Empire Romain D'Occident

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Empire Romain D'Occident

Empire romain d'Occident

Empire romain d'occident

Imperium Romanum (Pars Occidentalis) (la)


‚Üź Empire romain
286/395 ‚ÄĒ 476 ‚Üď

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Vexillologie

Carte de l'Empire romain d'occident en 395
Carte de l'Empire romain d'occident en 395

Informations générales
 Statut Empire
 Capitale Milan (286-402)
Ravenne (402-476)
 Langue(s) {{{langues}}}
 Religion(s) {{{religion}}}
 PIB {{{pib}}}
 PIB/hab. {{{pib hab}}}
 Monnaie Solidus, Aureus, Denier, Sesterce
   (voir Monnaie romaine)
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 Dom. internet {{{domaine internet}}}
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Population
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Superficie
 395 4 410 000 km¬≤
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Histoire et événements
 286 Division de Diocl√©tien
 395 Mort de Th√©odose Ier
Séparation définitive de l'Empire
 476 D√©position de Romulus Augustule
Dissolution
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Pouvoir exécutif
   Empereur
 395-423 Flavius Honorius
 425-455 Valentinien III
 475-476 Romulus Augustule
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Pouvoir législatif
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Entité précédente Entités suivantes
Empire romain Empire romain
Royaume ostrogoth Royaume ostrogoth
Royaume wisigoth Royaume wisigoth
Royaume suève Royaume suève
Royaume vandale Royaume vandale
Royaumes francs Royaumes francs
Royaumes burgondes Royaumes burgondes

L'Empire romain d'Occident fait référence à la partie occidentale de l'Empire romain, à partir de sa division par Dioclétien en 286. Sa capitale fut Milan jusqu'en 402, puis Ravenne.

L'Empire d'Occident exista de fa√ßon intermittente entre les IIIe et Ve si√®cles, apr√®s la t√©trarchie de Diocl√©tien et les r√©unifications op√©r√©es par Constantin le Grand et Julien l'Apostat. Th√©odose le Grand fut le dernier empereur romain √† r√©gner sur la totalit√© de l'empire. √Ä sa mort, en 395, l'empire fut divis√© de fa√ßon permanente. L'Empire romain d'Occident disparut officiellement au moment de l'abdication de Romulus Augustule, le 4 septembre 476.

L'Empire d'Occident ne se releva jamais, en d√©pit d'une br√®ve reconqu√™te partielle par son alter ego, l'Empire romain d'Orient. Sa chute marqua le d√©but d'une nouvelle √®re de l'histoire europ√©enne : le Moyen √āge.


Sommaire

Histoire

La crise du IIIe si√®cle

Avec l'assassinat de l'empereur S√©v√®re Alexandre le 18 mars 235, l'Empire romain sombra dans une guerre civile de cinquante ans, aujourd'hui appel√©e crise du IIIe si√®cle. Durant cette m√™me p√©riode, l'ascension de la belliqueuse dynastie sassanide en Parthie commen√ßa √† menacer s√©rieusement l'est de l'Empire : en 259, l'empereur Val√©rien fut captur√© par Shapur Ier, et mourut en captivit√© l'ann√©e suivante.

Gallien, son fils a√ģn√©, qui r√©gnait √† ses c√īt√©s depuis 253, lui succ√©da et poursuivit la guerre dans l'est. Son propre fils, Salonin, et le pr√©fet du pr√©toire Silvanus, r√©sidaient √† Colonia Agrippina (Cologne) pour renforcer la loyaut√© des l√©gions locales, ce qui n'emp√™cha pas le gouverneur local des provinces germaniques, Postume, de se rebeller. Il attaqua Colonia Agrippa, et dans la confusion qui suivit les morts de Salonin et Silvanus, se proclama empereur des Gaules, avec Augusta Treverorum (Tr√®ves) pour capitale. Ce nouvel empire s'√©tendit bient√īt sur les provinces germaniques et gauloises, ainsi que sur l'Hispanie et la Bretagne, poss√©da son propre s√©nat et ses propres consuls.

Vers la m√™me p√©riode, les provinces orientales firent s√©cession sous le commandement de la reine Z√©nobie, formant l'empire de Palmyre. Ce n'est qu'en 272 que l'empereur Aur√©lien parvint √† r√©int√©grer ce territoire √† l'empire. L'Est √©tant d√©sormais s√Ľr, il se tourna vers l'Ouest et reprit, un an plus tard, l'empire des Gaules.

La tétrarchie

Article d√©taill√© : T√©trarchie.
Les tétrarques

Les fronti√®res de l'empire rest√®rent globalement en paix durant le reste de la crise du IIIe si√®cle, m√™me si au moins huit empereurs furent tu√©s, souvent par leurs propres troupes, entre la mort d'Aur√©lien en 275 et l'av√®nement de Diocl√©tien, dix ans plus tard.

La division politique de l'Empire romain d√©buta sous Diocl√©tien. Il fonda la t√©trarchie en 286, donnant la moiti√© occidentale de l'empire √† Maximien avec le titre d'Auguste, et chacun s'adjoignant deux C√©sars, respectivement Gal√®re et Constance Chlore. Ce syst√®me divisa l'empire en quatre parties avec chacune sa capitale en plus de Rome, afin d'√©viter les troubles qui avaient marqu√© le IIIe si√®cle. Dans l'ouest, les capitales √©taient Mediolanum (Milan) pour Maximien et Tr√®ves pour Constance. Le 1er mai 305, les deux Augustes abdiqu√®rent et furent remplac√©s par leurs C√©sars.

Le syst√®me de la T√©trarchie ne tarda pas √† s'effondrer apr√®s la mort pr√©matur√©e de Constance Chlore, en 306. Son fils Constantin fut proclam√© Auguste de l'Ouest par les l√©gions de Bretagne. Une crise s'ensuivit, durant laquelle plusieurs pr√©tendants tent√®rent de s'approprier la partie occidentale de l'Empire. En 308, l'Auguste de l'Est, Gal√®re, organisa une conf√©rence √† Carnuntum qui refonda la T√©trarchie en divisant l'Empire entre Constantin et Licinius. Gr√Ęce √† une s√©rie de bataille dans l'Est et l'Ouest, Licinius et Constantin stabilis√®rent leurs parties respectives de l'Empire, et √† partir de 313, ils entrent en comp√©tition pour la domination de l'Empire. Lors de la bataille de Chrysopolis, en 324, Licinius est captur√© par Constantin, puis ex√©cut√© l'ann√©e suivante.

La Tétrarchie avait vécu, mais l'idée de diviser l'Empire entre deux empereurs devait rester. Les empereurs les plus doués le réuniraient sous leur férule, mais à leur mort, il serait de nouveau divisé entre l'Est et l'Ouest.

Deuxième division

L'Empire romain était réuni sous un seul empereur, mais à la mort de Constantin (337), une guerre civile éclata entre ses trois fils, divisant l'empire en trois. L'Ouest fut réunifié en 340 sous Constant, puis tout l'Empire en 353 par Constance II. Deux ans plus tard, ce dernier, écartelé entre l'agitation des Germains et la guerre contre la Perse, nomma son cousin Julien César et l'envoya en Gaule.

En 360, Julien fut proclam√© Auguste par ses soldats, et Constance mourut l'ann√©e suivante, le laissant seul ma√ģtre de l'Empire. Julien fut tu√© en 363 en combattant les Perses, et son successeur, Jovien, le commandant de la garde imp√©riale, fut tu√© l'ann√©e suivante.

Division de l'Empire apr√®s la mort de Th√©odose (395)      Empire d'Occident      Empire d'Orient

Division finale

Apr√®s la mort de Jovien, l'empire retomba dans une p√©riode d'instabilit√© politique. En 364, Valentinien Ier s'imposa. Il divisa aussit√īt l'empire, en offrant la partie orientale √† son fr√®re Valens. Aucune des deux ne fut stable avant longtemps, car les conflits s'intensifiaient avec les √©l√©ments ext√©rieurs, notamment les Huns et les Goths. En outre, un probl√®me de taille pour l'Ouest √©tait la r√©action politique caus√©e par le paganisme dominant contre les empereurs chr√©tiens. En 379, Gratien, fils et successeur de Valentinien Ier, refusa de porter le titre de pontifex maximus, et en 382, il priva de leurs droits les pr√™tres pa√Įens et fit retirer l'autel pa√Įen de la Curie.

En 388, Magnus Maximus, un g√©n√©ral populaire et puissant, s'empara du pouvoir √† l'Ouest et for√ßa Valentinien II, le fils de Gratien, √† fuir vers l'Est pour y qu√©rir de l'aide ; l'empereur d'Orient Th√©odose Ier le remit promptement sur le tr√īne. En 392, Valentinien II fut assassin√© par le magister militum Arbogast, un Franc pa√Įen, et un s√©nateur nomm√© Eug√®ne fut couronn√©. Il fut renvers√© deux ans plus tard par Th√©odose, qui gouverna l'Orient et l'Occident pendant un an, jusqu'√† sa mort (395). C'√©tait la derni√®re fois qu'un empereur unique gouvernait la totalit√© de l'Empire. Th√©odose le divisa entre ses deux fils : √† Arcadius, l'ain√©, l'Orient, √† Honorius, le cadet, l'Occident.

Une br√®ve p√©riode de calme s'ensuivit pour l'Empire d'Occident sous Honorius, contr√īl√© par le Vandale Stilicon, et s'ach√®ve avec l'assassinat de ce dernier en 408. Les chemins des deux empires se s√©par√®rent alors franchement : si l'Orient entame une lente reconstruction et consolidation, l'Occident commence √† s'effondrer.

Invasions de l'empire (100-500)

Déclin économique

Tout au long de son histoire, l'Empire d'Occident connut un d√©clin √©conomique constant, qui contribua √† sa chute finale, tandis que l'√©conomie de l'Empire d'orient restait stable, notamment gr√Ęce aux richesses de l'Asie Mineure. L'Orient pouvait entretenir une arm√©e cons√©quente, renforc√©e au besoin de mercenaires, l√† o√Ļ l'Occident n'en √©tait plus capable.

Avec l'affaiblissement du pouvoir central, les empereurs perdirent le contr√īle des fronti√®res et des provinces, ainsi que de la mer M√©diterran√©e, surtout apr√®s que les Vandales se furent empar√©s de la province d'Afrique (429-439). Les institutions romaines s'effondr√®rent avec la stabilit√© √©conomique. La plupart des envahisseurs exigeaient un tiers des pays conquis √† leurs sujets romains, et le chiffre √©tait encore plus √©lev√© quand plusieurs tribus envahissaient la m√™me province.

De larges surfaces entretenues avec soin furent abandonnées à cause de l'instabilité politique. Ce fut là un coup sévère porté à l'économie, qui reposait en grande partie sur l'agriculture.

L'ouvrage ¬ę La banque, de Babylone √† Wall Street ¬Ľ, de Colling, met l'accent pour sa part sur une asphyxie du syst√®me bancaire au III√®me si√®cle dans l'empire romain d'Occident, les √©v√™ques de Rome condamnant alors toute sorte de pr√™t √† int√©r√™t[1], √† la diff√©rence de ceux de Constantinople.

Chute de Rome et fin de l'Empire d'occident

Les deux empires en 476

Apr√®s la mort de Stilicon en 408, le r√®gne de Honorius se composa principalement d'usurpations et d'invasions, notamment de Vandales et de Wisigoths. En 410, Rome fut pill√©e par des arm√©es √©trang√®res pour la premi√®re fois depuis l'invasion gauloise de -390. En d√©pit de quelques victoires remport√©es par des g√©n√©raux talentueux, notamment Aetius en Gaule (bataille des champs Catalauniques), l'instabilit√© provoqu√©e par les usurpateurs √† travers tout l'Empire d'Occident ne put √™tre enray√©e par de faibles empereurs, et favorisa les conqu√™tes de ces tribus. Au Ve si√®cle, leurs chefs se firent eux-m√™mes usurpateurs. En 475, Flavius Oreste, ancien secr√©taire d'Attila, chassa l'empereur Julius Nepos de Ravenne et proclama son propre fils, Romulus Augustule, empereur.

En 476, Oreste refusa d'accorder aux H√©rules d'Odoacre le statut de f√©d√©r√©s, poussant Odoacre √† prendre Rome et √† envoyer les insignes imp√©riaux √† Constantinople, s'√©tablissant comme roi d'Italie. Si le pouvoir romain se maintint dans des poches isol√©es apr√®s 476, la cit√© de Rome elle-m√™me √©tait gouvern√©e par des barbares, et le contr√īle de Rome sur l'Occident avait pris fin.

Le dernier empereur

La convention veut que l'Empire d'Occident ait disparu le 4 septembre 476, lorsque Odoacre déposa Romulus Augustule. Mais dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples.

Julius Nepos prétendait toujours au titre d'empereur d'Occident depuis son réduit de Dalmatie, et était reconnu comme tel par l'empereur byzantin Zénon, ainsi que par Syagrius, qui était parvenu à sauvegarder une enclave romaine dans le nord de la Gaule. Odoacre, souverain autoproclamé de l'Italie, commença à négocier avec Zénon, qui finit par lui accorder le titre de patrice, le reconnaissant comme son vice-roi en Italie. Zénon insista cependant pour qu'Odoacre rende hommage à Nepos comme empereur d'Occident. Odoacre accepta, allant jusqu'à frapper des pièces au nom de Nepos dans toute l'Italie. Il ne s'agissait cependant que d'un geste purement politique, et Odoacre ne rendit aucun territoire à Nepos. Ce dernier fut finalement assassiné en 480, et Odoacre conquit peu après la Dalmatie.

Romulus Augustulus fut épargné par Odoacre qui, bien qu'ayant assassiné son père, eut pitié de lui et lui donna une pension et une villa en Campanie, villa qui devint un monastère. On trouve trace de lui au milieu des années 500, ce qui laisse à penser qu'il aurait survécu à Julius Népos.

L'Empire byzantin à son apogée, sous Justinien dont les conquêtes sont en orange.

La reconquête byzantine

L'Empire byzantin eut des pr√©tentions sur les r√©gions de l'Occident tout au long du Moyen √āge. Au VIe si√®cle, les campagnes des g√©n√©raux B√©lisaire et Nars√®s permirent √† l'empereur Justinien de reconqu√©rir une grande partie de l'Occident : l'Afrique vandale fut reprise en 533, suivie de l'Italie elle-m√™me, ainsi qu'une partie de l'Espagne wisigothique.

La reconstitution de l'Empire parut alors √† port√©e de mains ; mais l'influence des tribus barbares avait fortement marqu√© ces anciennes provinces romaines, √† la fois culturellement et √©conomiquement. Il co√Ľta tr√®s cher √† l'Empire byzantin pour se maintenir dans ces r√©gions o√Ļ la culture et l'identit√© romaine, ciments de l'empire, avaient √©t√© s√©rieusement endommag√©es, sinon d√©truites. En fin de compte, les conqu√™tes de Justinien furent abandonn√©es ou perdues, et l'Orient et l'Occident suivirent des voies s√©par√©es.

Géographie

Superficie et divisions administratives

A la mort de Th√©odose Ier et lors de la division d√©finitive de l'Empire en une partie orientale et une partie occidentale (395), ce dernier h√©rita de la Pr√©fecture des Gaules, de la majeure partie de la Pr√©fecture d'Italie, de l'Afrique et de l'Illyrie, tandis que l'Est obtient la Pr√©fecture d'Orient et deux dioc√®ses Illyriques. A son tour la Prefecture d'Italie √©tait compos√©e de quatre dioc√®ses : l'Italie (deux dioc√®ses), l'Illyrie et l'Afrique ; celle des Gaules d'un grand nombre de dioc√®ses : Gaule (deux dioc√®ses), Hispanie et Bretagne. Il convient de souligner que Illyrie √©tait divis√©e entre les deux Empires, et que cette division a √©t√© fut une source du conflit qui commen√ßa √† se profiler √† partir des derni√®res ann√©es du IIIe si√®cle.

La superficie totale de l'Empire d'Occident était de plus de 2,5 millions de km², avec une population difficile à quantifier mais qui, selon toute probabilité, ne devait en aucun cas être inférieure à 25 millions d'habitants.

Population

Au cours d'un si√®cle, on assiste dans le monde romain d'Occident √† un d√©clin d√©mographique g√©n√©ralis√© d√Ľ aux guerres, aux famines et aux √©pid√©mies. L'installation de peuples barbares dans la quasi-totalit√© des r√©gions de l'Europe occidentale et de l'Afrique ne suffit pas √† compenser les pertes subies par les populations locales. Ces groupes ethniques, g√©n√©ralement d'origine germanique, repr√©sent√®rent toujours une part modeste dans le total de la population romaine ou romanis√©e, probablement en dessous de 8% √† 10%.

Pour illustrer la faiblesse num√©rique des tribus barbares, on se souviendra que les Lombards, lorsqu'ils envahirent l'Italie dans la seconde moiti√© du VIe si√®cle, formaient une horde compos√©e d'environ 120000 personnes y compris personnes √Ęg√©es, femmes et enfants.

Villes

Au tournant du IVe si√®cle et du Ve si√®cle, Rome √©tait encore la ville la plus peupl√©e de l'Empire, parties occidentale et orientale confondues. Lors du r√®gne de Valentinien Ier (364 - 375), on estime, sur la base des rations de nourriture distribu√©es, que la Ville devait compter pas moins de 800 000 habitants (d'autres sources √©voquent des chiffres encore sup√©rieurs, voir tableau). Ce chiffre demeura quasi inchang√© jusqu'√† la premi√®re d√©cennie du Ve si√®cle, c'est-√†-dire jusqu'au premier sac aux mains des Wisigoths d'Alaric (410). S'ensuivit une baisse de la population mais, encore aux alentours du milieu du Ve si√®cle, il semble que la population de Rome n'√©tait pas en-de√ßa de 650 000 habitants [2] Ce n'est probablement qu'apr√®s le second sac men√© par les Vandales (en 455) que Rome perdit son rang de premi√®re cit√© de l'Empire, d√©pass√©e non seulement par Constantinople, mais aussi par les grandes m√©tropoles d'Orient d'Alexandrie, Antioche et peut-√™tre m√™me Thessalonique.

Durocortorum, (l'actuelle Reims) √©tait une des plus grandes cit√©s de l'Empire situ√©es au nord de Rome. Au IIe si√®cle, la ville mesurait plus de 600 hectares sous le r√®gne d' Auguste. Autrement dit, elle √©tait encore plus vaste que Lugdunum, Augusta Treverorum ou m√™me que Lut√®ce.

Carthage, avec 150 000 √† 200 000 habitants ou plus, constituait selon toute probabilit√© la seconde agglom√©ration urbaine de l'Empire d'Occident. La ville, forte de son imm√©moriale vocation commerciale, √©tait en outre plac√©e au coeur d'une riche r√©gion agricole et exportait des denr√©es alimentaires jusqu'en Orient. En Afrique, trois autres villes moyennes jouissaient d'une certaine prosp√©rit√© : Leptis Magna, berceau de la dynastie des S√©v√®res qui, apr√®s une p√©riode de d√©cadence, avait v√©cu une certaine reprise sous Th√©odose ; Timgad, important centre donatiste, et enfin Caesarea (l'actuelle Cherchell, Alg√©rie), o√Ļ naquit Priscien, peut-√™tre le plus grand grammairien latin tardif.

La ville d'Aquilée.

L'Italie pouvait encore se pr√©valoir de plusieurs relativement peupl√©s et actifs √©conomiquement, au premier rang desquels Mediolanum (Milan), capitale imp√©riale tout au long du IVe si√®cle, et Aquil√©e, qui fut pourtant d√©truite par les Huns autour du milieu du Ve si√®cle. Parmi les autres cit√©s importantes, on comptait Bononia Bologne et Ravenne. Cette derni√®re devint en 402 la capitale de l'Empire romain d'Occident et conserva ce rang jusqu'√† sa chute en 476.

La ville la plus peupl√©e et importante d'Illyrie √©tait probablement Salone (pr√®s de l'actuelle Split), en Dalmatie, avec une population de plus de 50 000 habitants, tandis que deux agglom√©rations frontali√®re et √† l'origine camps militaires, Carnuntum et Aquincum (l'actuelle Budapest), conservaient une certaine importance strat√©gique. Ces deux villes poss√©daient deux amphith√©√Ętres, un pour les garnisons et un pour la population civile. Carnuntum fut d√©crite par Ammien Marcellin, dans la seconde moiti√© du IVe si√®cle, comme une ville l√©thargique et en mauvais √©tat, mais anim√©e par la pr√©sence de nombreux militaires install√©s dans les environs ou dans le centre-ville.[3]

L'Ib√©rie avait vu une certaine √©volution au cours du IVe si√®cle, la ville d'Hispalis (l'actuelle S√©ville)s'imposant comme le centre de la B√©tique, tandis que Carthago Nova (Carthag√®ne) restait le principal point d'ancrage urbain de la zone orientale du Dioc√®se. Non moins importants √©taient Tarraco (Tarragone), Osca (Huesca) et Caesaraugusta (Saragosse), au nord de la P√©ninsule.

Parmi les villes les plus importantes et les plus peupl√©es des deux dioc√®ses gaulois, on trouvait Augusta Treverorum (Tr√®ves, aujourd'hui en Allemagne), capitale imp√©riale √† l'√©poque des T√©trarques et encore au d√©but du Ve si√®cle si√®ge de pr√©fecture. Arelate (Arles), un temps centre urbain le plus dynamique de la Gaule M√©ridionale, √©tait √©galement devenue, au d√©but du Ve si√®cle, capitale de pr√©fecture. Le plus grand centre de la Gaule centrale √©tait, selon toute probabilit√©, Lugdunum (Lyon).

En Bretagne, la seule ville d'importance √©tait Londinium, l'actuelle Londres, suivie de noyaux urbains de dimension modeste, soit d'origine militaire, soit d√©velopp√©s √† partir d'agglom√©rations fond√©es par les Celtes (comme Calleva Atrebatum, l'actuelle Silchester). Aquae Sulis (Bath) √©tait une station thermale connue depuis le Ie si√®cle. L'abandon de la Bretagne par les l√©gions romaines au d√©but du Ve si√®cle entra√ģna la d√©cadence de ces centres urbains, qui se poursuivit g√©n√©ralement lors du Haut Moyen √āge. Londres, quasiment vid√©e de ses habitants, dut en pratique √™tre refond√©e par Alfred le Grand au IXe si√®cle.

Superficie et population des principales villes de l'Empire[4]
Ville Superficie (hectares) Population (habitants)
Rome 1800 - (IVe si√®cle) environ 1 000 000
Capoue 180 70 000
Mediolanum 133 50 000
Bologne 83 30 000
Augusta J. Taurinorum 47 20 000
Verone 45 20 000
Augusta Praetoria 41 20 000
Leptis Magna 400 100 000
Augusta Treverorum 285 50.000
Nemausus 220 70.000
Vindobona 200 60 000
Londinium 140 50.000
Lutèce 55 20 000
Alexandrie 900 500 000 - 1 000 000
Carthage 300 200 000 - 300 000
Nova Roma (Constantinople) 1400 (IVe si√®cle) 500 000 environ

Villes fondées ou conquises par les Romains en Italie (fond vert)
Villes fondées par les Romains dans les provinces de l'Empire (fond jeaune)
Villes conquises par les Romains hors d'Europe (fond bleu ciel)

Héritage

Les envahisseurs germains qui s'√©tablirent sur le territoire de l'Empire d'Occident maintinrent un grand nombre de lois et traditions romaines. La plupart des tribus germaines √©tait d√©j√† christianis√©e, quoiqu'en majeure partie arienne. Elles se convertirent rapidement au catholicisme, accroissant la loyaut√© des populations romanis√©es locales ainsi que reconnaissance et appui de la puissante √Čglise catholique romaine. Leurs lois furent bient√īt enrichies par l'apport du droit romain. Le syst√®me de droit civil est bas√© sur celui-ci, en particulier le Corpus juris civilis compil√© sur ordre de Justinien.

Langues romanes en Europe

La langue latine ne disparut jamais v√©ritablement. Combin√©e aux langues germaines et celtes voisines, elle donna naissance aux langues romanes actuelles, comme l'italien, le fran√ßais, l'espagnol, le portugais, le roumain et le romanche. Le latin influen√ßa √©galement les langues germaniques comme l'anglais, l'allemand ou le n√©erlandais. Sous sa forme ¬ę pure ¬Ľ, il survit en tant que langue de l'√Čglise catholique romaine (les messes furent dites en latin exclusivement jusqu'en 1965) et servit de lingua franca entre de nombreuses nations. Il resta longtemps la langue des m√©decins, des juristes, des diplomates et des intellectuels.

L'alphabet latin, completé avec quelques lettres (J, K, W, Z), est aujourd'hui le système d'écriture le plus employé dans le monde. Les chiffres romains continuent à être employés, mais ont été remplacés le plus souvent par les chiffres arabes.

Le rêve d'un Empire romain, universel et chrétien, avec un seul souverain à sa tête, séduisit de nombreux rois et empereurs. Charlemagne, roi des Francs et des Lombards, fut même couronné empereur romain par le pape Léon III en 800. Plusieurs souverains du Saint-Empire romain germanique, dont Frédéric Barberousse, Frédéric II de Hohenstaufen et Charles Quint, tentèrent de donner corps à ce rêve, mais tous échouèrent.

Un h√©ritage visible de l'Empire romain d'Occident est l'√Čglise catholique romaine, qui rempla√ßa peu √† peu les institutions romaines en Occident par les siennes, aidant m√™me √† n√©gocier la s√©curit√© de Rome √† la fin du Ve si√®cle. Au Xe si√®cle, la majeure partie de l'Europe centrale, occidentale et du nord avait √©t√© convertie √† la foi catholique et reconnaissait le pape comme vicaire du Christ.

Source

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en anglais intitul√© ¬ę Western Roman Empire ¬Ľ.
  • (it) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en italien intitul√© ¬ę Impero romano d'Occidente ¬Ľ.

Références

  1. ‚ÜĎ Cette condamnation prendra quelques si√®cles plus tard un aspect canonique, avec le canon 10 du Concile in Trullo
  2. ‚ÜĎ ¬ę...alla met√† del V secolo...si pu√≤ immaginare che il totale della popolazione [di Roma] dovesse essere qualcosa di pi√Ļ dei due terzi di un milione.¬Ľ Cit. d'Arnold H. M. Jones, Il Tramonto del Mondo Antico, Bari, Casa Editrice Giuseppe Laterza & Figli, 1972, CL 20-0462-3, pag. 341-342 (Titre de l'oeuvre originale : Arnold H. M. Jones The Decline of the Ancient World, Lonmans, Green and Co. Ltd, London 1966)
  3. ‚ÜĎ Cornell, Tim, et John Matthews, Atlante del mondo romano, Istituto Geografico de Agostini, Novara, 1984, p. 142.
  4. ‚ÜĎ On estime la population √† 250 √† 500 habitants par hectare dans les villes fond√©es par les Romains (fond vert). Source: Dalle citt√† dell'Impero Romano alle campagne dell'Et√† Medioevale, r√©f√©rences bibliographiques: [1]

Voir aussi

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