François Joseph Lefebvre

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lefebvre.
François Joseph Lefebvre
Marechal-lefebvre.jpg
Naissance 25 octobre 1755
Rouffach
Décès 14 septembre 1820 (à 65 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume des Français
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Royaume de France
Grade Maréchal d'Empire
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléonniennes
Distinctions Grand Aigle de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (3e colonne)
Famille Catherine Hubscher, son épouse

François Joseph Lefebvre, (Rouffach, 25 octobre 1755Paris, 14 septembre 1820), duc de Dantzick[1], maréchal d'Empire (1804).

Sommaire

Vie d’un soldat

Origines et engagement dans les Gardes françaises

Ses parents habitent Rouffach, dans le Haut-Rhin, en France. Son père, gardien des portes de la ville, meurt alors que François Joseph est âgé de huit ans. Son oncle, curé de Guémar, se fait son protecteur et dirige son éducation en le destinant à l'Église ; mais un penchant irrésistible entraîne François-Joseph vers la carrière militaire. Originaire d'Alsace, il s'engage dans les Gardes-Françaises le 10 septembre 1773, à 18 ans.

Catherine Hubscher, Maréchale Lefèbvre Duchesse de Dantzig, dite "Madame Sans-Gêne" (1753-1835), anonyme, vers 1810.

Mariage avec « Madame Sans-Gêne »

En 1783, il se marie avec une blanchisseuse, Catherine Hübscher, originaire de Goldbach-Altenach en Alsace, passée à la postérité sous le nom de Madame Sans-Gêne, de laquelle il aura quatorze enfants dont treize mourront en bas âge.

Le bataillon des Filles-Saint-Thomas

Il devint premier sergent des Gardes françaises le 9 avril 1788. Il se mêle aux premières émeutes, tout en protégeant ses officiers contre les violences du peuple le 21 juillet 1789 et en facilitant leur évasion. Après le licenciement des Gardes françaises, il entre dans le bataillon des Filles-Saint-Thomas et, à la tête d'un détachement de ce bataillon, est blessé deux fois en défendant la famille royale et en tentant de la protéger lors de son retour aux Tuileries après son départ pour Saint-Cloud. Il favorise également la fuite vers Rome des tantes du roi Louis XVI. En 1792, il sauve la caisse d'escompte du pillage.

François-Joseph Lefebvre, capitaine au 13e régiment d'infanterie légère en 1792 (1755-1820), Ferdinand Wachsmuth (Mulhouse, 1802 ; Versailles, 1869), 1834.

L’officier des armées révolutionnaires

Capitaine au début de la guerre, en 1792, il est général de brigade à la fin de l’année 1793 puis général de division en janvier 1794, après les combats de Lambach et de Geisberg. Il se distingue partout et presque toujours à l'avant-garde.

On trouve Lefebvre dans toutes les batailles importantes dans le Nord et sur le Rhin de 1793 à 1799, notamment au Geisberg (26 décembre 1793), à la prise d’Arlon (18 avril 1794) et à celle de Dinant (29 mai 1794), à Fleurus (26 juin), à Altenkirchen (4 juin 1795) et Wetzlar (15 juin), à Friedberg (10 juillet), au passage du Rhin à Neuwied (18 avril 1797).

Il est le premier des généraux de la République à effectuer le passage du Rhin. Il réalise cet exploit à la tête de ses grenadiers, malgré un feu terrible, et s'établit sur la rive droite en avant d'Elelkamp. En 1797, il enleve Siegberg à la bataille d'Altenkirchen et cueille de nouvelles palmes aux journées de Kaldeich, de Friedberg, de Bamberg et de Sulzbach. Lefebvre est nommé gouverneur de la forteresse de Mayence à partir de 13 mars 1798 et établit sa résidence au Palais Bassenheim.

Après la mort de Hoche, il prend provisoirement le commandement en chef de l’Armée de Sambre-et-Meuse (septembre 1797). Il commande l’avant-garde de l’Armée du Danube sous les ordres de Jourdan en mars 1799. Avec 8 000 hommes, il soutient à la bataille de Stockach les efforts de 36 000 Autrichiens. Mais à Pfullendorf (21 mars 1799), une blessure grave le contraint à quitter l'armée. Il devient la même année gouverneur militaire de Paris.

Le Directoire le nomme alors commandant de la 17e division militaire dont le chef-lieu est à Paris. Il est désigné par le Conseil des Cinq-Cents comme candidat au Directoire mais n’est pas élu.

Le gouverneur militaire de Paris

Rallié à Bonaparte, son poste de gouverneur militaire de Paris lui permet de jouer un rôle important durant le Coup d'État du 18 brumaire. Ce jour-là, à la tête de 25 hommes, il pénètre dans la salle du conseil des Cinq-Cents, s'avance jusqu'à la tribune, et, malgré les cris, malgré les menaces, entraîne Lucien Bonaparte jusqu'à son frère qui l'attend au dehors, au moment où tous les deux sont sur le point d'être mis hors-la-loi. L’épée à la main, il lance ses grenadiers à la poursuite des députés. À la voix de leur général, les troupes n'hésitent plus, et la Révolution qui amène le gouvernement consulaire est consommée. Lefebvre, soldat inflexible, seconde ce jour là passivement l'exécution d'un complot, dont peut-être il ignore les secrets. Bonaparte lui conserve d'abord le commandement de la 17e division puis l'emploie à la pacification des départements de l'Ouest.

Le sénateur et maréchal d'Empire

François-Joseph Lefebvre, Duc de Dantzick, Maréchal de France (1755-1820), Césarine Davin, née Mirvault (Paris, 1773 - Paris, 1844), 1807.

Par la suite Napoléon n'oublie pas ce qu'il lui doit. Lefebvre est d'abord fait sénateur le 11 germinal an VIII (1er avril 1800) : il exerce au Sénat conservateur les fonctions de Préteur. Le 19 mai 1804 lors de la première promotion, il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire. Grand aigle de la Légion d'honneur (Grand-croix), il n'est cependant pas employé dans l’armée avant 1805. Son âge et sa parfaite connaissance des règlements d'infanterie en font pourtant un bon commandant d'arrière-garde, mais ses rudes manières et le comportement de sa femme ex-cantinière, la fameuse Madame Sans-Gêne de Sardou, irritent l'Empereur lorsque le couple paraît à la cour.

En 1805, il est chargé du commandement en chef des gardes nationales de la Roer, de Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre. En 1806, il commande la Garde impériale à pied.

Pour la campagne d’Allemagne, Napoléon lui confie une division de la Grande Armée. À Iéna, le 14 octobre 1806, Lefebvre commande l’infanterie de la Garde impériale.

Le duc de Dantzick

Buste du maréchal Lefebvre au cimetière du Père-Lachaise
Statue du maréchal Lefebvre au Louvre

En 1807, à la tête du 10e corps, il couvre et protège les opérations de la Grande armée sur la gauche de la Vistule, et après la bataille d'Eylau, il va gagner le titre de duc de Dantzick en s'emparant de cette ville. Il rassemble le Xe corps d’armée à Thorn et assiège Dantzig (27 mars au 19 mai 1807). Lefebvre répète aux artilleurs : « Je n’entends rien à votre affaire, mais fichez-moi un trou et j’y passerai. » Ce qu’il fait, en mai 1807. Ce siège difficile lui vaut le titre de duc de Dantzick.

Les « chocolats de Dantzick »

À l'issue de la capitulation de cette ville, Napoléon, recevant le maréchal à l'abbaye d'Oliva (Pologne), lui demande s'il aimait le chocolat. Ayant répondu par l'affirmative, Lefebvre reçoit de l'Empereur une boîte, censée contenir du chocolat. En fait, son contenu consiste en une liasse de trois cents billets de mille francs, récompense de la bravoure du maréchal.

En 1808, Lefebvre commande le 4e corps en Espagne. Lefebvre y accompagne l’Empereur et y remporte notamment des victoires sur les Espagnols lors des batailles de Durango (31 octobre) et d'Espinosa (11 novembre). Il bat également les Britanniques à Guenes (7 novembre) et Valmaceda (8 novembre) et prend Bilbao, Santander et Ségovie (3 décembre).

De retour en Allemagne en 1809, il est nommé commandant de l’armée bavaroise. Il est à Abensberg le 20 avril, Schierling le 21, Eckmühl le 22, commande l’armée du Tyrol de mai à octobre mais ne peut venir à bout de la révolte d’Andreas Hofer.

En 1812, il commande la Vieille Garde à la Moskowa et durant la retraite de Russie. Au cours de la campagne de France en 1814, il se bat à Montmirail, à Arcis-sur-Aube et à Champaubert où il a un cheval tué sous lui.

Le 4 avril, Lefebvre est l’un des maréchaux qui assistent à l’entrevue de Napoléon avec Macdonald, venu lui demander son abdication. Il ne quitte l'Empereur qu'après celle-ci.

Le pair de France

Il vote la déchéance de l’Empereur au Sénat, est fait pair de France par Louis XVIII (4 juin 1814), mais se rallie à Napoléon durant les Cent-Jours.

Au 20 mars 1815, son âge et ses infirmités l'éloignant des champs de bataille, il reste à la Chambre haute.

Il est exclu de la Chambre des pairs lors de la Seconde Restauration mais maintenu à son rang de maréchal. Louis XVIII lui rend sa pairie le 5 mars 1819. A la chambre, Lefebvre vote avec les membres constitutionnels.

Il meurt à Paris le 14 septembre 1820 d’une hydropisie de poitrine.

De quatorze enfants, dont douze fils, il n’en laisse aucun pour hériter de son nom et de ses titres.

Quelques jours avant de mourir, il a lui-même marqué sa place au Père-Lachaise à Paris, à côté de Masséna, non loin de Pérignon et de Sérurier.

Son nom est inscrit au côté Nord de l’Arc de triomphe de l’Étoile.

L’un des « boulevards des Maréchaux » ceinturant Paris a reçu le nom de boulevard Lefebvre.

Le maréchal Lefebvre fut par ailleurs maire de Pontault-Combault de 1813 à 1820.

Source partielle

  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 1, Bureau de l'administration, 1842 [lire en ligne (page consultée le 16 nov. 2009)]  ;
  • « François Joseph Lefebvre », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • « François Joseph Lefebvre » , dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

Liens externes

  1. http://www.napoleon-empire.net/personnages/lefebvre.php Le maréchal Lefebvre écrivait son titre Dantzick et non Dantzig.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article François Joseph Lefebvre de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • François Joseph Lefebvre — François Joseph Lefebvre, Marshal of France Born 25 Octo …   Wikipedia

  • Francois Joseph Lefebvre — François Joseph Lefebvre, um 1810 François Joseph Lefebvre, Herzog von Danzig (* 25. Oktober 1755 in Rouffach/Elsass; † 14. September 1820 in Paris) war ein französischer Revolutionsgeneral und Marschall von Frankreich …   Deutsch Wikipedia

  • Francois Joseph Lefebvre — François Joseph Lefebvre Pour les articles homonymes, voir Lefebvre. François Joseph Lefebvre Naissance …   Wikipédia en Français

  • François-Joseph Lefebvre — Pour les articles homonymes, voir Lefebvre. François Joseph Lefebvre Naissance …   Wikipédia en Français

  • François-Joseph Lefebvre — François Joseph Lefebvre, um 1810 François Joseph Lefebvre, Herzog von Danzig (* 25. Oktober 1755 in Rouffach/Elsass; † 14. September 1820 in Paris) war ein französischer Revolutionsgeneral und Marschall von Frankreich …   Deutsch Wikipedia

  • François Joseph Lefebvre — Saltar a navegación, búsqueda François Joseph Lefebvre Mariscal Años de servicio …   Wikipedia Español

  • François Joseph Lefebvre — François Joseph Lefebvre, Duque de Dantzig, (1755 1820) fue mariscal de Francia, durante las Guerras Napoleónicas. Se enlistó a los 18 años y participó en la Revolución Francesa. Despúes de la Batalla de Fleurus fue promovido a brigadier general …   Enciclopedia Universal

  • François-Joseph Lefebvre-Cayet — Pour les autres membres de la famille, voir : Lefèvre#Politiques. François Joseph Barthélémy Auguste César Lefebvre du Preÿ puis Lefebvre Cayet (28 mai 1748 Blaringhem † 8 mars 1811 Arras) était un homme politique français des XVIIIe et… …   Wikipédia en Français

  • Pierre Francois Joseph Lefebvre — François Joseph Lefebvre, um 1810 François Joseph Lefebvre, Herzog von Danzig (* 25. Oktober 1755 in Rouffach/Elsass; † 14. September 1820 in Paris) war ein französischer Revolutionsgeneral und Marschall von Frankreich …   Deutsch Wikipedia

  • François Joseph — may refer to:* François Joseph Bosio (1769 1845), French sculptor * François Joseph Bouvet (1753 1832), French admiral * François Joseph des Camus (1672 1732), French mechanic * François Joseph Gossec (1734 1829), Belgian composer * François… …   Wikipedia


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.