Ferdinand III De Castille

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Ferdinand III De Castille

Ferdinand III de Castille

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Ferdinand III de Castille, Le Saint
Fernando III de Castilla, "El Santo"
Ferdinand III de CastilleStatue de G.D. Olivieri (v. 1750)Jardins de Sabatini, Madrid
Ferdinand III de Castille
Statue de G.D. Olivieri (v. 1750)
Jardins de Sabatini, Madrid
Dynastie Maison d'Ivrée
Naissance 1199 ?
Peleas de Arriba (Zamora)
Décès 30 ou 31 mai 1252
Séville
Pays Royaume de Castille Royaume de Castille
Titre Roi de Castille
(1217 - 1230)
Roi de Castille et de León
(1230-1252)
Couronnement 1217
Pr√©d√©cesseur Castille : Alphonse VIII de Castille
Le√≥n : Alphonse IX
Successeur Alphonse X
Enfant de Alphonse IX
et de
Bérangère de Castille
Conjoint Béatrice de Souabe
Jeanne de Dammartin
Enfants Voir plus bas

Ferdinand III, ou saint Ferdinand de Castille, fut roi de Castille de 1217 à 1230, et roi de Castille et de León de 1230 à 1252. Né probablement en 1199 au monastère de Valparaíso, à Peleas de Arribadans, dans l'actuelle province de Zamora, Ferdinand III était le fils d'Alphonse IX de León, et de Bérangère de Castille.

Ferdinand III a profond√©ment marqu√© l'histoire de l'Espagne m√©di√©vale. Politiquement tout d'abord, en √©tant parvenu √† unir de mani√®re d√©finitive les royaumes de Castille et de Le√≥n, en 1230. Militairement ensuite, car Ferdinand III a proc√©d√© √† la reconqu√™te du sud de la p√©ninsule ib√©rique, l'actuelle Andalousie. Son action contre l'Infid√®le lui valut d'√™tre canonis√© au XVIIe si√®cle, en 1671 plus pr√©cis√©ment.

Mort le 30 ou 31 mai 1252 à Séville, c'est un saint chrétien fêté le 30 mai.

Sommaire

Acc√®s au tr√īne

Le roi Alphonse VIII de Castille, vainqueur des Almohades √† la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, d√©c√©da en 1214. Le seul fils qui lui avait surv√©cu, Henri Ier, lui succ√©da sur le tr√īne, sous la r√©gence de B√©rang√®re, sa sŇďur. Las, il mourut tr√®s t√īt, en 1217, apr√®s un court r√®gne de trois ans. Ce fut alors sa sŇďur, B√©rang√®re de Castille, fille a√ģn√©e d'Alphonse VIII, qui fut proclam√©e reine par les Cortes de Castille. La nouvelle souveraine d√©cida n√©anmoins d'abdiquer dans la foul√©e en faveur de son jeune fils, qui devint en 1217 le nouveau roi de Castille.

Les premiers temps furent rudes pour Ferdinand. Une partie de la noblesse castillane se rebella, appuyée en cela par le roi de León, soucieux de mettre la main sur le royaume voisin. Le léonais en vint à pénétrer en Castille, mais fut repoussé par Ferdinand. Le monarque dut déployer des trésors d'ingéniosité pour ramener le calme sur ses terres. Fort du soutien des villes et du clergé, il parvint à imposer aux Lara, le plus puissant lignage nobiliaire de Castille, la signature d'un traité à Zafra, en 1222. Ce pacte mit fin aux agitements qui secouaient le royaume. Les talents diplomatiques de Bérangère ne furent pas étrangers à ce retournement de situation.

Union des deux royaumes

Le contexte et les faits

Une fois le calme revenu, Ferdinand put envisager de reprendre l'initiative dans les op√©rations militaires contre les musulmans d'Al Andalus. Un √©v√®nement capital allait n√©anmoins d√©tourner le roi de son objectif : la disparition en 1230 de son p√®re, Alphonse IX de Le√≥n. Ce dernier avait √©pous√© en deuxi√®mes noces la m√®re de Ferdinand, B√©rang√®re. Le mariage fut toutefois d√©clar√© ill√©gitime par le pape Innocent III, qui l'annula. B√©reng√®re retourna en Castille, et Alphonse IX se d√©sint√©ressa d√®s lors des enfants de sa deuxi√®me union. Peu avant sa mort, il l√©gua son royaume aux filles n√©es de son premier mariage avec Th√©r√®se de Portugal. En 1230, B√©rang√®re de Castille sut faire preuve d'une redoutable efficacit√© politique en n√©gociant avec ses belles-filles la cession de leurs droits sur la couronne de Le√≥n. Ferdinand III fut ainsi proclam√© roi, et r√©unit d√©finitivement les deux couronnes, s√©par√©es depuis la mort d'Alphonse VII en 1157.

Conséquences

Cet √©pisode constitue un des t√©moignages les plus √©loquents de l'influence et de la place de B√©rang√®re durant le r√®gne de son fils. Pr√©cieuse conseill√®re, elle se distingua √©galement par ses qualit√©s politiques dans la n√©gociation et la gestion du royaume, dont elle eut √† assumer la gestion durant les longues campagnes de son fils en Al Andalus. Elle rejoint en cela sa sŇďur, Blanche de Castille, m√®re de Louis IX de France, dont elle demeura le plus fid√®le conseiller. Les destins des deux familles partag√®rent de nombreux points en commun, notamment dans le domaine religieux. Tant Ferdinand que son cousin Louis se montr√®rent actifs dans la lutte contre l'Infid√®le : le premier √† travers la "Reconquista", le deuxi√®me par son engagement dans les Croisades. Tous deux furent d'ailleurs canonis√©s.

Les armes de Castille et de León

Quoi qu'il en soit, l'union des deux royaumes marqua une √©tape importante dans la formation de l'Espagne. La nouvelle couronne de Castille repr√©sentait d√©sormais la principale puissance p√©ninsulaire, capable de rivaliser avec les grandes monarchies occidentales. Ses domaines √©taient immenses. Le royaume de Castille √©tait tr√®s vaste. Il comprenait les territoires connus plus tard comme la Vieille-Castille (tout ou partie des actuelles provinces de Burgos, Valladolid, Soria et de Palencia, la Rioja et la Cantabrie. Il s'√©tait √©tendu depuis le XIe si√®cle vers l'Extr√©madure castillane, √† savoir les actuelles provinces de S√©govie et d'√Āvila, et le Royaume de Tol√®de (l'actuelle communaut√© de Castille-La Manche, appel√© plus tard la Nouvelle-Castille). Le royaume de Le√≥n √©tait pour sa part compos√© du Le√≥n proprement dit (les provinces actuelles de Le√≥n et de Zamora), des Asturies, de la Galice et de l'Extr√©madure l√©onaise (Salamanque). Par ailleurs, les progr√®s d'Alphonse IX face aux musulmans vers la fin de son r√®gne, lui avait permis d'ajouter la quasi totalit√© de l'actuelle Extr√©madure √† son royaume (C√°ceres et Badajoz). Ferdinand III allait d√©sormais r√©gner sur un territoire d'une extension in√©dite, plus peupl√© que ses voisins du nord p√©ninsulaire (Aragon et Navarre), et anim√© par une √©conomie tr√®s active.

L'action militaire en Al Andalus se trouva confortée par cette nouvelle donne, qui lui assurait des rentrées fiscales accrues. Les territoires qu'il s'apprêtait à mettre sous son pouvoir allaient encore modifier l'extension géographique des possessions de la couronne.

La conquête du sud péninsulaire

Scène de bataille entre maures et chrétiens
Miniature des Cantigas de Santa María d'Alphonse X

En 1217, la Reconqu√™te √©tait d√©j√† une vieille affaire dans la p√©ninsule ib√©rique. Les temps de l'√Čmirat et du Califat de Cordoue repr√©sent√®rent une p√©riode difficile pour les chr√©tiens du nord. L'id√©e m√™me de Reconqu√™te, si elle transparaissait dans les chroniques asturiennes et l√©onaises, demeura √† l'√©tat embryonnaire. La chute du pouvoir cordouan, et le morcellement d'Al Andalus en ta√Įfas qui en r√©sulta au XIe si√®cle, chang√®rent la donne. Les Chr√©tiens reprirent l'initiative, et leurs succ√®s se firent plus r√©guliers et productifs. Avec l'arriv√©e des Almoravides, l'id√©e d'une lutte contre l'Infid√®le se fit jour. Le combat contre les musulmans cessa de se r√©duire √† des consid√©rations fonci√®res et se laissa influencer par l'√©lan religieux d'une √©poque marqu√©e par les Croisades. La bataille de Las Navas de Tolosa fut un √©v√©nement fort : elle affaiblit consid√©rablement la puissance almohades et ouvrit les portes de l'Andalousie.

Ferdinand III savait sur qui compter dans cet effort conqu√©rant : les villes lui √©taient fid√®les et fournissaient de nombreux contingents, les Ordres militaires (Santiago, Alc√°ntara, Calatrava) se consacraient enti√®rement √† cette cause contre les musulmans, et les √©v√™ques, m√Ľs tant par leur ferveur religieuse que par les perspectives financi√®res qui s'ouvraient √† eux, se joignirent au roi. Il convient de souligner l'extraordinaire implication de l'archev√™que de Tol√®de, Rodrigo Jim√©nez de Rada, qui poss√©dait d√©j√† d'immenses terres autour dans toute la Manche, et ne cessa de chevaucher aupr√®s du roi jusqu'√† sa mort en 1236. La noblesse, enfin, ne pouvait se d√©rober √† son obligation d'auxilium , et percevait dans ces guerres une opportunit√© unique de r√©unir davantage de biens fonciers encore.

Campagnes préliminaires

L'ancienne place forte d'Ot√≠√Īar (Ja√©n)

Les premi√®res op√©rations militaires furent men√©es par le roi √† partir de 1224 dans la r√©gion du haut-Guadalquivir. Les villes de Cazorla, √öbeda, Baeza, And√ļjar, Ot√≠√Īar et d'autres furent attaqu√©es par les arm√©es castillanes. Cette p√©riode se caract√©risa par des op√©rations de faible envergure, destin√©es prioritairement √† pr√©parer le terrain pour de futures conqu√™tes. Cette premi√®re phase s'interrompit suite au d√©c√®s d'Alphonse XI et aux tractations qui furent n√©cessaires √† l'union de la Castille et du Le√≥n.

Renforc√©es par cette nouvelle configuration de la couronne, les troupes reprirent leurs chevauch√©es en 1233, avec la conqu√™te de Baeza. Al Andalus √©tait alors en pleine d√©composition : des caudillos locaux se proclament rois dans tous les territoires musulmans, et rejoignent la cause des plus puissants au premier rang desquels Ibn Hud, ma√ģtre du sud-est de la p√©ninsule, et d'Ibn Nasr, autoproclam√© roi d'And√ļjar, et qui √©tendit son autorit√© aux royaumes de Grenade et de Ja√©n. Le roi de Castille organisait √† cette p√©riode de longues campagnes estivales. Il chargeait ses sujets, la√Įcs ou religieux, de la conqu√™te de telle ou telle place forte, qui revenaient alors aux nobles victorieux.

Les grandes conqu√™tes : Cordoue, Murcie et Ja√©n

Les √©v√®nements s'acc√©l√©r√®rent en 1236. En l'absence de Ferdinand III, quelques nobles prirent la d√©cision d'attaquer la ville de Cordoue, aid√©s en cela par des musulmans hostiles au pouvoir local. Les castillans parvinrent √† se rendre ma√ģtres du faubourg de l'Axarqu√≠a. Averti, le monarque vint √† leur rescousse, et la ville finit par capituler sans gu√®re de r√©sistance, et surtout sans aide ext√©rieure. Le symbole √©tait puissant : l'ancienne capitale des Omeyyades √©chappait d√©finitivement aux musulmans apr√®s plus de cinq si√®cles de pr√©sence. La m√©thode appliqu√©e apr√®s ce succ√®s retentissant fut d√®s lors r√©p√©t√©e √† chaque grande victoire. Les maures √©taient pri√©s de quitter la ville, sains et saufs. Apr√®s leur d√©part, les troupes castillanes investissaient la ville et se l'appropriaient. La conversion de la grande mosqu√©e en √©glise ou en cath√©drale constituait l'acte le plus charg√© de symbolisme. Le 29 juin, la grande mosqu√©e fut convertie en √©glise, avant d'√™tre promue, en 1237, au rang de cath√©drale. S'ensuivit la conqu√™te du royaume de Cordoue, afin de s√©curiser la cit√© tout juste acquise. Ces campagnes de conqu√™te s'inscrivirent dans la dur√©e, et virent tomber des lieux tels que Alm√≥dovar del R√≠o, Aguilar de la Frontera, √Čcija,...

Les ann√©es 1240 furent propices √† d'autres conqu√™tes d'importance pour Ferdinand III. En 1243, les gouverneurs de du royaume de Murcie vinrent √† la rencontre de l'infant Alphonse. Les dignitaires de se soumettre √† la Castille, afin de se pr√©munir face aux menaces de l'Aragon (r√©cents conqu√©rants du royaume de Valence, et de Nasrides de plus en plus puissants. Alphonse prit possession du royaume au nom de son p√®re, ajoutant de la sorte une autre pi√®ce ma√ģtresse dans l'escarcelle castillane. Pi√®ce d'autant plus pr√©cieuse que Ferdinand III disposait pour la premi√®re fois d'un acc√®s √† la M√©diterran√©e. En √©change de leur soumission, les habitants du royaume de Murcie conservaient le droit de r√©sider sur leurs terres, particuli√®rement fertiles.

En 1244, Ferdinand III fait signer par son fils Alphonse le trait√© d'Almizra, qui d√©finissait les fronti√®res exactes entre la Castille et l'Aragon, qui √©tait arriv√© au bout de ses possibilit√©s de conqu√™tes p√©ninsulaires, et allait d√©sormais se lancer dans sa phase d'expansion m√©diterran√©enne. Le roi s√©journa avec sa m√®re durant un mois et demi au Pozuelo, dans la Manche. Ce fut l√† la derni√®re rencontre entre Ferdinand et B√©rang√®re, qui mourut deux ans plus tard. Apr√®s ces quelques semaines dans la r√©gion de Cuenca, le roi repartit d√©finitivement pour l'Andalousie qu'il ne quitta plus. Les campagnes allaient d√©sormais se faire √† un rythme quasiment ininterrompu. Les conqu√™tes allaient alterner sans rel√Ęche les chevauch√©es, et autres sacs dans les royaumes ennemis.

La forteresse de Jaén

En 1246, Ferdinand III réussissait enfin, après deux sièges infructueux, à mettre la main sur Jaén et sa forteresse inexpugnable. La capitulation fut signée par Ibn Nasr, roi de Grenade. Ferdinand III obtint le départ de tous les musulmans, et, surtout, la soumission du nasride par pacte de vasselage. Les territoires de ce dernier, tout en gardant leur autonomie, était désormais unis à la Castille. Ibn Nasr s'engageait à rendre hommage à Ferdinand III, à lui verser une somme annuelle conséquente, et à lui prêter aide et conseil comme tout vassal.

La conquête de Séville

Les fortifications de Carmona

Enthousiasm√© par ce succ√®s, Ferdinand III d√©cida d√®s la conqu√™te de Ja√©n, de se diriger vers son principal objectif, S√©ville. En 1247, le roi organisa l'offensive depuis Cordoue, qui devint le point de concentration des troupes. Les alentours de la cit√© almohade commenc√®rent √† faire l'objet de chevauch√©es et de si√®ges victorieux : Alcal√° de Guada√≠ra, Gerena, Guillena, Carmona, Lora del R√≠o, Setefilla, Cantillana, Alcal√° del R√≠o et d'autres places fortes furent prises afin de lib√©rer les acc√®s √† S√©ville et d'√©carter tout danger ext√©rieur lors du si√®ge. Les d√©fenses de S√©ville √©taient solides et la population nombreuse. L'implication d'Ibn Nasr fut exemplaire durant cette phase : le nasride respecta scrupuleusement ses engagements.

Au mois d'ao√Ľt 1247, Ferdinand III assi√©gea S√©ville. Des √©l√©ments aragonais et fran√ßais renfor√ßaient ses troupes, qui chevauchaient dans les alentours de la ville, afin de repousser les assauts des s√©villans. Ferdinand III fit √©galement monter une flotte en provenance des ports du Golfe de Gascogne, men√©e par l'amiral Ram√≥n Bonifaz. La force et l'organisation de l'arm√©e de Ferdinand III pein√®rent √† faire plier la cit√©, qui finit par capituler apr√®s plus d'un an et demi de si√®ge. Le 23 novembre 1248, l'alc√°zar fut remis aux Castillans. Les musulmans dispos√®rent d'un d√©lai d'un mois pour √©vacuer la ville. Un mois plus tard, le 22 d√©cembre, Ferdinand III fit son entr√©e solennelle dans la ville. Apr√®s Cordoue, c'√©tait un autre lieu symbolique qui int√©grait la couronne de Castille : ville de saint Isidore, cit√© opulente et commerciale, porte du bas-Guadalquivir,... L'√©v√®nement connut un retentissement extraordinaire dans toute la Chr√©tient√©, et les pages que consacre la Primera Cr√≥nica General de Espa√Īa √† ces heures de l'histoire du royaume t√©moignent de la ferveur soulev√©e par la prise de la cit√©.

Ferdinand III r√©sida d√©sormais de mani√®re permanente √† S√©ville, d'o√Ļ il continua √† mener de brillantes campagnes dans le sud de l'Andalousie. Conqu√™tes et soumissions par pactes assur√®rent une assise plus confortable au roi, et permettait de garantir la s√©curit√© de S√©ville.

Bilan

Des succès incontestables

Ferdinand III de Castille et León
Miniature du XIIIe si√®cle extraite de l'√ćndice de los privilegios reales
(Archives de la Cathédrale de Compostelle).
On remarque les armes du Le√≥n et de la Castille aux c√īt√©s du monarque.

Ferdinand III mourut le 30 mai (ou le 31, selon les sources) 1252. Son corps repose depuis lors dans la cathédrale de Séville. Il laissa derrière lui un bilan des plus positifs pour la couronne de Castille. Il avait d'une part réussi à sceller l'union des royaumes de Castille et de León, donnant ainsi naissance à un ensemble d'une puissance colossale dans le contexte péninsulaire. Une puissance qui allait être amenée, avec le temps, à imposer son hégémonie à l'ensemble des royaumes ibériques, à l'exception du Portugal.

Sous son r√®gne fut consid√©rablement renforc√©e l'autorit√© royale : Ferdinand III avait r√©uni sous sa banni√®re toutes les forces vives du royaume dans l'objectif de conqu√©rir l'Andalousie. Avec l'aide de sa m√®re, et des fid√®les, parmi lesquels l'archev√™que de Tol√®de, il sut faire usage d'un tact politique d'une grande finesse, et utilisa la noblesse pour assouvir ses ambitions. Celle-ci, app√Ęt√© par les gains qu'elle pouvait retirer de l'expansion m√©ridionale du royaume, ne put qu'acquiescer √† l'appel du roi. On doit d'ailleurs √† Ferdinand III les premi√®res r√©formes juridiques importantes, avec la traduction en castillan du Liber Judiciorum des Wisigoths, et son application sous la forme du Fuero Juzgo. Ce code de droit local fut octroy√© √† de nombreuses villes nouvellement conquises. Dans les villes plus septentrionales, les fors et franchises furent distribu√©s g√©n√©reusement par le roi, qui s'appuyait beaucoup sur les concejos des villes pour mener sa politique.

Ce fut √† la conqu√™te de l'Andalousie que Ferdinand III dut sa renomm√©e. Jamais auparavant un roi n'avait accru de mani√®re aussi importante et rapide les domaines de la couronne. Sa lutte contre l'Infid√®le fut salu√©e et reconnue, et son fils Alphonse laissa transpara√ģtre dans ses Ňďuvres une admiration r√©elle pour son pr√©d√©cesseur. √Ä la mort du roi, plus aucune terre d'Espagne n'√©chappait au contr√īle des Chr√©tiens : conquis, rattach√©s ou soumis par pactes de vasselage (Grenade), les royaumes musulmans d'Andalousie √©taient d√©sormais tous domin√©s par la Castille. La puissance et la gloire que put en tirer le royaume √©taient consid√©rables. Ferdinand III et la Castille se pr√©sentaient √† l'Occident comme les d√©fenseurs de la foi chr√©tienne et comme une redoutable machine de guerre, contr√īlant d√©sormais des terres vastes et fertiles. Ordre int√©rieur, service de la foi, politique ext√©rieure offensive et efficace : la Castille que Ferdinand III l√©guait apparaissait comme un ensemble solide, et sur lequel il fallait d√©sormais compter.

Un héritage fragile

Il convient toutefois de nuancer ce bilan. Si la brillante politique de Ferdinand III permit effectivement d'engranger tous ces succ√®s d'ordre int√©rieur et ext√©rieur, il n'en reste pas moins que les cons√©quences √† moyen terme et la gestion de cette nouvelle configuration du royaume allaient retomber sur son fils, qui allait accumuler les difficult√©s. La conqu√™te de la r√©gion du Guadalquivir impliquait deux cons√©quences majeures et paradoxales. Les terres vid√©es de leurs habitants musulmans √©taient d√©sormais √† repeupler, et le travail √©tait √† peine entam√© en 1252. C'est √† une t√Ęche immense qu'allait devoir s'atteler Alphonse X : faire venir du nord du royaume des milliers d'hommes et de femmes pr√™ts √† s'investir dans le repeuplement et la r√©organisation de l'espace et de l'activit√© √©conomique d'une r√©gion vid√©e de ses occupants. La mainmise des plus puissants sur la majorit√© des terres, le climat, les incursions fr√©quentes de musulmans finirent par d√©courager nombre de paysans volontaires, qui repartirent vers leurs r√©gions d'origine. Le repeuplement allait requ√©rir des d√©cennies de labeur et de patience. D'autre part, les villes et campagnes o√Ļ les musulmans avaient √©t√© autoris√©s √† demeurer (principalement le royaume de Murcie et l'ext√™me sud de l'Andalousie, autour de Jerez de la Frontera et Niebla) n'allaient pas tarder √† se montrer r√©tives √† l'autorit√© castillane. La grande r√©volte des mud√©jars de 1264 mena√ßa s√©rieusement la pr√©sence castillane. Pis encore, le moindre mouvement de r√©volte r√©veillait l'int√©r√™t et les ardeurs de quelques chefs locaux, et du roi de Grenade. Enfin, la noblesse, priv√©e de nouvelles ressources par la rar√©faction des terres √† conqu√©rir, n'allait pas tarder √† revenir √† ses basses manŇďuvres rebelles.

Certes, la personnalit√© m√™me d'Alphonse X peut expliquer ces difficult√©s. Mais, il est √©vident que Ferdinand III, victorieux, l√®gue √† son fils un pays √† reconstruire, √† structurer et √† inventer. En cela, il n'est pas exag√©r√© d'estimer qu'Alphonse X h√©rite du plus difficile : jeter les bases d'une nouvelle organisation sociale, politique et √©conomique, dans une r√©gion absorb√©e en un temps record, peut-√™tre m√™me trop rapidement. L'on peut s'interroger sur les capacit√©s pour un royaume m√©di√©val comme la Castille √† assimiler de tels espaces en si peu de temps. La Reconqu√™te s'arr√™ta en tous cas √† cette √©poque. De r√©elles avanc√©es ne purent √™tre obtenues que deux si√®cles plus tard, sous le r√®gne des Rois catholiques. Ferdinand III, √† l'image de son cousin saint Louis en France, reste quoi qu'il en soit l'un des monarques les plus admirables du Moyen √āge espagnol.

Mariages et descendance

Ferdinand IIl √©pousa en premi√®res noces Elisabeth de Souabe, fille de Philippe de Souabe, roi des Romains (1198-1208). De cette union naquit son fils et successeur Alphonse X le Sage (1221-1284), roi de Castille et Le√≥n (1252-1284). Furent √©galement le fruit de cette union :

Suite √† la mort de sa premi√®re √©pouse en 1235, Ferdinand III √©pousa en 1237 Jeanne de Dammartin, dont il eut cinq enfants :

Un saint catholique

Saint Ferdinand de Castille
Naissance environ 1199
D√©c√®s 1252 
Nationalit√© Royaume de Castille et Le√≥n Royaume de Castille et Le√≥n
Canonisation 4 f√©vrier 1671
par Clément X
Fête le 30 mai
Saint patron San Fernando de Apure
Serviteur de Dieu ‚ÄĘ V√©n√©rable ‚ÄĘ Bienheureux ‚ÄĘ Saint

F√™t√© le 30 mai, il est le saint patron de :

Plusieurs √©glises lui sont d√©di√©es dont :

Notes et références

Notes

Bibliographie

  • Sources d'√©poque :
    • Primera Cr√≥nica General, Estoria de Espa√Īa que mand√≥ componer Alfonso X el Sabio y se continuaba bajo Sancho IV en 1289 (2 t.), √©d. de Ram√≥n Men√©ndez Pidal, Madrid, Gredos, 1977 (3e r√©√©d.).
    • Cr√≥nica de Alfonso X, √©d. de Manuel Gonz√°lez Jim√©nez, Murcia, Real Academia Alfonso X el Sabio, 1998.
  • Ouvrages de r√©f√©rence :
    • Ans√≥n, Francisco, Fernando III, rey de Castilla y Le√≥n, Madrid, Palabra, 1998.
    • Conrad, Philippe, Histoire de la Reconquista, Paris, PUF, 1998.
    • Gonz√°lez, Julio, Reinado y diplomas de Fernando III (3 t.), Cordoue, Publicaciones del Monte de Piedad y Caja de Ahorros de C√≥rdoba, 1983.
    • Gonz√°lez, Julio, Las conquistas de Fernando III en Andaluc√≠a, Madrid, Instituto Jer√≥nimo Zurita, 1946.
    • Mart√≠nez D√≠ez, Fernando, Fernando III, Palencia, Diputaci√≥n provincial de Palencia, La Olmeda, 1993.
    • M√≠nguez, Jos√© Mar√≠a, La Reconquista, Madrid, Alba, 1989.

Voir également

Précédé par Ferdinand III de Castille Suivi par
Henri Ier
Blason Castille.svg Roi de Castille et de Tolède Transparent.gif
(1217 - 1252)
Alphonse X
Alphonse IX
Blason Castille Léon.svg Roi de Léon et de Galice Transparent.gif
(1230 - 1252)
royaumes musulmans
Roi de Cordoue et de Murcie
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