Gargantua

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Gargantua
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"Les pélerins mangés en salade" - Illustration de Gustave Doré, 1873

La vie trĂšs horrifique du grand Gargantua, pĂšre de Pantagruel et fils de Grangousier, ou plus simplement Gargantua, est le deuxiĂšme roman de François Rabelais. D’une structure comparable Ă  celle de Pantagruel, mais d’une Ă©criture plus complexe, il conte les annĂ©es d’apprentissage et les exploits guerriers du gĂ©ant Gargantua. Plaidoyer pour une culture humaniste contre les lourdeurs d’un enseignement sorbonnard figĂ©, Gargantua est aussi un roman plein de verve, d’une grande richesse lexicale, et d’une Ă©criture souvent crue, volontiers scatologique. ImmĂ©diatement le nouveau-nĂ© est mort de soif et rĂ©clame «à boyre». Surpris et amusĂ© par une telle soif, Grandgousier, son pĂšre, s’exclame : «Que grand (gosier) tu as», ce qui vaudra Ă  l’enfant d’ĂȘtre appelĂ© Gargantua.

Rabelais a publiĂ© Gargantua sous le mĂȘme pseudonyme que Pantagruel : Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais) Abstracteur de Quinte Essence.

Sommaire

Le Gargantua mythique

Frontispice de l'Ă©dition originale de 1532

En 1532 est publiĂ©e une Ɠuvre anonyme, Les grandes et inestimables croniques : du grant et enorme geant Gargantua[1].

Il reprend un ancien fond qui transparaĂźt dans d’innombrables traditions populaires. DerriĂšre le gĂ©ant truculent et glouton se cache une trĂšs ancienne divinitĂ© apparemment bienveillante qui remonte peut-ĂȘtre, comme l’édification des pierres dressĂ©es, au-delĂ  des Celtes, comme le dit G. E. Pillard dans Le vrai Gargantua. Mythologie d’un gĂ©ant. DĂ©jĂ  George Sand relevait, dans Les LĂ©gendes Rustiques : « je croirais que Gargantua est l’Ɠuvre du peuple et que, comme tous les grands crĂ©ateurs, Rabelais a pris son bien oĂč il l’a trouvĂ©. Â» Gargantua y est appelĂ© le Fay[rĂ©f. nĂ©cessaire] et comme toutes les FĂ©es - Morgane la FĂ©e est dite sa marraine - il a la maĂźtrise des formes et se transforme tout particuliĂšrement en Dragon, ce qui le rattache Ă  la vouivre reprĂ©sentant les Ă©nergies telluriques. Henri Dontenville et Henri Fromage lui attribuent cette dimension de « dragon Â».

Entre trois et cinq ans, Gargantua est Ă©levĂ© assez librement. Il bĂ©nĂ©ficie ensuite d’une Ă©ducation dĂ©livrĂ©e par des pĂ©dagogues traditionnels. Puis il se rend Ă  Paris pour recevoir l’enseignement de Ponocrates. En chemin, l’énorme jument qu’il monte, chasse les taons de sa queue avec une telle puissance, qu’elle dĂ©truit toute la forĂȘt de Beauce.

Gargantua peut ĂȘtre vu par le peuple comme la personnalisation d’une Ă©nergie gigantesque, mais bienfaisante qui ordonne le chaos primordial. Dans ses voyages, il modifie les paysages en laissant tomber le contenu de sa hotte. Les dĂ©pĂątures de ses souliers donnent collines et buttes, ses dĂ©jections forment des aiguilles et ses mictions des riviĂšres ! Beaucoup de mĂ©galithes sont des palets de Gargantua appelĂ©s chaise, fauteuil, Ă©cuelle
 C’est une Ă©nergie non consciente, mais orientĂ©e reconnue comme bienfaisante. Les pierres de Gargantua donnent lieu Ă  des cultes de fĂ©conditĂ© et sa troisiĂšme jambe est cĂ©lĂšbre ! Voir en cela le gĂ©ant de 54 mĂštres gravĂ© sur la pente de Cerne Abbas dans le Dorset en Grande-Bretagne. C’est une divinitĂ© phallique qui sera aussi reprĂ©sentĂ©e sous forme anguipĂšde, avec parfois une tĂȘte de bĂ©lier.

Le christianisme le diabolisa en baptisant les lieux, gouffres, chaos rocheux, pierres dressĂ©es dits de Gargantua en lieux, gouffres, chaos, pierres du diable. Dans le mĂȘme temps, il est christianisĂ© en saint Gorgon qui le remplace pour le culte de la fĂ©conditĂ©, comme Ă  Rouen. Le Mont Saint-Michel Ă©tait un ancien lieu de culte Ă  Gargantua et l’ülot Tombelaine serait la sĂ©pulture de Gargamelle. Beaucoup de monts Gargans ont, comme lui, un rapport avec l’Archange saint Michel, ainsi en est-il Ă  Rouen du quartier encore appelĂ© Mont Gargan et, sur les hauteurs de la cĂŽte Sainte-Catherine, se trouve un prieurĂ© Saint-Michel. L’église Saint-Paul du Neubourg, dans l’Eure possĂšde un vitrail intitulĂ© « Le triomphe de Saint-Michel Â» et la scĂšne du bas reprĂ©sente « Comment Saint-Michel apparu Ă  l’évĂȘque Sipoim au Mont Gargan Â». Le plus beau sommet du bas Limousin (732m), Ă  proximitĂ© de Limoges, porte le nom de mont Gargan (Gergan en occitan). À Bordeaux, sur la porte sud de l’église Saint-Michel, figure le miracle du mont Gargan. Il existe encore en France d’autres monts Gargan, prĂšs de NeufchĂątel-en-Bray, Ă  Haudivillers prĂšs de Beauvais, en Tarentaise, Ă  SaffrĂ© en Loire-Atlantique, sur le causse MĂ©jean
, sans compter les riviĂšres Gargas, Gargelle ou Jarjattes, les grottes comme la grotte prĂ©historique de Gargas, cĂ©lĂšbre pour les traces de mains qu’on y trouve. Nostradamus, dans Centuria IX, quatrain 62, lie mont Gargan et apparitions de saint Michel. Enfin, le Monte Gargano des Pouilles italiennes est devenu Ă©galement un haut-lieu de saint Michel.

Il est tout à fait vraisemblable que ces toponymes soient des rappels de ce géant populaire sur tout le terroir français.

Résumé

Enfance et Ă©ducation de Gargantua

Illustration de Gargantua par Gustave Doré.

Jean Audeau, un simple agriculteur, dĂ©couvre par accident dans un Ă©norme tumulus un petit livret qui contient la gĂ©nĂ©alogie des gĂ©ants d’autrefois. Grandgousier, le pĂšre de Gargantua, adore manger. Il Ă©pouse Gargamelle, fille du roi des Parpaillons. De leur union naĂźt Gargantua qu’elle porte pendant onze mois. Selon Rabelais, de la durĂ©e d’une grossesse dĂ©pend la perfection du nouveau-nĂ© : plus la grossesse dure longtemps, plus le nouveau-nĂ© sera un « chef d’Ɠuvre Â». Gargamelle, enceinte de Gargantua, fait abattre des centaines de milliers de bƓufs pour mardi-gras, et elle invite des amis pour ce repas trop imposant pour elle. MalgrĂ© son Ă©tat et les remontrances de son mari, Gargamelle ne peut rĂ©sister aux tripes et au vin. Ils dansent, chantent, commencent Ă  se disputer. Ivres, ils tiennent des propos incohĂ©rents. Pendant la beuverie, Gargamelle ressent des contractions et met au monde de maniĂšre insolite Gargantua. Il sort de l’oreille gauche de sa mĂšre et rĂ©clame aussitĂŽt Ă  boire.

Son pĂšre, en dĂ©couvrant l’enfant, s’écrie : « Quel grand (gosier) tu as Â» Et l’enfant est appelĂ© alors Gargantua. Pour l’allaiter, il faut le lait de dix-sept mille neuf cent treize vaches. Enfin, pour le calmer, on lui donne Ă  boire. Gargantua est habillĂ© de blanc et de bleu, les deux couleurs du blason de son pĂšre. Ses habits sont immenses, comme ses chaussures, sa ceinture, son Ă©pĂ©e ...

Le blanc symbolise la joie, le plaisir, les dĂ©lices et les rĂ©jouissances. Le bleu symbolise les choses cĂ©lestes. C’est Grandgousier qui a choisi ces couleurs. Rabelais polĂ©mique sur les couleurs que porte Gargantua. Il fait l’historique de la symbolique des couleurs depuis les temps antiques. Il dĂ©clare que le blanc signifie la victoire, la gaietĂ© et la vie, par opposition au noir, symbolisant la tristesse et le deuil. Chaque couleur symbolise des Ă©motions qu’une autre couleur contredit.

Puis, l’enfance de Gargantua est Ă©voquĂ©e. De trois Ă  cinq ans, ses parents ne lui imposent pas de limites : il boit, mange, dort, court aprĂšs les papillons et se roule dans les ordures selon son bon plaisir. Il a le mĂȘme Ă©tat d’esprit que les autres enfants. Gargantua se voit offrir un cheval de bois pour qu’il devienne un bon cavalier. Il se passionne pour l’équitation, au point de crĂ©er lui-mĂȘme ses propres chevaux de bois. Des amis de son pĂšre se rendent chez Grandgousier et Gargantua pour leur faire une farce. Grandgousier rentre victorieux et retrouve son fils. Pendant son absence, Gargantua a inventĂ© un torchecul d’un oison et, devant l’intelligence de son fils, Grandgousier dĂ©cide de lui faire apprendre les lettres latines par un thĂ©ologien rĂ©putĂ©, Thubal Holoferne. Ce dernier lui fait apprendre et rĂ©citer par cƓur, Ă  l’endroit et Ă  l’envers, d’aprĂšs les mĂ©thodes moyenĂągeuses, les lettres gothiques.

Son pĂšre s’aperçoit alors que Gargantua s’abrutit et radote. Grandgousier dĂ©cide Ă  la mort de Thubal Holoferne de lui donner un nouveau professeur. Remarquant le manque de progrĂšs, Grandgousier se plaint Ă  l’un de ses amis qui lui recommande Ponocrates, un prĂ©cepteur humaniste. Pour preuve de son talent, il lui amĂšne un des disciples qui lui parle avec une telle aisance que Grandgousier souhaite le mĂȘme pĂ©dagogue pour son fils. Ponocrates devient alors le maĂźtre de Gargantua. Grandgousier reçoit en cadeau du roi de Numidie une Ă©norme jument, richement harnachĂ©e. GrĂące Ă  cette offrande, Gargantua peut partir pour Paris, et y suivre les leçons du cĂ©lĂšbre prĂ©cepteur, Ponocrates. Sur la route, la jument chasse les taons et les mouches de sa queue avec une telle force qu’elle rase toute la forĂȘt de Beauce. Gargantua arrive enfin Ă  Paris.

Gargantua visite la citĂ© de Paris et fait l’objet de la curiositĂ© des Parisiens. Pensant qu’ils attendent un cadeau de bienvenue, Gargantua leur urine dessus, en gage de bonne volontĂ©, et noie la plupart des habitants. Puis, il emporte les cloches de Notre-Dame pour les accrocher au cou de sa jument. Le doyen des rescapĂ©s est envoyĂ© par la Sorbonne pour tenter de le convaincre de rendre les cloches Ă  la ville. Janotus de Braquemardo, le messager de la Sorbonne, se prĂ©sente au logis de Gargantua et argumente de façon complexe en prenant compte les sujets d’intĂ©rĂȘts de Gargantua : le vin, les rĂ©compenses
 Ce dernier prend conseil au prĂšs de son prĂ©cepteur. Puis MaĂźtre Janotus de Braquemardo s’agenouille et supplie Gargantua pour rĂ©cupĂ©rer les cloches : « Rendez Ă  CĂ©sar ce qui appartient Ă  CĂ©sar et Ă  Dieu ce qui appartient Ă  Dieu Â». Ils Ă©clatent alors de rire. Gargantua lui offre des cadeaux. Janotus retrouve les maĂźtres de la Sorbonne mais ces derniers refusent de le payer. Janotus leur entame aussitĂŽt procĂšs sur procĂšs. Finalement les cloches sont remises en l’état et les Parisiens, pour remercier Gargantua, soignent et nourrissent sa jument.

La mĂ©thode de travail de Ponocrates consiste d’abord Ă  observer Gargantua sans intervenir. AprĂšs ses observations, Ponocrates lui impose un nouvel emploi du temps et mode de travail afin de lui faire oublier ses anciennes leçons, il lui fait boire une potion qui nettoie le cerveau de Gargantua. Les Saintes-Écritures sont dĂ©sormais la base du savoir de Gargantua. L’exercice physique et l’hygiĂšne sont dĂ©sormais importants dans son apprentissage. Le maĂźtre lui apprend le mĂ©tier des armes et dĂ©veloppe son esprit critique. Quand le temps n’est pas propice aux exercices, il apprend l’art, la mĂ©tallurgie, l’artisanat, la rhĂ©torique, l’escrime, l’herboristerie
 De temps en temps, il quitte la ville pour s’amuser et chasser. Ponocrates fait de Gargantua un Ă©rudit.

La guerre picrocholine

Illustration du Quart Livre par Gustave Doré.

Pendant la saison des vendanges, les bergers du terroir de Grangousier gardent les vignes. Des vendeurs de fouaces passent Ă  proximitĂ©. Les bergers leur demandent bien poliment de leur vendre de leur fouace, mais les fouaciers refusent et insultent mĂȘme les bergers. L’un d’eux, nommĂ© Frogier, se vexe de ces insultes et leur fait entendre qu’ils n’avaient pas Ă  agir de cette façon, et que les bergers leur auraient donnĂ©, en plus de l’argent, des raisins. À ces mots, Marquet, un fouacier, lui dit de venir prendre de sa fouace, mais il fouette violemment Frogier. Celui-ci crie au meurtre et lance en mĂȘme temps une grande verge qui atteint Marquet Ă  la tempe et l’assomme. Les bergers et les mĂ©tayers viennent Ă  la rescousse et chassent les fouaciers. Les bergers se servent alors en fouaces et payent les fouaciers avant de banqueter. Ces derniers se rendent aussitĂŽt chez leur roi, Picrochole, qui rĂ©plique immĂ©diatement en mobilisant troupes et matĂ©riels.

L’armĂ©e se met en route, pille et saccage la campagne de Grandgousier
 L’abbaye de Seuilly, protĂ©gĂ©e par ses fortes murailles, rĂ©siste. Les moines s’enferment dans l’église et prient tandis que leurs ennemis volent les vendanges. Alors frĂšre Jean, moine tĂ©mĂ©raire, s’enhardit et frappe si fort les pillards avec son bĂąton qu’il les tue. MalgrĂ© la peste, les soldats pillent tout. Picrochole, roi de Lerne, quitte alors le domaine de l’abbaye pendant la nuit et se rend dans un chĂąteau pour s’y barricader solidement. Grandgousier apprend la conduite de frĂšre Jean et de Picrochole, mais il veut Ă  tout prix prĂ©server la paix. Il dĂ©cide de rappeler Gargantua et d’envoyer un messager Ă  Picrochole. Grandgousier Ă©crit Ă  Gargantua une lettre dans laquelle il dĂ©clare avoir tout accordĂ© Ă  Picrochole pour sauver la paix. Il affirme aussi sa volontĂ© de dĂ©fendre ses terres de la folie guerriĂšre de Picrochole et demande Ă  Gargantua de venir lui prĂȘter assistance. Grandgousier envoie un messager Ă  Picrochole, Ulrich Gallet, pour lui intimer ses conditions. Ce dernier se rend alors au chĂąteau de Picrochole. Ulrich rapporte Ă  Picrochole la surprise, la colĂšre de Grandgousier qui lui demande les raisons de cette amitiĂ© trahie et de la guerre. Il lui intime aussi de retourner sur ses terres, de le dĂ©dommager et de lui laisser des otages. Picrochole refuse.

Au retour d’Ulrich, Grandgousier, pour Ă©viter une nouvelle fois la guerre, fait envoyer Ă  Picrochole des richesses en remboursement des fouaces, cause des hostilitĂ©s. Picrochole y voit un aveu de faiblesse et saisit toutes les richesses que lui a envoyĂ©es Grandgousier, sans mettre fin aux hostilitĂ©s. Pendant ce temps, les aides de camp de Picrochole dressent le plan de bataille. Ils rĂȘvent qu’aprĂšs avoir soumis facilement Grandgousier, ils conquerront l’ensemble du monde. Gargantua quitte Paris et se rend chez son pĂšre. Partis en reconnaissance, Gymnaste et son compagnon tombent sur des pillards. Ces derniers veulent les dĂ©trousser, mais Gymnaste prĂ©tend ĂȘtre possĂ©dĂ©. Leur chef, Tripet, hĂ©site Ă  voler le cheval de Gymnaste. Comme l’appelle le « bon diable Â», pour les effrayer encore plus, Gymnaste fait des pirouettes et des cabrioles sur son cheval. Les soldats prennent peur et s’enfuient. Pour finir, Gymnaste charge et tue Tripet. Cet incident apporte Ă  Gargantua de nombreuses informations sur le manque de prĂ©paration militaire des ennemis. Sa jument fait dĂ©border la riviĂšre en urinant et les ennemis en aval sont noyĂ©s. Puis, il rase d’un seul coup le chĂąteau de GuĂ© de VĂšde. Enfin, avec ses compagnons il passe le guĂ©. Ils arrivent chez Grandgousier, qui les attendait avec impatience. En se peignant Gargantua fait tomber de ses cheveux des boulets de canon. Il ne s’était mĂȘme pas aperçu que, pendant l’attaque du chĂąteau de VĂšde, les dĂ©fenseurs lui avaient tirĂ© dessus.

Grandgousier dĂ©cide d’organiser un immense festin pour le retour de son fils. Gargantua a envie de salade ; il cueille les laitues rĂ©putĂ©es les plus grandes dans un jardin et emporte inopinĂ©ment six pĂšlerins qui s’y Ă©taient abritĂ©s pour la nuit. Il avale sa salade et les pĂšlerins. Ceux-ci ne doivent leur survie qu’au fait que s’accrochant aux dents du gĂ©ant et que malencontreusement en tĂątant autour d’eux avec leur bĂątons, ils touchent un point sensible. Gargantua, muni d’un cure-dent, les retire de sa bouche les uns aprĂšs les autres. Pendant le souper, Grandgousier explique Ă  Gargantua les raisons des hostilitĂ©s contre Picrochole. Il lui raconte le courage de frĂšre Jean. Gargantua ordonne de le faire venir. Ces derniers s’apprĂ©cient aussitĂŽt et ils se mettent Ă  boire. Ivres, ils divaguent en propos incohĂ©rents. Au cours du repas, EudĂ©mon, un des compagnons de Gargantua, s’étonne que les moines soient rejetĂ©s du monde. Gargantua lui expose qu’ils ne travaillent pas de leurs mains, qu’ils dĂ©rangent les mortels, et qu’ils vivent des pĂ©chĂ©s des hommes. Gymnaste s’interroge sur le fait que les clercs aient de si longs nez. FrĂšre Jean lui raconte que sa nourrice avait les seins mous et que son nez s’y s’enfonçait comme dans du beurre et qu’il grandissait comme la pĂąte avec du levain. AprĂšs le repas, Gargantua et ses compagnons dĂ©cident d’attaquer Ă  minuit les troupes de Picrochole. Gargantua n’arrive pas Ă  s’endormir. Alors frĂšre Jean lui conseille de prier Dieu et au premier psaume, ils s’endorment tous les deux. À minuit, le moine, habituĂ© au rythme des matines, s’éveille en sursaut et rĂ©veille tous ses compagnons d’armes. Puis il dĂ©crĂšte que chaque matin, il se purgera avec du vin. Tous se prĂ©parent alors, Ă  passer Ă  l’attaque. Le moine encourage ses compagnons d’armes mais surestime ses capacitĂ©s guerriĂšres. VitupĂ©rant contre l’ennemi, il passe sous un noyer et y reste accrochĂ©. EudĂ©mon grimpe dans l’arbre et dĂ©croche le moine. FrĂšre Jean abandonne son Ă©quipement guerrier et ne garde que son bĂąton.

AprĂšs avoir eu connaissance de la dĂ©route de Tripet, et croyant que Gargantua est rĂ©ellement accompagnĂ© de dĂ©mons, Picrochole envoie une avant-garde qu’il a fait asperger d’eau bĂ©nite. Gargantua et l’avant-garde se rencontrent. Les soldats ennemis, terrorisĂ©s par frĂšre Jean qui crie « par tous les diables, Â» s’enfuient sauf leur chef, Tyravant, qui charge tĂȘte baissĂ©e. FrĂšre Jean l’assomme puis, seul, poursuit l’armĂ©e en dĂ©route. Gargantua dĂ©cide de ne pas charger. Mais finalement, frĂšre Jean est fait prisonnier et l’avant-garde contre attaque. Gargantua reprend le dessus de la bataille. Entre temps, le moine tue ses deux gardiens et fond sur les arriĂšres de l’armĂ©e ennemie en pleine confusion. Il fait prisonnier Toucquedillon, l’aide de camp de Picrochole. Gargantua est trĂšs malheureux pour son ami qu’il pense toujours prisonnier. Soudain, ce dernier apparaĂźt avec Toucquedillon et cinq pĂšlerins que Picrochole gardait en otages. Ils festoient. Gargantua questionne les pĂšlerins et leur offre chevaux pour rentrer chez eux. Toucquedillon est prĂ©sentĂ© Ă  Grandgousier. Par bontĂ© d’ñme, il le libĂšre afin qu’il puisse raisonner son chef. Les pays amis de Grandgousier lui proposent leur aide, mais il la refuse car ses forces sont suffisantes. Il mobilise ses lĂ©gions. Toucquedillon propose Ă  Picrochole de se rĂ©concilier avec Grandgousier. Hastiveau dĂ©clare que Toucquedillon est un traĂźtre mais ce dernier le tue. Et Ă  son tour Toucquedillon est tuĂ© par Picrochole. Gargantua et ses hommes attaquent le chĂąteau de Picrochole. Les dĂ©fenseurs hĂ©sitent sur la conduite Ă  tenir. Gargantua passe Ă  l’assaut et frĂšre Jean tue quelques soldats de Picrochole.

Voyant sa dĂ©faite inĂ©luctable, Picrochole dĂ©cide de fuir. Sur la route, son cheval trĂ©buche et par colĂšre il le tue. Il tente alors de voler un Ăąne Ă  des meuniers qui rĂ©agissent violemment et finalement le volent. Et depuis, personne ne sait ce qu’il est devenu. Gargantua recense les rescapĂ©s. Par bienveillance Gargantua libĂšre les soldats faits prisonniers et il leur verse trois mois de solde afin qu’ils puissent rentrer chez eux et indemnise les paysans victimes de la guerre. Il organise un festin grandiose oĂč il offre Ă  ses seigneurs terres et privilĂšges.

Notes et références

  1. ↑ Titre complet : « Les grandes et inestimables croniques du grant et enorme geant Gargantua. Contenant sa genealogie. La grandeur & force de son corps. Aussi les merveillieux faictz darmes quil fist pour le roy Artus comme verrez cy apres. Imprime nouvellement. Â» Lire en ligne sur le site de l'universitĂ© de Tours

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