Affaire du foulard

ï»ż
Affaire du foulard

Loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques

La loi sur les signes religieux dans les écoles publiques (Loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collÚges et lycées publics) est une loi française, promulguée par le gouvernement Raffarin (UMP).

La loi a fait l'objet d'ùpres controverses, à gauche comme à droite. Une jurisprudence a précisé la portée de cette loi.

Sommaire

Le rapport Stasi

Article dĂ©taillĂ© : Commission Stasi.

En 2003, le président Jacques Chirac décide de constituer un groupe de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République. Cette «Commission Stasi» est une réponse à l'affaire dite du « voile ».

Dans son rapport final, la commission estimait que le port de signes religieux ostentatoires Ă©tait en contradiction avec les rĂšgles laĂŻques du systĂšme scolaire français. Une autre partie du rapport Stasi, Ă©cartĂ©e par Jacques Chirac et non reprise dans la loi, recommandait Ă©galement que des fĂȘtes religieuses non chrĂ©tiennes (Yom Kippour et l'AĂŻd el-Kebir) soient des jours de congĂ© dans toutes les Ă©coles.

Le vote de la loi

En dĂ©cembre 2003, le prĂ©sident français Jacques Chirac a dĂ©cidĂ© d'agir suivant les recommandations de la commission Stasi, en faisant prĂ©parer une loi, en janvier ou fĂ©vrier, qui puisse s'appliquer en septembre 2004, le dĂ©but de l'annĂ©e scolaire suivante. Le 10 fĂ©vrier 2004 l'AssemblĂ©e nationale a votĂ© Ă  une large majoritĂ© (494 contre 36) l'appui de l'interdiction. Ce vote a Ă©tĂ© suivi d'un vote conforme du SĂ©nat, puis des dĂ©crets d'application.

Cette loi interdit de porter les signes ostentatoires, visibles et portĂ©s dans l'intention d'ĂȘtre vus, c'est-Ă -dire manifestant non plus l'appartenance Ă  une religion mais une volontĂ© politique. Les articles interdits par cette loi incluent a priori le hijab musulman, la kippa juive, le turban Sikh ou de grandes croix chrĂ©tiennes, tandis que les symboles discrets tels que les petites croix, Ă©toiles de David, ou mains de Fatima sont permis. Avant cette loi, un arrĂȘt du Conseil d'État laissait aux chefs d'Ă©tablissement la responsabilitĂ© de statuer sur la question.

Jurisprudence depuis l'application de la loi (2004 Ă  aujourd'hui)

Le Conseil d'Etat a statué le 5 décembre 2007 que l'interdiction s'applique également aux signes et tenues démontrant une affiliation religieuse par le simple comportement de l'élÚve. Il a ainsi confirmé l'interdiction du port d'un sous-turban sikh et d'un bandana[1] [2].

Des parentes d’élĂšves voilĂ©es peuvent-elles entrer dans l’école de leur enfant ? L'ancien ministre de l'Ă©ducation, François Fillon, a dĂ©clarĂ© que la loi ne s'applique aucunement aux parents d'Ă©lĂšves. Saisi de certains cas, le mĂ©diateur de la RĂ©publique Ă©tait du mĂȘme avis. Pourtant, dans plusieurs villes, comme par exemple Ă  Montreuil en Seine-Saint-Denis, et Ă  Vitry-sur-Seine, ces interdictions sont frĂ©quentes. En mai 2005, une mĂšre d'Ă©lĂšve fut interdite de tenir un stand Ă  la kermesse de l'Ă©cole de son fils. À la suite de l'intervention de diffĂ©rentes associations et des journalistes, l'interdiction fut levĂ©e. Le 14 mai 2007, la HALDE affirma que les mĂšres voilĂ©es devaient pouvoir participer aux activitĂ©s scolaires.

L'interdiction du port du voile dans les collĂšges et les lycĂ©es est-elle applicable dans les universitĂ©s ? Le Code de l'Education garantit la libertĂ© d'expresssion des Ă©tudiants dĂšs lors que l'ordre public est respectĂ©[3]. Cependant, certains Ă©tudiants ont Ă©tĂ© interdit de cours parce que portant le voile[4].

Dans les affaires "Drogu contre France" et "Kervanci contre France", deux Ă©lĂšves exclues en 1999, de leur Ă©tablissement scolaire en raison de leur refus de retirer leur foulard durant les cours d'Ă©ducation physique et sportive ont Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©es de leur plaintes par la Cour europĂ©enne des droits de l'homme par deux arrĂȘts du 4 dĂ©cembre 2008[5]. L'interdiction a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme ne violant pas l'article 9 (droit Ă  la libertĂ© de pensĂ©e, de conscience et de religion) de la Convention europĂ©enne des droits de l'homme[6]. Il faut cependant noter que les faits Ă©taient antĂ©rieurs Ă  la loi de 2004 et que la CEDH n'a donc pas directement validĂ© celle-ci.

L'application de la loi (2004 Ă  aujourd'hui)

Un an aprĂšs le vote de la loi, une des associations opposĂ©es Ă  celle-ci, le « ComitĂ© 15-mars et LibertĂ© Â» a publiĂ© un rapport sur ses effets en 2004. Ce livre blanc cite le chiffre de 806 Ă©lĂšves affectĂ©es. Parmi elles se trouvent des personnes ayant acceptĂ© l'obligation de ne plus porter le voile en classe[7] (533 Ă©lĂšves), et des estimations sur le nombre de personnes ayant quittĂ© le systĂšme d'Ă©ducation français. Parmi elles, 67 ont poursuivi leurs Ă©tudes Ă  l'Ă©tranger. Le nombre d'Ă©lĂšves exclues ou ayant choisi de quitter leur Ă©tablissement pour suivre des cours du CNED est de 73. On ne connaĂźt pas le nombre de celles qui se sont adressĂ©es Ă  d'autres organismes de formation Ă  distance.

La rentrĂ©e scolaire 2005 s'est passĂ©e sans incidents notoires et la contestation de la loi semble s'ĂȘtre inclinĂ©e devant la puissance publique. Selon le MinistĂšre de l'Éducation nationale, seulement trois cas contre des Ă©lĂšves persistent vers la fin septembre 2005, dont un sikh refusant d'enlever son turban Ă  l'acadĂ©mie de CrĂ©teil[8]. Cependant, on ne connaĂźt pas le nombre de musulmanes qui ne se sont pas prĂ©sentĂ©es au collĂšge ou au lycĂ©e pour ne pas avoir Ă  enlever le voile. Dans quelques villes un conflit continue concernant le port du foulard par des femmes adultes. Dans le dĂ©partement de la Seine-Saint-Denis par exemple, l'inspection acadĂ©mique a fait pression pour que les Ă©coles interdisent aux mĂšres qui portent le foulard d'accompagner les sorties scolaires (Ă  la bibliothĂšque, au parc, etc.) Ces interdictions ont parfois Ă©tĂ© refusĂ©es par les conseils d'Ă©cole, et sont inĂ©galement appliquĂ©es.

Sur cette question des parents encadrant une activité périscolaire, voir supra la réponse du MinistÚre dans la sous-section "4.2 Dans l'éducation"

Proposition d'Ă©volution de la loi

M. Myard, dĂ©putĂ© UMP, a dĂ©posĂ© une proposition de loi le 26 avril 2006 visant Ă  lutter contre les atteintes Ă  la dignitĂ© de la femme rĂ©sultant de certaines pratiques religieuses. Cette proposition prĂ©voit qu'aucune prescription culturelle ou religieuse n’autorise quiconque Ă  voiler son visage sur la voie publique et que toute personne allant et venant sur le territoire de la RĂ©publique doit avoir le visage dĂ©couvert permettant aisĂ©ment sa reconnaissance ou son identification. La violation de ce principe pourrait engendrer deux mois d’emprisonnement et 3 750 € d'amende.

M. Jean Glavany à déposé une proposition de loi le 28 juin 2006 visant à étendre la loi sur l'école à la société française dans son ensemble[9].

Les opposants Ă  cette loi

Les Françaises musulmanes portant le voile islamique

Elles sont les premiÚres concernées par la loi. Un recueil parut en 2008, Les filles voilées parlent, met en avant la lutte de ces femmes pour se faire accepter avec leur voile. Cet ouvrage montre que les femmes portant le voile ne sont ni forcément soumises ni forcément militantes islamistes, mais luttent pour se faire accepter, car elles se sentent stigmatisées à cause de leur croyance, principalement au travail et en tant que parentes d'élÚves. Loin d'ouvrir la porte aux femmes musulmanes, la lutte contre le foulard islamique aurait, selon les auteurs et les femmes interrogées, tendance à les refouler hors de l'espace public. Un autre point qui revient réguliÚrement dans ces témoignages est le refus de ces femmes que d'autres qu'elle pensent et parlent à leur place, décidant de ce qui est bon pour elles[10].

Le port du voile islamique ou hijab en France et dans les principaux pays d'origine des Françaises musulmanes (AlgĂ©rie, Tunisie, Maroc, Turquie) est un phĂ©nomĂšne rĂ©cent qui s'inscrit dans le cadre d'un repli gĂ©nĂ©ral vers les valeurs ancestrales de la communautĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Ce repli n'est pas spĂ©cifique au monde musulman et s'observe dans beaucoup de cultures diffĂ©rentes, dont les cultures occidentales.

Ce phĂ©nomĂšne a Ă©tĂ© qualifiĂ© de new veiling par A.E. Mac Leod. Cet autre modĂšle n'est cependant pas toujours parfaitement suivi, le voile des musulmanes françaises Ă©tant plutĂŽt moins austĂšre (usage de couleurs plus vives, de tissus imprimĂ©s). D'autres arguments, peut-ĂȘtre plus spĂ©cifiquement français, ont Ă©tĂ© exprimĂ©s lors de cette polĂ©mique pour justifier le port du voile par les Ă©lĂšves dans les Ă©tablissements scolaires publics :

  • La "respectabilitĂ©", la "discrĂ©tion". Les publicitĂ©s, le cinĂ©ma ou les clips musicaux dirigĂ©s vers les jeunes hommes contiennent souvent des personnages stĂ©rĂ©otypĂ©s de « filles faciles Â», et non voilĂ©es[11]. Ceux-ci entretiennent l’idĂ©e qu’une femme en cheveux n’est pas respectable et est offerte sexuellement Ă  tous. Plus gĂ©nĂ©ralement, la publicitĂ© et les mĂ©dias prĂ©sentent un modĂšle standard de ce que doit ĂȘtre une femme occidentale. Cette vision de ce que la femme occidentale doit ĂȘtre, peut amener au port du voile comme une façon d’affirmer sa « respectabilitĂ© Â», et aussi paradoxalement son indĂ©pendance vis-Ă -vis de sa famille[12]. Certaines de ces femmes voilĂ©es, par ailleurs trĂšs indĂ©pendantes, ont utilisĂ© l'argument traditionnel de la discrĂ©tion pour exiger le droit Ă  porter le voile Ă  l'Ă©cole[13].
  • L'identitĂ© musulmane face Ă  ce qui est considĂ©rĂ© comme un racisme français par les musulmans[14]. Le port du voile chez les jeunes Françaises musulmanes est aussi une maniĂšre de revendiquer une identitĂ© face Ă  un racisme ressenti dans la sociĂ©tĂ© française. Ces personnes voient parfois l'existence d'une polĂ©mique sur le port du voile islamique comme une manifestation de ce racisme.
  • L'effet de mode est enfin un Ă©lĂ©ment qui a Ă©tĂ© fortement nĂ©gligĂ© par les mĂ©dias et qui a notamment Ă©tĂ© soulevĂ© par Ahmed Baba MiskĂ© au cours de l'Ă©mission ArrĂȘt sur images du 22 dĂ©cembre 2003. Pour certaines jeunes filles, peu pratiquantes et Ă  la tenue vestimentaire "libĂ©rale", le voile est apparu selon l'intĂ©ressĂ© comme un Ă©lĂ©ment de dĂ©marcation correspondant plus Ă  une crise d'identitĂ© liĂ©e Ă  l'adolescence qu'Ă  une affirmation d'une croyance forte. C'est lĂ  un Ă©niĂšme avatar de la question religieuse ou culturelle du port du voile. Preuve que la pratique de la religion musulmane est elle-mĂȘme touchĂ©e, et malgrĂ© ce que certaines pourraient penser, par ce penchant consumĂ©riste de toutes les pratiques religieuses au cours du XXe siĂšcle. Une pratique dans laquelle le croyant "butine" au grĂšs de sa propre volontĂ© entre respect absolu de certaines pratiques et non-respect de certaines autres.

Des autorités religieuses

La libertĂ© religieuse est clairement exposĂ©e dans la DĂ©claration universelle des droits de l'homme et dans la Constitution de la RĂ©publique française. L’interdiction faite aux croyants de porter des signes religieux ostensibles au collĂšge et au lycĂ©e, est considĂ©rĂ©e par certains religieux comme une tentative de la part des autoritĂ©s de nier la dimension religieuse de tout ĂȘtre humain. Cet argument a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par diffĂ©rentes autoritĂ©s et organisations catholiques (Cf. dĂ©claration de la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques de France) et islamiques[15], et rejoint en partie l'argument assimilant cette interdiction Ă  l'exclusion de toute expression de la religion de la sphĂšre publique.

Parmi les Français opposĂ©s Ă  la loi on trouve notamment la ConfĂ©rence des EvĂȘques Catholiques de France et la Ligue française pour la dĂ©fense des droits de l'Homme et du citoyen.[rĂ©f. souhaitĂ©e]

Des interventions non-religieuses

L'abandon du principe de laïcité au profit du principe d'une liberté de culte totale et de la reconnaissance de communautés religieuses. C'est le modÚle communautaire anglo-saxon défendu notamment par Nicolas Sarkozy, mais aussi par des personnalités de gauche (certains membres des Verts par exemple).

Dans les organisations de gauche, la question du foulard divise, et a conduit Ă  des dĂ©bats vĂ©hĂ©ments donnant souvent Ă  la mobilisation contre le voile un caractĂšre trĂšs minoritaire et transversal aux organisations, sous forme de « collectifs Â». Plusieurs organisations politiques telles que la Ligue communiste rĂ©volutionnaire ou les Verts, trois fĂ©dĂ©rations de l'enseignement (Ferc-CGT, FSU et Sgen-CFDT), l'association de parents d'Ă©lĂšves FCPE, le syndicat lycĂ©en UNL, l'association Éducation et devenir, la Ligue de l'enseignement, et le Mrap, des collectifs divers tels que le Collectif fĂ©ministes pour l’égalitĂ© ont dĂ©noncĂ© la loi mais ne se sont pas mobilisĂ©s contre elle. Presque seul, le petit collectif « Une Ă©cole pour toutes et tous Â» a organisĂ© quelques dizaines de meetings et rassemblements sur la question.[rĂ©f. souhaitĂ©e]

Certains de ces opposants Ă  la loi ont soulignĂ© le petit nombre de cas ne justifiant pas, selon eux, une mĂ©diatisation Ă  outrance[rĂ©f. nĂ©cessaire] et le fait que l'esprit critique serait mieux dĂ©veloppĂ© par ces jeunes filles sans subir le choc culturel de deux obligations antagonistes (obligation de porter le voile/interdiction de porter le voile)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

D'autres reprochent Ă  la loi d'ĂȘtre d'inspiration raciste, estimant que l'islam est associĂ© pour nombre de français Ă  ce qui est "arabe" et que trop de Français seraient toujours prĂȘts Ă  porter le fer sans discernement contre tout ce qui est "arabe". Ainsi, Houria Bouteldja, porte-parole du collectif des IndigĂšnes de la RĂ©publique, critique « une instrumentalisation du fĂ©minisme par la droite et Ă  des fins racistes et xĂ©nophobes Â» [16]. Ce reproche est partagĂ© par des universitaires fĂ©ministes, Sylvie Tissot, MaĂźtresse de confĂ©rences en sciences sociales Ă  l’universitĂ© Marc-Bloch de Strasbourg[17] et Elsa Dorlin[18].

D'autre part, un certain nombre de jeunes filles qui choisissent de porter le voile le feraient comme un choix personnel indĂ©pendant de pressions familiales, parfois contre l'Ă©volution d'autres femmes de leurs familles et mĂȘme dans certains cas aprĂšs l'avoir abandonnĂ©. [rĂ©f. nĂ©cessaire] Il apparaĂźtrait dĂšs lors que l'obligation française se prĂ©sente comme une impossibilitĂ© pour les jeunes musulmanes, scolarisĂ©es dans l'enseignement secondaire public, d'exercer leur libre-arbitre. Depuis longtemps de nombreuses musulmanes en France ne portaient plus le voile sans qu'aucune loi ne l'ait imposĂ©.

Il faut aussi noter l'existence d'une minorité de Français non musulmans s'étant exprimés en faveur du droit au port du voile islamique a l'école[19].

L'ONG Human Rights Watch a affirmé que la loi violait la liberté de religion [20].

Des partisans de la liberté individuelle

Pour certains Français, qui ne posent pas systĂ©matiquement le problĂšme en terme religieux, la question se pose de savoir pourquoi des françaises pourraient frĂ©quenter les Ă©tablissements scolaires avec des tenues dĂ©nudant le nombril quand d'autres ne pourraient pas se couvrir la tĂȘte. Ils font Ă©galement remarquer en contrepoint que les mĂ©canismes sociologiques de la mode en Occident sont marquĂ©s par des composantes analogues aux regards masculins musulmans portĂ©s sur les femmes. Les musulmans voudraient « protĂ©ger leurs femmes Â» et les occidentaux dĂ©sireraient pouvoir apprĂ©cier le charme de toutes les femmes. Dans les deux dĂ©marches la rĂ©ponse des femmes serait de plaire aux fantasmes masculins.

Dans le cadre de cette logique, ces Français, rejoignent paradoxalement un argumentaire développé par certains islamistes. En effet, la liberté complÚte dans le domaine de l'habillement à l'école serait , selon des penseurs islamistes, plus conforme au principe de la laïcité. Ces derniers, poussant cette logique trés loin, considÚrent qu'autant le voile islamique est un signe ostentatoire d'appartenance à une "culture" islamique, autant la cravate est un signe ostentatoire d'appartenance à une "culture" occidentale et donc, non universelle. Le port de la cravate devrait donc autant poser problÚme, à moins qu'il ne soit définitivement établi que la culture occidentale est "la norme", ce que, donc, refusent d'accepter (à raison?) les islamistes.

Les partisans de cette loi

Les personnalités

Préservation intégrale du principe de laïcité, considéré comme un élément de libération. C'est le modÚle défendu notamment par Jacques Chirac, mais aussi par des personnalités de gauche comme Jean-Pierre ChevÚnement.

Les Françaises musulmanes qui refusent le port du voile

Mimouna Hadjam, militante de l’association Africa Ă  La Courneuve, ou Nadia ChĂąabane affirment que « dans les assemblĂ©es telles les cours d'alphabĂ©tisation ou autres associations culturelles ou sociales, l'arrivĂ©e d'une femme voilĂ©e fait immĂ©diatement cesser les propos spontanĂ©s et les rires, instaurant un climat tendu et le mur du silence tant la connotation rĂ©pressive liĂ©e au voile musulman est forte. Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Les féministes

Selon de nombreux groupes féministes, mais aussi selon certaines des organisations défendant les droits humains en général, le port du voile islamique symbolise la soumission de la femme à l'homme[21].
Selon ces personnes et ces organisations, permettre le port du voile Ă  l'Ă©cole risque d'ouvrir la porte Ă  d'autres pratiques existant dans le monde musulman, qui sont plus handicapantes encore pour les femmes[22].
Ces personnes rejettent souvent l'argument selon lequel interdire le port du voile est une atteinte à la liberté. Elles argumentent que le port du voile n'est pas un choix délibéré, mais le résultat d'une pression sociale. Selon elles, si une loi n'interdit pas cette pratique, alors la pression sociale la rendrait obligatoire[23].

Les partisans de la défense de la laïcité

Certaines personnes et associations considÚrent que le voile est un symbole politique (favorable à la charia) et d'appartenance à la fois religieuse et communautaire. Selon cet argumentaire, la femme qui le porte affiche une appartenance religieuse et communautaire, donc une double séparation, qui nuit à l'unité et à la laïcité de la République[24].
La position du gouvernement français est que le respect de la laĂŻcitĂ© Ă  l'Ă©cole est incompatible avec le port ostentatoire de signes religieux, quels qu’ils soient. Le prĂ©sident Jacques Chirac a assimilĂ© en dĂ©cembre 2003 le port ostensible de symboles religieux dans tout Ă©tablissement secondaire public Ă  une atteinte Ă  la sĂ©paration des Églises et de l’État, risquant d’attiser les tensions communautaires dans la sociĂ©tĂ© multiculturelle française.

Le corps enseignant

Une forte majorité[25] d'enseignants est opposée au port du foulard islamique en général, et tout particuliÚrement en classe. Sont avancés à la fois des arguments liés à la laïcité et des arguments féministes.

La majorité des Français

Selon un sondage CSA paru au dernier trimestre de 2003[26], une majorité de Français serait favorable à une loi interdisant le port du voile à l'école.

Notes et références

  1. ↑ DĂ©cision du Conseil d'Etat sur requĂȘte Chain
  2. ↑ DĂ©cision du Conseil d'Etat sur requĂȘte Bessam
  3. ↑ Code de l'Education, article L811-1 §2
  4. ↑ DĂ©libĂ©ration HALDE n°2008-194 du 29 septembre 2008
  5. ↑ CommuniquĂ© de presse de la CEDH sur les affaires Drogu contre France et Kervanci contre France, 4 dĂ©cembre 2008
  6. ↑ L'interdiction du foulard Ă  l'Ă©cole ne viole pas la libertĂ© de conscience, 12 dĂ©cembre 2008, Le Courrier des Maires. ConsultĂ© le 13 dĂ©cembre 2008
  7. ↑ Lors de la rentrĂ©e des classes 2004, quelques trĂšs rares françaises musulmanes choisirent de se raser les cheveux afin de ne pas les montrer en public tout en respectant la lettre de la loi.
  8. ↑ Les signes religieux ostensibles ont pratiquement disparu des Ă©coles, Le Monde, 30 septembre 2005
  9. ↑ Proposition de loi visant Ă  promouvoir la laĂŻcitĂ© dans la RĂ©publique
  10. ↑ Les Filles voilĂ©es parlent, Ismahane Chouder, Malika LatrĂšche et Pierre Tevanian, Editions La Fabrique, 2008
  11. ↑ Description de clips musicaux portant de tels stĂ©rĂ©otypes. De nombreux analystes (exemple, autre exemple, autre exemple du mĂȘme auteur) rejoints par 41 % des français (sondage ipsos) considĂšrent l'image de la femme dans la publicitĂ© comme dĂ©gradante.
  12. ↑ Cet argumentaire ("le voile fait sortir de la maison") est dĂ©veloppĂ© dans Le Foulard et la RĂ©publique, de Françoise Gaspard et Farhad Khosrokhavar, Ă©d. La DĂ©couverte, 1995.
  13. ↑ Exemple d'un tel parcours : Les sƓurs Alma et Lila LĂ©vy vues par le journal l'humanitĂ©. La sociologue Françoise Gaspard parle de "voile revendiquĂ©".
  14. ↑ Il n'y a pas de donnĂ©es objectives sur le niveau de racisme ressenti par les musulmans en France. En ce qui concerne les Français en gĂ©nĂ©ral, un sondage[pdf] rĂ©alisĂ© en septembre 2003 par l'institut BSA pour le compte de la documentation française donne une idĂ©e du niveau de racisme rĂ©el ou ressenti en France. D'aprĂšs ce sondage, 87 % des Français considĂšrent que le racisme est une chose rĂ©pandue en France (voir p. 569 du rapport de la documentation française). Par ailleurs, 14 % des Français expriment des idĂ©es racistes (voir p. 576 du mĂȘme document).
  15. ↑ Exemple de textes dĂ©veloppant un tel argumentaire.
  16. ↑ De la cĂ©rĂ©monie du dĂ©voilement Ă  Alger (1958) Ă  Ni Putes Ni Soumises : l’instrumentalisation coloniale et nĂ©o-coloniale de la cause des femmes, octobre 2004
  17. ↑ Bilan d’un fĂ©minisme d’État, in Plein Droit n°75, dĂ©cembre 2007 (sur le site du GISTI)
  18. ↑ « Pas en notre nom ! Â» - Contre la rĂ©cupĂ©ration raciste du fĂ©minisme par la droite française L'Autre Campagne
  19. ↑ Textes ou interviews sur l'affaire du voile : [1](tout particuliĂšrement les quatre derniers paragraphes) [2]
  20. ↑ Human Rights Watch, France : l’interdiction du port du foulard viole la libertĂ© de religion, 27 fĂ©vrier 2004 (fr)
  21. ↑ Le thĂšme du voile comme symbole de soumission de la femme Ă  l'homme se retrouve dans le discours de nombreuses associations. On peut citer parmi elles :
    les Chiennes de Garde : "C’est le symbole d’une oppression des femmes, d’une diabolisation du corps et de la sexualitĂ© des femmes" (communiquĂ© du 7 mars 2005),
    les Penelopes : «VoilĂ©es, elles sont l'objet de propriĂ©tĂ© d'un maĂźtre qui les dĂ©signe aux autres et Ă  elle-mĂȘme comme "l'interdit"». (article publiĂ© sur le site Internet de cette association,
    Ce thĂšme est aussi dĂ©veloppĂ© par des personnalitĂ©s. On peut citer par exemple :
    Mohamed Kacimi, romancier d'origine algĂ©rienne : "Le voile [est] une antique aliĂ©nation",
    Sylviane Agacinsky, philosophe : « Le voile signifie une soumission Ă  l’autoritĂ© masculine Â»
  22. ↑ Parmi elles on peut citer :
    La burka utilisée en Afghanistan et au Pakistan.
    Les mariages arrangés qui existent, de façon plus ou moins marquée, dans de nombreux pays du monde musulman.
    L'excision, pratiquĂ©e principalement en Afrique, mais aussi en Égypte, dans la sultanat d'Oman, le YĂ©men et le Émirats arabes unis.
  23. ↑ cet argumentaire a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par des personnalitĂ©s diverses dont :
    Jean-Louis DebrĂ© : "Rares, en effet, doivent ĂȘtre les jeunes filles qui le portent spontanĂ©ment, en dehors de toute pression de leur famille ou du milieu dans lequel elles vivent." (site de l'AssemblĂ©e nationale)
    Alain Madelin: "Certes, on peut espérer que la prohibition du voile islamique à l'école sera dissuasive et que de nombreuses jeunes filles trouveront dans l'application de cette loi le moyen d'échapper à une pression sociale qui les voile plus ou moins contre leur gré." (le Monde du 7 février 2004)
    FadĂ©la Amara, prĂ©sidente de l'association Ni Putes Ni Soumises : « Moi je voudrais qu’on parle aussi des filles qui ne portent pas le voile et qui sont menacĂ©es par cette pression qui est portĂ©e justement par ces filles qui portent le voile. Car il faut bien comprendre que dans une citĂ© aujourd’hui, une fille qui porte le voile est respectable, et si elle ne porte pas le voile, elle ne l’est pas Â».
  24. ↑ exemples de textes utilisant ce type d'argumentaire :
    un article dans l'Humanité
    une interview de Bernard Stasi dans le journal La croix.
  25. ↑ Selon un sondage rĂ©alisĂ© du 22 au 24 janvier 2004 auprĂšs d'enseignants par l'institut CSA, 79 % des enseignants considĂšrent que le port du voile est incompatible avec le service public de l'Ă©ducation.
  26. ↑ Sur le mĂȘme site, on trouve les rĂ©sultats de quatre sondages rĂ©alisĂ©s entre octobre et dĂ©cembre 2003. Dans chacun de ces sondages, une majoritĂ© absolue des personnes interrogĂ©es s'expriment en faveur d'une loi interdisant le port du voile islamique Ă  l'Ă©cole.

Articles connexes

Liens externes

  • Portail du droit français Portail du droit français
  • Portail de l’éducation Portail de l’éducation

Ce document provient de « Loi fran%C3%A7aise sur les signes religieux dans les %C3%A9coles publiques ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Affaire du foulard de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Affaire De TiszaeszlĂĄr — AntisĂ©mitisme Fondamentaux DĂ©finitions : AntijudaĂŻsme · AntisĂ©mitisme · JudĂ©ophobie AllĂ©gations : « Peuple dĂ©icide, perfide et usurier, profanateurs  
   WikipĂ©dia en Français

  • Affaire de TiszaeszlĂĄr (Hongrie) — Affaire de TiszaeszlĂĄr AntisĂ©mitisme Fondamentaux DĂ©finitions : AntijudaĂŻsme · AntisĂ©mitisme · JudĂ©ophobie AllĂ©gations : « Peuple dĂ©icide, perfide et usurier, profanateurs  
   WikipĂ©dia en Français

  • Affaire de TiszaeszlĂĄr — En 1882 – 1883, des Juifs sont accusĂ©s Ă  tort et jugĂ©s pour un crime rituel Ă  TiszaeszlĂĄr en Hongrie, entraĂźnant dans le pays une violente agitation antisĂ©mite. La jeune Eszter Solymosi telle que reprĂ©sentĂ©e par la presse de l Ă©poque 
   WikipĂ©dia en Français

  • Affaire Patrick Henry — Pour les articles homonymes, voir Patrick Henry. L affaire Patrick Henry est une affaire judiciaire française, concernant Patrick Henry, jugĂ© pour le meurtre de Philippe Bertrand, alors ĂągĂ© de huit ans[note 1]. Le procĂšs de ce crime fut Ă©galement 
   WikipĂ©dia en Français

  • Affaire de Bruay-en-Artois — L’Affaire de Bruay en Artois[1] est une affaire criminelle française trĂšs mĂ©diatisĂ©e dans les annĂ©es 1970. AprĂšs la dĂ©couverte, le 6 avril 1972, du corps de Brigitte DewĂšvre, une fille de mineur de seize ans, le juge d instruction de… 
   WikipĂ©dia en Français

  • L'Affaire de Bruay-en-Artois (tĂ©lĂ©film) — L Affaire Bruay en Artois (tĂ©lĂ©film) L Affaire Bruay en Artois est un tĂ©lĂ©film de Charlotte Brandström diffusĂ© en 2008. Sommaire 1 Synopsis 2 Fiche technique 3 Distribution 4 
   WikipĂ©dia en Français

  • L'Affaire Bruay-en-Artois (tĂ©lĂ©film) — L Affaire Bruay en Artois est un tĂ©lĂ©film de Charlotte Brandström diffusĂ© en 2008. Sommaire 1 Synopsis 2 Fiche technique 3 Distribution 4 Autour du tĂ©lĂ©film 
   WikipĂ©dia en Français

  • Voile Islamique en France — Voile islamique dans les Ă©coles en France Sous diverses appellations (affaire du voile, du voile islamique, du foulard, etc.), un dĂ©bat portant sur la question du port du voile islamique dans les Ă©coles a lieu en France depuis le milieu des… 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.