Esperanto

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Espéranto

Espéranto
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Parlée en Aucun pays en particulier
RĂ©gion Dans le monde entier
Nombre de locuteurs Les estimations varient beaucoup, de 100 000 Ă  10 000 000 de locuteurs rĂ©partis dans le monde entier.
Typologie Agglutinante
Classification par famille
(Dérivée de la classification SIL)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle de Anciennement dans la micronation de Insulo de la Rozoj et Moresnet[rĂ©f. nĂ©cessaire].
RĂ©gi par Akademio de Esperanto
ISO 639-1 eo
ISO 639-2 epo
ISO/DIS 639-3 (en) epo
SIL ESP
Échantillon

Article premier de la DĂ©claration des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

Artikolo 1

Ĉiuj homoj estas denaske liberaj kaj egalaj laƭ digno kaj rajtoj. Ili posedas racion kaj konsciencon, kaj devus konduti unu al alia en spirito de frateco.

L’espĂ©ranto est une langue construite conçue Ă  la fin du XIXe siĂšcle par Ludwik Lejzer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues diffĂ©rentes, Ă  travers le monde entier. Zamenhof publia son projet en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia (« Langue internationale Â»), sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (« Docteur EspĂ©rant Â», « Docteur qui espĂšre Â»), d’oĂč le nom sous lequel la langue s’est popularisĂ©e par la suite.

La grammaire de l’espĂ©ranto se base sur seize rĂšgles fondamentales sans exception. Par sa structure qui procĂšde par enchaĂźnement d’élĂ©ments de base invariables, c'est une langue globalement agglutinante. Par son vocabulaire, c’est une langue construite a posteriori, c’est-Ă -dire que ses bases sont tirĂ©es de langues prĂ©existantes (essentiellement indo-europĂ©ennes) ; les mots en dĂ©rivent ensuite par l’emploi d’affixes et par composition.

De tous les nombreux projets de langue auxiliaire internationale ayant vu le jour, l’espĂ©ranto est celui qui a remportĂ© le plus de succĂšs, et le seul qui soit quelque peu connu du grand public. Il est le moyen de communication d’une communautĂ© estimĂ©e de 0,1 Ă  10 millions de locuteurs[1], prĂ©sents dans la majoritĂ© des pays du monde (115 selon l’Ethnologue[2]).

L'UNESCO a adopté plusieurs recommandations en faveur de l'espéranto.

Sommaire

Histoire

Photographie du docteur Zamenhof
Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'espĂ©ranto.

L'espĂ©ranto fut composĂ© entre la fin des annĂ©es 1870 et le dĂ©but des annĂ©es 1880 par Ludwik Lejzer Zamenhof, un ophtalmologue polonais issu d'une famille juive de BiaƂystok (alors en Russie, maintenant en Pologne), ville alors peuplĂ©e de quatre communautĂ©s : juive, polonaise, allemande et biĂ©lorusse. Sensible aux tensions qui en rĂ©sultaient, Zamenhof voulut crĂ©er un moyen de communication neutre, susceptible d'amĂ©liorer la communication et la comprĂ©hension entre les nations.

AprĂšs approximativement dix annĂ©es de maturation, incluant diverses traductions et l'Ă©criture d'Ɠuvres originales, Zamenhof publia Unua Libro, la premiĂšre grammaire en langue russe de la Langue internationale en juillet 1887 sous la forme d'une brochure imprimĂ©e Ă  ses frais. Suivirent peu aprĂšs des versions dans de nombreuses autres langues entre 1887 et 1889.

Le nombre de personnes qui apprirent la langue ne cessa d'augmenter dans les décennies qui suivirent, au départ principalement dans la Russie impériale et en Europe de l'Est, et ensuite en Europe occidentale et aux Amériques. L'espéranto pénétra au Japon suite à la guerre russo-japonaise de 1904-1905. En Chine, les premiers cours furent donnés à Shanghai dÚs 1906 et à Canton dÚs 1908. Dans les premiÚres décennies, les usagers de l'espéranto restÚrent en contact principalement par des magazines spécialisés et par correspondance.

Zamenhof n'Ă©tait pas le premier Ă  essayer de rĂ©unir les gens grĂące Ă  la crĂ©ation d'une langue commune mais cela reste l'essai le plus rĂ©ussi[3]. En effet, la naissance de l'espĂ©ranto est quasi concomitante de l'invention du volapĂŒk en Allemagne. Mais l'espĂ©ranto s'est dĂšs le dĂ©but imposĂ© face aux autres projets.

En 1905, le premier congrĂšs mondial d'espĂ©ranto eut lieu en France Ă  Boulogne-sur-Mer ; les caractĂ©ristiques de l'espĂ©ranto furent fixĂ©es et ses objectifs dĂ©finis : cette langue devait ĂȘtre universellement comprise et parlĂ©e par l'humanitĂ© entiĂšre, sans aucune prioritĂ©. Depuis, des congrĂšs mondiaux se sont tenus chaque annĂ©e, sauf durant les deux guerres mondiales. En 2005, le centenaire de l'espĂ©ranto fut cĂ©lĂ©brĂ©, de nouveau Ă  Boulogne-sur-Mer.

Le dĂ©veloppement de l'espĂ©ranto fut diversement affectĂ© par les tourments politiques de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle. Les dictatures hitlĂ©rienne et stalinienne soumirent ses militants Ă  une forte rĂ©pression[4]. Lors de la guerre d'Espagne (1936-1939), la mouvance anarchiste reprĂ©sentait l'essentiel des dĂ©fenseurs de l'espĂ©ranto ; il Ă©tait aussi utilisĂ© par des socialistes, des communistes allergiques au stalinisme, dont George Orwell, Ă  qui l'espĂ©ranto inspira le novlangue[5], et mĂȘme une partie de la droite catholique.

Statut

L'espéranto n'est la langue officielle d'aucun pays, mais il est la langue de travail de plusieurs associations à but non lucratif, principalement des associations d'espéranto. La plus grande organisation d'espéranto est l'association mondiale d'espéranto (UEA), qui est en relation officielle avec les Nations unies et l'UNESCO dans un rÎle consultatif [6].

C'est l'une des langues officielles de l'Académie internationale des Sciences de Saint-Marin[7] et la langue officielle de l'académie Comenius[8] en SuÚde dont le but principal est de favoriser l'utilisation de l'espéranto dans toutes les sciences.

Il existe des universités espérantophones en Roumanie (Sibiu), en Bulgarie (Karlov), en Slovaquie à (Komårno) [9].

Dans la plupart des pays, l'espĂ©ranto ne bĂ©nĂ©ficie que de peu ou pas de soutien officiel. En France, il n'est pas reconnu dans l'enseignement. En Hongrie, oĂč cette reconnaissance a eu lieu, l'espĂ©ranto fait partie des cinq premiĂšres langues Ă©trangĂšres[10].

L'espéranto à l'instar des autres langues dispose de diplÎmes validant les acquis.

Combien de personnes parlent l'espĂ©ranto ?

Le nombre d'espĂ©rantophones est difficile Ă  Ă©valuer ; les estimations varient entre cent mille et dix millions[1]. Deux millions est le chiffre le plus couramment repris, comme, par exemple, dans la revue Ethnologue[2].

Étant une langue construite, l'espĂ©ranto est gĂ©nĂ©ralement appris comme langue seconde. Il existe cependant un petit nombre de locuteurs dont il est la langue maternelle, le plus connu Ă©tant l'homme d'affaire George Soros. Ethnologue en estime le nombre entre 200 et 2 000; le linguiste finlandais Jouko Lindstedt l'estime Ă  1 000[11],[12].

Jouko Lindstedt Ă©value par l'Ă©chelle suivante la capacitĂ© Ă  parler l'espĂ©ranto dans la communautĂ© espĂ©rantophone :

  • 1 000 personnes ont l'espĂ©ranto comme langue maternelle
  • 10 000 personnes parlent l'espĂ©ranto couramment
  • 100 000 personnes utilisent l'espĂ©ranto de façon trĂšs active
  • 1 000 000 de personnes comprennent facilement l'espĂ©ranto
  • 10 000 000 de personnes ont Ă©tudiĂ© l'espĂ©ranto de façon plus ou moins approfondie Ă  un moment donnĂ©.

Sidney Culbert, ancien professeur de psychologie de l'université de Washington, espérantiste, est arrivé, en comptabilisant pendant vingt ans dans de nombreux pays les espérantophones à l'aide d'une méthode par échantillonnage[13], à une estimation de 1,6 million de personnes parlant l'espéranto avec un niveau professionnel. Ses travaux ne concernaient pas que l'espéranto et faisaient partie de sa liste d'estimation des langues parlées par plus d'un million de personnes, liste publiée annuellement dans le World Almanac and Book of Facts. Comme dans l'Almanach, toutes ses estimations étaient arrondies au million le plus proche, c'est le nombre de deux millions d'espérantophones qui a été retenu et fréquemment repris depuis. Culbert n'a jamais publié de résultats intermédiaires détaillés pour une région ou un pays particulier, ce qui rend difficile l'analyse de la pertinence de ses résultats.

Marcus Sikosek considĂšre que ce nombre de 1,6 million est exagĂ©rĂ©[14]. MĂȘme en supposant une rĂ©partition uniforme des espĂ©rantophones dans le monde, 1 million d'espĂ©rantophones devrait se traduire par environ 180 espĂ©rantophones dans la ville de Cologne, or, Sikosek n'y a trouvĂ© que 30 personnes parlant couramment l'espĂ©ranto ; de mĂȘme, il a trouvĂ© un nombre infĂ©rieur Ă  celui attendu dans plusieurs autres villes censĂ©es avoir une plus forte concentration d'espĂ©rantophones que la moyenne. Il fait Ă©galement remarquer que les diffĂ©rentes organisations espĂ©rantistes reprĂ©sentent un total d'environ vingt mille membres (d'autres estimations sont supĂ©rieures). Bien que de nombreux espĂ©rantophones ne soient membres d'aucune organisation espĂ©rantiste, il lui semble peu probable qu'il y ait cinquante fois plus de personnes parlant l'espĂ©ranto que de membres de ces organisations.

Caractéristiques linguistiques

Unua Libro « Premier livre Â», le premier manuel d'espĂ©ranto publiĂ© en 1887 par Ludwik Lejzer Zamenhof.

Classification

En tant que langue construite, l'espĂ©ranto n'est gĂ©nĂ©alogiquement rattachĂ© Ă  aucune famille de langues vivantes. Cependant, une part de sa grammaire et l'essentiel de son vocabulaire portent Ă  le rattacher aux langues indo-europĂ©ennes. Ce groupe linguistique a constituĂ© le rĂ©pertoire de base Ă  partir duquel Ludwik Lejzer Zamenhof a « composĂ© Â» sa langue internationale.

Cependant, la typologie morphologique de l'espĂ©ranto l'Ă©carte significativement des langues indo-europĂ©ennes, qui sont largement Ă  dominante flexionnelle. En effet, il consiste en monĂšmes invariables qui se combinent sans restriction, ce qui l'apparente aux langues isolantes. En espĂ©ranto, comme en chinois, on dĂ©rive « mon Â» (mia), de « je Â» (mi) et « premier Â» (unua) de « un Â» (unu). Sa tendance Ă  accumuler, sans en brouiller les limites, des morphĂšmes porteurs d'un trait grammatical distinct le rapproche aussi des langues agglutinantes telles que le corĂ©en, le finnois, le japonais, ou le turc.Des formes verbales telles que tradukendos (« devra ĂȘtre traduit Â»), videblas (« peut ĂȘtre vu Â») ou seriozemi (« avoir tendance Ă  se montrer sĂ©rieux Â») rappellent le systĂšme de conjugaison turc[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Phonétique et écriture

Article dĂ©taillĂ© : Alphabet de l'espĂ©ranto.

L'espĂ©ranto possĂšde vingt-huit phonĂšmes: cinq voyelles et vingt-trois consonnes. Ils sont transcrits au moyen de vingt-deux lettres de l'alphabet latin (q, w, x et y ne sont pas utilisĂ©s, sauf dans les expressions mathĂ©matiques), complĂ©tĂ© par deux diacritiques (accent circonflexe et brĂšve) qui servent Ă  former six caractĂšres propres Ă  l'espĂ©ranto, comptĂ©s comme lettres Ă  part entiĂšre : ĉ, ĝ, Ä„, Ä”, Ɲ, Ć­. L'orthographe est parfaitement phonologique : chaque lettre reprĂ©sente invariablement un seul phonĂšme.

Il existe aussi une translittération cyrillique de l'espéranto, basée sur une correspondance lettre à lettre avec l'orthographe latine.

En plus de leur rĂŽle premier de transcription, les lettres diacritĂ©es visent Ă  rappeler en espĂ©ranto l’orthographe ou la prononciation de plusieurs langues europĂ©ennes. Par exemple, poƝto « poste Â», rappelle graphiquement et phonĂ©tiquement le mot poĆĄta du tchĂšque, du slovaque, du slovĂšne, du serbo-croate, mais aussi par la graphie les mots français, anglais, allemand poste, post, Post, et par le son le bulgare ĐżĐŸŃ‰Đ° (prononcĂ© ['pɔʃtɐ]). L'espĂ©ranto aboutit souvent ainsi Ă  un compromis rappelant plusieurs langues sources : ainsi ĝardeno [dÍĄÊ’arˈdeno] rappelle le français jardin, l'allemand Garten et l'anglais garden.

Les lettres diacritĂ©es peuvent poser quelques problĂšmes typographiques Ă  l'imprimerie ou l'informatique (plus particuliĂšrement avec les systĂšmes informatiques anciens). Le Fundamento de Esperanto (adoptĂ© lors du Premier congrĂšs mondial d'espĂ©ranto en 1905 Ă  Boulogne-sur-Mer) prĂ©conise dans ce cas de remplacer les lettres diacritĂ©es par des digrammes composĂ©s de la lettre de base suivie d'un h, les Ă©ventuelles ambiguĂŻtĂ©s Ă©tant levĂ©es par l'ajout d'un tiret entre les monĂšmes. Pour la commoditĂ© de certains traitements informatiques, le h est parfois remplacĂ© par un x. Les trois systĂšmes (Ɲ, sh, sx) coexistent sur Internet.

La langue comporte un accent tonique toujours situĂ© sur l'avant-derniĂšre syllabe des mots. Le systĂšme vocalique comporte cinq timbres : a e i o u, correspondant aux valeurs du français a Ă© i o ou, comme dans de nombreuses langues, sans distinction de quantitĂ©.

Voyelles

Antérieure Centrale Postérieure
Fermée i i u u
Moyenne e e o o
Ouverte a a

Consonnes

  Bilabiale Labio-dentale Labio-vĂ©laire Dentale AlvĂ©olaire Post-alvĂ©olaire Palatale VĂ©laire Glottale
Occlusive p p b b     t t d d       k k ÉĄ g  
AffriquĂ©e         tÍĄs c tÍĄÊƒ ĉ dÍĄÊ’ ĝ      
Fricative   f f v v     s s z z ʃ Ɲ ʒ Ä”   x Ä„ h h
Nasale m m     n n          
LatĂ©rale         l l        
RoulĂ©e         r r        
Approximante     w Ć­       j j    

Remarques

  • L'affriquĂ©e dz n'est pas rĂ©pertoriĂ©e dans la liste habituelle des consonnes, mais se rencontre nĂ©anmoins dans quelques mots tels que edzo « Ă©poux Â». Elle peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un groupe de consonnes.
  • j et Ć­ comme semi-voyelles peuvent former le second Ă©lĂ©ment de diphtongues phonĂ©tiques : aj, ej, oj, uj, aĆ­, eĆ­. D'un point de vue phonologique cependant, ces diphtongues s'analysent comme des combinaisons de phonĂšmes. Une Ă©volution relativement rĂ©cente utilise Ć­ pour transcrire le son [w] dans les noms propres (ĆŹato, Watt ; mais VaƝingtono, Washington).
  • L’espĂ©ranto Ă©tant parlĂ© par des personnes de langues maternelles diffĂ©rentes, il existe des allophones. Notamment, la prononciation de e varie entre [e] et [ɛ], celle de o entre [o] et [ɔ], et r peut-ĂȘtre prononcĂ© [r], [ÉŸ] ou [ʁ] (c’est-Ă -dire comme en russe, en espagnol ou en français).

Braille

L'espéranto dispose d'une transcription en braille. [15]

Braille A1.svg Braille B2.svg Braille C3.svg Braille SH.svg Braille D4.svg Braille E5.svg Braille F6.svg
a (1) b (1-2) c (1-4) ĉ (1-4-6) d (1-4-5) e (1-5) f (1-2-4)
Braille G7.svg Braille Ï.svg Braille H8.svg Braille Ü.svg Braille I9.svg Braille J0.svg Braille W.svg
g (1-2-4-5) ĝ (1-2-4-5-6) h (1-2-5) Ą (1-2-5-6) i (2-4) j (2-4-5) Ĕ (2-4-5-6)
Braille K.svg Braille L.svg Braille M.svg Braille N.svg Braille O.svg Braille P.svg Braille R.svg
k (1-3) l (1-2-3) m (1-3-4) n (1-3-4-5) o (135) p (1-2-3-4) r (1-2-3-5)
Braille S.svg Braille È.svg Braille T.svg Braille U.svg Braille Ò.svg Braille V.svg Braille Z.svg
s (2-3-4) Ɲ (2-3-4-6) t (2-3-4-5) u (1-3-6) ƭ (3-4-6) v (1-2-3-6) z (1-3-5-6)

Grammaire

Article dĂ©taillĂ© : Grammaire de l'espĂ©ranto.

La grammaire de l'espéranto se base sur seize principes énoncés dans le Fundamento de Esperanto, adopté comme référence intangible au premier CongrÚs Universel d'Espéranto de Boulogne-sur-Mer en 1905. Ils ne constituent cependant qu'un cadre dans lequel ont été progressivement dégagées des rÚgles plus détaillées.

Substantifs, adjectifs et adverbes dérivés

Un mot se forme en ajoutant Ă  un radical des morphĂšmes invariables signalant chacun un trait grammatical prĂ©cis :

Le pluriel (-j) puis l'accusatif (-n) suivent la terminaison du substantif ou de l'adjectif, ce qui donne les terminaisons -oj, -on, -ojn, -aj, -an, -ajn. L'adjectif s'accorde en nombre et en cas avec le substantif auquel il se rapporte.

L'accusatif a pour fonction essentielle de marquer le complĂ©ment d'objet direct (Ili konstruas grandan domon « Ils construisent une grande maison Â»), et indique aussi le changement de lieu, de position ou d'Ă©tat (Mi iras Parizon « Je vais Ă  Paris Â», Ɲanĝi akvon en glacion « changer l'eau en glace Â»). Une particularitĂ© de l'espĂ©ranto est que dans cet emploi l'accusatif peut Ă©galement s'ajouter Ă  l'adverbe dĂ©rivĂ©. Enfin, l'accusatif a Ă©galement une fonction « joker Â»: de mĂȘme que la prĂ©position je, il s'emploie en cas de doute, ou pour remplacer une prĂ©position, et marque alors simplement la dĂ©pendance syntaxique (tiu tablo estas longa je du metroj - tiu tablo estas du metrojn longa « Cette table fait deux mĂštres de long Â»; oni pendigis lin kun la kapo malsupren - oni pendigis lin kapon malsupren « On l'a pendu la tĂȘte en bas Â»).[16]

L'ordre des mots n'intervient pas dans la distinction entre sujet et objet, entiĂšrement assurĂ©e par l'accusatif. On a ainsi :

La patrino kisas la infanon. - La infanon kisas la patrino. - La patrino la infanon kisas. - La infanon la patrino kisas. - Kisas la patrino la infanon. - Kisas la infanon la patrino.

Dans ce premier exemple, la phrase signifie Ă  chaque fois « La mĂšre embrasse l'enfant. Â»

La patrinon kisas la infano. - La infano kisas la patrinon. - La patrinon la infano kisas. - La infano la patrinon kisas. - Kisas la patrinon la infano. - Kisas la infano la patrinon.

Dans ce second exemple, la phrase signifie Ă  chaque fois « L'enfant embrasse la mĂšre. Â»

Les autres fonctions syntaxiques sont indiquées par des prépositions.

Comme l'anglais, l'espĂ©ranto ne connaĂźt pas le genre grammatical, mais fait des distinctions de sexe dans son lexique. Dans ce cas, le sexe fĂ©minin est marquĂ© par le suffixe -in-, tirĂ© de l'allemand -in (ex. frato « frĂšre Â» - fratino « sƓur Â», vulpo « renard Â» - vulpino « renarde Â»)[17].

Verbes

Article dĂ©taillĂ© : Conjugaisons en espĂ©ranto.

Les verbes se caractĂ©risent par une sĂ©rie de marques qui forment une conjugaison mĂȘlant des valeurs temporelles et modales:

  • -i pour l'infinitif,
  • -as pour le prĂ©sent,
  • -is pour le passĂ©,
  • -os pour le futur,
  • -us pour le conditionnel,
  • -u pour le volitif.

Ces terminaisons permettent d'exprimer n'importe quel concept sous forme de verbe : muziko « musique Â» → li muzikas « il joue de la musique Â», ĝoja « gai Â» → ĝoji « se rĂ©jouir Â». Cette possibilitĂ© est notamment exploitĂ©e pour former des verbes d'Ă©tat Ă  partir d'adjectifs: « elle est belle Â» peut se dire aussi bien Ɲi belas que Ɲi estas bela.

Le conditionnel est le mode du fictif, de l'irrĂ©el ; il s'emploie aussi bien en proposition principale qu'en proposition subordonnĂ©e : Mi povus, se mi volus. « Je pourrais si je voulais Â». L'Ă©ventualitĂ© est plutĂŽt rendue par le futur : MorgaĆ­ eble pluvos. « Il se peut qu'il pleuve demain. Il pleuvra peut-ĂȘtre demain Â».

Le volitif est le mode de l'expression de la volontĂ©; il correspond en français Ă  l'impĂ©ratif (Atendu ! « Attends! Attendez! Â») et Ă  certains usages du subjonctif quand il exprime un dĂ©sir, un souhait, une volontĂ©, ou une exigence (Li venu. « Qu'il vienne. Â» Kien ni iru ? « OĂč faut-il que nous allions ? Â», Mi proponas ke ni laboru kune. « Je propose que nous travaillions ensemble Â»).

Le systÚme verbal comporte également les participes présents, passés et futurs, marqués respectivement par -ant-, -int- et -ont- pour la voix active et -at-, -it- et -ot- pour la voix passive. Ils peuvent se combiner à l'auxiliaire esti pour former des temps composés qui expriment l'aspect progressif avec les participes présents, le passé récent avec les participes passés, le futur proche avec les participes futurs. En pratique, l'usage de ces temps composés est assez restreint, surtout à l'actif, la préférence allant à l'usage d'adverbes temporels.[18]

À l'inverse du français, mais Ă  l'instar des langues slaves, l'espĂ©ranto ne pratique pas la concordance des temps : Mi ne sciis ke li venos. « Je ne savais pas qu'il viendrait Â».

La transitivité des verbes en espéranto est généralement fixée, et il n'est pas possible de déduire réguliÚrement si un verbe formé par simple ajout des marques de conjugaison à un radical est ou non transitif. En revanche, deux suffixes permettent d'en modifier la valence:

  • -iĝ- indique un changement interne, et transforme un verbe transitif en intransitif (dĂ©causatif). Exemples[19] :
  • turni « tourner (quelque chose) Â» - turnigi « faire tourner Â» - turniĝi « tourner (faire un ou plusieurs tours) Â»;
  • sidi « ĂȘtre assis Â» - sidigi « asseoir Â» - sidiĝi « s'asseoir Â»;
  • blanki « ĂȘtre blanc Â» - blankigi « blanchir (rendre blanc) Â» - blankiĝi « blanchir (devenir blanc) Â».

Par ailleurs, la prĂ©fixation d'une prĂ©position aboutit gĂ©nĂ©ralement Ă  transitiver un verbe intransitif :

  • naĝi « nager Â» → tranaĝi « traverser Ă  la nage Â»;
  • plori « pleurer (ĂȘtre en pleurs) Â» → priplori « pleurer (quelque chose) Â».

D'autres affixes permettent d'exprimer diverses nuances d'aspect :

  • le prĂ©fixe ek- pour l'aspect inchoatif (action commençante, entrĂ©e dans un Ă©tat): dormi « dormir Â» → ekdormi « s'endormir Â»;
  • le suffixe -ad- pour l'aspect duratif (action prolongĂ©e): labori « travailler Â» → laboradi « travailler sans arrĂȘt Â»;
  • le prĂ©fixe re- pour l'aspect itĂ©ratif (action rĂ©pĂ©tĂ©e): legi « lire Â» → relegi « relire Â».

Mots-outils

Pronoms personnels et possessifs

La personne grammaticale s'exprime par la sĂ©rie suivante de pronoms personnels: mi « je Â», vi « tu/vous Â»[20], li « il Â» (pour un ĂȘtre vivant de sexe masculin), Ɲi « elle Â» (pour un ĂȘtre vivant de sexe fĂ©minin), ĝi « il/elle Â» (pour les ĂȘtres vivants de sexe indĂ©terminĂ© ou les choses), si « soi Â» ou « se Â» (rĂ©flĂ©chi), ni « nous Â», ili « ils/elles/eux Â» (pour tous les cas), oni « on Â». Tous prennent la marque de l'accusatif, le cas Ă©chĂ©ant. Les possessifs en dĂ©rivent par l'ajout de la marque d'adjectif -a : mia « mon, ma Â», nia « notre Â», etc. Les possessifs prennent les marques du pluriel et de l'accusatif, le cas Ă©chĂ©ant. Seul si n'est pas utilisĂ© en position de sujet.

Article

L'espéranto utilise l'article défini invariable la. Il n'y a ni article indéfini, ni article partitif.

Corrélatifs
Article dĂ©taillĂ© : Grammaire de l'espĂ©ranto#Tabel-vortoj.

L'espĂ©ranto utilise Ă©galement comme dĂ©terminants un ensemble de pronoms-adjectifs assemblĂ©s systĂ©matiquement Ă  partir d'une initiale et d'une finale caractĂ©ristiques :

D'autres finales produisent des adverbes circonstanciels: -e (lieu), -am (temps), -el (maniĂšre), -al (cause), -om (quantitĂ©). Les mots formĂ©s sur ces bases sont dĂ©signĂ©s collectivement comme corrĂ©latifs ou (en espĂ©ranto mĂȘme) tabel-vortoj[21].

Ainsi par exemple :

  • kiu signifie « qui Â» ou « quel Â»,
  • ĉiu signifie « chacun Â» ou « chaque Â»,
  • neniu signifie « personne Â» ou « aucun Â»,
  • iam signifie « un jour Â»,
  • ĉiam signifie « toujours Â»,
  • neniam signifie « jamais Â».
Particules invariables

L'espĂ©ranto recourt Ă©galement Ă  diverses particules invariables dans l'organisation de la phrase: il s'agit de conjonctions de coordination (kaj « et Â», aĆ­ « ou Â», do « donc Â», sed « mais Â»...) ou de subordination (ke « que Â», ĉar « parce que Â», dum « pendant que Â», se « si Â»...) qui prĂ©cisent les rapports entre propositions, et des adverbes simples Ă  valeur spatiale, temporelle, logique ou modale. Par exemple, ne marque la nĂ©gation, et ĉu marque l'interrogation globale.

Syntaxe de phrase

Comme en russe ou en latin, l'ordre des mots est trĂšs libre en espĂ©ranto. Le sujet, le verbe et le complĂ©ment d'objet direct (marquĂ© par l'accusatif) peuvent apparaĂźtre dans n'importe quel ordre ; le plus frĂ©quent est l'ordre sujet-verbe-objet suivi du complĂ©ment circonstanciel, mais l'usage d'autres dispositions est courant notamment en cas de mise en relief. Il existe cependant certaines rĂšgles et tendances bien Ă©tablies : [22]

  • L'article dĂ©fini se place au dĂ©but du groupe nominal.
  • L'adjectif prĂ©cĂšde gĂ©nĂ©ralement le substantif.
  • Les prĂ©positions se placent au dĂ©but du groupe prĂ©positionnel.
  • Les adverbes prĂ©cĂšdent gĂ©nĂ©ralement l'expression qu'ils modifient.
  • Les conjonctions prĂ©cĂšdent la proposition qu'elles introduisent.

Certaines tendances expressives peuvent sembler peu communes par rapport Ă  l'usage du français :

  • Les prĂ©positions sont volontiers prĂ©fixĂ©es au verbe, produisant des doublets entre formulation intransitive avec groupe prĂ©positionnel et formulation transitive Ă  verbe prĂ©fixĂ©: Ni diskutos pri la afero ~ Ni pridiskutos la aferon. « Nous discuterons de l'affaire. Â» (Tous les verbes Ă  prĂ©position prĂ©fixĂ©e ne forment cependant pas doublet : par exemple, altiri « attirer Â» diffĂšre de tiri al « tirer Ă  Â».)
  • Un syntagme peut facilement se condenser en mot composĂ©: Knabo kun bluaj okuloj. ~ Bluokula knabo. « Un garçon aux yeux bleus. Â»
  • L'emploi de l'adverbe dĂ©rivĂ© est trĂšs Ă©tendu.

Du fait de l'absence de restriction sur la combinaison des monĂšmes, une mĂȘme phrase peut se formuler de multiples façons:

  • Mi enigis ĉion en la komputilon. ~ Mi enkomputiligis ĉion. ~ Mi ĉion enkomputiligis. « J'ai tout introduit dans l'ordinateur. Â»
  • Mi iros al la hotelo per biciklo. ~ Mi alhotelos bicikle. ~ Mi biciklos hotelen. « J'irai Ă  l'hĂŽtel Ă  vĂ©lo. Â»
  • Mi iros al la kongreso per aĆ­to. ~ Mi alkongresos aĆ­te. ~ Mi aĆ­tos kongresen. « J'irai au congrĂšs en voiture. Â»
  • Ni estas de la sama opinio. ~ Ni havas la saman opinion ~ Ni samopinias. « Nous sommes du mĂȘme avis. Â»

L'espéranto peut ainsi alternativement se montrer synthétique ou analytique.

Vocabulaire

Sources lexicales

Bien qu'étant une langue construite, l'espéranto, tire ses bases lexicales de langues existantes (essentiellement indo-européennes): c'est ce que l'on appelle une langue construite a posteriori. Les principales sources sont, par importance décroissante[23]:

Les mots provenant d'autres langues dĂ©signent surtout des rĂ©alitĂ©s culturelles spĂ©cifiques: boaco « renne Â» (du same), jogo « yoga Â» (du sanskrit), haƝioj « baguettes (pour manger) Â» (du japonais), etc.

Les morphĂšmes grammaticaux doivent beaucoup au latin (participes en -nt- et -t-, nombreux adverbes et prĂ©positions, sĂ©rie des numĂ©raux) et dans une moindre mesure au grec ancien (j du pluriel, n de l'accusatif, conjonction kaj « et Â»). Une partie est construite a priori sans rĂ©fĂ©rence Ă©vidente Ă  des langues existantes (le pronom personnel ĝi, le suffixe -uj- dĂ©notant un contenant total...), ou profondĂ©ment remaniĂ© Ă  partir d'Ă©lĂ©ments rappelant ceux de langues prĂ©existantes, comme la sĂ©rie des corrĂ©latifs.

Zamenhof a suivi diverses mĂ©thodes pour adapter ses sources lexicales Ă  l'espĂ©ranto. Le plus grand nombre a Ă©tĂ© simplement adaptĂ© Ă  la phonĂ©tique et l'orthographe de la langue, tantĂŽt davantage Ă  partir de la prononciation (ex. trotuaro du français trottoir; beleco « beautĂ© Â» de l'italien bellezza ; Ɲuo « chaussure Â» de l'anglais shoe et de l'allemand Schuhe), tantĂŽt Ă  partir de la forme Ă©crite (ex. semajno « semaine Â», soifi « avoir soif Â» empruntĂ©s au français ; birdo « oiseau Â», teamo « Ă©quipe Â» empruntĂ©s Ă  l'anglais). Lorsque plusieurs de ses sources comportaient des mots proches par la forme et le sens, Zamenhof a souvent crĂ©Ă© un moyen terme (ex. ĉefo « chef Â», cf. français chef / anglais chief ; forgesi « oublier Â», cf. allemand vergessen / anglais to forget ; gliti « glisser Â», cf. français glisser / allemand gleiten / anglais to glide ; lavango « avalanche Â», cf. français avalanche / italien valanga / allemand Lawine ; najbaro « voisin Â», cf. allemand Nachbar / anglais neighbour).

Les radicaux sont parfois davantage altĂ©rĂ©s que ne le nĂ©cessiterait la simple adaptation phonĂ©tique ou orthographique, [24] :

  • pour Ă©viter d'avoir des radicaux homophones : lafo « lave (volcanique) Â» car lavi signifie « laver Â», pordo « porte Â» car la racine port appartient dĂ©jĂ  au verbe porti qui signifie « porter Â»
  • pour diffĂ©rencier plusieurs sens : pezi « peser (ĂȘtre pesant) Â» / pesi « peser (mesurer le poids) Â» du français peser, helico « hĂ©lice Â» / heliko « escargot Â» du latin helix
  • pour Ă©viter des confusions avec des affixes ayant dĂ©jĂ  un autre sens en espĂ©ranto: mateno « matin Â» (-in- marquant le sexe fĂ©minin), rigardi « regarder Â» (re- marquant la rĂ©pĂ©tition)
  • pour abrĂ©ger des mots longs: asocio « association Â», terni « Ă©ternuer Â».

Le vocabulaire de l'espéranto comprenait quelques centaines de radicaux dans le Fundamento de Esperanto de 1905. En 2002, aprÚs un siÚcle d'usage, le plus grand dictionnaire monolingue espérantiste (Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto), en comprend 16.780 correspondant à 46.890 éléments lexicaux.

Formation des mots

La formation des mots espéranto est traditionnellement décrite en termes de dérivation lexicale par affixes et de composition. Cette distinction est

cependant relative, dans la mesure oĂč les « affixes Â» sont susceptibles de s’employer aussi comme radicaux indĂ©pendants: ainsi le diminutif -et- forme l’adjectif eta « petit (avec idĂ©e de faiblesse) Â», le collectif -ar- forme le nom aro « groupe Â», le causatif -ig- forme le verbe igi « faire, rendre Â», etc.

Les deux principes essentiels de formation des mots sont :

  • l’invariabilitĂ© des radicaux : contrairement Ă  ce qui peut se passer par exemple en français, en anglais, en allemand... la dĂ©rivation ne provoque aucune altĂ©ration interne des monĂšmes (ce qui manifeste le caractĂšre agglutinant de la langue): vidi « voir Â», vido « vue Â», nevidebla « invisible Â»
  • l’ordre de composition oĂč l’élĂ©ment dĂ©terminant prĂ©cĂšde le dĂ©terminĂ©: kantobirdo « oiseau chanteur Â» et birdokanto « chant d’oiseau Â», velƝipo « bateau Ă  voile, voilier Â» et Ɲipvelo « voile de bateau Â», centjaro « centenaire (= centiĂšme annĂ©e) Â» et jarcento siĂšcle « (= centaine d’annĂ©es) Â».

En thĂ©orie, il n’existe pas d’autre limite que sĂ©mantique Ă  la combinatoire des radicaux. Il en rĂ©sulte un certain schĂ©matisme qui aboutit Ă  la formation systĂ©matique de longues sĂ©ries sur le mĂȘme modĂšle, parfois sans Ă©quivalent direct dans d’autres langues. Par exemple :

  • Ă  cĂŽtĂ© de samlandano « compatriote Â» et samklasano « camarade de classe Â», il existe samideano « partisan du mĂȘme idĂ©al Â» et samaĝulo « personne du mĂȘme Ăąge Â»
  • pour exprimer le fait de prendre une couleur, le français possĂšde « rougir, jaunir, verdir, bleuir, blanchir, brunir, noircir Â». L’espĂ©ranto possĂšde comme Ă©quivalents respectifs ruĝiĝi, flaviĝi, verdiĝi, bluiĝi, blankiĝi, bruniĝi, nigriĝi mais le procĂ©dĂ© y est illimitĂ© : griziĝi « devenir gris Â», oranĝiĝi « devenir orange Â», etc.
  • il est possible de former le contraire de n’importe quelle notion par le prĂ©fixe trĂšs frĂ©quent mal- : ĝoja « gai Â» ~ malĝoja « triste Â», helpi « aider Â» ~ malhelpi « gĂȘner Â», multe « beaucoup Â» ~ malmulte « peu Â», etc.[25]

Ce schĂ©matisme a pour effet de diminuer le nombre de radicaux nĂ©cessaires Ă  l’expression au profit de dĂ©rivĂ©s, rĂ©duisant ainsi la composante immotivĂ©e du lexique. Le procĂ©dĂ© pouvant parfois paraĂźtre lourd, la langue littĂ©raire a cependant introduit quelques radicaux alternatifs Ă  titre de variantes stylistiques: par exemple olda « vieux Â» peut doubler maljuna (formĂ© sur juna « jeune Â») ou malnova (formĂ© sur nova « neuf, nouveau Â»). L’usage courant tend cependant Ă  prĂ©fĂ©rer les dĂ©rivĂ©s[26],[27],[28].

Le systĂšme de dĂ©rivation s’adapte aisĂ©ment aux besoins en mots nouveaux. Ainsi, du mot reto (« rĂ©seau, filet Â»), on a extrait le radical ret- pour former tout un ensemble de mots liĂ©s Ă  Internet : retadreso (« adresse de courriel Â»), retpirato (« pirate informatique Â»), etc.

Exemples

Quelques mots de base

Mot Traduction Prononciation
Transcription phonétique selon l'usage de l'API. Transcription phonétique selon l'usage du français.
terre tero ˈteÉŸo tĂ©ro
ciel ĉielo ʧiˈelo tchiĂ©lo
eau akvo ˈakvo akvo
feu fajro ˈfajÉŸo fayro
homme (ĂȘtre humain masculin) viro ˈviÉŸo viro
femme (ĂȘtre humain fĂ©minin) virino viˈɟino virino
manger manĝi ˈmanÊ€i manedji
boire trinki ˈtÉŸinki trineki
grand granda ˈgÉŸanda graneda
petit (dans le sens inverse de grand) malgranda malˈgÉŸanda malgraneda
nuit nokto ˈnokto nokto
jour tago ˈtago tago
papa paĉjo ˈpaʧjo patchyo
maman panjo ˈpanjo panyo
frĂšre frato ˈfÉŸato frato
sƓur fratino fÉŸaˈtino fratino
langue (organique) lango ˈlanɥo lanego
langue (orale) lingvo ˈlinɥvo linegvo

Texte analysé en constituants

La akcento estas sur la antaĆ­lasta silabo. La kernon de la silabo formas vokalo. Vokaloj ludas grandan rolon en la ritmo de la parolo. Substantivoj finas per -o, adjektivoj per -a. La signo de la pluralo estas -j. La pluralo de « lasta vorto Â» estas « lastaj vortoj Â».

« -o Â» = substantifs/« -a Â» = adjectifs/« -j Â» = pluriel/« -n Â» = accusatif'

Traduction : L'accent est sur l'avant-derniĂšre syllabe. Le cƓur de la syllabe est formĂ© par une voyelle. Les voyelles jouent un grand rĂŽle dans le rythme de la parole. Les substantifs finissent par -o, les adjectifs par -a. La marque du pluriel est -j. Le pluriel de « lasta vorto Â» (« dernier mot Â») est « lastaj vortoj Â».

Critiques de l'espéranto

Article dĂ©taillĂ© : Critiques de l'espĂ©ranto.

Depuis ses dĂ©buts, l'espĂ©ranto a essuyĂ© de nombreuses critiques :

  • Du temps de Zamenhof, les consonnes ĉ, ĝ, Ä„, Ä”, Ɲ et la voyelle Ć­ posaient des problĂšmes avec les machines Ă  Ă©crire qui ne possĂ©daient pas les signes diacritiques requis. Bien que presque toujours absentes des claviers (peu de claviers, comme le clavier canadien multilingue ou le clavier dvorak BÉPO[29] permettent de les taper sans rien ajouter Ă  son systĂšme), ces lettres spĂ©cifiques Ă  l'espĂ©ranto sont aujourd'hui prises en compte par l'Unicode et des programmes permettent de les taper sans gĂȘne;
  • l'existence du n en tant que complĂ©ment, Ă  savoir l'accusatif, Ă©tranger aux langues modernes d'origine latine et redondant par rapport Ă  l'usage le plus frĂ©quent (en espĂ©ranto) SVO ;
  • les genres, oĂč le masculin est toujours radical. La plupart du temps, ce masculin est une forme neutre : bovo = « bƓuf Â», bovino = « vache Â», virbovo = « taureau Â». Consulter aussi Riisme ;
  • le reproche par certains que l'espĂ©ranto serait une langue trop europĂ©enne, ou pas assez proche du latin. Pourtant, l'espĂ©ranto comporte 75% de radicaux latins, ce qui fait dire Ă  certains que l'espĂ©ranto ne saurait ĂȘtre la langue internationale. Cependant un grand nombre de mots d'origine latine existent dans de nombreuses langues non europĂ©ennes (voir Ă©tymologie de l'espĂ©ranto).

La diffusion relativement restreinte de l'espĂ©ranto (dix millions de personnes ne reprĂ©sentent que 0,15 % de la population mondiale) est Ă©galement invoquĂ©e pour en contester la qualitĂ© et l'utilitĂ©[30]. Les partisans de l'espĂ©ranto y opposent le fait que la langue ait Ă©tĂ© employĂ©e sur une longue durĂ©e et dans de nombreux pays (115 selon l’Ethnologue[2]), et argumentent que le nombre de locuteurs ne prĂ©sume pas de ses qualitĂ©s intrinsĂšques, mais relĂšve plutĂŽt de l'absence de soutien politique; son adoption officielle comme langue de travail (par exemple comme langue pivot pour les traductions au sein de l'Union europĂ©enne) aurait pour effet d'augmenter rapidement le nombre de locuteurs (voir Rapport Grin).

L'espéranto a également été comparé à la novlangue du roman 1984 de George Orwell, une langue fictive créée et imposée pour réduire considérablement la richesse et la subtilité du langage.

IntĂ©rĂȘt pĂ©dagogique de l'espĂ©ranto

Les expĂ©riences du professeur Helmar Frank en Allemagne ainsi que les recherches de I. Szerdahely effectuĂ©es en Hongrie Ă  l’UniversitĂ© des Sciences de Budapest dans les quelles un groupe d’élĂšves de langue maternelle hongroise, ayant appris l’espĂ©ranto pendant deux ans, fut divisĂ© en 4 sous-groupes pour aborder l’étude du russe, de l’allemand, de l’anglais et du français concluent:

  • l’acquisition du russe a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ©e de 25% par l’étude de l’espĂ©ranto.
  • l'acquisition de l'allemand a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ© de 30% par l’étude de l’espĂ©ranto.
  • l'acquisition de l'anglais a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ© de 40% par l’étude de l’espĂ©ranto.
  • l'acquisition du français a Ă©tĂ© accĂ©lĂ©rĂ© de 50% par l’étude de l’espĂ©ranto.

Autrement dit, les enfants ayant Ă©tudiĂ© l'espĂ©ranto ont atteint des rĂ©sultats remarquablement amĂ©liorĂ©s par rapport aux enfants du mĂȘme Ăąge n’ayant pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de cet apprentissage. C’est ce mĂȘme systĂšme d’enseignement qu’on a pratiquĂ© Ă©galement en Allemagne, mais uniquement dans le but de faciliter l’enseignement de l’anglais. Le rĂ©sultat a Ă©tĂ©, aprĂšs deux ans d’enseignement d'espĂ©ranto, l’acquisition d’un avantage d’environ 30%.[pas clair]

L’Institut de pĂ©dagogie cybernĂ©tique de Paderborn (Allemagne) a comparĂ© les durĂ©es d’apprentissage de plusieurs groupes d’élĂšves francophones, de niveau baccalaurĂ©at, pour atteindre un niveau comparable dans quatre langues diffĂ©rentes : l’espĂ©ranto, l’anglais, l’allemand et l’italien. Les rĂ©sultats sont les suivants : pour atteindre ce niveau, 2000 heures d’études de l’allemand produisaient un niveau linguistique Ă©quivalent Ă  1500 heures d’étude de l’anglais, 1000 heures d’étude de l’italien et 150 heures d’étude de l’espĂ©ranto[31] [32].

Ces études furent reprises et confirmées par d'autres études dans [33] le rapport remis au ministÚre italien de l'enseignement public (ministÚre de l'instruction), ainsi que dans le Rapport Grin

Cette facilitĂ© de l'espĂ©ranto fut constatĂ©e par Inazƍ Nitobe, membre de l’AcadĂ©mie ImpĂ©riale du Japon, homme de science, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la SociĂ©tĂ© des Nations, qui avait participĂ© au congrĂšs universel d’espĂ©ranto de Prague en 1921 pour se rendre compte par lui-mĂȘme de l’efficacitĂ© de cette langue. Dans un rapport intitulĂ© Esperanto as an International Auxiliary Language / L’espĂ©ranto comme langue auxiliaire internationale29, publiĂ© en 1922, il avait Ă©crit : “On peut affirmer avec une certitude absolue que l’espĂ©ranto est de huit Ă  dix fois plus facile que n’importe quelle langue Ă©trangĂšre et qu’il est possible d’acquĂ©rir une parfaite Ă©locution sans quitter son propre pays. Ceci est en soi un rĂ©sultat trĂšs apprĂ©ciable.”[34]

Lorsque l'on a dĂ©jĂ  appris une langue Ă©trangĂšre, l'apprentissage d'une nouvelle langue Ă©trangĂšre est plus facile, d'oĂč l'intĂ©rĂȘt de commencer par une langue Ă©trangĂšre facile. Des Ă©tudes menĂ©es sur des Ă©chantillons comparatifs d'Ă©lĂšves ont montrĂ© que les Ă©lĂšves qui avaient d'abord Ă©tudiĂ© l'espĂ©ranto avant de passer Ă  l'Ă©tude d'une langue Ă©trangĂšre, atteignaient un meilleur niveau, dans cette langue, que le groupe tĂ©moin qui pendant la mĂȘme durĂ©e n'avait Ă©tudiĂ© que cette langue Ă©trangĂšre.

Du point de vue de la graphie, l’espĂ©ranto fait partie des langues dites « transparentes Â» : comme pour le croate, le serbe, l'espagnol, l'italien, le russe, le slovĂšne ou le tchĂšque, la correspondance entre graphĂšmes et phonĂšmes est simple, stable et rĂ©guliĂšre. Une langue complĂštement transparente suit deux principes: Ă  un phonĂšme correspond une seule graphie; Ă  une seule graphie correspond un seul phonĂšme. À l’opposĂ©, les langues dites « opaques Â» comme le français ou l'anglais ont des rĂšgles de correspondance grapho-phonĂ©mique complexes et irrĂ©guliĂšres.[35]

Un dyslexique utilisant une langue « opaque Â» devient souvent dysorthographique. Il est prĂ©fĂ©rable de choisir l'apprentissage d’une langue transparente pour faciliter l'apprentissage des langues chez les enfants dyslexiques.[36]

D'autre part, l'espĂ©ranto peut aider grĂące Ă  sa construction signalant pour chaque mot un trait grammatical prĂ©cis, Ă  faire comprendre les liens entre la « fonction dans la phrase Â» et l'« orthographe grammaticale Â» de chaque mot.

Espéranto et militantisme

Article dĂ©taillĂ© : EspĂ©ranto et militantisme.

L'espĂ©ranto donne lieu Ă  un mouvement militant qui s'est notamment traduit par l'apparition en France de la liste Europe DĂ©mocratie EspĂ©ranto aux Ă©lections europĂ©ennes de juin 2004. La liste a reçu 25 067 voix, soit environ 0,15% des suffrages exprimĂ©s. Elle se structure dĂ©sormais au niveau europĂ©en[37].

Ce mouvement propose d'utiliser l'espéranto, de préférence à l'anglais, à la fois pour garantir une égalité de tous par rapport à la langue de communication internationale utilisée, pour préserver la pluralité linguistique et pour une plus grande efficacité.

Il s'appuie sur diffĂ©rentes Ă©tudes affirmant l'intĂ©rĂȘt Ă©conomique et politique que pourrait reprĂ©senter l'utilisation de l'espĂ©ranto[38], tels que le rapport Grin, qui estime que son enseignement (en remplacement de l'enseignement des LV1 actuel) « se traduirait par une Ă©conomie nette, pour la France, de prĂšs de 5,4 milliards d’Euros par annĂ©e et, Ă  titre net pour l’Europe entiĂšre (Royaume-Uni et Irlande compris), d’environ 25 milliards d’Euros annuellement Â»[39].

L'UNESCO a fait plusieurs recommandations en faveur de l'espéranto.

L'espéranto a également été plusieurs fois proposé comme candidat au Prix Nobel de la Paix, notamment en 2008.

Variantes de l'espéranto

Ido et Riisme

Article dĂ©taillĂ© : Évolutions de l'espĂ©ranto.

Zamenhof lui-mĂȘme proposa des modifications et des rĂ©formes, mais celles-ci furent refusĂ©es par le comitĂ© EspĂ©ranto.

La volonté de corriger certains défauts de l'espéranto a poussé certaines personnes à créer des variantes telles que l'Ido ou à proposer des réformes importantes telles que le riisme.

La majorité des espérantistes est généralement hostile à ces évolutions trop fortes, de peur de diviser la collectivité entre réformistes et conservateurs et de diminuer la clarté de la langue. C'est pourquoi l'espéranto reste la plus utilisée des langues dites construites et a gardé sa stabilité interne.

Espéranto signé

Signuno est une forme gestuelle de l'espéranto. Il a pour but de permettre aux sourds de nationaliés différentes, afin que l'espéranto ne soit pas seulement utilisable sous une forme verbale ou écrite. Outre les chiffres et les lettres, un signe spécifique est associé aux morphÚmes les plus courants. Les signes de Signuno sont essentiellement basés sur le Gestuno.

La culture espérantophone

Évolution de la pratique de l'espĂ©ranto

L’espĂ©ranto a longtemps Ă©tĂ© une langue plus Ă©crite que parlĂ©e. DĂšs le dĂ©but, toutefois, son usage oral a Ă©tĂ© assurĂ© par les clubs d'espĂ©ranto, dissĂ©minĂ©s un peu partout en Europe, en Asie orientale et dans quelques pays d'AmĂ©rique. Les personnes intĂ©ressĂ©es s'y retrouvaient une fois par semaine ou par mois pour pratiquer la langue et accueillir des voyageurs Ă©trangers qui l'avaient apprise. Au dĂ©but du XXe siĂšcle sont apparus de nombreux Ă©crivains, hommes et femmes, poĂštes
, qui, ayant adoptĂ© l'espĂ©ranto comme langue de leurs Ă©crits, lui ont donnĂ© sa littĂ©rature. Dans la rĂ©sistance Ă  l'occupation japonaise, des artistes corĂ©ens, notamment des rĂ©alisateurs qui seront Ă  l'origine du cinĂ©ma nord-corĂ©en, choisissent ainsi de se regrouper en 1925 dans une association ayant choisi un nom espĂ©rantiste: la Korea Artista Proletaria Federacio (KAPF), ou Association corĂ©enne des artistes prolĂ©tariens.

Carte des hébergements proposés par le Pasporta Servo en 2005.

En fait, l'usage oral de la langue, de la simple conversation Ă  la musique, s'est surtout dĂ©veloppĂ© lorsque les voyages sont devenus plus accessibles et que les rencontres internationales espĂ©rantistes se sont multipliĂ©es. La mise en place de services d'hĂ©bergement chez l'habitant, comme le Pasporta Servo, et l'apparition de l'enregistrement sonore sur cassette, de mĂȘme que les programmes de conversation tĂ©lĂ©phonique par ordinateur (VOIP), ont contribuĂ© Ă  faire progresser l'utilisation orale de la langue.

Il faut également noter qu'avec l'accroissement du nombre de locuteurs, l'espéranto est devenu la langue maternelle d'enfants issus de couples espérantophones.

En dĂ©fendant son idĂ©e Ă  travers l’Europe, le Docteur Zamenhof s'est attirĂ© la sympathie de nombreuses personnalitĂ©s politiques, telles que Gandhi ainsi que la communautĂ© international du BahaĂŻsme.

L'espĂ©ranto est trĂšs prĂ©sent sur internet, et au 27 aoĂ»t 2008, le nombre de pages de la WikipĂ©dia espĂ©ranto Ă©tait de 103 217 pages.

Des problĂšmes pour Ă©couter le fichier ? Aidez-moi

Les curieux pourront écouter, grùce au lien à droite, des extraits du discours de Zamenhof au Premier CongrÚs Universel d'Espéranto (wikisource), dits par Claude Piron et enregistrés lors du congrÚs de Boulogne de 2005 organisé pour célébrer le centenaire de ce Premier CongrÚs. Ces extraits sont reproduits et traduits dans la page de description du fichier.

Ce discours est typique du style de Zamenhof, empreint de naïveté pour ses détracteurs, d'un profond humanisme pour ses sympathisants.

Littérature

Livre en espéranto.

De nombreuses Ɠuvres littĂ©raires ont Ă©tĂ© Ă©crites ou traduites en espĂ©ranto. Des livres (comme la Bible[40], Le Petit Prince[41] ou le Manifeste du parti communiste[42]) ont Ă©tĂ© traduits en espĂ©ranto; les Ɠuvres originales en espĂ©ranto sont Ă©galement bien reprĂ©sentĂ©es.

Dans la sĂ©rie de romans de science-fiction Le Fleuve de l'Ă©ternitĂ© de l'Ă©crivain Philip JosĂ© Farmer, tous les humains ayant vĂ©cu sur la Terre sont ressuscitĂ©s sur les rives d'un interminable fleuve. L'espĂ©ranto y devient rapidement de facto la langue de communication entre les riverains, et Farmer l'utilise, entre autres, pour nommer certains États qui sont fondĂ©s sur les bords du fleuve.

Presse

Cinéma

Le cinĂ©aste suisse François Randin produit des films qui sont parlĂ©s en espĂ©ranto ou, sont sous-titrĂ©s en espĂ©ranto afin de pouvoir ĂȘtre compris par tout le monde.

Incubus, de Leslie Stevens (1965) avec William Shatner dans le rÎle principal, fut entiÚrement tourné en espéranto. Tous les acteurs ont appris les dialogues dans cette langue et le film n'existe qu'en version originale en espéranto avec sous-titres.

Dans le film de Charlie Chaplin Le Dictateur les plaques des magasins du ghetto juif sont en espĂ©ranto, dĂ©crite comme « langue juive internationale Â» par Hitler dans Mein Kampf.

Le film Idiot's Delight avec Clark Gable nomme quant Ă  lui « Esperanto Â» une dictature europĂ©enne non identifiĂ©e, utilisant une langue neutre afin de n'offenser aucun pays. Une stratĂ©gie diplomate reprise dans Street Fighter (1994) et Blade Trinity (2005).

Il est aussi possible d'entendre de l'espéranto dans la version originale du film Bienvenue à Gattaca. En effet, les haut-parleurs de l'entreprise dans laquelle travaille le protagoniste de l'histoire, font les annonces d'abord en espéranto puis en anglais.

Musique

Dans son album HIStory, Michael Jackson exploite la sonorité à la fois internationale et exotique de l'espéranto, en prononçant quelques phrases dans cette langue.

Dans le jeu vidĂ©o Final Fantasy XI, le thĂšme principal Memoro de la Ɲtono accompagnant la cinĂ©matique d'introduction, est chantĂ© en espĂ©ranto.

La pochette de l'album OK Computer de Radiohead présente de nombreuses phrases, dont certaines en espéranto.

Utilisation du mot espéranto en tant que métaphore

Le nom espĂ©ranto fonctionne comme un nom propre quand il dĂ©signe la langue mĂȘme, mais est parfois utilisĂ© comme nom commun (dans une sorte d'antonomase) pour reprĂ©senter une langue commune ou un moyen commun dans un domaine donnĂ© oĂč cette mise en commun ne va pas de soi. Cette utilisation du mot espĂ©ranto peut aussi bien ĂȘtre prise dans un sens positif que dans un sens nĂ©gatif.

Dans le domaine de l'informatique, Java fut qualifié d'espéranto des langages de programmation[43], en particulier à cause de sa simplicité et de son universalité (indépendance par rapport au systÚme d'exploitation), métaphore reprise pour XML, qualifié à son tour d'espéranto du systÚme d'information[44].

En Allemagne et en Autriche, les opposants Ă  l'euro le dĂ©crivirent comme Esperantogeld ou EsperantowĂ€hrung (Geld = « argent Â» ; WĂ€hrung = « Monnaie[45] Â») voulant dire par lĂ  qu'un tel projet international Ă©tait intrinsĂšquement vouĂ© Ă  l'Ă©chec.

Annexes et sources

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Notes et références

  1. ↑ a  et b  Interview de Georges Kersaudy fin 2001, http://www.freelang.com/mag/interview_kersaudy.html
  2. ↑ a , b  et c  (en) Gordon, Raymond G., Jr. (ed.), 2005. Ethnologue: Languages of the World, Fifteenth edition. Dallas, Tex.: SIL International. Online version: http://www.ethnologue.com/
  3. ↑ C'est actuellement la langue artificielle la plus parlĂ©e dans le monde
  4. ↑ Joguin 2001, p. 24
  5. ↑ George Orwell dĂ©couvrit l'espĂ©ranto chez sa tante Ellen Kate Limouzin, femme de l'activiste et espĂ©rantiste français EugĂšne Lanti.
  6. ↑ JournĂ©e mondiale du livre sur le portail de l'UNESCO
  7. ↑ FAQ en français de l'AcadĂ©mie internationale des sciences de Saint-Marin
  8. ↑ Henri Masson, « L’espĂ©ranto au prĂ©sent Â». ConsultĂ© le 29 mai 2009
  9. ↑ (it)L’Esperanto nella scienza all’epoca di internet, Amri Wandel, Eccademia di Esperanto (Membro del consiglio dell’UEA per le questioni scientifiche e tecniche). URL consultato il 02-04-2009.
  10. ↑ Henri Masson, « Quand la Hongrie donne l’exemple Â» sur esperanto-sat.info, SAT Amikaro, esperanto : vers une culture sociale sans frontiĂšres. ConsultĂ© le 19 juin 2008
  11. ↑ (en) Jouko Lindstedt, [Native Esperanto as a Test Case for Natural Language http://www.ling.helsinki.fi/sky/julkaisut/SKY2006_1/1FK60.1.5.LINDSTEDT.pdf] [pdf], University of Helsinki - Department of Slavonic and Baltic Languages and Literatures, Janvier 2006
  12. ↑ Lindstedt, Jouko. "Re: Kiom?" (posting). DENASK-L@helsinki.fi, 22 avril 1996.
  13. ↑ Three letters about his method for estimating the number of Esperanto speakers La prĂ©sentation la plus dĂ©taillĂ©e de la mĂ©thodologie utilisĂ©e se trouve dans une lettre qu'il a Ă©crite en 1989 Ă  David Wolff: Culbert, Sidney S..
  14. ↑ Sikosek, Ziko M. Esperanto Sen Mitoj ("Esperanto without Myths") Second edition. Antwerp: Flandra Esperanto-Ligo, 2003.
  15. ↑ http://pt.wikipedia.org/w/index.php?title=Esperanto&action=edit&section=10
  16. ↑ Joguin 2001, p. 61-67
  17. ↑ Cette distinction ne se fait que pour les ĂȘtres vivants de sexe dĂ©terminĂ©; il s'agit bien d'une distinction de sexe et non de genre grammatical.
  18. ↑ Joguin 2001, p. 112-115
  19. ↑ Joguin 2001, p. 127-135
  20. ↑ La distinction T(u)-V(ous) n'existe pas en espĂ©ranto ; bien qu'il existe cependant une deuxiĂšme personne du singulier, (ci), elle ne s'emploie rĂ©ellement qu'en poĂ©sie. (Joguin 2001, p. 144)
  21. ↑ LittĂ©ralement « mots de tableau Â», d'aprĂšs la forme sous laquelle sont souvent prĂ©sentĂ©s ces outils grammaticaux.
  22. ↑ Joguin 2001
  23. ↑ Janton 1994, p. 56
  24. ↑ Janton 1994, p. 57
  25. ↑ Voir aussi nĂ©gation (linguistique)#En espĂ©ranto.
  26. ↑ Janton 1994, p. 85 et Joguin 2001, p. 260
  27. ↑ CrĂ©ation de termes (vortfarado)
  28. ↑ Quelques problùmes de la traduction
  29. ↑ Le site du clavier BÉPO
  30. ↑ AndrĂ© Ourednik, "Demain, la langue mondiale vernaculaire.", EspacesTemps.net, Mensuelles, 23.06.2008 [1]
  31. ↑ Comment apprendre l'espĂ©ranto
  32. ↑ Rapport Grin, p. 81.
  33. ↑ http://www.internacialingvo.org/public/etude.pdf
  34. ↑ http://www.esperanto-sat.info/IMG/pdf/Imite2.pdf
  35. ↑ G. Dehaene-Lambertz [2].sciences cognitives, Apprendre Ă  lire avec les doigts, MĂ©decine &enfance, septembre 2004.
  36. ↑ [3] ecoles.ac-rouen / Etablissement d'Ă©ducation motrice "Denis Cordonnier"
  37. ↑ Europe DĂ©mocratie EspĂ©ranto
  38. ↑ Voir par exemple [4]
  39. ↑ Rapport Grin, p. 7.
  40. ↑ (eo) L'article de la WikipĂ©dia en espĂ©ranto sur la Bible contient des liens vers des version traduites.
  41. ↑ La Eta Princo : Le Petit Prince en espĂ©ranto.
  42. ↑ Manifesto de la Komunista partio, traduction de Detlev Blanke, Moscou, Ă©dition Progreso, 1990
  43. ↑ Java : l'espĂ©ranto des produits numĂ©riques ; Loukil R. et MahĂ© T. ; Industries et techniques ISSN 0150-6617 - 1998, no789, pp. 58-60
  44. ↑ XML, l'esperanto du systùme d'information
  45. ↑ L'euro, une monnaie 'esperanto' ?

Bibliographie

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