Gilles de Rais

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Gilles de Rais
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Gilles de Rais
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Mar√©chal de France (1404-1440). Huile sur toile (1835) expos√©e dans la galerie des mar√©chaux de France, ch√Ęteau de Versailles. (portrait imaginaire)
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Mar√©chal de France (1404-1440). Huile sur toile (1835) expos√©e dans la galerie des mar√©chaux de France, ch√Ęteau de Versailles. (portrait imaginaire)

Naissance septembre ou octobre 1404
ch√Ęteau de Machecoul ou ch√Ęteau de Champtoc√©-sur-Loire)
D√©c√®s 26 octobre 1440 (√† 36 ans)
Nantes
Origine Duché de Bretagne
Allégeance Royaume de France
Duché de Bretagne
Arme Blason Gilles de Rais.svg
Grade Maréchal de France
Années de service 1420 - 1436
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau
Bataille de Patay
Autres fonctions Baron de Retz
Famille Maison de Montmorency-Laval
Maison de Laval
Maison de Montmorency

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais, n√© en septembre ou octobre 1404 au ch√Ęteau de Machecoul ou au ch√Ęteau de Champtoc√©-sur-Loire[1],[2], mort le 26 octobre 1440 √† Nantes, est un seigneur de Bretagne, connu pour avoir √©t√© mar√©chal de France et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.

Appel√© √† l'√©poque ¬ę Gilles de Rais ¬Ľ (√©galement ¬ę Gilles de Ray ¬Ľ, ¬ę Gilles de Raiz ¬Ľ, ¬ę Gilles de Rayz ¬Ľ ; on dirait aujourd'hui ¬ę Gilles de Retz[note 1] ¬Ľ), baron de Retz, seigneur de Machecoul, de Tiffauges, de Pouzauges, de Champtoc√©-sur-Loire, d'Ingrandes, de La B√©nate, du Coutumier, de Bourgneuf-en-Retz, de Bouin, etc., il se proclamait √©galement[note 2], alors que ce titre √©tait tenu par le comte Pierre Ier de Luxembourg-Saint-Pol[3], comte de Brienne[4],[5].

Il fut une grande figure de la guerre de Cent Ans avant de tomber dans la d√©cadence et la d√©bauche, jusqu'√† √™tre condamn√© par un tribunal eccl√©siastique ¬ę pour sorcellerie, sodomie, et meurtres de trente petits enfants[6]¬Ľ, bien que le nombre de ses crimes divise les historiens.

Certains auteurs voient en lui le personnage de ¬ę Barbe bleue[7] ¬Ľ, le ¬ę plus grand tueur en s√©rie de l'histoire de France ¬Ľ[8], bien que ces appellations soient anachroniques.

Sommaire

Biographie

Appartenant √† la double maison de Montmorency-Laval, Gilles de Rais est n√© en septembre ou octobre 1404 au ch√Ęteau de Machecoul, capitale du Pays de Retz, baronnie de Bretagne[9],[10] ou, selon certains historiens, au ch√Ęteau de Champtoc√©-sur-Loire[11],[12], ¬ę en une chambre appel√©e la tour Noire ¬Ľ.

Condamn√© √† √™tre pendu puis br√Ľl√© pour sorcellerie, sodomie et meurtres d'enfants, il est mort le 26 octobre 1440 √† Nantes.

Gilles de Montmorency-Laval √©tait baron de Retz, et seigneur de Machecoul, Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte, La B√©nate, Pornic, Princ√©, Vue, Bouin, Ingrandes, Champtoc√©-sur-Loire, etc. Ses immenses revenus, ses alliances et sa parent√© avec de grandes familles nobles (Montmorency, Laval, Thouars, Craon, etc.), firent de lui un des seigneurs les plus en vue de son √©poque.


Ascendance de Gilles de Rais

Seigneur de Retz

Article d√©taill√© : Pays de Retz.
Article d√©taill√© : Liste des seigneurs de Retz.

En 1400, Jeanne Chabot, dite Jeanne de Rais ¬ę la Sage ¬Ľ (1331-1406), dame de Retz, fille de G√©rard V Chabot dit ¬ę G√©rard V de Rais ¬Ľ, et derni√®re h√©riti√®re sans enfant de la famille de Rais, d√©signa son arri√®re-petit-cousin Guy II de Montmorency-Laval (fils de Guy ¬ę Brumor ¬Ľ de Montmorency-Laval et petit-fils de Foulques de Montmorency-Laval), futur p√®re de Gilles de Rais, comme seul h√©ritier, √† l'unique condition qu'il abandonn√Ęt pour lui et ses descendants le nom et les armes de Laval, pour prendre les armes et le nom de Rais. Il h√©rita de ce fait des seigneuries de Machecoul, Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte, Pornic, Princ√©, Vue, Bouin, qui forment la ¬ę baronnie de Rais ¬Ľ, correspondant peu ou prou √† l'actuel Pays de Retz).

Guy II de Montmorency-Laval, apr√®s avoir consenti en f√©vrier 1404 au mariage avec Marie de Craon, la fille de Jean de Craon, devint baron de Retz (et se nomma Guy II de Laval-Rais), doyen des barons de Bretagne, titre dont son fils a√ģn√© Gilles h√©ritera.

Apr√®s la mort de sa m√®re en 1415 et de son p√®re la m√™me ann√©e (ou au commencement de l'ann√©e 1416), Gilles et son fr√®re Ren√© sont √©lev√©s par leur grand-p√®re maternel, Jean de Craon, √† la r√©putation sulfureuse, contrairement au vŇďu formul√© par leur p√®re Guy II de Laval-Rais qui, dans son testament, avait d√©sign√© pour tuteur un cousin, Jean de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye.

Apr√®s deux fian√ßailles rompues par la mort ¬ę pr√©matur√©e ¬Ľ chaque fois de la fianc√©e, Gilles de Rais, respectant un troisi√®me contrat de mariage sign√© le 30 novembre 1420, finit par se r√©soudre √† se marier le 26 juin 1422. Il √©pouse √† l'√Ęge de 17 ans, en l'√©glise Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Catherine de Thouars, fille de Milet (Miles) de Thouars (fils de Hugues II de Thouars, seigneur de Tiffauges et de B√©atrix de Montjean), qu'il aurait pr√©tendument ¬ę enlev√©e ¬Ľ dans ce but, le 24 avril 1420. Cette √©pouse ne lui donnera qu'une fille unique, Marie (1429-1457), qui se mariera √† l'amiral Prigent de Co√ętivy puis au mar√©chal Andr√© de Loh√©ac. Ce genre de tractations √©taient courantes √† l'√©poque.

Armoiries

Article d√©taill√© : Armorial des Montmorency.
Blason Gui II de Laval-Rais.svg Armoiries des Montmorency-Laval
  • D'or, √† la croix de gueules, charg√©e de cinq coquilles d'argent, et cantonn√©e de douze al√©rions d'azur ; au franc-canton d'argent au lion de gueules.
Blason Retz.svg Armoiries de la baronnie de Retz (avant septembre 1429)
  • D'or √† la croix de sable.
Blason Gilles de Rais.svg Armoiries personnelles de Gilles de Rais (à partir de septembre 1429)
  • D'or √† la croix de sable (de Retz), √† la bordure d'azur sem√© de fleurs de lis d'or (de France).
  • En septembre 1429, le roi de France Charles VII fit grand honneur √† Gilles de Rais pour les services qu'il lui avait rendus lors de la guerre de Cent Ans : il changea le blason de la baronnie de Retz en lui ajoutant une ¬ę bordure de France ¬Ľ.

Un héros de la guerre de Cent Ans

1429      Territoires contr√īl√©s par Henri V d'Angleterre      Territoires contr√īl√©s par le duc de Bourgogne      Territoires contr√īl√©s par le Dauphin Charles      Principales batailles

      Raid Anglais de 1415

      Itin√©raire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

Petit-neveu du conn√©table Bertrand du Guesclin ‚ÄĒ le h√©ros du si√®cle pr√©c√©dent dans les premi√®res luttes de cette interminable guerre contre les Anglais ‚ÄĒ Gilles de Rais entreprend une carri√®re militaire, qui allait se r√©v√©ler brillante. Il s'illustre d'abord sous les ordres de Jean V de Bretagne en prenant une part active dans les querelles r√©siduelles de la guerre de Succession de Bretagne entre les Montfort et les Penthi√®vre (1420).

Il combat ensuite contre les Anglais √† partir de 1427 (jusqu'en 1431). √Čtant pass√© au service du roi de France Charles VII, il emporta d'assaut, en 1427, le ch√Ęteau du Lude, dont il tua le commandant. Il reprit encore aux Anglais la forteresse de Rainefort (Rennefort) et le ch√Ęteau de Malicorne-sur-Sarthe, dans le comt√© du Maine.

Lors de la guerre de Cent Ans, dont il sera un des h√©ros, on le trouve notamment aux c√īt√©s de Jeanne d'Arc. En 1429, il fut un des principaux capitaines qui l'aid√®rent √† faire entrer des vivres dans Orl√©ans, et il se distingua √† la prise de Jargeau le 12 juin 1429.

Apr√®s l'√©clatante victoire de Patay, Charles VII est sacr√© roi de France √† Reims le 17 juillet 1429[note 3], et Gilles de Rais, mandat√© ¬ę d'aller qu√©rir la Sainte Ampoule[13] ¬Ľ

Son √©chec, avec Jeanne d'Arc, lors du si√®ge de Paris ‚ÄĒ d√Ľ √† la trahison de Georges de La Tr√©moille qui a fait se replier l'arm√©e fran√ßaise ‚ÄĒ entra√ģne son discr√©dit aupr√®s de la Cour et l'incite √† se retirer sur ses terres et en particulier dans son ch√Ęteau de Tiffauges en Vend√©e, lieu o√Ļ se seraient d√©roul√©s les crimes dont il fut accus√©.

Il se signala, en 1430, à la prise de Melun, et l'année suivante à la levée du siège de Lagny-sur-Marne par les Anglais. En 1436, il commandait avec le maréchal Pierre de Rieux l'avant-garde de l'armée française, sous les ordres du connétable de Richemont. Cette armée étant arrivée devant Sillé-le-Guillaume dans le Maine en présence des Anglais, les deux partis se séparèrent sans combattre.

Un patrimoine considérable

H√©ritier √† vingt ans d'un patrimoine consid√©rable, il fut mari√© √† Catherine de Thouars qui lui apporta en dot de nombreuses terres en Poitou. Il devint en 1432 l'un des plus riches seigneurs du royaume apr√®s la mort de son a√Įeul maternel, Jean de Craon, seigneur de La Suze-sur-Sarthe, de Champtoc√©-sur-Loire, d'Ingrandes, etc. On √©valuait sa fortune √† trois cent mille livres de rente, sans compter les profits de ses droits seigneuriaux, les √©moluments de ses charges et un mobilier de cent mille √©cus d'or. Mais il en eut bient√īt dissip√© la plus grande partie par ses prodigalit√©s, son faste et ses d√©bauches.

Il eut d'abord une garde de deux cents hommes √† cheval, d√©pense que les plus grands princes pouvaient √† peine soutenir dans ce temps-l√†, et il tra√ģnait en outre √† sa suite plus de cinquante individus, chapelains, enfants de chŇďur, musiciens, pages, serviteurs, etc., la plupart agents ou complices de son libertinage, et tous mont√©s et nourris √† ses d√©pens. Sa chapelle √©tait tapiss√©e de drap d'or et de soie. Les ornements, les vases sacr√©s √©taient d'or et enrichis de pierreries. Il avait aussi un jeu d'orgues qu'il faisait toujours porter devant lui. Ses chapelains, habill√©s d'√©carlate doubl√© de menu vair et de petit gris, portaient les titres de doyen, de chantre, d'archidiacre, m√™me d'√©v√™que, et il avait de plus d√©put√© au pape pour obtenir la permission de se faire pr√©c√©der par un porte-croix. Il donnait √† grands frais des repr√©sentations de Myst√®res, les seuls spectacles connus alors. Pour se livrer √† ces profusions, il ali√©na une partie de ses terres √† Jean de Malestroit, √©v√™que de Nantes, aux chapitres de la cath√©drale et de la coll√©giale de cette ville.
Mais tout cela occasionnait des frais √©normes qui l'oblig√®rent en 1434, √† vendre √† Jean V le Sage, duc de Bretagne, les places de Maul√©on, Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte, Le Loroux-Bottereau, Pornic et Champtoc√©.
Six ans jour pour jour apr√®s la prise d'Orl√©ans du 8 mai 1429, Gilles de Rais offrit √† la ville d'Orl√©ans une s√©rie de reconstitutions de la bataille jou√©e par des centaines d'acteurs nourris, log√©s et chang√©s √† chaque repr√©sentation. Ce fut lors de ce ¬ę Myst√®re du si√®ge d'Orl√©ans ¬Ľ dont les repr√©sentations dur√®rent un an, et de ses frais √©normes, que les difficult√©s financi√®res du prince prirent un tour dramatique, sans espoir d'y rem√©dier. Face √† cela sa famille fut incit√©e √† lui intenter un proc√®s (qu'elle gagna) afin d'interdire √† quiconque d'acheter des terres lui appartenant. Elle obtint un arr√™t du parlement de Paris qui d√©fendait au mar√©chal d'ali√©ner ses domaines. Le roi n'ayant pas voulu approuver les ventes d√©j√† faites, le duc de Bretagne s'opposa √† la publication de ces d√©fenses et refusa d'en donner de semblables dans ses √Čtats.

Ren√© de La Suze, fr√®re de Gilles, et ses cousins Andr√© de Loh√©ac et Guy XIV de Laval, irrit√©s de ce refus, t√Ęch√®rent de conserver ces places dans leur maison et r√©sist√®rent au duc ; mais ce dernier les reprit et enleva √† son gendre Guy XIV de Laval la lieutenance g√©n√©rale de Bretagne pour la confier √† Gilles de Rais, avec lequel il consomma tous ses march√©s en 1437.

Passionné d'alchimie et de magie

Ses ressources ne lui suffisant pas, Gilles de Rais avait depuis longtemps cherch√© d'autres moyens pour s'en procurer. Il eut recours √† l'alchimie. De pr√©tendus adeptes lui apprirent le secret de fixer les m√©taux ; mais il manqua le grand Ňďuvre. D√©go√Ľt√© de l'Art d'Herm√®s, il se jeta dans la magie. Un Anglais, nomm√© messire Jean, et un pr√™tre Florentin, Fran√ßois Prelati, furent successivement ses ma√ģtres et l'aid√®rent dans ses conjurations.
On dit qu'il promettait tout au diable, except√© son √Ęme et sa vie. Mais tandis qu'il prodiguait l'encens au d√©mon et qu'il faisait l'aum√īne en son honneur, il continuait ses exercices pieux avec ses chapelains, alliant ainsi une extr√™me superstition aux pratiques les plus impies et √† la d√©pravation de mŇďurs la plus criminelle.

En effet, il semble que ce fut √† cette √©poque qu'il commen√ßa √† immoler des enfants, soit pour mettre plus de raffinement dans ses plaisirs abominables, soit pour employer leurs sangs, leurs cŇďurs ou quelques autres parties de leurs corps dans ses charmes diaboliques. Ses gens attiraient dans ses ch√Ęteaux, par quelques friandises, des jeunes filles, mais surtout des jeunes gar√ßons du voisinage, qui disparaissaient. D'autres agents, qui accompagnaient ce seigneur dans ses tourn√©es en Bretagne, persuadaient les artisans pauvres qui avaient de beaux enfants de les confier au mar√©chal, et leur promettaient qu'il les admettrait parmi ses pages et se chargerait de leur sort.

Des parents, des amis de Gilles de Rais comme Princay, ou Roger de Briqueville, ou encore Gilles de Sill√©, semblent m√™me avoir √©t√© les complices de ses horribles d√©bauches, soit en lui procurant des victimes, soit en maltraitant ou en mena√ßant les parents pour √©touffer leurs plaintes.[r√©f. n√©cessaire]

Un criminel hors du commun

Plaque du clocher de Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte, comm√©morant l'arrestation de Gilles de Rais [14]
Blason de la ville de Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte[15].

D√®s la Pentec√īte 1440, un conflit larv√© s'installe entre Gilles de Rais et l'√Čglise, qu'il aurait d√©fi√©e en reprenant par la force une de ses possessions √† Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte[16].

De ce fait, Gilles de Rais tombe sous la juridiction de l'√Čglise, et permet √† celle-ci de lancer parall√®lement une proc√©dure pour enqu√™ter sur les rumeurs qui courent √† son encontre. Le 13 septembre 1440, Jean de Malestroit, l'√©v√™que de Nantes cite Gilles de Rais √† compara√ģtre apr√®s avoir recueilli des t√©moignages et des rumeurs sur les exactions de celui-ci. Contrairement √† ce qui est commun√©ment affirm√©, lorsqu'il est arr√™t√© le 15 septembre 1440 en son ch√Ęteau de Machecoul, il n'est pas accus√© d'avoir viol√©, tortur√© et assassin√© un certain nombre d'enfants, notamment dans le cadre de rites sataniques, durant les huit ann√©es pr√©c√©dentes, mais d'√™tre entr√© arm√© dans une √©glise et d'avoir, pendant l'office, molest√© et arr√™t√© un homme lige du duc de Bretagne. Ce n'est que le 8 octobre qu'il d√©couvrira devant le tribunal de l'inquisition ses v√©ritables chefs d'accusation, les plus graves de l'√©poque : sodomie, sorcellerie et assassinat. Cette pr√©cision sur son arrestation permet de comprendre pourquoi Gilles de Rais se laisse capturer sans opposer de r√©sistance.

S'ouvre alors l'instruction du proc√®s civil qui va √™tre l'instrument de sa chute. Il est emprisonn√© dans le ch√Ęteau de Nantes tandis que le duc de Bretagne charge son commissaire, Jean de Toucherond, de commencer une enqu√™te. Deux des gens de Gilles de Rais sont arr√™t√©s, Henriet et √Čtienne Corillaut dit Pontou ou Poitou.

Procès

Le proc√®s qui s'ouvre √† Nantes le 8 octobre 1440 est tr√®s bien pr√©par√© et suit une strat√©gie machiav√©lique, visant √† le d√©sarmer. Gilles de Rais a la possibilit√© de r√©cuser les juges pour partialit√© √† l'ouverture du proc√®s, mais l'acte d'accusation ne fait alors √©tat que de l'acte v√©niel mentionn√© pr√©c√©demment, ce qui soulage l'accus√© qui reconna√ģt la comp√©tence des juges.

Ce n'est qu'√† la deuxi√®me audience, le 13 octobre 1440, que l'acte d'accusation complet est d√©voil√©, mais il est alors trop tard pour l'accus√© de r√©cuser les juges. Gilles de Rais se rend compte qu'il a affaire √† un dossier d'accusation tr√®s √©toff√© et que de plus, les langues se d√©lient. Les t√©moignages √† charge commencent √† affluer, identiques les uns aux autres. Ses valets (Poitou et Henriet) et ses complices qui l'auraient assist√© dans ses crimes, √©galement arr√™t√©s et soumis √† la question (la torture est √©pargn√©e √† Gilles de Rais de par sa noblesse), le voyant sans ressources, se mettent √† l'accabler[note 4].

Gilles de Rais comprend alors qu'il a √©t√© pi√©g√© et qu'il ne pourra r√©sister longtemps face √† ces accusations. Il s'emporte et se r√©volte, ce qui entra√ģne en r√©action son excommunication par l'√©v√™que qui pr√©side le proc√®s. Cette excommunication l'effraie et il se r√©sout alors √† faire des aveux en √©change de la lev√©e de cette sanction, ce qui lui est accord√©. Certains auteurs y voient une preuve de sa foi en l'√Čglise et dans le jugement de Dieu.

Sa confession, prononcée dans sa prison puis répétée à l'audience du 22 octobre, horrifie l'assistance tant les détails de la cruauté décrite dépassent l'entendement[note 5].

Gilles de Rais s'√©tait en outre rendu coupable du crime de f√©lonie. En effet, apr√®s avoir vendu √† son suzerain Jean V la place de Saint-√Čtienne-de-Mer-Morte, il en avait repris possession en mena√ßant le gouverneur d'√©gorger son fr√®re s'il ne la lui livrait pas.

Le jugement et l'exécution de la peine

Ex√©cution de Gilles de Rais (gibet et b√Ľcher). Armes du pr√©sident Bouhier (1530)

Le jugement est prononc√© le 25 octobre par le tribunal pr√©sid√© par le procureur et s√©n√©chal de Bretagne, Pierre de l'H√īpital : Gilles de Rais et ses deux valets sont condamn√©s √† √™tre pendus puis br√Ľl√©s[note 6]. √Ä sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs : le jour de l'ex√©cution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera ex√©cut√© avant ses complices et son corps ne sera pas enti√®rement br√Ľl√© pour √™tre inhum√©.

Le lendemain matin, le 26 octobre 1440[note 7] apr√®s une messe √† la cath√©drale Saint-Pierre de Nantes, l'ex√©cution est accomplie, selon les sources, en prairie de Biesse ou sur le site actuel de l'H√ītel-Dieu[17]. Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laiss√©s sur le b√Ľcher, le corps de Gilles de Rais en est retir√©, avant d'√™tre trop ab√ģm√© par les flammes[18]. Conform√©ment √† la requ√™te qu'il avait formul√©e et qu'on lui avait accord√©e avant son ex√©cution, son corps est enseveli dans l'√©glise du monast√®re des Carmes, √† Nantes. Ce monast√®re et le monument fun√©raire d√©di√© √† sa m√©moire furent d√©truits durant la R√©volution fran√ßaise.

Conséquences

Le proc√®s de Gilles de Rais est l'un des tout premiers proc√®s des barons du royaume, qui jusque-l√† √©taient ma√ģtres en leur baronnie, et ne relevaient de la justice de personne.

Dans les souterrains du ch√Ęteau de La Suze-sur-Sarthe, qui lui a appartenu, quelque quarante-neuf cr√Ęnes humains auraient √©t√© d√©couverts ult√©rieurement[note 8],[19]. Il est aujourd'hui difficile de se prononcer sur la r√©alit√© et le nombre exact des victimes. √Ä l'√©poque, l'accusation lui a reproch√© cent quarante meurtres. Gilles de Rais disposait de ses hommes de main, qui auraient √©t√© parfois des anciennes victimes, et auraient servi de rabatteurs. Ils auraient cherch√© dans un premier temps les enfants livr√©s √† eux-m√™mes, sinon ils auraient engag√© des enfants √† travailler au ch√Ęteau (ce qui √©tait un privil√®ge), puis, si les parents demandaient des nouvelles, on leur aurait r√©torqu√© souvent que leur enfant indigne s'√©tait enfui.

Le doute sur la culpabilit√© de Gilles de Rais a toujours r√©gn√©, si bien qu'en novembre 1992, l'avocat Jean-Yves Goeau-Brisonni√®re r√©unit un tribunal compos√© d'anciens ministres, de parlementaires et d'experts √† l'UNESCO pour se livrer √† une r√©vision du proc√®s de Gilles de Rais, laquelle r√©vision a abouti √† son acquittement. Ce proc√®s de r√©vision est relat√© dans "Gilles de Rais ou la Gueule du loup", de Gilbert Prouteau. Ce jugement n'a qu'une valeur indicative, aucune juridiction constitu√©e n'√©tant comp√©tente pour r√©viser un proc√®s du XVe si√®cle.[r√©f. n√©cessaire]

Dans son livre Le Proc√®s de Gilles de Rais, paru en 1965, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d'une √©poque de la f√©odalit√© o√Ļ la raison balbutiante n'avait pas encore musel√© la f√™te archa√Įque de la violence : ¬ę Sa noblesse a le sens d'une violence ne regardant rien et devant laquelle il n'est rien qui ne c√®de[20] ¬Ľ.

Dans son livre Plaidoyer pour Gilles de Rais, Jean-Pierre Bayard présente Gilles de Rais comme une victime de l'Inquisition.

Gilles de Rais est souvent assimilé à La Barbe bleue de Charles Perrault (illustration de Gustave Doré (1867))

Les conjectures à propos de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc

Le fait qu'un criminel de cette ampleur ait c√ītoy√© Jeanne d'Arc a fait couler beaucoup d'encre chez les √©crivains, qui ont fantasm√© autour de ce ¬ę d√©mon √† c√īt√© d'un ange ¬Ľ. Les √©crits de l'√©poque ne nous permettent en fait que de faire des sp√©culations inv√©rifiables sur les relations de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc. Il semblerait n√©anmoins que Gilles de Rais n'ait commenc√© ses forfaits suppos√©s qu'apr√®s l'√©pop√©e de Jeanne d'Arc. Il est probable en revanche que, fid√®le √† son √©ducation et √† ses habitudes, Gilles de Rais ait eu un temp√©rament violent lors des campagnes militaires. Si Gilles de Rais a r√©guli√®rement manifest√© pendant sa vie des comportements de personne influen√ßable et croyante, il √©tait proche du parti de Georges de La Tr√©moille, qui n'√©tait pas admirateur de Jeanne d'Arc. Il demeure donc difficile de sp√©culer sur les relations entre Gilles et Jeanne.

Descendance

Le mar√©chal Gilles de Rais ne laissa qu'une fille (dont la paternit√© serait par ailleurs contest√©e) : Marie de Montmorency-Laval dite ¬ę Marie de Rais ¬Ľ, qui lui succ√©da √† la t√™te de la baronnie de Retz. Elle fut mari√©e deux fois (avec Prigent VII de Co√ętivy puis avec Andr√© de Loh√©ac), et mourut sans enfant en 1458. C'est son oncle Ren√© de La Suze, fr√®re cadet de Gilles de Rais, qui h√©rita ensuite de la baronnie de Retz (¬ę Ren√© de Rais ¬Ľ), que sa fille unique, Jeanne de Rais (mari√©e √† Fran√ßois de Chauvigny), l√©gua par testament, en 1481, √† Fran√ßois II, duc de Bretagne.[r√©f. n√©cessaire]

Notes et références

Notes

  1. ‚ÜĎ Cette derni√®re orthographe a √©t√© adopt√©e vers 1581, bien apr√®s la mort de Gilles de Rais. Voir la note 1 en bas de page 10 du livre d'Eug√®ne Bossard,Gilles de Rais, mar√©chal de France, dit ¬ę Barbe-Bleue ¬Ľ
  2. ‚ÜĎ Dans son ouvrage tr√®s document√©, Gilles de Rais √©dit√© par le Centre r√©gional de documentation p√©dagogique de Nantes en 1988, Fran√ßois Mac√© dit page 99 : ¬ę au XVe si√®cle, Brienne ne fait pas partie des domaines des seigneurs de Rais.[...] le nouveau mar√©chal de France, en route pour Reims, esp√©rait certainement profiter de cette marche victorieuse pour r√©cup√©rer des ran√ßons, des terres prises aux ¬ę collaborateurs ¬Ľ [...]. Ne se proclamait-il pas comte de Brienne en juillet 1430 ? Mais ces r√™ves furent rapidement bris√©s ¬Ľ
  3. ‚ÜĎ Il √©tait avec d'autres membres de la famille de Laval, l'un des chefs de l'arm√©e qui accompagna le roi √† Reims pour y √™tre sacr√©. Le sire de Laval fut fait comte dans cette occasion, et il est probable que le sire de Rais fut nomm√© aussi mar√©chal de France. En l'√©levant si jeune √† cette dignit√©, peu prodigu√©e alors, on ne consid√©ra pas moins son m√©rite et ses services que sa naissance. Lors du sacre de Charles VII, c'est lui qui fut charg√© d'apporter la sainte ampoule de la basilique Saint-Remi de Reims √† l'√©glise m√©tropolitaine
  4. ‚ÜĎ Confront√© √† ses deux complices, le mar√©chal de Retz les d√©savoua pour ses serviteurs et dit qu'il n'avait eu que d'honn√™tes gens √† son service ; mais la menace de la torture le fit changer de langage, et il confirma leurs d√©clarations par un aveu g√©n√©ral et circonstanci√© de tous ses crimes.
  5. ‚ÜĎ ¬ę On fr√©mit d'horreur en lisant les d√©tails obsc√®nes et atroces de cet √©pouvantable proc√®s, dont l'instruction dura un mois et dont il existe dix manuscrits √† la biblioth√®que de Paris et un aux archives du ch√Ęteau de Nantes. Jamais les tyrans les plus sanguinaires n'ont imagin√© de cruaut√©s plus ex√©crables que celles qu'il m√™lait √† ses inf√Ęmes volupt√©s. Les innocentes victimes de sa lubricit√©, √Ęg√©es de huit ans jusqu'√† dix-huit, furent toutes sacrifi√©es √† sa f√©rocit√©. Le nombre en para√ģtra incalculable si l'on consid√®re que ces massacres eurent lieu, presque sans rel√Ęche, dans ses ch√Ęteaux de Machecoul, de Champtoc√©, de Tiffauges, dans son h√ītel de la Suze, √† Nantes, et dans la plupart des villes o√Ļ il passait, et qu'ils dur√®rent huit ans, suivant ses propres aveux, ou quatorze ans, suivant la d√©claration d'un de ses complices... Pour √©liminer les traces de ses forfaits, il faisait pr√©cipiter les cadavres dans les fosses d'aisances quand il √©tait en voyage ; mais dans ses ch√Ęteaux, il les br√Ľlait et en jetait les cendres au vent. Malgr√© ces pr√©cautions, on en trouva quarante-six √† Champtoc√© et quatre-vingts √† Machecoul ¬Ľ (¬ę Gilles de Rais ¬Ľ, dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphab√©tique de la vie publique et priv√©e de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et litt√©rateurs fran√ßais ou √©trangers, 2e √©dition, 1843-1865 [d√©tail de l‚Äô√©dition]
  6. ‚ÜĎ Michel Guimard, dans ses Annales nantaises, dit que l'√©v√™que de Nantes et le commissaire du grand inquisiteur de France furent au nombre des juges du mar√©chal. Le fait n'est pas impossible et se trouve peut-√™tre dans le manuscrit de Nantes.
  7. ‚ÜĎ (et non pas le 25 d√©cembre, comme l'ont dit les historiens Fran√ßois Eudes de M√©zeray et Louis Mor√©ri)
  8. ‚ÜĎ Il ne semble pas que des cr√Ęnes d'enfants furent d√©couverts √† La Suze-sur-Sarthe. Il s'agit manifestement d'une confusion entre La Suze-sur-Sarthe et l'h√ītel de la Suze √† Nantes

Références

  1. ‚ÜĎ Gilles Henry, Bretagne et Bretons, France-Empire, 2000
  2. ‚ÜĎ Soci√©t√© arch√©ologique du d√©partement d'Ille-et-Vilaine, Bulletin et m√©moires, volume 102, 1999, p. 147
  3. ‚ÜĎ Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les g√©n√©alogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, 1775, p. 226
  4. ‚ÜĎ Bossard, p. 54.
  5. ‚ÜĎ Yvonig Gicquel, Alain IX de Rohan, 1382-1462 : un grand seigneur de l'√Ęge d'or de la Bretagne, J. Picollec, 1986, p. 310 
  6. ‚ÜĎ Jacques Heers, L'Histoire assassin√©e, 2006, p. 222
  7. ‚ÜĎ Emmanuel Melmoux, David Mitzinmacker, 100 personnages qui ont fait l'histoire de France, 2004, p. 71.
  8. ‚ÜĎ Jacques Poirier, Tournier - (Gilles de Rais) Mar√©chal de France, compagnon de Jeanne, mais aussi le plus grand tueur en s√©rie dans l'histoire de France, 2005
  9. ‚ÜĎ Charles Lemire, Jeanne d'Arc et le sentiment national, 1898, p. 250
  10. ‚ÜĎ Eug√®ne Bossard, Gilles de Rais, r√©√©dition Jean de Bonnot, 1998,p. 9
  11. ‚ÜĎ Soci√©t√© des archives historiques du Maine, La Province du Maine, 1909, p. 280
  12. ‚ÜĎ Biographie de Gilles de Rais sur le site du mus√©e du Pays de Retz
  13. ‚ÜĎ Roland Villeneuve, Le Dictionnaire du Diable, Paris, Omnibus, 1998, page 812
  14. ‚ÜĎ ¬ę Gilles de Raiz, Mar√©chal de France, p√©n√©tra en cette √©glise, le jour de la Pentec√īte 1440, en armes, √† la t√™te de ses routiers pendant la grand'messe. Il s'emparait de Jean le Ferron, clerc tonsur√©, qu'il enfermait en sa forteresse toute proche. Jean de Malestroit, √©v√™que de Nantes le citait √† compara√ģtre devant son official par mandement du 13 septembre. Jean V duc de Bretagne, faisait arr√™ter Gilles d√®s le lendemain. Il avouait ses crimes. Jug√©, condamn√©, il fut mis au gibet en prairie de Biesse √† Nantes le 26 octobre 1440. ¬Ľ
  15. ‚ÜĎ L'√©glise au centre √©voque l'√©v√©nement de la Pentec√īte 1432, au cours de laquelle Gilles de Rais p√©n√©tra √† cheval dans l'√©glise de la ville et fit saisir l'officiant Jean le Ferron par ses gens, acte qui d√©clenchera sa perte.
  16. ‚ÜĎ Joris-Karl Huysmans, Gilles de Rais, 1899
  17. ‚ÜĎ Ernest Lavisse, Histoire de France depuis les origines jusqu'√† la R√©volution, 1911, p. 
  18. ‚ÜĎ Marie Charles D√©sir√© Lemire, Un mar√©chal et un conn√©table de France, p. 51 : ¬ę Avant que le feu l'e√Ľt d√©vor√©, les femmes l'enlev√®rent, le lav√®rent et le plac√®rent dans le cercueil que les moines emport√®rent, suivis par elles, √† l'√©glise Notre-Dame-des-Carmes, apr√®s que plusieurs demoiselles eurent gard√© en souvenir du repentir du mar√©chal quelques fragments du cadavre¬Ľ
  19. ‚ÜĎ Barbe Bleue √† La Suze
  20. ‚ÜĎ Georges Bataille, Le Proc√®s de Gilles de Rais , 1965, p. 55

Annexes

Bibliographie

Sources écrites

  • Georges Bataille, Proc√®s de Gilles de Rais. Documents pr√©c√©d√©s d'une introduction de Georges Bataille, Club fran√ßais du livre, 1959 (r√©√©ditions : Pauvert, 338 p., 1965 et 1977, ISBN 2-7202-0177-4)

Travaux historiques

  • ¬ę Gilles de Rais ¬Ľ, dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphab√©tique de la vie publique et priv√©e de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et litt√©rateurs fran√ßais ou √©trangers, 2e √©dition, 1843-1865 [d√©tail de l‚Äô√©dition]
  • Eug√®ne Bossard (Abb√©), Gilles de Rais, mar√©chal de France, dit ¬ę Barbe-Bleue ¬Ľ, 1404-1440, Paris, 1885. R√©√©dition : √Čditions J√©r√īme Millon, pr√©face de Fran√ßois Angelier, 336 p., 1992 et 1997, ISBN 2-905614-72-2
  • Salomon Reinach, ¬ę Gilles de Rais ¬Ľ (essai de r√©habilitation), in Revue de l'universit√© de Bruxelles, d√©cembre 1904, X, p. 161-182, repris dans Cultes, mythes et religions, 1912. (R√©√©dition : Robert Laffont, collection ¬ę Bouquins ¬Ľ, 1996, p. 1026-1042, ISBN 2-221-07348-7)
  • Louis Perceau et Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), Le Proc√®s inquisitorial de Gilles de Rais (Barbe-Bleue), avec un essai de r√©habilitation, Paris, Biblioth√®que des curieux, 1921.
  • Arthur Bourdeaut (abb√©), Champtoc√©, Gilles de Rais et les ducs de Bretagne, 8 vol., Rennes, 1924.
  • √Čmile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Rais dit √† tort Barbe-Bleue, Paris, Librairie acad√©mique Perrin, 1926.
  • Fernand Fleuret, De Gilles de Rais √† Guillaume Apollinaire, 239 p., Mercure de France, 1933.
  • Albert Brunois, Les √Čchecs de Gilles de Rais dit Barbe Bleue ‚ÄĒ Discours prononc√© √† l'ouverture de la Conf√©rence des avocats, le 8 d√©cembre 1945, Imprimerie du Palais, 1946.
  • Michel Bataille, Gilles de Rais, 312 p., Paris, Club des Amis du Livre, 1966 (R√©√©ditions : √Čditions Pygmalion, 1976, puis 1997, ISBN 2-85704-030-X)
  • Jean Benedetti, Gilles de Rais : The authentic bluebeard, 207 p., √Čditions P. Davies, Londres, 1971, ISBN 0-432-01215-X
  • Jacques Bressler, Gilles de Rais ou La passion du d√©fi, 211 p., Payot, 1981, ISBN 2-228-70290-0
  • Michel H√©rubel, Gilles de Rais et le d√©clin du Moyen √āge, 319 p., Librairie acad√©mique Perrin, Paris, 1982, ISBN 2-262-00247-9
  • Philippe Reliquet, Gilles de Rais, mar√©chal, monstre et martyr, 283 p., Paris, Belfond, 1982, ISBN 2-7144-1463-X
  • Reginald Hyatte, Laughter for the Devil : The trials of Gilles de Rais, Companion-In-Arms of Joan of Arc, Associated University Press, Londres, 1984, ISBN 0-8386-3190-8
  • Jacques Chiffoleau, ¬ę Dire l'indicible. Remarques sur la cat√©gorie du nefandum du XIIe au XVe si√®cle ¬Ľ, Annales. √Čconomies, Soci√©t√©s, Civilisations, vol. 45, n¬į 2, 1990, p. 289-324.
  • Michel Herubel, Gilles de Rais ou la Fin d'un monde, 331 p., √Čditions J. Picollec, 1993, ISBN 2-86477-120-9
  • Alain Jost, Gilles de Rais, 260 p., √Čditions Marabout, collection ¬ę Histoire et myst√®res ¬Ľ, 1995.
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, 4 tomes, √Čditions Joca Seria, 1989-1993.
  • Jacques Heers, Gilles de Rais, Paris, √Čditions Perrin, collection ¬ę Tempus ¬Ľ, 1994, ISBN 2-262-01066-8 (R√©√©dition, 2005, ISBN 2-262-02326-3)
  • Jacques Chiffoleau, ¬ę Gilles de Rais, un serial killer p√©dophile ? Note sur les lectures d'un proc√®s c√©l√®bre depuis 1440 et sur son actualit√© suppos√©e ¬Ľ in Actes du colloque sur la p√©dophilie organis√© par le tribunal de grande instance de Cr√©teil (d√©cembre 1997), Paris, 1998.
  • G√©rard Gros, ¬ę Le Seigneur de Rais et Jeanne : √©tude sur une relation, d'apr√®s le Mist√®re du si√®ge d'Orl√©ans ¬Ľ in Images de Jeanne d'Arc (Actes du colloque de Rouen, 25, 26, 27 mai 1999), textes recueillis par Jean Maurice et Daniel Couty, Paris, Presses universitaires de France, 2000 (p. 117-126).
  • Val Morgan, The Legend of Gilles de Rais (1404-1440) in the Writings of Huysmans, Bataille, Planchon, and Tournier, Edwin Mellen Press, 2003.
  • Michel Meurger, Gilles de Rais et la litt√©rature, (essai), 237 p., √Čditions Terre de brume, 2003, ISBN 2-84362-149-6
  • Matei Cazacu, Gilles de Rais, 382 p., Paris, Tallandier, 2005, ISBN 2-84734-227-3
  • Olivier Guyotjeannin, ¬ę Entre histoire et document : les annales de la vie criminelle de Gilles de Rais ¬Ľ in Laurent Ferri et Christophe Gauthier (dir.), L'Histoire bataille. Actes de la journ√©e d'√©tudes consacr√©e √† Georges Bataille (Paris, 7 d√©cembre 2002), Paris, Honor√© Champion, collection ¬ę √Čtudes et rencontres de l'√Čcole des chartes ¬Ľ, 2006.
  • Jacques Chiffoleau, ¬ę Gilles de Rais, ogre ou serial killer ? ¬Ľ, L'Histoire n¬į 335, octobre 2008, p. 8-16.

Littérature

  • Joris-Karl Huysmans, L√†-bas, 1891 (R√©√©dition, LGF - Le Livre de Poche, 412 pages, 1988, ISBN 2-253-04617-5)
  • Joris-Karl Huysmans, La magie en Poitou. Gilles de Rais (1899) (r√©√©dition : Gilles de Rais. La Magie en Poitou suivi de deux documents in√©dits, √Čditions Mille et une Nuits, collection ¬ę La petite collection ¬Ľ, 2007)
  • Blaise Cendrars, Films sans images. Serajevo. Gilles de Rais. Le Divin Ar√©tin (recueil de pi√®ces radiophoniques), Paris, Deno√ęl, 1959.
  • Georges Bordonove, Requiem pour Gilles, 246 p., Julliard, Paris, 1961
  • Roger Planchon, Gilles de Rais. L'inf√Ęme, Gallimard, collection ¬ę Le manteau d'Arlequin ¬Ľ, 1975.
  • Michel Tournier, Gilles et Jeanne, Gallimard, 1983, (R√©√©dition, 1986, ISBN 2-07-037707-5)
  • Mireille Rosello, L'Indiff√©rence chez Michel Tournier, Jos√© Corti.
  • Jean-Marie Parent, Roger Facon, Gilles de Rais et Jacques CŇďur. La conspiration des innocents, √Čditions Robert Laffont, collection ¬ę Les √Čnigmes de l'univers ¬Ľ, 1984, ISBN 2-221-04300-6
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais ou la confession imaginaire, Seuil, 1989
  • Gilbert Prouteau, Gilles de Rais ou la gueule du loup, 277 p., Le Rocher, 1992, ISBN 2-268-01322-7
  • Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, mar√©chal de France, 1404-1440, 257 p., √Čditions du Soleil natal, 1992, ISBN 2-905270-50-0
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais, ignoble et chr√©tien, 143 p., √Čditions Opera, 1995, ISBN 2-908068-41-9
  • Hugo Claus, Gilles et la nuit (monologue th√©√Ętral), 80 p., Calmann-Levy, 1995, ISBN 2-7021-2401-1
  • Hubert Lampo, Le Diable et la Pucelle, 163 p., Presses universitaires du Septentrion, 2002, ISBN 2-85939-765-5
  • Pierre Combescot, Pour mon plaisir et ma d√©lectation charnelle, 188 p., √Čditions Grasset, 2009, ISBN 978-2-246-63101-9
  • Michel Peyramaure, Les roses de fer, Tome 3, 440 pages, Edit. Robert Laffont, 1981, ISBN 9782221006818.

Gilles de Rais dans la culture populaire

  • La Passion de Gilles op√©ra de Boesmans et Mertens, premi√®re mondiale √† Bruxelles au Th√©√Ętre Royal De la Monnaie.
  • Gilles de Retz, premier op√©ra de Paul Ladmirault qu'il √©crivit alors qu'il √©tait encore lyc√©en, repr√©sent√© en 1893.
  • Le Tombeau de Gilles de Rais, oratorio sc√©nique compos√© par Edith Canat de Chizy (1993).
  • La chanson Into the Crypts of Rays de Celtic Frost, sur l'album Morbid Tales (1984).
  • Album Godspeed On The Devil's Thunder du groupe anglais de "black metal" Cradle of Filth (2008).
  • Gilles de Rais appara√ģt en tant qu'ami du r√īle-titre dans la plupart des albums de bandes dessin√©es de la s√©rie Jhen, parue chez Casterman dessin√©e par Jean Pleyers sur des sc√©narios de Jacques Martin.
  • Gilles de Rais appara√ģt sous la forme du personnage Caster dans la s√©rie de romans Fate/Zero, inspir√©s du jeu vid√©o et manga Fate/stay night.

Cinéma

Gilles de Rais appara√ģt en tant que compagnon de guerre de Jeanne d'Arc dans un certain nombre de films d√©di√©s √† la Pucelle.

Articles connexes

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Chronologie

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