Fédération de Russie

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Fédération de Russie
Russie - Wikipédia

Russie

Đ ĐŸŃŃĐžĐčсĐșая Đ€Đ”ĐŽĐ”Ń€Đ°Ń†ĐžŃ (ru)
Đ ĐŸŃŃĐžŃ (ru)
Fédération de Russie (fr)
Drapeau de la Russie Armoiries de la Russie
(DĂ©tails) (DĂ©tails)
Devise nationale : aucune
carte
Langue officielle russe1
Capitale Moscou
55° 45' N, 37° 42' E
Plus grande ville Moscou
Forme de l’État
 - PrĂ©sident
 - PrĂ©sident du gouvernement
République fédérale
Dmitri Medvedev
Vladimir Poutine
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 1e
17 075 400 kmÂČ
0,5%
Population
 - Totale (2009)
 - DensitĂ©
Classé 8e
141 800 000[1] hab.
8,3 hab./kmÂČ
Indépendance
 - DĂ©claration
De l’URSS
25 décembre 1991


Gentilé Russe
PIB (nominal) (2008) $1 676 milliards[2] ( 8e)
IDH (2008) Augmentation 0,802[3] (élevé) ( 67e)
Monnaie Rouble (RUB)
Fuseau horaire UTC +2 Ă  +12
Hymne national Hymne national de la Russie
Domaine internet .ru
.su (Union soviétique)
Indicatif
téléphonique
+7

1 de nombreuses autres langues ont Ă©galement un statut officiel dans certaines des subdivisions de la Russie.

La Russie (en russe : Đ ĐŸŃŃĐžŃ prononciation, RossiĂŻa) ou officiellement la FĂ©dĂ©ration de Russie (en russe : Đ ĐŸŃŃĐžĐčсĐșая Đ€Đ”ĐŽĐ”Ń€Đ°Ń†ĐžŃ prononciation, RossiĂŻskaĂŻa FederatsiĂŻa) est le plus vaste État de la planĂšte avec une population de 142 millions d’habitants (en 2007)[4]. Le pays est Ă  cheval sur l’Europe gĂ©ographique (25,3 % de sa superficie) et de l’Asie orientale (74,7 %). Son territoire s'Ă©tend d’ouest en est (de Kaliningrad Ă  Vladivostok) sur plus de 9 000 km pour une superficie de 17 millions de kmÂČ (soit deux fois celle des États-Unis et 31 fois celle de la France) et compte onze fuseaux horaires. Sa capitale est Moscou, sa langue officielle le russe et sa monnaie le rouble.

Bien qu’entourĂ©e de nombreux ocĂ©ans et mers, la Russie est caractĂ©risĂ©e par un climat continental avec des milieux froids et hostiles sur la majeure partie du territoire.

La Russie dispose de ressources miniĂšres (houille, fer, nickel, diamant, etc.) et Ă©nergĂ©tiques (pĂ©trole, gaz naturel) abondantes, qui en font l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux. Elle a hĂ©ritĂ© de l’URSS une industrie lourde puissante (aciĂ©rie, raffineries, industrie chimique, etc.). Les secteurs liĂ©s Ă  l’armement et Ă  l’aĂ©rospatiale sont Ă©galement fortement dĂ©veloppĂ©s, ce qui a permis au pays de jouer un rĂŽle pionnier dans la conquĂȘte de l'espace.

La RĂ©publique socialiste fĂ©dĂ©rative soviĂ©tique de Russie (RSFSR) fut la plus importante des 15 rĂ©publiques de l’Union soviĂ©tique dont elle constituait le noyau historique.

DĂšs la fin de 1991, l’URSS Ă©clate en 15 États indĂ©pendants souverains, dont la Russie, qui a hĂ©ritĂ© de l’ancienne superpuissance les 3/4 de son territoire, plus de la moitiĂ© de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitiĂ© de sa production agricole. La Russie occupe aussi dans la continuitĂ© sa place dans les institutions internationales, dont le siĂšge permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, tout en assumant Ă©galement le passif financier de l’URSS. Elle est aussi fondatrice de la CommunautĂ© des États IndĂ©pendants (CEI) qui rassemble onze des quinze ex-rĂ©publiques soviĂ©tiques.

Elle demeure une fĂ©dĂ©ration constituĂ©e de 83 sujets disposant d’une autonomie politique et Ă©conomique variable. Le dĂ©coupage, tenant compte entre autres de la prĂ©sence de minoritĂ©s, existait dĂ©jĂ  dans l’ancienne URSS.

AprÚs la fin du systÚme soviétique à la fin des années 1980 et au début des années 1990, le pays a graduellement adopté une économie de marché et un régime parlementaire pluraliste. Aspirant à suivre la mondialisation, la Russie se considÚre par ailleurs le pont entre l'Europe et l'Asie.

Sommaire

Frontiùres de l’État

La Russie possĂšde des frontiĂšres terrestres avec 17 pays (dans l’ordre inverse des aiguilles d’une montre, en partant du plus au nord) : la NorvĂšge 196 km, la Finlande 1 313 km, l’Estonie 290 km, la Lettonie 292 km, la BiĂ©lorussie 959 km, la Lituanie 227 km, la Pologne 432 km, l’Ukraine 1 576 km, la GĂ©orgie 723 km, l’AzerbaĂŻdjan 284 km, le Kazakhstan 6 846 km, la RĂ©publique populaire de Chine 3 645 km, la Mongolie 3 441 km et la CorĂ©e du Nord 19 km[5]. Elle possĂšde Ă©galement des frontiĂšres avec deux rĂ©publiques sĂ©paratistes de GĂ©orgie, l’Abkhazie et l’OssĂ©tie du Sud dont elle a reconnu l’indĂ©pendance en 2008.

Subdivisions

Article dĂ©taillĂ© : Subdivision de la Russie.
Panorama du quai du Kremlin avec la silhouette de la cathédrale du Christ Sauveur (à gauche)

La Russie est une fĂ©dĂ©ration constituĂ©e de 83 sujets qui disposent chacun d’une certaine autonomie. Chaque sujet envoie deux reprĂ©sentants au conseil de la FĂ©dĂ©ration (le sĂ©nat). La prĂ©sence de 128 nationalitĂ©s et le poids de l’histoire ont abouti Ă  un dĂ©coupage du territoire en de nombreux sous-ensembles aux dimensions et fonctionnement variables. La fĂ©dĂ©ration de Russie est constituĂ©e de :

  • 21 rĂ©publiques qui constituent les territoires d’ethnies (comme le Tatarstan) et disposent de la plus grande autonomie ;
  • 46 oblasts (rĂ©gions) (en russe ĐŸĐ±Đ»Đ°ŃŃ‚ŃŒ) et 9 kraĂŻs (territoires) qui recouvrent les parties du territoire occupĂ©es de longue date par les Russes ;
  • 4 okrougs (districts autonomes) constituĂ©s Ă©galement sur une base ethnique, disposent d’une autonomie beaucoup plus faible et sont rattachĂ©s Ă  une autre rĂ©gion ;
  • 2 villes d’importance fĂ©dĂ©rale, Moscou et Saint-PĂ©tersbourg, avec leurs banlieues proches.

Le Birobidjan garde un statut particulier : il avait Ă©tĂ© prĂ©vu par Staline comme une terre d’accueil des juifs d’URSS.

Les sujets ont un pouvoir lĂ©gislatif encadrĂ© par la Constitution : les RĂ©publiques ont une Constitution tandis qu’on parle de statut pour les oblasts, kraĂŻs, okrougs et villes. Chaque sujet dispose de 40 % des ressources fiscales collectĂ©es pour ses dĂ©penses de fonctionnement et d’investissement.

Villes

Milieux naturels

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie de la Russie.

Topographie

Carte topographique de la Russie.

Le territoire de la Russie est constituĂ© majoritairement de vastes plaines oĂč prĂ©dominent les steppes au sud, la forĂȘt au nord et la toundra le long des rivages de l’ocĂ©an Arctique. Les principaux massifs montagneux se situent le long de la frontiĂšre mĂ©ridionale : ce sont le Caucase, dont le point dominant, le mont Elbrouz (5 642 mĂštres) est Ă©galement le sommet le plus Ă©levĂ© d’Europe et les montagnes de l’AltaĂŻ. À l’est se trouvent le massif de VerkhoĂŻansk et la chaĂźne de volcans de la presqu’üle du Kamtchatka. L’Oural, qui sĂ©pare selon un axe nord-sud la Russie d’Europe de la Russie d’Asie, est un massif montagneux Ă©rodĂ© riche en ressources miniĂšres.

L’énorme ceinture forestiĂšre d’une largeur de 1 200 km en Russie d’Europe et de 2 000 km en SibĂ©rie constitue la plus grande rĂ©serve forestiĂšre de la planĂšte. Les surfaces cultivĂ©es prĂ©sentent 8,9 % de la surface cultivable de la planĂšte.

Le littoral de la Russie a une longueur de 37 653 km : il s’étire essentiellement le long de l’ocĂ©an Arctique et de l’ocĂ©an Pacifique ; il comprend Ă©galement de relativement petites portions de cĂŽtes sur la mer Baltique, la mer Noire et la mer Caspienne.

Les principales Ăźles et archipels comprennent en ocĂ©an Arctique la Nouvelle-Zemble, l’archipel François-Joseph, l’archipel de Nouvelle-SibĂ©rie, et dans le Pacifique l’üle Sakhaline et l’archipel des Kouriles dont les Ăźles les plus mĂ©ridionales sont revendiquĂ©es par le Japon.

Plus de 100 000 riviĂšres arrosent la Russie dont certaines figurent parmi les plus importantes de la planĂšte. La Volga, qui draine un bassin fluvial de 1,4 million de kmÂČ, est le plus long fleuve d’Europe (3 350 km) et a jouĂ© un rĂŽle majeur dans l’histoire du pays. Les grands fleuves sibĂ©riens figurent parmi les gĂ©ants de la planĂšte : ce sont l’IenisseĂŻ (dĂ©bit moyen 19 800 m3⋅s-1), l’Ob, la LĂ©na et l’Amour tous caractĂ©risĂ©s par des dĂ©bits Ă©normes et des dĂ©bĂącles particuliĂšrement violentes lorsque l’arrivĂ©e de l’étĂ© remet en mouvement les eaux prises dans les glaces. Les principales Ă©tendues d’eau sont le lac BaĂŻkal, qui contient 20 % de l’eau douce lacustre de la planĂšte, le lac Ladoga et le lac Onega.

Climat

Le climat de la Russie est continental. Plus de la moitiĂ© du pays est situĂ©e au nord du 60° de latitude tandis que seule une faible partie se trouve au sud du 50° de latitude. Les montagnes qui ferment les frontiĂšres mĂ©ridionales (AltaĂŻ...) empĂȘchent la remontĂ©e des masses d’air chaud venues des rĂ©gions plus mĂ©ridionales ; par contre, les plaines qui dominent dans le nord du pays laissent pĂ©nĂ©trer loin Ă  l’intĂ©rieur des terres les masses d’air refroidies par l’ocĂ©an Arctique. Il en rĂ©sulte une tempĂ©rature moyenne de -5,5 Â°C avec une grande amplitude thermique entre l’hiver et l’étĂ©.

Une partie de la cĂŽte russe de la mer Noire dispose d’un climat subtropical (sur la photo : ville de Sotchi).

Dans pratiquement tout le pays, il n’existe que deux grandes saisons : l’hiver et l’étĂ© ; le printemps et l’automne sont gĂ©nĂ©ralement de trĂšs courte durĂ©e et le passage des tempĂ©ratures les plus chaudes aux tempĂ©ratures les plus froides est extrĂȘmement rapide. Le mois le plus froid est janvier (fĂ©vrier sur les cĂŽtes). Les tempĂ©ratures hivernales vont en s’abaissant Ă  la fois du sud au nord et de l’ouest Ă  l’est (beaucoup plus continental) : on relĂšve ainsi une tempĂ©rature moyenne en fĂ©vrier de −8 Â°C Ă  Saint-PĂ©tersbourg situĂ©e Ă  l’extrĂȘme-ouest, −27 Â°C dans les plaines de SibĂ©rie occidentale, et −43 Â°C Ă  Iakoutsk situĂ©e en SibĂ©rie orientale Ă  peu prĂšs Ă  la latitude de Saint-PĂ©tersbourg. Le record du froid est dĂ©tenu par la ville de VerkhoĂŻansk (-70 Â°C relevĂ©). Le vent du sud gĂ©nĂ©rĂ© par l’anticyclone qui stationne en hiver sur la majeure partie de la Russie, rĂ©duit les diffĂ©rences de tempĂ©rature entre les rĂ©gions situĂ©es Ă  des latitudes diffĂ©rentes. En Ă©tĂ©, le mois le plus chaud est gĂ©nĂ©ralement juillet (la tempĂ©rature moyenne en Russie est de 20 Â°C). Les tempĂ©ratures peuvent ĂȘtre trĂšs Ă©levĂ©es dans les rĂ©gions continentales (jusqu’à 38 Â°C au sud). L’amplitude des tempĂ©ratures est gĂ©nĂ©ralement extrĂȘmement Ă©levĂ©e. L’étĂ© peut ĂȘtre trĂšs chaud et humide y compris en SibĂ©rie. Une petite partie de la cĂŽte de la mer Noire prĂšs de Sotchi a un climat subtropical.

Le climat continental limite fortement la pluviomĂ©trie. Si Ă  l’ouest les prĂ©cipitations annuelles sont de 600 mm dans les rĂ©gions baltiques et de 525 mm Ă  Moscou, elles tombent Ă  425 mm Ă  Novossibirsk (en SibĂ©rie).

La durĂ©e de l’hiver, le froid intense et les variations brutales de tempĂ©rature ont un Ă©norme impact sur le mode de vie de la population et le fonctionnement de l’économie. Dans la partie la plus froide du pays, le sous-sol ne dĂ©gĂšle jamais : on parle de pergĂ©lisol (permafrost en anglais, merzlota en russe) ; l’eau stagne en surface et crĂ©e de gigantesques marĂ©cages - paysage rĂ©current de la SibĂ©rie ; la prĂ©sence du sous-sol gelĂ© gĂ©nĂšre des contraintes trĂšs coĂ»teuses sur le mode de construction des bĂątiments et des infrastructures. Les grands fleuves sont gĂ©nĂ©ralement pris par les glaces d’octobre/novembre Ă  avril/mai bloquant toute circulation fluviale ; au printemps, la dĂ©bĂącle des glaces entraĂźne souvent des inondations catastrophiques sur les plus grands fleuves sibĂ©riens.

Végétation

Du fait de sa taille, le pays prĂ©sente de nombreux types de paysages parmi lesquels prĂ©dominent des Ă©tendues relativement plates couvertes selon la latitude de toundra, de taĂŻga, de forĂȘts ou de steppes. La Russie d’Europe, dĂ©finie de maniĂšre arbitraire comme la partie du pays situĂ©e Ă  l’ouest de l’Oural, prĂ©sente successivement en allant du nord au sud les paysages suivants : au nord la partie la plus froide est le rĂšgne de la toundra Ă  laquelle succĂšde en allant vers le sud les forĂȘts de conifĂšres, puis les forĂȘts mixtes (feuillus et conifĂšres), les prairies, et enfin la steppe semi-dĂ©sertique (prĂšs de la mer Caspienne). Le changement de vĂ©gĂ©tation suit celui du climat. La SibĂ©rie - la partie situĂ©e Ă  l’est de l’Oural - prĂ©sente la mĂȘme succession de paysages mais c’est surtout la taĂŻga, forĂȘt plus ou moins clairsemĂ©e composĂ©e majoritairement de conifĂšres, qui prĂ©domine.

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de Russie.

Voir aussi : Chronologie de la Russie

La Rus' de Kiev

Territoire de la Principauté de Kiev.

La Rus' de Kiev ou principautĂ© de Kiev (RuthĂ©nie) est le premier État organisĂ© Ă  s’ĂȘtre formĂ© dans la rĂ©gion occupĂ©e aujourd’hui par l’Ukraine, la BiĂ©lorussie et une partie de la Russie occidentale (862). FondĂ©e par des Vikings venus de Scandinavie (les VarĂšgues en russe) puis dirigĂ©e par la dynastie des Riourikides, elle forme un État peu structurĂ© dont les sujets sont les tribus de Slaves orientaux vivant dans la rĂ©gion et qui seront progressivement conquises. Les princes varĂšgues dĂ©veloppent la route commerciale qui relie la mer Baltique et la mer Noire en empruntant le fleuve Dniepr (la route des VarĂšgues). Ils rĂ©ussissent, par la force des armes, Ă  s’imposer Ă  l’empire byzantin en tant que partenaire commercial. La PrincipautĂ© de Kiev doit combattre les peuples nomades des steppes venus de l’est : PetchenĂšgues, Coumans, etc. Sous le rĂšgne de Vladimir, le territoire s'Ă©tend et en 988, le grand prince Vladimir se convertit Ă  la religion de l’empire byzantin, le christianisme orthodoxe : celle-ci deviendra religion d’État et sera l’un des facteurs de l’unitĂ© nationale russe. La PrincipautĂ© de Kiev se dĂ©sintĂšgre au fil des annĂ©es sous les coups de boutoir des peuples nomades aprĂšs une longue pĂ©riode d’instabilitĂ© interne en raison des partages successoraux entre les descendants de Vladimir. Elle fait place Ă  une quinzaine de principautĂ©s situĂ©es sur les territoires des actuelles Ukraine, BiĂ©lorussie et de la partie europĂ©enne de la Russie. Ainsi, en 1276, la principautĂ© de Moscou voit le jour.

Les princes, qui dirigent ces principautĂ©s et ont la propriĂ©tĂ© Ă©minente de la terre, emploient des armĂ©es encadrĂ©es par des boyards qui deviendront progressivement des propriĂ©taires terriens. Ils rĂšgnent sur une masse de paysans Ă  cette Ă©poque gĂ©nĂ©ralement libres. La principautĂ© de Vladimir-Souzdal et surtout la rĂ©publique de Novgorod toutes deux situĂ©es au nord de la PrincipautĂ© de Kiev vont profiter de leur indĂ©pendance pour se dĂ©velopper. La rĂ©publique de Novgorod, citĂ©-État dotĂ©e d’un systĂšme de gouvernement original, prospĂšre grĂące Ă  ses Ă©changes commerciaux avec les pays de la Baltique. Elle repousse Ă  plusieurs reprises les tentatives d’expansion des chevaliers teutoniques.

L’invasion tataro-mongole

En 1226, un peuple nomade guerrier venu de Mongolie, appelĂ© Tataro-Mongols par les Russes, attaque les principautĂ©s. Entre 1237 et 1242, le khan Batou petit-fils de Gengis Khan, dĂ©fait les unes aprĂšs les autres les armĂ©es des princes et rĂ©duit en cendres les principales villes dont Vladimir, Kiev et Moscou. Les populations sont massacrĂ©es ou rĂ©duites en esclavage. Seule Novgorod et dans une certaine mesure Pskov, situĂ©es au nord-est, rĂ©ussissent Ă  conserver une certaine autonomie. Les Mongols n’occupent pas les territoires vaincus mais les principautĂ©s doivent payer tribut et reconnaĂźtre la suzerainetĂ© des Mongols qui fondent un État au sud de la Volga : la Horde d'Or. Cette vassalitĂ© ne prendra fin que trois siĂšcles plus tard.

Les Mongols tatars ont profondĂ©ment marquĂ© la Russie, ethniquement avec l'installation de peuples turcophones, culturellement avec l'islamisation des peuples de l'Est de Moscou, entre Vladimir et Kazan qui renforcera le poids de l'Église face Ă  l'occupation musulmane. Le vocabulaire russe s'enrichit de nombreux termes de la langue mongole tels que yam (poste) et tamga (pĂ©age). Administrativement, les Russes intĂšgrent les tributs ainsi que les levĂ©es de troupes. Comme les mongols, les princes russes iront jusqu'Ă  imposer Ă  leurs sujets de maintenir un service de relais de poste. Enfin, militairement, l'armĂ©e russe reprendra Ă  son compte l'usage de la cavalerie lĂ©gĂšre.[6]

La Moscovie

Carte de l’expansion de la Russie entre 1300 et 1796.

Du XIIIe au XVIe siĂšcle, l’une de ces principautĂ©s, la Moscovie (dont la capitale est Moscou), dirigĂ©e par des princes habiles, annexe progressivement toutes les autres pour devenir la Russie. Le prince Dimitri DonskoĂŻ vainc une premiĂšre fois les Mongols Ă  la bataille de Koulikovo (1380). Toutefois, ce mouvement d'unification se heurte aux rivalitĂ©s et Ă  la tradition de partage des territoires entre les diffĂ©rents fils du prince, ce qui engendra une guerre civile entre 1425 et 1453. MontĂ© sur le trĂŽne en 1462, Ivan III, qu’un voyageur vĂ©nitien dĂ©crit comme un « homme de haute taille, penchĂ© en avant et beau Â», libĂšre la Moscovie du joug des Mongols dont l’empire est dĂ©sormais fragmentĂ© en plusieurs khanats, puis absorbe les principales principautĂ©s russes encore indĂ©pendantes dont Novgorod (1478) et Tver (1485). En 1485, Ivan III prend le titre de "souverain de toute la Rus' ", dĂ©sirant montrer sa volontĂ© de reconstituer tout l'hĂ©ritage de Vladimir. À la fin du rĂšgne d’Ivan III le territoire de la Moscovie a quadruplĂ©. Son fils Vassili III (1505-1533) poursuit l'extension territoriale en annexant la citĂ©-Ă©tat de Pskov (1510) et la principautĂ© de Riazan (1521) ainsi que Smolensk (1514). Ivan IV dit « le Terrible Â», premier prince Ă  se faire dĂ©signer sous le titre de tsar, parachĂšve ces conquĂȘtes en s’emparant des principaux khanats mongols mais il perd l’accĂšs Ă  la mer Baltique face Ă  une coalition de l’Empire suĂ©dois avec la Pologne et la Lituanie. DĂ©sormais l’expansion de la Russie vers l’est n’a plus d’obstacle sĂ©rieux. La colonisation par les paysans russes du vaste bassin de la Volga et de l’Oural prend son essor. Des paysans et fugitifs, les cosaques, s’installent sur les marges et s’organisent en « armĂ©e Â» tout en jouant les rĂŽles de pionniers et de garde-frontiĂšres. Ivan IV se considĂšre alors logiquement comme l'unique hĂ©ritier de Vladimir, bien qu'il ne possĂšde pas la ville de Kiev aux mains de la dynastie lituanienne des Jagellon. Cette derniĂšre avait conquis la plupart des territoires de la Rus' occidentale.

La dynastie Romanov

Portrait de Pierre le Grand

L’extinction de la dynastie des descendants de Rurik (qui remontait aux mythiques princes varĂšgues) dĂ©clenche le temps des Troubles jusqu’à ce qu’une nouvelle dynastie, les Romanov, monte sur le trĂŽne (1613). Plusieurs souverains brillants vont au XVIIe et XVIIIe siĂšcles accroĂźtre la taille de l’Empire russe avec l’aide des cosaques. Pierre le Grand (1682-1725), au prix d’une longue guerre avec la SuĂšde, obtient un accĂšs Ă  la mer Baltique ; il fait construire Saint-PĂ©tersbourg qui devient Ă  compter de 1712 la nouvelle capitale, symbolisant ainsi l’ouverture du pays vers l’Europe. Une puissante industrie mĂ©tallurgique, la premiĂšre d’Occident Ă  l’époque, est Ă©difiĂ©e dans l’Oural et permet de soutenir l’effort de guerre. Catherine II de Russie (1762-1796), autocrate Ă©clairĂ©e, achĂšve la conquĂȘte des steppes situĂ©es au bord de la mer Noire aprĂšs avoir dĂ©fait l’empire ottoman et le khanat de CrimĂ©e et repousse vers l’ouest les frontiĂšres de l’empire russe grĂące au partage de la Pologne. L’actuelle Ukraine et la Russie Blanche (BiĂ©lorussie) sont dĂ©sormais entiĂšrement en territoire russe. Durant toute cette pĂ©riode, les cosaques occupent progressivement la SibĂ©rie et atteignent l’ocĂ©an Pacifique en 1640. Irkoutsk au bord du lac BaĂŻkal est fondĂ© en 1632, la rĂ©gion du dĂ©troit de BĂ©ring et l’Alaska sont explorĂ©s dans les annĂ©es 1740.

Un code Ă©dictĂ© en 1649 lie dĂ©sormais le paysan et ses descendants Ă  la terre et Ă  son propriĂ©taire gĂ©nĂ©ralisant le servage, Ă  contre-sens de l’évolution du statut du paysan en Europe occidentale. En contrepartie, les propriĂ©taires terriens sont astreints Ă  servir leur souverain. Catherine II confirme et renforce ces dispositions. Le mĂ©contentement des paysans et d’une classe naissante d’ouvriers, exploitĂ©s par leurs propriĂ©taires et lourdement taxĂ©s par la fiscalitĂ© d’un État en pleine croissance dĂ©clenchent au XVIIe et XVIIIe siĂšcles de nombreuses rĂ©voltes paysannes dont la plus importante, menĂ©e par le cosaque Pougatchev, parvient Ă  menacer le trĂŽne avant d’ĂȘtre Ă©crasĂ©e (1773). L’Église Ă  l’époque joue un rĂŽle essentiel dans la sociĂ©tĂ© russe et possĂšde plus des deux tiers des terres. La rĂ©forme du dogme orthodoxe russe par le patriarche Nikon (1653) est Ă  l’origine du schisme des vieux-croyants sĂ©vĂšrement rĂ©primĂ©.

Pierre le Grand puis Catherine II font venir un grand nombre de colons allemands (par exemple les Allemands de la Volga) d’artisans et de savants occidentaux souvent allemands, pour moderniser le pays, Ă©difier des industries et jeter les fondements des Ă©tablissements d’enseignement et de diffusion du savoir. Les bases de la langue littĂ©raire russe sont dĂ©finies par MikhaĂŻl Lomonossov. Les premiers journaux sont publiĂ©s Ă  cette Ă©poque. La noblesse russe s’occidentalise, surtout sous l’influence de la philosophie allemande et de la langue française, et certains de ses membres s’enthousiasmeront pour les idĂ©es des LumiĂšres, et parfois mĂȘme de la RĂ©volution française.

Voir aussi : Liste des monarques de Russie et Russie impĂ©riale

La Russie grande puissance européenne

L’empire russe joue un rĂŽle dĂ©cisif durant les guerres napolĂ©oniennes qui vont la transformer en puissance europĂ©enne. MĂ» comme tous les souverains europĂ©ens par une idĂ©ologie conservatrice et donc hostile aux idĂ©es de la RĂ©volution française, le tsar participe Ă  deux coalitions contre NapolĂ©on et essuie des dĂ©faites coĂ»teuses. Alexandre Ier choisit alors par renversement d’alliance le camp de la France (paix de Tilsitt), mais la paix ne durera que 5 ans (1807-1812). Il profite de cette pause pour attaquer la SuĂšde et annexer la Finlande. En 1812, les hostilitĂ©s reprennent. La grande armĂ©e de NapolĂ©on parvient au prix de combats acharnĂ©s Ă  s’emparer de Moscou mais doit en repartir chassĂ©e par l’incendie de la ville. Les armĂ©es russes harcĂšlent alors un ennemi dĂ©cimĂ© par la faim et le froid et, en 1814, elles occupent Paris. Alexandre joue un rĂŽle majeur dans la Sainte-Alliance qui veut gĂ©rer le destin de l’Europe post-napolĂ©onienne : il s’oppose Ă  la reconstitution de l’État polonais et participe militairement Ă  la rĂ©pression des soulĂšvements contre les monarchies (Hongrie 1849), Ă  l’instar de l’empereur d’Autriche.

Voir aussi armée impériale russe

Expansion de l’Empire vers le sud

Carte de l’expansion de la Russie et de l’URSS de 1812 à 1945.

L’empire russe poursuit, sous son rĂšgne et celui de ses successeurs, son expansion dans le Caucase au dĂ©triment des empires perse et ottoman : la GĂ©orgie rejoint volontairement l’empire en 1801, l’ArmĂ©nie, le Daghestan et une partie de l’AzerbaĂŻdjan sont annexĂ©s en 1813 au terme d’un conflit de quatre ans avec l’empire perse. Un dernier conflit victorieux avec l’empire ottoman (1878) parachĂšve la conquĂȘte du Caucase, ravivant l’hostilitĂ© de la Grande-Bretagne (Le Grand Jeu). Au dĂ©cĂšs d’Alexandre (1825), des officiers rĂ©formistes, les dĂ©cembristes, se soulĂšvent en vain pour demander une rĂ©forme de la monarchie. Cette tentative de soulĂšvement d’officiers issus de l’aristocratie va servir aussi de modĂšle Ă  de nombreux intellectuels russes au cours du siĂšcle suivant, inspirĂ©s par la philosophie de Hegel ou de Kropotkine. Nicolas Ier bĂ©nĂ©ficie d’une bonne croissance Ă©conomique, mais renforce l’appareil rĂ©pressif. Il Ă©crase violemment un soulĂšvement armĂ© de la Pologne (1831). Le dĂ©clin de l’empire ottoman, qui attise les convoitises des puissances europĂ©ennes, est Ă  l’origine d’un conflit entre la Russie et les autres puissances europĂ©ennes, Grande-Bretagne en tĂȘte. DĂ©fait Ă  SĂ©bastopol (1856), Alexandre II, le successeur de Nicolas, doit cĂ©der la Bessarabie, et perd les droits de passage en MĂ©diterranĂ©e.

De nombreuses jacqueries contre l’aristocratie terrienne endettĂ©e et attachĂ©e de ce fait au systĂšme du servage ont lieu durant cette pĂ©riode. L’industrie se dĂ©veloppe surtout dans les mines et le textile mais reste trĂšs en retrait par rapport Ă  l’Angleterre et Ă  l’Allemagne (environ 600 000 ouvriers vers 1860). Une nouvelle classe de commerçants et de petits industriels - souvent d’anciens serfs libĂ©rĂ©s par rachat - apparaĂźt, mais ses effectifs sont relativement peu nombreux.

L’enseignement se rĂ©pand dans les classes les plus aisĂ©es et de nombreuses Ă©coles supĂ©rieures sont fondĂ©es. La littĂ©rature russe connaĂźt un premier Ă©panouissement avec des Ă©crivains majeurs comme Tourgueniev, Pouchkine ou Gogol qui tĂ©moignent des tourments de la sociĂ©tĂ© russe. Cet essor culturel s’étend Ă©galement Ă  l’architecture et Ă  la musique (Glinka).

Tentatives de réforme

Alexandre II tente de tirer les leçons de la dĂ©faite de la guerre de CrimĂ©e. Le pays, qui s’étend dĂ©sormais sur 12,5 millions de kmÂČ et compte 60 millions d’habitants, est handicapĂ© par son fonctionnement archaĂŻque. Des rĂ©formes structurelles sont mises en train par le tsar : la mesure la plus importante est l’abolition du servage (1861) qui inclut l’attribution Ă  l’ancien serf d’une terre, souvent trop petite pour le nourrir, au prix d’un endettement Ă  long terme vis-Ă -vis de l’État. Des conseils locaux Ă©lus au suffrage censitaire – les zemtsvos – sont crĂ©Ă©s Ă  compter de 1864 : dotĂ©s de pouvoir leur permettant de gĂ©rer les affaires locales et de construire routes, Ă©coles et hĂŽpitaux, ils peuvent lever des impĂŽts pour les financer. Ce type de structure est Ă©tendu par la suite aux villes (douma urbaine). Enfin le code juridique introduit les procĂ©dures d’accusation et de dĂ©fense et crĂ©e une justice thĂ©oriquement indĂ©pendante du pouvoir jusqu’à l’échelon du district. Le rĂ©gime conserve malgrĂ© tout un caractĂšre autocratique et fortement policier. Les rĂ©formes vont d’ailleurs attiser la violence de groupes d’intellectuels nihilistes et Alexandre finira par tomber sous leurs coups (1881). Sous son rĂšgne, l’empire a poursuivi son expansion coloniale en Asie centrale : aprĂšs l’annexion des terres des kazakhs achevĂ©e en 1847, les trois khanats du territoire ouzbek (Kokand, Boukhara et Khiva) sont conquis au cours des trois dĂ©cennies suivantes puis annexĂ©s ou placĂ©s sous protectorat (1876). Cette avancĂ©e place les limites de l’empire russe aux portes de l’empire britannique aux Indes. La tension (Grand Jeu) entre les deux pays va rester trĂšs vive jusqu’à ce qu’un accord soit trouvĂ© en 1907 (convention anglo-russe). La Pologne se soulĂšvera sans succĂšs en 1863.

Industrialisation

Alexandre III, lorsqu’il monte sur le trĂŽne en 1881, mĂšne en rĂ©action Ă  l’assassinat de son pĂšre une politique de contre-rĂ©formes. Les dispositions autoritaires sont maintenues ou renforcĂ©es : les partis politiques et les syndicats sont interdits, le droit de circulation est limitĂ©, la presse est censurĂ©e. Sur le plan Ă©conomique l’industrie se dĂ©veloppe rapidement grĂące, entre autres, aux investissements Ă©trangers et Ă  la construction d’un rĂ©seau ferroviaire qui atteint 30 000 km en 1890. De nouvelles rĂ©gions s’industrialisent (Ukraine) tandis que certaines renforcent leur caractĂšre industriel comme la rĂ©gion de Saint-PĂ©tersbourg et surtout celle de Moscou. Mais la main-d’Ɠuvre abondante dĂ©gagĂ©e par l’abolition du servage et la croissance dĂ©mographique ne trouve pas entiĂšrement Ă  s’employer dans l’industrie (3 millions d’ouvriers en 1913). De nombreux paysans viennent coloniser les terres vierges de l’empire situĂ©es dans le Sud et l’Est (vallĂ©e infĂ©rieure de la Volga, Oural, SibĂ©rie) de l’empire. Le TranssibĂ©rien, dont un premier tronçon est rĂ©alisĂ© entre 1891 et 1901 pour dĂ©senclaver les immenses territoires de la SibĂ©rie, facilite cette migration, tandis que parallĂšlement Ă  l’Alliance franco-russe le financement de l’industrialisation se fait principalement par les emprunts russes venus surtout de France. L’agriculture a toujours un poids Ă©crasant : en 1897 la Russie compte 97 millions de paysans pour une population totale de 127[rĂ©f. nĂ©cessaire] millions d’habitants. Ceux-ci ne possĂšdent gĂ©nĂ©ralement pas les terres qu’ils cultivent (25 % seront propriĂ©taires en 1914). Le taux d’alphabĂ©tisation est trĂšs faible et la mortalitĂ© infantile est Ă©levĂ©e (environ 180 pour 1000). L’excĂ©dent dĂ©mographique est absorbĂ© par les villes dont le nombre croĂźt rapidement : Ă  la veille de la premiĂšre guerre mondiale, la population citadine dĂ©passe les 25 millions d’habitants. La Russie continue d’accroĂźtre son aire d’influence : en Chine et en CorĂ©e elle se heurte aux intĂ©rĂȘts japonais. La guerre russo-japonaise qui s’ensuit se termine par une dĂ©faite complĂšte (1905 Ă  Tsushima) : la modernisation du Japon a Ă©tĂ© sous-estimĂ©e et l’éloignement du champ de bataille a crĂ©Ă© d’énormes contraintes logistiques.

La révolution de 1905

Cette dĂ©faite dĂ©clenche le premier soulĂšvement gĂ©nĂ©ralisĂ© de la population russe contre le rĂ©gime. La rĂ©volution de 1905 est d’abord un mouvement paysan qui touche essentiellement la rĂ©gion des terres noires. Les ouvriers se joignent au mouvement par la suite. La loyautĂ© des forces armĂ©es va sauver le rĂ©gime. Nicolas II, qui est montĂ© sur le trĂŽne en 1894, est obligĂ© de donner des gages d’ouverture. Une assemblĂ©e (douma) Ă©lue est dotĂ©e de pouvoirs lĂ©gislatifs. Mais les Ă©lections de deux doumas successives donnent une large majoritĂ© Ă  l’opposition. La loi Ă©lectorale est alors modifiĂ©e pour obtenir une chambre des dĂ©putĂ©s favorable au pouvoir.

PremiÚre Guerre mondiale et révolution russe

LĂ©nine en 1920.

La Russie entre en guerre contre l’Allemagne et l’Empire austro-hongrois en 1914 pour venir en aide Ă  la Serbie, son alliĂ©e. L’Empire russe dĂ©clenche une offensive en Pologne orientale mais est sĂ©vĂšrement battue. Les troupes russes doivent abandonner la Pologne. DĂ©but 1917 Ă©clatent des mouvements sociaux, suscitĂ©s par le poids de la guerre sur l’économie, les pertes sur un front rĂ©duit Ă  une stratĂ©gie dĂ©fensive, l’instabilitĂ© des dirigeants et la dĂ©fiance vis-Ă -vis du tsar. Le refus des troupes de rĂ©primer les manifestations et la lassitude des classes dirigeantes obligent le tsar Nicolas II Ă  abdiquer ; ainsi Ă©clate la RĂ©volution de fĂ©vrier 1917 et la Russie devient une rĂ©publique. Un gouvernement provisoire est alors constituĂ©, prĂ©sidĂ© par Alexandre Kerenski. Tout en esquissant des rĂ©formes, celui-ci tente malgrĂ© tout de respecter les engagements de la Russie vis-Ă -vis de ses alliĂ©s en poursuivant la guerre. L’impopularitĂ© de cette derniĂšre mesure est exploitĂ©e par le parti des bolcheviks qui, le 25 octobre 1917, renverse le gouvernement Ă  Saint-PĂ©tersbourg (alors capitale de la Russie) par les armes (RĂ©volution d'octobre). La paix est signĂ©e avec les Allemands (Ă  Brest-Litovsk, en BiĂ©lorussie actuelle) au prix d’énormes concessions territoriales (Pologne, partie de l’Ukraine, pays Baltes, etc., soit environ 800 000 kmÂČ). Une guerre civile va opposer pendant trois ans les Russes blancs (rĂ©publicains ou monarchistes), assistĂ©s par les puissances occidentales, aux bolcheviks. AprĂšs leur victoire, le 22 dĂ©cembre 1922, les bolcheviks instaurent l’Union des rĂ©publiques socialistes soviĂ©tiques ; la Russie devient une des rĂ©publiques de l’Union (RĂ©publique socialiste fĂ©dĂ©rative soviĂ©tique de Russie).

Voir aussi : Front de l'Est (PremiĂšre Guerre mondiale) - Fin du rĂ©gime tsariste en Russie - RĂ©volution russe - Socialisme d'État

Entre les deux guerres

DĂšs la prise du pouvoir, le nouveau rĂ©gime tourne Ă  la dictature rĂ©primant toute opposition mĂȘme au sein du parti bolchevique. L’ensemble des moyens de production industrielle est placĂ© sous le contrĂŽle de l’État. À la fin de la guerre civile en 1921, le pays est exsangue : la dĂ©sorganisation des transports et les rĂ©quisitions agricoles dĂ©clenchent une famine qui fait un million de victimes autour de la Volga. Le mĂ©contentement gagne et le rĂ©gime doit assouplir son programme : c’est la NEP qui autorise une forme limitĂ©e d’économie privĂ©e. En quelques annĂ©es, les productions agricole et industrielle se rĂ©tablissent. LĂ©nine, dĂ©cĂ©dĂ© en 1924, laisse sa « succession Â» ouverte. Staline va en quelques annĂ©es se hisser au pouvoir en Ă©liminant physiquement ses rivaux. Le plan de collectivisation est repris avec vigueur et les terres agricoles sont regroupĂ©es par la force au sein de grandes coopĂ©ratives. Une nouvelle famine Ă©clate, cette fois-ci majoritairement en Ukraine (1932-1933) et dans le Kouban. Le dĂ©veloppement de l’économie est dĂ©sormais planifiĂ© de façon centralisĂ©e et le pouvoir, qui se concentre Ă  Moscou (redevenue capitale du pays en 1918), mĂšne un vaste programme d’industrialisation (surtout dans le domaine de l’industrie lourde) Ă  l’aide des plans quinquennaux. Le gouvernement incite les travailleurs au dĂ©passement des normes de productivitĂ© (stakhanovisme) au nom de l’avenir radieux. La machine de propagande communiste fonctionne Ă  plein rĂ©gime. En mĂȘme temps, Staline mĂšne une politique rĂ©pressive qui envoie au goulag ou Ă  la mort plusieurs millions de personnes avant le dĂ©clenchement de la Seconde Guerre mondiale, ce qui ne l’empĂȘche pas d’instaurer un vĂ©ritable culte de personnalitĂ©. C’est la montĂ©e du stalinisme.

Voir aussi : URSS sous Staline - stalinisme

Seconde Guerre mondiale

La bataille de Stalingrad, une des plus meurtriùres de l’Histoire, fit entre un et deux millions de morts.

Staline, qui a signĂ© avant le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale un pacte de non-agression avec Hitler comprenant une clause de partage de la Pologne et des États baltes, est attaquĂ© par l'Allemagne en juin 1941 (opĂ©ration Barbarossa). L’ArmĂ©e rouge sous-Ă©quipĂ©e et dĂ©sorganisĂ©e par les purges staliniennes recule en essuyant des pertes qui se chiffrent en millions. L’avancĂ©e allemande est bloquĂ©e devant Stalingrad (janvier 1943), puis repoussĂ©e vers l’ouest, notamment suite Ă  la bataille de Koursk (juillet-aoĂ»t 1943). Les gĂ©nĂ©raux soviĂ©tiques reprennent progressivement l’initiative et l’ArmĂ©e rouge, renforcĂ©e par des livraisons d’armes alliĂ©es, reconquiert les territoires perdus, libĂšre les pays de l’Europe orientale puis rentre victorieuse dans Berlin (mai 1945), au prix d'un terrible bilan de 20 Ă  30 millions de victimes (dont presque la moitiĂ© de civils). Staline et ses alliĂ©s occidentaux ont conclu un accord sur un partage de l’Europe en zones d’influence qui entĂ©rine le rĂŽle jouĂ© par l’URSS dans le conflit (confĂ©rence de Yalta). Les pays d’Europe orientale et l’Allemagne de l’Est se voient bientĂŽt imposer un rĂ©gime socialiste pilotĂ© par l’URSS.

Voir aussi : Chronologie de la Seconde Guerre mondiale

L’URSS puissance mondiale

Youri Gagarine, le premier homme dans l’espace.

La guerre a saignĂ© l’URSS (plus de 20 millions de victimes dont une majoritĂ© de civils) et dĂ©truit une bonne partie de ses installations industrielles et de ses villes. L’immĂ©diat aprĂšs-guerre est une pĂ©riode de reconstruction. Le pays retrouve son niveau de production industrielle d’avant-guerre puis le double en 1952. L’industrie nuclĂ©aire se dĂ©veloppe, avec la crĂ©ation du complexe nuclĂ©aire MaĂŻak. L’URSS effectue son premier essai nuclĂ©aire en 1949, accĂ©dant ainsi au rang de seconde puissance nuclĂ©aire mondiale.

Dans le mĂȘme temps, le culte de la personnalitĂ© est portĂ© Ă  son comble par Staline. Peu aprĂšs le dĂ©cĂšs de celui-ci en 1953, Nikita Khrouchtchev accĂšde au pouvoir (1953) et dĂ©nonce les excĂšs de son prĂ©dĂ©cesseur. Sur le plan intĂ©rieur commence une pĂ©riode de relative prospĂ©ritĂ© ; les droits des citoyens sont mieux respectĂ©s, c'est le dĂ©but d'une certaine libĂ©ralisation. L'URSS stupĂ©fie le monde par son avance dans le domaine spatial en mettant en orbite le premier Spoutnik et en y envoyant Youri Gagarine, premier homme dans l’espace. Sur le plan international, l’URSS Ă©largit son influence Ă  de nombreux pays du tiers-monde et parvient par des investissements massifs dans l’armement Ă  faire jeu Ă©gal avec les États-Unis, notamment dans le domaine nuclĂ©aire et des missiles balistiques. Cette pĂ©riode de guerre froide se traduit par de nombreux conflits ou tensions un peu partout dans le monde entre les deux superpuissances et leurs alliĂ©s. La crise de Cuba en 1962 manque de dĂ©gĂ©nĂ©rer en un conflit nuclĂ©aire. L’accession de LĂ©onid Brejnev au pouvoir (1964) se traduit par une relative dĂ©tente entre les deux grands (confĂ©rence d’Helsinki) mais Ă©galement, sur le plan intĂ©rieur, par une rĂ©duction des tentatives de rĂ©forme qui n’avaient pas rĂ©ussi Ă  son prĂ©dĂ©cesseur (Programme des terres vierges entre autres). L’écart entre le niveau de vie des SoviĂ©tiques et celui des habitants des pays occidentaux s’accroĂźt. La tension entre les deux superpuissances reprend Ă  compter de 1979 Ă  la suite de l’invasion de l’Afghanistan et de l’arrivĂ©e de Ronald Reagan Ă  la tĂȘte des États-Unis en 1980.

Voir aussi : Chronologie de l'URSS - Guerre froide

Fin de l’URSS

MikhaĂŻl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985 en prenant la tĂȘte du PCUS avec la volontĂ© de rĂ©former le rĂ©gime pour combattre la stagnation Ă©conomique et les reliquats du stalinisme, mais ses rĂ©formes donnent des rĂ©sultats plutĂŽt mitigĂ©s. La perestroĂŻka (restructuration Ă©conomique) n’a pas atteint les objectifs escomptĂ©s ayant aggravĂ© les pĂ©nuries de biens de consommation et les inĂ©galitĂ©s sociales entrainant un mĂ©contentement populaire, tandis qu’une dĂ©mocratisation du rĂ©gime, amorcĂ©e avec la glasnost (transparence), dĂ©clenche des conflits inter-ethniques et la montĂ©e des nationalismes, mal perçus par les Russes.

En 1989, pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de l’ùre soviĂ©tique, des Ă©lections libres ont lieu, les partis politiques sont autorisĂ©s en 1990. Cette ouverture est surtout l’occasion pour les peuples des diffĂ©rentes nationalitĂ©s composant l’URSS de manifester leurs souhaits de souverainetĂ©. Vers 1991, un vĂ©ritable dualisme du pouvoir s’installe au Kremlin - la puissance montante des structures Ă©tatiques russes libĂ©rĂ©es de la tutelle du PCUS, avec Boris Eltsine en tĂȘte, face aux organes du pouvoir soviĂ©tique et communiste, archaĂŻque et conservateur, essayant en vain de freiner les rĂ©formes gorbatcheviennes et de prĂ©server le systĂšme soviĂ©tique.

Le 21 dĂ©cembre 1991, le PCUS est dissous par MikhaĂŻl Gorbatchev et l’URSS s’effondre : les rĂ©publiques qui la constituaient prennent leur indĂ©pendance, le CAEM (Conseil d'Assistance Economique Mutuelle) crĂ©Ă© en 1949 et le pacte de varsovie (1955) ne sont plus. La Russie, qui en constitue le noyau historique, reprend de l’ancienne grande puissance mondiale les trois quarts de son territoire, plus de la moitiĂ© de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitiĂ© de sa production agricole. Principale hĂ©ritiĂšre de l’URSS, elle occupe dĂ©sormais sa place dans les institutions internationales, dont le siĂšge permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, mais assume Ă©galement le passif financier de l’ancienne URSS. Une union politique et Ă©conomique, la CEI, est fondĂ©e en 1991 pour tenter de maintenir des liens privilĂ©giĂ©s entre les pays issus de l’URSS.

Bien que la Russie, dirigée par Boris Eltsine à partir de 1991, soit l'héritiÚre de l'Union soviétique, elle ne peut endosser le rÎle de superpuissance. La Fédération russe est confrontée à de nombreux problÚmes internes, parmi lesquels l'élaboration laborieuse d'un systÚme politique démocratique et une guerre de sécession en Tchétchénie, et laisse la grande politique mondiale aux Américains et à leurs alliés.

Voir aussi : Union des rĂ©publiques socialistes soviĂ©tiques - Putsch de Moscou - CommunautĂ© des États indĂ©pendants

Effondrement et redressement Ă©conomique

Le premier prĂ©sident de la nouvelle Russie, Boris Eltsine donne une inflexion apparemment libĂ©rale au rĂ©gime. Le fonctionnement de la sociĂ©tĂ© russe qui a dĂ» abandonner le socialisme est profondĂ©ment bouleversĂ© et mĂšne Ă  l’enrichissement d’une minoritĂ© (oligarques), au dĂ©clin de l’outil Ă©conomique, Ă  l’affaiblissement de l’État fĂ©dĂ©ral et Ă  une chute catastrophique du niveau de vie des Russes.

Au niveau Ă©conomique, la planification dirigiste et centralisĂ©e de l’économie a Ă©tĂ© abandonnĂ©e sans transition au profit d’un mode de fonctionnement s’inspirant des thĂšses libĂ©rales des Ă©conomistes de l’école de Chicago. Les moyens de production ont Ă©tĂ© en grande partie privatisĂ©s, dans des conditions souvent obscures. La rĂ©organisation rapide de l’appareil Ă©conomique combinĂ©e avec les effets de l’éclatement de l’URSS ont provoquĂ© au cours des annĂ©es 1990 un effondrement de l’économie, le PIB Ă©tant divisĂ© par deux en quelques annĂ©es, ainsi qu’une crise financiĂšre majeure en 1998, plongeant une grande partie de la population dans les difficultĂ©s (exceptĂ©e une infime minoritĂ© de nouveaux riches, surnommĂ©s nouveaux Russes).

L’armĂ©e est de plus tenue en Ă©chec dans le conflit qui l’oppose aux sĂ©paratistes islamistes de TchĂ©tchĂ©nie. Les Ă©lections de 1993 complĂštement libres se traduisent par une montĂ©e du courant nationaliste et le maintien d’un vote communiste important[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Une nouvelle constitution, adoptĂ©e en dĂ©cembre 1993 aprĂšs une grave crise constitutionnelle et la mise au pas du CongrĂšs des dĂ©putĂ©s du peuple Ă  l'aide de l'armĂ©e, donne un tour plus prĂ©sidentiel au rĂ©gime. La pĂ©riode est Ă©galement caractĂ©risĂ©e par de grands mouvements de population entre les États composant l’URSS (population russe des États voisins se repliant en Russie, Ă©migration des Russes de religion juive ou d’origine allemande, fuite des cerveaux) et au sein mĂȘme de la Russie (abandon des campagnes et des zones les plus Ă©loignĂ©es en SibĂ©rie). Le dĂ©sordre Ă©conomique et politique se prolonge jusqu’en 1998 date Ă  laquelle le systĂšme financier russe s’effondre : entre 1990 et 1998 le PIB aura chutĂ© de 45 %.

Le prĂ©sident russe sortant, Vladimir Poutine, portĂ© au pouvoir en 2000, se donne pour objectif de rĂ©tablir le fonctionnement de l’État et de l’économie par le biais d’un rĂ©gime prĂ©sidentiel fort. Le nouveau prĂ©sident bĂ©nĂ©ficie de l’envolĂ©e du cours des matiĂšres premiĂšres dont la Russie est le plus grand producteur. Il lance des rĂ©formes structurelles visant entre autres Ă  rĂ©tablir la « verticale des pouvoirs Â». Les mesures ont Ă©tĂ© prises par ailleurs contre la fraude fiscale ce qui s’est traduit par l’arrestation de certains oligarques. Depuis 2000, la Russie connaĂźt une croissance Ă©conomique remarquable (croissance du PIB de 6 % en moyenne). Ce boom est portĂ© par la montĂ©e en puissance du secteur tertiaire (banque, assurance, distribution) et la croissance de la consommation intĂ©rieure. Vladimir Poutine tente de redonner Ă  la Russie un rĂŽle de premier plan sur la scĂšne internationale en profitant, entre autres, des dĂ©boires amĂ©ricains en Irak, et de renouer des liens privilĂ©giĂ©s avec les anciennes rĂ©publiques composant l’URSS en maniant alternativement la maniĂšre forte (BiĂ©lorussie, Ukraine) et une approche plus diplomatique.

Voir aussi : GĂ©ostratĂ©gie de la Russie - CommunautĂ© des États indĂ©pendants - Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective - CommunautĂ© Ă©conomique eurasienne - Organisation de coopĂ©ration centre-asiatique - Union de la Russie et de la BiĂ©lorussie

Politique

Article dĂ©taillĂ© : Politique de la Russie.
Russie

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Cet article fait partie de la série sur la
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Bill Clinton et Boris Eltsine, le 13 janvier 1994.

La constitution de 1993 adoptĂ©e Ă  la suite de la crise constitutionnelle de 1993 qui avait opposĂ© le prĂ©sident Boris Eltsine Ă  l’AssemblĂ©e et n’avait pu ĂȘtre rĂ©solue que par l’intervention des chars, dĂ©finit la Russie comme une fĂ©dĂ©ration et une rĂ©publique prĂ©sidentielle dans laquelle le prĂ©sident russe est le chef de l’État et le premier ministre le chef du gouvernement. Le pouvoir exĂ©cutif est exercĂ© par le chef de gouvernement. Le pouvoir lĂ©gislatif est dĂ©tenu Ă  la fois par le gouvernement et les deux chambres de l’assemblĂ©e fĂ©dĂ©rale de la fĂ©dĂ©ration russe.

Le président est élu au suffrage universel pour une période de quatre ans. Son mandat est renouvelable une seule fois. La derniÚre élection présidentielle a eu lieu le 2 mars 2008.

Le pouvoir lĂ©gislatif est reprĂ©sentĂ© par l’AssemblĂ©e fĂ©dĂ©rale composĂ©e de :

  • La Douma (ДyĐŒa = la pensĂ©e) ou, plus prĂ©cisĂ©ment, Douma d’État, assemblĂ©e de 450 dĂ©putĂ©s Ă©lus au suffrage universel direct pour 4 ans. La Douma est prĂ©sidĂ©e par Boris Gryzlov (2007).
  • Le Conseil de la FĂ©dĂ©ration (ĐĄĐŸĐČДт ЀДЎДрацОО), formĂ© de 178 reprĂ©sentants des sujets (rĂ©gions) composant la FĂ©dĂ©ration, appelĂ©s souvent « sĂ©nateurs Â» (voir Subdivisions). Le Conseil de la FĂ©dĂ©ration est prĂ©sidĂ© par SergueĂŻ Mironov (2007).

La constitution russe garantit l’égalitĂ© de tous les citoyens devant la justice, l’indĂ©pendance des juges et leur sujĂ©tion Ă  la seule loi. Les procĂšs doivent ĂȘtre publics et le droit de la dĂ©fense est garanti aux accusĂ©s.

Les rĂ©gions disposent d’une certaine autonomie mais, depuis 2005, les gouverneurs des rĂ©gions ne sont plus Ă©lus mais dĂ©signĂ©s par le prĂ©sident.

Les principaux partis sont le parti de l’ancien prĂ©sident, et dĂ©sormais premier ministre, Vladimir Poutine, Russie Unie (231 siĂšges Ă  la Douma aux Ă©lections de 2003), le Parti communiste de la FĂ©dĂ©ration de Russie (51 siĂšges), Rodina (37 siĂšges), et le LDPR (37 siĂšges). La majoritĂ© des trois quarts est nĂ©cessaire Ă  la destitution du chef de l’État. Le nouveau prĂ©sident de la Russie est Dmitri Medvedev (Ă©lu le 2 mars 2008). C’était l’ancien PDG de l’entreprise pĂ©troliĂšre et gaziĂšre Gazprom.

Voir aussi : Union de la Russie et de la BiĂ©lorussie

Défense et Géostratégie de la Russie

Les vozdouchno-dessantnye voĂŻska ou VDV (en russe : Đ’ĐŸĐ·ĐŽŃƒŃˆĐœĐŸ-ĐŽĐ”ŃĐ°ĐœŃ‚ĐœŃ‹Đ” ĐČĐŸĐčсĐșĐ°, en abrĂ©gĂ© ВДВ, "troupes aĂ©roportĂ©es") en manƓuvre au Kazakhstan.

L’actuelle armĂ©e russe, formĂ©e en 1992, est l’hĂ©ritiĂšre de l’ancienne ArmĂ©e rouge, puis ArmĂ©e soviĂ©tique (de 1922 Ă  1991, annĂ©e de la dislocation de l’URSS). Elle a hĂ©ritĂ© de l’armement et de l’équipement de l’armĂ©e soviĂ©tique situĂ©e sur le territoire russe, ainsi que de la totalitĂ© de l’arsenal nuclĂ©aire soviĂ©tique qui lui a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© par le Kazakhstan, l’Ukraine et la BiĂ©lorussie.

Évolution du stock d'armes nuclĂ©aires

La Russie est l’un des cinq pays reconnus officiellement par le TraitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire (TNP) comme possĂ©dant l’arme nuclĂ©aire. Elle possĂšde d’ailleurs le plus vaste arsenal nuclĂ©aire au monde avec environ 16 000 tĂȘtes nuclĂ©aires [7] dont 3 500 sont opĂ©rationnelles. Au cours de son histoire, l’URSS aura produit quelque 50 000 tĂȘtes nuclĂ©aires.

AprĂšs la chute de l’URSS, malgrĂ© la baisse des effectifs et du budget, l’armĂ©e russe reste une armĂ©e de premier plan Ă  l’échelle mondiale.

La Russie est en tĂȘte des exportations d’armes avec un excĂ©dent de 7 Ă  8 milliard de dollars amĂ©ricains. Les principaux clients de la Russie sont l’Inde et la Chine en tĂȘte, puis notamment l’Iran, le Venezuela et l’AlgĂ©rie[8],[9].

La Russie doit se protĂ©ger contre diverses menaces[rĂ©f. nĂ©cessaire] : menaces indĂ©pendantistes au sein de la Russie, menaces de ses voisins de l'Ouest, d'Asie Mineure, du Japon, de Mongolie et de Chine. Elle surveille de prĂšs les dĂ©troits turcs pour accĂ©der Ă  la MĂ©diterranĂ©e, le « verrou Â» danois pour accĂ©der Ă  la ocĂ©an Atlantique et Ă  l'Est, le « verrou Â» japonais pour l'ocĂ©an Pacifique, et l'Arctique notamment pour le pĂ©trole[10].

  • Effectifs : 1 140 000 militaires et 2 000 000 rĂ©servistes
  • Budget : 70 milliards de $ (2008)[11]

Articles dĂ©taillĂ©s : Forces armĂ©es de la fĂ©dĂ©ration de Russie, GĂ©ostratĂ©gie de la Russie, CommunautĂ© des États indĂ©pendants, Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective, CommunautĂ© Ă©conomique eurasienne, Organisation de coopĂ©ration centre-asiatique et Union de la Russie et de la BiĂ©lorussie.

Voir aussi : ArmĂ©e impĂ©riale russe, ArmĂ©e rouge, Marine soviĂ©tique, Spetsnaz, Marine russe, VVS.

Économie

Article dĂ©taillĂ© : Économie de la Russie.

La Russie fait partie des pays Ă©conomiquement dĂ©veloppĂ©s : PIB de 1 286 milliards de $ en 2007 (nominatif), 2 097 milliards de $ (en paritĂ© de pouvoir d'achat[12], 7e rang en 2007).

Son Ă©conomie est marquĂ©e par le poids des industries extractives : gaz naturel (1er producteur et exportateur mondial), pĂ©trole (2e producteur et exportateur mondial), charbon (6e pays producteur), mĂ©taux non ferreux.

De son passĂ© soviĂ©tique, la Russie a hĂ©ritĂ© d’une industrie mĂ©tallurgique lourde puissante et concurrentielle, d’un savoir-faire pointu dans les domaines de l’aĂ©ronautique, de l’armement et de l’énergie.

L’agriculture, longtemps handicapĂ©e par la collectivisation des exploitations agricoles sous le rĂ©gime soviĂ©tique, malgrĂ© le labourage des terres vierges dans les annĂ©es 1970, composant avec un environnement naturel globalement peu favorable et immense, est structurellement dĂ©ficitaire (dĂ©ficit en valeur de 10 milliards de $). Mais la Russie peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une puissance agricole forte - la Russie est le premier producteur mondial d’orge, de framboise, de groseille. Elle est aussi un gros producteur de betterave, de blĂ© et de pomme de terre.

Moscou, le nouveau quartier des affaires Moskva City

La rĂ©partition du PIB (secteur primaire 7 % - secondaire 37 % - tertiaire 56 %) reflĂšte la montĂ©e en puissance des services.

Le fonctionnement de l’économie russe a subi des transformations radicales aprĂšs les rĂ©formes entamĂ©es par Gorbatchev dans la 2e moitiĂ© des annĂ©es 1980 (perestroĂŻka), caractĂ©risĂ©es par le passage d’une Ă©conomie planifiĂ©e (dont l’ensemble des moyens de production Ă©taient contrĂŽlĂ©s par l’État) Ă  un mode de fonctionnement basĂ© sur l’économie de marchĂ©.

Ce processus de transformation est Ă  l’origine d’une crise Ă©conomique profonde, culminant avec la crise financiĂšre en 1998, dont la Russie s’est progressivement relevĂ©e depuis : le PIB a retrouvĂ© en 2007 son niveau de 1990. L’évolution du prix des matiĂšres premiĂšres a grandement favorisĂ© la reprise Ă©conomique amorcĂ©e en 1998. Avec une croissance du PIB supĂ©rieure Ă  6 % en moyenne depuis cette date, l’État russe a pu rĂ©gler par anticipation les emprunts contractĂ©s au plus fort de la crise financiĂšre et ramener la dette publique Ă  8 % fin 2007.

L’inflation est dĂ©sormais contenue (9,7 % en 2006 contre 36 % en 1999). La Russie s’est constituĂ©e la troisiĂšme rĂ©serve de change du monde (480 milliards de $ en janvier 2008) grĂące Ă  une balance des paiements excĂ©dentaire de 10 % du PIB durant cette pĂ©riode. Le budget de l’État rĂ©guliĂšrement excĂ©dentaire grĂące Ă  une gestion prudente de la manne financiĂšre constituĂ©e par des rentrĂ©es fiscales plus efficaces et le prix des hydrocarbures a permis la constitution en 2004 d’un fonds de stabilisation qui se montait Ă  130 milliards de $ en septembre 2007. L’État russe a retrouvĂ© des moyens financiers permettant de lancer des projets d’envergure (infrastructures, soutien Ă  l’investissement). Des secteurs importants de l’industrie russe sont, depuis la libĂ©ralisation de l’économie, confrontĂ©s Ă  la concurrence des entreprises Ă©trangĂšres : celle-ci n’est freinĂ©e que dans des domaines jugĂ©s stratĂ©giques (construction automobile, ressources miniĂšres et Ă©nergĂ©tiques, industrie de l’armement). La Russie reste aprĂšs les États Unis le premier exportateur mondial d’armes[rĂ©f. nĂ©cessaire] (avions de chasse, sous-marins, etc.). Mal prĂ©parĂ©e, l’industrie lĂ©gĂšre russe a vu ses parts de marchĂ© fondre sur le marchĂ© national. Le phĂ©nomĂšne touche Ă©galement des industries de pointe comme la construction aĂ©ronautique. Les exportations sont dĂ©sormais en grande partie composĂ©es de produits Ă  faible valeur ajoutĂ©e (hydrocarbures et mĂ©taux reprĂ©sentaient en 2005 82 % des exportations). La croissance de cette Ă©conomie peu diversifiĂ©e est trĂšs sensible aux Ă©volutions du prix des matiĂšres premiĂšres.

Le PIB par habitant s’élevait en 2007 Ă  12 200 $ et le taux de chĂŽmage Ă  6,6 % (2006). Mais ce PIB est trĂšs inĂ©galement rĂ©parti. La libĂ©ralisation de l’économie a accentuĂ© un phĂ©nomĂšne qu’avait jusqu’à prĂ©sent contrebalancĂ© le rĂ©gime socialiste. La richesse s’est plutĂŽt concentrĂ©e au cours de la dĂ©cennie dans quelques rĂ©gions favorisĂ©es : les deux mĂ©tropoles de Moscou et Saint-PĂ©tersbourg, les rĂ©gions sibĂ©riennes oĂč sont situĂ©es les gisements d’hydrocarbures et quelques rĂ©gions industrielles (Tatarstan, Ekaterinbourg, Samara, etc.). La ville de Moscou concentre Ă  elle seule 22 % du PIB russe[13].

Agriculture

Article dĂ©taillĂ© : Agriculture en Russie.

Les statistiques officielles de la FĂ©dĂ©ration de Russie reconnaissent trois formes d’exploitations agricoles. Les organisations agricoles, les fermes privĂ©es et les lopins de terre. La culture du blĂ© et des pommes de terre en reprĂ©sente une large part. L’élevage porcin et de volaille est Ă©galement trĂšs rĂ©pandu. En revanche, l’élevage de bovins est essentiellement destinĂ© Ă  la production laitiĂšre.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Les conditions climatiques de la FĂ©dĂ©ration ne lui permettent une mise en culture de ses terres que sur une pĂ©riode relativement courte (environ sept mois de l’annĂ©e). La dimension de sa surface agricole utile et le facteur climatique permettent sans doute d’expliquer que son agriculture est plutĂŽt extensive qu’intensive.

DĂ©mographie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie de la Russie.
Carte ethnique de la Russie Europeene avant la Premier Guerre Mondiale
Évolution de la dĂ©mographie entre 1991 et 2008 (chiffres du Service fĂ©dĂ©ral des statistiques, population en millions d’habitants)

AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, qui avait entraĂźnĂ© la mort d’environ 27 millions de personnes[14] (civils et militaires), la population avait retrouvĂ© son niveau d’avant-guerre en 1955 (111 millions), puis s’était accrue de prĂšs de 35 % en atteignant son maximum en 1992 (148,7 millions). Cependant plusieurs phĂ©nomĂšnes sont venus modifier cette dynamique dĂ©mographique dont la plus importante est sans doute la « normalisation Â» de la fĂ©conditĂ© russe qui a effectuĂ© Ă  compter de 1988 sa transition dĂ©mographique et prĂ©sente dĂ©sormais un taux de natalitĂ© proche de celui des autres pays d’Europe de l’Est.

La population de la Russie s’établit Ă  143,4 millions d’habitants, avec un taux d’urbanisation Ă©levĂ© (73 % de la population). La densitĂ© est de 8,5 hab./kmÂČ, mais la population est trĂšs inĂ©galement rĂ©partie sur le territoire : de 26,9 en Russie d’Europe (Oural compris) elle tombe Ă  2,5 en Russie d’Asie. L’urbanisation tend Ă  dĂ©peupler la gloubinka, ou « Russie profonde Â» au profit de grandes mĂ©tropoles et plus particuliĂšrement des villes de la Russie europĂ©enne.

La population en Russie est en baisse rĂ©guliĂšre depuis 1992 du fait d’un dĂ©ficit naturel important stabilisĂ© autour de 800 000 habitants par an depuis une dizaine d’annĂ©es[15] que n’arrive pas Ă  compenser l’immigration. Ce dĂ©ficit reflĂšte l’écart entre le taux de natalitĂ© qui s’établit aujourd’hui Ă  1,04 â€° avec des mĂšre plus agĂ©es qu'avant et le taux de mortalitĂ© Ă©valuĂ© Ă  16 â€° en 2006.

Le dĂ©ficit naturel est en partie compensĂ© par des flux migratoires en provenance des pays issus de l’éclatement de l’URSS. L’immigration, qui Ă©tait dans les annĂ©es 1990 essentiellement le fait de russophones, a aujourd’hui des origines plus mĂ©langĂ©es (immigration chinoise et ouzbek)[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En 2008, la Russie comptait quelque 10 millions d’immigrĂ©s[16]. La crise Ă©conomique, l’augmentation du chĂŽmage et la redĂ©finition de l’identitĂ© russe provoquent une montĂ©e de la xĂ©nophobie dans le pays : 74 meurtres Ă  caractĂšre racistes ont Ă©tĂ© recensĂ©s en 2007, 114 en 2008[16]ce qui est Ă  mettre en perspective avec les statistiques infĂ©rieures des autres pays europĂ©ens connaissant dĂ©sormais eux-aussi ce phĂ©nomĂšne.

L’espĂ©rance de vie est infĂ©rieure Ă  la moyenne europĂ©enne pour les femmes (72 ans) mais l'est surtout pour les hommes : pour ceux-ci l’ñge moyen au dĂ©cĂšs est de 59 ans[17] (infĂ©rieur de 12 ans Ă  la moyenne europĂ©enne et de 18 ans Ă  la moyenne française[18]) soit un un taux de mortalitĂ© de 15 ‰ pour un taux de natalitĂ© est de 9 ‰. Cela s’explique par divers facteurs : l’alcoolisme de masse, le suicide, un systĂšme de santĂ© dĂ©ficient qui ne rĂ©ussit pas Ă  stopper le dĂ©veloppement rapide du SIDA et la tuberculose[19]. Ainsi, la Russie a connu pendant la crise de la pĂ©riode de transition quatre fois plus de morts violentes que les États-Unis[19] : en effet, elle se classait Ă  l’époque au deuxiĂšme rang mondial pour les homicides (28,4 pour 100 000 habitants en 2000=[20]) et troisiĂšme pour les suicides (38,4 pour 100 000 habitants en 2002[21]. L’arrivĂ©e, plus tardive qu’à l’Ouest, de certaines Ă©pidĂ©mies comme le sida explique aussi la situation : Ă  la fin de 2005, la Russie enregistrait prĂšs de 350 000 infections au VIH[22].

En dĂ©finitive, selon un rapport des Nations Unies, la Russie aurait 137 millions d'habitants en 2025. Selon le dĂ©mographe amĂ©ricain M. Feshbach, la population de la Russie aura diminuĂ© d'un tiers d'ici 2050, elle sera alors d'environ 100 millions d'habitants. Selon Y. Afnassiev, la population en Russie pourrait ne compter qu'entre 70 et 90 millions d'habitants vers 2045. Face Ă  cette situation, le gouvernement russe a inscrit dans son programme la mise en place d’une politique nataliste reposant sur des incitations financiĂšres pour la naissance des 2e et 3e enfants.

Par ailleurs, le courant d’émigration en direction d’IsraĂ«l, des USA et de l’Allemagne, trĂšs important durant la dĂ©cennie prĂ©cĂ©dente, s’est aujourd’hui pratiquement tari et fut bien infĂ©rieur Ă  ceux que l'on prĂ©dit [23].

Voir aussi : Russes

Religions

Source de ces informations :[26]

Éducation

Le taux d’alphabĂ©tisation est trĂšs Ă©levĂ©, parmi les plus Ă©levĂ©s au monde : 99,5 % (1999). Les populations n’appartenant pas Ă  l’ethnie russe sont souvent bilingues (exemples : russe et tatar, russe et oudmourte, russe et iakoute, russe et armĂ©nien).

Art et culture

Articles dĂ©taillĂ©s : LittĂ©rature russe et Musique russe.
LĂ©on TolstoĂŻ.

La littĂ©rature russe est l’une des plus importantes et des plus vastes du monde. Elle prend son essor de Saint-PĂ©tersbourg avec Alexandre Pouchkine, qui est considĂ©rĂ© comme l’un des fondateurs de la littĂ©rature moderne russe et est parfois surnommĂ© le « Shakespeare russe Â». Parmi les poĂštes et Ă©crivains russes les plus cĂ©lĂšbres figurent LĂ©on TolstoĂŻ, FĂ©dor DostoĂŻevski et Anton Tchekhov. Les Ă©crivains les plus marquants de la pĂ©riode soviĂ©tique sont Boris Pasternak, Alexandre Soljenitsyne, Vladimir MaĂŻakovski, MikhaĂŻl Cholokhov et les poĂštes Ievgueni Ievtouchenko et AndreĂŻ Voznessenski.

Piotr Ilitch TchaĂŻkovski.

Un grand nombre de groupes ethniques vivant en Russie ont des traditions folkloriques trĂšs variĂ©es. La musique russe du XIXe siĂšcle est caractĂ©risĂ©e par l’existence de deux courants musicaux : celui reprĂ©sentĂ© par le compositeur MikhaĂŻl Glinka et ses successeurs, dont le Groupe des Cinq, qui ont inclus des Ă©lĂ©ments folkloriques et religieux dans leurs compositions et la SociĂ©tĂ© de Musique russe dirigĂ©e par Anton et NikolaĂŻ Rubinstein aux accents plus traditionnels. La tradition du romantisme tardif incarnĂ©e par TchaĂŻkovski ou encore Rimski-Korsakov (bien qu’également successeur de Glinka), fut prolongĂ©e au XXe siĂšcle par Serge Rachmaninov, l’un des derniers grands compositeurs de musique romantique.

Les compositeurs du XXe siĂšcle de renommĂ©e mondiale comprennent Alexandre Scriabine, Igor Stravinski, Serge Rachmaninov, Serge Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. À l’époque soviĂ©tique, la musique Ă©tait sous surveillance constante du rĂ©gime, car elle Ă©tait un moyen d’éduquer les masses socialistes, et elle ne devait pas ĂȘtre influencĂ©e, selon la propagande officielle, « par la dĂ©cadence bourgeoise Â». Les conservatoires de Russie ont produit des gĂ©nĂ©rations de solistes de renommĂ©e mondiale. Parmi les plus connus figurent les violonistes David OĂŻstrakh et Gidon Kremer, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, les pianistes Vladimir Horowitz, Sviatoslav Richter et Emil Guilels et la cantatrice Galina VichnevskaĂŻa.

TchaĂŻkovski composa des ballets connus dans le monde entier comme : Le Lac des cygnes, Casse-Noisette et La Belle au bois dormant. Au dĂ©but du XXe siĂšcle, les danseurs russes Anna Pavlova et Vaslav Nijinski devinrent cĂ©lĂšbres et les dĂ©placements Ă  l’étranger des Ballets russes influencĂšrent fortement le dĂ©veloppement de la danse dans le monde. Le ballet soviĂ©tique a prĂ©servĂ© Ă  la perfection les traditions du XIXe siĂšcle et les Ă©coles de chorĂ©graphie de l’Union soviĂ©tique ont fait naĂźtre de grandes Ă©toiles, admirĂ©es partout comme MaĂŻa PlissetskaĂŻa, Rudolf Noureev et MikhaĂŻl Barychnikov. Le ballet du BolchoĂŻ Ă  Moscou et le ballet du Mariinsky (ex-Kirov) Ă  Saint-PĂ©tersbourg sont universellement prisĂ©s.

SergueĂŻ Eisenstein.

Alors qu’ailleurs le cinĂ©ma a souvent trop Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une forme de divertissement bon marchĂ© Ă  destination des classes populaires, la production cinĂ©matographique en Russie a eu dĂšs 1917 un rĂŽle culturel important : immĂ©diatement aprĂšs la rĂ©volution de 1917, le cinĂ©ma soviĂ©tique a explorĂ© les possibilitĂ©s et les limites du montage avec par exemple des films comme Le CuirassĂ© Potemkine. Il est Ă©vident que le rĂ©gime utilisait aussi cet art pour former les masses, mais il tenta cependant de le faire avec des formes nouvelles et une grande crĂ©ativitĂ©. Des rĂ©alisateurs soviĂ©tiques comme SergueĂŻ Eisenstein et Andrei Tarkovski marquĂšrent leur Ă©poque et eurent une grande influence sur les cinĂ©astes contemporains. Eisenstein fut l’élĂšve du metteur en scĂšne et thĂ©oricien Lev Koulechov qui mit au point les principes du montage cinĂ©matographique dans la premiĂšre Ă©cole du cinĂ©ma crĂ©Ă©e au monde, l’institut du cinĂ©ma de l’Union Ă  Moscou. En 1932, Staline promulgua le rĂ©alisme socialiste comme fondement de l’art soviĂ©tique. Ceci freina la crĂ©ativitĂ© mais beaucoup d’Ɠuvres produites Ă  cette Ă©poque sont des rĂ©ussites artistiques comme Tchapaev, Quand passent les cigognes et la Ballade du soldat.

Le cinĂ©ma soviĂ©tique fut en crise entre les annĂ©es 1980 et 1990. Les rĂ©alisateurs russes n’étaient plus obligĂ©s d’affronter la censure, mais les rĂ©ductions des subventions d’État ne leur permettaient de produire qu’un nombre rĂ©duit de films. Le dĂ©but du XXIe siĂšcle quant Ă  lui se caractĂ©risa par un accroissement des entrĂ©es en salle et en consĂ©quence une prospĂ©ritĂ© accrue de l’industrie cinĂ©matographique.

Voir aussi : Culture russe (catĂ©gorie) - Musique russe (catĂ©gorie) - ThĂ©Ăątre russe (catĂ©gorie) - CinĂ©ma russe (catĂ©gorie) - ThĂ©Ăątre russe - CinĂ©ma russe et soviĂ©tique

FĂȘtes et jours fĂ©riĂ©s

Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an ĐĐŸĐČыĐč ĐłĐŸĐŽ
7 janvier NoĂ«l (orthodoxe) Đ ĐŸĐ¶ĐŽĐ”ŃŃ‚ĐČĐŸ Đ„Ń€ĐžŃŃ‚ĐŸĐČĐŸ
13 janvier Nouvel an « ancien Â» (julien) СтарыĐč ĐœĐŸĐČыĐč ĐłĐŸĐŽ non fĂ©riĂ©
23 fĂ©vrier FĂȘte du DĂ©fenseur de la Patrie Đ”Đ”ĐœŃŒ Đ—Đ°Ń‰ĐžŃ‚ĐœĐžĐșĐ° ОтДчДстĐČĐ° ancienne FĂȘte de l’ArmĂ©e rouge, aujourd’hui fĂȘte des hommes, jour fĂ©riĂ©
8 mars JournĂ©e internationale des femmes ĐœĐ”Đ¶ĐŽŃƒĐœĐ°Ń€ĐŸĐŽĐœŃ‹Đč Đ¶Đ”ĐœŃĐșĐžĐč ĐŽĐ”ĐœŃŒ
1er mai FĂȘte du printemps et du travail (le PervomaĂŻ) ĐŸŃ€Đ°Đ·ĐŽĐœĐžĐș ĐČĐ”ŃĐœŃ‹ Đž труЮа (ĐŸĐ”Ń€ĐČĐŸĐŒĐ°Đč)
9 mai FĂȘte de la victoire de la Grande guerre patriotique (1941-1945) Đ”Đ”ĐœŃŒ ĐŸĐŸĐ±Đ”ĐŽŃ‹ ĐČ Đ’Đ”Đ»ĐžĐșĐŸĐč ОтДчДстĐČĐ”ĐœĐœĐŸĐč ĐČĐŸĐčĐœĐ” CĂ©lĂ©brĂ©e le 9 mai Ă  cause de la diffĂ©rence de fuseau horaire entre Berlin et Moscou (la capitulation nazie eut lieu dans la nuit Ă  Berlin).
12 juin Jour de Russie (FĂȘte de la SouverainetĂ© de la FĂ©dĂ©ration de Russie) Đ”Đ”ĐœŃŒ Đ ĐŸŃŃĐžĐž (Đ”Đ”ĐœŃŒ суĐČĐ”Ń€Đ”ĐœĐžŃ‚Đ”Ń‚Đ° РЀ) Le 12 juin 1990, le Parlement russe dĂ©mocratiquement Ă©lu proclama l’indĂ©pendance de la Russie vis-Ă -vis de l’Union soviĂ©tique.
4 novembre FĂȘte de l’unitĂ© nationale Đ”Đ”ĐœŃŒ ĐœĐ°Ń†ĐžĐŸĐœĐ°Đ»ŃŒĐœĐŸĐłĐŸ Đ”ĐŽĐžĐœŃŃ‚ĐČĐ°
7 novembre FĂȘte de RĂ©conciliation (Anniversaire de la RĂ©volution russe 1917) Đ”Đ”ĐœŃŒ ŃĐŸĐłĐ»Đ°ŃĐžŃ Đž ĐżŃ€ĐžĐŒĐžŃ€Đ”ĐœĐžŃ non fĂ©riĂ©
12 dĂ©cembre Jour de Constitution Đ”Đ”ĐœŃŒ ĐšĐŸĐœŃŃ‚ĐžŃ‚ŃƒŃ†ĐžĐž non fĂ©riĂ© depuis 2005

Outre ces jours fĂ©riĂ©s, il existe un grand nombre de fĂȘtes de corporations (ĐŸŃ€ĐŸŃ„Đ”ŃŃĐžĐŸĐœĐ°Đ»ŃŒĐœŃ‹Đ” ĐżŃ€Đ°Đ·ĐŽĐœĐžĐșĐž). Ces jours ne sont pas chĂŽmĂ©s, mais les plus importants sont cĂ©lĂ©brĂ©s officiellement (12 avril : jour de la cosmonautique ; 28 mai : jour des gardes-frontiĂšres ; 5 octobre : jour des enseignants ; 10 novembre : jour de la police
).

Codes

La Russie a pour code :

Voir aussi

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Bibliographie

Géographie et géopolitique
  • Roger Brunet et Violette Rey, Europe orientale, Russie, Asie centrale, GĂ©ographie universelle, 1996
  • Jean Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2008
  • Denis Eckert, Le Monde russe, 2005
  • Claude Cabanne et Elena Tchistiakova, La Russie, perspectives Ă©conomiques et sociales, 2005 (2e Ă©d.)
  • Viatcheslav Avioutskii, GĂ©opolitique du Caucase, 2005
  • Pascal Marchand, Atlas gĂ©opolitique de la Russie. Puissance d'hier, puissance de demain, Autrement, 2007 (ISBN 978-2746710511)
  • Pascal Marchand, GĂ©opolitique de la Russie, Ellipse, 2007 (ISBN 978-2729832582)

Articles connexes

Liens externes

  • Articles scientifiques sur la Russie rĂ©alisĂ©e par des gĂ©ographes : [5]
Liens officiels
MĂ©dias

Notes et références

  1. ↑ (ru)http://www.gks.ru/bgd/free/b09_00/IssWWW.exe/Stg/d06/8-0.htm, Population en juin 2009
  2. ↑ PIB nominal, d'aprĂšs le Fonds MonĂ©taire International (FMI).
  3. ↑ (en) UNDP
  4. ↑ (en) DĂ©compte de la population rĂ©sidente 1989-2007 Service statistique de l’État fĂ©dĂ©ral russe.
  5. ↑ Russie, page du CIA World Factbook.
  6. ↑ Voir l'article Ce que les Russes doivent aux Mongols dans le magazine L'Histoire n°344 Juillet-AoĂ»t 2009
  7. ↑ Current World Nuclear Arsenals
  8. ↑ Voir page 111 in Shadow World: Resurgent Russia, the Global New Left, and Militant Islam, Robert Chandler, Regnery Publishing, 2008
  9. ↑ Voir Article du 29 juillet 2008 d’Igor Chernyak in Rossiiskaya gazeta
  10. ↑ Les 100 lieux de la GĂ©opolitique, coordonnĂ© par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, que sais-je ?, PUF
  11. ↑ [1] & [2]
  12. ↑ CIA - The World Factbook - Russia
  13. ↑ Source : [3], [4]
  14. ↑ Jean Radvanyi, La Nouvelle Russie, op. cit., p. 58
  15. ↑ (en) Statistiques de l'État-civil 1992-2007 Service statistique de l’État fĂ©dĂ©ral russe
  16. ↑ a  et b  Marie JĂ©go, « Les immigrĂ©s en Russie, victimes expiatoires de la crise Â», dans Le Monde du 14-12-2008, [lire en ligne], mis en ligne le 13-12-2008
  17. ↑ (en) EspĂ©rance de vie Ă  la naissance 1992-2005 Service Statistique de l’État fĂ©dĂ©ral russe
  18. ↑ (fr) EspĂ©rance de vie, taux de mortalitĂ© et taux de mortalitĂ© infantile dans le monde site de l’INSEE
  19. ↑ a  et b  Jean Radvanyi, La Nouvelle Russie, Paris, Collection U, Armand Colin, 2004, 3e Ă©dition mise Ă  jour, (ISBN 2200266871), p 61
  20. ↑ (fr) Les morts violentes dans le monde, dans le numĂ©ro 395 de novembre 2003 de la publication Population et SociĂ©tĂ© de l’Ined [pdf]
  21. ↑ Jean Radvanyi, La Nouvelle Russie, Paris, Collection U, Armand Colin, 2004, 3e Ă©dition mise Ă  jour, (ISBN 2200266871), p 62
  22. ↑ "L’épidĂ©mie de SIDA dans le monde", dans le Rapport sur l’épidĂ©mie mondiale de SIDA 2006, p 9 et p 37, [lire en ligne], consultĂ© le=23-12-2008
  23. ↑ Alain Blum et Catherine Gousseff, Russie, peuples et civilisations, sous la direction de Marc Ferro.
  24. ↑ (fr)'L’Islam, deuxiùme religion en Russie par le nombre de ses adeptes ' sur SaphirNews.com, 20 janvier 2007
  25. ↑ (fr)'Russie : les ghettos musulmans soulĂšvent un tollĂ©' sur SaphirNews.com, 23 mai 2007
  26. ↑ (ru) [pdf] Drevo.pravbeseda.ru
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