Ferdinand-Philippe D'Orléans

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Ferdinand-Philippe D'Orléans

Ferdinand-Philippe d'Orléans

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Portrait du duc d'Orléans, par Dominique Ingres, 1842.

Ferdinand - Philippe Louis Charles Éric Rosalino (Henri[1]) d'OrlĂ©ans, nĂ© le 3 septembre 1810 Ă  Palerme et mort le 13 juillet 1842 Ă  Neuilly-sur-Seine, duc de Chartres puis (1830) duc d'OrlĂ©ans et prince royal de France[2], Ă©tait le fils aĂźnĂ© de Louis-Philippe Ier, roi des Français et de Marie AmĂ©lie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles.

Sommaire

Biographie

Né à Palerme pendant l'exil de ses parents, il est prénommé Ferdinand, prénom inusité dans la maison d'Orléans, en hommage au roi de Sicile, Ferdinand Ier, son grand-pÚre, et porte à sa naissance le titre de duc de Chartres[3].

Le jeune prince, qui a 3 ans au moment de la chute de NapolĂ©on Ier, vient en France pour la premiĂšre fois en 1814 et s'y installe dĂ©finitivement en 1817. Son pĂšre le confie d’abord aux soins d'un prĂ©cepteur, M. de Boismilon, puis il le place au collĂšge Henri-IV en 1819, voulant qu’il reçoive une Ă©ducation libĂ©rale, sur le pied de la plus complĂšte Ă©galitĂ© avec les autres Ă©lĂšves. Parmi eux, Alfred de Musset, avec qui il se lie d'amitiĂ©. Il fait de brillantes Ă©tudes et suit les cours de l’École polytechnique. AprĂšs un voyage en Angleterre et en Écosse en 1819, il va rejoindre Ă  LunĂ©ville le 1er rĂ©giment de hussards, dont il vient d’ĂȘtre nommĂ© colonel par Charles X (1824) et qui prend pour l'occasion la dĂ©nomination de Hussards de Chartres.

Un prince libéral et populaire

En 1830, il est en garnison Ă  Joigny pendant les Trois Glorieuses. Il fait arborer la cocarde tricolore Ă  son rĂ©giment, le 1er rĂ©giment de hussards (Hussards de Chartres) et l’amĂšne en toute hĂąte au secours des Parisiens insurgĂ©s. ArrĂȘtĂ© provisoirement Ă  Montrouge, et bientĂŽt relĂąchĂ©, il entre le 3 aoĂ»t dans Paris Ă  la tĂȘte de ses hussards de Chartres.

Avec l'avĂšnement de la monarchie de Juillet, il prend le titre de duc d’OrlĂ©ans et devient Prince royal. Son pĂšre le fait entrer au Conseil. De tempĂ©rament bouillant, le duc d'OrlĂ©ans critique vertement le temps perdu Ă  Ă©couter palabrer les ministres (appelĂ©s familiĂšrement babasses dans le cercle familial) et a de frĂ©quents accrochages avec les doctrinaires, qu'il n'aime pas et vis-Ă -vis de qui il se veut l'interprĂšte des sentiments de la jeunesse rĂ©volutionnaire. C'est pourquoi Casimir Perier exige, lorsqu'il accĂšde Ă  la prĂ©sidence du Conseil en mars 1831, que le duc d'OrlĂ©ans soit exclu du Conseil, auquel il cesse dĂšs lors de participer.

En novembre 1831, le prince royal est envoyĂ©, aux cĂŽtĂ©s du marĂ©chal Soult, pour rĂ©primer l’insurrection ouvriĂšre de Lyon. Il s'acquitte de cette tĂąche difficile sans violence et parvient Ă  apaiser rapidement les oppositions. Il y gagne une popularitĂ© certaine, que renforce son attitude lors de l'Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra de 1832. Il n'hĂ©site pas Ă  se rendre auprĂšs des malades les plus contagieux Ă  l'HĂŽtel-Dieu, prenant des risques rĂ©els puisque Casimir Perier, qui l'accompagne, contracte quant Ă  lui la maladie et en meurt. Aux yeux du peuple et de la presse, il passe dĂšs lors pour un prince gĂ©nĂ©reux, sincĂšrement prĂ©occupĂ© du sort des plus dĂ©munis, et devient une sorte d'icone pour l'opposition dynastique d'Odilon Barrot, qui voit en lui le seul prince capable de concilier les aspirations dĂ©mocratiques de la France moderne et l'hĂ©ritage du passĂ© monarchique.

Une brillante carriĂšre militaire

En 1831, le duc d'OrlĂ©ans part avec son jeune frĂšre le duc de Nemours, pour aller faire ses premiĂšres armes sous le marĂ©chal GĂ©rard ; cette campagne ne fait guĂšre qu’une promenade militaire. EntrĂ©s en Belgique en 1831, les princes s’empressent de visiter la plaine de Jemmapes, oĂč leur pĂšre a combattu en 1792.

L'annĂ©e suivante, le duc d’OrlĂ©ans rentre en Belgique avec le commandement de la brigade d’avant-garde de l’armĂ©e du Nord. Le 20 novembre 1832, il est devant la citadelle d’Anvers ; il commande la tranchĂ©e dans la nuit du 29 au 30 novembre. À l’attaque meurtriĂšre de la lunette Saint-Laurent, il s’élance sur le parapet au milieu d’une grĂȘle de projectiles de toute espĂšce pour diriger l’action et stimuler le courage des soldats.

En 1835, lorsque le marĂ©chal Clauzel est renvoyĂ© en AlgĂ©rie comme gouverneur gĂ©nĂ©ral, le duc d'OrlĂ©ans demande Ă  son pĂšre comme une faveur de l'accompagner pour combattre l'Ă©mir Abd El-Kader. Il participe avec l'armĂ©e de Clauzel au combat de l’Habrah, oĂč il est blessĂ©, Ă  la prise de Mascara en dĂ©cembre 1835, puis de Tlemcen en janvier 1836. Il rentre Ă  Paris tout aurĂ©olĂ© de gloire militaire.

À l'automne 1839, le duc d'OrlĂ©ans repart pour l'AlgĂ©rie pour rĂ©aliser, avec le marĂ©chal ValĂ©e, la prise de possession par la France de la partie intĂ©rieure du pays, entre Constantine et Alger. Partie de Constantine le 16 octobre, trois jours aprĂšs le deuxiĂšme anniversaire de la prise de la ville, la fameuse chevauchĂ©e gagne Alger le 2 novembre en passant par SĂ©tif et le dĂ©filĂ© des Portes de Fer. Abd-el-Kader y voit une violation du traitĂ© de Tafna et dĂ©clenche la guerre sainte contre les Français. S'enclenche ainsi une escalade qui aboutira Ă  l'occupation totale de l'AlgĂ©rie par la France.

En mars 1840, le duc d’OrlĂ©ans part encore une fois pour l’AlgĂ©rie, emmenant avec lui le duc d’Aumale, son jeune frĂšre, dont il dirige les premiers travaux militaires. Aux combats de l’Affroun, de l'Oued'Ger, du bois des Oliviers, il est chargĂ© de diriger les dispositions d’attaque Ă  la prise du Teniah de MouzaĂŻa. Il est rappelĂ© en France aprĂšs cette campagne.

Ce passĂ© militaire brillant ne fait qu'accroĂźtre la popularitĂ© et le prestige du duc d'OrlĂ©ans, qui consacre Ă©galement ses soins Ă  l’agrandissement des forces militaires du pays et Ă  l’amĂ©lioration physique et morale des soldats. Il organise Ă  Saint-Omer les chasseurs de Vincennes, devenus chasseurs d’OrlĂ©ans en 1836, et redevenus chasseurs de Vincennes Ă  pied. Il jette les bases d’une Histoire des RĂ©giments, entreprise par ordre du ministre de la guerre, et Ă©crit en partie celle de deux rĂ©giments qui s’étaient trouvĂ©s sous ses ordres.

Le mariage du duc d'Orléans

Le mariage du duc d'OrlĂ©ans avait Ă©tĂ© l'une des grandes affaires politiques de la monarchie de Juillet. Sans la rĂ©volution de 1830, il aurait Ă©pousĂ© la sƓur du duc de Bordeaux, Mademoiselle (1819-1864). Ce projet ayant naturellement Ă©chouĂ© en raison de la chute de la branche aĂźnĂ©e et de l'« usurpation Â» (aux yeux de celle-ci) de la branche cadette, Louis-Philippe est littĂ©ralement obsĂ©dĂ©, Ă  partir de 1835, singuliĂšrement aprĂšs l'attentat de Fieschi, par l'Ă©tablissement matrimonial de son fils aĂźnĂ©[4], alors dans sa vingt-cinquiĂšme annĂ©e.

C'est aussi le moment oĂč la monarchie de Juillet se cherche de nouveaux alliĂ©s en Europe, qui lui permettraient de ne pas dĂ©pendre trop exclusivement de l'Angleterre (Voir l'article : Politique extĂ©rieure de la France sous la monarchie de Juillet). Talleyrand, qui vient de renoncer Ă  son ambassade de Londres brouillĂ© avec le ministre britannique des Affaires Ă©trangĂšres, Palmerston, pousse en ce sens.

Il envisage d'abord un rapprochement avec la Russie par l'intermédiaire du Wurtemberg. En effet, le roi Guillaume Ier de Wurtemberg, veuf de la grande-duchesse Katarina Pavlovna de Russie, a deux filles à marier, les princesses Marie (née en 1816) et Sophie (née en 1818). Mais Guillaume Ier[5] décline la proposition, refus d'autant plus humiliant que la princesse Marie épousera en 1840 le comte Alfred Neipperg[6].

Louis-Philippe envisage ensuite une alliance avec l'Autriche qui pourrait offrir l'archiduchesse Marie-ThĂ©rĂšse, fille de l'archiduc Charles, nĂ©e en 1816. La reine Marie-AmĂ©lie est trĂšs favorable Ă  ce mariage car elle est elle-mĂȘme fille d'une archiduchesse d'Autriche, la reine Marie-Caroline de Naples. L'archiduc Charles n'est pas opposĂ© Ă  un tel mariage, mais celui-ci se heurte en revanche Ă  deux adversaires dĂ©terminĂ©s : le prince de Metternich, qui ne veut pas rĂ©Ă©diter l'erreur qu'il a faite en nĂ©gociant le mariage de l'archiduchesse Marie-Louise avec NapolĂ©on Ier, et l'archiduchesse Sophie, princesse bavaroise, belle-sƓur du nouvel empereur Ferdinand Ier, qui domine la cour de Vienne de sa forte personnalitĂ© en attendant que son fils, le futur François-Joseph, monte sur le trĂŽne impĂ©rial.

L'ambassadeur de France Ă  Vienne, le comte de Sainte-Aulaire, qui a Ă©tĂ© spĂ©cialement chargĂ© de prĂ©parer le terrain pour le mariage autrichien, ne dissimule pas la difficultĂ© de l'affaire, sans la juger cependant tout Ă  fait impossible. Le nouveau prĂ©sident du Conseil, Thiers, rĂȘve de la conclure et d'apparaĂźtre, tel un nouveau Choiseul, comme l'artisan d'un spectaculaire renversement d'alliances en Europe.

Le duc d'OrlĂ©ans et son cadet, le duc de Nemours, entreprennent un voyage en Europe le 2 mai 1836. Louis-Philippe et Marie-AmĂ©lie se dĂ©solent parce que le prince royal refuse de raser la superbe barbe qu'il arbore depuis que la jeunesse romantique en a lancĂ© la mode[7]. Quoi qu'il en soit, les deux jeunes gens remportent un grand succĂšs Ă  Berlin, puis Ă  Vienne, oĂč ils se trouvent du 29 mai au 11 juin. Mais, commente le marquis de SĂ©monville, « tout le monde leur a donnĂ© la main, mais personne ne l'a serrĂ©e. Â»[8] Si le prince royal plaĂźt dĂ©cidĂ©ment Ă  l'archiduc Charles et Ă  sa fille, Metternich et l'archiduchesse Sophie font barrage : la dĂ©marche que Thiers, impatient de conclure, a convaincu Louis-Philippe d'effectuer, contre l'avis de Sainte-Aulaire qui voulait qu'on se limitĂąt Ă  une simple visite de famille, est repoussĂ©e ; pour mĂ©nager la susceptibilitĂ© des Français, la version officielle est que la dĂ©cision est laissĂ©e aux « sentiments Â» de l'archiduchesse Marie-ThĂ©rĂšse qui aurait fait une rĂ©ponse nĂ©gative[9]. Il ne reste plus aux deux jeunes gens qu'Ă  rentrer en France en passant par l'Italie : Ă  Trente, ils sont reçus par l'ex-impĂ©ratrice Marie-Louise, duchesse de Parme, qui ne peut retenir ses larmes devant la ressemblance entre le prince royal et le feu-duc de Reichstadt ; Ă  Milan, ils sĂ©journent chez l'archiduc Rainier, vice-roi de Lombardie-VĂ©nĂ©tie, oĂč ils apprennent la nouvelle de l'attentat d'Alibaud, commis le 25 juin contre Louis-Philippe.

La duchesse d'Orléans tenant son fils, Philippe, comte de Paris. Portrait par Franz Xaver Winterhalter, 1839. Chùteau de Versailles.

AprĂšs le refus de la maison d'Autriche, il ne reste plus que deux partis envisageables parmi les princesses catholiques[10] : la princesse JanviĂšre (Januaria) de Bragance, fille de l'empereur Pierre Ier du BrĂ©sil, et l'infante Isabelle d'Espagne, fille de l'infant François-de-Paule, frĂšre cadet de Ferdinand VII. Toutes deux, nĂ©es en 1821, sont fort jeunes. La premiĂšre est Ă©cartĂ©e en raison de l'Ă©loignement, et la seconde en raison de son physique disgraciĂ© – elle est maigre et rousse[11] – et de ses lourds antĂ©cĂ©dents familiaux[12].

Parmi les princesses allemandes protestantes, quelques partis sont envisagĂ©s. Talleyrand, par l'intermĂ©diaire de sa petite-niĂšce, la duchesse de Dino, a repĂ©rĂ© la princesse Louise de Hesse-Cassel[13]. La reine Louise suggĂšre la princesse Marie-Alexandrine de Saxe-Altenbourg[14] et la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Gotha[15] En dĂ©finitive, le choix se porte sur la princesse HĂ©lĂšne de Mecklembourg-Schwerin[16], fille de feu le prince hĂ©rĂ©ditaire FrĂ©dĂ©ric de Mecklembourg-Schwerin (1778-1819) et de la princesse Caroline de Saxe-Weimar-Eisenach (†1816). Pour le duc d'OrlĂ©ans, c'est une alliance convenable, mais sans Ă©clat[17], mĂȘme si la princesse est la niĂšce du roi de Prusse, FrĂ©dĂ©ric-Guillaume III[18].

Le duc de Broglie est envoyé en Allemagne en qualité d'ambassadeur extraordinaire afin de présenter la demande officielle et de ramener la princesse en France. Un libelle virulent pour la maison d'Orléans est publié sous l'anonymat par un prince de la maison de Mecklembourg. Celle-ci boude le mariage, si bien qu'HélÚne n'est accompagnée que par la troisiÚme épouse veuve de son pÚre, Augusta de Hesse-Hombourg.

Le mariage est cĂ©lĂ©brĂ© le 30 mai 1837 au chĂąteau de Fontainebleau, car l'archevĂȘque de Paris, Mgr de QuĂ©len, a pris prĂ©texte de la diffĂ©rence de religion pour interdire qu'il ait lieu Ă  Notre-Dame. Le mariage civil se dĂ©roule dans la galerie Henri II le 30 mai 1837[19]. La cĂ©rĂ©monie catholique, Ă  laquelle prĂ©side Gallard, Ă©vĂȘque de Meaux, se dĂ©roule dans la chapelle de Henri IV, tandis que la cĂ©rĂ©monie luthĂ©rienne, cĂ©lĂ©brĂ©e par le pasteur Cuvier, a lieu dans le salon Louis-Philippe. Le duc d'OrlĂ©ans a pour tĂ©moins les quatre vice-prĂ©sidents de la Chambre des pairs – le baron SĂ©guier, le comte Portalis, le duc de Broglie, le comte de Bastard –, le prĂ©sident et les quatre vice-prĂ©sidents de la Chambre des dĂ©putĂ©s – Dupin, Calmon, Delessert, Jacqueminot, Cunin-Gridaine –, trois marĂ©chaux – Soult, Mouton, GĂ©rard –, le prince de Talleyrand, le duc de Choiseul et le comte Bresson, ministre de France Ă  Berlin.

Dans la nombreuse assistance, on relĂšve l'absence des ambassadeurs Ă©trangers, Ă  l'exception du baron de Werther, ministre de Prusse, du comte Lehon, ministre de Belgique, et du chargĂ© d'affaires du Mecklembourg. MalgrĂ© tout, la rĂ©ception est trĂšs brillante : « La princesse HĂ©lĂšne n'Ă©tant pas fille de roi, observe la duchesse de MaillĂ©, c'est la rĂ©ception de Mme la duchesse de Bourgogne[20] qui a servi de rĂšgle, et tout s'est passĂ© chez Sa MajestĂ© citoyenne comme si Louis XIV avait Ă©tĂ© prĂ©sent au milieu des plus grands seigneurs de France. Quelques-uns croient que Louis-Philippe fait en cela une faute politique. Je ne le pense pas. Il fait au contraire grand plaisir Ă  ses partisans. La pompe ne leur dĂ©plaĂźt pas lorsque ce sont leurs noms qui y figurent, Ă  la place de ceux des grands seigneurs qu'ils ont tant enviĂ©s. Louis-Philippe est l'homme et l'Ă©lu de la classe moyenne, elle le sait trĂšs bien, mais elle est flattĂ©e de l'Ă©clat dont il s'environne. S'il ne cherchait pas Ă  redorer cette royautĂ© qu'elle lui a donnĂ©e, son amour-propre en serait blessĂ©. Ses partisans se croient grands seigneurs lorsqu'ils lui voient faire le grand roi. Â»[21]

Le mariage est trĂšs heureux. Le duc et la duchesse d'OrlĂ©ans ont deux enfants :

Un prince éclairé et mécÚne

« La patrie est en danger. Â»
Lithographie par Ferdinand-Philippe d'Orléans (1830).

Le duc d'OrlĂ©ans est un amateur Ă©clairĂ© de littĂ©rature, de musique et de beaux-arts. Il montre un goĂ»t prononcĂ© pour la collection, « faisant son choix lentement, en vĂ©ritable amateur Â»[22], et fait preuve d'une rare Ă©rudition. Chaque annĂ©e, il consacre 100 000 Ă  150 000 francs de sa liste civile Ă  des achats d'Ɠuvres d'art ou Ă  du mĂ©cĂ©nat culturel. Dans ses vastes appartements du palais des Tuileries, il rassemble des objets du Moyen Âge et de la Renaissance, des cĂ©ramiques de Bernard Palissy, des majoliques et des cĂ©ramiques hispano-mauresques, des porcelaines chinoises ou japonaises, des meubles de Caffieri, Oeben, Riesener ou Jacob. Il se passionne Ă©galement pour les peintres de sa gĂ©nĂ©ration et achĂšte de nombreux tableaux Ă  Ary Scheffer et Ă  Newton Fielding, qui l'avaient initiĂ© Ă  la technique du paysage entre 1822 et 1830. Il possĂšde des Ɠuvres d'EugĂšne Delacroix (Le Prisonnier de Chillon, L'Assassinat de l'Ă©vĂȘque de LiĂšge, Hamlet et Horatio au cimetiĂšre), Alexandre-Gabriel Decamps (La DĂ©faite des Cimbres), EugĂšne Lami, Ernest Meissonnier et Paul Delaroche. Il aime Ă©galement les paysages des peintres de l'Ă©cole de Barbizon, notamment Camille Corot, Paul Huet et ThĂ©odore Rousseau. Il commande Ă  Dominique Ingres Antiochus et Stratonice (1833), achĂšte en 1839 ƒdipe et le sphinx et lui commande son portrait en 1840.

Lui-mĂȘme douĂ© de talents de dessinateur, il fait Ɠuvre de graveur amateur. On connaĂźt de lui une douzaine d'eaux-fortes et de lithographies[23]. Parmi ces derniĂšres se trouve une piĂšce satirique reprĂ©sentant le personnage de Gulliver endormi ; des Lilliputiens arrivent de tous cĂŽtĂ©s, Ă  pied, Ă  cheval, en bateau, en diligence. Une pancarte Ă©voque la proclamation alarmiste faite le 11 juillet 1792 par l'AssemblĂ©e lĂ©gislative, qui dĂ©clarait la patrie en danger.


Une mort prématurée

Gisant de Ferdinand-Philippe d'Orléans
et de son Ă©pouse Ă  la Chapelle Royale de Dreux

De retour de PlombiĂšres, oĂč il venait de conduire la duchesse d’OrlĂ©ans, le prince royal se disposait Ă  partir pour Saint-Omer, oĂč il devait passer en revue une partie de l’armĂ©e d’opĂ©ration sur la Marne, dont il venait de recevoir le commandement en chef, quand il se rendit le 13 juillet 1842 Ă  Neuilly-sur-Seine pour faire ses adieux Ă  sa famille. Les chevaux de sa calĂšche s’étant emportĂ©s, le prince voulut s’élancer de la voiture et se brisa la tĂȘte sur le pavĂ© ; quelques heures aprĂšs, il rendait le dernier soupir. Alfred de Musset Ă©voque cet accident dans son poĂšme Le Treize Juillet (dans le recueil PoĂ©sies nouvelles). Sa mort accidentelle prive Louis-Philippe d'un soutien qui lui manqua en 1848.

Les trois statues du duc d'Orléans

Buste du duc d'Orléans par James Pradier, réalisé d'aprÚs le masque mortuaire du prince, 1842, musée du Louvre

Trois statues du duc d'Orléans, se dressent aujourd'hui à Eu, à Neuilly-sur-Seine et à Saint-Omer.

La naissance des deux statues

La mort de Ferdinand-Philippe d'OrlĂ©ans plongea la population dans le dĂ©sarroi, et les funĂ©railles « frappĂšrent l'opinion par leur noble et grandiose tristesse Â». Le roi pensait-il consacrer Ă  son hĂ©ritier un hommage durable ? La population civile d'Alger et l'armĂ©e d'Afrique devancĂšrent ses dĂ©sirs. Leur vƓu d'ouvrir une souscription Ă  l'effet d’ériger sur « la principale place d'Alger un monument destinĂ© Ă  perpĂ©tuer cette mĂ©moire et l'image de S.A.R. Â» recueillit l'approbation du gouverneur gĂ©nĂ©ral, par arrĂȘtĂ© du 7 aoĂ»t 1842. Bugeaud crĂ©ait, sous la prĂ©sidence du directeur de l'IntĂ©rieur, une commission chargĂ©e de recueillir les offrandes et d'arrĂȘter les diverses dispositions, pour l'Ă©rection sur la place d'Alger de la statue en bronze du feu prince. DĂšs le 29 septembre, elle avait rĂ©uni 20.000 F. Des gĂ©nĂ©raux commandants de divisions militaires ne tardĂšrent pas Ă  solliciter le ministre de la Guerre pour savoir si leurs subordonnĂ©s pouvaient apporter leur Ă©cot. Le 8 novembre 1842, le marĂ©chal Soult, ministre de la Guerre, annonçait qu'une souscription facultative Ă©tait ouverte dans tous les corps de l'armĂ©e et instituait une commission supĂ©rieure pour centraliser les dons et veiller au recouvrement. Charles Marochetti Ă©tait chargĂ© de la rĂ©alisation de la statue. Le 29 novembre 1842, le ministre de la Guerre prenait un nouvel arrĂȘtĂ© : la souscription facultative Ă©tait Ă©tendue Ă  l'armĂ©e de Mer. Les fonds recueillis serviraient Ă  l'Ă©rection de deux statues Ă©questres Ă  l'effigie du duc d'OrlĂ©ans.

La mise en place

Le choix se porta d'abord pour la place du Carrousel Ă  Paris. Mais en novembre 1844, Louis-Philippe dĂ©cide, on ne sait pourquoi (les coĂ»ts et les difficultĂ©s d'entreprendre la rĂ©novation de la place probablement), d'implanter la statue au centre de la Cour CarrĂ©e du Louvre. Le choix de la situation de la statue princiĂšre dans Alger ne posa pas tant de difficultĂ©s : il s'agirait de la place Royale (anciennement place du Gouvernement). Le modĂšle de la statue fini, elle fut confiĂ©e au fondeur Soyer. Marochetti annonçait la fonte rĂ©ussie des deux statues par lettres des 21 aoĂ»t et 14 novembre 1844. AprĂšs le 5 mai eurent lieu les fondations de l'ouvrage, terminĂ©es par la pose du socle en marbre sur lequel allait reposer le piĂ©destal. À Alger, le piĂ©destal est achevĂ© le 1er aoĂ»t 1845, la statue arrive le 19 septembre et le 4 octobre elle parvenait sur la place royale. Sa jumelle parisienne Ă©tait en place depuis le 26 juillet. L'Ă©vĂ©nement fut remarquĂ©. Chopin Ă©crivait de Nohan Ă  sa famille polonaise : « on l'Ă©lĂšve sur la place du Louvre, elle est en bronze algĂ©rien, de mĂȘme que les bas-reliefs. C'est une Ɠuvre de Marochetti, un des meilleurs sculpteurs de Paris Â». Le 28 octobre 1845, jour anniversaire du passage des Portes de Fer, les deux Ɠuvres furent inaugurĂ©es. À Alger, le piĂ©destal Ă©tait dĂ©pourvu de plaque. Le ministre de la guerre avait entendu les remarques du Comte Guyot, directeur de l'intĂ©rieur en AlgĂ©rie : la population civile algĂ©rienne qui avait tant participĂ© Ă  l'Ă©rection n'aurait pas admis que le monument portĂąt comme seule inscription « l'armĂ©e au Duc d'OrlĂ©ans Prince Royal Â». Le 6 mars 1846, Louis-Philippe approuvait un rapport qui proposait d'opter pour une nouvelle formule : « l'armĂ©e et la population civile d'AlgĂ©rie au Duc d'OrlĂ©ans, Prince Royal, 1842 Â». Le bronze fixa l'inscription. Plus des deux tiers du coĂ»t de l'opĂ©ration avaient Ă©tĂ© financĂ©s par des fonds privĂ©s. L'armĂ©e et la population civile avaient tĂ©moignĂ© quelle affection posthume elles vouaient Ă  la mĂ©moire du Prince Royal. Le long cheminement de la statue depuis l'atelier de Soyer au Louvre avait Ă©tĂ© saluĂ© avec Ă©motion et recueillement par une foule compacte et diverse. L'exemplaire algĂ©rois suscita de semblables dĂ©monstrations. Au sortir de l'atelier de Soyer, elle emprunta le canal Saint-Martin. Des soldats du 74e rĂ©giment de ligne arrĂȘtĂšrent la barge pour couvrir la reprĂ©sentation princiĂšre des quelques fleurs du camp de la Villette. Elle arriva au Havre le 4 juillet.

Abandon et renaissance des deux statues

La population algĂ©roise prouva son attachement indĂ©fectible au lendemain de la RĂ©volution de 1848. Le gouvernement provisoire adressait au nouveau gouverneur gĂ©nĂ©ral Louis EugĂšne Cavaignac des ordres d'enlĂšvement de la statue de la place du Gouvernement. Mais Ă  peine avait-on dressĂ©, en ces premiers jours de mars, les charpentes devant servir Ă  soutenir la masse de bronze que les colons se ruĂšrent sur les Ă©chafaudages et les jetĂšrent Ă  la mer. Bien plus, la milice organisa spontanĂ©ment un service de faction de jour comme de nuit autour du monument pour empĂȘcher qu'il ne fĂ»t donnĂ© suite Ă  cette profanation. Durant les jours sombres de la commune algĂ©roise, la statue orlĂ©aniste Ă©chappa encore Ă  toute dĂ©gradation. Il Ă©tait en revanche inconcevable que le pouvoir rĂ©publicain laissĂąt demeurer au cƓur de Paris, la capitale, un monument Ă  la gloire de la dynastie dĂ©chue. Dans la nuit du 26 au 27 fĂ©vrier, les entrepreneurs du Louvre enlevaient la statue. Le 26 fĂ©vrier, le piĂ©destal devenait un monument expiatoire Ă  la mĂ©moire des victimes de la RĂ©volution. La statue est expĂ©diĂ©e en 1850 au chĂąteau de Versailles pour ĂȘtre Ă©rigĂ©e sans socle dans la cour de la petite Orangerie. Le 18 octobre 1971 : un arrĂȘtĂ© ministĂ©riel dĂ©cida son transport au chĂąteau d'Eu. Sa jumelle algĂ©rienne se dresse aujourd'hui sur une petite place de Neuilly-sur-Seine, rebaptisĂ©e place du Duc d'OrlĂ©ans. La conclusion des accords d'Évian sonna le glas de son insolente longĂ©vitĂ©. DĂšs le 4 juillet 1962, elle Ă©tait dĂ©montĂ©e et entreposĂ©e avec d'autres souvenirs bannis de la prĂ©sence française au camp Sirocco, prĂšs du cap Matifou. En aoĂ»t 1963, le cargo Ville-de-QuĂ©bec la ramenait au Havre, d'oĂč elle Ă©tait partie.

Autres hommages

Anecdote

Pour le service funÚbre du prince, on manqua de tissu noir pour tapisser Notre-Dame, l'architecte Visconti eut l'idée d'utiliser du papier noir.

Références

Articles connexes

Sources

  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie ArthĂšme Fayard, 2002 (ISBN 2-213-59222-5)
  • « Ferdinand-Philippe d'OrlĂ©ans Â», dans Charles MulliĂ©, Biographie des cĂ©lĂ©britĂ©s militaires des armĂ©es de terre et de mer de 1789 Ă  1850, 1852 [dĂ©tail de l’édition] (Wikisource)
  • Ferdinand-Philippe d'OrlĂ©ans, duc d'OrlĂ©ans, Souvenirs 1810-1830, texte Ă©tabli, annotĂ© et prĂ©sentĂ© par HervĂ© Robert, GenĂšve, Librairie Droz S.A., 1993
  • Ferdinand-Philippe d'OrlĂ©ans, duc d'OrlĂ©ans, Lettres 1825-1842, publiĂ©es par ses fils le comte de Paris et le duc de Chartres, Paris, Calmann-LĂ©vy, 1889
  • JoĂ«lle HUREAU , L'espoir brisĂ©. Le duc d'OrlĂ©ans, 1810-1842, Perrin, 1995

Notes et références

  1. ↑ Sous la monarchie de Juillet, le prĂ©nom Henri fut substituĂ© aux prĂ©noms Éric Rosalino jugĂ©s insuffisamment « nationaux Â».
  2. ↑ Lors de son mariage en 1837, Louis-Philippe a indiquĂ© que la formule « prince royal des Français Â», que certains journaux avait utilisĂ©e, Ă©tait incorrecte et qu'il fallait dire « prince royal de France Â», bien que l'on dise « roi des Français Â» et non « roi de France Â» (Guy Antonetti, Op. cit., p. 783).
  3. ↑ Dans le cercle de famille, il sera toujours appelĂ© Chartres.
  4. ↑ Seule la perspicace duchesse de MaillĂ© a pressenti, dans ses Souvenirs, l'erreur de stratĂ©gie dynastique commise par le roi. En effet, observe-t-elle, si le duc d'OrlĂ©ans vient Ă  mourir jeune aprĂšs avoir donnĂ© naissance Ă  un hĂ©ritier mĂąle, la jeune monarchie de Juillet devra affronter les incertitudes politiques d'une rĂ©gence ; pour elle, la sagesse consisterait Ă  marier d'abord le troisiĂšme fils, puis le quatriĂšme, puis le cinquiĂšme, et les laisser assurer la descendance, tout en laissant autour du trĂŽne plusieurs hommes pour prendre la relĂšve en cas d'accident.
  5. ↑ dont la sƓur a dĂ©jĂ  fait un mariage français peu avantageux en Ă©pousant JĂ©rĂŽme Bonaparte
  6. ↑ « Nous voyons de singuliĂšres choses, Ă©crit Ă  cette occasion la reine Louise Ă  ses parents. Il n'Ă©tait guĂšre dans les probabilitĂ©s que cette fille, que le roi de Wurtemberg n'avait pas voulu donner Ă  Chartres, de crainte de lui voir finir ses jours en AmĂ©rique, finirait par Ă©pouser un misĂ©rable petit officier autrichien sans illustration et d'une naissance fort ordinaire. Â» (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 756)
  7. ↑ « Il y a Ă  cela, se plaint Louis-Philippe auprĂšs de la reine Louise, un dĂ©faut de tact et de sentiiments de convenance qui m'afflige. [...] Je crois que LĂ©opold pourrait lui dire qu'une barbe de bouc sur la face d'une prince royal est contraire Ă  toutes les Ă©tiquettes allemandes. Ici, elle n'est ni belle ni heureuse, lĂ -bas elle pourrait ĂȘtre fatale. Â» (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 757)
  8. ↑ citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 757
  9. ↑ « Je suis fĂąchĂ©e, Ă©crit la reine Louise Ă  sa mĂšre le 14 juin 1836, que vous ayez ainsi jetĂ© votre va-tout du cĂŽtĂ© de l'Autriche [...] J'ai toujours pensĂ© que Chartres Ă©tait d'assez bonne maison pour Ă©pouser qui lui semble, fĂ»t-ce la plus petite princesse d'Allemagne ; et j'avoue que j'aimerais mieux lui voir Ă©pouser une princesse de Lippe ou de Waldeck qui serait bonne et belle, d'une santĂ© robuste, qu'une archiduchesse d'Autriche qui nous apporterait en dot toute espĂšce de maux. [...] NapolĂ©on, dans sa situation, pouvait faire des sacrifices pour s'allier Ă  l'Autriche ; et on a vu quel profit il en a tirĂ©. Mais nous ne sommes point des parvenus, et nous n'avons pas besoin de nous anoblir en nous unissant Ă  la maison de Lorraine. Â» (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 757)
  10. ↑ « J'aimerais mieux qu'elle fĂ»t catholique, confie Louis-Philippe Ă  l'un des ses familiers. Vous croyez que ce n'est rien, les carlistes croient que c'est tout ; et moi je crois que ce n'est ni rien ni tout. Â» (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 782)
  11. ↑ Le 21 novembre 1836, la reine Louise Ă©crit Ă  la reine Marie-AmĂ©lie : « Je vous renvoie son portrait que LĂ©opold a trouvĂ© hideux. Les cheveux l'effraient surtout pour les enfants. Si toute la famille est carotte, ce sera affligeant Â» (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 781).
  12. ↑ Sa mĂšre, Louise-Charlotte de Bourbon des Deux-Siciles, niĂšce de la reine Marie-AmĂ©lie, est d'une monstrueuse obĂ©sitĂ©.
  13. ↑ nĂ©e le 7 septembre 1817, fille d'un cousin de l'Ă©lecteur de Hesse et d'une princesse de Danemark
  14. ↑ nĂ©e le 14 avril 1818, fille du duc de Saxe-Altenbourg et de la princesse AmĂ©lie de Wurtemberg. Elle Ă©pousera le prince hĂ©ritier du royaume de Hanovre, George V de Hanovre, en 1843.
  15. ↑ fille d'un frĂšre aĂźnĂ© de LĂ©opold Ier de Belgique. Elle Ă©pousera le duc de Nemours en 1840.
  16. ↑ nĂ©e le 24 janvier 1814
  17. ↑ « Petite mais bonne maison Â», tranche Metternich (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 782)
  18. ↑ dont la mĂšre Ă©tait nĂ©e Louise de Mecklembourg-Strelitz. Cette parentĂ© n'a pas manquĂ© de susciter des difficultĂ©s Ă  Berlin, que l'ambassadeur de France, le comte Bresson, est parvenu Ă  rĂ©soudre. L'empereur de Russie, Nicolas Ier, pour sa part, a affectĂ© le dĂ©dain en proclamant qu'un si petit mariage ne vaut pas la peine d'ĂȘtre empĂȘchĂ©.
  19. ↑ La cĂ©rĂ©monie est prĂ©sidĂ©e par le baron Pasquier au profit de qui le roi a rĂ©tabli, le 27 mai, la dignitĂ© de chancelier de France.
  20. ↑ Marie-AdĂ©laĂŻde de Savoie (1685-1712) Ă©pousa en 1697 Louis de France (1682-1712), duc de Bourgogne puis dauphin de France.
  21. ↑ citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 783
  22. ↑ Anonyme, L'Artiste, 1836, vol. II, p. 164
  23. ↑ Henri BĂ©raldi, Les Graveurs du XIXe siĂšcle, vol X, 1890, p. 234-236.
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1830-1842
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