Frederic Barberousse

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Frederic Barberousse

Frédéric Barberousse

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Frédéric Barberousse
Empereur romain germanique
Barbarossa.jpg
Barberousse habillé en croisé
Miniature de 1188

Dynastie Hohenstaufen
Autres fonctions
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Biographie
Naissance 1122
Waiblingen ou à Weingarten
Décès 10 juin 1190
Père Frédéric II le Borgne
Mère Judith, fille de Henri le Noir de Bavière
Conjoint(s) Adèle de Vohbourg puis Béatrice de Bourgogne


Fr√©d√©ric Ier de Hohenstaufen, dit Fr√©d√©ric Barberousse (1122 ‚Äď 10 juin 1190), fut empereur romain germanique, roi d'Allemagne (Rex Romanorum), roi d'Italie, duc de Souabe et duc d'Alsace, comte palatin de Bourgogne.

Né vers 1122 à Waiblingen ou à Weingarten près de Ravensbourg, Frédéric est un prince de la dynastie des Hohenstaufen, duc de Souabe de 1147 à 1152 sous le nom de Frédéric III. Il a été élu roi des Romains en 1152 et couronné empereur du Saint-Empire romain germanique en 1155. Il a gagné son surnom en Italie du fait de son éblouissante barbe rousse.

Sommaire

Naissance

Fr√©d√©ric Ier Barberousse est n√© en 1122. Le lieu de naissance du prince est encore incertain. D'apr√®s la seule source contemporaine, la Welfe Judith de Bavi√®re a donn√© naissance √† son ‚Äúpremier enfant‚ÄĚ dans un ch√Ęteau pr√®s d'Altdorf. Comme il √©tait courant √† cette √©poque pour la m√®re de donner naissance √† son enfant dans son pays d'origine, il est probable que Fr√©d√©ric soit n√© sur les terres de sa m√®re. Toutefois, on ignore si Fr√©d√©ric √©tait effectivement ce premier enfant, car la mortalit√© infantile √©tait √©lev√©e √† l'√©poque.

Biographie

Fr√©d√©ric, fils du Hohenstaufen Fr√©d√©ric II le Borgne, duc de Souabe, et de Judith, fille de Henri le Noir de Bavi√®re, descend des deux lign√©es concurrentes dominant le Saint-Empire de cette √©poque. √Ä la mort de son p√®re en 1147, il lui succ√©da comme duc de Souabe sous le nom de Fr√©d√©ric III. Il semble avoir poursuivi les efforts de son p√®re pour accro√ģtre l'influence de la maison Hohenstaufen, tandis que son oncle, Conrad III, roi d'Allemagne, s'employait √† renforcer le pouvoir royal. Fr√©d√©ric a adopt√©, semble-t-il, une position neutre lors des d√©m√™l√©s juridiques entre Conrad et les Welfes, et a m√™me emp√™ch√© une proc√©dure de Conrad contre les Welfes.

Les jeunes années

Les circonstances de son élection à la dignité impériale

Apr√®s la mort subite de Conrad III le 15 f√©vrier 1152 √† Bamberg, le duc de Souabe Fr√©d√©ric fut √©lu √† la dignit√© de roi des Romains d√®s le 4 mars 1152 √† Francfort-sur-le-Main et couronn√© le 9 mars 1152 par l'archev√™que de Cologne Arnold II von Wied dans la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle.
Ce déroulement inhabituellement rapide s'explique, car Conrad III en avait déjà planifié les étapes préalablement à son voyage du couronnement à Rome. Ceci avait été initialement prévu dans la perspective de l'élection et du couronnement de son propre fils, alors qu'il était courant de régler les problèmes dynastiques avant de partir pour un long voyage, qui comportait toujours des risques. D'après la tradition et le témoignage écrit de Othon de Freising, Conrad a ensuite décidé dans l'intérêt de l'empire de passer outre les règles de succession dynastiques et de favoriser l'élection de son neveu à la place de son fils (prénommé également Frédéric, qui n'avait alors que six ans)). Il aurait prétendument craint qu'un épisode de régence ne permette pas d'obtenir la paix désirée dans le contexte du conflit avec Henri le Lion. La recherche historique n'a pu éclaircir ce point, le témoignage de Othon de Freising sur les circonstances de l'élection étant postérieur de cinq ans à l'évènement, alors que Frédéric était déjà établi et encensé. Il est plus vraisemblable que le duc de Souabe a su établir, par sa diplomatie extrêmement habile, un équilibre des intérêts entre les factions partiellement rivales qui a préservé de façon satisfaisante le rang et la réputation de chacun des princes, et a ainsi obtenu leur soutien lors de l'élection.
Des chroniques relatent plusieurs rencontres entre Fr√©d√©ric et les grands de l'empire pendant la vacance du Tr√īne. L'imp√©trant a probablement promis durant ces entretiens diverses charges et territoires aux princes et amen√© ses interlocuteurs √† soutenir sa candidature. Ceci concernait en particulier les partisans de son cousin Henri le Lion, qui √©tait probablement un concurrent suppl√©mentaire. Leur oncle commun Welf VI a re√ßu entre autres apr√®s l'accession au tr√īne de Fr√©d√©ric la suzerainet√© sur plusieurs domaines ainsi que des territoires en Italie (les biens de la comtesse Mathilde, le duch√© de Spol√®te, le margraviat de Toscane, les √ģles de Sardaigne et de Corse). Un parent Wittelsbach, le comte Conrad II de Dachau a re√ßu le titre de duc de M√©ranie. Le beau-fr√®re d'Henri le Lion, Bertold IV de Z√§hringen, a re√ßu le titre de recteur de Bourgogne (une charge imp√©riale) et autorit√© sur des villes du Jura suisse. Barberousse lui donna par ailleurs l'assurance de le conforter dans ses droits par une exp√©dition militaire, si lui-m√™me pourvoyait mille cavaliers. Apr√®s cet isolement qui ne prit fin d√©finitivement qu'en 1156, son cousin Henri le Lion a re√ßu pour prix de son vote de soutien le duch√© de Bavi√®re qu'il convoitait et qui fut repris aux Babenberg par √©dit princier lors de la Di√®te de Goslar en 1154.
Le duc Vladislav de Bohème a été nommé roi de Bohème par anticipation de futurs services rendus.
Il faut rajouter que les princes √©lecteurs ont d√Ľ voir en Fr√©d√©ric un candidat en parent√© avec les deux clans ennemis, Hohenstaufen et Welf, le plus √† m√™me de les r√©concilier : il √©tait du c√īt√© maternel en parent√© avec les Welf car sa m√®re Judith √©tait fille du duc de Bavi√®re Henri le Noir et sŇďur de Welf VI. Il √©tait √©galement un Hohenstaufen par son p√®re, cousin de Conrad III et neveu de Henri Jasomirgott et de l'√©v√™que Otto von Freising. C'est pourquoi Otto l'a d√©crit comme la ¬ę pierre angulaire ¬Ľ.
Le programme de Barberousse est r√©v√©l√© dans l'annonce de l'√©lection du pape Eug√®ne III par Wibald, abb√© de Stavelot-Malmedy : le r√©tablissement des privil√®ges de l'√Čglise et la suzerainet√© de l'empire en est le principe essentiel (honor imperii et sacrum imperium). Il ne s'agit cependant de rien de nouveau : certains passages de l'annonce se trouvaient d√©j√† √† peu de choses pr√®s dans les √©crits de Conrad III et dans la sommation papale de janvier 1152.

Premiers pas dans la politique impériale

Fr√©d√©ric se consacra dans un premier temps √† la pacification de l'empire et ass√©cha la concurrence pour la couronne imp√©riale. Il tint une premi√®re Di√®te √† Dortmund apr√®s la P√Ęques 1152, o√Ļ furent pr√©sents l'archev√™que de Cologne Arnold II, le duc de Saxe Henri le Lion, le duc Welf IV et Albrecht l'Ours. Le roi s'y est pr√©sent√© pour la premi√®re fois comme le suzerain de la partie saxonne de l'empire. Une nouvelle Di√®te fut appel√©e en juin de la m√™me ann√©e pendant la tourn√©e d'empire √† Mersebourg. Le conflit entre l'archev√™que de Br√™me, Hartwich, et Henri le Lion y a √©t√© discut√©, qui tournait autour du droit de fonder un √©v√™ch√© sur la c√īte de la mer Baltique. C'est seulement lors de la Di√®te de Goslar en 1154 que fut accord√© √† Henri le droit de fonder des √©v√™ch√©s sur son territoire. √Ä Mersebourg, Fr√©d√©ric est intervenu dans la querelle de succession de la couronne danoise au profit de Sven III et contre Knut, qui √©tait li√© aux Welf. Le probl√®me le plus crucial de la politique imp√©riale, le conflit entre Henri le Lion et Henri Jasomirgott pour le duch√© de Bavi√®re a √©t√© √©voqu√© mais ne fut pas encore r√©solu. L'expansion des Welfes en Allemagne du Nord a ainsi √©t√© circonscrit. La tourn√©e d'empire s'arr√™ta apr√®s Mersebourg √† Ratisbonne. Fr√©d√©ric y re√ßut l'hommage de la noblesse bavaroise et appela √† une exp√©dition contre la Hongrie. Les princes en ont cependant contest√© les chances de succ√®s et ont fait obstruction. Le roi voulait probablement au travers de cette exp√©dition d√©tourner les Babenberg de leur combat contre les Welfes en Bavi√®re.

Préparation du couronnement

Lors de la Di√®te de Wurtzbourg, en octobre 1152, Barberousse fixa la date de son voyage √† Rome √† l'automne 1154. Les raisons souvent avanc√©es pour expliquer le choix d'une date si tardive touchent au souhait de Barberousse de r√©gler la dispute entre les Babenberg et les Welfes pour le titre de duc de Bavi√®re. Une fois la date connue, des n√©gociations entre Barberousse et la curie romaine ont commenc√© afin de d√©terminer les conditions du couronnement. Le trait√© de Constance, d√©nomm√© d'apr√®s l'endroit o√Ļ il fut paraph√© en mars 1153 par Fr√©d√©ric, fut l'aboutissement de ces discussions. Barberousse y promet de soumettre la commune romaine insurg√©e, de restituer la ville √† l'autorit√© papale et de ne signer aucune paix avec les Romains et les Normands sans l'accord du Pape, de r√©tablir et renforcer le pouvoir spirituel du pape sur l'√Čglise romaine ainsi que de circonvenir toute vell√©it√© byzantine en Italie. En contre-partie, le Pape y promet de couronner Fr√©d√©ric et de le soutenir dans l'exercice du pouvoir imp√©rial, d'excommunier les √©l√©ments subversifs du Reich et de s'associer √† l'expulsion des Byzantins hors d'Italie. Fr√©d√©ric a obtenu en outre, dans le cadre des n√©gociations, que le pape d√©mette les archev√™ques de Mayence, Minden, Hildesheim et Eichst√§tt, trop proches des Welfes, et les remplace par des personnalit√©s qui lui soient favorables.

Malgr√© les conditions du trait√© de Constance, Barberousse avait rouvert en septembre 1153 les n√©gociations en vue d'une alliance avec Constantinople, qui languissaient depuis la mort de Conrad III. Le roi a propos√© d'√©pouser une princesse byzantine. Mais les n√©gociations s'appesantissent √† nouveau. Anselm von Havelberg est envoy√© le 9 mai 1154 √† Constantinople pour conclure une possible alliance. Il en revint toutefois pr√©matur√©ment mi-1155 et les relations avec l'empire byzantin sont laiss√©es dans l'ambigu√Įt√©, alors que Barberousse se mettait en route pour Rome.

En juin 1154, Frédéric Ier appelle la Diète à Goslar. Henri le Lion obtint pendant la réunion le droit d'investir des évêques dans ses territoires sur la mer Baltique. Barberousse se prononça également en sa faveur au sujet du duché de Bavière, sans pour autant mettre un terme au conflit.

Premier voyage à Rome

Article connexe : Italie m√©di√©vale.

L'arm√©e se mit en mouvement pour Rome en octobre 1154. La situation s'√©tait entre-temps d√©grad√©e en Italie du Sud, comme Roger II venait de mourir. Son fils Guillaune Ier ne fut pas reconnu par le pape Adrien IV mais entreprit cependant des n√©gociations avec la curie. Adrien craignait une fois encore une invasion byzantine en Italie et a rappel√© avec insistance √† Fr√©d√©ric les termes du trait√© de Constance. En outre, Adrien s'est retrouv√© dans un conflit aigu√ę avec le S√©nat romain. Fr√©d√©ric et Adrien se sont rencontr√© une premi√®re fois √† Sutri, o√Ļ le roi germanique a refus√© de se plier au protocole de soumission, c'est-√†-dire de mener le cheval du pape par la bride. Cet incident semble toutefois s'√™tre arrang√© assez vite. Sur leur route commune vers Rome, le roi et le pape rencontr√®rent une d√©l√©gation du S√©nat, qui r√©clamait la reconnaissance de la nouvelle charte de la ville ainsi que le paiement de 5 000 livres d'or et soutenait qu'√† l'avenir l'empereur pourrait recevoir sa couronne de la ville de Rome. Ces pr√©tentions furent rejet√©es par le roi. Sur ces entrefaites, Rome ferma ses portes au roi et au pape (le Vatican se tenant en dehors de la cit√© profane). Barberousse fut couronn√© empereur le 18 juin 1155 par Adrien IV dans la basilique Saint-Pierre de Rome. La population romaine se souleva juste apr√®s le couronnement pour capturer le pape. Les troupes imp√©riales et papales combattirent tard dans la nuit contre les romains. Apr√®s que le calme fut r√©tabli, Barberousse ne chercha pas √† mater la r√©bellion, malgr√© le trait√© de Constance, ni √† r√©tablir le pouvoir du pape sur la ville.

Une exp√©dition contre les Normands en Sicile fut √©galement abandonn√©e. Pourtant les envoy√©s de Constantinople, que Barberousse avait re√ßus peu apr√®s le couronnement √† Anc√īne pour n√©gocier les projets de mariage et d'alliance, en avaient fait une exigence. Les princes refus√®rent comme l'empereur de participer √† l'exp√©dition. Les pourparlers finirent aussi par tomber dans l'impasse, selon toute vraisemblance, car l'empereur byzantin pris contact avec les insurg√©s dans les Pouilles et abandonna les discussions avec Fr√©d√©ric Ier.

Suite √† cette violation du trait√© de Constance, la rupture fut consomm√©e entre la papaut√© et l'empire, et plusieurs d√©m√™l√©s s'en suivirent. La position de Fr√©d√©ric se d√©grada en Italie. La r√©bellion dans les Pouilles prit de l'ampleur, avec l'aide des Byzantins. Les Normands affront√®rent Constantinople avec succ√®s et lui reprirent Brindisi juste apr√®s que les Byzantins l'eurent r√©occup√©e. √Ä cette suite, le pape Adrien conclut le trait√© de B√©n√©vent avec les Normands en 1156. Les Normands, lors des ann√©es suivantes, firent leur preuve comme bras arm√© temporel du pape, surtout dans son conflit avec la cit√© romaine, ce qui remit en cause le r√īle de l'empereur germanique. Le trait√© de B√©n√©vent constitua de ce fait une √©tape importante dans le processus de s√©paration entre la papaut√© et l'empire.

Mariages et premières réformes de l'Empire

Mariage de Frédéric Barberousse avec Béatrice de Bourgogne, fresque de Giambattista Tiepolo, 1751

Apr√®s avoir initialement tranch√© √† Goslar en faveur de Henri le Lion pour l'attribution du duch√© de Bavi√®re, Fr√©d√©ric a commenc√© √† n√©gocier en septembre 1155 avec Henri Jasomirgott sur la compensation √† lui attribuer pour cette perte. N'ayant pu s'entendre avec lui, Barberousse autorisa les princes de Bavi√®re √† pr√™ter serment de fid√©lit√© √† Henri le Lion en octobre √† Ratisbonne. Le duch√© n'a cependant officiellement quitt√© les mains des Babenberg que le 8 septembre 1156. Comme Henri Jasomirgott ne voulait pas abandonner son fief, un compromis aurait √©t√© trouv√© √† la Pentec√īte 1156, qui sera retranscrit en septembre dans le Privilegium minus : les Babenberg re√ßoivent l'Autriche, l'ancien margraviat √©tant √©lev√© au rang de duch√© tandis qu'Henri le Lion re√ßoit le reste de la Bavi√®re. Cet accord constitue les fondations de l'Autriche comme territoire ind√©pendant.

Au jour du 2 mars 1147, Fr√©d√©ric a √©pous√© Ad√®le de Vohbourg, la fille du margrave Diepold III de Cham-Vohbourg et h√©riti√®re du pays de Eger. Ce mariage sans enfant fut annul√© en mars 1153 √† Constance, ce qui n'emp√™cha pas Fr√©d√©ric de donner le pays d'Eger √† son cousin Fr√©d√©ric de Rothenbourg. L'empereur √©pousa en seconde noce le 17 juin 1156 √† Jouhe, pr√®s de Dole, B√©atrice de Bourgogne (1145 - 1184), encore mineure, fille du comte Rainald III et d'Agathe de Lorraine (fille du duc de Lorraine Simon Ier), et h√©riti√®re depuis cette ann√©e de la Franche-Comt√©. Ce mariage lui rapporta la m√™me ann√©e le titre de comte de Bourgogne et lui permit un passage des Alpes plus facile par l'ouest, mais sans vraiment agrandir son influence dans la r√©gion. Leur couronnement comme roi et reine de Bourgogne se tint respectivement le 30 juillet 1178 √† Arles pour lui et en ao√Ľt 1178 √† Vienne pour elle.

Pendant cette p√©riode, Barberousse a profond√©ment chang√© l'organisation imp√©riale. Ainsi fut p√©rennis√© le fodrum, imp√īt imp√©rial que dut acquitter la noblesse italienne de fa√ßon r√©guli√®re. Ceci permit, avec le financement des cit√©s italiennes, d'affermir le tr√©sor imp√©rial. L'arm√©e a √©t√© √©galement r√©form√©e. √Ä c√īt√© de la noblesse d'√©p√©e, qui pr√™tait serment de soutien au combat, furent recrut√©s de plus en plus de mercenaires. Barberousse a renforc√© son emprise territoriale, essentiellement gr√Ęce √† l'extension du domaine imp√©rial en Thuringe et √† la fondation des villes de Pegau et Chemnitz.

La politique italienne de Frédéric

Le conflit avec la Papauté s'intensifie

La premi√®re exp√©dition en Italie (1154/55) n'avait pas seulement pour objectif de ceindre la couronne imp√©riale mais poursuivait √©galement le dessein, comme les cinq exp√©ditions suivantes, d'assurer une domination imp√©riale sans partage sur les terres d'empire, en particulier sur les cit√©s lombardes. L'objectif se r√©sume par l'expression des l√©gistes,honor imperii, qui signifie, de fa√ßon simplifi√©e, le pouvoir suzerain de l'empereur. Le concept de sacrum imperium (empire saint) fut d√©velopp√© corollairement par la chancellerie imp√©riale. Avant une exp√©dition, Fr√©d√©ric devait au pr√©alable rassembler ses alli√©s. C'est pourquoi il s'attacha √† am√©liorer ses relations avec les Babenberg (√† qui il avait repris la Bavi√®re) en tentant, sans succ√®s, de r√©tablir leur parent par alliance, Vladislav II, sur le tr√īne de Boh√®me √† l'√©t√© 1157. Il √©leva ensuite le duc Vladislav √† la dignit√© de Roi de Boh√®me. Barberousse s'assura aussi de la bienveillance de l'archev√™que de Br√™me en intervenant en sa faveur contre l'archev√™ch√© de Lund, qui √©tait soutenu par le pape et en concurrence avec Br√™me pour la primaut√© sur l'√Čglise du nord, puis en s'abstenant d'agir pour la lib√©ration de l'archev√™que Eskil apr√®s sa capture lors d'un retour de Rome √† travers la Bourgogne. Dans le m√™me temps, il tenta de jouer un r√īle dans le conflit de succession au Danemark.

Barberousse convoqua une Di√®te √† Besan√ßon pour octobre 1157, en premier lieu pour souligner sa volont√© d'√©tendre sa domination √† la Bourgogne. Deux l√©gats du pape y exig√®rent la lib√©ration d'Eskil, toujours d√©tenu par des partisans de l'empereur. Un passage incident de la lettre du pape Adrien IV, qui d√©crivait le territoire de l'empire comme un beneficium, cr√©a le scandale. Cela pouvait √™tre traduit par bienfait ou par fief et Rainald de Dassel, le chancelier d'empire depuis 1156 et l'un des plus proches hommes de confiance de Fr√©d√©ric, le traduisit par fief, ce qui ne souleva, √† vrai dire, aucune remarque de la part des l√©gats. On fouilla les bagages des l√©gats et on trouva de nombreux privil√®ges pr√©remplis √† l'attention de l'√©piscopat allemand, dont l'√©mission par le pape faisait fi de l'autorit√© de l'empereur sur l'√Čglise. Ces deux provocations servirent √† Fr√©d√©ric √† lancer une campagne de propagande d√©non√ßant ses attaques, qui lui permit de gagner le soutien d'une grande partie de l'√©piscopat allemand. Les √©v√™ques allemands interdirent au clerg√© de faire appel √† la curie romaine. L'influence du pape fut ainsi r√©duite, ce qui profita √† l'empereur comme aux √©v√™ques √† la recherche d'une plus grande autonomie par rapport √† Rome. Une d√©claration du pape Adrien IV en juin 1158, qu'il n'avait pas voulu dire fief, mais bienfait (Beneficium : non feudum, sed bonum factum), ne changea rien √† l'expansion du climat hostile √† son √©gard. Un contact avec Henri le Lion ne put pas plus emp√™cher la deuxi√®me exp√©dition en Italie.

Le deuxième voyage en Italie

L'armée de Frédéric attaqua Milan en septembre 1158. Il convoqua une diète en novembre à Roncaglia pour régler l'administration de l'Italie. L'empereur fit élaborer par une commission composée d'érudits des écoles de droit de Bologne (qui était réputée pour ses juristes) les lois de Roncaglia.
Ces lois s'inspir√®rent majoritairement du droit romain et consacr√®rent la primaut√© du droit imp√©rial sur le jus commune. Les cit√©s durent en cons√©quence faire accr√©diter leur conseils aupr√®s de l'empereur, ce qui provoqua ult√©rieurement l'indignation de nombreuses villes. Cette Di√®te est le point de d√©part d'une restructuration de la politique italienne par Barberousse. Lors de la Di√®te et de la pause hivernale qui suivit se heurt√®rent de plein fouet les conceptions de l'√Čtat de l'empereur et du pape ; apr√®s que Fr√©d√©ric a √©tendu ses r√©formes administratives aux territoires italiens revendiqu√©s par le pape, en particulier les territoires de la comtesse Mathilde et diff√©rents √©v√™ch√©s, et entam√© des n√©gociations avec la ville de Rome, une d√©l√©gation papale a √©t√© envoy√© √† la cour au printemps 1159 pour exiger le retrait des nouvelles r√®gles. Barberousse refusa au motif que les √©v√™ques ne professaient pas leur magist√®re sur leur propre territoire mais que leur r√©sidence √©tait au contraire situ√©e en terres de l'empire, sur lesquelles lui, l'empereur, avait pleine et enti√®re souverainet√©. Dans le m√™me temps, le pape entra en discussion avec Milan qui pr√©parait derechef une campagne contre l'empereur. Barberousse recevait, en parall√®le √† la l√©gation papale, une d√©putation romaine.

Le schisme

Fr√©d√©ric envoya √† Adrien le comte palatin Othon de Wittelsbach. Adrien IV mourut cependant le 1er septembre 1159 avant que le comte ne puisse entrer activement en contact. Le conclave des cardinaux fut divis√©, si bien que Roland Bandinelli, sous le nom d'Alexandre III, pour le parti italien et Victor IV pour le parti imp√©rial revendiqu√®rent l'investiture. Alexandre a √©t√© soutenu par la plupart des cardinaux pendant que Victor √©tait pr√©f√©r√© par le peuple romain. Fr√©d√©ric appela un concile en 1160 √† Pavie pour r√©soudre la question de l'√©lection. Cette initiative refl√®te la conception fr√©d√©ricienne de la fonction imp√©riale, qui souhaite se rattacher en partie √† la fonction telle que pratiqu√©e dans l'Antiquit√© tardive et surtout √† la tradition des empereurs francs. Selon celle-ci, l'empereur est le bailli de l'√Čglise et est amen√© √† trancher les √©lections pontificales incertaines. Toutefois, le droit pour l'empereur de convoquer un concile √©tait d√©j√† d√©battu √† l'√©poque. Concomitamment, Alexandre envoya un courrier dans tout le monde chr√©tien pour faire conna√ģtre sa revendication du pontificat. Le concile se r√©unit en f√©vrier 1160 en la cath√©drale de Pavie. Les partisans d'Alexandre n'y ont pas √©t√© admis, aussi Victor fut-il confirm√© conform√©ment aux attentes. Dans l'ensemble, la d√©cision ne fut pas respect√©e en Occident en raison du faible nombre de participants. Les clerg√©s italien et fran√ßais, notamment, mais aussi une partie du clerg√© allemand, ne reconnurent pas l'autorit√© du concile et donc celle de Victor.

Le schisme eut des cons√©quences en dehors de l'empire, surtout en Angleterre et en Allemagne. Fr√©d√©ric avait d√©j√† invit√© Henri II et Louis VII en 1159, dans l'optique d'imposer Victor. Cette tentative a √©chou√© et les deux rois reconnurent officiellement Alexandre. En attendant, les confrontations militaires se poursuivirent en Italie. Apr√®s que Milan eut une nouvelle fois capitul√© en mars 1162 et √©t√© d√©truite, Fr√©d√©ric apparut au sommet de sa puissance militaire en Italie. Dans ces circonstances favorables, il envisagea une campagne en Sicile, pour y tirer profit d'un soul√®vement de la noblesse. On arr√™ta cependant les pr√©paratifs en juin, apr√®s que le roi normand eut vaincu la noblesse et que les combats entre Pise et G√™nes eurent accapar√© la flotte n√©cessaire. Fr√©d√©ric d√©veloppa alors ses efforts diplomatiques en direction de la France. Il visait un trait√© d'amiti√© et au-del√† la reconnaissance de Victor par la France, o√Ļ avait fuit Alexandre. On s'accorda sur une rencontre en ao√Ľt 1162 entre l'empereur, le roi et les deux papes au pont de Saint-Jean-de-Losne sur la Sa√īne. Si un pape devait ne pas se pr√©senter, l'autre serait reconnu comme seule autorit√© officielle. Alexandre refusa de s'y rendre et Louis VII proposa un d√©lai. Fr√©d√©ric convoqua un concile au lieu de la rencontre, et Louis se consid√©ra comme d√©gag√© de sa promesse. Lors du concile, Fr√©d√©ric et ses partenaires ne purent imposer Victor IV, ce qui constitue une des plus grandes d√©faites politiques de l'empereur Barberousse.

Le schisme apparut tout d'abord r√©solu √† la mort de Victor, en avril 1164. Rainald de Dassel fit cependant √©lire pape le cardinal Guido de Cr√©mone (Guido da Crema) deux jours plus tard, sans en r√©f√©rer √† l'empereur, sous le nom de Pascal III √† Lucques. Cette d√©marche provoqua une opposition massive, surtout en Italie du nord, ce qui suscita la fondation de l'Alliance de V√©rone mais √©galement en Allemagne. De tr√®s nombreux clercs et √©v√™ques allemands, en particulier en Bourgogne, reconnurent Alexandre III. Des seigneurs la√Įcs se tourn√®rent √©galement vers le parti d'Alexandre. Le plus important d'entre eux √©tait Raoul de Z√§hringen, qui avait conclu une alliance avec Louis VII en 1162. Raoul s'est d√©cid√© √† cause du fait que son fr√®re Berthold IV avait perdu de nombreux droits en Bourgogne et qu'on lui avait refus√© l'investiture √† l'archev√™ch√© de Mayence. Fr√©d√©ric Ier r√©agit √† cette situation critique croissante par des efforts diplomatiques redoubl√©s. Le cŇďur du projet √©tait une nouvelle croisade pour la lib√©ration de J√©rusalem, conjointement avec les rois fran√ßais et anglais. Elle devait permettre de r√©duire le foss√© entre les royaumes chr√©tiens et parall√®lement d√©tendre la relation avec Alexandre. Rainald de Daissel se rendit √† la P√Ęques 1165 √† la cour anglaise, √† Rouen, et n√©gocia le mariage de deux filles de Henri II avec un fils de Barberousse et Henri le Lion. La n√©gociation se poursuivit de fa√ßon inattendue lorsque Rainald gagna les √ģles britanniques et y convainquit Henri II d'abjurer Alexandre et de reconna√ģtre Pascal III. Les raisons de ce basculement sont √† rechercher dans la querelle entre Henri et Thomas Becket. Rainald se rendit d√®s son retour d'Angleterre pour la prestation de serment de Wurzbourg, du nom de la ville o√Ļ se tenait l'assembl√©e d'empire : Fr√©d√©ric et de nombreux princes et √©v√™ques, mais pas tous, ont jur√© de ne jamais reconna√ģtre Alexandre III ou ses successeurs comme pape. La c√©r√©monie s'est tenue avec pour arri√®re-plan l'espoir d'action concert√©e avec l'Angleterre contre le pape. Au cours de l'assembl√©e, Barberousse d√©mit de ses fonctions l'archev√™que de Mayence, Conrad Ier de Wittelsbach. Il essaya ult√©rieurement de d√©velopper son influence dans la r√©gion de Salzbourg, o√Ļ Alexandre trouvait du soutien.

Parall√®lement au conflit politique, Barberousse tenta de doter la partie allemande de l'empire d'une dimension th√©ologique suppl√©mentaire. Les ossements des trois rois mages furent transport√©s √† Aix-la-Chapelle. √Ä la No√ęl 1165, Charlemagne est sanctifi√© √† Aix-la-Chapelle, afin d'obtenir ainsi une plus grande l√©gitimit√© pour l'empire par la saintet√© de son fondateur, d'autant que Charlemagne jouait un grand r√īle dans la conception de Fr√©d√©ric du r√īle imp√©rial. Mais cet acte n'eut que peu de r√©percussions en dehors de l'empire.

Le serment de Wurzbourg n'eut que des effets limités. Henri II n'entreprit rien d'actif contre Alexandre, sans compter qu'il avait un besoin pressant de l'appui du pape romain à cause du scandale provoqué par l'assassinat de Thomas Becket en 1170 (dans lequel il avait au minimum une part de responsabilité), car ce dernier recueillait le soutien de la majorité de l'épiscopat anglais.

En mai 1166 mourut Guillaume Ier de Sicile. Les conflits de succession qui suivirent limit√®rent la capacit√© d'action des Normands et Alexandre III ne put plus compter sur leur aide. Fr√©d√©ric tira parti de cette situation et lan√ßa sa quatri√®me campagne italienne, √† laquelle il avait d√©j√† oblig√© une grande partie des princes allemands lors de la Di√®te d'Ulm (mars 1166), apr√®s avoir r√©gl√© la querelle de Tubingen. Rainald de Dassel et l'archev√™que Christian de Mayence dirig√®rent une arm√©e dans l'ouest de la p√©ninsule italienne, pr√®s de Rome, et vainquirent le contingent italien √† la bataille de Tusculum pendant que Barberousse assi√©geait Anc√īne, finissait par l'enlever puis poussait jusqu'aux Pouilles. Il se porta ensuite vers Rome, qui fut prise en juillet 1167. Pascal couronna l'imp√©ratrice √† Saint-Pierre et Alexandre III s'enfuit √† B√©n√©vent, d√©guis√© en p√®lerin. C'est dans ces circonstances qu'une violente √©pid√©mie (probablement la malaria) se r√©pandit dans le camp, √† laquelle succomb√®rent quelques personnalit√©s importantes comme le duc Fr√©d√©ric de Souabe (Rothenbourg), fils du roi Conrad, Welf VII, fils du duc Welf VI ainsi que l'archev√™que Rainald de Cologne et de nombreux nobles. Fr√©d√©ric ne put que ramener en Allemagne les restes de l'exp√©dition. Les cit√©s nord-italiennes exploit√®rent la d√©faite de l'empereur. Elles constitu√®rent d√®s 1167 la Ligue lombarde, fid√®le au pape, aussit√īt financ√©e par Constantinople et les Normands.

En Allemagne, le désastre de 1167 eu pour conséquences que Barberousse récupéra de très nombreux territoires des princes morts durant l'épidémie, en particulier les fiefs de la maison ducale welfe en Haute-Souabe après qu'Henri le Lion eut failli à verser les sommes promises à son oncle Welf. Il se constitua ainsi une ceinture territoriale Hohenstaufen et royale entre la Bavière welfe et les territoires Zähringer autour de Freibourg. Barberousse avait depuis 1156 déjà accru son influence dans la région mosello-rhénane et dans les parties adjacentes de la Hesse, à travers la remise du palatinat rhénan, y compris la franchise sur de nombreux héritages saliens, à son demi-frère Conrad, la mise à l'écart des archevêchés de Trèves et Mayence comme l'activation habile des territoires royaux dans la région. Il avait également créé une terre d'empire dans le Wetterau autour de Gelnhausen et Friedberg. Une autre avancée de la politique impériale fut l'extension forcée de la liberté d'or à l'évêché de Wurtzbourg en 1168, ce qui permit de le doter de la dignité ducale, sans pour autant transformer le territoire en duché. L'évêque de Wurtzbourg obtenait naguère son titre du duc de Franconie.

Réconciliation avec le Pape et les cités

Dans cette situation, Fr√©d√©ric accentua les n√©gociations avec Alexandre III. Un anti-pape, Calixte III, fut malgr√© tout de nouveau √©lu apr√®s la mort de Pascal III √† l'automne 1168. Barberousse se pr√©para dans le m√™me temps √† la r√©conciliation avec Alexandre : √† la Pentec√īte 1169, il fit √©lire son fils cadet Henri comme successeur au tr√īne imp√©rial. Ce dernier devait vraisemblablement reconna√ģtre Alexandre, pendant que Fr√©d√©ric maintenait son refus de principe, afin de permettre une r√©unification lors de la succession. Fr√©d√©ric tenta de surcro√ģt d'impliquer les cours fran√ßaise et anglaise comme interm√©diaires entre lui et le pape.

Barberousse ne suivit cependant pas exclusivement cette politique de détente, mais au contraire s'engagea encore plus loin dans la confrontation. Il adressa un reproche retentissant en mars 1172 à la ligue lombarde et aux partisans d'Alexandre, en les accusant de vouloir transmettre l'empire romain à Constantinople. Cela lui était nécessaire pour lancer la cinquième campagne italienne qui était dirigée non contre Rome, mais contre les villes italiennes du Nord. Le siège d'Alexandrie échoua. Des négociations de paix se tinrent en 1175 à Montebello, qui se conclurent par un traité de paix entre l'empereur et la ligue lombarde. Les cités se soumirent officiellement, mais les décisions les concernant seront prises désormais par une commission de conciliation paritaire. L'accord ne fut que de courte durée, car Barberousse exigea la destruction d'Alexandrie et les cités réclamèrent la participation du pape aux discussions.

Fr√©d√©ric demanda √† l'automne 1175 des troupes fra√ģches en provenance d'Allemagne. Henri le Lion, notamment, le prince le plus important et suzerain de la proche Bavi√®re, refusa de les envoyer. Il avait √† Chiavenna pos√© comme condition √† cet envoi que Goslar lui soit d√©volue, avec ses abondantes mines d'argent.

Le traité de Venise

Le 29 mai 1176 à Legnano les troupes impériales commandées par Frédéric affrontèrent les troupes de la ligue Lombarde commandées par Alberto da Giussano. Les troupes impériales subirent une défaite décisive.

Après une entremise des cisterciens, Barberousse envoya à l'automne 1176 une délégation à Alexandre III qui devait négocier à Anagni une paix exceptionnelle. Le pape ne voulut cependant passer aucun accord sans toutes les parties en conflit, qui aurait réunit non seulement la ligue lombarde mais aussi les autres cités italiennes, la Sicile et Constantinople. La Curie abandonna cependant assez vite son exigence d'inclure l'empire d'Orient, après que Manuel Ier eut subi une défaite en 1176 face aux musulmans et se révéla trop faible pour servir les intérêts d'Alexandre. Vers la fin des négociations fut abordé le délicat problème de la reconnaissance mutuelle, c'est-à-dire l'abandon du serment de Wurtzbourg et de l'excommunication de Barberousse. L'empereur promit le retrait des territoires revendiqués par le pape et la restitution des biens de la princesse Mathilde. Alexandre III promit de conserver leur validité aux ordinations conférées par les évêques schismatiques.

Ces conclusions ne concernaient cependant ni les villes ni la Sicile. Les n√©gociations se poursuivirent avec elles √† Chioggia. Au cours de celles-ci, Barberousse r√©ussit √† obtenir du pape qu'il renonce √† quelques unes des r√©clamations territoriales qui avaient √©t√© accept√©es √† Anagni. L'empereur obtint ainsi de conserver un droit d'exploitation du territoire de la reine Mathilde pendant 15 ans et la question de savoir si un territoire en particulier relevait des √Čtats pontificaux fut renvoy√©e au cas par cas √† un tribunal arbitral pour r√®glement. En contre-partie, Fr√©d√©ric promit une tr√™ve, √† la ligue lombarde pour six ans et √† Guillaume II de Sicile pour quinze ans. L'empereur, le pape, Guillaume II roi des Pouilles et de Sicile, protecteur de l'√Čglise se rencontr√®rent √† Venise en 1177 sous la patronage du doge Sebastian Ziani pour signer le trait√©. Gr√Ęce √† son adresse politique, Venise ne s'√©tait pas entremise dans la lutte qui opposait le pape et l'empereur et c'est pour cette raison qu'elle fut retenue comme si√®ge du trait√©.

L'impact de ce trait√© en mati√®re de droit international est discut√© par les historiens. D'un c√īt√©, l'empereur dut revoir largement √† la baisse ses pr√©tentions initiales, qui se seraient traduit par un √©largissement de ses comp√©tences sans pr√©c√©dent depuis l'√©poque d'Henri III. La dissociation entre les parties italienne et allemande de l'Empire furent accentu√©e. La question de la pr√©√©minence du pape ou de l'empereur resta non r√©solue, bien que le pape sorti renforc√© des discussions et l'empereur affaibli. Et surtout, la revendication imp√©riale sur Rome √©tait de facto abandonn√©e.

D'un autre c√īt√©, il apparut clairement que le pape √©tait int√©ress√© par un accord avec l'empereur, ce qui affaiblissait la position de ses alli√©s lombards dans les pourparlers de paix √† suivre. Apr√®s l'expiration de l'armistice de Venise, Barberousse et la ligue lombarde conclurent la paix de Constance en 1183. L'empereur dut certes accepter de nombreuses revendications des villes, mais les relia fermement au maintien de la ligue lombarde dans la structure de l'empire. Elle devint une sorte de f√©d√©ration d'int√©r√™t, l√©gitim√©e par l'empereur, entre villes de l'Italie du Nord. Il r√©ussit √† commuer l'exercice du droit r√©galien en contributions financi√®res r√©guli√®res des villes, ce qui marque certes un recul des droits imp√©riaux en-de√ß√† du niveau de l'√©poque salienne mais permit cependant de b√©n√©ficier de leur richesse et d'√©tablir une domination sup√©rieure √† celle que d√©tenait Conrad III. Les villes lombardes obtinrent le droit d'√©lire leurs consuls, qui devaient toutefois √™tre agr√©√©s par l'empereur tous les cinq ans. La Toscane commen√ßa √† s'affirmer dans les ann√©es qui suivirent les trait√©s de paix comme la nouvelle puissance en Italie. L'empire commen√ßa alors √† conforter sa position en Italie centrale pour compenser les pertes subies en Lombardie.

Le procès contre Henri le Lion

Dans les dernières années de Frédéric, les relations entre lui et son cousin guelfe Henri le Lion n'ont cessé de se dégrader. L'étape la plus importante de cette dégradation fut franchie lorsque Henri refusa à Chiavenna d'envoyer des troupes pour la cinquième expédition italienne. En outre, Henri conclut en 1175 ou 1176 avec Welf VI un contrat de succession, qui devait garantir à Henri la possession des territoires italiens de son oncle. Barberousse acheta en 1178 à Welf VI ses territoires au nord des Alpes et lui en rendit immédiatement une partie comme fief.

En janvier 1179 à la Diète de Worms, l'empereur accusa Henri le Lion de divers abus. Henri lança immédiatement une contre-attaque, accusant l'archevêque de Cologne, allié de Barberousse, d'avoir saccagé la région de Hamelin. La querelle juridique se déroula donc formellement entre Henri le Lion et l'archevêque. Il n'y eut aucun débat effectif, étant donné que le Lion ne se rendit à aucune séance du tribunal.

Apr√®s une premi√®re sentence en juin 1179, l'assembl√©e des princes r√©unie √† Wurtzbourg en janvier 1180 pronon√ßa la mise au ban de l‚Äôempire de Henri : ses fiefs imp√©riaux lui furent confisqu√©s, son territoire scind√© en deux : la partie septentrionale fut remise en avril 1180 pour partie √† l‚Äôarchev√™que de Cologne Philipp von Heinsberg (duch√© de Westphalie) et pour partie √† l‚Äôascanien Bernhard von Anhalt (Saxe). Au sud, Barberousse pla√ßa √† la t√™te du duch√© de Bavi√®re le compte palatin Othon de Wittelsbach.

Henri le Lion s'opposa √† sa condamnation par contumace les armes √† la main, provoquant la lev√©e de l'arm√©e imp√©riale contre lui. Il dut assez vite se soumettre √† l'empereur, en novembre 1181, apr√®s que la noblesse saxonne, ses alli√©s slaves ainsi que danois se furent d√©solidaris√©s et que la ville de L√ľbeck eut ouvert ses portes √† l'empereur. Il fut rejug√© fin 1181 √† la Di√®te de Erfurt, o√Ļ les princes, manifestement, contraignirent l'empereur √† un jugement relativement plus mod√©r√©, limitant le bannissement √† trois ans.

Fort de sa main-mise sur la Westphalie, Philipp von Heinsberg devint le prince le plus puissant de la moiti√© nord de l'Allemagne, ce qui posa probl√®me √† Barberousse. L'archev√™que √©tait vraisemblablement l'accusateur du proc√®s contre Henri le Lion. D√®s 1165, Barberousse avait essay√© de limiter le pouvoir de Philipp. Le soutien apport√© √† diff√©rents princes au sud des Pays-Bas, dans la r√©gion de Meuse-Moselle et aux villes d'Aix-la Chapelle et de Duisbourg ne put cependant vraiment freiner le surcro√ģt de puissance de Philipp. Cela montre les faiblesses structurelles de la politique allemande de Barberousse : la chute d'Henri le Lion profitait tout autant √† ses vassaux qu'√† lui-m√™me.

En 1184, Barberousse conclut une alliance avec Philippe Ier de Flandre contre le roi de France Philippe Auguste, à laquelle se joignit également le roi Henri II d'Angleterre. Le fils de Barberousse, Henri VI, devait mener une campagne contre la France qui fut cependant annulée, car Baudouin V de Hainaut refusa le passage des troupes sur son territoire. Barberousse craignait d'entrer pour cela en conflit avec Baudoin, car il avait aussi besoin de lui comme contrepoids à Philipp von Heinsberg.

En riposte, l'archevêque de Cologne, soutenu par le pape Urbain III, entra en opposition directe avec Barberousse en contestant la succession impériale qu'il organisait.

L'empereur nomma derechef son fils régent en Italie, afin de se concentrer sur l'Allemagne. En novembre 1186 à Gelnhausen, la majeure partie de l'épiscopat allemand apporta son soutien à l'empereur, une défaite pour l'archevêque et le pape. Philipp von Heinsberg fit encore échouer en 1187 une alliance de l'empereur avec le roi de France Philippe Auguste contre le roi anglais Henri II, mais dut finalement se soumettre en mars 1187 à la Diète de Mayence.

La Pentec√īte de Barberousse en 1184

La di√®te tenue par Fr√©d√©ric Barberousse √† la Pentec√īte 1184 compte parmi les principales di√®tes de tout le Moyen √āge. Le motif en √©tait l'adoubement de ses fils Henri et Fr√©d√©ric. Plus de 40 000 chevaliers se rendirent √† Mayence qui ne pouvait contenir une telle foule, tant et si bien que les chevaliers durent camper sur des √ģles en bordure du Rhin. Presque tous les princes et l'int√©gralit√© de l'√©lite spirituelle prirent part √† la f√™te, parmi lesquels les ducs de Boh√™me, d'Autriche, et de Saxe, le comte palatin et le landgrave de Thuringe, les archev√™ques de Tr√®ves, Br√™me et Besan√ßon, ainsi que les √©v√™ques de Ratisbonne, Cambrai, Li√®ge, Metz, Toul, Verdun, Utrecht, Worms, Spire, Strasbourg, B√Ęle, Constance, Coire, W√ľrzburg, Bamberg, M√ľnster, Hildesheim et Lubeck. Le trouv√®re Guiot de Provins, invit√© pour l'occasion, raconte qu'il fut combl√© de cadeaux. Un chroniqueur √©crivit au sujet de la f√™te que ¬ę c'√©tait la plus grande qui f√Ľt jamais f√™t√©e en Allemagne ¬Ľ.

Croisade et mort

Autel de l'église Saint-Pierre à Antioche

On décida également d'une croisade à la Diète de Mayence 1188.
Fr√©d√©ric partit donc en 1189 avec Philippe Auguste et Richard CŇďur de Lion pour la troisi√®me croisade. Il conc√©da auparavant de tr√®s larges privil√®ges urbains et commerciaux √† un √©tablissement commercial situ√© sur la rive occidentale de l'Alster, qui avait √©t√© fond√© par le comte Adolf III de Schauenburg et Holstein. Cette d√©cision marque la naissance de Hambourg, encore que l'authenticit√© de cet acte soit d√©battue.
L'autorit√© sur l'Empire en son absence √©chut √† son fils Henri VI. Barberousse a provoqu√© Saladin en duel par une lettre du 26 mai 1188, dont le rendez-vous √©tait fix√© au 1er novembre dans la plaine √©gyptienne de la Zoan. Apr√®s deux batailles victorieuses contre les musulmans, dont son dernier combat √† la bataille d'Iconium, Fr√©d√©ric s'est noy√© le 10 juin 1190 dans le fleuve Saleph, (actuellement G√∂ksu, eau bleue), en Anatolie, avant qu'il n'ait pu rencontrer Saladin. Les circonstances de sa mort sont mal connues : on a rapport√© entre autres qu'il avait voulu se rafra√ģchir, apr√®s l'√©chauffement de la bataille, en prenant un bain ; d'apr√®s d'autres sources, son cheval se serait affol√© lors de la travers√©e du fleuve et Fr√©d√©ric aurait √©t√© emport√© au fond par le poids de son armure. D'autres ont √©galement sp√©cul√© sur un possible infarctus caus√© par le choc thermique, au regard de son √Ęge.

Son fils Frédéric de Souabe tenta, avec quelques acolytes, d'enterrer Barberousse à Jérusalem. Mais le corps ne put être conservé dans le vinaigre. On enterra donc les chairs de l'empereur dans l'église Saint-Pierre à Antioche, ses os dans la cathédrale de Tyros et ses entrailles à Tarsos.

Programme de gouvernement et idées personnelles

La plus importante source pour la compr√©hension des premi√®res ann√©es de r√®gne de Barberousse est l'Ňďuvre de l'√©v√™que Othon de Freising, Gesta Friderici (¬ę Les hauts faits de Fr√©d√©ric ¬Ľ). Dans celle-ci, le th√®me d'une lutte contre le d√©clin du Reich (notamment au regard de l'affaiblissement imp√©rial en Italie du Nord) et le r√©tablissement de l'entente entre l'empire et la papaut√© joue un r√īle central. Fr√©d√©ric y appara√ģt comme le Sauveur apr√®s la querelle des investitures. Un autre th√®me est la confiance des Staufer envers les Saliens, ce qui leur garantira en retour l'acc√®s √† la dignit√© imp√©riale, qui a √©chapp√©, en revanche, aux ennemis des Saliens.

Il ressort avant tout de l'annonce de l'√©lection de Fr√©d√©ric le dessein, bas√©e sur la th√©orie des deux glaives, de restaurer les privil√®ges de l'√Čglise et l'honneur du Reich (honor imperii). Il s'agit assur√©ment avec cette formulation de la r√©appropriation du texte justinien, √† laquelle Conrad III avait d√©j√† eu recours. Barberousse fut √©galement le premier empereur m√©di√©val √† incorporer l'antique Code justinien afin d'√©tablir la primaut√© imp√©riale en terres d'empire italiennes, naturellement avec un succ√®s limit√©. C'est aussi √† cause de son int√©r√™t tout particulier pour le r√©tablissement de la primaut√© de l'Empire en Italie que Barberousse, par "realpolitik", souhaitait au d√©but de bons rapports entre le Reich et la papaut√©: il pensait que le soutien papal faciliterait le retour des territoires italiens devenus de facto autonomes dans le giron de l'empire.

Cette approche se refl√®te dans la recherche d'un √©quilibre des pouvoirs entre Empire et √Čglise que manifeste le trait√© de Constance. Cependant, cette repr√©sentation des deux royaumes √©gaux en titre, le spirituel et le temporel, √©tait mise √† mal d√®s le trait√© de B√©n√©vent. Celui-ci faisait de la ville de Rome et de sa population une nouvelle puissance, et du roi de Sicile un protecteur alternatif du pape. Barberousse eut de plus en plus la conviction qu'√™tre reconnu par la population romaine l√©gitimait sa dignit√© d'empereur, ce qui accrut le conflit avec la papaut√©, qui ne pouvait reconna√ģtre que le sacre par le pape lui-m√™me. L'√©laboration du concept de sacrum imperium par la chancellerie staufer en 1157 peut se comprendre comme une r√©ponse au foss√© grandissant avec la papaut√©.

La prétention de Barberousse à une souveraineté totale a été surtout contestée par deux parties: la papauté, en particulier sous Alexandre III, qui revendiquait pour elle-même la primauté devant la puissance temporelle et contestait au Kaiser toute autorité spirituelle, et les autres souverains qui revendiquaient, au moins sur leur territoire, une autorité indépendante de l'empire. Ceci valant notamment pour le roi de France.

La question de savoir dans quelle mesure Frédéric revendiquait pour lui-même la domination universelle est débattue entre historiens et l'était déjà par ses contemporains. Il n'a certes tenté d'intégrer au Reich qu'un seul territoire, la Sicile, mais il a exprimé une prétention à la protection de Rome ainsi qu'à l'extension de son autorité sur tout le monde chrétien.

La r√©f√©rence √† Charlemagne, dont il a appel√© √† la canonisation en 1165, est un √©l√©ment important dans la conception de son r√īle imp√©rial qu'avait Barberousse. Par ce biais, il a ouvertement essay√© de lutter contre la coalition naissante des souverains francs, autour d'une France qui prenait de l'assurance, et de contrecarrer la pr√©tention de l'empereur byzantin √† la domination sur la chr√©tient√©. L'appel √† Charlemagne pr√©sentait aussi un avantage g√©n√©alogique, d√®s lors que les Staufer √©taient parents des Saliens, eux-m√™mes parents des carolingiens. Ce lien permettait aussi √† Barberousse de revendiquer un droit dynastique √† la charge imp√©riale, de relier plus √©troitement les √©l√©ments principaux de l'autorit√© imp√©riale (couronnement par le pape, souverainet√© sur la ville de Rome et protection de l'√Čglise) et ainsi de rabaisser le r√īle du pape. M√™me la croisade de Barberousse peut √™tre vue comme une r√©f√©rence √† Charles et √† son combat contre les pa√Įens.

À l'intérieur, Frédéric défendait un renforcement de l'autorité royale dans la structure féodale du Reich. C'est en conséquence au travers du roi lui-même que doit s'exercer l'autorité suprême, à l'exclusion de tous autres, et sur laquelle repose en définitive l'édifice féodal. La division de la Bavière et l'éviction d'Henri le Lion illustrent cette volonté de pouvoir absolu.

Descendance

Premier mariage avec Adela von Vohburg, annulé.

Second mariage avec B√©atrice de Bourgogne :

  • B√©atrice (* vers 1160/1162, ‚Ć d√©but 1174), enterr√©e √† Lorch
  • Friedrich (* 16 juillet 1164 √† Pavie; ‚Ć 28 novembre 1169/1170), duc de Souabe, enterr√© √† Lorch
  • Henri VI (* 1165; ‚Ć 1197), empereur romano-germanique, roi de Sicile, ‚ąě Constance de Sicile (* 1154; ‚Ć 1198), fille du roi Roger II.
  • Konrad (* 1167; ‚Ć 1191), dit Friedrich V, duc de Souabe
  • Fille (* octobre/novembre 1168; ‚Ć fin 1184)
  • Otto I (* 1179; ‚Ć 1200), comte palatin de Bourgogne, ‚ąě Margerite de Blois (‚Ć 1230), comtesse de Bourgogne, comtesse de Blois
  • Konrad (‚Ć 1196), duc de Souabe
  • Rainald (* vers octobre/novembre 1173; ‚Ć en bas-√Ęge), enterr√© √† Lorch
  • Wilhelm (* vers juin/juillet 1176; ‚Ć en bas-√Ęge), enterr√© √† Lorch
  • Philippe de Souabe (‚Ć 1208), duc de Souabe, roi d'Allemagne, ‚ąě 1197 Marie de Byzance (* 1181; ‚Ć 1208), fille de l'empereur Isaac II Angelos
  • Agn√®s (‚Ć 8 octobre 1184), enterr√©e √† la cath√©drale de Spire.

La postérité de Barberousse

Légende

Frédéric est le sujet d'une légende de héros endormi, qui dit qu'il n'est pas mort, mais endormi avec ses chevaliers dans une caverne dans les montagnes de Kyffhäuser en Thuringe, et que lorsque les corbeaux cesseront de voler autour de la montagne, il se réveillera et rétablira l'Allemagne dans son ancienne grandeur. Selon l'histoire, sa barbe rousse a poussé à travers la table auprès de laquelle il est assis. Ses yeux sont à demi-clos dans son sommeil, mais, de temps en temps, il lève la main et envoie un garçon voir si les corbeaux ont cessé de voler.
Friedrich R√ľckert, l'auteur des Kindertotenlieder a repris cette l√©gende en 1817 dans un court po√®me, mis en musique par Gersbach sept ans plus tard, et que connaissaient par cŇďur, au temps des r√©citations, les enfants des √©coles.

La figure de l'empereur endormi a d'abord √©t√© pr√™t√©e dans la croyance populaire √† son petit-fils, Fr√©d√©ric II, et n'a √©t√© report√©e sur Barberousse qu'ult√©rieurement. Le conte du Forgeron de J√ľterbog a repris cette histoire.

Le buste de Barberousse a √©t√© dress√© au Walhalla, le m√©morial des grands hommes allemands, et une statue le repr√©sente en la cath√©drale d'Ulm, monument qui reste le symbole de la grandeur pass√©e du Pays Souabe (sa fl√®che reste toujours la plus haute du monde pour un monument gothique), dont on se plait toujours par nostalgie √† y rappeler que ¬ę la monnaie de Ulm a gouvern√© le monde ¬Ľ.

Dans la littérature

Une pr√©sentation dr√īle et document√©e de l'empereur Barberousse et de son r√®gne est dress√©e dans le roman de Umberto Eco, Baudolino.

Anecdotes

  • Il a construit de nombreuses forteresses sur ses domaines souabes et alsaciens. En 1150, il fait construire un ch√Ęteau fort dans ce qui allait devenir la ville de Kaysersberg. En 1153, lors de sa visite √† Mulhouse, il accorde √† la ville ses premi√®res franchises.
  • L'invasion allemande de l'Union sovi√©tique en 1941 re√ßut le nom de code d'op√©ration Barbarossa. En r√©alit√©, l'empereur m√©di√©val n'avait jamais mis les pieds en Russie.

Voir aussi

Bibliographie

  • Pierre Racine, Fr√©d√©ric Barberousse (1152-1190), √©d. Perrin, 2009, 440 p. (ISBN 978-2262030124).

Sources

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en allemand intitul√© ¬ę Friedrich I. (HRR) ¬Ľ.
  • Diplomata regum et imperatorum Germaniae, t. X, 1-5, Friderici I. Diplomata, √©ds. du Monumenta Germaniae Historica, sous la dir. de Heinrich Appelt, Hannovre, 1975-1990.
  • Ottonis et Rahewini Gesta Friderici I. imperatoris, √©dit√© par Georg Waitz et Bernhard von Simson, Hannovre, 1997.

Historiographie allemande

  • Heinrich Appelt: Friedrich Barbarossa (1152-1190). In: Helmut Beumann (√©d.): Kaisergestalten des Mittelalters. Munich 1985, p. 177‚Äď198, ISBN 3-406-30279-3
  • Joachim Ehlers: Friedrich I. In: Bernd Schneidm√ľller, Stefan Weinfurter (√©d.): Die deutschen Herrscher des Mittelalters, Historische Portr√§ts von Heinrich I. bis Maximilian I., Munich 2003, p. 232‚Äď257, ISBN 3-406-50958-4
  • Odilo Engels: Die Staufer, Stuttgart, 1998, ISBN 3-17-015157-6
  • Knut G√∂rich: "Die Ehre Friedrich Barbarossas". Kommunikation, Konflikt und politisches Handeln im 12. Jahrhundert, Darmstadt 2001, ISBN 3-534-15168-2
  • Hagen Keller: Zwischen regionaler Begrenzung und universalem Horizont. Deutschland im Imperium der Salier und Staufer 1024‚Äď1250. Propyl√§en Geschichte Deutschlands, t II, Berlin, 1986, ISBN 3-549-05812-8
  • Ferdinand Opll: Friedrich Barbarossa, Darmstadt 31998, ISBN 3-534-04131-3
  • Heinz L√∂we: Die Staufer als K√∂nige und Kaiser. In: Die Zeit der Staufer. Geschichte - Kunst - Kultur, t. III, √©dit√© par le W√ľrttembergischen Landesmuseum, Stuttgart 1977, p. 21‚Äď34.
  • Bernhard T√∂pfer: Friedrich I. Barbarossa. In: Evamaria Engel, Eberhard Holtz (√©d.): Deutsche K√∂nige und Kaiser des Mittelalters, Cologne Vienne, 1989, p. 159‚Äď187, ISBN 3-412-03688-9

Articles connexes

Chronologie abrégée


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Armoiries Famille Hohenstaufen.svg
Duc de Souabe
1147 - 1152
(Frédéric III)
Frédéric IV
Duc d'Alsace
1152 - ????
???
Conrad III
Armoiries empereurs Hohenstaufen.svg
rois des Romains, puis empereur romain germanique
1152 - 1155 - 1190
Henri VI
Béatrice Ire
Comte palatin de Bourgogne
1156 - 1190
Othon Ier


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