Film Culte

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Film Culte

Film culte

Un film culte est un film gĂ©nĂ©ralement original ayant acquis un groupe fortement dĂ©vouĂ© de fans. Le terme ne dĂ©signe ni un genre au sens propre, ni une qualitĂ© esthĂ©tique, mais qualifie un film en fonction de la façon particuliĂšre dont il est reçu par le public ou une partie du public. Un film culte possĂšde un groupe d'admirateurs, et c'est en gĂ©nĂ©ral un film que « soit on aime, soit on dĂ©teste Â», mais ces propriĂ©tĂ©s ne suffisent pas Ă  le dĂ©finir complĂštement.

L'expression signifie que le film fait l'objet d'un culte, et non qu'il est un culte lui-mĂȘme. Il ne peut donc pas ĂȘtre accordĂ© au pluriel : on Ă©crit des films culte[1].

Sommaire

Vue d’ensemble

Le terme « film culte Â» est apparu pour la premiĂšre fois dans le livre de Danny Peary, Cult Movies et il n'a pas cessĂ© d'ĂȘtre utilisĂ© jusqu'Ă  aujourd’hui, et bien souvent dans des sens dĂ©formĂ©s par rapport au sens originel. Un film culte est un film qui a fini par rĂ©unir autour de lui un public le plus souvent rĂ©duit d'admirateurs, fidĂšles et habituellement fanatiques. C'est un film qui peut ĂȘtre source de fascination, d'obsession, et une culture secondaire peut se construire autour de lui (d'oĂč l'analogie avec « culte Â»).

Les films considĂ©rĂ©s comme objets de culte ont habituellement un intĂ©rĂȘt restreint mais trĂšs particulier. Ils ont souvent la rĂ©putation d'ĂȘtre des Ɠuvres excentriques, qui n’obĂ©issent pas aux rĂšgles du cinĂ©ma traditionnel, recourant par exemple Ă  des techniques narratives et de rĂ©alisation en dehors des « canons Â» habituels du cinĂ©ma[2], et/ou qui explorent des thĂšmes considĂ©rĂ©s comme marginaux. Certains fims culte sont condamnĂ©s Ă  un succĂšs confinĂ©, notamment certains nanars dont le cercle d'admirateurs sera toujours rĂ©duit. Quelques-uns sont toutefois parvenus Ă  gagner dĂšs leur sortie en salle une reconnaissance populaire et parfois mĂȘme critique. D'autres ont dĂ©passĂ© leur statut « culte Â» progressivement, finissant par ĂȘtre reconnus comme des classiques Ă  part entiĂšre.

Dans bien des cas, les films culte ont Ă©tĂ© au dĂ©part des Ă©checs lors de leur sortie en salles. MĂȘme s'ils sont restĂ©s Ă  l'affiche peu de temps, certains films ont pu trouver une popularitĂ© qui s'installe dans la durĂ©e grĂące Ă  leur diffusion sur d'autres canaux â€” tĂ©lĂ©vision ou internet â€” ou supports â€” cassettes vidĂ©o, laserdiscs, dvd etc. Certains peuvent trouver alors un succĂšs qu'il n'avaient pas connu lors de leur sortie, pouvant conduire Ă  la prolongation de leur exploitation vidĂ©o et Ă  l'augmentation du nombre de copies mises en circulation. Par exemple, le film La vie est belle (It's a Wonderful Life, 1946), de Frank Capra, trouva sa popularitĂ© en vidĂ©o alors que son exploitation en salle avait Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement perçue comme un Ă©chec. Harold et Maude (Harold and Maude) de Hal Ashby, bien qu'il n'engrangea guĂšre de recettes Ă  l'Ă©poque de sa sortie au cinĂ©ma en 1971, est devenu un succĂšs en mĂȘme temps qu'un phĂ©nomĂšne culte, aprĂšs ses diffusions tĂ©lĂ©visĂ©es, et sa sortie en vidĂ©o. Plus rĂ©cemment, on peut citer les exemples de The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen et de 35 heures c'est dĂ©jĂ  trop (Office Space, 1999) de Mike Judge, Ă©chec Ă  sa sortie, mais que le bouche Ă  oreille a transformĂ© en hit de la location vidĂ©o.

Bon nombre de films culte sont au dĂ©part des productions indĂ©pendantes dont les crĂ©ateurs ne s’attendent gĂ©nĂ©ralement pas Ă  rencontrer le succĂšs auprĂšs du grand public. Le Carnaval des Ăąmes (Carnival of Souls, 1962) de Herk Harvey, La Nuit des morts vivants (Night of the Living Dead, 1968) de George A. Romero, Pink Flamingos (1972) de John Waters, FrĂšre de sang (Basket Case, 1982) de Frank Henenlotter, Evil Dead (The Evil Dead, 1981) et ses deux suites, rĂ©alisĂ©s par Sam Raimi, ou encore Eraserhead (1977) de David Lynch sont autant de films indĂ©pendants communĂ©ment reconnus pour ĂȘtre devenus des films culte.

Un film produit par un grand studio peut aussi devenir un film culte, en particulier si, en dĂ©pit de sa nature commerciale, son succĂšs autant en salles que sur le marchĂ© de la vidĂ©o a Ă©tĂ© faible, mais qu’il a Ă©tĂ© mis Ă  l’honneur par un petit nombre de fans dĂ©vouĂ©s en quĂȘte de perles cinĂ©matographiques. C’est le cas par exemple de Va te faire voir Freddy! (Freddy Got Fingered, 2001) de Tom Green. Également le contenu de certains films â€” des sujets obscurs, Ă©tranges, de transgression, ou d’autres thĂ©matiques propres Ă  susciter la controverse â€” peut ĂȘtre dĂ©terminant dans le fait qu’un film deviendra culte, qu’il s’agisse d’une production indĂ©pendante ou de gros studio. Parfois, la rĂ©ception publique d’un film culte diffĂšre quelque peu de ce que ses producteurs prĂ©voyaient. Par exemple, le film Ă  gros budget Showgirls (1995), de Paul Verhoeven, film oĂč le sexe est omniprĂ©sent et qui Ă©tait au dĂ©part conçu comme un drame retraçant la carriĂšre une strip-teaseuse de Las Vegas, fut un flop complet au moment de sa sortie, Ă  la fois Ă©reintĂ© par la critique et boudĂ© par le public. Le film est aujourd'hui l'un des prĂ©fĂ©rĂ© du public homosexuel et est dĂ©sormais gĂ©nĂ©ralement vu comme une comĂ©die, suite Ă  son succĂšs lors de ses frĂ©quentes diffusions Ă  la tĂ©lĂ©vision en sĂ©ance de minuit. Selon l’écrivain et militante Naomi Klein, l'aspect second degrĂ© jouissif du film est apparu lors de l'exploitation vidĂ©o du film et avant que les commerciaux de MGM n’aient l’idĂ©e d’exploiter cette idĂ©e. MGM remarqua que le titre connaissait une certain succĂšs en vidĂ©o, puisque « des gens entre vingt et trente ans avaient lancĂ© des soirĂ©es Showgirls, ironiques, au cours desquels ils s’amusaient Ă  se moquer du scĂ©nario aussi maigre qu’improbable du film et Ă  pousser des cris d’horreur au moment des scĂšnes de rapports sexuels "aĂ©robiquĂ©es". Â»[3]

Certains films, bien qu'ils aient recueilli des critiques massivement positives et qu’ils aient Ă©tĂ© des succĂšs au box office, sont nĂ©anmoins considĂ©rĂ©s comme objets de culte. On trouve un exemple dans la vision du futur sinistre, perturbante et ultraviolente offerte par Stanley Kubrick dans Orange mĂ©canique (A Clockwork Orange, 1971), un film qui fut couronnĂ© par plusieurs rĂ©compenses majeures et fut nommĂ© pour quatre Oscars, dont celui du meilleur film. D’autres exemples : 2001 : l'odyssĂ©e de l'espace (2001 : A Space Odyssey, 1968), de Stanley Kubrick Ă©galement, Taxi Driver, (1976) de Martin Scorsese, Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola, Blade Runner (1982) de Ridley Scott, Scarface (1983) de Brian De Palma, Blue Velvet (1986) de David Lynch, ou Pulp Fiction (1994) de Quentin Tarantino[4].

Parfois, des films deviennent objets de culte parce qu’ils sont en avance sur leur temps ; ils se trouvent un public d’admirateurs tardivement une fois que leur originalitĂ© est reconnue ; c’est notamment le cas du Fantasia (1940) des studios Walt Disney.[5]

Histoire

PremiĂšre pĂ©riode : 1959-annĂ©es 1970

Le terme lui-mĂȘme a Ă©tĂ© en usage Ă  la fin des annĂ©es 1970 et a Ă©tĂ© popularisĂ© dans une sĂ©rie de trois livres de Danny Peary, commençant en 1981 par Cult Movies. Plan 9 from Outer Space (1959) et d'autres films d'Ed Wood Jr. font partie des plus anciens films considĂ©rĂ©s culte, attirant les passionnĂ©s admiratifs de l'incompĂ©tence du cinĂ©aste. D'autres films de science-fiction et d'horreur de sĂ©rie Z des annĂ©es 50 (par exemple Robot Monster), et les films d'exploitation des annĂ©es 30 qui sont rĂ©apparut dans le marchĂ© de la vidĂ©o des annĂ©es 80 (tel Reefer Madness), ont aussi reçu ce statut.

Le film d'horreur Ă  petit budget La Nuit des morts vivants (1968) rĂ©alisĂ© par George A. Romero reçu un accueil mitigĂ© au box-office mais attira l'attention de la critique avec le temps. Cependant, la culture amĂ©ricaine durant la guerre du Viet-nam eu un impact Ă©norme sur le film et ce dernier obtint le statut de film culte aprĂšs ĂȘtre frĂ©quemment diffusĂ© dans les Midnight movies. Le film est en effet une charge fĂ©roce contre la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine des sixties et un historien a dĂ©crit le film comme « subversif Ă  beaucoup de niveaux[6]. Â» Bien que ce ne fut pas le premier film de Zombie, La nuit des morts-vivants eut tellement d'influence sur ses successeurs qu'il est peut-ĂȘtre aussi devenu l'influence majeure de la zombie-culture moderne[7]. C'est le premier volet de la saga des zombies rĂ©alisĂ©e par Romero. RĂ©cit Ă  suspense sur la guerre froide, Docteur Folamour ou : comment j'ai appris Ă  ne plus m'en faire et Ă  aimer la bombe (1964) de Stanley Kubrick a Ă©tĂ© acclamĂ© par la critique tout en conservant son statut de film culte. Dans le mĂȘme genre, la comĂ©die noire Harold et Maude (1971) est devenu le premier film Ă  gros budget d'Hollywood capable de maintenir un cercle de fidĂšle consĂ©quent durant ses rediffusions, bien qu'apparemment il n'ait pas Ă©tĂ© repris par les Midnight movies pendant les annĂ©es 1970[8]. La comĂ©die musicale de Mel Stuart Charlie et la chocolaterie est l'un des films pour enfants les plus cĂ©lĂšbres et a pourtant dĂ©veloppĂ© un cercle d'inconditionnels parmi les adultes pour son design. L'Orange mĂ©canique de Stanley Kubrick (1971), un film sur la violence dans un futur proche, eut un succĂšs commercial important et fut nominĂ© Ă  l'Oscar du meilleur film ; pourtant les thĂšmes explorĂ©s et leur reprĂ©sentation ont fait de ce film l'un des plus polĂ©mique du cinĂ©ma, lui accordant de ce fait le statut de film culte.

Pink Flamingos (1972) de John Waters, film prĂ©sentant de maniĂšre extravagante et controversĂ© (ce fut un exercice d'« un goĂ»t douteux Â») des scĂšnes d'inceste et de coprophagie, est devenu le plus connu d'un groupe de films passĂ©s dans les Midnight movies se concentrant sur les perversions sexuelles et le fĂ©tichisme[9]. FilmĂ© pendant les week-ends Ă  Baltimore, la ville natale de Waters, avec un cĂąble d'un mile comme conducteur d'Ă©nergie, ce film se montra Ă©galement important en inspirant la croissance des films indĂ©pendants[10]. En 1973, le thĂ©Ăątre d'Elgin a commencĂ© des Midnight movies groupĂ©s avec Pink flamingos et un drame de JamaĂŻque comportant une bande sonore remarquable. Dans sa vision traditionnelle, The Harder They Come (1972) avait Ă©tĂ© un Ă©chec cuisant, Ă©reintĂ© par les critiques aprĂšs que son distributeur aux États-Unis, New World Communications de Roger Corman, l'a lancĂ© sur son propre marchĂ© comme un produit de la Blaxploitation. Revu dans les Midnight movies pendant six annĂ©es, il contribua Ă  la popularitĂ© du reggae aux Etats-Unis. Tandis que le potentiel de certains films en tant que Midnight movies Ă©tait identifiĂ© seulement quelques temps aprĂšs leur sortie, un autre nombre y ont Ă©tĂ© distribuĂ©s directement dĂšs leur sortie en salle pour tirer profit du marchĂ© - par exemple, en 1973, Broken Goddess, Dragula, The White Whore and the Bit Player, and Elevator Girls in Bondage (aussi bien que Pink Flamingos) firent leur premiĂšre en tant que Midnight movies[11]. En 1974, le premier Midnight movie Flesh Gordon montre avec Ă©vidence comment le phĂ©nomĂšne bifurqua parfois vers la pornographie.

Le trans-genre The Rocky Horror Picture Show (1975) est probablement le film culte le plus connu encore en activitĂ©. Le film est une satire des conventions de films science-fiction et d'horreur de son temps et inclut des Ă©lĂ©ments de Travestissement, inceste et homosexualitĂ© - le tout dans le contexte d'un film musical. Le film reçu peu d'attention de la part des critiques Ă  sa sortie en 1975 mais se constitua un groupe d'admirateurs fanatiques qui sont Ă  plusieurs reprises apparu aux Midnight movies des cinĂ©mas de quartiers, habillĂ©s en costumes et « participant Â» au film en imitant des scĂšnes telles que le lancĂ© de riz pendant la scĂšne du mariage[12]. Le film ridiculise intentionnellement ses propres thĂšmes, entrant de ce fait dans l'esprit d'amusement sarcastique entourant souvent les films culte. Il gagna une nouvelle vie sur VHS. The Rocky Horror Picture Show peut ĂȘtre vu comme une norme et aider Ă  dĂ©terminer si un film est en effet un film culte, car il est probablement le film culte le plus cĂ©lĂšbre. Une grande partie de sa cĂ©lĂ©britĂ© est moins dĂ» au film lui-mĂȘme qu'Ă  l'exposition qu'en ont faite ses admirateurs[13]. Si un film est plus largement connu que The Rocky Horror Picture Show, il n'est pas susceptible de pouvoir ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un film culte. Les rĂ©seau de chaĂźnes tĂ©lĂ©visĂ©es, tĂ©lĂ©vision par cĂąble et pay-per-view ont Ă©galement changĂ© la nature des films culte. L'expĂ©rimental et surrĂ©aliste Eraserhead (1977) de David Lynch fut un flop commercial et critique, et pourtant sortit de l'obscuritĂ© lors de son passage en Home video vers la fin des annĂ©es 70 et au dĂ©but des annĂ©es 80.

D'autres films culte de cette période sont ceux du réalisateur et acteur Tom Laughlin, dont sa série Billy Jack.

Deux genres de films culte

Si la notion de film culte est aujourd'hui populaire, notamment chez les cinĂ©philes, son origine est incertaine. On peut rattacher la naissance du phĂ©nomĂšne films culte aux projections de minuit (Midnight movies) qui commencĂšrent vers 1970 dans des cinĂ©mas de New York, Boston ou Los Angeles. Les directeurs de ces salles, dĂ©sirant rendre accessible des films peu connus et dĂ©calĂ©s, n'avaient que ce crĂ©neau horaire de disponible, la journĂ©e et la soirĂ©e Ă©tant occupĂ©es par les productions hollywoodiennes. Un public de connaisseurs ou de curieux, Ă  l'Ă©poque oĂč la cassette VHS n'existait pas encore, se constitua autour de films comme The Rocky Horror Picture Show, La Nuit des morts vivants, Eraserhead ou encore El Topo. Ces films commencĂšrent ainsi une carriĂšre de films culte.

Ainsi, ce furent des films étranges, bizarres, excentriques voir surréalistes qui constituÚrent les premiers films culte. Souvent controversés car sortant des conventions formelles ou narratives de l'époque, ces films étaient aussi difficile à voir que véritablement originaux[4].

Un film culte a circulĂ© sans avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une lourde sortie ou Ă©dition commerciale : soit une copie unique qui devient elle-mĂȘme culte, soit la copie VHS de la copie VHS. Ce qui est culte est rare, et ce qui est rare devient Ă©galement signe de ralliement culturel d'une communautĂ©, avant d'ĂȘtre ou non intĂ©grĂ© plus tard dans la culture de masse. Pour certains cinĂ©philes, un film culte cesse d'ĂȘtre culte Ă  partir du moment oĂč il est facilement disponible puisque, Ă  l'origine, « culte Â» est (ou Ă©tait) synonyme de « rare Â». Pour un puriste, un autocollant « Film culte Â» sur un DVD vendu dans un supermarchĂ© est donc une aberration.

Un film culte se situe dans la marge (ce n'est pas une volontĂ© du rĂ©alisateur, mais le film est censurĂ©, pas ou peu distribuĂ©, est considĂ©rĂ© comme trop mĂ©diocre, expĂ©rimental ou choquant) et un nombre limitĂ© d'inconditionnels fournissent des efforts rĂ©pĂ©tĂ©s autour de cette Ɠuvre (dĂ©placements, Ă©critures, projections, rencontres, etc.).

Le film d’initiĂ©s

Pour les puristes, un film culte est d'abord un film ayant gardé une certaine confidentialité, au moins à ses débuts, et qui a obtenu un succÚs d'estime auprÚs d'un public qui lui reste fidÚle et attaché.

Entrent dans cette catĂ©gorie des films de rĂ©alisateurs indĂ©pendants, des films qui n'ont pas eu le succĂšs escomptĂ© Ă  leur sortie (succĂšs moyen ou Ă©chec commercial), soit parce qu'ils n'Ă©taient pas bien distribuĂ©s soit parce qu'ils ne correspondaient pas aux critĂšres du grand public. Il peut s'agir de films ayant un format particulier, une rĂ©alisation novatrice, de films qui ont choquĂ© Ă  leur Ă©poque ou ont paru dĂ©calĂ©s par rapport aux standards de commercialisation. Ces films, bien qu'ayant quelques fois une imagerie forte, ne sont pas source de merchandising ou de produits dĂ©rivĂ©s gĂ©nĂ©ralisĂ©s. Par exemple :

  • The Rocky Horror Picture Show : l'exemple mĂȘme du film culte possĂ©dant son cercle d'admirateurs fidĂšles (ceux-ci se rĂ©unissent rĂ©guliĂšrement pour des projections-spectacles ou les scĂšnes du film sont en mĂȘme temps reprise par des acteurs[14]).
  • Braindead : Un sommet du film gore dĂ©jantĂ©.

Le succÚs générationnel

Prenant davantage appui sur le sens Ă©tymologique de l'expression que sur l'approche cinĂ©phile, certains films sont considĂ©rĂ©s culte pour avoir Ă©tĂ©, en dĂ©pit de toute prĂ©vision, le signe de ralliement de toute une gĂ©nĂ©ration se partageant rĂ©pliques culte et collectionnant objets s'y rĂ©fĂ©rant avec la mĂȘme passion. La premiĂšre trilogie de la saga de science-fiction Star Wars marqua toutes les annĂ©es 80 et reste par son ampleur un phĂ©nomĂšne unique dans l'histoire du cinĂ©ma.

Confusion avec le chef-d'Ɠuvre

La confusion entre « film culte Â» et « chef-d'Ɠuvre Â» est courante, mĂȘme chez les cinĂ©philes, et ne peut trouver de solution car ces deux notions qualitatives restent profondĂ©ment subjectives. Le chef-d'oeuvre est cependant davantage utilisĂ© pour dĂ©signer un « classique Â» du cinĂ©ma, une Ɠuvre accomplie dans son domaine, son genre, tandis que le film culte possĂšde une originalitĂ© certaine parfois peu compatible avec les conventions cinĂ©matographiques.

Une Ă©tiquette commerciale

Article dĂ©taillĂ© : Merchandising.

L'essor de la sociĂ©tĂ© de consommation et la gĂ©nĂ©ralisation du merchandising ont eu des rĂ©percussions sur le terme de « Film culte Â», en le dĂ©tournant de son sens originel pour l'utiliser comme argument commercial sur les affiches, spot publicitaire, pochette de Dvd et autres produits dĂ©rivĂ©s d'un film. Pour les cinĂ©philes, cette utilisation du terme est assez ironique vu le caractĂšre gĂ©nĂ©ralement confidentiel et peu vendeur des films culte.

Notes et références

Note : Certaines rĂ©fĂ©rences se rapportent Ă  la bibliographie.

  1. ↑ « Questions de langue Â», site de l'AcadĂ©mie française
  2. ↑ Cult films sur Film site ; accĂ©dĂ© le 5 octobre, 2007
  3. ↑ Naomi Klein, No Logo, Vintage Canada Edition, 2000, p. 79.
  4. ↑ a  et b  ''Cult films sur Film Site (en)
  5. ↑ Cult films sur le site [1] ; accĂ©dĂ© le 5 octobre, 2007.
  6. ↑ Adam Rockoff, Going to Pieces: The Rise and Fall of the Slasher Film, 1978–1986 (Jefferson, N.C. : McFarland, 2002), p. 35, ISBN 0-7864-1227-5.
  7. ↑ « Zombie Movies Â» in The Encyclopedia of Fantasy, ed. John Clute and John Grant (New York: St. Martin's Press, 1999), p. 1048, ISBN 0-312-19869-8
  8. ↑ Cf. Hoberman and Rosenbaum (1983), p. 298.
  9. ↑ Waters (2006).
  10. ↑ Pink Flamingos Production Notes. Retrieved 11/15/06.
  11. ↑ Hoberman and Rosenbaum (1983), p. 13.
  12. ↑ See History of the Rocky Horror Picture Show and Rocky Horror Timeline. Retrieved 11/14/06.
  13. ↑ (en) Henkin, Bill, The Rocky Horror Picture Show Book, Dutton Adult, 1979 (ISBN 978-0801564369), p. 36 
  14. ↑ voir studiogalande, site du Studio Galande à Paris

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • (en) J. Hoberman, et Jonathan Rosenbaum, Midnight Movies, Da Capo Press, 1983 (ISBN 0-306-80433-6)
  • (en) Mark Jancovich, Antonio Lazaro Reboli, Julian Stringer et Andrew Willis, Defining Cult Movies: The Cultural Politics of Oppositional Taste, Manchester University Press, 2003, 244 p. (ISBN 071906631X)
  • (en) Danny Peary, Cult Movies: The Classics, the Sleepers, the Weird, and the Wonderful, Dell, 1981, 402 p. (ISBN 0440516471)
  • (fr) Alain Riou, Les Films cultes, Éd. du ChĂȘne, 1998 (ISBN 2851089803) â€” Une critique que l'on peut faire de l'ouvrage est que l'auteur a tendance Ă  confondre classique et film culte ; parmi les films qui sont citĂ©s en effet, une grande majoritĂ© sont des classiques du cinĂ©ma dont le cĂŽtĂ© Ă©ventuellement culte se noie justement dans le fait qu'ils sont apprĂ©ciĂ©s en gĂ©nĂ©ral. Or, la notion de "film culte" a quelque chose d'apparentĂ© Ă  la notion de secte ou d'hĂ©rĂ©sie, et le livre a un cĂŽtĂ© convenu qui sert mal son sujet...
  • (fr) Gilles Visy, Films cultes - Culte du film, Publibook, Paris, 2005, 103 p. (ISBN 2-74830-834-4)
  • (fr) Jocelyn Lachance, Hugues Paris, SĂ©bastien Dupont, Films cultes et culte du film chez les jeunes, QuĂ©bec, Presses de l'UniversitĂ© Laval, 2009 ModĂšle:ISBN 9782763788845 (276378884X)

Filmographie

  • (en) Le documentaire Midnight Movies (2006) du rĂ©alisateur canadien Stuart Samuels qui expose la genĂšse du phĂ©nomĂšne film culte aux États-Unis.
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