Femmes De RĂ©confort

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Femmes De RĂ©confort

Femmes de réconfort

Une jeune chinoise venant d'un centre de femmes de rĂ©confort, attend dans un camp Ă  Rangoon d'ĂȘtre interrogĂ©e

Les femmes de rĂ©confort (æ…°ćź‰ć©Š, Ian-fu?) furent des femmes, en majoritĂ© asiatiques, contraintes de se prostituer pour l'armĂ©e impĂ©riale japonaise et la marine impĂ©riale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire

Les motivations

À la suite du massacre de Nankin en 1937 et du tollĂ© international qui s'ensuivit, le quartier-gĂ©nĂ©ral impĂ©rial entreprit de mettre en Ɠuvre une façon de limiter les tensions causĂ©es par les viols, extrĂȘmement nombreux, commis par les militaires de l'armĂ©e impĂ©riale dans les territoires conquis[1].

L'objectif était également de maintenir le moral des troupes et de les protéger des maladies vénériennes (en imposant l'usage du préservatif dans les maisons closes). Pour atteindre ce but, il fallait donc s'assurer en permanence de la disponibilité d'un nombre suffisant de prostituées[2].

Sous l'ordre de Hajime Sugiyama, ministre de l'ArmĂ©e, et du prince Kotohito Kan'in, chef d'Ă©tat-major et grand-oncle de Hirohito, l'ArmĂ©e procĂ©da Ă  l'implantation en zone occupĂ©e de « centres de dĂ©lassement Â» ou « maisons de confort Â» — en rĂ©alitĂ© des maisons closes — similaires Ă  ceux mis en place en 1932 lors de la campagne de Shanghai par le gĂ©nĂ©ral Yasuji Okamura[3]. Selon les travaux de l'historien Zhiliang Su, au moins 149 maisons furent Ă©tablies dans cette ville[4].

Organisation et fonctionnement

Elles étaient dirigées soit par l'armée ou la marine, soit par les gouvernements locaux ou encore par des particuliers.

Les dirigeants touchaient une part sur le prix des passes. Assez souvent les femmes ne recevaient rien, bien qu'une rémunération soit prévue par les rÚglements de l'armée japonaise. Ces rÚglements interdisaient aussi les armes et l'alcool.

Les dirigeants japonais avaient fixé des rÚgles de fonctionnement, comme les heures d'ouverture (de 9h à minuit, tous les jours de la semaine), les jours de repos (2 jours par mois lors des menstruations), les désinfections des chambres, les visites médicales ou encore le traitement des femmes atteintes de maladies vénériennes (traitement qui dans la pratique consistait à les abandonner ou à les tuer).

Recrutement des femmes de réconfort

Les femmes « recrutĂ©es Â» Ă©taient gĂ©nĂ©ralement jeunes et cĂ©libataires. La majoritĂ© d'entre elles provenant au dĂ©part de CorĂ©e, de TaĂŻwan et de Chine, mais des femmes de rĂ©confort ont existĂ© sur d'autres territoires occupĂ©s, comme les Philippines. L'ArmĂ©e Ă©tait rĂ©ticente Ă  employer des Japonaises en raison du rĂŽle de "reproductrice" qui leur Ă©tait dĂ©volu par la politique impĂ©riale[5].

De faux recrutements de serveuses ou d'ouvriĂšres furent organisĂ©s, afin d'enrĂŽler de nouvelles femmes[6]. La tromperie ne suffisant pas, des enlĂšvements furent organisĂ©s (voir plus bas). Des Japonaises furent Ă©galement trompĂ©es, par l'intermĂ©diaire de la crĂ©ation du Corps des femmes volontaires, officiellement destinĂ©es Ă  assurer la main-d'Ɠuvre des usines. La police militaire (Kempeitai) assurait le recrutement en forçant gĂ©nĂ©ralement les chefs de village des territoires occupĂ©s Ă  regrouper toutes les jeunes femmes[7] et poursuivait les jeunes femmes dĂ©signĂ©es volontaires qui s'Ă©chappaient.

Les travaux de Yoshiaki Yoshimi, professeur Ă  l'universitĂ© ChûÎ, montrent la forte implication des administrations japonaises, non seulement celles de l'armĂ©e et de la Kƍa-in , mais aussi celles des ministĂšres de l'IntĂ©rieur, du Travail et des Finances. Ils Ă©tablissent, aprĂšs analyse des documents de l'armĂ©e shƍwa, que celle-ci avait constituĂ© de 1938 Ă  1945 environ 2000 maisons de rĂ©confort, dont notamment un centre de dĂ©lassement de 1 000 femmes pour une armĂ©e de 100 000 hommes, en avril 1939, Ă  Kwandong en CorĂ©e. Yoshimi a entre autres retrouvĂ© une directive du 4 mars 1938 transmise par l'adjudant des chefs d'Ă©tat-major de l'armĂ©e de Chine du Nord et du corps expĂ©ditionnaire de Chine intitulĂ©e "Concernant le recrutement des femmes pour les maisons de confort militaires", dĂ©clarant que « les armĂ©es sur le terrain contrĂŽleront le recrutement des femmes Â»[8].

Selon Yoshimi, les femmes provenaient de l'ensemble des territoires conquis comme les Philippines, l'Indochine, la Birmanie les Indes néerlandaises et Singapour mais en majorité de la Corée et de la Chine. Certaines d'entre elles furent également des prisonniÚres d'origine australienne ou néerlandaise.

Pour l'historien Ikuhito Hata, professeur à l'université Nihon et l'une des figures de proue de l'organisation de censure Tsukurukai, l'administration collaborationniste coréenne a été la principale responsable du recrutement trompeur de jeunes filles.

Pour le nombre des femmes, plusieurs estimations ont Ă©tĂ© faites :

  • Yoshiaki Yoshimi a estimĂ© leur nombre Ă  au plus 200 000 au total ;
  • La Korean Central News Agency propose le chiffre de 200 000 pour les seules CorĂ©ennes.
  • Selon Ikuhiko Hata, le nombre total des femmes de rĂ©confort Ă©tait de 20 000 (40 % de Japonaises, 20 % de CorĂ©ennes, 10 % de Chinoises, le restant Ă©tant composĂ© de TaĂŻwanaises, IndonĂ©siennes, Vietnamiennes, et Philippines).

Les conditions de vie

Concernant les conditions de vie, il existe plusieurs témoignages différents. Selon quelques anciennes femmes de réconfort, bien que les dirigeants japonais aient fixé des rÚgles, leur priorité n'était bien évidemment pas la santé et les conditions de vie des femmes, mais celles des soldats japonais.

Elles dĂ©crivent donc des conditions de vie assimilables Ă  l'esclavage : elles appartenaient Ă  leurs maisons closes. Elles devaient satisfaire jusqu'Ă  70 clients par jour. Elles Ă©taient souvent battues, torturĂ©es ou mĂȘme mutilĂ©es par les soldats. Certaines d'entre elles Ă©taient mĂȘme exĂ©cutĂ©es parce que le soldat n'Ă©tait pas satisfait. D'autres qui ont essayĂ© de s'Ă©chapper ont Ă©tĂ© battues, parfois Ă  mort[rĂ©f. nĂ©cessaire]. On peut rapprocher ces traitements de ceux prĂ©sentĂ©s dans le film La Route du Paradis.

L'une des victimes d'origine corĂ©enne confia aux enquĂȘteurs internationaux avoir maintes fois craint pour sa vie. « J'ai Ă©tĂ© presqu'assassinĂ©e Ă  plusieurs reprises pendant mon sĂ©jour comme "femme de rĂ©confort". Il y avait des soldats qui Ă©taient saouls et qui brandissaient leurs sabres vers moi pendant qu'ils me faisaient leurs demandes de perversions sexuelles... Les menaces qu'ils faisaient Ă©taient explicites : ils me tueraient si je ne coopĂ©rais pas. Â»[9].

Selon le tĂ©moignage de quinze victimes d'un rĂ©seau de prostitution implantĂ© en 1942 au Timor oriental par la marine impĂ©riale japonaise, les prostituĂ©es, dont certaines Ă©taient prĂ©pubĂšres, ont Ă©tĂ© forcĂ©es de travailler sans salaire, les vĂȘtements et la nourriture devant mĂȘme leur ĂȘtre fournis par leurs parents. Ces propos sont confirmĂ©s par divers tĂ©moins dont un ancien chef de village s'Ă©tant fait ordonner par des militaires de trouver des jeunes femmes pour ce type de rĂ©seau[10].

L’enlùvement des femmes

L'enlÚvement des femmes par l'armée impériale est aujourd'hui un des aspects les plus sujets à débat dans l'histoire des femmes de réconfort. Le premier témoignage était celui de Yoshida Seiji (voir la rubrique La reconnaissance).

Des documents retrouvés dans les archives du Tribunal de Tokyo, rendus public lors des procÚs et retrouvés en 2007 par Yoshiaki Yoshimi et Hirofumi Hayashi, démontrent que des membres de la Tokeitai, la police militaire navale, ont enlevé des femmes en Chine, en Indochine et en Indonésie pour les forcer à passer un examen médical et les ont expédiées ensuite dans des maisons de confort[11].

Le 12 mai 2007, le journaliste Taichiro Kaijimura a annoncé la découverte, dans les archives du gouvernement néerlandais, de trente documents officiels soumis au Tribunal de Tokyo comme preuve d'un incident de prostitution de masse à Magelang, Indonésie, en 1944. Selon le journaliste, ces documents démontrent de façon claire que les femmes ont été enlevées par l'armée shÎwa et contraintes à la prostitution dans des maisons de confort[12].

Lors d'un tĂ©moignage sur son expĂ©rience au front, le vĂ©tĂ©ran de l'armĂ©e shĂŽwa, Yasuji Kaneko, a racontĂ© que les femmes « pleuraient mais peu nous importait si elles vivaient ou mouraient. Nous Ă©tions les soldats de l'empereur. Que ce soit aux bordels militaires ou dans les villages, nous violions sans aucune rĂ©ticence. Â»[13].

Par ailleurs, le 4 mars 1938, l'Ă©tat-major du corps expĂ©ditionnaire de Chine diffusa une directive, nommĂ©e Gun ian-jo jungyĂŽ-fu tĂŽ boshĂ» ni kansuru ken (L'affaire concernant le recrutement des femmes de rĂ©confort). Ce document, dĂ©couvert par Yoshimi dans la bibliothĂšque de l'Agence de dĂ©fense du Japon, demandait aux soldats de l'armĂ©e impĂ©riale en Chine du Nord et en Chine centrale de faire attention aux proxĂ©nĂštes qui pratiquaient les enlĂšvements et dĂ©clarait que « les armĂ©es sur le terrain assureraient le contrĂŽle du recrutement des femmes Â»[14].

La reconnaissance

Le premier tĂ©moignage public sur le sort des esclaves sexuelles du rĂ©gime Shƍwa fut publiĂ© en 1971 par une Japonaise Ă©crivant sous le pseudonyme de Suzuko Shirota. Accueilli dans l'indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale, cet ouvrage racontait l'expĂ©rience de cette femme, orpheline de mĂšre Ă  14 ans, et vendue par son pĂšre Ă  18 ans Ă  un tenancier de maison de confort faisant affaire Ă  TaĂŻwan avec l'armĂ©e impĂ©riale japonaise[15].

En 1982, un Japonais, Yoshida Seiji, a racontĂ© dans une confĂ©rence son expĂ©rience de l'enlĂšvement des femmes. L'annĂ©e suivante, il a publiĂ© son ouvrage Watashi no sensƍ hanzai (Mon crime de guerre). C'est cet ouvrage qui a popularisĂ© le problĂšme des femmes de rĂ©confort avec l'aide du journal Asahi Shimbun. Pourtant, en 1996, Yoshida a avouĂ© que l'enlĂšvement racontĂ© Ă©tait une fiction, sans renier sa participation aux razzias de femmes corĂ©ennes.

C'est en 1991 que le scandale éclata véritablement, avec la demande d'une procédure judiciaire contre le Japon par une ancienne femme de réconfort, Kim Hak Sun. Depuis, de nombreuses autres femmes ont porté plainte (ainsi que certains pays comme la Corée du Sud). Cependant, comme indiqué dans la rubrique l'enlÚvement des femmes, il y a beaucoup de contradictions dans leurs témoignages.

La publication en 1992 des travaux de l'historien Yoshiaki Yoshimi portant sur des documents saisis par les alliĂ©s en 1946 et entreposĂ©s Ă  la bibliothĂšque du National Institute for Defense studies de Tokyo Ă©tablit finalement un lien tangible entre l'armĂ©e de l'Ăšre Shƍwa et les maisons de confort.

Le contenu de ces travaux fut rapportĂ© par certains mĂ©dias japonais le 12 janvier 1993. En rĂ©action, le gouvernement japonais reconnut le jour mĂȘme, par l'entremise de Kato Koichi, l'implication de l'armĂ©e Shƍwa dans l'implantation des maisons de confort. Le 17, ce fut au tour du premier ministre Ki'ichi Miyazawa de s'excuser lors d'un voyage en CorĂ©e du Sud. Le gouvernement procĂ©da ensuite Ă  certaines auditions et Ă©mit le 4 aoĂ»t 1993 une dĂ©claration par laquelle il reconnaissait entre autres que l'armĂ©e impĂ©riale Ă©tait « directement ou indirectement impliquĂ©e Â» dans l'implantation et la gestion des maisons de confort et que les femmes Ă©taient recrutĂ©es « dans bien des cas contre leur grĂ© Â»[16].

Le 1er mars 2007, le premier ministre Shinzo Abe, se prononçant sur le projet de rĂ©solution d'appui aux victimes prĂ©sentĂ© au CongrĂšs amĂ©ricain, a niĂ© l'implication de l'armĂ©e impĂ©riale dans l'enlĂšvement physique des femmes en dĂ©clarant : « Le fait est qu'il n'y a pas de preuve qu'il y avait eu usage de contrainte Â»[17]. Le dĂ©putĂ© Nariaki Nakayama a quant Ă  lui fait valoir qu'on « peut comparer ces bordels Ă  des cafĂ©tĂ©rias dirigĂ©es par des compagnies privĂ©es qui recrutent leurs propres employĂ©s, offrent la nourriture et fixent leurs prix. Mais affirmer que les femmes ont Ă©tĂ© contraintes par les militaires japonais en service est Ă  cĂŽtĂ© de la coche. Ce dossier doit ĂȘtre reconsidĂ©rĂ©, pour le bien de l'honneur du Japon. Â»[18]. Certains intellectuels ou journalistes japonais comme Yoshiko Sakurai relativisent Ă©galement l'implication de l'armĂ©e impĂ©riale japonaise.

Le 17 avril 2007, les historiens Hirofumi Hayashi et Yoshiaki Yoshimi dĂ©clarĂšrent avoir trouvĂ© dans les archives du Tribunal de Tokyo sept documents relatifs Ă  des tĂ©moignages de membres de la marine Shƍwa confessant avoir arrĂȘtĂ© des civiles indonĂ©siennes sous de faux prĂ©textes ou se rĂ©fĂ©rant Ă  des membres de la Tokeitai ayant enlevĂ© des Chinoises, des IndonĂ©siennes et des Hollandaises pour en faire des esclaves sexuelles[19].

Le 26 juin 2007, le ComitĂ© des Affaires Ă©trangĂšres de la Chambre des reprĂ©sentants des États-unis a adoptĂ© une rĂ©solution demandant entre autres au Japon de « reconnaĂźtre formellement, de s'excuser et d'accepter sa responsabilitĂ© historique d'une façon claire et sans Ă©quivoque pour la contrainte employĂ©e par ses militaires afin de forcer des femmes Ă  l'esclavage sexuel pendant la guerre. Â»[20]. Cette rĂ©solution a Ă©tĂ© adoptĂ©e par la Chambre des ReprĂ©sentants le 30 juillet 2007, au grand dam de Shinzo Abe, trouvant « regrettable Â» cette dĂ©cision[21].

Les deux rapports

En 1996, une juriste sri lankaise, Radhika Coomaraswamy, a prĂ©sentĂ© son rapport sur l'esclavage militaire pendant la guerre Ă  la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. Deux ans aprĂšs, une rapporteuse spĂ©ciale amĂ©ricaine, Gay McDougal, a prĂ©sentĂ© son rapport Ă  propos des femmes de rĂ©confort (Ă©tant l'annexe et son rapport principal est sur le viol en Yougoslavie) qui recommande au Japon de :

  • reconnaĂźtre pleinement sa responsabilitĂ© dans l'instauration du systĂšme de rĂ©confort et reconnaĂźtre que ce systĂšme violait le droit international ;
  • prĂ©senter des excuses complĂštes et honnĂȘtes, en assumant sa responsabilitĂ© lĂ©gale et en offrant des garanties pour que ces crimes ne se rĂ©pĂštent jamais ;
  • Indemniser, par l'entremise du gouvernement, les victimes et les survivantes et celles qui ont droit Ă  une indemnisation par suite des violations dĂ©clarĂ©es aux prĂ©sentes, avec des montants suffisants pour rĂ©parer le tort causĂ© et empĂȘcher qu'il se reproduise ;
  • mettre en place un mĂ©canisme d'enquĂȘte rigoureux sur le systĂšme d'esclavage sexuel militaire, rendre ce mĂ©canisme accessible Ă  la population et assurer la prĂ©servation historique de la documentation ;
  • envisager, en consultation avec les survivantes, l'Ă©tablissement d'une Commission de la vĂ©ritĂ© et de la rĂ©conciliation qui crĂ©era un dossier historique des crimes sexospĂ©cifiques commis pendant la guerre, la pĂ©riode de transition et l'occupation ;
  • reconnaĂźtre les victimes et les survivantes et leur rendre hommage par la crĂ©ation de monuments commĂ©moratifs, d'un musĂ©e et d'une bibliothĂšque consacrĂ©s Ă  leur mĂ©moire et par la promesse que de tels crimes ne se produiront jamais plus ;
  • crĂ©er des projets Ă©ducatifs, tant formels qu'informels, comme l'inclusion de ce chapitre de l'histoire dans des manuels Ă  tous les niveaux et l'appui aux universitaires et aux Ă©crivains pour leur permettre d'informer la population, en particulier les jeunes et les gĂ©nĂ©rations futures, sur les violations commises et les souffrances subies ;
  • appuyer des initiatives de formation en matiĂšre de relation entre le systĂšme d'esclavage militaire et l'inĂ©galitĂ© des sexes, et des prĂ©alables nĂ©cessaires pour assurer l'Ă©galitĂ© des sexes et le respect de l'Ă©galitĂ© pour les peuples de la rĂ©gion ;
  • rapatrier les survivantes qui souhaitent l'ĂȘtre ;
  • rendre publics tous les documents et autre matĂ©riel en sa possession au sujet des postes de rĂ©confort ;
  • identifier et juger les principaux responsables de l'Ă©tablissement et du recrutement des postes de rĂ©confort ;
  • retrouver et rendre aux familles ou aux personnes proches qui le souhaitent les restes des femmes mortes pendant cette pĂ©riode.

Ces deux rapports n'ont pas été adoptés par l'ONU.

Le tribunal international des femmes pour la répression des crimes de guerre

C'est le tribunal international des femmes pour la répression des crimes de guerre qui a véritablement fait avancer les choses sur le plan international.

Ce tribunal fut mis en place principalement par des groupes de fĂ©ministes et d'ONG. Il se dĂ©roula du 8 au 12 dĂ©cembre 2000 Ă  Tƍkyƍ. Il avait pour but de traiter de la condition des femmes durant les conflits et de faire reconnaĂźtre le viol comme un crime contre l'humanitĂ©. À cette occasion, de nombreux tĂ©moins et victimes ont pu tĂ©moigner, et des preuves ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es. Le cas des femmes de rĂ©confort fut une partie importante du procĂšs. Les conclusions du Tribunal reconnaissent l'empereur Shƍwa (Hirohito) comme l'un des principaux responsables de l'Ă©tablissement de ces maisons closes, et demandent au Japon de reconnaĂźtre et de faire des excuses aux victimes publiquement. Cependant, malgrĂ© son nom, le Tribunal n'a aucune validitĂ©.

Le Tribunal recommande de plus que les anciennes nations alliĂ©es :

  • rendent immĂ©diatement publics tous les dossiers militaires et gouvernementaux sur l'Ă©tablissement et le fonctionnement du systĂšme de rĂ©confort ainsi que les raisons pour lesquelles ces crimes n'ont pas Ă©tĂ© jugĂ©s par le Tribunal militaire international pour l'ExtrĂȘme-Orient (TMIEO) ;
  • rendent immĂ©diatement publics tous les dossiers militaires et gouvernementaux sur l'impunitĂ© de l'empereur Shƍwa devant le TMIEO ;
  • reconnaissent le fait qu'elles-mĂȘmes n'ont entrepris ni enquĂȘte, ni poursuite contre les crimes commis contre les anciennes femmes de rĂ©confort dans le cadre des procĂšs intentĂ©s aprĂšs la guerre et depuis les 55 derniĂšres annĂ©es.

Le Tribunal recommande en outre que les Nations unies et tous les États qui en sont membres :

  • Prennent toutes les mesures nĂ©cessaires pour faire en sorte que le gouvernement du Japon accorde pleine et entiĂšre rĂ©paration aux victimes, aux survivantes et Ă  celle qui ont droit Ă  l'indemnisation suite aux violations commises contre elles.
  • demandent l'opinion de la Cour Internationale de Justice quant Ă  l'illĂ©galitĂ© des anciens postes de rĂ©confort et Ă  la responsabilitĂ© du gouvernement du Japon dans ce dossier.

Quoique ces conclusions soient appréciées par les féministes et quelques médias, les conservateurs les critiquent en raison de leur injustice. Les accusés n'y étaient ni présents (tous morts), ni défendus. Les opposants au Tribunal n'ont pas pu assister à une audience. De plus, les preuves et les documents n'ont pas été objectivement vérifiés.
C'est pourquoi, d'aprÚs les opposants, cela n'a été qu'une réunion.

Référence

  1. ↑ Yuki Tanaka, Hidden Horrors, Japanes War Crimes in World War II, 1996, p. 94-95.
  2. ↑ Tanaka, ibid., p. 96.
  3. ↑ Tanaka, ibid., p. 94.
  4. ↑ « 149 comfort women houses discovered in Shanghai Â», Xinhua, 16 juin 2005.
  5. ↑ Tanaka, ibid., p. 96-97
  6. ↑ Tanaka, ibid., p. 98
  7. ↑ Tanaka, ibid., p. 97
  8. ↑ Yoshimi, Comfort women, Columbia University press, 2002, p.86
  9. ↑ Tanaka, ibid., p.99
  10. ↑ East Timor former sex slaves start speaking out http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20070428f1.html
  11. ↑ (en) Evidence documenting sex-slaves coercion revealed
  12. ↑ (en) Files Females forced into sexual servitude in wartime Indonesia
  13. ↑ (en) Japan's Abe: No Proof of WWII Sex Slaves, article du 1er mars 2007 du quotidien The Washington Post
  14. ↑ Yoshimi, ibid.
  15. ↑ Memoir of comfort woman tells "hell for women" http://www.chinadaily.com.cn/world/2007-07/06/content_911759.htm
  16. ↑ (Yoshiaki Yoshimi, infra, p.36
  17. ↑ Japan's Abe, no proof of WWII sex-slaves, supra note 12, Journal quotidien Asahi, le 5 mars 2007, Ă©dition du soir
  18. ↑ Abe rejects Japan's files on war sex, http://www.nytimes.com/2007/03/02/world/asia/02japan.html; Growing chorus slams war http://www.nytimes.com/aponline/world/AP-Japan-Sex-Slaves.html?ref=world
  19. ↑ (en)Historians find new proofs on sex slaves
  20. ↑ U.S. panel OKs sex slave resolution, http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20070628a1.html
  21. ↑ U.S. House passes sex slave resolution, The Japan Times Online

Voir aussi

Lien externe

  • (ko) Dossier en corĂ©en
  • Japanese Military Sex Slaves, reportage de CBS avec une entrevue de Mike Honda et le commentaire de Nariaki Nakayama comparant les "maisons de comfort" Ă  des cafĂ©tĂ©rias. [1]

Sources

  • Sur la problĂ©matique gĂ©nĂ©rale des femmes de confort : Yoshiaki Yoshimi, Comfort women-sexual slavery in the japaneses military during world war II, Columbia University press, 2000
  • Sur l'approvisionnement des centres de dĂ©lassement : G. Hicks, «Comfort women, sex slaves of the Japanese Imperial Force», Heinemann Asia, Singapour, 1955.
  • Yoshida Seiji, «My war crimes: the forced draft of Koreans», Tokyo, 1983.
  • Rapport de Radhika Coomaraswamy sur le site du Conseil Ă©conomique et social des Nations unies.
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