Galileo Galilei

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Galileo Galilei

Galilée (savant)

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Galileo Galilei
Portrait de Galileo Galilei par Giusto Sustermans en 1636.
Portrait de Galileo Galilei par Giusto Sustermans en 1636.
Naissance 15 février 1564
Pise (Italie)
Décès 8 janvier 1642
Arcetri près de Florence (Italie)
Domicile Grand-duché de Toscane
Nationalité Italien
Champs Astronomie, mathématiques physique
Institution Université de Pise
Université de Padoue
C√©l√®bre pour Astronomie, cin√©matique, dynamique, h√©liocentrisme, lunette astronomique
Signature
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Galil√©e, en italien : Galileo Galilei (n√© √† Pise le 15 f√©vrier 1564 et mort √† Arcetri pr√®s de Florence, le 8 janvier 1642) est un physicien et astronome italien du XVIIe si√®cle, c√©l√®bre pour avoir jet√© les fondements des sciences m√©caniques ainsi que pour sa d√©fense opini√Ętre de la conception copernicienne de l'univers.

Ses réalisations comprennent le perfectionnement de la lunette astronomique dont l'invention proviendrait de l'amélioration de la longue-vue conçue par l'opticien hollandais Hans Lippershey en 1608, ainsi qu'une amélioration notable au niveau des observations astronomiques comme la possibilité, par exemple, de confirmer les phases de Vénus. Dans le domaine des mathématiques et de la physique, il a surtout contribué à faire avancer les connaissances relatives à la cinématique et la dynamique.

Ardent d√©fenseur du syst√®me de Nicolas Copernic (h√©liocentrisme), il s'est heurt√© √† de vives critiques √©manant des partisans du g√©ocentrisme ainsi qu'√† celles de l'√Čglise catholique romaine. Il est consid√©r√© comme le p√®re de l'observation astronomique et de la physique moderne.

Sommaire

Les premières années

L'enfance

Galil√©e, de son v√©ritable nom Galileo Galilei, na√ģt √† Pise le 15 f√©vrier 1564, fils de Vincenzo Galilei et de Giulia Ammannati di Pescia, l'a√ģn√© de leurs 7 enfants. La famille appartient √† la petite noblesse et gagne sa vie dans le commerce. Vincenzo Galilei, son p√®re, est luthier, musicien, chanteur, et auteur en 1581 d'un Dialogue de la musique moderne. Il participe √† des controverses sur la th√©orie musicale.

La maison natale (au centre) de Galileo Galilei à Pise.

Galil√©e fait preuve tr√®s t√īt d'une grande habilet√© manuelle et d'un bon sens de l'observation[r√©f. n√©cessaire]. Enfant, il s'amuse √† r√©aliser les maquettes de machines qu'il a aper√ßues.

Il est √©duqu√© chez ses parents jusqu'√† l'√Ęge de 10 ans. Ceux-ci d√©m√©nagent alors √† Florence et le confient √† un pr√™tre du voisinage, Jacopo Borghini, pendant deux ans[1]. Par la suite, Galil√©e entre au couvent de Santa Maria de Vallombrosa et y re√ßoit une √©ducation religieuse. Pouss√© au noviciat par ses ma√ģtres[r√©f. n√©cessaire], il ne poursuit pas sa carri√®re eccl√©siastique tr√®s longtemps : son p√®re, profitant d'une maladie des yeux de son fils, le ram√®ne √† Florence en 1579.

Deux ans plus tard, Vincenzo Galilei l'inscrit √† l'universit√© de Pise o√Ļ il suit des cours de m√©decine (sur les traces d'un de ses glorieux anc√™tres, le magister (ma√ģtre) Galilaeus de Galilaeis, (1370 - ~1450)), mais sans y porter de l'int√©r√™t. Il revient √† Florence en 1585 sans avoir fini ses √©tudes ni obtenu son dipl√īme.

La découverte de sa vocation

Galileo Galilei par Domenico Robusti en 1605.

Dès 1583, Galilée est initié aux mathématiques par Ostilio Ricci, un ami de la famille, élève de Tartaglia. Bien que Ricci soit un savant peu renommé, il a l'habitude, rare à l'époque, de lier la théorie à la pratique par l'expérience.

A l'√Ęge de dix-neuf ans il d√©couvrit, en chronom√©trant √† l'aide de son pouls les oscillations d'un lustre de la cath√©drale de Pise, les lois du pendulaire et trouva ainsi cette formule :

T=2\pi\left( \sqrt\frac{l}{g} \right)

Toutefois, ce ne fut qu'à la fin de sa vie, dans un ouvrage publié en 1638, qu'il exposa cette découverte.

√Čbloui par l'Ňďuvre d'Euclide[r√©f. n√©cessaire], n'ayant aucun go√Ľt pour la m√©decine et encore moins pour les disputes scolastiques et la philosophie aristot√©licienne[r√©f. n√©cessaire], Galil√©e r√©oriente ses √©tudes vers les math√©matiques. D√®s lors, il se r√©clame de Pythagore, de Platon et d'Archim√®de et contre l'aristot√©lisme[r√©f. n√©cessaire]. Encore √©tudiant, il d√©couvre la loi de l'isochronisme des pendules[r√©f. n√©cessaire], premi√®re √©tape de ce qui sera la d√©couverte d'une nouvelle science : la m√©canique[r√©f. n√©cessaire]. Dans le courant humaniste, il r√©dige aussi un pamphlet f√©roce sur le professorat de son temps. Toute sa vie, Galil√©e refuse d'√™tre compar√© aux professeurs de son √©poque, ce qui lui vaudra d'avoir de nombreux ennemis[r√©f. n√©cessaire].

Deux ans plus tard, il est de retour √† Florence sans dipl√īme, mais avec de grandes connaissances et une grande curiosit√© scientifique.

De Florence à Pise (1585-1592)

Le Pendule pesant de Galilée à la Cathédrale (Duomo) de Pise.

Galilée commence par démontrer plusieurs théorèmes sur le centre de gravité de certains solides dans son Theoremata circa centrum gravitatis solidum et entreprend en 1586 de reconstituer la balance hydrostatique d'Archimède ou Bilancetta[2]. En même temps, il poursuit ses études sur les oscillations du pendule pesant et invente le pulsomètre. Cet appareil permettait d'aider à la mesure du pouls et fournissait un étalon de temps, qui n'existait pas à l'époque. Il débute aussi ses études sur la chute des corps.

En 1588, il est invité par l'Accademia Fiorentina (Académie florentine) à présenter deux leçons sur la forme, le lieu et la dimension de l'Enfer de Dante.

Parallèlement à ses activités, il cherche un emploi de professeur dans une université, il rencontre alors, entre autres grands personnages, le père jésuite Christophorus Clavius, sommité des mathématiques au Collège pontifical. Il rencontre aussi le mathématicien Guidobaldo del Monte. Ce dernier recommande Galilée au duc Ferdinand Ier de Toscane, qui le nomme à la chaire de mathématique de l'université de Pise pour 60 écus d'or par an, une misère. Sa leçon inaugurale a lieu le 12 novembre 1589.

En 1590 et 1591, il d√©couvre la cyclo√Įde et s'en sert pour dessiner des arches de ponts.

Il exp√©rimente √©galement sur la chute des corps et r√©dige son premier ouvrage de m√©canique, le De motu (Le mouvement). La r√©alit√© m√™me de ces ¬ę exp√©riences ¬Ľ est aujourd'hui largement mise en doute et serait une invention de son premier biographe, Vincenzo Viviani. Ce volume contient des id√©es nouvelles pour l'√©poque, mais il expose encore, bien √©videmment les principes de l'√©cole aristot√©licienne et le syst√®me de Ptol√©m√©e. Galil√©e les enseigne d'ailleurs longtemps apr√®s avoir √©t√© convaincu de la justesse du syst√®me copernicien, faute de preuves tangibles.

L'université de Padoue (1592-1610)

En 1592, Galil√©e part enseigner √† l'universit√© de Padoue o√Ļ il reste 18 ans[3]. Le d√©part de Pise, apr√®s seulement 3 ans, s'explique par un diff√©rend l'opposant √† un fils du grand-duc Ferdinand Ier de Toscane.

Padoue appartenait à la puissante République de Venise, ce qui garantissait à Galilée une grande liberté intellectuelle, l'Inquisition y étant très peu puissante. Même si Giordano Bruno avait été livré à l'Inquisition par les patriciens de la République, Galilée pouvait effectuer ses recherches sans trop de soucis. Venise est alors très réputée pour son arsenal, ce qui offre à Galilée de grandes possibilités. Détail qui a son importance, la ville est également célèbre pour la qualité de son industrie verrière.

Il enseigne la mécanique appliquée, les mathématiques, l'astronomie et l'architecture militaire. Il professait alors publiquement le système de Ptolémée, n'osant pas encore s'insurger contre les idées admises, bien qu'ayant déjà adopté personnellement le système de Copernic. Ses leçons de mécanique eurent un succès considérable, et le Père Mersenne publiera en France en 1674 les Méchaniques de Galilée.

Depuis la mort de son p√®re en 1591, Galil√©e doit subvenir aux besoins de la famille. Il est accapar√© par ses t√Ęches d'enseignement : il donne de nombreux cours particuliers √† de riches √©tudiants qu'il h√©berge chez lui. Mais il est pi√®tre gestionnaire et seule l'aide financi√®re de ses protecteurs et amis lui permet d'√©quilibrer ses comptes.

En 1593, il r√©dige le Trattato di Forticazioni (trait√© des fortification) et le Trattato di Meccaniche (trait√© de m√©canique) √† l'intention de ses √©tudiants de cours particuliers. Les travaux de Galil√©e permettent une meilleure efficacit√© de l'artillerie lourde (ils √©tablissent qu'un canon devait √™tre point√© √† 45¬į pour avoir sa port√©e maximale) et ne font l'objet d'aucune contestation.

En 1597, il am√©liore et fabrique un compas de proportion, le compas g√©om√©trique et militaire, anc√™tre de la r√®gle √† calcul, qui conna√ģt un grand succ√®s commercial. Il n'en r√©dige le mode d'emploi que neuf ans plus tard.

En 1599, Galilée participe à la fondation de l’Accademia dei Ricovrati avec l’abbé Federico Cornaro.

La m√™me ann√©e, Galil√©e rencontre Marina Gamba, une jeune V√©nitienne issue de famille modeste qui a d√©j√† des enfants et avec laquelle il entretient une liaison jusqu'en 1610 (ils ne sont pas mari√©s et ne vivent pas sous le m√™me toit). En 1600, sa premi√®re fille Virginia na√ģt, suivie par sa sŇďur Livia en 1601, puis un fils, Vincenzo, en 1606. Apr√®s la s√©paration (non conflictuelle) du couple, Galil√©e se charge des enfants. Il place plus tard ses filles au couvent √† Arcetri, Virginie deviendra sŇďur Marie C√©leste car fille d'un homme fascin√© par les √©toiles.

L'année 1604

1604 est une ann√©e mirabilis pour Galil√©e :

  • En juillet, il teste sa pompe √† eau dans un jardin de Padoue.
  • En octobre, il d√©couvre la loi du mouvement uniform√©ment acc√©l√©r√©, qu'il associe √† une loi des vitesses erron√©es.
  • En d√©cembre, il d√©bute son observation d'une nova connue depuis le 10 octobre au moins. Il consacre 5 le√ßons sur le sujet le mois suivant, et en f√©vrier 1605 il co-publie Dialogo de Cecco di Ronchitti in Perpuosito de la Stella Nova avec Girolamo Spinelli. Bien que l'apparition d'une nouvelle √©toile, et sa disparition soudaine, entre en totale contradiction avec la th√©orie √©tablie de l'inalt√©rabilit√© des cieux, Galil√©e reste encore aristot√©licien en public, mais il est d√©j√† fermement copernicien en priv√©. Il attend la preuve irr√©futable sur laquelle s'appuyer pour d√©noncer l'aristot√©lisme.

Reprenant ses études sur le mouvement, Galilée montre que les projectiles suivent, dans le vide, des trajectoires paraboliques.

De 1606 à 1609

En 1606, Galil√©e construit son premier thermoscope[r√©f. n√©cessaire][4], l'un des premiers appareils de l'histoire permettant de comparer de fa√ßon objective le niveau de chaud et de froid. Cette m√™me ann√©e, Galil√©e et deux de ses amis tombent malades le m√™me jour d'une m√™me maladie infectieuse. Seul Galil√©e survit, mais il restera perclus de rhumatismes pour le restant de ses jours.

Dans les deux années qui suivent, le savant étudie les armatures d'aimants. On peut encore voir ses travaux au musée d'Histoire de la Science (Musée de la Storia della Scienza) de Florence.

La lunette

Perfectionnement de la lunette astronomique

Réplique d'une lunette astronomique de Galilée.
Dessin de la lune par Galilée, publié dans " Sidereus Nuncius " en 1610.

En mai 1609, Galil√©e (ou plut√īt Paolo Sarpi ?) re√ßoit de Paris une lettre du Fran√ßais Jacques Badovere, l'un de ses anciens √©tudiants, qui lui confirme une rumeur insistante : l'existence d'une lunette con√ßue par l'opticien hollandais Hans Lippershey en 1608 permettant de voir les objets √©loign√©s. Fabriqu√©e en Hollande, cette lunette aurait d√©j√† permis de voir des √©toiles invisibles √† l'Ňďil nu. Sur cette seule description, Galil√©e, qui ne donne plus de cours √† Cosme II de M√©dicis, construit sa premi√®re lunette. Contrairement √† la lunette hollandaise, celle-ci ne d√©forme pas les objets et les grossit 6 fois, soit deux fois plus que sa concurrente. Il est aussi le seul √† l'√©poque √† r√©ussir √† obtenir une image droite gr√Ęce √† l'utilisation d'une lentille divergente en oculaire. Cette invention marque un tournant dans la vie de Galil√©e.

Le 21 ao√Ľt 1609, venant √† peine de terminer sa deuxi√®me lunette (elle grossit huit ou neuf fois), il la pr√©sente au S√©nat de Venise. La d√©monstration a lieu au sommet du Campanile de la place Saint-Marc. Les spectateurs sont enthousiasm√©s : sous leurs yeux, Murano, situ√©e √† 2,5 km semble √™tre √† environ 300 m seulement.

Galilée offre son instrument et en lègue les droits à la République de Venise, très intéressée par les applications militaires de l'objet. En récompense, Galilée est confirmé à vie à son poste de Padoue et ses gages sont doublés. Il est enfin libéré des difficultés financières.

Il faut cependant signaler que, contrairement √† ses all√©gations, Galil√©e ne ma√ģtrisait pas la th√©orie optique et que les instruments fabriqu√©s sont de qualit√© tr√®s variable. Certaines lunettes sont pratiquement inutilisables (en tout cas en observation astronomique). En avril 1610, √† Bologne, par exemple, la d√©monstration de la lunette est d√©sastreuse, ainsi que le rapporte Martin Horky dans une lettre √† Kepler.

Galilée lui-même reconnaissait, en mars 1610, que, sur plus de 60 lunettes qu'il avait construites, quelques-unes seulement étaient adéquates. De nombreux témoignages, y compris celui de Kepler, confirment la médiocrité des premiers instruments.

Montées sur de simple tubes en bois, les lentilles conçues par Galilée permirent pour la première fois à l'oeil humain d'étudier de près la lune, les taches solaires et les planètes proches de la terre.

Plusieurs lunettes astronomiques construites par Galilée sont exposées au Musée de l'Histoire de la science (Florence).

L'observation de la Lune

Phases de la lune dessinées par Galilée en 1616.

Pendant l'automne, Galilée continue à développer sa lunette. En novembre, il fabrique un instrument qui grandit une vingtaine de fois. Il prend le temps de tourner sa lunette vers le ciel. Très vite, en observant les phases de la lune, il découvre, quelques mois après Thomas Harriot, que cet astre n'est pas parfait comme le voulait la théorie aristotélicienne.

La physique aristot√©licienne, qui faisait autorit√© √† l'√©poque, distinguait deux mondes :

  • le monde ¬ę sublunaire ¬Ľ : comprenant la Terre et tout ce qui se trouve entre la Terre et la Lune ; dans ce monde tout est imparfait et changeant ;
  • le monde ¬ę supralunaire ¬Ľ : qui part de la Lune et s'√©tend au-del√†. Dans cette zone, il n'existait plus que des formes g√©om√©triques parfaites (des sph√®res) et des mouvements r√©guliers immuables (circulaires).

Galil√©e quant √† lui, observa une zone transitoire entre l'ombre et la lumi√®re, le terminateur, qui n'√©tait en rien r√©guli√®re, ce qui par cons√©quent invalidait la th√©orie aristot√©licienne. Galil√©e en d√©duit l'existence de montagnes sur la Lune et estime m√™me leur hauteur √† 7 000 m√®tres, davantage que la plus haute montagne connue √† l'√©poque. Il faut dire que les moyens techniques de l'√©poque ne permettaient pas de conna√ģtre l'altitude des montagnes terrestres sans fantaisie. Quand Galil√©e publie son Sidereus Nuncius (Messager C√©leste), il pense que les montagnes lunaires sont plus √©lev√©es que celles de la Terre, bien qu'en r√©alit√© elles soient √©quivalentes.

La tête dans les étoiles

Notes manuscrites historiques de Galilée décrivant pour la première fois sa découverte des lunes de Jupiter en 1610.

En quelques semaines, il d√©couvre la nature de la Voie lact√©e, d√©nombre les √©toiles de la constellation d'Orion et constate que certaines √©toiles visibles √† l'Ňďil nu sont en fait des amas d'√©toiles. Il √©tudie √©galement les taches solaires.

Le 7 janvier 1610, Galil√©e fait une d√©couverte capitale : il remarque 3 petites √©toiles √† c√īt√© de Jupiter. Apr√®s quelques nuits d'observation, il d√©couvre qu'elles sont quatre et accompagnent la plan√®te. Ce sont les satellites de Jupiter, qu'il nomme les √©toiles M√©dic√©es. Ils seront nomm√©s Callisto, Europe, Ganym√®de et Io (aujourd'hui baptis√©s lunes galil√©ennes) par Simon Marius, qui en revendiquera √©galement la d√©couverte plusieurs ann√©es apr√®s. Le 4 mars 1610, il publie √† Florence ses d√©couvertes dans Le Messager des √©toiles (Sidereus Nuncius), r√©sultat de ses premi√®res observations stellaires.

Pour lui, Jupiter et ses satellites sont un mod√®le du syst√®me solaire. Gr√Ęce √† eux, il pense pouvoir d√©montrer que les ¬ę orbes de cristal ¬Ľ d‚ÄôAristote n'existent pas et que tous les corps c√©lestes ne tournent pas autour de la Terre. C'est un coup tr√®s rude port√© aux aristot√©liciens. Il corrige aussi certains coperniciens qui pr√©tendent que tous les corps c√©lestes tournent autour du Soleil (sauf la Lune).

Afin de se prot√©ger du besoin et sans doute d√©sireux de retourner √† Florence, Galil√©e rebaptise les satellites de Jupiter qui sont pour quelque temps les ¬ę astres m√©dic√©ens ¬Ľ, en l'honneur de Cosme II de M√©dicis, son ancien √©l√®ve et grand-duc de Toscane. Galil√©e a h√©sit√© entre Cosmica sidera et Medicea sidera. Le jeu de mots ¬ę Cosmica = Cosme ¬Ľ est √©videmment volontaire et c'est seulement apr√®s la premi√®re impression qu'il retient la deuxi√®me d√©nomination.

Le 10 avril, il fait observer ces astres √† la cour de Toscane. C'est le triomphe. Le m√™me mois, il donne trois cours sur le sujet √† Padoue. Toujours en avril, Johannes Kepler offre son soutien √† Galil√©e. L'astronome allemand ne confirme pas vraiment cette d√©couverte puisqu'il n'a pas encore eu acc√®s √† la lunette, il offre seulement une dissertation-discussion (enthousiaste pour son aspect copernicien) sur la pertinence du petit ouvrage de Galil√©e. C'est la Dissertatio cum Nuncio Sidereo o√Ļ m√™me la question de l'impact sur les fondements de l'astrologie est abord√©e (ces nouvelles plan√®tes invalident-elles l'astrologie de la tradition ? Question remise au go√Ľt du jour depuis 2006 avec l'actualit√© des plan√©to√Įdes plutoniens et le d√©classement de Pluton). En septembre 1610, Kepler publie sa Narratio, un compte-rendu court et pr√©cis de l'observation des compagnons de Jupiter : c'est l√† qu'il cr√©e le n√©ologisme "satellite" (garde du corps en latin). En effet, si l'on ajoutait des "plan√®tes" au syst√®me solaire, son syst√®me des 5 solides (1596, Mysterium Cosmographicum) serait invalid√©...
A noter que Galil√©e ne lui fit jamais parvenir une seule lunette, et ce malgr√© son soutien officiel en tant qu'Astronome Imp√©rial. L'observation des satellites de Jupiter n'a pu avoir lieu que par l'emprunt d'une lunette (qu'il eut √† disposition une ou deux nuits seulement). Galil√©e, en effet, s'est toujours m√©fi√© des √©crits kepl√©riens faisant une part belle √† l'astrologie, √† l'√Čcriture Sainte (Kepler est protestant et th√©ologien de formation) ou, √† partir de 1609, √† des ellipses et des forces dans le syst√®me solaire. Galil√©e qualifiera m√™me de pu√©rile l'id√©e d'une attraction mutuelle entre les eaux des mers et la Lune... rappelant trop la symbolique astrologique.

Observations à Florence, présentation à Rome

Le 10 juillet 1610, Galilée quitte Venise pour Florence.

Malgré l'avis de ses amis Fra Paolo Sarpi et Nicolò Sagredo, qui craignent que sa liberté ne soit bridée, il a, en effet, accepté le poste de Premier Mathématicien de l'Université de Pise (sans charge de cours, ni obligation de résidence) et celui de Premier Mathématicien et Premier Philosophe du grand-duc de Toscane.

Le 25 juillet 1610, Galil√©e tourne sa lunette astronomique vers Saturne et d√©couvre son √©trange apparence : oOo (les oreilles de Saturne, dit-on alors). Mais c'est seulement 50 ans plus tard et avec des instruments plus puissants que Christiaan Huygens comprendra la nature des anneaux de Saturne.
Galil√©e prot√©gera la paternit√© de sa d√©couverte en incluant dans ses √©crits une phrase cod√©e, une devinette pour lui servir de t√©moin : SMAISMRMILMEPOETALEVNIPVENGTTAVIRAS qui contient la phrase latine : Altissumum Planetam tergeminum observavi (J'ai d√©couvert que la plan√®te plus haut plac√©e √©tait triple), √©nigme qu'il d√©voilera plus tard.

Le mois suivant, Galilée trouve une astuce pour observer le Soleil à la lunette et découvre les taches solaires. Il en donne une explication satisfaisante.

En septembre 1610, poursuivant ses observations, il d√©couvre les phases de V√©nus. Pour lui, c'est une nouvelle preuve de la v√©rit√© du syst√®me copernicien, car s'il est facile d'interpr√©ter ce ph√©nom√®ne gr√Ęce √† l'hypoth√®se h√©liocentrique, il est beaucoup plus difficile de le faire √† l'aide de l'hypoth√®se g√©ocentrique.

Il est invité le 29 mars 1611 par le cardinal Maffeo Barberini (futur Urbain VIII) à présenter ses découvertes au Collège pontifical de Rome et à la jeune Académie des Lynx. Galilée reste dans la capitale pontificale un mois complet, durant lequel il reçoit tous les honneurs. L'Académie des Lynx notamment, lui réserve un accueil enthousiaste et l'admet en tant que 6e membre. Dorénavant, le lynx de l'Académie ornera le frontispice de toutes les publications de Galilée.

Le 24 avril 1611, le Collège romain, composé de jésuites et dont Christophorus Clavius est le membre le plus éminent, confirme au cardinal Bellarmin que les observations de Galilée sont exactes. Cependant, les savants se gardent bien de confirmer ou d'infirmer les conclusions que le Florentin en a tirées.

Galilée retourne à Florence le 4 juin.

Galilée attaqué et condamné par les autorités

L'opposition s'organise

Maison de Galilée Costa San Giorgio à Florence.
Les quatre lunes galil√©ennes de Jupiter d√©couvertes par Galil√©e en 1610 : Callisto, Ganym√®de, Europe et Io

Galilée semble voler de succès en succès et convaincre tout le monde. Pourtant, les partisans de la théorie géocentrique selon Aristote sont devenus ses ennemis acharnés et les attaques contre lui ont commencé dès la parution du Sidereus Nuncius. Ils ne peuvent pas se permettre de perdre la face et ne veulent pas voir leur science remise en question.

De plus, les m√©thodes de Galil√©e, bas√©es sur l'observation et l'exp√©rience plut√īt que sur l'autorit√© des partisans des th√©ories g√©ocentriques (qui s'appuyaient sur le prestige d'Aristote), sont en opposition compl√®te avec les leurs, √† tel point que Galil√©e refuse d'√™tre compar√© √† eux.

D'abord, ce ne sont que des escarmouches. Mais Nicol√≤ Sagredo √©crit tout de m√™me √† Galil√©e, fra√ģchement arriv√© √† Florence :

¬ę La puissance et la g√©n√©rosit√© de votre prince (le grand-duc de Toscane) permettent d'esp√©rer qu'il saura reconna√ģtre votre d√©vouement et votre m√©rite ; mais dans les mers agit√©es des cours, qui peut √©viter d'√™tre, je ne dirai pas coul√©, mais au moins durement secou√© par les rafales furieuses de la jalousie ? ¬Ľ

La premi√®re fl√®che vient de Martin Horky, disciple du professeur Giovanni Antonio Magini et ennemi de Galil√©e. Cet assistant publie en juin 1610, sans consulter son ma√ģtre, un pamphlet contre le Sidereus Nuncius. Hormis les attaques personnelles, son argument principal est le suivant :

¬ę Les astrologues ont fait leurs horoscopes en tenant compte de tout ce qui bougeait dans les cieux. Donc les astres m√©dic√©ens ne servent √† rien et, Dieu ne cr√©ant pas de choses inutiles, ces astres ne peuvent pas exister. ¬Ľ

Il est ridiculis√© par les partisans de Galil√©e, qui r√©pondent que ces astres servent √† une chose : faire enrager Horky. Devenu la ris√©e de toute l'universit√©, Horky est finalement chass√© par son ma√ģtre : Giovanni Antonio Magini ne tol√®re pas un √©chec aussi cuisant. Au mois d'ao√Ľt, un certain Sizzi tente le m√™me genre d'attaque avec le m√™me genre d'arguments, sans plus de succ√®s.

Une fois les observations de Galil√©e confirm√©es par le Coll√®ge romain, les attaques changent de nature. Ludovico Delle Combe attaque sur le plan religieux en demandant si Galil√©e compte interpr√©ter la Bible pour la faire s'accorder √† ses th√©ories. √Ä cette √©poque en effet, et avant les travaux ex√©g√©tiques du XIXe si√®cle, le psaume 93 (92) laissait entendre une cosmologie g√©ocentrique (dans la ligne : ¬ę Tu as fix√© la terre ferme et immobile. ¬Ľ)

Les attaques se font plus violentes

Galilée, de retour à Florence, est inattaquable sur le plan astronomique. Ses adversaires vont donc critiquer sa théorie des corps flottants. Galilée prétend que la glace flotte parce qu'elle est plus légère que l'eau, alors que les aristotéliciens pensent que c'est dans sa nature de flotter. (Physique quantitative et mathématique de Galilée contre physique qualitative d'Aristote). L'attaque aura lieu durant un repas à la table de Cosme II au mois de septembre 1611.

Galil√©e est oppos√© aux professeurs de Pise et notamment √† Delle Combe lui-m√™me, durant ce qu'on appelle la ¬ę bataille des corps flottants ¬Ľ. Galil√©e r√©alise l'exp√©rience et sort victorieux de l'√©change. Quelques mois plus tard, il en tirera un opuscule o√Ļ il pr√©sente sa th√©orie.

En dehors de ces démêlés, Galilée continue ses recherches. Son système de détermination des longitudes par l'observation de la position des satellites de Jupiter est proposé à l'Espagne par l'ambassadeur de Toscane.

En 1612, il entreprend une discussion avec ¬ę Apelles latens post tabulam ¬Ľ (pseudonyme du j√©suite Christophe Scheiner), un astronome allemand, au sujet des taches solaires. Apelles d√©fend l'incorruptibilit√© du Soleil en arguant que les taches sont en r√©alit√© des amas d'√©toiles entre le Soleil et la Terre. Galil√©e d√©montre que les taches sont soit √† la surface m√™me du Soleil, soit si proches qu'on ne peut mesurer leur altitude. L'Acad√©mie des Lynx publiera cette correspondance le 22 mars 1613 sous le titre d'Istoria e dimostrazioni intorno alle marchie solari e loro accidenti. Scheiner finira par adh√©rer √† la th√®se galil√©enne.

Le 2 novembre 1612, la querelle reprend. Le dominicain Niccolo Lorini, professeur d'histoire ecclésiastique à Florence, prononce un sermon résolument opposé à la théorie de la rotation de la Terre. Sermon sans conséquence particulière, mais qui marque les débuts des attaques religieuses. Les opposants utilisent le passage biblique (Josué 10, 12-14) dans lequel Josué arrête la course du Soleil et de la lune, comme arme théologique contre Galilée.

En d√©cembre 1613, le professeur Benedetto Castelli, ancien √©l√®ve de Galil√©e et un de ses coll√®gues √† Pise, est somm√© par la grande-duchesse douairi√®re Christine de Lorraine de prouver l'orthodoxie de la doctrine copernicienne. Galil√©e viendra en aide √† son disciple en lui √©crivant une lettre le 21 d√©cembre 1613 (traduite dans "Galil√©e, dialogues et lettres choisies", 1966, Hermann) sur le rapport entre science et religion, affirmant que dans le domaine des ph√©nom√®nes physiques, l'√Čcriture Sainte n'a pas de juridiction. La grande-duchesse est rassur√©e, mais la controverse ne faiblit pas.

Galilée cependant, continue ses travaux. Du 12 au 15 novembre, il reçoit Jean Tarde, à qui il présente son microscope et ses travaux d'astronomie. En 1614, il fait la connaissance de Jean-Baptiste Baliani, physicien génois, qui sera son ami et correspondant pendant de longues années.

La censure de la thèse copernicienne (1616)

Galilée face au tribunal de l'Inquisition Catholique Romain peint au XIXe siècle par Joseph-Nicolas Robert-Fleury.

Le 20 d√©cembre, le p√®re Caccini attaque tr√®s violemment Galil√©e √† l'√©glise Santa Maria Novella. Le 6 janvier 1615, un copernicien, le carm√©lite Paolo Foscarini, publie une lettre traitant positivement de l'opinion des pythagoriciens et de Copernic sur la mobilit√© de la Terre. Il envisage le syst√®me copernicien en tant que r√©alit√© physique. La controverse prend une telle ampleur que le cardinal Bellarmin, pourtant favorable √† Galil√©e, est oblig√© d'intervenir le 12 avril. Il √©crit une lettre √† Foscarini o√Ļ il condamne sans √©quivoque la th√®se h√©liocentrique en l'absence de r√©futation concluante du syst√®me g√©ocentrique. Tout en reconnaissant l'int√©r√™t pratique, pour le calcul astronomique, du syst√®me de Copernic, il d√©clarait formellement imprudent de l'√©riger en v√©rit√© physique.

En r√©action, vers avril 1615, Galil√©e √©crit √† Christine de Lorraine une longue lettre dans laquelle il d√©veloppe admirablement ses arguments en faveur de l'orthodoxie du syst√®me copernicien. Galil√©e y explique que ¬ę l'intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on doit aller au ciel, et non comment va le ciel ¬Ľ. On y voit par ailleurs les passages des √Čcritures qui posaient probl√®me d'un point de vue cosmologique. Cette lettre est, elle aussi, largement diffus√©e. Pour Galil√©e, c'√©tait accepter le d√©placement du d√©bat sur le terrain de la foi.

Malgr√© cela, Galil√©e est oblig√© de se rendre √† Rome pour se d√©fendre contre les calomnies et surtout essayer d'√©viter une interdiction de la doctrine copernicienne. Mais il lui manque la preuve irr√©futable de la rotation de la Terre pour appuyer ses plaidoiries. Son intervention arrive trop tard : Lorini, par lettre de d√©nonciation, avait d√©j√† pr√©venu Rome de l'arriv√©e de Galil√©e et le Saint-Office avait d√©j√† commenc√© l'instruction de l'affaire.

Cherchant toujours une preuve du mouvement de la Terre pour répondre aux objections du cardinal Bellarmin, Galilée pense la trouver dans le phénomène des marées. Le 8 février 1616, il envoie sa théorie des marées (Discorso del Flusso e Reflusso) au cardinal Orsini. Cette théorie rappelle la relation entre les marées et la position apparente de la Lune, qui tourne moins vite autour de la Terre (29,57 jours) que la Terre n'est supposée tourner sur elle-même (1 jour). Malheureusement, Galilée ne peut expliquer ainsi qu'une marée par jour alors qu'il en est couramment observé deux, parfois avec un peu de décalage sur l'heure astronomique qui ne sera expliqué que plus tard par la dynamique des fluides. Elle reste en revanche compatible avec le principe d'inertie admis par Galilée. L'influence de la Lune sur les marées avait déjà été soulignée par Kepler, mais Galilée n'en avait pas alors tenu compte. Il fallut attendre l'année 1728 et les observations de Bradley sur l'aberration de la lumière pour avoir une première preuve directe du mouvement de la Terre par rapport aux étoiles.

L'intransigeance de Galil√©e, qui refuse l'√©quivalence des hypoth√®ses copernicienne et ptol√©m√©enne, a sans doute pr√©cipit√© les √©v√©nements. De fait, sur la question de la translation de la terre et de sa rotation sur elle-m√™me, les arguments d√©cisifs n'ont √©t√© acquis qu'au d√©but du XIXe si√®cle. L'√©quivalence des hypoth√®ses √©tait la conclusion rationnelle justifi√©e pour l'√©poque ; et non l'affirmation d'une r√©alit√© physique telle que soutenue par Galil√©e.Selon une √©tude du proc√®s par le philosophe des science Paul Feyerabend (voir par exemple dans Adieu la Raison), en pr√©sentant sa th√©orie comme une v√©rit√© absolue (ce qui transformerait sa cosmologie en une cosmogonie), Galil√©e se placerait dans le domaine de la Foi, ce qui justifierait l'intervention de la censure, comme s'il ne pouvait pas y avoir de v√©rit√© scientifique! Paul Feyerabend essaye de montrer que l'attitude de l'inquisiteur Robert Bellarmin serait au moins aussi scientifique que celle de Galil√©e: une cosmologie (qu'elle soit d'ailleurs copernicienne ou ptol√©m√©enne) ne peut qu'√™tre une th√©orie, sans pouvoir pr√©tendre √† la v√©rit√© tant qu'elle ne repose pas sur l'observation et l'exp√©rience. Cependant, cette distinction entre th√©orie et v√©rit√©, que notre √©poque moderne per√ßoit mieux, √©tait trop nouvelle pour l'√©poque ; l'acte d'accusation de Galil√©e fait lui-m√™me la confusion en reprochant √† Galil√©e de tenir pour vrai l'h√©liocentrisme, non pas parce que ce n'est qu'une th√©orie, mais parce que cette th√®se est ¬ę na√Įve et absurde en philosophie, et formellement h√©r√©tique en tant que contredisant explicitement le sens de nombreux passage des Saintes √Čcritures ¬Ľ.

Malgré deux mois passés à remuer ciel et terre pour empêcher l'inévitable, il est convoqué le 16 février 1616 par le Saint-Office pour l'examen des propositions de censure. C'est une catastrophe pour lui. Les 25 février et 26 février 1616, la censure est ratifiée par l'Inquisition et par le pape Paul V. La théorie copernicienne est condamnée. Galilée n'est pas inquiété personnellement mais est prié d'enseigner sa thèse en la présentant comme une hypothèse. Cet arrêté s'étend à tous les pays catholiques.

Progrès des thèses de Galilée

Portrait au crayon de Galileo Galilei réalisée par leoni

Cette affaire a beaucoup éprouvé Galilée. Ses maladies reviennent le tourmenter pendant les deux années suivantes et son activité scientifique se réduit. Il reprend seulement son étude de la détermination des longitudes en mer. Ses deux filles entrent dans les ordres.

En 1618, on observe le passage de trois comètes, phénomène qui relance la polémique sur l'incorruptibilité des cieux.

En 1619, le p√®re j√©suite Horatio Grassi publie De tribus cometis anni 1618 disputatio astronomica. Il y d√©fend le point de vue de Tycho Brahe sur les trajectoires elliptiques des com√®tes. Galil√©e riposte d'abord par l'interm√©diaire de son √©l√®ve Mario Guidicci qui publie en juin 1619 Discorso delle comete o√Ļ il d√©veloppe une th√©orie farfelue sur les com√®tes, allant jusqu'√† en faire des ph√©nom√®nes m√©t√©orologiques.

En octobre, Horatio Grassi attaque Galil√©e dans un pamphlet plus sournois : aux consid√©rations scientifiques se m√™lent des insinuations religieuses malveillantes et tr√®s dangereuses au temps de la Contre-R√©forme.

Cependant, Galilée, encouragé par son ami le cardinal Barberini (futur pape Urbain VIII) et soutenu par l'Académie des Lynx, y répondra avec ironie dans Il Saggiatore (ou L'Essayeur). Grassi, l'un des plus grands savants jésuites, sera ridiculisé.

Lorsque Peiresc, ami et ancien élève de Galilée, apprend qu'il est inquiété, il envoie une lettre au cardinal Barberini. .

Entre-temps, Galilée a repris son étude des satellites de Jupiter. Malheureusement des difficultés techniques l'obligent à abandonner le calcul de leurs éphémérides. Galilée se voit couvert d'honneurs en 1620 et 1622.

Le 28 ao√Ľt 1620, le cardinal Maffeo Barberini adresse √† son ami le po√®me Adulatio Perniciosa qu'il a compos√© √† son honneur. Le 20 janvier 1621, Galil√©e devient consul de l'Accademia fiorentina. Le 28 f√©vrier, Cosme II, le protecteur de Galil√©e, meurt subitement.

En 1622, √† Francfort, para√ģt une Apologie de Galil√©e r√©dig√©e par Tommaso Campanella en 1616. Un d√©fenseur bien encombrant, car Campanella est d√©j√† convaincu d'h√©r√©sie.

Le 6 ao√Ľt 1623, le cardinal Maffeo Barberini est √©lu Pape sous le nom de Urbain VIII. Le 3 f√©vrier 1623 Galil√©e re√ßoit l'autorisation de publier son Saggiatore qu'il d√©die au nouveau Pape. L'ouvrage para√ģt le 20 octobre 1623. Ce sont d'abord les qualit√©s pol√©miques (et litt√©raires) de l'ouvrage qui assureront son succ√®s √† l'√©poque. Il n'en demeure pas moins qu'en quelques mois et dans une atmosph√®re de grande effervescence culturelle, Galil√©e devient en quelque sorte le porte-drapeau des cercles intellectuels romains en r√©bellion contre le conformisme intellectuel et scientifique impos√© par les J√©suites.

Les années suivantes sont assez calmes pour Galilée malgré les attaques des aristotéliciens. Il en profite pour perfectionner son microscope composé (septembre 1624).

En 1626, Galil√©e poursuit ses recherches sur l'armature de l'aimant. Il re√ßoit aussi la visite d'√Člie Dodati, qui apportera les copies de ses manuscrits √† Paris. En 1628, Galil√©e tombe gravement malade et manque de mourir en mars.

L'ann√©e suivante, ses adversaires tentent de le priver de l'allocation qu'il re√ßoit de l'Universit√© de Pise, mais la manŇďuvre √©choue.

Le Dialogue et la condamnation de 1633

L'ouvrage Dialogue sur les deux grands systèmes du monde demandé à Galilée par le Pape Urbain VIII vers 1620 et publié en 1632.
Galilée face au tribunal de l'Inquisition catholique romain peint en 1857 par Cristiano Banti.

Dans les ann√©es 1620, apr√®s la censure de ses th√®ses, Galil√©e passe un mois √† Rome o√Ļ il est re√ßu plusieurs fois par le pape Urbain VIII. Ce dernier lui soumet l'id√©e de son prochain livre Dialogue sur les deux grands syst√®mes du monde, ouvrage qui pr√©senterait de fa√ßon impartiale √† la fois le syst√®me aristot√©licien et le syst√®me copernicien. Il charge Galil√©e de l'√©crire.

Jusqu'en 1631 Galilée consacre son temps à l'écriture du Dialogo et à tenter de le faire admettre par la censure. L'ouvrage est achevé d'imprimer en février 1632. Les yeux de Galilée commencent à le trahir en mars et avril.

Le 21 f√©vrier 1632, Galil√©e, prot√©g√© par le pape Urbain VIII et le grand-duc de Toscane Ferdinand II de M√©dicis, petit-fils de Christine de Lorraine, fait para√ģtre √† Florence son dialogue des Massimi sistemi (Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo, Dialogue sur les deux grands syst√®mes du monde), o√Ļ il raille implicitement le g√©ocentrisme de Ptol√©m√©e.

Ce Dialogue est √† la fois une r√©volution et un scandale. Le Dialogue se d√©roule √† Venise sur quatre journ√©es entre trois interlocuteurs : Filippo Salviati, un Florentin partisan de Copernic, Giovan Francesco Sagredo, un V√©nitien √©clair√© mais sans a priori, et Simplicio, un pi√®tre d√©fenseur de la physique aristot√©licienne, un personnage dans lequel Urbain VIII se serait (peut-√™tre) reconnu. Mais, lorsqu'on lui reprocha le caract√®re ostensiblement p√©joratif du nom, Galil√©e r√©pondit qu'il s'agissait de Simplicius de Cilicie.

Le pape lui-m√™me se range donc vite √† l'avis des adversaires de Galil√©e : il lui avait demand√© une pr√©sentation objective des deux th√©ories, pas un plaidoyer en faveur de Copernic.

Galil√©e est donc √† nouveau convoqu√© par le Saint-Office, le 1er octobre 1632. Ce qui lui est reproch√© n'est pas sa th√®se elle-m√™me, mais de ne pas respecter une d√©cision de justice - ce qui justifie des sanctions p√©nales (encore de nos jours). Son livre est en effet ouvertement pro-copernicien, bafouant l'interdit de 1616 (la mise √† l'index de ces th√®ses ne sera lev√©e qu'en 1757). Malade, il ne peut se rendre √† Rome qu'en f√©vrier 1633. Les interrogatoires se poursuivent jusqu'au 21 juin o√Ļ la menace de torture est √©voqu√©e sur ordre du pape ; Galil√©e c√®de.

Le 22 juin 1633, au couvent dominicain de Santa-Maria, la sentence est rendue : Galil√©e est condamn√© √† la prison √† vie (peine imm√©diatement commu√©e en r√©sidence √† vie par Urbain VIII) et l'ouvrage est interdit. Il prononce √©galement la formule d'abjuration que le Saint-Office avait pr√©par√©e :

¬ę Moi, Galil√©o, fils de feu Vincenzio Galilei de Florence, √Ęg√© de soixante dix ans, ici traduit pour y √™tre jug√©, agenouill√© devant les tr√®s √©minents et r√©v√©r√©s cardinaux inquisiteurs g√©n√©raux contre toute h√©r√©sie dans la chr√©tient√©, ayant devant les yeux et touchant de ma main les Saints √Čvangiles, jure que j'ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l'aide de Dieu tiendrai pour vrai dans le futur, tout ce que la Sainte √Čglise Catholique et Apostolique affirme, pr√©sente et enseigne. Cependant, alors que j'avais √©t√© condamn√© par injonction du Saint Office d'abandonner compl√®tement la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde et ne se d√©place pas, et que la Terre n'est pas au centre du monde et se d√©place, et de ne pas d√©fendre ni enseigner cette doctrine erron√©e de quelque mani√®re que ce soit, par oral ou par √©crit; et apr√®s avoir √©t√© averti que cette doctrine n'est pas conforme √† ce que disent les Saintes √Čcritures, j'ai √©crit et publi√© un livre dans lequel je traite de cette doctrine condamn√©e et la pr√©sente par des arguments tr√®s pressants, sans la r√©futer en aucune mani√®re; ce pour quoi j'ai √©t√© tenu pour hautement suspect d'h√©r√©sie, pour avoir profess√© et cru que le Soleil est le centre du monde, et est sans mouvement, et que la terre n'est pas le centre, et se meut. [...][5] ¬Ľ

Le fameux apart√© attribu√© √† Galil√©e E pur si muove! (ou Eppur si muove - ¬ę Et pourtant elle tourne ¬Ľ) est probablement apocryphe[6].

Le texte de la sentence est diffus√© largement : √† Rome le 2 juillet, le 12 ao√Ľt √† Florence. La nouvelle arrive en Allemagne fin ao√Ľt, en Belgique en septembre. Les d√©crets du Saint-Office ne seront jamais publi√©s en France, mais, prudemment et pour √©viter la controverse, Ren√© Descartes renonce √† faire para√ģtre son trait√© du monde et de la lumi√®re.

Beaucoup (y compris Descartes), à l'époque, pensèrent que Galilée était la victime d'une cabale des Jésuites qui se vengeaient ainsi de l'affront subi par Horatio Grassi dans le Saggiatore.

Les positions du théologien liégeois Libert Froidmont (de l'Université de Louvain) éclairent bien toute l'équivoque de la condamnation de Galilée.

La fin

D'abord assigné à résidence chez l'archevêque Piccolomini à Sienne, il obtient finalement d'être relégué chez lui, à Florence dans sa villa d'Arcetri[7], la Villa le Gioiello[8], non loin de ses filles au couvent.

Au d√©but, personne n'est autoris√© √† se rendre chez le ¬ę prisonnier d'Arcetri ¬Ľ mais cette interdiction s'assouplit ensuite, ce qui lui permet de recevoir quelques visites et lui fournit l'occasion de faire passer la fronti√®re √† quelques ouvrages en cours de r√©daction. Ces livres paraissent √† Strasbourg et √† Paris en traduction latine.

Galileo Galilei, Discorsi e Dimostrazioni Matematiche Intorno a Due Nuove Scienze, 1638 (1400x1400).png
Mausolée de Galilée à l'église Santa Croce de Florence.

En 1636, Louis Elzevier re√ßoit une √©bauche des Discours sur deux sciences nouvelles de la part du ma√ģtre florentin. C'est le dernier livre qu'√©crira Galil√©e, ouvrage o√Ļ le scientifique a consign√© les d√©couvertes d'o√Ļ est n√©e la dynamique moderne ; il y √©tablit les fondements de la m√©canique en tant que science et marque ainsi la fin de la physique aristot√©licienne. Il tente aussi de poser les bases de la R√©sistance des mat√©riaux, avec moins de succ√®s. Il finira ce livre de justesse, car le 4 juillet 1637, il perd l'usage de son Ňďil droit.

Le 2 janvier 1638, Galil√©e perd d√©finitivement la vue. Par chance, Dino Peri a re√ßu l'autorisation de vivre chez Galil√©e pour l'assister avec le p√®re Ambrogetti qui prendra note de la sixi√®me et derni√®re partie des Discours. Cette partie ne para√ģtra qu'en 1718. L'ouvrage complet para√ģt en juillet 1638 √† Leyde (Pays-Bas) et √† Paris. Il est lu par les grands esprits de l'√©poque. Descartes par exemple enverra ses observations √† Mersenne, l'√©diteur parisien.

Il restera à Arcetri jusqu'à sa mort, entouré de ses disciples (Viviani, Torricelli, Peri, etc.), travaillant à l'astronomie et autres sciences. Fin 1641, Galilée envisage d'appliquer l'oscillation du pendule aux mécanismes d'horloge.

Quelques jours plus tard, le 8 janvier 1642, Galil√©e s'√©teint √† Arcetri, une petite colline au sud de Florence, √† l'√Ęge de 78 ans. Son corps est inhum√© religieusement √† Florence le 9 janvier dans le caveau familial de l'√©glise de Santa Croce de Florence. Un mausol√©e sera √©rig√© en son honneur le 13 mars 1736.

Post√©rit√© : de l'incompr√©hension des scientifiques √† l'hommage de l'√Čglise

Le proc√®s de Galil√©e, sp√©cialement pour son ouvrage Dialogue sur les deux grands syst√®mes du monde (1633), a eu des retomb√©es consid√©rables sur la m√©thode scientifique, tant la m√©thode exp√©rimentale que th√©orique, mais aussi indirectement sur la philosophie et d'autres domaines de la pens√©e. En philosophie, on vit ainsi appara√ģtre des courants de pens√©e rationalistes (Descartes), et empiriques (voir Francis Bacon, mais aussi Robert Boyle).

Article d√©taill√© : R√©volution copernicienne.

XVIIe si√®cle: r√©actions des scientifiques

La th√©orie de l'h√©liocentrisme, souleva d'abord des questions sur l'aristot√©lisme (Terre fixe au centre de l'univers), et sur la m√©taphysique, qui entra√ģn√®rent des r√©actions des scientifiques :

XVIIIe si√®cle : le pape Beno√ģt XIV autorise les ouvrages sur l'h√©liocentrisme

Le pape Beno√ģt XIV autorisa les ouvrages sur l'h√©liocentrisme dans la premi√®re moiti√© du XVIIIe si√®cle, et ceci en deux temps :

  • En 1741, devant la preuve optique de l'orbitation de la Terre faite par Bradley en 1728, il fit donner par le Saint-Office l'imprimatur √† la premi√®re √©dition des Ňďuvres compl√®tes de Galil√©e, avec cependant l'ajout du fait que le mouvement de la Terre est suppos√©. Ce geste constitua une r√©vision implicite des sentences de 1616 et 1633, m√™me si celles-ci ne furent pas abrog√©es.
  • En 1757, les ouvrages favorables √† l'h√©liocentrisme furent √† nouveau autoris√©s, par un d√©cret de la Congr√©gation de l'Index, qui retira ces ouvrages du catalogue des livres interdits.

XIXe si√®cle : les travaux d'ex√©g√®se s'intensifient

Les protestants travaill√®rent sur l'Ancien Testament, tandis que les catholiques s'attel√®rent au Nouveau Testament. Le pape L√©on XIII indiqua les r√®gles √† adopter pour les √©tudes bibliques (encyclique Providentissimus Deus de 1893). 19 traductions de la Bible en fran√ßais parurent au XIXe si√®cle.

En 1820, le chanoine Settele s'apprête à publier ses éléments d'optique et d'astronomie, et se voit opposer un refus d'imprimer. L'auteur injustement censuré s'adresse au pape Pie VII, dont il reçoit en 1822 une sentence favorable. C'est la dernière manifestation de l'interdiction des écrits coperniciens.

XXe si√®cle : l'√Čglise reconna√ģt ses erreurs

Article d√©taill√© : repentance de l'√Čglise.
Sa statue sur le piazzale des Offices de Florence

Les papes modernes ont rendu hommage au grand savant qu'√©tait Galil√©e. L'√Čglise catholique a reconnu lors du concile Vatican II que les interventions de certains chr√©tiens dans l'Histoire dans le domaine scientifique √©taient indues, en mentionnant Galil√©e.

De nouvelles traductions de la Bible sont apparues dans la deuxi√®me moiti√© du XXe si√®cle, tenant compte des √©tudes bibliques (ex√©g√®se et herm√©neutique) lanc√©es par les papes L√©on XIII et Pie XII (qui ne s'est pas offusqu√© de la th√©orie du Big Bang, voir Pie XII et le Big Bang).

En 1979 et en 1981, le pape Jean-Paul II chargea une commission d'√©tudier la controverse ptol√©m√©o-copernicienne des XVIe-XVIIe si√®cle. Jean-Paul II consid√©ra qu'il ne s'agissait pas d'une r√©habilitation, le tribunal qui a condamn√© Galil√©e n'existant plus. Celle-ci est d'ailleurs implicite apr√®s les autorisations donn√©es par Beno√ģt XIV en 1741 et en 1757.

Le 31 octobre 1992, Jean-Paul II rendit une nouvelle fois hommage au savant lors de son discours aux participants √† la session pl√©ni√®re de l'Acad√©mie pontificale des sciences[9]. Il a reconnu clairement les erreurs de certains th√©ologiens du XVIIe si√®cle dans l'affaire :

¬ę Ainsi la science nouvelle, avec ses m√©thodes et la libert√© de recherche qu'elle suppose, obligeait les th√©ologiens √† s'interroger sur leurs propres crit√®res d'interpr√©tation de l'√Čcriture. La plupart n'ont pas su le faire. ¬Ľ
¬ę Paradoxalement, Galil√©e, croyant sinc√®re, s'est montr√© plus perspicace sur ce point que ses adversaires th√©ologiens. ¬ę Si l'√©criture ne peut errer, √©crit-il √† Benedetto Castelli, certains de ses interpr√®tes et commentateurs le peuvent, et de plusieurs fa√ßons ¬Ľ. On conna√ģt aussi sa lettre √† Christine de Lorraine (1615) qui est comme un petit trait√© d'herm√©neutique biblique. ¬Ľ

XXIe si√®cle

En octobre 2005, le livre du cardinal Paul Poupard sur l'affaire Galilée est publié.

En janvier 2008, une controverse √©clate entre 67[10] professeurs de l'Universit√© de Rome ¬ę La Sapienza ¬Ľ soutenus par des √©tudiants et le pape Beno√ģt XVI, au point que ce dernier doit renoncer √† participer √† la c√©r√©monie d'inauguration de l'ann√©e universitaire √† laquelle il avait √©t√© convi√©. Ces professeurs reprochent au pape sa position sur l'affaire Galil√©e telle qu'elle √©tait apparue dans un discours prononc√© par lui √† Parme en 1990[11], dans lequel il s'appuie sur l'interpr√©tation du philosophe des sciences Paul Feyerabend jugeant la position de l'√Čglise d'alors plus rationnelle que celle de Galil√©e[12]. Une manifestation en soutien du pape r√©unit 100 000 fid√®les sur la place Saint-Pierre le 20 janvier 2008[10].

Le 15 février 2009, soit 445 ans jour pour jour après la naissance de Galilée, le président du Conseil pontifical pour la culture célèbre une messe en l'honneur de Galilée en la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs[13].

Hommages à Galilée

  • l'ast√©ro√Įde (697) Galilea a √©t√© nomm√© en son honneur, √† l'occasion du 300e anniversaire de sa d√©couverte des lunes galil√©ennes ;
  • Galileo est le nom d'une sonde de la NASA envoy√©e vers Jupiter et ses satellites ;
  • L'institut Galil√©e est un p√īle scientifique constitu√© de huit laboratoires de recherche, six formations d'ing√©nieurs et une √©cole doctorale ;
  • La Haute √Čcole Galil√©e est un √©tablissement d'enseignement sup√©rieur bruxellois dans le domaine de la communication (master journalisme, publicit√©, ...), des soins infirmiers (bachelier en soins infirmiers), de l'enseignement (bachelier r√©gent de l'enseignement secondaire inf√©rieur, ...) et du secteur √©conomique (bachelier en secr√©tariat de direction et bachelier en tourisme) ;
  • Galileo est aussi le futur syst√®me de positionnement europ√©en ;
  • La vie de Galil√©e est une pi√®ce de th√©√Ętre de Bertolt Brecht ;
  • la vie de Galil√©e fait √©galement l'objet d'un album du groupe de Metal Allemand Haggard avec l'opus ¬ę Eppur Si Muove ¬Ľ qui lui est enti√®rement consacr√© ;
  • en 2005, un t√©l√©film fran√ßais, Galil√©e ou l'amour de Dieu est r√©alis√© par Jean-Daniel Verhaeghe, avec Claude Rich dans le r√īle de Galil√©e. Ce film retrace son proc√®s en Inquisition ;
  • Galil√©e, op√©ra en 12 sc√®nes de Michael Jarrell (livret du compositeur d'apr√®s La Vie de Galil√©e de Bertolt Brecht), est cr√©√© √† Gen√®ve en janvier 2006 ;
  • Galil√©e a √©t√© choisi comme nom de bapt√™me par la promotion 2008-2009 de l'Institut national des √©tudes territoriales (INET).
  • Messager des Etoiles, fresque musicale de Jean-Claude Amiot d'apr√®s la vie de Galil√©e (cr√©√©e √† Dijon en 1994, version nouvelle en 2009)

Citation

¬ę La philosophie [au sens de science(s) de la nature] est √©crite dans ce livre gigantesque qui est continuellement ouvert √† nos yeux (je parle de l'Univers), mais on ne peut le comprendre si d'abord on n'apprend pas √† en comprendre la langue et √† en conna√ģtre les caract√®res dans lesquels il est √©crit. Il est √©crit en langage math√©matique, et les caract√®res en sont des triangles, des cercles, et d'autres figures g√©om√©triques, sans lesquelles il est impossible d'y comprendre un mot. D√©pourvu de ces moyens, on erre vainement dans un labyrinthe obscur. ¬Ľ

‚ÄĒ Il saggiatore, en fran√ßais L'Essayeur

Ňíuvres

Galileo Galilei, Discorsi e Dimostrazioni Matematiche Intorno a Due Nuove Scienze, 1638 (1400x1400).png
Principaux ouvrages scientifiques 
  • 1606 : le Operazioni del compasso geometrico et militare di Galileo-Galilei, nobil Fiorentino.
  • 1610 : Discorso intorno alle cose che stanno in su l'acqua et che in quella si muovono.
  • 1610 : Sidereus Nuncius, magna longeque admirabilia spectacula prodens, etc.
  • 1613 : Storia e dimonstrazioni intorno alle macchie solari et loro accidenti.
  • 1623 : il Saggiatore nel quale con bilancia esquisita et giusta si ponderano le cose contenute nella libra astronomica et filosofica di Lotario Sarsi, etc.
  • 1638 : Discorsi e Dimonstrazioni matematiche intorno a due scienze attenanti alla mecanica ed i movimenti locali.
Bibliographie 
  • Galil√©e, Lettre √† Christine de Lorraine et autres √©crits coperniciens, traduction par Philippe Hamou et Martha Spranzi. Paris, Librairie g√©n√©rale fran√ßaise, 2004. (ISBN 2-253-06764-4).
  • Galil√©e, L'Essayeur, traduction par Christine Chauvir√©. Paris, les Belles Lettres, 1979. (Annales litt√©raires de l'Universit√© de Besan√ßon ; 234). (ISBN 2-251-60234-8).
  • Galileo Galilei, Le Messager des √©toiles, traduction annot√©e par Fernand Hallyn. Paris, Seuil, 1992 (Sources du savoir). (ISBN 2-02-014593-6).
  • Galileo Galilei, Sidereus nuncius. Le messager c√©leste, texte et traduction par Isabelle Pantin. Paris, les Belles Lettres, 1992. (Science et humanisme). (ISBN 2-251-34505-1) ;
  • Galileo Galilei, Dialogue sur les deux grands syst√®mes du monde, publi√© en 1632, traduction par Ren√© Fr√©reux et Fran√ßois de Gandt. Paris, Seuil, Points Sciences, 2000. (ISBN 2-02-041635-2) ;
  • Galil√©e, Discours concernant deux sciences nouvelles, traduction par Maurice Clavelin. Paris, PUF 1995. (ISBN 2-13-046854-3) (repris de A.Colin 1970). Les quatre premi√®res journ√©es seulement. La sixi√®me journ√©e a √©t√© publi√©e par S. Moscovici dans la revue Isis.

Anecdotes

Au Mus√©e de la Storia della Scienza (Histoire des Sciences) de Florence, pr√®s des Offices : vitrines consacr√©es √† de nombreux instruments de Galil√©e, √©galement la relique momifi√©e de l'index de Galil√©e, celui-l√† m√™me ayant d√©sign√© les astres qu'il voyait avec sa lunette.

√Ä Padoue, l'Universit√© de ¬ę la B√ī ¬Ľ conserve √† l'acad√©mie l'√©pine dorsale de Galil√©e ; ce qui fait √©crire √† Andr√© Suar√®s, dans son Voyage du Condotti√®re :

¬ę Peuple √† reliques : ils ont aussi l'√©pine dorsale de Galil√©e, √† l'Acad√©mie, en rien diff√©rente d'une autre √©pine, un os √† moelle pour le pot-au-feu du dimanche. Il faudrait mettre le tout dans un tronc √† la Sainte Science ou √† Saint Antoine. ¬Ľ

‚ÄĒ page 119, √©ditions √Čmile-Paul

Bibliographie

  • Galil√©e, de Ludovico Geymonat Turin (1957), traduction fran√ßaise coll. Sciences, Seuil (1992), biographie (ISBN 202014753X)
  • Galil√©e de Georges Minois. Paris, PUF, 2000. (Que sais-je ? n¬į 3574). (ISBN 2-13-050919-3).
  • Le mythe Galil√©e, Fabien Chareix, PUF, 2002 ;
  • Galil√©e, de Claude All√®gre, √©ditions Plon, 2002 ;

Sur l'affaire Galilée.

  • Galil√©e h√©r√©tique de Pietro Redondi. Paris, Gallimard, 1985. (Biblioth√®que des Histoires). (ISBN 2-07-070419-X).
  • Stengers (Isabelle), Les affaires Galil√©e, dans Michel Serres (dir.), √Čl√©ments d'Histoire des sciences, Paris, Bordas, 1997, p. 223-273. (ISBN 2-04-018467-8).
  • Galil√©e en proc√®s, Galil√©e r√©habilit√© ?, sous la direction de Francesco Beretta. Saint-Maurice, √Čditions Saint-Augustin, 2005. (ISBN 2-88011-369-5).
  • L'affaire Galil√©e, cardinal Poupard, √©ditions de France, octobre 2005,
  • Exorciser le spectre de Galil√©e, par Philippe Marcille, √Čditions du Sel, 2006.
  • La v√©rit√© sur l'affaire Galil√©e, Aim√© Richardt, Fran√ßois-Xavier de Guibert, 2007.
  • La preuve selon Galil√©e, Pierre Gillis, La mati√®re et l'esprit, 5, pp. 27-42, 2006 (Mons, Belgique)

Autres ouvrages thématiques

  • √Čtudes galil√©ennes d'Alexandre Koyr√©. Paris, Hermann, 1966. (Histoire de la pens√©e ; 15).
  • Galileo Galilei, 350 ans d'histoire (1633-1983), ouvrage collectif sous la direction de Mgr Poupard, Descl√©e International, Tournai 1983.
  • Shea (William R.), La r√©volution galil√©enne. De la lunette au syst√®me du monde ; trad. de la 2e √©d. anglaise par Fran√ßois de Gandt. Paris, √©d. du Seuil, 1992. (Science ouverte). 313p. (ISBN 2-02-012417-3).
  • Galileo, courtier : the practice of science in the culture of absolutism de Mario Biagioli, Chicago, University of Chicago Press, 1993.
  • Sur les √©paules des g√©ants, de Stephen Hawking, √©ditions Dunod, 2003 ;
  • Galil√©e copernicien, de Maurice Clavelin. Paris, Albin Michel, 2004. (ISBN 2-226-14235-5).

Articles.

  • Lerner (Michel Pierre), ¬ę Pour une √©dition critique de la sentence et de l'abjuration de Galil√©e ¬Ľ, in : Revue des sciences philosophiques et th√©ologiques 82-4 (Paris 1998), p. 607-629.
  • Shea (William R.), ¬ę Galileo, Scheiner, and the Interpretation of Sunspots ¬Ľ, Isis 61, 1970, p. 498-519.

Littérature

  • La vie de Galil√©e, de Bertolt Brecht (pi√®ce de th√©√Ętre)
  • La Fille de Galil√©e, Dava Sobel, √Čditions Odile Jacob, 2001 (ISBN 978-2738109507) ;
  • Et pourtant elle tourne (la vie de Galil√©e) de Zsolt Harsanyi, adaptation fran√ßaise de Muller-Strauss, √©d. Calmann-L√©vy (1947)
  • Galil√©e 1610, le messager c√©leste de Christel Larrouy, Pi√®ce de th√©√Ętre scientifique, √©d. Le Solitaire (2009)

Filmographie

Notes et références

  1. ‚ÜĎ O'Connor, J. J.; Robertson, E. F.. Galileo Galilei. The MacTutor History of Mathematics archive. Universit√© de St Andrews, √Čcosse.
  2. ‚ÜĎ Voir ici
  3. ‚ÜĎ Michael Sharratt, Galileo: Decisive Innovator. Cambridge University Press, Cambridge (1996), p. 45-66. ISBN 0-521-56671-1
  4. ‚ÜĎ L'attribution de cette invention √† Galil√©e est commune, mais probablement erron√©e.
  5. ‚ÜĎ Pour le texte complet, voir Texts from The Galileo Affair : A Documentary History, edited and translated by Maurice A. Finocchiaro
  6. ‚ÜĎ et d√Ľ au journaliste Giuseppe Baretti, qui avait reconstitu√© l'√©v√©nement pour le public anglais dans une anthologie parue √† Londres en 1757, Italian Library.
  7. ‚ÜĎ Geymonat, p. 216
  8. ‚ÜĎ R√©sidence de Galil√©e √† Arcetri, Villa le Gioiello, 42, Via del Pian dei Giullari : +E11¬į+15%27+26.39%22&ie=UTF8&z=18&ll=43.748126,11.257339&spn=0.001814,0.004946&t=h&om=1 coordonn√©es : 43¬į 44' 52.21" N, 11¬į 15' 26.39" E.
  9. ‚ÜĎ texte int√©gral, sur le site internet du Vatican
  10. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ 100 000 personnes d√©fendent "le droit de parole" du pape √† Rome, Le Monde, 21 janvier 2008
  11. ‚ÜĎ (en)¬ę The Crisis of Faith in Science ¬Ľ, March 15, 1990, Parma, extracts taken from A Turning Point for Europe? The Church and Modernity in the Europe of Upheavals, Paoline Editions, 1992, pp. 76-79 traduction en anglais sur le site du National Catholic Reporter
  12. ‚ÜĎ d√©p√™che Zenit du 15 janvier 2008
  13. ‚ÜĎ Die Presse, Vatikan ehrte einstigen Ketzer Galileo mit Messe 15.02.2009 http://diepresse.com/home/politik/aussenpolitik/452760/index.do

Voir aussi

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