Ernie Eves

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Ernie Eves

Ernest Eves

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23e Premier ministre de l'Ontario
Mandat 15 avril 2002 -
23 octobre, 2003
Prédécesseur Mike Harris
Successeur Dalton McGuinty Junior
Date de naissance 17 juin 1946
Lieu de naissance Windsor (Ontario)
Profession avocat
Parti politique Progressiste-conservateur

L'honorable Ernie Eves (né le 17 juin 1946) est un homme politique canadien de l'Ontario. Il est le premier ukraino-canadien à devenir Premier ministre de l'Ontario, le 23e, du 15 avril 2002 au 23 octobre 2003.

Sommaire

Origines

N√© au sein d'une famille ouvri√®re √† Windsor (Ontario), il d√©m√©nage avec sa famille √† Parry Sound, dans le nord de l'Ontario, alors qu'il est adolescent. Eves fr√©quente l'√©cole de droit Osgoode Hall, est appel√© au barreau en 1972 et pratique le droit avec la firme Green and Eves. En 1981, il est candidat progressiste-conservateur dans la circonscription provinciale de Parry Sound ; il d√©fait le candidat lib√©ral Richard Thomas par seulement six voix (ce qui lui vaut par antiphrase le surnom de "Landslide Ernie") mais conserve ensuite ce si√®ge pendant vingt ans.

Eves est ministre dans l'éphémère gouvernement de Frank Miller, comme secrétaire provincial pour le Développement des ressources du 8 février au 22 mars 1985, ministre du Développement des compétences du 22 mars au 17 mai 1985 et ministre des Services sociaux et communautaires du 17 mai au 26 juin 1985. En tant que ministre du Développement des compétences, Eves est également le ministre responsable des Affaires autochtones. À ce titre, il passe à l'histoire en 1985 en proclamant que l'Ontario est en faveur de l'auto-gouvernance autochtone.

Il quitte le cabinet lors de la défaite du gouvernement Miller à la législature et sert à titre de député de l'opposition jusqu'au retour des progressistes-conservateurs au pouvoir en 1995.

Les années Harris

Eves est un ami proche de longue date de son coll√®gue nord-ontarien, le d√©put√© Mike Harris. En 1990, Eves appuie la candidature de Harris √† la direction du parti. En 1995, apr√®s avoir √©t√© √©lu sous la force de la "R√©volution du bon sens", un programme de style Reagan pr√īnant des baisses d'imp√īts et des coupures budg√©taires, Eves est nomm√© ministre des Finances et vice-premier ministre.

Aux Finances, Eves pr√©side √† des coupures sans pr√©c√©dent aux imp√īts et aux d√©penses publiques, incluant l'√©ducation, la sant√© et l'assistance sociale. L'imp√īt provincial sur le revenu a √©t√© coup√© de 30% et les taux d'assistance social de 22%, √©jectant 500 000 personnes des prestations d'assurance sociale.

√Ä titre de ministre des Finances, Eves pr√©side √©galement √† deux initiatives controvers√©es de privatisation : le bail √† long-terme de la centrale nucl√©aire de Bruce consenti √† British Energy et la vente de l'autoroute 407 √† SNC-Lavalin.

Lors de sa retraite, Eves affirme que l'impact d√©vastateur des coupures de 22% √† l'assurance sociale l'emp√™chait de dormir la nuit. On dit √©galement que Eves √©tait en conflit avec le risque √©conomique d'ajouter 22 milliards $ √† la dette provinciale en coupant les imp√īts avant d'avoir √©quilibr√© le budget. Certains croient que Eves a emp√™ch√© certaines des initiatives de Harris per√ßues comme plus radicales durant leurs temps au pouvoir.

Malgr√© l'amiti√© proche, les origines et les convictions similaires de Harris et Eves, les deux hommes ont une personnalit√© publique fort diff√©rente. Alors que Harris tentait d'incarner l'image du politicien grass-roots pr√®s du peuple, Eves, lui, est exactement le contraire. Il √©tait toujours tir√© √† quatre √©pingles, habill√© de complets dispendieux ; des documents r√©v√®lent qu'il d√©pensait 25 000 $ par ann√©e en v√™tements, 5 000 $ en bijoux et 700 $ en nettoyage √† sec. Eves arborait √©galement une chevelure liss√©e qui renfor√ßait son image de politicien superficiel.

La vie personnelle de Eves dans les dernières années du gouvernement Harris est tumultueuse. Son fils, Justin, meurt dans un accident de la route à Parry Sound, et, peu après, son mariage de longue date s'effondre. Eves entame une relation avec une collègue du cabinet, Isabel Bassett, et se sépare de sa femme. Le 8 février 2001, Eves décide de démissionner de son poste à la tête du ministère des Finances pour poursuivre des opportunités dans le secteur privé. Il devient vice-président de la banque d'affaires Crédit Suisse First Boston ainsi que partenaire à une firme d'avocat torontoise importante.

Lors d'une √©lection partielle en mars 2001, il est remplac√© en tant que d√©put√© pour la circonscription de Parry Sound‚ÄĒMuskoka par Norm Miller, fils de l'ancien Premier ministre Frank Miller.

Retour à la politique

Sa retraite est de courte dur√©e. Lorsque Harris d√©missionne de fa√ßon inattendue, Eves choisit d'√™tre candidat au congr√®s d'investiture du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario en 2002. Eves devient imm√©diatement le favori et la plupart des d√©put√©s tory et membres du parti se rallient √† lui. Eves r√©siste √† une campagne d√©termin√©e de la part de son successeur aux Finances, Jim Flaherty, qui pr√īne un programme plus √† droite pour plaire aux militants du parti. La campagne de Flaherty s'attaque furieusement √† Eves, le qualifiant de "bavasseur s√©riel" et de "p√Ęle copie de Dalton McGuinty". Eves est √©lu chef du Parti progressiste-conservateur le 23 mars 2002 au deuxi√®me tour de vote.

Premier ministre

Eves est asserment√© √† titre de 23e Premier ministre de l'Ontario le 15 avril 2002 et revient √† la l√©gislature en tant que d√©put√© de Dufferin‚ÄĒPeel‚ÄĒWellington‚ÄĒGrey apr√®s une √©lection partielle le 2 mai 2002.

Son mandat est toutefois difficile ; le gouvernement tente toujours de se remettre sur pied apr√®s l'affaire de Walkerton, o√Ļ sept personnes sont mortes apr√®s avoir bu de l'eau contamin√©e, lorsque de nouveaux probl√®mes se d√©clarent. Le plus s√©v√®re est l'ouverture √† un march√© comp√©titif dans le syst√®me √©lectrique. Des augmentations dans les co√Ľts de r√©acteurs nucl√©aires et un √©t√© extr√™mement chaud s'ajoutent √† des probl√®mes dans la r√©glementation du march√© pour faire grimper les prix d'√©nergie de fa√ßon importante (surtout dans le nord ontarien). Le gouvernement est forc√© d'annuler la privatisation et instaure un plafond aux prix de l'√©lectricit√©, qui se situe sous le prix r√©el, faisant ainsi payer aux contribuables des centaines de millions de dollars.

√Ä l'automne 2002, un manque de vision du gouvernement progressiste-conservateur permet aux lib√©raux de dominer l'agenda. Le ministre Cam Jackson est oblig√© de d√©missionner lorsque les lib√©raux r√©v√®lent qu'il avait d√©pens√© plus de 100 000 $ pour des repas et de l'alcool dans des restaurants dispendieux et dans des h√ītels quatre-√©toiles torontois. Eves est √©galement pris au d√©pourvu lorsque les lib√©raux d√©couvrent que Mike Harris avait instaur√© une d√©duction d'imp√īt secr√®te pour les √©quipes sportives professionnelles √† son dernier jour en fonction.

Inquiets du retour √† la l√©gislature, les conseillers d'Eves con√ßoivent une op√©ration de relations publiques qui tourne au d'un d√©sastre : Ils convainquent le premier ministre de faire pr√©senter le budget 2003 du gouvernement par la ministre des Finances Janet Ecker √† une conf√©rence de presse t√©l√©vis√©e au si√®ge social du fabricant de pi√®ces d'automobile Magna International, au lieu de le faire √† la l√©gislature. La PDG de Magna √©tait la militante tory c√©l√®bre Belinda Stronach, qui est devenue plus tard une ministre lib√©rale au niveau f√©d√©ral. Le "budget Magna" a d√©clench√© des accusations que le gouvernement tentait de se soutirer au scrutin de la l√©gislature et faisait fi de centaines d'ann√©es de tradition parlementaire. De plus, le co√Ľt de cet exercice est condamn√© comme un gaspillage de fonds, consid√©rant que la chambre l√©gislative est d√©j√† √©quip√©e de mat√©riel vid√©o pour la couverture t√©l√©vis√©e. Le "budget Magna" devait d√©clencher une campagne √©lectorale provinciale, mais les r√©actions sont tellement mauvaises que l'√©lection est remise √† l'automne. Les attaques proviennent non seulement des partis de l'opposition et des m√©dias mais √©galement d'un des membres du parti de Eves, Gary Carr. √Ä titre de Pr√©sident de la l√©gislature, Carr statue que les actions du gouvernement √©taient un outrage √† la l√©gislature. (Subs√©quemment, la majorit√© progressiste-conservatrice vote √† la l√©gislature que les actions du gouvernement ne constituaient pas un outrage.) Le budget comprend √©galement plusieurs suppositions irr√©alistes qui m√®ne bien des commentateurs √† croire que le gouvernement cachait un d√©ficit fr√īlant le 2 milliards $.

Peu apr√®s le budget, le ministre de l'√Čnergie Chris Stockwell rencontre des probl√®mes lorsqu'il permet √† une compagnie, r√©glement√©e par son minist√®re, de lui payer un voyage en famille en Europe. Apr√®s plusieurs semaines de manchettes m√©diatiques sur le scandale et une d√©cision d√©favorable du Commissaire √† l'int√©grit√© de la province, Eves oblige Stockwell √† d√©missionner.

À l'été 2003, la question de l'énergie vient de nouveau causer des problèmes à Eves. Durant son mandat, le gouvernement tory n'avait pas fait d'importants investissements dans de nouvelles sources d'énergie. Les températures élevées et l'utilisation de climatiseurs poussent le réseau électrique ontarien à la limite, et après la panne électrique nord-américaine de 2003, le service d'électricité provincial est obligé d'acheter de l'énergie à grand prix au Québec. Pendant ce temps, Eves fait des apparitions quotidiennes à la télévision pour annoncer des progrès dans la situation, et appelant le public à conserver l'électricité autant que possible durant cette période. Cet activisme lui vaut une certaine remontée dans les sondages.

√Člection de 2003

En septembre 2003, Eves d√©clenche une √©lection, pla√ßant la date du scrutin au 2 octobre 2003. Bien que la visibilit√© accord√©e par la panne √©lectrique e√Ľt fait remonter les progressistes-conservateurs √† une √©galit√© de courte dur√©e avec les lib√©raux de Dalton McGuinty Junior dans les sondages, et malgr√© la r√©putation des tories ontariens d'augmenter leurs appuis pendant une campagne √©lectorale, Eves est incapable de convaincre les √©lecteurs que son parti m√©rite de rester au pouvoir. Une grande partie de la plateforme conservatrice ressemblait beaucoup √† celle que Jim Flaherty avait pr√īn√©e lors de la campagne √† la direction, et Eves √©tait visiblement mal √† l'aise de d√©fendre des politiques auxquelles il s'√©tait oppos√© un an auparavant. Lorsqu'un travailleur de campagne distribue un communiqu√© de presse qualifiant le chef lib√©ral Dalton McGuinty de "m√©chant mangeur de chatons reptilien d'une autre plan√®te", plusieurs √©lecteurs sont rebut√©s par l'attaque.

En contraste, les lib√©raux m√®nent une campagne tr√®s contr√īl√©e et disciplin√©e sur le th√®me simple du changement. McGuinty para√ģt pr√™t pour le poste de premier ministre et tire parti de la frustration des √©lecteurs sur les services publics en √©tat de d√©t√©rioration et le conflit inutile des gouvernements Harris et Eves. Eves est incapable de faire des progr√®s lors des d√©bats des chefs, faisant preuve d'une retenue non caract√©ristique face aux critiques de McGuinty, et ne r√©ussit pas √† faire remonter les appuis √† son parti dans les derniers jours de la campagne.

Le 2 octobre 2003, les libéraux remportent 72 des 103 sièges à l'Assemblée législative de l'Ontario, et les tories de Eves seulement 24. Toutefois, Eves est réélu dans sa circonscription par la plus grande marge de tous les candidats progressistes-conservateurs.

Démission

Chef de l'Opposition, Eves s'attaque au premier budget du gouvernement McGuinty, particuli√®rement la prime de sant√© qui viole une promesse √©lectorale de ne pas hausser les imp√īts. Bien que consid√©r√© comme un chef faible, Eves m√®ne dans les sondages d'opinions durant cette p√©riode.

Au d√©but de 2004, Eves annonce son intention de d√©missionner avant le d√©but de la session l√©gislative d'automne 2004. Un congr√®s d'investiture √©lit John Tory comme son successeur le 18 septembre 2004 ; Eves est officiellement neutre dans la campagne. Tory et Eves partagent un certain nombre d'attributs, les deux provenant de l'aile Red Tory du parti.

On s'attend √† ce que Eves d√©missionne de son si√®ge √† la l√©gislature durant les f√™tes de 2004 afin de permettre au nouveau chef du parti, John Tory, d'int√©grer la l√©gislature par une √©lection partielle. La d√©mission de Eves n'arrive pourtant pas ; apr√®s une fuite du cabinet de Tory sur la d√©mission imminente de Eves, ce dernier refuse de partir, minant ainsi la cr√©dibilit√© du nouveau chef. D'autres rumeurs veulent qu'Eves refusait de partir avant d'avoir obtenu un si√®ge au S√©nat du Canada ou √† un conseil d'administration public. Puisque les nominations de patronage √©taient aux mains des lib√©raux provinciaux et f√©d√©raux, il aurait √©t√© difficile pour John Tory de convaincre les gouvernements provincial ou f√©d√©ral de faire une telle nomination.

Le 31 janvier 2005, Eves démissionne de son siège à la législature. Après sa démission, bien qu'il ait reçu plusieurs offres importantes du secteur privé, il les aurait toutes refusées.

Politique fédérale

Pour plusieurs années, Eves était connu comme le partisan le plus important du Parti progressiste-conservateur fédéral au sein du gouvernement de Mike Harris. Il avait appuyé Joe Clark dès le premier tour au congrès d'investiture du parti en 1976, et continue d'appuyer les tories fédéraux dans les années 1990 malgré la montée du Parti réformiste, son rival de droite. Il appuie la candidature de Hugh Segal à la direction du parti fédéral en 1998.

En 2000, Eves achète une carte de membre de l'Alliance canadienne afin d'appuyer la campagne au leadership de Tom Long, mais il rejoint les tories après l'élection de Stockwell Day à la tête du parti. Durant la course à la direction du Parti PC de l'Ontario en 2002, Eves et ses partisans invitent le chef progressiste-conservateur Joe Clark à y assister à titre de délégué d'honneur. Aucune invitation semblable n'est envoyée au nouveau chef allianciste et futur chef tory Stephen Harper. Harper assiste au congrès progressiste-conservateur ontarien en 2004 à titre de chef du Parti conservateur du Canada.

L'appui de Eves au nouveau Parti conservateur du Canada a √©galement √©t√© plut√īt ti√®de ; il a notamment fait plusieurs commentaires favorables au gouvernement lib√©ral de Paul Martin en 2003 et 2004.

Lien externe


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Ernie Eves de Wikipédia en français (auteurs)

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