Gascogne

ï»ż
Gascogne

43° 58â€Č 37″ N 0° 10â€Č 34″ W / 43.977, -0.176

La Gascogne : des contours variables en fonction des Ă©poques

La Gascogne (en gascon Gasconha [gasˈkuÉČɔ / gasˈkuÉČə]) Ă©tait au Haut Moyen Âge une principautĂ© du sud-ouest de la France[1]. Le duchĂ© de Gascogne s'Ă©miette Ă  partir de 1032 pour disparaĂźtre en tant qu'entitĂ© politique en 1063. À cette date, Bernard II Tumapaler, comte de Gascogne, est dĂ©fait Ă  la bataille de La Castelle par Guillaume VIII, duc d'Aquitaine, et abandonne la Gascogne Ă  l'Aquitaine. AprĂšs le traitĂ© de Paris de 1259, le duchĂ© d'Aquitaine prend le nom de duchĂ© de Guyenne, terme qui dĂ©signe alors l'ensemble des possessions françaises du roi d'Angleterre.

Malgré ces évolutions, une identité gasconne culturelle et linguistique subsiste à travers tout l'Ancien Régime et ce, jusqu'à nos jours.

Gascogne a pu aussi désigner, sous sa forme latine Gasconia, le Pays basque[2].

Sommaire

Étymologie et usage actuel

Le nom Gascogne dĂ©rive de Guasconia et du latin Wasconia, nom mentionnĂ© pour la premiĂšre fois par les Wisigoths, provenant lui mĂȘme du nom du peuple des vascones (prononcer ouascones).

À proprement parler, les Vascon sont avant tout une tribu protobasque[rĂ©f. souhaitĂ©e] vivant Ă  l'Ă©poque antique au Sud des PyrĂ©nĂ©es, dans les actuelles Navarre et Aragon. Mais des liens culturels, politiques et commerciaux existent en grand nombre avec l'autre versant, la futur Gascogne, et tend Ă  montrer une sorte de koinĂ© euskarienne (ni celte, ni ibĂšre) existant sur ce qui est aujourd'hui les pays Basques, la Navarre, la Gascogne, le val d'Aran et une partie de l'Aragon[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Le mot "vascon" proviendrait de la racine eusk/ausk (que l'on retrouve dans le peuple aquitain des Auscii). Elle est le vĂ©ritable lien entre tous ces termes dans lesquels on la retrouve: vascons, basques, gascons.

Contrairement à d'autres provinces (comme la Bretagne ou la Normandie par exemple), le nom de Gascogne a disparu avec la province qu'il désignait et n'a été repris pour désigner aucun des départements ou régions de la France.

Il tend nĂ©anmoins Ă  faire sa rĂ©apparition depuis quelques annĂ©es comme appellation touristique pour dĂ©signer limitativement son cƓur historique oriental : le Gers.

On retrouve sa trace dans les appellations :

GĂ©ographie

La Gascogne s'appuie sur les contreforts montagneux des PyrĂ©nĂ©es et s'ouvre sur l'ocĂ©an Atlantique (golfe de Gascogne). La grande masse de la forĂȘt des Landes occupe une place centrale dans l'espace gĂ©ographique de la Gascogne actuelle. Les deux fleuves principaux sont la Garonne et l'Adour.

Départements concernés

Paysage de Gascogne, laissant apparaßtre la chaßne des Pyrénées en arriÚre-plan

Elle comprend les dĂ©partements :

et en partie ceux :

Le Val d'Aran, bien qu'appartenant Ă  l'Espagne, fait partie linguistiquement de la Gascogne.

Villes

Carte de l'aire d'influence du Gascon

Les principales villes sont :

À noter, La Bastide-Clairence, enclave gasconne en territoire basque

Cours d'eau

Les principaux cours d'eau gascons qui drainent cette région sont les riviÚres du Plateau de Lannemezan et le bassin de l'Adour.

Langue vernaculaire

La langue régionale est le gascon, en général[3] classé parmi les dialectes occitans, parfois considéré comme une langue romane indépendante[4].

Économie

Les principales ressources Ă©conomiques sont :

Figure emblématique

  • Le Gascon le plus connu Ă  travers le monde n'est autre que le cĂ©lĂšbre d'Artagnan, de son vrai nom Charles de Batz Castelmore, comte d'Artagnan.

Blason

Ce sont des armes créées par Louis XIV pour compléter son armorial, la province n'ayant jamais eu d'armes propres (la soumission de Bernard d'Armagnac au duc d'Aquitaine est antérieure à l'introduction des blasons). Le lion évoque celui des Armagnac et des Mauléon. L'écartelé évoque une province frontaliÚre.

Histoire de la Gascogne

La rĂ©gion a Ă©tĂ© conquise par l'Empire romain, puis par les Wisigoths, par les Vascons (qui lui ont donnĂ© leur nom), et enfin par les Francs. Avec ces diffĂ©rentes dominations, la Gascogne a Ă©mergĂ© comme un État indĂ©pendant pendant un temps et, Ă  ce jour, la Gascogne a gardĂ© la rĂ©putation d'ĂȘtre habitĂ©e par un peuple tĂȘtu et indĂ©pendant.

L’AntiquitĂ©

Lorsque les Romains conquirent la Narbonnaise, ils se heurtĂšrent, au-delĂ  de Toulouse Ă  un peuple nouveau pour eux. Ce n’étaient ni des Ligures, ni des Celtes, ils s'appelaient les Aquitains bien que CĂ©sar reconnaisse qu’ils avaient beaucoup d’analogies avec les IbĂšres du sud des PyrĂ©nĂ©es. Les anthropologues et les linguistes reconnaissent Ă  ces peuples distincts des Gaulois le caractĂšre de populations proto-basques.

Le territoire de l'Aquitaine Ă©tait alors habitĂ© par une trentaine de tribus d’une importance inĂ©gale :


D’abord spectateurs de la conquĂȘte de la Gaule par les Romains, les Aquitains en devinrent les acteurs en 56 av. J.-C. lorsque Crassus fut chargĂ© par CĂ©sar de soumettre l’Aquitaine. Ce fut la cĂ©lĂšbre bataille de BĂ©gaar prĂšs de Tartas, prĂ©cĂ©dĂ©e du siĂšge de l'oppidum de Sos oĂč les Sotiates furent battus. Crassus poursuivit ensuite son Ɠuvre qu’il mena Ă  bien assez rapidement.

C'est aprĂšs la conquĂȘte qu'il faut noter l'apparition des celtes Bituriges Vivisques (Bordelais), dĂ©portĂ©s par Rome.


La domination romaine

Articles dĂ©taillĂ©s : Novempopulanie et Vascons.

En 27 av. J.-C., Auguste rĂ©organise l’administration de la Gaule en rĂ©tablissant la Narbonnaise et en divisant le reste de la Gaule en trois provinces : l’Aquitaine qui s’étend des PyrĂ©nĂ©es et de l’Atlantique Ă  la Loire, la Lyonnaise qui comprend l’Armorique et la Belgique.

C’est au IIe siĂšcle que les peuples d'Aquitaine obtiennent leur sĂ©paration du reste de l’Aquitaine celtique. L’inscription portĂ©e sur une stĂšle de l'Ă©glise d’Hasparren montre que neuf peuples ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s des Gaulois. C’est la crĂ©ation de la Novempopulanie avec pour capitale Eauze.

Le reste de l’Aquitaine va ĂȘtre divisĂ© en deux parties : l’Aquitaine seconde, avec pour capitale Bordeaux et l’Aquitaine premiĂšre, avec pour capitale Bourges.

La Novempopulanie comptera bientĂŽt douze peuples mais n’en gardera pas moins son nom. En 297, DioclĂ©tien divise la Gaule en 120 citĂ©s rĂ©parties en 17 provinces. La Novempopulanie comprend alors 12 citĂ©s :

Les populations empruntĂšrent beaucoup de choses aux vainqueurs romains et notamment leur langue. Ils finirent par adopter donc le latin, mais en le dĂ©formant en fonction de leur langue d'origine et donnĂšrent ainsi naissance Ă  une langue nouvelle : le gascon. Parti des villes, le latin gagna de proche en proche les campagnes. Seules les populations des vallĂ©es des PyrĂ©nĂ©es Ă©chappĂšrent Ă  la contagion et leurs descendants parlent encore la langue d’origine : le basque.

L’administration romaine assura l’ordre et la paix en Novempopulanie durant trois siĂšcles environ. Puis, la dĂ©cadence de l’Empire Romain entraĂźna celle de la Gaule entiĂšre, prĂ©parant ainsi les invasions barbares.

Les Barbares

Les Vandales, les Alains et les SuĂšves, poussĂ©s Ă  l’est par les Huns, traversent la frontiĂšre du Rhin dans les derniers jours de 406.

Ils ne font que passer en Novempopulanie qu’ils abandonnent, aprĂšs l’avoir dĂ©vastĂ©e, en 409 pour s’installer en Espagne. Ils sont remplacĂ©s par les Wisigoths.

En 412, le roi wisigoth Athaulf, successeur d'Alaric Ier, obtient de l’empereur romain Honorius, en Ă©change de ses services, un Ă©tablissement en terre gauloise (voir Jordanes). Ataulf est assassinĂ© Ă  Barcelone en septembre 415 et est remplacĂ© par Walia (Valia) qui rĂšgnera de 415 Ă  418. Ce dernier nĂ©gocie avec l’empereur Honorius qui lui donne l'Aquitaine seconde et des villes voisines. Le nouveau royaume wisigoth qui avait pour capitale Toulouse comprenait Poitiers, AngoulĂȘme, Saintes, PĂ©rigueux, Bordeaux et la Novempopulanie.

Il semble que les rois wisigoths comprirent qu’il valait mieux mĂ©nager les populations autochtones qu’ils appelaient « les Romains Â». Ainsi, l’organisation wisigothe se mit en place et, sans les problĂšmes de religion, tout aurait Ă©tĂ© parfait entre Goths et « Romains Â».

AppelĂ© par les Ă©vĂȘques de Novempopulanie, Clovis vint au secours des populations. En 507, les Francs battirent Alaric II, roi des Wisigoths, Ă  la bataille de VouillĂ©. Les Goths ne conservĂšrent que la Narbonnaise et la Novempopulanie passa sous contrĂŽle franc.

Les Francs

La domination franque n’a pas apportĂ© grand chose Ă  la Novempopulanie si ce n’est la misĂšre et l’anarchie. Le VIe siĂšcle n’est qu’une longue suite de guerres civiles, de dĂ©vastations par des bandes armĂ©es, de rĂ©voltes et de brigandages.

Une vaine tentative de se mettre sous la protection d’un roi prĂ©tendu mĂ©rovingien, Gondovald, avorta en 586 aprĂšs le siĂšge de Lugdunum Convenarum, l'actuelle commune de Saint-Bertrand-de-Comminges en Haute-Garonne. Au VIIe siĂšcle, la domination franque, sous la pression, semble-t-il, de phĂ©nomĂšnes sociaux accomplis silencieusement, disparaĂźt.


La Wasconia

Article dĂ©taillĂ© : DuchĂ© de Vasconie.

Les Wascones (nom usitĂ© par les Francs), ou Guascones (nom attribuĂ© par les Wisigoths), ou Vascons (nom utilisĂ© aujourd'hui de maniĂšre simpliste), rentrent dans une sĂ©rie de rĂ©volte contre les MĂ©rovingiens. Les deux fils de Childebert II, ThĂ©odebert II, roi d’Austrasie et Thierry II, roi de Burgondie les battent et leur imposent un duc en la personne de Genialis.

L’autoritĂ© de Genialis, comme celle de son successeur Aighinan, chef saxon, Ă©tait plus ou moins effective puisqu’en 626 les Vascons semblent s’en ĂȘtre soustraits Ă  la suite d’une rĂ©volte. En effet, ils Ă©taient dĂ©jĂ  indĂ©pendants Ă  la mort de Clotaire II en 629, lorsque son fils Caribert II reçut en partage le "royaume de Toulouse". La Gascogne faisait certes partie du royaume que son demi-frĂšre aĂźnĂ© Dagobert Ier avait crĂ©Ă© pour lui, mais il dut en faire la conquĂȘte. Cette derniĂšre s’achevait Ă  peine lorsque mourut Caribert II, bientĂŽt suivi dans la tombe par son fils et successeur, ChilpĂ©ric, dĂ©cĂ©dĂ© Ă  l'Ăąge de 6 mois... Toutefois, Charibert II avait eu deux filles : Phligberthe qui Ă©pousa Bertrand de Bordeaux et Ode, mĂšre de Loup Ier qui rĂ©ussira Ă  rĂ©cupĂ©rer l'hĂ©ritage de son grand-pĂšre maternel.

Dagobert, devenu seul maßtre de la Gascogne, eut à combattre en 635 une révolte des Gascons qui, battus, lui firent alors allégeance.

Les rois fainĂ©ants qui lui succĂ©dĂšrent ne s’intĂ©ressĂšrent guĂšre Ă  la Gascogne qui, avec l’Aquitaine, reprit peu Ă  peu son autonomie. Le pouvoir franc, trop occupĂ© Ă  se battre contre la Neustrie, puis contre les Germains laissa s’installer un nouvel ordre.

Entre 660 et 670, suite Ă  l’alliance entre Aquitains et Gascons, le royaume de Toulouse reparut quoiqu’en cachant son nom, par le choix comme chef de FĂ©lix, patrice de Toulouse. Il fut remplacĂ© par Loup Ier (Lupus), couronnĂ© duc d’Aquitaine et de Gascogne en 672. Ce dernier, fils de Bogue (boggis) de Comminges et de Ode d'Aquitaine (fille de Caribert II et de GisĂšle de Saint-Amand d'Elnone), mourut en 710 (Bogue de Comminges Ă©tant le fils de Eudes de Comminges lui-mĂȘme fils de Bertrand de Bordeaux, comte-ÉvĂȘque de Bordeaux.)

Son successeur, Eudes, alias Yon Roi de Gascogne, pĂšre de Hunald dit Huon de Bordeaux, Ă©tait sans doute le fils de Lupus Ier. Son avĂšnement coĂŻncida avec l’arrivĂ©e des Arabes en Espagne. Eudes arrĂȘte l’invasion arabe Ă  Toulouse (09/06/721). C’est la premiĂšre rĂ©sistance chrĂ©tienne en Occident. Eudes est d’ailleurs dĂ©clarĂ© le « hĂ©ros sauveur de ChrĂ©tientĂ© Â» par le pape GrĂ©goire II (in Liber Pontificalis). Il va retenir l’invasion arabe jusqu’en 731 oĂč Charles Martel l’attaquera du nord instrumentalisĂ© par les rumeurs rĂ©pandues par les Sarrasins d’Abd al Rahman. Eudes abandonne alors les dĂ©fenses de sud pour soutenir l’attaque de Martel. Les Arabes vont en profiter pour dĂ©truire, dans un raid fulgurant, Bordeaux (732) et se lancer Ă  l’assaut de Poitiers. GrĂące au sacrifice de l’armĂ©e gasconne d’Eudes (et Ă  la bataille de Brioude qui arrĂȘte les renforts arabes), Abd al Rahman arrive Ă  Poitiers dans un Ă©tat lamentable et Martel n’aura qu’à porter le coup de grĂące (25/10/732) et Ă  ramasser ainsi la gloire facile du sauveur de la ChrĂ©tientĂ© (et de la France) qu’il faillit pourtant mettre en danger mortel par sa conduite irrĂ©flĂ©chie (voir la lettre 740 du pape GrĂ©goire III). Mais l’alliance avec Charles Martel permit de battre les envahisseurs Ă  la bataille de Poitiers et de les repousser jusqu’en Espagne.

Eudes d'Aquitaine meurt en 735. Il eut, semble-t-il, cinq enfants :

  • une fille, LampĂ©gie (lampĂ©gia), qui avait Ă©pousĂ© Abou Nessa Munuzza (Mounouz), gĂ©nĂ©ral et Ă©mir de Narbonne, Maure qui aspirait Ă  se libĂ©rer de la tutelle d’Abd el Rahman et qui, trahi, fut tuĂ© par les soldats d'Abd el Rahman Ă  Llivia, non loin de Puigcerda; LampĂ©gie dut Ă  sa grande beautĂ© d’aller finir ses jours dans le harem du sultan de Damas. Celle-ci avait Ă©tĂ© courtisĂ©e par Hildebrand, frĂšre cadet de Charles Martiaux (Marcellus) mais son pĂšre Eudes d'Aquitaine, qui voulait ouvrir une porte de sa principautĂ© vers la MĂ©diterranĂ©e, prĂ©fĂ©ra la marier Ă  Munuza ; cela renforça encore la haine des Pippinides envers les MĂ©rovingiens d'Aquitaine.
  • quatre fils :
  • Hunald ou Hunaud, l’aĂźnĂ© duc d'Aquitaine mort Ă  Pavie en 774,
  • Remistan, dĂ©capitĂ© sur ordre de PĂ©pin le Bref (roi des Francs aprĂšs un coup d'État fait avec la complicitĂ© papale qu'il rĂ©compensa par la mise au pas des Lombards et la crĂ©ation des États Pontificaux en 754), marquis du Limousin, dont l’histoire n’a gardĂ© que quelques traces,
  • Hatton, mort aprĂšs avoir Ă©tĂ© aveuglĂ© sur ordre de son frĂšre Hunald Ier qualifiĂ© de duc d’Aquitaine (ascendant de Eudes d'Oisy, chĂątelain de Cambrai nommĂ© par Charlemagne en compensation de la perte de son hĂ©ritage et des services rendus par son grand-pĂšre), comte de Poitiers et qui semble avoir possĂ©dĂ© le Poitou,
  • Loup II

A sa mort, en 735, sa dĂ©pouille fut enterrĂ©e au monastĂšre de l’Île de RĂ© qu'il avait fondĂ©, et Hunald lui succĂ©da, refusant de prĂȘter serment de fidĂ©litĂ© Ă  Charles-Martel. Une longue lutte s’ensuivit, obligeant Hunald Ă  abdiquer en 745. Il restera de nombreuses annĂ©es Ă  Rome pour plaider la cause des Aquitains mais les pontifes avaient dĂ©jĂ  choisi entre les Pippinides, puissance de tout l'Occident et les MĂ©rovingiens d'Aquitaine, simple puissance locale... son fils WaĂŻfre (dit Gaifier) reprit le flambeau, mais il fut trahi et assassinĂ© en 768, quand il fut en passe de rendre les armes Ă  PĂ©pin le Bref. PĂ©pin, oint roi des Francs en 751, devise la Gascogne en duchĂ© d’Acquitaine (entre la Loire et la Garonne) et duchĂ© d Gascogne (au sud de la Garonne).

L’Aquitaine repassait sous domination franque et les Gascons Ă©lisaient Loup II, fils d’Eudes, alors ĂągĂ© d’environ 53 ans, comme duc. Hunald II, fils de WaĂŻfre, ayant tentĂ© de soulever l’Aquitaine contre Charlemagne, et Loup II lui ayant donnĂ© refuge en 769, ce dernier fut obligĂ© par Charlemagne de lui livrer le fugitif pour Ă©viter l’invasion de la Gascogne.

Charlemagne devenait ainsi maĂźtre de l’Aquitaine et de la Gascogne, du moins le pensait-il puisque c’est Ă  cette Ă©poque, en 778, que se situe l’épisode de Roncevaux oĂč l’arriĂšre-garde de son armĂ©e qui revenait, aprĂšs avoir dĂ©truit les murailles de Pampelune (Iruñea) – laissant ainsi la ville Ă  la merci des Maures -, fut dĂ©cimĂ©e par les Gascons.

Le royaume d’Aquitaine

Article dĂ©taillĂ© : royaume d’Aquitaine.

En 781, Charlemagne fit sacrer son troisiĂšme fils, Louis alors ĂągĂ© de trois ans, roi d’Aquitaine. Ce nouvel État, royaume d’Aquitaine, comprenait l’Aquitaine proprement dite ainsi que la Gascogne et avait pour capitale Toulouse. L’administration en Ă©tait assurĂ©e par Guilhem, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine.

Les Gascons avaient Ă©levĂ© au pouvoir, aprĂšs la mort de Loup II, l’un de ses fils, Sanche Loup Ier reconnut la suzerainetĂ© de Charlemagne et prit part, contre son sentiment mais par fidĂ©litĂ©, Ă  l’expĂ©dition organisĂ©e par le roi d’Aquitaine contre Barcelone en 801. Mais cette reconnaissance fut de courte durĂ©e puisqu’en 802 Pampelune avait fait allĂ©geance Ă  l’émir de Cordoue.

Toujours est-il qu’en 812, aprĂšs une rĂ©volte menĂ©e par Semen Loup, frĂšre aĂźnĂ© de Sanche Loup Ier qui l’avait remplacĂ© Ă  sa mort, une nouvelle expĂ©dition de Louis, fils de Charlemagne, arriva jusqu’à Pampelune en passant par Dax. Louis prit la prĂ©caution, cette fois-ci, au retour par Roncevaux de s’emparer d’otages qu’il ne libĂ©ra qu’une fois arrivĂ© dans une zone sĂ»re oĂč son armĂ©e ne risquait plus d’embuscade.

À la mort de Charlemagne, Louis le DĂ©bonnaire (ou le Pieux) devint empereur et associa ses fils au gouvernement. En 817, il donna Ă  PĂ©pin Ier d’Aquitaine, la Gascogne, la marche (juridiction) de Toulouse et une partie de la Septimanie et de la Bourgogne.

Pendant ce temps, dans le duchĂ© de Gascogne, Garcia Semen, le fils aĂźnĂ© de Semen Loup avait succĂ©dĂ© Ă  son pĂšre mort en 816. Mais Garcia Semen mourut en 818 et fut remplacĂ©, Ă  son tour, par un cousin germain, Loup III. En 819, ce dernier fut dĂ©pouillĂ© de ses biens par PĂ©pin Ier qui le bannit. Cependant, pour se concilier les Gascons, il leur donna pour chef Aznar Ier, fils de Sanche qui l’aida Ă  combattre les rĂ©voltes navarraises. C’est l’époque du comtĂ© de Gascogne citĂ©rieure qui sera Ă©rigĂ© en duchĂ© de Gascogne en 852.

À la mort d'Aznar Ier en 836, ce comtĂ© puis duchĂ© de Gascogne revint Ă  son frĂšre Santz-Santz lui-mĂȘme remplacĂ©, Ă  sa mort vers 855 par son neveu Arnaud qui Ă©tait le fils de sa sƓur Sancia et de Emenon, comte de Poitiers, puis d'AngoulĂȘme. Arnaud mourut en 864 et la succession des ducs gascons n'est en rien trĂšs claire. Une lĂ©gende affirme qu'en 864, les Gascons nommĂšrent comme comte, Sanche III Menditarrat, un petit-fils de Garcia Semen. Ce Sanche III Menditarrat serait l'ancĂȘtre des futurs ducs et comtes de Gascogne qui se sont succĂ©dĂ© jusqu'en 1032, date de la mort du dernier prince de cette famille..

Les comtes de Gascogne

La chronologie difficile Ă  dĂ©mĂȘler des ducs et comtes de Gascogne devient un peu plus claire Ă  partir de Sanche Mittara (9).

Son fils Garcia Sanche (10) dit le CourbĂ© le remplaça Ă  la tĂȘte de la Gascogne avant 893. Il eut trois fils, Sanche GarcĂšs (11) qui lui succĂ©da vers 930 dans un duchĂ© amputĂ© des parts de ses frĂšres, Guillaume GarcĂšs, tige des comtes de Fezensac et d’Armagnac et Arnaud GarcĂšs, tige des comtes d’Astarac.

Sanche GarcĂšs (11) eut, semble-t-il, au moins trois fils :

  • Sanche, Guillaume et Gombaud,

Sanche Sanche (12) ne laissant aucun enfant, son frĂšre Guillaume Sanche(13), dont le fait d'arme fut sa victoire sur les Vikings[5],[6] lui succĂ©da vers 961 et rĂ©gna sur la Gascogne jusqu’en 996 au moins. Il eut, de sa femme Urraca, fille de Garcia Sanchez, roi de Pampelune cinq enfants : Bernard Guillaume, Sanche-Guillaume, Brisce, Ă©pouse de Guillaume V de Poitiers, comte de Poitiers, duc d’Aquitaine, Garsende, Ă©pouse d’un grand seigneur de Bourgogne et Toda, femme de Bernard Ier, comte de BesalĂș.

Bernard Guillaume (14), duc de Gascogne et comte de Bordeaux, Ă©tant mort le 25 dĂ©cembre 1009 sans laisser de postĂ©ritĂ©, le pouvoir Ă©chut Ă  son frĂšre Sanche Guillaume (15) qui le garda jusqu’à sa mort, le 4 octobre 1032.

Son neveu, Eudes ou Odon de Poitiers (16) hĂ©rita du duchĂ© de Gascogne puis du comtĂ© de Bordeaux. Il mourut en 1039 et Bernard (17) dit Tupamaler, comte d’Armagnac fut reconnu comte de Gascogne

Bernard (Bernat) Ă©tait, en effet, le petit-fils de Brisce de Gascogne et Ă©tait donc le descendant le plus direct de Guillaume-Sanche (13) au sens de la coutume. Mais le frĂšre d'Eudes, Guy-Geoffroy ou Guillaume VIII, duc d’Aquitaine, lui contesta le pouvoir, Ă©tant devenu comte de Bordeaux vers 1044. AprĂšs nombre de pĂ©ripĂ©ties, les Poitevins l’emportĂšrent Ă  la bataille de la Castelle en 1063. Guy-Geoffroy, plus connu sous le nom de Guillaume VIII d’Aquitaine, fut suivi par Guillaume IX, le fameux troubadour, puis par Guillaume X de Poitiers qui mourut en 1137, laissant la couronne d’Aquitaine Ă  sa fille AliĂ©nor.

En 1152, par le mariage d’AliĂ©nor avec Henri II PlantagenĂȘt, comte d’Anjou et duc de Normandie, le duchĂ© d’Aquitaine et celui de Gascogne furent unis Ă  l'empire PlantagenĂȘt qui comprenait l'Angleterre, la Normandie, l'Anjou-Maine-Touraine.

En rĂ©alitĂ©, il ne restait plus grand chose de la Gascogne de Sanche Mittara, elle-mĂȘme dĂ©jĂ  rĂ©duite par rapport Ă  la Novempopulanie par la crĂ©ation du ComtĂ© de Comminges (Xe siĂšcle) comprenant alors le Couserans. Les partages successifs entre les descendants du CourbĂ© virent la crĂ©ation d’une mosaĂŻque de seigneuries indĂ©pendantes qui reconnaissaient, ou non, la souverainetĂ© des ducs suivant les circonstances et les alliances du moment.

L'histoire de la Gascogne unie comme territoire politique s'arrĂȘte lĂ , mais pas l'histoire de la Gascogne mĂ©diĂ©vale. On pourrait dire qu'au niveau politique, il y a des « Gascognes Â». Mais la principale division sera celle entre une Gascogne occidentale, situĂ©e autour de Bordeaux, de Dax et de Bayonne, unie Ă  l'Angleterre (jusqu'en 1451/1453) et une Gascogne orientale, situĂ©e autour des comtĂ©s d'Armagnac, de Foix-Bearn et de Bigorre, qui sera pro-française pendant la guerre de Cent Ans. Il faut signaler que l'identitĂ© gasconne perdure et que le dĂ©partement du Gers veut se renommer Gascogne mĂȘme s'il ne reprĂ©sente pas l'intĂ©gralitĂ© du pays. Ainsi, le dĂ©partement des Landes veut modifier son appellation en Landes de Gascogne.

Gascons célÚbres

Sportifs célÚbres

Notes et références

  1. ↑ Charles Dartigue, Histoire de la Gascogne, PUF, Que sais-je ?, Paris, 1951
  2. ↑ RaĂșl GONZÁLEZ ARÉVALO, La costa del Reino de Granada en la documentaciĂłn nĂĄutica italiana (siglos XIV-XVI)
  3. ↑ Pierre Bec, La langue occitane, PUF, Que sais-je ?, Paris, 6e Ă©dition, 1995
  4. ↑ Voir Gascon
  5. ↑ Histoire de l'Europe et de la MĂ©diterranĂ©e
  6. ↑ HISTOIRE DE LA GASCOGNE

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Gascogne de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • GASCOGNE — La principale originalitĂ© de la Gascogne est, peut ĂȘtre, la difficultĂ© qu’il y a Ă  la dĂ©finir. Son nom, Vasconia, attestĂ© pour la premiĂšre fois en 602, lui vient des Vascons, originaires des montagnes cantabriques, qui l’envahirent Ă  la fin du… 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Gascogne —   [gas kɔÉČ] die, historisches Gebiet in SĂŒdwestfrankreich, im westlichen PyrenĂ€envorland (einschließlich des Waldgebietes des Landes), reicht bis fast zur Garonne mit der ehemaligen Hauptstadt Auch; umfasst die heutigen DĂ©partements Gers, Landes 
   Universal-Lexikon

  • Gascogne — prop. n. A region of southwestern France; Gascony. Syn: Gascony. [WordNet 1.5] 
   The Collaborative International Dictionary of English

  • Gascogne [1] — Gascogne (spr. Gaskonnj, lat. Vasconia), ehemalige Landschaft im sĂŒdwestlichen Frankreich zwischen dem Atlantischen Ocean, den westlichen PyrenĂ€en u. der Garonne, nach den Vasconen od. Basken (s.d.) genannt, die sich, gegen Ende dos 6. Jahrh. von 
   Pierer's Universal-Lexikon

  • Gascogne [2] — Gascogne (Gascoygne), Fluß auf der WestkĂŒste des Australischen Continents, mĂŒndet in die Haifischbai; breites, sandiges Bett, hĂ€ufig wasserleer, 1839 von Grey entdeckt 
   Pierer's Universal-Lexikon

  • Gascogne — (spr. konnj , Vasconia), ehemalige Provinz im sĂŒdwestlichen Frankreich, hat ihren Namen von den Basken (Vaskonen), die, in der Mitte des 6. Jahrh. von den Westgoten aus ihren Wohnsitzen am sĂŒdlichen Abhang der PyrenĂ€en verdrĂ€ngt, sich in dem… 
   Meyers Großes Konversations-Lexikon

  • Gascogne — (spr. kĂłnnj), sĂŒdfranz. Landschaft, die Dep. Landes, Hautes PyrĂ©nĂ©es, Gers und die sĂŒdl. Teile von Haute Garonne, Tarn et Garonne, Lot et Garonne umfassend, 26.520 qkm. Die G., seit 602 frĂ€nkisch, unter Herzögen, kam 1054 an Guienne, 1154 an… 
   Kleines Konversations-Lexikon

  • Gascogne — Gascogne, d.h. Baskenland, ehemalige französ. Landschaft zwischen der Garonne, dem atlant. Ocean und den WestpyrenĂ€en (im Laufe der Zeit jedoch in verschiedener Ausdehnung verstanden), von den Karolingern Frankreich unterworfen, hatte in der… 
   Herders Conversations-Lexikon

  • Gascogne — [gȧs kō̂nâ€Čy ] Fr. name for GASCONY * * * 
   Universalium

  • Gascogne — [gȧs kō̂nâ€Čy ] Fr. name for GASCONY 
   English World dictionary


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.