Fra Angelico


Fra Angelico
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Fra Angelico
Portrait posthume de Fra Angelico par Luca Signorelli, Cathédrale d'Orvieto
Portrait posthume de Fra Angelico par Luca Signorelli, Cathédrale d'Orvieto

Nom de naissance Guido di Pietro
Naissance [vers 1400][1]
Vicchio di Mugello, Toscane, Italie
Décès 18 février 1455
Rome
Nationalité Italien
Activité(s) peinture, fresque
Mouvement artistique Première Renaissance

Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni (connu postérieurement sous le nom de Fra Angelico pour les Français, quelquefois par l'Angelico[2] et de Beato Angelico pour les Italiens) ou parfois le peintre des Anges (Vicchio di Mugello (Toscane), vers 1400[1] – Rome,(Etats pontificaux), 18 février 1455) est un peintre du Quattrocento de qui Vasari disait qu'il avait un « talent rare et parfait Â». Il était connu de ses contemporains comme Fra Giovanni da Fiesole, dans les Vies écrite avant 1555, il était déjà connu comme Giovanni Fra Angelico (« Frère Giovanni l'angélique Â»).

Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance — constructions en perspective et représentation de la figure humaine — avec les vieilles valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.

Sommaire

Biographie

Guido Nada di Pietro naît vers 1400 dans la petite ville de Vicchio di Mugello de parents inconnus et est baptisé Guido ou Guidolino.

Peintre laïc sous le nom de Guido di Pietro à Florence, Fra Angelico entre, parrainé par Battista di Biagio Sanguigni, le 31 octobre 1417 à la confrérie San Niccolò di Bari, de l'ordre des Dominicains observants, une branche dominicaine minoritaire de flagellants, dans laquelle s'observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l'ascétisme, et qu'il suit de 1418 à 1423.

À partir de 1423 (année où il peint un crucifix pour l'hôpital de Santa Maria Nuova), il est nommé « frère Jean des frères de Saint-Dominique de Fiesole Â», et c'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico (Bienheureux Angelico). C'est Giorgio Vasari, dans Le Vite qui ajoute à son nom l'adjectif Beato (et le nomme précisément Fra' Giovanni da Fiesole), utilisé auparavant par fra Domenico da Corella et par Cristoforo Landino[3].

Premières œuvres

Le Christ en croix, (vers 1437)
l'Annonciation (1430)

Son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco et Gherardo Starnina. Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.

En 1417, il est nommé dans des documents « Guido di Pietro, peintre de la paroisse San Michele Visdomoni Â»[4].

En 1418, peu avant d'entrer chez les Dominicains au couvent Saint-Dominique à Fiesole, il réalise la décoration d'un autel pour la chapelle Gherardini de l'église Saint Étienne à Florence.

Le Triptyque de saint Pierre martyr, commandé par les sœurs de Saint-Pierre-Martyr est daté d'environ 1425.

En 1427, il est ordonné prêtre.

Entre 1428 et 1430 il peint la première des trois compositions pour le retable de l'autel de l'église Saint-Dominique à Fiesole : la Pala di Fiesole. Cette œuvre a été remaniée par Lorenzo di Credi. Sont de lui l'architecture, le baldaquin et l'agrandissement du sol.

Entre 1430 et 1433 il réalise Le Jugement Dernier, encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l'organisation en perspective de l'espace.

En 1430 il peint l'Annonciation (musée du Prado), avec cinq histoires de la Vie de la Vierge dans la prédelle (seconde table pour l'église Saint-Dominique à Fiesole). Une œuvre où apparaissent des nouvelles techniques inspirées par Masaccio. Pour la première fois est utilisée une lumière diaphane qui enveloppe la composition, exaltant les couleurs et les masses plastiques des figures, et unifie l'image.

En juillet 1433, la corporation des Tisseurs de lin (Arte dei Linaioli e Rigattieri) de Florence confie à Fra Angelico la réalisation d'une peinture de la Vierge pour un tabernacle.

Entre 1434 et 1435 il peint à tempera sur bois, L'imposition du nom à saint Jean-Baptiste, partie d'une prédelle non identifiée. La scène est placée dans une cour construite avec une perspective d'une extrême précision et à l'aide d'un portail utilisé comme entonnoir perspectif.

À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines, travaux que dirige son ami Antonin de Florence, archevêque de la ville.

Cf la liste de polyptyques italiens dispersés.

Quelques œuvres de Fra Angelico à San Marco

Parmi celles-ci, La Nativité représente la naissance du Christ (cellule 5). On peut y voir l'un des tableaux des débuts de la perspective, avec un essai « maladroit Â» concernant les anges sur le toit de l'étable. Le Christ est posé à terre, « devant Â» l'étable, et non dans la mangeoire, entouré de Marie et de Joseph, ainsi que de sainte Catherine d'Alexandrie et de saint Pierre martyr. Le bœuf et l'âne figurent au second plan, dans l'étable, devant la mangeoire. On peut voir d'après l'arrière-plan que la scène se situe dans une grotte ou, plus vraisemblablement, dans la montagne, ce qui est une idée courante de cette scène à l'époque de la Renaissance.

Rome

En 1445, après le retentissement de ses premiers travaux, il est invité à Rome par le pape Eugène IV qui régna de 1431 à 1447.

Il peint la Cappella del Sacramento qui fut plus tard détruite par Paul III. En juin 1447 il se rend à Orvieto pour peindre la nouvelle chapelle de la cathédrale en collaboration avec son élève Benozzo Gozzoli. Les fresques seront terminées par Luca Signorelli.

Florence

En juin 1450 Fra Angelico est nommé prieur du couvent San Marco. La même année, il est nommé archiprêtre de Florence. Il y exécute des portes d'armoire de l'église de l'Annunziata avec l'aide d'élèves. En 1452 il refuse la proposition de peindre l'abside de la cathédrale du Prato ; on le retrouve dans un document de Pérouse de décembre 1454. Il retourne ensuite à Rome pour peindre la chapelle de Nicolas V (Cappella Niccolina) et meurt dans cette même ville le 18 février 1455.

Il est enterré à Rome dans l'Église de la Minerve.

Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 1982[5] et proclamé patron des artistes en 1984.

Interprétation de son œuvre

Au XIXe siècle, on se basait sur l'interprétation de Vasari, qui elle même était inspirée de la Contre-Réforme, où l'on insistait sur le caractère dévot de sa peinture. Les commentateurs contemporains préfère souligner l'artiste en tant que relié à la première Renaissance, son effort novateur et l'influence initiale de Masaccio.

Georges Didi-Huberman débute son livre Devant l'image par une analyse de l'Annonciation (cellule 3) du couvent San Marco l'ambiance de la pièce lui a inspiré quelques belles pages. Il a d'ailleurs écrit un livre sur Fra Angelico qui s'intitule Fra Angelico. Dissemblance et figuration.

Œuvres

Sa tombe à l'Église de la Minerve à Rome

Miniatures

  • Saint Dominique en gloire (1424) Messale 558, musée du couvent San Marco, Florence
  • Vierge de miséricorde avec frères agenouillés (1424), Messale 558, San Marco
  • Le Roi David (1443-1445), San Marco

Dessins

  • L'institution de l'Eucharistie (v. 1445-1446) plume et encre brune, lavis brun, musée du Louvre, Paris

Fresques

Article détaillé : Fresques de Fra Angelico.
  • Fresques de la voûte de la chapelle San Brizio : Jugement dernier, les Anges et les Prophètes (1447-1449), cathédrale d'Orvieto (terminées par Luca Signorelli en 1499-1504)
  • Vierge à l'Enfant (1435), salle capitulaire du couvent San Domenico de Fiesole (transférée sur masonite avec sa sinopia)
  • Vierge d'humilité avec saint Dominique, saint Pierre martyr et les quatre évangélistes (1438), Musée diocésain, Cortone (transférée sur masonite)
  • Annonciation en entrée du corridor nord et fresques des 44 cellules des moines du couvent san Marco (certaines assistées de Benozzo Gozzoli).
  • Fresques de la Chapelle Nicoline (Vatican) (entre 1447 et 1451) : Épisodes de la vie de saint Étienne, Scènes de la vie de saint Laurent, voûte et pilastres.
  • Le Calvaire, vers 1440 - 1445, 435 x 260 cm, musée du Louvre, Paris.

Tableaux

  • La Descente de Croix (1432 - 1434)
  • Natività (1440-1441)
  • Incoronazione della Vergine (1420 circa)
  • La Tebaide (1420 circa), Galerie des Offices, Florence.
  • Annonciation (vers 1426), panneau central d'un retable pour le couvent Saint-Dominique de Fiesole, conservée au Musée du Prado, Espagne.
  • San Nicola da Bari e San Michele Arcangelo (1424,2011)
  • Incontro fra san Domenico e san Francesco (1430 environ)
  • Scena della vita dell'apostolo Giacomo: liberazione di Ermogene (1430 environ)
  • Annonciation de San Giovanni Valdarno (1430-1432), panneau principal, tempera sur panneau de 195 cm x 158 cm, Museo della Basilica di Santa Maria delle Grazie, San Giovanni Valdarno
  • L'Annonciation de Cortone (1432-1434 environ), musée diocésain, Cortone
  • Il Giudizio (1432-1435 environ)
  • Madonna dell'Umiltà (1433, 1435)
  • Imposizione del nome del Battista (1434, 1435)
  • Le Couronnement de la Vierge (1434-1435), tempera sur bois, 112 × 114 cm, Galerie des Offices, Florence.
  • Le Couronnement de la Vierge, 1430-1432, tempera à l'oeuf sur panneau, 209 x 206 cm, musée du Louvre, Paris[6] ,[7].
  • Dieu le Père, 1425 - 1430, musée du Louvre, Paris[8].
  • Ange en adoration, tourné vers la droite et Ange en adoration, tourné vers la gauche, vers 1430 - 1440 ?, 37 x 23 cm, musée du Louvre, Paris[9].
  • La Décollation de saint Jean Baptiste et le Banquet d'Hérode, vers 1430 ?, 21 x 32 cm, musée du Louvre, Paris[10].
  • Le martyre des saints Cosme et Damien, entre 1438 et 1443, 37 x 46 cm, musée du Louvre, Paris[11].
  • Madonna di Pontassieve (1435), Galerie des Offices, Florence.
  • Sant'Antonio (1435 — 1440)
  • Deposizione (1437-1440 environ)
  • Deposizione (1438, 1440)
  • La Trasfigurazione (1441-1443 environ)
  • San Lorenzo riceve i tesori della Chiesa e fa la carità (1447-1450 environ)
  • La predica di Santo Stefano e la disputa nel Sinedrio (1447-1450 environ)
  • Polittico Guidalotti (1448) pour l'église San Domenico de Pérouse, conservé à la Galerie nationale de l'Ombrie.
  • Angelo annunciante e Vergine annunciata (1450)
  • Preghiera nell'orto
  • Martirio di San Marco, tempera su tavola, Museo Nazionale di San Marco, Firenze
  • Cristo coronato di spine, Duomo de Livourne
  • La Conversion de saint Augustin, 22,5 x 34,5 cm, Musée Thomas-Henry, Cherbourg
  • Les Stigmates de saint François et le martyre de saint Pierre, tempera sur bois, 24,3 x 43,8 cm, Galerie Strosmayer, Zagreb, Croatie.


Polyptyques dispersés

Parties de la prédelle d'un retable non identifié

Éléments dispersés  :

  • Saint Jacques délivrant le magicien Hermogène, Fort Worth, Kimbelle Art Museum ;
  • L'Imposition du nom à saint Jean-Baptiste, Musée du couvent San Marco, Florence ;
  • La Dormition de la Vierge, Philadelphia Museum of Art ;
  • La Vision de sainte Lucie, Richard L. Feigen Collection, New-York ;
  • La Rencontre de saint François et saint Dominique, The Fine Arts Museum, San Francisco.
Retable de San Domenico dit Pala di Fiesole 

ce retable était placé sur le maître-autel du chœur (séparé des fidèles par un jubé) au couvent San Domenico de Fiesole, puis retouché par Lorenzo di Credi (fonds) ; il est dispersé entre :

  • la chapelle latérale de gauche de l'église du couvent San Domenico de Fiesole : partie centrale de la Vierge à l'Enfant avec saints Thomas d'Aquin, Barnabé, Dominique et Pierre martyr (fort effet perspectif et dallage) ;
  • la National Gallery de Londres : prédelle en cinq panneaux centrés sur le Christ ressuscité, qui comporte près de 300 figures dont 24 Dominicains sur les panneaux extérieurs (peut-être peints avec l'aide de son frère Benedetto) ;
  • les saints des pilastres latéraux San Marco et San Matteo (Musée Condé de Chantilly), San Nicola et San Michele Arcangelo (collection Hawkins-Jones de Sheffield), les deux derniers sont égarés.
  • des trois quadrilobes de la cimaise, deux Angelo annunziante et Vergine annunziata sont dans la collection Tucker de Vienne, la troisième est égarée.
Volets d'un triptyque d'une dévotion privée[12] 
  • Saint François et un saint évêque (1430 - 1433), Getty Center, Los Angeles ;
  • Saint Jean-Baptiste et saint Dominique (1430 - 1433), Getty Center.

Notes et références

  1. ↑ a et b Date controversée : 1387 selon Giorgio Vasari au XVIe siècle, vers 1400 selon les recherches documentaires de Stefano Orlandi (1964)
  2. ↑ Lionello Venturi
  3. ↑ doute sur la traduction : usato in precedenza da Fra Domenico da Corella e da Cristoforo Landino
  4. ↑ Diane Cole Ahl, Fra Angelico, 2008.
  5. ↑ Notice du Vatican
  6. ↑ A la prédelle, scènes de la vie de saint Dominique : Le Rêve d'Innocent III ; L'Apparition de saint Pierre et saint Paul à saint Dominique ; La Résurrection de Napoleone Orsini ; Le Christ au tombeau ; La Dispute de saint Dominique et le miracle du livre ; Saint Dominique et ses compagnons nourris par des anges ; La Mort de saint Dominique.
  7. ↑ Ce retable provient de l'Eglise du couvent San Domenico de Fiesole.
  8. ↑ Le cartel de l'oeuvre au musée indique :"Ce médaillon peint était sans doute logé initialement dans la partie supérieure en pointe (gâble) couronnant le panneau principal d'un polyptyque".
  9. ↑ Le cartel au musée indique "Ces deux panneaux, aujourd'hui fragmentaires, constituaient les parties latérales d'un ciborium généralement identifié avec celui que Vasari décrit en 1568 sur le maître-autel de l'église San Domenico de Fiesole près de Florence, en avant d'un triptyque de Fra Angelico dont les éléments principaux sont toujours conservés dans cet édifice".
  10. ↑ Le cartel de l'ourve au musée indique : "Éléments de la prédelle d'un retable qui n'a pas été identifié.Sans doute une oeuvre de jeunesse du peintre florentin, plutôt qu'une production de son atelier comme on l'a cru longtemps"
  11. ↑ La base Atlas du musée du Louvre précise : "Elément de la prédelle du retable commandé par la famille Médicis pour orner le maître-autel, dédié aux saints Cosme et Damien, du couvent San Marco de Florence."
  12. ↑ Notice du Getty Center

Bibliographie

  • Stefano Orlandi, "Beato Angelico, monografia storica della vita e delle opere con un’appendice di nuovi documenti inediti", Olschki, 1964
  • John T. Spike, Fra Angelico, Liana Levi, 2001 (ISBN 2-8674-6154-5)
  • Tito S. Centi, Le Bienheureux Fra Angelico. Giovanni da Fiesole, Cerf, 2005 (ISBN 2-2040-7846-8)
  • Etienne Beissel, Fra Angelico, Parkstone, 2007 (ISBN 978-1-8599-5642-7)
  • Gabriele Bartz, Guido di P[t]iero, surnommé Fra Angelico. Vers 1395-1455, H.F. Ullmann, 2007 (ISBN 978-3-8331-3832-4)
  • Diane Cole Ahl, Fra Angelico, Phaidon, 2008 (ISBN 978-0-7148-5858-6)
  • Michel Feuillet, Au seuil de l'invisible, Fra Angelico, Mame, 1997 (ISBN 2728908028)
  • Neville Rowley, Fra Angelico, peintre de lumière, Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-044377-2)

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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047 le vite, fra giovanni da fiesole.jpg
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