Gouverneur Général Du Canada

ï»ż
Gouverneur Général Du Canada

Gouverneur général du Canada

Canada

Armoiries du Canada
Cet article fait partie de la série sur la
politique du Canada,
sous-série sur la politique.

Pouvoir exécutif

La Couronne (Reine Élisabeth II)
Gouverneur général (Michaëlle Jean)
Conseil privé de la Reine pour le Canada
Premier ministre (Stephen Harper)
Cabinet (28e conseil)
MinistĂšres

Pouvoir législatif

Parlement du Canada
SĂ©nat
Président du Sénat
Leader du gouvernement au SĂ©nat
Leader de l'Opposition au SĂ©nat
Chambre des communes
Opposition officielle
Chef de l'Opposition
Président de la Chambre
Leader du gouvernement en Chambre

Pouvoir judiciaire

Cour suprĂȘme
Juge en chef
Constitution
Charte des droits et libertés

Élections

DerniĂšre (2008)
RĂ©sultats depuis 1867
LĂ©gislatures
Circonscriptions (Liste)

Partis politiques canadiens

Provinces et territoires

Lieutenants-gouverneurs
Premiers ministres
Assemblées législatives
Politique : CB | AB | SK | MB | ON | QC | NB
                NÉ | ÎPE | TNL | YK | TNO | NU

 v Â·  Â· m 

Portail politique - Portail national

Le gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada (en anglais : Governor General of Canada) est le reprĂ©sentant du roi ou de la reine du Canada. Depuis le 27 septembre 2005, cette charge est occupĂ©e par MichaĂ«lle Jean. Étant la 27e titulaire de ce poste, elle succĂšde ainsi Ă  Adrienne Clarkson. De plus, Mme Jean est la troisiĂšme femme Ă  accĂ©der Ă  cette fonction, portant ainsi le titre de gouverneure gĂ©nĂ©rale.

Sommaire

Nomination

Le souverain nomme le gouverneur gĂ©nĂ©ral sur avis du Premier ministre du Canada. De 1867 Ă  1952, chaque gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă©tait natif de Grande-Bretagne et membre de l'aristocratie britannique. Le dernier gouverneur gĂ©nĂ©ral d'origine britannique fut Harold Alexander, 1er vicomte Alexander de Tunis, qui fut en poste de 1946 Ă  1952. Depuis le mandat de Vincent Massey, le poste a Ă©tĂ© occupĂ© uniquement par des Canadiens. De plus, par tradition, celui-ci est tenu alternativement par des Canadiens anglais et des Canadiens français. Depuis 1967, le Premier ministre ne communique au souverain qu’un seul nom lorsqu’il recommande une personne pour la fonction. Auparavant, une liste de plusieurs noms Ă©tait fournie, laissant au monarque le soin de choisir. En gĂ©nĂ©ral, le souverain est tenu par la constitution de toujours suivre l’avis de ses Premiers ministres, tant et aussi longtemps que ceux-ci gardent la confiance de la Chambre des communes et agissent de maniĂšre constitutionnelle.

Bien qu’impartiaux durant leur mandat, les gouverneurs gĂ©nĂ©raux ont souvent Ă©tĂ© d’anciens hommes politiques. Depuis 1952, des personnes ayant dĂ©jĂ  occupĂ© les postes de diplomate, membre du Cabinet ou prĂ©sident de la Chambre des communes ont Ă©tĂ© nommĂ©es. La prĂ©cĂ©dente gouverneure gĂ©nĂ©rale, Adrienne Clarkson, Ă©tait auparavant auteure et journaliste de tĂ©lĂ©vision ; elle fut la premiĂšre gouverneure gĂ©nĂ©rale dans l’histoire canadienne Ă  ne pas avoir de passĂ© politique ou militaire. Elle fut Ă©galement la deuxiĂšme femme et la premiĂšre personne d’origine asiatique Ă  occuper ce poste. La premiĂšre femme gouverneure gĂ©nĂ©rale du Canada fut Jeanne SauvĂ©, dont le mandat s'est exercĂ© de 1984 Ă  1990.

Il est de tradition que la personne dĂ©signĂ©e reste en poste pour un minimum de cinq ans, mais en vĂ©ritĂ©, ce poste est occupĂ© selon « le bon vouloir de Sa MajestĂ© Â», et le Premier ministre canadien peut demander Ă  la reine de prolonger le mandat. Ainsi, le mandat d’Adrienne Clarkson fut prolongĂ© d’un an par la reine sur l’avis du Premier ministre Paul Martin, car celui-ci croyait prĂ©fĂ©rable de garder un gouverneur gĂ©nĂ©ral expĂ©rimentĂ© en poste tant qu’un gouvernement minoritaire Ă©tait Ă  la tĂȘte du pays. Par le passĂ©, les mandats d’autres gouverneurs gĂ©nĂ©raux tels ceux de Georges Vanier et Roland Michener ont eux aussi Ă©tĂ© prolongĂ©s.

Vacance de la fonction

Dans l'Ă©ventualitĂ© oĂč le gouverneur gĂ©nĂ©ral dĂ©cĂšderait, dĂ©missionnerait ou serait Ă  l'Ă©tranger pour une pĂ©riode de plus d'un mois, il revient au juge en chef du Canada d'agir en tant qu’administrateur du Canada et d'exercer ainsi tous les pouvoirs du gouverneur gĂ©nĂ©ral. Les seules personnes Ă  avoir endossĂ© cette responsabilitĂ© suite au dĂ©cĂšs d’un gouverneur gĂ©nĂ©ral furent les juges en chef Lyman Poore Duff, succĂ©dant Ă  Lord Tweedsmuir en 1940, et Robert Taschereau, succĂ©dant Ă  Georges Vanier en 1967. De plus, suite Ă  la dĂ©mission du trĂšs honorable RomĂ©o Leblanc en 1999, le juge en chef Antonio Lamer exerça l'intĂ©rim. RĂ©cemment, en 2005, Beverley McLachlin, actuelle juge en chef du Canada, a remplacĂ© Adrienne Clarkson qui a dĂ» ĂȘtre hospitalisĂ©e afin de se faire poser un stimulateur cardiaque.[1]

Histoire

La colonisation française de l’AmĂ©rique du Nord a commencĂ© dans les annĂ©es 1580 (le territoire fut dĂ©couvert par Jacques Cartier en 1534), mais la vaste colonie de la Nouvelle-France (composĂ©e du Canada, de la Louisiane et de l’Acadie) a seulement grandi pendant le dĂ©but et le milieu du XVIIe siĂšcle. L’explorateur Samuel de Champlain devint la premiĂšre personne officiellement nommĂ©e au poste de gouverneur de la Nouvelle-France. À l’origine, la Nouvelle-France Ă©tait administrĂ©e par la Compagnie des Cent-AssociĂ©s ; en 1663, cependant, le roi Louis XIV a pris le contrĂŽle de la colonie. AprĂšs 1663, la personne Ă  la tĂȘte de l’administration française en Nouvelle-France Ă©tait connue en tant que le « gouverneur gĂ©nĂ©ral Â» ; le premier Ă  occuper cette fonction fut Charles Jacques Huault de Montmagny .

La France perdit la majoritĂ© de ses territoires nord-amĂ©ricains, Canada inclus, au profit du Royaume-Uni au cours de la guerre de Sept Ans (1756-1763), perte confirmĂ©e par le traitĂ© de Paris. La proclamation royale de 1763 a changĂ© le nom du Canada en « Province of Quebec Â» et le poste de gouverneur de QuĂ©bec fut crĂ©Ă© par la mĂȘme occasion. Le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Sir Jeffrey Amherst a gouvernĂ© la province durant les derniĂšres annĂ©es de la guerre de Sept Ans, mais le premier civil Ă  occuper cette fonction fut James Murray (nommĂ© en 1764). Les provinces de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick restĂšrent sĂ©parĂ©es, chacune avec son propre gouverneur. Dans les annĂ©es 1780, le gouvernement britannique dirigĂ© par le Premier ministre William Pitt a acceptĂ© l’idĂ©e que les provinces de QuĂ©bec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ne devraient partager qu'un seul gouverneur-en-chef (plus tard appelĂ© gouverneur gĂ©nĂ©ral). La premiĂšre personne Ă  occuper ce poste fut Lord Dorchester (nommĂ© en 1786). Le gouverneur gĂ©nĂ©ral, ou gouverneur-en-chef, ne gouvernait cependant que la province du Bas-Canada ; le Haut-Canada, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle Écosse Ă©taient en fait gĂ©rĂ©s par leurs propres lieutenants-gouverneurs respectifs. En 1840, le Haut et le Bas-Canada furent rĂ©unis pour crĂ©er la Province du Canada, qui est restĂ©e sous l’autoritĂ© directe du gouverneur gĂ©nĂ©ral.

Le rĂŽle du gouverneur gĂ©nĂ©ral a Ă©normĂ©ment Ă©voluĂ© au lendemain des RĂ©bellions de 1837. En effet, une dizaine d'annĂ©es aprĂšs ces rĂ©bellions, le gouvernement britannique a consenti Ă  accorder aux provinces canadiennes le statut de gouvernement responsable. Cela eut pour effet de rendre le gouverneur gĂ©nĂ©ral et les lieutenants-gouverneurs des gouverneurs de nom seulement, l’autoritĂ© Ă©tant en fait dĂ©tenue par les lĂ©gislatures dĂ©mocratiquement Ă©lues et les premiers ministres provinciaux. Cette rĂ©partition des rĂŽles a perdurĂ© aprĂšs l’établissement du dominion du Canada en 1867 : le gouverneur gĂ©nĂ©ral et les lieutenants-gouverneurs sont demeurĂ©s les reprĂ©sentants symboliques de la Couronne et du gouvernement britanniques, alors que le pouvoir rĂ©el Ă©tait dans les mains du Premier ministre du Canada et de ses homologues provinciaux.

La fonction de gouverneur gĂ©nĂ©ral a connu de grands changements durant la fin des annĂ©es 1920 et au dĂ©but de la dĂ©cennie suivante, au lendemain de l'affaire King-Byng. En 1926, le Premier ministre libĂ©ral William Lyon Mackenzie King a demandĂ© au gouverneur gĂ©nĂ©ral Lord Byng de Vimy de dissoudre le Parlement ; celui-ci, cependant, a utilisĂ© son pouvoir de rĂ©serve pour refuser cette requĂȘte, arguant du fait que des Ă©lections gĂ©nĂ©rales avaient Ă©tĂ© tenues seulement quelques mois plus tĂŽt. King a donc remis sa dĂ©mission, et Lord Byng a nommĂ© Arthur Meighen pour le remplacer Ă  la tĂȘte du gouvernement. En une semaine cependant, le gouvernement conservateur de Meighen perdit un vote de non-confiance Ă  la Chambre des communes, forçant le gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă  dissoudre le Parlement et Ă  dĂ©clencher les Ă©lections. Mackenzie King fut Ă©lu avec une majoritĂ© claire et revint avec la ferme intention de redĂ©finir le rĂŽle du gouverneur gĂ©nĂ©ral.

Jusque dans les annĂ©es 1970, les gouverneurs gĂ©nĂ©raux portaient l’uniforme de cour, un habit ressemblant Ă  l’uniforme militaire, comme le montre cette photo. Le duc du Devonshire, gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada de 1916 Ă  1921[2]

Lors d'une confĂ©rence impĂ©riale tenue plus tard en 1926, le Royaume-Uni, le Canada et les autres dominions ont tous acceptĂ© la dĂ©claration Balfour. Celle-ci reconnaissait que chaque dominion Ă©tait l’égal du Royaume-Uni, et que chaque gouverneur gĂ©nĂ©ral agirait dĂ©sormais dans son dominion seulement en tant que reprĂ©sentant de la Couronne et non en tant qu’agent du gouvernement britannique. Ce dernier rĂŽle devait plutĂŽt maintenant appartenir aux hauts-commissaires, Ă©quivalents des ambassadeurs. Le principe d’égalitĂ© entre les dominions fut dĂ©veloppĂ© plus avant par le Statut de Westminster en 1931. On abandonna le concept d’un grand empire dont les territoires appartenaient Ă  la couronne britannique ; chaque dominion Ă©tait un royaume Ă  part entiĂšre et le souverain devenait ainsi roi du Royaume-Uni, roi du Canada, roi d’Australie, etc. MĂȘme si le dominion du Canada Ă©tait maintenant reconnu comme indĂ©pendant et l’égal du Royaume-Uni, les responsabilitĂ©s de gouverneur gĂ©nĂ©ral ont traditionnellement continuĂ© Ă  ĂȘtre confiĂ©es Ă  des Britanniques, et non Ă  des Canadiens. L’appellation « dominion Â» n’est plus utilisĂ©e aujourd’hui, car elle impliquerait que le gouvernement britannique aurait une forme d’autoritĂ© sur le Canada, ce qui n’est pas le cas. Le premier gouverneur gĂ©nĂ©ral de nationalitĂ© canadienne, Vincent Massey, ne fut nommĂ© qu’en 1952.

D’autres changements importants ont Ă©tĂ© apportĂ©s Ă  cette fonction durant le mandat de Roland Michener (1967-1974). Michener a assoupli les protocoles et les formalitĂ©s entourant le poste ; par exemple, l’antique coutume de s’incliner devant le gouverneur gĂ©nĂ©ral fut abandonnĂ©e. Michener a conservĂ© l’uniforme militaire traditionnel associĂ© Ă  son office, mais il fut le dernier gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă  le faire. En 1971, Michener visita TrinitĂ©-et-Tobago, devenant ainsi le premier gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă  faire une visite d’État dans un autre pays. Cette visite fut initialement la source de controverses, car plusieurs soutenaient que le souverain, et non le gouverneur gĂ©nĂ©ral, Ă©tait techniquement le chef de l’État canadien. Mais la controverse n’a pas durĂ© longtemps ; il est maintenant trĂšs commun pour un gouverneur gĂ©nĂ©ral de faire des visites d’État.

La fonction de gouverneur gĂ©nĂ©ral a occasionnellement Ă©tĂ© un sujet de controverses au Canada. L'organisme Citoyens et citoyennes pour une rĂ©publique canadienne milite pour une modification du poste, en vue de ce que cet organisme voit comme une Ă©ventuelle transformation vers un systĂšme prĂ©sidentiel similaire aux rĂ©publiques d’Irlande ou de l’Inde, remplaçant ainsi complĂštement la monarchie. D’un autre cĂŽtĂ©, des organisations comme la Ligue monarchiste du Canada sont favorables au maintien du rĂŽle de gouverneur gĂ©nĂ©ral en tant que reprĂ©sentant du monarque rĂ©gnant. Depuis l’échec de l’Accord du Lac Meech en 1987 et de l’Accord de Charlottetown en 1992, les politiciens canadiens se sont montrĂ©s rĂ©ticents Ă  ouvrir Ă  nouveau la discussion sur la question constitutionnelle, surtout sur un sujet aussi polarisĂ© que la monarchie. Il y a eu peu de dĂ©bats sur une Ă©ventuelle abolition de la monarchie, principalement parce que beaucoup de Canadiens considĂšrent que le conflit portant sur la souverainetĂ© quĂ©bĂ©coise est plus urgent. Ainsi, le mouvement rĂ©publicain au Canada n’est pas aussi fort que des mouvements similaires apparus dans d’autres royaumes du Commonwealth tels que l’Australie.

RĂŽle gouvernemental

Article dĂ©taillĂ© : Monarchie au Canada.

Le gouverneur gĂ©nĂ©ral est le reprĂ©sentant du monarque canadien et exerce la quasi totalitĂ© des pouvoirs de la Couronne. Le souverain conserve les pouvoirs exĂ©cutifs et ses prĂ©rogatives royales, mais il intervient extrĂȘmement rarement dans la politique canadienne ; la plupart de ses responsabilitĂ©s sont exercĂ©es par le gouverneur gĂ©nĂ©ral. Toutefois, lui seul possĂšde le pouvoir de nommer les gouverneurs gĂ©nĂ©raux et, comme requis par la Constitution canadienne, d’ajouter des siĂšges au sĂ©nat.[3] Il n’agit cependant que sur l’avis du Premier ministre canadien.

Malgré le fait que le monarque du Royaume-Uni soit aussi monarque du Canada, le gouvernement britannique ne peut conseiller le gouverneur général ou interférer dans les affaires du Canada, ce pays étant une nation souveraine. Cela depuis l'adoption du Statut de Westminster en 1931.

Bien que les pouvoirs que possĂšde le gouverneur gĂ©nĂ©ral soient en thĂ©orie considĂ©rables, ils sont en pratique trĂšs limitĂ©s. Le gouverneur gĂ©nĂ©ral est un chef exĂ©cutif symbolique et nominal, agissant selon les contraintes de la constitution et selon des prĂ©cĂ©dents. En pratique, la grande majoritĂ© du pouvoir politique est entre les mains du parlement canadien (composĂ© de la Couronne, du SĂ©nat et de la Chambre des communes), et du premier ministre ainsi que de son cabinet. Ainsi, le gouverneur gĂ©nĂ©ral exerce presque toujours les prĂ©rogatives royales sur l’avis du Premier ministre et des autres ministres, qui Ă  leur tour, sont responsables face Ă  une Chambre des communes Ă©lue dĂ©mocratiquement, et Ă  travers celle-ci, face au peuple. Mais, une partie des prĂ©rogatives royales, appelĂ©e pouvoirs de rĂ©serve, reste entre les mains de la Couronne, en tant que dernier contrĂŽle du pouvoir gouvernemental ; comme l’expert constitutionnel et sĂ©nateur Eugene Forsey l'a dit : « A Governor General must take all steps necessary to thwart the will of a ruthless prime minister. (Un gouverneur gĂ©nĂ©ral doit prendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour contrecarrer les dĂ©sirs d’un premier ministre intraitable) Â». Ce pouvoir fut utilisĂ© par le gouverneur gĂ©nĂ©ral Lord Byng contre le premier ministre Mackenzie King dans ce qu'on a appelĂ© l’Affaire King-Byng, en 1926. Certains, comme Larry Zolf de la CBC ont Ă©galement spĂ©culĂ© sur la possibilitĂ© que le gouverneur gĂ©nĂ©ral Adrienne Clarkson refuse la recommandation du Premier ministre Jean ChrĂ©tien de dissoudre le Parlement en 2002. [1]

Toutes les lois sont Ă©dictĂ©es au nom du souverain. Avant qu’un projet de loi ne soit adoptĂ©, la sanction royale est requise. À cette occasion, le gouverneur gĂ©nĂ©ral agit au nom du souverain ; en thĂ©orie, il a trois options : accorder la sanction royale et ainsi approuver la loi, refuser la sanction en apportant son veto, ou Ă©mettre un droit de rĂ©serve sur le projet de loi afin que la sanction soit personnellement accordĂ©e ou refusĂ©e par le souverain [4]. Si le gouverneur gĂ©nĂ©ral accorde la sanction royale, le monarque a deux ans pour « rejeter Â» le projet de loi, annulant ainsi la loi en question. Aucun gouverneur gĂ©nĂ©ral n’a refusĂ© d’accorder la sanction royale depuis la ConfĂ©dĂ©ration, mais certains lieutenants-gouverneurs l’ont fait.

Le gouverneur gĂ©nĂ©ral convoque, proroge, et dissout le Parlement [5]. Chaque session parlementaire commence avec la semonce du gouverneur gĂ©nĂ©ral. Une nouvelle session est caractĂ©risĂ©e par l’ouverture du Parlement, durant laquelle le gouverneur gĂ©nĂ©ral lit le discours du TrĂŽne depuis le SĂ©nat, donnant ainsi les grandes lignes de l’agenda lĂ©gislatif du gouvernement pour l’annĂ©e Ă  venir. La prorogation du parlement survient habituellement environ un an aprĂšs l’ouverture d’une session, et suspend officiellement les sĂ©ances. La dissolution, dont le moment peut varier selon diffĂ©rents facteurs, met fin Ă  un mandat parlementaire (celui-ci ne peut excĂ©der cinq ans) [6]. S’ensuivent alors des Ă©lections gĂ©nĂ©rales pour tous les siĂšges de la Chambre des communes. Un gouverneur gĂ©nĂ©ral pourrait thĂ©oriquement refuser une dissolution, mais les circonstances qui le lui permettraient sont imprĂ©cises. Un refus pourrait ĂȘtre justifiĂ© si un gouvernement minoritaire Ă©tait en fonction trĂšs briĂšvement et qu’un autre parti semblait pouvoir rĂ©ussir Ă  obtenir la confiance de la Chambre. La derniĂšre fois qu’un gouverneur gĂ©nĂ©ral a refusĂ© de dissoudre le parlement, c’était durant la susmentionnĂ©e affaire King-Byng.

Lorsque cela est nĂ©cessaire, le gouverneur gĂ©nĂ©ral est responsable de la nomination d’un nouveau Premier ministre. En accord avec la convention constitutionnelle (non-Ă©crite), il doit choisir la personne qui a le plus de probabilitĂ©s de conserver le soutien de la majoritĂ© de la Chambre des communes : gĂ©nĂ©ralement le chef du parti majoritaire Ă  la Chambre [7]. Si aucun parti n’a de majoritĂ©, deux groupes ou plus peuvent former une coalition, dont le chef dĂ©signĂ© en interne est ensuite nommĂ© Premier ministre [8]. De tels gouvernements de coalition sont rares au Canada. Lorsqu'aucun parti ou coalition n’a de majoritĂ© Ă  l’intĂ©rieur du Parlement, la convention exige du gouverneur gĂ©nĂ©ral qu’il nomme la personne ayant le plus de chance d’obtenir le soutien de la Chambre des communes : gĂ©nĂ©ralement, mais pas nĂ©cessairement, le chef du parti qui occupe le plus de siĂšges. Ainsi, par exemple, Paul Martin est restĂ© Premier ministre plus d’un an aprĂšs l’élection de 2004 alors mĂȘme que son parti n’avait pas la majoritĂ©. Dans certains contextes, le gouverneur gĂ©nĂ©ral va devoir utiliser son jugement pour dĂ©terminer la personne la plus appropriĂ©e Ă  devenir Premier ministre.

Le gouverneur gĂ©nĂ©ral a aussi le pouvoir de nommer les ministres fĂ©dĂ©raux, les sĂ©nateurs, les juges et d’autres fonctionnaires [9]. Dans les faits, cependant, les intĂ©ressĂ©s sont choisis par le Premier ministre ou d’autres ministres. De plus, le gouverneur gĂ©nĂ©ral a la responsabilitĂ© de nommer, au nom du souverain, les lieutenants-gouverneurs dans les provinces. Dans ce cas-ci Ă©galement, ce sont les premiers ministres (fĂ©dĂ©raux et provinciaux) qui en font le choix. Un lieutenant-gouverneur peut, plutĂŽt que d’accorder la sanction royale Ă  un projet de loi provincial, Ă©mettre un droit de rĂ©serve et laisser la dĂ©cision au gouverneur gĂ©nĂ©ral. Cette pratique est cependant tombĂ©e en dĂ©suĂ©tude et a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour la derniĂšre fois par le lieutenant-gouverneur de la Saskatchewan en 1961. Les commissaires des territoires canadiens ne sont pas nommĂ©s par le gouverneur gĂ©nĂ©ral ; ils n’agissent pas non plus en tant que reprĂ©sentants de la Couronne.

RÎle cérémonial

Les fonctions du gouverneur gĂ©nĂ©ral sont majoritairement cĂ©rĂ©moniales. En tant que reprĂ©sentant du souverain, il accomplit certaines fonctions habituellement associĂ©es Ă  celles d’un chef d’État. Il ou elle fait des visites d’État Ă  l’étranger, reçoit des chefs d’État Ă©trangers au Canada, reçoit les ambassadeurs et les hauts-commissaires, rencontre des groupes officiels, remet des dĂ©corations honorifiques et des prix. De plus, une tradition rĂ©cente veut que chaque gouverneur gĂ©nĂ©ral sortant crĂ©e un trophĂ©e ou un prix (gĂ©nĂ©ralement dans le sport) portant son nom.

Il ou elle occupe le rĂŽle symbolique de commandant en chef des Forces canadiennes. L’allĂ©geance des membres des Forces armĂ©es est due Ă  la monarchie canadienne, et non Ă  un gouvernement en exercice, temporaire et changeant. En pratique, il n’est pas Ă©vident de savoir si le commandant des Forces armĂ©es pourrait, dans la rĂ©alitĂ©, se tourner vers le gouverneur gĂ©nĂ©ral s’il pensait que les ordres reçus du Premier ministre ou du ministre de la DĂ©fense nationale Ă©taient illĂ©gaux ou sans Ă©thique, ni si le gouverneur gĂ©nĂ©ral pourrait donner directement de nouveaux ordres. En effet, il n'existe aucun prĂ©cĂ©dent de ce genre dans l'histoire du Canada. Si un gouverneur gĂ©nĂ©ral annulait un ordre du Premier ministre, cela crĂ©erait indubitablement une crise constitutionnelle.

Le gouverneur gĂ©nĂ©ral est Ă©galement le colonel de trois rĂ©giments canadiens : les Governor General’s Horse Guard, les Governor General’s Foot Guards et les Canadian Grenadier Guards. Le grade de colonel est situĂ© directement sous celui de colonel en chef, titre destinĂ© au souverain.

PrĂ©cĂ©demment, les lettres de crĂ©ance (prĂ©sentĂ©es par des ambassadeurs ou des hauts-commissaires arrivant ou quittant leur poste au Canada) Ă©taient adressĂ©es Ă  la Reine ; depuis dĂ©but 2005, cependant, elles sont directement adressĂ©es au gouverneur gĂ©nĂ©ral, sans rĂ©fĂ©rence au souverain. Cette dĂ©cision a causĂ© quelques controverses, soulevant l'ire de certains monarchistes.[10]

Préséance et privilÚges

Selon l’ordre de prĂ©sĂ©ance, lors d'un Ă©vĂ©nement officiel, le gouverneur gĂ©nĂ©ral prĂ©cĂšde tous les invitĂ©s, sauf le souverain. En tant que reprĂ©sentant direct du monarque, le gouverneur gĂ©nĂ©ral a mĂȘme prĂ©sĂ©ance sur d’autres membres de la famille royale.

Tout au long de son mandat, le gouverneur gĂ©nĂ©ral ainsi que son conjoint reçoivent le prĂ©dicat honorifique « Son Excellence Â». De plus, les gouverneurs gĂ©nĂ©raux sortant sont nommĂ©s au Conseil privĂ© de la Reine pour le Canada et ont droit au titre de « trĂšs honorable Â» Ă  vie ; le terme « Son Excellence Â» est cependant retirĂ© lorsqu’ils quittent leur fonction, ce titre Ă©tant attribuĂ© internationalement aux chefs d'État. Le gouverneur gĂ©nĂ©ral et son conjoint sont les seuls Canadiens ayant le privilĂšge de recevoir le traitement « Son Excellence Â» au pays. Pendant toute la durĂ©e de son mandat, le gouverneur gĂ©nĂ©ral est Ă©galement le chancelier et compagnon principal de l'Ordre du Canada, le chancelier de l'Ordre du mĂ©rite militaire et le chancelier de l'Ordre du mĂ©rite des forces de police et de l'Ordre trĂšs vĂ©nĂ©rable de Saint-Jean de JĂ©rusalem. Ainsi, il est autorisĂ© Ă  porter les mĂ©dailles et insignes de ces ordres. Lors de son investiture, il se voit prĂ©senter les colliers de l’Ordre du Canada, de l’Ordre du mĂ©rite militaire, de l’Ordre du mĂ©rite des forces de la police et aussi l’AutoritĂ© hĂ©raldique.

L'actuel drapeau du gouverneur général a été adopté en 1981. On y voit un lion couronné tenant une feuille d'érable rouge.

Le drapeau du gouverneur gĂ©nĂ©ral a prĂ©sĂ©ance sur tous les autres drapeaux et Ă©tendards, sauf sur l'Ă©tendard personnel de la reine au Canada. Cet Ă©tendard est arborĂ© sur le vĂ©hicule utilisĂ© par le gouverneur gĂ©nĂ©ral et sur l'Ă©difice dans lequel il se trouve ou rĂ©side. Cependant lors de visites officielles Ă  l’étranger, le gouverneur gĂ©nĂ©ral utilise le drapeau du Canada, aussi appelĂ© unifoliĂ©, symbole plus reprĂ©sentatif et reconnu du pays. En effet, celui-ci, lors de ses visites Ă  l'Ă©tranger, agit Ă  titre de chef d'État du Canada; le drapeau de mise est donc l'unifoliĂ©.

Le « salut vice-royal Â» est l’hymne utilisĂ© pour accueillir le gouverneur gĂ©nĂ©ral. Il est composĂ© des six premiĂšres mesures de l’hymne royal canadien (God Save The Queen) et des quatre premiĂšres et quatre derniĂšres mesures de l’hymne national canadien (Ô Canada). À l’étranger, seul le Ô Canada est utilisĂ©. Lors des cĂ©rĂ©monies officielles une salve royale de 21 coups d'artillerie est tirĂ©e Ă  l'arrivĂ©e du gouverneur gĂ©nĂ©ral[11].

Le gouverneur gĂ©nĂ©ral perçoit un salaire annuel de 117 950 $[12]. Il dispose de deux rĂ©sidences officielles : Rideau Hall Ă  Ottawa, en Ontario, et la Citadelle de QuĂ©bec, au QuĂ©bec, oĂč le couple passe chaque annĂ©e quelques semaines. L'Ă©pouse d'un gouverneur gĂ©nĂ©ral porte le titre de « chĂątelaine de Rideau Hall Â», mais il n'existe pas d'Ă©quivalent pour le mari lorsqu'une femme occupe la fonction vice-royale.

Jusque durant la Seconde Guerre mondiale et avant d'ĂȘtre incorporĂ© aux bureaux du premier ministre, le gouverneur gĂ©nĂ©ral ainsi que son personnel bĂ©nĂ©ficiaient de bureaux sur la Colline du Parlement, dans l'aile Est[13]. Lorsque les bureaux du premier ministre furent dĂ©mĂ©nagĂ©s dans l’édifice Langevin dans les annĂ©es 1970, les anciens locaux qui abritaient les bureaux du gouverneur gĂ©nĂ©ral furent restaurĂ©s pour leur rendre leur apparence du XIXe siĂšcle. Ils reprĂ©sentent aujourd'hui une attraction touristique lors des visites sur la Colline parlementaire Ă  Ottawa[14].

Le personnel du gouverneur général est dirigé par le secrétaire du gouverneur général du Canada, travaillant à Rideau Hall[15].

Activités post-mandat

Les gouverneur gĂ©nĂ©raux Ă  la retraite se retirent gĂ©nĂ©ralement de la vie publique ou acceptent des postes diplomatiques. Edward Schreyer, en mandat de 1979 Ă  1984, est devenu haut-commissaire en Australie Ă  sa retraite. En 2005, il est devenu le premier ancien gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă  briguer un poste de dĂ©putĂ© Ă  la Chambre des communes lorsqu’il s’est prĂ©sentĂ© en tant que candidat du NPD dans la circonscription de Selkirk—Interlake. Schreyer a perdu face au conservateur James Bezan.

L’histoire des gouverneurs gĂ©nĂ©raux britanniques compte plusieurs exemples d’anciens vice-rois revenant Ă  une carriĂšre politique en Grande-Bretagne aprĂšs leur mandat. En 1952, Lord Alexander de Tunis a dĂ©missionnĂ© de son mandat de gouverneur gĂ©nĂ©ral pour accepter le poste de ministre de la DĂ©fense de Winston Churchill. Lord Lansdowne et le duc de Devonshire sont Ă©galement devenus membres du gouvernement britannique aprĂšs leurs carriĂšres vice-royales. Lansdowne lui-mĂȘme fut durant plus de dix ans le chef du Parti conservateur Ă  la Chambre des Lords Ă  Londres.

Livres Ă©crits par d’anciens gouverneurs gĂ©nĂ©raux

Seuls trois anciens gouverneurs gĂ©nĂ©raux canadiens ont laissĂ© une autobiographie. John Buchan fut le premier avec Memory Hold-the-Door, Ă©crite durant son mandat Ă  Rideau Hall et publiĂ©e en 1940. Vincent Massey fut le second, avec sa biographie en deux volumes, On Being Canadian publiĂ©e en 1948 et What’s Past is Prologue: The Memoirs of the Right Honourable Vincent Massey, C.H. en 1963. Peu aprĂšs son dĂ©part de Rideau Hall, Adrienne Clarkson a signĂ© un contrat de deux livres avec Penguin Canada, le premier intitulĂ© Heart Matters.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de la politique Portail de la politique
  • Portail du Canada Portail du Canada
  • Portail du Royaume-Uni Portail du Royaume-Uni
Ce document provient de « Gouverneur g%C3%A9n%C3%A9ral du Canada ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Gouverneur Général Du Canada de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Gouverneur-gĂ©nĂ©ral du Canada — Canada Cet article fait partie de la sĂ©rie sur la politique du Canada, sous sĂ©rie sur la politique. Pouvoir exĂ©cutif 
   WikipĂ©dia en Français

  • Gouverneur GĂ©nĂ©ral du Canada — Canada Cet article fait partie de la sĂ©rie sur la politique du Canada, sous sĂ©rie sur la politique. Pouvoir exĂ©cutif 
   WikipĂ©dia en Français

  • Gouverneur general du Canada — Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada Canada Cet article fait partie de la sĂ©rie sur la politique du Canada, sous sĂ©rie sur la politique. Pouvoir exĂ©cutif 
   WikipĂ©dia en Français

  • Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada — Governor General of Canada Pavillon du gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada 
   WikipĂ©dia en Français

  • Gouverneur gĂ©nĂ©ral du canada — Canada Cet article fait partie de la sĂ©rie sur la politique du Canada, sous sĂ©rie sur la politique. Pouvoir exĂ©cutif 
   WikipĂ©dia en Français

  • Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada — Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral Depuis leur crĂ©ation en 1937, les Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral sont devenus un des prix les plus prestigieux du Canada. Les prix sont accordĂ©s pour des Ɠuvres en français et en anglais dans sept catĂ©gories : romans… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Prix littĂ©raire du Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada — Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral Depuis leur crĂ©ation en 1937, les Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral sont devenus un des prix les plus prestigieux du Canada. Les prix sont accordĂ©s pour des Ɠuvres en français et en anglais dans sept catĂ©gories : romans… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Prix littĂ©raires du Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada — Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral Depuis leur crĂ©ation en 1937, les Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral sont devenus un des prix les plus prestigieux du Canada. Les prix sont accordĂ©s pour des Ɠuvres en français et en anglais dans sept catĂ©gories : romans… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Drapeau Du Gouverneur GĂ©nĂ©ral Du Canada — Le drapeau du gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada Ratios : 2:3 (sur terre), 1:2 (en mer) Le drapeau du gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada a Ă©tĂ© adoptĂ© en 1981. Il montre le crimier royal du Canada : un lion couronnĂ© tenant une feuille d Ă©rable rouge 
   WikipĂ©dia en Français

  • Drapeau du gouverneur general du Canada — Drapeau du gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada Le drapeau du gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada Ratios : 2:3 (sur terre), 1:2 (en mer) Le drapeau du gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada a Ă©tĂ© adoptĂ© en 1981. Il montre le crimier royal du Canada : un lion… 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.