Empire Latin De Constantinople

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Empire latin de Constantinople

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Armoiries

Carte de l'Asie mineure et des Balkans en 1204 ; l'empire latin de Constantinople est indiquĂ© en mauve, avec ses vassaux.
Carte de l'Asie mineure et des Balkans en 1204 ; l'empire latin de Constantinople est indiquĂ© en mauve, avec ses vassaux.

Informations générales
 Statut État latin d'Orient
 Capitale Constantinople
 Langue(s) Français (officielle), grec
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Population
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Superficie
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Histoire et événements
 1204 QuatriĂšme croisade et crĂ©ation
 25 juillet 1261 ConquĂȘte par l'Empire byzantin
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Empire byzantin Empire byzantin
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L'empire latin de Constantinople est un État Ă©phĂ©mĂšre fondĂ© sur le territoire de l'Empire byzantin suite Ă  la quatriĂšme croisade et la chute de Constantinople aux mains des Latins. Il dure jusqu'en 1261, annĂ©e de la reconquĂȘte de la ville par Michel PalĂ©ologue, qui restaure l'Empire byzantin.

Sommaire

DĂ©tournement de la croisade

En 1202, le pape Innocent III lance la quatriĂšme croisade. Les VĂ©nitiens imposent aux croisĂ©s pour les transporter des conditions fort dures : 85 000 marcs d’or et la moitiĂ© du butin.

Au printemps, la croisade, abandonnĂ©e par les Bourguignons et les Provençaux embarquĂ©s Ă  Marseille, compte le tiers des effectifs prĂ©vus et verse seulement 50 000 marcs aux VĂ©nitiens. Un moratoire est accordĂ© Ă  condition que les croisĂ©s aident Venise Ă  reprendre le port dalmate de Zara au roi de Hongrie. La prise de cette ville chrĂ©tienne (novembre 1202) suscite des protestations dans l’armĂ©e. Le pape excommunie VĂ©nitiens et croisĂ©s, mais lĂšve aussitĂŽt la peine pour ces derniers. Pendant l’hivernage, le jeune empereur byzantin Alexis Ange arrive Ă  Zara et demande aux croisĂ©s de rĂ©tablir sur le trĂŽne impĂ©rial son pĂšre Isaac II, renversĂ© par Alexis III Ange en 1195. En Ă©change de cet aide, il promet des versements Ă©levĂ©s, la contribution des Byzantins Ă  la croisade et l’union des Églises. MalgrĂ© l’opposition d’une partie de l’armĂ©e et du lĂ©gat papal, le projet est adoptĂ©.

Au printemps suivant, la croisade prend Corfou, puis met le siĂšge devant Constantinople le 24 juin. Le 17 juillet, un premier assaut de la capitale provoque la fuite d’Alexis III. Isaac II, rĂ©tabli, doit associer son fils Alexis au pouvoir. Incapables de tenir les promesses faites aux croisĂ©s de plus en plus impatients, et tandis que la population grecque leur est de plus en plus hostile, ils sont renversĂ©s par une Ă©meute populaire qui porte au pouvoir Alexis V Doukas, anti-latin convaincu.

En mars 1204, un traitĂ© conclu entre le doge de Venise Enrico Dandolo et les croisĂ©s, le Partitio terrarum imperii Romanie, dĂ©cide par avance le partage de l’Empire byzantin. Constantinople est prise et livrĂ©e au pillage les 12 et 13 avril. La population grecque est massacrĂ©e, les Ă©glises et les monastĂšres profanĂ©s. Le pape Innocent III accepte d’abord le fait accompli, justifiĂ© par les promesses d’union des Églises et l’aide de l’Empire latin Ă  JĂ©rusalem, avant de parler de dĂ©tournement de la croisade et d'en accuser les VĂ©nitiens.

La prise de Constantinople par les croisĂ©s sonne le glas de la puissance byzantine et porte un prĂ©judice considĂ©rable Ă  la civilisation europĂ©enne, ouvrant la porte Ă  la conquĂȘte ottomane. La ville, pillĂ©e et brĂ»lĂ©e, est dĂ©sertĂ©e par sa population qui ne reviendra qu’en 1261.

L'empire latin

Deux chefs francs convoitent le titre impĂ©rial : Boniface de Montferrat et Baudouin IX de Flandre. Sur les six hommes d'Église choisis pour reprĂ©senter les Francs, un seul est partisan de Boniface de Montferrat, tandis que la plupart des barons soutiennent la candidature de Baudouin de Flandre.

Préféré à Boniface de Montferrat, Baudouin de Flandre est élu empereur sous le nom de Baudouin Ier le 16 mai 1204 par les électeurs assemblés dans le Palais de Boucoléon.

Si l'Empire latin de Constantinople est souvent considĂ©rĂ© comme la continuation de l'Empire byzantin, les historiens modernes mettent aujourd'hui l'accent sur le fait que ces deux entitĂ©s sont totalement diffĂ©rentes : en effet, si Baudouin conserve un gouvernement impĂ©rial ainsi qu'un cĂ©rĂ©monial directement inspirĂ© de Byzance, il s'applique Ă  introduire en Orient les rĂšgles de la fĂ©odalitĂ©, rompant ainsi avec les traditions grecques.

Morcellement de l'Empire byzantin

L'Empire Latin et les Ă©tats grecs en 1204.

La partitio reprend les termes du traitĂ© de 1202 sur le partage pour moitiĂ© entre les croisĂ©s et les VĂ©nitiens des conquĂȘtes effectuĂ©es. Les croisĂ©s doivent concĂ©der Ă  Venise « un quart et demi Â» des terres byzantines, les trois cinquiĂšmes de la ville, le patriarcat et de nouveaux privilĂšges commerciaux, les ports de Coron et Modon, la CrĂšte, l'Ăźle de NĂ©grepont, entre autres. La croisade a Ă©tĂ© l'occasion pour Venise de se constituer un empire colonial qui va servir ses intĂ©rĂȘts commerciaux pendant plusieurs siĂšcles.

L’Empire latin obtient le quart des terres et s'Ă©tend Ă  Constantinople, la Thrace et le nord-ouest de l’Asie Mineure) ; les VĂ©nitiens reçoivent les territoires qui s'Ă©tendent au sud d'Andrinople, jusqu'Ă  la mer de Marmara. D'autres États sont constituĂ©s :

Au sein de chaque État vassal de l'empire, la fĂ©odalitĂ© conduit au morcellement des terres entre les seigneurs ayant participĂ© Ă  la Croisade, morcellement poussĂ© jusqu'Ă  l'absurde.

Certains hauts barons n'obtiennent cependant que des terres presque toutes situĂ©es en Asie, que Baudouin leur cĂšde sur sa part et sur lesquelles ils ne mettront jamais les pieds : Henri de Flandre obtient ainsi le royaume d'Andremite, Pierre de Bracheux le royaume de Konya, le comte de Blois se voit attribuer le duchĂ© de NicĂ©e tandis que RĂ©nier de Trit reçoit le duchĂ© de Philippopoli.

RĂšgne de Baudouin de Flandre

Sous l'influence de Baudouin et des Francs, la civilisation latine est introduite dans tous les territoires formant l'Empire latin, par l'application des coutumes féodales et des cours d'Occident.

L'histoire de l'Empire latin n'est qu'expĂ©ditions, siĂšges ou dĂ©fenses des places fortes en pays insoumis : devant combattre sur tous les fronts, les Francs doivent en outre faire face Ă  l'hostilitĂ© des Grecs. Ainsi en fĂ©vrier 1205, Ă  la mort d'Hugues de Saint-Pol, les Grecs de sa seigneurie de Didymotique s'allient Ă  Jean Kalojan, roi des Bulgares. S'ensuit une sanglante dĂ©faite, le 14 avril 1205 Ă  Andrinople, au cours de laquelle Baudouin de Flandre disparait, sans que son corps soit retrouvĂ©[1].

Quelques semaines plus tard, le doge vénitien Enrico Dandolo meurt à Constantinople, laissant les Vénitiens sans directives quant au choix d'un nouvel empereur. C'est finalement Henri de Hainaut, le frÚre de Baudouin, qui devient empereur.

RĂšgne de Henri de Flandre

De 1206 Ă  1216, l'Empire latin s'affermit sous le gouvernement de Henri : il conquiert l'Épire et la MacĂ©doine mais Ă©chouant Ă©galement devant les Bulgares, Ă  Andrinople.

Kalojan organise en 1205-1206 le siĂšge puis le massacre de Philippopoli, au cours duquel l'archevĂȘque est massacrĂ©, les notables Ă©corchĂ©s vifs ou dĂ©capitĂ©s, la ville rasĂ©e et rĂ©duite en cendres ; il s'empare ensuite d'Arcadiopolis, puis de VisoĂŻ, oĂč il massacre toute la population.

Les exactions des Bulgares entraßnent en Europe un ralliement aux Latins. Henri de Flandre peut conquérir le Dimot et, le 20 août 1206, il est couronné empereur à Constantinople. Il repart ensuite en expédition contre les Bulgares.

Au printemps 1207, les Bulgares assiĂšgent Andrinople : Ă©galement harcelĂ© par les Grecs en Asie, Henri de Flandre parvient tout de mĂȘme Ă  libĂ©rer la ville. Le 8 octobre 1207, Kalojan meurt devant Andrinople, probablement assassinĂ© par l'un de ses hommes.

En novembre 1208, Henri conclut une trĂšve avec les Bulgares et marie une de ses filles Ă  Slav, prince de Bulgarie. Il met Ă  profit ces temps de paix pour se concilier ses anciens ennemis, tĂąchant de s'allier les Grecs, qu'il rappelle Ă  Constantinople et admet Ă  sa cour.

Il parvient également à intéresser l'Occident à l'Empire latin.

De 1209 Ă  1212, il mĂšne la guerre contre les barons de Salonique : ceux-ci, au dĂ©cĂšs de Boniface de Montferrat, avaient refusĂ© de lui prĂȘter hommage et avaient proclamĂ© pour suzerain Guillaume de Montferrat ; le 2 mai 1210, le royaume de Salonique est dĂ©clarĂ© partie intĂ©grante de l'Empire latin de Constantinople.

Il mĂšne Ă©galement la guerre contre les Grecs de NicĂ©e et d'Épire et les Serbes.

Les Courtenay

En 1216, Ă  la mort sans postĂ©ritĂ© d'Henri de Flandre, une dĂ©lĂ©gation de barons offre le trĂŽne Ă  Pierre II de Courtenay, comte de Tonnerre, d'Auxerre et de Namur et Ă©poux de Yolande de Flandre, sƓur de Baudouin et de Henri. CouronnĂ© Ă  Rome le 9 avril 1217, il jure de maintenir les privilĂšges des VĂ©nitiens. Il tombe cependant dans une embuscade tendue par des Grecs dans les montagnes d'Albanie et n'atteindra jamais Constantinople : il meurt en prison au cours de l'hiver 1218-1219.

Sa veuve, Yolande de Courtenay, donne peu de temps aprĂšs naissance Ă  Baudouin II de Courtenay, nĂ© Ă  Constantinople dans la chambre des porphyrogĂ©nĂštes. L'empire est alors confiĂ© Ă  Conon de BĂ©thune, qui meurt le 17 dĂ©cembre 1219 ; il est remplacĂ© par un gouvernement collĂ©gial composĂ© de Geoffroy de Merry, Narjot de Toucy et ThĂ©odore Branas.

En 1220, Robert de Courtenay, fils de Yolande, est couronné empereur. Son rÚgne est marqué par le renforcement des relations avec les Grecs de Nicée mais, en 1224, la victoire de Jean III Doukas VatatzÚs sur les frÚres Lascaris renforce la menace que les Grecs font peser sur l'Empire latin, chassé de ses territoires d'Asie et mal gouverné.

Au cours de l'hiver 1227, les barons déposent Robert de Courtenay, qui meurt en Morée en janvier 1228, et proclament empereur Baudouin II de Courtenay.

En 1229, la couronne est proposée à Jean de Brienne, ancien roi de Jérusalem. Il devient empereur associé à Baudouin II. En 1245 l'Empire, réduit à la seule ville de Constantinople, est au bord de la faillite financiÚre.

La fin de l'Empire

L'Empire Latin en 1230.

ChassĂ©s de Constantinople, les Grecs n'en ont pas moins constituĂ© trois États indĂ©pendants, soustraits Ă  l'Empire latin de Constantinople et tenus par des dynastes grecs : l'Empire de NicĂ©e, le despotat d'Épire et l'Empire de TrĂ©bizonde.

Alexis III est emprisonné par son gendre Théodore Ier Lascaris qui se fait reconnaßtre empereur à Nicée. Il échoue dans ses efforts militaires et diplomatiques pour reprendre Constantinople, mais maintient vivante dans sa capitale la tradition impériale byzantine.

En 1235, Jean III Doukas VatatzĂšs, empereur de NicĂ©e, alliĂ© aux Bulgares d'Ivan Asen II, assiĂšge sans succĂšs Constantinople dĂ©fendue par Jean de Brienne avec l’appui d’une escadre vĂ©nitienne, mais rĂ©ussit Ă  reconquĂ©rir la Thrace et la MacĂ©doine.

Un second siĂšge de Constantinople a lieu en juillet 1261 : Michel PalĂ©ologue vainc Guillaume de Villehardouin Ă  la Bataille de PĂ©lagonia, au cours de l'automne 1259 ; celui-ci doit alors lui cĂ©der les principales forteresses de MorĂ©e. Le 25 juillet 1261, le gĂ©nĂ©ral Alexios Stratigopoulos entre dans Constantinople : ayant fui le palais des Blachernes pour le palais de BoucolĂ©on, le jeune empereur Baudouin II s'enfuit Ă  ThĂšbes puis dans les Pouilles, avant de parvenir en France en 1262.

Bibliographie

  • J.Heers : Chute et mort de Constantinople, Éd. Perrin.

Notes et références

  1. ↑ Selon une lĂ©gende, Baudouin est fait prisonnier et amenĂ© Ă  dans la capitale bulgare VĂ©liko Tarnovo. Il y sera enfermĂ© durant quelques annĂ©es dans une tour isolĂ©e, qui porte encore aujourd'hui le nom de "La Tour de Baudouin". Baudouin se serait ensuite Ă©vadĂ© avec l'aide d'une noble bulgare, amoureuse de lui

Voir aussi


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