Franz Schubert

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Franz Schubert
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Franz Schubert
Franz Schubert, par Wilhelm August Rieder, 1875
Franz Schubert,
par Wilhelm August Rieder, 1875

Nom de naissance Franz Peter Schubert
Naissance 31 janvier 1797
Lichtental, près de Vienne,
Saint Empire romain germanique apr√®s 1400 Saint-Empire
D√©c√®s 19 novembre 1828 (√† 31 ans)
Vienne, Drapeau: Empire d'Autriche Empire d‚ÄôAutriche
Activité principale Compositeur
Ma√ģtres Antonio Salieri

Franz Peter Schubert est un compositeur autrichien, n√© le 31 janvier 1797 √† Lichtenthal, pr√®s de Vienne, et mort dans la m√™me ville le 19 novembre 1828.

Bien que mort √† 31 ans, Schubert est l'un des grands compositeurs du XIXe si√®cle et le ma√ģtre incontest√© du lied.

Sommaire

Biographie

L'enfance

Franz Peter Schubert na√ģt le 31 janvier 1797 dans le faubourg viennois de Himmelpfortgrund, qui fait partie de la paroisse de Lichtental. Il est le 12e enfant d'une famille de quatorze, dont cinq atteindront l'√Ęge adulte. Son p√®re Franz Theodor (1763-1830), instituteur, lui donne ses premi√®res le√ßons de violon, tandis que son fr√®re Ignaz lui apprend le piano et le Kapellmeister de l'√©glise de Lichtental, Michael Holzer, l'orgue, le chant et la basse chiffr√©e ou basse continue. Dans le quatuor √† cordes familial, o√Ļ son p√®re joue du violoncelle et ses fr√®res Ignaz et Ferdinand du violon, il tiendra la partie d'alto. D√®s 1808, Schubert est premier soprano de l'√©glise de Lichtental[1].

En 1808 il est admis sur concours dans le chŇďur de la chapelle imp√©riale de Vienne, ce qui lui permet d'√©tudier au Stadtkonvikt, ou Akademisches Gymnasium, internat viennois fr√©quent√© par les fils de bonne famille o√Ļ il b√©n√©ficiera d'un enseignement de qualit√©. Il √©tudie la th√©orie et la basse chiffr√©e avec Wenzel Ruzicka, organiste de la Cour, puis, √† partir de 1812, la composition et le contrepoint avec Antonio Salieri, directeur de la musique √† la Cour de Vienne. Il entre √† l'orchestre du Konvikt comme second violon, puis monte en grade progressivement jusqu'√† devenir chef d'orchestre.

Au Konvikt, il fait la connaissance de quelques membres d'un groupe de jeunes id√©alistes qui s'√©tait form√© √† Linz : Albert Stadler (1794-1888), Josef Kenner (1794-1868) et surtout Josef von Spaun (1788-1865). Ces amis guideront ses premiers pas, le mettront en contact avec le milieu intellectuel de l'√©poque et constitueront le premier noyau de ce qui sera le cercle des schubertiens.

Pendant cette période de formation, Schubert commence à composer en dépit des réticences de son père. Dès 1810, ses premières compositions sont des fantaisies et des danses pour piano, des lieder. Viennent ensuite des quatuors à cordes pour l'ensemble familial, des ouvertures, des ensembles vocaux pour la classe de Salieri et en 1813, sa 1re Symphonie en ré majeur, D.82 et son premier opéra, Des Teufels Lustschloss, D.84.

La jeunesse

Franz Schubert, Stadtpark Vienne

Sa voix mue en 1813. Ses r√©sultats scolaires, bons au d√©but, s'√©taient peu √† peu d√©grad√©s, et, bien qu'il puisse b√©n√©ficier d'une dispense, il quitte le Konvikt pour entrer √† l'√Čcole normale Sainte-Anne qui le pr√©parera au m√©tier d'instituteur qu'il exercera comme assistant de son p√®re jusque fin 1816.

En 1814, il fait la connaissance, par l'entremise du groupe de Linz, du po√®te Johann Mayrhofer (1787-1836) qui lui inspirera de nombreux lieder, en 1815 celle de Franz von Schober (1796-1882), un des esprits brillants de l'√©poque qui aura un r√īle d√©terminant dans sa vie sociale et intellectuelle. En 1815 toujours, dans le cadre de l'enseignement de Salieri, il rencontre le musicien Anselm H√ľttenbrenner (1794-1868), qui le mettra en contact avec le milieu de sa ville natale de Graz.

√Ä seulement 17 ans, il compose sa Messe no 1 en fa majeur, D.105, pour le jubil√© du centenaire de l'√©glise de Lichtental. Elle y est ex√©cut√©e avec grand succ√®s, et son p√®re l'en r√©compense en lui offrant son premier piano. De 1814 datent aussi le Quatuor √† cordes n¬į 1 en si b√©mol majeur, D. 18, la Symphonie n¬ļ 2 en si b√©mol majeur, D.125 et son premier chef-d'Ňďuvre dans le domaine du lied, Gretchen am Spinnrade (¬ę Marguerite au rouet ¬Ľ). Le quatuor √† cordes familial s'√©toffe. Il devient un ensemble de chambre, puis un orchestre qui conna√ģtra plusieurs chefs, dont Otto Hatwig, sous la direction duquel il jouera au Gundelhof √† Vienne.

Les ann√©es 1815 et 1816 seront ses plus productives, avec des Ňďuvres en tout genre. En f√©vrier 1815, il compose sa Sonate pour piano n¬ļ 1 en mi majeur, D.157 ; en mars la Messe no 2, en sol majeur, D.167, en juillet sa Symphonie n¬ļ 3 en r√© majeur, D.200, en novembre la Messe no 3 en si b√©mol majeur, D.324. En f√©vrier 1816, il compose son Stabat Mater en fa mineur, D. 383, sur un texte allemand de Klopstock, en avril la Symphonie n¬ļ 4 en ut mineur ¬ę Tragique ¬Ľ, D.417, en juillet la Messe no 4 en ut majeur, D.452, √† l'automne la Symphonie n¬ļ 5 en si b√©mol majeur, D.485.

Durant cette période voient le jour plus de 200 lieder, parmi lesquels Der Wanderer, D.489.

Pendant cette période, il continue de suivre l'enseignement de Salieri. Il perçoit de plus en plus l'enseignement comme une activité contraignante qui bride sa création. Il tente d'y échapper en postulant pour un poste de chef d'orchestre à Laibach (aujourd'hui Ljubljana) au printemps 1816, et en essayant d'intéresser Goethe à un projet de publication de ses lieder, en vain.

L'indépendance

Fin 1816, Schubert quitte l'√©cole de son p√®re et l'enseignement de Salieri. Il est h√©berg√© en 1817 par son ami Franz von Schober, chez qui il logera √† plusieurs reprises par la suite. Cette ann√©e-l√† il entreprend six sonates pour piano et compose de nombreux lieder, dont Der Tod und das M√§dchen (¬ę La Jeune Fille et la Mort ¬Ľ) et Die Forelle (¬ę La Truite ¬Ľ), op. 32, D.550.

√Ä cette √©poque, l'horizon de Schubert s'√©largit. Au quatuor familial et √† l'√©glise de la paroisse se substitue un public compos√© de jeunes intellectuels. Ses amis du Konvikt lui font conna√ģtre des personnalit√©s comme le baryton Johann Michael Vogl, soliste de l'Op√©ra, et lui ouvrent les portes de salons bourgeois comme celui de la famille Sonnleithner, qui aidera √† le faire conna√ģtre en programmant ses Ňďuvres dans des soir√©es musicales et en organisant les premi√®res publications, ou de la noblesse des Esterh√°zy.

En 1818, apr√®s avoir repris provisoirement l'enseignement, Schubert devient le ma√ģtre de musique des enfants du comte Esterh√°zy et accompagne la famille dans sa vill√©giature d'√©t√© √† Zsel√≠z en Hongrie (aujourd'hui ŇĹeliezovce en Slovaquie), o√Ļ il compose de nombreuses Ňďuvres pour piano √† quatre mains, dont la Sonate no 1 pour piano √† 4 mains en si b√©mol, D.617 et les Huit variations sur un chant fran√ßais, D.624, qui seront sa premi√®re Ňďuvre instrumentale publi√©e (en 1822 comme op.10). De retour √† Vienne, il emm√©nage dans un logement qu'il partage avec le po√®te Mayrhofer. En √©t√© 1819, il accompagne Johann Michael Vogl dans un voyage en Haute-Autriche, notamment √† Linz et Steyr, o√Ļ na√ģt l'id√©e de la composition du Quintette pour piano et cordes ¬ę La Truite ¬Ľ, D. 667.

Dans les lieder de cette époque, Schubert s'ouvre à la poésie romantique, avec la mise en musique de poèmes de Novalis et de Friedrich Schlegel.

La premi√®re Ňďuvre de Schubert √† √™tre publi√©e sera, en janvier 1818, le lied Erlafsee, D.586 sur un texte de Mayrhofer, en suppl√©ment d'une anthologie illustr√©e sur les r√©gions et paysages d'Autriche. La premi√®re ex√©cution publique d'un de ses lieder, Sch√§fers Klagelied, D.121, aura lieu le 28 f√©vrier 1819.

Les ¬ę ann√©es de crise ¬Ľ

Les ann√©es 1819-1823 voient le style de Schubert √©voluer tr√®s rapidement, d√©laissant de plus en plus les mod√®les h√©rit√©s du pass√©. Ses compositions se rar√©fient et nombre des Ňďuvres de cette √©poque restent inachev√©es. C'est le cas de l'oratorio Lazarus D.689, du Quatuor √† cordes n¬į 12 en ut mineur, D.703, connu sous le nom de ¬ę Quartettsatz ¬Ľ, ou de la Symphonie n¬ļ 8 en si mineur, dite ¬ę Inachev√©e ¬Ľ, D.759. Cette p√©riode, dont les contours sont un peu flous, a re√ßu le nom d'¬ę ann√©es de crise ¬Ľ. Le terme de ¬ę crise ¬Ľ est plut√īt √† interpr√©ter au sens de ¬ę bouleversement ¬Ľ. En effet, en-dehors de l'intense √©volution stylistique qui l'am√®ne √† reconsid√©rer des genres dans lesquels il avait d√©j√† compos√© de nombreuses Ňďuvres (quatuor, sonate, symphonie, messe ...), on constate un repositionnement de l'orientation litt√©raire avec une place pr√©pond√©rante accord√©e aux po√®tes romantiques (Schlegel, R√ľckert, Platen), un changement dans ses rapports avec le public et jusqu'√† une modification de la graphologie[2].

√Ä cette √©poque, la notori√©t√© de Schubert d√©passe le cadre des salons litt√©raires et de l'orchestre d'amateurs du Gundelhof, et il peut tenter de conqu√©rir le grand public avec des Ňďuvres dramatiques comme le singspiel Die Zwillingsbr√ľder (¬ę Les Fr√®res jumeaux ¬Ľ), D.647 ou la f√©erie Die Zauberharfe (¬ę La Harpe enchant√©e ¬Ľ), D.644, qui seront repr√©sent√©es √† l'√©t√© 1820 au Theater an der Wien. Le succ√®s n'est pas retentissant, mais son nom commence √† se faire conna√ģtre, ce √† quoi contribuent les ex√©cutions de ses lieder par Johann Michael Vogl. En 1821, l'√©diteur Diabelli publie √† compte d'auteur son opus 1, Der Erlk√∂nig (¬ę Le Roi des aulnes ¬Ľ), D.328, compos√© en 1813.

Le cercle des schubertiens s'étend. On y compte désormais aussi des peintres comme Leopold Kupelwieser (1796-1862), Ludwig Schnorr von Carolsfeld (1788-1853) et surtout Moritz von Schwind (1804-1871). Schubert fréquente personnellement Friedrich Schlegel[3]. Ses théories sur l'art et celles de son frère August Wilhelm, dont il avait mis des poèmes en musique dès 1816, auront une influence déterminante sur son esthétique.

√Ä partir de 1821, les r√©unions d'amis autour de la musique de Schubert s'institutionnalisent et prennent le nom de ¬ę schubertiades ¬Ľ. En 1821 √©galement, il devient membre de l'influente Soci√©t√© des amis de la musique de Vienne, apr√®s une candidature malheureuse en 1818.

Les op√©ras qu'il compose en 1822 et 1823, Alfonso und Estrella (sur un livret de Schober) et Fierrabras sont beaucoup plus ambitieux que les ouvrages pr√©c√©dents mais, en partie √† cause d'intrigues propres au milieu du th√©√Ętre, ne seront pas repr√©sent√©s. Il en va de m√™me du singspiel Die Verschworenen (¬ę Les Conjur√©s ¬Ľ). Le 20 d√©cembre 1823 a lieu la premi√®re de Rosamunde, pi√®ce de Helmina von Ch√©zy pour laquelle Schubert a compos√© la musique de sc√®ne. La musique est accueillie favorablement mais la pi√®ce est un fiasco complet et dispara√ģt de la sc√®ne apr√®s deux repr√©sentations.

Fin 1822-d√©but 1823, Schubert contracte une infection v√©n√©rienne. Diff√©rents indices (sympt√īmes, d√©roulement ult√©rieur de la maladie) laissent penser qu'il s'agit de syphilis[4]. Il effectue vraisemblablement en octobre 1823 un s√©jour √† l'H√īpital g√©n√©ral de Vienne[5]. Par la suite sa sant√©, malgr√© quelques r√©missions, ne cesse de se d√©grader, ce √† quoi contribue le traitement au mercure habituel √† l'√©poque.

Les années de maturité

D√®s la Fantaisie en ut majeur ¬ę Wanderer ¬Ľ, op.15, D.760, compos√©e fin 1822 et publi√©e en 1823, Schubert avait r√©ussi √† achever une grande Ňďuvre au style totalement personnel. En 1823, le cycle de lieder Die sch√∂ne M√ľllerin (¬ę La Belle Meuni√®re ¬Ľ), D. 795 avait ouvert une nouvelle page de l'histoire du lied. √Ä partir de 1824, il est en pleine ma√ģtrise de son style et les inach√®vements se rar√©fient. Les lieder t√©moignent d'un nouveau changement d'orientation litt√©raire : les po√®tes romantiques c√®dent peu √† peu la place aux po√®tes du pessimisme et de la r√©signation. D√©j√† Wilhelm M√ľller faisait partie de cette √©cole ; les nouveaux po√®tes auxquels se consacrera Schubert seront les Autrichiens Leitner, Seidl, les Allemands Schulze et bient√īt Rellstab et Heinrich Heine. Sa sant√© d√©faillante et les attaques r√©p√©t√©es de la maladie ont certainement leur part dans cette vision du monde pessimiste ou r√©sign√©e.

Apr√®s l'√©chec de Rosamunde, il abandonne pour un temps la composition d'Ňďuvres dramatiques. En 1824, il compose peu de lieder (parmi lesquels les derniers sur des po√®mes de Mayrhofer) et se consacre essentiellement √† la musique de chambre avec les Variations pour fl√Ľte et piano, D.802, l'Octuor pour cordes et vents, D. 803, le Quatuor √† cordes n¬į 13 en la mineur ¬ę Rosamunde ¬Ľ, D. 804, le Quatuor √† cordes n¬į 14 en r√© mineur ¬ę La Jeune Fille et la mort ¬Ľ, D. 810, la Sonate ¬ę Arpeggione ¬Ľ, D.821.

√Ä l'√©t√© de cette ann√©e, il retourne avec la famille Esterh√°zy √† Zsel√≠z et compose une s√©rie d'Ňďuvres pour piano √† quatre mains, dont la Sonate no 2 en ut majeur, ou ¬ę Grand Duo ¬Ľ, D.812, et les Variations en la b√©mol majeur, D.813. Les souvenirs musicaux de Hongrie inspireront le Divertissement √† la hongroise, D.818.

En 1825, il d√©couvre la po√©sie de Walter Scott. Scott lui inspirera dix compositions, dont les sept chants tir√©s de Das Fr√§ulein vom See (¬ę La Dame du lac ¬Ľ) qui seront publi√©s en 1826, en √©dition bilingue. L'un de ceux-ci, Ellens dritter Gesang (¬ę Troisi√®me chant d'Ellen ¬Ľ), D.839, atteindra tr√®s vite une immense popularit√© sous le nom d'Ave Maria.

L'√©t√© de 1825 est consacr√©, en compagnie de Vogl, √† un grand voyage √† Linz, Steyr, Salzbourg, Gastein et Gmunden. Ils y donnent une s√©rie de concerts consacr√©s entre autres aux chants de Walter Scott et √† la Sonate n¬ļ 16 en la mineur, D.845. √Ä Gastein, Schubert compose la Sonate n¬ļ 17 en r√© majeur, D.850 et commence la Grande Symphonie en ut majeur, D.944, qu'il ach√®vera l'ann√©e suivante.

Sa notori√©t√© s'accro√ģt et ses Ňďuvres sont jou√©es par de grands instrumentistes, comme Ignaz Schuppanzigh ou le pianiste Karl-Maria von Bocklet. Ses premi√®res sonates publi√©es (D.845 et D.850) lui sont pay√©es un bon prix par les √©diteurs et font l'objet de critiques positives dans des journaux de Francfort et de Leipzig. En 1825 il est √©lu comme membre suppl√©ant au directoire de la Soci√©t√© des amis de la musique[6].

En 1826 il compose le Quatuor √† cordes n¬į 15 en sol majeur, D. 887 et la Sonate n¬ļ 18 en sol majeur, D.894, qui sera publi√©e comme op.78.

Les dernières années

Fin 1826, il semble que le go√Ľt du public n'ait pas suivi l'√©volution de sa musique: une ex√©cution projet√©e de la Symphonie en ut majeur est abandonn√©e, des disparit√©s dans le cercle des schubertiens se font jour au sujet d'un quatuor √† cordes ou de la Sonate en sol majeur. Schubert recadre pour un temps ses compositions. Aux sonates il fait suivre deux s√©ries d'Impromptus (D.899 et D.935). Dans le domaine de la musique de chambre, il compose deux grands trios pour piano et cordes en si b√©mol majeur, D. 898 et en mi b√©mol majeur, D. 929.

En mars 1827 meurt Ludwig van Beethoven. Schubert participe comme porte-flambeau √† la grande c√©r√©monie de ses fun√©railles. La disparition de celui qui √©tait reconnu comme le plus grand musicien du temps semble agir comme un √©l√©ment lib√©rateur et durant les vingt mois qui lui restent, Schubert va accumuler les chefs d'Ňďuvre, √† commencer par le cycle de lieder Winterreise (¬ę Le Voyage d'hiver ¬Ľ), D. 911.

Le 12 juin 1827, il est élu comme membre titulaire du directoire de la Société des amis de la musique[7]. Le 19 juin, il commence la composition de l'opéra Der Graf von Gleichen, D.918, sur un texte de Bauernfeld, en dépit de l'interdiction par la censure d'une pièce mettant en scène un cas de bigamie. À l'été, il effectue un voyage à Graz.

Un an apr√®s la mort de Beethoven, le 28 mars 1828, a lieu le premier concert totalement consacr√© √† ses Ňďuvres. C'est un grand succ√®s, un peu √©clips√© toutefois par la pr√©sence √† Vienne de Niccol√≤ Paganini. √Ä l'automne, Schubert emm√©nage chez son fr√®re Ferdinand. Apr√®s deux semaines de maladie, il meurt de la fi√®vre typho√Įde (ou typhus abdominal)[8] le 19 novembre 1828 √† 31 ans. Sa d√©pouille reposa d'abord au cimeti√®re de W√§hring, non loin de celle de Beethoven, avant d'√™tre transf√©r√©e en grande pompe en 1888 dans le ¬ę carr√© des musiciens ¬Ľ du cimeti√®re central de Vienne, o√Ļ sa tombe voisine aujourd'hui celles de Gluck, Beethoven, Johannes Brahms et Hugo Wolf.

Son Ňďuvre

Article d√©taill√© : Liste des Ňďuvres de Franz Schubert.

√Ä sa mort √† l'√Ęge de trente et un ans seulement, Schubert laisse un millier d'Ňďuvres. Environ une centaine d'opus sont publi√©s de son vivant, ce qui est peu au regard de sa productivit√©, mais plus que ce que Robert Schumann ou Fr√©d√©ric Chopin auront publi√© au m√™me √Ęge. La majeure partie des Ňďuvres publi√©es de son vivant sont des lieder, des danses, ou des compositions pour piano √† quatre mains, mais y trouve aussi le Quatuor √† cordes n¬į 13 en la mineur ¬ę Rosamunde ¬Ľ, D. 804, trois sonates pour piano (D.845, D.850 et D.894), le Trio pour piano et cordes n¬į 2 en mi b√©mol majeur, D. 929, la Fantaisie en ut majeur ¬ę Wanderer ¬Ľ, op.15, D.760.

La publication de ses Ňďuvres s'√©tendra sur tout le XIXe si√®cle ; elle sera virtuellement termin√©e avec l'ach√®vement de la Premi√®re √©dition compl√®te, r√©alis√©e sous la direction de Johannes Brahms pour son centenaire en 1897. Une nouvelle √©dition compl√®te (Neue Schubert Ausgabe) est en cours.

La partie centrale de son r√©pertoire constitue ses plus de six cents lieder, compos√©s sur des textes des plus grands po√®tes de la langue allemande (Klopstock, Goethe, Schiller, R√ľckert, Heine), de ses amis (Johann Mayrhofer, Karl Theodor K√∂rner, Josef von Spaun, Franz von Schober, Johann Chrysostomus Senn, Matth√§us Kasimir von Collin), de po√®tes √©trangers tels que Walter Scott, William Shakespeare ou P√©trarque ou encore de po√®tes dont la notori√©t√© est due √† ses lieder (Wilhelm M√ľller).

Le baryton Johann Michael Vogl, tr√®s c√©l√®bre √† l'√©poque, devenu l'ami et l'admirateur de Schubert, a largement contribu√© √† faire conna√ģtre les lieder, tout comme le baron Carl von Sch√∂nstein et la cantatrice Anna Milder. Certains lieder conna√ģtront m√™me un succ√®s retentissant.

Schubert a √©crit pour tous les genres musicaux, except√© le concerto. Influenc√© par Haydn et Mozart, son art est cependant tr√®s diff√©rent. Il ne fut pas reconnu de son vivant, de nombreuses Ňďuvres n'ayant √©t√© jou√©es pour la premi√®re fois que bien apr√®s sa mort. Pourtant, son sort e√Ľt pu √™tre diff√©rent. Il avait adress√© son lied Der Erlk√∂nig √† GŇďthe qui ne lui r√©pondit jamais, bien que ce remarquable opus f√Ľt compos√© sur l'un de ses plus c√©l√®bres po√®mes (¬ę Wer reitet so sp√§t durch Nacht und Wind ¬Ľ). Il est vrai que GŇďthe n'a sans doute pas ouvert le document. De plus, Beethoven lui-m√™me ne lui pr√™ta que bien peu d'attention (malade, renferm√© sur lui-m√™me et de plus en plus d√©sabus√© et irascible, le ma√ģtre ne se pr√©occupait gu√®re de ses contemporains). N√©anmoins dans un article du 3 mai 1831 paru dans le Theaterzeitung, Anton Schindler (biographe contest√© de Beethoven) mentionne une rencontre tardive de 1827 o√Ļ Beethoven, apr√®s avoir re√ßu Schubert et examin√© ses lieder, se serait exclam√© : ¬ę Vraiment chez ce Schubert, il y a une √©tincelle divine ! ¬Ľ.

La plus grande partie des Ňďuvres de Schubert (les lieder, en particulier le Winterreise, les derni√®res symphonies, certains impromptus, l'ultime Sonate n¬ļ 21 en si b√©mol majeur, D.960, le Quintette pour deux violons, alto et deux violoncelles, D. 956), est marqu√©e par le rythme sans r√©pit des pas du Wanderer, cheminant en une qu√™te d√©sesp√©r√©e d'un ailleurs sans cesse poursuivi et jamais atteint.

Compositions majeures

Le catalogue complet de l‚ÄôŇďuvre de Schubert a √©t√© √©tabli en 1951 par le musicologue autrichien Otto Erich Deutsch (abr√©viation D. pour ¬ę Deutsch-Verzeichnis ¬Ľ)[9].

Musique symphonique

La num√©rotation des symphonies de Schubert, apr√®s les six premi√®res, a pos√© probl√®me apr√®s la d√©couverte progressive des partitions de nombreux projets de symphonies, abandonn√©s par le compositeur √† divers √©tats d'avancement. La Symphonie en ut majeur, D.944 dite ¬ę Grande Symphonie ¬Ľ re√ßut ainsi le num√©ro 7 apr√®s sa d√©couverte en 1838 par Robert Schumann. La d√©couverte de l‚Äô¬ę Inachev√©e ¬Ľ dans les ann√©es 1860 lui fit attribuer le num√©ro 8, choix ent√©rin√© dans l'ancienne √©dition compl√®te qui la place apr√®s les symphonies achev√©es.

Le respect de la chronologie a fait num√©roter la ¬ę Grande ¬Ľ apr√®s l‚Äô¬ę Inachev√©e ¬Ľ, lui donnant ainsi le num√©ro 9 et lib√©rant le num√©ro 7 qui a √©t√© parfois attribu√© √† la symphonie D.729, avec quatre mouvements complets mais partiellement orchestr√©s. La nouvelle √©dition du catalogue de Otto Erich Deutsch donne les num√©ros 7 √† l‚Äô ¬ę Inachev√©e ¬Ľ et 8 √† ¬ę la Grande ¬Ľ[10], mais le recours aux num√©ros du catalogue original est souvent n√©cessaire pour √©viter les confusions.

Les Fragments symphoniques, D.615 que l'on datait de 1818, se sont r√©v√©l√©s √† l'analyse constitu√©s de fragments de trois symphonies : deux mouvements fragmentaires de 1818, quatre mouvements fragmentaires (dont un scherzo virtuellement achev√©) de 1821, et des esquisses pour trois mouvements datant de 1828, qui ont √©t√© r√©alis√©es par divers auteurs (G√ľlke, Newbould, Bartholom√©e) et ont re√ßu le num√©ro D.936A. Cette derni√®re Ňďuvre, que la mort a emp√™ch√© Schubert de terminer, est parfois appel√©e 10e Symphonie.

Musique pour piano

  • Zwei Scherzi f√ľr Klavier, D.593
  • Marches militaires pour piano √† 4 mains, D.733 (la plus c√©l√®bre √©tant la premi√®re en r√© majeur)
  • Fantaisie en ut majeur ¬ę Wanderer ¬Ľ, op.15, D.760
  • Six moments musicaux, D.780
  • Variations en la b√©mol majeur pour piano √† 4 mains , D.813
  • Ungarische Melodie pour piano, D.817
  • Divertissement √† la hongroise pour piano √† 4 mains, D.818 (reprend le th√®me de D.817)
  • Divertissement √† la fran√ßaise pour piano √† 4 mains, D.823
  • Huit impromptus, D.899 et D.935
  • Fantaisie en fa mineur pour piano √† 4 mains, D.940
  • Trois Klavierst√ľcke, D.946
  • Allegro en la mineur ¬ę Lebensst√ľrme ¬Ľ , D.947
Sonates pour piano

Musique de chambre

Sonates

Trios

Quatuors


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  • Franz Schubert ‚ÄĒ ¬†¬†¬†¬†Franz Schubert ¬†¬†¬†¬†‚Ć Catholic Encyclopedia ‚Ėļ Franz Schubert ¬†¬†¬†¬†Composer, b. at Vienna, 31 January, 1797; d. there 19 November, 1829. He studied under his father, and subsequently under Holzer and Salieri, and in 1807, was first boy soprano… ‚Ķ   Catholic encyclopedia

  • Franz Schubert ‚ÄĒ Franz Peter Schubert, compositor austriaco. Naci√≥ en Viena (Austria) el 31 de enero de 1797. Era hijo de una familia de procedencia humilde, el duod√©cimo de catorce hijos de los que √ļnicamente sobrevivieron cinco. Resid√≠a en el barrio de… ‚Ķ   Enciclopedia Universal

  • Franz Schubert ‚ÄĒ noun Austrian composer known for his compositions for voice and piano (1797 1828) ‚ÄĘ Syn: ‚ÜĎSchubert, ‚ÜĎFranz Peter Schubert, ‚ÜĎFranz Seraph Peter Schubert ‚ÄĘ Instance Hypernyms: ‚ÜĎcomposer ‚Ķ   Useful english dictionary

  • Franz Schubert ‚ÄĒ Adversidad El hombre que soporta con lamentos la adversidad se causa a s√≠ mismo mayor pena. Destino El destino a veces suele cumplirse en pocos segundos, y aquello que durante a√Īos se ha buscado no lo concede un dichoso azar. Mente La raz√≥n no es ‚Ķ   Diccionario de citas

  • Franz Schubert (Begriffskl√§rung) ‚ÄĒ Franz Schubert ist der Name folgender Personen: Franz Schubert (1797‚Äď1828), √∂sterreichischer Komponist Franz Anton Schubert (1768‚Äď1824), Kirchenkomponist und Instrumentalist an der Katholischen Hofkirche Dresden Fran√ßois Schubert (1808‚Äď1878;… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Franz Schubert (Politiker) ‚ÄĒ Franz Schubert Franz Schubert (* 5. Dezember 1905 in Maroldsweisach; ‚Ć 4. August 1992 in Koblenz) war ein deutscher Politiker (NSDAP). Leben und Wirken Nach dem Besuch der Volksschule wurde Franz Schubert von 1919 b ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Franz Schubert (Kreisleiter) ‚ÄĒ Franz Schubert (5 d√©cembre 1905 √† Maroldsweisach; ‚Ć 4 ao√Ľt 1992 √† Coblence) √©tait un homme politique allemand (NSDAP). De 1942 √† 1944, Franz Schubert fut Kreisleiter et Oberb√ľrgermeister de Metz. Biographie Franz Schubert fait ses √©tudes de 1919… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


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