Germains


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Peuples germaniques

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Les peuples germaniques ou Germains (du latin germanus signifiant frère, d'étymologie incertaine, ou peut-être celtique) sont des ethnies indo-européennes originellement établies en Europe septentrionale.

Leur protohistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la Mer Noire (voir notamment l'article Goths).

Mieux connus dans le monde latin à partir du Ier siècle, principalement à travers l'œuvre de l'historien Tacite, l'expansion originelle des Germains est attestée à l'Âge du Bronze danois. C'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation linguistique en trois grands groupes : Germains orientaux, Germains occidentaux et Germains septentrionaux. Cette communauté linguistique est constitutive du paradigme de « Germains Â».

Sommaire

Origines

Berceau proto-germanique lors du premier âge du fer. Au sud se trouvent les celtes.

À partir de l'Âge du bronze danois, d'après l'archéologie allemande et scandinave, des Cultures du sud de laScandinavie se diffusent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la Mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. À ce phénomène correspondraient probablement le bon accès au fer en Scandinavie et un climat refroidissant. Peut-être contribua aussi une expansion démographique engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Aucun témoignage écrit des Grecs ou des Romains n'est disponible, puisqu'ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains. En effet, ils étaient séparés par les Celtes. En tous cas, à partir du IIIe siècle av. J.-C., a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.

Données historiques

Article connexe : Migrations germaniques.

Dès le IIe siècle av. J.-C. ont lieu des déplacements massifs de populations et de bandes armées en provenance des confins de ce « monde germanique Â». Ils peuvent s'expliquer notamment par des causes naturelles (refroidissement climatique, mauvaises récoltes, montée des eaux …) ou démographiques (un accroissement des populations au-delà du seuil que les ressources naturelles peuvent supporter). Les premiers contacts avec les mondes celtique et méditerranéen sont violents. Vers -110, par exemple, a lieu l'invasion de la Gaule par les Ambrons, les Cimbres et les Teutons : le général romain Marius les affronte non loin d'Aix-en-Provence, en -102 (le nom de la montagne Sainte-Victoire commémore sa victoire), puis il les arrête à Verceil, en Italie, en -101. Ultérieurement, l'irruption de bandes germaniques à proximité de la Suisse actuelle provoque la migration des Helvètes. Ces derniers sont stoppés par Jules César à Bibracte (sur le mont Beuvray, dans le Morvan) en -58.

César dans l'un de ses rapports[1] sur la guerre des Gaules les décrit comme ayant des mœurs très différents des gaulois : «  car ils n'ont pas de druides qui président aux choses divines et ne font point de sacrifices. Ils ne mettent au nombre des dieux que ceux qu'ils voient et dont ils reçoivent manifestement les bienfaits, le Soleil, Vulcain, la Lune : ils ne connaissent pas même de nom les autres dieux. Toute leur vie se passe à la chasse et dans les exercices militaires ; ils se livrent dès l'enfance au travail et à la fatigue. Ils estiment singulièrement une puberté tardive ; ils pensent que cela accroît la stature de l'homme, nourrit sa vigueur, et fortifie ses muscles. C'est parmi eux une chose tout à fait honteuse que d'avoir connu les femmes avant l'âge de vingt ans ; ce qu'ils ne peuvent jamais cacher, car ils se baignent ensemble dans les fleuves, et se couvrent de peaux de rennes ou de vêtements courts, laissant à nu la plus grande partie de leur corps.
Ils ne s'adonnent pas à l'agriculture, et ne vivent guère que de lait, de fromage et de chair ; nul n'a de champs limités ni de terrain qui soit sa propriété ; mais les magistrats et les chefs assignent tous les ans aux peuplades et aux familles vivant en société commune, des terres en tels lieux et quantité qu'ils jugent à propos ; et l'année suivante ils les obligent de passer ailleurs. Ils donnent beaucoup de raisons de cet usage : la crainte que l'attrait d'une longue habitude ne fasse perdre le goût de la guerre pour celui de l'agriculture ; que chacun, s'occupant d'étendre ses possessions, les plus puissants ne chassent des leurs les plus faibles ; qu'on ne se garantisse du froid et de la chaleur par des habitations trop commodes ; que l'amour des richesses ne s'introduise parmi eux et ne fasse naître les factions et les discordes ; on veut enfin contenir le peuple par un esprit de justice, en lui montrant une parfaite égalité de biens entre les plus humbles et les plus puissants. (...) Pendant la paix, il n'y a point de magistrature générale ; les principaux habitants des cantons et des bourgs rendent la justice à leurs concitoyens et arrangent les procès. Aucune infamie n'est attachée aux larcins qui se commettent hors des limites de l'état ; ils prétendent que c'est un moyen d'exercer la jeunesse et de la préserver de l'oisiveté. Lorsque, dans une assemblée, un des principaux citoyens s'annonce pour chef d'une expédition, et demande qui veut le suivre, ceux qui jugent avantageusement de l'entreprise et de l'homme se lèvent, lui promettent leur assistance, et sont applaudis par la multitude. Ceux d'entre eux qui l'abandonnent sont réputés déserteurs et traîtres, et toute espèce de confiance leur est désormais refusée. Il ne leur est jamais permis de violer l'hospitalité. Ceux qui viennent à eux, pour quelque cause que ce soit, sont garantis de toute injure et regardés comme sacrés : toutes les maisons leur sont ouvertes ; on partage les vivres avec eux»

Les Germains au Ier siècle

À partir du Ier siècle, après l'échec de la tentative de conquête d'Auguste, l'Empire romain adopte à l'égard des Germains une politique qui vise à les contenir derrière une frontière fortifiée : le limes. Cette frontière est double, établie le long du Rhin et du Danube. Vers l'an 100, de deux à trois millions de Germains se trouvent sur le continent tandis qu'entre 600 000 et 800 000 restent encore en Scandinavie. La défense de l'Empire contre les peuples d'au-delà de ses frontières, notamment, aboutit à la division de celui-ci en deux parties : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient. Néanmoins, les Germains franchissent massivement les deux frontières à plusieurs reprises, en particulier au IIIe siècle, puis au IVe siècle ; les Romains, au sens large, adoptent alors une politique de clientélisme à l'égard des peuples les plus proches de l'Empire : nombreux sont, dès lors, les Germains qui servent dans l'armée romaine comme auxiliaires, participant à une certaine « barbarisation Â» de l'Empire (même si cette barbarisation est surtout due, en dernière analyse, à la taille et à la diversité des territoires soumis à Rome).

Enfin, une dernière phase a lieu lorsque l'Empire romain disparaît en Occident, vers la fin du Ve siècle : certains des peuples germaniques, soit anciennement fédérés, soit jusque-là totalement étrangers au monde romain établissent alors des royaumes plus ou moins durables sur ses anciens territoires : notamment en Gaule (Francs, Wisigoths et Burgondes), dans la péninsule ibérique (Suèves, Wisigoths), dans l'île de Bretagne (Angles;Saxons), en Italie (Ostrogoths et plus tardivement, Lombards) et en Afrique du nord (Vandales et Alains).

L'Histoire de chacun des peuples germaniques est détaillée dans les articles qui leur sont consacrés.

Données géographiques, linguistiques et culturelles

Les sociétés germaniques n'étaient pas étrangères à l'esclavage. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves.

L'agriculture : les Germains sont des pasteurs nomades.

Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite. Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains. Le chamanisme et les pratiques divinatoires étaient l'apanage de certaines femmes, les völvas.

d'après Régis Boyer, les germains ont un alphabet en partie basé sur le latin, souvent utilisé pour des offices religieux ou sur les armes.

Contextualisation

Alors que la tradition historiographique française confine les peuples germaniques à des tribus inconnues réfugiées dans des forêts humides au-delà du Limes en Germanie (jusque l'antiquité tardive), puis à l'emploi systématisé du terme barbare lors du Haut Moyen Âge, il est possible de décrire une civilisation germanique unifiant les traits des anciens peuples d’Europe du Nord précédant leur christianisation.

Cette description n'a donc de sens que dans la situation de l'âge du fer Germanique, antérieur à l'âge des Vikings selon les découpes de l'historiographie anglo-saxonne. Compte tenu des trajets des peuples, les Germains de la mer du Nord émanent d'une culture scandinave à compter du IIe siècle, identique à celle des futurs conquérants Vikings.

Des découvertes récentes réalisées depuis les cinquante dernières années et prises en charge par des universités allemande dans les sections archéologiques permettent d'en révéler les traits, ce qui bouscule la manière dont cette civilisation était présentée jusqu'alors à partir des chroniques rédigées par ceux que ces peuples avaient envahis [2].

Les divers peuples germaniques grignotent progressivement les territoires des celtes historiques et entrent en contact avec les Romains, qui nomment cette terre la Germanie (d'après Tacite). Cette carte compare chronologiquement leur expansion, jusque 300, avec celle de l'Empire romain, jusque 117.

Le contexte de ce paragraphe est donc chronologiquement du IIe au Ve ; il commence par l'arrivée de peuples en Germanie provenant de Scandinavie ou d'îles hypothétiquement originelles (Bornholm, Gotland) situées en mer Baltique. Géographiquement, il comprend la Germanie connue des Romains étendue jusque la Pologne et les limites primitives de la Russie historique (Novgorod était connue des Svears [3], voire fut développée par eux.)

Leurs emplacements en Germanie sont aujourd'hui reconstituées par le relevé des cultures archéologiques, travail plutôt ardu attendu que les traces d'une hutte en bois et pierres ne permet pas de distinguer si elle fut bâtie par des Burgondes ou des Alamans. On peut éventuellement parler de protohistoire pour décrire leurs implantations précédant leur contact avec la civilisation romaine, dans la mesure où après 325 les annalistes de Rome n'ont plus d'éléments pour les relater dans leurs écrits.

La dynamique d'expansion du monde latin sous l'égide de l'Empire n'a pas fonctionné pour ces peuples, là où elle avait marché pour les Celtibères et les Gaulois, pour ne citer qu'eux ; les provinces taillées au delà des frontières naturelles que forment le Rhin et le Danube telles que la Rhétie ne se sont pas stabilisées et ont été régulièrement ravagées.

Ce paragraphe donne donc l'opportunité de développer les traits propres à ces peuples, en dehors du scope des latins et de la manière de les considérer (lire l'article idéologique barbare sur ce sujet).

Les principales branches des Peuples germaniques

Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :

  • le rameau nordique ou Scandinaves
  • le rameau westique ou Germains occidentaux
  • le rameau ostique ou Germains orientaux

Leur population est estimée de 1 à 4 millions d'individus. Les tribus sont indépendantes les unes des autres et il n'y a pas d'unité politique.

Voici une liste de ces principaux peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.

Germains septentrionaux ou Scandinaves

Dans l'état des connaissances actuelles, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques Â» formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l'âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois (voir Lapons). Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains Â», terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l'historiographie allemande du XIXe siècle. Aussi, le qualificatif de « scandinaves Â», plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations.

Germains occidentaux

Paradoxalement, ce sont ceux dont la préhistoire et la protohistoire sont les moins bien connues à cause des mouvements de populations dont il a été question précédemment et des brassages de populations que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources dont nous disposons sur ces peuples sont les sources romaines, notamment l'œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l'Ancien.

  • Germains de Rhénanie : Chérusques, Bataves, Bructères, Chamaves, Hattuaires, Chattes, Ubiens, Sicambres,* Ampsivariens, etc.
    • Certains de ces Germains formèrent au début de l'ère chrétienne une confédération de peuples importante pour l'histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants Â» ou « hommes libres Â» ). Les Saliens, une partie de ces derniers, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l'Empire au Ve siècle. Depuis les provinces de Belgique première et seconde, où certains de leurs « rois Â» avaient un commandement militaire (duc), ils constituèrent ensuite un royaume qui s'étendit au VIe siècle sur la majeure partie des Gaules.
    • D'autres, alors établis en Bohême, prirent le nom de Bavarois (Bai a Warjoz : les « descendants des habitants de Bohême Â» (Patrick Périn)), à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du Ve siècle et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du VIIe siècle.
  • Germains de l'Elbe : Marcomans, Quades, Hermundures ou Hermondures, Semmons et Lombards.
    • Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves (« Souabes Â»), prirent part à l'invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406–409, avant de gagner la péninsule ibérique et de s'établir en Galice.
    • D'autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les Champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans (Allmannen : « tous les hommes Â»), mentionnée pour la première fois au début du IIIe siècle. Cette ligue étendit considérablement son territoire au Ve siècle, après la destruction de l'empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprise, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d'une dernière défaite en 746 et au Massacre de Cannstatt.
  • Germains de la mer du Nord : Chauques, Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons.
    • Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au IVe siècle pour former la ligue des Thuringes. Établis entre l'Elbe et le Main au début du Ve siècle, ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du VIe siècle, ils disparurent en tant que nation avant la fin du VIIe siècle.
    • D'autres s'établirent dans l'île de Bretagne à partir du premier tiers du Ve siècle ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l'île, entre le VIIe siècle et le Xe siècle (voir Anglo-Saxons).

Germains orientaux

Il s'agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiae à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d'entre eux, tandis que d'autres disparurent précocement. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d'entre eux, sont originaires de Scandinavie.

Description de la civilisation germanique

Gouvernement

Il est propre à chaque peuple. Il n'y a pas d'administration, éventuellement un conseil des sages sur le mode scandinave, mais cette assertion provient plus d'une déduction propre à l'origine de certains des peuples.

La manière d'élire les chefs des tribus et peuples est très différente de celle issue de l'Empire romain, et forme la base des futures structures monarchiques et de l'aristocratie en expérience lors du Haut Moyen Âge qui va s'ouvrir. La transmission héréditaire d'un titre n'est absolument pas un trait identifié à ce moment, ceci relevant vraisemblablement d'une construction ultérieure par dévoiement des titres de l'administration romaine.

Il n'y a pas à proprement parler de roi avant l'existence des premiers royaumes sédentaires, hors contexte de cet article.

Les chefs conduisent leur peuple (lire dux) parce qu'ils sont les plus aptes (Braves) pour le faire, et reconnus par l'aristocratie dominante de ce peuple.

Culture germanique

Droit germanique

C'est un droit de tradition orale sur le mode scandinave, propre à l'identité de chaque peuple.

Article détaillé : Droit germanique.

Forcément, les Germains ne savent pas écrire latin ou grec, hormis les enfants des peuples fédérés (lètes) élevés par des précepteurs byzantins ou romains.

Dans les royaumes sédentarisés du Ve siècle, il fusionne graduellement avec certains concepts du droit romain en passant par des édits rédigés : lire droit des royaumes barbares.

Droit germanique : bibliographie

Voir : Jori, Alberto, Hermann Conring (1606-1681): Der Begründer der deutschen Rechtsgeschichte, Tübingen, 2006. ISBN 3-935625-59-6.

Structure sociale

Les sociétés germaniques, jusqu'à la période des Grandes Invasions, ont une structure sociale assez souple. Les rois, les chefs de guerre, les prêtres n'ont qu'un pouvoir de circonstance fondé sur le consensus. L'instance supérieure est l'assemblée des hommes libres, autour d'un sanctuaire commun, où les décisions se prennent à l'unanimité par acclamations. Le groupe familial est très solidaire et collectivement responsable, notamment pour l'exercice de la vengeance et le paiement du wergeld (prix du sang).

La coutume reconnaît une hiérarchie sociale: les nobles (ceux qui, probablement, fournissent les rois et les chefs de guerre), les simples hommes libres, les "lètes" (affranchis ou descendants d'affranchis). Le tarif du "wergeld" et les autres pénalités sont déterminés en fonction du rang social. Les esclaves n'ont aucune personnalité légale, ils n'ont ni biens ni liens familiaux et sont une simple propriété de leurs maîtres. Dans les royaumes barbares du Haut Moyen Age, les rois s'efforcent de maintenir l'identité légale du peuple conquérant, considéré comme la classe guerrière qui élit le roi et l'accompagne au combat. En fait, il y a une fusion sociale progressive entre les descendants des Goths, Burgondes, Lombards, etc, et ceux des peuples conquis.

  • Karol Modzelewski, "L'Europe des Barbares", Aubier 2005
Pratiques guerrières
Lire armement des Germains.

Agriculture

Les Germains sont des sédentaires, à bien distinguer des nomades des steppes avec qui ils sont en contact. Ils pratiquent une agriculture extensive avec de longues jachères, qui leur permettent d'entretenir un bétail nombreux. L'archéologie révèle qu'une partie de la population, sans doute les classes inférieures, souffrait souvent de la faim.

Tacite nous apprend que chaque tribu faisait autour d'elle de vastes espaces déserts, afin d'assurer sa propre sécurité.

Cependant, Les Germains réalisent certains progrès techniques comme la culture du seigle, mieux adapté que le blé aux climats frais.

Religion germanique primitive

Article détaillé : Mythologie germanique.

Jules César réduit la religion des Germains au culte des éléments naturels, mais c'est plutôt une vision philosophique. Tacite a une information plus précise, et certains éléments, comme les sacrifices humains dans les marécages, sont confirmés par l'archéologie. Comme dans d'autres religions indo-européennes, elle est polythéiste, avec une complémentarité entre les divinités chtoniennes (Nerthus/Erda, la Terre) et les divinités célestes. Celles-ci sont connues par les jours de la semaine, usage romain adopté probablement vers le IVe siècle:

Lundi (jour de la lune) = Monday, Montag (même sens)

Mardi (jour de Mars) = Dienstag, Tuesday (jour de Tyr/Tuiston, dieu des assemblées)

Mercredi (jour de Mercure) = Wednesday (jour de Wotan/Woden/Odin, dieu suprême)

Jeudi (jour de Jupiter) = Donnerstag, Thursday (jour de Donner/Thor, dieu de la foudre)

Vendredi (jour de Vénus) = Freitag, Friday (jour de Freya, déesse de l'amour)

Samedi de *sambati dies (Hébreu sabbat), anciennement dies Saturni (jour de Saturne) sans équivalent germanique : l'allemand Samstag présente la même mutation phonétique /b/ > /m/ à partir du mot sabbat que le français et l'anglais Saturday est un calque du latin saturni (dies)

Dimanche de dies domenicus, anciennement dies solis (jour du soleil) = Sonntag, Sunday (même sens)

Certaines dynasties royales des Grandes Invasions font remonter leur lignée à Wotan.

Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Le chamanisme et les pratiques divinatoires étaient l'apanage de certaines femmes, les Völvas.

Mythologie

Éventuellement à distinguer de la mythologie nordique par la figure de Nerthus (fertilité).

Autres peuples

Peuples non-germaniques ayant participé aux invasions barbares au contact des Germains :

Vikings et Varègues sont des noms donnés tardivement à des groupes de pillards scandinaves qui participèrent à une deuxième vague d'invasions dans les îles Britanniques, le nord-ouest de l'Europe carolingienne et la grande plaine européenne, aux IXe siècle et XIe siècle.

Postérité

Conquérants de l'Empire romain au Ve siècle, les Germains sont « conquis par leur conquête Â». Ils adoptent la religion des vaincus, le christianisme, leur langue écrite, le latin. Leurs structures politiques et leur droit sont profondément modifiées au contact du modèle romain. L'expansion de l'Empire carolingien vers la Saxe, l'action des missionnaires chrétiens dans les royaumes anglo-saxons puis en Scandinavie, feront tomber dans l'oubli une grande partie de la civilisation germanique primitive, sans l'effacer tout à fait.

Sources

  • Tacite, Origine et territoire des Germains, dit La Germanie (latin Germaniae - édition électronique commentée avec cartes disponible sur Bibliotheca Classica Selecta)

Compléments

Articles connexes

Références

  1. ↑ Guerre des Gaules, Livre VI, 21, 22
  2. ↑ La Germanie de Tacite en est un ouvrage fondateur, puis les écrits obtenus de Grégoire de Tours polissent les Francs et les distinguent des exactions des autres présentés comme des barbares, lire aussi Sidoine Apollinaire qui fut manifestement au contact des Burgondes.
  3. ↑ Svears : zone originelle Gamla Uppsala, voir aussi varègue.

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