Empire Allemand

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Empire Allemand

Empire allemand

Empire allemand

Deutsches Reich de


‚Üď 1871 ‚ÄĒ 1918 ‚Üď

Flag of the German Empire.svg Wappen Deutsches Reich - Reichsadler.png
Drapeau Armoiries

Carte du Reich allemand sous l’Empire
Carte du Reich allemand sous l’Empire

Informations générales
 Statut Monarchie constitutionnelle
 Capitale Berlin
 Langue(s) Allemand, comme seule langue officielle, avec minorit√©s linguistiques non-officielles : polonais, lituanien, kachoube, slovince, fran√ßais, sorabe et frison.
 Religion(s) {{{religion}}}
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 Monnaie Goldmark
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Population
41 058 792 hab. (est. 1871)
45 234 061 hab. (est. 1880)
49 428 470 hab. (est. 1890)
56 367 000 hab. (est. 1900)
64 925 993 hab. (est. 1910)
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Superficie
540 766 km¬≤ (1910)
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Histoire et événements
 18 janvier 1871 Unit√©
 9 novembre 1918 R√©publique
 28 novembre 1918 Abdication formelle
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Pouvoir exécutif
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Pouvoir législatif
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Entités précédentes Entités suivantes
Confédération de l'Allemagne du Nord Confédération de l'Allemagne du Nord
Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Royaume de Wurtemberg Royaume de Wurtemberg
Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade
Grand-duché de Hesse Grand-duché de Hesse
République de Weimar République de Weimar
République d'Alsace-Lorraine République d'Alsace-Lorraine
Deuxième République de Pologne Deuxième République de Pologne
Lituanie Lituanie
Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie
Ville libre de Dantzig Ville libre de Dantzig
Territoire du Bassin de la Sarre Territoire du Bassin de la Sarre

L‚ÄôEmpire allemand est le r√©gime politique du Reich allemand, le premier √Čtat-nation de l‚Äôhistoire allemande, de 1871 √† 1918. C'est une conf√©d√©ration constitutionnelle issue de la Conf√©d√©ration de l'Allemagne du Nord et r√©unissant dans le cadre de la ¬ę solution petite-allemande ¬Ľ vingt-deux monarchies et trois r√©publiques ainsi qu'une ¬ę terre d'Empire ¬Ľ, l‚ÄôAlsace-Lorraine, sous l'autorit√© d‚Äôun empereur allemand, √©galement roi de Prusse. Il est fond√© le 18 janvier 1871 par la proclamation comme empereur de Guillaume Ier de Prusse au ch√Ęteau de Versailles apr√®s la d√©faite fran√ßaise lors de la guerre franco-allemande de 1870. Il prend fin le 9 novembre 1918 par l'abdication de l‚Äôempereur Guillaume II √† l'issue de la Premi√®re Guerre mondiale et la proclamation de la r√©publique de Weimar.

Il est parfois appel√© le ¬ę Deuxi√®me Reich ¬Ľ afin de l‚Äôinscrire dans la tradition du Saint-Empire romain germanique, le ¬ę Premier Reich ¬Ľ.

Sommaire

Histoire

La période de fondation

Histoire de l’Allemagne
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La Proclamation de l‚ÄôEmpire au ch√Ęteau de Versailles, dans la galerie des Glaces, le 18 janvier 1871, peinte par Anton von Werner. Bismarck est repr√©sent√© au centre, en uniforme blanc.

Le 18 janvier 1871, dans une France vaincue, l‚ÄôEmpire est proclam√© dans la galerie des Glaces du ch√Ęteau de Versailles et Guillaume Ier, roi de Prusse, devient empereur allemand. On appelle p√©riode de fondation (Gr√ľndungszeit) la p√©riode correspondant au r√®gne de Guillaume Ier, jusqu‚Äôen 1888, et au mandat d‚ÄôOtto von Bismarck comme chancelier imp√©rial.

D√®s sa cr√©ation, l‚ÄôEmpire est marqu√© par des crises graves. Bismarck voit un peu partout des ennemis du nouveau r√©gime : les catholiques regroup√©s dans le parti du Zentrum et contre lequel il m√®ne le Kulturkampf ; les Polonais de la province de Posnanie ; les Fran√ßais d‚ÄôAlsace-Lorraine ; les Welfes de Hanovre ; les socialistes qui se forment en Parti social-d√©mocrate (SPD). Apr√®s deux attentats contre l‚Äôempereur en 1878, mais commis par des individus agissant seul, Bismarck fait voter par les conservateurs et les lib√©raux du Reichstag, le 18 octobre 1878, une loi qui interdit les associations socialistes, social-d√©mocrates ou communistes visant le ¬ę renversement de l‚Äôautorit√© de l‚Äô√Čtat ou de l‚Äôordre social √©tablis ¬Ľ, ainsi que leurs journaux, leurs rassemblements et leurs membres qui sont menac√©s d‚Äôexil.

En m√™me temps, Bismarck m√®ne une politique sociale visant √† apaiser certaines revendications sociales et √† diminuer l‚Äôaudience de la social-d√©mocratie : le 15 juin 1883, la loi sur l‚Äôassurance maladie est adopt√©e.

La période wilhelmienne

Germania, l'allégorie nationale allemande, à la rescousse de la mère patrie entrant dans la Première Guerre mondiale, sur une peinture de Friedrich August von Kaulbach en 1914. La légitimation donnée par le pangermanisme se heurte à l'esprit de revanche nourri par les Français.

Le 9 mars 1888, Guillaume Ier meurt √† l‚Äô√Ęge de quatre-vingt-onze ans. Son fils Fr√©d√©ric III, d√©j√† atteint d‚Äôune maladie incurable, lui succ√®de sur le tr√īne et meurt apr√®s cent jours de r√®gne le 15 juin. Son successeur, Guillaume II, √Ęg√© de vingt-neuf ans et petits-fils de Guillaume Ier, acc√®de alors au tr√īne. On appellera cette ann√©e l‚Äôann√©e des Trois Empereurs. On qualifie de wilhelmienne la deuxi√®me phase de l‚ÄôEmpire, correspondant au r√®gne de Guillaume II. Elle est marqu√©e par la primaut√© de l‚Äôempereur dans la politique, notamment en politique ext√©rieure o√Ļ la prudence bismarckienne c√®de le pas √† la Weltpolitik.

Le 18 mars 1890, Bismarck soumet une demande de mise en congé à l’empereur en raison du conflit qui les oppose en politique extérieure. Deux jours plus tard, le 20 mars 1890, il est démis de ses fonctions de chancelier impérial et de ministre-président de la Prusse, et le général Leo von Caprivi lui succède.

Le chancelier von Caprivi ne prolonge pas la loi antisocialiste.

La chute de l’Empire

√Ä la fin de la Premi√®re Guerre mondiale, la r√©volution de Novembre provoque la chute du r√©gime imp√©rial. Le 9 novembre 1918, le chancelier Maximilian von Baden, apr√®s avoir d√©cr√©t√© l‚Äôabdication de l‚Äôempereur Guillaume II et la renonciation au tr√īne du prince h√©ritier Wilhelm, d√©missionne et transmet ses pouvoirs √† Friedrich Ebert, chef des sociaux-d√©mocrates majoritaires. Le m√™me jour, la r√©publique est proclam√©e par Philipp Scheidemann et la r√©publique socialiste par Karl Liebknecht.

Les drapeaux

Le drapeau de l'Empire allemand est également celui de la Confédération d'Allemagne du Nord. Il unit les couleurs de la Prusse (le noir et le blanc, originellement les couleurs de l'Ordre teutonique) et de la Ligue hanséatique (le rouge et le blanc, originellement les couleurs du Saint-Empire romain germanique et du drapeau du Christ).

Le tricolore horizontal noir, blanc et rouge correspondait √† la ¬ę politique de fer et de sang ¬Ľ du chancelier Otto von Bismarck.

Lors de la proclamation de l'Empire allemand, on vit le développement de nombreux drapeaux basés sur le tricolore noir, blanc et rouge, notamment des pavillons maritimes, des drapeaux coloniaux, des drapeaux officiels, des bannières royales et impériales.

Apr√®s avoir cherch√© √† r√©soudre les profondes divergences d'opinion du public sur la question du drapeau, on en vint √† un compromis, qui essayait d'exprimer des diff√©rences politiques inconciliables √† l'aide de symboles communs. Le drapeau civil adopt√© fut le tricolore noir, blanc et rouge ; le drapeau d'√Čtat √©tait le m√™me, avec les armes de l'Empire au centre. Ces armes √©taient constitu√©es de l'aigle noir traditionnel avec des attributs rouges dans un √©cusson d'or.

Les bannières personnelles de la famille impériale avec le champ jaune d'or, les croix noires et l'écu médiéval au centre était utilisées lors des grandes occasions ou des déplacements impériaux (comme la visite de Guillaume II à Damas).

Inspir√© du mod√®le de drapeau prussien, l'Empire allemand met la croix de Fer sur certains de ses drapeaux, dont le drapeau de l'Empereur, celui de l'√Čtat et celui de l'Arm√©e. Sur le drapeau de l'Empereur, on peut voir la croix avec, en son centre, le blason de l'Empire et, sur ses extr√©mit√©s, la devise allemande : ¬ę Gott mit uns ¬Ľ signifiant, ¬ę Dieu est avec nous ¬Ľ. Le drapeau de l'arm√©e, ayant une croix traversante noire, tirant un peu vers la droite, et ayant en son centre un cercle dans lequel se trouve l'aigle imp√©rial, a la croix de Fer dans un canton au couleur nationales.

√Čtats conf√©d√©r√©s

Article d√©taill√© : √Čtats de l'Empire allemand.

Les √Čtats composant l'Empire allemand √©taient :

voir aussi : Les √Čtats f√©d√©raux de l'Empire allemand

Territoire

Position de l'Empire allemand en Europe

En 1900, le Reich couvrait une superficie de 540 667 km¬≤. Il occupait le Nord et l‚ÄôOuest de l‚ÄôEurope centrale, entre la mer (mer du Nord et mer Baltique) et les Alpes, entre les Vosges et le Ni√©men √† l‚ÄôEst. Il √©tait entour√© au Nord par le Danemark, √† l‚ÄôEst par la Russie, √† l‚ÄôOuest par la Hollande, la Belgique, le Luxembourg et la France, et au Sud par la Suisse et l‚ÄôAutriche-Hongrie.

Par sa superficie, l'Empire allemand √©tait le troisi√®me des √Čtats europ√©ens apr√®s la Russie et l‚ÄôAutriche-Hongrie (la France, amput√©e de l'Alsace-Lorraine, n'a plus quant √† elle qu'une superficie de 530 000 km¬≤). Mais contrairement √† la Russie l'Allemagne avait bon climat et une bonne gestion de son territoire et contrairement √† l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne se trouvait sur le plateau centrale europ√©en et disposait de nombreux acc√®s maritimes.

Sa capitale était Berlin, qui avant, était capitale du royaume de Prusse.

Sa position au centre est un avantage autant qu'un inconv√©nient. Le Reich est au carrefour des flux commerciaux Ouest-Est. Il contr√īle donc les marchandises qui vont de Paris √† St-P√©tersbourg ou de Moscou √† Amsterdam. Mais lors de la 1re Guerre Mondiale l'Allemagne se trouvait dans l'√©tau France-Russie.

Les transformation économiques

Secteur primaire

L'agriculture

L'Allemagne avait √©tendu son industrie au d√©triment de son agriculture. Elle nourrissait ses 70 millions d'habitants en important plus de 4 milliards de marchandises qu'elle paye avec les produits de ses usines et manufactur√©s par ses millions d'ouvriers. Sur 54 077 000 hectares de superficie, elle en avait 26 millions en culture et 7 600 000 en pat√Ľrages. Les cultures principales √©taient consacr√©es aux c√©r√©ales. Dans l'Allemagne du Sud, une place importante √©tait donn√©e au ma√Įs. Dans toutes les r√©gions, la culture de la pomme de terre r√©ussit bien. La culture de betterave √©tait surtout prosp√®re dans les duch√©s de Brunswick et d'Anhalt, ainsi que dans les provinces prussiennes de Saxe, de Sil√©sie et de Hanovre. La culture des l√©gumes √©taient des plus avantageuse en Thuringe, en Franconie et en Souabe. Le tabac se cultivait avec succ√®s sur les rives de la Werra et de l'Oder, dans le Palatinat et dans l'Uckermark. Le chanvre et le lin, dans le centre; le houblon en Bavi√®re le duch√© de Brunswick et dans la province de Posen. On recueillait des fruits en grande quantit√©, surtout dans l'Allemagne du Sud et en Thuringe. Il y avait des vignobles, plus ou moins renomm√©s, en certaines parties de la Prusse rh√©nane, dans la Hesse, en Bavi√®re, dans le grand-duch√© de Bade et en Alsace-Lorraine.

Carte des différentes zones agricoles dans l'Empire.

Le d√©veloppement de l'agriculture, les progr√®s de l'industrie et l'accroissement des populations avaient fait reculer la plupart des for√™ts. Cependant elles occupaient, en 1914, 13 979 850 hectares. Les essences qui y dominaient √©taient le ch√™ne et le h√™tre vers la Baltique; le ch√™ne, le bouleau, le pin et le sapin dans les r√©gions basses de l'Allemagne du Nord. Il y avait √† peu pr√®s autant de bois r√©sineux que de bois feuillus. Vers le sud, le m√©l√®ze s'ajoute au pin et au sapin (Parmi ses plus belles for√™ts, l'Empire allemand comptait celles d'Alsace).

L'agriculture allemande semblait jadis condamn√©e √† une perp√©tuelle m√©diocrit√©, par l'insuffisance du sol et de la main-d'Ňďuvre. Mais les travaux d'irrigation et l'emploi des engrais chimiques permirent de tirer parti m√™me des marais de Mecklenbourg et des sables de Brandebourg. Il ne restait sans culture qu'un dixi√®me du sol. Les champs qui produisaient l'avoine, le seigle, l'avoine et la pomme de terre se d√©velopp√®rent, empi√©tant mais sur les vastes p√Ęturages o√Ļ se multipliaient les troupeaux. Cependant le bl√© demeurait assez rare : il ne prosp√©rait r√©ellement que dans la vall√©e du Rhin. Un lien √©troit unissait l'agriculture √† l'industrie : la betterave √©tait cultiv√©e sur une √©tendue de plus de 500 000 kilom√®tres pour la fabrication du sucre, l'orge pour la fabrication de la bi√®re. La laine, fournie chaque ann√©e par les troupeaux de moutons, pesait plus de 400 000 quintaux. Chevaux, b√™tes √† cornes, moutons et porcs repr√©sentaient une somme de plus de 5 milliards de marks. Les terres appartiennent aux hobereaux, qui, des paysans, exigeaient un gros revenu.

Les mines

Le sous-sol de l'Allemagne est d'une richesse singulière. Les terrains carbonifères occupent d'immenses étendues, surtout dans le bassin de la Rhur. La Silésie supérieure fournit du fer, la Prusse, du zinc, la Saxe, de l'étain et du kaolin. On trouve de l'argent dans l'Erzgebirge et de l'or dans le massif du Hartz. Les eaux de Wiesbaden, de Kreuznach, d'Aix-la-Chapelle et d'Ems sont célèbres.

Pour l'exploitation et la transformation des produits fournis par le sous-sol, c'est-√†-dire pour l'ensemble de son effort industriel, l'Allemagne venait apr√®s la Grande-Bretagne, qui occupait depuis longtemps le premi√®re place en Europe. Ses mines s'√©tendaient √† c√īt√© des gisements de houille. Avantage sans pareil pour les usines de Barmen, d'Elberfeld et d'Essen. La Sil√©sie, la Saxe et la Westphalie constituaient 3 centres d'une importante capitale pour la m√©tallurgie. Rothe-Erde, pr√®s d'Aix-la-Chapelle, produisait plus d'acier que n'importe quelle autre usine du globe. L'extraction, qui repr√©sentait 80 millions de tonnes en 1900, en repr√©sentait plus de 260 en 1914. La production du fer s'est multipli√©e par 13 dans le m√™me temps.

Essor démographique, industriel et économique

Le Reich wilhelmien (Reich signifie empire et Wilhelm signifie Guillaume en allemand) conna√ģt un remarquable essor √©conomique. La pouss√©e d√©mographique, le dynamisme des milieux d'affaires et l'appui de l'√Čtat jouent un r√īle d√©cisif dans un boom qui fait de l'Allemagne une puissance mondiale.

Boom démographique

L'Empire allemand avait une population de 56,3 millions d‚Äôhabitants en 1900 et de 64 903 000 habitants en 1910. Pourtant, le taux de natalit√© baisse : il passe de 35,6 pour mille en 1900 √† 27,5 pour mille en 1913, tout comme la mortalit√© qui passe de 23 pour mille √† 15 pour mille. La densit√© moyenne √©tait de 120 habitants par km¬≤ contre 75,9 en 1871. La population est une population jeune : en 1910, 34% des Allemands ont moins de 15 ans, alors que le quart seulement des Fran√ßais appartient √† cette tranche d'√Ęge.

Carte de la densité de population dans l'Empire.

Les transformations économiques ont provoqué une véritable redistribution de la population. Ce sont surtout les régions rurales de l'Est et de l'Allemagne moyenne qui ont déversé leur trop-plein vers Berlin, la Rhénanie-Westphalie et les ports de la mer du Nord et de la mer Baltique.

Les migrations int√©rieures gonflent la population urbaine : 60% des Allemands vivent, en 1910, dans des localit√©s de plus de 2000 habitants. Les 48 villes de plus de 100 000 habitants (dont Berlin, Hambourg, Br√™me, Munich, Dresden, Stettin, Rostock et Cologne) rassemblent le cinqui√®me de la population totale.

L'expansion √©conomique explique le ralentissement, de plus en plus marqu√©, de l'√©migration. Le Reich devient m√™me un pays d'immigration : les √©trangers install√©s en Allemagne passent de 780 000 (1900) √† 1 260 000 (1910). En 1910, les Polonais constituent presque la moiti√© des √©trangers ; 800 000 travailleurs saisonniers, des Slaves surtout, viennent fournir la main-d'Ňďuvre n√©cessaire aux junkers.

La puissance industrielle allemande

L‚ÄôAllemagne en 1871 n'est pas encore une grande puissance √©conomique. Elle a certes d√©j√† d√©pass√© la France mais elle est largement devanc√©e par les √Čtats-Unis et le Royaume-Uni[1].

Carte des zones industrielles de l'Empire.

L‚ÄôAllemagne n'est pas non plus un pays riche : ses sols sont, √† quelques exceptions pr√®s, pauvres et pendant longtemps n‚Äôont pas r√©ussi √† nourrir totalement une population rurale contrainte √† l‚Äôexil. Ses ressources mini√®res sont, mis √† part le charbon, le lignite et la potasse dont l‚Äôexploitation industrielle va conf√©rer un avantage d√©terminant √† l'industrie du Reich, assez limit√©es : l‚Äôexploitation du cuivre du Harz sera arr√™t√©e en 1887, les mines des monts M√©tallif√®res (Das Erzgebirge), √©puis√©es ne sont plus rentables. Enfin, l‚Äôinsuffisance des capitaux a constitu√© une des faiblesse chronique de l'√©conomie allemande, ce qui a retard√© l‚Äôeffort industriel : en 1830, l‚Äôindustrie allemande est encore quasi inexistante, mais 20 ans plus tard, sous l‚Äôimpulsion du Zollverein qui lib√®re les √©nergies, elle a d√©j√† fait de rapides progr√®s.

Chantier naval et usine de la soci√©t√© Orenstein & Koppel √† L√ľbeck, Allemagne. L'image publi√© en 1913.

Mais l‚ÄôAllemagne dispose aussi de nombreux atouts. √Ä la fin du XIXe si√®cle, c'est au nombre de tonnes de charbon extraites et de tonnes d'acier produites qu‚Äôon mesure la puissance industrielle d‚Äôun pays, et la puissance de l‚Äôindustrie allemande va √™tre fond√©e sur cette industrie lourde gr√Ęce aux importantes r√©serves de mati√®res premi√®res (voir l‚Äôarticle sur les richesses de l‚ÄôAllemagne) dont dispose le Reich[1].

Ces centres industriels √©loign√©s les uns des autres, sont reli√©s entre eux par un tr√®s efficace r√©seau de voie de communication, chemin de fer et voies navigables (fleuves et canaux). Le Rhin navigable de B√Ęle √† Rotterdam depuis 1850, permet aux r√©gions du sud-ouest de l'Allemagne de recevoir le charbon de la Ruhr. Le Mittellandkanal, qui relie l‚ÄôEms √† l‚ÄôElbe, unit les r√©gions de l‚ÄôAllemagne moyenne et rend possible le transport des pond√©reux de la Ruhr √† la Sil√©sie en passant par Berlin.

L'usine Drewitz de la société Orenstein & Koppel à Neuendorf près de Potsdam (aujourd'hui Potsdam-Babelsberg), Allemagne. L'illustration publié en 1913

D√®s la premi√®re moiti√© du si√®cle, les souverains allemands ont su cr√©er de nombreuses universit√©s techniques qui forment les ing√©nieurs dont l‚Äôindustrie a besoin et permettent une symbiose entre chercheurs et grandes entreprises : l‚Äôindustrie chimique, l‚Äôoptique, l‚Äô√©lectricit√© sont des domaines o√Ļ la recherche allemande est √† la pointe du progr√®s.

Les progr√®s techniques, comme l‚Äôintroduction des fours Siemens-Martin et du convertisseur Bessemer, du proc√©d√© Thomas dans l‚Äôindustrie sid√©rurgique lorraine, l‚Äôutilisation de moteurs √©lectriques et bient√īt de moteurs Diesel font baisser les co√Ľts de production : l‚ÄôAllemagne est l‚Äôun des premiers pays √† employer √† grande √©chelle ces nouvelles techniques.

Dans l‚Äôagriculture, le recours aux engrais chimiques fait augmenter les rendements et le recours aux machines lib√®re une main-d‚ÄôŇďuvre qu‚Äôabsorbe l‚Äôindustrie, le spectre des disettes semble d√©finitivement banni.

Enfin, le traité de Francfort, imposant à la France le versement d’un dédommagement de 5 milliards de francs-or, va permettre par l’injection de capitaux nouveaux, la création de nouvelles entreprises. Le rythme de l’industrialisation est rapide, si bien que l’Allemagne rattrape son retard par rapport aux autres pays européens.

L'économie du Reich

La métamorphose de Berlin

Berlin, qui était la capitale de la Prusse, devint capitale de la Confédération d'Allemagne du Nord puis capitale de l'Empire allemand en 1871 La ville s'était déjà embellie aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment avec Charlottenburg, avec le Palais de Potsdam, avec de nombreux parcs et autres embellissements. Entre 1830 et 1850, Berlin se couvre de nouveaux palais de style classique et de nombreuses académies.

Peinture du ch√Ęteau de Berlin, faite au XIXe si√®cle par un artiste anonyme

En 1858, Guillaume (Ier) assure la r√©gence de son fr√®re malade. Il devient roi en 1861. Berlin s'agrandit alors de plusieurs faubourgs et compte 524 000 habitants. Le bourgmestre lib√©ral, Seydel, fait tout pour favoriser une industrie berlinoise o√Ļ les grands entrepreneurs tiennent le haut du pav√© : Borsig, Siemens, qui, apr√®s le t√©l√©graphe d√©veloppe le principe de la dynamo, Emil Rathenau, pr√©sident de la Soci√©t√© berlinoise d'√©lectricit√© (future AEG). Le conseiller √† la Construction James Hobrecht remplace le vieux mur d'enceinte par un boulevard circulaire, que les installation ferroviaires √† l'ouest emp√™chent toutefois de boucler totalement. En 1866, le nouveau chancelier Otto von Bismarck inaugure la Nouvelle Synagogue d'Orienburger Strasse, marquant ainsi son int√©r√™t pour l'√©mancipation des Juifs, qui se traduit en 1869 par la promulgation d'une ¬ę loi sur l'√©galit√© des confessions ¬Ľ, √©tendue √† l'ensemble du Reich.

Plan de Berlin au IIe Reich

Lors du versement des 5 milliards de francs-or de r√©paration par la France en 1871, l'√©conomie berlinoise fait un formidable bon en avant. Le ¬ę temps des fondateurs ¬Ľ de l'Empire (Gr√ľnderzeit) s'ouvre sur une orgie de constructions de styles plus qu'√©clectiques. Le n√©o-gothique et la brique triomphent : les fl√®ches de cath√©drale, les pignons cr√©nel√©s qui h√©rissent les usines et les si√®ges sociaux des grandes entreprises font de leur dirigeants de v√©ritables ¬ę junkers citadins ¬Ľ. Le pont d'Oberbaum, le mus√©e de la Marche, les tribunaux et les nouvelles mairies d'arrondissement, construites vers 1900, seront de la m√™me facture. Parfois un chef-d'Ňďuvre √©merge, comme le labyrinthe de pierre du hall d'entr√©e de l'h√ītel de ville de K√∂penick (1903) ou les d√©licates cr√®nelures du tribunal administratif du Centre (1904) m√©lange de gothique flamboyant et de Jugendstil (style jeunesse).

Peinture de la Bauakademie

Le système politique

L'Empire allemand a √©t√© organis√© par la constitution du 16 avril 1871, modifi√©e le 19 mars 1888. Elle repose, pour une large partie, sur la constitution de la Conf√©d√©ration de l'Allemagne du Nord qui √©tait une Ňďuvre de Otto von Bismarck.

L'empereur allemand est le chef de l'arm√©e et de la marine ; il promulgue les lois et dirige la diplomatie. Il nomme un chancelier imp√©rial (Reichskanzler), qui n'est responsable qu'envers lui, c'est-√†-dire qu'il ne d√©pend pas du parlement √©lu. C'est, en r√©alit√©, le chancelier qui est le ma√ģtre absolu de l'administration imp√©riale et du gouvernement, puisqu'il pr√©side le Bundesrat ; ministre unique, il d√©cide de l'orientation de la politique et il propose √† l'empereur la nomination ou la r√©vocation des secr√©taires d'√Čtat, des hauts fonctionnaires qui dirigent selon ses ordres les administrations gouvernementales. Les chanceliers sont aussi ministres-pr√©sidents de la Prusse.

Les autres organes de l'Empire sont le Bundesrat et le Reichstag.

Photographie du Reichstag, prise sous Guillaume II, en 1895

Le Bundesrat repr√©sente les gouvernements des vingt-cinq √Čtats ; il est compos√© de cinquante-huit repr√©sentants nomm√©s par les chefs des gouvernements provinciaux, et de trois repr√©sentants pour l'Alsace-Lorraine d√©sign√©s par le Statthaler (ou lieutenant de l'Empereur). Elle est pr√©sid√©e par le chancelier imp√©rial. Elle vote les lois, √©labore le budget et contr√īle les finances. La Prusse y dispose d'une minorit√© de blocage et peut imposer son point de vue au reste de l'Empire.

Le Reichstag, élu pour trois ans, puis à partir de 1888 pour cinq ans, représente le peuple allemand. Il est élu au suffrage universel mais n'a que l'initiative indirecte des lois, et surtout aucun moyen d'action sur le chancelier.

Dans les dernières semaines du régime, le parlementarisme sera instauré par la réforme d'Octobre.

La société allemande

L'Empereur

Kaiser en allemand.

Trois empereurs se sont succ√©d√© de 1871 √† 1918. Guillaume Ier (1797-1888), roi de Prusse depuis 1861, n'avait pas souhait√© la couronne imp√©riale et laissa Bismarck assurer la direction de l'Empire, pour se consacrer avant tout √† son royaume de Prusse. √Ä sa mort, son fils Fr√©d√©ric III (1831-1888) monta sur le tr√īne mais ne r√©gna que quelques mois. On le disait favorable au lib√©ralisme mais frapp√© par la maladie il mourut avant d'entreprendre de vastes changements. Il en alla tout autrement pour Guillaume II (1859-1941). Lorsqu'il acc√®de √† la dignit√© imp√©riale, il est √Ęg√© de 29 ans et r√©gnera 30 ans sur la Prusse et le Reich. Jeune et imp√©tueux, il aspire √† gouverner par lui-m√™me, et, en 1890, renvoie brutalement Bismarck. Les chanceliers qu'il nommera par la suite ne seront que les instruments dociles de sa volont√©. Dans ce Reich qui est encore une monarchie semi-f√©odale, l'empereur va imposer ses conceptions personnelles √† des chanceliers et secr√©taires d'√Čtat pusillanimes, choisis pour leur connaissance de la bureaucratie plus que pour leurs qualit√©s politiques.

Personnalit√© complexe, esprit dou√© mais impulsif, vaniteux, despotique, il ne supporte pas ceux qui osent le critiquer et entend tout r√©genter : le conflit avec Bismarck √©tait donc in√©vitable. Complex√© par un bras gauche atrophi√©, Guillaume II essaie de compenser ce handicap par une agitation f√©brile et brouillonne (il voyage constamment, prononce d'innombrables discours, change d'uniforme plusieurs fois par jour‚Ķ), et par l'affirmation incessante de la grandeur de l'Allemagne pour laquelle il revendique une ¬ę place au soleil ¬Ľ. Personnalit√© ¬ę m√©diatique ¬Ľ avant l'heure, il est omnipr√©sent, par ses discours, ses interviews retentissantes et par le culte dont il fait l'objet : portraits, souvenirs comm√©moratifs, et jusqu'√† son port de moustaches que ses sujets s'empressent d'imiter.

Guillaume II en uniforme.

Plus que tout autre souverain allemand, Guillaume II aura su être en adéquation avec les aspirations de son peuple et s'identifier au désir de reconnaissance et aussi d'expansion de la nouvelle Allemagne impériale (à qui on a pu donner le nom d'Allemagne wilhelmienne, Wilhelm signifiant Guillaume). Il a su cristalliser sur sa personne les peurs et les désirs de ses sujets, et a, aux yeux de l'étranger, souvent personnifié un aspect agressif du nationalisme allemand.

Les princes souverains

4 royaumes, 6 grands-duch√©s, 5 duch√©s et 7 principaut√©s, ont, dans ce nouveau Reich, conserv√© d'importantes pr√©rogatives. Si Berlin va progressivement devenir la capitale politique et √©conomique de l'Allemagne, les capitales des √Čtats souverains perp√©tuent la tradition culturelle des Residenzst√§dte. Les rois de Saxe essay√®rent de maintenir la grande tradition qui avait fait de Dresde un des plus importants centres artistiques d'Allemagne. le duc de Saxe-Meiningen pouvait se vanter d'accueillir dans sa r√©sidence une des meilleures troupes de th√©√Ętre d'Allemagne. Munich √©tait un des centre artistique et intellectuel de tout premier plan qui cherchait √† contrebalancer l'influence de Berlin.

Mais √† c√īt√© de ces √Čtats brillants, dans lesquels se d√©veloppait une vie politique active, existaient des √Čtats beaucoup plus r√©trogrades, comme les deux duch√©s de Mecklembourg (Schwerin et Strelitz), rest√©s √† l'√©cart des grandes transformations politiques et √©conomiques du XIXe si√®cle.

Si les princes régnants surent demeurer très populaires parmi leurs sujets, c'est qu'ils incarnaient une légitimité parfois teintée du particularisme, comme en Bavière, et qu'ils perpétuaient aussi une tradition culturelle qui s'opposait aux appétits hégémoniques de la Prusse. Par l'intermédiaire du Bundesrat, ils surent mettre en échec les velléités centralisatrices du Reich.

N√©anmoins, les grandes mutations que connut l'Allemagne dans les deux derni√®res d√©cennies du si√®cle se firent sans eux. L'essor industriel, le d√©veloppement des grands centres urbains, l'expansion commerciale ont model√© une Allemagne nouvelle, fort diff√©rente des traditions archa√Įques et d√©su√®tes que pouvait incarner l'Allemagne des Princes.

La vie industrielle

De toutes parts, l'Allemagne donnait l'impression d'un continu d√©veloppement mat√©riel. En 1914, rien que dans les provinces du Rhin et de la Westphalie, plus de 142 000 ouvriers travaillaient aux hauts-fourneaux, plus de 60 000 √† la fabrication des machines, plus de 135 000 √† l'industrie du textile, plus de 40 000 √† la verrerie, plus de 30 000 √† l'industrie chimique. Sans compter ceux des papeteries des tanneries et des brasseries. Le d√©bit des brasseries est le plus "colossal". En 1884, on fabriquait 4 millions d'hectolitres de bi√®re; en 1914, 15 millions. Jadis, chaque habitant buvait 67 litres de bi√®re; √† la veille de la Grande Guerre, 150 litres. Dans un rayon de dix lieues s'accumulait la richesse et s'entassait la population. Voici le nombre d'habitants par ville, de Westphalie-Rh√©nanie, en 1914 :

Dusseldorf Elberfeld Barmen Crefeld Dortmund Bochum Duisburg Hagen Mulheim Munchen-Gladbach Oberhausen Solingen Remscheid Essen
253 700 162 000 156 210 110 400 175 530 118 200 192 300 77 700 93 630 60 700 52 200 50 400 64 400 231 300

Il ne faut pas oublier qu'autour de ces grandes villes se trouvaient maints villages atteignant ais√©ment 4 000 habitants, voire 6 000.

Dans ce pays qui fr√©missait et retentissait de vie industrielle, il restait encore de la vie v√©g√©tale. Partout o√Ļ pouvait pousser un arbre, un arbre poussait, tranquille, v√©n√©r√©, choy√©, surtout dans ses vieux ans. Certaines villes, en se d√©veloppant, atteignaient la for√™t, mais sans toucher √† la for√™t : Hambourg, Francfort, Dusseldorf. La cit√© des hommes veut voisiner d'aussi pr√®s que possible avec la cit√© des arbres, afin d'en respirer l'√Ęme fra√ģche et r√©confortante. Et que de squares, de parcs, de massifs, de bassins ombrag√©s, de parterre de gazon, de corbeilles, de plantes grimpantes, de balcons fleuris ! √Ä Dusseldorf, on pouvait le tour de la ville sans que l'Ňďil cesse d'avoir un reposoir de verdure.

L'armée, la marine et l'aviation

L’armée impériale

Article d√©taill√© : Deutsches Heer.
Fichier:Soldat prusse.jpg
Soldat prussien en 1870

Lors des guerres contre la France, l‚ÄôAutriche et le Danemark, l‚Äôarm√©e allemande √©tait majoritairement constitu√©e de soldats prussiens. La Prusse, √©tat fondateur de l‚ÄôEmpire, √©tait un pays √† forte tradition militaire, d‚Äôailleurs Mirabeau a dit : ¬ę La Prusse n‚Äôest pas un √Čtat qui poss√®de une arm√©e, c‚Äôest une arm√©e qui a conquis une nation ¬Ľ.

De Sadowa √† Paris, l‚Äôarm√©e prussienne √©tait reconnaissable gr√Ęce uniforme de couleur ¬ę bleu prussien ¬Ľ. Son √©quipement, moderne, comporte un casque de cuir bouilli, appel√© aussi ¬ę casque √† pointe ¬Ľ, des effets faciles √† enfiler, un √©quipement individuel qui s‚Äôenl√®ve tr√®s rapidement quand on d√©fait la boucle du ceinturon, un fusil Dreyse moderne fonctionnant par une culasse √† un coup et une percussion √† aiguille. L‚Äô√©tat-major sait utiliser les chemins de fer, y compris au profit du ravitaillement.

Apr√®s le p√©riode d‚Äôunification, la nouvelle Deutsches Heer ne combat plus en Europe jusqu‚Äô√† la Grande Guerre. Mais elle combat dans les colonies, notamment en Chine pour lutter contre la r√©volte des Boxers. Ou bien elle parade, comme √† Damas, au Maroc et, bien s√Ľr, √† Berlin.

Photographie de la "Grosse Bertha"

Mais la diminution de l’activité allemande permet son amélioration. En effet, les ingénieurs militaires améliorent les armes, les tenues et l’artillerie. Vers 1910, on parle de nouveaux engins militaires comme les tanks et les avions.

Quand l‚Äôordre de mobilisation g√©n√©rale fut proclam√© en 1914, l‚Äôarm√©e a chang√©. Les soldats ont perdu leur rigide √©l√©gance prussienne pour adopter une silhouette plus rustique. En 1916, il est bien √©quip√© malgr√© la p√©nurie qui s√©vit au pays. V√™tu de gros drap vert p√Ęle, id√©al pour le camouflage, ainsi que de bonnes bottes, il est prot√©g√© par un casque d‚Äôacier et un masque √† gaz. Son fusil Mauser 1898 calibre 7,92 mm est ultramoderne. Les fantassins poss√©daient aussi des lance-flammes, invention d‚Äôun capitaine de pompiers. Arme √† tir tr√®s court, il cause de cruelles blessures et terrorise les soldats.

Les chars, sous-estim√©s par les g√©n√©raux allemands en 1914, ne sont fabriqu√©s qu‚Äôen tr√®s faible quantit√©. Mais vers 1916-1917, ils sont am√©lior√©s et sont devenus de redoutables armes au sein des arm√©es alli√©es. L‚Äôartillerie joue un r√īle important dans la guerre. Extr√™mement d√©velopp√©e en Allemagne, elle fut redout√©e par ses ennemis. Des canons √©normes comme la Grosse Bertha font des ravages sur les champs de batailles. Mais il y avait des petits engins, les lance-mines qui sont des armes √† bon march√© qui servent d‚Äôartillerie l√©g√®re. Leurs tirs sont courts et courbes. Enfin, l‚Äôaviation d√©velopp√©e vers le d√©but de la guerre n‚Äôest encore qu‚Äôau stade exp√©rimental. Ce sont des hommes qui lancent de petites grenades √† partir de l‚Äôappareil.

Casque d'un officier des dragons entre 1860 et 1870

La marine allemande

La marine marchande

La marine marchande est pass√©e de 970 000 tonnes en 1900 √† 3 millions de tonnes en 1914. Elle compte 5 000 navires, dont plus de 2 000 √† vapeur (l'Allemagne a deux flottes √† demeure en Extr√™me-Orient, pour desservir les c√ītes de la Chine et de l'Indochine). Pour le commerce, l'Allemagne vient imm√©diatement apr√®s la Grande-Bretagne : importations : 9 milliards par an en 1900, 20 milliards en 1914; exportations : 7 milliards par an en 1900, 18 milliards en 1914. Elle a d√©pens√© plus de 1 milliard 500 millions de marks pour ses ports. Hambourg est reli√©e √† toutes les parties du monde par 72 lignes de navigation allemande. Elle a 20 kilom√®tres de quais et 160 kilom√®tres de voies ferr√©es. La Compagnie transatlantique Hambourg-America devient la plus importante des compagnies de navigation.


La marine de guerre

Article d√©taill√© : Kaiserliche Marine.

Avant la guerre contre la France, en 1870, la marine allemande ne constituait pas encore une arme redoutable. Pourtant la Conf√©d√©ration de l'Allemagne du Nord achetait pour sa Norddeutsche Bundesmarine √† la Grande-Bretagne tout son mat√©riel maritime et m√™me son mat√©riel de guerre, √† l'exception des canons. D√®s 1871, von Moltke, entrant en lutte avec la plupart de ses g√©n√©raux, qui voulaient r√©duire la marine √† la stricte d√©fense des c√ītes, se r√©solut √† l'affranchir de la servitude que l'arm√©e de terre pr√©tendait lui imposer. Malgr√© l'autorit√© du vieux mar√©chal, la doctrine contraire pr√©valut encore pour quelque temps. De 1873 √† 1888, l'Allemagne organisa une marine d√©fensive; √† partir de 1889, une marine offensive. Cette marine fut dirig√©e par le g√©n√©ral von Stoch, puis par le g√©n√©ral Leo von Caprivi. En vain, Bismarck, gagn√© aux id√©es nouvelles s'√©cria : "Il nous faut des b√Ętiments de haute mer et un canal de la Baltique √† la Mer du Nord qui leur livre l'espace !". Le g√©n√©ral von Caprivi se contenta d'organiser la d√©fense des c√ītes, mais il organisa bien et cr√©a de bons torpilleurs. Guillaume II eut l√† un solide point de d√©part pour ses hardis projets. Sans s'arr√™ter aux difficult√©s, il s√©para l'administration du haut commandement, pour le plus grand bien de l'une et de l'autre. Il institua un cabinet maritime sur lequel il exer√ßait une surveillance personnelle et il y annexa un service sp√©cial appel√© "Bureau des Renseignements" : service d'espionnage o√Ļ, selon la coutume allemande, sont employ√©s des officiers de r√©el m√©rite.

Gr√Ęce au d√©veloppement de l'industrie, le recrutement des marins devenait toujours plus facile. Bien diff√©rents des anciens bateaux qui exigeaient des hommes de mer dou√©s et exp√©riment√©s, les cuirass√©s avaient surtout besoin de m√©caniciens, d'√©lectriciens, d'ajusteurs, en mot, d'ouvriers d'√©lite. L'Allemagne n'avait rien qui ressemble √† l'inscription maritime.

Organis√©s avec m√©thode, les arsenaux et les √©coles fournirent le mat√©riel, les √©quipages et les officiers que l'Empereur souhaitait. D√®s qu'il fut en possession de ces bons r√©sultats, il s'appliqua √† les d√©velopper. Il avait √† vaincre la vieille jalousie de l'arm√©e, l'opposition du Parlement, l'hostilit√© de la plupart des partis politiques. √Ä tous, il s'effor√ßa de prouver que l'agriculture, le commerce et l'industrie avaient tout √† attendre d'une marine de premier ordre. Le canal de la Baltique √† la Mer du Nord, creus√© aussi vite que possible, avait √©t√© inaugur√© avec √©clat. Ni la Grande-Bretagne, ni la France ne parurent d'abord s'inqui√©ter de cette Ňďuvre strat√©gique, pourtant si importante. Elles ne comprirent le danger que le jour o√Ļ elles virent l'amiral von Tirpitz, le confident de Guillaume II, d√©poser au Reichstag un projet qui, d'un seul coup, doublait la marine de guerre (29 octobre 1899).

Pour entra√ģner de nouveau l'opinion, le Gouvernement allemand usa de tous les moyens : articles de journaux ou de revues, brochures, livres, conf√©rences. Il fit remonter les torpilleurs dans les fleuves, aussi haut que la profondeur de l'eau le permettait, afin de frapper l'imagination des "terriens". Le Reichstag donna son adh√©sion au projet. En Allemagne, les cr√©dits furent vot√©s, non pas pour une seule ann√©e, comme en France, mais pour plusieurs ann√©es. Le Minist√®re de la Marine connaissait donc les fonds dont il peut disposer. Ainsi, les constructions s'√©chelonnent avec m√©thode. D√®s qu'un navire √©tait arriv√© √† la limite d'√Ęge, il √©tait imm√©diatement remplac√©. Une mise √† la r√©forme d√©clenchait une mise en chantier.

Les d√©penses pour la marine augmentaient sans cesse. L'Allemagne poss√©dait, en 1914 : 27 cuirass√©s, 12 croiseurs cuirass√©s, 9 garde-c√ītes, 38 navires √©claireurs, 10 canonni√®res, 8 vaisseaux-√©coles, 13 navires sp√©ciaux, 201 torpilleurs et 12 sous-marins. L'Empire avait 3 arsenaux : Kiel, Wilhelmshafen et Danzig (chantier de construction). Il usait de divers √©tablissements priv√©s. Dans la marine le service √©tait obligatoire, comme dans l'arm√©e, de 17 √† 45 ans : 3 ans dans la marine active, 4 dans la r√©serve et le reste dans la Seewehr et le Landsturm. Les hommes √©taient r√©partis dans des divisions (Abteilungen) qui comprenaient la section des matelots et celle des chantiers. Les sous-officiers (Deckoffiziere) devaient subir des examens tr√®s s√©rieux. Les officiers sortaient d'une √©cole sp√©ciale de cadets. Ils y √©taient rest√© 3 ans, puis avaient subi un examen et avaient √©t√© nomm√©s lieutenants. Les fortifications, √©tablies sur le rivage et arm√©es avec soin, √©taient reli√©es par un chemin de fer strat√©gique. Le commandement et l'administration formaient toujours deux services s√©par√©s. L'un achetait, pr√©parait, construisait; l'autre utilisait et dirigeait. √Ä la t√™te de le l'un √©tait un sous-secr√©taire d'√Čtat ; √† la t√™te de l'autre, un amiral relevant directement de l'Empereur.

Jamais l'Allemagne ne s'√©tait beaucoup pr√©occup√©e de la "guerre de course". Elle soignait particuli√®rement son escadre cuirass√©e, en mettant √† profit les ressources de son admirable m√©tallurgie. Ses navires √©taient r√©partis m√©thodiquement en division, o√Ļ les unit√©s √©taient toutes semblables. Dans ses ports et ses arsenaux r√©gnaient la m√™me m√©thode et la m√™me discipline. Pour qu'une exp√©rience consomm√©e appuie l'instruction th√©orique des officiers et des marins, on leur ordonnait de manŇďuvrer sur des mers difficiles et m√™me dans des conditions p√©rilleuses. Guillaume II, en mettant le yachting √† la mode, faisait du sport un instrument de progr√®s.

L'association maritime, Flottenverein, soutenue par les pouvoirs publics, ne n√©gligeait pour faire conna√ģtre et aimer la marine dans tout le pays. Les ma√ģtres d'√©cole conduisaient les √©coliers dans les mus√©es de marine; l√†, ils leur donnaient force explications de nature √† leur inspirer le go√Ľt des exp√©ditions lointaines.

En f√©vrier 1914, l'amiral von Tirpitz, secr√©taire d'√Čtat (ministre) de la Marine, avait insist√© sur le r√īle repr√©sentatif que devaient tenir les b√Ętiments de guerre, "portant l'autorit√© du pavillon national partout o√Ļ p√©n√®tre le commerce". L'Allemagne voulait avoir une flotte suppl√©mentaire de croiseurs cuirass√©s, de croiseurs l√©gers, de torpilleurs et de b√Ętiments de service, pr√™te √† appuyer la propagande de repr√©sentant commerciaux. Tirpitz ajouta que l'effort de l'Allemagne devait tendre √† renforcer beaucoup plus activement ses forces en service dans les eaux √©trang√®res.

le cuirass√© ¬ę Oldenburg ¬Ľ, l'empereur Wilhelm II.

L'effectif, pr√©vu par la loi navale de 1912, et qui devait √™tre r√©alis√© en 1920, comprenait 8 grands croiseurs et 10 petits croiseurs. D'apr√®s cette m√™me lois navale, l'administration de la marine devait mettre en chantier, chaque ann√©e, de 1912 √† 1917, 1 grand croiseur et 2 petits. Le secr√©taire d'√Čtat avait demand√© qu'on accr√Ľt le nombre de mises en chantier annuelles. L'augmentation du programme naval est un nouveau succ√®s pour l'activit√© et les efforts continus de la Ligue navale. Plac√©e, d√®s son d√©but, sous le patronage de l'Empereur et sous la direction du prince Henri de Prusse, cette Ligue ne n√©glige rien pour aider l'Empereur √† tenir l'engagement fameux : "Comme mon grand-p√®re √† travaill√© pour refaire notre arm√©e, je travaillerais sans tr√™ve √† refaire notre marine, afin qu'elle devienne comparable √† l'arm√©e de terre et permette √† l'Empire de s'√©lever √† un nouveau degr√© de puissance".

En 1914, la flotte allemande est la plus puissante du monde, après la flotte anglaise. Mais contrairement à la Grande-Bretagne, l'Allemagne ne possédait que 13 dreadnoughts et 5 croiseurs de bataille.

L'aviation allemande

L'Allemagne, s'inspirant d'une aviation fran√ßaise, adoptait le dirigeable de forme rigide. Au commencement de 1914, elle a 7 Zeppelin de 20 000 m√®tres cubes, 1 Siemens-Schuckert et 6 Parseval, en tout 14 dirigeables. Le cube total s'√©l√®ve √† 203 000 m√®tres cube. Certains moteurs sont de 600 et m√™me de 800 chevaux. La vitesse des dirigeables atteignait 80 √† 95 kilom√®tres √† l'heure. Ils disposaient de 8 tonnes de charge utile, dont une tonne et demie r√©serv√©e aux projectiles. Ils faisaient tomber des projectiles de 600 et m√™me de 800 kilos, sans interrompre leur marche. Ils pouvaient porter 12 √† 25 hommes. Leur nacelle de 60 m√®tres allait de la gondole ant√©rieure √† la gondole post√©rieure, destin√©es toutes deux √† recevoir les moteurs. Elle √©tait dispos√©e, en temps de guerre, de la fa√ßon la plus commode pour la manŇďuvre et l'offensive. Pour la d√©fense, les hommes avaient, dans leur nacelle, des mitrailleuses. Au-dessus du ballon, une longue passerelle portait d'autres mitrailleuses lan√ßant 600 balles √† la minute. √Ä travers le ballon, une longue chemin√©e permettait de communiquer de la nacelle √† la plate forme sup√©rieure.

Le zeppelin "Schwaben"

En sept ans, 12 Zepellin furent d√©truits. √Ä chaque catastrophe, 2 Zepellin nouveaux √©taient command√©s. En septembre 1913, l'un d'eux s'est perdu en mer dans des conditions dramatiques : 16 hommes p√©rirent. Imm√©diatement, on construisit un nouveau Zepellin II, dans lequel on supprima la quille ainsi que le passage d'air entre le moteur et le ballon : la carapace fit corps avec les moteurs, les nacelles, le r√©servoir √† combustible. Ce Zepellin II ainsi construit, prit feu et fit explosion. Imm√©diatement, 10 "anciens" Zepellin √©taient mis en construction.

Les hangars allemands formaient un vaste r√©seau : chacun d'eux avait une longueur de 135 √† 180 m√®tres. Il existait un groupe central autour de Berlin : Johannisthal, Tegel et Blesdorf; puis une s√©rie interm√©diaire : Potsdam, Bitterfeld, Leipzig et Gotha; enfin, le long de la fronti√®re fran√ßaise, du nord au sud : Hamm, Dusseldorf, Cologne, Francfort sur le Main, Mannheim, Baden-Baden, Strasbourg, puis, plus en avant, Metz. Ces hangars √©taient, depuis 1914, construits sur de grandes plates-formes tournantes, qui, en d√©crivant un quart de cercle, leur permettaient de faire toujours face, par une de leurs extr√©mit√©s, au vent favorable pour l'entr√©e ou la sortie.

L'Allemagne comptait beaucoup sur le r√īle nocturne de ses dirigeables. Dans leurs manŇďuvres, tant√īt ils √©clairaient la route devant une arm√©e en marche, tant√īt ils mettaient subitement l'ennemi en pleine lumi√®re.

L'Albatros, un des plus célèbres avions allemands de la Grande Guerre

En voyant l'h√©ro√Įque succ√®s de l'aviation en France, l'Allemagne s'√©tait appliqu√©e, avec m√©thode et opini√Ętret√©, √† se munir aussi de cette nouvelle arme. Ses moteurs, d'abord inf√©rieurs aux moteurs fran√ßais, atteignaient le chiffre de 200 chevaux. Elle faisait non seulement armer, mais blinder ses appareils. √Ä vrai dire, beaucoup d'aviateurs exp√©riment√©s restent persuad√©s que la vitesse de l'appareil constitue sa meilleure d√©fense. Jusqu'en 1914, l'Allemagne n'avait pas cr√©√©, pour l'aviation, d'√©cole militaire d'√Čtat. Elle laissait cette initiative aux constructeurs priv√©s. √Ä Halberstadt, par exemple, √† c√īt√© de l'√©cole civile, se trouvait une maison o√Ļ les officiers aviateurs habitaient et o√Ļ ils suivaient des cours de g√©ographie, de m√©t√©orologie et de m√©canique. √Ä bord des avions, la t√©l√©graphie sans fil donna de bons r√©sultats. Les aviateurs s'exer√ßaient √† parcourir de grandes √©tendues sans escale, √† poursuivre les a√©roplanes et, dans des manŇďuvres de nuit, √† surprendre l'ennemi pour le d√©truire ou le d√©concerter.

L'éducation

Jusqu'en 1870, l'enseignement sup√©rieur allemand avait contrepoids √† l'autorit√© militaire. L'Allemagne gardait un peu de cette √©l√©vation de pens√©e qu'on trouve chez Herder, Schiller et Goethe. Mais, depuis 1871, l'enseignement sup√©rieur s'est p√©n√©tr√© dans la doctrine bismarckienne : la valeur d'une nation est toute dans sa force militaire, industrielle et commerciale. L'Allemagne, qui au commencement du 19e si√®cle, paraissait le temple des m√©ditations id√©ales, tendait √† devenir de plus en plus un laboratoire d'industriels, de chimistes et de commer√ßants. Aux jeunes gens qui terminaient leurs √©tudes, on donnait un enseignement moral o√Ļ la religion rempla√ßait la philosophie. On exigeait qu'il puissent, sans broncher, r√©citer le cat√©chisme et chanter un certain nombre de cantiques. On estimait qu'un jeune homme de vingt ans ne peut rien comprendre aux divers syst√®mes des philosophes et que par cons√©quent, en s'appliquant √† la philosophie, il risquerait de fausser l'esprit. Les ma√ģtres pr√™chent d'exemple. Certes, les universit√©s allemandes comptaient des professeurs non-croyants, mais aucun d'eux n'avait jamais refus√© de payer l'"imp√īt religieux".

Goethe, fondateur de la philosophie et du romantisme allemand.

La philosophie, qui n'avait pas de place dans l'enseignement secondaire, en avait-elle dans l'enseignement sup√©rieur ? Oui, mais si restreinte ! Une seule cat√©gorie d'√©tudianta √©taient interrog√©s sur les syst√®mes philosophiques. Ce sont les √©tudiants en th√©ologie ! Quant aux √©tudiants en sciences, pendant les cinq ou six derniers mois de leur derni√®re ann√©e de cours, c'est-√†-dire vers leur 25 ans, ils assistent √† quelques le√ßons de philosophie, tr√®s incompl√®tes. Toutes les doctrines des philosophes anglais, et m√™me des philosophes allemands, leur demeuraient √† peu pr√®s inconnues. Ils ne songeaient qu'aux r√©alit√©s fructueuses de l'existence. Si dans leur m√©moire restait quelque chose du grec et du latin, c'√©tait un mauvais souvenir. De m√™me que la doctrine morale des √©tudiants se r√©duisait au cat√©chisme, leur conception politique se r√©duisait √† l'imp√©rialisme. Ils reprenaient fid√®lement les opinions conventionnelles de leurs p√®res. Rare √©taient ceux d'entre eux qui s'affranchissaient d'un loyalisme servile. L'immense majorit√© de ces jeunes gens pensaient que tout √©tait pour le mieux dans la meilleures des Allemagnes et se souciaient fort peu des nouveaut√©s, quelles qu'elles √©taient. Songez aux traditions qui se perp√©tuaient chez les √©tudiants allemands ! Voici, par exemple, les d√©l√©gu√©s des corporations universitaires qui, dans une c√©r√©monie, d√©filaient gravement, v√™tus de costumes sang de bŇďuf, vert √©pinard ou bleu de Prusse, coiff√©s d'un petit bonnet √† ganse d'or, chauss√©s de bottes gigantesques et arm√©s de rapi√®res d√©mesur√©es.

Les universités allemande

Les universit√©s allemandes diff√©raient des universit√©s fran√ßaises de l'√©poque. L'√Čtat continuait √† les soutenir, mais elles se gouvernaient seules. Elles se divisaient en 4 facult√©s : Droit, M√©decine, Th√©ologie et Philosophie. La philosophie comprenait la litt√©rature et les sciences naturelles. Une cinqui√®me facult√© fut cr√©√©e plus tardivement, celle des Sciences politiques et administratives. Mais elle n'octroyait pas de grade. Les professeurs des facult√©s formaient le S√©nat acad√©mique. Ils √©lisaient tous les ans leur recteur. Les √©tudiants avaient le droit d'√™tre jug√©s par ce S√©nat. Tel √©tait le fondement de la libert√©, dans la Civitas universitatis. L'√©tudiant √©tait inviolable √† la police. Il ne pouvait √™tre, m√™me pour crime, livr√© au tribunaux qu'apr√®s une d√©cision du S√©nat acad√©mique. Devant le S√©nat, la parole de l'√©tudiant faisait foi, sans autre preuve ni t√©moignage.

Les plus c√©l√®bres universit√©s allemandes sont celles de Halle, de Leipzig, de I√©na, de Munich et de Bonn. Elles sont jadis travaill√© d'une fa√ßon virile et constante √† l'Ňďuvre d'unification nationale. Scharnhorst d√©clara : "La maison des Hohenzollern a pour garde d'honneur l'universit√© de Berlin." On avait m√™me pu dire que la Germania avait √©t√© cr√©e par des professeurs. Dans leurs villes universitaires, les √©tudiants allemands arboraient des casquettes violettes, blanches, vertes et √©carlates. Presque tous s'imposaient l'air raide de l'officier allemand et saluaient comme lui, en joignant les talons et en imprimant √† leur buste un triple balancement automatique.

Carte postale avec l'Université de Berlin en 1900.

Ce n'√©tait pas d'apr√®s leurs √©tudes qu'ils associaient. C'√©tait d'apr√®s la richesse de leurs parents et leur pays d'origine. De l√†, les noms de leurs corporations : Brunswiga, Allemania, Bremensia, Saxonia, Hanovera (corporation dont Bismarck fit partie), Borussia (corporation √† laquelle Guillaume II et tous ses fils ont appartenu et o√Ļ l'on entre qu'avec l'approbation de l'Empereur). Chaque corporation se reconnaissait √† la couleur de sa casquette. Dans ces corporations d'√©tudiants appartenant aux diverses facult√©s, il y avait, en principe, un avantage intellectuel : chacun d'eux pouvait, par la conversion, mettre √† profit, pour √©largir son esprit, les √©tudes sp√©ciales de ses camarades, en une sorte de frottement encyclop√©dique. Certaines de ces associations √©taient fort riches. La Bremensia n'admettait que les fils des plus consid√©rables n√©gociants de Br√™me; la Saxonia, que les h√©ritiers des familles aristocratiques et ploutocratiques. Pour entrer dans la Saxonia, un √©tudiant doit prouver que sa pension est de 600 marks par mois. Pourtant, d'ordinaire, les √©tudiants n'ont pas trop √† se plaindre de la chert√© croissante de la vie. Une chambre tr√®s confortable se paie 20 ou 25 marks par mois; une assez bonne table, 2 marks par jour. En somme, avec une mensualit√© de 100 marks, un √©tudiant vivrait. Mais il ne s'agit pas seulement de vivre, il s'agit aussi de boire. Seule peut-√™tre, l'autorisation de boire est sans limites et sans "d√©fenses". En toute autre mati√®re, les d√©fenses se multiplient : d√©fense de porter un parapluie; d√©fense de sortir un paquet √† la main; interdiction, sous peine d'une amende de 10 marks, de boire dans une autre brasserie et de manger dans une "restauration" que celle de la corporation; interdiction, sous peine d'une amende de 5 marks, de sortir sans sa casquette; interdiction, sous peine de ne pas porter la casquette pendant cinq, six ou sept semaines, si l'√©tudiant a √©t√© rencontr√© en galante compagnie. √Čtaient punis de prison ceux qui manquaient √† la discipline universitaire, donnaient un soufflet √† un camarade ou se battaient en duel dans des conditions diff√©rentes que celles que fixaient le r√®glement. Le cachot avait pour mobilier un banc, une table, un lit de fer, une po√™le et une cuvette. Les murs, blanchis √† la chaux, √©taient du haut en bas illustr√©s d'inscriptions et de dessins o√Ļ figuraient l'√©tudiant type : casquette aplatie et pipe interminable. Les prisonniers pouvait recevoir ses amis et des cadeaux.

Le Kaiser Guillaume II aux couleurs du corps de Borussia.

On ne devenait un v√©ritable √©tudiant qu'√† partir du jour o√Ļ on s'est battu. Auparavant, on n'√©tait qu'un "renard". Le "renard" buvait la bi√®re dans les chopes d'un quart de litre. Il n'avait pas droit au "demi". "Renard, avance √† l'ordre" lui disait l'√©tudiant. Et le renard accourait, joignait les talons, √©coutait respectueusement, ob√©issait. Aussi, aspirait-il √† son premier duel. Les duels entre √©tudiants, ne r√©sultant pas d'une querelle et mettant aux prises des amis intimes, devraient s'appeler des tournois. Comme il fallait qu'il y ait quelques duels chaque semaine, les corporations s'adressaient de mutuels d√©fis. Les adversaires choisis, de taille et de vigueur √† peu pr√®s semblable, √©taient, dans une salle ad hoc, mis en face l'un de l'autre, cuirass√©s et matelass√©s de pied en cap. Leur cou √©tait prot√©g√© par une √©paisse cravate; leur yeux, par de solides lunettes. Ils ne pouvaient recevoir d'estafilade qu'au visage. Lorsque la joue et le nez est ensanglant√©, un chirurgien arrivait avec un liquide antiseptique et une aiguille, puis recousait la peau √† gros points. C'√©taient les balafres de ces combats singuliers que l'on remarquait chez les magistrats, les officiers, les conseillers et les fonctionnaires allemands. Pour les √©tudiant il y avait un code de la boisson, comme il y avait un code du duel. Amende √† qui ne fermait pas sa chope; amende √† qui s'√©tait oubli√© de dire "la bi√®re est bonne" alors qu'il faut dire divine; Amende √† qui ne vidait pas sa chope d'un trait, d√®s qu'on lui lan√ßait un certain prosit : chacun d'eux r√©ussissait √† avaler 15 ou 20 litres en une soir√©e. Le gouvernement voyait d'un Ňďil favorable toutes ces traditions. Pourtant, les √©tudiants ne se pr√©occupaient gu√®re des discussions qui agitaient le Parlement et le pays.

L'enseignement primaire

L'Allemagne n'avait pas, pour l'instruction publique, un r√©gime unique comme pour l'arm√©e. Les √Čtats dont elle s'organisaient suivant leurs traditions ou leurs besoins. Cependant l'instruction publique, particuli√®rement l'enseignement primaire, offrait, dans tout l'Empire, certain caract√®res g√©n√©raux. La loi, tr√®s rigoureusement appliqu√©e, implique l'obligation scolaire : les illettr√©s √©taient extr√™mement rares. Mais, si l'enseignement √©tait obligatoire, il n'√©tait ni la√Įc, ni gratuit, ni √©galitaire. Les enfants de la bourgeoisie √©taient √©lev√©s √† part. En Saxe, par exemple, dans toute commune qui comptait au moins 1000 habitants, il y avait 2 √©coles primaires bien distinctes. La Bezirksschule (√©cole du district), destin√©e au peuple : l'√©colage y √©tait de 1,50 marks par mois, payables par quinzaine; une famille, quel que fut le nombre d'enfants fr√©quentant la m√™me √©cole, ne payait que pour un seul. La B√ľrgerschule (√©cole des bourgeois), au programme de laquelle figurait les langues √©trang√®res, particuli√®rement le fran√ßais, avait un √©colage de 6 marks par mois, payable en un seul versement. L'argent ainsi pay√©s servait √† l'entretien des √©coles. Aussi, beaucoup d'entre elles ont une propret√© et m√™me un confort remarquable.

L'√©l√®ve reste √† l'√©cole de 6 √† 14 ans. La totalit√© des vacances par an ne devait pas d√©passer les 8 semaines. Les inspecteurs primaires avaient le droit de fixer les dates de ces vacances suivant les travaux, particuli√®rement les travaux agricoles. Cette date variait naturellement d'apr√®s les productions des contr√©es, voire des communes. Ici, on avait besoin des enfants en septembre, pour la cueillette du houblon; l√†, on en avait besoin pour les vendanges ou la r√©coltes des pommes de terre. Les grandes vacances proprement dites sont de 5 semaines de suite. L'examen de sortie, pour les √©coles primaires, comprenait une r√©daction, des exercices de calculs et de g√©om√©trie : il correspondait au certificat d'√©tude primaire en France, √† l'√©poque. La p√©dagogie allemande n'admettait pas de composition durant le courant de l'ann√©e : ni classement, ni prix d'aucune sorte. L'ann√©e scolaire commence √† P√Ęques. Dans les r√©gimes scolaires allemands, P√Ęques √©tait un point de d√©part √† cause des actes religieux, premi√®re communion ou confirmation. Toutes le √©coles √©taient rattach√©es √† l'√©glise ou au temple, suivant que la commune √©tait √† majorit√© catholique ou protestante. Le cur√© ou le pasteur avaient droit d'inspection. Ajoutons que tout instituteur √©tait pay√© par la commune. De l√† une double subordination, contre laquelle les congr√®s et les associations d'instituteurs s'√©l√®vent fr√©quemment, mais sans r√©sultats.

Photographie d'√©coliers allemands d'une B√ľrgerschule, en 1905.

Pour entrer √† l'√©cole, les jeunes gens qui se destinaient √† l'enseignement suivaient les cours, non pas d'une √©cole communale, mais d'une Realschule, c'est-√†-dire d'une √©cole o√Ļ l'on distribuait un enseignement sp√©cial, professionnel, moderne et pratique. Quant aux futures institutrices pour se pr√©parer √† l'√©cole normale, elles suivaient les cours de la B√ľrgerschule (√©cole des bourgeois), puis ceux d'une √©cole sup√©rieure. Dans tous ces √©tablissements, les frais d'√©tudes √©taient assez √©lev√©s. L'√Ęge minimum pour l'examen de concours aux √©coles normale est de 14 ans. La dur√©e de √©tudes est de 5 ans. Les frais d'√©tude sont de 150 marks. De plus, comme les √©coles normales allemandes n'ont pas en g√©n√©ral d'internat, les √©l√®ves doivent prendre pension au-dehors. Ces frais additionn√©s supposent, chez les familles des √©l√®ves-ma√ģtres, une r√©elle aisance. Apr√®s avoir subi le dernier examen de l'√©cole, l'√©l√®ve-ma√ģtre peut √™tre nomm√© "d√©l√©gu√©" dans une √©cole au traitement annuel de 900 marks. S'il ne trouvait pas de place dans une √©cole publique, il entrait comme professeur dans une priv√©e ou dans une famille. Deux ans apr√®s sa sortie de l'√©cole, il subissait l'examen constatant les aptitudes p√©dagogiques, examen o√Ļ toutes les mati√®res de l'enseignement √©taient pass√©es en revue en des √©preuves √©crites ou orales. S'il √©tait re√ßu, il pouvait alors, mais alors seulement, √™tre nomm√© instituteur. Son temps de d√©l√©gation ne comptait pour la retraite. Parfois candidats et candidates attendaient leur nomination pendant 4 ou 5 ans. Les associations d'instituteurs allemands r√©clamaient un traitement de minimum de 1350 marks. Des avantages importants leur √©taient faits pour les retraites. La caisse des retraites √©tait constitu√©e par l'√Čtat, l'instituteur n'y versait rien, il touchait son traitement int√©gral; si apr√®s 10 ans d'enseignement, il ne pouvait plus faire classe, il avait une retraite √©gale au quart de son traitement.

L'enseignement secondaire

L'enseignement professionnel

La Weltpolitik de Guillaume II

Après le départ de Bismarck en 1890, Guillaume II a le champ libre pour appliquer ses idées en matière de colonisation. Il veut faire de l'Allemagne, comme le Royaume-Uni et la France, un empire mondial. Pour ce faire, il dispose des relais d'opinion que constituent les associations pangermaniste (le Alldeutscher Verband fut fondé en 1891), le Flottenverein et les associations coloniales. Le Reich veut d'abord mener une politique active en direction des pays d'outre-mer, se détournant par là de la politique bismarckienne qui avait réussi à imposer l'hégémonie allemande en Europe et à modérer les ardeurs brouillonnes colonialistes.

Avec la Weltpolitik, les priorit√©s semblent s'inverser : la Wilhelmstrasse semble n√©gliger le syst√®me d'alliances europ√©ennes au profit de co√Ľteuses aventures exotiques au succ√®s incertain.

C'est vers la Chine, le Maroc, l'Afrique du Sud et la Turquie que se tournent les intérêts allemands.

En Chine, o√Ļ l'Allemagne poss√®de depuis 1898 quelques comptoirs, la r√©volte des Boxers et l'assassinat du charg√© des affaires allemand, fournit √† Berlin l'occasion d'une d√©monstration militaire qui accro√ģt son prestige : le corps exp√©ditionnaire europ√©en envoy√© en Chine pour r√©duire cette r√©volte est plac√© sous le commandement d'un proche de Guillaume II, le comte Waldersee.

Une du journal satirique français, Le Petit Journal, du 6 novembre 1898.

Alors que la comp√©tition coloniale exacerbe la rivalit√© franco-britannique, les relations entre le Royaume-Uni et le Reich se d√©tendent, Londres cherchant √† rompre sa Splandid isolation : les deux puissances envisagent m√™me une alliance, mais les int√©r√™ts allemands et britanniques sont d√©j√† trop √©loign√©s pour qu'un accord aboutisse. En Afrique du Sud, l'Allemagne, apr√®s avoir en 1896 assur√© de son soutien le pr√©sident Kr√ľger, renonce en 1898 √† soutenir le Transvaal et reste neutre pendant la Seconde Guerre des Boers, esp√©rant obtenir des Britanniques des compensations territoriales en Afrique centrale.

Mais c'est dans l'Empire ottoman que la politique allemande remporte les succ√®s les plus visibles. En 1898, Guillaume II y effectue une visite d'√Čtat. √Ä Damas, il tient un discours o√Ļ il assure ¬ę les 300 millions de musulmans dispers√©s dans le monde ¬Ľ du soutien de l'empereur allemand, propos qui √©veillent la m√©fiance des Britanniques et des Russes qui consid√®rent le Proche-Orient comme leur chasse gard√©e. C'est au Reich que l'Empire ottoman confie la construction du chemin de fer de Bagdad, entreprise gigantesque que l'Allemagne devra mener seule, face √† l'hostilit√© des autres grandes puissances qui lui refuseront tout appui financier.

Au Maroc, √Čtat ind√©pendant que convoite la France, des commer√ßants allemands se sont install√©s. Cette colonie ne d√©passe pas les 150 personnes est cependant tr√®s active et les n√©gociants allemands implant√©s au Maroc esp√®rent bien que le Reich d√©fendra leurs int√©r√™ts lorsque la question d'un partage des influences europ√©ennes au Maroc sera √† l'ordre du jour. La Wilhelmstrasse, consciente des devoirs qu'imposent √† l'Allemagne son nouveau statut, esp√®re bien participer au r√®glement de la question marocaine, soutenue par une opinion publique sans cesse entretenue par les associations pangermanistes les plus militantes dans l'id√©e que le Reich peut acqu√©rir des territoires dans cette r√©gion du monde.

La Weltpolitik va donc obtenir quelques résultats, modestes par rapport à ceux de la France et de la Grande-Bretagne, et surtout lourds de conséquences pour l'équilibre européen. Les quelques succès engrangés à travers le monde ne peuvent compenser la détérioration de la position de l'Allemagne en Europe.

Colonies

Article d√©taill√© : Empire colonial allemand.
Carte des possessions territoriales, à l'apogée, de l'Empire allemand (en 1914)

√Ä partir de 1883, l'Allemagne a conquis des territoires en Afrique, en Asie et en Oc√©anie, qui seront appel√©s territoires de protectorats (Schutzgebiete) :

Modèle:Drapeaux coloniaux allemand

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Cf. Paul Kennedy, Naissance et d√©clin des grandes puissances, Payot & Rivages .

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