Extreme gauche


Extreme gauche

Extrême gauche

Le terme « extrême gauche Â» est employé pour désigner les courants politiques situés à gauche des partis socialistes et partis communistes traditionnels[1], c’est-à-dire les mouvements révolutionnaires qui militent pour l'abolition du capitalisme, situés à gauche des mouvements réformistes et de la gauche antilibérale[2].

Sommaire

Idéologie

Les courants politiques désignés d'« extrême gauche Â» rejettent parfois cette appellation qui peut être interprétée comme une assimilation avec l'extrémisme. Le terme se réfère à l'origine aux emplacements respectifs des partis dans les assemblées ; or, certains courants d’extrême gauche rejettent le parlementarisme (d'autres la formation de parti elle-même). En effet, il faut distinguer d'une part l'étymologie et le sens originel du terme extrême gauche, avec d'autre part le sens actuel d'extrême gauche.

Au sein de l'extrême gauche, on peut distinguer :

Le terme « extrême gauche Â» regroupe des courants très différents, aux conceptions souvent radicalement opposées : par exemple, le courant léniniste au pouvoir en URSS a réprimé l’ensemble des courants d’extrême gauche[3]. Pour Serge Cosseron, il existe plusieurs stratégies parmi les mouvements d’extrême gauche actuels : « Les uns ont une politique léniniste classique (renforcement du parti), et d'autres ont une politique plus « mouvementiste Â» tentant de s'articuler à des mouvements sociaux[4] Â». Les deux n'étant pas incompatibles.

Partis

En France, trois organisations liées au trotskisme dépassent le millier de militants : la Ligue communiste révolutionnaire (dissoute dans le Nouveau Parti Anticapitaliste), Lutte ouvrière et le Parti ouvrier indépendant (son principal courant, le Courant communiste internationaliste, est d'origine trotskiste)[5]. Sont présents également d'autres groupes d'extrême gauche, trotskistes ou non. Il existe dans le monde des partis maoïstes, mais en France ils ont disparu depuis la fin des années 1970 (n’existent aujourd’hui que des groupuscules). Leur pratique les rapproche plus de la politique des PC traditionnels que de l’extrême gauche [réf. nécessaire].

Article détaillé : Extrême gauche en France.

Il existe aussi un mouvement de jeunes isole appele CPBCAS qui melange une ideologie anarchique, communiste et syndicaliste.

En Belgique, il s'agit des partis trotskistes également : le Mouvement pour une alternative socialiste, la Ligue communiste révolutionnaire belge, la Lutte ouvrière belge - il existe également d'autres groupes d'extrême gauche, trotskistes ou non.

Article détaillé : Extrême gauche en Belgique.

En Iran et en Irak, des partis se réclament du communisme ouvrier.

Extrême gauche et partis communistes

Si dans certains pays[précision nécessaire] les partis communistes traditionnels sont situés à l'extrême gauche (par exemple en Suisse[réf. souhaitée]), dans d'autres il s'en sont distingués. Certains partis communistes, par exemple en France ou en Italie, ont une longue pratique de la gestion municipale ou de la participation à la vie parlementaire, ce qui en fait des acteurs institutionnels de la vie politique. Néanmoins le qualificatif d'extrême gauche est parfois utilisé[réf. nécessaire].

Dans les pays anglo-saxons, où les partis communistes sont très minoritaires et ne siègent pas au Parlement, le terme d'extrême gauche s'applique généralement également à eux[réf. nécessaire].

Le terme d’« extrême gauche Â» est parfois confondu avec ceux de « gauche radicale Â» ou de « gauche de la gauche Â», qui n’en sont pas des synonymes. Ces deux derniers termes regroupent la gauche comprise entre les partis socialistes et l'extrême gauche : partis communistes et gauche alternative (dont des mouvements écologistes).

Extrême gauche et terrorisme

Dès son apparition au XIXe siècle, le marxisme s'est opposé aux méthodes terroristes, prônant au contraire l'action de masse[6].

Les groupes d'extrême gauche qui s'identifient au trotskysme ont depuis toujours, comme Trotsky lui-même[7] rejeté le terrorisme comme tactique. Argumentant que le terrorisme ne renforce pas la confiance des masses des travailleurs (et des travailleuses) dans leur propre capacité de changer le monde, mais "confisque" le combat et en fait une affaire d'une "petite minorité", facile à "gérer" pour l'État capitaliste[8].

Certains "groupuscules" d’extrême gauche se sont illustrés dans les années 1970 et 1980 par des attentats et assassinats dans plusieurs pays d'Europe (Allemagne, Italie, France, Grèce, Espagne, Belgique), avec des groupes comme : Organisation révolutionnaire du 17-Novembre (Grèce, 23 assassinats), Action directe (France), Brigades rouges (Italie), Fraction armée rouge (Allemagne), GRAPO (Espagne), Cellules Communistes Combattantes (Belgique).

Quelques actes terroristes ont été perpétrés depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000 par de nouveaux groupuscules d'extrême gauche :

  • le groupe Lutte révolutionnaire, apparu en Grèce en 2003 a lancé en janvier 2007 une roquette contre l'ambassade des États-Unis à Athènes et a menacé d'assassiner plusieurs ministres du gouvernement conservateur[9].
  • les actions en Italie de terroristes se réclamant des « Nouvelles Brigades rouges Â», qui ont assassiné les conseillers ministériels Massimo D'Antona (1999) et Marco Biagi (2002), avant le démantèlement du groupe fin 2003[10].

Notes et références

  1. ↑ Selon Serge Cosseron (Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 20), le terme sert à qualifier « tous les mouvements se situant à la gauche du Parti communiste Â».
  2. ↑ Olivier Piot, L'Extrême gauche, p.9 : L'expression « extrême gauche Â» désigne l'ensemble des groupes et organisations politiques qui se situent à gauche de ces deux courants de la gauche française que sont la social-démocratie (PS, Verts, PRG) et le PC. Contrairement à ces partis, mais aussi à certaines tendances de la « gauche radicale Â» (altermondialisme, José Bové), qui défendent une idéologie réformiste de gestion du capitalisme, les organisation d'extrême gauche prônent le renversement du capitalisme par la révolution.
  3. ↑ Voline écrit ainsi dans La révolution inconnue : « D'autre part, le pouvoir bolchéviste dut soutenir une lutte, longue et difficile : 1° contre ses ex-partenaires, les socialistes-révolutionnaires de gauche ; 2° contre les tendances et le mouvement anarchistes. Naturellement, ces mouvements de gauche combattirent les bolchéviks, non pas du côté contre-révolutionnaire, mais, au contraire, au nom de la "véritable Révolution sociale" trahie, à leur sens, par le parti bolchéviste au pouvoir. Â»
  4. ↑ « Un rassemblement à gauche reste impossible Â» Â», débat avec Serge Cosseron, auteur du Dictionnaire de l'extrême gauche, lemonde.fr, 21 mai 2005.
  5. ↑ Voir Yves Coleman, « Parti des Travailleurs, Ligue Communiste Révolutionnaire et Lutte Ouvrière : brève chronologie des trois soeurs du trotskysme français Â», extrait de l'ouvrage de Karim Landais, Passions militantes et rigueur historienne, 2005.
  6. ↑ « c’est de la classe, poussée par des forces sociales massives, que doit venir toute initiative Â», Anton Pannekoek, L’acte personnel, Persmateriaal Internationale Communisten n°7, mars 1933.
  7. ↑ Pourquoi les marxistes s'opposent au terrorisme individuel
  8. ↑ Lutte Ouvrière écrit sur son site: Les courants politiques qui prétendent lutter contre les classes dominantes en pratiquant des actes terroristes individuels, même quand ils sont menés au nom d’idéaux généreux, cherchent en fait à se substituer à l’action collective des exploités.
  9. ↑ Skynet - Actualité: Après attentat d'Athènes, la Lutte révolutionnaire se fait plus menaçant
  10. ↑ (it)L'omicido de Marco Biagi > Il processo

Compléments

Articles connexes

Bibliographie

  • Roland Biard, Dictionnaire de l'extrême gauche de 1945 à nos jours, Belfond, 1978.
  • Jean-Christophe Brochier et Hervé Delouche, Les Nouveaux Sans-Culottes. Enquête sur l'extrême gauche, Grasset, 2000.
  • Frédéric Charpier, Histoire de l'extrême gauche trotskiste. De 1929 à nos jours, Paris, Éditions 1, 2002.
  • Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, Larousse, 2007, 288 p.
  • Christine Pina, L’Extrême gauche en Europe, La Documentation française, 2005, 160 p.
  • Denis Pingaud, La Gauche de la gauche, Seuil, 2000.
  • Philippe Raynaud, L’Extrême gauche plurielle. Entre démocratie radicale et révolution, Éditions Autrement, 2006, 202 p.
  • Christophe Bourseiller, Extrêmes Gauches, la tentation de la réforme, Editions Textuel, 2006.
  • Olivier Piot, L'Extrême gauche, Le Cavalier Bleu, 2008

Liens externes

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