Foret de Soignes

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Foret de Soignes

ForĂȘt de Soignes

ForĂȘt de Soignes

Localisation
Pays Belgique Belgique
RĂ©gion
GĂ©ographie
Superficie 4 383 ha
Longueur Erreur d’expression : opĂ©rateur < inattendu
Largeur Erreur d’expression : opĂ©rateur < inattendu
Altitude m
Protection
Type

50°46â€ČN 4°25â€ČE / 50.767, 4.417 La forĂȘt de Soignes (prononcĂ© swaÉČ, ZoniĂ«nwoud en nĂ©erlandais, Zonienwald en allemand) est une forĂȘt pĂ©riurbaine d'environ 5 000 ha (aujourd'hui fragmentĂ©e par le rĂ©seau routier et ferrĂ©), situĂ©e au sud-est de Bruxelles, dans la partie centrale de la Belgique.

HĂȘtraie cathĂ©drale
Coucher de soleil en hiver

Sa principale caractĂ©ristique est d’ĂȘtre composĂ©e Ă  prĂšs de 80 % hĂȘtres issus de plantations ou de rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle, dont les hautes futaies on fait surnommer une partie du massif « la hĂȘtraie cathĂ©drale Â».

La surface actuelle de la forĂȘt de Soignes proprement dite est de 4 383 hectares, que l’on peut Ă©tendre Ă  environ 5 000 hectares si l’on y inclut d’autres Ă©tendues boisĂ©es publiques contiguĂ«s qui en faisaient partie dans le passĂ©. C'est une des plus grandes forĂȘts pĂ©riurbaines d'Europe, mais elle n'est que le vestige de la vaste forĂȘt qui a autrefois couvert une bonne partie du Brabant et du nord de la France. Parmi les Ă©lĂ©ments du massif, le Bois de la Cambre (Ter Kamerenbos, en nĂ©erlandais) s'enfonce au cƓur de la ville, le Bois des Capucins contient l’arboretum de Tervuren, le parc Tournay-Solvay, le domaine Solvay de La Hulpe, le bois de Tervuren et le domaine du Rouge-CloĂźtre (Rood-Klooster, en nĂ©erlandais) complĂštent cet ensemble.

Sommaire

Histoire

AprĂšs la derniĂšre pĂ©riode glaciaire (- 10 000 ans), la vĂ©gĂ©tation Ă©volue lentement avec la stabilisation du climat du type toundra vers le type forestier.

Vallon

Des traces archĂ©ologiques d’établissement humains, haches de pierre, pointes de flĂšches, grattoirs, percuteurs, ainsi que des vases sphĂ©riques Ă  col Ă©vasĂ© (MusĂ©es royaux d'art et d'histoire) datant de 3 000 Ă  2 200 ans avant J.-C. ont Ă©tĂ© dĂ©couverts entre le vallon des Enfants NoyĂ©s[1] et le vallon du Vuylbeek[2]. À cette Ă©poque, la forĂȘt s’étendait sur la plus grande partie de l'Europe occidentale. Des tumuli (buttes de terre Ă©levĂ©es au-dessus d’une tombe) sans doute construits durant le premier millĂ©naire avant J.-C. sont visibles.
Au dĂ©but de notre Ăšre, la forĂȘt de Mormal ne portait pas ce nom, mais Ă©tait noyĂ©e dans l'immense forĂȘt hercynienne ou Hercynie que Pomponius Mela, premier gĂ©ographe romain que l'Histoire ait retenu, dĂ©crit[3] comme la forĂȘt « la plus considĂ©rable Â» de Gaule, et « aussi la plus connue Â». Il dit qu'elle « couvre un terrain de soixante jours de marche Â». CĂ©sar et d'autres auteurs de l'antiquitĂ© cite aussi cette forĂȘt comme la plus grande de Gaule.
Au dĂ©but de l’ùre chrĂ©tienne, la forĂȘt est encore immense, mais commence Ă  ĂȘtre significativement exploitĂ©e (bois, fruits et gibier). Son nom de forĂȘt charbonniĂšre (Carbonaria silva) employĂ© au Haut Moyen Âge laisse penser qu'on y fabriquait aussi le charbon de bois nĂ©cessaire aux forges. La forĂȘt de Mormal, mentionnĂ©e[4] aux XIIe et XIIIe siĂšcles s'Ă©tendait encore loin vers le sud, le long de la Sambre (ce que ne pense pas Ch. Duviviers); Guichardin pensait qu'elle se prolongeait encore jusqu'au Quesnoy. De Dynter fait traverser cette forĂȘt par Clodion[5], mais il la confond avec la CharbonniĂšre telle qu'elle existait au Ve siĂšcle. Vers l'an mil, la forĂȘt de Soignes (dont l’étymologie serait liĂ©e au nom celtique Senne, « senna Â» ou « sunnia Â», eau calme), devient propriĂ©tĂ© de chasse des comtes de Louvain, qui deviendront Ducs de Brabant, et de leurs hĂ©ritiers[6]. GrĂące a cela, comme quelques autres forĂȘts royales, elle a en partie Ă©chappĂ© au dĂ©frichement. Plusieurs abbayes ou communautĂ©s monastiques, reçoivent l’autorisation de s’y installer. Au XVe siĂšcle, De Dynter rĂ©duit la ForĂȘt CharbonniĂšre Ă  la forĂȘt de Mormal[7]

Sous l’empereur Charles Quint, elle couvre encore 20 000 hectares. Elle reste un terrain de chasse, mais une exploitation du bois plus systĂ©matique y est pratiquĂ©e, en coupe Ă  blanc, parcelle aprĂšs parcelle, et on laisse ensuite la forĂȘt se rĂ©gĂ©nĂ©rer. Durant les pĂ©riodes troublĂ©es du XVIe et du XVIIe siĂšcle, la forĂȘt est surexploitĂ©e et ne se renouvelle plus naturellement ; sa surface se rĂ©duit.

La pĂ©riode autrichienne (1714-1795) y connaĂźt un reboisement systĂ©matique par plantation de hĂȘtres, ce qui change profondĂ©ment l’aspect de la forĂȘt jusque lĂ  composĂ©es d'un mĂ©lange de feuillus. Les futaies les plus anciennes datent de cette pĂ©riode. De la pĂ©riode française (1795-1814) datent le code forestier et les plantations de chĂȘnes. En 1822, sous le rĂ©gime hollandais, puis de 1831 Ă  1836 durant les premiĂšres annĂ©es de l'État belge, alors qu'elle appartient Ă  la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de Belgique, une grande partie de la forĂȘt est mise en vente publique. La forĂȘt perd les trois cinquiĂšmes de sa superficie passant de 11 500 Ă  4 694 hectares. L'essentiel des terrains vendus est dĂ©frichĂ© par les nouveaux propriĂ©taires privĂ©s. Une partie constitue aujourd'hui le domaine d'Argenteuil, le domaine Solvay ou encore le domaine de l'arboretum de Tervuren. La forĂȘt restante est rachetĂ©es en 1843 par l'État belge. Cette surface sera encore amputĂ©e par la crĂ©ation de routes, d'un chemin de fer et de deux hippodromes.

Monuments et Ă©difices

Castel des Trois Fontaines
MĂ©morial aux onze gardes forestiers
  • Les trois Fontaines (Drie fonteinen en nĂ©erlandais)  (Auderghem) : À cet endroit, Ă  l’époque peu sĂ»r, le duc Jean III de Brabant fit construire en 1323 un refuge fortifiĂ© entourĂ© de douves et flanquĂ© d’un donjon et d’une chapelle. Au dĂ©but du XVe siĂšcle aprĂšs l’ajout d’un nouveau bĂątiment le petit fort devint la rĂ©sidence du gruyer, l'officier chargĂ© de veiller sur le terrain de chasse des ducs. Les braconniers y Ă©taient enfermĂ©s et une petite garnison y avait ses quartiers. En 1584, un incendie dĂ©truisit le donjon qui fut reconstruit. Le bĂątiment actuel date de cette Ă©poque. Le donjon et les autres bĂątiments ont Ă©tĂ© dĂ©truits au dĂ©but du XIXe siĂšcle.
  • MĂ©morial aux forestiers (Boswachtersmonument en nĂ©erlandais)  (Uccle) : Ce monument, composĂ© d’un dolmen entourĂ© d’un cercle de onze pierres dressĂ©es a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© en 1920 en souvenir de onze gardes forestiers tuĂ©s lors de la PremiĂšre Guerre mondiale.
  • Onze-Lieve-Vrouw van Welriekende (Notre-Dame de Bonne Odeur, en français)  (Hoeilaart) : En 1485, le chanoine de l'abbaye de Groenendael, fit construire une chapelle dĂ©diĂ©e Ă  Notre-Dame de Bonne Odeur, alors invoquĂ©e pour combattre les fiĂšvres. AprĂšs avoir traversĂ© siĂšcles et guerres et Ă©chappĂ© aux iconoclastes, elle fut dĂ©truite en 1864 pour se trouver malencontreusement sur le trajet prĂ©vu de la route de Mont Saint-Jean. Reconstruite cent mĂštres plus loin, elle est toujours un lieu de pĂšlerinage.

Gestion et Ă©conomie

Étangs du Fer à cheval

Lors de la rĂ©gionalisation de 1984, la superficie de la forĂȘt et sa gestion ont Ă©tĂ© rĂ©parties entre les trois rĂ©gions du pays : 56 % sont gĂ©rĂ©s par la RĂ©gion flamande, 38% par la RĂ©gion de Bruxelles-Capitale et 6 % par la RĂ©gion wallonne, les 347 hectares du Bois des Capucins Ă©tant gĂ©rĂ©s par la Donation royale. Cette situation n’a pas Ă©tĂ© sans poser de nombreux problĂšmes quant Ă  la cohĂ©rence des politiques des rĂ©glementations et de la signalisation[8].

La localisation de la forĂȘt en bordure d’une grande ville en fait un endroit trĂšs frĂ©quentĂ© par les promeneurs, Ă  pied, Ă  cheval ou Ă  bicyclettes et une aire de jeux pour les mouvements de jeunesse. Pour faciliter la coexistence entre les diffĂ©rents usagers de la forĂȘt, Bruxelles Environnement a crĂ©Ă© une plateforme indĂ©pendante. La Plateforme de la forĂȘt de Soignes[2] est un espace d’échange entre les acteurs de la ForĂȘt et un relais entre les usagers et Bruxelles Environnement.
Cette forĂȘt est considĂ©rĂ©e comme le poumon vert de Bruxelles. Les 1 657 ha gĂ©rĂ©s par Bruxelles Environnement – IBGE, reprĂ©sentent plus de 10 % de la surface totale de la RĂ©gion bruxelloise et 60 % des espaces verts bruxellois ouverts au public. L’exploitation des ressources de la forĂȘt reste cependant une activitĂ© importante. La tĂąche des gestionnaires est d'assurer les fonctions rĂ©crĂ©atives, tout en prĂ©servant l’équilibre Ă©cologique fragile de ce milieu sensible. Les ventes de bois annuelles sont gĂ©rĂ©es afin d'assurer la rĂ©gĂ©nĂ©rescence des espĂšces et leurs produits est utilisĂ© pour acquĂ©rir de nouveau espaces verts publics dans la rĂ©gion.

Pour ces raisons, la chasse en forĂȘt de Soignes a Ă©tĂ© suspendue en 1974 et interdite quelques annĂ©es plus tard. La cueillette des plantes et champignons est Ă©galement prohibĂ©e dans les parties flamandes et bruxelloises. Certaines parties sont fermĂ©es au public pour permettre leur rĂ©gĂ©nĂ©ration. Le balisage rĂ©serve certains chemins et sentiers Ă  l’une ou l’autre catĂ©gorie de promeneurs, piĂ©tons, cavaliers ou cyclistes, et dans certaines zones on ne peut s'Ă©carter des sentiers.

Sylviculture

Bois de chauffage

La hĂȘtraie hĂ©ritĂ©e du mode de gestion initiĂ© au XVIIe siĂšcle et poursuivi ensuite, est le rĂ©sultat d’une vision de la forĂȘt centrĂ©e exclusivement sur sa rentabilitĂ©. Cette monoculture de prĂšs de 80 % de hĂȘtres et 10 % de chĂȘnes Ă©galement prĂ©sents, Ă©tait destinĂ©e Ă  fournir un bois de haute qualitĂ©. Les peuplements sont constamment Ă©claircis pour favoriser les arbres les plus intĂ©ressants commercialement. L’élagage naturel et la recherche de la lumiĂšre produisent des fĂ»ts hauts et droits. La hauteur maximale des hĂȘtres et des chĂȘnes est atteinte au bout de 80 ans aprĂšs quoi, le diamĂštre du tronc continue Ă  augmenter. Les hĂȘtres sont gĂ©nĂ©ralement abattus aprĂšs avoir atteint les 200 ans, bien qu’ils puissent vivre plus vieux, la qualitĂ© du bois diminue ensuite et l’ñge les rend plus vulnĂ©rables aux maladies et insectes xylophages (scolyte du hĂȘtre). Ce type de culture qui produit sur chaque parcelle des futaies de mĂȘme Ăąge et essence, oblige Ă  effectuer des « coupes Ă  blanc Â» qui laissent le terrain Ă  nu, les groupes de hĂȘtres de haute taille ne permettant pas aux jeunes pousses d’apparaĂźtre.

Coupe Ă  blanc

Aujourd’hui, les fonctions sociales et Ă©cologiques de la forĂȘt ont pris de l’importance. La futaie irrĂ©guliĂšre est privilĂ©giĂ©e, elle consiste en un mĂ©lange d’arbres d’essences et de classes d’ñge diffĂ©rentes, ce qui limite les changements radicaux du milieu au moment des abattages et a de multiples avantages du point de vue de la biodiversitĂ©. Ce type forestier, plus lumineux et variĂ©, offre des niches Ă©cologiques Ă  un plus grand nombre d’espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales et enrichi le sol par un humus de meilleure qualitĂ©. Il a aussi l’avantage d’opposer une plus grande rĂ©sistance aux maladies et aux intempĂ©ries.

Des peuplements de résineux sont présents sur certaines parcelles aux sols sablonneux, pauvres en limon et minéraux qui ne conviennent pas aux feuillus.

Topographie et géologie

Chablis, l'un des stades naturels du cycle sylvogénétique

L’altitude de la forĂȘt de Soignes varie de 65 mĂštres Ă  132 mĂštres.
La couverture forestiĂšre permanente du terrain depuis la derniĂšre glaciation a prĂ©servĂ© les reliefs et les diffĂ©rentes couches gĂ©ologiques superficielles de la rĂ©gion dĂ©truites ailleurs par l’agriculture et les autres activitĂ©s humaines.

Sur un socle rocheux qui date de l’ùre Primaire, se sont dĂ©posĂ©e au cours du Tertiaire (de – 55 Ă  – 2 millions d’annĂ©es) diffĂ©rentes couches sablonneuses aux propriĂ©tĂ©s et composition diverses en fonction des pĂ©riodes oĂč les mers recouvraient la rĂ©gion. La couche de l'YprĂ©sien riche en argile et donc impermĂ©able a permis la constitution de nappes phrĂ©atiques dans les couches de sables moins profondes permettant aujourd’hui la captation d’eau potable en forĂȘt. D’autres couches contiennent par endroit du grĂšs calcaire qui a Ă©tĂ© utilisĂ© par exemple pour la construction de la cathĂ©drale Saints-Michel-et-Gudule(Kathedraal van Sint-Michiel en Sint-Goedele, en nĂ©erlandais). Toutes ces couches sont riches en fossiles de plantes et d’animaux marins de climat tropicaux.

C'est au Quaternaire, durant la pĂ©riode des grandes glaciations que s’est formĂ© le relief actuel du terrain. À chaque pĂ©riode de dĂ©gel superficiel, l’eau ne pouvant pas pĂ©nĂ©trer dans le sol gelĂ© en permanence, a, par son ruissellement, provoquĂ© une profonde Ă©rosion, donnant au terrain ce relief fortement ravinĂ© qu’on lui connaĂźt aujourd’hui, et par endroit en creusant jusqu’à la nappe aquifĂšre Ă  permis l’apparition de sources et de zones humides. C’est Ă  la fin de cette Ă©poque que se sont formĂ©es les couches limoneuses, par endroit de plusieurs mĂštres d’épaisseur, constituĂ©es de particules fines apportĂ©es par le vent. Sous la couche superficielle, mĂ©lange de limon et d’humus, de trente Ă  cinquante centimĂštres d’épaisseur, se trouve une couche trĂšs compacte appelĂ©e fragipan, typique des climats polaires, qui ne subsiste que lĂ  oĂč le sol n’a pas Ă©tĂ© labourĂ©. Cette couche empĂȘche les hĂȘtres de s’ancrer profondĂ©ment dans le sol et rend ces gĂ©ants trĂšs instables. À chaque tempĂȘte des dizaines d'arbres tombent comme des dominos (chablis) en rĂ©vĂ©lant leur systĂšme racinaire trĂšs superficiel.

Les caractĂ©ristiques gĂ©ologiques de la forĂȘt de Soignes expliquent sa grande vulnĂ©rabilitĂ© aux dĂ©gĂąts causĂ©s par les eaux de ruissellements des routes et par la frĂ©quentation excessive de promeneurs et cyclistes dont le passage compacte ou Ă©rode les sols.

Écologie

Selon l'IBGE, la forĂȘt de Soignes abrite encore une quarantaine d'espĂšces de mammifĂšres, 132 espĂšces d'oiseaux, de nombreux espĂšces de reptiles, d'amphibiens et d'insectes,..."

Faune

Écureuil roux
Oreillard

Les documents historiques dĂ©crivent une forĂȘt giboyeuses au Moyen Âge, sur une Ă©tendue quatre Ă  cinq fois plus importante et avec une pression humaine bien moindre. De nombreuses espĂšces ont disparu au cours des siĂšcles en raison des chasses et de la dĂ©gradation et fragmentation de leur habitat. La liste est longue : aurochs, Ă©lan, daim, ours brun, lynx ou chat sauvage ; les derniers de ce que l’on considĂšre comme le « grand gibier Â», sanglier, cerf, chevreuil et loup ont Ă©tĂ© exterminĂ©s avant la fin de la pĂ©riode française (1815). La loutre, le blaireau, la martre, et le liĂšvre ont disparu plus rĂ©cemment, ainsi qu'un nombre bien plus important d'insectes.

Aujourd'hui, les seuls reprĂ©sentant des grands mammifĂšres, sont les chevreuils, rĂ©introduits aprĂšs leurs complĂštes disparitions. Leur population reste limitĂ©e en raison des nombreuses contraintes et facteurs de stress spĂ©cifique Ă  la forĂȘt de Soignes (forte frĂ©quentation humaine, prĂ©sence de nombreu chiens, territoire rĂ©duit et habitats isolĂ© au milieu d’un environnement fortement urbanisĂ©, et fragmentĂ© par des routes et voies de chemins de fer infranchissables pour une grande partie de la faune. Le manque de gros bois mort et d'une strate dense de sous-bois et broussailles oĂč les animaux pourraient se rĂ©fugier du fait des hĂȘtraies Ă©quiennes (mĂȘme classe d'Ăąge, favorisĂ©e par la sylviculture classique) dominantes.

Depuis le dĂ©but de l'annĂ©e 2007, quelques sangliers ont Ă©tĂ© Ă©galement aperçus dans la forĂȘt, sans que l'on sache s'ils y ont Ă©tĂ© transportĂ©s par des hommes ou y ont migrĂ© par leurs propres moyens.

Les renards roux, eux aussi rĂ©apparus (depuis quelques dĂ©cennies) contribuent Ă  rĂ©guler les populations de micro-rongeurs, et autres micromammifĂšres, ainsi que de lapins. Comme dans toutes les villes europĂ©ennes, il s'enhardissent de plus en plus Ă  visiter les jardins des quartiers limitrophes Ă  la forĂȘt.

Les petits mammifĂšres sont reprĂ©sentĂ©s par les rongeurs, campagnols, mulots, souris et rats ainsi que par leurs prĂ©dateurs, belettes, hermines ou putois ainsi que par l’écureuil roux arboricole et depuis le dernier quart du XXe siĂšcle, l'Ă©cureuil de CorĂ©e (Tamias sibiricus), introduit accidentellement et qui s’est fortement multipliĂ©, entrant en compĂ©tition non pas avec son cousin indigĂšne, dont il ne partage pas la mĂȘme niche Ă©cologique, mais avec ceux des oiseaux qui nichent au sol.

La forĂȘt de Soignes abrite Ă©galement pas moins de 14 variĂ©tĂ©s de chauve-souris dont la plupart sont des espĂšces menacĂ©es.

L’avifaune est reprĂ©sentĂ©e par une centaine d’espĂšces, sĂ©dentaires ou migratrices, dont la population est malheureusement en diminution, principalement en ce qui concerne les passereaux comme les diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s de mĂ©sanges, les pinsons, fauvettes ou rouge-gorge. On rencontre Ă©galement diffĂ©rentes sortes de petits rapaces, diurnes et nocturnes, des columbidĂ©s, des corneilles, pies et geais des chĂȘnes ainsi que, Ă  proximitĂ© des Ă©tangs, diffĂ©rentes espĂšces aquatiques, canards, poules d’eau, foulques ou hĂ©rons cendrĂ©s.

Les Ă©cosystĂšmes fragiles des mares et Ă©tangs sont peuplĂ©s de poissons (dont la bouviĂšre, espĂšce protĂ©gĂ©e) et de batraciens menacĂ©s d’extinction en raison de la pollution et de l’apparition d’espĂšces prĂ©datrices exotiques relĂąchĂ©es inconsidĂ©rĂ©ment, comme certaines tortues, grenouilles et serpents, ou envahisseuses et destructrices de leur biotope comme la carpe.

Les invertĂ©brĂ©s n'ont pas Ă©tĂ© trĂšs Ă©tudiĂ©s. Il existe nĂ©anmoins des investigations scientifiques partielles, en particulier concernant les araignĂ©es et les colĂ©optĂšres qui dĂ©montrent leur importance dans cette forĂȘt-ci oĂč on a calculĂ© 38 espĂšces de colĂ©optĂšres (Lucanus cervus, protegĂ© ; Carabus auronitens var. putzeysi, endĂ©misme belge; etc.) et 137 espĂšces d'araignĂ©es (Philodromus praedatus, endĂ©misme belge ; Achaearanea simulans et Walckenaeria corniculans entre autres comme Atypus affinus dĂ©couverte rĂ©cemment). Par rapport aux lĂ©pidoptĂšres, on a constatĂ© une forte diminution de papillons – l'azurĂ© commun (Polyommatus icarus), le machaon (Papilio machaon) , etc-due Ă  la suppression de leurs biotopes, et on a pu observer 16 espĂšces diffĂ©rentes de fourmis et des espĂšces d'abeilles comme Apis mellifica parmi les hymĂ©noptĂšres. On trouve aussi des Collembola des diptĂšres comme les Empidida, et dans d'autres groupes d'invertĂ©brĂ©s, des crustacĂ©s comme les cladocĂšres, des mollusques, des nĂ©matodes, etc.

La présence des espÚces autochtones a été réduite par la présence d'espÚces exotiques invasives, comme la chenille mineuse (Cameraria ohridella), un ravageur défoliateur. Il y a d'autres ravageurs comme les coléoptÚres xylophages de la famille des scolytes, et l'introduite coccinelle multicolore (Harmonia axyridis)

Flore et fonge

Campanule gantelée

Les parcelles de hĂȘtraie ĂągĂ©es ne permettent qu’à trĂšs peu de plantes de s’installer. Les futaies forment une voĂ»te serrĂ©e qui ne laisse filtrer que peu de lumiĂšre, les feuilles mortes de hĂȘtre forment une Ă©paisse litiĂšre qui ne se dĂ©compose que trĂšs lentement et acidifie le sol, seules quelques plantes herbacĂ©es s’en accommodent.
Sur les pentes érodées sablonneuses plantées de mélÚze ou de pin sylvestre, les fougÚres poussent en abondance.
Partout oĂč les groupements forestiers sont plus diversifiĂ©s, mĂ©lange d’essences, parmi lesquelles le chĂȘne pĂ©donculĂ©, le frĂȘne, l’érable sycomore, le merisier, le charme et le bouleau, on rencontre une flore plus riche. Y fleurissent entre autres, l’anĂ©mone sylvestre, la ficaire fausse-renoncule, la jacinthe des bois, l’euphorbe des bois, le chĂšvrefeuille des bois, Campanule gantelĂ©e ou, le long des sentiers, la Balsamine des bois (l'Impatience), connue pour ses fruits qui, lorsqu'ils sont mĂ»rs, explosent en projetant leurs graines dĂšs qu'on les touche.

Les zones humides et marĂ©cageuses offrent un grand intĂ©rĂȘt botanique, certaines comme le vallon du Vuylbeek, menacĂ© d’assĂšchement, ont Ă©tĂ© curĂ©es et les peupliers qui y avaient Ă©tĂ© plantĂ©s ont Ă©tĂ© abattus ; devenu rĂ©serve naturelle, on y voit sous les aulnes rĂ©apparaĂźtre de nombreuses espĂšces vĂ©gĂ©tales qui attirent les insectes, dont les libellules.

Les champignons sont reprĂ©sentĂ©s par plus de 1 000 espĂšces. MalgrĂ© l’interdiction, la cueillette, ajoutĂ©e au piĂ©tinement et Ă  la pollution, les rend susceptibles de disparition. Certaines zones clĂŽturĂ©es leur offrent des refuges qui leur permettent de recoloniser le terrain.

Les multiples de variétés de lichens et les mousses sont des indicateurs précieux de l'évolution de la qualité de l'air et du sol.

Fragmentation

Outre - localement - de surfréquentation et dérangement, les espÚces forestiÚres du massif sont victimes d'insularisation écologique, conséquence de la fragmentation forestiÚre.

Deux facteurs majeurs d'artificialisation, d'effet-lisiĂšre et de fragmentation Ă©copaysagĂšre sont la chaussĂ©e de la Hulpe et la « voie ferrĂ©e 161 Â» qui sont deux axes proches l'un de l'autre et presque parallĂšles formant une double barriĂšre dans le massif. Le premier de ces axes reliant le Ring 0 Ă  l'entrĂ©e de Bruxelles avec en 2008 environ 16 000 vĂ©hicules/jour (un toutes les six secondes) et le second reliant Bruxelles au Luxembourg avec, en 2008, 190 trains/jour ouvrable (un train toutes les huit minutes). En 2008 aprĂšs une Ă©tude ayant portĂ© sur les liens rĂ©siduels entre les blocs forestiers ainsi sĂ©parĂ©s, l'IBGE a prĂ©conisĂ© la crĂ©ation de deux Ă©coducs de grande taille (de type Ă©coviaduc, large d'au moins 60 m) pour restaurer un minimum de connectivitĂ© Ă©cologique entre les parties de ce massif artificiellement isolĂ©es les uns des autres [9]. IdĂ©alement et pour des raisons Ă©cologiques, ces Ă©coviaducs auraient du ĂȘtre positionnĂ©s au niveau de la vallĂ©e du Vuilbeek et de la VallĂ©e des Enfants noyĂ©s, mais pour des raisons de coĂ»t, ils devraient ĂȘtre plutĂŽt construits au-dessus de la chaussĂ©e de la Hulpe pour le premier (Ă©coduc mixte, c'est Ă  dire permettant le passage de promeneurs, cyclistes et cavaliers), et au nord de la drĂšve des Bonniers pour le second (sans usage partagĂ© avec piĂ©tons ou cyclistes, car ceci diminuerait leur utilisation par la faune). À eux seuls ces deux Ă©coducs permettraient un dĂ©but de restauration de l'intĂ©gritĂ© Ă©cologique du massif (pour 33,6 % du massif de Soignes (soit 1 474 ha, et 89 % de la partie bruxelloise de la forĂȘt selon M. Vanwijnsberghe de l'IBGE [9])


Notes

  1. ↑ Vallei van de Verdronken Kinderen en nĂ©erlandais, nom dĂ» Ă  une traduction du nom de famille Verdoncken, noyĂ©s en nĂ©erlandais, une famille de meuniers
  2. ↑ Vallei van de Vuilbeek en nĂ©erlandais,Vuylbeek selon les anciennes normes de l'orthographe nĂ©erlandaise
  3. ↑ Description faite dans sa Description de la Terre
  4. ↑ DE SAINT-GENOIS, Pairies du Hainaut, t. I, pp. 214, 216, 230, 316, etc., citĂ© par Ch. Duviviers, in LA FORÊT CHARBONNIÈRE (Carbonaria silva), publiĂ© Ă  Bruxelles, 1860)
  5. ↑ «Clodio (..) Carbonariam silvam, quae nunc Mourmal nuncupatur, ingressus, urbem Tornacum obtinuit». D" Dynter, t. I, p. 11
  6. ↑ Au musĂ©e du Louvre Ă  Paris se trouve une douzaines de tapisseries rĂ©alisĂ©es d’aprĂšs des projets de Bernard van Orley aux alentours de 1540 et reprĂ©sentant les « Chasses de Maximilien Â» en forĂȘt de Soignes.
  7. ↑ Tome I, p. 44
  8. ↑ [1]
  9. ↑ a  et b  Article de la Libre Belgique intitulĂ© "Reconnecter" la ForĂȘt de Soignes par StĂ©phanie Bocart, datĂ© 2008/06/04

Source principale

IBGE

Voir aussi

Pour en savoir plus

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