Alains

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Alains
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Les Alains (en latin [H] Alani - en grec Alanoi) Ă©taient un groupe de nomades scythes. Les Alains forment un peuple scythique, probablement originaire d’OssĂ©tie (Alanie : le pays des Alains, dans le Caucase). D'ailleurs les OssĂštes d'aujourd'hui se prĂ©sentent comme les descendants directs des Alains. Ce sont des cavaliers nomades apparentĂ©s aux Sarmates du Kirghizistan[rĂ©f. nĂ©cessaire] et trĂšs proches des Iazyges, des Roxolans et des TaĂŻfales.

Le pĂ©riple des Alains dans le contexte des Grandes migrations en Europe, annonçant le Haut Moyen Âge, est un des trajets les plus Ă©tendus : en rouge, figurent les migrations ; en orange, les expĂ©ditions militaires ; et, en jaune, les tentatives de sĂ©dentarisation.

Sommaire

Présentation

Origine

Leur premiĂšre mention est due Ă  l’historien juif du Ier siĂšcle de l'antiquitĂ© romaine Flavius JosĂšphe qui nous apprend que « â€Š les Alains sont une tribu de Scythes, habitant sur les bords du TanaĂŻs et du marais de la MĂ©otide
 Â»[1], c’est-Ă -dire entre le Don et la mer d'Azov.

À cette Ă©poque, les Alains apparaissent aux abords de la Perse oĂč leurs incursions sont l’une des causes de la chute des Parthes. Les Sassanides qui succĂšdent Ă  ces derniers Ă©tablissent en 226 un empire durable, refoulant les Alains aux confins du Don, de l’Oural et du Caucase ; les Alains y fondent alors un semblant de royaume Ă©phĂ©mĂšre.

En 375, date du dĂ©but des « Grandes invasions Â», une partie d’entre eux prend la fuite devant les Huns de Balamber et se retrouve en Germanie.

Les Alains en Gaule

Ces Alains franchissent plus tard le Rhin gelĂ© (?) prĂšs de Mayence durant la nuit de la Saint-Sylvestre 406/07, accompagnĂ©s principalement de Quades (ces derniers sont pendant longtemps confondus Ă  tort avec les SuĂšves en raison d’une mauvaise traduction de « Souabes Â»), et des Vandales Hasdings et Sillings, conduits par deux rois diffĂ©rents.

D’abord alliĂ©s aux tribus Vandales et aux Quades, et emmenĂ©s par leur chef Goar[2], les clans alains (autour de 50 000 individus ?) participent Ă  l’écrasement des auxiliaires francs conduits par le duc de Mayence. Les Alains sauvent Ă©galement les Vandales, qui viennent de perdre leur roi, d’un Ă©norme massacre ; aux cĂŽtĂ©s des autres envahisseurs germaniques, ils dĂ©vastent la Gaule romaine de 407 Ă  409 : Worms, Mayence, Strasbourg, Tournai, Arras, Amiens, Reims tombent et sont mis Ă  sac. Paris, OrlĂ©ans, Tours sont menacĂ©s.

Puis, ils franchissent la Loire en 408 (incendiant au passage le fort gallo-romain de Meung-sur-Loire). Cependant, contrairement Ă  leurs compagnons d’armes, les Alains se divisent en plusieurs bandes armĂ©es, en plusieurs clans, plusieurs historiens Ă©tablissant un nombre d’environ 3 000 individus par clan.

Une partie d’entre eux, toujours menĂ©e par Goar, obtient un traitĂ© (fƓdus) avec l’Empire romain : Aetius leur permet de s’installer sur la Loire, autour d’OrlĂ©ans, mais les Alains, turbulents, sont trĂšs mal perçus par les autochtones. Un jour, estimant ne pas ĂȘtre payĂ©s assez vite ou suffisamment, des Alains n’hĂ©sitent pas Ă  tuer des sĂ©nateurs d’OrlĂ©ans.

Les Alains parcourent en tous sens la pĂ©ninsule d’Armorique qu’Aetius leur avait abandonnĂ©e pour Ă©pargner les autres parties de la Gaule.

En 445–448, des Alains placĂ©s sous l’autoritĂ© d’un certain Eochar[3] rĂ©priment la rĂ©volte des bagaudes d’Armorique pour le compte de Rome : il s’agit probablement des Alains de Goar.

En 451, alors que leur chef est dĂ©sormais Sangiban, ces mĂȘmes Alains forment le centre du dispositif militaire mis en place contre les forces d’Attila aux Champs catalauniques (Campus mauriacus en latin) prĂšs de Moirey, dans la rĂ©gion de Troyes : ce rĂŽle est principalement dĂ» aux mĂ©rites de la cavalerie lourde alaine (les cataphractes, vĂ©ritables « chars d’assaut Â» de l’AntiquitĂ©).

Des clans alains, menĂ©s par leur chef Sambida, se fixent sur le RhĂŽne autour de Valence (d'oĂč la probable origine du toponyme Allan) ; leurs relations avec leurs voisins sont aussi difficiles que celles qu'entretiennent leurs cousins installĂ©s sur les bord de la Loire.

Les Alains en Hispanie et en Afrique du nord

Alan kingdom hispania.png
Vandal alan kingdom 526.png

Enfin, en 409, une partie des Alains, conduite par Respendial, suit encore les Vandales et les Quades jusqu’en Hispanie. LĂ , ils errent sur les plateaux du centre de la PĂ©ninsule IbĂ©rique, dans la rĂ©gion du Tage. Une des deux tribus vandales et les Quades s’établissent en Galice tandis que des Alains s’établissent surtout en Lusitanie. Ils en sont brutalement dĂ©logĂ©s en 418 par les Wisigoths, qui les massacrent.

Leur pĂ©riple avec les Vandales se poursuit alors jusqu’en Andalousie et les clans alains d’Hispanie, trĂšs diminuĂ©s par les attaques des Wisigoths, se placent sous l’autoritĂ© des Vandales unifiĂ©s : en 428, le roi vandale GensĂ©ric prend le titre de « roi des Vandales et des Alains Â» et emmĂšne en 429 les 80 000 Barbares qui le suivent en Afrique du Nord. L’histoire des Alains s’y confond dĂšs lors avec celle du « royaume Vandale d'Afrique Â» : fondĂ© en 429, le royaume vandale qui va d'Alger Ă  Carthage est dĂ©truit par les troupes byzantines en 533/534, lors de l’éphĂ©mĂšre reconquĂȘte byzantine de l’Afrique.

Par la suite, l’ensemble des clans alains, moins nombreux que les autres peuples barbares, se sont naturellement et progressivement intĂ©grĂ©s aux peuples berbĂšres voisins notamment dans les rĂ©gions de Kabylie et de Mostaganem en AlgĂ©rie lors de la chute du royaume vandale et alain.

L’une des rares traces de leur passage et de leur Ă©phĂ©mĂšre prĂ©sence en Occident se trouve Ă©galement en Espagne, oĂč les Alains sont Ă  l’origine d’une race de chiens robustes importĂ©s par ceux-ci, race qui a gardĂ© leur nom : les alanos espagnols (es)[4].

À l’est, leurs lointains cousins, aprĂšs avoir survĂ©cu aux massacres des Mongols ou des Tatars de Tamerlan au XIIIe / XIVe siĂšcle, et aprĂšs avoir assimilĂ© d’autres Ă©lĂ©ments caucasophones, vivent encore actuellement dans le Caucase sous le nom d’OssĂštes. Ces derniers sont majoritairement de religion orthodoxe, avec une importante minoritĂ© musulmane. Une petite partie d'entre eux, alliĂ©s aux Mongols, vivent encore aujourd'hui en Mongolie, oĂč ils portent le nom d'Asud.

Sur le plan culturel, seuls les Alains des Ier – VIe siĂšcles sont des cavaliers nomades ou semi-nomades.

Témoignages de la présence des Alains en Gaule

Comme pour la plupart des peuples barbares en migration, les Alains n’ont laissĂ© que trĂšs peu de traces de leur prĂ©sence sur le sol gaulois, hispanique, et africain.

Les « Alains de la Loire Â», prĂ©sents autour d’OrlĂ©ans, ont pu laisser, en guise d’hĂ©ritage, leur ethnonyme, Ă  l’origine du nom d’une centaine de localitĂ©s en France : Allaines, Alaigne, Allain, Allonnes, Allan, Allainville, etc.

En Normandie, dans le dĂ©partement du Calvados, la prĂ©sence alaine est peut-ĂȘtre attestĂ©e (mais pas dans la toponymie, ni dans l'onomastique en gĂ©nĂ©ral) par un important mobilier funĂ©raire datĂ© du dĂ©but du Ve siĂšcle : « le trĂ©sor d’Airan Â». Mais peut-ĂȘtre ne s’agit-t-il que d’un groupe de lĂštes sarmates ou gothiques. TrouvĂ© par hasard Ă  Moult en 1876, ce trĂ©sor contient un certain nombre de piĂšces d’orfĂšvrerie polychrome attribuĂ©es soit aux Alains, soit aux Huns. La tombe, situĂ©e Ă  proximitĂ© de deux stations romaines du Bas Empire faisant partie de la ligne de dĂ©fense dressĂ©e contre les pirates frisons et saxons, a pu ĂȘtre celle d’une princesse barbare qui a accompagnĂ© lĂ  son Ă©poux, quant Ă  lui fĂ©dĂ©rĂ© de Rome. NĂ©anmoins, la prĂ©sence d’élĂ©ments germaniques orientaux (fibule, chaĂźne) et romains (plaque-boucle de ceinture) aux cĂŽtĂ©s des Ă©lĂ©ments alano-sarmates rend l’origine ethnique de cette femme impossible Ă  dĂ©terminer. Cette sĂ©pulture est classĂ©e par les archĂ©ologues dans le groupe dit d'« Untersiebenbrunn Â», du nom de l’endroit, situĂ© en Autriche, oĂč a Ă©tĂ© trouvĂ©e une tombe contenant un mobilier de provenances diverses. Il en existe plusieurs autres : Balleure (Étrigny, Bourgogne), Hochfelden (Bas-Rhin), FĂŒrst (BaviĂšre), Altlußheim (Bade-Wurtenberg), Beja (Portugal), etc.

Le patronyme « Al(l)ain Â», dans lequel il faut peut-ĂȘtre chercher l’origine du prĂ©nom « Alain Â», Ă  l’origine trĂšs populaire en Bretagne et utilisĂ© en Armorique dĂšs le VIe siĂšcle, peut encore venir du nom de cette peuplade barbare ; cependant, une Ă©tymologie celtique, plus plausible, est aussi suggĂ©rĂ©e pour ce prĂ©nom.

Leur prĂ©sence dans l’empire byzantin

Les Alains apparaissent aussi en tant que mercenaires ou auxiliaires de l’empereur byzantin Andronic II PalĂ©ologue, au dĂ©but du XIVe siĂšcle, comme le signale l’historien catalan Ramon Muntaner lorsqu’il relate l’expĂ©dition des Almogavres en Orient. C’est leur chef Georges Gircon qui dĂ©barrassera l'empire du chef des Almogavres, Roger de Flor, le 4 avril 1305, Ă  Andrinople, obĂ©issant aux ordres de Michel IX, le fils du basilĂ©us. Ces Alains furent dĂ©faits plus tard, en 1306, par les Almogavres et Gircon fut tuĂ© et dĂ©capitĂ©. Il semble que Gircon ne portait guĂšre Roger de Flor dans son cƓur, car Ă  la suite d’une querelle entre les hommes de la Compagnie et des Alains, son fils trouva la mort, ce qui fut source d’une haine qui n’allait ĂȘtre assouvie qu’avec la mort du CĂ©sar.

Leur présence en Hongrie et Moldavie

Sous les noms de Iasses, Jasones, Jassics, JĂĄszok et IaƟi, les Alains apparaissent aussi XIVe siĂšcle comme mercenaires dans la Hongrie mĂ©diĂ©vale (oĂč des comtĂ©s leur sont octroyĂ©s par le roi Ă  l'est de Buda: JĂĄszsĂĄg, autour de BerĂ©nyszĂĄlĂĄs) et dans la principautĂ© vassale de Moldavie, oĂč la capitale de leur comtĂ©: Aski, apparaĂźt sous le nom de Civitas Iassiorum, en roumain IaƟi. Ils y sont rapidement assimilĂ©s aux populations locales et se fondent parmi les Magyars ou les Roumains[5].

Leur présence en Chine et Mongolie

AprĂšs le ralliement, dĂšs 1238, d'une partie des Alains aux envahisseurs Mongols, des troupes alaines furent incorporĂ©es dans l'armĂ©e mongole, et mĂȘme dans la garde du grand khan. Elles suivirent son armĂ©e jusqu'en ExtrĂȘme-Orient. Ces Alains jouĂšrent un grand rĂŽle dans la conquĂȘte de la Chine par Kubilai. Au dĂ©but du XIVe siĂšcle, l'armĂ©e mongole comptait environ 30000 Alains, probablement installĂ©s Ă  proximitĂ© de PĂ©kin. Cette communautĂ© (si on y ajoute les familles des soldats) relativement nombreuse, avait conservĂ© la religion chrĂ©tienne (une ambassade fut envoyĂ©e en 1336 au pape BenoĂźt XII en Avignon). AprĂšs le renversement en 1368 de la dynastie Yuan, les Alains suivirent le repli des Mongols vers l'Asie Centrale, oĂč ils se fondirent progressivement dans la population[6].

Langue

La langue originelle des Alains doit ĂȘtre un parler iranien nord-oriental de type caucasien (selon Georges DumĂ©zil), probablement semblable Ă  celui des Sarmates. Elle Ă©volue par la suite chez leurs descendants du Caucase au Moyen Âge pour devenir quasiment identique Ă  l’ossĂšte actuel.

Civilisation

L’historien-soldat romain Ammien Marcellin, tĂ©moin oculaire qui mĂȘle ses observations aux rumeurs (?) qu’il a entendues sur les Barbares, apporte quelques informations sur les Alains du nord du Caucase, informations qui doivent ĂȘtre abordĂ©es avec circonspection[7].

Il dĂ©crit leur apparence physique : les Alains sont de grande taille, ont les cheveux modĂ©rĂ©ment blonds, le regard martial et sont plus civilisĂ©s dans leur maniĂšre de s’habiller et de se nourrir que les Huns.

Sur le plan des mƓurs, selon lui, les Alains sont belliqueux et courageux : leur fĂ©rocitĂ© et la rapiditĂ© de leurs attaques n’ont rien Ă  envier Ă  celles des Huns. Ils ignorent l’esclavage et mĂ©prisent les faibles et les vieillards. Ils mĂ©prisent les vieillards car pour eux (comme pour de nombreux autres peuples barbares), c’est un honneur de mourir au combat, mais un dĂ©shonneur de mourir de vieillesse.

Pour ce qui est de leur mode de vie, les Alains ignorent le travail de la terre et utilisent des chariots couverts d’écorce en guise de maisons.

Ammien Marcellin leur prĂȘte encore la coutume de scalper leurs adversaires et d’en attacher les cheveux Ă  leur monture. Ils rendent aussi un culte Ă  une divinitĂ© de la guerre (identifiĂ©e Ă  Mars) grĂące Ă  une simple Ă©pĂ©e fichĂ©e en terre et servant d’autel (le culte d’une Ă©pĂ©e « magique Â» est par ailleurs prĂȘtĂ© aux Huns).

Ces informations correspondent trait pour trait aux lĂ©gendes traditionnellement attachĂ©es aux peuples de cavaliers des steppes par leurs voisins sĂ©dentaires : Ammien Marcellin Ă©crit mĂȘme qu’on lui a rapportĂ© que certains Alains orientaux seraient anthropophages.

Les sources archĂ©ologiques, quant Ă  elles, indiquent l’existence chez les Alains d’une ou plusieurs divinitĂ©s du feu et du soleil[8].

L’art dĂ©coratif des Alains est essentiellement animalier : semblable Ă  celui des Saces jusqu’au IIe siĂšcle, il fait la part belle aux dĂ©cors polychromes cloisonnĂ©s aux IIIe et IVe siĂšcles. Ces dĂ©cors se gĂ©nĂ©ralisent en Occident au moment des grandes invasions (IVe – VIe siĂšcles), notamment par le relais des peuples germaniques orientaux, nombreux Ă  adopter des motifs scythiques de l’art des steppes (Goths, Burgondes, Vandales).

Par la suite, de nombreux Ă©lĂ©ments culturels sarmato-alains se retrouvent chez les OssĂštes, jusqu’au XIVe siĂšcle.

Selon Georges DumĂ©zil, les OssĂštes actuels sont, linguistiquement et culturellement, les descendants les plus caractĂ©risĂ©s des Alains. Leurs lĂ©gendes (cycle des Nartes) prĂ©sentent des ressemblances intĂ©ressantes avec d'autres lĂ©gendes de l’aire indo-europĂ©enne, notamment celtiques (lĂ©gende arthurienne).

Bibliographie

Vladimir Kouznetsov et Iaroslav Lebedynsky, Les Alains, Errance, Paris, 1997 (2Ăšme Ă©dition, 2005). (ISBN 978-2877722957)

Voir aussi

Asud

Notes

  1. ↑ extrait de la Guerre des Juifs , Livre 7, VII, 4
  2. ↑ Ne pas confondre Goar, chef alain, avec Saint Goar, ermite d'Aquitaine.
  3. ↑ selon Constance, Vie de Saint Germain d’Auxerre (vers 480).
  4. ↑ Photo d'un alano espagnol
  5. ↑ Nathalie KĂĄlnoky : Des princes scythes aux capitaines des Iasses : PrĂ©sence iranienne dans les chroniques mĂ©diĂ©vales et des privilĂšges des peuples auxiliaires militaires, L'Harmattan, Paris, 2006 Titre de la Revue : Droit et cultures [cote INIST : 24217], no 52.
  6. ↑ Vladimir Kouznetsov et Iaroslav Lebedinsky, « Les Alains Â», Éditions Errance, 2005.
  7. ↑ Ammien Marcellin, Histoire de Rome (en particulier Livre XXXI, 2, 31-2 - seconde moitiĂ© du IVe s.) - Édition Ă©lectronique et traduction en français sur le site AgoraClass: L’Agora des Classiques de l’universitĂ© catholique de Louvain (Belgique).
  8. ↑ selon Iaroslav Lebedynsky, Les peuples nomades de la steppe des origines aux invasions mongoles IXe siĂšcle av. J.‑C. – XIIIe siĂšcle apr. J.-C. (Errance - Paris - 2003).

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