Genocide armenien

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Genocide armenien

Génocide arménien

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Le gĂ©nocide armĂ©nien a eu lieu d'avril 1915 Ă  juillet 1916[1]. Une grande partie de la population armĂ©nienne qui vivait sur le territoire actuel de la Turquie a pĂ©ri au cours des dĂ©portations et massacres de grande ampleur[2]. Cela fut planifiĂ© et exĂ©cutĂ© par le parti au pouvoir Ă  l’époque, le comitĂ© Union et ProgrĂšs, plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs Â», dirigeant l'empire ottoman et engagĂ© dans la PremiĂšre Guerre mondiale aux cĂŽtĂ©s des Empires centraux. Le gĂ©nocide des ArmĂ©niens a Ă©tĂ© le premier[3] du XXe siĂšcle[4] et a coĂ»tĂ© la vie Ă  un million deux cent mille ArmĂ©niens d'Anatolie et du haut-plateau armĂ©nien [5].

PrĂ©parĂ©s et organisĂ©s depuis Istanbul, alors capitale de l'empire, les dĂ©portations et les massacres ont Ă©tĂ© mis en Ɠuvre Ă  l'Ă©chelle locale par les responsables des divers districts et provinces chargĂ©s de rassembler leurs administrĂ©s armĂ©niens, ainsi que par les soldats et gendarmes ottomans qui escortaient les convois jusqu'au dĂ©sert et procĂ©daient eux-mĂȘmes Ă  des exĂ©cutions ou laissaient libre cours Ă  la violence de groupes de bandits armĂ©s (surtout des Kurdes, qui Ă©taient en concurrence sĂ©culaire avec les ArmĂ©niens dans le sud-est anatolien) ou de criminels libĂ©rĂ©s en nombre par les autoritĂ©s afin de renforcer les rangs des forces combattantes ottomanes et regroupĂ©s dans ce qui sera connu comme l'« Organisation spĂ©ciale Â»[6].

Sommaire

Contexte

De nombreuses zones d'ombre entourent encore le gĂ©nocide armĂ©nien, que cela soit par absence de sources, Ă  cause de l'inaccessibilitĂ© des sources existantes, ou encore le refus d'ouvrir les archives turques. Les travaux Ă  partir des archives bulgares, allemandes (est), russes, toutes contenant des documents intĂ©ressants car issus des chancelleries alliĂ©es ou ennemies de l'empire ottoman, n'ont commencĂ© que rĂ©cemment. Les archives ottomanes restent encore d'un accĂšs alĂ©atoire. À ces difficultĂ©s « physiques Â» s'ajoutent bien sĂ»r les contradictions criantes entre les travaux de divers historiens, entretenues par la politique systĂ©matique de nĂ©gation pour laquelle Ankara a optĂ©. Cet article reprend les explications ayant reçu l'aval de la grande majoritĂ© des spĂ©cialistes, tout en signalant le cas Ă©chĂ©ant les analyses minoritaires.

Population arménienne dans l'empire ottoman avant 1915

Article dĂ©taillĂ© : Population armĂ©nienne ottomane.

Avant de comprendre ce qui s'est passĂ© et quelles en ont Ă©tĂ© les consĂ©quences, il faut connaĂźtre la situation prĂ©cĂ©dant le gĂ©nocide. Or, mĂȘme lĂ , les donnĂ©es dĂ©mographiques sur la population armĂ©nienne vivant dans l'empire ottoman avant le dĂ©clenchement de la PremiĂšre Guerre mondiale ne concordent pas, que l'on prenne celles du patriarcat armĂ©nien de Constantinople (plus Ă©levĂ©es) ou celles, officielles, des autoritĂ©s ottomanes (plus modestes).

On considÚre cependant, dans la plupart des estimations qu'entre un million et demi et deux millions et demi d'Arméniens vivaient dans l'empire ottoman avant le génocide.

Le patriarcat armĂ©nien a procĂ©dĂ© Ă  plusieurs recensements durant les derniĂšres dĂ©cennies du XIXe siĂšcle : trois millions d'ArmĂ©niens selon les statistiques apportĂ©es par la dĂ©lĂ©gation armĂ©nienne au congrĂšs de Berlin (1878), deux millions six cents soixante mille selon une nouvelle statistique datant de 1882. Finalement, les sources du patriarcat armĂ©nien donnent une population armĂ©nienne d'environ deux millions cent mille personnes Ă  la veille de la PremiĂšre Guerre mondiale[7]. Entre-temps avaient eu lieu les massacres hamidiens, les massacres de Cilicie et plusieurs vagues d'Ă©migration, ce qui explique la dĂ©mographie dĂ©croissante.

Si l'on prend les statistiques officielles ottomanes, on constate que le recensement de 1844 porte Ă  prĂšs de deux millions le nombre d'ArmĂ©niens pour la seule Turquie d'Asie. Vingt ans plus tard, soit en 1867, le gouvernement ottoman fait publier le nombre de deux millions d’ArmĂ©niens en Turquie d'Asie et quatre cent mille en Turquie d'Europe, soit un total de deux millions quatre cent mille. Puis, on constate que les ArmĂ©niens et leur poids dĂ©mographique deviennent un sĂ©rieux problĂšme lors des nĂ©gociations en 1878 du traitĂ© de San Stefano et du congrĂšs de Berlin : en effet, la possible autonomie de l'ArmĂ©nie est Ă©voquĂ©e pour la premiĂšre fois. Le gouvernement ottoman prĂ©sente alors des nombres rĂ©duits de prĂšs de la moitiĂ©, soit entre un million cent soixante mille et un million trois cent mille ArmĂ©niens vivant sur le territoire ottoman. Il s'agit dĂ©sormais pour le gouvernement de minimiser l'importance de cette minoritĂ© qui attire par intermittence l'attention de la communautĂ© internationale et qui revendique de plus en plus Ă©nergiquement le respect de ses droits tels que dĂ©finis par les traitĂ©s puis par la constitution ; dĂ©sormais, les chiffres divergeront toujours grandement entre les sources armĂ©niennes et ottomanes. Auparavant, la logique Ă©tait diffĂ©rente : plus il y avait d'ArmĂ©niens, plus les autoritĂ©s pouvaient exiger d'impĂŽts selon le systĂšme du millet.

Citons encore un dernier chiffre, celui de l'historien américain Justin McCarthy qui s'est penché sur la démographie des Arméniens ottomans et qui en a dénombré un million six cent quatre-vingt-dix-huit mille trois cent un[8] en utilisant la théorie des populations stables.

Contexte politique

La « prise de conscience Â» armĂ©nienne

En cette fin du XIXe siĂšcle, les ArmĂ©niens de l'empire ottoman prennent conscience[9] que leurs droits sont bafouĂ©s par le sultan, et des groupes armĂ©niens, la plupart du temps rĂ©volutionnaires, se forment. Ils dĂ©noncent les mĂ©thodes du sultan et veulent la libertĂ© pour tous ainsi que l'Ă©galitĂ© entre ArmĂ©niens et musulmans. Le parti armenakan est crĂ©Ă© en 1885, le parti hentchak (« la cloche Â») en 1886 (ou 1887), de tendance socialiste, et la FĂ©dĂ©ration rĂ©volutionnaire armĂ©nienne dashnak en 1890 (de tendance relativement indĂ©pendantiste). Les adhĂ©rents de ces partis ramĂšnent l'espoir chez les ArmĂ©niens de l'empire ottoman (principalement paysans). À l'inverse, l'Ă©mancipation voulue par ces partis va ĂȘtre l'un des principaux motifs pour l'empire de massacrer les ArmĂ©niens. Des soulĂšvements de faible ampleur se produisent dans des vilayets dans lesquels beaucoup d'ArmĂ©niens vivent — ZeĂŻtoun par exemple — mais la rĂ©pression ottomane sera sanglante et se terminera par des massacres, prĂ©ludes du gĂ©nocide[10].

La situation politique turque

DĂšs la fin du XIXe siĂšcle, un groupe d'opposants au sultan AbdĂŒlhamid II se forme et donne naissance au ComitĂ© Union et ProgrĂšs (CUP), composĂ© essentiellement de nationalistes ou de progressistes turcs - on les appelle en Europe les « Jeunes-Turcs Â». Le CUP reçoit le soutien de nombreux mouvements reprĂ©sentant les minoritĂ©s de l'empire, y compris des mouvements indĂ©pendantistes ou autonomistes armĂ©niens comme le Dashnak[11]. Cependant, cette alliance de circonstance trouve sa limite dans une question cruciale, celle de la crĂ©ation d'un État armĂ©nien autonome ou indĂ©pendant. Les Jeunes-Turcs parviennent Ă  renverser le sultan en 1908 avec l'aide des mouvements minoritaires, et dirigent alors l'empire ottoman. Les minoritĂ©s font leur entrĂ©e au parlement, les communautĂ©s fraternisent. Mais ce n'est pas pour longtemps. Le CUP n'acceptant pas la crĂ©ation de l'État armĂ©nien, les mouvements indĂ©pendantistes cessent de lui apporter leur soutien et cherchent alors Ă  nouer d'autres alliances dans la rĂ©gion, notamment auprĂšs des Russes. En 1909, les massacres de Cilicie, dans lesquels sont impliquĂ©s des Jeunes-Turcs, vont semer encore plus le doute au sujet des intentions des Jeunes-Turcs envers les ArmĂ©niens.

Violences antérieures au génocide

Caricature du Sultan AbdĂŒlhamid II.

Massacres hamidiens, 1894-1896

Article dĂ©taillĂ© : Massacres hamidiens.

Les massacres hamidiens, de 1894 Ă  1896, constituent la premiĂšre sĂ©rie d'actes criminels, le premier prĂ©lude, de grande ampleur perpĂ©trĂ©s contre les ArmĂ©niens de l'empire ottoman. Ils eurent lieu sous le rĂšgne du sultan AbdĂŒlhamid II, connu en Europe sous le nom du « Sultan rouge Â» ou encore du « Grand Saigneur Â», qui ordonna des massacres Ă  la suite de rĂ©voltes des ArmĂ©niens[12]. Le nombre des victimes armĂ©niennes serait d'environ deux cent mille[13].

Jean JaurĂšs dĂ©nonça le massacre des populations armĂ©niennes dans un discours Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s le 3 novembre 1896[14].

Corps d'Arméniens massacrés dans la ville d'Adana.

Massacres de Cilicie (d'Adana), 1909

Article dĂ©taillĂ© : Massacres d'Adana.

Autre prĂ©lude au gĂ©nocide armĂ©nien, les massacres de Cilicie (ou d'Adana) eurent lieu entre les 14 et 27 avril 1909. Ils s'Ă©tendirent aux zones rurales ciliciennes et Ă  diffĂ©rentes villes : Adana, Hadjin, Sis, ZeĂŻtoun, Alep, Dörtyol. Environ trente mille ArmĂ©niens y laissĂšrent leur vie[15], dont vingt mille dans le seul vilayet d'Adana.

Des troupes constitutionnelles ottomanes participĂšrent aux massacres. StĂ©phen Pichon, ministre des Affaires Ă©trangĂšres, portera l'accusation Ă  la Chambre française, sĂ©ance du 17 mai 1909 :

« Il est arrivĂ© malheureusement que des troupes qui avaient Ă©tĂ© envoyĂ©es pour prĂ©venir et rĂ©primer les attentats y ont, au contraire, participĂ©. Le fait est exact[16]. Â»

Contexte et déroulement

Entrée en guerre de l'Empire ottoman

Le 1er novembre 1914, aprĂšs avoir Ă©tĂ© depuis aoĂ»t sollicitĂ© par l'Allemagne, l'empire ottoman entre dans la Guerre mondiale aux cĂŽtĂ©s des puissances centrales. De nouveaux fronts s'ouvrent alors, dont un sur la frontiĂšre caucasienne avec la Russie. La troisiĂšme armĂ©e ottomane, qui s'est engouffrĂ©e sans prĂ©paration logistique en Transcaucasie, est Ă©crasĂ©e en janvier 1915, Ă  Sarikamish.

À Istanbul, Enver Pacha accuse les ArmĂ©niens de la rĂ©gion de pactiser avec les Russes[17]. Les dirigeants du CUP dĂ©cident de profiter de l'occasion de la guerre pour rĂ©soudre dĂ©finitivement par l'extermination des ArmĂ©niens la « Question armĂ©nienne Â» (Ermeni sorunu) qui, depuis le congrĂšs de Berlin de 1878, est l'un des points les plus Ă©pineux de la « Question d'Orient Â»[18]. En outre, animĂ©s par une idĂ©ologie nationaliste turquiste et panturquiste, ils voient dans les ArmĂ©niens un obstacle majeur Ă  leur unification ethnique en Anatolie et Ă  leur expansion dans les pays de langue turque d'Asie centrale[19].

La justification avancĂ©e est qu’il s’agit d’une rĂ©action face aux dĂ©sertions d’ArmĂ©niens qui eurent lieu dans certaines rĂ©gions (en partie Ă  cause des conditions infligĂ©es aux chrĂ©tiens dans l’armĂ©e ottomane), mais surtout face aux quelques actes localisĂ©s de rĂ©sistance : le cas le plus important, Van, sera prĂ©sentĂ© par le gouvernement comme une rĂ©volution, un soulĂšvement, version dĂ©mentie par tous les rapports des tĂ©moins italiens, allemands ou amĂ©ricains (consuls, missionnaires, enseignants...) qui expliquent que les ArmĂ©niens ont organisĂ© une dĂ©fense de la ville pour Ă©viter de subir un massacre[20],[21].

Les massacres

Cadavres d'ArmĂ©niens : photo prise par H. Morgenthau.

En fĂ©vrier 1915, le comitĂ© central du parti et des ministres du cabinet de guerre, Talaat Pacha et Enver en particulier, met secrĂštement au point un plan de destruction qui sera exĂ©cutĂ© dans les mois suivants[22]. Il est prĂ©sentĂ© officiellement comme un transfert de la population armĂ©nienne — que le gouvernement accuse de collaborer avec l'ennemi russe — loin du front. En fait, la dĂ©portation n'est que le masque qui couvre une opĂ©ration d'anĂ©antissement de tous les ArmĂ©niens de l'empire[23].

La premiĂšre mesure est le dĂ©sarmement des soldats armĂ©niens enrĂŽlĂ©s dans l'armĂ©e ottomane. Ils sont employĂ©s Ă  des travaux de voirie ou de transport et, au cours de l'annĂ©e 1915, Ă©liminĂ©s par petits groupes[22]. Puis les Jeunes-Turcs, Ă  la recherche des preuves d'un complot armĂ©nien, procĂšdent Ă  des perquisitions et Ă  des arrestations, lesquelles frappent particuliĂšrement en premier lieu les notables et intellectuels armĂ©niens de Constantinople, arrĂȘtĂ©s les 24 et 25 avril, dĂ©portĂ©s puis tuĂ©s. Cet Ă©vĂ©nement marque le vĂ©ritable point de dĂ©part du gĂ©nocide. Le nombre de morts est Ă©valuĂ© entre deux cents et six cents personnes. DĂšs que l'« intelligentsia Â» (l'Ă©lite) d'un peuple est annihilĂ©e, il est plus facile d'exterminer le reste de la population[24]. La destruction des populations armĂ©niennes est opĂ©rĂ©e en deux phases successives : de mai Ă  juillet 1915 dans les sept provinces — vilayets — orientales d'Anatolie — quatre proches du front russe[25] : TrĂ©bizonde, Erzurum, Van, Bitlis, trois en retrait : Sivas, Kharpout, Diyarbakır — oĂč vivent prĂšs d'un million d'ArmĂ©niens ; puis, Ă  la fin de 1915, dans d'autres provinces de l'empire. L'Ă©loignement de nombre des victimes du front, lors des diffĂ©rentes phases des massacres, enlĂšve toute vraisemblance Ă  l'accusation de collaboration avec l'ennemi.

Carte représentant les déportations

Dans les provinces orientales, l'opĂ©ration se dĂ©roule en tous lieux de la mĂȘme maniĂšre. Les sĂ©quences suivantes se produisent systĂ©matiquement dans les villes et les bourgs[26] :

  • perquisitions dans les maisons des notables civils et religieux ;
  • arrestation de ces notables ;
  • tortures pour leur faire avouer un prĂ©tendu complot et des caches d'armes ;
  • dĂ©portation et exĂ©cution des prisonniers Ă  proximitĂ© de la ville ;
  • publication d'un avis de dĂ©portation ;
  • sĂ©paration des hommes qui, liĂ©s par petits groupes, sont exĂ©cutĂ©s dans les environs de la ville ;
  • Ă©vacuation de la totalitĂ© de la population armĂ©nienne rĂ©partie en convois de femmes, d'enfants et de personnes ĂągĂ©es qui quittent la ville Ă  intervalles rĂ©guliers, Ă  pied, avec un maigre bagage ;
  • enlĂšvement dans le convoi de femmes et d'enfants conduits dans des foyers musulmans ;
  • dĂ©cimation rĂ©guliĂšre des convois par les gendarmes chargĂ©s de les escorter, des bandes kurdes ou des miliciens recrutĂ©s Ă  cette fin.

Seules quelques milliers de personnes survivent à cette déportation[27]. Dans les villages, à l'abri des témoins, tous les Arméniens sont tués, à l'exception de quelques femmes ou enfants enlevés[28]. Dans les vilayets de Bitlis et de Diarbékir, presque tous les Arméniens sont assassinés sur place[29].

1915

Dans le reste de l'empire, le programme prend les formes d'une dĂ©portation, conduite par chemin de fer sur une partie du parcours, les familles restant parfois rĂ©unies. Les convois de dĂ©portĂ©s — environ 870 000 personnes[27] — convergent vers Alep, en Syrie, oĂč une Direction gĂ©nĂ©rale de l'installation des tribus et des dĂ©portĂ©s les rĂ©partit selon deux axes : au sud, vers la Syrie, le Liban et la Palestine — une partie survivra ; Ă  l'est, le long de l'Euphrate, oĂč des camps de concentration, vĂ©ritables mouroirs[30], sont improvisĂ©s. Les dĂ©portĂ©s sont peu Ă  peu poussĂ©s vers Deir ez-Zor. LĂ , en juillet 1916, ils sont envoyĂ©s dans les dĂ©serts de MĂ©sopotamie oĂč ils sont tuĂ©s par petits groupes ou meurent de soif[31]. Les derniers regroupements de dĂ©portĂ©s le long du chemin de fer de Bagdad, Ă  Ras-ul-AĂŻn, Ă  Intilli sont, eux aussi, exterminĂ©s en juillet 1916. Seul survit un tiers des ArmĂ©niens : ceux qui habitaient Constantinople et Smyrne, les personnes enlevĂ©es, les ArmĂ©niens du vilayet de Van, sauvĂ©s par l'avancĂ©e de l'armĂ©e russe, soit deux cent quatre-vingt-dix mille survivants[27]. Quelque cent mille dĂ©portĂ©s des camps du sud survĂ©curent Ă©galement.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Les massacres des populations assyro-chaldéennes, syriaques et yézidies

Article connexe : Massacre des Assyriens.

La population araméenne (chaldéenne) fut aussi durement touchée durant cette période, ayant été en grande partie éliminée par les autorités ottomanes[32], ainsi que certains Syriaques et Yézidis[33].

Bilan des massacres

Les faits sont connus dĂšs mai 1915 via les rapports de diplomates neutres et les tĂ©moins appartenant aux nombreuses missions, Ă©coles et hĂŽpitaux prĂ©sents dans l'empire ottoman. La presse de l'Ă©poque, en particulier aux États-Unis et au Canada, se fait l'Ă©cho de l'indignation soulevĂ©e par ces rĂ©vĂ©lations. AprĂšs la guerre, le rĂ©gime Jeune-Turc ayant disparu depuis octobre 1918, des procĂšs montrent la rĂ©alitĂ© des massacres et rĂ©vĂšlent l'existence d'une organisation criminelle, l'Organisation spĂ©ciale, qui a orchestrĂ© les destructions de la population armĂ©nienne[34].

Lorsque, Ă  la fin de 1916, les observateurs font le bilan de l'anĂ©antissement des ArmĂ©niens de Turquie, ils peuvent constater que, Ă  l'exception de trois cent mille ArmĂ©niens sauvĂ©s par l'avancĂ©e russe et de quelque deux cent mille habitants de Constantinople et de Smyrne qu'il Ă©tait difficile de supprimer devant des tĂ©moins, il ne persiste plus que des Ăźlots de survie[35] : des femmes et des jeunes filles enlevĂ©es, disparues dans le secret des maisons turques ou rĂ©Ă©duquĂ©es dans les Ă©coles islamiques comme celle que dirige l'apĂŽtre du turquisme Halide Edip ; des enfants regroupĂ©s dans des orphelinats pilotes ; quelques miraculĂ©s cachĂ©s par des voisins ou amis musulmans ; ou, dans des villes du centre, quelques familles Ă©pargnĂ©es grĂące Ă  la fermetĂ© d'un vali ou d'un kaĂŻmakan. Ces massacres auront coĂ»tĂ© la vie Ă  un nombre d'individus variant, selon les auteurs, de six cent mille Ă  un million et demi de personnes[36],[37].

ÉvĂ©nements postĂ©rieurs

ProcĂšs des Unionistes, Constantinople, 1919

En 1919 se tient Ă  Constantinople le procĂšs des Unionistes. Les principaux responsables du gĂ©nocide y sont condamnĂ©s Ă  mort par contumace, ayant pris la fuite en 1918, juste aprĂšs avoir dĂ©truit la plupart des documents compromettants. La cour martiale Ă©tablit la volontĂ© des unionistes d'Ă©liminer physiquement les ArmĂ©niens, via son organisation spĂ©ciale. Voici sa conclusion :

« ImmĂ©diatement aprĂšs la mobilisation du 21 juillet 1914, le ComitĂ© central du parti Union et ProgrĂšs avait constituĂ© un Techkilat-i MahsoussĂ© (nom turc de l'organisation spĂ©ciale) qui Ă©tait entiĂšrement diffĂ©rent dans ses buts et sa composition du Techkilat-i MahsoussĂ© dĂ©jĂ  existant. Par ordre des ministĂšres de l'IntĂ©rieur et de la Justice, ce mĂȘme Techkilat-i MahsoussĂ© accepta les condamnĂ©s relĂąchĂ©s que le Techkilat-i MahsoussĂ© dĂ©pendant du ministĂšre de la Guerre refusait d'incorporer. Lorsque des dĂ©tenus Ă©taient libĂ©rĂ©s, le Parti, pour tromper l'opinion publique, rĂ©pandait la nouvelle selon laquelle les criminels libĂ©rĂ©s seraient employĂ©s sur le front alors qu'ils Ă©taient envoyĂ©s dans des centres d'entraĂźnement et qu'ils Ă©taient ensuite utilisĂ©s pour piller et dĂ©truire les convois de dĂ©portĂ©s armĂ©niens. Â»

Traité de SÚvres

Article dĂ©taillĂ© : TraitĂ© de SĂšvres.

Ce traitĂ© est signĂ© le 10 aoĂ»t 1920 par les puissances parties prenantes (empire britannique, France, Japon, Italie), et les États alliĂ©s reprĂ©sentĂ©s par l'ArmĂ©nie, la Belgique, la GrĂšce, le Hedjaz, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la TchĂ©coslovaquie et l'État yougoslave rĂ©unissant SlovĂšnes, Croates et Serbes. La cĂ©rĂ©monie s'est dĂ©roulĂ©e dans la grande salle qui abrite actuellement le musĂ©e de la Porcelaine Ă  SĂšvres. Parmi les principales dispositions de ce traitĂ©, on notera deux articles (88 et 89) concernant la RĂ©publique armĂ©nienne :

« La Turquie dĂ©clare reconnaĂźtre, comme l'ont dĂ©jĂ  fait les puissances alliĂ©es, l'ArmĂ©nie comme un État libre et indĂ©pendant. Â»
« La Turquie et l'ArmĂ©nie, ainsi que les hautes parties contractantes, conviennent de soumettre Ă  l'arbitrage du prĂ©sident des États-Unis d'AmĂ©rique, la dĂ©termination de la frontiĂšre entre la Turquie et l'ArmĂ©nie, dans les vilayets d'Erzeroum, TrĂ©bizonde, Van et Bitlis, et d'accepter sa dĂ©cision, ainsi que toutes les dispositions qu'il pourra prescrire relativement Ă  l'accĂšs de tout territoire ottoman adjacent.  Â»

Le mandat d'exĂ©cution des dispositions relatives Ă  la RĂ©publique armĂ©nienne est confiĂ© aux États-Unis. À son retour, le prĂ©sident Woodrow Wilson se heurte Ă  l'opposition d'une majoritĂ© de sĂ©nateurs amĂ©ricains qui, sous l'impulsion du sĂ©nateur Cabot Lodge, refusent la ratification du TraitĂ© de SĂšvres et partant, le mandat amĂ©ricain sur l'ArmĂ©nie.

ProcĂšs TĂ©hlirian, 1921

« Ils ne pĂ©riront pas Â» : comitĂ© amĂ©ricain de soutien des ArmĂ©niens dans le Proche-Orient, Douglas Volk, 1918.

Le 15 mars 1921, Talaat Pacha, le grand ordonnateur de l'extermination des ArmĂ©niens, est abattu d'une balle de revolver dans une rue berlinoise.

Le tireur est arrĂȘtĂ© sur les lieux du crime. Il s'agit d'un jeune armĂ©nien de 23 ans, Soghomon Tehlirian, survivant du gĂ©nocide au cours duquel il perdit sa mĂšre et toute sa famille. Il faisait partie de l'« OpĂ©ration NĂ©mĂ©sis Â», montĂ©e pour exĂ©cuter la sentence de mort par contumace du procĂšs des unionistes.

Tehlirian est jugĂ© peu de temps aprĂšs, le 2 et 3 juin 1921, par le tribunal de premiĂšre instance de Berlin.

Les tĂ©moignages de Tehlirian, de Christine Terzibashian, Johannes Lespius ou mĂȘme du gĂ©nĂ©ral Liman von Sanders, ainsi que les documents retenus, parmi lesquels cinq tĂ©lĂ©grammes chiffrĂ©s adressĂ©s par Talaat Ă  NaĂŻm Bey, documents qu'a fait parvenir Andonian au tribunal, donnent une nouvelle dimension au procĂšs, oĂč le crime gĂ©nocidaire de Talaat et des Jeunes-Turcs est Ă  son tour mis en accusation. L'authenticitĂ© des documents Andonian a Ă©tĂ© depuis mise en cause par les historiens turcs Orel et Yuca, authenticitĂ© pourtant rĂ©affirmĂ©e ensuite par l'historien armĂ©nien Dadrian. Le tribunal acquitte Soghomon Tehlirian. Le procĂšs est retentissant et son issue est interprĂ©tĂ©e comme une condamnation des responsables du gĂ©nocide.

Traité de Lausanne

Article dĂ©taillĂ© : TraitĂ© de Lausanne (1923).

Ce traitĂ©, signĂ© Ă  Lausanne le 24 juillet 1923 revient sur le traitĂ© de SĂšvres. L'ArmĂ©nie n'y est plus mentionnĂ©e. L'historien H.-L. Kieser commente :

« Pour les perdants aussi bien que pour les humanitaires internationaux, l’ombre de la confĂ©rence Ă©tait Ă©crasante. Le traitĂ© acceptait tacitement les faits de guerre : le gĂ©nocide des ArmĂ©niens ottomans, le massacre d’Assyriens ottomans, la dĂ©portation de Kurdes ottomans (1915-1916) et l’expulsion des Ottomans grĂ©co-orthodoxes (1914 et 1919-1922), commise au profit de la turquification de l’Anatolie. Le nouveau gouvernement d’Ankara cachait Ă  peine sa naissance au sein du parti Jeune-Turc, directement responsable des crimes perpĂ©trĂ©s entre 1914-1918. Le traitĂ© complĂ©tait les faits de guerre par un transfert de populations jusqu’alors inouĂŻ, celui de Grecs musulmans (356 000) et d’Ottomans anatoliens de confession orthodoxe (290 000, avec ceux dĂ©jĂ  expulsĂ©s comptant environ un million et demi de personnes). Avec quatre gĂ©nĂ©rations de retard, on a tout rĂ©cemment commencĂ© Ă  dĂ©plorer publiquement ce transfert, mĂȘme en Turquie. Pour ce qui est des crimes antĂ©rieurs, le nĂ©gationnisme et l’apologie parfois grotesques, mais tacitement autorisĂ©s par le traitĂ©, prĂ©valent toujours largement. Â»

La reconnaissance et la négation du génocide

Article dĂ©taillĂ© : NĂ©gation du gĂ©nocide armĂ©nien.

La question de la reconnaissance du gĂ©nocide armĂ©nien, peu Ă©voquĂ©e durant une grande partie du XXe siĂšcle, a Ă©tĂ© ravivĂ©e d'abord par l'apparition du terrorisme armĂ©nien durant les annĂ©es 1970 (notamment par le CJGA et l'ASALA), puis Ă  l'occasion de l'ouverture de nĂ©gociations entre l'Union europĂ©enne et la Turquie en vue d'une adhĂ©sion Ă©ventuelle de celle-ci. Le Parlement europĂ©en a reconnu le gĂ©nocide armĂ©nien le 18 juin 1987[38]. Cette question est frĂ©quemment abordĂ©e lors des dĂ©bats concernant la conformitĂ© de la politique de l'État turc avec les valeurs morales de l'Union et, en particulier, son attachement au respect des droits de l'homme.

La position des historiens

La communautĂ© des historiens qualifie ces Ă©vĂ©nements de gĂ©nocide[39]. Plusieurs historiens et spĂ©cialistes de l'Holocauste, dont Elie Wiesel et Yehuda Bauer, ont fait connaĂźtre publiquement leur position le 9 juin 2000 dans le New York Times, pour dĂ©clarer « incontestable la rĂ©alitĂ© du gĂ©nocide armĂ©nien et inciter les dĂ©mocraties occidentales Ă  le reconnaĂźtre officiellement Â»[40]. L'Institut de l'Holocauste et des gĂ©nocides (situĂ© Ă  JĂ©rusalem)[41], et l'Institut pour l'Ă©tude des gĂ©nocides (situĂ© Ă  New York)[42] ont Ă©tabli comme un fait historique le gĂ©nocide armĂ©nien. Pierre Vidal-Naquet, grande figure de la lutte contre le nĂ©gationnisme, affirme « qu'il est Ă©vident que dans le cas du massacre des ArmĂ©niens, l’État turc est nĂ©gationniste Â»[43] dĂ©nonçant dans le mĂȘme temps, avec d'autres historiens de renom, « les interventions politiques de plus en plus frĂ©quentes dans l'apprĂ©ciation des Ă©vĂ©nements du passĂ© et par les procĂ©dures judiciaires touchant des historiens [...] Â», rappelant que « dans un État libre, il n'appartient ni au Parlement ni Ă  l'autoritĂ© judiciaire de dĂ©finir la vĂ©ritĂ© historique Â»[44].

Cette analyse historique du génocide arménien s'est construite sur la base des témoignages des survivants, ainsi que des observateurs étrangers, et s'est enrichie grùce à l'ouverture progressive des archives officielles ottomanes. L'examen de ces archives a permis aux historiens d'affiner la connaissance sur les responsabilités. Ainsi, la responsabilité du génocide (conception, préméditation, organisation et exécution) est essentiellement attribuée aux officiels issus du parti des Jeunes-Turcs Ittihadistes, le rÎle de ce parti des Jeunes-Turcs étant assimilable à celui des nazis en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale[45].

L'État turc et une « poignĂ©e d'historiens aux ordres Â» ont dĂ©veloppĂ© des Ă©tudes niant le gĂ©nocide armĂ©nien[39]. Ces historiens turcs ou s'intĂ©ressant Ă  l'histoire ottomane et/ou turque refusent la qualitĂ© de gĂ©nocide Ă  ces Ă©vĂ©nements ; ils se contentent de parler de massacres plus ou moins spontanĂ©s et de dĂ©portations rendues nĂ©cessaires par les circonstances, et minimisent Ă©galement le nombre de victimes. MĂȘme si de nombreux pays et instances gouvernementales ou religieuses dans le monde les ont officiellement dĂ©finis comme gĂ©nocide, la Turquie continue Ă  contester l'ampleur de ce qu'elle appelle des « tueries Â» ou « le prĂ©tendu gĂ©nocide armĂ©nien Â», ajoutant qu'il y a aussi eu beaucoup de Turcs massacrĂ©s durant cette pĂ©riode. Cette position est dĂ©noncĂ©e tant par les survivants que par la communautĂ© des historiens en gĂ©nĂ©ral.

Cependant, l'Association internationale des historiens spĂ©cialisĂ©s dans l'Ă©tude des gĂ©nocides (International Association of Genocide Scholars), reprĂ©sentant la majoritĂ© des historiens europĂ©ens et d'AmĂ©rique du Nord, a publiĂ© une lettre ouverte adressĂ©e au Premier ministre turc le 13 juin 2005 afin de lui rappeler que ce n'Ă©tait pas seulement la communautĂ© armĂ©nienne, mais des centaines d'historiens, de nationalitĂ©s diffĂ©rentes, indĂ©pendants de tout gouvernement, qui avaient Ă©tudiĂ© et Ă©tabli la rĂ©alitĂ© du gĂ©nocide armĂ©nien :

« Nier la rĂ©alitĂ© factuelle et morale du gĂ©nocide armĂ©nien relĂšve non pas de l'Ă©tude historique mais d'une propagande destinĂ©e Ă  affranchir les coupables de leurs responsabilitĂ©s, en accusant les victimes, et en effaçant la signification morale de leurs crimes[46]. Â»

Autres positions

La position turque

Le gouvernement turc actuel maintient une position ferme de refus de la reconnaissance du génocide et condamne vivement toute reconnaissance du génocide par des gouvernements ou parlements étrangers. Le gouvernement turc ne niait pas le génocide directement aprÚs la PremiÚre Guerre mondiale[47],[48]. Il est présenté comme une cruelle conséquence de la guerre, appelée tragédie de 1915, et non comme un acte volontaire et formalisé.

Les enjeux pour la Turquie

Au-delĂ  des implications morales et psychologiques, aussi bien pour les États que pour les descendants des populations impliquĂ©es, la reconnaissance officielle d'un gĂ©nocide en 1915-1916 implique des enjeux financiers et territoriaux importants pour la Turquie. En effet, reconnaĂźtre le gĂ©nocide armĂ©nien ouvrirait la voie Ă  des demandes de dommages et intĂ©rĂȘts auxquelles la Turquie ne veut pas cĂ©der[49],[50]. La Turquie pourrait ĂȘtre contrainte Ă  payer une indemnisation pour les prĂ©judices humain, moral et matĂ©riel (comme l'Allemagne a dĂ» le faire aprĂšs la Shoah), voire de restituer des territoires Ă  l'ArmĂ©nie (le traitĂ© de SĂšvres, mis Ă  mal par le gĂ©nocide puis par le traitĂ© de Brest-Litovsk, donnait Ă  l'ArmĂ©nie des territoires situĂ©s sur l'actuelle Turquie, mais aussi en AzerbaĂŻdjan et en GĂ©orgie[51],[52]).

Sachant que ce sont les Jeunes-Turcs et les kĂ©malistes qui ont fondĂ© la RĂ©publique en 1923, la majoritĂ© des dirigeants de la Turquie moderne sont issus des rangs jeunes-turcs. Ainsi, nombre d’entre eux ne veulent pas remettre en cause leur parti politique.

Position officielle

Aujourd'hui, la RĂ©publique turque refuse de reconnaĂźtre l'existence du gĂ©nocide armĂ©nien et qualifie les Ă©vĂ©nements de 1915-1916 de « sözde ermeni soykırımı Â» (« prĂ©tendu gĂ©nocide armĂ©nien Â»).

En pointe dans la lutte contre toute rĂ©fĂ©rence au gĂ©nocide se trouve le corps diplomatique turc : les diplomates de Turquie figurent parmi ceux qui diffusent activement les argumentaires de propagande sur la scĂšne internationale. Cela en fit une des cibles prioritaires des attentats de l'ArmĂ©e secrĂšte armĂ©nienne de libĂ©ration de l'ArmĂ©nie (Asala), qui firent une trentaine de victimes dans les rangs diplomatiques turcs durant les annĂ©es 1970-1980.

Sur le sol national, l'appareil judiciaire et juridique prĂ©voit Ă©galement des sanctions pour ceux qui contreviendraient Ă  la version officielle turque : le nouveau Code pĂ©nal, censĂ© rapprocher la Turquie des standards europĂ©ens en termes de droits de l’homme, a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par plusieurs organisations internationales dont Reporters sans frontiĂšres[53] et Amnesty International[54], notamment Ă  cause de son article 305 qui punit de trois ans Ă  dix ans de prison et d'une amende tous « actes contraires Ă  l’intĂ©rĂȘt fondamental de la nation Â» ; la peine peut ĂȘtre Ă©tendue Ă  quinze ans de prison si cette opinion est exprimĂ©e dans la presse. Des notes explicatives du projet indiquent que cela pourrait, entre autres, s'appliquer aux revendications concernant le gĂ©nocide armĂ©nien[55]. Le parlement britannique a, pour sa part, considĂ©rĂ© qu’aucune mention du « gĂ©nocide armĂ©nien Â» n’était faite dans cet article du Code pĂ©nal[56]. Mais des procĂšs rĂ©cents faits Ă  des personnes s'exprimant au sujet du gĂ©nocide des ArmĂ©niens (notamment Orhan Pamuk, cf. infra), montrent que le Code pĂ©nal turc (article 301) permet de poursuivre des dĂ©fenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres membres de la sociĂ©tĂ© civile exprimant pacifiquement une opinion dissidente[57].

L'argumentation en faveur d'une non-reconnaissance de la qualification de gĂ©nocide repose essentiellement sur trois axes[58] :

  • une contestation de l'ampleur du nombre de victimes (Ă©valuĂ© entre trois cent mille et cinq cent mille alors que les estimations armĂ©niennes sont d'un million et demi de morts[59]) ;
  • la remise en cause de l'existence d'une prĂ©mĂ©ditation de la part du gouvernement Jeune-Turc ;
  • le retournement de la culpabilitĂ© (les ArmĂ©niens sont responsables de ce qui leur est arrivĂ©) et indignation face Ă  l'occultation des reprĂ©sailles des milices armĂ©niennes sur les populations civiles turques.

En avril 2005, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a proposĂ© au prĂ©sident armĂ©nien Robert Kotcharian de mettre en place une commission d'historiens. MalgrĂ© cette proposition, Cemil Çiçek, porte-parole du gouvernement turc et ministre de la Justice, a parlĂ© de « trahison Â» et de « coups de couteau dans le dos de la nation turque Â», Ă  propos d' historiens universitaires turcs (non acquis Ă  la thĂšse officielle turque) qui voulaient participer Ă  un colloque traitant des « ArmĂ©niens ottomans au moment du dĂ©clin de l'empire Â» organisĂ© en mai 2005 qui aurait dĂ» avoir lieu dans des universitĂ©s turques[60],[61]. Le ministre armĂ©nien des Affaires Ă©trangĂšres Vardan Oskanian avait rĂ©pondu en voyant dans la proposition de crĂ©ation de commission de la Turquie une volontĂ© de « rĂ©Ă©crire son histoire de maniĂšre Ă©hontĂ©e et de vouloir la propager dans les autres pays Â»[62]. Il faut par ailleurs noter que, Ă  l'Ă©poque, il s'agit encore de l'empire ottoman et non de la RĂ©publique turque, mais que celle-ci empĂȘche toujours les historiens de faire leur travail, car elle n'a toujours pas ouvert les archives ottomanes de cette Ă©poque. MĂȘme si le gouvernement turc affirme dans le mĂȘme temps avoir ouvert toutes ses archives, cette affirmation n'a jamais pu ĂȘtre accrĂ©ditĂ©e par des historiens indĂ©pendants[62],[63].

Opinion publique turque

Une information libre et objective sur le sujet est impossible en Turquie. Ainsi, lorsque l’écrivain Orhan Pamuk a dĂ©clarĂ©, en 2005, Ă  un quotidien suisse, qu'« un million d'ArmĂ©niens et trente mille Kurdes ont Ă©tĂ© tuĂ©s en Turquie Â», un sous-prĂ©fet de SĂŒtĂ§ĂŒler (rĂ©gion d'Isparta, au sud-ouest) a ordonnĂ© la destruction de tous ses livres[64]. Le 16 dĂ©cembre 2005, le procĂšs d'Orhan Pamuk s'ouvre Ă  Istanbul pour ces propos considĂ©rĂ©s comme une « insulte Ă  l'identitĂ© nationale turque Â» et passibles Ă  ce titre de six mois Ă  trois ans de prison[65] ; la justice turque abandonnera nĂ©anmoins les poursuites le 23 janvier 2006[66]. L’opinion publique n’a accĂšs qu’à la version officielle concernant ces massacres du dĂ©but du siĂšcle et rejette gĂ©nĂ©ralement la qualification de gĂ©nocide, du moins ouvertement. En privĂ©, certains Turcs reconnaissent la rĂ©alitĂ© des massacres. Le cas Ă©chĂ©ant, la population n'hĂ©site d'ailleurs pas Ă  manifester son rejet de certaines mĂ©thodes. Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, rĂ©dacteur en chef de la revue armĂ©nienne d'Istanbul Agos et principal promoteur de la reconnaissance du gĂ©nocide en Turquie, est assassinĂ© par un jeune nationaliste. PrĂšs de cent mille manifestants descendent dans les rues d'Istanbul Ă  l'occasion de ses funĂ©railles, brandissant des pancartes proclamant « nous sommes tous des ArmĂ©niens Â»[67], une premiĂšre en Turquie oĂč le discours restait jusqu'alors fortement imprĂ©gnĂ© par la position officielle du gouvernement.

La majorité des intellectuels et historiens turcs soutiennent la thÚse niant le génocide. Néanmoins, certains intellectuels, personnalités, militants des droits de l'Homme ou professeurs turcs s'inscrivent en faux contre la version historique établie par Ankara.

Parmi les universitaires, on peut citer :

  • Taner Akçam qui considĂšre que les coupables du gĂ©nocide font partie des fondateurs de la RĂ©publique de Turquie nĂ©e sept ans plus tard et que le gouvernement turc ne peut donc pas « accepter que parmi “les grands hĂ©ros qui ont sauvĂ© la patrie” certains ont Ă©tĂ© des assassins Â»[68]. Il a Ă©tĂ© le premier Turc Ă  avoir ouvert les archives ottomanes et assumer le gĂ©nocide[69] ;
  • Halil Berktay[70] (professeur Ă  l'universitĂ© d'Ä°stanbul) qui n'hĂ©site pas Ă  qualifier de « berceuses Â» les thĂšses d'Ankara, ajoutant qu'« il y a des tonnes de documents prouvant la triste rĂ©alitĂ© Â» ;
  • Ahmet Ä°nsel[70] (universitĂ©s de Paris I et Galatasaray) qui dĂ©nonce notamment, selon ses propres mots, le « dĂ©lire nĂ©gationniste Â» qui rĂšgne en Turquie, et qui se traduit, selon lui, par la nĂ©gation de la souffrance armĂ©nienne, le refus de reconnaĂźtre les intentions gĂ©nocidaires d'une partie des Unionistes au pouvoir, et, enfin, par les accusations contre les ArmĂ©niens ;
  • Fikret Adanır (voir sa contribution au colloque organisĂ© par le CDCA, « L'actualitĂ© du gĂ©nocide des ArmĂ©niens Â») ;
  • Altan Gökalp, Engin Akarlı ou encore Fatma MĂŒge Göçek[70].

Les dĂ©fenseurs des droits de l'Homme sont nombreux, mais mentionnons particuliĂšrement Ali Ertem (et toute son association SKD contre le crime de gĂ©nocide, « Soykırım KarĆŸÄ±tları Derneği Â»), BĂŒlent Peker (Fondation turque des droits de l'Homme) ou Ragip Zarakolu[70] (surnommĂ©e « MĂšre Courage Â» par les ArmĂ©niens). Des livres et des expositions sur la communautĂ© armĂ©nienne voient le jour et rencontrent un certain succĂšs, ce qui semble indiquer une Ă©volution des mentalitĂ©s.

Le 15 dĂ©cembre 2008, quatre intellectuels, Cengiz Aktar, Ali Bayramoglu, Ahmet Ä°nsel et Baskın Oran, lancent la pĂ©tition özĂŒr diliyorum (« Nous leur demandons pardon Â»)[71]. Les auteurs, dĂ©fenseurs de la cause depuis longtemps, travaillent depuis deux ans sur cette pĂ©tition qui vise Ă  une reconnaissance par l'État turc du gĂ©nocide armĂ©nien. Le texte dit : « Ma conscience ne peut accepter que l’on reste indiffĂ©rent Ă  la Grande Catastrophe que les ArmĂ©niens ottomans ont subi en 1915, et qu’on le nie. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes sƓurs et frĂšres armĂ©niens et je leur demande pardon[72]. Â» ÉvĂ©nement sans prĂ©cĂ©dent en Turquie, le texte a recueilli plus de mille signatures d'intellectuels, d'artistes et universitaires turcs le jour mĂȘme de son lancement[73]. Les dix mille signatures sont atteintes deux jours plus tard[71]. Mais des sites « concurrents Â» refusant de prĂ©senter des excuses, niant le gĂ©nocide ou dĂ©nonçant au contraire l'attitude supposĂ©e armĂ©nienne durant la PremiĂšre Guerre mondiale ont rapidement vu le jour et rĂ©coltĂ© Ă©galement de nombreuses signatures[74].

Néanmoins, selon les sondages, huit Turcs sur dix pensent que leur pays devrait rompre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne si celle-ci exigeait la reconnaissance du génocide.

Depuis 1993, un chapitre des manuels scolaires d'histoire est consacrĂ© aux arguments rĂ©futant les allĂ©gations de gĂ©nocide. En 2003, une circulaire du ministĂšre de l'Éducation invite les enseignants Ă  « dĂ©noncer les prĂ©tentions des ArmĂ©niens Â». Des concours de dissertation sont organisĂ©s dans les Ă©coles, y compris dans les quelques Ă©coles armĂ©niennes qui subsistent Ă  Istanbul. La presse turque finit par s'en Ă©mouvoir.

Le ministÚre turc de la Culture défend sur son site internet la version officielle de l'Histoire[75] et, selon un rapport du parlement français, subventionne de nombreux sites internet défendant cette thÚse.

Les 24 et 25 septembre 2005 s'est tenue pour la premiĂšre fois en Turquie, dans un climat de fortes tensions[70], une confĂ©rence intitulĂ©e Les ArmĂ©niens ottomans au temps du dĂ©clin de l'empire. AnnulĂ©e la veille sur ordre du tribunal administratif d'Istanbul, ce qui avait Ă©tĂ© commentĂ© par la Commission europĂ©enne comme une provocation, cette confĂ©rence, qui Ă©tait soutenue par le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, a pu finalement avoir lieu Ă  l'universitĂ© Bilgi d'Istanbul. Le seul homme politique Ă  y avoir participĂ© est le membre du CHP (gauche) Erdal Ä°nönĂŒ, fils d’İsmet Ä°nönĂŒ, le plus proche compagnon de Mustafa Kemal.

La communauté internationale

La reconnaissance du génocide arménien dans le monde.

Les pays ou chambres nationales ayant reconnu le gĂ©nocide armĂ©nien sont : l'Uruguay[76], la chambre des reprĂ©sentants de Chypre[77], la Chambre des reprĂ©sentants des États-Unis[78], la Douma russe, le parlement grec, le sĂ©nat de Belgique[79], le parlement de SuĂšde[77], le parlement libanais, le Vatican[77], le parlement français[80], le Conseil national suisse (contre l’avis du Conseil fĂ©dĂ©ral)[81],[82], l'Argentine, l'Italie[83], les Pays-Bas, la Slovaquie, le Canada, la Pologne, la Lituanie[84], le Venezuela[85] et le Chili[86].

Certaines institutions internationales et rĂ©gionales ont Ă©galement reconnu le gĂ©nocide : c'est le cas du Tribunal permanent des peuples, d'une sous-commission de l'ONU pour la prĂ©vention des droits de l'homme et la protection des minoritĂ©s[87], du parlement europĂ©en, du Conseil de l'Europe et du Mercosur.

En Allemagne, le Bundestag a Ă©mis une rĂ©solution condamnant les massacres sans utiliser le mot « gĂ©nocide Â». D'autres pays ont refusĂ© de considĂ©rer les massacres armĂ©niens comme un gĂ©nocide : c'est le cas du Royaume-Uni et de l'État d'IsraĂ«l, mais la plus haute autoritĂ© religieuse d’IsraĂ«l, en la personne du grand rabbin, a reconnu le gĂ©nocide armĂ©nien[88].

Notes et références

  1. ↑ Il y eut des massacres en 1917 et mĂȘme en 1918, mais ils constituent plus un parachĂšvement du gĂ©nocide, par rapport Ă  un processus gĂ©nocidaire (1915-1916) proprement dit. Yves Ternon, Les ArmĂ©niens, histoire d'un gĂ©nocide, Le Seuil, Paris, 1977 (2e Ă©d. 1996) (ISBN 2-0202-5685-1).
  2. ↑ Anahide Ter Minassian Ă©crit : « De 1915 Ă  1918, le gĂ©nocide armĂ©nien a fait disparaĂźtre Ă  peu prĂšs la moitiĂ© de la population armĂ©nienne de l'Empire ottoman» dans « Les armĂ©niens au 20e siĂšcle Â», VingtiĂšme SiĂšcle. Revue d'histoire, AnnĂ©e 2000, Volume 67, NumĂ©ro 1, p. 137. [lire en ligne]
  3. ↑ Si l'on excepte celui des HĂ©rĂ©ros en 1904.
  4. ↑ (en) Niall Ferguson, The War of the World: Twentieth-Century Conflict and the Descent of the West, New York, Penguin Press, 2006 (ISBN 1-5942-0100-5), p. 177.
  5. ↑ Ce chiffre est celui gĂ©nĂ©ralement admis par la communautĂ© des historiens ; mais comme leur caractĂšre gĂ©nocidaire, le bilan des massacres et dĂ©portations des ArmĂ©niens ne fait cependant pas l'unanimitĂ©. Anahide Ter Minassian Ă©crit : « si nul ne conteste aujourd'hui le caractĂšre meurtrier des dĂ©placements forcĂ©s ni les massacres qui les ont accompagnĂ©s, la controverse porte depuis 1919 sur le nombre de victimes (1 500 000 selon les ArmĂ©niens, 600 000 Ă  800 000 selon les Turcs), sur la cause des dĂ©portations [...], sur le partage des responsabilitĂ©s [...] Â» dans « Les armĂ©niens au 20e siĂšcle Â», VingtiĂšme SiĂšcle. Revue d'histoire, AnnĂ©e 2000, Volume 67, NumĂ©ro 1, p. 140. [lire en ligne]
  6. ↑ imprescriptible.fr
  7. ↑ Marcel LĂ©art, La Question armĂ©nienne Ă  la lumiĂšre des documents, 1913 ; Raymond KĂ©vorkian, Les ArmĂ©niens dans l'Empire ottoman Ă  la veille du gĂ©nocide, Arhis, Paris, 1992.
  8. ↑ Justin McCarthy, Muslims and Minorities, « The population of the Ottoman Armenians Â». Pour une approche critique du travail de J. McCarthy, voir FrĂ©dĂ©ric Paulin, « NĂ©gationnisme et thĂ©orie des populations stables : le cas du gĂ©nocide armĂ©nien Â». ConsultĂ© le 31 mars 2008.
  9. ↑ Cet Ă©vĂ©nement est parallĂšle Ă  la « rĂ©volution littĂ©raire armĂ©nienne Â», arrivĂ©e au mĂȘme moment dans laquelle les Ă©crivains changent le style et le modernisent (dont Raffi).
  10. ↑ Yves Ternon, Les ArmĂ©niens, histoire d'un gĂ©nocide, Seuil, Paris, 1977 (2e Ă©d. 1996) (ISBN 2-0202-5685-1).
  11. ↑ GĂ©rard DĂ©dĂ©yan (dir.), Histoire du peuple armĂ©nien, Privat, Toulouse, 2007 (ISBN 978-2-7089-6874-5), p. 517.
  12. ↑ GĂ©rard DĂ©dĂ©yan (dir.), op. cit., p. 503.
  13. ↑ François Surbezy, Les Affaires d'ArmĂ©nie et l'intervention des puissances europĂ©ennes (de 1894 Ă  1897), UniversitĂ© de Montpellier  [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  14. ↑ Discours de Jean JaurĂšs Ă  la Chambre des DĂ©putĂ©s, Paris, 3 novembre 1896. ConsultĂ© le 31 mars 2008.
  15. ↑ GĂ©rard DĂ©dĂ©yan (dir.), op. cit., p. 518.
  16. ↑ Jean-Marie Carzou, ArmĂ©nie 1915, un gĂ©nocide exemplaire, Flammarion, Paris, 1975 [lire en ligne (page consultĂ©e le 29 dĂ©cembre 2008)].
  17. ↑ Peter Balakian, Le Tigre en flammes. Le GĂ©nocide armĂ©nien et la rĂ©ponse de l'AmĂ©rique et de l'Occident, Paris, PhĂ©bus, De facto, 2005, p.200 (ISBN 2752900651)
  18. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916 et la fin de l'Empire ottoman (1914-1923) Â», dans GĂ©rard DĂ©dĂ©yan (dir.), op. cit., p. 524-525.
  19. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 525.
  20. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 529.
  21. ↑ Henry Morgenthau, MĂ©moires de l'ambassadeur Morgenthau, Payot, 1919, « La "rĂ©volution" de Van Â». ConsultĂ© le 29 dĂ©cembre 2008.
  22. ↑ a  et b  Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 527.
  23. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 531.
  24. ↑ Dans ce cas-lĂ , l'intelligentsia armĂ©nienne Ă©tait surtout basĂ©e Ă  Constantinople.
  25. ↑ L'armĂ©e de l'Empire Ottoman est engagĂ©e principalement dans le Caucase, aux Dardanelles, et en MĂ©sopotamie.
  26. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 530-531.
  27. ↑ a , b  et c  Imprescriptible.fr : le nombre des populations dĂ©placĂ©es et les principaux axes de dĂ©portation. ConsultĂ© le 5 septembre 2008
  28. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 530.
  29. ↑ Imprescriptible.fr : le gĂ©nocide des ArmĂ©niens de DiarbĂ©kir. ConsultĂ© le 5 septembre 2008
  30. ↑ Raymond H. KĂ©vorkian, « L’extermination des dĂ©portĂ©s armĂ©niens ottomans dans les camps de concentration de Syrie-MĂ©sopotamie (1915-1916). La deuxiĂšme phase du gĂ©nocide Â», dans Revue d’Histoire armĂ©nienne contemporaine, ii, 1998, p. 117-118.
  31. ↑ Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 533.
  32. ↑ « CommuniquĂ© de l'AACF Ă  propos du GĂ©nocide Â», dans Bulletin d'information de la JAC, n° 15 (avril 2004) [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  33. ↑ Olivier Balabanian et Françoise Ardillier-Carras, ArmĂ©nie, avant-poste chrĂ©tien dans le Caucase, GlĂ©nat, Grenoble, 2003 (rĂ©impr. 2006) (ISBN 2-7234-4531-3).
  34. ↑ Yves Ternon, EnquĂȘte sur la nĂ©gation d'un gĂ©nocide, ParenthĂšses, Marseille, 1989 (ISBN 2-86364-052-6), 3e partie, chapitre IV, « L'Organisation SpĂ©ciale Â» [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  35. ↑ Lire KĂ©vorkian : [lire en ligne (page consultĂ©e le 5 septembre 2008)]
  36. ↑ Taner Akçam, Un acte honteux : le gĂ©nocide des ArmĂ©niens et la question de la responsabilitĂ© turque, DenoĂ«l, 2008 (ISBN 978-2207259634), p. 200.
  37. ↑ Cette derniĂšre estimation est avancĂ©e par les ArmĂ©niens eux-mĂȘmes, lire « Ankara choquĂ© par une loi française Â», dans Le Nouvel Observateur, 8 octobre 2006 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  38. ↑ RĂ©solution du 18 juin 1987 sur une solution politique de la question armĂ©nienne, Journal officiel, C, 190, 20 juillet 1987, p. 0119. ConsultĂ© le 31 mars 2008.
  39. ↑ a  et b  Yves Ternon, « Le gĂ©nocide de 1915-1916... Â», op. cit., p. 535.
  40. ↑ (en) 126 Holocaust Scholars affirm the incontestable fact of the Armenian Genocide and urge Western Democracies to officially reconize it sur Center for Holocaust & Genocide Studies, University of Minnesota, 9 juin 2000. ConsultĂ© le 28 dĂ©cembre 2008.
  41. ↑ (en) Statement of the Institute on the Holocaust and Genocide sur Genocide Watch, 30 mai 2005. ConsultĂ© le 28 dĂ©cembre 2008.
  42. ↑ (en) Action Alert, July 15, 2005 sur Institute for the Study of Genocide. ConsultĂ© le 28 dĂ©cembre 2008.
  43. ↑ « Forums avec Pierre Vidal-Naquet Â», sur Le Nouvel Observateur, 24 janvier 2005 [[ lire en ligne] (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  44. ↑ « PĂ©tition "LibertĂ© pour l'histoire" Â», 12 dĂ©cembre 2005, sur Histoire de mĂ©dias [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  45. ↑ Vahakn Dadrian dit ainsi dans Le gĂ©nocide Ă  la lumiĂšre des dĂ©mentis turcs : « Je pense que la seule caractĂ©ristique la plus importante du gĂ©nocide armĂ©nien, spĂ©cialement en comparaison avec l'Holocauste — et j'espĂšre que vous voyez un parallĂšle frappant manifeste — est ceci : ce ne furent pas les organes rĂ©guliers de l'État ottoman, mais un parti, une organisation secrĂšte, le parti des Jeunes-Turcs Ittihadistes qui fut responsable du gĂ©nocide armĂ©nien, du commencement Ă  la fin : conception, prĂ©mĂ©ditation, dĂ©cision, organisation, application — tout a Ă©tĂ© fait en premier, sinon exclusivement, par les officiels ayant des postes de confiance du parti Ittihad Jeune-Turc, exactement comme les nazis en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Â» Traduction de Louise Kiffer. ConsultĂ© le 2 avril 2008.
  46. ↑ (en) International Association of Genocide Scholars, « Letter to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan Â», 13 juin 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 3 avril 2008)].
  47. ↑ Voir par exemple Raymond Haroutioun KĂ©vorkian, Le GĂ©nocide des ArmĂ©niens, Odile Jacob, Paris, 2006 (ISBN 2-7381-1830-5), p. 898.
  48. ↑ (en) Dennis R. Papazian, « "Misplaced Credulity:" Contemporary Turkish Attempts to Refute the Armenian Genocide Â», dans Armenian Review, n° 45 (1992), rĂ©visĂ© en 2001, p. 185 [lire en ligne (page consultĂ©e le 17 juillet 2008)].
  49. ↑ Sherif Bassiouni (interview), « GĂ©nocide et rĂ©parations Â» [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)]
  50. ↑ ou encore ce document Ă  propos des rĂ©parations en droit international (le document traite principalement du cas du Rwanda)
  51. ↑ (en) Texte intĂ©gral du traitĂ© de SĂšvres. ConsultĂ© le 31 mars 2008.
  52. ↑ Yves Ternon, La Cause armĂ©nienne, Seuil, Paris, 1983 (ISBN 2-02-006455-3), p. 195.
  53. ↑ Reporters sans frontiĂšres, « L'entrĂ©e en vigueur du nouveau code pĂ©nal ajournĂ©e Â», 31 mars 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  54. ↑ Amnesty international, « Turquie. Le gouvernement doit rĂ©pondre aux prĂ©occupations sur le nouveau code pĂ©nal Â», 23 mars 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  55. ↑ (en) Amnesty International, « Turkey: Freedom of expression/torture/prisoners of conscience Â», 22 mai 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  56. ↑ (en) House of Commons Debates, Hansard Volume, Session 2003-04, vol. 426, 8 novembre 2004 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  57. ↑ Amnesty International, « Turquie. L'article 301 menace la libertĂ© d'expression : il doit ĂȘtre immĂ©diatement abrogĂ© ! Â», 1er dĂ©cembre 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  58. ↑ Yves Ternon, op. cit., pp. 177-179.
  59. ↑ Bien que les chiffres turcs soient faux, les chiffres armĂ©niens sont apparemment un peu exagĂ©rĂ©s. Les estimations les plus neutres sont d'entre un million et un million et demi de morts.
  60. ↑ « Turquie : De la difficultĂ© de dĂ©battre du gĂ©nocide armĂ©nien Â», dans Courrier international, 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)]
  61. ↑ Amnistia, « Le Gouvernement turc interdit un colloque universitaire sur l'histoire des ArmĂ©niens dans l'Empire ottoman Â», 27 mai 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
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  67. ↑ (en) Sarah Rainsford, « Solidarity marks editor's funeral Â», sur BBC News, 24 janvier 2007 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  68. ↑ Taner Akçam, « Le tabou du gĂ©nocide armĂ©nien hante la sociĂ©tĂ© turque Â», dans Le Monde diplomatique, juillet 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  69. ↑ GaĂŻdz Minassian, « Un crime contre l'Histoire Â» sur Le Monde, 5 dĂ©cembre 2008. ConsultĂ© le 22 mai 2009.
  70. ↑ a , b , c , d  et e  Mural Belge, Halil Berktay, Elif Chafak, Hrant Dink, Fatma MĂŒge Göçek (Interview de la professeur Goçek dans l'AztagDaily), Ahmet Insel, Etyen Mahcupyan, Baskin Oran, et Ragip Zarakolu, « Le travail sur l'histoire sera bloquĂ© en Turquie Â», dans LibĂ©ration, 10 mai 2006 [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  71. ↑ a  et b  Site officiel de la pĂ©tition özĂŒr diliyorum. ConsultĂ© le 17 dĂ©cembre 2008.
  72. ↑ Site officiel de la pĂ©tition özĂŒr diliyorum - Traductions du texte. ConsultĂ© le 17 dĂ©cembre 2008.
  73. ↑ Ragip Duran, « Des intellectuels turcs demandent « pardon Â» Â» dans LibĂ©ration, 16 dĂ©cembre 2008, [lire en ligne (page consultĂ©e le 17 dĂ©cembre 2008)].
  74. ↑ « PĂ©tition d’excuse vis-Ă -vis des ArmĂ©niens : La guerre d’internet a dĂ©butĂ© en Turquie Â» dans Les Nouvelles d'ArmĂ©nie, 19 dĂ©cembre 2008, [lire en ligne (page consultĂ©e le 23 dĂ©cembre 2008)].
  75. ↑ MinistĂšre de la Culture et du Tourisme de la RĂ©publique de Turquie, Assertions armĂ©niennes et vĂ©ritĂ© [lire en ligne (page consultĂ©e le 2 avril 2008)].
  76. ↑ Rapport fait au nom de la commission des lois constitutionnelles, de la lĂ©gislation et de l'administration de la RĂ©publique sur la proposition de loi (n° 3030) de M. Didier Migaud et de plusieurs de ses collĂšgues, complĂ©tant la loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 relative Ă  la reconnaissance du gĂ©nocide armĂ©nien de 1915, par M. Christophe Masse, dĂ©putĂ©, 16 mai 2006, p. 8 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  77. ↑ a , b  et c  Claude Mutafian, Le gĂ©nocide des ArmĂ©niens, 90 ans aprĂšs, CCAF, 2005, « L'avalanche des reconnaissances du gĂ©nocide Â» [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  78. ↑ (en) US House of Representatives Joint Resolution 247, 12 septembre 1984 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  79. ↑ « Proposition de rĂ©solution relative au gĂ©nocide des ArmĂ©niens de Turquie en 1915 Â», Annales parlementaires, SĂ©nat, session 1996-97, 8 octobre 1997 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)] ; adoption par le SĂ©nat le 26 mars 1998 : Annales parlementaires, SĂ©nat, session 1997-98, 26 mars 1998 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  80. ↑ AssemblĂ©e nationale, Archives de la XIe lĂ©gislature, « GĂ©nocide armĂ©nien Â», 30 janvier 2001 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  81. ↑ Swissinfo, « Le Conseil national reconnaĂźt le gĂ©nocide armĂ©nien Â», 16 dĂ©cembre 2003 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  82. ↑ Association Suisse-ArmĂ©nie, « Reconnaissance du gĂ©nocides des ArmĂ©niens Â» [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  83. ↑ (it) Camera dei Deputati, « Risoluzioni Â», 17 novembre 2000. ConsultĂ© le 23 mars 2009.
  84. ↑ (lt) Seimas de la RĂ©publique de Lituanie, « Rezoliucija dėl armėnĆł tautos genocido pripaĆŸinimo Â», 15 dĂ©cembre 2009. ConsultĂ© le 23 mars 2009.
  85. ↑ (es) Asamblea Nacional, « SesiĂłn ordinaria des dĂ­a jueves 14 de julio de 2005 Â», 14 juillet 2005. ConsultĂ© le 23 mars 2009.
  86. ↑ (es) Senado, « Senado pide al gobierno que adhiera al reconocimiento de que en Armenia se cometiĂł genocidio durante el imperio otomano Â», 5 juin 2007. ConsultĂ© le 23 mars 2007.
  87. ↑ (en) UN Sub-commission on prevention of discrimination and protection of minorities, 38e session, E/CN.4/Sub.2/1985/6, 2 juillet 1985 [extraits pertinents (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].
  88. ↑ « Le Grand Rabbin d'IsraĂ«l reconnaĂźt le gĂ©nocide armĂ©nien Â», d'aprĂšs Yediyot Aharonot, 24 novembre 2005 [lire en ligne (page consultĂ©e le 31 mars 2008)].

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Articles connexes

Liens externes

Loi française

Sites informatifs

Sites pour la reconnaissance du génocide arménien

Bibliographie

Livres historiques, témoignages

  • A. AdossidĂšs, ArmĂ©niens et Jeunes-Turcs, les massacres de Cilicie, PY Stock, Paris, 1918
  • Annick Asso, Le cantique des larmes : ArmĂ©nie 1915, paroles de rescapĂ©s du gĂ©nocide, La Table Ronde, Paris, 2005 (ISBN 2-7103-2776-7).
  • Grigoris Balakian, Le Golgotha armĂ©nien, mĂ©moires du pĂšre Balakian, Le cercle des Ă©crits caucasiens, Paris, tome 1, 2002 (ISBN 2913564089), tome 2, 2004 (ISBN 2913564135).
  • Henry Barby, Au pays de l'Ă©pouvante - L'ArmĂ©nie martyre, Albin Michel, Paris, 1917. RĂ©Ă©d. Le cercle des Ă©crits caucasiens, Paris, 2004 (ISBN 2-913564-13-5).
  • Victor BĂ©rard et Martin Melkonian (prĂ©f.), La Politique du Sultan - Les massacres des ArmĂ©niens : 1894-1896 (1897), coll. Les Marches du Temps, Le FĂ©lin, Paris, 2005 (ISBN 9782866455910) (Le livre est intĂ©gralement disponible sur Google Livres, en passant par un proxy).
  • Archavir Chiragian, La Dette de sang. Un ArmĂ©nien traque les responsables du gĂ©nocide (prĂ©face de GĂ©rard Chaliand), Éd. Complexe, Bruxelles, 2006 (ISBN 2-87027-133-6).
  • Emile Doumergue, L'ArmĂ©nie, les massacres et la question d'Orient, Foi et Vie, Paris, 1916. RĂ©Ă©d. Le cercle des Ă©crits caucasiens, Paris, 2007 (ISBN 2913564208).
  • Anatole France, Discours prononcĂ© Ă  la Sorbonne, lors du meeting « Hommage Ă  l’ArmĂ©nie », 9 avril 1916. ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • Henri Froidevaux, « Les massacres de 1915-1916 Â», dans Larousse mensuel illustrĂ©, n° 113 (juillet 1916). ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • Adams Gibbon, Les Derniers Massacres d'ArmĂ©nie, Payot, Paris, 1915.
  • Dixon C. F. Johnson, Les ArmĂ©niens, tĂ©moignage, 1916, Shelfmark at the British Library: 9055.dd.15. Indisponible le 4 avril 2008.
  • Johannes Lepsius, Rapport secret sur les massacres d'ArmĂ©nie, Payot, Paris, 1919. ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • Pierre Loti, Massacres d'ArmĂ©nie, Calman-LĂ©vy, Paris, 1918. Indisponible le 4 avril 2008.
  • Henry Morgenthau, MĂ©moires de l'ambassadeur Morgenthau, Payot, 1919. ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • Henry Morgenthau, « Les faits les plus horribles de l'Histoire Â», dans Red Cross Magazine, mars 1918. ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • Jean Naslian, Les mĂ©moires de Mgr Jean Naslian, Imp. Mekhitariste, Beyrouth, 1951.
  • RenĂ© Pinon, La suppression des ArmĂ©niens, Perrin, Paris, 1916. ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • GĂ©nĂ©ral Bronsart von Schellendorf (Allemagne), « Les MĂ©moires Â», dans Deutsche Allgemeine Zeitung, 24 juillet 1921. Indisponible le 4 avril 2008.
  • Harry Stuermer, Deux ans de guerre Ă  Constantinople, Payot, Paris, 1917. ConsultĂ© le 4 avril 2008.
  • Arnold Joseph Toynbee, Le Massacre des ArmĂ©niens : 1915-1916, Payot, Paris, 2004 (ISBN 2-228-89872-4).
  • Armin Wegner, « Lettre au prĂ©sident Wilson Â», janvier 1919. ConsultĂ© le 4 avril 2008.

Livres d'histoire, monographies

  • Taner Akçam, De l'Empire Ă  la RĂ©publique : Le nationalisme turc et le gĂ©nocide armĂ©nien, L'Aventurine, Paris, 2004 (ISBN 284190136X).
  • Taner Akçam, Un acte honteux. Le gĂ©nocide armĂ©nien et la question de la responsabilitĂ© turque, DenoĂ«l, Paris, 2008 (ISBN 978-2-207-25963-4).
  • Vahram et Janine Altounian (dir.), MĂ©moires du gĂ©nocide armĂ©nien — HĂ©ritage traumatique et travail analytique, PUF, Paris, 2009 (ISBN 978-2-13-057327-2).
  • Bernard Bruneteau, Le siĂšcle des gĂ©nocides : Violences, massacres et processus gĂ©nocidaires de l'ArmĂ©nie au Rwanda, Armand Colin, Paris, 2004 (ISBN 2-200-26403-8).
  • Jean-Marie Carzou, Un GĂ©nocide exemplaire : ArmĂ©nie 1915, Flammarion, Paris, 1975 (ISBN 2-7021-3718-0).
  • GĂ©rard Chaliand et Yves Ternon, 1915, Le gĂ©nocide des ArmĂ©niens, Éd. Complexe, 2006 (ISBN 2-8048-0102-0).
  • Collectif, « Ailleurs, hier, autrement: connaissance et reconnaissance du gĂ©nocide des ArmĂ©niens Â», dans Revue d'histoire de la Shoah, n°177-178 (2003), Centre de documentation juive contemporaine (ISBN 2850566403).
  • Vahakn Dadrian, Histoire du gĂ©nocide armĂ©nien : conflits nationaux des Balkans au Caucase, prĂ©f. d'Alfred Grosser, Stock, Paris, 1996 (ISBN 2-234-04548-7).
  • Pierre Dufour, Hayastan 1889-1925 - Les enfants d'ArmĂ©nie dans la tourmente, Lavauzelle, Panazol 2002 (ISBN 2-7025-0534-1).
  • Raymond Haroutioun KĂ©vorkian. et Paul B. Paboudjian, Les ArmĂ©niens dans l'Empire ottoman Ă  la veille du gĂ©nocide, Éd. d'Art et d'Histoire, Paris, 1992 (ISBN 2-906755-09-5).
  • Raymond Haroutioun KĂ©vorkian, Le GĂ©nocide des ArmĂ©niens, Odile Jacob, Paris, 2006 (ISBN 2-7381-1830-5).
  • Yves Ternon, EnquĂȘte sur la nĂ©gation d'un gĂ©nocide, ParenthĂšses, Marseille, 1989 (ISBN 2-86364-052-6).
  • Yves Ternon, Les ArmĂ©niens, histoire d'un gĂ©nocide, Le Seuil, Paris, 1977 (2e Ă©d. 1996) (ISBN 2-0202-5685-1).
  • Yves Ternon, Du nĂ©gationnisme. MĂ©moire et tabou, DesclĂ©e de Brouwer, Paris, 1998 (ISBN 2-220-04646-X).
  • Yves Ternon, L’État criminel : les gĂ©nocides au XXe siĂšcle, Le Seuil, Paris, 1995 (ISBN 2-02-017284-4).
  • Yves Ternon, L’innocence des victimes. Au siĂšcle des gĂ©nocides, DesclĂ©e de Brouwer, Paris, 2001 (ISBN 2-220-04950-7).
  • Yves Ternon, Empire ottoman, le dĂ©clin, la chute, l'effacement, Le FĂ©lin, Paris, 2005, (ISBN 2-86645-425-1).
  • Yves Ternon, Éclats de voix, Le FĂ©lin, Paris, 2006 (ISBN 2-86645-635-1).
  • Tribunal Permanent des peuples, Le Crime de silence, prĂ©f. de Pierre Vidal-Naquet, Flammarion, Paris, 1984 (ISBN 2080811428).

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