Galileo (sonde spatiale)

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Galileo (sonde spatiale)
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Galileo

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Galileo en cours de préparation

Caractéristiques
Organisation NASA
Masse 2380 kg
Lancement 18 octobre 1989
Lanceur Navette spatiale
Fin de mission 21 septembre 2003
Index NSSDC 1989-084B
Site http://www2.jpl.nasa.gov/galileo/
Lancement du satellite Galileo depuis la navette spatiale (1989)

Galileo est une sonde spatiale am√©ricaine d√©velopp√©e par la NASA qui avait pour mission d'√©tudier la plan√®te Jupiter et ses lunes. Ce projet complexe et co√Ľteux d√©velopp√© avec une participation de l'Allemagne rencontre de nombreux probl√®mes budg√©taires au cours de sa conception avant de subir un retard important √† la suite de l'accident de la navette spatiale Challenger qui repousse son lancement de trois ans. La sonde d'une masse de 2,2 tonnes comprend un orbiteur et une sonde atmosph√©rique charg√©e de s'enfoncer dans les couches atmosph√©riques. Les deux engins emportent 22 instruments scientifiques.

Galileo est lancée le 18 octobre 1989 par la navette spatiale américaine Atlantis. Après un voyage de 6 ans, au cours duquel elle a recours à l'assistance gravitationnelle de la Terre à deux reprises ainsi qu'à celle de Vénus, la sonde se place en orbite autour de Jupiter le 7 décembre 1995. Elle circule sur une orbite de 2 mois qu'elle parcourt à 35 reprises au cours de la phase scientifique de la mission qui s'achève après plusieurs prolongations en 2003.

Galileo collecte de nombreuses informations scientifiques malgr√© l'indisponibilit√© de son antenne grand gain qui n'a pas pu √™tre d√©ploy√©e limitant fortement le volume de donn√©es transmis. Galileo pr√©cise les √©l√©ments recueillis par les sondes qui l'avaient pr√©c√©d√© notamment Voyager 1 et Voyager 2. L'atmosph√®re de Jupiter, sa magn√©tosph√®re et ses principales lunes sont longuement √©tudi√©s. La sonde atmosph√©rique largu√©e peu avant l'arriv√©e sur Jupiter d√©tecte beaucoup moins d'eau que pr√©vu, remettant en question les th√©ories sur la formation de Jupiter et celle du syst√®me solaire. Parmi les faits les plus marquant, elle d√©couvre la pr√©sence d'un oc√©an d'eau liquide sous la surface gel√©e d'Europe, une des lunes galil√©ennes de Jupiter, la pr√©sence du champ magn√©tique de Ganym√®de et effectue le premier survol d'un ast√©ro√Įde au cours de son transit entre la Terre et Jupiter. Au cours de sa mission la sonde prend 14 000 images de grande qualit√©.

Sommaire

Les objectifs scientifiques

Les objectifs de l'orbiteur sont :

  • √Čtudier la circulation et la dynamique de l'atmosph√®re de Jupiter,
  • √Čtudier la couche sup√©rieure de l'atmosph√®re de Jupiter et l'ionosph√®re

Caractériser la morphologie, la géologie et la structure physique des lunes galiléennes

  • √Čtudier la composition et la distribution des min√©raux √† la surface des lunes galil√©ennes
  • Analyser le champ de gravit√© et le champ magn√©tique des lunes galil√©ennes
  • √Čtudier l'atmosph√®re, l'ionosph√®re et les nuages de gaz des lunes galil√©ennes
  • √Čtudier l'interaction entre la magn√©tosph√®re de Jupiter et les lunes galil√©ennes
  • Mesurer le vecteur du champ magn√©tique ainsi que le spectre, la composition et la distribution des particules √©nerg√©tiques jusqu'√† une distance de 150 rayons jupit√©riens de la plan√®te g√©ante.

Les objectifs de la sonde atmosph√©rique sont :

  • D√©terminer la composition chimique de l'atmosph√®re de Jupiter
  • Caract√©riser la structure de l'atmosph√®re de Jupiter au moins jusqu'√† une profondeur correspondant √† une pression de 10 bars
  • √Čtudier la nature des particules contenues dans les nuages et la structure des couches nuageuses
  • √Čtablir le bilan radiatif de Jupiter
  • √Čtudier l'activit√© √©lectrique (√©clairs) de l'atmosph√®re de Jupiter
  • Mesurer le flux des particules √©nerg√©tiques charg√©es

Historique du projet Galileo

Trajectoire de la sonde Galileo entre la Terre et Jupiter

Conception (1975-1977)

Le Centre de recherche spatiale Ames de la NASA, cherchant à capitaliser sur le succès de Pioneer 10 et 11 qu'elle avait développé à la fin des années 1960, étudie au milieu de cette décennie la possibilité d'une mission représentant la suite logique au survol de la planète Jupiter par ces deux sondes spatiales. L'engin spatial envisagé, baptisé Jupiter Orbiter with Probe (JOP) comprend un orbiteur chargé de se placer en orbite autour de Jupiter et une sonde atmosphérique qui doit être lancée dans l'atmosphère de Jupiter pour en étudier les caractéristiques. L'architecture de l'orbiteur repose sur une version évoluée de la plateforme des sondes Pioneer. Les principaux ajouts sont un moteur-fusée chargé d'insérer la sonde en orbite autour de la planète géante et une structure qui doit recevoir la sonde atmosphérique. Cette dernière est dérivée d'un engin similaire développé pour la mission Pioneer Venus. En 1975 la NASA autorise le centre spatial à lancer la phase de conception de la sonde spatiale dont le lancement par la navette spatiale américaine est programmé pour 1982. L'Agence spatiale européenne doit fournir le moteur chargé de l'insertion en orbite. Quelques mois plus tard, la NASA décide de confier le développement de l'orbiteur à son centre JPL qui, après avoir achevé le développement des sondes martiennes Viking et être sur le point de lancer les sondes Voyager vers les planètes extérieures, n'a plus de nouvelles missions interplanétaires à développer[1].

Les deux centres spatiaux divergent sur la conception de l'orbiteur. Ames privil√©gie les instruments scientifiques charg√©s d'√©tudier les champs et les particules et attribue un r√īle mineur aux cam√©ras, spectrom√®tres, radiom√®tres et photom√®tres. √Ä ce titre, il souhaite d√©velopper une sonde spinn√©e (en rotation sur elle-m√™me) optimale pour cet usage. Le JPL donne quant √† lui la priorit√© aux instruments qui n√©cessitent une plateforme stabilis√©e trois axes (cam√©ras,...). Apr√®s avoir envisag√© de d√©velopper un sous satellite spinn√© se d√©tachant de la sonde principale √† l'approche de Jupiter et portant les instruments d'√©tude des champs et des particules, le JPL d√©cide, afin de r√©pondre aux attentes de Ames, de concevoir une sonde spinn√©e, mais comportant un sous-ensemble contre-rotatif portant les instruments n√©cessitant une stabilisation trois axes. Les acteurs √©taient conscients d√®s le d√©part que ce choix technique innovant augmentait tellement les co√Ľts qu'il ne serait pas possible de lancer deux sondes jumelles selon la tradition √©tablie pour r√©duire les risques. Le budget du projet JOP est soumis par la NASA √† l'approbation du gouvernement et du congr√®s am√©ricain sous la l√©gislature du pr√©sident Gerald Ford. Il revient au gouvernement Carter, en place √† compter de janvier 1977, de statuer. Alors que l'annulation du projet est envisag√©e, une mobilisation particuli√®rement importante de l'opinion publique exerce une telle pression sur les d√©cideurs que ceux-ci donnent leur feu vert en juillet 1977 √† la mission vers Jupiter. Le co√Ľt du projet, chiffr√© √† 270 millions $ par la NASA, est volontairement sous-√©valu√© pour ne pas mettre JOP en concurrence avec le projet du t√©lescope spatial Hubble qui est accept√© la m√™me ann√©e[2].

Développement (1977-1989)

D√©but 1978, le projet est rebaptis√© Galileo du nom de l'astronome italien du XVIe si√®cle Galil√©e, qui a d√©couvert les quatre lunes les plus visibles de Jupiter, dites lunes galil√©ennes. La sonde doit √™tre lanc√©e en 1982 par la navette spatiale am√©ricaine qui se substituera √† cette date √† l'ensemble des fus√©es classiques car, selon la doctrine officielle, elle permet un abaissement significatif des couts de lancement[N 1]. Pour parvenir jusqu'√† Jupiter la sonde, une fois plac√©e en orbite basse par la navette, est acc√©l√©r√©e par une combinaison d'√©tages Inertial Upper Stage (IUS). L'√©tage IUS a √©t√© mis au point par Boeing pour le lancement de satellites de l'Arm√©e de l'Air am√©ricaine et une version bi-√©tages et tri-√©tages est en cours de d√©veloppement pour les besoins de la navette[N 2]. L'acc√©l√©ration procur√©e par les √©tages IUS n'est toutefois pas suffisante et la trajectoire retenue doit amener la sonde √† survoler la plan√®te Mars pour obtenir un surcroit de vitesse gr√Ęce √† l'assistance gravitationnelle de celle-ci. Lorsque le planning de d√©veloppement de la navette spatiale am√©ricaine subit un d√©rapage d'un an, le lancement de la sonde doit √™tre repouss√© en 1984 mais √† cette date, la trajectoire ne permet plus une assistance gravitationnelle aussi efficace de Mars : le JPL doit envisager soit de sacrifier une partie de l'instrumentation scientifique, soit de concevoir une mission √† deux satellites plus l√©gers. Heureusement; √† cette √©poque; le centre Lewis travaille sur une version de l'√©tage Centaur pouvant √™tre embarqu√©e dans la soute de la navette spatiale am√©ricaine. Le Centaur, qui utilise un m√©lange oxyg√®ne/hydrog√®ne performant mais d√©licat √† stocker, fournit une puissance de 50% sup√©rieure √† la combinaison d'√©tages IUS qui permet √† la sonde de se passer de l'assistance gravitationnelle et d'opter pour une trajectoire directe vers Jupiter. Les dirigeants de la NASA d√©cident d'abandonner les versions multi √©tages de l'IUS et de d√©velopper la version de l'√©tage Centaur adapt√©e √† la navette spatiale. Le lancement de la sonde est repouss√© d'un an, en 1985, pour tenir compte de la date de mise √† disposition de la nouvelle version de l'√©tage Centaur[3].

Au début des années 1980 le projet Galileo se trouve confronté à la fois à des problèmes techniques et au programme d'austérité budgétaire de le la nouvelle administration du président Ronald Reagan qui vise notamment la NASA[4].

Le lancement de Galileo, d'un poids au départ de plus de 2,2 tonnes, est retardé de manière importante suite au gel des vols de navettes après l'accident de Challenger. De nouveaux protocoles de sécurité imposèrent à Galileo d'utiliser un étage de propulsion supérieur de faible puissance, ce qui obligea la sonde à utiliser de plus nombreuses accélérations gravitationnelles (en passant près de Vénus et la Terre) pour obtenir une vitesse suffisante afin d'atteindre Jupiter.

Lancement et transit vers Jupiter (1989-1995)

Galileo est lanc√©e le 18 octobre 1989 par la navette spatiale am√©ricaine Atlantis. Apr√®s un voyage de 6 ans, au cours duquel elle a recours √† l'assistance gravitationnelle de la Terre √† deux reprises et √† celle de V√©nus, la sonde se place en orbite autour de Jupiter le 7 d√©cembre 1996. Elle circule sur une orbite de 2 mois qu'elle parcourt √† 35 reprises au cours de la phase scientifique de la mission et qui s'ach√®ve apr√®s plusieurs prolongations en 2003. Au cours de son voyage vers Jupiter, Galileo effectue un survol rapproch√© des ast√©ro√Įdes (951) Gaspra et (243) Ida, et d√©couvrit une lune de Ida, Dactyl[5],[6].

Lancement

Le survol des planètes intérieures

Galileo privée d'antenne grand gain

Reconstitution de l'antenne semi-déployée

En avril 1991, l'√©quipe au sol d√©cide de d√©ployer l'antenne grand gain de 4,8 m√®tres de diam√®tre : celle-ci avait √©t√© jusque l√† maintenue repli√©e derri√®re un pare soleil pour √©viter qu'elle ne soit endommag√©e par la chaleur durant la partie du trajet proche du Soleil. Le 11 avril, la commande d'ouverture est envoy√©e mais la sonde ne renvoie pas le message confirmant que son antenne s'est d√©ploy√©e correctement. La situation met la mission en p√©ril car, sans cette antenne, l'envoi des donn√©es doit passer par l'antenne √† faible gain dont le d√©bit est de 10 √† 40 bits par seconde au lieu des 134 000 bits que permet l'antenne principale. Apr√®s avoir explor√© diff√©rentes pistes, l'√©quipe de la mission sur Terre conclut, en utilisant diff√©rents indices, que trois des baleines qui forment l'armature de la partie d√©ployable de l'antenne sont rest√©es bloqu√©es par leurs chevilles en titane plac√©es √† mi-longueur. Celles-ci verrouillent chaque baleine en position repli√©e mais sont cens√©es coulisser dans leur logement lors du d√©ploiement de l'antenne. Selon la reconstitution effectu√©e sur Terre les chevilles d√©fectueuses se seraient √† fois d√©form√©es et auraient perdu en partie les couches de rev√™tement protecteur qui emp√™chent les m√©taux de se souder √† froid dans le vide et consistant en une couche de c√©ramique anodis√©e et une couche de sulfure de molybd√®ne. La d√©formation des chevilles se serait produite au cours de la pr√©paration de la sonde tandis que la perte des rev√™tements protecteurs r√©sulterait des secousses survenues au cours des quatre voyages effectu√©s par la sonde en camion. Les vibrations subies lors du lancement de la sonde depuis la navette spatiale par les √©tages √† propergol solide auraient aggrav√© le probl√®me. L'aspect de l'antenne est reconstitu√© : celle-ci est partiellement ouverte mais de mani√®re asym√©trique du fait des baleines rest√©es bloqu√©es[7].

L'√©quipe qui a effectu√© des tests sur une copie de l'antenne et de ses composants pour reconstituer l'origine de l'anomalie tente par le m√™me moyen d'identifier des strat√©gies permettant de d√©ployer l'antenne. Celles-ci sont mises en application entre mai 1991 et janvier 1993[8] :

  • l'antenne est repli√©e avant d'√™tre red√©ploy√©e ;
  • durant plusieurs mois l'antenne est successivement expos√©e au Soleil puis plac√©e √† l'ombre pour que les chevilles se d√©collent sous l'effet de la succession de dilatations et de contractions suscit√©es par ces changements de temp√©rature ;
  • les deux moteurs √©lectriques utilis√©s pour le d√©ploiement sont actionn√©s par brefs √† coups pour obtenir, par r√©sonance, un couple de forces de 40 % plus important que la puissance d'origine ;
  • La sonde est mise en rotation rapide √† 10 tours par minute.

Toutes ces tentatives √©chouent et il faut s'accommoder des faibles d√©bits de l'antenne √† bas gain en tentant de les optimiser. Plusieurs solutions sont mises en Ňďuvre. De nouveaux algorithmes de compression de donn√©es avec et sans perte sont d√©velopp√©s pour limiter la quantit√© de donn√©es √† transf√©rer : ces m√©thodes dans certains cas permettent de diviser par 80 la quantit√© de donn√©es √† transf√©rer pour une image. Par ailleurs les caract√©ristiques du r√©seau de r√©ception √† Terre sont am√©lior√©es : les trois antennes paraboliques de Canberra (une de 70 m√®tres de diam√®tre et deux de 34 m√®tres), l'antenne de l'observatoire de Parkes et celle de Goldstone sont modifi√©es de mani√®re √† pouvoir recevoir simultan√©ment les signaux de la sonde ce qui permet un accroissement substantiel du d√©bit. Toutes ces modifications permettront globalement √† la mission de Galileo d'atteindre 70 % de ses objectifs scientifiques : 80 % des donn√©es attendues dans le cadre des √©tudes atmosph√©riques, 60 % des donn√©es relatives au champ magn√©tique, 70 % des donn√©es sur les lunes de Jupiter peuvent √™tre r√©cup√©r√©es[9].

Déroulement de la mission scientifique (1995-2003)

Avant de se placer en orbite autour de Jupiter, Galileo largue une sonde atmosph√©rique qui s'enfon√ßa dans l'atmosph√®re de Jupiter. La sonde subit une brutale d√©c√©l√©ration en passant d'une vitesse de 47 km/s √† une vitesse subsonique puis poursuit son p√©riple √† vitesse r√©duite suspendue √† un parachute. Sa plong√©e d'une dur√©e de 57 minutes lui permet de recueillir des donn√©es sur la composition √©l√©mentaire de l'atmosph√®re de Jupiter. Elle est finalement √©cras√©e puis sublim√©e lorsque la pression atteint 100 bars et la temp√©rature 460 ¬įC alors que la sonde ne s'est enfonc√©e que de 200 km.

La phase scientifique de la mission de Galileo a une durée planifiée initiale de 2 ans. Galileo se place sur une orbite allongée d'une période de deux mois, qui lui permet d'étudier les différentes parties de la magnétosphère à une distance variable de la planète. Cette orbite est calculée pour permettre le survol des plus gros satellites de Jupiter. La mission est prolongée le 7 décembre 1997. La sonde fit alors une série de survols rapprochés de Europe et de Io, deux satellites de la planète.

En 1994, Galileo observe en direct la collision de la comète Shoemaker-Levy 9 avec Jupiter. La sonde est volontairement désorbitée et se désintègre dans l'atmosphère de Jupiter le 21 septembre 2003 afin d'éviter le risque d'une contamination d'Europe par des bactéries terrestres.

Caractéristiques techniques

La sonde Galileo est compos√©e d'un orbiteur et d'une sonde atmosph√©rique largu√©e avant l'arriv√©e de la sonde sur Jupiter et qui est charg√©e de p√©n√©trer dans l'atmosph√®re de Jupiter pour analyser sa composition chimique et d√©terminer ses caract√©ristiques. L'orbiteur est long de 6,2 m√®tres et a une masse de 2 223 kg dont 118 kg d'instrumentation scientifique et 925 kg d'ergols. La sonde atmosph√©rique a une masse de 339 kg : elle comprend un module de rentr√©e charg√© de prot√©ger la sonde de l'√©chauffement thermique durant sa d√©c√©l√©ration dans l'atmosph√®re et un module de descente, encapsul√© dans le module de rentr√©e, d'une masse de 121 kg et emportant 30 kg d'instrumentation scientifique.

L'orbiteur

Structure

√Čnergie

Télécommunications

√Čquipements scientifiques

L'orbiteur comprend 9 instruments scientifiques dont 5 install√©s sur la partie non rotative de la sonde[10] :

  • Un d√©tecteur de poussi√®res charg√© de collecter et d'analyser les poussi√®res durant le trajet Terre-Jupiter et dans le syst√®me jupit√©rien. Cet instrument est fourni par l'Allemagne et est bas√© sur un instrument ayant vol√© sur le satellite HEOS 2 de l'Agence spatiale europ√©enne.
  • Un d√©tecteur de particules √©nerg√©tiques
  • Un magn√©tom√®tre
  • Deux d√©tecteurs de plasma
  • Une exp√©rience de radio-science

Sur la plateforme stabilisée se trouvent:

  • Un spectrom√®tre imageur en proche infrarouge
  • Un photopolarim√®tre
  • Un spectrom√®tre ultraviolet
  • Une cam√©ra en lumi√®re visible utilisant pour la premi√®re fois[N 3] sur un engin spatial un CCD (800x800 pixels) qui rempla√ßait avantageusement les vidicons beaucoup plus gourmands en √©nergie et fournissant des images parfois d√©form√©es ou en partie surexpos√©es. Le senseur est plac√© au bout d'un t√©lescope Cassegrain de 176 mm de diam√®tre et 150 cm de longueur focale.

La sonde atmosphérique

Le module de rentrée de la sonde atmosphérique
Le module de descente de la sonde atmosphérique

La sonde atmosph√©rique comporte un module de rentr√©e et un module de descente. Lorsqu'elle p√©n√®tre dans l'atmosph√®re de Jupiter la sonde se d√©place √† une vitesse de 57 km par seconde : √† cette vitesse la friction de l'atmosph√®re entra√ģne un violent √©chauffement qui porte la temp√©rature de l'avant de la sonde √† plusieurs milliers de degr√©. Pour prot√©ger la charge utile, celle-ci est encapsul√©e dans un module de rentr√©e.

Le module de rentrée

Le module de rentr√©e est constitu√© de deux boucliers emboit√©s l'un dans l'autre. Le bouclier avant en forme de c√īne arrondi, qui subit la plus forte agression thermique, est recouvert d'un isolant thermique ablatif constitu√© de carbone ph√©nolique d'une √©paisseur allant de 14,6 au centre √† 5,4 cm √† la p√©riph√©rie. Le bouclier arri√®re est une structure de forme sph√©rique en r√©sine. Le module de rentr√©e perd plus de 80 kg de la masse de son bouclier thermique durant la rentr√©e atmosph√©rique. Au bout d'environ deux minutes de d√©c√©l√©ration durant laquelle la sonde subit environ 250 g, la vitesse est tomb√©e √† environ 0,5 km par seconde, un parachute de 2,4 m√®tres en dacron charg√© de ralentir le module de descente se d√©ploie et les deux demi-coques du module de rentr√©e sont largu√©es.

Le module de descente

La sonde atmosph√©rique emporte 6 instruments scientifiques :

  • Un spectrom√®tre de masse neutre charg√© d'analyser la composition chimique et isotopique √† diff√©rentes profondeurs de l'atmosph√®re de Jupiter
  • Une station de mesure atmosph√©rique charg√©e de mesurer la temp√©rature, la pression, la densit√© et le poids mol√©culaire moyen √† diff√©rentes altitudes
  • Un n√©ph√©lom√®tre qui d√©termine la taille, la forme et la densit√© des gouttelettes dans les nuages en utilisant un laser infrarouge
  • Un radiom√®tre charg√© d'√©tablir le bilan radiatif √† diff√©rentes altitudes
  • Un d√©tecteur d'√©missions radio et d'√©clairs
  • Un d√©tecteur de particules √©nerg√©tiques

L'équipement radio qui transmet les données scientifiques à l'orbiteur est redondant pour prévenir une panne. Il est également utilisé pour mesurer la vitesse du vent et l'absorption atmosphérique. L'énergie est fournie par une batterie de trois batteries de 13 éléments Lithium-Dioxyde de soufre dotées d'une capacité suffisante pour alimenter la sonde jusqu'à son écrasement final.

Les quatre lunes galiléennes photographiées par Galileo

Résultats scientifiques

La d√©couverte la plus spectaculaire de Galileo est l'existence d'un oc√©an sal√© sous la croute de glace qui recouvre la lune Europe. Cet oc√©an pourrait abriter des formes simples de vie. Les instruments de Galileo d√©terminent que l'h√©lium repr√©sente 24 % de l'atmosph√®re de Jupiter : cette proportion est tr√®s proche de celle du Soleil (25 %) ce qui fait de la plan√®te un corps c√©leste d'une nature interm√©diaire entre plan√®te et √©toile. La sonde atmosph√©rique lanc√©e vers l'int√©rieur de la plan√®te r√©v√®le une proportion d'eau anormalement faible dans l'atmosph√®re de Jupiter en contradiction avec ce que les th√©ories sur la formation de Jupiter et du syst√®me solaire pr√©voient. La vitesse des vents qui soufflent √† la surface de la plan√®te g√©ante est mesur√©e : ceux ci peuvent atteindre jusqu'√† 720 km/h et les instruments de la sonde indiquent que leur vitesse ne s'att√©nue pas lorsqu'on s'enfonce dans la couche nuageuse. L'activit√© de la ceinture de radiations qui entoure Jupiter se r√©v√®le beaucoup plus forte que pr√©vu. Les donn√©es sur le champ magn√©tique entourant Jupiter permettent de supposer que Ganym√®de le plus gros satellite de Jupiter poss√®de un champ magn√©tique cr√©√© par une dynamo interne similaire √† celle de la Terre. C'est la premi√®re fois qu'on d√©couvre un champ magn√©tique sur un satellite naturel. Galileo photographie la collision de la com√®te Shoemaker-Levy avec la plan√®te Jupiter. La sonde a plusieurs premi√®res √† son actif. C'est la premi√®re sonde qui r√©ussit un survol √† faible distance d'un ast√©ro√Įde (Gaspra) et la premi√®re sonde √† se placer en orbite autour d'une plan√®te ext√©rieure et autour de Jupiter. C'est √©galement la premi√®re sonde spatiale lanc√©e depuis la navette spatiale am√©ricaine. Durant son transit vers Jupiter, la sonde traverse la temp√™te de poussi√®res interplan√©taires la plus intense jamais observ√©e. Lors de son survol de la Terre, les instruments de Galileo permettent de d√©tecter un immense bassin sur la face cach√©e de la Lune qui n'avait jusque l√† pas √©t√© observ√©[11].

Galerie

Notes et références

Notes

  1. ‚ÜĎ Ces calculs reposaient sur une cadence de lancement de quelques dizaines de vols par an avec un entretien minimal au sol entre deux vols ; ces deux conditions ne seront jamais remplies.
  2. ‚ÜĎ La navette spatiale ne peut que placer un objet sur une orbite √† quelques centaines de kilom√®tres d'altitude.
  3. ‚ÜĎ Le projet Galil√©o prendra tellement de retard que plusieurs vaisseaux spatiaux, notamment la sonde europ√©enne Giotto et les sondes sovi√©tiques Vega, auront d√©j√† mis en Ňďuvre des CCD lorsque Galileo sera lanc√©.

Références

Sources

  • NASA
  • (en) Michael Meltzer (NASA), Mission to Jupiter: a History of the Galileo Project, 2007 [lire en ligne] 
    Histoire du programme Galileo
  • Autres
  • (en) Paolo Ulivi et David M Harland, Robotic Exploration of the Solar System Part 2 Hiatus and Renewal 1983-1996, Springer Praxis, 2009 (ISBN 978-0-387-78904-0) 
    Histoire des missions interplanétaires de 1982 à 1996
  • (en) Daniel Fischer, Mission Jupiter : The Spectacular Journey of the Galileo Spacecraft, Springer, 2001 (ISBN 978-0387987644) 
    Ouvrage rédigé par un allemand sur l'histoire du programme Galileo et publié avant la fin de la mission

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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