Georges Journois

ï»ż
Georges Journois
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Journois.
Georges Journois
Georges Journois.jpg

Naissance 13 novembre 1896
Drapeau de la France Bosc-Bordel, Seine-Maritime
DĂ©cĂšs 26 septembre 1944
Flag of the NSDAP (1920–1945).svg Wilhelmshaven, Allemagne
Origine Drapeau de France France
AllĂ©geance Flag of France.svg ArmĂ©e française
France O.R.A.
Grade Général de brigade
Années de service 1914 - 1944
Conflits PremiĂšre Guerre mondiale
Campagne de Cilicie
Guerre du Rif
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Officier de la LĂ©gion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945
Croix de Guerre des TOE
MĂ©daille de la RĂ©sistance
Croix du combattant volontaire de la RĂ©sistance
Croix du combattant 1914-1918
Croix du combattant 1939-1945
MĂ©daille coloniale-Maroc
MĂ©daille de la Victoire 1914-1918
Médaille Commémorative 1914-1918
Médaille Commémorative 1939-1945
MĂ©daille de la DĂ©portation pour faits de RĂ©sistance
MĂ©daille Coloniale Syrie-Cilicie
Commandeur de l'Ordre du Ouissam Alaouite

Georges Henri Journois est un rĂ©sistant et gĂ©nĂ©ral de brigade français, nĂ© le 13 novembre 1896 Ă  Bosc-Bordel (Seine-Maritime) et mort en dĂ©portation le 26 septembre 1944 Ă  Wilhelmshaven (Allemagne).

Sommaire

Origines familiales et jeunesse

Fils de Pierre Hyppolite Journois, nĂ© le 4 mars 1858 Ă  Mathonville (Seine-Maritime) et dĂ©cĂ©dĂ© le 7 janvier 1935 Ă  Buchy (Seine-Maritime) et de Henriette GrilliĂšre, nĂ©e le 26 mai 1868 Ă  Bosc-Bordel (Seine-Maritime). Il a une sƓur Georgette et un frĂšre Roger, jumeaux nĂ©s le 21 avril 1903. Roger dĂ©cĂ©dera trĂšs jeune le 2 dĂ©cembre 1904.

Il vit Ă  Bosc-Bordel et frĂ©quente l’école communale de ce village jusqu’en 1906 date Ă  laquelle ses parents s’installent Ă  Buchy. Il perd sa mĂšre le 27 juin 1906 avant d’avoir 10 ans. Son pĂšre se remarie le 6 octobre 1908 avec Anne Marie Grebeauval.

Il va Ă  l’école communale de Buchy puis est envoyĂ© comme pensionnaire Ă  l’école professionnelle d’ArmentiĂšres (Nord). Il y fait de trĂšs bonnes Ă©tudes et est admis Ă  l’école des Arts et MĂ©tiers de cette ville oĂč il se prĂ©pare Ă  passer le concours de l’École Centrale car il espĂšre faire des Ă©tudes d’ingĂ©nieur.

Mais les événements vont en décider autrement.

CarriĂšre militaire

PremiĂšre Guerre mondiale

La guerre de 1914 Ă©clate. Georges Journois est de la classe 1916, donc trop jeune pour ĂȘtre mobilisĂ© dĂšs le dĂ©but et reste donc Ă  l’école. Il est appelĂ© et incorporĂ© le 13 avril 1915 et affectĂ© comme sapeur-mineur au 3e rĂ©giment du gĂ©nie. Il y reste peu de temps et il est mutĂ© au 101e RĂ©giment d’Infanterie le 29 mai 1915 et est envoyĂ© le mĂȘme jour Ă  Saint-Cyr afin de suivre les cours pour devenir officier. Il y reste jusqu’au 1er septembre 1915 et alors nommĂ© Aspirant. Il est affectĂ© au 103e rĂ©giment d’infanterie de ligne le 2 octobre 1915 puis quelques jours aprĂšs, le 7 octobre 1915, au 130e rĂ©giment d’infanterie de ligne et part au front le 5 dĂ©cembre 1915. Il combat avec le 9e bataillon du 130e R.I. jusqu’au 25 mars 1916. À cette date, il est dirigĂ© vers le 412e rĂ©giment d’infanterie oĂč il arrive le 2 avril 1916. En avril, son bataillon (le 1er) (3e compagnie) est en Champagne au camp des Boyaux. Le 15 juin, il participe Ă  l’enlĂšvement de la Cote 304 prĂšs de Verdun et est nommĂ© sous-lieutenant Ă  titre temporaire le 29 juin 1916. Il obtient sa premiĂšre citation Ă  l’ordre du corps d’armĂ©e le 3 juillet 1916 qui lui vaut la Croix de guerre.

Il reste dans le secteur de Verdun : Moulin BrĂ»lĂ©, rive droite de la Meuse, Bois des Bouleaux, CĂŽte du Poivre jusqu’en mai 1917. Il y est lĂ©gĂšrement blessĂ© au visage. Au mois de mai, le 412e R.I. se trouve toujours en opĂ©rations dans la rĂ©gion de Verdun et son bataillon prend position successivement au ravin du Helly, prĂšs du village de Fleury-devant-Douaumont puis au Bois des CaurriĂšres. Dans ce bois, dans les tranchĂ©es qui y avaient Ă©tĂ© creusĂ©es, il fut fait prisonnier quelques instants et cette action lui a valu sa 2e citation Ă  l’ordre de l’armĂ©e du 29 juillet 1917 et donc la Croix de guerre avec palme.

Peu auparavant, le 6 juillet 1917, il avait Ă©tĂ© nommĂ© sous-lieutenant Ă  titre dĂ©finitif.

Au cours du 2e semestre 1917, il participe Ă  des actions au Fort de Vaux, au fort de Souiville, aux ravins de la Caillette puis du Bazil en juillet, en aoĂ»t il participe Ă  l’attaque et Ă  l’enlĂšvement de la Cote 344 avec des pĂ©riodes de repos Ă  Vaucouleurs fin juillet au cours de laquelle sa Croix de guerre avec palme lui sera remise, et Ă  Andernay en septembre.

En janvier 1918, le 412e R.I. passe par DomrĂ©my-la-Pucelle. En fĂ©vrier et mars il est dans le secteur de Nomeny. En mai, on le trouve dans la rĂ©gion de Croix-en-Ternois et de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais). En juin et juillet, il est dans la rĂ©gion de Verzy (Aisne) oĂč il participe Ă  une grande attaque au cours de laquelle il est blessĂ© Ă  la jambe.

Il est promu Lieutenant le 16 juin 1918.

Le sous-lieutenant Journois obtient une 3e citation Ă  l’ordre de la division du 27 juillet 1918 soit une Ă©toile d’argent de plus sur sa Croix de guerre.

Il obtient une 4e citation, Ă  l’ordre du Corps d’ArmĂ©e en date du 3 aoĂ»t 1918 avec Ă©toile de vermeil.

En aoĂ»t et septembre 1918, le Lieutenant Journois est soignĂ© Ă  l’hĂŽpital d’Argentan dans l’Orne.

À son retour dans son rĂ©giment en octobre 1918, il participe Ă  une offensive qui lui permet d’obtenir Ă  nouveau une 5e citation, Ă  l’ordre du corps d’armĂ©e (Ă©toile de vermeil) du 3 dĂ©cembre 1918.

La PremiĂšre Guerre mondiale est terminĂ©e quand le colonel commandant le 412e rĂ©giment d’infanterie lui dĂ©cerne une 6e citation, Ă  l’ordre du rĂ©giment (Ă©toile de bronze) en date du 27 fĂ©vrier 1919.

Campagne de Cilicie

AprĂšs la capitulation allemande, le Lieutenant Journois choisit de rester dans l’armĂ©e et est maintenu au service au 412e RĂ©giment d’Infanterie Celui-ci sĂ©journe dans la rĂ©gion de Laon (Aisne) jusqu’au mois de mai 1919, puis rejoint Sorgues (Vaucluse) afin d’y prĂ©parer son dĂ©part pour le Levant. En effet, aprĂšs la guerre, un mouvement de rĂ©sistance nationale contre les alliĂ©s se dĂ©veloppe dans l’Empire ottoman. La Turquie Ă©tait alliĂ©e Ă  l’Allemagne. La confĂ©rence de la Paix cherche Ă  appliquer les principes de l’autodĂ©termination aux minoritĂ©s arabes et armĂ©niennes, ce qui entĂ©rinerait la division de l’empire entre la France, l’Italie et la GrĂšce. Bien que le sultan ait acceptĂ© les propositions alliĂ©es, l’arrivĂ©e de vingt mille soldats grecs suffit Ă  enflammer dans l’opinion turque la volontĂ© de revanche et Ă  rallier de nombreux partisans au mouvement national de Mustapha Kemal Pacha. Le 5 aoĂ»t 1919 dĂ©bute le soulĂšvement militaire dirigĂ© par celui-ci.

Des troupes françaises sous les ordres du Général Gouraud sont envoyées au Levant pour relever les troupes britanniques de Syrie et de Cilicie.

Une compagnie de ce rĂ©giment commandĂ©e par le commandant Mesnil est dĂ©signĂ©e pour aller prendre position Ă  Bozanti. Le lieutenant Journois, officier adjoint du Commandant Mesnil en fait partie. Il participe Ă  la prĂ©paration du point d’appui pour s’apprĂȘter Ă  rĂ©sister aux assauts et repousser les attaques des turcs. Il prend part Ă  la dĂ©fense et aux contre-attaques. Il subit le siĂšge et participe Ă  l’attaque dĂ©cidĂ©e pour rejoindre les lignes françaises, les renforts attendus n’ayant pu arriver. Il participe Ă  la marche de nuit pour Ă©viter les Turcs et tombe avec ce qui reste du bataillon dans une embuscade et tout le monde se retrouve prisonnier des Turcs. Cette captivitĂ© durera un an et quatre mois, du 30 mai 1920 au 25 septembre 1921.

Pendant le temps de cette captivitĂ©, le 6 juin 1920 il est nommĂ© chevalier de la lĂ©gion d’honneur et Ă  sa libĂ©ration, le 24 octobre 1921, il est citĂ© Ă  l’ordre de l’armĂ©e du Levant et reçoit la Croix de Guerre des TOE avec palme.

Guerre du Rif

A son retour en France, il bĂ©nĂ©ficie d’un congĂ© de fin de campagne et Ă  l’issue de celui-ci, il est affectĂ© 23e RĂ©giment de Tirailleurs AlgĂ©riens en occupation en Allemagne Ă  Wiesbaden. Il y sert du 26 avril 1922 au 28 avril 1924. Il est d’abord affectĂ© dans une compagnie puis il devient officier adjoint au chef de bataillon. En 1923, il est employĂ© Ă  la compagnie d’instruction et aux pelotons d’élĂšves gradĂ©s. Il sert aussi de professeur de mathĂ©matiques aux candidats Ă  Saint-Maixent. Le 28 avril 1924, il est dĂ©tachĂ© Ă  Versailles pour y suivre le cours technique des liaisons et transmissions. Il rejoint son unitĂ© le 23 juillet 1924 et reste en Allemagne avec le 23e R.T.A. jusqu’au 9 aoĂ»t 1925, dĂ©tachĂ© dĂšs son retour au service des transmissions de l’armĂ©e du Rhin.

Son rĂ©giment est dĂ©signĂ© pour servir au Maroc oĂč il dĂ©barque le 13 aoĂ»t 1925. Il est dĂ©tachĂ© dĂšs le 23 aoĂ»t Ă  l’état major de la 3e brigade de marche du Maroc oĂč il reste jusqu’au 3 mars 1926. Pendant cette pĂ©riode, il prend part Ă  toutes les opĂ©rations de la brigade en septembre et octobre 1925. (Bab Mezraoua, Sof Azeroual, Messaoud
). Ces opĂ©rations lui valent une nouvelle citation Ă  l’ordre de la Brigade du 15 fĂ©vrier 1926 et la croix de guerre des T.O.E. avec Ă©toile de bronze.


Le 5 mars 1926, il rentre en France en congĂ© de fin de sĂ©jour et mis Ă  la disposition du gĂ©nĂ©ral commandant supĂ©rieur des territoires d’outre-mer. DĂšs le 22 juin 1926, il se porte Ă  nouveau volontaire pour effectuer un nouveau sĂ©jour au Maroc. Il est affectĂ© au 15e R.T.A. et arrive au corps le 23 juin 1926. Il est dĂ©tachĂ© dĂšs le 26 juin Ă  l’État Major du groupement de Fez. Il y sert comme officier du 4e bureau. Au mois d’aoĂ»t, il est proposĂ© Ă  titre exceptionnel au grade de capitaine. Il remplit de nombreuses missions de liaison sur le front nord et les opĂ©rations de la tĂąche de Taza. Elles lui valent une nouvelle citation Ă  l’ordre du Corps d’ArmĂ©e avec une Ă©toile de Vermeil sur sa Croix de Guerre des TOE en date du 14 novembre 1926.

Il obtient Ă©galement la MĂ©daille coloniale avec agrafe en vermeil « Maroc 1925-1926 Â»

Retour en France

En 1927, il est dĂ©tachĂ© auprĂšs du chef de corps comme officier chargĂ© des transmissions, puis il est chargĂ© de l’instruction de la compagnie europĂ©enne et du peloton N°1. A la fin du mois de juin, il est dĂ©tachĂ© comme officier d’ordonnance auprĂšs du GĂ©nĂ©ral PĂ©tin (Aucun lien avec le GĂ©nĂ©ral PĂ©tain de Verdun).Tout en assurant son service, il prĂ©pare le concours d’entrĂ©e Ă  l’École de guerre. Il reste auprĂšs du GĂ©nĂ©ral PĂ©tin jusqu’au mois de juin 1928. Il est promu au choix au grade de capitaine le 26 mars 1928. Il quitte alors le Maroc et Ă  l’issue de son congĂ© de fin de campagne, il est affectĂ© au 152e RĂ©giment d’Infanterie Ă  Colmar qu’il rejoint le 9 novembre 1928. Il prend le commandement de la 9e compagnie qu’il assure brillamment jusqu’au 31 octobre 1930. Il a passĂ© pendant ce temps le concours d’entrĂ©e Ă  l’école de guerre. Pendant son sĂ©jour Ă  Colmar au 152e R.I.; un de ses camarades (son futur beau frĂšre) l’emmĂšne passer une permission Ă  Bonnal, petit village du Doubs oĂč il fait la connaissance de sa future Ă©pouse.

Il est admis Ă  l’École de guerre Ă  Paris au concours de 1930. Il quitte le 152e R.I. et entre Ă  l’École de guerre le 1er novembre 1930; il y effectue de brillantes Ă©tudes.

Il se marie à Besançon le 8 avril 1931.

Études et stages se succĂšdent pendant deux ans et il sort de l’École de Guerre brillamment notĂ© dans les premiers de sa promotion le 31 octobre 1932.

Entre temps, le 14 fĂ©vrier 1932, il a le grand bonheur d’avoir son premier fils, Jean Claude ; nĂ© Ă  Paris.

Il est affectĂ©, comme stagiaire Ă  l’État Major de la 7e rĂ©gion militaire Ă  Besançon oĂč il est annoncĂ© par l’École SupĂ©rieure de Guerre comme un sujet de choix. Comme stagiaire, il passe par tous les bureaux de l’État Major oĂč il donne pleine satisfaction. A la fin de son stage, il reste affectĂ© Ă  l’état major de la 7e RĂ©gion Militaire et Ă  la mi-aoĂ»t 1934 il est affectĂ© au 3e Bureau. Il y sert en 1935 et 1936 s’occupant des questions intĂ©ressant la « couverture Â» et de la prĂ©paration des manƓuvres exĂ©cutĂ©es par les divisions du corps d’armĂ©e.

Pendant ce temps naissaient à Besançon le 27 décembre 1933 son deuxiÚme fils Jacques et le 8 juillet 1936 son troisiÚme fils Pierre.

Il quitte l’État Major de la 7e rĂ©gion militaire et est affectĂ© au 60e RĂ©giment d’Infanterie le 1er novembre 1936 pour y effectuer son temps de commandement. Il commande le C.A.2., compagnie de mitrailleuses dont il fait une unitĂ© remarquable. Il est rayĂ© des contrĂŽles du 60e R.I. le 16 avril 1937 et est inscrit au tableau de concours pour ĂȘtre nommĂ© Officier de la LĂ©gion d’Honneur.

Il est affectĂ© au commandement du 5e Bataillon de Chasseurs Ă  Pied Ă  BruyĂšres (Vosges) le 16 avril 1937 avec mission de le reconstituer et d’en faire une unitĂ© combattante. Il y parvient en quelques mois malgrĂ© des difficultĂ©s dues Ă  la dispersion de ses compagnies et Ă  un casernement insuffisant.

Il est promu au grade de chef de bataillon (Commandant) le 25 juin 1937 et est nommĂ© Officier de la LĂ©gion d’Honneur le 2 dĂ©cembre 1937.

Son bataillon est entiĂšrement regroupĂ© Ă  BruyĂšres au milieu de l’annĂ©e 1937. En 1938 et 1939, il en assure la mise au point dĂ©finitive et le 5e Bataillon se prĂ©sente Ă  la mobilisation de septembre 1939 comme une unitĂ© prĂȘte Ă  remplir sa mission dans une unitĂ© cuirassĂ©e.

La Bataille de France

AprĂšs la dĂ©claration de guerre, il a le regret et le chagrin de ne pouvoir commander son bataillon au feu. Compte tenu de sa valeur et de ses notes brillantes, il est affectĂ© le 2 octobre 1939 au Grand Quartier GĂ©nĂ©ral du territoire d’opĂ©rations du Nord Est au 3e Bureau.

Le 18 janvier 1940, il est affectĂ© Ă  l’état major du GĂ©nĂ©ral Commandant en Chef sur le front Nord-Est, 3e Bureau. Lors de la phase active des opĂ©rations, il se distingue particuliĂšrement par des missions auprĂšs de la IXe armĂ©e en Belgique (ArmĂ©e Corap) et de la IIe armĂ©e (gĂ©nĂ©ral Huntziger) pendant la bataille des Ardennes. Il y obtint une citation Ă  l’ordre de l’armĂ©e (Croix de guerre 39/45 avec palme).

De repli en repli, le Grand Quartier gĂ©nĂ©ral migre vers le Sud. Le Commandant Journois est Ă  Vichy le 16 juin, Ă  Montauban le 21, MontĂ©limar le 25, Capvern-les-Bains (Hautes PyrĂ©nĂ©es) le 26 et Ă  Bordeaux le mĂȘme jour. Il est dĂ©signĂ© pour ĂȘtre membre de la DĂ©lĂ©gation Française dont la prĂ©sidence est assurĂ©e par le GĂ©nĂ©ral Huntziger Ă  la commission allemande d’armistice. Il se rend Ă  Wiesbaden en Allemagne oĂč siĂšge cette commission. Il y sĂ©journe du 29 juin 1940 au 17 septembre 1940. Il y subira comme tous les membres de la commission d’armistice la morgue des Allemands, leur volontĂ© d’humilier « les vaincus Â». Ce sĂ©jour allemand est entrecoupĂ© par 3 courts passages en France, deux en juillet (il verra sa famille 4 jours au cours du second) et un en septembre.

A son retour, il est affectĂ© le 17 septembre 1940 au cabinet du SecrĂ©taire d’État Ă  la Guerre Ă  Vichy. Il y sert le gĂ©nĂ©ral Huntziger, SecrĂ©taire d’État Ă  la Guerre jusqu’au dĂ©cĂšs de celui-ci dans un accident d’avion le 12 novembre 1941. C’est alors que commence une activitĂ© clandestine avec pour couverture l’activitĂ© officielle.

Entre temps, il est promu lieutenant colonel le 25 mars 1941.

Le 1er janvier 1942, il est affectĂ© au cabinet de l’amiral de la Flotte (François Darlan) comme chef de cabinet adjoint. Le chef de cabinet est le gĂ©nĂ©ral Revers. Le 16 avril 1942, il est mutĂ© Ă  l’état-major du commandant en chef des Forces militaires de terre, de mer et de l’air oĂč il exerce les fonctions de sous chef d’état-major.

La RĂ©sistance

Dans la clandestinité

Avec le GĂ©nĂ©ral Revers, qui sera son Chef dans la clandestinitĂ©, il participe Ă  de nombreuses rĂ©unions clandestines au cours desquelles sont Ă©tudiĂ©es les possibilitĂ©s de rĂ©sistance Ă  l’ennemi et la crĂ©ation et l’organisation de rĂ©seaux de rĂ©sistance.

Pendant cette pĂ©riode, il participe au voyage en Afrique du Nord et Ă  Dakar de l’Amiral Darlan. Il sert dans ces fonctions jusqu’au 25 novembre 1942 date Ă  laquelle il est dĂ©mobilisĂ©, consĂ©quence du dĂ©barquement anglo-amĂ©ricain en Afrique du Nord et de l’envahissement de la zone libre par les allemands. Il est placĂ© en congĂ© d’armistice Ă  compter du 1er mars 1943. Il est rappelĂ© Ă  l’activitĂ© le 25 avril 1943 et nommĂ© commandant de la subdivision de Nice. Il est promu Colonel le 25 mai 1943. Il rejoint son poste le 3 mai 1943 et remplit son rĂŽle jusqu’au 1er novembre 1943 date Ă  laquelle il est Ă  nouveau dĂ©mobilisĂ©.

ParallĂšlement, depuis janvier 1943, il a Ă©tĂ© nommĂ©, par ses chefs de la clandestinitĂ©, Responsable dans les Alpes maritimes de l’Organisation de rĂ©sistance de l'armĂ©e (O.R.A.), cette organisation qu’il a aidĂ© Ă  mettre en place dĂšs 1942 lorsqu’il Ă©tait l’adjoint du GĂ©nĂ©ral Revers. Il rentre Ă©galement en janvier 1943 au rĂ©seau « Alliance Â» sous rĂ©seau « Druide Â» avec pour pseudonyme Marcelle et Suzanne. Il fait ainsi partie des agents P2 de la France Combattante. En juin 1943, l’unitĂ© de la RĂ©sistance dans les Alpes Maritimes se fait autour de lui.

DĂ©nonciation et arrestation

Lorsqu’il est dĂ©mobilisĂ©, il rentre totalement dans la clandestinitĂ©. Il se sait recherchĂ© par la Gestapo mais reste Ă  son poste de combat. DĂ©noncĂ© par un agent double[1] qui avait Ă©tĂ© mis dans la cellule d’un rĂ©sistant arrĂȘtĂ© et dont il a rĂ©ussi Ă  gagner la confiance, il est arrĂȘtĂ© Ă  Nice le 4 janvier 1944 avec le capitaine Dupouy, son adjoint.

InterrogĂ© par la Gestapo, battu, torturĂ©, il ne livrera aucun secret. IncarcĂ©rĂ© Ă  la prison de Nice, il y reste au secret jusqu’au mois de mai 1944. Le 18 mai, suite Ă  des tractations de son beau-pĂšre auprĂšs des autoritĂ©s allemandes de Lyon, Marseille et Nice, il a le bonheur de pouvoir embrasser dans les locaux de la Gestapo, deux fois dans la journĂ©e, sa femme et ses trois enfants.

Au cours de sa dĂ©tention Ă  Nice, il put Ă©crire 7 « lettres Â» Ă  sa famille. Elles passaient bien sur par la censure allemande. Cependant, il trouva un moyen ingĂ©nieux de communiquer secrĂštement. Il fit passer par ses colis de linge sale de longs textes Ă©crits patiemment en lettres d’imprimerie, au crayon, sur trois lignes, sur les tresses qui permettaient de fermer Ă  la taille ses pantalons de pyjama. La prudence a voulu que sa femme efface ces textes par lavage. Toutefois, la derniĂšre tresse a Ă©tĂ© conservĂ©e. Le temps, hĂ©las l’a effacĂ©e mais le texte fut cependant conservĂ© sur papier.

Juste avant le 25 mai 1944 (date de la communion solennelle de son fils ainĂ©, motif qui avait servi Ă  son beau-pĂšre pour obtenir l’entrevue du 18 mai), il est transfĂ©rĂ© Ă  Marseille Ă  la Prison des Baumettes. Il y reste en transit, jusqu’au 17 juin 1944, jour oĂč les allemands Ă©vacuĂšrent la prison vers Belfort (Territoire de Belfort). Les AlliĂ©s venaient de dĂ©barquer le 6 juin 1944 en Normandie.

Devant la possibilitĂ© d’un autre dĂ©barquement alliĂ© sur le littoral mĂ©diterranĂ©en (qui aura lieu en aoĂ»t 1944), les dĂ©tenus rĂ©sistants sont envoyĂ©s de Marseille au Fort Hatry Ă  Belfort. Le voyage dure 4 jours et 4 nuits dans des wagons Ă  bestiaux. A l’arrivĂ©e, ils sont entassĂ©s dans des cellules.

Georges Journois partage la sienne avec le Colonel Bernis de Monaco, et Monsieur Grimonet de Marseille qui auront tous deux la chance d’ĂȘtre libĂ©rĂ©s Ă  Belfort grĂące Ă  l’absence de leur dossier[2]. Dans les derniers jours du sĂ©jour au Fort Hatry, une dizaine d’officiers supĂ©rieurs sont rassemblĂ©s dans une cellule. Il y a :

  • Le Colonel Piton de Nice dĂ©cĂ©dĂ© le 26 janvier 1945
  • Le Colonel Souquieres de Gap dĂ©cĂ©dĂ© le 10 novembre 1944
  • Le Lieutenant-Colonel Ribiollet de Gap dĂ©cĂ©dĂ© le 3 mai 1945
  • Le Colonel Journois de Nice dĂ©cĂ©dĂ© le 26 septembre 1944
  • Monsieur Bernis de Monaco, libĂ©rĂ© Ă  Belfort
  • Le Lieutenant Colonel Berrurier du Gard dĂ©cĂ©dĂ© le 11 avril 1945
  • Le Colonel Vitrat du Mans dĂ©cĂ©dĂ© le 17 dĂ©cembre 1944
  • Et d’autres malheureusement


Le 28 aout 1944 (cette date est aussi celle de la libĂ©ration de Nice), un convoi est formĂ©. Il est composĂ© de wagons dans lesquels sont entassĂ©s les dĂ©tenus du Fort Hatry et de wagons de prisonniers, en provenance de l’ouest de la France. Le voyage dure quatre jours, dans des wagons Ă  bestiaux, pas de paille, peu de nourriture. Le 1er septembre 1944, il arrive Ă  Neuengamme prĂšs de Hambourg, le camp de concentration du nord de l’Allemagne. Et l’enfer commence



La déportation

Au camp de Neuengamme

Les S.S. accompagnĂ©s de chiens furieux font sortir des wagons les prisonniers Ă  coups de schlague. Ils sont dirigĂ©s vers le camp et sont parquĂ©s dans les sous sols d’un grand bĂątiment en dur. Ils y restent entassĂ©s, serrĂ©s les uns contre les autres et l’attente commence. Ils attendent jusqu’à ce que, par groupes, ils soient appelĂ©s, dĂ©shabillĂ©s, dĂ©pouillĂ©s de leurs affaires personnelles, tondus, immatriculĂ©s et tatouĂ©s sur l’avant bras. Le colonel Journois devient le numĂ©ro « 43936 Â». Ce matricule, il doit l’apprendre par cƓur en allemand pour pouvoir rĂ©pondre dĂšs qu’on l’appelle, sous peine de coups de matraques. Ils sont dirigĂ©s vers les blocks de « quarantaine Â». Mais pour une trĂšs grande majoritĂ© d’entre eux, cette « quarantaine Â» ne dure pas. Ils sont dĂ©signĂ©s et regroupĂ©s avec d’autres dĂ©tenus de toutes nationalitĂ©s, arrivĂ©s avant eux Ă  Neuengamme pour former un commando extĂ©rieur de 1.100 hommes. AprĂšs avoir Ă©tĂ© habillĂ©s du costume de « bagnard Â» rayĂ© verticalement bleu et blanc, ils sont emmenĂ©s en train, vers le principal port militaire allemand sur la mer du Nord. : Wilhelmshaven. Ce commando, crĂ©e par eux Ă  l’emplacement d’un ancien camp de jeunesse hitlĂ©rienne est situĂ© Ă  4 ou 5 kilomĂštres de l’arsenal oĂč ils devrons travailler Ă  la fabrication de piĂšces destinĂ©es Ă  la construction de sous-marins de poche. Ils y arrivent le 5 septembre 1944. Au dĂ©but, ils sont encadrĂ©s et gardĂ©s par des S.S. français de la division Charlemagne. Les kapos qui les encadrent sont eux aussi des dĂ©tenus Ă  qui les allemands ont donnĂ© un rĂŽle de gardien avec droit de vie ou de mort sur les dĂ©tenus dont ils sont responsables. Ce sont principalement des allemands dĂ©tenus de droit commun (Triangle vert).

A l’arrivĂ©e, le Colonel Journois est affectĂ© au bloc 3 qui sera dĂ©saffectĂ© par la suite. A l’arsenal, il travaille dans un petit atelier situĂ© le long de la forge oĂč il devait travailler le fer. Il y reste du 5 septembre 1944 au 25 septembre 1944 soit 20 jours. Cette pĂ©riode se rĂ©sume ainsi : RĂ©veil, eau noire dite cafĂ© non sucrĂ©e, dĂ©part au « zu fĂŒnf Â» (en rang par 5) pour faire les 5 kilomĂštres du trajet, travail Ă  l’arsenal, repas du soir, un peu de pain et « cafĂ© non sucrĂ© Â»â€Š Et les appels, interminables sans bouger sur la place d’appel quel que soit le temps. Pour la nourriture, exceptionnellement, il y avait un peu de viande dans la soupe et de rares fois, ils percevaient un peu de marmelade ou de margarine.


L'assassinat

Le 25 septembre 1944, au retour du travail, le rapportfĂŒhrer de son atelier signala le matricule 43936, celui de Georges Journois pour on ne sait quelle « faute Â» commise. Il est appelĂ© au centre de la place d’appel et il est frappĂ© sauvagement par le rapportfĂŒhrer. Il se redresse et demande Ă  ĂȘtre traitĂ© comme un officier prisonnier et non comme un bagnard. Le rapportfĂŒhrer continue Ă  le matraquer puis, fatiguĂ© appelle les kapos et le leur livre. Ils prirent la suite et continuĂšrent Ă  s’acharner sur lui. (TĂ©moignage de Raymond Gourlain, voir son site par le lien externe "C'Ă©tait hier"). AprĂšs, cette« exĂ©cution Â», il fut amenĂ© au « revier Â» (infirmerie) oĂč aprĂšs quelques soins, il fut ramenĂ© dans son block. Dans le coin oĂč s’étaient rĂ©unis quelques officiers, il fut Ă©tendu sur sa paillasse. La nuit passa et le lendemain matin ses camarades constatĂšrent qu’il s’était Ă©teint pendant la nuit. Il Ă©tait le premier français mort au kommando, seul un russe l’avait prĂ©cĂ©dĂ©. Une minute de silence fut rĂ©clamĂ©e dans le block par un de ses compagnons et tous, toutes nationalitĂ©s confondues, la respectĂšrent. Les kapos leur fit savoir que si pareille chose se reproduisait, il y aurait des reprĂ©sailles. Il fut inhumĂ© dans un cercueil au cimetiĂšre de Wilhelshaven comme les quelques premiĂšres autres victimes qui suivirent mais cela ne dura pas. Cela a permis aprĂšs la guerre de rapatrier son corps Ă  Besançon dans la caveau de famille.

Hommages

  • A la fin des hostilitĂ©s, il reçut le 15 octobre 1945, la MĂ©daille de la RĂ©sistance, le 6 mai 1946, un « Certificat of Service Â» lui est dĂ©cernĂ© par le MarĂ©chal Montgomery. Il est nommĂ© le 6 juin 1946, pour prendre rang du 20 aoĂ»t 1944 au grade de GĂ©nĂ©ral de Brigade.
  • Il obtient par dĂ©cision n° 900 du 30 mars 1954 du MinistĂšre de la DĂ©fense Nationale une citation Ă  l’ordre de l’ArmĂ©e Ă  titre posthume (croix de guerre avec palme) : "Membre des Forces Françaises de l’IntĂ©rieur (F.F.I.). ArrĂȘtĂ© le 4 janvier 1944 pour faits de rĂ©sistance. DĂ©portĂ© en Allemagne le 29 aoĂ»t 1944, est dĂ©cĂ©dĂ© le 31 octobre 1944. Â» La date rĂ©elle du dĂ©cĂšs est le 26 septembre 1944".
  • La carte de DĂ©portĂ© RĂ©sistant lui est attribuĂ© le 23 juillet 1951 ce qui lui vaut la mĂ©daille de la DĂ©portation pour faits de RĂ©sistance.
  • La carte de combattant volontaire de la rĂ©sistance lui est attribuĂ©e le 4 dĂ©cembre 1951 qui donne droit Ă  la Croix du Combattant Volontaire de la RĂ©sistance.
  • Il obtient aussi la MĂ©daille CommĂ©morative de la Guerre 1939-1945.
  • Le corps de Georges Journois sera exhumĂ© du cimetiĂšre de Wilhelmshaven le 9 fĂ©vrier 1949. TransfĂ©rĂ© vers la France, il arrive Ă  Bad Ems en zone française d’occupation le 11 fĂ©vrier 1949 oĂč un hommage est rendu Ă  ses restes glorieux par une dĂ©lĂ©gation d’Officiers et de Sous officiers. Il est dirigĂ© sur Strasbourg le 12 fĂ©vrier 1949 d’oĂč il part sur Besançon que le 9 mars 1949. Il est remis Ă  la municipalitĂ© bisontine le 11 mars 1949 qui dĂ©pose son cercueil dans une chapelle ardente Ă  l’HĂŽtel de ville. Ses obsĂšques militaires ont lieu le 16 mars 1949. AprĂšs la cĂ©rĂ©monie religieuse en la basilique Saint Pierre, le cercueil placĂ© sur une prolonge d’artillerie, traverse la ville de Besançon ou des militaires du 27e R.I. lui rendaient les honneurs. Un officier portait ses dĂ©corations sur un coussin et suivait la dĂ©pouille mortelle. A l’arrivĂ©e au cimetiĂšre, il est portĂ© vers le caveau de famille sur les Ă©paules de six hommes de troupe. AprĂšs l’inhumation, trois hommages lui furent rendus par Monsieur Baverel, ancien DĂ©portĂ©, par le Maire de Besançon et par le Colonel Guenin, Commandant d’Armes de Besançon.
  • Plus tard, le dimanche 18 septembre 1955, la ville de Buchy (Seine-Maritime), ville de son enfance inaugurait une rue portant son nom et sur les plaques sont gravĂ©es :
Rue du Général Georges Journois
Martyr de la RĂ©sistance
1896 – 1944
  • Son nom figure aussi sur le monument aux morts de Buchy et sur le Monument de la DĂ©portation au CimetiĂšre des Chaprais Ă  Besançon.


Notes et références

  1. ↑ L’agent double de la gestapo se nommait Max Georges Gallon, alias Max de Riancourt. Avant Nice, il avait dĂ©jĂ  sĂ©vi Ă  Toulouse. Il a fait arrĂȘter Ă  Nice, outre le Colonel Journois, le commandant Pourchier, les capitaines Chapeleau et Dupouy. Tous les quatre y ont laissĂ© leur vie. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  la peine de mort par contumace par le Tribunal de Grasse le 12 avril 1945. ArrĂȘtĂ©, il sera jugĂ© Ă  Aix en Provence en Juin 1946 et condamnĂ© Ă  la peine de mort. Il Ă©chappera Ă  son exĂ©cution en « retournant sa veste Â». Il se met Ă  la disposition des services secrets alliĂ©s et dĂ©noncent tous ces anciens amis de la Gestapo.
  2. ↑ Ces dossiers Ă©tait en rĂ©alitĂ© aux mains des autoritĂ©s italiennes qui les ayant Ă©garĂ©, ont permis d'Ă©viter la dĂ©portation par les allemands des deux hommes.


Bibliographie et sources

  • Pierre Nord, Mes Camarades sont morts, J'ai lu (1947)
  • Joseph Girard, La RĂ©sistance et la LibĂ©ration de Nice, Serre (2006)
  • Famille Journois, Archives

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Georges Journois de Wikipédia en français (auteurs)


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.