Escrime

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Escrime
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Escrime
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Fédération internationale FIE (1913)
Sport olympique depuis 1896
0408 USA Olympic fencing.jpg

Assaut d'épée aux Jeux olympiques d'Athènes
Anja Fichtel (à droite) aux championnats du monde 1993

L'escrime est un sport de combat européen, dont seule la vertu martiale correspond aux arts martiaux asiatiques. Il s’agit de l’art de toucher un adversaire avec la pointe ou le tranchant (estoc et taille) d’une arme blanche sur les parties valables sans être touché.

On utilise trois types d'armes : l‚Äô√©p√©e, le sabre et le fleuret. Ces trois armes sont mixtes : √©p√©e f√©minine et masculine, fleuret f√©minin et masculin et sabre f√©minin et masculin. Les √©preuves sont individuelles ou par √©quipes. Elles sont donc au nombre de douze.

L'escrime est l'un des tr√®s rares sports o√Ļ le fran√ßais est la langue officielle. Chaque pays utilise sa langue pour les comp√©titions nationales, mais d√®s que la comp√©tition devient internationale, le fran√ßais est obligatoire pour l‚Äôarbitrage. ¬ę En Garde ! Pr√™ts ? Allez ! Halte ! ... ¬Ľ. L‚Äôarbitre dispose en plus d‚Äôun code de signe pour expliquer chaque phrase d‚Äôarmes.

Cet article se limite au caract√®re sportif de l‚Äôescrime. Pour en apprendre davantage sur le c√īt√© artistique de cette discipline, voir l‚Äôarticle escrime artistique.

Sommaire

Histoire

Articles d√©taill√©s : Histoire de l'escrime et Chronologie de l'escrime.

Si l’on considère l’escrime comme l’art de manier les armes de poing, son histoire commence à l’aube de l’humanité. Dès l’antiquité, les témoignages de combats à l'arme blanche sont nombreux, à l'instar des bas-reliefs égyptiens du temple de Ramsès III à Médinet Habou.

La conception moderne de l‚Äôescrime appara√ģt en m√™me temps que l'arme √† feu. Jusque l√†, les techniques devaient s'adapter aux protections que portaient l'adversaire et notamment la cotte de mailles ou l'armure. Avec l'apparition de la poudre, la course en avant entre l'outil offensif, l'√©p√©e, et la protection, l‚Äôarmure, perd sa raison d‚Äô√™tre : l'arme √† feu rend caduque l'armure, et m√™me dangereuse, car ralentissant le mouvement de la cible. L'√©p√©e devient alors plus fine et plus l√©g√®re.

L'histoire de l'escrime peut √™tre partag√©e en deux √©tapes : la premi√®re est la marque d‚Äôun glissement progressif de l‚Äôactivit√© guerri√®re vers une forme d'art martial o√Ļ le beau geste et l‚Äô√©l√©gance morale l'emportent ; la deuxi√®me est un nouveau glissement, plus rapide celui-l√†, entre l'art martial et la pratique sportive contemporaine.

√Čtymologie

Le terme ¬ę escrime ¬Ľ est issu de l'ancien fran√ßais escremie lui-m√™me d√©riv√© du francique skirmjan signifiant ¬ę d√©fendre, prot√©ger ¬Ľ. Ce d√©tour √©tymologique nous permet de prendre conscience que l'escrime est un art de d√©fense, et plus sp√©cifiquement l'art de se d√©fendre avec une arme blanche.

L'origine

Des épées médiévales

C'est durant le si√®cle de Saint Louis qu'apparaissent dans les √©crits les premiers ma√ģtres d'armes professionnels[r√©f. n√©cessaire]. On reconna√ģt alors que manier l'√©p√©e n√©cessite un enseignement √† la fois th√©orique et pratique, et cet enseignement est recherch√© par la noblesse, qui risque fr√©quemment sa vie sur le champ de bataille, et qui est la seule √† pouvoir pr√©tendre √† la possession d'une belle √©p√©e de qualit√©.

L'escrime m√©di√©vale √©tonne surtout par la richesse de son r√©pertoire, contrairement aux id√©es re√ßues qui ne laissent place dans l'imaginaire contemporain qu'√† des √©p√©es √©normes et des boucliers lourds et encombrants en acier. On y pratique quasiment toutes les armes blanches et contondantes possibles : l'√©p√©e, la masse, le marteau de guerre, la lance, la hache, la dague et le poignard, entre autres. La ma√ģtrise de toutes ces armes d√©coulent directement d'une pratique de l'escrime quasi-exclusivement sur les champs de bataille. Toujours √† l'oppos√© des id√©es re√ßues, le guerrier m√©di√©val est assez rapide (cette qualit√© a toujours √©t√© √† la base de l'escrime) et beaucoup plus libre de ses mouvements qu'on ne le pense.

Des Fechtb√ľcher (Trait√©s d'escrime, en allemand) ont √©t√© √©crits du XIVe au XVIe si√®cles par plusieurs ma√ģtres germaniques ; les plus c√©l√®bres sont Johannes Liechtenauer, le ma√ģtre incontest√© du XIVe si√®cle, et Hans Talhoffer, ma√ģtre suisse au XVe si√®cle.

Des √©coles de maniement des armes, priv√©es en relations plus ou moins constantes les unes avec les autres, apparaissent dans le Saint-Empire romain germanique : √† Zurich, √† B√Ęle, √† Ratisbonne, et dans un grand nombre de villes libres d'Allemagne. On y enseigne l'escrime m√©di√©vale classique.

C'est en Italie que de nouveaux ma√ģtres, inventifs et avant-gardistes, font leur apparition au tournant des XIVe et XVe si√®cles : notamment Fiore dei Liberi (1350-1420), courtisan du duc d'Este. Fiore dei Liberi publie en 1410 un trait√© d'escrime qui va progressivement uniformiser √† l'√©chelle europ√©enne le maniement des armes : il s'agit de son unique Ňďuvre, le Flos Duellatorum. Il est consid√©r√© comme le fondateur de l'√©cole italienne.

Rapi√®re, premi√®re moiti√© du XVIIe si√®cle

Au XVe si√®cle l'escrime conna√ģt sa premi√®re r√©volution avec l'invention de la rapi√®re. Cette arme, exceptionnelle pour son √©poque √† tous les points de vue, va compl√®tement transformer l'approche de la discipline. C'est le premier pas vers une escrime de loisir : il s'agit des premiers concours et comp√©titions d'escrime, qui prennent la suite des anciens tournois pour une noblesse qui voit les derniers feux de la chevalerie. La rapi√®re appara√ģt en Espagne vers 1470. Son nom est un d√©riv√© de l'espagnol espada ropera, c'est-√†-dire "√©p√©e que l'on porte avec ses v√™tements" : plus simplement, il s'agit de la premi√®re √©p√©e de ville.

Durant le XVe si√®cle, la rapi√®re, dont l'usage se r√©pand en M√©diterran√©e, est notamment export√©e en Italie. Les ma√ģtres italiens connaissent l'arme mais pas son maniement : ils r√©inventent compl√®tement, de leur c√īt√©, la fa√ßon d'utiliser la rapi√®re selon l'essai de Camillo Agrippa. Elle s'allonge (1m10), sa pointe s'affine et sa lame s'√©tr√©cit. Arme polyvalente, elle permet avec autant d'aisance de porter des coups d'estoc et de taille.

La rapi√®re, en fait, r√©pond √† l'apparition des armes √† feu. Ces derni√®res ayant provoqu√© la disparition progressive des armures, qui ne peuvent les contrer, les armes blanches peuvent aussi s'affiner et pr√©f√©rer la finesse et la rapidit√© √† la force brutale. Son usage se r√©pand progressivement dans toute l'Europe de l‚ÄôOuest : dans les ann√©es 1490-1500, elle arrive en France suite aux guerres d'Italie qui ont √©galement amen√© la Renaissance dans ce m√™me pays ; elle appara√ģt en Angleterre et en Allemagne vers 1515.

En France, la codification de l'escrime, la d√©finition de ses termes et l'organisation d'une p√©dagogie de l'escrime eu lieu au cours du XVIIe si√®cle par des ma√ģtres d'armes tels que Le Perche du Coudray, Besnard ou Philibert de la Touche. L'absence de masque de protection √† treillis m√©tallique conduit √† l'√©laboration de la phrase d'armes.

Le sport

Duel au bois de Boulogne 1874

Les règles actuelles n'ont été définitivement fixées que très tardivement. Il a fallu que soit créée la Fédération Internationale d'Escrime (FIE) pour que les règles soient enfin acceptées par tous les pays. En juin 1914 la FIE réunie en commission à Paris rédige les règlements des trois armes mettant fin à quinze ans de polémiques couronnées par le boycott des épreuves de fleuret au Jeux Olympiques de Stockholm en 1912.

Le fleuret et le sabre masculin sont armes olympiques d√®s les premiers Jeux Olympiques en 1896. L'√©p√©e masculine le devient en 1900. La premi√®re arme f√©minine est le fleuret ; elle int√®gre le programme olympique en 1924. Ce n'est qu'en 1996 que l'√©p√©e f√©minine devient arme olympique et en 2004 que l'on voit l'apparition du sabre f√©minin.

Outre la distinction par sexe, l'escrime conna√ģt des cat√©gories d'√Ęge qui sont :

Cat√©gorie d'√Ęge Poussin Pupille Benjamin Minime Cadet Junior Senior V√©t√©ran 1 V√©t√©ran 2 V√©t√©ran 3
Taille de la lame 0 (77 cm) 0 (77 cm) 2 (82 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm)
Age minimum 7 9 11 13 15 17 20 40 50 60
Age maximum 8 10 12 14 16 19 39 49 59 +

C'est l'année de naissance qui détermine la catégorie dans laquelle entre un jeune, et reste la même tout au long d'une saison, calquée (en France et en Suisse, tout du moins) sur le calendrier scolaire.

L'universalisation

Jadis, l'escrime √©tait un sport pour l'√©lite qui a commenc√© au d√©but du XIXe si√®cle concentr√©e sur quelques pays europ√©ens. Depuis son apparition aux Jeux olympiques de 1896, trois pays se partagent la majorit√© des m√©dailles : la France, l'Italie et l'Allemagne. Maintenant l'escrime est constitu√©e de sportifs de tout niveau social.

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, les pays de l'Europe de l'Est, guidés par une gestion idéologique du sport ont commencé à s'intéresser fermement à l'escrime. Rejoignant la Hongrie qui a une longue tradition au sabre, l'URSS, la Pologne et dans une moindre mesure la Roumanie sont venues concurrencer sérieusement les pays occidentaux sur les podiums.

L'ouverture sur le monde est assez tardive. Elle a commencé dans les années 1950 par l'apparition de tireurs coréens et chinois mais leurs résultats sont pour beaucoup dus à quelques individualités.

L'Am√©rique n'a fait qu'une entr√©e encore plus tardive sur les pistes d'escrime. Si l'on excepte Cuba gr√Ęce au champion Ram√≥n Fonst et √† ses fleurettistes des ann√©es 1990, les √Čtats-Unis n'ont commenc√© par √©merger que dans la deuxi√®me moiti√© des ann√©es 1990, apr√®s la chute du monde communiste et en partie gr√Ęce au recrutement de nombreux ma√ģtres d'armes.

L'Afrique reste tr√®s peu repr√©sent√©e au niveau mondial. Elle n'a jamais remport√© de m√©daille ni aux Jeux olympiques, ni aux championnats du monde. Il existe cependant des tireurs de bon niveau notamment en √Čgypte ou en Tunisie.

Les valeurs

  • Philosophiquement, le respect de l'autre et le courage sont des valeurs primordiales de l'escrime : les tireurs se saluent avant l'assaut, et puis une fois l'assaut termin√© ils se remercient l'un l'autre et se serrent la main avant de se quitter. D'ailleurs si l'un des tireurs ne respecte pas cette r√®gle (jette son masque, ne salue pas son adversaire...) il risque une exclusion pour toute la saison.
  • Physiquement, l'escrime exige, et contribue √†, une grande souplesse, l'acquisition de r√©flexes et une rapidit√© dans tous les mouvements. La coordination inter-segmentaire, une grande force statique et explosive au niveau des membres inf√©rieurs associ√©s √† de l'endurance, font de l'escrime de comp√©tition l'une des activit√©s sportives les plus √©prouvantes.

L'escrime contribue à développer et renforcer ces valeurs, dans une harmonie du corps et de l'esprit.

Les armes

de haut en bas : fleuret, √©p√©e, sabre

L'escrime sportive contemporaine utilise trois armes diff√©rentes : le fleuret, l'√©p√©e et le sabre. Cette escrime aux trois armes s'est constitu√©e √† la fin du XIXe si√®cle. Toutes ces armes sont pr√©sentes aux comp√©titions de niveau olympique (le sabre f√©minin a d√©but√© aux Jeux olympiques d'Ath√®nes en 2004).

La lame de l'arme adulte est par convention dite lame no 5. Pour les enfants, le poids et la taille de l'arme sont adapt√©s. Les poussins et pupilles utilisent une lame no 0 de 77 cm, les benjamins une lame de taille no 2 de 82 cm.

Dans les acad√©mies classiques, on enseigne le maniement d'armes d'escrime historique et d'Escrime m√©di√©vale telles que la grande canne, la rapi√®re, l'√©p√©e b√Ętarde (appel√©e √©galement √©p√©e 1 main et demie), la dague et les diff√©rents types de boucliers (targe, √©cu, rondache, ...). Il est possible de pratiquer l'escrime ancienne en utilisant des accessoires : vestimentaires, comme la cape, ou divers tel qu'une lampe.

longueur max longueur de la lame poids max
Fleuret 110 cm 90 cm 500 g
Ep√©e 110 cm 90 cm 770 g[1]
Sabre 105 cm 88 cm 500 g

Le fleuret

Article d√©taill√© : Fleuret (escrime).
En rouge, aire de touche au fleuret, règlement FIE 2009

Le fleuret a √©t√© cr√©√© au XVIIe si√®cle pour servir d'arme d'entra√ģnement et d'√©tude. C'est la seule arme qui ne soit jamais sortie des salles d'escrime (contrairement au sabre qui a servi sur les champs de bataille et l'√©p√©e qui a √©t√© utilis√©e pour le duel).

C'est une arme l√©g√®re ‚ÄĒ 500 grammes pour une longueur de 110 cm ‚ÄĒ et flexible dont la section de lame est rectangulaire. La touche se fait avec la pointe uniquement.

Le fleuret est une arme d'√©tude, il est en g√©n√©ral la premi√®re arme enseign√©e aux d√©butants, bien qu'elle soit aussi pratiqu√©e en comp√©tition. En fait, le choix de la premi√®re arme enseign√©e d√©pend du club et du ma√ģtre d'armes. Son nom vient de la fleur de laine, autrefois enroul√©e au bout de la lame pour √©viter les blessures. Dans le pass√©, les femmes n'√©taient autoris√©es √† tirer qu'au fleuret et la l√©g√®ret√© de l'arme en rendait son maniement ais√© pour les enfants. De nos jours, bien qu'il soit conseill√© d'apprendre au moins les principes fondamentaux du fleuret, les escrimeurs peuvent commencer avec n'importe laquelle des trois armes.

L'aire de touche au fleuret est restreinte, c'est un h√©ritage du temps o√Ļ les √©quipements de s√©curit√© √©taient limit√©s. Les coups au visage √©tant auparavant dangereux faute de masque, la t√™te n'est pas une cible valide. L'aire fut r√©duite au tronc seul, zone o√Ļ les coups port√©s seraient potentiellement les plus dangereux si les armes n'√©taient pas, fort heureusement, neutralis√©es. Au fleuret, comme au sabre, il est strictement interdit de "substituer"[2] une surface valable (tronc) par une surface non valable (ex. bras ou t√™te).

Le règlement international de 2009 dispose que la bavette (partie sous le masque) doit être conductrice[3].

Assaut au fleuret lors des jeux panaméricains

Le fleuret est une arme d'estoc seulement. L'action offensive de cette arme s'exerce donc par la pointe et par la pointe seule. Comme au sabre, on doit respecter des conventions lors d'un assaut. Il n'y a donc pas de ¬ę coup double ¬Ľ. En cas de touches simultan√©es, la touche est accord√©e au tireur qui avait la priorit√©. Cette priorit√© d√©pend de la phrase d'armes d√©termin√©e par la convention du fleuret. Si aucun des tireurs n'avait la priorit√©, aucune touche n'est accord√©e.

Dans les petites cat√©gories, la pointe prot√©g√©e par un composant, en forme de bille en caoutchouc appel√©e ¬ę mouche ¬Ľ, permet les assauts courtois sans risque de blessure durant l'entra√ģnement d'escrime.

Dans les grandes cat√©gories, l'arme √† ¬ę pointe s√®che ¬Ľ a √©t√© remplac√©e par une arme √©lectrique dont le bout se termine par une ¬ę t√™te de pointe ¬Ľ (sorte de bouton m√©tallique sur ressort) qui, reli√©e √† l'appareil, permet d'indiquer les touches pendant l'assaut.

Au fleuret, il faut 500 grammes de pression sur le bouton pour qu'une lampe s'allume indiquant que l'adversaire a √©t√© touch√© (soit verte ou rouge dans une partie valable ou blanche dans une partie non valable).

Philippe Omn√®s, c√©l√®bre fleurettiste fran√ßais des ann√©es 1980-1990, d√©finit ainsi son arme favorite :

¬ę √Ä mon sens, le fleuret est l'arme de r√©f√©rence de l'escrime. La ma√ģtrise technique que n√©cessite sa pratique est tout d'abord un handicap, mais √† terme se retrouve √™tre un atout pour profiter pleinement de l'escrime.
Car c'est √† travers la technique du fleuret qu'appara√ģt le mieux la phrase d'armes, v√©ritable conversation entre les tireurs par l'interm√©diaire des lames.
Le rythme des assauts de fleuret peut √™tre retenu, comme √† l'√©p√©e, ou au contraire tr√®s vif, comme au sabre[4]. ¬Ľ

L’épée

Article d√©taill√© : √Čp√©e (escrime).
En rouge, aire de touche à l'épée

L'√©p√©e moderne a √©t√© invent√©e au XIXe si√®cle afin de se battre en duel. C'est une arme d'estoc uniquement. Dans les si√®cles pr√©c√©dents, on utilisa √† partir du XVIe si√®cle : la rapi√®re. La rapi√®re a d'abord √©volu√© en √©p√©e de cour sous Louis XIV.

Assaut d'épée aux Championnats d'Europe d'escrime 2007

L'action offensive de cette arme s'exerce donc par la pointe et par la pointe seule. C'est une arme plus lourde ‚ÄĒ 770 g pour une longueur de 110 cm maximum ‚ÄĒ et moins flexible que le fleuret, et sa lame est de section triangulaire. La surface valable comprend tout le corps du tireur, y compris ses v√™tements et son √©quipement.

Lorsque les deux tireurs sont touch√©s simultan√©ment, et que l'appareil enregistre valablement ces deux touches (pas plus de 0,25 seconde d'√©cart entre les deux touches), il y a ce qu'on appelle un ¬ę coup double ¬Ľ, c'est-√†-dire un point pour chacun.

Cette arme est dite ¬ę non conventionnelle ¬Ľ car elle n'ob√©it pas √† des r√®gles de priorit√© comme le fleuret et le sabre : les conditions et les r√®gles du combat sont donc tr√®s similaires √† celles des anciens duels.

√Čric Srecki, √©p√©iste √©m√©rite, d√©finit l'√©p√©e ainsi :

¬ę L'√©p√©e, c'est l'arme o√Ļ les phases d'attente, de pr√©paration sont les plus longues ; l'observation de l'adversaire peut sembler ‚Äús'√©terniser‚ÄĚ lorsqu'on est n√©ophyte, mais il s'agit en fait de contourner la d√©fense de l'adversaire et de s'engager dans la faille (...) C'est donc l'arme de la patience, o√Ļ les nerfs sont mis √† rude √©preuve[5]. ¬Ľ

Une épée à poignée droite

Le sabre

Article d√©taill√© : Sabre (escrime).
En rouge, aire de touche au sabre

Le sabre est une arme d'estoc, de taille[6] (coup port√© avec le tranchant de la lame) et de contre-taille (coup port√© avec le dos de la lame); les coups du plat de la lame sont aussi valables. C'est une arme conventionnelle comme le fleuret[6] : le sabre r√©pond aux m√™mes r√®gles d'engagement (conventions) que le fleuret, donnant la priorit√© √† l'attaquant, et de m√™me l√©g√®ret√© ‚ÄĒ 500 g pour une longueur totale de 105 cm maximum[7]. En cas de touches simultan√©es, l'arbitre d√©cide d'accorder la priorit√© √† un des tireurs, ou √† aucun des deux. Cette priorit√© d√©pend de la ¬ę phrase d'armes ¬Ľ et des conventions du sabre. La surface valable pour le sabre est tout ce qui se trouve au-dessus de la taille (√† l'exception des 2 mains), car cette arme nous vient de la cavalerie, et qu'il √©tait dans ce cas tr√®s difficile de toucher en dessous de la taille. Au sabre, comme au fleuret, il est strictement interdit de "substituer"[2] une surface valable par une surface non valable. Contrairement au fleuret et √† l'√©p√©e, les passes avant (croisement des jambes en un rapide mouvement vers l'avant) sont interdites (elles √©taient autoris√©es mais ont √©t√© supprim√©es du fait que les d√©placements des sabreurs se rapprochaient trop de la course).

Le sabre est une arme dont les assauts sont très difficiles à effectuer par des néophytes, la priorité donnée à l'attaque associée à la relative facilité pour toucher son adversaire rendant les combats très rapides.

Jean-Fran√ßois Lamour, sabreur √©m√©rite (il a √©t√© deux fois champion olympique, √† l'√©preuve individuelle, √† S√©oul et Los Angeles, puis champion du monde individuel) et ancien Ministre des Sports, d√©finit d'ailleurs le sabre de cette mani√®re :

¬ę ‚ÄúAssaut‚ÄĚ est certainement le mot qui convient le mieux √† la discipline du sabre. Plus qu'au fleuret ou √† l'√©p√©e, c'est dans cette arme que l'escrimeur se trouve dans la n√©cessit√© de fondre sur son adversaire en ayant, par feinte et pr√©paration interpos√©es, pr√©par√© le geste final.
Il n'y a donc pas ou peu de repos pour le sabreur (...) Adaptation et explosion, voil√† ce qu'un sabreur doit toujours avoir en t√™te quand il monte en piste[8]. ¬Ľ.

Les assauts

Les trois armes se pratiquent suivant des conventions qui leur sont propres. Les grandes diff√©rences sont : la surface valable, la mani√®re de toucher l'adversaire, et la forme et le poids de l'arme.Les r√®gle de priorit√© d'attaque divergent √©galement. Aux trois armes il est strictement interdit de porter des coups avec la coquille ou d'utiliser le bras non arm√© √† quelque fin que ce soit.

La piste

Une piste d'escrime mesure 14 m√®tres de long sur 1,5 √† 2 m√®tres de large[9]. Elle est marqu√©e par des lignes perpendiculaires en divers endroits (centre de la piste, ligne de mise en garde, et limite arri√®re, outre les 2 derniers m√®tres doivent √™tre clairement identifi√©s). Si un tireur sort par l'un des bords lat√©raux de la piste, l'action est interrompue et les tireurs se remettent en garde en ayant n√©anmoins fait avancer d'un m√®tre l'adversaire du tireur qui est sorti; ce dernier devant donc reculer et se remettre √† distance. Si un tireur sort des deux pieds par le bout arri√®re de la piste, il est consid√©r√© comme touch√©.

Piste d'escrime: C ligne centrale, G ligne de mise en garde, D zone des deux mètres, R zone de recul (ou sortie de piste)

Au bord de la piste, un dispositif √©lectrique complexe assure le d√©compte des touches au cours de l'assaut. Ce dispositif se compose d'un appareil central, de deux enrouleurs (un par tireur) et de fils conducteurs. L'appareil central est reli√© aux enrouleurs, situ√©s de part et d'autre de la piste, eux m√™mes reli√©s aux tireurs. Le syst√®me d'enroulement du fil conducteur permet de ne pas encombrer la piste car le fil reste tendu en permanence, sans pour autant r√©duire la mobilit√© du tireur vers l'avant. Le circuit √©lectrique est compl√©t√© par un fil de corps qui passe sous la veste du tireur, contre son flanc et par la manche du bras arm√©, branch√© dans une prise situ√©e derri√®re la coquille de l'arme. Au fleuret et √† l'√©p√©e, le bouton situ√© √† l'extr√©mit√© de la lame (la t√™te de pointe) a un r√īle d'interrupteur qui permet de compl√©ter le circuit √©lectrique. Au sabre, dans les √©preuves de haut niveau, le fil est remplac√© par un boitier √©lectronique qui transmet √† travers les airs le signal √† l'appareil d'enregistrement des touches.

L'appareil √©lectrique dispose de quatre lumi√®res ; la lumi√®re s'allume du c√īt√© du tireur qui touche. La lumi√®re verte ou la lumi√®re rouge (chaque tireur a sa couleur) indique qu'une touche valable a √©t√© port√©e. Les lumi√®res blanches (une pour chaque tireur) indique qu'une touche a √©t√© port√© mais sur une zone non-valable (exclusivement pour le fleuret). Pour l'√©p√©e, aucune lumi√®re blanche ne s'allume. Les escrimeurs sont eux-m√™mes reli√©s au syst√®me par le fil tendu gr√Ęce aux enrouleurs. Pour juger la mat√©rialit√© de la touche, seule l'indication de l'appareil de contr√īle fait foi. En aucun cas l'arbitre ne peut d√©clarer un tireur touch√© sans que l'appareil ait r√©guli√®rement enregistr√© la touche, sauf dans les cas de sanctions (sortie arri√®re de la piste des deux pieds ou carton rouge pour une faute, (cf. R√®glement technique FIE)).

La piste sur laquelle les tireurs √©volue est m√©tallique et non conductrice, il est donc impossible de porter une touche au sol √† moins de toucher en dehors de la piste. Les tireurs ont interdiction formelle de laisser tra√ģner la pointe de leur arme sur la piste durant l'assaut.

L'équipement du tireur

Article d√©taill√© : √Čquipement d'escrime.

L'√©quipement des tireurs est compos√©, dans toutes les armes :

  • D'un pantalon.
  • D'une veste de tissu dont la r√©sistance doit d√©passer 800 newtons/cm¬≤.
  • D'une sous-cuirasse, qui couvre en "double" le c√īt√© du buste mis en avant et le d√©but du bras arm√©, afin de parer √† un d√©chirement de la couture situ√©e sous l'aisselle de la veste. Sa r√©sistance, pour les adultes, est √©galement de 800 newtons/cm¬≤.
  • D'un masque en grille m√©tallique, dot√© d'une collerette qui recouvre largement le col de la veste et √©vite une frappe au cou.
  • D'un gant muni de coussinets qui prot√®ge la main arm√©e et recouvre partiellement la manche sur l'avant-bras, pour √©viter que la lame rentre dans la veste et frappe au coude.
  • D'une paire de chaussettes hautes et √©paisses, pour prot√©ger les chevilles, les tibias et les mollets.
  • D'un prot√®ge-poitrine pour les femmes, qui, peuvent se constituer de deux coques m√©talliques √† disposer soi-m√™me, ou plus commun√©ment d'une sorte de plastron en plastique rigide. Un plastron de ce type est strictement interdit chez les hommes.

L'arbitrage

L'arbitre d'escrime veille au bon d√©roulement de l'assaut. Il appelle les tireurs sur la piste, v√©rifie la conformit√© de leur mat√©riel[10] (sous cuirasse, t√™te de pointe, etc.) et manipule le chronom√®tre et, le cas √©ch√©ant, le tableau de d√©compte des points ou la feuille de match. Il est seul habilit√© √† accorder ou refuser une touche, √† constater une faute et √† sanctionner en cons√©quence. Un tireur peut cependant faire appel √† une instance sup√©rieure, le directoire technique de la comp√©tition, pour v√©rifier un point litigieux du r√®glement. La d√©cision du directoire surpasse celle de l'arbitre qui doit la faire appliquer. Dans les √©preuves de haut niveau, l'arbitre est assist√© d'assesseurs qui ont un r√īle consultatif, mais non d√©cisionnel ; au fleuret et au sabre l'arbitrage vid√©o peut-√™tre demand√© pour r√©soudre un litige.

L'article t.120 du règlement technique de la FIE définit les fautes et les sanctions appropriées. Les fautes sont échelonnées en quatre groupes de gravité croissante, le premier groupe contenant les fautes mineures et le quatrième les fautes les plus graves. Les fautes sont sanctionnées par trois types de cartons.

  •      Le carton jaune, qui a valeur d'avertissement. Deux cartons jaunes valent un carton rouge.
  •      Le carton rouge, qui p√©nalise le tireur fautif d'une touche, donn√©e en compensation √† son adversaire.
  •      Le carton noir, plus rare, exclut le tireur fautif de la comp√©tition et lui inflige un bannissement de deux mois de toute comp√©tition d'escrime[11].

L'arbitre inflige ces sanctions selon le bar√®me suivant :

Groupes 1re faute 2e faute 3e faute
Premier groupe Jaune Rouge Rouge
Deuxième groupe Rouge Rouge Rouge
Troisième groupe Rouge Noir
Quatrième groupe Noir

Les fautes du premier groupe constituent des atteintes aux r√®gles mineures ou accidentelles (bousculade, corps √† corps intentionnel, etc.), les fautes du deuxi√®me groupe des fautes intentionnelles (coup brutal, touche port√©e volontairement hors de l'adversaire), les fautes du troisi√®me groupe des fautes de nature √† perturber l'ordre. Les fautes du quatri√®me groupe rassemblent des fautes graves de nature diverse : antisportivit√©, tricherie, refus de saluer l'adversaire, etc. Les cartons sont cumulables, un tireur qui a re√ßu un carton rouge ne peut donc plus recevoir de carton jaune, m√™me s'il n'a pas commis de faute du premier groupe.

Structure d'une compétition

Si √† l'entrainement le brassage des cat√©gories est monnaie courante, voire encourag√©, il n'en est pas de m√™me en comp√©tition, o√Ļ les cat√©gories d'√Ęges sont tr√®s strictes. Le surclassement, c'est-√†-dire la possibilit√© pour un tireur d'effectuer une comp√©tition d'une cat√©gorie d'√Ęge directement sup√©rieure √† la sienne, voire, plus rarement, le double surclassement (2 cat√©gories au-dessus) est autoris√©. L'inverse est en revanche interdit, √† l'exception des V√©t√©rans qui peuvent continuer √† participer aux comp√©titions S√©nior, la raison principale √©tant bien souvent le faible nombre de comp√©titeurs dans cette cat√©gorie.

La structure habituelle d’une compétition individuelle se compose en deux parties. La première partie est une phase de poules pouvant aller de 4 à 8 tireurs, selon le nombre d'inscrits. Un ou deux tours de poules de 5 ou 6 tireurs sont organisés, permettant d'obtenir un classement révélateur du niveau des escrimeurs en présence. dans le cas de deux tours de poules, le premier sert à composer des poules plus équilibrées pour le second tour, qui serviront quant à elles à composer le tableau éliminatoire. S'il n'y a qu'un seul tour de poule, celui-ci est directement utilisé pour composer le tableau. Dans ces poules, chaque tireur rencontre tour à tour chacun des autres tireurs de ce groupe, lors d'assaut en 5 touches (4 pour les benjamins[11-12 ans]), l'ensemble du match ne dépassant pas les 3 minutes sauf pour le sabre, qui n'est jamais chronomètré[12].

La seconde partie est une comp√©tition avec un tableau par √©limination directe √©tabli √† partir du classement √† l‚Äôissue des poules. Les assauts se d√©roulent en 15 touches (10 pour les minimes [13-14 ans] et 8 pour les benjamins), rythm√©s en trois tiers temps de trois minutes. Entre ces tiers-temps, une minute de repos est allou√© au tireur, qui a la possibilit√© s'il le souhaite de s'entretenir avec son ma√ģtre d'armes. Au sabre, le match est divis√© en deux temps, s√©par√©s par le moment o√Ļ l'un des tireurs marque la huiti√®me touche. Le vainqueur est celui qui se trouve en t√™te √† la fin du temps r√©glementaire.

Au fleuret et à l'épée, durant les deux phases, si le temps réglementaire est écoulé alors que les deux adversaires sont à égalité de score, une minute de temps additionnel est donnée, en procédant à un tirage au sort. Cette minute se déroule à la "mort subite", c'est-à-dire que le premier tireur qui met une touche remporte l'assaut. Si aucune touche n'est donnée, le gagnant du tirage au sort remporte l'assaut.

Aux Jeux olympiques, la compétition ne comprend pas de tour de poule. Le tableau par élimination directe est basé sur le classement international.

Au pentathlon moderne la structure d’une compétition d’escrime est différente. En effet, chaque tireur rencontre tous les autres participants lors d’assaut en une seule touche gagnante.

Il existe, dans l'Armée de l'air française, une compétition spécifique par équipe en relais de 7 touches. Chaque équipe comprend un fleurettiste, un sabreur et un épéiste entrant en lice dans cet ordre. La première équipe atteignant 21 touches gagne la rencontre.

Rencontre par équipes

Les matches par √©quipes (le terme exact d√©finissant les 9 assaut composant un match par √©quipe est rencontre) se d√©roulent sous la forme du ¬ę relais √† l'italienne ¬Ľ (√©preuve olympique) : un match en 45 touches durant lequel les 3 tireurs de chaque √©quipe se remplacent √† tour de r√īle, soit un total de 9 assauts (chacun des 3 tireurs d'une √©quipe rencontre chacun de l'autre √©quipe une fois) de 5 touches. Chaque relais est plafonn√© √† un multiple de 5 touches. Une √©quipe ne peut totaliser plus de 10 touches apr√®s deux relais, 15 apr√®s trois relais, etc. Il est toutefois inexact de dire que le nombre maximum de touches par relais est de 5. Dans deux cas de figure, on peut d√©passer ce total :

  • Lorsque le relais pr√©c√©dent a √©t√© arr√™t√© au temps et nom au nombre de touches. Si au terme du premier assaut le score est de 4-3, il est possible d'inscrire 6 ou 7 touches pour atteindre le plafond de 10 touches lors du deuxi√®me relais.
  • Lorsque l'√©quipe men√©e renverse la situation pour prendre la t√™te. Si le deuxi√®me relayeur de l'√©quipe est men√© 5-3 √† l'issue d'un premier relais et m√®ne 10-9 au terme de son assaut, il a remport√© l'assaut par 7 touches √† 4.

Le score final à l'issue des 9 assauts détermine le vainqueur, la première équipe à 45 touches ou celle qui a le plus de point à la fin du temps réglementaire remporte la rencontre. Le choix de l'ordre des tireurs est donc très important, le dernier pouvant avoir une quantité très importante de touches à rattraper. On place donc communément le meilleur tireur dans le dernier relais

Une autre forme de rencontre par √©quipes existe, bien qu'elle soit rarement pratiqu√©e en comp√©tition : la poule par √©quipes. Il s'agit d'une poule totalement analogue √† une poule individuelle, √† la diff√©rence pr√®s que les tireurs d'une m√™me √©quipe ne se rencontrent pas entre eux. L'√©quipe totalisant le plus grand nombre de victoires est d√©clar√©e vainqueur.

La technique

Article d√©taill√© : Glossaire de l'escrime.

La force pure en escrime n'est pas la première qualité. Mieux vaut réfléchir (vite) avant d'agir, l'à propos (savoir réagir de manière adaptée et au bon moment) étant la qualité principale d'un escrimeur. Comme tous les autres sports, l'escrime demande de la concentration, de l'agilité, de l'endurance, mais aussi de la technique. Sans entrer dans les détails cette rubrique en donne un petit aperçu.

La position de garde

La garde est la position la plus favorable que prend le tireur afin d'être prêt à la défensive, à l'offensive ou à la contre-offensive[13].

L'escrimeur se tient le buste droit et de profil et les épaules effacées afin d'offrir le moins de surface valable possible à l'adversaire. L'arme doit être placée de manière à menacer l'adversaire tout en préservant une position permettant de se défendre (la pointe vers l'adversaire).

Pour le fleuret et l'épée, la position de garde traditionnelle est la sixte, pour le sabre la position de garde traditionnelle est la tierce. Au fleuret, la pointe est dirigée vers l'épaule adverse et le bras armé est tenu légèrement écarté du tronc. À l'épée, la pointe est dirigée vers la main armée adverse et le bras est à demi allongé. Enfin, au sabre, la pointe est dirigée vers l'épaule et le bras armé est près du corps.

La position de garde subit des modifications au cours du combat, suivant la tactique choisie[13].

Au fleuret et √† l'√©p√©e, le bras non arm√© est plac√© en arri√®re et relev√© afin de mieux se tenir de profil, et de raidir le buste en √©quilibrant le bras arm√©. Au sabre, il est plac√© derri√®re le dos afin que l'adversaire ne puisse l'atteindre et par mesure de s√©curit√©. T√Ęche discutable puisque les coups port√©s au dos sont permis, une main laiss√© dans le dos est souvent frapp√©e.

Les pieds sont plac√©s perpendiculairement d'une distance d'une fois et demie la longueur des pieds de l'escrimeur. Les jambes sont fl√©chies √† 130 et 150 degr√©s afin de faciliter les d√©placements, les esquives et les fentes ; le centre de gravit√© est abaiss√© pour favoriser l'√©quilibre.

Il existe une autre √©cole, g√©n√©ralement appel√©e ¬ę √©cole russe ¬Ľ ou ¬ę escrime scientifique/moderne ¬Ľ qui pr√©conise une position de garde diff√©rente : l'escrimeur ne se met pas de profil, mais reste face √† son adversaire. Le bras arm√© est gard√© pr√®s du corps (pas plus loin qu'une main), cependant lors de match √† l'arme √©lectrique le tireur doit prendre garde √† ne pas toucher la veste puisque si l'adversaire touche sa lame il y aura une touche. Le bras non arm√© est laiss√© le long du corps mais se d√©place parfois pour √™tre utilis√© comme ¬ę contre-poids ¬Ľ, t√Ęche d'ailleurs d'utilit√© discutable. Cette √©cole modifie √©galement la mani√®re d'effectuer certaines actions, notamment en retardant l'allongement de bras lors de la fente (au lieu de le faire avant, on le fait pendant) afin de gagner en vitesse de pointe et d'√©viter d'¬ę annoncer ¬Ľ ses ¬ę intentions ¬Ľ trop t√īt. Elle est principalement pratiqu√©e par les Russes et les Italiens.

Les différentes positions de l’arme

Bien que l'orientation du corps reste sensiblement toujours la m√™me en escrime, il existe diff√©rentes fa√ßons de positionner son arme. Telles les diff√©rentes gardes en boxe, les positions en escrime permettent de mettre en place diverses techniques offensives ou d√©fensives. Par exemple au sabre, positionner son arme a gauche (en quarte par exemple), permettra de se d√©fendre d'une attaque visant la partie gauche (ligne du dedans) du corps de l'escrimeur, mais aussi d'attaquer l'adversaire sur sa partie droite. Les "parties" du corps sont appel√©es "lignes" en escrime, les positions de main sont num√©rot√©es de 1 √† 8. Ces positions sont associ√©es √† la ligne qu'elles prot√®gent, pour chaque ligne, il y a une position en pronation (ongles sous la main) et une en supination (ongles au-dessus de la main) :

Les lignes en escrime
  • La ligne du dessus est prot√©g√©e par :
    • la tierce, en pronation (position de garde traditionnelle au sabre)
    • la sixte, en supination (position de garde traditionnelle √† l'√©p√©e et au fleuret)
  • La ligne du dedans est prot√©g√©e par :
  • La ligne du dehors est prot√©g√©e par :
  • La ligne du dessous est prot√©g√©e par :

Les déplacements

Les principaux d√©placements, appel√©s fondamentaux, sont :

  • La marche permet de s'approcher de l'adversaire pour l'attaquer. L'escrimeur se tient de profil, le pied avant et le talon du pied arri√®re sont perpendiculaires et sur une m√™me ligne √† une distance d'environ cinquante √† soixante centim√®tres (environ deux pieds), le tout jambes fl√©chies pour une meilleure r√©activit√©. Pour marcher, on avance d'abord le pied avant, puis on ram√®ne le pied arri√®re √† sa distance initiale dans le laps d'un temps d'escrime. La marche commence avec l'√©l√©vation de la pointe du pied avant et se termine lorsque le pied arri√®re est revenue √† sa position initiale. Le mouvement peut √† la lecture sembler saccad√© et peu naturel mais avec l'habitude et l'entra√ģnement, l'escrimeur parvient √† une marche rapide, esth√©tique et agile.
  • La retraite permet de s'√©loigner de l'adversaire pour √©viter de se faire toucher. Il s'agit de la marche en sens inverse. Elle commence par le recul du pied arri√®re et se termine lorsque le pied avant est revenu √† sa position initiale.
Le développement
  • La fente permet de ¬ę fondre ¬Ľ sur l'adversaire d'abord en allongeant son bras puis en relevant son pied avant (l'adversaire peut voir le dessous de soulier durant cette √©tape) et en avan√ßant celui-ci d'environ 90 centim√®tres en poussant le plus fortement possible de la jambe arri√®re. Le genou avant doit demeurer align√© avec le pied (s'il est plus avanc√© il y a d√©s√©quilibre). Cette action de l'allongement du bras suivi de la fente est appel√© d√©veloppement. Correctement ex√©cut√©e, la touche s'ex√©cute avant que le pied avant ne touche le sol √† la fin de la fente. La vitesse et la puissance de ce mouvement en font une action tr√®s efficace. L'arme, si la touche est plac√©e, prend une l√©g√®re courbure que l'on appelle la fl√®che. La fente peut avoir une s√©quence diff√©rente en tenant compte de consid√©rations tactiques plut√īt que techniques, par exemple l'allongement du bras peut se produire pendant ou apr√®s l'allongement de la jambe. En revanche, aux armes conventionnelles (fleuret et sabre) une inversion de la s√©quence bras-jambes sera consid√©r√© comme mal ex√©cut√© et ne donnera pas la priorit√© √† l'attaquant en cas de touche double.

Tout le jeu consiste alors à surprendre son adversaire dans le rythme des déplacements et des attaques utilisés.
Ces déplacements servent aussi à faire des feintes, simples ou composées, pour tromper le tireur adverse. La feinte peut aussi être effectuée en faisant une fausse attaque qui a pour effet de déstabiliser l'adversaire, puis une autre quand il prend la parade de la première.

En complément de ces fondamentaux on ajoutera les déplacements suivants:

  • Le bond avant et le bond arri√®re qui s‚Äôeffectuent en lan√ßant le pied concern√© (avant ou arri√®re). Il entra√ģne alors le corps vers l'avant ou l'arri√®re. Les deux pieds doivent toucher le sol en m√™me temps.
  • La passe avant (interdite au sabre parce qu'elle fut trop souvent utilis√©e pendant les assauts en √©tant termin√©e par la fl√®che, faisant ressembler les d√©placements des sabreurs √† de la course de sprint plut√īt qu'√† de v√©ritables d√©placements d'escrime. Dans l'histoire de cette arme, l'interdiction de la passe avant co√Įncide presque avec l'√©lectrification du sabre et de tous les autres changements cons√©cutifs apport√©s au r√®glement) et la passe arri√®re qui s‚Äôeffectuent en croisant les jambes (Ces deux mouvement sont interdits au fleret jusqu'au minimes).
  • la ballestra, qui g√©n√©ralement pr√©c√®de une fente (et au sabre, une marche ou une double marche, proc√©d√© fr√©quemment utilis√© par les sabreurs de l'ancienne URSS dans les ann√©es 1980), est une sorte de bond avant, sauf qu'au lieu de poser les deux pieds √† terre en m√™me temps, le pied avant va faire un ¬ę appel ¬Ľ (c‚Äôest-√†-dire frapper fort du talon) afin de d√©stabiliser l'adversaire qui aura tendance √† avoir une r√©action de surprise.
  • Le redoublement de fente s‚Äôeffectue √† la fin d‚Äôune fente. Il y a le redoublement arri√®re qui consiste √† ramener son pied arri√®re en position de garde et √† se fendre √† nouveau tout en maintenant la pointe mena√ßante en direction de l'adversaire et en raccourcissant son bras (sabre ou fleuret plut√īt) ou non (√©p√©e plut√īt). Moins utilis√© est le redoublement avant. Lorsque l'on est fendu on ram√®ne le pied avant pour √™tre en position de garde et l'on se fend √† nouveau. Ce redoublement se fait donc en restant au m√™me endroit et est surtout d√©fensif pour par exemple faire une parade riposte. Ce mouvement est tr√®s technique et demande une temps de r√©action tr√®s rapide.
  • La fl√®che (interdite au sabre), assur√©ment le mouvement technique le plus esth√©tique et le plus redout√©, a pour but de permettre au tireur d'atteindre la cible qu'il souhaite en cr√©ant une brutale rupture temporelle, par une tr√®s brusque acc√©l√©ration, et ce, √† partir d'une distance de charge plus √©lev√©e que pour une fente. Elle s'ex√©cute, en mobilisant d'abord la main pour diriger l'arme vers la cible, d'o√Ļ, dans le jargon des ma√ģtres d'armes, ¬ę la main d'abord ¬Ľ. En effet, une brutale mobilisation du train inf√©rieur avant que la main ne se d√©place, rend l'intention de l'attaquant plus facilement perceptible, l'expose √† une contre-attaque sur le d√©part de l'action, et lui fait perdre du temps. Cette action l√©g√®rement anticip√©e de la main est, bien entendu directement coordonn√©e, dans une ¬ę unit√© du geste ¬Ľ, √† l'action propulsive de la jambe avant, elle-m√™me combin√©e de mani√®re simultan√©e avec un crois√© de la jambe arri√®re le plus loin devant possible, pour, d'une part, compenser le fort d√©s√©quilibre avant cr√©√© par la bascule du buste (beaucoup plus prononc√©e que pour une fente), et, d'autre part, pour permettre √† l'escrimeur de reprendre son √©quilibre en cas d'√©chec de l'attaque, afin de pouvoir parer une √©ventuelle riposte ou un contre-temps. Ce mouvement demande beaucoup de technique et de pr√©cision, √† tel point que les plus jeunes pratiquants n‚Äôont pas le droit de l‚Äôutiliser.

L’attaque

Article d√©taill√© : Attaque (escrime).

C'est l'action offensive initiale qui s'effectue en allongeant le bras, la pointe menaçant la surface valable et coordonnée avec une progression des appuis vers l'avant (fente, flèche). Cette action donne la priorité aux armes conventionnelles (fleuret et sabre).

L'attaque peut √™tre  : simple (effectu√©e en un seul temps) ou compos√©e (pr√©c√©d√©e d'une ou plusieurs feintes).

Il existe 3 attaques simples:

  • Le coup droit (ou tir√© droit), comme son nom l'indique, est une touche port√©e tout droit (en restant dans la m√™me ligne).
  • Le coup√©, consiste √† changer sa lame de c√īt√© par rapport √† la lame adverse, en la contournant en passant par dessus la pointe , avant de porter la touche.
  • Le d√©gagement (ou d√©gag√©), consiste √† porter la touche apr√®s avoir chang√© sa lame de c√īt√© par rapport √† la lame adverse en la contournant par la coquille de l'adversaire.

Ces trois attaques simples peuvent avoir √©t√© pr√©c√©d√©es d'une ou plusieurs feintes ; on parle alors d'attaques compos√©es : les plus utilis√©es sont le "une-deux" et le "doubl√©" (une feinte de d√©gag√© ou de coup√© suivi d'un d√©gag√© (appel√© ¬ę trompement ¬Ľ qui consiste √† √©viter la parade adverse), la feinte de coup droit-d√©gag√©, la feinte de coup√©-coup√©... tout ceci en changeant de ligne horizontale et/ou verticale et/ou diagonale.

L'attaque, simple ou compos√©e, peut √™tre pr√©c√©d√©e de pr√©parations d'attaque. On distingue :

  • Les attaques au fer : elles ont pour objet d'√©carter le fer adverse sans forc√©ment le ma√ģtriser. On distingue : le battement (ou batt√©), la pression, le froissement.
  • Les prises de fer : elles ont pour objet d'√©carter le fer adverse en conservant la ma√ģtrise jusqu'√† la touche. On distingue : l'opposition, le liement, le crois√©, l'enveloppement.

Le contact des fers, l'engagement, peut permettre au tireur avant l'attaque de juger son adversaire et notamment de prévoir ses coups. La sensation tactile correspondante (plus efficace que le regard) se nomme en escrime le sentiment du fer. Dans l'escrime moderne, l'engagement devient de plus en plus rare, mais le "sentiment du fer" conserve sa valeur lors des autres occasions de contacts des fers (parade, prise de fer...).

La parade

Il existe plusieurs moyens pour se défendre.

  • Le premier moyen de se d√©fendre est la parade.

Les parades sont des actions d√©fensives dont le but est de s'assurer d'obtenir la riposte et de toucher. Elles √©cartent la lame adverse de la cible. Les parades principales correspondent aux diverses positions de la main, et sont au nombre de huit : la prime, la seconde, la tierce, la quarte, la quinte, la sixte, la septime et l'octave.

On distingue les parades principales selon la position de l'avant-bras. En supination, ce sont les parades de sixte (position de la garde dans les armes de pointe), quarte, septime, octave. Dans toutes ces positions, le pommeau de l'arme est au-dessus de la main. En pronation, ce sont les parades de prime, seconde, tierce (position de la garde au sabre) et quinte. Dans ces positions, le pommeau est sous la main.

Les parades circulaires (par exemple le contre-de-sixte) consistent en un mouvement circulaire de la lame se terminant dans la position de départ (en sixte pour un contre-de-sixte, en quarte pour un contre-de-quarte, etc.). Ce mouvement circulaire permet d'intercepter la lame adverse et de la bloquer dans la position d'arrivée, pour ensuite conduire la riposte. À chaque parade correspond ainsi une parade circulaire. La plus usitée est le contre-de-sixte (au fleuret et à l'épée), action redoutable et particulièrement efficace si le tireur l'exécute avec la rapidité nécessaire.

  • La retraite permet d'√©viter de se faire toucher en gardant l'adversaire √† distance.
  • L'esquive est un mouvement qui √©carte une partie de son corps afin de ne pas √™tre touch√©.
  • La contre-attaque (le plus souvent en √©p√©e) permet de toucher avant l'adversaire sur son attaque sans √©carter sa lame.

La riposte

Au fleuret ainsi qu'au sabre, la parade donne la priorité à l'attaque qui la suit et que l'on nomme riposte, action offensive destinée à toucher l'adversaire après la mise en échec de son attaque. Cette riposte peut également être parée. La contre riposte est alors l'action offensive qui suit la parade de la riposte, et ainsi de suite…

Si la parade n'est pas suivie d'une riposte, le tireur qui a par√© peut subir une remise d'attaque (dangereuse car il est alors difficile d'ex√©cuter plusieurs parades successivement). Il appartient √† l'arbitre d'appr√©cier, suite √† une parade, l'intervalle de temps pendant lequel la riposte peut √™tre effectu√©e en conservant sa priorit√©. Ce laps de temps n'est pas d√©fini strictement : on parle de "temps d'escrime" pour d√©signer la fraction de seconde n√©cessaire √† un escrimeur pour ex√©cuter une action simple, telle que l'allongement du bras par exemple. Ainsi, une riposte imm√©diate (dans le temps d'escrime) doit √™tre jug√©e prioritaire sur la remise d'attaque.

À l'épée, il n'y a pas de "priorité".

Aspects tactiques

L'aspect tactique en escrime est tr√®s important. Il est possible de comparer la strat√©gie adopt√©e par les tireurs √† un jeu de Pierre-feuille-ciseaux, mais en bien plus complexe. "L'attaque simple" est d√©faite par la "parade-riposte", qui √† son tour est battue par "l'attaque compos√©e", qui peut √™tre contr√©e par l'attaque sur la pr√©paration, √† son tour, celle-ci est d√©faite par l'attaque en "contre-temps", qui est vaincue par une "contre-attaque compos√©e" et finalement cette derni√®re tellement complexe est d√©faite par "l'attaque simple". Cependant, √† l'√©p√©e, toute touche rapporte un point au tireur (si les deux joueurs touchent simultan√©ment, chacun gagne un point), alors qu'au sabre et au fleuret, des r√®gles de priorit√©s s'appliquent en cas de touches simultan√©es: l'attaque l'emportera sur la contre-attaque, alors que si celle-ci √©choue (si elle ne touche pas, qu'elle soit "trop courte" et n'atteigne pas l'adversaire ou qu'elle soit par√©e) ou si elle est mal effectu√©e (raccourcissement du bras arm√©, fente tardive, etc.), la priorit√© passe √† l'autre tireur. Au fleuret, s'il y a touches simultan√©es, mais que le tireur ayant la priorit√© touche dans une surface non-valable, aucun point n'est attribu√©, et les joueurs reprennent la touche l√† o√Ļ elle s'√©tait arr√™t√©e.√Čvidemment, s'il n'y a qu'une seule touche, le point va sans ambig√ľit√© au joueur ayant touch√© son adersaire. Ce sont des consid√©rations majeures que les joueurs prennent en compte afin d'√©laborer une strat√©gie : vont-ils attaquer en premier √† l'√©p√©e, et tenter une touche risqu√©e, ou bien patienter jusqu'√† ce que l'adversaire prenne le risque d'attaquer et faire √©chouer son attaque ? Au sabre et au fleuret, vont-ils prendre la priorit√© avant que l'adversaire n'ait le temps de r√©agir, ou plut√īt la reprendre √† l'adversaire et riposter ?

Traumatologie

Il faut garder √† l'esprit que, m√™me si les lames sont non coupantes et que le bout de la lame est soit recourb√©, soit prot√©g√© par un bouton √©lectrique, le fleuret, l'√©p√©e et le sabre restent fondamentalement des armes blanches capables de blesser gravement. C'est pour cette raison que les escrimeurs portent une tenue de protection faisant l'objet d'un contr√īle rigoureux lors des comp√©titions de tous niveaux.

Si cet √©quipement est bien mis, un escrimeur n'a √† craindre que d'√©ventuels bleus dus √† des touches un peu violentes (en particulier au sabre, o√Ļ les coups de taille peuvent √™tre violents. Lors d'une attaque bien conduite, la lame de l'√©p√©e ou du fleuret est faite pour plier dans un certain sens et donc absorber l'essentiel de l'√©nergie de la frappe). Il faut cependant faire attention √† la main non gant√©e qui ne tient pas l'arme, car la pointe d'une √©p√©e ou la lame d'un sabre peut parfois √©corcher vivement la peau.

Le risque principal pour un escrimeur est de voir la lame de son adversaire se briser lors d'une frappe, ce qui arrive régulièrement. En théorie, les lames sont conçues pour se casser avec une section plate, en pratique il arrive que la lame se casse de biais, présentant alors une pointe acérée. La tenue de protection est conçue pour résister à une frappe avec une lame brisée, ce qui empêche les accidents sérieux.

Pass√© ces contraintes particuli√®res √† l'escrime, il est √©videmment n√©cessaire de s'√©chauffer, en ex√©cutant par exemple une s√©rie de fondamentaux ou en s'entra√ģnant sur un mannequin, afin d'√©viter claquages et √©longations musculaires. Ceux-ci sont fr√©quemment localis√©s au niveau des jambes qui sont sollicit√©es intens√©ment et dans une posture peu naturelle, et plus particuli√®rement dans la jambe d'appui. Les adducteurs, qui subissent des extensions particuli√®rement traumatisantes, sont sujets √† ce type de blessure. En cas de douleur persistante en position de garde, il est recommand√© au tireur de mettre un terme √† sa s√©ance d'entra√ģnement.

Les appuis du tireur, particuli√®rement sollicit√©s, peuvent faire l'objet de diff√©rents traumatismes. Le tireur doit √™tre attentif √† la position de ses pieds, sans quoi il s'expose √† des torsions articulaires au genou ou plus fr√©quemment √† la cheville, ou bien √† des tendinites, l√† aussi plut√īt au niveau de la chevile (Tendon d'Achille). Une bonne position de pieds n'assure cependant pas une s√©curit√© totale. Une retraite ex√©cut√©e par r√©flexe, par exemple pour √©viter une touche, peut entra√ģner une torsion. la blessure est alors in√©vitable.

L'escrimeur peut, par la nature de ses d√©placements, √™tre sujet √† des ampoules au talon, √† la base de la voute plantaire et aux orteils. La dimension de l'ampoule est alors proportionnelle √† l'intensit√© de ses d√©placements, mais n'est pas n√©cessairement fonction de son poids. Avec la pratique, les ampoules ont tendance √† appara√ģtre moins fr√©quemment et sont moins douleureuses. De la corne se forme naturellement sous le pied et agit comme une protection contre les ampoules, mais modifie sensiblement la perception du tireur par rapport √† ses d√©placements. Le port d'une paire de chaussettes en dessous de la paire de chaussettes d'escrime est un moyen efficace pour pr√©venir les ampoules.

Le frottement de la poign√©e peut occasionner d'autres ampoules, aux doigts, en particulier pour les utilisateurs de poign√©es orthop√©diques. Une tenue ferme de la poign√©e est conseill√©e pour minimiser les frottements, toutefois le probl√®me peut √™tre r√©current si la forme de la poign√©e ne correspond pas √† la morphologie de la main du tireur. Une poign√©e diff√©rente doit alors √™tre install√©e, et la poigne du tireur peut aussi faire l'objet d'un entra√ģnement sp√©cifique afin d'optimiser la prise en main de son arme.

La pédagogie ancienne et moderne

√Ä partir des ann√©es 1970, l'escrime fran√ßaise adopte les cours collectifs qui consistent pour le ma√ģtre d'armes √† enseigner en face d'un groupe, permettant ainsi une p√©dagogie de masse adapt√©e au monde moderne. La p√©dagogie de l'escrime sportive supprime ainsi les le√ßons particuli√®res de Ma√ģtre √† √©l√®ve en d√©but et en fin de cours, entrecoup√©s d'assauts. Cette m√©thode a notamment √©t√© th√©oris√©e par le Ma√ģtre d'armes Ren√© Geuna[r√©f. souhait√©e].

On g√©n√©ralise aussi de plus en plus les poign√©es dites "orthop√©diques" au d√©triment des poign√©es droites plus difficiles √† ma√ģtriser. Cette r√©forme a ainsi conduit √† une uniformisation de l'enseignement, provoquant une perte de singularit√© de l'escrime fran√ßaise[r√©f. n√©cessaire]. Au sabre la poign√©e est presque toujours droite.

Les escrimes différentes

L’escrime handisport

Article d√©taill√© : Escrime handisport.

Aujourd'hui l'escrime handisport est une escrime à part entière qui s'adapte bien à sa pratique en fauteuil roulant. Les échanges sont très rapides et les réglements sont proches de l'escrime traditionnelle. La technique fondamentale reste la même, mais des règles particulières sont appliquées.

De plus en plus d'entra√ģnements communs handicap√©s/valides sont organis√©s. De plus en plus de comp√©titions ont lieu en commun (sur un m√™me site) permettant ainsi d'int√©grer de fa√ßon plus concr√™te les sportifs handicap√©s √† la communaut√© des escrimeurs.

Il existe des compétitions handisports au niveau national et international.

Certaines salles proposent aussi de l'escrime pour les mal et non voyants qui tirent debout et se rep√®rent gr√Ęce au contact entre les lames. Pour qu'une touche soit valable, il est n√©cessaire qu'il y ait contact de fer avant la touche.

L’escrime classique

Article d√©taill√© : Escrime classique.

Dans le monde anglo-saxon, il existe un mouvement qui affirme que l‚Äôavenir doit √™tre guid√© par le pass√©. Les escrimeurs ‚Äúclassiques‚ÄĚ soutiennent que l‚Äôescrime, avant les innovations techniques et p√©dagogiques modernes et avant l‚Äôintroduction des appareils √©lectriques, √©tait plus correcte et plus humaine. L‚Äôescrime sportive, disent-ils, a perdu la r√©alit√© du duel alors que les r√®gles de l‚Äôescrime en sont tir√©es. C‚Äôest la raison pour laquelle ils ont rejet√© la FIE, et ont fond√© leurs propres nouvelles organisations.

Il est très important de comprendre que l’escrime classique n’est pas l'escrime artistique. Même si sa pratique est soumise à des règles et à une discipline très strictes, c’est un vrai agon. L’influence de ce mouvement sur l’escrime est encore totalement mineure en France.

L’escrime de spectacle

Article d√©taill√© : escrime artistique.

Loin de la notion d'opposition propre √† l'escrime sportive, l'escrime artistique mise sur le partenariat. Ensemble, les partenaires construisent une passe d'armes esth√©tique simulant un combat √† la rapi√®re, l'√©p√©e m√©di√©vale, fleuret, √©p√©e de cour, ... L'escrime artistique est une activit√© proche de la cascade et de l'art (com√©die, expression corporelle, th√©√Ętre, cin√©ma...).

L'escrime artistique est une simulation de combat et contrairement à l'escrime sportive, la touche est évitée. La passe d'arme doit faire illusion et doit être crédible. C'est pourquoi les techniques, qui diffèrent selon les armes choisies, s'inspirent d'anciens traités d'escrime, mais sont retravaillées à la fois pour des motifs de sécurité et de lisibilité par le public.

L'escrime est un sport ou un art ambidextre, il faut pouvoir utiliser aussi bien sa main droite que sa main gauche.

Arts martiaux historiques européens

Article d√©taill√© : Arts martiaux historiques europ√©ens.

Les Arts Martiaux Historiques Européens (AMHE) correspondent à une démarche entreprise depuis les années 1990 tendant à redécouvrir les techniques de combat utilisées dans l'histoire européenne. La méthode d'étude se base à la fois sur des sources historiques (traité d'époque et autres documents) ainsi que sur une reconstitution sécurisée armes à la main. Les AHME limitent leur champs d'étude d'un point de vue des techniques (armes blanches, éventuellement mains nues), périodes (des origines à 1914), et géographie (Europe) visées. L'expression "Arts Martiaux Historiques Européens" est en général préférée à celle d'escrime ancienne du fait d'une confusion ayant existé avec l'escrime artistique, qui elle est destinée au spectacle. On parle aussi parfois d'escrime historique.

L’escrime dans le monde

L’organisation de l’escrime aujourd’hui

FIE

La Fédération internationale d'escrime ou FIE est l'organisation qui régit mondialement le sport de l'escrime. Domiciliée à Lausanne, elle compte 123 fédérations membres. Elle organise principalement les Jeux olympiques et les championnats du monde. Elle crée les circuits de Coupe du monde. C'était en 2007, la seule fédération sportive internationale dirigée par un Français, René Roch. Le 6 décembre 2008, le Russe Alicher Ousmanov est élu président de la FIE en battant le président sortant.

Les fédérations nationales

Belgique

La Fédération royale belge des cercles d'escrime (FRBCE) est la seule organisation de gestion de l'escrime reconnue par le Comité olympique et interfédéral de Belgique(COIB) et la Fédération internationale d'escrime (FIE).

Elle se compose de deux membres :

  • Ligue francophone des cercles d'escrime de Belgique qui regroupe une quarantaine de cercles d'escrime √† Bruxelles et en Wallonie[14].
  • Vlaamse Schermbond (f√©d√©ration flamande d'escrime)qui est compos√© d'environs 25 cercles d'escrime en Flandre[15].

L'Acad√©mie royale d'armes de Belgique (A.R.A.B.) est l'association des enseignants d‚Äôescrime de Belgique (initiateurs, pr√©v√īts et Ma√ģtres d'arme)[16].

France
Article d√©taill√© : escrime en France.

La F√©d√©ration fran√ßaise d'escrime (FFE) repr√©sente la France dans l'escrime de haut niveau. La FFE repose sur plusieurs √©l√©ments :

  • 740 clubs d'escrime fran√ßais.
  • Les comit√©s d√©partementaux charg√©s de cr√©er, d'organiser et d'animer l'activit√© dans son secteur g√©ographique.
  • Les ligues r√©gionales organisent les √©preuves officielles qualificatives pour les diff√©rents championnats nationaux de toutes cat√©gories d'√Ęge, entra√ģnent et perfectionnent les espoirs r√©gionaux, forment les cadres et les arbitres.

Les clubs, la salle d'armes

Principales compétitions

Les Jeux olympiques

Article d√©taill√© : Escrime aux Jeux olympiques.
Tableau des dix premiers classés pour l'escrime[17]
Rang Pays médaille d'or , Jeux olympiques médaille d'argent , Jeux olympiques médaille de bronze , Jeux olympiques Total
1 Drapeau d'Italie Italie 45 38 31 114
2 Drapeau de France France 41 40 34 115
3 Drapeau de Hongrie Hongrie 34 22 26 82
4 Drapeau : URSS Union sovi√©tique 18 15 16 49
5 Drapeau de Russie Russie 9 2 5 16
6 Drapeau d'Allemagne de l'Est R√©publique d√©mocratique allemande 7 8 1 16
7 Drapeau d'Allemagne Allemagne 6 7 10 23
8 Drapeau de Cuba Cuba 5 5 6 16
9 Drapeau de Pologne Pologne 4 9 9 22
10 Drapeau de Roumanie Roumanie 3 4 7 14

Les compétitions continentales

Les compétitions nationales

Le système de classement

Les grands champions

L'histoire de l'escrime est anim√©e par de grands champions qui ont marqu√© leur √©poque soit par leur excellence technique, soit par l'ampleur de leur palmar√®s. En voici quelques-uns :

Aldo et Nedo Nadi à Cannes en 1935
  • Lucien Gaudin (1886-1934), surnomm√© le ¬ę hors classe ¬Ľ, tant il domine son temps par sa connaissance de l‚Äôescrime et son √©l√©gance. Sa carri√®re sportive dure de 1904 √† 1928. Alors qu‚Äôil est le grand favori des √©preuves de fleuret et d'√©p√©e il manque tous les Jeux olympiques jusqu‚Äô√† ceux de 1924. En 1928, √† l'√Ęge de quarante deux ans, il remporte enfin un titre individuel s‚Äôadjugeant l‚Äô√©p√©e et le fleuret. Il remporte en tout quatre m√©dailles d‚Äôor et deux m√©dailles d‚Äôargent aux Jeux olympiques et deux titres de champions du monde.
  • Aladar Gerevich (1910-1991) est un sabreur hongrois, un des plus grands de l'histoire. Il participe et remporte une m√©daille d'or lors de six Jeux olympiques diff√©rents. Il est le seul athl√®te √† avoir r√©ussi cet exploit avec la kayakiste allemande Birgit Fischer. Au total il remporte dix m√©dailles olympiques dont sept d'or et onze m√©dailles d'or aux championnats du monde entre 1932 et 1957.
  • Christian d'Oriola (1928-2007) est un fleurettiste fran√ßais surnomm√© ¬ę d'Artagnan ¬Ľ par les Anglais d√®s 1948. Sa carri√®re s'√©tend de 1947 (date √† laquelle il devient le plus jeune escrimeur √† remporter un titre mondial) √† 1970. M√™me s'il est un farouche opposant √† l'introduction du fleuret √©lectrique en escrime en 1954, cela ne l'emp√™che pas de remporter le titre olympique en 1956. Au total il remporte six m√©dailles aux Jeux olympiques, dont quatre d'or, et neuf m√©dailles dont huit d'or aux championnats du monde. D'Oriola reste dans le monde de l'escrime un exemple pour son √©l√©gance sur la piste et son esprit chevaleresque.
  • Alexandre Romankov (1953- ) d√©tient le record de victoires aux championnats du monde d'escrime avec cinq titres individuels. Il est consid√©r√© dans le monde de l'escrime comme un des plus grands fleurettistes de l'histoire. Le seul titre qui lui a toujours √©chapp√© est la m√©daille d'or dans l'√©preuve de fleuret individuel aux Jeux olympiques.
  • Pal Szekeres est un fleurettiste hongrois, il est le seul escrimeur √† avoir √©t√© m√©daill√© aux Jeux olympiques et aux Jeux paralympiques. M√©daille de bronze aux Jeux olympiques de 1988 √† S√©oul, il est victime trois ans plus tard d'un grave accident de voiture. En 1992, il gagne la m√©daille d'or aux Jeux paralympiques de Barcelone.
  • Georges de la Falaise (1866-1910) est un escrimeur fran√ßais qui pr√©sente la caract√©ristique d'avoir √©t√© m√©daill√© olympique dans deux armes diff√©rentes (m√©daille d'or au sabre individuel en 1900, m√©dailles d'or √† l'√©p√©e individuelle et par √©quipes en 1906).

√Čconomie de l'escrime

√Čquipementiers

Les équipementiers de l'escrime sont dans la quasi-totalité des cas spécialisés dans ce domaine très pointu. La typicité et la technicité des équipements sont la raison de cette spécialisation.

Les équipementiers généralistes comme Adidas, Nike, le Coq sportif interviennent aussi dans l'escrime. Leur action se limite à la fabrication de chaussures spécialement étudiée à la pratique de ce sport.

Les plus grands √©quipementiers de l'escrime proviennent des grandes nations de ce sport (grandes par leur histoire ou par leur potentiel √©conomique) : l'Allemagne (Allstar/Uhlmann), la France (Prieur,Cartel), le Royaume-Uni (Duellist, L√©on Paul), mais aussi l'Italie, la Hongrie (PBT) et les √Čtats-Unis.

La distribution se fait par deux biais, la vente en direct par des magasins spécialisés ou des stands lors des compétitions et la vente sur Internet(EscrimeStar,Sport7). Les grandes chaines de distribution d'articles de sport ne proposent que très rarement des articles d'escrime.

Escrime et médias

En dehors des Jeux olympiques, l'escrime un sport relativement sous-médiatisé. Le site internet Escrime Info est tout de même consacré à l'actualité de l'escrime.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ R√®glementation Mat√©riel FIE de d√©cembre 2007 : http://www.fie.ch/download/rules/fr/RMATER.pdf
  2. ‚ÜĎ a et b Le terme "substituer" est un terme d'escrime utilis√© dans l'analyse de la phrase d'arme. Il signifie recouvrir la surface valable au fleuret et au sabre par une surface non valable (placer le bras par dessus la surface valable au fleuret par exemple).
  3. ‚ÜĎ R√®glement du mat√©riel FIE http://www.fie.ch/download/rules/fr/RMATER.pdf
  4. ‚ÜĎ Martine Faur√©, Cours d'escrime, √©ditions de Vecchi (1998) ; pr√©face au fleuret par Philippe Omn√®s.
  5. ‚ÜĎ Martine Faur√©, Cours d'escrime, √©ditions de Vecchi (1998) ; pr√©face √† l'√©p√©e par √Čric Srecki.
  6. ‚ÜĎ a et b VSEscrime : Le sabre, l‚Äôarme des cavaliers
  7. ‚ÜĎ Les diff√©rentes armes : le sabre (FFE)
  8. ‚ÜĎ Martine Faur√©, Cours d'escrime, √©ditions de Vecchi (1998) ; pr√©face au sabre de Jean-Fran√ßois Lamour.
  9. ‚ÜĎ R√©glement technique de la FIE - Chapitre 3 - Le terrain
  10. ‚ÜĎ Le livre des blasons
  11. ‚ÜĎ Les fautes et leurs sanctions, r√®glement technique (FIE)
  12. ‚ÜĎ Interview d'Eric Boisse
  13. ‚ÜĎ a et b Ma√ģtre Daniel Revenu, Manuel de l'√©ducateur, √©dition 2003, p. 54
  14. ‚ÜĎ http://www.escrime-ligue.be
  15. ‚ÜĎ http://www.vlaamseschermbond.be/
  16. ‚ÜĎ http://www.arab-ksab.be/
  17. ‚ÜĎ apr√®s les Jeux olympiques de 2008 √† P√©kin

Sources

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