Expedition de Rome


Expedition de Rome

Histoire de la république romaine

Drapeau de la république romaine de 1849 selon le modèle du musée du Risorgimento de Milan

L' histoire de la république romaine comprend les évènements qui implique les États pontificaux sous le pontificat de Pie IX, à partir de la révolte de Milan qui donne lieu à la première guerre d'indépendance italienne, la proclamation de la République, la fuite de Pie IX, l'invasion autrichienne et française et le siège de Rome.

Sommaire

Le contexte

Les mouvements révolutionnaires

Les faits qui mènent à la proclamation de la république romaine trouvent leur origine en janvier 1848, quand arrive la nouvelle de l'insurrection de Palerme contre les Bourbon de Naples, qui éclate le 12. Il s'ensuit une révolution à Naples, le 27, qui contraint, Ferdinand II, deux jours plus tard, à promettre une constitution promulguée le 11 février. Le même jour Léopold II de Toscane, cousin de l'empereur Ferdinand I d'Autriche, concède une constitution approuvée par la plus grande partie de ses sujets.

Après quoi, les évènements s'enchaînent : le 22-24 février, révolution à Paris et instauration de la Deuxième république ; le 4 mars, Charles-Albert concède aux états sardes le statut albertin ; le 14 mars, Pie IX concède ce statut ; le 13 mars, insurrection à Vienne et chute de Metternich ; le 17 mars, grande manifestation populaire à Venise, qui impose au gouverneur la libération des détenus politiques - parmi lesquels Manin, le 18 mars : ce sera le début des cinq journées de Milan.

Les phases initiales de la première guerre d'indépendance

La nouvelle des cinq journées d'insurrection à Milan provoque un véritable bouleversement politique dans la péninsule: le 21 mars Léopold II de Toscane, déclare la guerre à l'Autriche et envoie son armée commandée par la général De Laugier[1] vers le quadrilatère, le 23 mars Charles-Albert passe le Tessin et se dirige lentement vers Vérone, le 24 mars Pie IX autorise le départ de Rome pour Ferrare, d'un corps expéditionnaire commandé par le général Durando. Il s'agit d'un véritable corps expéditionnaire de 7 500 hommes, suivi, deux jours après par un corps de volontaires, la légion des volontaires pontificaux (Legione dei Volontari Pontifici) formée d'hommes provenant du centre de l'Italie confiée au général Andrea Ferrari[2]. Une force non négligeable si on considère que l'armée de Charles-Albert ne compte que 30 000 hommes auquel il faut ajouter les 7 000 Toscans ainsi qu'un renfort de 16 000 Napolitains.

La volte-face de Pie IX

Entre-temps, Pie IX commence à perdre son enthousiasme patriotique des mois précédents, avec l'allocution du consistoire du 29 avril 1848 il condamne la guerre contre l'Autriche: « à nos soldats envoyés aux frontières pontificales, nous recommandons seulement de défendre l'intégrité et la sécurité des États pontificaux. Mais si certains souhaiteraient que nous, ensemble à d'autres peuples et princes d'Italie, prenions part à la guerre contre les Autrichiens … ce n'est pas dans nos intentions et nos recommandations » il conclut en invitant les Italiens « à rester attaché fermement à leurs principes dont ils en avaient expérimenté la bienveillance et qu'il ne s'en détache pas ». En fait, le pape se trouve dans l'embarras de combattre une grande puissance catholique: « nous avons su que certains ennemis de la religion catholique ont profité de l'occasion pour enflammer les âmes des Allemands afin de les détacher du saint siège … Les peuples allemands ne devraient pas nourrir un sentiment de dédain à notre égard parce qu'il nous a été impossible de freiner nos sujets qui applaudirent les évènements anti-autrichiens en Italie septentrionale … d'autres souverains européens, qui disposent d'armée plus puissantes que la notre, n'ont pu freiner l'agitation de leur peuple ». Cela met en évidence la contradiction et les incompatibilités de la position du pape comme chef de l'église universelle et en même temps chef d'un état italien; entre le pouvoir spirituel et temporel[3].

La guerre de l'armée romaine en Vénétie

Les premiers combats de l'armée romaine

Pie IX bénit les combattants de l'indépendance italienne -lithographie 1850

Les troupes de Durando sont entrées en Vénétie, à Padoue et Vicence. Ces villes ont été évacuées par Constantin d'Aspre depuis le début de la rébellion à Milan afin de se placer à Vérone, la vraie clef des possessions autrichiennes en Italie. Il est rejoint par Joseph Radetzky qui a quitté Milan après la révolte de la population. Informé de l'allocution du 29 avril, l'armée romaine décide de ne pas obéir au pape et continue l'opération qui lui a été confiée: défendre les villes libres de Vénétie en s'appuyant sur la puissante forteresse de Venise gouvernée par Daniele Manin. Elle ne sera jamais rejointe par les 16 000 hommes envoyés par Naples. Arrivés sur le , alors qu'il s'apprête à entrer en Vénétie, le corps expéditionnaire reçoit l'ordre de Ferdinand II de rentrer à Naples: Le général Pepe, un vieux nationaliste, refuse d'obéir à l'ordre, de même que l'artillerie et le génie qui rejoignent Venise[4]. On confie à Pepe le commandement suprême des troupes et qui ne peut cependant, en aucune manière, soutenir Durando.

Les deux batailles de Vicence

Avec 10 000 Romains et les volontaires vénitiens, Durando ne réussit pas à empêcher la jonction du corps d'armée de Nugent avec Radetzky, soit au total 20 000 Autrichiens, mais repousse l'assaut à Vicence le 24 mai.

De même, il ne peut rien faire lorsque Radetzky, repoussé à l'ouest par l'armée de Charles-Albert à Goito, renverse le front et porte l'armée entière, presque 40 000 hommes sur Vicence. Durando est battu le 10 juin et il doit capituler. Selon l'accord, l'armée de Durando restitue Vicence et Trévise et promet de ne pas combattre les Autrichiens pendant trois mois. En échange, il lui est permis de se retirer au delà du [5].

Première invasion autrichienne des légations

Du 23 au 25 juillet, la bataille de Custoza met face à face l'armée sarde et autrichienne qui sort victorieuse, Charles-Albert débute une retraite sur l'Adda et Milan. Rejoint à Milan, le 4 août, la bataille de Milan débute au terme de laquelle Charles-Albert se résout à demander l'armistice. Les préliminaires sont signés le 5 et le définitif le 9 à Vigevano. Les Autrichiens n'ont pas attendu pour attaquer les États pontificaux: à peine Charles-Albert se met-il en marche pour Milan que Radetzky envoie le général Welden traverser le vers Ferrare (28 juillet) pendant que Liechtenstein marche sur Modène et Parme, pour ré-instaurer les ducs qui ont été déposés. Après une avancée qui se signale par des saccages, Welden occupe Ferrare et se présente devant Bologne. Le podestat Cesare Bianchetti cherche un arrangement, mais, Welden profite d'un incident qui s'ensuit pour ordonner l'entrée dans la ville, ce qui conduit la population à l'émeute et au repli de Welden vers le , le 19 août.

La dure réaction de Pie IX

Welden agit sans aucune autorisation du gouvernement pontifical, Pie IX proteste énergiquement : il parle d'une « invasion autrichienne » et déclare « que la conduite de Monsieur Welden est jugée par sa Santeté comme hostile au Saint Siège et à Notre Seigneur ». Tout compte fait, les Bolognais se sont comportés en fidèle sujet de Pie IX et en effet ils reçoivent le soutien du ministre de l'intérieur du gouvernement pontificale, le comte Odoardo Fabbri qui dans une déclaration aux Romains parle d'« arrogance de l'insolence étrangère », d'« héroïque défense » et d'« attentat contre les États pontificaux»

Crise politique à Rome et la fuite de Pie IX

Portrait de Marco Minghetti

Chute du gouvernement pontificale

À Rome et dans tous les États pontificaux, Pie IX ressent une opposition politique croissante due à l'allocution du 29 avril et à ses conséquences. Dans les jours qui suivent, la garde civique occupe le château Saint-Ange et les portes de la ville alors qu'arrive au chef du gouvernement, le cardinal Antonelli, les remontrances des gouvernements sarde, toscan, des représentants de Sicile, Lombardie et Venetie.
Sept ministres démissionnent dont Marco Minghetti. Le 3 mai, le pape tente de redresser la situation, confiant la charge du nouveau gouvernement au comte Mamiani[6] et écrivant une lettre privée à Ferdinand Ier, qu'il invite à renoncer à la Lombardie-Venetie ce qui démontre l'inexpérience de Pie IX.

Les gouvernement Mamiani et Farini

Ferdinand Ier ne répond même pas et Mamiani, après s'être présenté devant le parlement romain le 5 juin, donne sa démission le 12 juillet pour désaccord envers la ligne strictement neutre du pape, comme l'avait fait d'ailleurs son prédécesseur Minghetti. Le 2 août, Mamiani est remplacé par Odoardo Fabbri. Le nouveau gouvernement envoie dans les légations Luigi Carlo Farini, qui arrive le 2 septembre à rétablir l'ordre public gravement troublé en raison l'invasion de Welden. Fabbri qui est âgé et fatigué des luttes souterraines démissionne le 16 septembre[7].

Le gouvernement de Pellegrino Rossi[8]

Pie IX joue sa dernière carte et nomme le comte Pellegrino Rossi, ambassadeur auprès de Louis-Philippe resté à Rome après la révolution française de 1848. Rossi décrète des aides et des pensions aux blessés et aux veuves de guerre et il appelle, pour diriger le ministère de la guerre, le général Carlo Zucchi, qui est un ancien général de Eugène de Beauharnais et un patriote nationaliste.

La question qui domine la politique italienne est directement liée à la prochaine reprise des hostilités entre le royaume de Sardaigne et l’Empire d'Autriche. Le gouvernement sarde et les patriotes démocrates cherchent à profiter de la trêve pour mobiliser le plus grand nombre d'hommes. Toutes les illusions sont perdues quant à l'intervention de Ferdinand II des Deux-Siciles, la question reste posée pour Florence et Rome.

Dans le Grand-duché de Toscane la position est désormais clairement en faveur de la cause nationale, après que Léopold II de Toscane ait renvoyé le gouvernement modéré Ridolfi, le 17 août, et de Capponi, le 9 octobre. Le 27 octobre, il nomme le démocrate Giuseppe Montanelli, celui-ci prend Francesco Domenico Guerrazzi comme ministre de l'intérieur et inaugure une politique ultra démocratique, dans la terminologie politique de l'époque, tournée vers l'union avec les autres états italiens et la reprise conjointe de la guerre contre l'Autriche.

La question romaine reste ouverte, Pie IX et Pellegrino Rossi sont assez hostile à une intervention. Ils ne nient pas l'exigence de la régénération nationale mais reprennent la politique modérée qui a été bousculée de manière imprévue par les cinq journées de Milan. Politiquement, les piémontais Antonio Rosmini et Vincenzo Gioberti souhaite une confédération alors que Rossi apporte son soutien à une ligue de principautés affirmant ainsi la pleine autonomie des États pontificaux et niant tout soutien aux Sardes et aux Toscans dans le cas d'une reprise de guerre.

L'assassinat de Pellegrino Rossi et les crises politiques

Le 15 novembre le parlement rouvre et Pellegrino Rossi, nouveau ministre de l'intérieur est poignardé par un groupe dont fait partie le fils du chef du parti démocrate Angelo Brunetti surnommé Ciceruacchio. Le soir, celui-ci avec Charles Lucien Bonaparte organise, au palais du Quirinal, une manifestation pour demander « un ministre démocrate, la constituante italienne et la guerre à l'Autriche ». La foule amène même un canon qu'il pointe sur le palais: un combat s'engage avec la garde suisse pontificale et un monseigneur est tué[9],[10]. Pie IX convoque le corps diplomatique et déclare qu'il cède à la violence et considère nulles toutes les concessions qu'il serait obligé de faire après quoi, sous la pression populaire, il charge le démocrate Bartolomeo Galletti de former le nouveau gouvernement. La scène se répète deux jours plus tard, le soir du 17, quand la même foule armée se représente devant le palais, demandant l'éloignement des gardes suisses. Encore une fois, le pape prévient le corps diplomatique et cède.

La fuite de Pie IX à Gaète

Le soir du 24 novembre le pape s'enfuit de Rome[11], habillé en prêtre dans un carrosse fermé et accompagné par un collaborateur. Il rejoint le comte Spaur, ambassadeur de Bavière et le soir du 25 il se trouve en sécurité dans la forteresse napolitaine de Gaète.

Rome sans le pape

Proclamation de la république romaine, en 1849, place du peuple (in Piazza del Popolo)

Le 3 décembre le gouvernement Galletti, informé du départ du pape, démissionne mais la chambre des députés confirme les pouvoirs du gouvernement et envoi une mission à Gaète qui, partie le 6 décembre, est repoussée lorsqu'elle arrive à la frontière napolitaine. Le 8 décembre le gouvernement proteste énergiquement et le 12 décembre, la chambre décrète la création d'une« provisoire et suprême junte d'État[12] » composée aussi de Galletti. Le même jour Garibaldi entre dans Rome avec une légion de volontaires. Le 17 décembre le pape proteste se plaignant de l'« usurpation des pouvoirs souverains». Le 20 décembre la junte émet une proclamation dans laquelle elle promet la convocation d'une constituante romaine. Le 23 Mamiani est appelé pour former un nouveau gouvernement. Le 26 la junte dissout le parlement et convoque les élections pour le 21 et 22 janvier 1849. Le 1er janvier, le pape menace d'excommunication tout ceux qui participeront aux élections qui ont lieu donnant la victoire aux démocrates, les légitimistes et les modérés s'étant abstenus. Giuseppe Garibaldi, Giuseppe Mazzini [13](qui arrive à Rome le 6 mars[14]), Enrico Cernuschi sont parmi les élus.

Proclamation de la république

L’assemblée se réunit le 5 février et vote la proclamation de la république [15] (120 députés pour, 9 contre, 14 abstentions[14], Mamiani y est opposé). Le "décret fondamental" du 9 février établit:

  • Art. 1: Le pape est déchu de fait et de droit du gouvernement temporel des états romains.
  • Art. 2: Le pape romain aura toutes les garanties nécessaires à l'exercice de son pouvoir temporel
  • Art. 3: La forme du gouvernement de l'état romain sera la démocratie et prendra le glorieux nom de République Romaine.
  • Art. 4: La République Romaine aura avec le reste de l'Italie les relations qu'exigent la nationalité commune.

Assemblée Constituante Romaine, Rome, le 9 février 1849, une heure du matin, le président B. Galletti

Le 9 mars, le cabinet romain se trouve composé[15] de la façon suivante :

  • à l'intérieur, Aurelio Saffi
  • à l'extérieur, Ruscom
  • à la justice, Lazzarini
  • aux finances, Manzoni
  • à la guerre, Calandrelli
  • aux travaux publics, Montecchi
  • à l'instruction publique, Sturbinetti.

Conséquences de la proclamation de la république italienne

Les conséquences dans le grand-duché de Toscane

Portrait de Giuseppe Montanelli

La nouvelle arrive à Florence, le premier ministre toscan Montanelli demande au grand-duc l'élection de 37 députés à envoyer à la constituante romaine. Il fait approuver la proposition par le parlement, mais la signature du grand-duc n'est pas apposée en effet le 30 janvier, Léopold II abandonne Florence pour Sienne d'où il s'embarque pour Gaète et se met sous la protection de Ferdinand II. Le 15 février, la république est proclamée à Florence, et le 27 mars, Guerrazzi est nommé dictateur.

Arrivé à Gaète, Léopold accepte les offres de protection qui viennent de son cousin, l'empereur d'Autriche François-Joseph. Peu de temps auparavant, le 18 février, le secrétaire d'état de Pie IX, cardinal Antonelli, envoie à l'Autriche, la France, le royaume des Deux-Siciles et l'Espagne une note diplomatique:« Le Saint Père ayant utilisé tous les moyens qui étaient en son pouvoir, poussé par le devoir qu'il a envers le monde catholique de conserver l'intégralité du patrimoine de l'Église et la souveraineté qui l'accompagne comme chef suprême de l'Église même … s'adresse de nouveau à ces puissances et spécialement à celles catholiques … avec la certitude qu'elles voudront à chaque sollicitation concourir … se rendant ainsi méritante pour l'ordre publique et la Religion »

La sortie de scène du royaume de Sardaigne

Le 18 février, Joseph Radetzky envoie depuis Vérone un petit corps expéditionnaire de 6 000 hommes pour envahir les États pontificaux mais qui se limite à occuper Ferrare en attente des évènements. La répression contre la république romaine et la république de Toscane demande une importante expédition militaire que ni l'Autriche, ni le royaume de Sardaigne ne peuvent se permettre de constituer en raison de l'armistice de Salasco que l'on sait provisoire. Le royaume des Deux-Siciles est employé dans la répression de l'insurrection sicilienne, (Messina est conquise le 6 septembre et mise à sac le 7) et du parlement napolitain. Les hostilités reprennent le 12 mars, lorsque Raffaele Cadorna, envoyé de Charles-Albert communique à Radetzky la dénonciation de l'armistice de Salasco. La guerre se conclut rapidement, le 22-23 mars avec la défaite de Novare et l'armistice de Vignale du 24. Le nouveau souverain sarde, Victor-Emmanuel II doit se concentrer sur la situation politique interne qui est chaotique.

Radetzky a les mains libres

Portrait du général Gorzkowski

Dans les jours qui suivent la Novare, Radetzky met fin à une tentative de rébellion à Côme et Brescia. Il envoie le lieutenant-feld-maréchal Constantin d'Aspre réoccupé Parme et Florence.

La seconde invasion des Légations

L’occupation du Grand-duché de Toscane est nécessaire aux Autrichiens pour rétablir leur influence en Italie centrale et notamment en prévision du prochain débarquement d'un corps expéditionnaire français envoyé par Louis Napoléon, pour réprimer la république romaine. Parallèlement aux actions de d'Aspre, le général Wimpffen se présente devant Bologne. Celui-ci a deux avantages précieux par rapport à Welden: (i) il agit non plus comme envahisseur mais au nom du Pape Roi (ii) le corps d'expédition est composé de 16 000 hommes, Radetzky n'a plus la nécessité de maintenir des troupes importantes à la frontière du Tessin. L’assaut contre la ville, défendue par moins de 4 000 hommes, commence le 8 mai. Wimpffen reçoit du renfort de Gorzkowski qui arrive de Mantoue le 14 mai avec de l'artillerie. Le 15 la ville est bombardée et elle se rend le 16 mai. Wimpffen poursuit sur Ancône qu'il rejoint le 25 mai. La ville est une place-forte commandée par Tito Livio Zambeccari et défendue par à peine 4 000 soldats. L'attaque par terre et par mer débute le 27. Le 6 juin Wimpffen reçoit de Gorzkowski 5 000 Toscans envoyé par Léopold II et commandé par Liechtenstein. Après deux semaines de bombardement, le 17 juin Zambeccari accepte la proposition de reddition faite par Wimpffen et qui est signée le 19. Le 21, la citadelle et les forts passent aux mains des Autrichiens.

L'expédition française

À Rome, à la nouvelle de la défaite de Novare, triumvirat est nommé, composé de Aurelio Saffi, député de Forlì, Carlo Armellini, député de Rome, et de Giuseppe Mazzini, député élu dans le collège de Ferrare et Rome[16] : évident l'effort de maintenir uni les deux principales provinces des État pontificaux.

L'expédition française est décidée par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République et Odilon Barrot, chef du parti de l'Ordre. Il s'agit de donner des gages au parti de l'Ordre et aux catholiques, animés par Montalembert, qui viennent d'assurer le succès de la candidature de Bonaparte à l'élection présidentielle. Les républicains français, quant à eux, votent les crédits de guerre pour aider les républicains romains menacés d'une intervention militaire autrichienne.

Le débarquement à Civitavecchia

Le 22 avril, le corps expéditionnaire français emmené par le général Oudinot, duc de Reggio embarque de Toulon et débarque le 24 avril à Civitavecchia avec 7 000 hommes.
Pour pouvoir débarquer sans opposition, les Français déclarent que « Le gouvernement de la République française , animé d'intentions libérales, déclare vouloir respecter le vœu de la majorité des populations romaines, ne venir qu'en ami, dans le but d'y maintenir son influence légitime, et décidé à n'imposer aux populations aucune forme de gouvernement qui ne soit désirée par elles»[17]. Au cours de jours suivants, les assurances sont répétées devant l'assemblée constituante de Rome. Ce n'est que le 25 avril que les aides de camp viennent annoncer officiellement au triumvirat l'intervention française. Les envoyés d'Oudinot déclarent que l'occupation est destinée à empêcher l'intervention de l'Autriche, de l'Espagne et de Naples et s'assurer des sentiments précis de la population au sujet de la forme de gouvernement et chercher à amener une réconciliation entre Pie IX et les Romains[18]. Cela sous entend que pour les sujets de Pie IX, il ne reste qu'une alternative, Vienne ou Paris ce qui compte tenu des évènements est très probablement le cas, mais c'est sans compter du nouveau sentiment patriotique italien, très fort en ces années 1848-1849 et déjà gravement blessé par les défaite de Custoza et Novare. Un sentiment populaire qui existe aussi à Rome et qui est représenté par les démocrates à l'assemblée constituante et au sein du triumvirat. Beaucoup de ceux-ci savent devoir craindre en cas de défaite, la vengeance du parti de Pie IX. Finalement, les offres d'Oudinot étant inacceptables, elles sont repoussées.

Le débarquement à Porto d'Anzio des bersagliers lombards

Le 27 avril, deux bateaux, le Colombo et le Giulio II, rejoignent le port de Civitavecchia partis de Chiavari. Ils transportent 600 bersagliers de la division Lombarda (qui a été dissoute) de l'armée sarde: cette division avait été créée au cours de la campagne de 1848 avec des recrus et des volontaires provenant des provinces libérées du royaume lombard-vénitien. Elle reste encadrée par l'armée de Charles-Albert après l'armistice de Salasco, la division n'a pas participé à la bataille de Novare à cause du mauvais jugement de son commandant, le général Gerolamo Ramorino. Après elle est confiée à Manfredo Fanti et envoyée en Ligurie où elle laisse entendre qu'elle soutient les révoltés[19] au cours de la répression de Gênes. Ramorino est fusillé, Fanti mis à l'écart de l'armée et la division dissoute, de nombreux hommes restent sous leur uniforme ne pouvant d'ailleurs plus retourner en Lombardie-Vénétie désormais occupée par l'Autriche. Les 600 bersagliers représentent une force importante commandée par un homme à la personnalité particulière, le commandant Luciano Manara.
Arrivés à Civitavecchia, ils sont surpris par la présence des troupes françaises d'Oudinot qui essaient de les empêcher de débarquer, ils poursuivent jusqu'à Porto d'Anzio où il débarque le 27 avril. Ils rejoignent Rome, le 28, à marche forcée où ils contribueront de manière significative à la défense de la république.

Le 28 avril, 6 000 Français (sans artillerie) marchent sur Rome.

L'échec de l'assaut français à Rome le 30 avril

L'assaut victorieux de Garibaldi porte San Pancrazio

Le 30 avril, le corps expéditionnaire français se présente avec 5 000 soldats face à la porte Cavalleggeri et à la porte Angelica. Ils sont reçus à coups de canon et de fusils par à peu près 10 000 soldats de la république romaine présents dans la ville (l'armée comprend 20 000 hommes). Au cours de ces combats qui durent jusqu'au soir, Garibaldi se distingue, sorti par la porte San Pancrazio avec son bataillon universitaire et la légion italienne, il surprend à revers les assaillants à villa Doria-Pamphili et les attaque à la baïonnette, provocant leur fuite[20]. Le soir Oudinot ordonne la retraite sur Civitavecchia, laissant derrière lui plus de 500 morts e 365 prisonniers.

L'importance de la journée du 30 avril

Au terme de la journée, la république italienne a obtenu un triomphe: en plus d'avoir montré l'attachement de la population et de l'armée, elle a démontré au monde la prétention des arguments de ceux qui justifient la répression comme une opération contre le nid jacobain et cela seulement un mois près Novare où la cause italienne a perdu tout espoir de succès. En ce sens, le 28 avril est considéré en Italie comme une date fondamentale de l'histoire d'Italie. En second lieu, l'intervention française se présente désormais sous son jour, une invasion destinée à restaurer le gouvernement absolutiste du régime pontifical ce qui ne manque pas de provoquer de violentes réactions dans la politique parisienne.

Mazzini interdit à Garibaldi de poursuivre les troupes françaises. Un tel choix sera par la suite très critiqué à la lumière des évènements qui vont suivre mais contribue à embellir l'image noble de la république romaine en Europe. Le 7 mai, le triumvirat rendit un décret de nature à prouver aux Français qu'il déplore autant que qui ce soit la douloureuse lutte qui a eu lieu entre les troupes des deux Républiques. Ce décret était ainsi conçu : « Considérant qu'entre le peuple français et Rome il ne peut y avoir d'état de guerre; que Rome défend par droit et devoir sa propre inviolabilité, mais que le peuple romain ne rend pas responsable des fautes d'un gouvernement trompé les soldats qui n'ont fait qu'obéir en combattant, le triumvirat décrète : les Français faits prisonniers dans la journée du 30 avril sont libres, le peuple romain saluera par une démonstration fraternelle à midi les braves de la République française. Rome, 7 mai 1849[21]. »

Oudinot échange un bataillon de bersagliers capturés à Civitavecchia et le père Ugo Bassi.

Il y a tout lieu de penser que le massacre des troupes d'Oudinot aurait provoqué un durcissement des réactions françaises et inciter Radetzky à accélérer l'invasion des États pontificaux qu'il planifiait attendant l'occasion de chasser les Français de la péninsule.

Le trêve avec la France

Informé des évènements, Louis Napoléon, président de la République française ne fait preuve d'aucune hésitation: depuis le 7 mai il accepte toutes les requêtes de renfort demandées par Oudinot et le 9, de Toulon, un nouvel ambassadeur plénipotentiaire, le baron de Lesseps s'embarque avec la mission d'engager une trêve[20]. Il s'agit de décisions prises rapidement en raison de la proximité des élections législatives françaises prévues le 13 mai: la restauration du pape constitue un des principaux thèmes du débat et la majorité du corps votant est favorable à sa restauration. En Italie, aucune puissance ne peut s'y opposer, pour les anglicans britanniques, la question italienne ne constitue pas une priorité pour Londres.
S'il y a quelques doutes, ils sont balayés par les résultats des élections qui donnent aux candidats monarchiques et modérés une majorité de 450 sièges sur 750 reléguant les démocrates (comme Alexandre Ledru-Rollin) à un rôle de spectateur.

Outre les nécessités électorales, Louis-Napoléon et le président du conseil Odilon Barrot souhaitent agir rapidement en raison de l'attitude des autres puissances désireuses d'exercer une influence dans la péninsule. Déjà en 1831, à la suite de l'intervention de l'Autriche en Romagne la France de la monarchie de juillet avait envoyé un corps expéditionnaire occuper Ancône, afin d'affirmer son droit de regard sur les affaires italiennes et Louis Napoléon ne peut faire à moins que le roi bourgeois Louis-Philippe.

L’invasion napolitaine

Luciano Manara en tenue de bersaglier lombard

Il existe un autre concurrent: Ferdinand II, roi des Deux-Siciles. Au cours des mois précédents, il réussit à réduire au silence l'insurrection sicilienne (5 mai 1848) et la liberté constitutionnelle par dissolution de la chambre de Naples (les 14 juin 1848 et 12 mars 1849). Le roi de Naples peut aussi compter sur le prestige que lui apporte l'hospitalité qu'il offre depuis le 25 novembre 1848 au pape Pie IX dans la forteresse de Gaète. Ferdinand décide de tenter l'aventure et confie l'invasion de la république romaine au général Antonio Winspeare à la tête d'un corps expéditionnaire de 8 500 hommes, 52 canons et de la cavalerie.

Le général Ferdinando Lanza qui cherche à prendre Palestrina rencontre sur sa route Garibaldi et son chef d'état major, Luciano Manara, qui avec ses 2 300 bersagliers lombards bien motivés contre-attaquent et contraignent Lanza à la fuite[22].

Quelques jours plus tard, le 16 mai, le nouveau commandant de l'armée romaine, le général Pietro Roselli qui a à ses cotés Carlo Pisacane déplace 10 000 hommes vers les quartiers de Lanza à Velletri et Albano. Lanza qui a été rejoint entre-temps par Ferdinand II doit faire face à une nouvelle bataille mais préfère se retirer vers Terracina avec ses 16 000 hommes. Garibaldi pense l'arrêter avec ses 2 000 hommes et engage ses troupes à Terracina le 19 mai. La disproportion des forces est trop importante et il est repoussé par l'armée des Bourbon qui termine son repli.

Le corps d'expédition espagnol

Un corps expéditionnaire espagnol composé de 9 000 hommes arrivent à Gaète vers fin mai, il est passé en revue et bénit par Pie IX. Le 29 mai de Gaète pour Terracina.

La mission diplomatique de Lesseps

On comprend bien pourquoi Mazzini tient particulièrement à explorer tout compromis avec la France, ne serait ce que pour gagner du temps. L'arrivée de Ferdinand de Lesseps lui en donne l'occasion avec qui il négocie une trêve de 20 jours. Après quoi Giuseppe Mazzini et Ferdinand de Lesseps essayent de trouver un accord plus durable. Ils se mettent d'accord le 31 mai[23] et rédigent le texte d'un traité :

Art. 1. L'appui de la France est assuré à la population des états romains. Elles considèrent l'armée française comme une armée amie qui vient contribuer à la défense de leurs territoires
Art. 2. En accord avec le gouvernement romain et sans s'ingérer dans l'administration du pays, l'armée française prendra son campement à l'extérieur de manière à convenir à la défense du pays et à la salubrité des troupes. Les communications seront libres.
Art. 3. La République française garantie, contre toute invasion étrangère, le territoire occupé par ses troupes.
Art. 4. Il est nécessaire que la présente convention soit soumise à la ratification du gouvernement de la République française.
Art. 5. Les effets de la présente convention ne pourront cesser que 15 jours après la communication officielle de la non ratification, quelles que soient les circonstances.

En attendant la ratification, le 27 mai, Pietro Roselli prend la décision de rappeler à Rome les colonnes de volontaires. Ceux-ci, après la bataille de Terracina du 19 ont continué leur route vers le sud: Garibaldi est entré dans Rocca d'Arce, Luciano Manara le 24 dans Frosinone et le 25 dans Ripi. Au cours du retrait des Napolitains, la résistance est constituée uniquement de groupe de paysans, rapidement organisé par le général Carlo Zucchi (le dernier ministre de la guerre de Pie IX). Parallèlement, le commandant général Roselli est revenu à Rome pour organiser les préparatifs sur le front principal.

Garibaldi et Manara rentrent à Rome le 1er juin juste à temps.

La reprise des hostilités par les Français

La dénonciation du traité

Après les élections, Louis-Napoléon est bien décidé à obtenir à obtenir le résultat maximum et à consolider son autorité en lavant l'outrage de la défaite du 30 avril. Le 29 mai, il envoie deux lettres : une à Oudinot, lui ordonnant d'assiéger la ville et une à Lesseps dans laquelle, il l'enjoint de considérer sa mission terminée et à rentrer en France[24] (il démissionne du service diplomatique). Ainsi, à peine informé des accords du 31 mai, Oudinot renie les termes des négociations de Lesseps et en informe ses officiers. Il rassemble 30 000 hommes[20] et de puissants moyens d'assaut. Il dénonce la trêve auprès de Roselli le 1er juin avec effet à partir du 4 juin ce qui annonce la reprise des combats.

Le corps expéditionnaire espagnol de Fernandez de Cordoba qui entre-temps s'est présenté devant Terracina ne rencontre aucune opposition, Roselli s'étant retiré sur Rome. Les Espagnols ne poursuivent pas vers Rome et se portent sur l'Ombrie que les Autrichiens n'ont pas occupé. De tout évidence, Paris ne souhaite pas leur présence à Rome en prévision de la prochaine bataille.

La déclaration de la reprise des hostilités

Aux soldats battus le 30 avril s'ajoutent 24 000 hommes et 75 cannons soit un total de 30 000 hommes ce qui correspond à l'effectif engagé par Charles-Albert pendant la première phase de la première guerre d'indépendance italienne. Les troupes sont organisés en trois divisions commandées par les généraux d'Angely, Rostolan et Gresviller [réf. nécessaire].

Oudinot fait déplacer ses troupes le 3 avec un jour d'avance contrairement à l'engagement pris.

Le siège de Rome

Assaut français

Le premier objectif est la conquête de Janicule, un mont au dessus de Trastevere qui domine Rome, qui est conquis après une bataille sanguinaire où entrent en action les anciens combattants de la guerre d'indépendance emmenés par Garibaldi[25].

Il s'ensuit des jours de bombardement jusqu'au 20 juin. Au cours de la nuit, les Français prennent les bastions de Trastevere. Le gouvernement de la république romaine refuse encore une fois de se rendre, Oudinot reprend les bombardements avec plus de véhémence, cette fois directement sur Rome afin de contraindre le triumvirat à la reddition.

Après six jours de bombardements, le 26, un nouvel assaut est ordonné sur le point stratégique de Janicule, la villa de Vascello, qui est repoussé par Giacomo Medici et ses volontaires. Le 30 Oudinot ordonne un assaut général et prend possession du mur d'Aurélien. Sur le Janicule, la dernière bataille de la république romaine a lieu, le général Garibaldi défend Vascello et les hommes se battent à l'arme blanche, 3 000 Italiens sont tués ou blessés contre 2 000 Français.

La reddition

À midi, le 1er juillet, une trêve est négociée pour ramasser les morts et les blessés. Devant l'assemblée constituante, Mazzini déclare que l'alternative est la capitulation totale ou la bataille au sein de la ville avec les conséquences désastreuses que cela peut engendrer. Garibaldi est prêt à combattre puis au cours d'un discours à l'assemblée constituante, il propose le départ de Rome et dit « Là où nous serons, Rome sera » (Dovunque saremo, colà sarà Roma.) [26]

Un polémique s'installe, Garibaldi soutenant que l'erreur avait été de ne pas avoir nommé un dictateur comme il l'avait proposé et qu'il fera à Palerme en 1860, cela signe aussi la rupture entre Garibaldi et Mazzini.

Le gouvernement de la république romaine tente d'évaluer s'il existe des alternatives à la capitulation, et il veut faire prendre en compte les pertes infligées aux troupes françaises et surtout la remise de la ville. Il négocie une « sortie de ville » des forces combattantes disposées à partir vers les États pontificaux non occupés par les troupes françaises. L'objectif est de porter l'insurrection dans les provinces et soutenir Venise qui est assiégée par les troupes autrichiennes[27].

Le 2 juillet Garibaldi tient, place Saint-Pierre, un discours : «Moi, je sort de Rome: qui veut continuer la guerre contre les étrangers viennent avec moi … je ne promets pas de solde, ni cantonnement. De l'eau et du pain quand il y en aura». Il donne rendez-vous à 18 heures place San Giovanni, il y trouve 4 000 soldats avec 800 chevaux et un canon et à 20 heures, ils quittent Rome[28].

Les formes de la reddition

L'entrée des Français dans Rome

Il reste à trouver la manière de cesser les hostilités tout en sauvant la dignité de la république romaine. Parmi les conditions demandées par Oudinot, la renonciation à l'assemblée constituante instaurée lors de la proclamation de la république ne figure pas, en effet Pie IX ne l'a jamais reconnu et donc il ne parait pas nécessaire d'obtenir autre chose que la reddition militaire.

Comme Il est possible de se rendre sans renoncer formellement à la république, le but étant fixé, il reste à adopter la forme

(i) l’Assemblée constituante approuve le décret de reddition ajoutant cependant « l’Assemblée constituante romaine … reste en place ». Elle approuve d'ailleurs la nouvelle constitution qui est lue, depuis le balcon du palais du Campidoglio, l'après-midi du 4 juillet, par le général Giuseppe Galleti. Après quoi, dans la soirée, un bataillon de chasseurs français invite l'Assemblée à évacuer.

(ii) Mazzini et avec lui le triumvirat ne signe aucune reddition et donne sa démission afin de ne pas rencontrer Oudinot. Cette rencontre a lieu avec le nouveau triumvirat le soir du 1er juillet: il écoute les propositions qui sont refusées et il se limite à permettre l'entrée des troupes françaises dans la ville, sans accepter aucune capitulation formelle.

Les Français entre la 3 juillet: vers midi, ils occupent Trastevere, le château Saint-Ange, le Pincio et la porte du Peuple; Oudinot pénètre seulement les soir avec 12 000 soldats et publie un communiqué dans lequel il partage la population entre les « vrais amis de la liberté » et « les factieux et dévoyés ». Il proclame la loi martiale, nommant Rostolan gouverneur de Rome.

Les conséquences en France

Les répercussions intérieures françaises de cette affaire n'ont pas été minces. Le 13 juin 1849, dans le contexte brûlant de l'affaire romaine, un groupe de représentants du peuple démocrates-socialistes, sous l’égide de Ledru-Rollin, tente en effet un coup d’État. Après avoir réclamé la mise en accusation du président de la République et de son ministère, à qui ils reprochent de violer la constitution, les représentants démocrates-socialistes courent les rues de Paris, assemblent leurs quelques soutiens, notamment dans les rangs de la Garde nationale. Mais l’affaire tourne mal. Après une manifestation sur les boulevards de Paris dispersée par le général Changarnier, les députés républicains se retranchent avec leurs derniers fidèles au Conservatoire des Arts et Métiers où ils décident de siéger en convention. Mais le Conservatoire n’est pas une place forte et, quelques heures plus tard, alors que les forces aux ordres du pouvoir ont brisé les presses de quelques journaux considérés comme rouges, les députés rebelles doivent prendre la fuite. Ils se cacheront, notamment à l’étranger, mais n’en seront pas moins déchus de leur mandat législatif et, pour certains, condamnés par contumace à la déportation pour complot et attentat. Le champ était désormais libre pour Louis-Napoléon. Encore un peu plus de deux ans et c’était le coup d’État de décembre 1851, annonciateur du retour de l’Empire.

Notes

  1. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 531
  2. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 96
  3. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 332-333, page 336
  4. Daniel Stern Histoire de la révolution de 1848, publié en 1862, imprimé par Charpentier page 515, 516
  5. Daniel Stern Histoire de la révolution de 1848, publié en 1862, imprimé par Charpentier page 519
  6. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 339
  7. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 355, 356
  8. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 357
  9. Mgr Palma, secrétaire des lettres latines
  10. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 366
  11. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 373
  12. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 381
  13. Dans l'ouvrage de Cesare Vimercati, Mazzini n'est pas présenté comme un fondateur de la république, ne prenant place au parlement que le 6 mars
  14. a  et b Max Gallo, Garibaldi, la force d'un destin, page 164
  15. a  et b Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 558.
  16. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 559
  17. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 562
  18. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 565
  19. (it)Mais pourquoi une rue de Gênes porte le nom de Fanti?
  20. a , b  et c Max Gallo, Garibaldi, la force d'un destin, page 164
  21. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 371
  22. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 376
  23. Cesare Vimercati Histoire de l'Italie en 1848-49 Publié en 1856 Imprimé par H. et C. Noblet page 377
  24. Max Gallo, Garibaldi, la force d'un destin, page 173
  25. Max Gallo, Garibaldi, la force d'un destin, page 177
  26. G. M. Trevelyan,Garibaldi's Defence of the Roman Republic, Longmans, London (1907) p. 227
  27. Max Gallo, Garibaldi, la force d'un destin, page 181
  28. Max Gallo, Garibaldi, la force d'un destin, page 180

Bibliographie

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

Sources

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