Georges Brassens

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Georges Brassens
Georges Brassens
Brassens TNP 1966.jpg
Georges Brassens en concert au TNP, Paris,1966,
photo : Roger Pic.

Nom Georges Charles Brassens
Naissance 22 octobre 1921
SĂšte, Drapeau de France France
DĂ©cĂšs 29 octobre 1981 (Ă  60 ans)
Saint-GĂ©ly-du-Fesc, France
Activité principale auteur-compositeur-interprÚte
Genre musical chanson française
Instruments guitare acoustique
AnnĂ©es d'activitĂ© 1951–1981
Labels Philips
Universal Music Group

Georges Brassens, nĂ© Ă  SĂšte dans l'HĂ©rault le 22 octobre 1921 et mort Ă  Saint-GĂ©ly-du-Fesc (Ă©galement dans l'HĂ©rault) le 29 octobre 1981, est un poĂšte et auteur-compositeur-interprĂšte français.

Il mit en musique et interprĂ©ta, en s’accompagnant Ă  la guitare, plus d'une centaine de ses poĂšmes et ceux d’autres poĂštes dont Paul Fort. Il enregistra de 1952 Ă  1976, quatorze albums. Il reçut le Grand Prix de poĂ©sie de l'AcadĂ©mie française en 1967.

Il est l’auteur des chansons : Les Copains d'abord, Chanson pour l'Auvergnat, Le Gorille, Les Amoureux des bancs publics, La Mauvaise RĂ©putation, Je me suis fait tout petit, L’Orage, Dans l’eau de la claire fontaine, Les Trompettes de la renommĂ©e, Supplique pour ĂȘtre enterrĂ© Ă  la plage de SĂšte, La Non-Demande en mariage, Fernande, Quatre-vingt-quinze pour cent et Mourir pour des idĂ©es.

Sommaire

Biographie

Georges Brassens est nĂ© dans un quartier populaire du port de Cette (le nom de la ville ne sera orthographiĂ© SĂšte qu’en 1928, le chanteur Ă©voquant ce changement d'orthographe dans sa chanson Jeanne Martin). Dans la maison familiale[1] il est entourĂ© de sa mĂšre Elvira (+ 1962)[2], de son pĂšre Jean-Louis (+ 1965), de sa demi-sƓur Simone (1912-1994), nĂ©e du premier mariage de sa mĂšre) et de ses grands-parents paternels, Jules et Marguerite.

Sa mĂšre, dont les parents Ă©taient originaires de Marsico Nuovo dans la rĂ©gion de Basilicate en Italie du sud, est une catholique d'une grande dĂ©votion. Veuve de guerre, Elvira Ă©pousa Jean-Louis Brassens en 1919. Ce dernier, qui sera le pĂšre de Georges, entrepreneur de maçonnerie, est un homme paisible, gĂ©nĂ©reux, libre-penseur, anticlĂ©rical et dotĂ© d'une grande indĂ©pendance d'esprit. Deux caractĂšres trĂšs diffĂ©rents, qu'une chose rĂ©unit : le goĂ»t de la chanson. D’ailleurs, tout le monde chante Ă  la maison. Sur le phonographe : les disques de Mireille, Jean Nohain, Tino Rossi ou Ray Ventura et ses CollĂ©giens.

Les annĂ©es 1930 : SĂšte

Selon le souhait de sa mĂšre, Georges commence sa scolaritĂ©, Ă  l'Ăąge de 4 ans, dans l’institution catholique des sƓurs de Saint-Vincent. Il en sort deux ans aprĂšs pour entrer Ă  l’école communale, selon le dĂ©sir de son pĂšre. À 12 ans, il entre en sixiĂšme au collĂšge[3]. Georges est loin d’ĂȘtre un Ă©lĂšve studieux, ses amis le dĂ©crivent comme plutĂŽt rĂȘveur en classe[4]. Mais, aprĂšs l'Ă©cole, il prĂ©fĂšre les jeux, les bagarres, les bains de mer et les vacances. Afin que son carnet de notes soit meilleur, sa mĂšre lui refuse des cours de musique. Il ignorera donc tout du solfĂšge, mais cela ne l’empĂȘchera pas de griffonner des chansonnettes sur ses premiers poĂšmes.

Alphonse Bonnafé

En 1936, il s'ouvre Ă  la poĂ©sie grĂące Ă  son professeur de français, Alphonse BonnafĂ©, alias « le boxeur Â». L’adolescent s’enhardit Ă  lui soumettre quelques-uns de ses bouts rimĂ©s. Loin de le dĂ©courager, l'enseignant lui conseille plus de rigueur et l'intĂ©resse Ă  la technique de versification et Ă  l'approche de la rime. À la poĂ©sie et Ă  la chanson populaire s’ajoute sa passion pour les rythmes nouveaux venus d’AmĂ©rique qu’il Ă©coute Ă  la TSF : le jazz. En France, Charles Trenet conjugue tout ce qu'il aime. Il sera un modĂšle.

« On Ă©tait des brutes, on s'est mis Ă  aimer [les] poĂštes. [
] Et puis, grĂące Ă  ce prof, je me suis ouvert Ă  quelque chose de grand. Alors, j’ai voulu devenir poĂšte
[5] Â»

Mauvaise réputation

Brassens en 1964 avec sa célÚbre pipe.

Son intĂ©rĂȘt croissant pour la poĂ©sie ne lui ĂŽte pas le goĂ»t pour les « quatre cents coups Â». À 16 ans, au printemps 1938, il se trouve mĂȘlĂ© Ă  une fĂącheuse aventure. Dans le but de se faire de l'argent de poche, la bande de copains dont il fait partie commet quelques larcins. Par facilitĂ©, les proches en sont les principales victimes. Georges, de son cĂŽtĂ©, subtilise bague et bracelet de sa sƓur. Ces cambriolages rĂ©pĂ©tĂ©s mettent la ville en Ă©moi. Lorsque la police arrĂȘte enfin les coupables, l’affaire fait scandale. Indulgent, Jean-Louis Brassens ne lui adresse aucun reproche quand il va le chercher au poste de police. Pour saluer l’attitude de son pĂšre, il en fera une chanson : Les Quatre bacheliers « Mais je sais qu'un enfant perdu [
] a de la chance quand il a, sans vergogne, un pĂšre de ce tonneau-lĂ  Â». Par Ă©gard pour son pĂšre, il ne la chantera qu’aprĂšs sa mort.

« Je crois qu'il m'a donnĂ© lĂ  une leçon qui m'a aidĂ© Ă  me concevoir moi-mĂȘme : j'ai alors essayĂ© de conquĂ©rir ma propre estime. [
] J'ai tentĂ©, avec mes petits moyens, d'Ă©galer mon pĂšre. Je dis bien tenté [6] Â»

Pour sa part, cette mĂ©saventure se solde, en 1939, par une condamnation d'emprisonnement avec sursis[7]. Il ne retournera pas au collĂšge. Il passe l’étĂ© reclus dans la maison (il se laisse pousser la moustache). Le 3 septembre, la guerre contre l'Allemagne est dĂ©clarĂ©e. Il pourrait devenir maçon auprĂšs de son pĂšre, mais, peine perdue, il ne se satisfait pas de cette perspective. Il persuade ses parents de le laisser tenter sa chance Ă  Paris et fuir ainsi l’opprobre qui lui colle Ă  la peau.

Les annĂ©es quarante : Paris-Basdorf-Paris

Paris

En fĂ©vrier 1940, Georges est hĂ©bergĂ©, comme convenu avec ses parents, chez sa tante Antoinette Dagrosa, dans le XIVe arrondissement[8]. Chez elle, il y a un piano. Il en profitera pour maĂźtriser l’instrument Ă  l’aide d’une mĂ©thode, malgrĂ© sa mĂ©connaissance du solfĂšge. Pour ne pas vivre Ă  ses dĂ©pens, comme promis, il recherche du travail. Il obtient celui de manƓuvre dans un atelier des usines Renault. Cela ne durera pas ; le 3 juin, Paris et sa rĂ©gion sont bombardĂ©s et l’usine de Billancourt est touchĂ©e. Le 14, l’armĂ©e allemande entre dans la capitale. C’est l’exode de la population. Georges retourne dans sa ville natale. L’étĂ© passĂ©, certain que son avenir n'est pas lĂ , il revient chez sa tante, dans un Paris occupĂ© par la Wehrmacht. Tout travail profitant maintenant Ă  l'occupant, il n'est plus question d'en rechercher.

Georges passe ses journĂ©es Ă  la bibliothĂšque municipale du quartier. Conscient de ses lacunes en matiĂšre de poĂ©sie, il apprend la versification et lit Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo et tant d’autres. Il acquiert ainsi une grande culture littĂ©raire qui le pousse Ă  Ă©crire ses premiers recueils de poĂ©sie : Les Couleurs vagues, Des coups d'Ă©pĂ©e dans l'eau, annonçant le style des chansons Ă  venir et À la venvole[9], oĂč son anarchisme se fait jour. Ce dernier est publiĂ© en 1942, grĂące Ă  l'argent de ses proches : ses amis, sa tante et mĂȘme une amie de celle-ci, une couturiĂšre nommĂ©e Jeanne Le Bonniec, qui apprĂ©cie beaucoup ses chansons (elle Ă©pousera en juin Marcel Planche, peintre en carrosserie).

Basdorf

En fĂ©vrier 1943, l'Allemagne nazie impose au gouvernement de Vichy la mise en place d’un service du travail obligatoire (STO). Georges, 22 ans, est convoquĂ© Ă  la mairie du XIVe arrondissement oĂč il reçoit sa feuille de route. De sĂ©vĂšres mesures de reprĂ©sailles sont prĂ©vues pour les rĂ©fractaires. Le 8 mars, il se trouve gare de l’Est pour se rendre en Allemagne, vers le camp de travailleurs de Basdorf, prĂšs de Berlin. LĂ -bas, il travaille dans la manufacture de moteurs d’avion BMW.

On le voit souvent plongĂ© dans des bouquins ou Ă©crire des chansons, qui divertissent ses compagnons, et la suite d’un roman commencĂ© Ă  Paris, Lalie Kakamou. Il lie des amitiĂ©s, auxquelles il restera fidĂšle tout au long de sa vie – notamment avec AndrĂ© Larue, RenĂ© Iskin et, plus particuliĂšrement, Pierre OntĂ©niente, le bibliothĂ©caire Ă  qui il emprunte rĂ©guliĂšrement des livres.

En mars 1944, Georges Brassens bĂ©nĂ©ficie d’une permission de quinze jours[10]. C’est une aubaine Ă  saisir : il ne retournera pas en Allemagne.

Jeanne

Plaque commémorative à l'entrée de l'impasse.

À Paris, il lui faut trouver une cachette car il est impossible de passer Ă  travers les filets de la Gestapo en restant chez la tante Antoinette. Jeanne Planche accepte d'hĂ©berger ce neveu encombrant. Avec son mari Marcel, elle habite une maison extrĂȘmement modeste au 9, impasse Florimont. Georges s’y rĂ©fugie le 21 mars 1944, en attendant la fin de la guerre. On se lave Ă  l’eau froide, il n’y a ni gaz, ni Ă©lectricitĂ© (donc pas de radio), ni le tout-Ă -l’égout. Dans la petite cour, une vraie mĂ©nagerie : chiens, chats, canaris, tortues, buse
 et la fameuse cane qu'il cĂ©lĂšbrera dans une chanson. Il est loin de se douter qu’il y restera vingt-deux ans.

Dans ce cocon — il se lĂšve Ă  5 heures du matin et se couche avec le soleil (rythme qu'il gardera la majeure partie de sa vie) —, il poursuit l'Ă©criture de son roman et compose des chansons en s’accompagnant d’un vieux banjo.

« J'y Ă©tais bien, et j'ai gardĂ©, depuis, un sens de l'inconfort tout Ă  fait exceptionnel[11]. Â»

Cinq mois plus tard, le 25 aoĂ»t, c’est la libĂ©ration de Paris. La libertĂ© soudainement retrouvĂ©e modifie peu ses habitudes. Avec leur consentement, il se fixe Ă  demeure chez les Planche. Sa carte de bibliothĂšque rĂ©cupĂ©rĂ©e, Brassens reprend son apprentissage de la poĂ©sie et s’adonne Ă  nouveau Ă  la littĂ©rature.

La fin de la guerre, signĂ©e le 8 mai 1945, marque le retour Ă  Paris des copains de Basdorf. Avec ses amis retrouvĂ©s, Brassens projette la crĂ©ation d'un journal Ă  tendance anarchiste, Le Cri des gueux. AprĂšs la sortie du premier numĂ©ro, faute de financement suffisant, le projet tourne court.

ParallĂšlement, il monte, avec Émile Miramont (un copain sĂ©tois) et AndrĂ© Larue (rencontrĂ© Ă  Basdorf), le « Parti prĂ©historique Â» qui vise surtout Ă  tourner en dĂ©rision les autres partis politiques et qui prĂ©conise un retour Ă  un mode de vie plus simple. Ce parti ne verra jamais le jour, suite Ă  l’abandon de Miramont[12].

Avec l’aide financiĂšre de Jeanne, il achĂšte la guitare d’un ami. Elle lui sera volĂ©e[13].

En 1946, il hérite du piano de sa tante Antoinette, morte en juillet. Cette année-là, il ressent ses premiers maux de reins accompagnés de crises de coliques néphrétiques.

Le libertaire

En septembre 1946, il se lie avec des militants de la FĂ©dĂ©ration anarchiste pour Ă©crire quelques chroniques dans leur journal, Le Libertaire[14], sous les pseudonymes de Gilles Colin ou Geo CĂ©dille. Ce sont des articles virulents, teintĂ©s d'humour noir, envers tout ce qui porte atteinte aux libertĂ©s individuelles. La violence de sa prose ne fait pas l’unanimitĂ© auprĂšs de ses collĂšgues.

En juin 1947, il quitte la Fédération en gardant intacte sa sympathie pour les anarchistes (plus tard, Brassens ira réguliÚrement se produire bénévolement dans les galas organisés par Le Monde libertaire).

Son roman achevĂ© en automne est publiĂ© Ă  compte d’auteur. Lalie Kakamou est devenu La Lune Ă©coute aux portes. EstampillĂ© NRF, la couverture plagie, par provocation, celles de la maison Gallimard. Brassens adresse une lettre Ă  l’éditeur concernĂ© pour signaler cette facĂ©tie. Contre toute attente, il n’y aura aucune rĂ©action.

PĂŒppchen

Pour ne pas attiser la jalousie de Jeanne, Georges a vĂ©cu des amourettes clandestines. Il y eut en particulier Jo, 17 ans (juin 1945 – aoĂ»t 1946). Une relation tumultueuse qui lui inspira peut-ĂȘtre quelques chansons : Une jolie fleur, P... de toi et, en partie, Le Mauvais Sujet repenti (modification de Souvenir de parvenue dĂ©jĂ  Ă©crite Ă  Basdorf.)

En 1947, il rencontre Joha Heiman (1911-1999, morte dix-huit ans aprĂšs lui et enterrĂ©e avec lui). Originaire d’Estonie, elle est son aĂźnĂ©e de neuf ans – affectueusement, il l’appelle « PĂŒppchen Â», petite poupĂ©e en allemand, mais ils l'orthographieront tous les deux « Pupchen Â» (c'est le nom gravĂ© sur leur tombe[15]). DĂ©sormais, on ne connaĂźtra pas d'autres conquĂȘtes fĂ©minines au fidĂšle Brassens. Ils ne se marieront jamais ni ne cohabiteront. Il lui Ă©crira J’ai rendez-vous avec vous, Je me suis fait tout petit (devant une poupĂ©e), Saturne, La Non-Demande en mariage et Rien Ă  jeter.

Ses talents de poÚte et de musicien sont arrivés à maturité. De nombreuses chansons sont déjà écrites. Pratiquement toutes celles de cette époque qu'il choisira d'enregistrer deviendront célÚbres, comme Le Parapluie, La Chasse aux papillons, J'ai rendez-vous avec vous, Brave Margot, Le Gorille, Il n'y a pas d'amour heureux.

La personnalitĂ© de Brassens a dĂ©jĂ  ses traits dĂ©finitifs : la dĂ©gaine d'ours mal lĂ©chĂ©, la pipe et les moustaches, le verbe libre, imagĂ© et frondeur et pourtant Ă©troitement soumis au carcan d'une mĂ©trique et d'un classicisme scrupuleux, le goĂ»t des tournures anciennes, le culte des copains et le besoin de solitude, une culture littĂ©raire et chansonniĂšre pointue, un vieux fond libertaire, hors de toute doctrine Ă©tablie, mais Ă©tayĂ© par un individualisme aigu, un antimilitarisme viscĂ©ral, un anticlĂ©ricalisme profond et un mĂ©pris total du confort, de l'argent et de la considĂ©ration. Il ne changera plus.

Les annĂ©es cinquante : de Patachou Ă  Bobino

En 1951, Brassens rencontre Jacques Grello, chansonnier et pilier du Caveau de la RĂ©publique qui, aprĂšs l'avoir Ă©coutĂ©, lui offre sa propre guitare et lui conseille, plutĂŽt que du piano, de s’accompagner sur scĂšne avec cet instrument[16]. Ainsi « armĂ© Â», il l'introduit dans divers cabarets pour qu'il soit auditionnĂ©. Alors, il compose d'abord sur piano ses chansons qu'il transcrit pour guitare.

Sur scĂšne, Brassens ne s’impose pas. IntimidĂ©, paralysĂ© par le trac, suant, il est profondĂ©ment mal Ă  l'aise. Il ne veut pas ĂȘtre chanteur, il prĂ©fĂ©rerait proposer ses chansons Ă  des chanteurs accomplis, voire Ă  des vedettes de la chanson.

Patachou

AprĂšs plusieurs auditions infructueuses, Brassens est dĂ©couragĂ©. Roger ThĂ©rond et Victor Laville, deux copains sĂ©tois, journalistes du magazine Paris Match, viennent le soutenir et tentent de l'aider dans la mesure de leurs moyens. Ils lui obtiennent une audition « Chez Patachou Â» le jeudi 24 janvier 1952, dans le cabaret montmartrois de la chanteuse[17]. Le jour dit, et au bout de quelques chansons, Patachou est conquise. Enhardi, Brassens lui propose ses chansons. Elle ne dit pas non et l'invite mĂȘme Ă  se produire dans son cabaret dĂšs que possible[18]. Les jours suivants, malgrĂ© son trac, Georges Brassens chante effectivement sur la scĂšne du restaurant-cabaret de Patachou. Pour le soutenir, Pierre Nicolas, bassiste dans l'orchestre de la chanteuse, l’accompagne spontanĂ©ment.

Jacques Canetti

Quand Patachou parle de sa dĂ©couverte, elle ne manque pas de piquer la curiositĂ© du dirigeant du thĂ©Ăątre des Trois Baudets, Jacques Canetti, Ă©galement directeur artistique chez Philips. Le 9 mars 1952, il se rend au cabaret « Chez Patachou Â», Ă©couter le protĂ©gĂ© de la chanteuse. EmballĂ©, il convainc le prĂ©sident de Philips de lui signer un contrat. Le quotidien France Soir, du 16-17 mars, titre : « Patachou a dĂ©couvert un poĂšte ! Â»

Le 19 mars, l’enregistrement du Gorille et du Mauvais sujet repenti s’effectue au studio de la Salle Pleyel. Certains collaborateurs, offusquĂ©s par Le Gorille, s’opposent Ă  ce que ces chansons sortent sous le label de Philips. Une porte de sortie est trouvĂ©e par le biais d’une nouvelle marque qui vient d’ĂȘtre acquise : Polydor. D'avril Ă  novembre, neuf chansons sortiront sur disques 78 tours. L'une d'elles, Le Parapluie, est remarquĂ©e par le rĂ©alisateur Jacques Becker qui l'utilise pour son film Rue de l'Estrapade. ÉditĂ©e sur disque en mĂȘme temps que la sortie du film en salle, elle est distinguĂ©e par l’AcadĂ©mie Charles-Cros l’annĂ©e suivante en obtenant le Grand Prix du disque 1954[19].

Le 6 avril, Brassens fait sa premiĂšre Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e Ă  la RTF. Il chante La Mauvaise RĂ©putation devant le public de l’Alhambra. Du 28 juillet au 30 aoĂ»t, il fait sa premiĂšre tournĂ©e en France, en Suisse et en Belgique, avec Patachou et Les FrĂšres Jacques.

Il est engagĂ© Ă  partir du mois de septembre au « Trois Baudets Â» ; le thĂ©Ăątre ne dĂ©semplit pas. Dans le public, les chansons comme HĂ©catombe' et Le Gorille scandalisent les uns, ravissent les autres. Ces controverses contribuent Ă  faire fonctionner le bouche Ă  oreille. DĂšs lors, Georges Brassens gravit les Ă©chelons du succĂšs et de la notoriĂ©tĂ©. En 1953, tous les cabarets le demandent et ses disques commencent Ă  bien se vendre chez les disquaires. Son premier passage Ă  Bobino, sa salle de prĂ©dilection, « l'usine Â» comme il se plaisait Ă  le dire, Ă  « quatre pas de sa maison Â» se fera en fĂ©vrier 1953, avec l'accord des Trois Baudets (Jacques Canetti), son second passage en octobre 1953, mais pas encore en « vedette Â».

Lui qui a longtemps hĂ©sitĂ© entre une carriĂšre de poĂšte et celle d’auteur-compositeur est maintenant lancĂ© dans la chanson. Loin de juger la chanson comme une expression poĂ©tique mineure, il considĂšre que cet art demande un Ă©quilibre parfait entre le texte et la musique et que c’est un don qu’il possĂšde, que de placer un mot sur une note[rĂ©f. nĂ©cessaire]. ExtrĂȘmement exigeant, il s’attache Ă  Ă©crire les meilleurs textes possibles. Jamais satisfait, il les remanie maintes fois : il change un mot, peaufine une image, jusqu'Ă  ce qu'il estime avoir atteint son but.

Patachou, qui a mis avec succĂšs plusieurs chansons de son poulain Ă  son rĂ©pertoire, enregistre neuf titres le 23 dĂ©cembre 1952, au studio Chopin-Pleyel, pour l’album Patachou
 chante Brassens. Pour ce disque, il lui a donnĂ© une chanson en exclusivitĂ© : Le Bricoleur (boĂźte Ă  outils) et, de plus, ils chantent en duo Maman, Papa[20].

René Fallet

SĂ©duit par les chansons qui passent Ă  la radio, l’écrivain RenĂ© Fallet va l’entendre un soir aux Trois Baudets. Il est loin d’ĂȘtre déçu et son enthousiasme le pousse Ă  publier un article dithyrambique dans Le Canard enchaĂźnĂ© du 29 avril 1953 : « Allez, Georges Brassens ! Â»

« La voix de ce gars est une chose rare et qui perce les coassements de toutes ces grenouilles du disque et d’ailleurs. Une voix en forme de drapeau noir, de robe qui sĂšche au soleil, de coup de poing sur le kĂ©pi, une voix qui va aux fraises, Ă  la bagarre et
 Ă  la chasse aux papillons. Â»

TouchĂ©, Brassens lui Ă©crit pour le remercier et lui demander de venir le voir aux « Baudets Â». Leur rencontre sera le dĂ©but d’une amitiĂ© qui durera le restant de leur vie.

Pierre Nicolas

Son second roman, La Tour des miracles avec Jean , est publiĂ© en juin, aux Ă©ditions des Jeunes Auteurs rĂ©unis, dirigĂ©es par Jean-Pierre Rosnay, qui est aussi l'auteur de la prĂ©face. Son premier album, Georges Brassens chante les chansons poĂ©tiques (
 et souvent gaillardes) de
 Georges Brassens, sort chez Polydor en octobre. Devenu vedette, il triomphe en tĂȘte d’affiche de Bobino (16 au 29 octobre 1953).

En 1954, c'est au tour de l’Olympia (23 fĂ©vrier au 4 mars et du 23 septembre au 12 octobre). Pour cette grande scĂšne, il fait appel Ă  Pierre Nicolas pour l’accompagner Ă  la contrebasse, marquant ainsi le dĂ©but d’une collaboration qui durera presque trente ans. Le bassiste sera dĂ©sormais de toutes les scĂšnes et de tous les enregistrements. Bobino (du 25 novembre au 15 dĂ©cembre) achĂšve cette annĂ©e qui a vu la publication, en octobre, de La Mauvaise rĂ©putation, recueil oĂč sont rĂ©unis des textes en prose et en vers, dont une piĂšce de thĂ©Ăątre : Les Amoureux qui Ă©crivent sur l’eau.

Gibraltar

Avec le succĂšs, l’argent commence Ă  rentrer et il faut faire face Ă  la gestion du mĂ©tier. En 1954, Pierre OntĂ©niente, le copain de Basdorf, a acceptĂ© de l’aider sans contrepartie pour s’occuper de ses affaires. Avant de franchir le pas plus avant, il fait son apprentissage auprĂšs de Ray Ventura, l'Ă©diteur de Georges.

En 1955, Brassens fait l’acquisition de la maison des Planche et de celle qui lui est mitoyenne pour l’agrandir. L’eau et l’électricitĂ© installĂ©es, il la leur offre. La vie continue comme avant. Cette mĂȘme annĂ©e il rencontre Paul Fort, poĂšte qu’il admire et qu’il a chantĂ© Ă  ses dĂ©buts (Le Petit Cheval[21], sur son deuxiĂšme disque 78 tours deux titres). Avant sa tournĂ©e en Afrique du Nord et son passage Ă  l’Ancienne Belgique, Ă  Bruxelles, il compose des musiques sur deux autres de ses poĂšmes : Comme hier et La Marine[22] en vue de son nouveau passage Ă  l’Olympia (du 6 au 27 octobre). La nouvelle station de radio, Europe 1, qui vient d’apparaĂźtre sur les ondes, est un Ă©vĂ©nement important dans sa carriĂšre. C’est la seule qui diffuse ses chansons interdites sur les radios d’État. En 1956, Brassens sera animateur sur Europe 1[23].

PrĂȘt Ă  se consacrer Ă  son ami, Pierre OntĂ©niente quitte son emploi en janvier 1956. Son baptĂȘme du feu : le prochain passage Ă  Bobino de l’artiste (27 janvier – 16 fĂ©vrier). Entre-temps, Ă  la demande de RenĂ© Fallet, Brassens a acceptĂ©, par amitiĂ©, de faire l’acteur aux cĂŽtĂ©s de Pierre Brasseur et Dany Carrel. Le roman de son ami, La Grande Ceinture, est adaptĂ© Ă  l’écran par RenĂ© Clair. Il s’intitulera Porte des Lilas. Dans cette affaire, OntĂ©niente y gagnera son sobriquet de « Gibraltar Â». Le trouvant aussi rĂ©sistant qu’un roc quand il dĂ©fend les intĂ©rĂȘts de son « protĂ©gĂ© Â», le rĂ©alisateur le compare au Rocher de Gibraltar. Friand de surnoms, Brassens l’adopte pour dĂ©nommer son ami et, dĂ©sormais, secrĂ©taire-imprĂ©sario. Trois chansons arrivent Ă  point pour illustrer le film : Au bois de mon cƓur, L'Amandier et Le Vin[24].

Moulin de La Bonde.

En 1957, Brassens et Gibraltar créent les éditions 57.

Moulin de la Bonde

La maison de Jeanne, impasse Florimont, est toute petite. Pour vivre comme il l'entend, il jette son dĂ©volu, en 1958, sur le moulin de La Bonde, au bord du Ru de Gally, Ă  CrespiĂšres, dans les Yvelines. Il s'y rend souvent pour, entre autres, y honorer grandement l’amitiĂ© des copains d’enfance : Victor Laville, Émile Miramont, Henri Colpi, Roger Therond ; de ceux de Basdorf : RenĂ© Iskin, AndrĂ© Larue ; des anars du Libertaire ; des amis du monde de la chanson et du spectacle : Marcel Amont, Guy BĂ©art, Georges Moustaki, Jacques Brel, Pierre Louki, Jean Bertola, Boby Lapointe, Lino Ventura, Raymond Devos, Jean-Pierre Chabrol, Bourvil (en voisin), Fred Mella (soliste des Compagnons de la chanson) et bien d’autres. FidĂšles, jusqu’à la fin. Seule Jeanne refusera de venir au moulin.

DorĂ©navant, il cesse de se produire dans les cabarets pour alterner les tours de chant entre Bobino et l’Olympia. Il poursuit ses tournĂ©es Ă  l’étranger (1958 : Suisse, Rome, 1959 : Belgique, Afrique du Nord, 1961 : QuĂ©bec, etc.).

Les annĂ©es soixante : honneurs et douleurs

Jacques Charpentreau, Ă©crit le premier ouvrage sur le chanteur : Georges Brassens et la poĂ©sie quotidienne de la chanson[25].

En 1961, il sort un disque en hommage Ă  Paul Fort, mort l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, disque oĂč sont rĂ©unis les sept poĂšmes qu’il a mis en musique[26].

Georges Brassens sur scĂšne en 1964.

En avril 1962, il fĂȘte Ă  Bobino ses dix ans de carriĂšre. Le 15 mai, il monte un spectacle en hommage Ă  Paul Fort, au thĂ©Ăątre HĂ©bertot. Le 5 dĂ©cembre, jour de la premiĂšre Ă  l’Olympia avec Nana Mouskouri, il souffre d’une crise de coliques nĂ©phrĂ©tiques. Sur l’insistance de Bruno Coquatrix, il honore les dates prĂ©vues Ă  partir du lendemain jusqu’au 24 dĂ©cembre. Chaque soir, une ambulance l’attend. Suite Ă  cette douloureuse expĂ©rience, il ne retournera plus Ă  l’Olympia[27]. Le 31 dĂ©cembre, il apprend la mort de sa mĂšre. Le jour mĂȘme, il se rend Ă  SĂšte puis regagne Marseille pour se produire Ă  l’Alcazar. « Pour la premiĂšre fois, ce soir, elle me voit chanter Â» dit-il[28].

Le prix Vincent Scotto, dĂ©cernĂ© par la SACEM, gratifie Les Trompettes de la renommĂ©e, de meilleure chanson de l'annĂ©e 1963. En octobre, le numĂ©ro 99 de la trĂšs sĂ©lective collection « PoĂštes d’aujourd’hui Â», qui paraĂźt chez les libraires, est consacrĂ© Ă  Georges Brassens. Quand l’éditeur, Pierre Seghers, lui avait fait part de ce projet, Brassens accepta Ă  condition que son ancien professeur de français, Alphonse BonnafĂ©, soit l’auteur du texte[29]. Brassens est ainsi le second auteur de chansons (aprĂšs LĂ©o FerrĂ©), Ă  figurer dans cette collection. Dans son journal, RenĂ© Fallet Ă©crit :

« C’est le triomphe enfin avouĂ© et officiel de ceux qui, voilĂ  dix ans, criaient au poĂšte pour les sourds[30]. Â»

Georges Brassens sur scĂšne en 1964.

Dix ans se sont Ă©coulĂ©s depuis la parution de son premier album — neuf ont paru, quatre-vingts chansons ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es. Pour marquer cet anniversaire, un coffret de six 33 tours 30 cm, Dix ans de Brassens, est mis en vente. Le 6 novembre, Georges Brassens se voit honorĂ© pour cet ouvrage, par l’AcadĂ©mie Charles-Cros, en recevant le Grand Prix international du disque 1963 des mains de l’écrivain Marcel AymĂ©.

Souffrant de calculs rĂ©naux depuis plusieurs mois dĂ©jĂ , les crises de coliques nĂ©phrĂ©tiques deviennent plus aigĂŒes. Il subit une opĂ©ration des reins Ă  la mi-janvier. AprĂšs une longue convalescence, il est Ă  nouveau sur les planches de Bobino en septembre.

Les Copains d’abord

Le film d’Yves Robert, Les Copains, sort en 1965. Pour le gĂ©nĂ©rique, Brassens a composĂ© une chanson : Les Copains d’abord[31]. Le succĂšs qu’elle rencontre est tel qu’il rejaillit sur les ventes de son premier album 33 tours 30 cm et sur son triomphe Ă  Bobino (du 21 octobre au 10 janvier 1965) avec, en alternance, Barbara[32], Serge Lama, MichĂšle Arnaud, Brigitte Fontaine ou Boby Lapointe. L'une de ses nouvelles chansons, Les deux oncles, oĂč il renvoie dos Ă  dos les deux camps de la Seconde Guerre mondiale pour exprimer l’horreur que lui inspire la guerre, jette le trouble et lui vaut des inimitiĂ©s chez certains de ses admirateurs.

Louis Brassens, lui non plus, n’aura jamais vu son fils sur scĂšne ; il meurt le 28 mars 1965 et Marcel Planche, quant Ă  lui, le 7 mai suivant.

Lors d’une Ă©mission radiophonique (Musicora), diffusĂ©e en direct du thĂ©Ăątre de l'ABC le 12 octobre, Georges Brassens rĂ©alise un rĂȘve : chanter avec Charles Trenet[33]. Ils renouvelleront cette expĂ©rience pour une Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e (La La La), en mars 1966. L’estime qu’ils se portent est rĂ©ciproque, mais Trenet garde ses distances. « C’est le grand regret de Georges. S’il y en avait un qu’il aurait vraiment aimĂ© frĂ©quenter, c’est bien Trenet. Or il s’est trouvĂ© que Trenet [...] n’a rien fait pour aller vers Georges. Â»[34]

Pour rompre sa solitude, Jeanne se remarie Ă  75 ans, le 26 mai 1966, avec un jeune homme de 37 ans. ContrariĂ© par ce mariage, Brassens quitte l'impasse Florimont pour emmĂ©nager dans un duplex prĂšs de la place Denfert-Rochereau[35]. Jacques Brel, qu’il a connu aux « Trois Baudets Â» en 1953, est son voisin ; il s’apprĂȘte Ă  faire ses adieux sur la scĂšne de l’Olympia. Par amitiĂ©, Brassens Ă©crit le texte du programme de cet Ă©vĂ©nement. Du 16 septembre au 22 octobre, Georges Brassens se produit sur les planches du ThĂ©Ăątre national populaire (TNP) avec Juliette GrĂ©co qui en assure la premiĂšre partie[36]. Chaque soir, il prĂ©sente sa Supplique pour ĂȘtre enterrĂ© sur la plage de SĂšte et fait part de son Bulletin de santĂ© — en rĂ©ponse aux rumeurs distillĂ©es par une certaine presse — et pour faire bonne mesure, il exprime le peu de bien qu'il pense des mouvements politiques de toutes sortes dans Le Pluriel.

HabituĂ© Ă  souffrir de ses calculs rĂ©naux, il a laissĂ© passer le temps. Au mois de mai 1967, une nouvelle crise l’oblige Ă  interrompre une tournĂ©e pour subir une deuxiĂšme opĂ©ration des reins. Le 8 juin, parrainĂ© par Marcel Pagnol et Joseph Kessel, l'AcadĂ©mie française lui dĂ©cerne le Grand Prix de poĂ©sie pour l’ensemble de son Ɠuvre. Brassens en est honorĂ©, mais pense ne pas le mĂ©riter.

« Je ne pense pas ĂȘtre un poĂšte
 Un poĂšte, ça vole quand mĂȘme un peu plus haut que moi
 Je ne suis pas poĂšte. J’aurais aimĂ© l’ĂȘtre comme Verlaine ou Tristan CorbiĂšre[37]. Â»

René Fallet sort à son tour un livre sur son ami, aux éditions Denoël.

AprĂšs Mai 68, quand on lui demande ce qu’il faisait pendant les Ă©vĂ©nements, il rĂ©pond malicieusement : « Des calculs ! Â»[38]

Le 24 octobre, avec son ami Fallet, il est au chevet de Jeanne qui meurt faute d’avoir pu surmonter le choc de son opĂ©ration de la vĂ©sicule biliaire. Elle avait 77 ans.

Le 6 janvier 1969, Ă  l'initiative du magazine Rock & Folk et de RTL, Georges Brassens, LĂ©o FerrĂ© et Jacques Brel sont invitĂ©s Ă  dĂ©battre autour d'une table.

Cette année-là, il franchit les limites du quatorziÚme arrondissement pour emménager dans une maison du quartier Saint-Lambert[39]. Bobino l'attend à nouveau à partir du 14 octobre.

En dĂ©cembre, pour satisfaire Ă  la demande de son ami sĂ©tois, le cinĂ©aste Henri Colpi, il enregistre la chanson Ă©crite par ce dernier et composĂ©e par Georges Delerue pour illustrer le film dans lequel joue Fernandel : Heureux qui comme Ulysse[40].

Les annĂ©es soixante-dix : Bretagne et Grande-Bretagne

En 1971, il compose Ă©galement la musique du film de Michel Audiard, Le drapeau noir flotte sur la marmite, adaptation du roman de RenĂ© Fallet : Il Ă©tait un petit navire.

La maison de Brassens aux Craquelets, Ă  LĂ©zardrieux en Bretagne.

Dans ces années là, le grand auteur-compositeur qu'il est, découvert par Jacques Canetti, s'en remet à un Lyonnais, Jean Bertola, (Jean-Claude Bertola en pianiste), pour ses tournées et son secrétariat.

LĂ©zardrieux

Suite aux vacances passĂ©es Ă  Paimpol, chez le neveu de Jeanne, depuis les annĂ©es cinquante, Georges Brassens apprĂ©cie la Bretagne. Michel Le Bonniec lui a trouvĂ© une maison sur les rives du Trieux, Ă  LĂ©zardrieux : « Ker Flandry Â». Le moulin de CrespiĂšres est mis en vente en dĂ©but 1970. À la demande de Brassens, « Gibraltar Â» et son Ă©pouse viennent habiter la maison de l’impasse Florimont[41].

Brassens a 50 ans et vingt ans de carriĂšre. Un autre tour de chant l’attend Ă  Bobino avec Philippe Chatel, Maxime Le Forestier, Pierre Louki, en alternance (10 octobre 1972 au 7 janvier 1973). Mourir pour des idĂ©es est la nouvelle chanson qu'il met en avant pour contrer d'anciens dĂ©tracteurs. Le 30 octobre 1972, il participe Ă  une soirĂ©e spĂ©ciale contre la peine de mort au Palais des sports de Paris. À partir du 14 janvier 1973, il entame ses derniĂšres tournĂ©es françaises. Il passe au thĂ©Ăątre municipal de SĂšte, le 13 avril 1973. Cette annĂ©e-lĂ , il fait son entrĂ©e dans le Petit Larousse.

RĂ©pondant Ă  l’invitation de Colin Evans, professeur de français Ă  l’University College de Cardiff, en Pays de Galles, Brassens donne deux rĂ©citals au Shermann Theatre le 28 octobre 1973[42].

Le 19 octobre 1976, il s’installe Ă  Bobino pour cinq mois. Il prĂ©sente les nouvelles chansons de son dernier album. L’une d’entre elles est intitulĂ©e : Trompe-la-mort

« C’est pas demain la veille, bon Dieu, de mes adieux. Â»

Le 20 mars 1977, jour de la derniĂšre, personne ne se doute qu’il ne foulera plus jamais les planches de son music-hall de prĂ©dilection.

Saint-GĂ©ly-du-Fesc

D'inquiĂ©tantes douleurs abdominales de plus en plus vives l’amĂšnent Ă  se faire examiner. Un cancer de l’intestin se gĂ©nĂ©ralise. Il est opĂ©rĂ© Ă  Montpellier, dans la clinique du docteur Bousquet en novembre 1980. L'annĂ©e suivante, une nouvelle opĂ©ration Ă  l’hĂŽpital amĂ©ricain de Paris lui accorde une rĂ©mission qui lui permet de passer l'Ă©tĂ© dans la propriĂ©tĂ© des Bousquet, Ă  Saint-GĂ©ly-du-Fesc, au nord de Montpellier. Retour Ă  Paris et sĂ©jour Ă  LĂ©zardrieux.

La tombe de Georges Brassens au cimetiĂšre de SĂšte.

Hormis les disques de ses chansons arrangĂ©es en jazz — dans lequel il est Ă  la guitare auprĂšs de prestigieux jazzmen — en 1979 et celui en faveur de Perce-neige, l’association de son ami Lino Ventura, sur lequel il chante les chansons de son enfance en 1980 et sans oublier son rĂŽle du hĂ©risson dans le conte musical Émilie jolie de Philippe Chatel en 1979, il n’a pas enregistrĂ© d’album depuis cinq ans. Pourtant, prĂšs de quinze chansons sont prĂȘtes, quinze autres en gestation. Il Ă©chafaude le projet de les graver[43]. LĂ  encore, il est restĂ© fidĂšle Ă  sa maison de disques tout au long de sa carriĂšre.

Ultime satisfaction, la peine de mort — contre laquelle il avait Ă©crit Le Gorille, fait des galas, manifestĂ©, signĂ© des pĂ©titions — est abolie le 9 octobre 1981.

Revenu dans la famille de son chirurgien, Ă  Saint-GĂ©ly, il fĂȘte son soixantiĂšme anniversaire[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Souvent brocardĂ©e dans ses chansons, la camarde l’emporte dans la nuit du jeudi 29 octobre 1981, Ă  23 h 15. Georges Brassens est inhumĂ© Ă  SĂšte, le matin du samedi 31, dans le caveau familial au cimetiĂšre Le Py[44]. Le choc de sa mort est immense dans toute la France. En ouverture du journal tĂ©lĂ©visĂ© du 30 octobre[45], sur Antenne 2, Patrick Poivre d'Arvor, visiblement rĂ©ellement Ă©mu, dĂ©clare : « On est lĂ , tout bĂȘte, Ă  20 ans, Ă  40, Ă  60
 On a perdu un oncle. Â»

Joha Heiman mourra le 19 dĂ©cembre 1999 et sera enterrĂ©e Ă  ses cĂŽtĂ©s[46].

Lui qui avait comme modĂšle de rĂ©ussite Paul Misraki, parce qu'il Ă©tait chantĂ© partout sans ĂȘtre connu du grand public, ne se doutait pas qu'un jour il accĂ©derait Ă  la renommĂ©e internationale. On lui a consacrĂ© aujourd'hui plus de cinquante thĂšses, on le chante partout : au Japon, en Russie, en AmĂ©rique du Nord, en Italie, en Espagne, etc. Au total, il est traduit dans une vingtaine de langues.

Postérité

En 2011, un jeune homme de 27 ans est condamnĂ© pour outrage aprĂšs avoir chantĂ© HĂ©catombe Ă  sa fenĂȘtre[47],[48].

Lieux portant son nom

Sur le territoire français, de nombreux établissements scolaires, salles de spectacle, parcs et jardins, espaces publics, portent le nom de Georges Brassens.

  • La rue Georges-Brassens Ă  SĂšte, rue de la maison familiale, actuellement au numĂ©ro 20. À l'Ă©poque de sa naissance, elle s'appelait rue de l'Hospice. Brassens en parle dans sa chanson Jeanne Martin.
  • Parc Georges-Brassens, Ă  Paris. Georges Brassens a vĂ©cu l'essentiel de sa vie parisienne Ă  quelques centaines de mĂštres de lĂ , au 9, impasse Florimont, puis au 42, rue Santos-Dumont ;
  • Le marchĂ© couvert de Brive-la-Gaillarde oĂč se dĂ©roule l'action de la chanson HĂ©catombe.
  • La rue Georges-Brassens Ă  Paimpol (CĂŽtes-d'Armor). À l'angle de cette rue se trouve le bar oĂč il aimait venir (rebaptisĂ© aprĂšs sa mort « Les Copains d'abord Â»).
  • La rue Georges Brassens Ă  LĂ©zardrieux (CĂŽtes-d'Armor), rue de sa maison bretonne nommĂ©e Ker Flandry.


Discographie

GeorgesBrassens-gb.jpg

Enregistrements en studio

Quatorze albums

Autres publications

Enregistrements en public

Publication faite du vivant de Brassens

Publications posthumes

Documents

Publications faites du vivant de Brassens

Publications posthumes

Coffrets discographiques

Note : De nombreuses compilations ou intĂ©grales de l’Ɠuvre de Georges Brassens ont Ă©tĂ© Ă©ditĂ©es. Ne sont retenues ici que celles qui ont fait l’objet d’un coffret.

Brassens chanté par d'autres artistes

Des chanteurs de tous horizons ont enregistrĂ© et mis sur le marchĂ© des chansons de Brassens. Maxime Le Forestier est le seul interprĂšte Ă  avoir repris et enregistrĂ© l'ensemble de l'Ɠuvre chantĂ©. Le groupe toulousain Brassen's Not Dead reprend la discographie du chanteur Ă  la maniĂšre punk rock.

Chansons posthumes

Reprises

Reprises en langues régionales et langues étrangÚres

Hommages

Les textes d'autres auteurs

Tout au long de sa carriĂšre, Brassens aura repris, mis en chansons et interprĂ©tĂ© ou simplement dit les textes de nombreux poĂštes. Parmi eux :

DVD

Prix et distinctions

  • 1954 : Grand Prix du disque de l’AcadĂ©mie Charles-Cros pour la chanson, Le Parapluie.
  • 1958 : « Bravo du Music-Hall Â», dĂ©cernĂ© par l'hebdomadaire, Music-Hall au chanteur le plus populaire de l'annĂ©e.
  • 1963 : Prix Vincent Scotto, dĂ©cernĂ© par la SACEM, pour Les Trompettes de la renommĂ©e, dĂ©signĂ©e meilleure chanson de l'annĂ©e.
  • 1967 : le Grand Prix de poĂ©sie lui est dĂ©cernĂ© pour l’ensemble de son Ɠuvre, par l'AcadĂ©mie française, le 8 juin.
  • 1974 : la Monnaie de Paris frappe une mĂ©daille Ă  son effigie.
  • 1975 : Grand Prix de la ville de Paris.
  • 1979 : Prix de l’AcadĂ©mie du disque français — association sous la haute autoritĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique —, remis en dĂ©cembre par le maire de Paris, Jacques Chirac, Ă  Moustache et Ă  Georges Brassens pour l’album Georges Brassens joue avec Moustache et Les Petits Français.
    • « TrophĂ©e NumĂ©ro 1 Â» remis par la station de radio, Europe 1 pour l’album Georges Brassens joue avec Moustache et Les Petits Français.

Festivals

Chaque annĂ©e, des artistes se rĂ©unissent pour rendre hommage Ă  Georges Brassens. Il est l'auteur de chansons francophone le plus traduit, l'un des plus chantĂ©s et sans doute aussi celui qui a gĂ©nĂ©rĂ© le plus de manifestations autour de son nom et de son Ɠuvre.

Charavines

Depuis 1995, les premiers week-end d'aoĂ»t, organisĂ© par les bĂ©nĂ©voles de l'association Vivre Ă  Chirens, le "Festival Brassens de Charavines" est le plus ancien de France. Il propose 4 soirĂ©es musicales dont trois grands spectacles cabaret 100% Georges Brassens. Dans une grande et trĂšs belle salle dĂ©corĂ©e en cabaret, une trentaine d'artistes excellents dans leurs interprĂ©tations trĂšs variĂ©es de l’Ɠuvre de l'ami Georges. Les festivaliers ont librement accĂšs aux expositions et aux aprĂšs midi musicaux en plein air.

Vaison-la-Romaine

Depuis 1997, derniÚre semaine d'avril, organisé par Les Amis de Georges Brassens. Son initiateur, Georges Boulard, passionné de Brassens, a réuni les proches du chanteur pour créer un festival-témoignage avec conférences, expositions, concerts d'artistes multiples, connus ou non. Le festival s'est développé avec le temps et les répertoires se sont diversifiés, mais on est certain d'y entendre chaque année de la chanson de qualité et plusieurs concerts consacrés à Brassens.

Basdorf

Depuis 2004, Ă  la mi-septembre, organisĂ© par Les Amis des Amis de Georges, 4 jours d'un festival essentiellement dĂ©diĂ© Ă  Brassens. InitiĂ© par la visite anniversaire de 2004, au cours de laquelle Georges Boulard a emmenĂ© RenĂ© Iskin et les copains survivants du STO chanter Brassens sur les lieux oĂč ont Ă©tĂ© Ă©crits certains des premiers succĂšs.

Ballade avec Brassens, Rennes et Saint-Brieuc

Depuis 2004, ce festival a lieu en septembre, en alternance entre Rennes et Saint-Brieuc. En 2009, 80 groupes (300 personnes environ) avec des instruments divers et parfois sans instrument ont repris plus ou moins fidÚlement les chansons du plus célÚbre des Sétois, avec un franc succÚs au niveau de l'affluence comme à chaque édition. La derniÚre Ballade avec Brassens s'est déroulée à Rennes le 12 septembre 2010.

L'Intégrale Brassens Paris, 9e

Cet événement a lieu depuis 2006, la derniÚre semaine complÚte du mois d'octobre, à la mairie du 9e arrondissement de Paris, 6 rue Drouot. Toutes les chansons de Brassens sont interprétées par différents artistes, dans l'ordre chronologique, en huit soirs de spectacle. Cela est organisé par Le Grand Pan - Intégrale Brassens, association née autour du festival, lequel a vu le jour à l'initiative de Marie Volta (auteur, compositeur, et interprÚte de Brassens) et Dimitris Bogdis (traducteur et interprÚte de Brassens en grec)[53].

Soucieu-en-Jarrest

Depuis 2005 ce festival a lieu le dernier week end de mai et se nomme "le festival des fils de Georges". Sur trois jours se produisent des artistes chantant Brassens et ceux qui se réclament "fils de Georges" Des guinguettes sont mises en place dans lesquelles les chansons du sétois sont interprétées de différentes façons et ce festival de chansons à développement durable se trouve ainsi en harmonie avec le respect de la nature dans une grande fraternité[54].

Bibliographie

Écrits de Georges Brassens

  • Les Couleurs vagues, (recueil de poĂšmes), Ă©ditĂ© dans une revue crĂ©Ă©e par Roger Therond, 1941-1942, rĂ©Ă©dition chez Librio en fĂ©vrier 2010, collection LibrioPoĂ©sie n°953 (ISBN 2290021709)
  • Des coups d’épĂ©e dans l’eau (recueil de poĂšmes), inĂ©dit, 1942[55]
  • À la venvole (recueil de poĂšmes), Albert Messein Ă©diteur, Paris, 1942
  • Le taureau par les cornes, recueil de poĂšmes inĂ©dit
  • La Lune Ă©coute aux portes (roman)[56], pseudo-Ă©dition Gallimard, BibliothĂšque du LĂšve-nez, Paris, 1947[57].
  • La Tour des miracles (roman), Jeunes Auteurs RĂ©unis[58], juin 1953, rĂ©Ă©dition chez Librio en janvier 2010, collection LibrioLittĂ©tature n°952 (ISBN 2290021695)
  • La Mauvaise rĂ©putation : ouvrage comprenant des chansons poĂšmes dont plusieurs inĂ©dits ainsi qu'une piĂšce en vers intitulĂ©e Les Amoureux qui Ă©crivent sur l’eau, introduction de RenĂ© Fallet, Éd. DenoĂ«l, Paris, 1954
  • Georges Brassens (chansons), Ă©ditions Tchou, 1968
  • La tour des miracles (12 lithographies), Les amoureux qui Ă©crivent sur l'eau (12 lithographies) par le peintre Pierre Cadiou, Ă©ditions du GrĂ©sivaudan, 1981
  • PoĂšmes et chansons de Georges Brassens, Ă©ditions musicales 57, 1983, rĂ©Ă©dition au Ă©ditions du Seuil, 1991
  • Les manuscrits de Brassens - Chansons, brouillons et inĂ©dits - Édition Ă©tablie par Alain Poulanges et AndrĂ© Tillieu (3 cahiers de manuscrits en fac-similĂ©s rĂ©unis en coffret), Textuel/France Bleu, 2001 (ISBN 978 2 8459 7038 0).
  • Brassens - Lettres Ă  Toussenot, 1946-1950 - Recueil composĂ© par Janine Marc-Pezet (lettres Ă©crites Ă  son ami, le philosophe Roger Toussenot), Textuel/France Bleu, 2001 (ISBN 978 2 8459 7039 7).
  • Georges Brassens - ƒuvres complĂštes : chansons, poĂšmes, romans, prĂ©faces, Ă©crits libertaires, correspondance, coll. Voix publiques, Ă©d. Le Cherche-Midi, mars 2007 (ISBN 978-2-7491-0834-6).
  • Georges Brassens, Les chemins qui ne mĂšnent pas Ă  Rome, RĂ©flexions et maximes d'un libertaire, Ă©ditions Le Cherche midi, janvier 2008 (ISBN 2749111420)

Premiers ouvrages consacrés à Brassens

  • Jacques Charpentreau, Georges Brassens et la poĂ©sie quotidienne de la chanson
    • coll. Tout le monde en parle, Ă©d. du Cerf, juin 1960
    • rĂ©Ă©dition : numĂ©ro spĂ©cial de l’association « Les Amis de Georges Â», octobre 2007[59].
  • Alphonse BonnafĂ©, Georges Brassens
    • coll. « PoĂštes d'Aujourd'hui Â» (n° 99), Pierre Seghers Ă©diteur, octobre 1963
    • rĂ©Ă©dition de luxe : Brassens, l’intĂ©grale de ses chansons-poĂšmes, Pierre Seghers Ă©diteur, octobre 1965
    • rĂ©Ă©dition : coll. "PoĂ©sie et chansons" (N° 2), Ă©d. Seghers, 1973, rĂ©Ă©ditions en 1979, 1981, 1988
    • derniĂšre rĂ©Ă©dition augmentĂ©e d’une Ă©tude des chansons et d’une brĂšve biographie Ă©crites par Lucien Rioux, Georges Brassens, chansons, Ă©d. Seghers, coll. PoĂ©sie et chansons, fĂ©vrier 2002 (ISBN 978-2-232-12197-5)
  • RenĂ© Fallet, Brassens (articles de journaux, Ă©crits pour programmes de music-hall et de tournĂ©es, Ă©crits pour pochettes de disques), Ă©ditions DenoĂ«l, 1967
    • rĂ©Ă©dition augmentĂ©e d’extraits inĂ©dits du Journal de A Ă  Z sur Brassens : Ă©d. DenoĂ«l, octobre 2001
  • G.Brassens... pour les enfants, illustrĂ© par Philippe Lorain, Ă©ditions R.S.T., 1969
  • AndrĂ© Larue, Brassens ou la mauvaise herbe, Ă©ditions Fayard, 1970
  • Philippe Chatel, Georges Brassens, vedette Ă  la une, Ă©ditions Saint-Germain-des-prĂ©s, 1972
  • AndrĂ© SĂšve, Brassens : toute une vie pour la chanson, Ă©ditions du Centurion, 1975
  • Jean-François Ferrane et Anne-Marie Gaignaire, Georges Brassens, Ă©ditions Alain Pierson, 1977

Biographies

Études

TĂ©moignages et documents

Bandes dessinées, spectacles

  • Collectif de dessinateurs, Brassens (chansons), Ă©d. Vents d’Ouest, 1996 (ISBN 978-2-86967-546-9).
  • Étienne Davodeau (texte) et David Prudhomme (dessin) adaptent La Tour des Miracles de Georges Brassens, Ă©d. Delcourt, 2003 (ISBN 978-2-84789-014-3).
  • Collectif de dessinateurs, Chansons de Brassens en bandes dessinĂ©es (11 chansons), Ă©d. Petit Ă  petit, 2006 (ISBN 978-2-84949-037-2).
  • Brassens ou la Faucheuse du trottoir, spectacle thĂ©Ăątral et musical, ThhĂ©Ăątre Bourvil - Paris 11Ăšme, 2006
  • Brassens, Brel, FerrĂ© ou l'Interview de RenĂ©-François Cristiani, Mise en scĂšne de Aurore Ly, avec Erwan Courtioux, Alain Lagneau, Alain Pretin, Gildas Loupiac, ThĂ©Ăątre contemporain, Le Funambule - Paris, 2008[68]. Ce spectacle montĂ© en violation du droit d'auteur a Ă©tĂ© interdit[69].

Partitions musicales

  • Anthologie Georges Brassens (recueil de chansons en 5 volumes pour piano, chant), Éditions musicales 57/Universal, 2002.
  • Georges Brassens 1921 1981 - L'Ɠuvre intĂ©grale (191 chansons et poĂšmes en 2 volumes pour piano, chant, guitare), Éditions Capte Note, 2007.

Notes et références

  1. ↑ , 54, rue de l’Hospice, aujourd’hui : 20, rue Georges-Brassens.
  2. ↑ NĂ©e Dagrosa
  3. ↑ Actuellement lycĂ©e Paul-ValĂ©ry
  4. ↑ Parmi les biographies de ses copains d'enfance, on peut citer celle d'Émile Miramont dit Corne d’aurochs, Brassens avant Brassens – De Sùte à l’impasse Florimont ou Victor Laville, Christian Mars, Brassens, Le Mauvais sujet repenti.
  5. ↑ CitĂ© par Martin Monestier, Pierre Barlatier, Brassens, le livre du souvenir, Ă©d. Tchou, 2006, page 35.
  6. ↑ Ibidem, page 36.
  7. ↑ Certaines sources indiquent qu'il aurait Ă©copĂ© de quinze jours avec sursis, d'autres d'un an avec sursis.
  8. ↑ 173, rue d’AlĂ©sia.
  9. ↑ Expression populaire pour : Ă  la lĂ©gĂšre.
  10. ↑ Du 6 au 21 mars 1944. Dates mentionnĂ©es sur sa fiche de contrĂŽle de permissionnaire, visĂ©e Ă  Paris IXe, datĂ©e du 9 mars 1944.
  11. ↑ Martin Monestier et Pierre Barlatier, Brassens, le livre du souvenir, Ă©d. Tchou, 2006, page 56.
  12. ↑ Brassens a connu Émile Miramont Ă  9 ans, Ă  l'Ă©cole communale de SĂšte. Brassens l'a surnommĂ© « Corne de roc Â» puis « Corne d'aurochs Â», pour mieux l’accorder avec le parti prĂ©historique. Il utilisera ce sobriquet pour le titre de la chanson vengeresse composĂ©e au sujet de son abandon.
  13. ↑ Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar Â», Ă©d. Fayard/Chorus, 2006, page 91.
  14. ↑ Aujourd'hui Le Monde libertaire.
  15. ↑ Une lettre au maire de SĂšte pour s'Ă©mouvoir de l'orthographe Pupchen.
  16. ↑ TĂ©moignage de Pierre OntĂ©niente recueilli par Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar Â», Ă©d. Fayard/Chorus, 2006, page 91.
  17. ↑ 13-15 rue du Mont Cenis.
  18. ↑ TĂ©moignage de Patachou recueilli par Victor Laville et Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, Ă©d. L’Archipel, 2006, page 136.
  19. ↑ Il s’agit du sixiĂšme 78 tours deux titres de Georges Brassens. Sous le titre Le Parapluie, la premiĂšre Ă©dition mentionne : du film Rue de l’Estrapade. La deuxiĂšme Ă©dition ajoute : Grand prix du disque 1954 « AcadĂ©mie Charles Cros Â». La chanson Le Fossoyeur est gravĂ©e sur l’autre face (Polydor – 560.436).
  20. ↑ voir Discographie / Reprises
  21. ↑ Titre original : Complainte du petit cheval blanc.
  22. ↑ Titre original : L’Amour marin.
  23. ↑ Emission Le Ring, LCI, 16 mars 2011.
  24. ↑ Contre toute attente, la chanson Les Lilas, composĂ©e lors de cette aventure cinĂ©matographique, n’est pas chantĂ©e dans le film. Par ailleurs, on entend, en valse musette, une musique qui sera utilisĂ©e en 1960 pour Embrasse-les tous (relevĂ© dans l’article de Philippe Lucas paru dans le numĂ©ro spĂ©cial de la revue Les Amis de Georges consacrĂ© au film Porte des Lilas).
  25. ↑ Voir Bibliographie/Les trois premiers ouvrages consacrĂ©s Ă  Georges Brassens.
  26. ↑ Hommage Ă  Paul Fort, 45 tours, Philips (MEDIUM 432.556 BE). Un 33 tours, sera Ă©ditĂ© en 1972, pour le centiĂšme anniversaire de sa naissance (voir discographie/Autres enregistrements).
  27. ↑ sauf le 7 dĂ©cembre 1965, pour une soirĂ©e au profit de Serge Lama, victime d’un accident de la route.
  28. ↑ CitĂ© par GĂ©rard Lenne, Georges Brassens, le vieil indien, Ă©d. Albin Michel, 2001, page 62.
  29. ↑ TĂ©moignage de Pierre OntĂ©niente in, Brassens, le regard de Gibraltar, Fayard/Chorus, 2006, pages 174-175.
  30. ↑ Extrait du Journal de A Ă  Z sur Brassens de RenĂ© Fallet, in Brassens, Ă©d. DenoĂ«l, octobre 2005, page 128.
  31. ↑ 45 tours de la bande originale du film Les Copains, orchestre dirigĂ© par AndrĂ© Girard, Philips (437.004 BE), novembre 1964.
  32. ↑ Le 23 novembre 1960, la chanteuse avait reçu le Grand Prix du disque de l'AcadĂ©mie Charles-Cros pour l'album, Barbara chante Brassens.
  33. ↑ Ils s’étaient dĂ©jĂ  rencontrĂ©s une premiĂšre fois en 1960 ; Brassens Ă©tait venu le voir au thĂ©Ăątre de l'Étoile Ă  Paris.
  34. ↑ TĂ©moignage de Pierre OntĂ©niente in, Brassens, le regard de Gibraltar, Fayard/Chorus, 2006, pages 197.
  35. ↑ Immeuble « Le MĂ©ridien Â», 7-9 rue Émile-Dubois, XIVe.
  36. ↑ EnregistrĂ©, ce spectacle sera Ă©ditĂ© trente ans plus tard (voir Discographie/Enregistrements publics).
  37. ↑ CitĂ© par Jean-Paul LiĂ©geois in, Georges Brassens - ƒuvres complĂštes, coll. Voix publiques, Ă©d. Le Cherche-Midi, mars 2007, page 633.
  38. ↑ Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, Ă©d. l’Archipel, 2006, page 188.
  39. ↑ Maison situĂ©e au 42, rue Santos-Dumont.
  40. ↑ La chanson a Ă©tĂ© Ă©ditĂ©e sur un 45 tours deux titres chez Philips (6009 007) 1968.
  41. ↑ Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar Â», Ă©d. Fayard/Chorus, 2006, page 264.
  42. ↑ EnregistrĂ©, un disque est commercialisĂ© sur les territoires anglais et français. Ce sera le seul enregistrement public Ă©ditĂ© du vivant du chanteur (voir Discographie/Enregistrements publics).
  43. ↑ AprĂšs sa mort, Jean Bertola acceptera de les chanter. L’album sera un succĂšs commercial et sera rĂ©compensĂ© par l’AcadĂ©mie Charles-Cros.
  44. ↑ Les SĂ©tois le dĂ©signent comme « le cimetiĂšre des pauvres Â». Il est surnommĂ© « le ramassis Â». À dĂ©faut de dominer la MĂ©diterranĂ©e, il donne sur l'Ă©tang de Thau.
  45. ↑ JT du 30 octobre 1981
  46. ↑ Agrandir la photo de la tombe.
  47. ↑ "Brassens : les cas tombent" sur lesmotsontunsens.com
  48. ↑ "Chanter peut ĂȘtre un dĂ©lit" sur lepoint.fr
  49. ↑ Brassens chante en duo sur le titre : Maman, Papa.
  50. ↑ M. PujadĂł a Ă©galement traduit le roman de Brassens, La Tour des miracles - La torre dels miracles, ed. PĂČrtic, 1989.
  51. ↑ Lorsqu'il a francisĂ© son nom, Moustaki a choisi le prĂ©nom de Georges par admiration pour Brassens.
  52. ↑ DiffusĂ© le 19 novembre 1977 sur TF1. RĂ©alisation : Marion Sarraut.
  53. ↑ Site du festival IntĂ©grale Brassens
  54. ↑ Site du festival
  55. ↑ Le fac-similĂ© du manuscrit est paru dans le livre d’AndrĂ© Larue (l’ami de Basdorf), Brassens, une vie, coll. Ma vie (n° 2), Ă©d. IGE, dĂ©cembre 1982
  56. ↑ Dont le premier titre a longtemps Ă©tĂ© : Lalie Kakamou
  57. ↑ La couverture imite par provocation celles de la maison Gallimard avec l’estampille NFR.
  58. ↑ Maison d’édition crĂ©Ă©e par Jean-Pierre Rosnay, beau-frĂšre du futur Georges Moustaki.
  59. ↑ « Les amis de Georges Â», 13 avenue Pierre Brossolette 94400 Vitry-sur-Seine.
  60. ↑ 2001 et 1991
  61. ↑ Voir aussi une premiĂšre version intitulĂ©e Le prince et le croquenote, Ă©ditions du Rocher, 1988
  62. ↑ AndrĂ© Tillieu a Ă©galement Ă©crit plusieurs ouvrages sur son ami Brassens : Brassens vivant, le succĂšs dans la rupture, avec Paul Louka, 54 pages, 1991, Brassens et la Belgique, Ă©ditions Le veilleur de nuit, 1999, D'affectueuses rĂ©vĂ©rences (recueil de chroniques), Ă©ditions ArthĂ©mus, 2000, En cassant la graine avec Georges Brassens (rĂ©unions rue Santos-Dumont, 21 pages), Ă©ditions Le veilleur de nuit, 2000, Georges Simenon et Georges Brassens (art. in revue), Les Amis de Simenon, 2003, La morale de Georges Brassens, (Les grands thĂšmes de ses chansons), 30 pages, Ă©ditions Le veilleur de nuit, 2001, L'Ă©pistolier de Montparnasse (plaquette, 50 exemplaires), Ă©ditions Le veilleur de nuit, 2002, Les prĂ©faces de Georges Brassens, (50 prĂ©faces donnĂ©es par Brassens Ă  des artistes amis, 57 pages), Zizique Éditions, 2000, Un petit coin du PanthĂ©on poĂ©tique de Georges Brassens (les poĂštes qu'il aimait, tirage limitĂ©), Ă©ditions Le Veilleur de nuit, 2001
  63. ↑ Bousquet
  64. ↑ Voir aussi son autre ouvrage Introduction Ă  l'aspect politique de l'Ɠuvre de Brassens, UniversitĂ© de Laval, septembre 1985, Martine Sarrazin
  65. ↑ Livre-album Ă©ditĂ© en hommage Ă  Éric Zimmermann, 240 pages avec des documents inĂ©dits et des photos de JosĂ©e Stroobants, photographe personnelle de Brassens, et Georges et Jeanne
  66. ↑ Voir aussi son autre livre : Brassens ou la chanson d'abord, Albin Michel, aoĂ»t 1991
  67. ↑ Photographe attitrĂ©e et amie de Georges Brassens.
  68. ↑ Le 6 janvier 1969, animĂ©e par François-RenĂ© Cristiani et photographiĂ©e par Jean-Pierre Leloir, co-fondateur du magazine 'Rock & Folk', a eu lieu la cĂ©lĂšbre interview, dialogue entre Georges Brassens, Jacques Brel et LĂ©o FerrĂ©, autour d'une table pendant deux heures. À l'aide des bandes-son et des documents Ă©crits, Aurore Ly a adaptĂ© cette interview pour 1h15 de scĂšne Ă  travers les chansons et l'art, et des thĂšmes comme l'anarchie, la religion, les femmes...
  69. ↑ Lien vers le site du thĂ©Ăątre Montansier et le document de jugement.

Voir aussi

  • Exposition du 15 mars au 21 aoĂ»t 2011 : « Georges Brassens ou la libertĂ© Â», Ă  la CitĂ© de la musique Ă  Paris ; Joann Sfar Ă©tait le commissaire de l’exposition.
  • Exposition Ă  l'Espace Georges Brassens de SĂšte.
  • Les journĂ©es Georges Brassens 2011, samedi 8 et dimanche 9 octobre, Parc Georges Brassens, manifestation organisĂ©e par l'ACE 15 Association Culturelle et ÉvĂ©nementielle du XVe arrondissement de Paris avec le soutien de la Mairie du XVe et du MinistĂšre de la Culture.
  • Prix littĂ©raire Georges Brassens

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