Evangile selon Marc

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Evangile selon Marc

√Čvangile selon Marc

Nouveau Testament
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Marc
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Jean
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Philémon
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1 Jean
2 Jean
3 Jean
Jude
Apocalypse

L'√©vangile selon Marc (őļőĪŌĄŠĹį őúő¨ŌĀőļőŅőĹ) forme avec les trois autres √©vangiles, le cŇďur du Nouveau Testament, la partie la plus r√©cente de la Bible. Le deuxi√®me (par sa place) des quatre √©vangiles canoniques est aussi le plus bref et probablement le plus ancien ; c'est l'un des √©vangiles synoptiques.

Son auteur est Marc, g√©n√©ralement identifi√© au Marc compagnon de Paul, puis de Pierre, que l'on conna√ģt par le Nouveau Testament, sp√©cialement les Actes des Ap√ītres et les √©p√ģtres de Paul et de Pierre.

Il semble marqu√© par la destruction du Temple de J√©rusalem, de 70 : dans le discours eschatologique de Mc 13 il n'est fait aucune distinction entre la ruine de J√©rusalem et la fin du monde (cf. Mc 13,24). Or il est √©crit dans Ez√©chiel (46.15) que les sacrifices du Temple sont √©ternels. La ruine du Temple co√Įnciderait avec la fin du monde.

Sommaire

Thèse des logia

La th√®se des logia de l'ap√ītre Matthieu, r√©dig√©s en langue h√©bra√Įque, selon une tradition issue de Pappias n'a jamais trouv√© de confirmation. Elle n'est pas √† confondre avec la th√®se des logia, en grec comme leur nom l'indique, attribu√©s √† Thomas, lesquels n'avaient probablement pas la forme d'un √©vangile, mais plut√īt celle d'un recueil de sentences ou de discours.

article spécialisé problème synoptique

Ir√©n√©e de Lyon √©crivait vers 180 : ¬ę Marc, le disciple et l'interpr√®te de Pierre, nous transmit lui aussi par √©crit ce que pr√™chait Pierre ¬Ľ. (Adv. Hae. III Prologue). Toutefois, aucune trace arch√©ologique ou autre, pas m√™me dans les Actes, ne confirme l'existence de ce Marc. Les noms d'auteur furent donn√©s aux √©vangiles au IIe si√®cle de l'√®re chr√©tienne.

Probablement Marc se peint-il lui-m√™me dans son √©vangile comme le jeune homme qui s'enfuit, sans son manteau, durant la nuit de Geths√©mani (cf. Mc 14,51-52). Il est le ¬ę Jean, surnomm√© Marc ¬Ľ mentionn√© en Ac 12,12.

Cet √©pisode provient d'une proph√©tie d'Amos (2.16 : ¬ę Le plus courageux des guerriers s'enfuira nu dans ce jour-l√†, dit l'√Čternel. ¬Ľ). Nulle part l'auteur de cet √Čvangile ne se pr√©tend t√©moin de ce qu'il raconte.

Cet √©vangile ¬ę selon Pierre ¬Ľ est l'√©vangile du ¬ę Fils de Dieu ¬Ľ et aussi du ¬ę Fils de l'Homme ¬Ľ. Marc montre la divinit√© de l'Homme-Dieu et souligne en m√™me temps la r√©elle humanit√© de J√©sus, compatissant ou pris de col√®re, anxieux (¬ę Mon √Ęme est triste √† mourir ¬Ľ, Mc 14,34) ou assoupi (cf. Mc 4,38).

Témoignage de la tradition ancienne

L'historien Eus√®be de C√©sar√©e, au d√©but du IVe si√®cle, d√©crivait ainsi la gen√®se de l'√©vangile selon Marc.

Apr√®s que l'ap√ītre Pierre eut entrepris de pr√™cher √† Rome, au d√©but du principat de l'empereur Claude, c'est-√†-dire vers les ann√©es 41-42, les auditeurs de Pierre ¬ę ne tinrent pas pour suffisant de l'avoir entendu une fois pour toutes, ni d'avoir re√ßu l'enseignement oral du message divin, mais que, par toutes sortes d'instances, ils suppli√®rent Marc, dont l'√©vangile nous est parvenu et qui √©tait le compagnon de Pierre, de leur laisser un monument √©crit de l'enseignement qui leur avait √©t√© transmis oralement : ils ne cess√®rent pas leurs demandes avant d'avoir contraint Marc et ainsi ils furent la cause de la mise par √©crit de l'√©vangile appel√© ‚Äúselon Marc‚ÄĚ. ¬Ľ

¬ę L'ap√ītre, dit-on, connut le fait par une r√©v√©lation de l'Esprit ; il se r√©jouit du d√©sir de ces hommes et il confirma le livre pour la lecture dans les assembl√©es. ¬Ľ

¬ę Cl√©ment, au sixi√®me livre des Hypotyposes, rapporte le fait et l'√©v√™que d'Hi√©rapolis, nomm√© Papias, le confirme de son t√©moignage. ¬Ľ (H. E. II, 15, 1-2).

La relation d'Eus√®be de C√©sar√©e, en effet, se trouve confirm√©e par le t√©moignage de l'√Čglise ancienne, non seulement Cl√©ment d'Alexandrie et Papias, mais encore Ir√©n√©e de Lyon et m√™me, semble-t-il, le Canon de Muratori (quoique lacunaire).

De ce fait, le lieu de sa r√©daction est connu : Rome ; ce que l'analyse interne n'infirme pas, mais au contraire rend tr√®s probable.

La date de sa composition est connue aussi : sans doute les ann√©es de l'empereur Claude, soit 41-54[1]. Mais Ir√©n√©e de Lyon dit qu'il fut mis par √©crit apr√®s le d√©part des ap√ītres, leur ¬ę exode ¬Ľ ; ce qui laisse en suspens la date exacte (Cf. Adv. Hae. III, Prologue) puisque les ap√ītres "romains" Pierre et Paul ont √©t√© mis √† mort sous N√©ron vers 65.

Le second évangile fut très certainement rédigé avant les années 57-59[2], s'il est vrai qu'il fut consulté à cette date par Matthieu grec (sans doute Philippe) et Luc à Césarée maritime, avant la rédaction de leur évangile respectif. Car ils devaient abondamment se servir de Marc, peut-être sous la forme d'une version primitive et non encore publiée.

La gen√®se du second √©vangile, telle qu'elle est pr√©sent√©e par Eus√®be de C√©sar√©e, para√ģt tr√®s vraisemblable car elle explique que cet √©vangile ait √©t√© plac√© sous le patronage de Marc[3], et non directement sous celui de l'ap√ītre Pierre, qui e√Ľt √©t√© plus prestigieux. D'autre part elle d√©finit remarquablement le genre litt√©raire de ce document, ainsi que sa destination premi√®re : la lecture dans les assembl√©es chr√©tiennes, avec le blanc-seing et l'autorit√© de l'ap√ītre Pierre[4].

Le second √©vangile, une haggadah ?

L'évangile selon Marc serait conçu pour la lecture dans les assemblées chrétiennes, spécialement pour les grandes fêtes, et en particulier pour la veillée pascale.

C'est pourquoi l'ex√©g√®te belge Beno√ģt Standaert, O.S.B., a propos√© de voir dans l'√©vangile de saint Marc une haggadah pascale chr√©tienne.

La lecture d'une haggadah, le soir de P√Ęque, √©tait une coutume tr√®s ancr√©e dans les familles juives. Et bien souvent, elle le reste encore.

L'analyse interne du deuxi√®me √©vangile ne fait que conforter cette hypoth√®se. Il expose avant tout le dernier ¬ę passage ¬Ľ de J√©sus, sa derni√®re P√Ęque, sa mort et sa r√©surrection.

Le r√©cit, tiss√© de r√©miniscences bibliques, √©voque en m√™me temps l'Exode, l'√©pop√©e au d√©sert du peuple √©lu sous la conduite de Mo√Įse, le cycle d'√Člie, ou encore le sacrifice d'Abraham. Tout ce que les juifs avaient coutume, ou ont encore, de se rem√©morer le soir de P√Ęque.

De plus l'évangile entier respire une ambiance initiatique et baptismale, par allusion à ce baptême que l'on pratiquait (et pratique encore) avec tant de solennité lors de la veillée pascale.

Il débute au Jourdain par le baptême du Christ des mains de Jean le Baptiste. Il fait revivre au chrétien toute la catéchèse baptismale (esquissée par exemple dans Rm 6), qui est une invitation à la mort et à la résurrection, par la plongée dans les eaux, avec le Christ.

Une grande partie de l'évangile de Marc, six chapitres sur seize, est consacré au récit des derniers jours de Jésus à Jérusalem. Ce schéma des derniers jours et de la Passion du Christ sera repris soigneusement, avec des compléments, par les deux autres synoptiques, et même par Jean à partir de l'Onction à Béthanie.

Plan de l'√©vangile de Marc, d'apr√®s Beno√ģt Standaert

Dans leur grande majorit√©, les ex√©g√®tes ont coutume de diviser l'√©vangile de Marc en deux parties, selon l'indication qui serait donn√©e par l'auteur lui-m√™me dans son titre : ¬ę Commencement de l'√Čvangile de J√©sus, Christ, Fils de Dieu. ¬Ľ

La premi√®re partie (1,1 --- 9,13) aurait pour but de montrer que J√©sus est le ¬ę Christ ¬Ľ ou Messie ; la seconde partie (9,14 --- 16,20) ferait acc√©der √† la notion de ¬ę Fils de Dieu ¬Ľ.

D√®s l'exorde, J√©sus-Christ est pr√©sent√© par Jean-Baptiste √† la fois comme Christ et comme Fils de Dieu. D√®s la premi√®re partie les d√©mons eux-m√™mes reconnaissent J√©sus comme le Fils de Dieu (5,7). Avant la fin de la soi-disant premi√®re partie, J√©sus est reconnu solennellement par le P√®re comme son Fils bien-aim√© (9,7). Par contre la Passion de J√©sus sera, avant tout, celle du ¬ę Christ, le Fils du B√©ni ¬Ľ (14,61), et celle du ¬ę Roi ¬Ľ (15,2).

Les juifs, comme le montre la question de Ca√Įphe cit√©e supra (14,61), et toute la tradition biblique, ne distinguaient pas entre les notions de ¬ę Messie ¬Ľ et de ¬ę Fils de Dieu ¬Ľ. Pour eux, c'√©tait tout un. Le psaume deuxi√®me est all√©gu√© : ¬ę Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendr√©. ¬Ľ (Ps 2,7).

B. Standaert a reconnu dans l'évangile de saint Marc une construction littéraire très bien charpentée, malgré le style volontairement simple, selon les règles de la composition, rhétorique ou dramatique, en vigueur au premier siècle.

--- I. Prologue (1,1-13)

Au Jourdain, Jean-Baptiste désigne Jésus comme le Messie et le Fils de Dieu.

--- II. Narration (1,14 --- 6,13)

Présentation de Jésus par actions et par paroles, en Galilée et sur le lac de Tibériade. Il suscite l'étonnement.

--- III.1. Interrogation de plus en plus pressante (6,14 --- 8,26)

À travers la Galilée comme en dehors de la Galilée.

--- IV.2. Réponse à Césarée de Philippe et à l'Hermon (8,27 --- 9,13)

Il est le Messie, le Fils de Dieu, mais un Messie souffrant qui demande qu'on le suive.

--- V.3. Comment suivre J√©sus ? (9,14 --- 10,52)

À travers la Galilée, puis la Judée, puis la Pérée, puis en direction de Jérusalem.

--- VI. Dénouement (11,1 --- 15,47)

Mort de Jésus à Jérusalem.

--- VII. √Čpilogue (16,1-8)

R√©surrection de J√©sus le matin de P√Ęques : ¬ę Il vous pr√©c√®de en Galil√©e. ¬Ľ (16,7).

--- VIII. Finale (non marcienne) (16,9-20)

Récits des apparitions aux disciples.

Avec un peu de bonne volont√©, on peut reconna√ģtre l√† le sept√©naire familier de la litt√©rature juive (la huiti√®me partie n'√©tant pas de la plume de Marc). Mais l'√©vangile de Marc suit fid√®lement toutes les p√©rip√©ties du drame antique.

1. Le Prologue (Mc 1,1-13)

Jean-Baptiste vient sur scène pour présenter le drame.

2. La narration (1,14 --- 6,13)

Ne fait qu'exposer. Elle est comparable à la narration conventionnelle d'un discours.

3. L'argumentation (6,14 --- 10,52)

C'est la partie centrale, dénommée ainsi par les rhéteurs antiques.

  • Premi√®re section : 6,14 --- 8,26 qui pose clairement le probl√®me de l'identit√© de J√©sus.
  • Deuxi√®me section : 8,27 --- 9,13 r√©pond √† la question: il est le Messie promis, le Fils de Dieu, mais en m√™me temps le Messie souffrant qui demande qu'on le suive. C'est le nŇďud de l'intrigue.
  • Troisi√®me section : 9,14 --- 10,52 expose les exigences de la sequela du Christ.

4. Dénouement (11,1 --- 15,47)

Dénouement tragique du drame, par la mort exemplaire du héros.

5. L'√©pilogue (16,1-8) L'√©vangile s'ach√®ve comme le drame antique. Un messager du ciel, tel un deus ex machina, communique aux femmes ce qui ne peut √™tre repr√©sent√© sur sc√®ne : ¬ę Il est ressuscit√©. ¬Ľ (16,6).

La finale de Marc

Il est reconnu que la finale de Marc (16,9-20) ne fut pas √©crite par l'√©vang√©liste. Elle ne figure pas dans maints manuscrits importants, par exemple le Vaticanus et le Sina√Įticus. Elle n'est pas de son style, mais semble plut√īt r√©sumer les autres √©vangiles : Luc et peut-√™tre Jean, dans leurs conclusions.

Elle n'en est pas moins canonique, et tr√®s ancienne. Peut-√™tre de la main de Luc, qui aurait r√©√©dit√© l'√©vangile de Marc ?

On a souvent suppos√© que la finale actuelle (qui conna√ģt d'ailleurs une forme plus br√®ve dans certains manuscrits) √©tait l√† pour suppl√©er une finale accidentellement perdue.

Mais, outre le peu de vraisemblance d'un tel sc√©nario (pour un manuscrit si souvent recopi√© !), une fin brusque de l'√©vangile au verset 16,8 pourrait s'expliquer dans cette hypoth√®se. Pour le narrateur de la veill√©e de P√Ęques, devant l'assembl√©e chr√©tienne, elle serait l√† comme des points de suspension d√©f√©rents, pour laisser la parole au pr√©sident de la synaxe eucharistique, c'est-√†-dire √† l'√©v√™que : ¬ę √Ä vous, p√®re v√©n√©r√©, de conclure la s√©ance en √©voquant la r√©surrection du Christ ¬Ľ.

Mais pour la lecture privée, et pour la publication, on aura voulu combler la lacune par un bref récit des apparitions du Christ à ses disciples.

Utilisation de l'évangile selon Marc

Par Matthieu grec et Luc

La Théorie des deux sources, majoritairement acceptée (malgré ses difficultés!), a bien montré que les évangélistes Matthieu grec et Luc devaient beaucoup à l'évangile de Marc. Ils l'ont utilisé et incorporé dans leur propre ouvrage au point d'en faire l'ossature de leur évangile respectif.

Selon des statistiques, Matthieu grec aurait repris, en substance, 600 versets de Marc sur 661 : la presque totalit√©; et Luc au moins 350 sur 661, c'est-√†-dire plus de la moiti√©. Au total, la teneur de Marc se retrouve presque en entier dans les deux autres synoptiques.

De plus, le sch√©ma organisationnel de la vie du Christ, tel que fix√© par Marc, se retrouve dans Matthieu grec et Luc : un minist√®re galil√©en, suivi d'une seule mont√©e √† J√©rusalem pour la derni√®re P√Ęque du Christ. Matthieu grec et Luc ont seulement compl√©t√© ce sch√©ma, d'une part par les r√©cits de la naissance et de l'enfance, compos√©s sym√©triquement, et d'autre part par les paroles ou discours de J√©sus contenus dans les logia de l'ap√ītre Matthieu, qu'il ne fallait surtout pas laisser perdre.

Mise à part une première partie de Marc (1,1 - 6,13) que Matthieu grec a assez profondément bouleversée, les deux synoptiques ont remarquablement respecté la séquence de Marc, y compris et surtout pour le récit de la Passion. Ils confirment sa chronologie pour les derniers jours ou les dernières heures de Jésus.

L'entr√©e messianique √† J√©rusalem, en d√©bouchant de J√©richo, eut lieu avant la semaine de P√Ęque (cf. Mc 11,1), avant l'Onction √† B√©thanie qui prit place deux jours avant P√Ęque (cf. Mc 14,1). La derni√®re C√®ne, v√©ritable repas pascal avec manducation de l'agneau, fut c√©l√©br√©e le soir de P√Ęque (cf. Mc 14,12). J√©sus fut livr√© d√®s le lendemain aux chefs juifs (cf. Mc 14,53) puis √† Pilate (cf. Mc 15,1). Et J√©sus, le Vendredi saint, est rest√© au moins six heures en croix, de neuf heures du matin (cf. Mc 15,25) √† trois heures pass√©es de l'apr√®s-midi (cf. Mc 15,34).

Par Jean

On pourrait croire a priori que l'√©vang√©liste - et ap√ītre - Jean n'a pas connu l'√©vangile de Marc, mais seulement celui de Luc, avec lequel il offre bien des affinit√©s, et m√™me des points de contact probables. La s√©quence des √©v√©nements d√©finie par Marc, qui se retrouve dans Jean, lui viendrait √† travers la lecture de l'√©vangile de Luc.

Un examen plus poussé oblige à admettre que Jean a connu directement l'évangile de Marc. Ce qui n'a d'ailleurs rien de surprenant, car l'évangile de Marc était déjà ancien, et fort répandu, quand Jean se mit, dit-on (Canon de Muratori) à la demande de ses confrères survivants, à la rédaction de son propre évangile.

  • En Jn 6,16-21 Jean a la marche sur les eaux de J√©sus de Mc 6,45-52 que Luc n'a pas.
  • En Jn 10,40 Jean note le s√©jour en P√©r√©e de Mc 10,1 que Luc omet.
  • Jn 12,1-11 d√©crit l'Onction √† B√©thanie de Mc 14,3-9, que Luc √©galement omet.
  • La flagellation et le couronnement d'√©pines de Jn 19,1-3 sont rapport√©s par Marc (15,15b-20) et non par Luc.

Jean est bien plus synoptique qu'on ne le dit, par rapport à ses trois confrères. Et cette synopsie lui vient directement de Marc. Jean est synoptique pour la prédication de Jean-Baptiste au Jourdain. (1,6-18), pour la première multiplication des pains et la marche sur les eaux (6,1-21) remarquablement complémentaires dans les quatre évangiles (sauf que Luc n'a pas, avons-nous dit, la marche sur les eaux), pour la profession de foi de Pierre (6,67-71), et surtout le récit des derniers jours de Jésus et de la Passion à partir de l'Onction à Béthanie (sauf ajouts ou suppressions).

Manifestement le plan de la Semaine Sainte provient de Marc et, √† travers lui, du t√©moignage de l'ap√ītre Pierre. Il n'a rien d'une tradition ext√©rieure, et ind√©pendante, comme on le dit souvent.

De plus Jean est synoptique négativement, si l'on peut dire, car il omet sciemment bien des faits, en les supposant connus par ailleurs. Il a simplement voulu compléter, et même corriger par endroit, le canevas un peu sommaire de Marc (qui ne fut pas un témoin direct de la plupart des épisodes).

Une simple vie de Jésus, du Baptême à la Résurrection

Selon ses premiers mots, le livre de Marc est une ¬ę Bonne Nouvelle ¬Ľ, un √©vangile.

C'est la Bonne Nouvelle de l'av√®nement du Messie et aussi la Bonne Nouvelle du salut, qui est l'enseignement proclam√© par J√©sus lui-m√™me : ¬ę J√©sus vint en Galil√©e, proclamant l'√Čvangile de Dieu et disant : ‚ÄúLe temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche‚ÄĚ. ¬Ľ (1,14-15).

Les disciples à leur tour devront proclamer cette Bonne Nouvelle dans le monde entier. (Cf. 13,10; 14,9; 16,15).

Croire en l'évangile exige repentir (1,15) et renoncement (8,34-35). Car cette bonne nouvelle ne doit pas être reçue seulement passivement. Elle exige collaboration et choix.

Le mot grec Bonne Nouvelle est le plus souvent traduit par le terme technique d'√Čvangile. Mais on ne doit jamais oublier sa signification premi√®re. L'¬ę √©vangile ¬Ľ, dans le monde ancien, d√©signait habituellement l'av√®nement d'un nouveau souverain qui √©tait cens√© amener une √®re de paix et de prosp√©rit√©.

Ici, c'est l'av√®nement du Roi d√©finitif qui est proclam√© : le Fils de l'homme ; et l'av√®nement du Royaume d√©finitif : le Royaume de Dieu.

La figure du Fils de l'homme est tout droit sortie du livre de Daniel (cf. Dn 7), du livre d'H√©noch (cf. I H 45 - 49 ; 62 - 63), du livre d'Esdras (cf. IV Esdras 13). Toutes lectures dont J√©sus lui-m√™me, et ses contemporains, devaient √™tre friands.

Le Fils de l'homme est celui qui s'avance sur les nu√©es du ciel en pr√©sence de l'Ancien des jours ; il est l'√Člu, l'Oint de Dieu, le Messie ou Christ, le Saint de Dieu, le Fils de Dieu n√© avant les si√®cles. √Ä lui sont promis le jugement final du monde et la royaut√© √©ternelle.

Mais son royaume ne n'inaugurera pas par la violence, ou par la force des armes. Il appelle √† la conversion. Il r√©clame l'adh√©sion des cŇďurs. Il est le r√®gne d'un Dieu saint.

Car paradoxalement ce Fils de l'homme, cet √Člu, est pr√©destin√© √† un avenir douloureux, un avenir d'abaissement, avant d'entrer dans sa gloire.

Pour d√©crire l'av√®nement de ce nouveau royaume, si contrast√©, Marc n'emploiera pas de longues dissertations comme Paul, ou comme Barnab√© (l'auteur probable de l'√©p√ģtre aux H√©breux). Il racontera simplement ce qu'il sait: le minist√®re public de J√©sus, du Jourdain √† la croix.

À la place de Pierre, il déploiera le kérygme (l'annonce) apostolique qui va du Baptême à la Résurrection (cf. Ac 1,21-22).

L'√©vangile de Marc est une ¬ę biographie ¬Ľ du Christ, entrem√™l√©e d'actes et de discours, de gestes, de paraboles, de miracles et de pers√©cutions subies. Une biographie comme on savait en faire √† cette √©poque, car le genre √©tait tr√®s pris√©. Il la fera avec application, observant les lois de la rh√©torique antique, mais sans pr√©tention.

Pour certains chrétiens, rien n'est plus précieux que son témoignage.

Bref résumé du kérygme

Dès le Prologue (1,1-13) Jésus nous est présenté comme le Messie, le Fils de Dieu. Mais la plupart des acteurs du drame ignoreront jusqu'au bout cette identité. Ce qui créera le suspense. Le Fils de l'homme eschatologique reçoit l'onction divine de l'Esprit Saint qui le conduira désormais, et le Père le proclame son Fils.

Pouss√© au d√©sert par l'Esprit, J√©sus se pr√©pare √† affronter son ennemi principal : Satan. Mais les anges le servent, et les b√™tes sont t√©moins.

Dans la Narration (1,14 --- 6,13) nous entendons Jésus inaugurer son règne, qui est celui de Dieu. Il réclame le repentir des foules pour l'accueillir.

Déjà le roi désigne ses premiers disciples, qui seront ses ministres. Première victoire sur Satan, par la guérison d'un démoniaque.

Constamment J√©sus impose le silence aux d√©mons, et m√™me √† ses amis, pour qu'ils taisent son identit√© v√©ritable: c'est ce qu'on appelle le secret messianique. Il le leur impose parce qu'il craint que les foules ne se leurrent sur ses intentions, et ne fassent de lui un roi temporel, alors qu'il est le roi eschatologique. Il ne peut et ne veut s'imposer que par un accueil d√©sint√©ress√©: l'accueil des cŇďurs.

Le Nouveau Souverain s'avance souverainement dans sa patrie, la Galil√©e. Il d√©signe ses premiers disciples, qui seront ses ministres. Il chasse les d√©mons. Avec une condescendance royale, il gu√©rit la belle-m√®re de son premier ministre, Pierre, dans la maison duquel il √©tait descendu. Il parcourt toute la Galil√©e. Il gu√©rit toute infirmit√©: les l√©preux, les paralytiques. D'un signe il appelle L√©vi, fonctionnaire d'H√©rode, qui deviendra fonctionnaire du Royaume de Dieu. Il discute avec les Pharisiens. Les foules de tous les pays environnants accourent pour le suivre. Il conna√ģt un immense succ√®s.

Il institue ses ¬ę Douze ¬Ľ et d√©finitifs ministres. Il √©carte d‚Äôun geste ses parents qui cherchent √† l'accaparer. Il r√©pond aux calomnies des scribes. Il enseigne les foules en paraboles. Ma√ģtre des √©l√©ments, et Dieu, il apaise la temp√™te. Il s'aventure en pays semi-pa√Įen, par del√† le lac. De par sa puissance √©videmment divine, il ressuscite la fille de Ja√Įre. Il visite sa patrie, Nazareth, o√Ļ il est accueilli froidement. Il envoie les Douze au devant de lui, en mission deux √† deux. Eux-m√™mes se mettent √† chasser les d√©mons, √† gu√©rir les malades.

Au début de l'Argumentation (6,14 ---10,52)

  • 1. dans la premi√®re section (6,14 --- 8,26) le narrateur, Marc, commence par un nouvel en-t√™te (6,14-16) o√Ļ l'on entend H√©rode, le t√©trarque, poser la question d√©cisive de l'identit√© de J√©sus.

Suit une digression (pr√©vue par la rh√©torique antique) o√Ļ Marc raconte le sort tragique r√©serv√© au Baptiste, pr√©figuration de celui que devait subir le Fils de l'homme en personne.

Jésus multiplie les pains pour les foules. Il marche sur les eaux. De partout, on lui amène les malades. Il discute avec les inquisiteurs, Pharisiens et Scribes, descendus de Jérusalem pour enquêter sur son cas. Jésus stigmatise les traditions humaines, pratiquées au détriment du commandement divin. Il dévalorise la pureté tout extérieure de la Loi, au profit de la pureté intérieure, celle de la conscience.

D√©j√† il s'aventure en pays √©tranger. Il gu√©rit une Syroph√©nicienne, un sourd-b√®gue. Multiplie de nouveau les pains, cette fois au profit des pa√Įens.

Les Pharisiens incrédules demandent un signe.

Il guérit un aveugle.

  • 2. Dans la section centrale du livre (8,27 --- 9,13) nous entendons Pierre r√©pondre clairement √† l‚Äôinterrogation de J√©sus : ¬ę Tu es le Christ. ¬Ľ (8,29). C'est alors que J√©sus annonce une premi√®re fois sa passion.

Au cŇďur du livre (8,34-38) J√©sus expose la condition pour suivre ce Messie paradoxal: se renoncer.

Au sommet de l'Hermon, la Transfiguration authentifie solennellement, au nom de Dieu, l'identit√© de J√©sus, et sa mission : ¬ę Celui-ci est mon Fils bien-aim√© ; √©coutez-le. ¬Ľ (9,7). Mais J√©sus impose encore le silence √† ses amis.

  • 3. La troisi√®me section (9,14 --- 10,52) de l'argumentation expose comment suivre J√©sus. C'est en Galil√©e, puis en Jud√©e, puis en P√©r√©e, puis en route vers J√©rusalem. D'une phrase, J√©sus r√©sume son propos : ¬ę Le Fils de l'homme lui-m√™me n'est pas venu pour √™tre servi, mais pour servir, et donner sa vie en ran√ßon pour une multitude. ¬Ľ (10,45).

J√©sus gu√©rit un aveugle √† J√©richo, qui le reconna√ģt comme le ¬ę Fils de David. ¬Ľ (10,47.48).

Le D√©nouement (11,1 --- 15,47) voit l'entr√©e pacifique du Messie, mont√© sur un petit √Ęne, dans sa capitale, J√©rusalem. J√©sus, ma√ģtre chez lui dans le Temple, en expulse les vendeurs. Les autorit√©s ne peuvent que s'incliner.

Divers enseignements solennels.

Discours eschatologique, o√Ļ J√©sus pr√©dit la ruine de J√©rusalem et la fin du monde, sans les distinguer. Selon Daniel, H√©noch, Esdras, il proph√©tise la venue finale du Fils de l'homme (lui-m√™me) sur les nu√©es du ciel.

¬ę Veillez ! ¬Ľ (13,37).

Deux jours avant la P√Ęque, √† B√©thanie, une femme proc√®de par avance √† son ensevelissement.

Judas trahit.

J√©sus mange sa derni√®re P√Ęque avec ses amis ; il institue l'eucharistie.

√Ä Geths√©mani, il souffre en compagnie de Pierre, Jacques et Jean. Il appelle son P√®re : ¬ę Abba. ¬Ľ (14,36).

Les √©v√©nements se pr√©cipitent. Il est arr√™t√©. Pierre le renie lamentablement. Il est jug√© par le Sanh√©drin, par Pilate, flagell√©, couronn√© d'√©pines, crucifi√© √† neuf heures du matin. Il expire √† trois heures de l'apr√®s-midi. Le centurion romain le d√©clare ¬ę Fils de Dieu. ¬Ľ (15,39). Il est enseveli dans le tombeau d'un riche.

L'√Čpilogue (16,1-8). Au matin du dimanche, les femmes d√©couvrent le tombeau vide. L'ange proclame qu'il est ressuscit√© et donne rendez-vous, en Galil√©e, √† Pierre et aux autres disciples.


L'évangile de Marc est aussi l'évangile de Pierre. On remarque la place importante de Pierre, tout au long du récit. Rien n'est caché de ses faiblesses, de sa trahison et de la confiance sans faille que, malgré tout, lui accorde le Christ.

Conclusion. Marc, le cr√©ateur du genre ¬ę √©vangile ¬Ľ

En r√©digeant une vie de J√©sus pour proclamer le ¬ę k√©rygme de la foi ¬Ľ, l'annonce de la Bonne Nouvelle, Marc a incontestablement cr√©√© un genre litt√©raire nouveau, qui sera repris dans les trois autres √©vangiles canoniques, et dans bien d'autres √©vangiles apocryphes (non reconnus par l'√Čglise).

D√®s les premiers mots de son ouvrage, il s'est servi d'un vocable qui sera repris par ses imitateurs : ¬ę Commencement de l'√Čvangile de J√©sus, Christ, Fils de Dieu. ¬Ľ (Mc 1,1)

Certes l'ap√ītre Matthieu avait publi√© en langue h√©bra√Įque des logia, dont l'existence nous est connue par la tradition et qui √©taient sans doute plus anciens. D√®s l'antiquit√© on les avait affubl√©s r√©trospectivement du titre d'√©vangile, ou m√™me d'¬ę √©vangile aram√©en ¬Ľ. Saint Ir√©n√©e √©crivait : ¬ę Ainsi Matthieu publia-t-il chez les H√©breux, dans leur propre langue, une forme √©crite d'√Čvangile. ¬Ľ (Adv. Hae. III, Prologue).

Mais les logia de l'ap√ītre Matthieu, la fameuse ¬ę source Q ¬Ľ des ex√©g√®tes allemands, tels qu'on peut les reconstituer gr√Ęce aux √©vangiles canoniques de Matthieu (grec) et Luc, qui les ont largement utilis√©s, ne contenaient gu√®re que des sentences, ou des discours de J√©sus, peut-√™tre not√©s de son vivant, ou peu de temps apr√®s son d√©part de ce monde, mais tr√®s peu de r√©cits :

  • s√Ľrement la gu√©rison du serviteur d'un centurion (Mt 8,1.5-10.13 = Lc 7,1-10),
  • et la question de Jean-Baptiste de sa prison (Mt 11,2-11.14-19 = Lc 7,18-35).
  • Peut-√™tre le d√©tail des tentations du Christ (Mt 4,2-11a = Lc 4,2b-13).

Ils ne formaient pas une histoire suivie de Jésus et leur plan était assez imprécis. La Passion du Sauveur n'était pas racontée.

C'est donc bien Marc qui a cr√©√© le genre ¬ę √©vangile ¬Ľ, et m√™me lui qui en a √©tabli la structure fondamentale, en particulier pour le r√©cit de la Passion, qui sera largement respect√©e par ses successeurs.

Le style de Marc est très particulier: primesautier, alerte, précis. Il va en s'améliorant au fil de la narration. Au début assez heurté, concis, rapide, il devient peu à peu plus fluide, plus coulant, tel un torrent qui deviendrait ensuite un fleuve plus tranquille.

C'est que Marc était sans doute un novice. Il s'est formé lui-même en composant.

Il s'attarde souvent sur des d√©tails tr√®s concrets, qui d√©notent un t√©moin visuel (il l'√©tait √† travers Pierre, son ma√ģtre) : le coussin o√Ļ dormait J√©sus, √† l'arri√®re de la barque (cf. Mc 4,38), les cha√ģnes, les entraves dont √©tait li√© le d√©moniaque g√©ras√©nien, les cris qu'il poussait, les pierres dont il se frappait (cf. Mc 5,3-5), etc.

Bien souvent ses confrères, Matthieu grec et Luc, ont abrégé son propos.

Son √©vangile est rempli d'arama√Įsmes, et il cite nombre de mots aram√©ens : Talitha koum ; Ephatha ; Corban ; Bartim√©e ; Abba ; Rabbi ; Rabbouni ; √Čl√ī√Į, √Čl√ī√Į, lema sabachtani. Ce qui trahit son origine palestinienne, ainsi que celle de Pierre.

En m√™me temps, on subodore √† certains d√©tails que son √©vangile ne fut pas √©crit en Palestine, mais plut√īt dans un milieu pa√Įen, et m√™me occidental, vraisemblablement √† Rome, comme le voulait Eus√®be. Il √©prouve le besoin d'expliquer les mŇďurs juives (cf. Mc 7,3-4). Il pr√©cise que les deux pi√©cettes de la veuve, d√©pos√©es dans le tronc du Temple, valent, en monnaie romaine, un quart d'as (cf. Mc 12,42).

Marc emploie un certain nombre de mots grecs qui ne sont qu'une transcription du latin : le ¬ę grabat ¬Ľ du paralytique (cf. Mc 2,4) ; la ¬ę l√©gion ¬Ľ du poss√©d√© (cf. Mc 5,9) ; le ¬ę pr√©toire ¬Ľ (cf. Mc 15,16) ; le ¬ę centurion ¬Ľ (cf. Mc 15,39). Il pr√©cise que la femme qui renvoie son mari commet √©galement un adult√®re (cf. Mc 10,12) : cette clause refl√®te le droit romain, car le droit juif n'accordait qu'au mari le droit de r√©pudiation. Il signale que la ¬ę Parasc√®ve ¬Ľ des juifs correspondait √† la veille du sabbat (cf. Mc 15,42).

On suppose, comme il est dit dans l'en-tête de cet article, que le jeune homme de Mc 14,51-52 saisi dans la nuit de Gethsémani, mais qui s'enfuit tout nu, en laissant son drap, n'était autre que l'auteur de notre évangile. On ne voit pas pourquoi il aurait noté ce détail insignifiant, que les autres évangélistes ont passé sous silence. On ne voit pas de qui il l'aurait appris.

Mais il y a plus. Nous savons par les Actes des Ap√ītres que sa m√®re avait une maison √† J√©rusalem, o√Ļ elle accueillait la premi√®re communaut√© chr√©tienne. (Cf. Ac 12,12). Il est donc fort probable que ce ¬ę Jean, surnomm√© Marc ¬Ľ (id.) fut non seulement un t√©moin du Christ de auditu, √† travers le discours de Pierre, mais aussi un t√©moin de visu, au moins des derniers temps de la vie du Christ et s√Ľrement de sa passion, auxquels il fut m√™l√©, √©tant encore jeune homme.

C'est sans doute à cette circonstance que nous devons de posséder, dans son évangile, une relation si détaillée de ces événements fondateurs.

Cousin de Barnab√© (cf. Col 4,10), Marc suivit d'abord Paul dans ses p√©r√©grinations (cf. Ac 12,25; 13,5.13). S'√©tant s√©par√© de Paul, il accompagna ensuite Barnab√© dans son √©vang√©lisation de Chypre (cf. Ac 15,37-39). Puis il revint au service de l'ap√ītre Pierre qu'il avait connu √† J√©rusalem (cf. Ac 12,12-17). Dans sa premi√®re √©p√ģtre, Pierre l'appellera ¬ę Marc, mon fils. ¬Ľ (1 P 5,13).

Mais il n'√©tait pas pour autant f√Ęch√© avec Paul (√† Dieu ne plaise !) puisque Paul √©crira dans sa deuxi√®me √©p√ģtre √† Timoth√©e : ¬ę Prends Marc et am√®ne-le avec toi, car il m'est pr√©cieux pour le minist√®re. ¬Ľ (2 Tm 4,11)...

Certes, il pouvait √™tre pr√©cieux √† Paul, √† cause de l'√©vangile !

Dans sa deuxi√®me √©p√ģtre aux Corinthiens, Paul d√©j√† mandait :

¬ę Nous envoyons avec lui le fr√®re dont toutes les √Čglises font l'√©loge au sujet de l'√Čvangile. ¬Ľ (2 Co 8,18).

  1. ‚ÜĎ Cette datation haute est typique des √©glises fondamentalistes. source arch√©ologia, le num√©ro sur J√©sus, 2004
  2. ‚ÜĎ Cette datation haute est typique des √©glises fondamentalistes. source arch√©ologia, le num√©ro sur J√©sus, 2004
  3. ‚ÜĎ C'est Eus√®be qui impose des noms aux auteurs de recueils anonymes au moment o√Ļ d√©bute le processus de canonisation. √Ä noter qu'avant qu'Eus√®be en parle, personne ne conna√ģt de Marc dans l'entourage des ap√ītres. Eus√®be est un eccl√©siastique de cour et imagine les ap√ītres vivant une vie de courtisan
  4. ‚ÜĎ autorit√© qui n'existe pas encore √† cette √©poque

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Marie Van Cangh et Alphonse Toumpsin, L‚Äô√Čvangile de Marc. Un original h√©breu ?, coll. Langues et cultures anciennes 4, √©d. Safran, Bruxelles, 2005, (ISBN 2-9600469-8-6)
  • L'√©vangile selon Marc. Commentaire par Beno√ģt Standaert O.S.B. Les √©ditions du Cerf. 1983

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