Festival De Cannes

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Festival De Cannes

Festival de Cannes

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Festival de Cannes
Image associée au festival

Date de création 1946
Voir les festivals par année
Prix principal Palme d'or
Voir la liste des prix décernés
Président Gilles Jacob
Délégué général Thierry Frémaux
Édition courante Festival de Cannes 2009
Durée 12 jours
Lieu Cannes
Site Web festival-cannes.fr

Le Festival de Cannes, fondĂ© en 1946 sous l'Ă©gide de Jean Zay[1] et appelĂ© jusqu’en 2002 le Festival international du film, est devenu au fil des annĂ©es le festival de cinĂ©ma le plus mĂ©diatisĂ© au monde[2], et son influence n'a cessĂ© de croĂźtre grĂące aux mĂ©dias et sponsors prĂ©sents Ă  cette occasion, notamment lors de la cĂ©rĂ©monie d'ouverture et de la traditionnelle montĂ©e des marches : le cĂ©lĂšbre tapis rouge et ses vingt-quatre « marches de la gloire Â»[3]. MalgrĂ© ce prestige, le Festival a souvent Ă©tĂ© critiquĂ©, et il fut Ă  l'origine de plusieurs scandales ou controverses que relayĂšrent magazines et journaux, français et Ă©trangers.

Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) est envahie par des cinéastes et prise d'assaut par des milliers de photographes. C'est au Palais des Festivals et des CongrÚs, situé sur le boulevard de la Croisette, que les principales projections ont lieu.

ParallĂšlement au Festival, plusieurs sections ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es au fil des ans. Parmi elles, on retrouve la Quinzaine, la CinĂ©fondation, la Semaine de la critique, Un Certain Regard, et surtout le MarchĂ© du film de Cannes, le premier au monde, en importance. Durant ces festivitĂ©s, l'occasion est donnĂ©e aux nombreux producteurs et distributeurs prĂ©sents sur place de trouver des partenaires pour le financement de leurs projets de films, ou de vendre les Ɠuvres dĂ©jĂ  tournĂ©es aux distributeurs et tĂ©lĂ©visions du monde entier.

Bien que faisant initialement figure de manifestation touristique et mondaine[4], le Festival a été créé pour récompenser le meilleur film, le meilleur réalisateur ou le meilleur acteur et la meilleure actrice d'une compétition internationale de films. Pourtant, au fil des années, d'autres prix sont apparus et sont venus se rajouter au prestige cannois, comme le Prix du Jury, le Grand Prix et surtout la Palme d'or.

Sommaire

Histoire

GenĂšse et premiĂšre Ă©dition (1939)

Affiche du film Le Magicien d'Oz de Victor Fleming qui aurait du faire partie de la sélection du 1er festival avorté en 1939

L'Exposition universelle de 1937 avait dĂ©jĂ  mis Ă  jour le besoin national d'organiser une compĂ©tition internationale de films mais un Ă©vĂšnement parallĂšle va prĂ©cipiter la dĂ©cision de l'État français. À la fin des annĂ©es 1930 , choquĂ©s par l’ingĂ©rence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sĂ©lection des films de la Mostra de Venise — inaugurĂ©e en aoĂ»t par le docteur Joseph Goebbels —, Émile Vuillermoz et RenĂ© Jeanne soumettent Ă  Jean Zay, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, l'idĂ©e d'un festival international de cinĂ©ma en France[5]. Jean Zay est fortement intĂ©ressĂ© par la proposition[6], les AmĂ©ricains et les Britanniques l'encouragent dans ce sens. Plusieurs villes sont alors candidates, notamment Vichy, Biarritz et Alger mais c'est Cannes qui remporta les suffrages. Philippe Erlanger, associĂ© Ă  l'entreprise sera le premier dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du Festival[7].

En juin 1939, Louis LumiĂšre accepte d'ĂȘtre le prĂ©sident de la premiĂšre Ă©dition du Festival qui doit se dĂ©rouler du 1er au 20 septembre. Il avait alors dĂ©clarĂ© vouloir « encourager le dĂ©veloppement de l’art cinĂ©matographique sous toutes ses formes et crĂ©er entre les pays producteurs de films un esprit de collaboration Â». La sĂ©lection française est arrĂȘtĂ©e et comprend L'Enfer des anges de Christian-Jaque, La Charrette fantĂŽme de Julien Duvivier, La Piste du nord de Jacques Feyder et L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli.

Parmi les films Ă©trangers, on retrouve Le Magicien d'Oz de Victor Fleming, Au revoir Mr. Chips (Goodbye Mr Chips) de Sam Wood et Les Quatre plumes blanches (The Four Feathers) de Zoltan Korda.

Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois par adoption, crée l'affiche du 1er Festival, qui est d'ailleurs devenue célÚbre depuis.

DĂšs le mois d'aoĂ»t, les vedettes commencent Ă  affluer, la Metro-Goldwyn-Mayer affrĂšte un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer ou encore George Raft. On prĂ©voit des fĂȘtes mĂ©morables ; inspirĂ©s par le film Quasimodo, les AmĂ©ricains ont mĂȘme dans l'idĂ©e de construire une rĂ©plique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes[7]. Le 1er septembre, jour de l'ouverture officielle, les troupes allemandes pĂ©nĂštrent en Pologne, mettant du mĂȘme coup fin Ă  cette premiĂšre Ă©dition d'un Festival mort-nĂ©, et le 3 septembre, c'est la dĂ©claration de guerre de la France et du Royaume-Uni Ă  l'Allemagne.

Les débuts du Festival

La premiĂšre vĂ©ritable Ă©dition du Festival se dĂ©roule aprĂšs la guerre, du 20 septembre au 5 octobre 1946 dans l'ancien casino de Cannes grĂące, entre autres, Ă  la volontĂ© de la confĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale du travail[8], dont le rĂ©alisateur Louis Daquin est alors membre. La premiĂšre Ă©dition du Festival est financĂ©e par le MinistĂšre des Affaires Ă©trangĂšres et la ville de Cannes[9],[10],[11]. À l'origine le Festival devait concurrencer la Mostra de Venise mais l'Italie et la France Ă©tant redevenues des nations amies, il fut un temps pressenti que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque annĂ©e en alternance[12].

Ce contrat ne fut pas annoncĂ© au dĂ©part[13]. La France et les professionnels du cinĂ©ma n'Ă©taient donc pas au courant des Ă©changes entre la Mostra et le Festival. En 1946, le Festival avait eu un succĂšs considĂ©rable et les cinĂ©astes attendaient avec impatience l'Ă©dition suivante de 1947[13]
 Cependant, lorsque cet accord sera dĂ©voilĂ©, il sera vivement critiquĂ©, certains parleront mĂȘme d'« une capitulation de la France Â»[13], ainsi que l'annoncera le magazine La Technique Française.

Le Palais des Festivals et des CongrÚs, construit spécialement pour le Festival en 1979

L'Ă©dition suivante, en 1947, se fera de justesse, le Palais des Festivals Ă©tant construit par le syndicat dans la prĂ©cipitation[14], le gouvernement de l'Ă©poque refusant de financer un Festival annuel. C'est pour cela que la FĂ©dĂ©ration CGT des syndicats du spectacle siĂšge au conseil d'administration du Festival encore aujourd'hui[15]. D'ailleurs, cette annĂ©e-lĂ , sera instaurĂ© le principe d'Ă©galitĂ©. C'est-Ă -dire que les organisateurs du Festival avaient dĂ©cidĂ© que le jury ne devait ĂȘtre composĂ© que d'un reprĂ©sentant par pays[16].

Ainsi, en 1947, a lieu l'inauguration du Palais des Festivals et des CongrĂšs (Ă©galement appelĂ© Palais Croisette) qui sera remplacĂ© par un nouveau palais en 1983. L'inauguration du Palais Croisette se fera le soir du 11 septembre 1947 (et le Festival du 12 au 25). C'est grĂące au docteur Picaud, maire de Cannes, que ce nouveau palais voit le jour. Seule la toiture n'est pas terminĂ©e[17] et elle s'envolera lors d'un violent orage en fin de Festival. C'est le Casino municipal qui servira de relais pour le bal de clĂŽture et la remise des prix[18].

C'est aussi en 1947 que Robert Favre Le Bret rejoint la direction du Festival de Cannes. Il instaurera alors la Commission de sĂ©lection. Le principe Ă©tait simple : le Centre national de la cinĂ©matographie devait donner Ă  la commission de sĂ©lection les dates et rĂšglements des autres festivals internationaux en prĂ©cisant les dĂ©lais de l'envoi des films. Les producteurs Ă©taient ensuite informĂ©s et pouvaient ainsi envoyer leur(s) film(s) Ă  la Commission. Celle-ci Ă©tablissait ensuite la sĂ©lection. Ces films devaient ĂȘtre conformes aux rĂšgles de censure de l'Ă©poque. MalgrĂ© ce choix libre, la liste devait tout de mĂȘme ĂȘtre validĂ©e par le MinistĂšre qui s'occupait de la CinĂ©matographie, et celui des Affaires Ă©trangĂšres, du moins durant la pĂ©riode de la Guerre froide[19]. Ainsi, durant l'annĂ©e 1947, le Festival s'institutionnalise, s'organise, et trouve ses marques au sein de l'Europe, dont les festivals de cinĂ©ma se multiplient, mĂȘme s'il n'aura pas lieu en 1948 et en 1950 officiellement en raison de problĂšmes budgĂ©taires[20], ou peut-ĂȘtre officieusement Ă  cause du contrat avec la Mostra de Venise, qui visait Ă  les faire se dĂ©rouler en alternance un an sur deux[12].

À la fin de l'accord avec la Mostra de Venise, en 1951, le Festival aura enfin lieu durant le printemps, et n'aura plus Ă  subir la concurrence de la Mostra de Venise et du Festival de Locarno qui se dĂ©roulaient sensiblement Ă  la mĂȘme date. Quatre ans plus tard, en 1955, est crĂ©Ă©e la Palme d'or, Ă  l'initiative de Robert Favre Le Bret. Jusque lĂ , c'Ă©tait le Grand prix qui Ă©tait remis. Le DĂ©lĂ©guĂ© GĂ©nĂ©ral avait alors rĂ©uni tout le Conseil d'Administration du Festival et invitĂ© des joailliers de toute l'Europe pour prĂ©senter leur reprĂ©sentation de la Palme d'or[21]. C'est le dessin de Lucienne Lazon qui remporte l'approbation du Conseil. C'est cette mĂȘme annĂ©e que Delbert Mann se voit remettre la premiĂšre Palme de l'histoire, pour Marty. Mais, de 1964 Ă  1974, le Grand prix reprend sa place, pour finalement disparaĂźtre Ă  jamais.

Les hĂ©sitations des premiĂšres annĂ©es se rĂ©solvent donc Ă  partir des annĂ©es 1950 et Cannes s'impose comme la grand-messe du cinĂ©ma mondial. Le dĂ©sir du critique AndrĂ© Bazin, qui voulait que le festival s'occupe un peu moins de mondanitĂ©s, de patriotisme ou de diplomatie et un peu plus de cinĂ©ma, devient rĂ©alitĂ©[22]. Les plus grands cinĂ©astes y prĂ©sentent certaines de leurs Ɠuvres majeures : Roberto Rossellini, Federico Fellini, Ingmar Bergman, Elia Kazan, Joseph Mankiewicz, Robert Wise, William Wyler, Michelangelo Antonioni, Vittorio de Sica, Andrzej Wajda, Satyajit Ray, Luis Buñuel ou encore Akira Kurosawa.

De nouvelles ambitions

En 1959, le Grand Prix de la mise en scĂšne vient rĂ©compenser François Truffaut pour Les Quatre Cents Coups, lui qui en tant que critique avait fustigĂ© un festival de promotion et de thĂ©Ăątre politique, condamnĂ© Ă  disparaĂźtre donc : la boucle est bouclĂ©e d'autant qu'Ă  ce moment-lĂ , Alain Resnais revient trois ans aprĂšs fait scandale avec son documentaire sur les camps de concentration Nuit et brouillard et prĂ©sente Hiroshima mon amour qui est un choc[22]. La Nouvelle vague est lancĂ©e. C'est d'ailleurs cette mĂȘme annĂ©e qu'est fondĂ© le MarchĂ© du film. Il va alors donner au Festival une dimension commerciale, il rendra aussi plus facile les Ă©changes entre vendeurs et acheteurs de l'industrie du film. Depuis bientĂŽt cinquante ans d'activitĂ©, le MarchĂ© du film est devenu la premiĂšre plate-forme mondiale pour le commerce international du film[23]. En 2007, il a accueilli plus de 10 000 participants provenant de 91 pays diffĂ©rents[24].

Dans les annĂ©es 1960, la notion de « film de festival Â» fait dĂ©bat[22] mais on dĂ©couvre de nouveaux rĂ©alisateurs dont le talent est immĂ©diatemment reconnu et le travail largement rĂ©compensĂ© : AndreĂŻ Tarkovski, MiklĂłs JancsĂł, IstvĂĄn SzabĂł ou encore Glauber Rocha.

On remarquera en 1962 la premiĂšre Semaine Internationale de la Critique[25], alors crĂ©Ă©e dans le but « de mettre Ă  l’honneur les premiĂšres et deuxiĂšmes Ɠuvres des cinĂ©astes du monde entier Â»[26]. Depuis un certain temps, on parle, dans les rues de Cannes, de projections privĂ©es, Ă  propos de la Semaine Internationale de la Critique. Effectivement, des projections du Miramar, une salle de cinĂ©ma de Cannes, ont tendance Ă  ĂȘtre rĂ©servĂ©es aux cĂ©lĂ©britĂ©s du cinĂ©ma, comme avec l'entrĂ©e de Alejandro GonzĂĄlez Iñårritu, Walter Salles, Guillermo del Toro, Javier Bardem, Carlos Reygadas et Harmony Korine, qui eux n'ont pas pris la file d'attente, contrairement Ă  des cinĂ©philes qui ont dĂ» attendre deux heures pour ne pas entrer, finalement. D'autre part, la Semaine internationale de la critique accueille sept courts et sept longs mĂ©trages en compĂ©tition mais visionne plusieurs autres films hors compĂ©tition. Ainsi François Ozon, Alejandro GonzĂĄlez Iñårritu, Julie Bertucelli ou encore ÉlĂ©onore Faucher y ont Ă©tĂ© dĂ©couverts[27]. Deux ans plus tard, en 1965, le Festival rend hommage Ă  Jean Cocteau, dĂ©cĂ©dĂ© le 11 octobre 1963, en le nommant prĂ©sident d'honneur du Festival Ă  vie. L'annĂ©e d'aprĂšs, le prĂ©sident du jury est une femme, c'est Olivia de Havilland ; c'Ă©tait la premiĂšre fois qu'une femme occupait ce poste.

Mais, malgrĂ© ce dĂ©veloppement considĂ©rable, le Festival de Cannes 1968 sera interrompu le 19 mai. Alors que des universitĂ©s se ferment, les sĂ©ances de projections officielles du Festival sont souvent annulĂ©es Ă  cause de manifestants Ă©tudiants[28]. DĂšs le 13 mai, ces Ă©tudiants avaient commencĂ© Ă  envahir le Palais des Festivals. Le 18 mai, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Claude Berri, Roman Polanski, Louis Malle et Jean-Pierre LĂ©aud se mĂȘlent au mouvement Ă©tudiant qui agite Cannes[29]. Ils se rĂ©volteront aussi contre le ministre de la culture AndrĂ© Malraux qui avait alors dĂ©mis Henri Langlois de son poste de directeur de la CinĂ©mathĂšque française[28]. Pour aider ces cĂ©lĂ©britĂ©s, Alain Resnais, Carlos Saura et MiloĆĄ Forman retirent leur film en compĂ©tition de la sĂ©lection cannoise. Le Festival est pris d'assaut, et devient un lieu politique. C'est ainsi que le 19 mai, les organisateurs dĂ©cident d'annuler le Festival, ce qui constitua une premiĂšre dans l'histoire du cinĂ©ma[28].

Des changements majeurs

La devanture du Palais des Festivals en 2001

En 1969, Pierre-Henri Deleau crĂ©a la Quinzaine des rĂ©alisateurs et la dirigera durant trente ans. Ce nouvel Ă©vĂ©nement avait alors Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour prĂ©senter des films Ă©trangers rĂ©alisĂ©s par des cinĂ©astes encore peu connus du public[30], et qui ne faisaient pas partie de la sĂ©lection. Le maxime de la Quinzaine Ă©tait alors « CinĂ©ma en libertĂ© Â». Pour sa premiĂšre Ă©dition, l'Ă©vĂ©nement est organisĂ© en Ă  peine deux mois, ce qui n'a pas laissĂ© le temps Ă  une sĂ©lection de films : soixante deux longs mĂ©trages, et vingt six courts mĂ©trages sont donc projetĂ©s[31] gratuitement : le public est libre d'y entrer. Le premier film Ă  faire l'ouverture de la Quinzaine est celui du cubain Manuel Octavio GĂłmez : La PremiĂšre charge. Ce long mĂ©trage recevra directement aprĂšs sa projection un distributeur japonais.
La Quinzaine des rĂ©alisateurs rendra, en 1977, un hommage Ă  Henri Langlois, dĂ©cĂ©dĂ© le 13 janvier 1977, en le mettant au premier plan sur l'affiche du Festival. Puis, de 1981 Ă  1983, la Quinzaine crĂ©era la section Super 8, mais qui n'eut pas un grand succĂšs[32].

En 1972, le Festival de Cannes changera de figure : Robert Favre Le Bret est nommĂ© prĂ©sident et Maurice Bessy est Ă©lu dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral. Ce changement majeur a donnĂ© un renouveau Ă  la cĂ©rĂ©monie. Avant cette date, les États choisissaient les films qui les reprĂ©senteraient au Festival[33]. DĂ©sormais, le nouveau dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral instaura les deux comitĂ©s de sĂ©lection, un pour la France, et un autre pour le cinĂ©ma international. Ce renouveau amĂšnera quelques problĂšmes pour la sĂ©lection du Festival de Cannes 1972[33]. L'annĂ©e suivante, une nouvelle section est inaugurĂ©e, Perspectives du cinĂ©ma français (aujourd'hui disparue). C'est en 1978 que les plus grandes modifications eurent lieu[34].

Gilles Jacob arrive alors au poste de dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du Festival et crĂ©e la CamĂ©ra d'or qui rĂ©compense le meilleur premier film de toutes les sections par l'intermĂ©diaire d'un jury indĂ©pendant et la section Un Certain Regard. Cette section a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour aider les films en marge Ă  la distribution. Un film ressort gagnant d'une sĂ©lection de vingt films. Le CinĂ©ma de genre est souvent mis Ă  l'honneur dans cette section. De plus, Gilles Jacob en profitera pour rĂ©duire la durĂ©e du Festival Ă  treize jours (elle Ă©tait auparavant de deux semaines), ce qui diminuera en mĂȘme temps le nombre de films sĂ©lectionnĂ©s[34]. Sous son impulsion, le festival cherche Ă  dĂ©fendre au mieux la libertĂ© d'expression et de crĂ©ation contre la censure et les pressions internationales[22]. De fait, des rĂ©alisateurs comme Carlos Saura, Luis GarcĂ­a Berlanga et Juan Antonio Bardem paraissent mieux armer pour lutter contre les prescriptions de la dictature franquiste et le GĂ©orgien Otar Iosseliani arrive Ă  Ă©viter les foudres de Moscou grĂące Ă  l'accueil favorable des festivaliers[35]. Des cinĂ©astes issus de pays en voie de dĂ©veloppement comme le Malien Souleymane CissĂ© trouvent de surcroĂźt, grĂące aux Ă©gards de la sĂ©lection, une audience internationale et un certain confort dans le financement et la diffusion de leurs Ɠuvres[22].

Les marches du Palais du Festival

Le festival s'Ă©mancipe et devient une manifestation autonome. D'autres modifications surviennent, surtout dans la constitution des jurys. En effet, alors que depuis ses dĂ©buts le jury est en grande partie composĂ© d'AcadĂ©miciens, il est dĂ©sormais composĂ© essentiellement de cĂ©lĂ©britĂ©s de l'industrie du cinĂ©ma. Cette orientation avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prise Ă  partir des annĂ©es 1960 et Fritz Lang devint le premier grand cinĂ©aste Ă  prĂ©sider le jury en 1964. MĂȘme si les jurĂ©s sont parfois des artistes n'appartenant pas au monde du 7e art ou des intellectuels (journalistes, Ă©crivains, critiques, professeurs en cinĂ©ma 
), le prĂ©sident du jury est aujourd'hui obligatoirement une personnalitĂ© du cinĂ©ma internationalement reconnue. Le dernier non-professionnel Ă  avoir prĂ©sidĂ© le jury est l'auteur amĂ©ricain William Styron en 1983.

On remarque aussi la présence du Festival sur les écrans télévisés par l'intermédiaire d'Antenne 2 dans les années 1970 et 1980 puis de Canal + dans les années 1990 et 2000. Depuis plus d'une dizaine d'années, les cérémonies d'ouverture et de clÎture sont télédiffusées en clair et en direct. Elles sont centrées autour d'un maßtre ou d'une maßtresse de cérémonie connu qui appelle sur scÚne les différents jurys et les célébrités choisies pour remettre les prix.

Le Palais des Festivals et des CongrĂšs de Cannes devait ĂȘtre agrandi. L'ancien palais mĂ©diterranĂ©en se transforme alors en « bunker Â»[36]. Ce nouveau palace est plus confortable et spacieux. Mais il ne fera pas l'unanimitĂ© au dĂ©part[37]. Les travaux ayant Ă©tĂ© pris en charge trop tard, la remise des prix de l'Ă©dition 1983 se fera dans la poussiĂšre. Ce qui avait failli faire arrĂȘter le Festival[36].
L'architecture du nouveau palais est assez monumentale et prĂ©sente 10 000 m2, les festivaliers le surnommeront alors « Le Bunker Â»[36]. On remarquera aussi cette annĂ©e la montĂ©e des marches d'Isabelle Adjani qui avait provoquĂ© la grĂšve des journalistes[38]. En 1984, on remarquera l'Ă©lection de Pierre Viot au statut de PrĂ©sident du Festival, en remplacement de Robert Favre Le Bret.

La Cinéfondation

Puis, en 1998, Gilles Jacob crĂ©Ă© la CinĂ©fondation pour soutenir la crĂ©ation d'Ɠuvres de cinĂ©ma dans le monde et aider Ă  l'entrĂ©e des nouveaux cinĂ©astes dans le cercle des cĂ©lĂ©britĂ©s[39]. C'est chaque annĂ©e une dizaine de rĂ©alisateurs ayant rĂ©alisĂ© un ou deux courts mĂ©trages de fiction qui est accueillie Ă  Cannes. Depuis sa crĂ©ation jusqu'en 2007, ce sont une quarantaine de pays et soixante-dix cinĂ©astes qui se sont rassemblĂ©s pour les treize jours de Festival. La CinĂ©fondation met Ă  disposition des rĂ©alisateurs une rĂ©sidence Ă  Paris et une aide Ă  l'Ă©criture d'un scĂ©nario. De plus, elle leur offre 800 â‚Ź par mois, et un accĂšs gratuit Ă  plusieurs salles parisiennes[39]. On remarque depuis les annĂ©es 2000 la projection de plus de mille films d'Ă©tudiants, qui sont tĂ©moins de la diversitĂ© et du dynamisme de la jeunesse des cinĂ©astes.
En 2005, l'Atelier est créé. L'Atelier est une section de la Cinéfondation. Il a été prévu pour mettre en contact les jeunes réalisateurs avec des célébrités pour la production ou la distribution de leur film[40].

En 2002, le Festival international du film prend officiellement le nom de Festival de Cannes, qui le désignait couramment[41].

Un Festival toujours d'actualité

Voir l' article connexe Festival de Cannes 2009

En 2007, Ă  l'occasion de sa 60e Ă©dition mais soixante et une annĂ©es aprĂšs sa premiĂšre Ă©dition en 1946, le Festival fĂȘte ses soixante ans. Cette Ă©dition est marquĂ©e par l'histoire du Festival, ce qui conduit ce dernier Ă  inviter Bernard Thibault, qui salue la volontĂ© de « marquer sa fidĂ©litĂ© Ă  l'histoire d'un Festival oĂč la CGT est presque chez elle, mĂȘme s'il a beaucoup changĂ© Â»[42].

Le Festival bat Ă  cette occasion son record de la projection du film le plus long. PrĂ©cĂ©demment dĂ©tenu par Parsifal (4 heures et 40 minutes), et Nos meilleures annĂ©es (6 heures), c'est le film de Ken Burns nommĂ© The War, un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale durant 14 heures, qui Ă©tablit un nouveau record.

Pour le 60e anniversaire du Festival de Cannes, Luc Besson, prĂ©sident du Festival de Cannes 2000, a crĂ©Ă© le Festival Cannes et Banlieues[43], dont le slogan est : Si tu ne peux pas aller Ă  Cannes, c'est Cannes qui viendra Ă  toi !. Ce Festival a pour but d'organiser dans plusieurs villes de la banlieue parisienne des projections de films de la sĂ©lection officielle, accompagnĂ©es d'un court mĂ©trage qui retracera les 60 ans du Festival de Cannes.

Depuis soixante ans, le Festival de Cannes a toujours innové et mis en lumiÚre des réalisateurs ou des cinématographies. De La Bataille du rail à IndigÚnes, de MichÚle Morgan à Penélope Cruz, l'histoire du cinéma a été écrite sur un tapis rouge[44]. Il innove aussi avec la récente installation du numérique dans les salles cannoises, et l'entrée du cinéma de genre et d'animation dans la sélection.

L'organisation du Festival

Sections du Festival de Cannes

Le Festival de Cannes comprend deux grandes sections qui englobent plusieurs sous-parties, dont la plus ancienne est La Semaine de la critique[45], crĂ©Ă©e en 1962. Voici la liste de ces sections :

Entrée pour la section Un Certain Regard
La sĂ©lection officielle :
Les sections parallĂšles crĂ©Ă©es par le Festival :
Les sections parallĂšles crĂ©Ă©es par un organisme extĂ©rieur :

SĂ©lection d'un film

Être sĂ©lectionnĂ© dans la compĂ©tition cannoise est un privilĂšge et un enjeu crucial pour un cinĂ©aste comme pour les producteurs qui souhaitent souvent envoyer des films dont le tournage n'est pas terminĂ©. Les Ɠuvres parvenues au comitĂ© de sĂ©lection subissent une longue file d'attente. D'ailleurs le public et les cinĂ©philes ne dĂ©couvrent la sĂ©lection finale qu'un mois avant le Festival : certains films sont effectivement sĂ©lectionnĂ©s tardivement, mais d'autres sont rĂ©servĂ©s officieusement depuis plusieurs mois, pour que le Festival ait l'exclusivitĂ© de l'Ɠuvre[46]. Le dĂ©lĂ©guĂ© du Festival, Gilles Jacob, instaure, dĂšs sa premiĂšre annĂ©e Ă  ce poste, le principe du film surprise avec L'Homme de marbre de Andrzej Wajda alors que le film Ă©tait interdit en Pologne. Les bobines sont cachĂ©es dans des boĂźtes sur lesquelles est inscrit un faux titre, ce qui permet au film de passer la frontiĂšre et de concourir au Festival de Cannes. L'Homme de fer, encore de Andrzej Wajda, a mĂȘme Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© alors que la compĂ©tition avait dĂ©jĂ  commencĂ©. De l'aveu de Gilles Jacob dans une interview au magazine Studio, « c'est le seul cas de figure oĂč un autre candidat aurait pu protester Â».
Au dĂ©part, les films Ă©taient sĂ©lectionnĂ©s par leurs États qui tentaient ensuite de faire pression sur le jury[47]. Cela durera jusqu’à la crĂ©ation de la DĂ©tente, comitĂ© de sĂ©lection, en 1972.

De nos jours, il existe deux types de comitĂ©s[48]. L'un, crĂ©Ă© par Gilles Jacob, et dirigĂ© aujourd'hui par Thierry FrĂ©maux, qui choisit les films Ă©trangers. Ce comitĂ© est composĂ© de quatre membres : un journaliste, un rĂ©alisateur, un cinĂ©phile et Laurent Jacob, le fils de Gilles Jacob. Et un deuxiĂšme qui choisit les films français en compĂ©tition. Une part de mystĂšre est gardĂ©e sur la composition de ce jury.

Ces comitĂ©s visionnent plus de six films par jour. De plus, avec l'arrivĂ©e des documentaires, des films d'animation et des films de genre, le comitĂ© a dĂ» visionner quelques 3 200 longs mĂ©trages en 2005, et 4 000 en 2007[49].

De plus, pour qu'un film soit sélectionné, son tournage doit avoir été achevé moins de douze mois avant le Festival et il ne doit avoir été exploité que dans son pays d'origine. Il ne doit pas non plus avoir été présenté dans un autre Festival international. Pour les courts métrages, la durée maximum est quinze minutes[50].

Prix décernés

Clint Eastwood qui a reçu en 2008, le prix spécial du 61e anniversaire

Alors qu'en 1946, un Grand Prix Ă©tait remis Ă  un seul film, en 1947, les prix sont attribuĂ©s par catĂ©gories : on retrouve celle des films d’aventures et policiers, des dessins animĂ©s, des films psychologiques, d’aventures et d’amour, des films sociaux, et des comĂ©dies musicales. C’est d'ailleurs la seule annĂ©e oĂč ce systĂšme de rĂ©compenses sera utilisĂ©. DĂšs le dĂ©but, des prix pour la meilleure interprĂ©tation et la meilleure rĂ©alisation sont dĂ©cernĂ©s.

Dans les années 1950, et particuliÚrement sous la présidence de Jean Cocteau, certains prix à l'appellation un peu fantaisiste sont décernés tels que le Prix du film lyrique (1952), le Prix International du film de la bonne humeur (1953) ou encore le Prix International du film le mieux raconté par l'image (1953). Néanmoins, le Prix du Jury s'impose comme un classique et devient la seconde récompense majeure aprÚs le Grand Prix du Festival.

Avec l'arrivĂ©e de la Palme d'or, le titre des prix octroyĂ©s s'homogĂ©nĂ©ise mĂȘme si l'on trouve encore un Prix de l'humour poĂ©tique en 1957. Dans les annĂ©es 1960, le Prix SpĂ©cial du Jury fait son apparition en complĂ©ment du Prix du Jury et change rĂ©guliĂšrement d'intitulĂ©, entre « Grand Prix SpĂ©cial du Jury Â» et « Grand Prix du Jury Â» avant d'ĂȘtre finalement « Grand Prix Â». À l'origine il avait la mĂȘme valeur que la Palme, le premier allant au meilleur film dans la catĂ©gorie « art et essai Â» et la seconde au meilleur film destinĂ© au grand public[51]. Mais cette dĂ©finition ne fut jamais comprise, ni vraiment appliquĂ©e par les jurys successifs et cette distinction est aujourd'hui dĂ©finitivement perçue comme infĂ©rieure Ă  la Palme d'or mĂȘme si elle reste l'honneur le plus important aprĂšs celle-ci[52]. Il sera toutefois encore crĂ©Ă© par la suite des prix pour rĂ©compenser certains films n'ayant pas obtenus de prix « officiels Â» mais mĂ©ritant tout de mĂȘme, selon le jury, d'ĂȘtre mentionnĂ© au palmarĂšs. Ainsi furent distribuĂ©s des prix tels que le prix de la meilleure Ă©vocation d’une Ă©popĂ©e rĂ©volutionnaire en 1963 Ă  La TragĂ©die optimiste de Samsonov, ou le Grand prix du cinĂ©ma de crĂ©ation en 1983 remis Ă  Bresson et Tarkovski car le jury ne pouvait les dĂ©partager[53].

Ces prix ont la plupart du temps Ă©tĂ© crĂ©Ă©s pour l'occasion. Ainsi, pour que Mort Ă  Venise de Luchino Visconti, ne reparte pas bredouille en 1971, on lui attribue le prix du 25e anniversaire. Le rĂ©alisateur dira : « celui-lĂ , au moins, personne d'autre ne l'aura ! Â»[54]. Cette idĂ©e originale fait aujourd'hui partie de l'institution. Depuis, les membres du jury peuvent, s'ils le souhaitent, attribuer un prix spĂ©cial en l'honneur des grandes dates anniversaires du festival tous les cinq ans. GĂ©nĂ©ralement, cette distinction couronne l'Ɠuvre d'un grand metteur en scĂšne prĂ©sent dans la compĂ©tition. Pour rĂ©compenser la carriĂšre de Clint Eastwood et de Catherine Deneuve, le jury prĂ©sidĂ© par Sean Penn a eu, dans cet esprit, l'autorisation de crĂ©er un prix spĂ©cial pour le 61e anniversaire en 2008[55]. De mĂȘme, la prĂ©sidente du jury Isabelle Huppert a pu dĂ©cerner un Prix exceptionnel Ă  Alain Resnais en 2009 pour souligner sa contribution majeure Ă  l'histoire du cinĂ©ma[56]. Ce dernier s'est dailleurs dĂ©clarĂ© surpris et ravi d'obtenir « un prix non attendu dans une catĂ©gorie tout Ă  fait surprenante Â»[57].

Depuis 1955, le plus prestigieux des prix décernés à Cannes reste la Palme d'or, remise au meilleur film de la compétition. Le deuxiÚme prix le plus prestigieux est donc le Grand Prix.

Les décisions du jury

PrĂ©sident du jury en 2008 : Sean Penn

Les jurĂ©s du long mĂ©trage attribuent les 7 rĂ©compenses majeures : Palme d'or, Grand Prix, Prix de la mise en scĂšne, Prix d'interprĂ©tation fĂ©minine et masculine, Prix du scĂ©nario et Prix du jury[59].

Les personnalités françaises et étrangÚres appelées à composer le jury sont nommés par le conseil d'administration du festival[60]. Ne peut en faire partie quiconque a participé ou est intéressé à la production, la distribution ou la promotion d'un film en compétition[60].

Le rĂšglement concernant les dĂ©libĂ©rations du jury a Ă©voluĂ© avec le temps afin de pallier les excĂšs et les dĂ©bordements. AprĂšs que Barton Fink, en plus de la Palme d'or, obtint les prix de la meilleure rĂ©alisation et de la meilleure interprĂ©tation masculine en 1991, les jurĂ©s n’eurent alors plus le droit de donner plusieurs prix Ă  un mĂȘme film. Seul l'un des deux prix d’interprĂ©tation pouvait s’ajouter Ă  une autre rĂ©compense[61]. Par trois fois, les membres du jury ont toutefois dĂ©rogĂ© Ă  la rĂšgle, Ă  savoir en 1999 et en 2001 avec le Grand Prix et les deux prix d'interprĂ©tation attribuĂ©s respectivement Ă  L'humanitĂ© de Bruno Dumont[62] et Ă  La Pianiste de Michael Haneke[63] puis en 2003, annĂ©e oĂč 4 films seulement ont Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s. Le prĂ©sident du jury Patrice ChĂ©reau avait en effet, Ă  ce moment-lĂ , rĂ©clamĂ© une « violation exceptionnelle du rĂšglement Â» qu'il s'Ă©tait vu accorder et trois films Ă©taient repartis avec deux trophĂ©es chacun dont Elephant de Gus van Sant, aurĂ©olĂ© de la Palme d'or et du Prix de la mise en scĂšne[64].

Aujourd'hui, le rĂšglement s'est encore durci : le jury n'a droit qu'Ă  une seule mention ex ĂŠquo pour un prix et cette disposition ne peut plus s'appliquer Ă  la Palme d'or[59]. De plus, une Ɠuvre ne peut obtenir qu'une seule rĂ©compense au palmarĂšs mĂȘme si le film laurĂ©at du Prix du jury ou du Prix du scĂ©nario peut Ă©ventuellement, et uniquement sur autorisation du prĂ©sident du festival, recevoir l'un des deux prix d'interprĂ©tation en complĂ©ment[59].

Le contenu des discussions du jury n'est pas révélé à la presse. Il n'est pas interdit aux jurés de lire les journaux ou de regarder la télévision mais cela leur est fortement déconseillé[65]. De plus, ils se doivent de respecter une certaine loi du silence, sans échanger à d'autres qu'eux leur opinion[66]. En clÎture des débats, ils procÚdent à un vote à scrutin secret pour désigner les gagnants[60]. La décision des votants est prise à la majorité absolue aux deux premiers tours de scrutin et à la majorité relative aux deux tours suivants[60]. Le président du festival et le délégué général assistent aux délibérations mais n'y participent pas[60]. Ils veillent malgré tout à leur bon déroulement[67] et le président valide le palmarÚs[67]. Il est interdit au jury de prendre ses décisions avant le dimanche de la cérémonie de clÎture et celles-ci ne sont révélées qu'au soir, lors de l'annonce officiel des résultats par le président du jury[67]. Ce dernier n'a pas de double voix et le choix du nombre impair de jurés, depuis quelques années, évite les cas d'égalité[67]. Les délibérations du jury ont lieu, depuis les années 1990, dans la villa Domergue, située sur les hauteurs de Cannes[68]. Le dernier jour, le quartier est bouclé par la police et est interdit aux photographes, aux badauds ou aux curieux[65]. Le jury y passe la journée totalement coupé du monde avec téléphones portables confisqués pour éviter les fuites de derniÚre minute[69]. Depuis 2004, il a la possibilité de s'exprimer sur ses choix lors d'une conférence de presse suivant la remise des prix[70].

Direction du Festival

Année Nom RÎle
1949 Jean Touzet du Vigier â–ș SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral
1952 Robert Favre Le Bret â–ș DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral
1972 Robert Favre Le Bret â–ș PrĂ©sident
1972 Maurice Bessy â–ș DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral
1978 Gilles Jacob â–ș DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral
1984 Pierre Viot â–ș PrĂ©sident
1984 Robert Favre Le Bret â–ș PrĂ©sident d'honneur
1985 Michel P. Bonnet â–ș SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral
1991 François Erlenbach â–ș SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral
2001 Gilles Jacob â–ș PrĂ©sident
2001 VĂ©ronique Cayla â–ș Directrice gĂ©nĂ©rale
2001 Thierry FrĂ©maux â–ș DĂ©lĂ©guĂ© artistique
2005 Catherine DĂ©mier â–ș Directrice gĂ©nĂ©rale

Le Festival de Cannes est dirigĂ© par plusieurs personnes, aux postes trĂšs diffĂ©rents. Ces diffĂ©rentes fonctions s'expliquent de l'Ă©volution et de la croissance du Festival : jusqu'en 2000, deux personnes s'occupaient de la direction : le PrĂ©sident et le DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral, qui occupait lui-mĂȘme les places de directeur gĂ©nĂ©ral et de directeur artistique. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Ă©tait placĂ© Ă  l'intendance.

Mais, en 2001, lorsque Gilles Jacob est promu PrĂ©sident, deux personnes supplĂ©mentaires furent employĂ©es pour remplacer les anciennes fonction du nouveau prĂ©sident : une directrice gĂ©nĂ©rale, et un dĂ©lĂ©guĂ© artistique qui s'occupera de la sĂ©lection des films. Un contrĂŽleur financier rentrera en 2001 dans le cercle de la direction du Festival de Cannes.

Ci-droite, les personnes qui ont occupĂ© ces places depuis la crĂ©ation du Festival, jusqu’à aujourd'hui[71] :

Thierry Frémaux, Gilles Jacob et Véronique Cayla accueillant les équipes nominées au Festival de Cannes 2009
SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral 
Le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral s'occupe de la rĂ©ception d'Ɠuvres
DĂ©lĂ©guĂ© artistique 
Pour ĂȘtre DĂ©lĂ©guĂ© Artistique au Festival de Cannes, il faut avoir une connaissance sur l'histoire de l'art. Cette personne devra ensuite suivre une formation aux techniques cinĂ©matographiques, puisqu'elle s'occupe de la sĂ©lection des films
DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral 
Le Délégué général est recruté par le Président du Festival. Il s'occupe de vérifier que les tùches se déroulent normalement, en les coordonnant. Il est aussi le représentant des techniciens auprÚs du Président
PrĂ©sident 
Le PrĂ©sident est le « directeur Â» du Festival. Il accueille les cĂ©lĂ©britĂ©s du monde du cinĂ©ma en haut des marches. Mais il est aussi lĂ  pour diriger les autres personnes travaillant pour le Festival
Directeur gĂ©nĂ©ral 
Le Directeur général est là pour superviser les tùches. C'est la deuxiÚme place la plus importante du Festival.

Le Cinéma français au Festival

Descente des marches par l'équipe du film Entre les murs, lauréat français de la Palme d'or en 2008.

Bien qu'organisĂ© en France, le Festival de Cannes ne privilĂ©gie pas pour autant le cinĂ©ma français. En effet les laurĂ©ats français de la Palme d'or sont rares : on remarque Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et Maurice Pialat (avec Sous le soleil de satan) en 1987, mais, plus rĂ©cemment, Laurent Cantet (avec Entre les murs), Palme d'or en 2008. En 2007, trois films français sur vingt-deux Ă©taient en compĂ©tition. Depuis 1966, c'est donc tous les vingt ans qu'un français est rĂ©compensĂ© par le prix suprĂȘme. Les organisateurs se justifient en disant que le Festival n'est pas seulement national mais international. D'ailleurs la France est le quatriĂšme pays dans le classement du nombre de laurĂ©ats de la Palme[72]. En 2007, la France devra se contenter du Prix du Jury pour PersĂ©polis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, la Palme d'or ayant Ă©tĂ© remise Ă  Cristian Mungiu pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.

Par ailleurs, le cinĂ©ma français, est soumis Ă  un comitĂ© de sĂ©lection spĂ©cifique, et fournit gĂ©nĂ©ralement trois des vingt deux candidats de la sĂ©lection officielle. Jusque dans les annĂ©es 1980, le ComitĂ© de sĂ©lection français, composĂ© de quatre Ă  vingt personnes selon les annĂ©es, Ă©tait nommĂ© par le ministre de la Culture. En 1983, Daniel Toscan du Plantier et Alain Terzian persuadĂšrent le ministre de laisser le Festival sĂ©lectionner les films français. Pour Ă©viter une surcharge de travail, Gilles Jacob crĂ©era la mĂȘme annĂ©e un comitĂ© de sĂ©lection dĂ©diĂ© aux films français dont il choisit lui-mĂȘme les conseillers et dont le nombre n’est pas prĂ©dĂ©fini[73]. Les laurĂ©ats français de la Palme d'or sont au nombre de huit, avec notamment Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et, dernier Ă  ce jour, Laurent Cantet (avec Entre les murs) en 2008.

Depuis 1946, les lauréats français du Grand prix ou de la Palme d'or, le prix principal du Festival, selon la date, sont Jean Delannoy avec La symphonie pastorale en 1946, Henri-Georges Clouzot avec Le Salaire de la peur en 1953, Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle avec Le Monde du silence en 1956, Henri Colpi avec Une aussi longue absence en 1961, Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Claude Lelouch avec Un homme et une femme en 1966, Maurice Pialat avec Sous le soleil de Satan en 1987 et en 2008, Laurent Cantet avec Entre les murs.

Les Leçons

Le Festival de Cannes inaugurera en 1991 La leçon de cinéma. Cette leçon est dirigée par un célÚbre cinéaste[74]. On remarque notamment Nanni Moretti, Oliver Stone, Stephen Frears, Francesco Rosi, Wong Kar-wai, Martin Scorsese et Sydney Pollack. Ainsi, de par leur style, ils illustrent leurs moments forts, leur parcours d'artiste dans le monde du cinéma et leurs visions du film idéal. Ces leçons ont été conçues pour faire aimer et découvrir le cinéma dans un esprit de dialogue créatif et ouvert. Les admirateurs de célébrités pourront ainsi les découvrir plus concrÚtement qu'à la montée des marches, par exemple. Le public pourra par ailleurs apprendre à connaßtre le métier de réalisateur, et découvrir la cinématographie. Des leçons de cinéma de cette envergure n'ont jamais été présentées dans des festivals internationaux auparavant, comme à la Mostra de Venise ou durant la Berlinale, il aura fallu attendre l'idée de Gilles Jacob pour pouvoir y participer.

En 2003, La leçon de musique est créée sur le modÚle des Leçons de cinéma. C'est ici qu'un grand compositeur de musiques de film partagera sa carriÚre musicale avec le public. Se sont succédé Nicola Piovani, Howard Shore et Alexandre Desplat par exemple.

Puis, en 2004, c'est au tour de la Leçon d'acteur d'ĂȘtre innovĂ©e. On a dĂ©jĂ  retrouvĂ© Catherine Deneuve, Max Von Sydow et Gena Rowlands.

Le public, qui a rarement accĂšs aux projections officielles, peut alors avoir un contact direct avec les cĂ©lĂ©britĂ©s devenues « professeurs Â». C'est sur le ton de la confession intime qu'un Ă©change unique dans le monde a Ă©tĂ© mis en place par Gilles Jacob. C'est un partage concret oĂč chaque professionnel se livre aux questions des plus curieux, en racontant ses expĂ©riences vĂ©cues.

Protocole cannois

Une Starlette Ă  Cannes

Pendant une dizaine de jours, la ville de Cannes est entiĂšrement chamboulĂ©e par le Festival. La Croisette est envahie par plus de 4 500 journalistes. Durant les deux premiĂšres semaines de mai[75], les foules du cinĂ©ma affluent. Ainsi, un protocole s'est instaurĂ© dans ce Festival International. Quelques Cannois Ă©voquent le Festival d'antan avec nostalgie[76]. D'ailleurs, Marina Vlady avouera dans le documentaire Cannes, 60 ans d'histoire qu'avant les starlettes venaient Ă  Cannes pour un rendez-vous d'amour et d'amitiĂ©, que les cĂ©lĂ©britĂ©s pouvaient parler aux passants dans la rue. Tandis que maintenant, elle blĂąme les voitures blindĂ©es, les gardes du corps, 
 L'actrice dira que le Festival de Cannes vient de perdre un rapport social[77].

Chaque soir durant le Festival, est projetĂ© un film de la compĂ©tition. La presse est conviĂ©e la veille pour la projection de ce mĂȘme film ou bien aux sĂ©ances du matin ouvertes aux personnes possĂ©dant une invitation officielle, et aux mĂ©dias. Effectivement, les projections officielles du soir se font en prĂ©sence de l'Ă©quipe du film visionnĂ©, aprĂšs la cĂ©lĂšbre montĂ©e des marches. Des invitĂ©s sont aussi prĂ©sents, comme des cĂ©lĂ©britĂ©s, des notables, et des reprĂ©sentants de certains grands organismes dont l'influence est importante. On voit tout de mĂȘme quelques festivaliers amateurs, n'ayant pas d'invitation, attendre au pied des marches qu'on leur en donne une, mais rares sont ces privilĂ©giĂ©s.
De plus, il existe une priorité d'entrée aux projections pour la presse. Les accréditations des milliers de journalistes, photographes ou rédacteurs présents sont réparties selon cinq niveaux stricts qui déterminent l'ordre d'entrée dans la salle[76]. L'attribution des niveaux d'accréditation est décidée par le service de presse, qui tranche en fonction de l'importance des tirages, de l'ampleur de la couverture par le titre, de la fréquence de parution et du nombre d'accréditations demandées[78].

Les accrĂ©ditations considĂ©rĂ©es comme les « moins importantes Â» Ă©tant les « Cannes CinĂ©philes Â», ceux-ci ont plus de difficultĂ©s Ă  assister aux projections, cela variant en fonction du nombre de personnes voulant y assister. Au cours de l'Ă©dition 2009, la rĂ©glementation a subitement changĂ© et les « Cannes CinĂ©philes Â», mĂȘme munis d'un billet pour la projection, n'ont plus eu les moyens d'entrer dans le Grand Palais. Aucune explication n'a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  cette subite interdiction d'entrer mais il semble simplement que les hauts lieux du Festival de Cannes ne considĂšrent pas les « Cannes CinĂ©philes Â» comme assez importants pour entrer. Nombre de festivaliers considĂšrent cela comme un coup portĂ© Ă  la culture, puisque le Festival se prive d'un coup de milliers de cinĂ©philes[79].

Une tenue stricte est exigĂ©e lors de la montĂ©e des marches[76]. Les hommes sont tenus traditionnellement au smoking et les femmes Ă  une robe de soirĂ©e, souvent signĂ©e par des couturiers de renommĂ©e mondiale[80], ce qui n'a pas empĂȘchĂ© Pablo Picasso de monter les marches avec une veste en peau de mouton lors du Festival 1953[81].
Mais, depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, le Festival a tendance Ă  s'ouvrir plus largement au public, les dirigeants ont crĂ©Ă© des soirĂ©es de projections de longs mĂ©trages divers hors-compĂ©tition gratuites, oĂč tout le monde peut entrer.

Cannes fait le mur

Rendez-vous annuel depuis 2004, « Cannes fait le mur Â» est une exposition de diverses photographies grandeurs nature de cinĂ©astes, exposĂ©es entre les maisons, ou sur des monuments. Ces photos sont imprimĂ©es sur des kakĂ©monos, de grandes bĂąches perforĂ©es pour ne pas se balancer avec la pression du vent. AttachĂ© au projet, c'est Denis Rouvre, photographe professionnel, qui s'occupe du choix des images, et des lieux oĂč elles seront suspendues. On les retrouve notamment sur l'espace Ranguin, l'immeuble Alexandra Ă  la Bocca, sur le lycĂ©e Jules Ferry, la mairie, ou encore sur l'hĂŽtel Renoir.

Pour ce faire, Corbis-Outline place ses Ɠuvres dans le domaine public et Multiplast fourni gratuitement les baches[82]. MalgrĂ© ce volontariat, ce sont 40 000 â‚Ź dĂ©pensĂ©s pour le montage, et le dĂ©montage des toiles.
Cet évÚnement est organisé en collaboration entre la mairie de Cannes et le Festival de Cannes.

Loin des photographes et des touristes, le studio montable n'est en fait qu'un photomaton, et seul, le cinéaste photographié est totalement libre de faire ses photographies, comme il l'entend. Dévoilés au cannois, sept artistes sont exposés durant le Festival de Cannes dans toute la ville.

Parmi les célébrités exposées, on retrouve Samuel L. Jackson, Elijah Wood, Rossy de Palma, Kevin Bacon ou encore Maïwenn Le Besco.

La portée et l'influence du Festival

Le Marché du film

Créé en 1959, le Marché du film est une des facettes commerciales du Festival international du film de Cannes[83]. Il est l'un des rendez-vous les plus importants au monde en ce qui concerne les rencontres, négociations et transactions de l'industrie du cinéma[83]. Il sert aussi à faire découvrir des projets aux distributeurs. Chaque année, il offre un aperçu de la production internationale actuelle en projetant plus de quatre milles films, du cinéma d'auteur aux grosses productions[83]. Le Marché est devenu trÚs important, il comptait dix milles participants de quatre-vingts-onze pays en 2000[83].
Il se déroule sur douze jours pendant le Festival de Cannes. Pour les producteurs, ce marché est trÚs significatif, puisque porter son badge revient à pouvoir participer à toutes les projections officielles[83].
Il se démarque des projets parallÚles en étant le premier et le seul à proposer trente salles équipées en matériel numérique.

En 2004, le Marché crée le Producers Network, sous-section de ce dernier, qui aura un succÚs dÚs sa premiÚre édition[84]. Cette section est réservée aux producteurs d'au moins un film sorti en salles au cours des trois années précédentes. Le Producers Network aide à la coproduction internationale, par le biais de dialogues entre professionnels. Pour se faire, les producteurs possÚdent chacun vingt minutes pour présenter leur projet à d'autres producteurs plus importants. Chaque année, il accueille cinq cents producteurs étrangers[85].

Pour faciliter ces Ă©changes de vingt minutes, et la production, le Producers Network a inaugurĂ© en 2004 une salle oĂč sont disposĂ©es des tables rondes, oĂč tous les matins, pendant le Festival, les producteurs viendront dĂ©jeuner, et discuter de leurs projets[85]. Le Producers Network se dĂ©roule au cƓur du Village International.
Il a aussi créé en 2007 le Speed dating, soirée thématique, réalisé en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et le Centre national de la cinématographie (CNC).

Les sponsors et les médias

Penélope Cruz, lauréate du Prix d'interprétation féminine en 2006 et critiquée pour son parrainage de la firme L'Oréal

Si le Festival de Cannes est le deuxiĂšme Ă©vĂšnement le plus mĂ©diatisĂ© au monde, c'est grĂące aux trois cents chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision prĂ©sentes sur place, comme Canal+ qui a dĂ©boursĂ© six millions et demi d'euros pour l'Ă©dition 2007 par exemple[86], et aux multiples parraineurs. On remarque en particulier Kerry Washington, Gong Li et Andie MacDowell lors de la montĂ©e des marches 2007, reprĂ©sentant L'OrĂ©al, groupe industriel français spĂ©cialisĂ© dans les cosmĂ©tiques et la beautĂ©. D'ailleurs, PenĂ©lope Cruz qui avait remportĂ© le Prix d'interprĂ©tation fĂ©minine pour Volver avait Ă©tĂ© critiquĂ©e pour son parrainage avec ce groupe industriel[87]. La collaboration entre le Festival et L'OrĂ©al a fĂȘtĂ© ses dix ans en 2007.

De multiples journaux de presse Ă©crite sont aussi prĂ©sent sur la Croisette, comme Paris Match, ou Le Monde. On retrouve de mĂȘme des magazines de cinĂ©ma avec PremiĂšre, ou CinĂ© Live.

Le transport des cĂ©lĂ©britĂ©s dans Cannes est trĂšs prisĂ©. Renault, transporteur officiel des cĂ©lĂ©britĂ©s jusqu'au Palais des Festivals et des CongrĂšs de Cannes, et sa Vel Satis, qui, en 2007, fĂȘtaient leurs vingt cinq ans de collaboration[88], mais aussi Audi, qui a d'ailleurs signĂ© un contrat avec Jean Roch, directeur du VIP Room, pour trois ans[89].

Aussi, les maĂźtres de cĂ©rĂ©monie sont-ils habillĂ©s par des « grands de la mode Â», qui en profitent pour ĂȘtre vus du public : Diane Kruger, maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie de l'Ă©dition 2007, a portĂ© une robe drapĂ©e en satin bleu nuit de Chanel, firme de la haute couture. Cette robe avait Ă©tĂ© spĂ©cialement crĂ©Ă©e pour elle par Karl Lagerfeld. C'est ici une autre maniĂšre de se faire remarquer par les foules[90].

Des cinĂ©philes critiqueront d'ailleurs la prĂ©sence imposante des mĂ©dias. Ils remarqueront le fait que les prix remis soient aussi touchĂ©s par les sponsors : la Palme d'or qui a Ă©tĂ© refondue par le joaillier suisse Chopard, lui a aussi Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©e en tant que producteur de cinĂ©ma. Mercedes-Benz s'occupe de la remise du prix de la Semaine internationale de la critique, et la Fondation Gan sponsorise le prix de la section Un Certain regard.

Le Festival cherche ainsi Ă  ĂȘtre sponsorisĂ©, les mĂ©dias retransmettent l'Ă©vĂšnement dans le monde entier, et les sponsors en font de la publicitĂ©. Ceci attire les foules. Mais, ce phĂ©nomĂšne Ă©vĂšnement mondial marche aussi Ă  l'inverse : les publicitaires se battent pour devenir partenaire officiel du Festival et ainsi ĂȘtre vus de tous. Voici les propos du groupe Maxell : « Ce sponsoring est une excellente opportunitĂ© pour Maxell, le Festival de Cannes est un Ă©vĂšnement planĂ©taire, diffusĂ© dans le monde entier, et qui jouit d’une reconnaissance importante Â»[91].

Voici en quelques chiffres la prĂ©sence des mĂ©dias en 2007[92] :

L'influence du Festival

Le Festival de Cannes est devenu au long des annĂ©es l'une des plus importantes cĂ©rĂ©monies de cinĂ©ma au monde. Ce mĂȘme Festival qui a Ă©tĂ© reconnu d'utilitĂ© publique et comme PremiĂšre grande manifestation culturelle internationale de l'AprĂšs-guerre en 1972 par le MinistĂšre de la Culture[93]. Dans le livre European Cinema : An Introduction (ISBN 0333752104), Jill Forbes et Sarah Street affirment que « Cannes est devenue extrĂȘmement important pour les intĂ©rĂȘts de la critique et du commerce, de plus les cinĂ©astes peuvent y promouvoir leurs films, 
 Â»[94].

Le Festival a acquis une notoriété qui se fonde sur l'équilibre entre la qualité artistique des films et leur impact commercial. De nombreuses célébrités mondiales du cinéma souhaitent venir pour la célÚbre montée des marches, et se créer ainsi une image de marque auprÚs des nombreux médias présents pour l'évÚnement. La presse attaque parfois le Festival, mais celui-ci garde son image, de plus son influence tend à augmenter d'année en année[95], avec un nombre toujours plus grand de visiteurs venus de l'étranger[96].

Le Festival a aussi un impact local : durant les deux semaines de Festival, la ville de Cannes voit sa population tripler, de 70 000 Ă  210 000 habitants[97], le chiffre d'affaire des commerces, hĂŽtels, restaurants de Cannes augmente Ă©normĂ©ment. Dans les heures prĂ©cĂ©dant l'ouverture du Festival, l'aĂ©roport et la gare de Cannes sont bouleversĂ©s. La ville est entiĂšrement rĂ©novĂ©e pour le Festival international du film qui rend Cannes rayonnante[98].

Les personnes les plus récompensées

Parmi tous les cinĂ©astes en compĂ©tition Ă  Cannes, quelques-uns d'entre eux ont Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©s pour leur art, leur style, ou leur genre. Leur cinĂ©ma leur a valu d'ĂȘtre rĂ©compensĂ© plusieurs fois. D'ailleurs, sur l'affiche officielle du Festival de Cannes 2007, mĂ©moire des 60 ans du Festival, ont Ă©tĂ© rassemblĂ©es neuf cĂ©lĂ©britĂ©s chouchous du Festival. On retrouve Souleymane CissĂ©, PenĂ©lope Cruz, Wong Kar-Wai, Juliette Binoche, Jane Campion, GĂ©rard Depardieu, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, et Pedro AlmodĂłvar[99].

Certains rĂ©alisateurs ont obtenu deux Palmes d'or : Francis Ford Coppola (avec Conversation secrĂšte et Apocalypse Now — partagĂ© avec un autre film dans le deuxiĂšme cas) ; Bille August (avec Pelle le conquĂ©rant et Les Meilleures Intentions) ; Shƍhei Imamura (avec La Ballade de Narayama et L'Anguille — partagĂ© avec un autre film dans le deuxiĂšme cas) ; Emir Kusturica avec (Papa est en voyage d'affaires et Underground) ; Luc et Jean-Pierre Dardenne avec (Rosetta et L'Enfant). Le cinĂ©aste suĂ©dois Alf Sjöberg avait aussi reçu la rĂ©compense suprĂȘme du festival Ă  deux reprises mais il ne s'agissait pas encore de la Palme d'or Ă  l'Ă©poque. Notons qu'en plus de ses deux Palmes, Emir Kusturica a Ă©galement obtenu Ă  Cannes le Prix de la mise en scĂšne (meilleur rĂ©alisateur) pour Le Temps des Gitans et le Prix de l'Éducation nationale pour La vie est un miracle. Les frĂšres belges Jean-Pierre et Luc Dardenne ont quant Ă  eux reçu un Prix du scĂ©nario en complĂ©ment pour Le Silence de Lorna et leurs comĂ©diens Émilie Dequenne et Olivier Gourmet se sont vu dĂ©cerner un prix d'interprĂ©tation chacun, respectivement pour Rosetta et Le Fils. Les frĂšres Coen, laurĂ©ats d'une seule Palme d'or, ont, eux, gagnĂ© le Prix de la meilleure rĂ©alisation Ă  trois reprises : pour Barton Fink, Fargo et The Barber et Wim Wenders, lui aussi rĂ©cipendaire d'une Palme en 1984 pour Paris, Texas, est reparti avec le Prix du meilleur rĂ©alisateur pour Les Ailes du dĂ©sir trois ans plus tard ainsi qu'avec le Grand Prix du jury en 1993 pour Si loin, si proche.

Lars Von Trier, récompensé à plusieurs reprises au Festival

Par ailleurs, avant d'ĂȘtre palmĂ©s, certains rĂ©alisateurs sont passĂ©s par plusieurs rĂ©compenses intermĂ©diaires comme Lars von Trier, d'abord dĂ©tenteur de deux Prix de la Commission supĂ©rieure technique (pour Element of crime et Europa), d'un Prix du Jury (pour Europa) et d'un Grand Prix (pour Breaking the waves) avant de triompher avec Dancer in the dark. Ken Loach a Ă©tĂ© deux fois vainqueur du Prix du Jury, pour Riff-raff et Raining stones, avant la consĂ©cration du Vent se lĂšve et Michael Haneke a, lui, Ă©tĂ© aurĂ©olĂ© d'un Grand Prix pour La Pianiste et d'un Prix de la mise en scĂšne pour CachĂ© avant le sacre du Ruban blanc en 2009.

En outre, plusieurs cinĂ©astes sont des habituĂ©s du palmarĂšs mĂȘme s'ils n'ont jamais gagnĂ© la Palme d'or comme Robert Bresson ou encore AndreĂŻ Tarkovski qui a obtenu trois fois le Grand Prix, Ă  savoir pour Solaris, Nostalghia et Le Sacrifice. Bruno Dumont, lui, l'a remportĂ© deux fois (pour L'humanitĂ© et Flandres) et a Ă©galement reçu une mention spĂ©ciale CamĂ©ra d'or pour la Vie de JĂ©sus, son premier long mĂ©trage.

Peu d'acteurs ont obtenu deux Prix d'interprĂ©tation masculine : Marcello Mastroianni (pour son rĂŽle dans Drame de la jalousie et Les Yeux noirs) ; Dean Stockwell (pour son rĂŽle dans Le GĂ©nie du mal et Long voyage vers la nuit —à chaque fois partagĂ© avec deux autres acteurs) ; Jack Lemmon (pour son rĂŽle dans Missing et Le Syndrome chinois).

Des actrices ont Ă©galement obtenu deux Prix d'interprĂ©tation fĂ©minine : Isabelle Huppert (pour son rĂŽle dans Violette NoziĂšre et La Pianiste — partagĂ© avec une autre actrice dans le premier cas) ; Helen Mirren (pour son rĂŽle dans Cal et La Folie du roi George) ; Barbara Hershey (pour son rĂŽle dans Le Bayou et Un monde Ă  part — partagĂ© avec deux autres actrices dans le deuxiĂšme cas) ; Vanessa Redgrave (pour son rĂŽle dans Morgan et Isadora). À noter qu'Isabelle Huppert dĂ©tient le record de films en sĂ©lection officielle pour une comĂ©dienne (17 au total)[100].

Certains cinĂ©astes ont souvent vu leurs films sĂ©lectionnĂ©s par le Festival de Cannes. On peut citer Federico Fellini et Carlos Saura (avec 11 films sĂ©lectionnĂ©s) ; Ingmar Bergman et AndrĂ© TĂ©chinĂ© (avec 10 films sĂ©lectionnĂ©s) ; Wim Wenders, Luis Buñuel, Michael Cacoyannis, Ettore Scola et Andrzej Wajda (avec 9 films sĂ©lectionnĂ©s) et enfin Claude Lelouch (avec 7 films sĂ©lectionnĂ©s).

Autour du Festival

Le Festival et Cannes

La baie de Cannes

Évoquer Cannes dans le monde revient Ă  parler du Festival international du Film de Cannes[101]. « Cannes Â» Ă©voque les cĂ©lĂ©britĂ©s du monde du cinĂ©ma et la montĂ©e des marches, reprĂ©sentant simplement la cĂ©rĂ©monie. Il est Ă©tonnant que les cannois ne se plaignent pas de la rĂ©duction de leur ville Ă  quelques mĂštres de tapis rouge[101].

Le Festival de Venise ou le Festival de Berlin interpellent le public pour d'autres éléments que les films en compétition. D'ailleurs évoquer les noms de ces capitales ne revient pas à parler de leurs cérémonies internationales. Des chansons existent sur ces villes, contrairement à Cannes, qui ne connaßt que Cannes la braguette de Léo Ferré, d'ailleurs quelque peu péjorative[102].

C'est ainsi que certains diront que le Festival profite de sa popularitĂ© sans pour autant ĂȘtre populaire[103]. Ils utiliseront le fait que le public n'a pas l'accessibilitĂ© aux sĂ©lections officielles contrairement aux professionnels.

Les fĂȘtes du Festival

Le « Majestic Â»

À ses dĂ©buts, le Festival Ă©tait surtout un Ă©vĂ©nement mondain et les films n'Ă©taient en fait qu'un prĂ©texte pour se rencontrer. Ce qui comptait vraiment c'Ă©tait les rĂ©ceptions et les fĂȘtes dans les villas de la CĂŽte d'Azur. Ces fĂȘtes organisĂ©es pour la plupart par La Begum, la femme de l'Agha Khan, dans sa villa Yakimour ont fait la rĂ©putation de Cannes[104].

Aujourd'hui, le Festival est considĂ©rĂ© comme un lieu de promotion unique Ă  l'international pour les films et les acteurs. En dehors des confĂ©rences de presse habituelles, la tradition s'est imposĂ©e de donner une fĂȘte pour les grosses productions. Ces fĂȘtes ont un thĂšme qui est liĂ© aux films, et leur organisation donne lieu Ă  une surenchĂšre de moyens pour marquer les esprits. Il est aussi difficile d'y entrer que dans les projections de la compĂ©tition officielle.
Par ailleurs, tous les soirs, dans les discothĂšques au VIP Room, sur la plage du Palm Beach, les stars se mĂȘlent au public pour danser toute la nuit. De nombreuses cĂ©lĂ©britĂ©s s'y prĂ©sentent, avec aux platines des Discs jockey internationaux. C'est l'occasion pour beaucoup de se montrer[105].

Les soirĂ©es organisĂ©es depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000 dans les franchises Ă©phĂ©mĂšres des plus grandes discothĂšques du monde ont nĂ©anmoins donnĂ© un sĂ©rieux coup de frein Ă  l'esprit des fĂȘtes organisĂ©es dans des villas sur les collines environnantes de Cannes[106]. Pour des raisons Ă©conomiques, mais aussi par facilitĂ©, de plus en plus de sociĂ©tĂ©s font appel Ă  ces grandes discothĂšques (ou sont dĂ©marchĂ©es par celles-ci plusieurs mois Ă  l'avance) afin d'y organiser leur soirĂ©e annuelle, au dĂ©triment des soirĂ©es en villa[107]. De l'avis gĂ©nĂ©ral (festivaliers et journalistes), les soirĂ©es dans ces discothĂšques conventionnelles sont trĂšs loin d'ĂȘtre aussi exceptionnelles que celles en villa, et servent surtout Ă  promouvoir des marques n'ayant aucun rapport avec le cinĂ©ma[108]

Le CCAS sur l’Esplanade Pantiero

Depuis 1995, la Caisse centrale d'activitĂ©s sociales des Ă©lectriciens et gaziers s'installe sur l'Esplanade Pantiero situĂ©e Ă  Cannes, lors du Festival de Cannes. Sur une superficie de 3 000 mÂČ, l'espace offre prĂšs de 300 places aux cannois et touristes. L'entrĂ©e est libre et gratuite[76]. Les films projetĂ©s proviennent de pays peu prĂ©sentĂ©s pendant la cĂ©rĂ©monie[109]. En 1998, le cinĂ©ma algĂ©rien avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©.
Puis en 1999, c'est le cinéma africain qui a été présenté ainsi que le cinéma noir américain. On y a projeté le film de Jacques Kébadian sur les Sans papiers, celui de Paul Vecchiali sur Victor Schoelcher et l'abolition de l'esclavage.
Le but de ce projet était à la base de se ré-approprier ce qui, au départ, leur appartenait[109], la CGT et le mouvement ouvrier ayant joué un rÎle prépondérant lors de la création du Festival en 1946.

Lors de ce rendez-vous, le Soleil d'or est remis par les organisateurs de la CCAS à un film de la Quinzaine des réalisateurs.

Critiques faites au festival

Le Festival de Cannes a souvent été attaqué par la presse [110].

Certains grands réalisateurs n'ont jamais remporté la Palme d'or, malgré le talent dont ils ont pu faire preuve et la place majeure qu'ils occupent par ailleurs dans l'histoire du 7e art. On peut citer le cas d'Ingmar Bergman, qui n'a jamais remporté de Palme, sans doute parce que ses films ont souvent été sélectionnés hors compétition[111]. Mais le jury du Festival de Cannes 1992 a attribué la Palme d'or aux Meilleures Intentions du Danois Bille August que le réalisateur avait choisi pour raconter l'histoire de ses parents et pour lequel il avait signé le scénario. Le cinéaste suédois s'est d'ailleurs vu offrir la Palme des palmes pour le cinquantenaire du Festival en 1997. Woody Allen, qui rejette catégoriquement la mise en concurrence des artistes a, lui, toujours refusé les égards de la compétition cannoise[112]. Mais il est lui aussi venu plusieurs fois présenter ses films hors compétition et a également accepté une Palme d'honneur en 2002[113].

On peut aussi citer, dans la liste des non palmĂ©s, Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, AndreĂŻ Tarkovski, Michael Powell, Clint Eastwood, Satyajit Ray, Sergio Leone, Claude Sautet, Bertrand Tavernier, AndrĂ© TĂ©chinĂ©, François Truffaut[114], Alain Resnais[115] ou encore Pedro Almodovar qui, malgrĂ© plusieurs sĂ©lections et un statut de favori, n'est reparti qu'avec des prix subsidiaires (mise en scĂšne, scĂ©nario...). Il est d'ailleurs surnommĂ© « le Poulidor de la Croisette Â» par la presse[116]. Jean-Luc Godard non plus n'a jamais eu droit Ă  cet honneur, certainement parce que ses films ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s tardivement en compĂ©tition, Ă  savoir seulement Ă  partir des annĂ©es 1980 avec Sauve qui peut (la vie) puis plus tard avec DĂ©tective et Nouvelle vague[22]. D'ailleurs si l'on met de cĂŽtĂ© l'annĂ©e 1959, on remarque que le festival est restĂ© assez distant face au phĂ©nomĂšne « Nouvelle vague Â» puisque les films de rĂ©alisateurs tels qu'Éric Rohmer, Jacques Rivette ou encore Claude Chabrol ont Ă©tĂ© assez peu sĂ©lectionnĂ©s[22].

Ce n'est qu'en 1993 qu'une femme obtient la Palme d'or, en la personne de Jane Campion avec La Leçon de piano, une Palme qu'elle doit d'ailleurs partager avec Chen Kaige pour Adieu ma concubine.

La Palme d'or est trĂšs majoritairement allĂ©e Ă  des films occidentaux. Le jury a, lui, presque toujours Ă©tĂ© prĂ©sidĂ© par des personnalitĂ©s europĂ©ennes ou nord-amĂ©ricaines. Il faudra attendre 2006 pour qu'un rĂ©alisateur asiatique, Ă  savoir le Chinois Wong Kar-wai, accĂšde Ă  cet honneur[117]. De mĂȘme, peu de femmes ont occupĂ© cette fonction. Sur 62 Ă©ditions, seules neuf d'entre elles ont eu cette chance : Olivia de Havilland, Sofia Loren, MichĂšle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau (qui a Ă©tĂ© deux fois prĂ©sidente), Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullman et Isabelle Huppert[118]. Catherine Deneuve, qui n'a jamais acceptĂ© la prĂ©sidence du jury[119], fut vice-prĂ©sidente en 1994.

Certains notent aussi que les films de genre sont trĂšs peu reprĂ©sentĂ©s Ă  Cannes : peu ou pas de films d'horreur, de kung-fu, etc. ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s en compĂ©tition officielle[120]. Depuis quelque temps, le cinĂ©ma de genre est entrĂ© dans le cercle fermĂ© des projections officielles. Un journal Ă©crira mĂȘme : « OĂč va le Festival de Cannes ? Â»[110] Ă  propos de ce nouveau style. Les organisateurs rĂ©pondront qu'« il va lĂ  oĂč va le CinĂ©ma Â». Avec l'Ă©mergence du cinĂ©ma d'animation, ou du film documentaire, le Festival de Cannes devait se mettre Ă  jour. 2009 semble ainsi marquer un renouveau puisque la sĂ©lection a fait cette annĂ©e la part belle aux films de genre revisitĂ©s.

Cannes donne avant tout aux auteurs une crĂ©dibilitĂ© artistique. À l'Ă©tranger, Cannes est idĂ©alisĂ©e[110]. Apichatpong Weerasethakul, rĂ©alisateur thaĂŻlandais, a Ă©tĂ© connu grĂące, en partie, au Festival de Cannes, il dĂ©clare d'ailleurs : « une sĂ©lection donnait un bol d'air Ă  toute la production nationale pendant deux ans Â» Ă  Thierry FrĂ©maux. Ainsi, beaucoup de rĂ©alisateurs encore mĂ©connus ont pu bĂ©nĂ©ficier d'une audience internationale grĂące Ă  Cannes et jouir d'une reconnaissance de leur travail. Le festival joue le rĂŽle de tremplin et a lancĂ© plusieurs carriĂšres dont celle de Quentin Tarantino avec la sĂ©lection en 1992 de son premier long-mĂ©trage Reservoir dogs en sĂ©ance spĂ©ciale puis avec la Palme d'or dĂ©cernĂ©e Ă  Pulp fiction deux ans plus tard. TrĂšs reconnaissant, le rĂ©alisateur dĂ©clare d'ailleurs : « Cannes m'a fait gagnĂ© dix ans. Â»[121].

La presse est un pilier central du Festival de Cannes et elle s'attend Ă  voir les chefs d'Ɠuvre qui font vibrer le monde. Si Cannes la déçoit, elle attaque.

Critiques d'un Festival commercial

Clint Eastwood en mai 2005

Depuis les annĂ©es 2000, certains reprochent au Festival de Cannes un mĂ©lange des genres contre-productif, Ă  savoir de mettre sur un mĂȘme plan les paillettes et le cinĂ©ma d'auteur puis d'autres dĂ©plorent le fait qu'il n'invite que des personnalitĂ©s internationales dont la renommĂ©e est acquise et qui n'ont fondamentalement pas besoin des lumiĂšres de la sĂ©lection officielle[122]. La presse lui donnera mĂȘme le nom de Festival dĂ©suet, et le comparera aux grandes marques, dont la nĂ©cessitĂ© n'est pas Ă©vidente, mais dont l'intĂ©rĂȘt commercial est mis en valeur[122]. Certains lui accorderont le rang de publicitaire[123] aux Blockbusters, par exemple avec la fin de la saga Star Wars : Ă©pisode III - La Revanche des Sith. Ou en 2006, avec le Da Vinci Code, qui aprĂšs sa projection Ă  Cannes est sorti dans 20 000 salles. Au box-office, il a alors gĂ©nĂ©rĂ© 24 000 000 de dollars en un week-end ... Second meilleur dĂ©marrage financier de l'histoire du cinĂ©ma[124]. Pourtant, lors de l'ouverture du Festival, ce film a reçu un accueil des moins chaleureux des 2 000 journalistes, par des rires glaciaux ou des critiques poignantes, Ă  l'inverse du public.

L'intĂ©rĂȘt pour les super-productions des journalistes est aussi déçu par le nombre d'entrĂ©es des films ayant reçu la Palme d'or : depuis vingt ans, seuls cinq laurĂ©ats de la palme ont dĂ©passĂ© le million d'entrĂ©es en France.

D'aprĂšs certains journalistes, ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© dans la compĂ©tition cannoise signifie une sortie dans les salles françaises. En ce qui concerne les autres sections, les films bĂ©nĂ©ficieront d'une vente prononcĂ©e Ă  l'Ă©tranger. Effectivement, la prĂ©sence de plus de 4 000 distributeurs offre une perspective formidable pour les producteurs.

Cannes est devenu depuis quelques annĂ©es un festival pour les grands auteurs. En compĂ©tition, on retrouve beaucoup de cĂ©lĂ©britĂ©s du monde du cinĂ©ma, qui ont dĂ©jĂ  concouru en sĂ©lection officielle. David Lynch, Clint Eastwood ou David Cronenberg sont des habituĂ©s du Festival (mais l'on remarquera, en 2007, que treize films sur vingt-deux sont de rĂ©alisateurs encore jamais venus Ă  Cannes). [125]. En 2009, la comĂ©dienne Sandrine Bonnaire a par ailleurs exprimĂ© sa dĂ©ception face Ă  ce qu'elle estime ĂȘtre un « manque d'audace Â» de la part des sĂ©lectionneurs, ajoutant : « Lars Von Trier, Quentin Tarantino, Pedro Almodovar...: on voit toujours les mĂȘmes. Â»[126].

On lui reproche ainsi de n'inviter que des stars confirmĂ©es. Pourtant, lorsque des amateurs sont rĂ©compensĂ©s, la salle les siffle[127]. Effectivement, en 1999, le Prix d'interprĂ©tation masculine revient Ă  Emmanuel Schotte, celui de l'interprĂ©tation fĂ©minine Ă  SĂ©verine Caneele et Émilie Dequenne. Lors de leur montĂ©e, les deux jeunes femmes sont sifflĂ©es par le public. Certains confieront Ă  des journalistes : « On veut du strass et des paillettes Â».

Le journal Le Monde diplomatique[128] Ă©crira que des rĂ©alisateurs ne rĂ©alisent des films que pour ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s au Festival et utilisent ainsi cette sĂ©lection officielle comme une justification de leur travail dans leur pays, malgrĂ© le peu de succĂšs commercial qu’il y rencontrent.

Une partie de la presse regrette également une quasi-absence de prise de risques chez les sélectionneurs et une sous-représentation des cinémas du Sud[129] avec oubli systématique de films venus d'Afrique ou d'Inde[122]. En effet, pour certains, si quelques films de pays en voie de développement sont sélectionnés, c'est qu'ils bénéficient de crédits internationaux et qu'ils imposent une lecture simple ou schématique des problÚmes, de la culture ou du mode de pensée de leur pays, faite uniquement pour toucher le public occidental[122]. Cannes, en ce sens, sous couvert de défendre une forme cinématographique originale et avant-gardiste, deviendrait le temple des nouveaux académismes[122].

Les organisateurs du Festival international seront aussi accablés d'avoir oublié que le cinéma était un art populaire plutÎt qu'une industrie[130].

Scandales et controverses célÚbres

Le Festival de Cannes a souvent Ă©tĂ© animĂ© par des scandales et des controverses, impliquant indiffĂ©remment des journalistes, des cĂ©lĂ©britĂ©s ou le monde politique. D'autres festivals internationaux comme la Mostra de Venise ou la Berlinale semblent moins exposĂ©s Ă  ce phĂ©nomĂšne, peut-ĂȘtre en partie parce qu'ils sont moins mĂ©diatisĂ©s. En effet, si certains professionnels du cinĂ©ma essaient ostensiblement d'Ă©viter les photographes, il n'est pas impensable que d'autres cherchent Ă  faire Ă©vĂšnement, sinon scandale, pour tirer profit de la grande concentration de mĂ©dias durant le Festival de Cannes.

À cause du public

Le public s'est quelquefois manifestĂ© contre les professionnels du cinĂ©ma durant la remise des prix. En 1960, le long mĂ©trage L'Avventura, premier volet d'une trilogie aussi composĂ©e de L'Éclipse et La Nuit, de Michelangelo Antonioni reçut un accueil trĂšs froid Ă  Cannes. Ce film fut huĂ© par le public lors de sa projection car l'absence d'Ă©claircissement sur la disparition d'Anna avait Ă©tĂ© mal comprise. De plus, le public lança des tomates sur le rĂ©alisateur et l'actrice lors de la remise du prix du jury[131]. Une rĂ©action plus isolĂ©e mais non moins radicale eut lieu durant le Festival de 1987. Cette annĂ©e-lĂ , le film Yeelen de Souleymane CissĂ© reprĂ©sentait le cinĂ©ma africain Ă  Cannes — pour la premiĂšre fois depuis 1946 — et remporta le prix du jury. Lors de la remise du prix, un homme s'empara du micro et cria : « Alors, sale nĂšgre, quel effet ça te fait d’avoir un prix ? Â». Le rĂ©alisateur lui arracha le micro et lui lança au visage. Maurice Pialat, qui avait Ă©tĂ© encouragĂ© par Souleymane CissĂ© lorsque le public huait son film, s'interposa. Ce fut la premiĂšre fois que deux rĂ©alisateurs prĂ©sents au Festival de Cannes s'unissaient contre un membre du public[132].
Les sĂ©ances de remises de Palmes d'or ne furent pas Ă©pargnĂ©es par les rĂ©actions hostiles du public, notamment durant l'Ă©dition 1987, lorsque Maurice Pialat fut rĂ©compensĂ© pour Sous le soleil de Satan, ou encore en 1994 lors de la remise du prix Ă  Quentin Tarantino pour son Pulp Fiction. Les deux rĂ©alisateurs rĂ©agirent vivement : Pialat rĂ©pondit au public « Si vous ne m'aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus ! Â», et leva le poing au ciel ; Tarantino rĂ©pondit par un doigt d'honneur[133].
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À propos du Jury

Les décisions du jury ont à plusieurs reprises suscité des polémiques, et furent parfois fraßchement accueillies par la presse et le public. Les présidents du jury, en particulier, furent souvent impliqués dans ces controverses. L'écrivain Françoise Sagan fut l'actrice d'un tel scandale. Sept mois aprÚs avoir présidé l'édition 1979, elle dénonça le fonctionnement de l'institution dans Le Matin de Paris. Selon Sagan, la direction du Festival aurait tenté d'influencer le jury (qui penchait plutÎt pour Le Tambour de Volker Schlöndorff) en faveur d'Apocalypse Now de Francis Ford Coppola[134]. Normalement, les membres du jury sont tenus de garder le secret à vie sur les délibérations conduisant au choix des gagnants. Françoise Sagan ne tint donc pas promesse. Finalement, les deux films partagÚrent la Palme d'or ex Êquo. Cette révélation provoqua un mouvement de révolte dans les magazines qui critiquÚrent largement le Festival. Ce dernier répondit à ces provocations en rendant publiques les notes de frais faramineuses laissées par Sagan[134].

Il n'Ă©tait pas rare en effet de voir l'organisation du festival faire preuve d'ingĂ©rence dans les choix du jury. Ce dernier ne put jouir d'une entiĂšre souverainetĂ© qu'Ă  partir des annĂ©es 1980 et il arriva que de violents conflits Ă©clatent Ă  ce propos. Lorsque Roberto Rossellini prĂ©sida le jury en 1977 par exemple, la prĂ©fĂ©rence du prĂ©sident du festival Robert Favre Le Bret pour la Palme allait Ă  Une journĂ©e particuliĂšre d'Ettore Scola[135]. Pour Ă©viter toute prescription de la direction, le jury dut ruser pour ne pas dĂ©voiler son opinion et se rĂ©unit secrĂštement. Il prit d'ailleurs sa dĂ©cision finale en toute hĂąte[136]. La Palme d'or fut attribuĂ©e Ă  Padre Padrone des frĂšres Taviani et le film de Scola repartit bredouille ce qui dĂ©clencha la colĂšre de Favre Le Bret qui boycotta la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture et menaça Ă  l'avenir de supprimer toute compĂ©tition ou du moins de ne plus nommer dans le jury des « amateurs Ă©clairĂ©s Â»[137].

Il arriva aussi que les controverses prennent origine de dĂ©saccords ou de coups d'Ă©clats au sein du jury. Lors du Festival de Cannes 1987, le long mĂ©trage Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov Ă©tait favori. Mais Elem Klimov, alors membre du jury, aurait dĂ©clarĂ© : « Si cette ordure, ce salopard de Mikhalkov est rĂ©compensĂ©, je me retire du jury et ferai connaĂźtre ma dĂ©cision avec Ă©clats Â»[134]. Le jury aurait alors cĂ©dĂ© Ă  cette exigence impĂ©rieuse, et dĂ©cerna la Palme d'or Ă  Maurice Pialat, le rĂ©alisateur de Sous le soleil de Satan[134]. NĂ©anmoins, Yves Montand qui prĂ©sidait l'Ă©dition cette annĂ©e-lĂ  a cherchĂ© Ă  dĂ©mentir la rumeur, affirmant que la Palme avait Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă  l'unanimitĂ© : « Nous avons considĂ©rĂ© que le travail qu'a essayĂ© de faire Pialat et qu'il a rĂ©ussi, mettait le cinĂ©ma sur un autre niveau, Ă  un autre Ă©tage. On peut forcĂ©ment ĂȘtre sensible Ă  des films un peu plus abordables, un peu plus faciles mais heureusement qu'il y a des Pialat, des Godard et des Resnais pour porter le cinĂ©ma Ă  une autre hauteur. Je me rĂ©jouis que nous ayons votĂ© Ă  l'unanimitĂ©. Â»[138].

Avec la publication de ses mĂ©moires La Vie passera comme un rĂȘve (Ă©ditions Robert Laffont, 2009), l'actuel prĂ©sident du festival Gilles Jacob rompt le silence et dĂ©voile les coulisses de la manifestation[139]. Il n'hĂ©site pas, en consĂ©quence, Ă  dĂ©voiler le secret de quelques dĂ©libĂ©rations et met Ă  jour l'autoritarisme de certains prĂ©sidents du jury. Kirk Douglas, par exemple, imposa un ex ĂŠquo en 1980 pour la Palme d'or et put ainsi voir gagner son poulain : Que le spectacle commence de Bob Fosse, alors que ses camarades auraient souhaitĂ© voir triompher seul Akira Kurosawa pour Kagemusha[140].En 1991, Roman Polanski n'aimait aucun film et privait ses jurĂ©s de toute parole [141] jusqu'Ă  ce qu'arrive Barton Fink des frĂšres Coen qu'il adorait[142]. La veille des dĂ©libĂ©rations, il fit voter la Palme d'or Ă  ses collĂšgues aprĂšs les avoir fait boire et refusa toute remise en cause du prix le lendemain[143]. Il exigea de surcroĂźt que son film favori obtint deux trophĂ©es supplĂ©mentaires: celui de la meilleure mise en scĂšne et de l'interprĂ©tation masculine pour John Turturro[144]. Barton Fink devint ainsi le film le plus primĂ© de l'histoire du festival[145]. Gilles Jacob dut prendre des mesures pour Ă©viter qu'un seul film ne concentre sur lui trop de rĂ©compenses[146]. En 1997, la prĂ©sidence d'Isabelle Adjani ne fut pas non plus sans heurts. La comĂ©dienne soumit ses collĂšgues Ă  une discipline de fer tant sur le plan alimentaire qu'au niveau des horaires de projection[147]. En consĂ©quence, elle se mit son jury Ă  dos et de ne put affirmer son choix pour la Palme lors de la dĂ©cision finale[148].

Plus récemment, les critiques ont accueilli avec circonspection la décision des présidents Quentin Tarantino (en 2004) et Isabelle Huppert (en 2009), soupçonnés de partialité dans l'attribution de la Palme d'or[149],[150]. Le premier récompensa Michael Moore pour Fahrenheit 9/11 (les deux cinéastes étaient produits par Bob et Harvey Weinstein et Moore dénonçait violemment la politique de George W Bush avant les élections présidentielles de 2004)[151]. La seconde honora Michael Haneke pour Le Ruban blanc, un cinéaste qui compte parmi ses amis et avec qui elle a tourné deux films (La Pianiste lui avait d'ailleurs valu le second Prix d'interprétation cannois de sa carriÚre)[152].

Imprévus et coups d'éclat

Les cérémonies et les conférences de presse sont retransmises en direct et sont donc émaillées d'incidents ou doivent faire face à des imprévus de taille.

En 1999, Sophie Marceau, alors remettante de la Palme d'or, suscita les huĂ©es et sifflets du public pour ses hĂ©sitations et achoppements verbaux durant son discours sur scĂšne. Kristin Scott-Thomas, maĂźtresse de cĂ©rĂ©monie, dut intervenir. Coupant la parole Ă  Sophie Marceau, elle demanda directement Ă  David Cronenberg, prĂ©sident du jury, d'annoncer le nom des deux gagnants (Jean-Pierre et Luc Dardenne, pour Rosetta). Le discours erratique de Sophie Marceau pourrait ĂȘtre transcrit ainsi : « PlutĂŽt que de faire la guerre, on fait du cinĂ©ma et je vous dis que ça fait rĂȘver les gens, et ça leur donne un
 un but, un projet, euh
 Ă  court terme et quelque chose qui reste pour toujours, euh
 Â»[153]. L'incident ne mit pas fin Ă  la carriĂšre de l'actrice (qui tourna sept films depuis lors), et le Festival se poursuivit normalement par un discours des frĂšres Dardenne.

Les cĂ©lĂ©britĂ©s elles-mĂȘmes initiĂšrent parfois volontairement des polĂ©miques durant les cĂ©rĂ©monies, en dĂ©pit de la pression mĂ©diatique, sinon contre elle. En 2007, pour les 60 ans du Festival, trente-cinq rĂ©alisateurs avaient participĂ© au film Ă  sketches Chacun son cinĂ©ma. L'un d'entre eux, Roman Polanski, critiqua les journalistes lors de la confĂ©rence de presse qui les rĂ©unissaient aprĂšs la projection officielle, jugeant que les questions posĂ©es n'Ă©taient pas Ă  la hauteur. Il a Ă©voquĂ©, pour la presse, « une occasion unique d'avoir une assemblĂ©e de metteurs en scĂšne importants Â», gĂąchĂ©e selon lui par « des questions tellement pauvres Â». Le rĂ©alisateur polonais dĂ©cida ensuite qu'il Ă©tait temps d'aller manger et quitta la salle [154],[155].

De la politique : une censure

La sĂ©lection des films au Festival, qui impliquait initialement la participation des États[156] fut parfois l'objet de rapports de force diplomatiques et politiques pouvant, dans un cas extrĂȘme, conduire Ă  la censure d'un film. Le rĂšglement du Festival stipulait que les films projetĂ©s ne devaient pas heurter la sensibilitĂ© des autres pays prĂ©sents Ă  Cannes (article 5 du rĂšglement[157]). Ainsi en 1956 la France accĂ©da Ă  la demande de l'Allemagne (Jacques Mandelbaum montre que la France anticipa cette demande[158]), qui souhaitait le retrait de la sĂ©lection officielle d'un film documentaire d'Alain Resnais, Nuit et brouillard, qui traitait de la Shoah, des camps de concentration et des camps d’extermination. Cette censure suscita de vives protestations en France et Outre-Rhin[158][159].
Ce mouvement ne restera pas sans effet, car depuis cette Ă©dition du Festival, aucun film n'a Ă©tĂ© retirĂ© d'une sĂ©lection dĂ©jĂ  communiquĂ©e au public pour des motifs similaires. En 2007, la Fondation du cinĂ©ma Farabi, rattachĂ©e au ministĂšre de la culture iranien, adressa une critique par courrier Ă  l'attachĂ© culturel de l'ambassade de France de TĂ©hĂ©ran, estimant que la sĂ©lection du film PersĂ©polis de Marjane Satrapi Ă©tait « un acte politique ou mĂȘme anticulturel Â» qui prĂ©sentait « un tableau irrĂ©el des consĂ©quences et des rĂ©ussites de la rĂ©volution islamique Â»[160],[161]. Le Festival de Cannes a donc beaucoup Ă©voluĂ© depuis 1956, la censure ayant apparemment disparu bien que les pressions diplomatiques demeurent.
Et d'autres fois, malgrĂ© une pression de l'État, des acteurs, ou rĂ©alisateurs, viendront prĂ©senter leurs films Ă  Cannes. On remarque notamment Jiang Wen qui, pour Les DĂ©mons Ă  ma porte (Guizi lai le) sĂ©lectionnĂ© en compĂ©tition et rĂ©compensĂ© par le Grand prix du jury en 2000, a Ă©tĂ© interdit de tournage durant cinq ans en Chine [162].

L'Église et la sĂ©lection

Il est rare que l'Église s'immisce dans le monde du cinĂ©ma et celui du Festival de Cannes. Il lui est toutefois arrivĂ© de condamner certains films. En 1960, l'Osservatore Romano, journal du Vatican, publia sept virulents articles contre le film italien La Dolce Vita de Federico Fellini qui venait d'obtenir la Palme d'or[163]. Les catholiques Ă©taient menacĂ©s d'excommunication s'ils voyaient le film[163], et ce n'est qu'en 1994, quelques mois aprĂšs la mort du rĂ©alisateur Federico Fellini, que l'Église leva son interdiction. En revanche, les JĂ©suites dĂ©fendirent le film[164]. Le MinistĂšre de la Culture censurera des parties du film[163].

En 1961, le film Viridiana de Luis Buñuel fut interdit dans son pays, l'Espagne, alors sous dictature franquiste[165] et condamnĂ© fermement par l'Église catholique qui le jugeait blasphĂ©matoire[166]. Cela n'empĂȘcha pas le jury du Festival de lui dĂ©cerner la Palme d'or.

Les diffĂ©rends entre Cannes et l'Église catholique se poursuivent de nos jours, par exemple en 2006, pour le Da Vinci Code de Ron Howard. Ce long mĂ©trage ouvrit le Festival de Cannes 2006, bien qu'il fut critiquĂ© dans le monde religieux.
Des associations catholiques menĂšrent plusieurs campagnes contre ce film en dĂ©tĂ©riorant par exemple les affiches publicitaires, mĂȘme si le Vatican condamnait tout boycott et action contre ce long mĂ©trage : il disait qu'« il y avait plus important Ă  faire dans le monde, que les faits du film Ă©taient faux, et qu'il ne servait donc Ă  rien de se dĂ©fendre Â»[167].

Controverses

Alfred Hitchcock qui n'eut pas de chance lors de la projection de son film Les Enchaßnés

Le Festival de Cannes a souvent eu des imprĂ©vus, des controverses. Des starlettes qui se font photographier, Ă  une partie de la poitrine qui sort de la robe, souvent ce sont des imprĂ©vus qui crĂ©aient du mouvement Ă  la montĂ©e des marches. En 1946, premiĂšre vraie Ă©dition du Festival, les organisateurs proposaient des projections gratuites au public et aux professionnels. Mais, les commerçants ne l'entendirent pas de la mĂȘme oreille, et feront grĂšve durant la totalitĂ© du Festival : ils pensaient que cela nuirait Ă  leurs activitĂ©s Ă©conomiques[168]. Cette mĂȘme annĂ©e, lors de la premiĂšre projection, celle du film d'Alfred Hitchcock Les EnchaĂźnĂ©s, les techniciens mĂ©langĂšrent les bobines de pellicules et la projection fut une vraie catastrophe[169]. On remarque aussi l'Ă©dition 1955 : Gunther Sachs, le mari de Brigitte Bardot, qui aurait marchandĂ© la venue de sa conjointe en Ă©change de la projection du film documentaire Batouk qu'il produisait.
Autre controverse majeure en 1975 avec l'explosion du Palais des Festivals et des CongrÚs de Cannes. Cet attentat avait été provoqué par Le Comité de lutte populaire contre la perversion du peuple, fort heureusement pour la direction du Festival, personne ne fut blessé, et la cérémonie put continuer[170]

Des photographes, et des seins

La Croisette lors du Festival

Lors de la montĂ©e des marches, quelquefois, les cĂ©lĂ©britĂ©s fĂ©minines auront des problĂšmes avec leur robe, et d'autres fois, ce seront les photographes qui feront grĂšve Ă  cause du comportement des stars. Lors du Festival de Cannes 1954, alors que le festival n'en Ă©tait qu'Ă  sa 8e Ă©dition, Simone Sylva posait avec Robert Mitchum pour des photographes. Le soleil chauffait, et les photographes encourageaient les deux cĂ©lĂ©britĂ©s. Ainsi, l'actrice finira par enlever son soutien-gorge, et l'acteur lui posera les mains dessus. Le clichĂ© fera le tour du monde, provoquant un scandale Ă©norme autour du Festival et de l'actrice. Simone Sylva devra alors quitter la cĂ©rĂ©monie. Pour faire oublier cette journĂ©e, elle essayera de tourner quelques films, mais sombrera dans la dĂ©pression, et se suicidera en 1957[171]. Puis, en 1983, alors qu'elle avait refusĂ© de participer Ă  la confĂ©rence de presse du film L'ÉtĂ© meurtrier, Isabelle Adjani provoqua la premiĂšre, et unique, grĂšve des photographes : ils dĂ©posĂšrent leur appareil au pied des marches pour protester contre l'attitude de la star[172].
Un autre Ă©vĂšnement fit le tour du monde : c'est en 2005, alors qu'elle montait les marches, une bretelle de la robe de Sophie Marceau se dĂ©tacha, et un de ses seins fut mis Ă  nu. Sans le vouloir, elle deviendra l'Ă©vĂšnement du Festival de Cannes 2005.

La critique, et les journalistes

Le Festival de Cannes a souvent Ă©tĂ© critiquĂ©[173]. Mais, il n'est pas le seul Ă  avoir Ă©tĂ© touchĂ©, quelques films ont aussi dĂ» subir les dires de certains magazines. Lors du Festival de Cannes 1973, une partie des critiques prĂ©sents, accompagnĂ©s par le public, se dĂ©chaĂźneront contre le long mĂ©trage La Grande Bouffe de Marco Ferreri : Immonde et scatologique pour TĂ©lĂ© 7 Jours, cinĂ©ma de pot de chambre pour Minute, l'enfer et l'ordure, le cauchemar et la complaisance, l'ennui et les latrines pour Jean Cau dans Paris Match. Mais, l'Ă©quipe du film n'en tiendra pas compte, et ripostera : Philippe Noiret dira : « Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimĂ© se voir dedans. C'est rĂ©vĂ©lateur d'une grande connerie Â» [174]. On verra aussi le rĂ©alisateur, Marco Ferreri, du haut d'un balcon, envoyer des baisers aux gens qui le huent, avec la braguette ouverte[175]. Cette mĂȘme annĂ©e, La Maman et la putain de Jean Eustache provoque Ă©galement une forte polĂ©mique du fait de ses dialogues crus et la rĂ©ception par le rĂ©alisateur du Prix spĂ©cial du jury, lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture, sera accompagnĂ©e de sifflets[174]. En 1985, ce n'est pas la critique qui se dĂ©chaĂźnera, mais un journaliste belge qui avait alors dĂ©cidĂ© d'entarter Jean-Luc Godard venu prĂ©senter son film DĂ©tective.

Quelques beaux moments

Malgré de nombreux scandales qui ont fait le tour du monde, le Festival de Cannes est aussi reconnu pour ses moments émouvants, voire inoubliables.
En 1955, le Prince Rainier de Monaco venait voir La Main au collet d'Alfred Hitchcock en projection officielle. C'est Ă  ce moment qu'il rencontrera la jeune Grace Kelly[176]. Ils se marieront ensuite en 1956, et auront trois enfants. De la mĂȘme maniĂšre, en 1980, c'est Kirk Douglas qui rencontrera sa future Ă©pouse Anne Buydens, avec qui il aura d'ailleurs deux enfants.
Peu de temps aprĂšs la mort de François Truffaut, lors du Festival de Cannes 1985, ses comĂ©diens principaux se rĂ©unissent sur scĂšne pour un dernier hommage et une photo de famille. Quelques annĂ©es plus tard, en 1989, les enfants et petits enfants de Charlie Chaplin montent sur scĂšne et cĂ©lĂšbrent ainsi le centenaire de sa naissance. On remarque aussi la prestation de Vanessa Paradis avec Le Tourbillon de la vie, alors chanson du film Jules et Jim. La chanteuse et actrice avait fait ce geste en honneur Ă  Jeanne Moreau, prĂ©sidente du jury de cette Ă©dition[177]. Dans le mĂȘme esprit, on retrouve les cinq acteurs principaux du film IndigĂšnes : Samy Naceri, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan qui chanteront Le Chant des tirailleurs lors de la remise du Prix d'interprĂ©tation masculine.
Autre beau moment du Festival de Cannes : la remise de la Palme d'or, avec des larmes, et un discours raffinĂ© du gagnant. En 1998, Roberto Benigni est en sĂ©lection officielle avec son long mĂ©trage La Vie est belle. Lors de la remise des prix, il ne s'attendait pas Ă  recevoir un prix. Mais, des mains du prĂ©sident de cĂ©rĂ©monie, Martin Scorsese, il se voit remettre le Grand Prix du jury. ÉtonnĂ©, il sursautera sur son siĂšge en entendant son nom, et fera un numĂ©ro tout en excĂšs, Ă  l'italienne lors de l'obtention du prix : il baisera les pieds du prĂ©sident[178].

Le Festival dans le cinéma et la télévision

Le Festival de Cannes a Ă©tĂ© le dĂ©cor, voire le sujet, de tout ou partie des films suivants :

Annexes

Le Festival en chiffres

De 1946 Ă  1996, des milliers de films ont Ă©tĂ© projetĂ©s. Voici en bref les chiffres les plus marquants du cinquantenaire du Festival[179] :

  • Les journalistes ont Ă©tĂ© de plus en plus prĂ©sents au Festival :
    • 1966 : 700 journalistes
    • 1973 : 1 154 journalistes
    • 1984 : 2 762 journalistes
    • 1989 : 1 680 journalistes
    • 1991 : 2 795 journalistes
    • 1993 : 2 975 journalistes
    • 1995 : 3 183 journalistes
    • 1996 : 3 325 journalistes
  • Le Festival de Cannes est aussi frĂ©quentĂ© par de nombreux visiteurs :

Bibliographie

Histoire du Festival 
TĂ©moignages 
Romans 

Notes et références

  1. ↑ (fr) Histoire du Festival, Festival de Cannes. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  2. ↑ (fr) Macha SĂ©ry, « L'Ă©vĂ©nement culturel le plus mĂ©diatisĂ© au monde Â», 2007, Le Monde. ConsultĂ© le 26 mai 2007
  3. ↑ (fr) Associated Press (AP), « Ouverture officielle du 60e Festival de Cannes Â», 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  4. ↑ Interview de Gilles Jacob dans Studio magazine, Mai 1997
  5. ↑ Chronique du CinĂ©ma, Chroniques, Paris, 1938, 24 p. 
  6. ↑ (fr) Commune de Cannes, « Histoire du Festival Â», 1997. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  7. ↑ a  et b  [vidĂ©o] (fr) Institut national de l'audiovisuel, « 60 ans de Festival de Cannes Â», 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  8. ↑ (fr) Mariano Saiu, « Historique du syndicat HCR-CGT Â», ConfĂ©rence d'avril 2004, Page 4. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  9. ↑ Henri-Jean Servat, La LĂ©gende de Cannes, Assouline, Paris, 1988, 13 p. (ISBN 2843235642) 
  10. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Festival 1946 Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  11. ↑ (fr) Infos jeunes, « Le Festival en Chiffre Â», 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  12. ↑ a  et b  (fr) Commune de Cannes, « Entretien de Philippe Erlanger et du dirigeant de la Mostra de Venise Â», Chapitre : Cannes et Venise en concurrence. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  13. ↑ a , b  et c  (fr) Se Divertir, « Retrospective du Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  14. ↑ [vidĂ©o] (fr) Institut national de l'audiovisuel, « Fresque intĂ©ractive du Festival de Cannes Â», Voir l'annĂ©e 1947. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  15. ↑ (fr) Thierry Marck, « Ouverture de "Visions sociales" Ă  Cannes Â», 14 mai 2004, CCASfr. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  16. ↑ (fr) Commune de Cannes, « RĂ©trospective du Festival de Cannes Â», Chapitre : Un concours Ă©quitable. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  17. ↑ Henri-Jean Servat, La LĂ©gende de Cannes, Assouline, Paris, 1988, 64 p. (ISBN 2843235642) 
  18. ↑ (fr) Commune de Cannes, « RĂ©trospective du Festival de Cannes Â», Chapitre : L'Ambiance made in Cannes. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  19. ↑ (fr) Commune de Cannes, « RĂ©trospective du Festival de Cannes Â», Chapitre : Robert Favre Le Bret et la Commission de sĂ©lection entrent en scĂšne. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  20. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Histoire du Festival Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  21. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Petite histoire de la Palme d'or Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  22. ↑ a , b , c , d , e , f  et g  (fr) EncyclopĂ©die Encarta, article sur le Festival international du film, consultĂ© le 18 juin 2009
  23. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Histoire du Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  24. ↑ (fr) JĂ©rĂŽme Paillard, « Le marchĂ© du film de Cannes, le premier au monde, invente le speed dating Â», AFP. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  25. ↑ (fr) Commune de Cannes, « Histoire du Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  26. ↑ (fr) DVDRama, « La Semaine internationale de la critique Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  27. ↑ (fr) Site officiel de la SIC, « Semaine internationale de la critique Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  28. ↑ a , b  et c  (fr) Site du Festival de Cannes, « Festival de Cannes 1968 Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  29. ↑ (fr) Commune de Cannes, « Histoire du Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  30. ↑ (fr) Jean-Luc Douin, « A la Quinzaine des rĂ©alisateurs, la ligne tĂ©nue entre reportage et fiction Â», Le Monde. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  31. ↑ (fr) La Quinzaine des rĂ©alisateurs, site officiel, Chapitre : Édition 1969. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  32. ↑ (fr) La Quinzaine des rĂ©alisateurs, site officiel, Chapitre : Édition 1981. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  33. ↑ a  et b  (fr) Festival de Cannes, « Festival de Cannes 1972 Â», Chapitre : Contexte. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  34. ↑ a  et b  (fr) Festival de Cannes, « Festival de Cannes 1978 Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  35. ↑ Gilles Jacob, La Vie passera comme un rĂȘve, Ă©dition Robert Laffont, Paris, 2009, chapitre 10 « Le cheval de la rue TaganskaĂŻa Â», page 75
  36. ↑ a , b  et c  (fr) Festival de Cannes, « Ă‰dition 1983 Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  37. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Ă‰dition 1983, critique du Palais Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  38. ↑ Voir la section scandales et controverses de l'article
  39. ↑ a  et b  (fr) CinĂ© fondation, « site officiel Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  40. ↑ (fr) CinĂ© fondation, « Atelier, sous section de la cinĂ© fondation Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  41. ↑ (fr) Quid, « 60 ans de Festival Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  42. ↑ (fr) CitĂ© sur le site du Festival. [lire en ligne];
  43. ↑ (fr) Comme au cinĂ©ma, « Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  44. ↑ (fr) LibĂ©ration, « Festival de Cannes Â», Ă©dition du 11 mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  45. ↑ (fr) AllocinĂ©, « La SIC, et le Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  46. ↑ Pour ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© Ă  Cannes, un film ne doit pas avoir participĂ© Ă  un autre festival International, et ne pas avoir Ă©tĂ© projetĂ© en salle, ailleurs que dans son pays d'origine
  47. ↑ (fr) Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeune, « Comment est sĂ©lectionnĂ© un film ? Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  48. ↑ (fr) Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeunes, « Comment est sĂ©lectionnĂ© un film ? Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  49. ↑ (fr) Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeunes, « Comment est sĂ©lectionnĂ© un film ? Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  50. ↑ (fr) Quid, « 60 ans de Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  51. ↑ (fr) Pierre Billard, D'or et de palmes : le Festival de Cannes, Ă©dition DĂ©couvertes Gallimard, Paris, 1997, page 92
  52. ↑ (fr) Ibid, page 92
  53. ↑ Nouvel Obs, Hors sĂ©rie n°29 spĂ©cial Cannes, page 74
  54. ↑ Studio, n°122, mai 1997, p 119
  55. ↑ (fr) Article AllocinĂ© sur le palmarĂšs 2008, consultĂ© le 5 juin 2009
  56. ↑ (fr) Le Point, « Hommage : le jury crĂ©e un prix spĂ©cial pour Alain Resnais Â», consultĂ© le 5 juin 2009
  57. ↑ (fr) Pierre Murat, TĂ©lĂ©rama, « Haneke, certes, mais Resnais? Â», consultĂ© le 27 mai 2009
  58. ↑ (fr) Google Info, « Le Prix de l'Éducation nationale au Ruban blanc de Michael Haneke Â», consultĂ© le 25 mai 2009
  59. ↑ a , b  et c  (fr) Site officiel du Festival de Cannes, Article 8 du rĂšglement 2009 concernant le palmarĂšs, consultĂ© le 6 juin 2009
  60. ↑ a , b , c , d  et e  (fr) Site officiel du Festival de Cannes, Article 7 du rĂšglement 2009 concernant le jury, consultĂ© le 5 juin 2009
  61. ↑ Interview de Gilles Jacob dans Studio, mai 1997, n°122
  62. ↑ (fr) Fiche AllocinĂ© sur L'humanitĂ© de Bruno Dumont, consultĂ© le 4 juin 2009
  63. ↑ (fr) Fiche AllocinĂ© sur La Pianiste de Michael Haneke, consultĂ© le 4 juin 2009
  64. ↑ (fr) Site officiel du Festival de Cannes « Palme d'or : "Elephant" Â», consultĂ© le 4 juin 2009
  65. ↑ a  et b  (fr) Danielle Attali, Le Journal du dimanche, « Embouteillage au PalmarĂšs! Â», consultĂ© le 19 juin 2009
  66. ↑ (fr) Magazine PremiĂšre, « Rencontre entre Sean Penn et Isabelle Huppert, deux prĂ©sidents du jury d'exception Â», consultĂ© le 19 juin 2009
  67. ↑ a , b , c  et d  (fr) Chat sur le site de L'Express, « Thierry FrĂ©maux: "Les images parlent... mais ne disent pas la vĂ©ritĂ©" Â», consultĂ© le 18 juin 2009
  68. ↑ Gilles Jacob, op-cit, chapitre 32 « Le palmarĂšs Â», pages 205-206
  69. ↑ Ibid, chapitre 32 « Le palmarĂšs Â», page 206
  70. ↑ (fr) Site officiel du Festival de Cannes, « La confĂ©rence de presse du jury Â», consultĂ© le 19 juin 2009
  71. ↑ (fr) Quid, « 60 ans de Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  72. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Le Festival de Cannes en chiffres Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  73. ↑ Studio, n°122, mai 1997, interview de Gilles Jacob
  74. ↑ (fr) CinĂ© mĂ©mento, « Les leçons du Festival de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  75. ↑ À noter qu'il arrive que ce soit les deux derniĂšres semaines du mois qui soient choisies pour la durĂ©e du Festival, comme en 2009
  76. ↑ a , b , c  et d  (fr) « Protocole Cannois au Festival Â», Propos de l'AFP recueillis par Infos Jeunes, consultĂ© le 9 juin 2007
  77. ↑ Archive d'interview de Virgina Vladi dans Cannes, 60 ans d'histoire de Gilles Nadeau
  78. ↑ D'aprĂšs les dires d'un journaliste-enquĂȘteur, Sept Ă  Huit, TF1, Thomas Hugues et Laurence Ferrari, mai 2006
  79. ↑ Citizen Cannes (Blog officiel du Festival de Cannes 2009), consultĂ© le 10 juin 2009
  80. ↑ (fr) Publicitaire de Cannes, « Tendances de mode Ă  Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  81. ↑ Hors sĂ©rie de Studio magazine pour les 60 ans du Festival de Cannes, mai 2007
  82. ↑ (fr) F.M., Cannes et sa rĂ©gion, « Cannes fait le mur Â», consultĂ© le 12 aoĂ»t 2007
  83. ↑ a , b , c , d  et e  (fr) « Site officiel du MarchĂ© Â», MarchĂ© du film de Cannes, rubrique : PrĂ©sentation du MarchĂ©, consultĂ© le 9 juin 2007
  84. ↑ [doc] (fr) Lettre d'information de la compagnie Wallonie Bruxelles Images, Chapitre : Compte rendu des marchĂ©s et Festivals. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  85. ↑ a  et b  (fr) « Site officiel du MarchĂ© du Film Â», MarchĂ© du film de Cannes, rubrique : PrĂ©sentation du Producers Network, consultĂ© le 9 juin 2007
  86. ↑ (fr) Le Monde, « Sponsors et mĂ©dias Ă  Cannes Â», Ă©dition du 16 mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  87. ↑ (fr) Le Monde, « Penelope Cruz et L'orĂ©al, un dilemme pour Cannes Â», Ă©dition du 16 mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  88. ↑ (fr) Caradisiac, « Sponsors Ă  Cannes, Audi / Renault ? Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  89. ↑ (fr) Caradisiac, « Sponsors Ă  Cannes, Audi / Renault ? Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  90. ↑ (fr) (en) Pretigium Fashion, « 60 ans de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  91. ↑ (fr) Sonovision, « Maxell et Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  92. ↑ (fr) Le Nouvel Observateur, « Le 60e Cannes en chiffre Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  93. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Histoire du Festival Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  94. ↑ (en) Cette section est basĂ©e partiellement sur la traduction littĂ©rale de l'article anglais de WikipĂ©dia : Cannes Film Festival
  95. ↑ Nicolas Schaller, PremiĂšre, mai 2007, numĂ©ro « spĂ©cial 60 ans de Festival Â»
  96. ↑ Voir la section le Festival en chiffre de l'article
  97. ↑ (fr) ActualitĂ© sur le net, « Le Festival de Cannes en dĂ©tail Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  98. ↑ (fr) ActualitĂ© sur le net, « Le Festival de Cannes en DĂ©tail Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  99. ↑ [image] (fr) Festival de Cannes, « Affiche du Festival de Cannes 2007 Â», mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  100. ↑ (fr) Écran noir, prĂ©sentation du jury officiel 2009, consultĂ© le 8 juin 2009
  101. ↑ a  et b  L'exception, mai 2007, lire en ligne : (fr) « Les Cannois et le Festival Â», consultĂ© le 9 juin 2007
  102. ↑ (fr) LĂ©o Ferret, lire les paroles :, « Cannes la braguette Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  103. ↑ L'Exception, mai 2007, lire en ligne : (fr) « Les Cannois et le Festival Â», consultĂ© le 9 juin 2007
  104. ↑ Studio, n°122, mai 1997, p 152
  105. ↑ (fr) DVD Critiques, « Les fĂȘtes de Cannes Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  106. ↑ Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Nil Édition, Paris, 1997 (ISBN 2841110745).
    page 25
     
  107. ↑ Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Nil Édition, Paris, 1997 (ISBN 2841110745).
    page 42
     
  108. ↑ Michel Pascal, Cannes, cris et chuchotements, Nil Édition, Paris, 1997 (ISBN 2841110745).
    page 36
     
  109. ↑ a  et b  MichĂšle Levieux, L'HumanitĂ©, 13 mai 1999 : « Soleil noir sur le port de Cannes Â» : (fr) lire en ligne, consultĂ© le 9 juin 2007
  110. ↑ a , b  et c  Eric Libiot, L'Express, interview de Thierry FrĂ©maux le 25 avril 2004 : « Cannes c'est l'Ă©cho du monde Â», (fr) lire en ligne, consultĂ© le 9 juin 2007
  111. ↑ Pierre Billard, op-cit, page 92
  112. ↑ Gilles Jacob, op-cit, chapitre 12 « Un Woody gros comme le Ritz Â», page 86
  113. ↑ Ibid, page 91
  114. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Le Festival en Chiffre Â», rubrique : « Les grands absent des Palmes d'or Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  115. ↑ (fr) Pierre Murat, TĂ©lĂ©rama, « Haneke, certes, mais Resnais? Â», consultĂ© le 27 mai 2009
  116. ↑ (fr) Christophe Ayad, Philippe Azoury, Bruno Icher, GĂ©rard Lefort et Oilvier SĂ©guret, LibĂ©ration, « Haneke enrubannĂ© Â», consultĂ© le 26 mai 2009
  117. ↑ (fr) Mathieu Menossi, Evene.fr « Kar-Wai prĂ©sident ! Â», consultĂ© le 5 juin 2009
  118. ↑ [vidĂ©o] (fr) France 3, mai 2009, « Isabelle Huppert, dixiĂšme femme Ă  prĂ©sider le jury cannois Â», consultĂ© le 5 juin 2009
  119. ↑ Gilles Jacob, ibid, chapitre 69 « Catherine Â», page 363
  120. ↑ Nidam Abdi, Le Point : interview de Thierry FrĂ©maux, mai 2007
  121. ↑ (fr) Sophie Grassin et Gilles MĂ©dioni, L'Express (consacrĂ© au fesival de Cannes 1997), « Cannes 97 - A l'ombre des palmes Â», consultĂ© le 6 juin 2009
  122. ↑ a , b , c , d  et e  Philippe Person, Le Monde diplomatique, mai 2006 : « Cannes, un Festival qui tourne Ă  vide Â», (fr) lire en ligne, consultĂ© le 9 juin 2007
  123. ↑ D'aprĂšs les dires de Jonas Geirnaert : le Festival de Cannes devrait ĂȘtre un peu moins business et un peu plus festival de cinĂ©ma
  124. ↑ Laurent Cotillon, CinĂ© Live, Mai 2006, n°101, page 42
  125. ↑ (fr) Caroline Lebrun, « Le Festival en chiffre Â», mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  126. ↑ (fr) CommeaucinĂ©ma.com, « Sandrine Bonnaire critique la sĂ©lection officielle Â», consultĂ© le 14 septembre 2009
  127. ↑ [image] + [txt] : (fr) AmĂ©ly Charnay, « Scandale sur la croisette Â», 16 mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  128. ↑ Dans son Ă©dition de mai 2007
  129. ↑ [vidĂ©o] (fr) Youtube, France 24 : « Le 62e Festival de Cannes rĂ©vĂšle sa sĂ©lection Â», commentaires d'Élizabeth Tchoungui, consultĂ© le 23 juin 2009
  130. ↑ Philippe Person, Le Monde diplomatique, mai 2006 : « Cannes, un Festival qui tourne Ă  vide Â» lire en ligne, consultĂ© le 9 juin 2007
  131. ↑ D'aprĂšs le long mĂ©trage Cannes, 60 ans d'histoire ((fr)) de Gilles Nadeau
  132. ↑ (fr) Allocine, « Les plus beaux moments du Festival Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  133. ↑ [vidĂ©o] (fr) INA, « Voir la vidĂ©o (doigt d'honneur de Tarantino) Â», 1994. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  134. ↑ a , b , c  et d  Pascal MĂ©rigeau, le Nouvel Observateur, n° 2218
  135. ↑ Gilles Jacob, op-cit, chapitre 24 « Le colloque Rossellini Â», page 167
  136. ↑ Ibid, page 170
  137. ↑ Ibid, page 171
  138. ↑ [vidĂ©o] (fr) INA, archives pour tous, « Yves Montand, Maurice Pialat, GĂ©rard Depardieu, Marcello Mastroianni et Barbara Hershey interviewĂ©s Ă  Cannes aprĂšs l'annonce du palmarĂšs Â», 1987. ConsultĂ© le 7 octobre 2009
  139. ↑ Ibid, chapitre 1 « Bulle de vie Â», page 11
  140. ↑ Ibid, chapitre 64 « Ettero Scola Â», page 331
  141. ↑ Ibid, chapitre 54 « Till l'espiĂšgle (un cas d'Ă©cole) Â», page 291
  142. ↑ Ibid, page 292
  143. ↑ Ibid, chapitre 56 « La razzia Barton Fink Â», page 296
  144. ↑ Ibid, page 298
  145. ↑ Ibid, page 300
  146. ↑ Fiche sur Barton Fink, AllocinĂ©
  147. ↑ Ibid, chapitre 30 « La prĂ©sidence Adjani Â», page 202
  148. ↑ Ibid, chapitre 32 « Le palmarĂšs Â», pages 205-209
  149. ↑ (fr), Blog AllocinĂ©.fr, « 1956-2004 : deux documentaires palmĂ©s - Le Monde du silence, Farenheit 9/11 Â», consultĂ© le 06 aoĂ»t 2009
  150. ↑ (fr) La Croix, « Un palmarĂšs radical et controversĂ© Â», consultĂ© le 25 mai 2009
  151. ↑ (fr) Coup de projecteur sur Michael Moore sur FilmDeCulte.fr, consultĂ© le 06 aoĂ»t 2009
  152. ↑ (fr) La Voix du Nord, « La Palme d'or pour Michael Haneke, cinĂ©aste fĂ©tiche d'Isabelle Huppert Â», consultĂ© le 25 mai 2009
  153. ↑ [vidĂ©o] (fr) YouTube, « VidĂ©o en ligne Â», 1999. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  154. ↑ (fr) le Nouvel Observateur, « 35 cinĂ©astes fĂȘtent le cinĂ©ma Â», consultĂ© le 9 juin 2007
  155. ↑ Nicolas Moscovici, Le Journal du Dimanche, 20 mai 2007
  156. ↑ Voir la section de cet article dĂ©diĂ©e Ă  la sĂ©lection des films par leur État : SĂ©lection des films
  157. ↑ le Nouvel Observateur, Hors sĂ©rie n°29, spĂ©cial Cannes 60 ans
  158. ↑ a  et b  Jacques Mandelbaum, « Nuit et Brouillard, affaire trouble Â», Le Monde, (ISSN 0395-2037), 22 aoĂ»t 2006 [lire en ligne]
  159. ↑ (fr) Gilles Gony, « Nuit et Brouillard Â», Centre National de la Documentation PĂ©dagogique. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  160. ↑ Cf. Nicole Vulser, « Le dĂ©bat politique s'invite Ă  Cannes Â», Le Monde, (ISSN 0395-2037), 26 mai 2007 [lire en ligne] et (fr) AFP, « TĂ©hĂ©ran dĂ©nonce la prĂ©sence de Persepolis Ă  Cannes Â», mai 2007, LibĂ©ration. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  161. ↑ (fr) Didier PĂ©ron, « Â« Persepolis Â» anime TĂ©hĂ©ran Â», Écrans. Mis en ligne le jeudi 24 mai 2007, consultĂ© le 9 juin 2007
  162. ↑ (fr) BĂ©rĂ©nice Reynaud, « Nouvelles Chines, nouveaux cinĂ©ma Â», FĂ©vrier 2003, le Monde diplomatique. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  163. ↑ a , b  et c  Pascal MĂ©rigeau, le Nouvel Observateur, n° 2218, spĂ©cial 60 ans de Cannes
  164. ↑ Premiùre, L'Église pardonne, page 26, Nicolas Schaller
  165. ↑ [pdf] (fr) L’Ange exterminateur, dossier pĂ©dagogique, 2001, BibliothĂšque du film (BiFi) et le CNC. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  166. ↑ Iris Mazacuratti, CinĂ© Live n° 101, Mai 2006, page 37, « Cannes, la sĂ©lection dĂ©codĂ©e Â», sous section : scandales et histoires, publiĂ© par Cyber Press Publishing
  167. ↑ Laurent Cotillon et VĂ©ronique Trouillet, CinĂ© Live, Mai 2006, n° 101, page 38, Interview de Thierry FrĂ©maux
  168. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Festival de Cannes 1946 Â», Chapitre « Pas plus loin que le bout du nez Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  169. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Festival de Cannes, plus de dĂ©tails Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007
  170. ↑ [image] + [txt] (fr) AurĂ©lie Gerlach, « Cannes : 60 ans d'Ă©motion et de scandales Â», 16 mai 2007, Femme actuelle. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  171. ↑ [image] [txt] (fr) AmĂ©lie Charnay, « Scandales sur la Croisette Â», 16 mai 2007. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  172. ↑ Gilles Nadeau, Cannes, 60 ans d'histoire, 2006, partie 1
  173. ↑ D'aprĂšs la section de cet article consacrĂ© aux critiques : Critiques faĂźtes aux Festivals
  174. ↑ a  et b  [image] [txt] (fr) AmĂ©lie Charnay, « Scandales sur la Croisette Â», 16 mai 2007, consultĂ© le 9 juin 2007
  175. ↑ [vidĂ©o] (fr) INA, « La Grande Bouffe Ă  cannes : Marc Ferreri Â», 1973. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  176. ↑ [vidĂ©o] (fr) INA, archives pour tous, « Grace Kelly et le Prince Rainier se rencontrent Ă  Cannes Â», 1955. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  177. ↑ [vidĂ©o] (fr) Vanessa Paradis, « Le Tourbillon de la Vie par V. Paradis Â», 1995, Allocine. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  178. ↑ (fr) FilmFestivals, « CĂ©rĂ©monie de cloture : Benigni en extase Â», 1997. ConsultĂ© le 9 juin 2007
  179. ↑ (fr) Festival de Cannes, « Le Festival en chiffre Â». ConsultĂ© le 9 juin 2007

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