaedia Universalis...
  20. ‚ÜĎ Le terme pose probl√®me √† deux niveaux :
    • ce n'est pas une ¬ę gravure ¬Ľ au sens premier, dans la mesure o√Ļ on n'intervient pas sur le relief du support en creusant avec des outils appropri√©s, mais on dessine directement sur le support, la pr√©sence de l'encre d'impression √©tant d√©termin√©e par un principe physique simple. Toutefois, on utilise couramment le terme g√©n√©rique de ¬ę gravure ¬Ľ ;
    • on trouve le terme gravure en √†-plat dans l'Encyclopaedia Universalis, dans le livre de M.C. Paoluzzi (p.23) ; par contre A.B√©guin et MSN Encarta parlent d'impression √† plat, et de gravure √† plat pour MSN Encarta (qui inclut la s√©rigraphie) ainsi que la majorit√© des sites sur Google. Sur ces derniers, le terme est utilis√© sans r√©f√©rences.

Bibliographie

  • J. Adh√©mar, La Gravure des origines √† nos jours, Paris, Somogy, 1979
  • A. B√©guin, Dictionnaire technique de l'estampe, t.A-F,G-l, M-Z, Bruxelles, 1977
  • J-E. Bersier, La Gravure, Paris, Berger-Levrault, 1976
  • A. Bosse, Trait√© des mani√®res de graver en taille-douce, Paris, 1645
  • Diderot et d'Alembert, Encyclop√©die, article ¬ę Imprimerie en taille-douce ¬Ľ, 1751-1780
  • A.M. Hind, A History of Engraving and Echting, Londres, 1923
  • A.Krejca, Les Techniques de la gravure, Gr√ľnd, 1983
  • M. Melot, A. Griffiths, R.S Field, A. B√©guin, L'estampe, Skira,1981
  • G. Mariani, La tecniche calcografiche di incisione diretta, Rome, 2001
  • M. C. Paoluzzi, La Gravure, Solar, 2004
  • J. Lieure, L'√Čcole fran√ßaise de gravure, XVIIe si√®cle, Paris, La Renaissance du livre, sd.
  • Heinrich Rumpel, La Gravure sur bois, Gen√®ve, √Čditions de Bonvent, 1972
  • R√©mi Blachon, La Gravure sur bois au XIXe si√®cle, l'√Ęge du bois debout, Paris, Les √©ditions de l'Amateur, 2001 (ISBN 2-85917-332-3)

Voir aussi

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Gravure de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • GRAVURE ‚ÄĒ Il est peu d‚Äôobjets d‚Äôart qui soient aussi complexes que la gravure. D‚Äôune part, la fabrication m√©canique s‚Äôajoute √† la cr√©ation de l‚Äôartiste; d‚Äôautre part, la gravure peut √™tre √† la fois une Ňďuvre d‚Äôart originale et, du fait de sa reproduction √† ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • gravure ‚ÄĒ 1893, short for photogravure, from gravure, from GRAVE (Cf. grave) (v.) + URE (Cf. ure) ‚Ķ   Etymology dictionary

  • Gravure ‚ÄĒ (fr., spr. Graw√ľhr), Stich in Kupfer, Stahl etc ‚Ķ   Pierer's Universal-Lexikon

  • Grav√ľre ‚ÄĒ (franz.), Erzeugnis der Gravierkunst, Kupfer , Stahlstich; bei den Franzosen auch Holzschnitt und jede nichtfarbige Abbildung √ľberhaupt ‚Ķ   Meyers Gro√ües Konversations-Lexikon

  • Grav√ľre ‚ÄĒ Grav√ľre, Zeichnung, die entweder mit freier Hand oder mittels Maschinen in die beim Zeugdruck verwendeten metallenen Druckwalzen oder Platten eingegraben bezw. eingepre√üt und einge√§tzt wird. Bei der sogenannten Freihandstecherei bedient man sich… ‚Ķ   Lexikon der gesamten Technik

  • Grav√ľre ‚ÄĒ (frz.), Erzeugnis der Gravierkunst, Kupfer , Stahlstich; auch s.v.w. Photograv√ľre (s.d.) ‚Ķ   Kleines Konversations-Lexikon

  • Gravure ‚ÄĒ (frz. ‚Äďw√ľhr), Stich in Kupfer, Stahl etc ‚Ķ   Herders Conversations-Lexikon

  • gravure ‚ÄĒ [gr…ô vyoor‚Ä≤, grńĀv‚Ä≤y…ôr] n. [Fr < graver, to carve < Frank * graban, akin to GRAVE2, vt.] 1. a) any process using intaglio printing plates b) such a plate or a print made by such a process 2. a) ‚Ķ   English World dictionary

  • gravure ‚ÄĒ (gra vu r ) s. f. 1¬į¬†¬†¬†L art de graver. Gravure sur acier, sur bois. ‚Äʬ†¬†¬†La gravure en estampes, invent√©e √† Florence au milieu du XVe si√®cle, √©tait un art nouveau qui √©tait alors dans sa perfection, VOLT. Moeurs, 121. ‚Äʬ†¬†¬†Il est bien singulier et ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©

  • GRAVURE ‚ÄĒ n. f. L‚Äôart ou la mani√®re de graver. S‚Äôadonner √† la gravure. Gravure sur cuivre, sur acier, sur bois. Gravure en pierres fines. Gravure en taille douce √† la mani√®re noire, etc. Il se dit aussi de l‚ÄôOuvrage du graveur. La gravure de ces planches… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.