110e rĂ©giment d’infanterie

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110e rĂ©giment d’infanterie

110e régiment d'infanterie de ligne

110e RĂ©giment d'Infanterie
Insignr régimentaire du 11oe R.I..jpg

Insigne régimentaire du 110e R.I
Période août 1692
Pays France France
Branche Armée de terre
Type RĂ©giment d'infanterie
RĂŽle Infanterie
Fait partie de brigade Franco-Allemande.
Garnison Donaueschingen
Ancienne dénomination Régiment de Barrois
Devise Qui s'y frotte s’y pique
Inscriptions sur l’emblùme Fleurus 1794
Zurich 1799
Hohenlinden 1800
Saint-Domingue 1802
Belgique 1914
Verdun 1916
La Somme 1916
La Marne 1918
AFN 1952-1962
Anniversaire Saint-Maurice
Équipement de 6 compagnies dotĂ©es des matĂ©riels les plus modernes : VBL , VAB ( transport de troupe ou canon de 20 mm), missiles MILAN,ERYX.
Guerres Guerre de Succession d'Espagne
Guerre d'indĂ©pendance des États-Unis d'AmĂ©rique
Guerre de Vendée
Guerre de 1870
PremiĂšre Guerre mondiale
bataille de France
Guerre d'Algérie
Batailles Bataille de Yorktown
Fleurus
Bataille de Zurich
SiĂšge de Paris
Bataille de Verdun
Bataille de la Somme
Bataille de la Marne (1918)
FourragĂšres MĂ©daille militaire
Décorations Sur la cravate du drapeau sont épinglées la croix de guerre 1914-1918 avec cinq palmes et la FourragÚre aux couleurs du ruban de la Médaille militaire décernée le 3 septembre 1918.

le 110e Régiment d'Infanterie de Ligne a été créé en 1692 sous le nom de Régiment de Barrois. Il appartient à l'armée de terre Française. En 1772 il est "Régiment de Port-au-Prince" il est issu des Compagnie ordinaires de la mer (voir 107e R.I.) puis voir le Régiment de la Martinique.

Sommaire

Les devises des differentes compagnies et leurs surnoms eventuels

  • 1re Cie: Faire Face - Les loups
  • 2e Cie: La sueur Ă©pargne le sang - Les Diables
  • 3e Cie: More Majorum - Les Lions
  • 5e Cie: Partout on l'engage
  • 6e Cie: Pas d'Ă©tat d'ame
  • Compagnie d'Eclairage et d'Appui (CEA) : Videre et Ferire (Voir et Faire Feu)

Création et différentes dénominations

Chefs de corps

  • 1692 - 1704 : Colonel de Lisle (Comte)
  • 1704 - 1710 : Colonel de Lisle (Chevalier)
  • 1710 - 1713 : Colonel de Boufflers
  • 1713 - 1758 : Prince de Conti
  • 1758 - 1761 : Prince de Nassau
  • 1761 - 1762 : O'Gilvy
  • 1772 - 1788 : de Laval
  • 1788 - 1791 : de Mauduit
  • 1791 - 1792 : Lientenant Colonel de Cournoyer
  • 1792 - 1793 : Jean Joseph Lombard de Roquefort - Colonel
  • 1793  : Pierre Pascal Dupuy - Colonel
  • 1793 - 1794 : Valentin - Commandant
  • 1794 - 1795 : Michel Joseph Raymond Moret - chef de brigade
  • 1795 - 1798 : Balthazard Grandjean - chef de brigade
  • 1798 - 1802 : Loilier - chef de brigade
  • 1802 -  : Louis Pierre Jean Cassan - chef de brigade
  • 1870 -  : Allart - Commandant
  • 1870 - 1871 : Roblastre - Colonel
  • 1871 - 1876 : de la ChaussĂ©e
  • 1876 - 1882 : Lemoize
  • 1882 - 1884 : Baum
  • 1884 - 1888 : Duchesne
  • 1888 - 1889 : la Tour D'Affaure
  • 1889 - 1896 : Robin
  • 1896 - 1901 : Maury
  • 1901 -  : Affert
  • 1901 - 1906 : Brieu
  • 1906 -  : de la PintiĂšre
  • 1906 - 1910 : Fares
  • 1910 - 1912 : Chere
  • 1912 - 1914 : Lieutenant Colonel Levi
  • 1914 - 1915 : Buffet
  • 1915 -  : Commandant Vergnes
  • 1915 - 1916 : Colonel Lecheres
  • 1916 - 1917 : Lieutenant Colonel Lehagre
  • 1917 -  : Rollez
  • 1918 - 1920 : Paillot
  • 1920 -  : Lieutenant Colonel Grasse
  • 1921 -  : " Vesque
  • 1921 - 1923 : Colonel Tysseyre
  • 1923  : Oudry
  • 1923 - 1927 : Leclerc
  • 1927 - 1928 : Marchal
  • 1928 - 1931 : D'Hers de Miquel
  • 1931 - 1934 : Pourailly
  • 1934 - 1937 : Hanaut
  • 1937 - 1939 : Parent
  • 1939 - 1940 : Derache
  • 1945 -  : Lieutenant Colonel Reymond
  • 1945 -  : Colonel Lorillot
  • 1945 -  : Lieutenant Colonel Dancourt
  • 1945 - 1947 : Colonel Le Hingrat
  • 1947 -  : Chef de Bataillon Deruelle
  • 1947 - 1948 : de Beaugrenier
  • 1948 -  : Joyeux
  • 1949 -  : Lieutenant Colonel Cucherat
  • 1949 - 1950 : Colonel Pelissier
  • 1950 - 1952 : Cazalaa
  • 1952 - 1953 : Briand
  • 1953 - 1955 : Rousson
  • 1955 - 1957 : Homo
  • 1957 - 1959 : Costa de Beauregard
  • 1959 - 1960 : Puech
  • 1960 - 1962 : Person
  • 1962 - 1964 : Badie
  • 1964 -  : Dufour
  • 1964 - 1965 : Barthelemy
  • 1965 - 1967 : Fuhr
  • 1967 - 1969 : Prost
  • 1969 - 1971 : Toulouse
  • 1971 - 1973 : Colonel Louis PITEL[2]
  • 1973 - 1975 : Colonel Marcel PAROLDI
  • 1975 - 1977 : Colonel Arthur SCHWARTZ
  • 1977 - 1979 : Colonel COT
  • 1979 - 1981 : Colonel Claude DOUSSINEAU
  • 1981 - 1983 : Colonel Lucien MOST
  • 1983 - 1985 : Colonel Armand PERZO
  • 1985 - 1987 : Colonel Pierre MIGNOT
  • 1987 - 1990 : Colonel BRAUN
  • 1990 - 1992 : Colonel BAUER
  • 1992 - 1994 : Colonel FALZONE
  • 1994 - 1996 : Colonel Jacques PELLABOEUF
  • 1996 - 1998 : Colonel Yves BERAUD
  • 1998 - 2000 : Colonel Marc RUDKIEWICZ
  • 2000 - 2002 : Colonel Dominique LAUGEL (actuellement commandant adjoint de la BFA)
  • 2002 - 2004 : Colonel Marc CHRISTY
  • 2004 - 2006 : Colonel Wallerand de MADRE
  • 2006 - 2008 : Colonel Thierry GAUCI
  • 2008 - 2010  : Lieutenant-Colonel Leroux

(* ) Ces officiers sont devenus par la suite généraux de brigade.

Historique des garnisons, combats et batailles du 110e RI

V.B.L véhicule blindé léger

Ancien RĂ©gime

RĂ©volution et Empire

Retour en métropole en 1791, et garnison sur l'ßle de Ré

  • 1793-1794 : guerre de VendĂ©e
  • 1794 : Charleroi, Fleurus, et Aldenhoven
  • 1795 : Hundsruck
  • 1799 : Sion, Breig, Bois, Finges, Lenk, Simplon, Margozzo, et bataille de Zurich
  • 1800 : Letshut, Hohenlinden, et bataille de Lambech
  • 1802-1809 : Saint-Domingue. Perte de 87 % des effectifs.

Traditions et uniformes

insigne de béret d'infanterie

Uniformes d'Ancien RĂ©gime

Uniformes sous la RĂ©volution et le Premier Empire

IIIe RĂ©publique

1873 : garnison Ă  Dunkerque (jusqu'en 1940)

PremiĂšre Guerre mondiale

V.A.B véhicule de l'avant blindé

Seconde Guerre mondiale

Depuis 1945

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Engagements récents en Operations Extérieures (OPEX) et en Missions de Courte Durée (MCD)

  • 1996: Bosnie (Mandat IFOR).
  • 1997: Bosnie (2e et 3e Mandat SFOR).
  • 1998: Guyane.
  • 1999: Guyane.
  • 2000: Bosnie (GTFR 12).
  • 2002: Guyane , CĂŽte d'Ivoire, Nouvelle-CalĂ©donie.
  • 2003: Bosnie (GTFR 19), MacĂ©doine (EUFOR CONCORDIA), CĂŽte d'Ivoire(LICORNE 3).
  • 2004: Tchad (EPERVIER), Afghanistan (PAMIR 9).
  • 2005: SĂ©nĂ©gal, CĂŽte d'Ivoire (LICORNE 10).
  • 2006: CĂŽte d'Ivoire (LICORNE 11).
  • 2007: Guyane, SĂ©nĂ©gal, Kosovo (BATFRA 16).
  • 2008: CĂŽte d'Ivoire (LICORNE 17), RCA (BOALI 19), RCA (EUFOR TCHAD/RCA 3).
  • 2009: Kosovo (BATFRA 20).

Distinctions

Sur la cravate du drapeau sont épinglées la croix de guerre 1914-1918 avec cinq palmes Photo Croix de guerre recto.jpg et la FourragÚre aux couleurs du ruban de la Médaille militaire décernée le 3 septembre 1918

fourragÚre aux couleurs de la médaille militaire

.

Fait d'armes portés au drapeau du régiment

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes [3],[4]:

110e régiment d'infanterie de ligne.svg

La devise

"Qui s'y frotte s’y pique"

Citations

217 citations sont décernées aux soldats du régiment durant la PremiÚre Guerre mondiale.

Brigade Franco Allemande

Les deux rĂ©giments d’infanterie de la BFA, le 110e RI et le JgBtl 292 stationnĂ©s dans le mĂȘme quartier Ă  Donaueschingen, sont jumelĂ©s avec des municipalitĂ©s allemandes du Bade-WĂŒrtemberg. La Compagnie d'Eclairage et d'Appui (CEA)du 110e RI est elle, stationnĂ© a Villingen avec l'ERIAC du 3e RĂ©giment de Hussards de Immendingen

Historique du régiment

110ùme REGIMENT D’INFANTERIE, REGIMENT DU PORT-AU-PRINCE


ImplantĂ© en ForĂȘt Noire depuis 1964, en plein coeur de l’Europe, le 110e RĂ©giment d'Infanterie (ou 110e RI) est rĂ©putĂ© au sein de l’armĂ©e de terre pour son appartenance Ă  la Brigade Franco-Allemande depuis sa crĂ©ation en 1989. Or, ce qui est en passe de devenir un atout majeur dans le cadre de la politique de dĂ©fense europĂ©enne grĂące au volontarisme politique de la France et de l’Allemagne, a longtemps pu ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un handicap Ă  l’heure des projections outre-mer et des missions extĂ©rieures. Aujourd’hui entiĂšrement professionnalisĂ© au mĂȘme titre que les autres unitĂ©s d’infanterie, le 110 participe activement depuis une dizaine d’annĂ©es aux missions extĂ©rieures tout en menant de front une spĂ©cialisation dans le combat interalliĂ© au sein du Corps EuropĂ©en. En ces temps d’incertitude pour de nombreux rĂ©giments, le 110 peut s’enorgueillir d’avoir un avenir Ă  la hauteur de ses ambitions, mis en relief par des traditions trĂšs anciennes et prestigieuses. Ces derniĂšres reflĂštent les grandes Ă©volutions de l’infanterie française avec les changements d’appellations et les profondes rĂ©organisations mais soulignent avant tout la grande capacitĂ© d’adaptation du rĂ©giment.

Origines

En effet, « Port-au-Prince Â» est l’un des plus anciens rĂ©giments de France. CrĂ©Ă© officiellement, le 18 aoĂ»t 1772 par une ordonnance de Louis XV pour le service de la colonie de Saint-Domingue, il tire son nom de sa ville de garnison d’origine. Mais ses origines sont plus anciennes si l’on prend logiquement en compte la filiation des quatre rĂ©giments d’Anciens RĂ©gime ayant eu le rang 110 dans l’infanterie :

- RĂ©giment de BARROIS (1692-1713) (dont les effectifs proviennent principalement du glorieux rĂ©giment de Champagne, l’un des « quatre Vieux Â») - RĂ©giment CONTI (1713-1758) (du nom de son Colonel – propriĂ©taire) - RĂ©giment de NASSAU (1758-1761) (du nom de la province allemande de RhĂ©nanie) - RĂ©giment O’ GILVY (1761-1762) (du nom de son Colonel - propriĂ©taire Ă©cossais)

De ces filiations, le rĂ©giment a d’ailleurs gardĂ© quelques symboles sur son insigne : la couronne des Stuart prĂ©tendants au trĂŽne d’Angleterre, le Chardon d’Ecosse, ainsi que la devise « Qui s’y frotte, s’y pique ! Â» (Auxquels viennent s’ajouter les armoiries de la ville de Dunkerque et le chiffre 110).

Il est parmi de nombreux rĂ©giments de la Monarchie qui avaient pour mission de servir sur les bateaux et dans les colonies. Tous ces rĂ©giments ont Ă©tĂ© dotĂ©s en 1791 d'un numĂ©ro dans l'ordre de bataille de l'infanterie de ligne... alors qu'ils peuvent historiquement ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme les "ancĂȘtres" des rĂ©giments d'Infanterie de marine. (voir RĂ©giment de la Martinique)

Faits d'armes


Participant Ă  la dĂ©fense des Antilles françaises face aux vues anglaises et espagnoles, le rĂ©giment dĂ©tache quantitĂ©s de troupes sur l’üle et Ă  bord des vaisseaux royaux. Il participe Ă  l’intervention française dĂ©terminante pour l’indĂ©pendance des Etats-Unis de 1779 Ă  1781, notamment lors d’assauts infructueux durant le siĂšge de SAVANNAH, et lors de la bataille navale victorieuse de la baie de CHESAPEAKE qui permet d’obtenir la reddition des troupes anglaises Ă  YORKTOWN. En 1792, aprĂšs une pĂ©riode rĂ©volutionnaire tumultueuse, et aprĂšs ĂȘtre devenu 110Ăšme RĂ©giment d’Infanterie, il est rappelĂ© en mĂ©tropole pour participer Ă  la guerre de VendĂ©e dans la rĂ©gion de Sables d’Olonne. S’ensuit une pĂ©riode de luttes aux frontiĂšres Ă  laquelle participe farouchement le 110 contre les armĂ©es des monarchies europĂ©ennes, notamment durant la campagne de Sambre-et-Meuse Ă  FLEURUS (1794), premiĂšre inscription au Drapeau. Puis, c’est la campagne d’HelvĂ©tie et celle d’Italie, avec une deuxiĂšme inscription au Drapeau : « ZURICH (1799) Â». Enfin, la campagne de l’étĂ© 1800 en Allemagne du sud permet aux troupes françaises d’obtenir un retentissant succĂšs politique contre les Autrichiens Ă  la bataille d’HOHENLINDEN, troisiĂšme inscription au Drapeau de la 110Ăšme Demi- Brigade de Ligne. Mais la situation dans les colonies s’est dĂ©gradĂ©e depuis le dĂ©part du rĂ©giment en 1791. La rĂ©volte de Toussaint- Louverture a ensanglantĂ© l’actuelle HaĂŻti et une expĂ©dition de 30000 hommes est montĂ©e en 1801 par NapolĂ©on pour en reprendre possession. Le rĂ©giment est renvoyĂ© en renfort en 1802. En 1809, toutes les troupes ont progressivement Ă©tĂ© englouties par les combats et les maladies. La 110Ăšme Demi- Brigade disparaĂźt ainsi faute de renforts, loin de la mĂ©tropole et des gloires impĂ©riales.

Le 110Ăšme RĂ©giment d’Infanterie de Ligne ne renaĂźt qu’au cours du siĂšge de Paris en 1870 Ă  partir de l’effectif du 10Ăšme RĂ©giment d’Infanterie de Marche. Il participe aux combats de l’Hay et de Buzenval. Puis c’est la rĂ©pression de la Commune au sein de l’armĂ©e de Versailles. Durant cette pĂ©riode difficile, la conduite irrĂ©prochable du rĂ©giment lui vaut de conserver son numĂ©ro et sa constitution durant la rĂ©organisation de l’armĂ©e.

Septembre 1873 marque le renouveau du rĂ©giment dans sa nouvelle garnison de DUNKERQUE. En 1880, une quatriĂšme inscription « SAINT DOMINGUE 1802» est ajoutĂ©e au Drapeau en souvenir des luttes passĂ©es du 110. La prĂ©sence du rĂ©giment permet de maintenir le calme durant les pĂ©riodes de grĂšves de 1880. Un bataillon participe Ă  la campagne de Tunisie de 1881 Ă  1883, mais la principale activitĂ© rĂ©side dans la prĂ©paration de la revanche grĂące Ă  d’incessantes manƓuvres. Cette pĂ©riode stable permet au rĂ©giment de s’enraciner profondĂ©ment dans sa belle garnison du Nord ; la rĂ©partition gĂ©ographique de ses bataillons se fait Ă  Dunkerque mĂȘme, dans la Caserne Jean Bart, mais aussi Ă  Gravelines et Ă  Bergues.

C’est la Grande Guerre qui donne enfin au 110 la reconnaissance de ses sacrifices passĂ©s. Sa valeur au feu de 1914 Ă  1918 le place parmi les rĂ©giments d’élite car il est de toutes les grandes batailles comme Ă  Verdun, en fĂ©vrier 1916, oĂč il relĂšve le glorieux 95Ăšme Ă  Douaumont et absorbe au prix d’effroyables pertes le raz-de-marĂ©e ennemi au plus fort de l’offensive allemande. L’annĂ©e 1916 est terrible car l’offensive sur la Somme vient engloutir durant les combats pour Combles les magnifiques combattants rescapĂ©s de Verdun. Puis c’est le front de Champagne, avec l’offensive sur Craonne le 16 avril 1917 oĂč les trois bataillons du rĂ©giment sont dĂ©cimĂ©s en plein assaut par les mitrailleuses embusquĂ©es. AprĂšs des permissions bien mĂ©ritĂ©es, c’est le front des Flandres qui attend nos Ch’tis, oĂč ils s’illustrent en s’emparant de tous leurs objectifs le 9 octobre 1917. Ils participent Ă  l’arrĂȘt de l’ultime offensive allemande gĂ©nĂ©ralisĂ©e en dĂ©fendant Ăąprement les bords de l’Ourcq au sein de la 6Ăšme armĂ©e du GĂ©nĂ©ral Degoutte, puis en contre-attaquant avec succĂšs dans la profondeur du dispositif ennemi. Enfin Ă  partir d’aoĂ»t 1918, le 110 participe victorieusement aux violents combats pour franchir l’Ailette au sein de la 10Ăšme ArmĂ©e du GĂ©nĂ©ral Mangin. A la fin de la guerre le rĂ©giment stationne Ă  Mayence, et c’est Ă  Wiesbaden que lui est remis solennellement par le MarĂ©chal PĂ©tain, la fourragĂšre de la mĂ©daille militaire en rĂ©compense des 5 citations Ă  l’ordre de l’ArmĂ©e obtenus durant le conflit. C’est l’hommage rendu aux 108 officiers, aux 250 sous-officiers et aux 2369 caporaux et grenadiers tombĂ©s au Champ d’Honneur. Quatre inscriptions nouvelles ornent dĂ©sormais le Drapeau : « Belgique 1914 Â», «  VERDUN 1916 Â», « LA SOMME 1916 Â», « LA MARNE 1918 Â». DĂšs 1919 le rĂ©giment retrouve sa garnison tout en participant Ă  l’occupation en Allemagne. En 1928, le rĂ©giment Ă©tablit son 2Ăšme bataillon Ă  Calais et le 3Ăšme Ă  Boulogne S/Mer, le 1er restant avec le PC Ă  Dunkerque. En 1933, il devient 110Ăšme RĂ©giment d’Infanterie MotorisĂ© et fait partie des meilleurs Ă©lĂ©ments de l’armĂ©e française.

L’offensive allemande du 10 mai 1940 surprend l’armĂ©e belge qui ne parvient pas Ă  se rĂ©tablir. La 1Ăšre DIM doit s’avancer au contact de l’ennemi en toute urgence pour stopper son avance sur la « position Dyle Â». A partir du 11 mai, le 110 va livrer durant quatre jours entiers un combat retardateur aux cĂŽtĂ©s des 1er et 43Ăšme RI face Ă  l’une des meilleures divisions allemandes (3. Pzr Div.) autour des villages de PERBAIS et de CHASTRES. MalgrĂ© l’absence de soutien aĂ©rien et de renforts en blindĂ©s, les positions dĂ©fensives du 110 n’ont pu ĂȘtre enfoncĂ©es durant les combats de GEMBLOUX grĂące Ă  une excellente dĂ©fense anti-char. MalgrĂ© d’importantes pertes le rĂ©giment s’est maintenu jusqu’à l’ordre de repli au moment mĂȘme oĂč la 9Ăšme ArmĂ©e est enfoncĂ©e au sud. Une sĂ©rie de combats de retardement sont livrĂ©s en direction de Lille. Les Ă©lĂ©ments Ă  pied du rĂ©giment, pris au piĂšge, dĂ©fendront LOOS-LES-LILLE jusqu’à Ă©puisement des munitions le 31 mai. Les honneurs militaires sont rendus au dĂ©tachement des survivants qui conservent leur armement. Seul le PC et les Ă©lĂ©ments motorisĂ©s arrivent Ă  DUNKERQUE et parviennent Ă  s’embarquer pour l’Angleterre le 1er juin et sont dĂ©barquĂ©s le 5 juin Ă  BREST en vue de poursuivre le combat. Les restes du rĂ©giment sont faits prisonniers aprĂšs l’armistice. Le drapeau Ă©chappe Ă  la capture en Ă©tant confiĂ© Ă  un couple d’instituteurs.

Durant l’occupation, dĂšs 1942, des groupes FFI se rassemblent sous l’impulsion d’anciens combattants du rĂ©giment et porte un brassard avec le N° 110. Le 15 octobre 1944, le 110Ăšme RĂ©giment d’Infanterie renaĂźt provisoirement en plein siĂšge de DUNKERQUE et participe aux combats jusqu’à la rĂ©duction des troupes allemandes dans le Nord.

La reconstitution effective du 110 ne s’effectue que le 1er janvier 1945 en vue de la poursuite des combats en Allemagne. Le 8 avril, le rĂ©giment rĂ©organisĂ© sur le modĂšle amĂ©ricain est prĂ©sentĂ© Ă  son ancien drapeau sauvĂ© en 1940. DĂ©but mai, le 110 franchit le Rhin au sein de la 1Ăšre DIM de la PremiĂšre ArmĂ©e du GĂ©nĂ©ral de Lattre de Tassigny et vient participer Ă  l’occupation de l’Allemagne en pays de Bade.

Filiation aprĂšs guerre


Une pĂ©riode de rĂ©organisations incessantes en fonction des besoins s’ensuit et voit les effectifs du 110Ăšme RI donner naissance :

- au 1er Bataillon de Marche du 110Ăšme RI (formĂ© du 1er Bataillon renforcĂ© d’une compagnie, commandĂ©e par le CNE DESSERTEAUX, provenant de 4 Bataillons de Chasseurs Alpins stationnĂ©s en Autriche) qui part pour l’Indochine le 11 janvier 1947, dĂ©barque Ă  Tourane et intervient Ă  HUE. AprĂšs une campagne Ă©prouvante, durant laquelle il obtient une Croix de Guerre des TOE, le bataillon est dissous au profit d’autres unitĂ©s (5Ăšme BMEO, 35Ăšme RI, 23Ăšme RIC et 2Ăšme RTM). Une compagnie de volontaires du 1er BM/110Ăšme RI continuera Ă  servir en tant que commando 110 au sein du 2Ăšme Bataillon /21Ăšme RIC sous les ordres du CNE LAVAL.

- au 110ùme BI du Groupement d’Infanterie N°11, de 1947 à 1949, (à partir du 2ùme Bataillon). Celui-ci redevient 110ùme RI le 16 janvier 1949 et occupe Constance, Lindau puis Langenargen.

Les effectifs du 110e RI donne lui-mĂȘme Ă  nouveau naissance Ă  deux nouvelles unitĂ©s en 1950 : - le 110e RĂ©giment d’Infanterie Coloniale (1950-1955) qui devient 21e RIC. - Le 110e Bataillon d’Infanterie (1950-1955) qui devient 110e RĂ©giment d’Infanterie MotorisĂ© (1955-1963) durant le conflit algĂ©rien. D’aoĂ»t 1955 Ă  septembre 1961, le 110 appartient au Corps d’ArmĂ©es d’ORAN et participe activement Ă  la sĂ©curisation de sa zone d’action au sein de la 4Ăšme DIM. Ses nombreuses activitĂ©s de patrouilles et de nomadisations lui coĂ»tent 113 morts, mais son professionnalisme est soulignĂ© par l’attribution de 780 citations individuelles et vaudra au rĂ©giment une ultime inscription au Drapeau « AFN 1954- 1962 Â».

A son retour en France, de nouvelles rĂ©organisation attendent le 110 qui , aprĂšs un rapide sĂ©jour Ă  BELFORT devient 110Ăšme RĂ©giment d’Infanterie MĂ©canisĂ© puis 35Ăšme RIM en 1964. Le 1er juillet 1964, est recrĂ©Ă© le 110Ăšme RĂ©giment d’Infanterie MotorisĂ© dans la garnison de DONAUESCHINGEN, grĂące au fusionnement des 4Ăšme RTM et 30Ăšme Bataillon de Chasseurs Ă  Pied. DĂšs 1968, le rĂ©giment est transformĂ© en rĂ©giment motorisĂ© de 2Ăšme Corps d’ArmĂ©es et le reste jusqu’en 1984, date Ă  laquelle il bascule dans la 3Ăšme DB et perd la moitiĂ© de ses compagnies. C’est une pĂ©riode intense de prĂ©paration opĂ©rationnelle en collaboration avec les armĂ©es allemandes, anglaises et amĂ©ricaines face aux soviĂ©tiques, pendant laquelle le rĂ©giment acquiert un excellent niveau, sert les matĂ©riels les plus modernes. L’effondrement du rideau de fer marque la fin de la guerre froide et une nouvelle Ă©poque s’ouvre avec la crĂ©ation de la Brigade Franco- Allemande le 1er octobre 1990.

PrĂ©sent Ă  DONAUESCHINGEN depuis le 1er juillet 1964, dans le pays de Bade, le 110 s’est adaptĂ© pleinement Ă  sa magnifique garnison mĂȘme s’il garde des attaches trĂšs fortes avec sa ville marraine : Dunkerque. Le 110 entretient plus que jamais des relations privilĂ©giĂ©es avec son bataillon binĂŽme allemand, le 292 JĂ€gerBatalion avec lequel il partage ses quartiers et de nombreuses activitĂ©s. Sa structure mĂȘme est adaptĂ©e au modĂšle allemand avec 3 compagnies de combat et une compagnie d’éclairage et d’appui soutenues par une compagnie d’administration et de soutien et une compagnie de commandement et de logistique. Chacune de ses compagnies est Ă©galement jumelĂ©e avec une bourgade environnante. Les activitĂ©s opĂ©rationnelles s’enchaĂźnent pour le 110 au contact de leurs camarades allemands. AprĂšs la prise d’alerte NRF7, la prĂ©paration des GT 1500 Union EuropĂ©enne s’accĂ©lĂšre avec comme objectif affichĂ© la projection Ă  court terme d’un Ă©lĂ©ment conjoint franco-allemand en mission extĂ©rieure dans le cadre des missions de Petersberg. Au fil d’une longue existence, « Port-au-Prince Â» a su Ă©voluer sans Ă©tats d’ñmes pour toujours servir au premier rang. C’est donc tout Ă  fait naturellement que le 110 se trouve aujourd’hui Ă  la pointe de la dĂ©fense europĂ©enne


Personnages célÚbres ayant servi au 110e RI

GĂ©rard de Suresnes

Articles connexes

Liens externes

Sources et bibliographie

  1. ↑ Le 110e RĂ©giment d'infanterie, sur le site ArmĂ©es.com
  2. ↑ Jean-Luc MORDEFROID : Historique du 110° RĂ©giment d'Infanterie 1692-1987 (prĂ©facĂ© par le Colonel Pierre MIGNOT), Bureau de Promotion Sociale et de Reclassement (BPSR) du 110° RI, Atelier d'Impression de l'ArmĂ©e de Terre n° 3, Mai 1987
  3. ↑ DĂ©cision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et Ă©tendards des corps de troupe de l'armĂ©e de terre, du service de santĂ© des armĂ©es et du service des essences des armĂ©es, Bulletin officiel des armĂ©es, n°27, 9 novembre 2007
  4. ↑ ArrĂȘtĂ© relatif Ă  l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et Ă©tendards des formations des armĂ©es et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A MichĂšle Alliot-Marie


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