Gevaudan

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Gevaudan

GĂ©vaudan

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Parti, au premier d’azur semĂ© de fleurs de lys d’or, au second aussi d’or aux quatre pals de gueules

Le GĂ©vaudan (Gavaudan ou Gevaudan en occitan) dĂ©signe une province française qui a existĂ© jusqu’à la RĂ©volution. À cette date, le GĂ©vaudan est devenu le dĂ©partement de la LozĂšre, lequel suit sensiblement les mĂȘmes frontiĂšres.

Sommaire

Histoire

Article connexe : Histoire de la LozĂšre.

NĂ©olithique

Un dolmen Ă  Bramonas
Sur cette carte on retrouve Anderitum, Condate, Gredone et Ad Silanum, mais Ă©galement Mimate (Mende) et le mont LozĂšre.

La région du Gévaudan se développe durant le Néolithique autour de l'actuelle Javols. Elle présente une forte concentration de monuments mégalithiques tels les menhirs et les dolmens. La Cham des Bondons présente la deuxiÚme concentration de ces monuments en Europe.

PĂ©riode gauloise puis gallo-romaine

Le terme GĂ©vaudan dĂ©rive du nom des Gabales, un peuple gaulois venu probablement des rives du Rhin (de Francfort-sur-le-Main selon des estimations). Les Gabales combattirent aux cĂŽtĂ©s de VercingĂ©torix durant la guerre des Gaules. Jules CĂ©sar, dans ses Ă©crits, les a jugĂ©s vaillants mais quelque peu dĂ©sordonnĂ©s (Ă  l’image des Gaulois). Ils furent chargĂ©s par les Arvernes de contenir les Helviens, alliĂ©s des Romains. Avec les Cadurques et les Vellaves, ils formĂšrent un contingent de 35 000 hommes qui vint au secours de VercingĂ©torix lors du siĂšge d’AlĂ©sia.

À la pĂ©riode gallo-romaine, quatre villes nous sont connues comme importantes : la capitale Anderitum (devenue Javols), Condate (Chapeauroux, effectuant la liaison vers la vallĂ©e du RhĂŽne), Gredone (GrĂšzes, la forteresse des Gabales, proche du lieu de culte installĂ© Ă  Saint-Bonnet-de-Chirac) et Adsilanum (une station sur l’Aubrac, la route vers Segodunum, aujourd’hui perdue).

Pline l'Ancien évoque que les Gabales fabriquent un fromage trÚs apprécié à Rome.

Le GĂ©vaudan a toujours tenu Ă  ĂȘtre indĂ©pendant de l'Empire romain mais fut nĂ©anmoins rattachĂ© Ă  la Narbonnaise sous l’égide de Nemausus (NĂźmes).

Au IIIe siĂšcle, les barbares alamans pĂ©nĂštrent sur le territoire des Gabales, s’emparent de la capitale, Gabalum (aussi connue comme Anderitum). Celle-ci est entiĂšrement dĂ©truite. Il assiĂšgent sans succĂšs la forteresse GrĂšzes oĂč se sont rĂ©fugiĂ©s les habitants. Pour tenter de les faire sortir du siĂšge, ils martyrisent l’évĂȘque Privat qui accepte son sort. Selon GrĂ©goire de Tours, Privat aurait refusĂ© de livrer son peuple malgrĂ© tous les supplices qu’on lui faisait subir[1]. ExtĂ©nuĂ©s de ne pouvoir faire sortir les Gabales de leur forteresse, les Alamans auraient dĂ©cidĂ© de quitter le territoire gabale en leur promettant la paix[2]. Quant Ă  Privat, il succombe Ă  ses blessures dans les jours qui suivent. Son tombeau devint un lieu de pĂšlerinage et c’est autour de lui que se dĂ©veloppa la ville de Mende, qui fut le siĂšge de l’évĂȘchĂ© du GĂ©vaudan. D’autres dates sont avancĂ©es pour le martyre de Privat, 402[3] ou le Ve siĂšcle, mais elles ne semblent pas correctes aux vues des autres sources.

Haut Moyen Âge

Ancien blason de la province du GĂ©vaudan

La rĂ©gion appartient Ă  l’Empire romain jusqu’en 472. À la chute de l’Empire romain et la fin de la Pax romana, les Wisigoths prennent possession du territoire, avec leur roi Euric. Mais les Wisigoths sont Ă©crasĂ©s par Clovis Ă  VouillĂ© en 507) et sont repoussĂ©s au sud des CĂ©vennes. Les Wisigoths s’installeront en Septimanie alors que le GĂ©vaudan sera l’un des points les plus au sud du royaume franc d’Austrasie (511).

Le GĂ©vaudan subit les partages entre les princes mĂ©rovingiens. La lĂ©gende de la princesse Énimie date de cette Ă©poque. SƓur[4] de Dagobert, elle Ă©tait atteinte de la lĂšpre hideuse. Elle eut la vision d’un ange lui ordonnant d’aller se baigner dans les eaux de la fontaine de Burle, au pays des Gabales, elle obĂ©it et fut guĂ©rie. Elle fonda un monastĂšre sur les rives du Tarn, connu plus tard sous le nom de Sainte-Enimie.

En 688, le GĂ©vaudan fut rĂ©uni aux États du duc d’Aquitaine, mais, en 732, les Sarrasins ravagĂšrent le pays.

En 767, Pépin le Bref, qui venait de détruire le royaume aquitain de Toulouse, annexa le Gévaudan à ses terres. Ce comté passa à son fils Charles, le futur Charlemagne.

Charlemagne rĂ©organise le pays en pagus, ainsi naĂźt le Pagus Gabalitanus autrement dit le « pays gabale Â». Chaque pagus est divisĂ© en vigueries, le GĂ©vaudan en aura huit : Banassac (oĂč les roi francs frappaient leur monnaie), GrĂšzes (et sa forteresse antique), Miliac (proche de Langogne), Valdonnez, Chassezac, VallĂ©e du Tarn, DĂšze (et l’ensemble de la VallĂ©e Longue) et VallĂ©e-Française[5]. On peut en rajouter une neuviĂšme, celle Entre deux Gardons, dont Saint-Jean-du-Gard Ă©tait en GĂ©vaudan. Celles de DĂšze, de VallĂ©e française et donc Entre deux Gardons dĂ©pendaient beaucoup de NĂźmes. Il est possible que les diffĂ©rents textes Ă©voquant ces vigueries omettent d’en citer certaines (le chapitre de Mende Ă©voquera plus tard Peyre, ChĂąteauneuf, Auroux et Serverette)[6].

Moyen Âge

Peu Ă  peu le GĂ©vaudan se retrouve un comtĂ©, bien qu’étant sous la tutelle du comtĂ© de Toulouse (devenu comtĂ© de Barcelone). Au fil des ans le comtĂ© de Toulouse passe sous la tutelle des comtes d’Aragon et les comtes catalans dont on retrouve les armoiries sur le blason.

Cependant au XIVe siĂšcle, l’évĂȘque de Mende, Aldebert III du Tournel obtient, via une bulle d'or royale, les droits rĂ©galiens et temporel sur la ville de Mende ainsi qu’à ses successeurs. Ces droits sont rapidement Ă©tendus Ă  l’ensemble du GĂ©vaudan via le diocĂšse de Mende. Le comtĂ© du GĂ©vaudan se divise en plusieurs vicomtĂ©s.

Gouvernance du Gévaudan médiéval

Le comté du Gévaudan

AprĂšs la mort de Guillaume Ier le Pieux, duc d’Aquitaine, trois familles se disputĂšrent le pouvoir en Aquitaine : les comtes d’Auvergne, les comtes de Toulouse et les comtes de Poitiers. Dans de nombreuses villes du sud-ouest de la France, les vicomtes, simples fonctionnaires nommĂ©s par le duc, en profitĂšrent pour acquĂ©rir une relative indĂ©pendance, puis l’hĂ©rĂ©ditĂ© de leur charge et enfin le titre de comte.

Le comté du Gévaudan, qui apparaßt ainsi aux alentours de 960, disparaßt vers 1030, remplacé par plusieurs vicomtés.

L’évĂȘchĂ© de Mende
Article dĂ©taillĂ© : Liste des Ă©vĂȘques de Mende.

La bulle d'or obtenue par Aldebert confĂšre donc peu Ă  peu le titre de comte aux Ă©vĂȘques. Le GĂ©vaudan est dĂ©coupĂ© en trois parties : la terre du roi (et sa ville principale Marvejols), la terre de l'Ă©vĂȘque (Mende) et la terre commune (administrĂ©e par les barons).

Les États particuliers du GĂ©vaudan

Au XIVe siĂšcle le GĂ©vaudan est englobĂ© dans le Languedoc. Cependant, outre ce gouvernement central, la province dispose de sa gouvernance particuliĂšre. En ce qui concerne les États de Languedoc, le GĂ©vaudan est reprĂ©sentĂ© par l'Ă©vĂȘque (remplacĂ© par le vicaire gĂ©nĂ©ral en son absence), un des barons, le syndic gĂ©nĂ©ral du diocĂšse et les consuls de Mende et de Marvejols. Le choix du baron se fait en changeant tous les ans grĂące Ă  la roue du tour (autrement dit les baronnies sont classĂ©es dans un ordre et on passe au suivant, de maniĂšre circulaire, chaque annĂ©e).

Les États particuliers du GĂ©vaudan se veulent reprĂ©sentatifs des trois ordres. Pour l'Ă©glise, sont prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s : un chanoine (dĂ©putĂ© du chapitre), le dom d'Aubrac, le prieur de Sainte-Enimie et de Langogne, le commandeur de Palhers et monsieur de Saint-Jean (le commandeur de Gap-FrancĂšs)[7].

Pour la noblesse, on retrouve les huit barons et les douze gentilhommes Ă©noncĂ©s ci-dessous. Le tiers-Ă©tat est lui reprĂ©sentĂ© par les trois consuls de Mende, et un consul pour : Chirac, La Canourgue, Saint-ChĂ©ly-d'Apcher, Saugues, Malzieu, Florac, Ispagnac, Sainte-Enimie, ChĂąteauneuf-de-Randon, Serverette, Saint-Étienne-Val-Francesque, Langogne, Portes, Barre et Saint-Alban. Le mandement de Nogaret, au statut un peu particulier, avait aussi un reprĂ©sentant pour le tiers-Ă©tat[7].

Les baronnies du GĂ©vaudan
Article dĂ©taillĂ© : Baronnies du GĂ©vaudan.

Le GĂ©vaudan possĂ©dait huit baronnies, dont certaines parmi les plus riches du Languedoc : Apcher, Canilhac, CĂ©naret, Florac, MercƓur, Peyre, Randon et Tournel. Ces baronnies ont eu Ă  leur tĂȘte diffĂ©rents titres seigneuriaux : barons, ducs ou marquis.

Une lĂ©gende[8] Ă©voque la crĂ©ation de ces huit baronnies : celle d’un jeune berger mendois parti en Hongrie chercher meilleure fortune. Devenu confident du roi de Hongrie, suite a sa dĂ©votion, il s’éprit de sa fille au point de vouloir l’épouser. N’ayant pas l’accord de la famille royale pour le mariage il se rĂ©solut Ă  l’enlever, et la ramener en son pays. De cette union naquirent sept fils. Le roi de Hongrie, Ă  la recherche de sa fille vint en GĂ©vaudan qu’il ne quitta jamais, rachetant alors le pays, se rĂ©servant l’évĂȘchĂ© et crĂ©ant alors le comtĂ©. À sa mort l’évĂȘque de Mende reprit possession de ses biens crĂ©ant alors les sept baronnies du GĂ©vaudan, un pour chaque fils. Seule celle de MercƓur sera crĂ©Ă©e plus tard[8].

Les douze seigneuries principales

S’adjoignent donc Ă  ces huit baronnies douze seigneuries historiques qui ont eu, au fil des ans, le mĂȘme rang que les terres des barons : Montauroux, Saint-Alban, ServiĂšres, Montrodat, Mirandol, Barre, Gabriac, Portes, SĂ©verac, Arpajon, la Garde-GuĂ©rin et Allenc[9]

Époque moderne

Sous l’Ancien RĂ©gime, le GĂ©vaudan Ă©quivaut donc au diocĂšse de Mende et se trouve dans la province du Languedoc. Cela jusqu’en 1790, oĂč la France fut partagĂ©e en dĂ©partements. Le GĂ©vaudan se retrouva alors dans le dĂ©partement de la LozĂšre, Ă  l’exception du canton de Saugues qui fut rattachĂ© Ă  la Haute-Loire, mais avec l’ajout des villes de Meyrueis et de Villefort.

GĂ©ographie

Article connexe : GĂ©ographie de la LozĂšre.

Le Gévaudan est situé aux confins du Languedoc et de l'Auvergne. Historiquement, les Gabales étaient entourés des Helviens à l'est, des Vellaves et des Arvernes au nord, des RutÚnes à l'ouest et des Volques au sud.

Langues

Le parler gĂ©vaudanais (pour les siĂšcles les plus rĂ©cents) est trĂšs proche de l’occitan. Le patois local est en effet un mĂ©lange de la langue d'oc traditionnelle Ă  laquelle s’est ajoutĂ©e des influences auvergnates.

Le GĂ©vaudan a connu de nombreux auteurs en occitan. On retrouve ainsi trois trobairitz qui sont restĂ© dans l'histoire de la littĂ©rature : Almucs de Castelnou, Iseut de Capio et AzalaĂŻs d'Altier.

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

Notes et références

  1. ↑ « Le bon pasteur refusa de livrer ses brebis aux loups, et on voulut le contraindre de sacrifier aux dĂ©mons. Â» (Histoire des Francs - Livre premier)
  2. ↑ FĂ©lix BuffiĂšre, Ce tant rude GĂ©vaudan [dĂ©tail des Ă©ditions], tome I, p.178
  3. ↑ Adolphe Joanne in GĂ©ographie du dĂ©partement de la LozĂšre disponible sur gallica
  4. ↑ Ou bien niĂšce suivant les sources, bien que celle de sƓur soit la plus courante : FĂ©lix BuffiĂšre in Ce tant rude GĂ©vaudan, tome I.
  5. ↑ (fr) reprise de cette information
  6. ↑ le Pagus Gabalicus, FĂ©lix AndrĂ©, Bull. 1885, p. 389-396)
  7. ↑ a  et b  Documents historiques sur la province de GĂ©vaudan, Gustave de Burdin, p.38
  8. ↑ a  et b  Benjamin Bardy, in Les LĂ©gendes du GĂ©vaudan, repris sur (fr) ce site
  9. ↑ CitĂ©es dans Ce tant rude GĂ©vaudan, op. cit., tome I.
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