Eugene Delacroix


Eugene Delacroix

Eugène Delacroix

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Eugène Delacroix
Autoportrait au gilet vert (1837)
Autoportrait au gilet vert (1837)
Naissance 26 avril 1798
Charenton-Saint-Maurice (Val-de-Marne)
Décès 13 août 1863 (65 ans)
Paris
Nationalité Français Drapeau de la France
Activité(s) Artiste-peintre
Maître Pierre-Narcisse Guérin
Mouvement artistique Romantisme
Œuvres réputées La Mort de Sardanapale, La Barque de Dante, La Liberté guidant le peuple, Femmes d'Alger dans leur appartement, Scène des massacres de Scio
Influencé par Géricault, Gros

Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix est né le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice[1] (Seine), 2 rue de Paris[2] (actuelle Grande Rue) et est mort de la tuberculose le 13 août 1863, au 6 rue de Furstemberg à Paris. Il repose au cimetière du Père-Lachaise (division 49). C'est un peintre majeur du romantisme en peinture, apparu au début du XIXe siècle, en France.

Sommaire

Biographie

Ses origines familiales

Eugène Delacroix en 1858. Photo de Félix Nadar

La famille du peintre

Sa maison natale, une grande demeure bourgeoise du XVIIIe siècle, existe toujours. Inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, depuis 1973, elle a été transformée en bâtiment municipal en 1988 et abrite désormais la médiathèque de Saint-Maurice. Eugène Delacroix est le quatrième enfant de Charles Delacroix et de Victoire Oeben.

Son père a été le secrétaire de Turgot (homme politique libéral) qu'il a suivi de Limoges à Paris. Député de la Marne, sous la Convention, il vote la mort du roi, comme le peintre David. Rallié à l'Empire, il devient préfet de Marseille en avril 1800, puis trois ans plus tard, en avril 1803, préfet de Bordeaux où il meurt le 4 novembre 1805. Sa mère, née en 1758, descend d'une famille d'ébénistes de renom les Oeben. Son grand-père, le père de sa mère, Jean-François Oeben est le célèbre ébéniste de Louis XV. Elle est également apparentée aux Riesener par le mariage de sa mère avec Jean-Henri Riesener. De cette seconde union est né Henri-François Riesener, peintre, demi-frère de Victoire et oncle d'Eugène Delacroix. Elle est morte le 3 septembre 1814[3], en le laissant dans un grand dénuement[4].

Portrait d'Henriette de Verninac par Jacques-Louis David (1799, Musée du Louvre)

Le couple a eu, au total, quatre enfants : trois garçons et une fille. Charles-Henri, l’aîné, est né le 9 janvier 1779 et a fait une très belle carrière dans les armées impériales. Promu maréchal de camp honoraire en 1815, il est démobilisé avec le grade de général (mais en qualité de demi-solde)[5]. Le second enfant, une fille, Henriette, est née en 1780 et est morte en 1827. C’est en 1797 qu’elle épouse Raymond de Verminac (1762-1822)[6], un diplomate. Elle recueille son frère en 1814, à la mort de sa mère. A la demande de son mari[7], David fait son portrait (Musée du Louvre), en 1799, dans une formule qu'il développe dans les dernières années de la Révolution, c'est à dire le modèle assis, coupé aux genoux, sur un fond uni[8]. Son mari fait également sculpter par Joseph Chinard (1756-1813) son buste en Diane chasseresse préparant ses traits (1808, Musée du Louvre)[9]. Son second frère, Henri, est né en 1784 et est tué le 14 juin 1807, à la Bataille de Friedland. Le règlement de la succession maternelle ruine la famille Delacroix. Ce désastre engloutit toute la fortune des enfants (une propriété, achetée par la mère de l'artiste afin de couvrir une créance, dû être vendue à perte).

Le père présumé de Delacroix

Une controverse[10] existe sur le fait qu'Eugène Delacroix aurait eu Talleyrand pour père biologique. Charles Delacroix, ministre des affaires extérieures en 1795, remplacé par Talleyrand le 16 juillet 1797, souffrait d'une tumeur maligne placée sur les parties génitales et un rapport médical indique l'ablation de celle-ci. Une brochure publiée en décembre 1797, par le chirurgien militaire Ange-Imbert Delonnes (1747-1818) sur l'opération de sarcocèle (tumeur charnue du testicule[11]) faite le 27 fructidor an V (13 septembre 1797), au citoyen Charles Delacroix, confirme les faits. Le bulletin indique que l'opération a été réussie et que le père de l'artiste a recouvré la faculté de procréer. Eugène Delacroix est né sept mois plus tard.

Une certaine ressemblance physique et une même allure aristocratique souligneraient cette parenté. Cependant, dans son livre consacré au peintre, Maurice Sérullaz (historien d'art et mondialement reconnu comme le meilleur spécialiste de Delacroix) précise que la polémique perdure toujours (lui-même n'émettant pas de certitudes sur ce sujet). Talleyrand, l'homme qui avait servi tant de gouvernements et de causes, est tout de même reconnu comme l'un des protecteurs occultes de l'artiste[12] qui facilite l'achat, pour une somme de 6 000 francs[13], des Massacres de Scio, (présenté au Salon de 1824 et aujourd'hui au Musée du Louvre), par le baron Gérard. Son ombre tutélaire s'étend à travers Adolphe Thiers, dont il est le mentor. Grâce à Thiers, Delacroix obtient plusieurs commandes importantes, notamment la décoration du Salon du Roi, au Palais Bourbon, et une partie du décor de la Bibliothèque du Sénat, au Palais du Luxembourg.

Ses études et sa formation

Ses études

En 1805/1806 il est élève au lycée de Bordeaux[réf. nécessaire] puis d'octobre 1806 à l'été 1815, Delacroix fréquente un établissement d'élite, le Lycée Impérial (actuel lycée Louis-le-Grand) où il reçoit une bonne instruction. Ses lectures sont classiques : Horace, Virgile, mais également Racine, Corneille et Voltaire. Il y apprend le grec et le latin. Les nombreux dessins et croquis griffonnés sur ses cahiers attestent déjà de ses dons artistiques[14]. C'est au Lycée Impérial qu'il rencontre ses premiers confidents[15] : Jean-Baptiste Pierret (1795-1854), Louis (1790-1865) et Félix (1796-1842) Guillemardet, et Achille Piron (1798-1865). Ils partagent sa vie de bohème et lui restent fidèles jusqu'à la fin de sa vie.

Il reçoit aussi une éducation musicale précoce, prenant des leçons avec un vieil organiste[2], qui adorait Mozart. Ce maître de musique, qui a remarqué les talents de l’enfant, recommande à sa mère d’en faire un musicien. Mais, la mort de son père en 1805 met fin à cette possibilté. Cependant, la musique occupera toute son existence. Toute sa vie, il continuera à participer à la vie musicale parisienne, recherchant la compagnie des compositeurs, des chanteurs et des instrumentistes : Paganini jouant du violon (1831, Collection Philipps de Washington).

Sa formation

En 1815, son oncle, Henri-François Riesener, le fait entrer[16] dans le célèbre atelier de Pierre-Narcisse Guérin où il a pour condisciples Paul Huet, Léon Cogniet, Ary et Henry Scheffer, et Charles-Henri[17] de Callande de Champmartin. C'est également dans son atelier qu'il fait la connaissance de Théodore Géricault, de sept ans son aîné, qui eut une influence capitale sur son art[18]. Guérin leur enseigne les principes de la représentation néo-classique de l'ancienne école : primauté du dessin sur la couleur, retour à l'Antique, beauté des statues chères à l'Allemand Winckelmann[19], auteur de l'Histoire de l'art de l'Antiquité (1764). Toutefois, ce maître n'est pas totalement fermé aux idées nouvelles. Son enseignement est à la fois classique et libéral.

En mars 1816, Delacroix entre aux Beaux-Arts (également chez Guérin) où l'enseignement est moins onéreux qu'en atelier privé. Il y poursuit son apprentissage en privilégiant le dessin et la copie des maîtres. Grâce à sa carte de travail[20] qu'il acquiert le 13 juillet 1816, pour le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, il copiera pendant plusieurs années, des manuscrits d'après des recueils de costume du Moyen Âge. Ses résultats aux concours et aux examens de l' École des beaux-arts ne lui laissent pas espérer un séjour romain. En 1820, il tente le Prix de Rome et échoue à la première partie.

L’apprentissage de l’aquarelle et le voyage en Angleterre

Eugène Delacroix, Hamlet et Horatio au cimetière, (1835, Francfort)

C'est en 1816 que Delacroix rencontre Charles-Raymond Soulier[21] (1796-1838), aquarelliste amateur, revenu d'Angleterre et influencé par les artistes anglais, notamment Copley Fielding (1787-1855) dont il est un ancien élève[22]. Grâce à cet ami et à Richard Parkes Bonington[23], Delacroix se familiarise avec l'art de l'aquarelle, une technique assez peu connue en France, qui le libère ainsi du carcan académique enseigné aux Beaux-Arts. Charles Soulier lui enseigne également les rudiments de la langue anglaise.

De mai à août 1825[24], il effectue un voyage en Angleterre où il découvre le théâtre de Shakespeare[25], en assistant aux représentations de Richard III, Henri IV, Othello, Le Marchand de Venise et La Tempête avant qu'une troupe anglaise se déplace à Paris, deux ans plus tard (le 9 septembre 1827)[26]. Il assiste également à une adaptation audacieuse du Faust (1773-1790) de Goethe (1749-1832). Pour Delacroix, la littérature et le théâtre seront une source importante d'inspiration, tout au long de sa carrière : Hamlet et Horatio au cimetière (1835, Francfort) et Hamlet et les deux fossoyeurs (1859, Musée du Louvre). Ces nouveaux sujets se mêleront jusqu’à sa mort aux thèmes orientaux, historiques ou religieux. À partir de ce voyage, la technique de l'aquarelle acquiert une importance dans son œuvre et la fréquentation de ses amis anglais, notamment les frères Fielding, lui permette de mieux en maîtriser les subtilités. Elle lui sera d'une grande aide[27] lors de son voyage en Afrique du Nord pour pouvoir en restituer toutes les couleurs.

Les débuts de la carrière de Delacroix

Ses débuts en peinture (1819-1821)

En 1819, Delacroix aborde pour la première fois la décoration avec la salle à manger de l'hôtel particulier de M. Lottin de Saint-Germain, situé dans l'Île de la Cité. Les dessus de porte, qu'il exécute dans le Style pompéien, seront terminés avant mars 1820. De cet ensemble, aujourd'hui disparu, il ne reste que les dessins et projets, personnages, scènes allégoriques ou mythologiques, déposés au Musée du Louvre.

Il exécute également le décor de la salle à manger de l'hôtel particulier que le tragédien Talma[28] se faisait construire[29], au 9 rue de la Tour-des-Dames, à Montmartre. Cette décoration lui a été confiée en 1821 et a pour sujet : les quatre saisons en dessus de porte, dans le style gréco-romain dont l'inspiration vient des fresques d'Herculanum, comme précédemment pour celles de M. Lottin. Le Louvre a en sa possession un certain nombre de dessins préparatoires et de projets, le reste étant conservés dans une collection particulière à Paris.

Ses premiers tableaux de chevalet sont deux retables religieux[30], inspirées des peintres de la Renaissance :

La révélation d'un talent (1822-1824)

La Barque de Dante ou Dante et Virgile aux Enfers
Eugène Ferdinand Victor Delacroix 006.jpg

Eugène Delacroix, 1822
Huile sur toile
189 × 242 cm
Musée du Louvre, Paris

En 1822, Delacroix, désireux de se faire un nom dans la peinture et de trouver une issue à ses difficultés financières, se présente pour la première fois au Salon officiel, avec La Barque de Dante ou Dante et Virgile aux Enfers que l’État achète pour 2 000 francs au lieu des 2 400 francs[33] demandés par le peintre. Les réactions de la critique sont vives, voire virulentes, comme celles d'Etienne-Jean Delécluze, défenseur de l'école davidienne[34], qui parle d’une « vraie tartouillade »[35], dans le Moniteur du 18 mai. Cependant, Adolphe Thiers, jeune journaliste, écrit dans Le Constitutionnel du 11 mai, un article élogieux qui parle de « l’avenir d’un grand peintre »[35]. Quant à Jean-Antoine Gros, qui admire La Barque de Dante, il qualifie le peintre de « Rubens châtié ».

Ayant défini son sujet très tardivement (à la mi-janvier)[36], Delacroix doit travailler dans l'urgence afin d’être prêt pour exposer au Salon Officiel, dont l'inauguration est le 24 avril. Pour cela, il utilise des vernis qui, en permettant un séchage plus rapide des couleurs, compromettent la conservation de sa toile. Les couches sombres sous-jacentes en séchant plus vite que les couches claires en surface provoquent d’énormes craquelures et gerçures [37]. Très attaché à ce tableau, il fini par obtenir, en février 1860, l'autorisation de le restaurer lui-même[38]. En agissant ainsi, il veut prouver qu’il est un vrai peintre, en montrant qu’il maîtrise les différentes parties de son art : le nu, le drapé, l’expression.

Le thème, tiré du chant VIII de l’Enfer de Dante, est inédit[39] pour l’époque. La connaissance superficielle[40], que ses contemporains ont de l’œuvre de Dante, fontt qu’ils illustrent toujours les mêmes épisodes : l’histoire d’Ugolin (Enfer, Chant XXXIII), Paolo et Francesca (Enfer, Chant V), et La Barque de Charon (Enfer, Chant III). La nouveauté de Delacroix s’exprime donc par le choix du sujet et par le format utilisé, pour cette peinture à sujet littéraire. Jusqu’à présent, ce format était réservé pour des peintures à sujets religieux ou mythologiques.

Pour ce tableau, les influences sont multiples. Il faut d'abord noter celle du Radeau de la Méduse (1819, Musée du Louvre) de Géricault : une vue de gros plan, une embarcation, des flots déchaînés. Si la critique signale des ressemblances entre La Barque de Dante et l'œuvre de Géricault, c'est pour mieux en dimininuer l'importance[41]. Ensuite, c'est l'emprise de Michel-Ange (1475-1640) qui apparaît avec les musculatures imposantes[42] des damnés (rappelant l'un des Deux Esclaves du Louvre) et de la femme (dérivée d'un prototype masculin). Celle de l’Antique vient après : la figure de Phlégyas, le nocher, chargé de conduire Dante et Virgile jusqu’à la ville infernale de Dité, renvoie au Torse du Belvédère (IVe av. J-C, Musée Pio-Clementino à Rome). Et pour finir, il faut également parler de l'influence de Rubens, avec les naïades du Débarquement de Marie de Médicis à Marseille (1610, Musée du Louvre), dont il s'inspire pour la coloration, par petites touches de couleurs pures juxtaposées, des gouttes d’eau sur les corps de damnés. D'ailleurs, il en a fait une esquisse : Torse d'une sirène, d'après le Débarquement de Marie de Médicis (Kunstmuseum de Bâle)[43].

C'est sous l'influence de Géricault[44] et les encouragements de Gros[45] que dans les années 1820, Delacroix s'intéresse aux chevaux et multiplie les études d'après nature. À la date du 15 avril, il note dans son journal : « Il faut absolument se mettre à faire des chevaux. Aller dans une écurie tous les matins ; se coucher de très bonne heure et se lever de même ». Pour cela, il s'établit un véritable programme d'étude comprenant des visites dans les écuries ou au manège. La constitution de cette encyclopédie[46] lui servira pour ses futurs tableaux.

Théodore Géricault, dont Delacroix fait la connaissance dans l'atelier de Guérin a eu une influence importante, particulièrement au début de sa carrière[47]. Il lui emprunte sa manière de peindre : de forts contrastes d’ombres et de lumières donnant du relief et du volume aux modèles. Il utilise également certaines de ses couleurs : des vermillons, des bleus de Prusse, des bruns, des blancs colorés[48]. L’un des sommets de sa première manière est : L’Assassinat de l’évêque de Liège (1831, Louvre). L’Officier turc[48], enlevant sur son cheval l’esclave grec Des Massacres de Scio (1824, Musée du Louvre) est notamment inspiré de L’Officier de chasseur à cheval (1812, Musée du Louvre) de Géricault. Quand celui-ci meurt le 26 janvier 1824, Delacroix devient malgré lui[49] le chef de file du Romantisme.

Les Scènes des Massacres de Scio
Eugène Delacroix - Le Massacre de Scio.jpg

Eugène Delacroix, 1824
Huile sur toile
417 × 354 cm
Musée du Louvre, Paris

Les Massacres de Scio, que Delacroix présente en 1824 au Salon Officiel, obtient la médaille de seconde classe. Il est acheté 6 000 francs[50], par l’État, pour être exposé ensuite au Musée du Luxembourg. La toile s’inspire d’un fait d’actualité : le massacre de la population de l’Île de Chio par les Turcs, survenu en avril 1822. Dés cette date, Delacroix a l’idée de peindre un tableau sur ce thème qu’il abandonne au profit de La Barque de Dante[51]. Les costumes orientaux que Jules-Robert Auguste (1789-1850), dit M. Auguste, lui prête pour l’élaboration de son tableau, proviennent de la collection qu’il ramena de ses voyages, en Orient. Delacroix put également effectuer des recherches iconographiques à La Bibliothèque Nationale. Un carnet, conservé aux Départements des Arts graphiques du Musée du Louvre et utilisé vers 1820-1825, mentionne la consultation d’un ouvrage de Claude-Étienne Savary (1750-1788), Lettres sur la Grèce, édité en 1788 ainsi que des croquis effectués d’après le livre de Rosset, Mœurs et coutumes turques et orientales dessinés dans le pays, en 1790[52].

M. Auguste, ancien sculpteur devenu aquarelliste et pastelliste, a rapporté de ses voyages en Grèce, Egypte, Asie Mineure et Maroc[53] de remarquables études et toutes une série d’objets : étoffes, costumes, armes et bibelots divers. Il est considéré comme l’initiateur de l’Orientalisme, en France[54]. Son influence sur Delacroix et son art est très forte[55], surtout entre 1824 et 1832, date de son voyage en Afrique du Nord. C’est avec des œuvres, comme Les Massacres de Scio et le La Grèce sur les ruines de Missolonghi (1826, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux), toutes les deux tirés d'évènements contemporains, que Delacroix participa au mouvement philhellène. Tout d’abord, ce sont les poètes, qui se sont enflammés les premiers[56], pour la cause grec :

Son tableau fut durement accueilli par les critiques, par la majorité des artistes et par le public[57]. Bien que Gros ait apprécié La Barque de Dante, il jugea Les Massacres de Scio, avec sévérité, en affirmant qu’il s’agissait du « Massacre de la peinture ! ». Certains critiques, tout en signalant l’influence des Pestiférés de Jaffa de Gros, écrivirent qu’il avait « Mal lavé la palette de Gros ». Cependant, Delacroix eut aussi des défenseurs. Dans Le Constitutionnel, Thiers écrivit : « M. Delacroix […] a prouvé un grand talent, et il a levé des doutes en faisant succéder le tableau des Grecs à celui de Dante »[58]. En fait, ce que ses détracteurs lui reprochent, c’est sa manière de peindre, sa négligence vis-à-vis du dessin, d’où l’emploi du mot «  tartouillade » par Delécluze en 1822 et les remontrances d’Anne-Louis Girodet sur ce sujet.

En effet, c’est à dessein que Delécluze emploie ce mot car selon Le Littré, il signifie : « En langage d’atelier, peinture d’une exécution très lâchée, et dans laquelle la composition et le dessin sont complètement sacrifiés à la couleur ». Cependant, Delacroix n’a pas eu que des détracteurs. Tout au long de sa carrière, il a pu bénéficier du soutien indéfectible de Thiers qui lui apporta son appui, de Théophile Gautier (1811-1872) et de Charles Baudelaire (1821-1867) qui lui consacra un poème[59], Les Phares (VI, Les Fleurs du Mal) et un de ses salons, celui de 1846 (IV, Mes Salons).

Le peintre présente également trois autres tableaux au Salon : Tête de vieille femme (Musée des Beaux-Arts d’Orléans) et Jeune orpheline au cimetière (Musée du Louvre), et hors catalogue, Le Tasse dans la maison des fous (collection particulière). Entre 1823 et 1825, il peint plusieurs tableaux de Grecs en costume de palikares (soldats grecs combattant lors de la Guerre d’indépendance contre les Turc) et des Turcs, dont certains ont pu être utilisés pour Les Massacres de Scio. Lors du Salon Officiel, Delacroix eut l’occasion de voir des peintures de John Constable que son marchand Arrowssmith présentait, notamment La Charrette à foin (1821, National Gallery de Londres)[60], récompensée par la médaille d’or. Une anecdote veut qu’après avoir vu cette toile, il décida de refaire le ciel des Massacres de Scio, après en avoir demandé la permission au comte de Forbin (1777-1841), directeur des musées[61].

La période de Maturité

Les années romantiques (1825-1831)

Durant son voyage en Angleterre, qui s’est déroulé de mai à août 1825, Delacroix a visité Hampstead et l’Abbaye de Westminster, dont il s’est inspiré pour l’Assassinat de l’évêque de Liège (1831, Musée du Louvre). Il a rencontré Sir David Wilkie (1785-1841)[62], peintre d’histoire, de genre et de portrait ainsi que Thomas Lawrence (1769-1830), qu’il a pu voir dans son atelier. Il a été très influencé par son style et ses portraits qu'il admirait beaucoup. Il s'est inspiré du portrait de David Lyon (vers 1825, Musée Thyssen-Bornemisza) de Lawrence, pour celui du baron de Schwiter (1826-1830, National Gallery de Londres). C'est dans les années 1820 que Delacroix, de sept ans son aîné, croise pour la première fois, chez son ami Jean-Baptiste Pierret, Louis-Auguste Schwiter (1805-1889). Ils furent des amis très proches[63] et tous les deux, de grands admirateurs du portraitiste anglais. Il rend également visite au Dr Samuel Rush Merrick, un antiquaire très réputé[64] pour sa très belle collection d’armes et d'armures, dont il fait des études, en compagnie de Richard Parkes Bonington qu’il avait revu à Londres[65]. Les deux hommes partageaient les mêmes goûts pour le Moyen Âge, d'où les études communes qu'ils firent ensembles : plusieurs feuilles leur ayant été successivement imputées l'un à l'autre.

C’est à partir de 1826 que Delacroix fréquente Victor Hugo et son cénacle[66]. Dans un premier temps, un premier groupe se constitue autour de deux représentants de la littérature officielle : Charles Nodier et Alexandre Soumet (1788-1845). Ce premier cénacle se réunit tout d’abord dans l'appartement de Nodier, rue de Provence puis à l’Arsenal où il avait été promu bibliothécaire[67]. Leur intérêt commun pour le Moyen Âge donnera naissance au « style troubadour » : Ingres et Delacroix ont l'un et l'autre réalisés des peintures de petit format dans ce style.

En parallèle et dés 1823, les amis de Hugo se groupent autour du poète, formant une sorte d'école. De plus en plus nombreux, ce second groupe forme à partir de 1828 et en 1829 le second cénacle : Hugo devenant le chef de file du mouvement romantique. Les membres du premier cénacle se rallieront à eux. C'est en 1830 que les rapports entre Delacroix et Hugo se détériorent : le poète lui reprochant son manque d’engagement vis-à-vis de la cause romantique[68].

Eugène Delacroix, La Grèce sur les ruines de Missolonghi, (1826, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux).

Le 25 avril 1826, Missolonghi, bastion de la résistance grecque, est prise par les Turcs. Une exposition est organisée le 24 mai, à la Galerie Lebrun, 4 rue du Gros-Chenet[69] afin de récolter des fonds pour soutenir leur cause. Delacroix y présente d'abord Le Doge Marino Faliero (Wallace collection de Londres), Don Juan et Un officier tué dans les montagnes, qu'il remplace en juin, par Le Combat du Giaour et d'Hassan et en août, par La Grèce sur les ruines de Missolonghi (Musée des Beaux-Arts de Bordeaux). Il s’agit pour le peintre d’alerter l’opinion publique alors que le gouvernement français prône la neutralité. Pour cette allégorie de La Grèce, il s’inspire des Victoires Antiques et de la figure mariale (avec son manteau bleu et sa tunique blanche). Ce tableau rappelle la mort de Byron, le 19 avril 1824 à Missolonghi, et le courage et la témérité de Marcos Botzaris (1788-1823), qui a lui-aussi été tué à Missolonghi. Hormis Victor Hugo, les critiques étaient déroutés par cette interprétation du sujet qui les laissait perplexes.

Eugène Delacroix, La Mort de Sardanapale (détails) (1827-1828, Musée du Louvre).

Au Salon officiel de 1827-1828, Delacroix expose plusieurs œuvres, dont La Mort de Sardanapale (Musée du Louvre), unanimement rejeté par les critiques. Pourtant, par ses références à l’art du passé, par la multiplicité de ses sources d’inspiration et par le choix de son thème dans l’Orient ancien, Delacroix n’a nullement voulu choquer ses pairs mais plutôt les convaincre de son génie. Mais, les injures fusent de partout. Dans Le Quotidien, il est question d’un « ouvrage bizarre » (24 avril). Pour La Gazette de France, c’est le « plus mauvais tableau du Salon » (22 mars). Quant à Etienne-Jean Delécluze, il en rajoute en affirmant, dans Le Journal des débats, qu’il s’agit d’une « erreur de peintre » (21 mars)[70].

Le déchaînement suscité par la présentation de son tableau gêne ses amis, qui n’interviennent pas pour le défendre. Victor Hugo, en effet, ne prend pas publiquement son parti. C’est seulement dans une lettre du 3 avril 1828, adressé à Victor Pavis, qu’il manifeste son enthousiasme pour La Mort de Sardanapale, en écrivant[71]: « Ne croyez pas que Delacroix ait failli. Son Sardanapale est une chose magnifique et si gigantesque qu’elle échappe aux petites vues […] ». Le peintre est également victime des bons mots des humoristes, qu’il n’apprécie pas, malgré son goût pour les calembours[72]. Le surintendant des Beaux-Arts, Sosthène de La Rochefoucauld (1785-1864) l’invite même à « changer de manière ». Ce qu’il refuse catégoriquement. La violence de ces attaques va précipiter sa brouille avec le mouvement romantique et l’éloigner pendant cinq ans des commandes publiques.

Comme autre participant au Salon, il faut également citer Ingres, avec L'Apothéose d'Homère (Musée du Louvre). Celui-ci avait déjà exposé, au Salon de 1824, Le Voeu de Louis XIII (Cathédrale de Montauban). Jean-Auguste-Dominique Ingres, représentant du peintre néo-classique par excellence, sera le grand rival[73] de Delacroix, pendant toute sa vie. À travers ces deux artistes, c’est deux conceptions de la peinture diamétralement opposés qui s’affronte : le disegno (dessin) et le colorito (couleur). Avec L'Apothéose d'Homère (Musée du Louvre) d’Ingres et La Mort de Sardanapale (Musée du Louvre) de Delacroix, les deux artistes affirment leurs doctrines. La fameuse querelle du coloris des années 1670, qui opposa jadis les Rubénistes et les Poussinistes, partisans de la couleur et de la ligne, était toujours vivace au XIXe Siècle.

Eugène Delacroix, La Nature morte aux Homards (1826-1827, Musée du Louvre)

Après cet échec cuisant, Delacroix va conserver son tableau, dans son atelier jusqu’en 1844, date à laquelle il se décide de le mettre en vente. En 1845, il trouve un acquéreur en la personne d’un collectionneur américain, John Wilson, pour une somme de 6 000 francs[74]. Le Salon de 1827-1828 est avec l’Exposition Universelle de 1855, la manifestation la plus importante pour Delacroix, par le nombre de toiles présentées. En deux envois[75], il expose tout d’abord :

Puis, ensuite ce sera :

  • Le Docteur Faust dans son cabinet,
  • Milton et ses filles.

En 1828, Charles Motte, éditeur rue des Marais, publie Faust, la tragédie de Goethe (1749-1832) : celle-ci a été traduite par Philippe Albert Stapfer (1766-1840) et illustrée d’une suite de 17 lithographies (1827-1828), par Delacroix. De Weimar, dans une lettre adressée à son ami Johann Peter Eckermann (1792-1854), Goethe est enthousiasmé par le travail du peintre et estime qu’il a bien su retraduire les scènes qu’il avait imaginées[76].

Eugène Delacroix, Quentin Durward et le Balafré, (vers 1828-1829, Musée des Beaux-Arts de Caen)

C’est après la visite de Charles X à Nancy que Delacroix reçoit, le 28 août 1828, une commande du Ministre de l’intérieur. Il s’agit de La Mort de Charles le hardi ou Le Téméraire, plus couramment appelé La Bataille de Nancy (Musée des Beaux-Arts de Nancy), que le roi veut offrir à la ville de Nancy[77] et qui ne sera terminé qu’en 1831, et ne sera exposé au Salon qu’en 1834[78]. Sa disgrâce n’a donc pas duré longtemps[79]. Grâce à la protection de la famille royale, Delacroix reçoit en décembre 1828 ou en janvier 1829, la commande de deux peintures pour la duchesse de Berry (1798-1870), veuve de l’héritier du trône légitimiste : Quentin Durward et le Balafré (vers 1828-1829, Musée des Beaux-Arts de Caen) et La Bataille de Poitiers, dit aussi Le Roi Jean à la bataille de Poitiers (Musée du Louvre), qui ne seront achevés qu’en 1830[80].

A la demande du duc Louis-Philippe d'Orléans (1775-1850), Delacroix a peint un tableau de grande dimension (420x300 cm) : Richelieu disant sa messe (1828) ou Le Cardinal de Richelieu dans sa chapelle au Palais-Royal, pour sa galerie historique au Palais Royal[81], qui sera détruit durant La Révolution de 1848. En janvier, il le sollicite de nouveau pour un autre tableau[82] inspiré de Walter Scott (1771-1832), l’Assassinat de l’évêque de Liège (Musée du Louvre), tout d’abord présenté à la Royal Academy en 1830, ensuite au Salon officiel de 1831 et enfin à l’Exposition Universelle de 1855 à Paris et à celle de Londres en 1862. Une anecdote circule au sujet de ce tableau, concernant une nappe blanche, point capital de cette scène, que Delacroix avait du mal à peindre. En dessinant un soir chez son ami Frédéric Villot (1809-1875), le peintre se serait fixer un ultimatum, en déclarant : « Demain j’attaque cette maudite nappe qui sera pour moi Austerlitz ou Waterloo ». Et ce fut Austerlitz [83]. Pour la charpente de la voûte, il s’était inspiré de croquis faits au Palais de justice de Rouen et du vieux hall de Westminster qu’il avait visité durant son séjour à Londres.

La Liberté guidant le peuple
Eugène Delacroix - La liberté guidant le peuple.jpg

Eugène Delacroix, 1830
Huile sur toile
260 × 325 cm
Musée du Louvre, Paris

C’est à partir de 1830 que Delacroix commence à écrire, comme critique d’art, cinq articles pour La Revue de Paris, fondée en 1829 par le docteur Véron (1798-1867)[84]. Le premier de ses articles, consacré à Raphaël (1483-1520), paraît en mai et le deuxième, sur Michel-Ange (175-1564), en juillet[85]. Dans ces deux articles, il y exprime son admiration pour ces deux artistes, qui ont eu une grande influence sur son œuvre. Ce qui lui permet également d’y exposer ses propres convictions esthétiques.

Les journées du 27, 28 et 29 juillet 1830 ont lieu les évènements, qui devaient précipiter la chute de Charles X (1757-1836) et propulser au pouvoir, Louis-Philippe (1773-1850). Sur les trois concours organisés le 30 septembre, par le nouveau gouvernement[86], pour la décoration de la Salle des séances, dans la nouvelle Chambre des Députés, au Palais Bourbon, le peintre se présente aux deux derniers. Les sujets proposés sont :

Delacroix se voit préférer N. A. Hesse (1795-1869), élève de Gros (1771-1835), pour Mirabeau et Jean-Baptiste Vinchon (1787-1855) pour Boissy d’Anglas (1756-1826). Le jury est composé de Guérin (1774-1833), Gros et Ingres (1780-1867). Cette injustice est récupérée par Achille Ricourt (1798-1874), écrivain et journaliste, fondateur de L'Artiste, une grande revue d’art, pour la défense de la cause romantique. Louis Boulanger y écrit un article sur « Un des Cinquante Boissy d’Anglas » : « Mon peintre, c’est Delacroix. Tout cela vit, tout cela se meut, se tord et accélère le mouvement du sang dans vos artères … C’est l’accent de la nature saisi dans ce qu’il a de plus inattendu, qualités précieuses, qui seules révèlent le grand peintre, mais qui malheureusement le révèlent trop souvent à un trop petit nombre »[87]. La longue lettre que Delacroix avait adressé le 1er mars 1831, a été également publié par la revue, afin d’accentuer la controverse. C’est un violent réquisitoire contre les concours, opposant les médiocres, aux Rubens, aux Raphaël, aux Hoffmann[88], sur un ton plein d’ironie. L’esquisse qu’il avait réalisée pour le deuxième sujet, intitulée Mirabeau devant Dreux-Brézé (1830), est aujourd’hui exposée au Musée National Eugène-Delacroix[89].

En 1831, Delacroix présente au Salon officiel, qui avait ouvert ses portes, cette année-là, le 14 avril La Liberté guidant le peuple. Le tableau, répertorié au no 511 du catalogue du Salon, est intitulé Le 28 juillet ou La Liberté guidant le peuple (titre qu’il conservera par la suite). Il l’a peint afin d’effacer des mémoires son précédent échec au salon de 1827 et pour s’attirer les bonnes grâces du nouveau pouvoir, et bénéficier ainsi de nouveau des commandes publiques. Il a été acheté pour une somme de 3 000 francs par Louis-Philippe[90] afin d’être exposé au Musée Royal, alors au Palais du Luxembourg.

Sa peinture n’y est présentée que quelques mois, de peur que son sujet encourage les émeutes. Elle est d’abord mise dans les réserves par Royer-Collard, directeur des Beaux-Arts, ensuite reprise par Delacroix avec l’autorisation de Cavé, son successeur et exposé de nouveau en 1848. Cependant, quelques semaines plus tard, il est invité à la reprendre. Grâce à Jeanron, directeur des Musées et à Frédéric Villot, conservateur au Musée du Louvre, La Liberté guidant le peuple rejoint les réserves du Musée du Luxembourg. Avec l’accord de Napoléon III, elle sera exposée à l’Exposition Universelle de 1855.

Son sujet est lié aux combats de rues, qui se sont déroulés durant les journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet, dites aussi « Les Trois Glorieuses ». La figure de La Liberté, représenté par une jeune-femme à la poitrine nue, coiffé d’un bonnet phrygien, tenant un drapeau tricolore (bleu et rouge, aux couleurs de Paris, et blanc, au couleur du Roi) est accompagnée par un enfant des rues, placé à sa droite et par un jeune-homme à la redingote, coiffé d’un haut de forme et tenant une espingole (fusil tromblon à deux canons parallèles[91]), placé à sa gauche. La légende veut que ce jeune homme représente Delacroix et qu’il ait participé aux évènements.

Or, plusieurs éléments réfutent ces faits : le témoignage d’Alexandre Dumas[92], les convictions politiques du peintre (fervent bonapartiste). Il aurait tout au plus été enrôlé dans la garde nationale[93], qui avait été restaurée le 30 juillet 1830 après avoir été supprimée en 1827[94], afin de garder le trésor de la couronne, (d’ailleurs déjà au Louvre). Pour Lee Johnson (expert britannique et spécialiste de Delacroix)[95], il s’agirait plutôt d’Étienne Arago (1802-1892), ardent républicain, directeur du Vaudeville de 1830 à 1840[96]. C’était déjà la figure politique à laquelle Jules Claregie avait pensé, en 1880[97]. Quant à l’enfant des rues, il aurait inspiré Victor Hugo (1802-1885) pour son personnage de Gavroche[98], des Misérables, publiés en 1862[99].

Le tableau reçoit un accueil modéré de la part de la critique. Cependant, Delécluze s’est montré compréhensif[100] envers lui, en écrivant dans Le Journal des Débats, du 7 mai : «  … Ce tableau peint avec verve, coloré dans plusieurs de ses parties avec un rare talent, rappelle tout à fait la manière de Jouvenet …  ». Certains critiques ont appréciés son tableau[101]. Mais, d’autres trouvent que la représentation de La liberté est inacceptable. Celle-ci est la cible des qualificatifs les plus vulgaires : «  poissarde, fille publique, faubourienne ».

Le voyage en Afrique du Nord et en Espagne (1832)

Eugène Delacroix, Étude d’arabe assis.

Par ailleurs, grâce à un voyage en Afrique du Nord, il fut l'un des premiers artistes à aller peindre l'Orient d'après nature, ce qui valut, outre de très nombreux croquis et aquarelles, quelques belles toiles de la veine des Femmes d'Alger dans leur appartement. Ce tableau est à la fois orientaliste et romantique, l'orientalisme étant caractéristique des artistes et écrivains au XIXe siècle. Delacroix aurait été le premier à voir l'intérieur d'un harem [réf. nécessaire]. Évidemment, il n'a pas eu temps de faire une esquisse. Il a dû recomposer la scène avec son imagination, une fois de retour à son atelier[réf. nécessaire]. Ce qui frappe dans ce tableau, c'est la manière dont la lumière est représentée. C'est une lumière logique (elle vient d'une fenêtre. On ne représente plus la lumière comme elle devrait être mais comme elle est. Ce tableau a inspiré Femmes d'Alger à Picasso[réf. nécessaire] et donne son nom à un recueil de nouvelles d'Assia Djebar.

Les Femmes d’Alger dans leur appartement
Eugène Delacroix - Les Femmes d'Alger.jpg

Eugène Delacroix, 1834
Huile sur toile
180 × 229 cm
Musée du Louvre, Paris


Les années de synthèse

Les premiers grands ensembles décoratifs

Eugène Delacroix, ‘'Salon du Roi au Palais Bourbon (1833-1838)’’.

C’est le 31 août 1833 que Thiers, ministre des Travaux Publics de l’époque, confia à Delacroix, sa première grande décoration : celle du Salon du Roi ou Salle du Trône, au Palais Bourbon (actuel Chambre des députés). Cette commande lui fut réglée : 35 000 francs. Cet ensemble est composé d’un plafond, avec une verrière centrale entourée de huit caissons (quatre grands et quatre petits), de quatre frises situées au-dessus des portes et fenêtres, et de huit pilastres[102]. Il fut peint à l’huile, sur toiles marouflées, et les frises à l’huile et à la cire, directement sur le mur afin d’obtenir une matité plus proche de la détrempe. Les pilastres furent peintes elles-aussi sur les murs, en adoptant la même technique, mais en grisaille[103]. Cette commande fut terminée au début de 1838 et réalisée sans collaborateurs, excepté des ornemanistes pour les décors dorés, en particulier Charles Cicéri (1782-1868), peintre décorateur et aquarelliste, qui se fit connaître au Salon de 1827, en exposant des aquarelles[104].

Dans les quatre caissons principaux, il a représenté quatre figures allégoriques symbolisant pour lui, les forces vives de l’État : la Justice, l’Agriculture, l’Industrie et le Commerce, et la Guerre[105]. Les quatre plus petits, disposés aux quatre angles de la pièce, entre les caissons principaux, sont couverts de figures d’enfants[106], avec des attributs, comme :

Dans les trumeaux allongés, séparant les fenêtres et les portes, ont été peints en grisaille, les principaux fleuves de France la Loire, le Rhin, la Seine, le Rhône, la Garonne et la Saône). L’Océan et la Méditerranée, cadre naturel du pays, ont été placés des deux côtés du trône[107]. Son travail fut bien accueilli par les critiques, qui, dans leur ensemble, lui reconnurent les talents d’un grand décorateur, à l’égal d’un Primatice ou d’un Rosso. Pour eux, Delacroix avait su allier intelligence et culture, en choisissant des thèmes adaptés à l’espace et au volume[108] du lieu à décorer. La Salle du Trône (aujourd’hui appelé salon Delacroix), où le roi se rendait pour inaugurer les sessions parlementaires, était effectivement une pièce ingrate à décorer, de format carré, d’environ 11 mètres de côté et qu’il dut faire aménager.

Les dernières années

Les derniers grands ensembles décoratifs

La consécration

Plusieurs œuvres de Delacroix sont exposées au musée du Louvre.

Tant que la demande des collectionneurs reste minoritaire, sa carrière dépend du mécénat officiel. Il y a les acquisitions directes effectuées généralement sur les fonds privés du souverain. Pour se concilier les faveurs du pouvoir, il fréquente tous les cercles politiques à la mode et ne refuse jamais une visite pouvant s’avérer fructueuse.

Bien que trouvant des appuis auprès de la presse, des revues d’art et de certains critiques de l’époque (Théophile Gautier et Charles Baudelaire seront de constants soutiens), son génie ne sera que tardivement reconnu par les milieux officiels de la peinture. Il ne triomphera qu’en 1855 à l’Exposition Universelle et ne sera élu à l’Institut de France qu’en 1857, après sept candidatures infructueuses.

Delacroix devient, lors de l'exposition universelle de 1855, l'homme qui sut dépasser la formation classique pour renouveler la peinture. À sa mort, les artistes contemporains lui rendirent de vibrants hommages, notamment Gustave Courbet. Authentique génie, il a laissé de nombreuses œuvres engagées qui étaient souvent en rapport avec l'actualité (Les massacres de Scio ou La Liberté guidant le peuple). Il exécuta aussi nombre de tableaux à thèmes religieux (crucifixion, Jacob et l'Ange, le Christ sur le lac de Génésareth, etc.), bien qu'il se soit parfois déclaré athée. Sur tous les terrains de son époque, il reste le symbole le plus éclatant de la peinture romantique.

L'influence de Delacroix

L'œuvre de Delacroix inspirera nombre de peintres, tel Vincent Van Gogh[réf. nécessaire]. Ses tableaux témoignent en effet d'une grande maîtrise de la couleur.

Le petit-fils adultérin de Talleyrand, le duc de Morny, président du corps législatif et demi-frère utérin de Napoléon III, fit de Delacroix le peintre officiel du Second Empire, bien que l'empereur lui préférât Winterhalter et Meissonnier[réf. nécessaire]. À la chute du Second empire, époque où la génétique en était à ses balbutiements, cette caractéristique physique constitua un argument pour les amis et les admirateurs de Delacroix afin de lui éviter la disgrâce posthume d'avoir appartenu à la clique impériale[réf. nécessaire].

Delacroix et la gravure

’’Eugène Delacroix : Faust de Goethe’’

En 1827, l'éditeur et lithographe Charles Motte le persuade d'illustrer la première édition française du Faust de Johann Wolfgang von Goethe, lui-même se chargeant de lithographier les planches et de les colorier à l'aquarelle.

Delacroix et le dessin

Delacroix et la peinture d'histoire

Les thèmes littéraires

La plupart des œuvres de Delacroix sont d'inspiration littéraire. Il en était déjà ainsi de sa La Barque de Dante. Il en sera de même de son Sardanapale[109], inspiré d'un poème de Byron ; il en sera également ainsi de sa Barque de don Juan, tiré d'un autre poème de Byron, et il en sera encore ainsi de quantité d'autres peintures qui sortent tout droit des œuvres de Shakespeare, de Goethe ou d'autres écrivains, notamment Walter Scott, Dante et Victor Hugo. Les "Pirates africains enlevant une jeune femme", au Louvre, seraient vraisemblablement inspirés par une de ses Orientales (la Chanson du Pirate).

Les thèmes religieux

Membre fondateur de la Société Nationale des Beaux-Arts

Eugène Delacroix participa à la création, en 1862, de la Société Nationale des Beaux-Arts mais laissa son ami, le romancier Théophile Gautier (qui l'a fait connaître dans le cénacle romantique), en devenir le président avec le peintre Aimé Millet comme vice-président. En plus de Delacroix, le comité était composé des peintres Albert-Ernest Carrier-Belleuse, Pierre Puvis de Chavannes et parmi les exposants se trouvaient Léon Bonnat, Jean-Baptiste Carpeaux, Charles-François Daubigny, Laura Fredducci, Gustave Doré et Edouard Manet. En 1864, juste après la mort de Delacroix, la société organisa une exposition rétrospective de 248 peintures et lithographies de ce célèbre peintre et « step-uncle » de l'empereur[réf. nécessaire].

Le journal de Eugène Delacroix

Débuté en 1822, interrompu en 1824, repris en 1847 jusqu'en 1863 à sa mort, le journal intime de Delacroix est le chef d'œuvre littéraire du peintre. Il y note ses réflexions sur la peinture, la poésie ou la musique. Il y consigne ses discussions avec George Sand, Chopin, Chabrier… C'est un témoignage au jour le jour non seulement sur la vie du peintre, de ses inquiétudes mais aussi de la vie parisienne au milieu du XIXe siècle. La première édition du Journal de Delacroix est parue chez Plon en 1893. On doit aussi à Delacroix un dictionnaire sur les Beaux-Arts et des articles sur la peinture.

Ateliers

  • Au 20 Rue Jacob, à Paris, en 1824 (dans l'atelier que lui laissa Thales Fielding).

Delacroix travailla longtemps dans son premier atelier de la rue Notre Dame de Lorette, à Paris. En 1857, afin de se rapprocher de l'église Saint-Sulpice dont il avait été chargé en 1847 de décorer une chapelle, il rejoignit l'Atelier de la rue Furstenberg. Célèbre adresse où se succèderont Frédéric Bazille, Claude Monet, ou encore Diogène Maillart, élève de Delacroix et Grand Prix de Rome en 1864.

L'endroit, 6 rue de Furstenberg Paris 6e, est aujourd'hui le musée national Eugène Delacroix.

Les oeuvres de Delacroix

Les peintures

De 1819 à 1821

De 1822 à 1824

De 1825 à 1832

De 1833 à 1839

De 1840 à 1852

De 1853 à 1863

Les lithographies

  • Macbeth consultant les sorcières, (1825), lithographie, Bertauts, R. Rodier imprimeur, Paris
  • Faust et Méphistophélès galopant dans la nuit du sabbat, (1826), Nemours au Château-Musée
  • Faust dans la prison de Marguerite, (1828), lithographie, chez motte imprimeur, Paris

Objets d'usage courant

Cet article fait partie de
la série Peinture
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Liste des peintres
Portail de la Peinture

Plusieurs œuvres d'Eugène Delacroix ont servi à des objets français d'usage courant :

  • Dans les années 1980, une série de timbres postaux représenta des détails du tableau suivant : La Liberté guidant le peuple.
  • À la fin du XXe siècle, le billet de banque de cent francs commémorait Delacroix et son tableau La Liberté guidant le peuple. Il s'agissait alors du seul billet de banque au monde représentant une femme aux seins nus. Il était impossible de le changer en monnaie locale dans certains pays islamiques.

Bibliographie

  • Gilles Néret, Delacroix, Benedikt Taschen, Cologne, 2000, (ISBN 3-8228-5946-X)
  • Robert Floetemeyer, Delacroix' Bild des Menschen - Erkundungen vor dem Hintergrund der Kunst des Rubens, Éditeur Philipp von Zabern, Mayence, 1998, (ISBN 3-8053-2329-8)
  • D.Fromont: La peinture française de David à Courbet, les éditions et Ateliers d'Art Graphique, Paris, Elsevier, Bruxelles, 1956
  • Delacroix. La naissance d'un nouveau romantisme, Musée des Beaux-Arts, Rouen, 1998, (ISBN 2-7118-3695-9).
  • Biographie de Delacroix de Maurice Séraullaz, édité aux Éditions Fayard (1989).
  • Le bestiaire d'Eugène Delacroix d'Arlette Sérullaz et Edwart Vignot, publié aux Éditions Citadelle et Mazenod (novembre 2008).

Correspondance

Œuvres critiques

  • Études esthétiques (écrits I) (2006) hhttp://classiques.uqac.ca/classiques/delacroix_eugene/etudes_esthetiques/etudes_esthetiques.html * Œuvres littéraires : I. Études esthétiques (1829-1863)]

Généalogie cognatique et collatéraux

La grand-mère de Delacroix, Françoise Vandercruse était la sœur du célèbre ébéniste Roger Vandercruse. Elle épousa, en première noces, l'ébéniste Jan-François Œben, puis à la mort de ce dernier, elle s'unit avec Jean-Henri Riesener, élève de son premier époux.

  • Victoire Œben, fille de Fançoise Vandercruse et Jean-François Œben épousa Charles Delacroix d'où (?) Eugène.
  • Jean-Henri Riesener et Françoise Vandercruse eurent un fils le peintre Henri-François Riesener (1767-1828). H.-F. Riesener eut de son union avec Félicité Longrois un fils le peintre Léon Riesener (1808-1878), demi-cousin d'Eugène Delacroix.

Voir aussi

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Liens internes

Liens externes

Notes

  1. p 14 de Delacroix, "Une fête pour l'oeil", par Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux
  2. a  et b p 49 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  3. p 5 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°5 de mai 2007
  4. p 25 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  5. p 29-30 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  6. p 30 dela biographie de Delacroix, par Maurice de Sérullaz
  7. p 3 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°5 de mai 2007
  8. p 3 du Bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°5 de mai 2007
  9. p 4 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°5 de mai 2007
  10. p 28 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  11. Du grec sarkos, chair et de kêlê, tumeur
  12. p 203 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  13. p 705 de la biographie de Talleyrand par Jean Orieux
  14. p 50 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz et p 17 de Delacroix, "Une fête pour l’œil", par Arlette Sérullaz et Annick Douriaux
  15. p 17 de Delacroix, Une fête pour l'oeil, par Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux
  16. p 51 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  17. p 12 du bestiaire d’Eugène Delacroix, par Arlette Sérullaz et Edwart Vignot, et p 43 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  18. p 2 du Bulletin de la Société des Amis du Musée Eugène Delacroix, n°6 d'avril 2008
  19. p 54 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  20. p 63 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  21. p 64 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  22. p 13 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°6 d'avril 2008
  23. p 20 de Dante et Vrgile, par Sébastien Allard
  24. p 28 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°6 avril 2008
  25. p 102-103 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  26. p 111 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  27. p 17 du Siècle d'or de l'aquarelle anglaise, par Gérald Bauer
  28. p 72 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  29. p 26 du Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  30. p 66 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz et p 25 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  31. p 66 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  32. p 2 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°6 avril 2008
  33. p 77 de la biographie de Delacroix par Maurice Sérullaz
  34. p 29 de Delacroix, "une fête pour l'oeil", par Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux
  35. a  et b p 78 de la biographie de Delacroix par Maurice Sérullaz
  36. p 13 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  37. p 23 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  38. p 23 du Dante et Virgile, par Sébastien Allard
  39. p 41 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  40. p 36 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  41. p 30 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  42. p 67 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  43. p 89 de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  44. p 83 de la Biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  45. p 20 du bestiaire d'Eugène Delacroix, par Arlette Sérullaz et Edwart Vignot
  46. p 27 du bestiaire d'Eugène Delacroix, par Arlette Sérullaz et Edwart Vignot
  47. P 41 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  48. a  et b P 42 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  49. p 21 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  50. p 95 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  51. p 40 de Delacroix, Le Voyage au Maroc, ouvrage collectif
  52. p 43 de Delacroix, Le Voyage au Maroc, ouvrage collectif
  53. p 94 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz et p 44 de Delacroix, Le Voyage au Maroc
  54. p 44 de Delacroix, Le Voyage au Maroc
  55. p 94 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  56. p 39 Delacroix, Le Voyage au Maroc
  57. p 95 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  58. p 43 Delacroix, Le Voyage au Maroc
  59. p 10 de La Barque de Dante et Virgile aux Enfers, par Sébastien Allard
  60. p 93 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  61. p 93 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  62. p 102 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  63. p 27 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°6 avril 2008
  64. p 18 du bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°6 avril 2008
  65. p 106 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  66. p 107 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  67. p 107 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  68. p 108 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  69. p 108 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  70. p 52-53 de la Monographie de La Mort de Sardanapale, par Vincent Pomarède
  71. p 53 de la Monographie de La Mort de Sardanapale, par Vincent Pomarède
  72. p 113-114 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  73. p 61-62 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  74. p 54 de la monographie de La Mort de Sardanapale, par Vincent Pomarède
  75. p 112-13 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  76. p 120 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  77. p 24 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  78. p 121 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  79. p 23 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  80. p 122 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  81. p 120 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  82. p 48 de "Delacroix, une fête pour l’oeil", par Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux
  83. p 122 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  84. p 128 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  85. p 25 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  86. p 130 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  87. p 131 de biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  88. p 131 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  89. p 130 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  90. p 133 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  91. p 48 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  92. p 19 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  93. p 20 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  94. p 68 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  95. p 48 bulletin de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, n°5 mai 2008
  96. p 134 de la biographie de Delacroix, par Maurice Delacroix
  97. p 49 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  98. p 14 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  99. p 14 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  100. p 134 de la biographie de Delacroix, par Maurice Delacroix
  101. p 51 de la monographie de La Liberté guidant le peuple, par Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède
  102. p 182 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  103. p 182 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  104. p 88 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  105. p 182-183 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  106. p 184-185 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  107. p 185 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  108. p 186 de la biographie de Delacroix, par Maurice Sérullaz
  109. La Mort de Sardanapale (1827): Des accords chromatiques intenses, que Baudelaire décrit comme un "lac de sang" — bien que le sang n'y coule pas encore. Inspiré d'une pièce de Lord Byron, la fin de ce potentat légendaire d'Assyrie, descendant de Nemrod et de Sémiramis, dans un palais somptueux voué aux flammes sied bien à l'imaginaire romantique.

Source

  • « Eugène Delacroix », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions]  (Wikisource)
  • Biographie de Delacroix de Maurice Séraullaz, publiée aux Éditions Fayard (mars 1989) (ISBN 2-8035-02263-1).
  • Catalogue de l'exposition "Delacroix, les dernières années" de Vincent Pomarède et d'Arlette Sérullaz (1998).
  • Bulletin de la Société Française d'histoire de la médecine, 1932 no 26 (Réf 464 : M.Genty, le chirurgien Ange-Imbert Delonnes et l'opération de Charles Delacroix) du 2 avril 1932, consultable sur le site de Bibliothèque interuniversitaire de médecine de Paris (BIUM).
  • Delacroix, une fête pour l'œil d'Arlette Sérullaz et Annick Doutriaux, collection Découvertes, édité par Gallimard/Réunion des Musées Nationaux (mars 1998) (ISBN 2-7118-3698-3).
  • Talleyrand ou le Sphinx incompris de Jean Orieux, publié aux Éditions Flammarion (1970).
  • Dante et Virgile aux Enfers de Sébastien Allard (Conservateur au Département des Peintures du Louvre), publié aux Éditions RMN (2004).
  • Le bestiaire d'Eugène Delacroix d'Arlette Sérullaz et Edwart Vignot, publié aux Éditions Citadelle et Mazenod (novembre 2008) (ISBN 978-2-850882685).
  • La Liberté guidant le peuple d'Arlette Sérullaz et Vincent Pomarède, publié aux Éditions RMN (mars 2004) (ISBN 2-7118-4814-0).
  • Bulletin no 5 de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, publié aux Éditions RMN (mai 2007).
  • Bulletin no 6 de la Société des Amis du Musée National Eugène Delacroix, publié aux Éditions RMN (avril 2008).
  • La Mort de Sardanapale de Vincent Pomarède, publié aux Éditions RMN (mars 1998),
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