Federal Bureau Of Investigation

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Federal Bureau of Investigation
FBISeal.png
Devise : Fidelity, Bravery, and Integrity

Création 26 juillet 1908
Type Police fédérale
J. Edgar Hoover FBI Building 935 Pennsylvania Avenue, Washington DC
Budget 6,04 milliard de dollars US (année fiscale 2007)
Effectifs 30 847 employés (30 juin 2008)
Directeur du FBI Robert Mueller
Affiliation(s) DĂ©partement de la Justice des États-Unis
Site web http://www.fbi.gov
J. Edgar Hoover FBI building, le siĂšge du Bureau depuis 1975.
Avis de recherche du FBI.

Le Bureau fĂ©dĂ©ral d'investigation ou FBI (prononcĂ© Ă  l'anglaise /ɛf.biː.aÉȘ/), abrĂ©viation de Federal Bureau of Investigation, est aux États-Unis le principal service fĂ©dĂ©ral de police judiciaire et un service de renseignement intĂ©rieur. Actuellement, la juridiction du FBI recouvre plus de 200 catĂ©gories de crimes fĂ©dĂ©raux, faisant du FBI l'organisme d'enquĂȘte majeur du gouvernement amĂ©ricain. Ses attributions incluent l'anti-terrorisme, le contre-espionnage, le crime informatique et la mĂ©decine lĂ©gale.

Établi en 1908, comme « Bureau d'investigation Â» (Bureau of Investigation ou BOI), ce service fut baptisĂ© FBI en 1935. Son siĂšge est situĂ© Ă  Washington, et ses bureaux sont dissĂ©minĂ©s dans plus de 400 villes amĂ©ricaines, et 50 ambassades dans le monde.

Le sceau du FBI a été créé par Leo Joseph Gauthier et fut utilisé pour la premiÚre fois en 1941 [1].

Sommaire

Présentation

Le FBI est sous la tutelle du DĂ©partement de la Justice des États-Unis qui lui accorde son budget et dĂ©finit ses prioritĂ©s.

Les compétences du FBI portent notamment sur:

Sa devise officielle est Fidelity, Bravery, Integrity.

En 1996, il comptait environ 10 000 agents et 13 000 employĂ©s, ainsi que 500 bureaux, dont 23 Ă  l'Ă©tranger [rĂ©f. nĂ©cessaire]. En 2005, il comptait 12 156 agents et 16 000 autres employĂ©s, dont de nombreux ingĂ©nieurs, mĂ©decins lĂ©gistes, informaticiens et avocats [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Seuls 15 agents, en 2005, Ă©taient affectĂ©s Ă  la surveillance des fraudes sur les hypothĂšques (l'une des causes de la crise des subprimes) [2]. Elle dispose aujourd'hui, concernant la dĂ©linquance en col blanc, de centaines d'agents de moins que pendant la crise des Savings & Loans des annĂ©es 1980-1990 [2]. Du coup, l'agence se fait parfois assister, concernant ces crimes, par des entreprises de sĂ©curitĂ© privĂ©es (dont Kroll [2]).

Durant l'annĂ©e fiscale 2006, son budget total Ă©tait d'environ 8,7 milliards de dollars amĂ©ricains [rĂ©f. nĂ©cessaire].

L'Ă©mergence du FBI

Le directeur du FBI J. Edgar Hoover en 1961.
Poste de commandement mobile du FBI

L'ancĂȘtre du FBI, le « Bureau of Investigation Â» (BOI), a Ă©tĂ© crĂ©Ă© le 26 juillet 1908 par Charles Joseph Bonaparte-Patterson, alors SecrĂ©taire de la Justice sous la prĂ©sidence de Theodore Roosevelt, pour lutter contre le crime organisĂ© Ă  partir d'un groupe d'agents du United States Secret Service. Son siĂšge Ă©tait alors installĂ© dans l'immeuble du DĂ©partement de la Justice, Ă  Washington D.C.

L'origine mĂȘme du BOI remonte Ă  la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme de 1886, Wabash, St. Louis & Pacific Railroad Company v. Illinois (1886), qui dĂ©crĂ©ta alors que les États fĂ©dĂ©rĂ©s n'avaient pas le droit de rĂ©guler le commerce inter-Ă©tatique. L'annĂ©e suivante, le CongrĂšs passa l'Interstate Commerce Act (« Loi sur le commerce inter-Ă©tatique Â», 1887), rendant l'Etat fĂ©dĂ©ral responsable de l'application de la loi dans les cas inter-Ă©tatiques. Mais jusqu'Ă  l'arrivĂ©e de Charles J. Bonaparte-Patterson en tant que SecrĂ©taire de la justice, le DĂ©partement de la Justice se contentait d'effectifs limitĂ©s pour assurer cette fonction. Bonaparte-Patterson fit alors appel Ă  divers autres agences, dont le Service secret, afin d'obtenir des enquĂȘteurs. Mais en 1908, le congrĂšs vota une loi interdisant au DĂ©partement de la Justice de faire appel Ă  des employĂ©s du TrĂ©sor. C'est alors que le SecrĂ©taire de la Justice Bonaparte-Patterson crĂ©a le BOI en y intĂ©grant ses propres agents spĂ©ciaux, issus des Services secrets (lesquels acceptĂšrent de transfĂ©rer douze de leurs agents au BOI). Ainsi, les agents du FBI Ă©taient originellement des agents des Services secrets, et dĂ©pendaient, juridiquement, de l'Interstate Commerce Act de 1887 [3].

La premiĂšre mission officielle du BOI fut de visiter les maisons de tolĂ©rance et d'Ă©tablir des registres de celles-ci, afin de prĂ©parer l'application du Mann Act du 25 juin 1910 (ou White Slave Traffic Act; « loi sur la traite des blanches Â»). Le BOI luttait aussi contre les « voleurs de terres Â» qui, dans l’Ouest amĂ©ricain, s’étaient appropriĂ©, avec la complicitĂ© de membres du CongrĂšs et de fonctionnaires, des dizaines de milliers d’hectares appartenant Ă  l’État.

L'Ăšre Hoover (1924-1972)

J. Edgar Hoover fut nommĂ© directeur du BOI le 10 mai 1924, et demeura en poste pour prĂšs de 48 ans, jusqu’à sa mort en 1972. Hoover s'impliquait de prĂšs dans la plupart des enquĂȘtes et projets du FBI. En 1932, le BOI fut renommĂ© United States Bureau of Investigation, tandis que le Scientific Crime Detection Laboratory (ou FBI Laboratory, la division de police scientifique du FBI) fut ouverte la mĂȘme annĂ©e, en grande partie grĂące aux efforts de Hoover. L'annĂ©e suivante, il fusionna avec le Bureau of Prohibition, chargĂ© d'appliquer les lois sur la prohibition de l'alcool, et prit le nom de Division of Investigation (DOI), avant d'adopter finalement son nom actuel de « Federal Bureau of Investigation Â» (FBI) en 1935 [4].

Lester J. Gillis, alias "Baby Face" Nelson, tué par le FBI en 1934 lors d'un échange de tirs.

Durant l'entre-deux-guerres, ses pouvoirs s'Ă©tendent suite aux difficultĂ©s des forces de police locale Ă  faire respecter la loi. Les rĂšglements de compte brutaux Ă  Chicago sont monnaie courante ainsi que le trafic d'alcool. Le service se fit alors rapidement connaĂźtre grĂące Ă  une excellente politique de relations publiques. Lors de la « guerre contre le crime Â» des annĂ©es 1930, le FBI arrĂȘta ou tua un certain nombre de criminels cĂ©lĂšbres, tels que John Dillinger, Baby Face Nelson, Kate Ma Barker, Alvin "Creepy" Karpis, et George Machine Gun Kelly. Durant cette pĂ©riode, le FBI Ă©tait aussi chargĂ© de lutter contre l'influence du Ku Klux Klan, dont les activitĂ©s racistes Ă©taient en recrudescence notable. Par ailleurs, grĂące au travail d'Edwin Atherton, le FBI arrĂȘta un certain nombre de nĂ©o-rĂ©volutionnaires mexicains, prĂšs de la frontiĂšre de Californie, dans les annĂ©es 1920.

Mais le FBI s'intĂ©resse aussi, dĂšs cette pĂ©riode, aux activistes politiques, mettant en oeuvre une surveillance des mouvements politiques les plus divers. La « red scare Â» (« peur rouge Â») affectait en effet les États-Unis Ă  ce moment.Il fallut que le prĂ©sident Franklin D. Roosevelt intervienne pour mettre un terme (temporaire) Ă  ces enquĂȘtes, qui visaient des Ă©crivains tels que Truman Capote ou William Faulkner. [5].

Jusqu’à la crĂ©ation de l'OSS lors de la Seconde guerre mondiale, le FBI fut le seul grand service amĂ©ricain qui faisait du renseignement humain Ă  l'Ă©tranger, essentiellement grĂące Ă  ces bureaux en AmĂ©rique Latine. Lors de la crĂ©ation de la CIA, successeur de l'OSS, le FBI fut cantonnĂ© aux activitĂ©s de surveillance intĂ©rieure.

À partir des annĂ©es 1940, le FBI se chargea de nombreuses enquĂȘtes de contre-espionnage, qui continuĂšrent tout au long de son existence. Lors de la Seconde guerre mondiale, huit agents de l'Allemagne nazie furent arrĂȘtĂ©s, accusĂ©s d'avoir prĂ©parĂ© des opĂ©rations de sabotage. Six d'entre eux furent exĂ©cutĂ©s (voir l'arrĂȘt de la Cour suprĂȘme, Ex parte Quirin). Aux cĂŽtĂ©s de la NSA (National Security Agency), le FBI participa aussi de façon importante au projet Venona, un projet de dĂ©codage cryptographique des codes utilisĂ©s par l'URSS, menĂ© conjointement avec le Royaume-Uni. Le projet Venona Ă©tait sous la supervision de Hoover, qui n'en informa la CIA qu'en 1952.

Le FBI aprĂšs la guerre

Clyde Tolson, n°2 du FBI, trÚs proche de Hoover. Certains historiens soupçonnent qu'ils furent en fait amants.

Lors de la guerre froide, la cible prioritaire officielle du FBI fut les rĂ©seaux du bloc de l'Est (arrestation de l'espion Rudolph Abel en 1957). Toutefois, l'agence ciblait aussi tous les mouvements « dissidents Â» des États-Unis, du Ku Klux Klan au Parti communiste des États-Unis et aux divers groupes du mouvement des droits civiques. Ainsi, lors de l'opĂ©ration secrĂšte de renseignement COINTELPRO, programme en Ɠuvre de 1956 Ă  1971, le FBI surveillait, avec l'aide de la National Security Agency (NSA), beaucoup de mouvements d'opposition. RĂ©vĂ©lĂ© par la Commission citoyenne d'enquĂȘte sur le FBI, un groupe de gauche qui avait cambriolĂ© des bĂątiments du FBI pour rĂ©cupĂ©rer des dossiers classifiĂ©s, le programme COINTELPRO a Ă©tĂ© sĂ©vĂšrement critiquĂ© par la Commission Church de 1975.

La surveillance du FBI s'Ă©tendait aussi aux membres du gouvernement. Ainsi, Hoover ordonne Ă  ses agents d'effectuer une enquĂȘte Ă  propos de Jack Valenti, nommĂ© conseiller spĂ©cial du prĂ©sident Lyndon Johnson juste aprĂšs l'assassinat de Kennedy le 22 novembre 1963 [6]. L'enquĂȘte visait notamment Ă  dĂ©terminer si Valenti Ă©tait homosexuel, une accusation qui suffisait alors Ă  briser une carriĂšre (le conseiller de Johnson Walter Jenkins dĂ»t ainsi dĂ©missionner peu de temps avant l'Ă©lection prĂ©sidentielle de 1964 pour cette raison) [6]. Hoover (qui n'Ă©tait pas mariĂ© et a Ă©tĂ© pendant 40 ans compagnon de son bras droit Clyde Tolson, a Ă©tĂ© soupçonnĂ© par certains historiens d'ĂȘtre lui-mĂȘme homosexuel [6]) utilisait en effet les informations sur les Ă©lites obtenues par ces agents dans le cadre de ses tractations avec la Maison Blanche [6].


Le FBI aprĂšs Hoover

En 1975, aprĂšs la mort de Hoover, le FBI s'installa dans son nouveau quartier gĂ©nĂ©ral, baptisĂ© « John Edgar Hoover FBI Building Â» en la mĂ©moire de son inamovible directeur. Le CongrĂšs vota aussi une loi limitant la durĂ©e de fonction des directeurs du FBI Ă  un maximum de dix annĂ©es.

Le Hostage Rescue Team (« Ă©quipe de secours des otages Â»), une unitĂ© d'Ă©lite du FBI, chargĂ©e en particulier de la lutte anti-terroriste et des crimes majeurs, fut crĂ©Ă©e en 1984 afin de prĂ©parer l'organisation des Jeux olympiques de 1984 [7]. Comme dans d'autres pays (dont l'Europe, avec la crĂ©ation de TREVI), la crĂ©ation de cette unitĂ©, qui travaille avec le SWAT, fut influencĂ©e par la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972.

La mĂȘme annĂ©e, le CART (Computer Analysis and Response Team) fut crĂ©Ă©e pour s'occuper des problĂšmes de sĂ©curitĂ© informatique [8].

À la fin des annĂ©es 1980 et au dĂ©but des annĂ©es 1990, la guerre froide prenant fin avec la chute du Mur de Berlin en 1989, 300 agents du FBI consacrĂ©s au contre-espionnage ont Ă©tĂ© rĂ©-assignĂ©s dans des missions de prĂ©vention des crimes violents, dĂ©signĂ©s comme sixiĂšme prioritĂ© nationale des services de police. Le budget du FBI fut alors amoindri, et le FBI se chargea de plus en plus de missions d'assistance aux forces de police locales dans la traque des suspects franchissant les frontiĂšres des Etats fĂ©dĂ©rĂ©s. Le FBI poursuivi aussi le dĂ©veloppement de ses activitĂ©s de police scientifique, initiĂ©es dĂšs 1924 avec un systĂšme de dactyloscopie (empreintes digitales), en analysant l'ADN.

Suite Ă  l'attentat du World Trade Center de 1993, le FBI se concentra Ă  nouveau, entre 1993 et 1996, Ă  la lutte anti-terroriste. En 1993, il gĂ©ra aussi les nĂ©gociations avec les Davidiens lors du siĂšge de Waco, qui aboutit Ă  la mort de 82 personnes. Il enquĂȘta ainsi sur l'attentat d'Oklahoma City (1995), et arrĂȘta en 1996 Unabomber. Par ailleurs, depuis 1994, en cas de bavure policiĂšre aux États-Unis, le FBI peut ĂȘtre chargĂ© de l'enquĂȘte [rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 1998, le FBI créa le CITAC (Computer Investigations and Infrastructure Threat Assessment Center) et le NIPC (National Infrastructure Protection Center) afin d'augmenter ses capacités en matiÚre de sécurité informatique et de lutte contre le cybercrime. L'agence fédérale augmenta aussi ses capacités de surveillance électronique, s'adaptant aux évolutions des télécommunications.


Le FBI depuis le 11 septembre 2001

Article connexe : Guerre contre le terrorisme.

Les lettres de sécurité nationale et les systÚmes de traitement de données du FBI

Le USA Patriot Act donna un pouvoir accru au FBI, notamment via l'usage des national security letters (en) (NSL), obligeant toute personne, physique ou morale, Ă  lui transfĂ©rer toute donnĂ©e personnelle intĂ©ressant le FBI, sans avertir la personne concernĂ©e par cette surveillance [9]. Le FBI a ainsi utilisĂ© de façon exponentielle ces NSL, en en dĂ©livrant 200 000 entre 2003 et 2006 [10].

Fin 2003, Bush et John Ashcroft, le ministre de la Justice, ont autorisĂ© les agences Ă  conserver les donnĂ©es acquises via les NSL, alors qu'elles Ă©taient auparavant dĂ©truites si elles concernaient des personnes innocentĂ©es par la suite [9]. Il a mĂȘme ordonnĂ© que ces donnĂ©es soient enregistrĂ©es sur des systĂšmes de traitement de donnĂ©es, Ă  des fins d'exploration de donnĂ©es (data mining) tandis que l'executive Order 13388 (en) (Further Strengthening the Sharing of Terrorism Information To Protect Americans) Ă©tendit l'accĂšs Ă  ces bases de donnĂ©es aux gouvernements locaux, Ă©tatiques et tribaux, ainsi qu'aux « entitĂ©s appropriĂ©es du secteur privĂ© Â», entitĂ©s non dĂ©finies [9]. Fin dĂ©cembre 2003, la Proactive Data Exploitation Unit (unitĂ© proactive d'exploitation de donnĂ©es), dirigĂ©e par Gurvais Grigg, fut envoyĂ©e Ă  Las Vegas, placĂ© sous alerte orange, afin d'analyser les donnĂ©es concernant tous les visiteurs de la ville, Ă  la recherche de liens Ă©ventuels (coups de tĂ©lĂ©phones, etc.) Ă  des personnes soupçonnĂ©es de terrorisme [9].

En janvier 2004, le FBI mis sur pieds l'Investigative Data Warehouse (en), fondĂ©e sur le mĂȘme logiciel d'Oracle utilisĂ© par la CIA, afin d'exploiter ces donnĂ©es [9]. Les instructions ministĂ©rielles d'Ashcroft permettaient aussi, pour la premiĂšre fois, au FBI d'intĂ©grer les donnĂ©es provenant deux filiales de Reed Elsevier, LexisNexis et ChoicePoint (en), qui combine des donnĂ©es personnelles provenant du secteur privĂ© et public, Ă  ses systĂšmes de traitement (les prĂ©cĂ©dents ministres de la Justice considĂ©raient que cela violerait le Privacy Act de 1974 (en)) [9].

Les sneak and peek warrant

Le Patriot Act instaurait aussi les Sneak and peek warrant (en) (section 213), c'est-Ă -dire des perquisitions menĂ©es en l'absence de la personne perquisitionnĂ©e, qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s dans le cadre de toute enquĂȘte judiciaire (y compris pour des simples dĂ©lits, ou misdemeanor (en)). Ces mandats ont du ĂȘtre amendĂ©s suite Ă  la dĂ©cision d'un juge les dĂ©clarant anticonstitutionnels, en raison de la violation du 4e amendement de la Constitution, dans l'affaire Brandon Mayfield (en), un avocat de Portland victime d'une telle perquisition et accusĂ© de terrorisme parce que le FBI prĂ©tendait avoir identifiĂ© ses empreintes digitales sur des explosifs trouvĂ©s Ă  Madrid aprĂšs les attentats du 11 mars 2004 — Mayfield a Ă©tĂ© par la suite innocentĂ©, le FBI s'Ă©tant trompĂ©.

763 mandats de ce genre avaient été accordés en 2008, dont seulement trois concernaient des affaires de terrorisme: les deux tiers (65%) concernaient des affaires de stupéfiants [11].

La ré-organisation du FBI par Robert Mueller

Quelques mois aprĂšs le 11 septembre 2001, le directeur du FBI Robert Mueller, nommĂ© sept jours avant les attentats, appela Ă  une rĂ©forme du mode de fonctionnement de l'agence. Suite Ă  ces attentats et dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme Â» proclamĂ©e par l'administration Bush, un tiers des agents du FBI (soit plus de 1 800 personnes) ont Ă©tĂ© rĂ©-affectĂ©es au renseignement et au contre-terrorisme [2]. Du coup, l'agence manque de personnel pour la lutte contre la dĂ©linquance en col blanc, ayant du mal Ă  assurer les enquĂȘtes dans les milieux financiers suite Ă  la crise des subprimes et Ă  la crise financiĂšre de 2008[2]. Le FBI est en charge notamment des enquĂȘtes concernant Fannie Mae, Freddie Mac, l'American International Group et la banque en faillite Lehman Brothers [2].

La création du Terrorist Screening Center et les watchlist du FBI

En novembre 2003, l'administration Bush crĂ©Ă© le Terrorist Screening Center, une agence fĂ©dĂ©rale dĂ©pendante du FBI, consacrĂ© Ă  l'identification et au stockage des donnĂ©es concernant les personnes suspectĂ©es d’ĂȘtre terroristes par une ou plusieurs agences gouvernementales amĂ©ricaines, ou par des organisations alliĂ©es Ă©trangĂšres. L'agence, dotĂ©e d'une base de donnĂ©es informatisĂ©e (Terrorist Screening Database, TSDB), est chargĂ©e de centraliser les informations issues des diffĂ©rents organismes publics, fĂ©dĂ©raux ou locaux. En 2005, son budget s'Ă©levait Ă  30 millions de dollars, tandis que le centre employait environ 180 agents[12]. Le TSDB comportait des fiches sur Ă  peu prĂšs 700 000 personnes en avril 2007, avec une progression mensuelle moyenne de 20 000 personnes fichĂ©es.[13].

Outre la base de donnĂ©es TSDB, le FBI maintient une watchlist des personnes soupçonnĂ©es d'implication Ă©ventuelle dans le terrorisme, qui comportait 400 000 noms en septembre 2008; 24 000 d'entre eux n'auraient pas du ĂȘtre inscrits sur cette liste selon un rapport du DĂ©partement de la Justice de mai 2009 [14].

Divers

Le 17 octobre 2008, le FBI annonça publiquement le succĂšs de son opĂ©ration d'infiltration du forum DarkMarket, une opĂ©ration contre la cybercriminalitĂ© qui dura deux ans et qui a abouti Ă  l'arrestation de 56 personnes dans le monde, empĂȘchant, selon l'agence, la perte de 70 millions de dollars[15].

Formation des agents

ÉlĂšves de l'acadĂ©mie du FBI au stand de tir.

À titre d'exemple, au dĂ©but de l'annĂ©e 2005, le « Bureau Â» a reçu environ 115 000 candidatures pour n'en retenir que 2 900 [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Les postulants au poste d'agents sont formés dans la FBI Academy sur le campus de Quantico en Virginie, qu'elle partage avec la FBI National Academy, qui s'occupe elle des cours de perfectionnement pour des policiers américains et étrangers chevronnés.

Pour ĂȘtre admis au FBI, il faut un diplĂŽme universitaire et ĂȘtre ĂągĂ© de 23 Ă  37 ans, la moyenne d'Ăąge est de 30 ans, car l'on exige des recrues qu'elles aient acquis des expĂ©riences professionnelles.

Environ un tiers des nouveaux agents viennent des forces armĂ©es[rĂ©f. nĂ©cessaire], mais les candidats proviennent dĂ©sormais de toutes les couches sociales et groupes ethniques du pays aprĂšs avoir eu, jusqu'aux annĂ©es 1960 sous la direction d'Hoover, la rĂ©putation d'ĂȘtre rĂ©servĂ© Ă  la majoritĂ© WASP (White Anglo-Saxon Protestant).

Ils arrivent à Quantico par groupes de cinquante et s'entraßnent pendant dix-sept semaines aux techniques de filature, au tir (120 heures) et à l'utilisation des sciences pour le recueil d'indices. Ce premier entraßnement est suivi de deux années de formation sur le terrain.

Les agents fĂ©dĂ©raux sont souvent surnommĂ©s les « G-men Â» (Government men). En 2003, quelques 1 200 agents ont Ă©tĂ© formĂ©s, ce qui est un record dans l'histoire du FBI. Les salaires dĂ©marrent Ă  55 000 dollars amĂ©ricains par an pour un agent dĂ©butant.

Liste des directeurs

Bureau of Investigation (BOI) (1908–1935)

  • Stanley Finch (1908 – 1912)
  • A. Bruce Bielaski (1912 – 1919)
  • William E. Allen (1919 - 1919)
  • William J. Flynn (1919 – 1921)
  • William J. Burns (1921 – 1924)
  • J. Edgar Hoover (12 dĂ©cembre 1924-1935)

Federal Bureau of Investigation (FBI) (1936–prĂ©sent)

  • J. Edgar Hoover (1936-1972)
  • Patrick Gray (3 mars 1972- 27 avril 1973)
  • William Ruckelshaus (27 avril 1973 - 9 juillet 1973)
  • Clarence Kelley (9 juillet 1973 - 1978)
  • James B. Adams (1978- 23 fĂ©vrier 1978)
  • William Webster (23 fĂ©vrier 1978 - 1987)
  • John E. Otto (1987 -26 mai 1987)
  • William S. Sessions (26 mai 1987 - 1er septembre 1993)
  • Louis J. Freeh (1er septembre 1993 - 25 juin 2001)
  • Thomas J. Pickard (25 juin 2001 – 4 septembre 2001)
  • Robert S. Mueller III (4 septembre 2001)

Notes

  1. ↑ (fr) Biographie de Leo Joseph Gauthier
  2. ↑ a , b , c , d , e  et f  Erich Lichtblau, David Johnston et Ron Nixon, F.B.I. Struggles to Handle Financial Fraud Cases, New York Times, 18 octobre 2008.
  3. ↑ (en) Langeluttig, Albert, The Department of Justice of the United States, Johns Hopkins Press, 1927, p. 9–14 
  4. ↑ FBI, Timeline of FBI History (Chronologie du FBI).
  5. ↑ Parmi les Ă©crivains espionnĂ©s on dĂ©nombre Pearl Buck, Truman Capote, John Dos Passos, Theodore Dreiser, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Thornton Wilder, Sinclair Lewis, Romain Gary, Tennessee Williams et bien d'autres. Voir «Quand le FBI espionnait les Ă©crivains amĂ©ricains», Le Monde, 20 novembre 1987.
  6. ↑ a , b , c  et d  Joe Stephens, Valenti's Sexuality Was Topic For FBI, Washington Post, 18 fĂ©vrier 2009
  7. ↑ FBI, Rise in International Crime
  8. ↑ FBI, End of the Cold War
  9. ↑ a , b , c , d , e  et f  Barton Gellman, The FBI's Secret Scrutiny - In Hunt for Terrorists, Bureau Examines Records of Ordinary Americans, Washington Post, 6 novembre 2005
  10. ↑ ACLU, National Security Letters
  11. ↑ DRC Net, Le Patriot Act amĂ©ricain vise plus les dealers que les terroristes, Rue 89, 3 octobre 2009
  12. ↑ (en) Government Executive .com
  13. ↑ Laurent Checola, Six ans aprùs le 11-Septembre, la surveillance des terroristes potentiels aux Etats-Unis demeure lacunaire, Le Monde, 11 septembre 2007.
  14. ↑ Ellen Nakashima, FBI's Lapses on Terrorist Watch List Put Nation at Risk, Report Warns, Washington Post, 7 mai 2009.
  15. ↑ CommuniquĂ© du FBI concernant l'opĂ©ration d'infiltration de DarkMarket

Voir aussi

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Bibliographie

  • Jacques Berlioz-Curlet, FBI : Histoire d'un empire, Éditions Complexe, 2005 (ISBN 2804800555)
  • John Douglas, Agent spĂ©cial du FBI : J'ai traquĂ© des serial killers, Éditions du Rocher, 1997 (ISBN 2268027201)
  • Robins-N, Le FBI et les Ă©crivains, Éditions Albin Michel, 1997 (ISBN 2226086137)
  • Marc Dugain, La malĂ©diction d'Edgar, Folio (ISBN 978-2-07-033967-9)
  • Robert K. Ressler, Tom Shachtmann, Chasseurs de tueurs, Presses de la CitĂ©, 1993 (ISBN 2724275438)

Articles connexes

Liens externes

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   Universal-Lexikon

  • Federal Bureau of Investigation — (FBI) n. United States government agency which provides legal investigation services for federal crimes 
   English contemporary dictionary

  • Federal Bureau of Investigation — ☆ Federal Bureau of Investigation n. a branch of the U.S. Department of Justice whose duty is to investigate violations of certain federal laws 
   English World dictionary

  • Federal Bureau of Investigation — The Federal Bureau of Investigation (FBI) is the primary investigative arm of the United States Department of Justice (DOJ), serving as both a federal criminal investigative body and a domestic intelligence agency. At present, the FBI has… 
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  • Federal Bureau Of Investigation — (FBI)    The FBI began in 1908 as a corps of special agents within the Department of Justice to investigate crime at a federal level. In 1909, it was named the Bureau of Investigation. Following U.S. entry into World War I, the bureau became… 
   Historical Dictionary of the Roosevelt–Truman Era


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