George III Du Royaume-Uni

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George III Du Royaume-Uni

George III du Royaume-Uni

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George III
Roi du Royaume-Uni
George III in Coronation Robes.jpg
George III en habit de couronnement

Règne
25 octobre 1760 ‚Äď 29 janvier 1820
Couronnement 25 octobre 1760
Dynastie Maison de Hanovre
Prédécesseur George II
Successeur George IV

Autres fonctions
Electeur de Hanovre puis Roi de Hanovre
Période
25 octobre 1760 - 29 janvier 1820
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Biographie
Nom de naissance George Guillaume Frédéric de Hanovre
Naissance 4 juin 1738
Décès 29 janvier 1820
Père Frederick, prince de Galles
Mère Augusta de Saxe-Gotha
Consort(s) Charlotte de Mecklembourg-Strelitz

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Monarques du Royaume-Uni

George III (George William Frederick) (n√© le 4 juin 1738 et d√©c√©d√© le 29 janvier 1820) fut roi du Royaume-Uni et roi d'Irlande (1760‚Äď1801), puis roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande (1801‚Äď1820). Il fut √©galement √©lecteur de Hanovre (1760‚Äď1814), puis roi de Hanovre (1814‚Äď1820). Tr√®s populaire en Grande-Bretagne, il fut surnomm√© "Farmer George" ("George le fermier").

Il fut le premier souverain du Royaume-Uni de la Maison de Hanovre √† utiliser comme premi√®re langue l'anglais, et il ne se rendit jamais en Allemagne. Sous le r√®gne de George III, la Grande-Bretagne perdit plusieurs de ses colonies en Am√©rique du Nord √† la suite de la Guerre d'Ind√©pendance am√©ricaine. Ces colonies deviendront plus tard les √Čtats-Unis. Cependant, il obtint le Canada (Nouvelle-France) √† la suite de la guerre de Sept Ans. En outre, sous son r√®gne, l'Irlande fut unie au Royaume-Uni (1er janvier 1801). George III fut atteint d'une ali√©nation mentale r√©currente puis permanente. √Ä cette √©poque, les m√©decins furent impuissants devant la maladie du roi. De nos jours, on pense que Georges III souffrait de porphyrie (maladie du sang). Des √©tudes r√©centes, ont mis au jour un fort taux d'arsenic dans les cheveux de George III, cette substance toxique a pu √™tre la cause des probl√®mes de sant√© mentale et physique du roi. Notons cependant que, comme pour Napol√©on Ier, on pr√™tait √† l'√©poque √† l'arsenic le pouvoir d'entretenir la chevelure. Pour peu que le roi - comme le futur empereur - soign√Ęt sa chevelure par ce moyen, ceci expliquerait cela...

Apr√®s une rechute finale, son fils a√ģn√© George, prince de Galles, assura la r√©gence et succ√©da √† son p√®re en 1820 sous le nom de George IV.

Sommaire

Enfance

George naquit pr√©matur√©ment le 4 juin 1738 √† Norfolk House, √† Londres. Son p√®re, le prince Frederick, prince de Galles, √©tait le fils du roi George II de Grande-Bretagne et de la margravine Caroline d'Ansbach. Sa m√®re, la princesse Augusta de Saxe-Gotha, √©tait la fille du duc Fr√©d√©ric II de Saxe-Gotha et de la princesse Magdalena Augusta d'Anhalt-Zerbst.

George Guillaume Fr√©d√©ric fut baptis√© le 4 juillet 1738 √† Norfolk House par l'√©v√™que d'Oxford, Thomas Secker. Ses parrains furent le roi Fr√©d√©ric Ier de Su√®de et le duc Fr√©d√©ric III de Saxe-Gotha. Sa marraine fut la princesse Sophie-Doroth√©e de Hanovre.

Enfant, George Guillaume Frédéric jouissait d'une bonne santé, mais il fut détesté par son père qui montrait peu d'intérêt pour ses enfants.

En 1751, son p√®re d√©c√©da d'une maladie des poumons, et George Guillaume Fr√©d√©ric devint l'h√©ritier du tr√īne de Grande-Bretagne, et √©lev√© au rang de duc d'√Čdimbourg, titre ayant appartenu √† son p√®re. En 1751, George II de Grande-Bretagne, son grand-p√®re, le fit prince de Galles. En 1759, George Guillaume Fr√©d√©ric tomba √©perdument amoureux de Sarah Lennox, mais John Stuart, comte de Bute lui conseilla d'abandonner ses projets de mariage avec la fille de Charles Lennox, duc de Richmond. Il √©crivit : ¬ę Je suis d√©sign√© pour le bonheur et la mis√®re d'un grand peuple ¬Ľ, ¬ę et par cons√©quent je dois agir contrairement √† ma passion ¬Ľ. Il refusa une union avec Sophie Caroline de Brunswick-Wolfenb√ľttel.

Règne

George monta sur le tr√īne le 25 octobre 1760, apr√®s le d√©c√®s de son grand-p√®re le roi George II. Son r√®gne fut marqu√© par :

Mariage

Sophie Charlotte de Meklembourg-Strelitz, épouse de George III

Le 8 septembre 1761, George III √©pousa en la chapelle du palais St. James, la duchesse Sophie Charlotte de Mecklemburg-Strelitz, fille de Charles Ier de Mecklembourg-Strelitz). Contrairement √† ses pr√©d√©cesseurs, il n'eut pas de liaison extraconjugale. George III et Sophie Charlotte de Mecklemburg-Strelitz furent un couple uni.

Enfants de George III

  1. George IV du Royaume-Uni (1762‚Äď1830)
  2. Frederick (duc d'York et Albany) (16/08/1763-05/01/1827) Fr√©d√©rick-Augustus, comte d'Ulster, Prince Ev√™que d'Osnabr√ľck √©pousa le 28/09/1791 Fr√©d√©rique de Prusse (1767-1820) (fille de Fr√©d√©ric-Guillaume II de Prusse), sans post√©rit√©
  3. Guillaume IV du Royaume-Uni (1765-1837)
  4. Charlotte Augusta Mathilde (1766-1828) épousa en 1797 Frédéric Ier de Wurtemberg
  5. Edward Augustus (1767‚Äď1820)
  6. Augusta (1768-1840), célibataire
  7. Elisabeth (1770-1840) épousa en 1818 Frédéric VI landgrave de Hesse-Hombourg
  8. Ernest-Auguste Ier de Hanovre (1771‚Äď1851)
  9. Augustus-Frédérick (1773-1843), duc de Sussex épousa en 1re noces en 1793 Augusta Murray; 2 enfants, mariage annulé en 1804; épousa en 2e noces en 1831 Cécile duchesse d'Inverness; sans postérité
  10. Adolphus-Fr√©d√©rick (1774-1850), duc de Cambridge et comte de Tipperary et baron Culloden √©pouse le 01/06/1818 : Augusta fille de Fr√©d√©ric landgrave de Hesse-Cassel-Rumpenheim dont 3 enfants
  11. Mary (1776-1857) √©pouse en 1816 : William, duc de Gloucester
  12. Sophia Mathilde (1777-1848), célibataire
  13. Octavius (1779-1783)
  14. Alfred (1780-1782)
  15. Amelia (1783-1810); célibataire

Les premières années du règne de George III

Les premières années du règne de George III furent marquées par une instabilité politique, émanant en grande partie du désaccord survenu après la Guerre de Sept Ans. Le favoritisme que montra George III envers les conservateurs poussa les libéraux à dénoncer George III comme autocrate, comme le fut accusé jadis Charles Ier d'Angleterre. En 1762, George III remplaça le gouvernement libéral de Thomas Pelham-Holles, duc de Newcastle par un gouvernement conservateur dirigé par John Stuart (3e comte de Bute).
En 1763, apr√®s la signature du Trait√© de Paris (10 f√©vrier 1763), John Stuart d√©missionna, il fut remplac√© par le lib√©ral George Grenville. Cette m√™me ann√©e, George III publia la proclamation royale qui interdisait l'expansion vers l'ouest des colonies am√©ricaines pour ne pas froisser les Am√©rindiens. Cette proclamation fut tr√®s impopulaire aupr√®s des Am√©ricains, elle provoqua de graves dissensions entre les colons et le gouvernement britannique. En 1765, George Grenville cr√©a la loi du timbre, loi qui donnait un droit de pr√©l√®vement sur tous les documents britanniques en Am√©rique du Nord. Le roi s'exasp√©rant des tentatives de George Grenville pour r√©duire ses pr√©rogatives, il tenta vainement de persuader William Pitt l'A√ģn√© d'accepter le poste de Premier ministre. Apr√®s un bref ennui de sant√© qui pr√©sageait les maladies √† venir, George III s'arrangea pour √©carter George Grenville et former avec le lib√©ral Charles Watson-Wentworth, marquis de Rockingham un nouveau gouvernement. Charles Watson-Wentworth avec l'appui de George III abrogea le loi tr√®s impopulaire du timbre, mais son gouvernement fut faible. En 1766, William Pitt l'A√ģn√© lui succ√©da et fut cr√©√© comte de Chatham. Les actions de William Pitt et de George III furent si populaires en Am√©rique que des statues des deux hommes furent √©rig√©es √† New York. William Pitt tomba en disgr√Ęce en 1767 et fut remplac√© par Augustus FitzRoy (3e duc de Grafton).
En 1770, ce gouvernement fut remplac√© par les Tories. Le gouvernement du Premier ministre Frederick North apporta beaucoup de m√©contentement en Am√©rique. Pour apaiser l'opinion am√©ricaine, la plupart des droits de douane furent supprim√©s, except√©s les taxes sur le th√©. A Boston, en 1773, √† des fins de protestation politique, une foule jeta dans le port 342 caisses de th√© (cet √©v√®nement est connu sous le nom de ¬ęBoston Tea Party¬Ľ). En Grande-Bretagne, l'opinion publique se durcissant √† l'encontre des colons, William Pitt et Fr√©dric North d'un commun accord d√©clar√®rent la destruction des caisses de th√© comme un acte certainement criminel. Fr√©d√©ric North pr√©senta d√©s lors des lois punitives, connues par les colons sous le nom de Lois coercitives ou Lois intol√©rables. L'activit√© du port de Boston fut arr√™t√©e, les √©lections l√©gislatives dans la colonie du Massachusetts furent suspendues.

Les √©v√®nements d√©taill√©s des ann√©es 1763 √† 1775 tendent √† disculper George III sur sa responsabilit√© envers la Guerre d'ind√©pendance des √Čtats-Unis d'Am√©rique.

La Guerre d'Indépendance américaine

La Guerre d'Ind√©pendance am√©ricaine, d√©buta en avril 1775, par un conflit arm√© opposant les militaires de carri√®re britanniques aux miliciens coloniaux en Nouvelle-Angleterre. Un mois plus tard, les d√©l√©gu√©s des treize colonies britanniques r√©dig√®rent une proposition de paix connue sous le nom de P√©tition de la branche d'olivier, Londres la rejeta. pr√©textant que la guerre √©tait d√©j√† d√©clar√©e. Le 4 juillet 1776, les colonies se d√©clar√®rent ind√©pendantes de la Couronne britannique et devinrent une nouvelle nation (les √Čtats-Unis d'Am√©rique). La D√©claration d'Ind√©pendance des √Čtats-Unis fut une longue liste de r√©clamations contre le roi de Grande-Bretagne, la l√©gislature et le peuple britannique. Parmi les griefs retenus contre Georges III cette d√©claration mentionn√©e : ¬ę Il a abandonn√© le gouvernement des colonies. Il a pill√© nos mers, ravag√© nos c√ītes, br√Ľl√© nos villes et d√©truit les vies de nos compatriotes ¬Ľ. A cette nouvelle, Georges III fut indign√©.

Pendant cette Guerre d'Ind√©pendance, les Britanniques prirent New York (1776), ils √©labor√®rent une strat√©gie dans le but de prendre le Canada, mais ils √©chou√®rent dans cette entreprise suite √† la reddition du g√©n√©ral John Burgoyne lors de la bataille de Saratoga en septembre et octobre 1777. Le 6 f√©vrier 1778, la France, principale adversaire de la Grande-Bretagne signa un trait√© d'amiti√© avec les √Čtats-Unis. Fr√©d√©ric North demanda la remise des affaires politiques √† William Pitt qu'il pensait plus apte. Georges III refusa cette proposition √† William Pitt et lui demanda de se mettre au service de Fr√©d√©ric North, William Pitt refusa cette offre, il d√©c√©da quelques mois plus tard. La Grande-Bretagne √©tait alors en guerre contre la France, puis en 1779 contre l'Espagne.

George III s'obstina dans cette guerre engag√©e contre les colons d'Am√©rique du Nord, en d√©pit des conseils de ses ministres, Granville-Levenson-Gower et Thomas Thynne indign√©s d'√™tre m√™l√©s √† cette guerre d√©missionn√®rent du gouvernement. Fr√©d√©ric North partagea l'avis de ses coll√®gues, mais demeura au gouvernement. George III finit par abandonner l'espoir de soumettre l'Am√©rique par des troupes puissamment arm√©es, mais, plus important, il ne put se r√©soudre √† reconna√ģtre l'ind√©pendance des Am√©ricains et, pour les punir, il leur promit une guerre √©ternelle. Son plan fut de conserver 30 000 hommes de garnison stationn√©s √† l'√ģle de Rhodes Island, √† New-York, au Canada et en Floride, d'autres forces attaqueraient les Fran√ßais et les Espagnols en Indes occidentales. Pour punir les Am√©ricains, George III projeta de d√©truire leur commerce, bombarder leurs ports, br√Ľler les villes situ√©es le long des c√ītes (comme dans le Connecticut), pousser les Indiens √† attaquer les civils aux fronti√®res. Ces op√©rations, pensa George III inspireraient les loyalistes, briseraient le Congr√®s, un continuel harc√®lement appauvrirait les rebelles, jusqu'au jour o√Ļ le m√©contentement et la d√©ception se changeraient en remords et en p√©nitence. Ce jour l√†, les rebelles supplieront pour revenir au sein du royaume britannique. Ce plan signifiait la mort pour les loyalistes, la prolongation d'une guerre co√Ľteuse, le risque d'un d√©sastre pendant que les Fran√ßais et les Espagnols r√©uniraient une armada pour envahir les √ģles britanniques et sa capitale.

En 1781, la nouvelle de la reddition de Charles Cornwallis au si√®ge de Yorktown arriva √† Londres. En 1782, apr√®s avoir dissuad√© le roi d'abdiquer, Fr√©d√©ric North pr√©senta sa d√©mission √† George III. Finalement, le roi accepta la d√©faite en Am√©rique du Nord et autorisa l'ouverture des n√©gociations de paix. Le trait√© de Paris et le trait√© de Versailles sign√© le 3 septembre 1783 qui mirent un terme √† la Guerre d'Ind√©pendance am√©ricaine furent ratifi√©s en 1783. L'ancien trait√© pr√©voyait la reconnaissance des √Čtats-Unis par la Grande-Bretagne, la cession de la Floride √† l'Espagne, la garantie d'acc√®s pour les p√™cheurs fran√ßais sur l'√ģle de Terre-Neuve. En 1785, John Adams fut nomm√© ambassadeur des √Čtats-Unis en Grande-Bretagne. Georges III se r√©signa concernant les nouveaux rapports entre son pays et les √Čtats-Unis, il dit √† John Adams : ¬ę Je serai le premier pour reconna√ģtre l'amiti√© des √Čtats-Unis et sa puissance ind√©pendante ¬Ľ.

Lutte constitutionnelle

Apr√®s l'effondrement du minist√®re North en 1782, Charles Watson-Wentworth devint, en mars 1782 Premier ministre pour la seconde fois, mais il d√©c√©da le 1er juillet 1782. William Petty FitzMaurice lui succ√©da, mais Charles James Fox refusa de servir sous le minist√®re Schelburne et exigea la nomination de William Cavendish-Bentinck, duc de Portland. Sous la pression de la Chambre des Communes, Schelburne et son gouvernement furent remplac√©s par la coalition Fox-North (1782). William Cavendish-Bentinck fut donc nomm√© Premier ministre, mais ne fut qu'un pr√™te-nom. Charles James Fox re√ßut le portefeuille de ministre des Affaires √©trang√®res (1782 √† 1783), Fr√©d√©ric North fut nomm√© secr√©taire d'√Čtat.

Ministère Portland

George III fut tr√®s afflig√© de nommer des ministres pour qui il ne ressentait aucune sympathie. Mais le minist√®re Portland acquis rapidement la majorit√© √† la Chambre des Communes, il pouvait, dans ce cas √™tre difficilement limog√©. George III fut extr√™mement contrari√©, lorsque le gouvernement lui pr√©senta le rapport concernant l'Inde, qui proposait de r√©former le gouvernement de l'Inde en transf√©rant la puissance politique √† partir de la Compagnie Indienne de l'Est aux commissaires parlementaires. Apr√®s le vote de la Chambre des Communes, George III autorisa George Nugent-Temple, 1er marquis de Buckingham, √† informer la Chambre des Lords qu'il consid√©rait n'importe quel pair qui a vot√© pour ce rapport comme son ennemi. Le rapport fut rejet√© par les lords , trois jours plus tard, le minist√®re Portland fut d√©mis de ses fonctions. William Pitt le Jeune fut nomm√© Premier ministre avec pour secr√©taire d'√Čtat George Nugent-Temple. Le 17 novembre 1783, le Parlement vota une condamnation concernant l'influence que d√©tenait le souverain dans le vote parlementaire comme ¬ę un grand crime ¬Ľ et William Pitt le Jeune et George Nugent-Temple furent dans l'obligation de d√©missionner. Le d√©part du secr√©taire d'√Čtat d√©stabilisa le gouvernement durant les trois mois suivant et perdit sa majorit√©, le Parlement fut dissous ; Dans cette nouvelle √©lection, William Pitt trouva la stabilit√© politique.

Ministère Pitt

Pour George III, la nomination de William Pitt le Jeune au poste de Premier ministre fut une grande victoire, le roi démontra qu'il détenait toujours le pouvoir de nommer des Premiers ministres sans l'aide d'un groupe parlementaire. Pendant toute la durée du ministère Pitt, George III soutint plusieurs de ses objectifs politiques. Pour venir en aide à William Pitt, le roi créa de nouveaux pairs. Un grand nombre de ces nouveaux pairs ont envahi la Chambre des Lords et permit à William Pitt de maintenir une majorité ferme. Pendant la durée du ministère Pitt, George III fut extrêmement populaire. Le peuple soutint les explorations dans l'océan Pacifique demandées par le roi. George III apporta également son aide à l'Académie royale avec de grandes concessions faites sur ses fonds privés. Le peuple britannique eut beaucoup d'admiration pour la fidélité de George III envers son épouse, ce qui le différenciait de ses prédécesseurs. De grandes avances furent faites dans le domaine de la science et de l'industrie.

Cependant, la sant√© du roi George d√©clinait. Il √©tait atteint d'une maladie mentale, qui de nos jours nous fait penser aux sympt√īmes de la porphyrie. Une √©tude sur les m√®ches de cheveux de George III indique un fort taux d'arsenic, qui fut peut-√™tre le d√©clencheur de cette pathologie. Le roi eut un bref acc√®s de la maladie en 1765, puis en 1788, cette indisposition fut plus longue. Son √©tat de sant√© empira: il √©tait alors gravement atteint, parlant pendant de longues heures sans s'arr√™ter. De fausses histoires circul√®rent au sujet de la maladie du roi, telle que celle o√Ļ il r√©clama de serrer la main √† un arbre dans la croyance erron√©e qu'il s'agissait du roi de Prusse. En novembre 1788, lors de la convocation du Parlement, le roi ne put, comme c'√©tait l'usage, communiquer l'ordre du jour pour la prochaine session l√©gislative. Selon l'usage ancestral, le Parlement ne pouvait commencer ses travaux sans le discours du roi au tr√īne. Le Parlement ignora la coutume et commen√ßa ses travaux. Charles James Fox et William Pitt discut√®rent sur les limites autoris√©es pour gouverner pendant la maladie d'un souverain. Bien que les deux parties aient convenu qu'il serait plus judicieux que le fils a√ģn√© de Georges III, h√©ritier du tr√īne, prince de Galles puisse assurer la r√©gence, ils furent en d√©saccord concernant les r√®gles de celle-ci. Charles James Fox consid√©rait que c'√©tait au prince de Galles d'assurer la r√©gence au nom de son p√®re malade ; William Pitt arguait qu'il √©tait pr√©f√©rable que ce fut le Parlement qui d√©signa le r√©gent. Des d√©marches retard√®rent la r√©union du Parlement. Celui-ci r√©clamant l'ouverture de la session par le roi, aucune autorit√© ne put obtenir la r√©union du Parlement. William Pitt proposa une solution bas√© sur une obscure fiction : le souverain pourrait d√©l√©guer plusieurs de ses fonctions aux Lords commissaires par lettres patentes valid√©es par cachet en pr√©sence des Lords commissaires, le Chancelier apposerait son scell√© sans le consentement du roi. Bien qu'une telle action soit ill√©gale, il ne serait pas possible de remettre en cause la validit√© de ces lettres patentes. Le cachet serait valid√© devant les membres du tribunal. Le prince Frederick, duc d'York et Albany, second fils de George III d√©non√ßa la proposition de William Pitt comme ¬ę inconstitutionnelle et ill√©gale ¬Ľ. N√©anmoins, les Lords commissaires furent nomm√©s et le Parlement ouvrit la session. En f√©vrier 1789, par acte, le Conseil de r√©gence autorisa le prince de Galles √† agir en tant que prince R√©gent. Il fut introduit et pr√©sent√© √† la Chambre des Communes. Mais avant que la Chambre des Lords eussent pu pr√©senter le projet de loi, la sant√© de George III s'am√©liora gr√Ęce au traitement propos√© par le docteur Francis Willis. Le roi confirma la validit√© des actions des Lords commissaires, le souverain reprit la direction du gouvernement.

Révolution française et Guerres napoléoniennes

La Révolution française et l'entrée en guerre

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Apr√®s l'am√©lioration de l'√©tat de sant√© de George III, sa popularit√© et celle de son Premier ministre William Pitt furent consid√©rablement accrues aux d√©pens de Fox et du prince de Galles, qui ha√Įssait son p√®re. L'abolition de la monarchie lors de la R√©volution fran√ßaise (21 septembre 1792) inqui√©ta les propri√©taires fonciers britanniques. En 1793, la Grande-Bretagne d√©clara la guerre √† la France r√©volutionnaire et George III fut le symbole de la r√©sistance britannique. Il accorda √† William Pitt l'augmentation des imp√īts, le recrutement en masse pour le service dans les arm√©es, la suspension du privil√®ge de l'Habeas Corpus dans la pr√©paration de la guerre.

La pr√©paration britannique aussi bonne soit-elle, la France demeura la plus forte. La premi√®re coalition fut d√©faite par l'arm√©e r√©volutionnaire fran√ßaise en 1797. La deuxi√®me coalition fut d√©faite en 1802. La Grande-Bretagne cessa le combat avec Napol√©on Bonaparte. Peu avant, une tentative d'assassinat sur la personne de George III eut lieu le 15 mai 1800. Cette tentative d'assassinat n'√©tait pas motiv√©e par la politique mais plut√īt due √† un fanatisme religieux : James Hardfield tira sur George III dans une ruelle o√Ļ se situait le th√©√Ętre de Drury au moment o√Ļ √©tait chant√© l'hymne God Save the King.

Insurrection irlandaise

Une br√®ve accalmie des hostilit√©s permit √† William Pitt de concentrer ses efforts sur l'Irlande o√Ļ en 1798 un soul√®vement eut lieu. La soci√©t√© des Irlandais-Unis provoqua ce soul√®vement irlandais, les chefs en furent Wolfe Tone (1763-1798) et lord Edward FitzGerald (1763-1798). Ceux-ci avaient demand√© et obtenu la promesse d'une aide de la France r√©volutionnaire, ce qui pour le Royaume-Uni se r√©v√©la extr√™mement dangereux. William Pitt comprit tr√®s vite qu'il fallait pacifier tr√®s rapidement l'Irlande. Une seule mani√®re pu √™tre envisag√©e, la protection de l'Irlande contre l'autorit√© du Parlement de Dublin, o√Ļ seule une minorit√© de protestants expriment leurs int√©r√™ts. Le Parlement britannique vota donc l'Acte d'Union en 1800. Le 1er janvier 1801, l'Irlande fut unie √† la Grande-Bretagne, connue depuis sous le nom de Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d‚ÄôIrlande, ce qui permit √† cent d√©put√©s irlandais de si√©ger √† la Chambre des Communes et √† trente-deux Lords irlandais de si√©ger √† la Chambre des Lords √† Londres.

Le 1er janvier 1801 George III abandonna la r√©clamation du tr√īne de France, que les souverains anglais et britanniques avaient maintenu depuis √Čdouard III d'Angleterre. On sugg√©ra √† George III d'adopter le titre d'¬ę empereur des Britanniques et des dominions hanovriens ¬Ľ, mais il refusa cette proposition. A.G. Stapleton √©crivit : ¬ę [George III estimait] que sa vraie dignit√© consistait en son existence connue en Europe et le monde par un style appropri√© et incontest√© appartenant √† la Couronne britannique ¬Ľ.

Parmi les √©l√©ments figurant dans la politique de William Pitt concernant l'Irlande, le Premier ministre britannique eut pour projet de supprimer certaines incapacit√©s l√©gales frappant les catholiques romains apr√®s l'Acte d'Union (√©mancipation des catholiques irlandais). Mais William Pitt ne put imposer son projet : Georges III refusa cat√©goriquement arguant que l'√©mancipation des catholiques serait une violation de son serment fait le jour de son couronnement, serment qui stipulait le maintien du protestantisme dans le royaume. Est-ce que roi, ¬ę j'ai la puissance sur la terre de m'affranchir de l'observance de chaque phrase de ce serment, en particulier celui qui exige de moi de maintenir la religion r√©form√©e protestante ? ... Non, non je pr√©f√©rais qu√©mander mon pain √† la porte de l'Europe, que consentir √† cette mesure. Je peux abandonner ma couronne et me retirer du pouvoir. Je peux quitter mon palais et vivre dans une maison. Je peux poser ma t√™te sur un billot et perdre ma vie, mais je ne peux casser mon serment ¬Ľ. Confront√© au refus du roi d'adopter les r√©formes religieuses concernant les Irlandais catholiques, William Pitt mena√ßa de d√©missionner.

Nouveaux gouvernements

Le 14 mars 1801, William Pitt se retira, il fut remplac√© par Henry Addington (1757-1844), William Pitt demeura en qualit√© de conseiller priv√©. Le minist√®re Addington ne proc√©da √† aucune r√©forme. Malgr√© la demande par le peuple d'une action forte en Europe, Henry Addington ne respecta pas ses engagements. En octobre 1801, il signa la paix avec les Fran√ßais, le 25 mars 1802, il signa le trait√© de paix d'Amiens.

George III ne consid√©ra jamais la paix avec la France comme une r√©alit√© ; pour lui c'√©tait ¬ę une exp√©rience ¬Ľ. En mai 1803, les deux nations sont √† nouveau en guerre.

Deuxième ministère Pitt

En 1804, nouvel acc√®s de la maladie de George III ; apr√®s son r√©tablissement, le roi d√©couvrit la m√©fiance de l'opinion publique envers son Premier ministre dans la fa√ßon de conduire la nation √† la guerre, il rappela William Pitt au poste de Premier ministre. William Pitt d√©sirait nommer Charles James Fox √† son minist√®re, mais George III refusa, le roi d√©testant Charles James Fox qui avait une influence n√©faste sur le prince de Galles. Charles James Fox avait encourag√© le prince de Galles √† mener une vie extravagante et d√©pensi√®re. William Wyndham, seigneur de Grenville per√ßut ce refus comme une injustice √† l'√©gard de Charles James Fox et refusa alors d'entrer au minist√®re Pitt.

William Pitt concentra tous ses efforts √† former une nouvelle coalition avec l'Autriche, la Russie et la Su√®de. La troisi√®me coalition √©choua comme les deux pr√©c√©dentes, elle s'effondra en 1805. Napol√©on Ier pr√©parait l'invasion de la Grande-Bretagne au camp de Boulogne (juillet 1803), Horatio Nelson d√©truisit les flottes fran√ßaises et espagnoles √† Trafalgar le 21 octobre 1805, le Royaume-Uni fut sauv√©. La lutte contre les arm√©es napol√©oniennes eut raison de la sant√© de William Pitt, il d√©c√©da en 1806.

Ministère Grenville

Un cabinet de coalition fut form√© (Whigs et Tories), et il fut dirig√© par le Premier ministre William Wyndham Grenville (1759-1834). Fox fit partie du minist√®re Grenville, le roi se montrant dans une certaine mesure conciliant avec lui. Ce minist√®re ne fut pas tr√®s habile avec l'arm√©e, mais montra une certaine adresse avec la marine, √† laquelle il donna les moyens de riposter au Blocus continental mis en place par Napol√©on Ier le 21 novembre 1806. La flotte britannique d√©truisit les flottes du Blocus continental √† Copenhague (1807), puis elle prit les colonies hollandaises et espagnoles et s'appliqua dans le contr√īle des navires neutres. Apr√®s la mort de Charles James Fox, George III entra en conflit avec le minist√®re. Celui-ci soumit au roi la proposition suivante : permettre aux catholiques romains d'acc√©der √† tous les grades de l'arm√©e britannique. Non seulement George III refusa cette proposition, mais il fit r√©diger par les membres du minist√®re Grenville un accord afin que jamais cette mesure ne soit applicable dans le futur. Les ministres accept√®rent de laisser tomber cette mesure, mais refus√®rent de se lier √† l'avenir.

Ministères Portland et Perceval

En 1807, William Cavendish-Bentinck (3e duc de Portland) fut nomm√© Premier ministre nominal, et il re√ßut alors l'appui du chancelier des Finances Spencer Perceval. Le Parlement fut dissous, et l'√©lection suivante apporta √† la Chambre des Communes une forte avance √† la majorit√©. Ce minist√®re Tory de Portland mena la vie dure √† Napol√©on Ier : les Espagnols s'√©tant soulev√©s contre les Fran√ßais, les Britanniques mirent √† profit cette insurrection et d√©barqu√®rent au Portugal. Ils pouss√®rent alors le g√©n√©ral Junot √† quitter le Portugal.

En 1809, Spencer Perceval fut nommé Premier ministre. Sous ce ministère le Royaume-Uni échoua dans son attaque dirigée contre les Pays-Bas. Arthur Wellesley, victorieux à Talavera en Espagne, fut fait vicomte de Wellington.

Au cours de cette p√©riode, George III ne prit aucune d√©cision importante, et en 1810 il sombra compl√®tement dans la folie, son fils a√ģn√© devenant r√©gent du royaume.

Vie de George III sous la Régence

En 1810, la cataracte atteint les yeux de George III et le rendirent presque aveugle. Sa presque c√©cit√© fut provoqu√©e par la mort de sa plus jeune fille, sa pr√©f√©r√©e, la princesse Am√©lie. L'infirmi√®re charg√© d'apporter les soins au roi rapporta : ¬ę Les sc√®nes de d√©tresse et de pleurs journaliers √©taient tristes au-del√† de la description ¬Ľ. George III avait sombr√© dans une compl√®te et permanente ali√©nation, et fut install√© au ch√Ęteau de Windsor. En 1811, il accepta la loi de R√©gence, la consentit par lui-m√™me aux Lords commissaires. Le prince de Galles assura la r√©gence jusqu'au d√©c√®s de son p√®re.

Ministère Liverpool

Spencer Perceval fut assassin√© en 1812 (il fut le seul Premier ministre britannique victime d'un assassinat). Il fut remplac√© par Robert Jenkinson, 2e comte de Liverpool. Celui-ci soutint l'arm√©e britannique dans sa lutte contre les arm√©es napol√©oniennes et permit de nombreuses victoires dont Waterloo le 18 juin 1815. Le Congr√®s de Vienne (1814) avait √©rig√© le Hanovre en royaume, et l'avait plac√© sous le r√®gne des souverains britanniques. Il lui accordait √©galement d'importants gains territoriaux, et un √©lecteur.

Déclin et mort de George III

De jour en jour la sant√© de George III se d√©grada, atteint de c√©cit√©, il devint sourd. Il ne sut jamais qu'il fut install√© sur le tr√īne de Hanovre en 1814, et il ignora la mort de son √©pouse survenue en 1818. Avant No√ęl 1819, il d√©bita des paroles vides de sens pendant 58 heures, et dans les derni√®res semaines qui pr√©c√©d√®rent sa mort il perdit l'usage de ses membres inf√©rieurs.

George III d√©c√©da le 29 janvier 1820 au ch√Ęteau de Windsor, six jours apr√®s son quatri√®me fils, Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn mort le 23 janvier (qui √©tait le p√®re la future reine Victoria). Son fils pr√©f√©r√© le prince Fr√©d√©rick, duc d'York et d'Albany l'accompagna dans ses derniers moments.

Inhumation de George III

George III fut inhum√© le 15 f√©vrier 1820 en la chapelle Saint-George √† Windsor.

Généalogie

George III appartint à la Maison de Hanovre issue de la Maison de Brunswick (Brunswick-Luneburg), elle-même issue de la Maison d'Este descendante des ducs de Toscane. C'est également à cette maison qu'appartient Victoria.

Par son fils Ernest-Auguste Ier de Hanovre, George III est également l'ascendant de l'actuel chef de la Maison royale de Hanovre, le prince Ernest-Auguste de Hanovre (1954-) (Ernest-Auguste V de Hanovre).

Chronologie de son règne

  • 1760 : Tr√®s vite, George III manifeste clairement sa volont√© de r√©tablir les pr√©rogatives royales en limitant l'autorit√© du Parlement et en contr√īlant tr√®s √©troitement le cabinet. Le Premier ministre William Pitt lui remet sa d√©mission. Mais rapidement se l√®ve une vive opposition dans le pays de la part de la presse et du journaliste John Wilkes, ce fut le d√©but de l'affaire Wilkes qui met en jeu la libert√© de la presse, l'inviolabilit√© parlementaire et le droit des √©lecteurs √† choisir leurs repr√©sentants.
  • 1761 : George III √©pouse le 8 septembre la duchesse Charlotte de Mecklembourg-Strelitz; de cette union naquirent 15 enfants.
  • 1788, le roi, √Ęg√© de 50 ans, est victime d'une attaque bilieuse aigu√ę. √Ä compter de cette date, il fut consid√©r√© comme un ¬ę souverain en danger ¬Ľ par ses proches et par ses m√©decins. D√®s 1789, la question de la r√©gence se posa.
  • 1801 : Le 1er janvier, George III renonce √† ses pr√©tentions sur le tr√īne de France. Il subit une nouvelle attaque.
  • 1810 : George III est reconnu fou, mais en fait il s'agirait de la porphyrie intermittente aigu√ę, une maladie g√©n√©tique rare touchant au m√©tabolisme.
  • 1812 : il devient aveugle, cette c√©cit√© totale constitue la phase ultime de la porphyrie.
  • 1820 : quelques jours avant sa mort, le roi subit sa derni√®re attaque. Apr√®s 58 heures sans sommeil, il sombra dans le coma et s'√©teignit √† Windsor.


Précédé par George III du Royaume-Uni Suivi par
George II
George III
Roi du Royaume-Uni
1760-1820
George IV
√Člecteur de Hanovre
1760-1814
Roi de Hanovre
1814-1820

La maladie de George III au cinéma

En 1994, un film traite de la maladie du roi; le film a pour titre original The Madness of king George, traduit par La Folie du roi George en fran√ßais. Il a √©t√© r√©alis√© par Nicholas Hytner. L'acteur Nigel Hawthorne y tient le r√īle principal, second√© par Helen Mirren qui joue la reine Charlotte, ainsi que Rupert Everett qui interpr√®te le prince de Galles.

Liens internes

Sources et liens externes

en.wikipedi.org

Histoire de La Grande-Bretagne de Fran√ßois B√©darida et de Jean-Philippe Genet (√Čditions Larousse) 1978

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