Espece

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Espece

EspĂšce

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le sens biologique du mot « espĂšce Â». Pour les autres significations, voir EspĂšce (homonymie).
L'espÚce est l'unité de base de la hiérarchie du vivant.

Dans les sciences du vivant, l’espĂšce (du latin species, « type Â» ou « apparence Â») est le taxon de base de la systĂ©matique. L'espĂšce est un concept flou dont il existe une multitude de dĂ©finitions dans la littĂ©rature scientifique. La dĂ©finition la plus communĂ©ment admise est celle du concept biologique de l'espĂšce Ă©noncĂ© par Ernst Mayr (1942) : une espĂšce est une population ou un ensemble de populations dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et fĂ©conde, dans des conditions naturelles. Ainsi, l'espĂšce est la plus grande unitĂ© de population au sein de laquelle le flux gĂ©nĂ©tique est possible alors que les individus d'une mĂȘme espĂšce sont gĂ©nĂ©tiquement isolĂ©s d’autres ensembles Ă©quivalents du point de vue reproductif.

Cependant le critĂšre d’interfĂ©conditĂ© ne peut pas toujours ĂȘtre vĂ©rifiĂ© : c'est le cas pour les fossiles, les organismes asexuĂ©s ou pour des espĂšces rares ou difficiles Ă  observer. D’autres dĂ©finitions peuvent donc ĂȘtre utilisĂ©es[1] :

  • espĂšce morphologique : groupe d'individu dĂ©fini par des caractĂ©ristiques structurales (taille, forme
)
  • espĂšce phylogĂ©nĂ©tique : la plus petite lignĂ©e d’une population pouvant ĂȘtre dĂ©finie par une combinaison unique de caractĂšres diagnostiques ;
  • espĂšce Ă©cologique : groupe d’organismes partageant une mĂȘme niche Ă©cologique ;
  • espĂšce phĂ©nĂ©tique : ensemble d’organismes vivants se ressemblant plus entre eux qu’à d’autres ensembles Ă©quivalents.

Sommaire

Concept de l'espĂšce

L'espÚce est un concept flou dont il existe une multitude de définitions dans la littérature scientifique. Dans son sens le plus simpliste, le concept de l'espÚce permet de distinguer les différents types d'organismes vivants. Différentes définitions permettent d'identifier plus précisément les critÚres distinctifs de l'espÚce.

Concept biologique

Article dĂ©taillĂ© : Isolement reproductif.

La dĂ©finition la plus communĂ©ment citĂ©e est celle du concept biologique de l'espĂšce Ă©noncĂ© par Ernst Mayr (1942)[2] : « les espĂšces sont des groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfĂ©condes, qui sont gĂ©nĂ©tiquement isolĂ©es d’autres groupes similaires Â»[3]. À cette dĂ©finition, il a ensuite Ă©tĂ© rajoutĂ© que cette espĂšce doit pouvoir engendrer une progĂ©niture viable et fĂ©conde[4]. Ainsi, l'espĂšce est la plus grande unitĂ© de population au sein de laquelle le flux gĂ©nĂ©tique est possible dans des conditions naturelles, les individus d'une mĂȘme espĂšce Ă©tant gĂ©nĂ©tiquement isolĂ©s d’autres ensembles Ă©quivalents du point de vue reproductif[1].

Le concept biologique de l'espĂšce s'appuie donc entiĂšrement sur l'isolement reproductif (ou isolement gĂ©nĂ©tique), c'est-Ă -dire l'ensemble des facteurs biologiques (barriĂšres) qui vont empĂȘcher les membres de deux espĂšces distinctes d'engendrer une progĂ©niture viable et fĂ©conde. D'aprĂšs Theodosius Dobzhansky, il est possible de distinguer les barriĂšres intervenant avant l'accouplement ou la fĂ©condation (barriĂšres prĂ©copulatoires ou prĂ©zygotiques), et les barriĂšres intervenant aprĂšs (barriĂšres postcopulatoires ou postzygotiques)[5]. Les barriĂšres prĂ©zygotiques vont empĂȘcher la copulation entre deux individus d'espĂšces diffĂ©rentes, ou la fĂ©condation des ovules dans le cas oĂč l'accouplement a bien lieu. Si la fĂ©condation a lieu malgrĂ© tout, les barriĂšres postzygotiques vont empĂȘcher le zygote hybride de devenir un adulte viable et fĂ©cond. C'est cet isolement reproductif qui va empĂȘcher le pool gĂ©nĂ©tique de chaque espĂšce de s'Ă©changer librement avec les autres et ainsi d'induire la conservation de caractĂšres propres Ă  chaque espĂšce[6].

Pour certaines espĂšces, l'isolement reproductif apparait de maniĂšre Ă©vidente (entre un animal et un vĂ©gĂ©tal par exemple) mais dans le cas d'espĂšces Ă©troitement apparentĂ©es, les barriĂšres sont beaucoup moins claires. Il est donc important de prĂ©ciser que la reproduction entre individus d'une mĂȘme espĂšce doit ĂȘtre possible en conditions naturelles et que la descendance doit ĂȘtre viable et fĂ©conde. Par exemple, le cheval et l'Ăąne sont deux espĂšces interfĂ©condes mais leurs hybrides (mulet, bardot) le sont rarement ; la descendance n'est pas fĂ©conde, il s'agit bien de deux espĂšces diffĂ©rentes. De mĂȘme, certaines espĂšces peuvent ĂȘtre croisĂ©es artificiellement mais ne se reproduisent pas ensemble dans le milieu naturel.

NĂ©anmoins, le concept biologique de l'espĂšce possĂšde certaines limites. L'isolement reproductif ne peut pas ĂȘtre dĂ©terminĂ© dans le cas des fossiles et des organismes asexuĂ©s (par exemple, les bactĂ©ries). De plus, il est difficile d'Ă©tablir avec certitude la capacitĂ© d'un individu Ă  s'accoupler avec d'autres types d'individus. Dans de nombreux groupes de vĂ©gĂ©taux (bouleau, chĂȘne, saule
), il existe beaucoup d'espĂšces qui se croisent librement dans la nature sans que les taxonomistes ne les considĂšrent comme une seule et mĂȘme espĂšce pour autant[6]. De nombreuses autres dĂ©finitions ont donc Ă©galement cours pour passer outre les limites du concept biologique de l'espĂšce.

Autres concepts

Le concept morphologique de l'espÚce est le concept le plus généralement utilisé en pratique. Il consiste à identifier une espÚce d'aprÚs ses caractéristiques structurales ou morphologiques distinctives[6]. L'avantage de ce concept est qu'il est applicable aussi bien chez les organismes sexués qu'asexués et ne nécessite pas de connaßtre l'ampleur du flux génétique. Néanmoins, l'inconvénient majeur de ce concept réside dans la subjectivité de sa définition de l'espÚce, qui peut aboutir à des désaccords quant aux critÚres retenus pour définir une espÚce[1].

Une autre dĂ©finition repose sur la notion de ressemblance (ou au contraire de degrĂ© de diffĂ©rence), concept encore trĂšs utilisĂ© en palĂ©ontologie, oĂč il n’y a pas d’autre option. Certains auteurs utilisent mĂȘme ces deux principes pour dĂ©finir les espĂšces.

L’étude de l’ADN permet de rechercher des ressemblances non visibles directement sur le plan physique (phĂ©notype). Mais le critĂšre quantitatif (nombre de gĂšnes identiques) masque le critĂšre qualitatif, par dĂ©finition non mesurable. Ainsi, la classification des OrchidĂ©es de type Ophrys fait ressortir un grand nombre d’espĂšces, visiblement diffĂ©rentes (donc du point de vue phĂ©notype) alors que leurs gĂ©notypes se sont rĂ©vĂ©lĂ©s trĂšs proches.

L’espĂšce biologique est aujourd’hui le plus souvent dĂ©finie comme une communautĂ© reproductive (interfĂ©conditĂ©) de populations. Si cette dĂ©finition se prĂȘte assez bien au rĂšgne animal, il est moins Ă©vident dans le rĂšgne vĂ©gĂ©tal, oĂč se produisent frĂ©quemment des hybridations. On associe souvent le double critĂšre de rĂ©union par interfĂ©conditĂ© et sĂ©paration par non-interfĂ©conditĂ©, pour assurer la perpĂ©tuation de l’espĂšce.

Problématiques

Une question mĂ©rite d’ĂȘtre posĂ©e : est-ce que la notion d’espĂšce constitue une simple commoditĂ© de travail ou bien est-ce qu’elle possĂšde une rĂ©alitĂ© indĂ©pendante de notre systĂšme de classification ? PossĂšde-t-elle une vĂ©ritable signification dans l’absolu ? L’espĂšce est-elle une classe logique Ă  laquelle des lois sont universellement applicables, ou a-t-elle la mĂȘme rĂ©alitĂ© qu’un individu (par le lignage) ? Les rĂ©ponses Ă  ces considĂ©rations relĂšvent de l’épistĂ©mologie et de la sĂ©mantique opĂ©rationnelle autant que de la biologie.

Le problĂšme se complique du fait que le critĂšre d’interfĂ©conditĂ© prĂ©sente ou absente, n'est pas toujours applicable de façon tranchĂ©e : des populations A1 et A2, A2 et A3 
 An-1 et An peuvent ĂȘtre interfĂ©condes, alors que les populations A1 et An ne le sont pas. C'est le cas, par exemple, des populations de goĂ©lands rĂ©parties autour du globe (rapportĂ© par Konrad Lorenz). On parle alors d'espĂšce en anneau (cf. variation clinale). La notion d’espĂšce se dissout alors dans une sorte de flou.

L’interfĂ©conditĂ© ne permet donc pas de dire qu’il s’agit de mĂȘmes espĂšces tandis que la non-interfĂ©conditĂ© suffit Ă  dire qu’il s’agit d’espĂšces diffĂ©rentes. Cette non-interfĂ©conditĂ© doit ĂȘtre recherchĂ©e aussi et surtout dans les descendants : chevaux et Ăąnes sont interfĂ©conds mais leurs hybrides (mulet, bardot) le sont rarement. Les deux populations forment donc des espĂšces diffĂ©rentes.

De mĂȘme, certaines races de chiens (anciennement Canis familiaris) s’hybrident sans problĂšme — et ont une descendance fĂ©conde — avec des loups communs (Canis lupus), tandis que leur hybridation avec d’autres races de leur propre espĂšce Canis familiaris reste bien problĂ©matique - dans le cas par exemple d’une femelle Chihuahua et d’un mĂąle Saint-Bernard !

Cela s’explique par deux faits : le chien domestique est trĂšs polymorphe et c’est une sĂ©lection artificielle Ă  partir de loups - il y a maintenant des preuves gĂ©nĂ©tiques. On le nomme donc dĂ©sormais Canis lupus familiaris, c’est-Ă -dire une sous-espĂšce du Loup donc parfaitement interfĂ©cond avec lui
 dans la limite de ce que permet physiquement l’utĂ©rus rĂ©cepteur.

Évolution de la notion d’espùce

Les Ă©leveurs en avaient vraisemblablement une notion non formalisĂ©e depuis l’origine mĂȘme de l’élevage. Platon spĂ©culera que puisque l’on voit des chevaux et des vaches, mais jamais d’hybride des deux, il doit exister quelque part une forme idĂ©ale qui contraint un animal Ă  ĂȘtre l’un ou l’autre. Aristote prĂ©fĂšrera pour sa part Ă©viter ces spĂ©culations et se contenter de rĂ©pertorier dans l’Organon ce qu’il observe. Albert le Grand s’y essaiera Ă  son tour plus tard.

Concept empirique, la notion d’espĂšce a Ă©voluĂ© avec le temps et son histoire a Ă©tĂ© marquĂ©e par la pensĂ©e de grands naturalistes comme LinnĂ©, Buffon et Darwin. Au XVIIIe siĂšcle, les espĂšces Ă©taient considĂ©rĂ©es comme le rĂ©sultat de la crĂ©ation divine et, Ă  ce titre, Ă©taient considĂ©rĂ©es comme des rĂ©alitĂ©s objectives et immuables. Depuis l’avĂšnement de la thĂ©orie de l’évolution, la notion d’espĂšce biologique a sensiblement Ă©voluĂ©, mais aucun consensus n’a pu ĂȘtre obtenu sur sa dĂ©finition.

  • Dans un premier temps, on a considĂ©rĂ© les espĂšces comme des entitĂ©s fixes dĂ©finies par des critĂšres morphologiques. Cette conception typologique a trouvĂ© son apogĂ©e avec les travaux de LinnĂ© et l’établissement de collections d’individus « typiques Â» de l’espĂšce.
  • Selon Cuvier, une espĂšce peut ĂȘtre dĂ©finie comme la collection de tous les corps organisĂ©s nĂ©s les uns des autres ou de parents communs et de ceux qui leur ressemblent autant qu’ils ne se ressemblent entre eux.
  • Cette conception a Ă©voluĂ© vers une espĂšce « taxinomique Â» pour laquelle l’analyse mathĂ©matique d’un grand nombre de critĂšres suffirait Ă  Ă©tablir un seuil Ă  partir duquel on pourrait dire que deux individus appartiennent Ă  des espĂšces diffĂ©rentes. L’espĂšce serait alors plus un concept commode qu’une entitĂ© biologique rĂ©elle.
  • Les insuffisances de cette mĂ©thode ont conduit Ă  une autre approche qui est la notion d’espĂšce biologique fondĂ©e essentiellement sur les critĂšres d’interfĂ©conditĂ© et d’isolement (Ernst Mayr, 1942), avec lĂ  encore quelques difficultĂ©s pour diffĂ©rencier par exemple des espĂšces qui ne sont naturellement pas en contact, etc.
  • Ceci a conduit Ă  amender cette dĂ©finition de l’espĂšce en y incluant une composante Ă©cologique. À compter de 1963, Ernst Mayr dĂ©finit ainsi l’espĂšce comme une communautĂ© reproductive de populations, reproductivement isolĂ©e d’autres communautĂ©s et qui occupe une niche particuliĂšre dans la nature. Cette dĂ©finition opĂ©rationnelle de l’espĂšce n’est toutefois pas exempte de problĂšmes (par exemple, la reconnaissance des niches).
  • Une grande partie de ces problĂšmes peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e si l’on considĂšre l’histoire des ĂȘtres vivants. L’évolution est un processus historique et les espĂšces sont le rĂ©sultat de l’éclatement d’espĂšces qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©es (spĂ©ciation). Tous les critĂšres prĂ©cĂ©dents se doivent d’ĂȘtre corrĂ©lĂ©s avec les relations gĂ©nĂ©alogiques.
Une espĂšce est donc un lignage simple qui possĂšde ses propres tendances Ă©volutives et son propre destin historique (d’aprĂšs Delforge P Guide des OrchidĂ©es d’Europe
 Delachaux et NiestlĂ© 1994). La notion de « destin Â» ne possĂšde pas d'assise scientifique : “sa propre historique” correspond mieux Ă  ce qui est observĂ© comme Ă  l'objet des recherches en cours. La notion de “lignage simple” doit aussi ĂȘtre nuancĂ©e car, comme on l’a vu, une certaine interfĂ©conditĂ© reste possible entre certaines espĂšces proches : il peut en rĂ©sulter des descendants fĂ©conds aux caractĂ©ristiques plus adaptĂ©es Ă  leur milieu qui formeront peut-ĂȘtre avec le temps une espĂšce Ă  part entiĂšre.

Spéciation

Article dĂ©taillĂ© : SpĂ©ciation.

La spĂ©ciation est le processus Ă©volutif par lequel de nouvelles espĂšces apparaissent. La spĂ©ciation est Ă  l'origine de la diversitĂ© biologique et constitue donc le point essentiel de la thĂ©orie de l'Ă©volution. La spĂ©ciation peut suivre deux voies : l'anagĂ©nĂšse et la cladogĂ©nĂšse. L'anagĂ©nĂšse est une accumulation de changements graduels au cours du temps qui transforment une espĂšce ancestrale en une nouvelle espĂšce, cette voie modifie les caractĂ©ristiques d'une espĂšce mais ne permet pas d'augmenter le nombre d'espĂšces. La cladogĂ©nĂšse est la scission d'un patrimoine gĂ©nĂ©tique en au moins deux patrimoines distincts, ce processus est Ă  l'origine de la diversitĂ© biologique car il permet d'augmenter le nombre d'espĂšces.

Classification des espĂšces

En classification classique ou phylogĂ©nĂ©tique, l’espĂšce est le taxon de base de la systĂ©matique, dont le rang se trouve juste en-dessous du genre.

Nomenclature scientifique

Article dĂ©taillĂ© : Nomenclature binominale.

Dans la classification scientifique, une espĂšce vivante ou ayant vĂ©cu est dĂ©signĂ©e suivant les rĂšgles de la nomenclature binominale, Ă©tablie par Carl von LinnĂ© au cours du XVIIIe siĂšcle. Suivant cette classification, le nom d'une espĂšce est constituĂ©e d'un binĂŽme latin qui combine le nom du genre avec une ou deux Ă©pithĂštes spĂ©cifiques. Autant que possible, le nom est suivi de la citation du nom de l'auteur, abrĂ©gĂ© (en botanique) ou complet (en zoologie), qui a le premier dĂ©crit l'espĂšce sous ce nom. Le nom de l’espĂšce est l’ensemble du binĂŽme et non pas seulement l’épithĂšte spĂ©cifique.

Par exemple, les ĂȘtres humains appartiennent au genre Homo et Ă  l’espĂšce Homo sapiens.

Les noms scientifiques sont « rĂ©putĂ©s Â» latins et s’écrivent en italique. Le genre prend une majuscule initiale tandis que l'Ă©pithĂšte spĂ©cifique reste entiĂšrement en minuscule. Lorsque le nom de l'auteur est citĂ© en entier, il est en italique. Quand le genre est connu mais que l'espĂšce n'est pas dĂ©terminĂ©e, il est d’usage d’utiliser comme Ă©pithĂšte provisoire l’abrĂ©viation de species, « sp. Â» (« spp. Â» au pluriel) Ă  la suite du nom du genre ; de mĂȘme, « sous-espĂšce Â» est abrĂ©gĂ© en « ssp. Â» (« sspp. Â» au pluriel). Ces abrĂ©viations sont Ă©crites en caractĂšres romains.

La nomenclature binominale, ainsi que d’autres aspects formels de la nomenclature biologique, constitue le « systĂšme linnĂ©en Â». Ce systĂšme de nomenclature permet de dĂ©finir un nom unique pour chaque espĂšce, valable dans le monde entier, contrairement Ă  la classification vernaculaire.

Sous-espĂšce

Article dĂ©taillĂ© : Sous-espĂšce.
Bergeronnette grise, Motacilla alba alba
Bergeronnette de Yarrell, Motacilla alba yarrellii

Ces deux bergeronnettes mĂąles ont Ă©tĂ© dĂ©crites comme deux sous-espĂšces diffĂ©rentes d’une mĂȘme espĂšce : Motacilla alba.

Au sein d’une espĂšce donnĂ©e, une sous-espĂšce consiste en un groupe d’individus qui se trouvent isolĂ©s (pour des raisons gĂ©ographiques, Ă©cologiques, anatomiques ou organoleptiques) et qui Ă©voluent en dehors du courant gĂ©nĂ©tique de l’espĂšce de rĂ©fĂ©rence.

Au bout d’un certain temps, ce groupe d’individus prend des caractĂ©ristiques spĂ©cifiques qui le diffĂ©rencient de l’espĂšce de rĂ©fĂ©rence. Ces caractĂšres peuvent ĂȘtre nouveaux (apparition suite Ă  une mutation par exemple) ou ĂȘtre la fixation d’une caractĂ©ristique variable chez l’espĂšce de rĂ©fĂ©rence.

Des sous-espÚces différentes ont souvent la possibilité de se reproduire entre elles, car leurs différences ne sont pas (encore) suffisamment marquées pour constituer une barriÚre reproductive.

On peut s’interroger sur la validitĂ© de la dĂ©finition d’une sous-espĂšce sachant que la dĂ©finition du terme espĂšce reste fluctuante et controversĂ©e. Il en est ici de mĂȘme et toutes les limites de la dĂ©finition d’une espĂšce s’appliquent Ă©galement pour celle d’une sous-espĂšce.

Recensement des espĂšces

Carl von LinnĂ© recensait au XVIIIe siĂšcle environ 67 000 espĂšces diffĂ©rentes. Aujourd’hui, personne ne peut dĂ©finir avec prĂ©cision le nombre d’espĂšces existant sur la planĂšte.

Alors qu’on estime entre 5 et 30 millions le nombre d’espĂšces vivantes sur la planĂšte[7], seulement 1,5 Ă  1,8 million d'espĂšces ont Ă©tĂ© dĂ©crites scientifiquement (tĂ©moin des difficultĂ©s liĂ©es Ă  la notion d’espĂšce, ce nombre lui-mĂȘme reste flou). Les espĂšces marines ne reprĂ©sentent que 13 % de l'ensemble des espĂšces dĂ©crites, soit environ 275 000, dont 93 000 pour les seuls Ă©cosystĂšmes coralliens[8].

La grande majoritĂ© des espĂšces non dĂ©crites sont des Insectes (4 Ă  100 millions d'espĂšces suivant les estimations, qui vivraient principalement sur la canopĂ©e des forĂȘts tropicales[9]), des NĂ©mathelminthes (ou vers ronds : 500 000 Ă  1 000 000 d'espĂšces), des Procaryotes (Archea et Eukarya) et des Eucaryotes unicellulaires : protozoaires ou protophytes, certains ex-champignons aujourd’hui classĂ©s dans les StramĂ©nopiles ou les MyxomycĂštes (maintenant classĂ©s dans plusieurs groupes de protistes
).

Selon la liste rouge de l’UICN de 2006[10] et les donnĂ©es les plus rĂ©centes, les espĂšces vivantes dĂ©crites peuvent ĂȘtre dĂ©composĂ©es comme suit :

EspĂšces dĂ©crites et non dĂ©crites de quelques groupes d'ĂȘtres vivants

Environ 16 000 nouvelles espĂšces sont dĂ©crites chaque annĂ©e, dont 1600 espĂšces marines[8]. On estime qu'environ 10 espĂšces disparaissent naturellement (c'est-Ă -dire hors de l'intervention de l'espĂšce humaine) chaque annĂ©e[33], mais il en est qui disparaissent aussi du fait de l’homme (voir Dodo, DiversitĂ© gĂ©nĂ©tique
) : Edward Osborne Wilson en Ă©value le nombre Ă  plusieurs milliers par an[34]. D'aprĂšs l'Évaluation des Ă©cosystĂšmes pour le millĂ©naire de 2005, le taux de disparition actuel des espĂšces est au moins 1000 fois supĂ©rieur au rythme naturel, estimĂ© sur les 10 derniers millions d'annĂ©es[35].

Notes et références

  1. ↑ a , b  et c  Neil Campbell, Jane Reece, Biologie, 7e Ă©dition, 2007, (ISBN 978-2-7440-7223-9), pp. 514-532.
  2. ↑ Louis Thaler, L'espĂšce : type ou population ? [lire en ligne], UniversitĂ© Montpellier II, Institut des sciences de l'Ă©volution, Sauve qui peut !, n°10, 1998.
  3. ↑ Species are groups of actually or potentially interbreeding natural populations, which are isolated from other such groups. Ernst Mayr, Systematics and the origin of species, from the viewpoint of a zoologist, Harvard University Press, 1999, p. xxi, 334 p. (ISBN 0674862503)
  4. ↑ Caroline Bochud, Origine des espĂšces [lire en ligne], CollĂšge François-Xavier-Garneau, (page consultĂ©e le 14 mai 2009).
  5. ↑ Dobzhansky, T., 1937. Genetics and the origin of species. Columbia University Press, New York.
  6. ↑ a , b  et c  Peter H. Raven, Ray Franklin Evert, Susan E. Eichhorn, Jules Bouharmont, Biologie vĂ©gĂ©tale, De Boeck UniversitĂ©, 2003, 968 p., pp.248-250. (ISBN 2744501026)
  7. ↑ Source : Institut Français de la BiodiversitĂ©.
  8. ↑ a  et b  Boeuf, G. & J.-M. Kornprobst, 2009. BiodiversitĂ© et chimiodiversitĂ© marines. Biofutur 301 : 28-32.
  9. ↑ EduSCOL : des millions et des millions d'espĂšces (pdf).
  10. ↑ Liste rouge de l’UICN.
  11. ↑ Source : SociĂ©tĂ© de sciences naturelles du Tarn-et-Garonne.
  12. ↑ Bourgogne Nature : Arachnides.
  13. ↑ OcĂ©arium du Croisic : les CrustacĂ©s.
  14. ↑ UniversitĂ© d'Ottawa : Mollusques (pdf).
  15. ↑ MusĂ©um National d'Histoire Naturelle : CLEMAM.
  16. ↑ Source : GastĂ©ropodes de l'OcĂ©an indien.
  17. ↑ Animal Diversity Web : Class Bivalvia.
  18. ↑ Source : CephBase.
  19. ↑ CollĂšge universitaire de Saint-Boniface : Embranchement des NĂ©mathelminthes.
  20. ↑ Animal Diversity Web : Phylum Platyhelminthes.
  21. ↑ UniversitĂ© du Havre : Les AnnĂ©lides.
  22. ↑ Source : The Cnidaria Home Page.
  23. ↑ Source : Hexacorallians of the World.
  24. ↑ Source : World Porifera Database .
  25. ↑ UniversitĂ© d'Ottawa : Phylum Porifera (pdf).
  26. ↑ Le monde des Echinodermes.
  27. ↑ UniversitĂ© Pierre et Marie Curie : DĂ©veloppement des Echinodermes.
  28. ↑ The Bryozoa Home Page.
  29. ↑ The Dutch Ascidians Home Page.
  30. ↑ a  et b  Source : Fishbase.
  31. ↑ California Academy of Sciences : Catalog of Fishes.
  32. ↑ Source : AmphibiaWeb.
  33. ↑ David M. Raup (1993). De l’extinction des espĂšces. Sur les causes de la disparition des dinosaures et de quelques milliards d’autres, Gallimard (Paris), collection Essais : 235 p.
  34. ↑ Edward O. Wilson (dir.) (1988). Biodiversity, National Academy Press (Washington) : xiii + 521 p.
  35. ↑ Evaluation des Ă©cosystĂšmes pour le millĂ©naire.

Voir aussi

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Voir « espĂšce Â» sur le Wiktionnaire.

Bibliographie

  • Lecointre G. et H. Le Guyader, Classification phylogĂ©nĂ©tique du vivant, Belin, 2001
  • Lherminier P. et M. Solignac, De l’espĂšce, Syllepse, Paris, 2005

Liens internes

Liens externes


Taxinomie

RĂšgne - Sous-rĂšgne - Infra-rĂšgne -
Superembranchement - Embranchement / Division - Sous-embranchement -
Superclasse - Classe - Sous-classe - Infraclasse -
Superordre - Ordre - Sous-ordre - Infraordre 
Superfamille - Famille - Sous-famille - Tribu -
Genre - Sous-genre - Section - SĂ©rie -
EspĂšce - Sous-espĂšce -
VariĂ©tĂ© ou Race - Forme ou Type

Biologie - Nomenclature - Nom binominal
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   Pierer's Universal-Lexikon

  • EspĂšce — (franz., spr. eßpǟß , Spezies), Gattung, Sorte, Geldsorte; en espĂšces, in klingender MĂŒnze 
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  • EspĂšce — (frz., spr. pĂ€hß), Art, Gattung, bes. Geldsorte 
   Kleines Konversations-Lexikon

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  • espĂšce — (Ăš spĂš s ) s. f. 1°   Apparence. Ne se dit en ce sens que dans la thĂ©ologie : dans le sacrement de l eucharistie, les apparences du pain et du vin aprĂšs la transsubstantiation. Communier sous les deux espĂšces. ‱   La libertĂ© qu on avait dans l… 
   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile LittrĂ©

  • ESPÈCE — s. f. Division du genre ; rĂ©union de plusieurs ĂȘtres, de plusieurs choses sous un caractĂšre commun qui les distingue des autres ĂȘtres, des autres choses appartenant au mĂȘme genre. Les quadrupĂšdes sont un genre dont le lion, le cheval, etc., sont… 
   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)


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