Affaire Iran-Contra

ï»ż
Affaire Iran-Contra

L’affaire Iran-Contra (ou Irangate, nommĂ©e ainsi en souvenir du scandale du Watergate) est un scandale politique survenu aux États-Unis dans les annĂ©es 1980.

L'affaire est toujours voilĂ©e de secrets et il est difficile de dĂ©couvrir les faits. Plusieurs membres de l'administration Reagan ont vendu illĂ©galement des armes Ă  l'Iran, qui Ă©tait un ennemi avouĂ© des États-Unis, utilisant les profits pour financer secrĂštement, et malgrĂ© l'opposition du CongrĂšs des États-Unis[1],[2], les Contras, un mouvement contre-rĂ©volutionnaire nicaraguayen de lutte armĂ©e regroupant les opposants au gouvernement marxiste-lĂ©niniste de Daniel Ortega. Dans le cadre de la Guerre froide, il s'agit pour l'administration Reagan de renverser un rĂ©gime considĂ©rĂ© comme communiste[3] et situĂ© dans ce que les États-Unis considĂšrent comme leur zone d'influence.

AprĂšs la rĂ©vĂ©lation de la vente d'armes en novembre 1986, le prĂ©sident Reagan est apparu Ă  la tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine et a niĂ© les faits[4]. Toutefois, une semaine plus tard, le 13 novembre, il est retournĂ© sur les ondes pour affirmer que les armes Ă©taient effectivement transfĂ©rĂ©es Ă  l’Iran. Reagan a en revanche dĂ©menti que cette vente faisait partie d’un Ă©change d'otages (plusieurs AmĂ©ricains sont Ă  l'Ă©poque otages au Liban) [5].

Sommaire

L'affaire

L’affaire met en lien deux sujets disparates : la vente d’armes Ă  l’Iran et le financement de militants Contra au Nicaragua. Le financement direct a Ă©tĂ© rendu illĂ©gal par l’amendement Boland. L’affaire Ă©merge aprĂšs la publication le 3 novembre 1986 du journal libanais Al-Shiraa qui dĂ©montre que les États-Unis ont vendu des armes Ă  l’Iran en Ă©change de la libĂ©ration des otages du Hezbollah. Des lettres envoyĂ©es par Oliver North Ă  John Poindexter appuient l’accusation[6]. Toutefois, l’ambassadeur israĂ©lien aux États-Unis dĂ©clare que l’objectif Ă©tait d’établir des liens avec des Ă©lĂ©ments militaires en Iran. Un fait qui mĂ©rite d’ĂȘtre remarquĂ©, c’est que l’origine du financement Contra ne provient pas seulement des ventes d’armes, mais aussi d'un trafic de drogue dont les États-Unis avaient connaissance.

Prise d’otages

À la fin des annĂ©es 1970 et dĂ©but 1980, le Moyen-Orient faisait face Ă  de frĂ©quentes prise d’otages d’organisations islamistes. En 1979, des Ă©tudiants Iraniens ont pris en otage 66 employĂ©s de l’ambassade des États-Unis Ă  TĂ©hĂ©ran.

Le 20 janvier 1981, le jour oĂč Ronald Reagan est devenu PrĂ©sident, les otages ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s suite aux accords d’Alger. Bani Sadr, alors prĂ©sident de la RĂ©publique islamique, et Gary Sick, alors membre du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale, parlent d'une « surprise d'octobre Â», c'est-Ă -dire d'un accord entre Reagan et Khomeiny pour retarder la libĂ©ration des otages et ainsi dĂ©savantager Carter dans la prĂ©sidentielle, en Ă©change d'une livraison d'armes.

En 1983, des membres d'Al-Dawa, un parti politique irakien en exil devenu organisation militante, ont Ă©tĂ© emprisonnĂ©s pour avoir pris part dans une sĂ©rie d’attentats Ă  la voiture piĂ©gĂ©e au KoweĂŻt le 12 dĂ©cembre 1983 contre les ambassades françaises, amĂ©ricaines, l'aĂ©roport et une raffinerie[7]. En rĂ©ponse Ă  cet emprisonnement, le Hezbollah, un alliĂ© de Al-Dawa, prennent en otage 30 occidentaux, dont six AmĂ©ricains[8]; par ailleurs, William Francis Buckley (en), chef de l'antenne de la CIA Ă  Beyrouth, est kidnappĂ© en 1984 par le Djihad islamique. Le Hezbollah demande la libĂ©ration des prisonniers en Ă©change des otages.

Les membres de l’administration Reagan dĂ©clarent qu’ils croyaient qu’en vendant des armes Ă  l’Iran, l’Iran influencerait le Hezbollah libanais Ă  les libĂ©rer. Trois otages sont libĂ©rĂ©s en rĂ©ponse Ă  la vente d'armes [9].

L’Iran Ă©tait en pleine guerre contre l'Irak et trouvait peu de nations occidentales prĂȘtes Ă  l'approvisionner en armes. La vente d’armes Ă©tait Ă©galement vue, selon le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale du prĂ©sident Reagan Robert McFarlane, comme susceptible d'amĂ©liorer les relations tendues avec l’Iran[10]. Les profits sont allĂ©s aux Contras, des guerilleros engagĂ©s dans une lutte anti-communiste contre le rĂ©gime sandiniste du Nicaragua.

Transaction d’armes

Le rapport Iran-Contra rĂ©vĂšle que la vente d’armes Ă  l’Iran est une violation de la politique du gouvernement des États-Unis ; il viole Ă©galement la loi de contrĂŽle de l’export d’armes[11]. Dans l’ensemble, si la libĂ©ration des otages Ă©tait le but de la vente d’armes Ă  l’Iran, le plan est un Ă©chec puisque seul trois des trente otages ont Ă©tĂ© relĂąchĂ©s.

Michael Ledeen, un consultant de Robert McFarlane, a demandĂ© de l’aide au Premier ministre israĂ©lien Shimon Peres dans la vente d’armes Ă  l’Iran[12]. L’idĂ©e gĂ©nĂ©rale derriĂšre le plan Ă©tait qu’IsraĂ«l livre les armes Ă  l’Iran, puis les États-Unis rembourseraient IsraĂ«l avec les mĂȘmes armes. La vente d’armes en IsraĂ«l exigeait une autorisation de haut niveau du gouvernement des États-Unis. AprĂšs avoir convaincu le gouvernement israĂ©lien que le gouvernement amĂ©ricain approuvait cette vente, IsraĂ«l Ă©tait obligĂ© d’accepter la vente d’armes[12]. Le 18 juillet 1985, alors qu’il se remettait de son opĂ©ration de cancer, Reagan approuve Ă  l’hĂŽpital l’idĂ©e de McFarlane, qui Ă©tait de tendre un bras vers l’Iran[13]. En juillet 1985, IsraĂ«l envoie les missiles antichar amĂ©ricains BGM-71 TOW Ă  l’Iran par un trafiquant d’armes nommĂ© Manucher Ghorbanifar, un ami du Premier ministre iranien. Le curĂ© Benjamin Weir a Ă©tĂ© le seul otage relĂąchĂ©, bien que les armes aient Ă©tĂ© livrĂ©es Ă  l’Iran. Le plan de Ledeen fut un Ă©chec.

Transactions subséquentes

Robert McFarlane dĂ©missionne en dĂ©cembre 1985[14]. Il est remplacĂ© par l'Amiral John Poindexter. Le jour de la dĂ©mission de McFarlane, Oliver North, un assistant militaire au United States National Security Council (NSC), a proposĂ© un nouveau plan pour vendre des armes en Iran. Cette fois, il avait deux idĂ©es. La premiĂšre Ă©tait qu’au lieu de vendre les armes par l’intermĂ©diaire d’IsraĂ«l, la vente serait directe. La deuxiĂšme, le profit de la vente irait aux Contras aprĂšs une majoration de prix. Oliver North voulait une augmentation de prix de 15 millions de dollars amĂ©ricain, alors que le trafiquant d’armes iranien Ghorbanifar s’était rajoutĂ© une augmentation personnelle de 41%[15]. Au dĂ©part, les Iraniens ont refusĂ© d’acheter les armes au prix surĂ©valuĂ© par les commissions imposĂ©es de North et Ghorbanifar. Pourtant en fĂ©vrier 1986, 1 000 missiles TOW ont Ă©tĂ© livrĂ©s en Iran[16]. De mai Ă  novembre 1986, il y a eu des livraisons additionnelles d’armes de composants et d’armes divers[16]. Reagan a dĂ©clarĂ© que la totalitĂ© des ventes ne remplirait pas un avion[17].

L'aide aux Contras

L'administration Reagan fournissait une aide secrĂšte aux Contras depuis novembre 1981, mais l'amendement Boland de 1982 mit fin Ă  l'aide militaire quand on dĂ©couvrit que la CIA supervisait des actes de sabotage au Nicaragua sans en informer le CongrĂšs. L'amendement, effectif Ă  partir de dĂ©cembre 1983 Ă  septembre 1985, interdisait Ă  la CIA, au DĂ©partement de la DĂ©fense et aux autres agences gouvernementales de fournir une aide militaire secrĂšte. L'administration Reagan a contournĂ© cette disposition en faisant appel au Conseil de sĂ©curitĂ© nationale (NSC), qui n'Ă©tait pas explicitement visĂ© par cette loi, pour superviser l'envoi d'aide secrĂšte. Le profit de la vente d’armes est allĂ© aux Contras, une organisation d'opposants de droite comme de déçus du rĂ©gime, unis par leur opposition (d'oĂč leur nom "Contras" : ceux qui sont contre) au gouvernement du FSLN marxiste au Nicaragua. Le plan Ă©tait coordonnĂ© par Oliver North du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale. La vente d’armes Ă  l’Iran et le financement des Contras contourne non seulement la politique de l’Administration, mais aussi la lĂ©gislation passĂ©e par le CongrĂšs connu comme l’amendement Boland. Les officiels de l’administration soutiennent que outre la restriction du CongrĂšs de financer les Contras ou toute affaire, le prĂ©sident (l’Administration) pouvait continuer Ă  trouver des moyens alternatifs de financement pour les entitĂ©s et gouvernements Ă©trangers[18]. Les Contras Ă©taient aussi activement impliquĂ©s dans le trafic de drogue.

Scandale

Quelles que soient les raisons de la vente d’armes amĂ©ricaines Ă  l’Iran, l’affaire a provoquĂ© une discorde politique aux États-Unis. Le magazine libanais Ash-Shiraa expose l’arrangement le 3 novembre 1986[19],[20],[21]. C’est le premier reportage public sur une affaire d’armes contre otages. L’opĂ©ration a Ă©tĂ© dĂ©couverte aprĂšs qu’un avion du pont aĂ©rien fut abattu au Nicaragua. Eugene Hasenfus (en), qui a Ă©tĂ© capturĂ© par les autoritĂ©s nicaraguayennes, affirme initialement que ses deux collĂšgues, Max Gomez et Ramon Medina, Ă©taient des agents de la CIA[22]. Plus tard, il a retirĂ© ses propos en disant qu'il ne savait pas[23]. Le gouvernement iranien a confirmĂ© le reportage de Al-Shiraa et dix jours aprĂšs que l’histoire fut publiĂ©e, le prĂ©sident Reagan dĂ©voile la vĂ©ritĂ©. Dans un discours tĂ©lĂ©visĂ©, le 13 novembre, Reagan confirme la vente d’armes Ă  l’Iran et dĂ©clare les raisons de la vente d’armes. Il affirme que seule une cargaison d’avion a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e en Iran.

"La raison Ă©tait
 D’envoyer un signe que les États-Unis Ă©taient prĂ©parĂ©s Ă  remplacer l’animositĂ© avec une nouvelle relation. Au moment oĂč nous avons entrepris cette initiative, nous avons prĂ©cisĂ© l’opposition de l’Iran Ă  toute forme de terrorisme international en tant que condition de progrĂšs dans notre relation. L’étape la plus importante que l’Iran pouvait faire, nous l’avons indiquĂ©, serait d’utiliser son influence au Liban pour sĂ©curiser la libĂ©ration de tous les otages."[24]

Le scandale s’envenime le 21 novembre, quand Oliver North et sa secrĂ©taire Fawn Hall sont surpris en train de dĂ©truire des documents pertinents. Le procureur gĂ©nĂ©ral des États-Unis, Edwin Meese, avoue le 25 novembre que les bĂ©nĂ©fices de la vente d’armes en Iran Ă©taient rendues disponibles pour assister les rebelles Contras au Nicaragua. Le mĂȘme jour, John Poindexter dĂ©missionne et Oliver North est licenciĂ©[25]. Poindexter est remplacĂ© par Frank Carlucci le 2 dĂ©cembre 1986[26]..

Commission Tower

Le 25 novembre 1986, face Ă  la pression croissante des dĂ©mocrates du CongrĂšs et des mĂ©dias, le prĂ©sident Reagan annonce la crĂ©ation d’une commission spĂ©ciale d’enquĂȘte (Special Review Board). Le lendemain, l’ex-sĂ©nateur John Tower, l’ex-secrĂ©taire d'État Edmund Muskie et l’ex-conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale Brent Scowcroft sont assignĂ©s en tant que membres de cette commission, la Tower Commission, qui prenait effet le 1er dĂ©cembre. Cette commission Ă©tait la premiĂšre Ă  enquĂȘter et Ă©valuer le National Security Council. Les objectifs de la Commission Tower Ă©taient d’enquĂȘter sur « les circonstances environnant l’affaire Iran-Contra, d’autres cas d’études qui pourraient rĂ©vĂ©ler les forces et faiblesses dans l’opĂ©ration du systĂšme du National Security Council sous pression, et de quelle façon ce systĂšme a servi huit diffĂ©rents prĂ©sidents depuis sa crĂ©ation en 1947 Â»[27].

Le prĂ©sident Reagan est apparu devant la Commission Tower le 1er dĂ©cembre 1986[28] pour rĂ©pondre aux questions. Ses rĂ©ponses n’étaient pas entiĂšrement cohĂ©rentes et il Ă©tait (supposĂ©ment) atteint de problĂšmes de mĂ©moire, car les questions portaient sur des dĂ©tails qui se sont produits durant les mois et annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Le Tower Commission Report a Ă©tĂ© rendue au prĂ©sident le 26 fĂ©vrier 1987. Le rapport critique les actions d’Oliver North, de John Poindexter, du secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense Caspar Weinberger et d’autres. Le rapport ne dĂ©termine pas si le prĂ©sident avait connaissance de l’étendue du programme, mĂȘme s’il affirme que le prĂ©sident devrait avoir un meilleur contrĂŽle du personnel du National Security Council. La formulation du rapport a peu surpris puisqu’une faible critique Ă  l’égard du prĂ©sident Ă©tait prĂ©visible. À la place, il critique considĂ©rablement le prĂ©sident pour son laxisme dans la surveillance de ses subordonnĂ©s ou de ne pas ĂȘtre informĂ© de leurs actions.

Le CongrĂšs publie son propre rapport le 18 novembre 1987, indiquant que « si le prĂ©sident ne savait pas ce que faisaient ses conseillers Ă  la sĂ©curitĂ© nationale, il aurait dĂ»[29]. Le rapport du CongrĂšs dĂ©clare que le prĂ©sident assume une « responsabilitĂ© ultime Â» pour les mĂ©faits de ses assistants, et que son Administration a exhibĂ© « dissimulation, tromperie et mĂ©pris de la loi Â». Un rĂ©sultat majeur de la commission Tower Ă©tait le consensus que Reagan aurait dĂ» Ă©couter plus souvent son conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale, plaçant en consĂ©quence davantage de pouvoir entre les mains de cette position. Le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale aurait dĂ» ĂȘtre vu en tant que « commissionnaire honnĂȘte Â» et pas quelqu’un utilisant la position pour promouvoir son agenda politique. Certains doutaient des intentions de la commission Tower en la considĂ©rant comme une cascade politique. La commission a limitĂ© sa critique Ă  l’égard du vice-prĂ©sident George H.W. Bush. Par consĂ©quent[Ă©vasif], le prĂ©sident de la commission, John Tower, a Ă©tĂ© nommĂ© secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense par Bush quand il est devenu prĂ©sident. Brent Scowcroft a Ă©tĂ© nommĂ© conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale[30].

Conséquences

Oliver North et John Poindexter sont inculpés de charges multiples le 16 mars 1988[31].š

North, inculpĂ© de 16 chefs d’accusation, est jugĂ© coupable au titre de trois chefs d’accusation mineurs. La sentence est annulĂ©e en appel, sur les bases que les droits du CinquiĂšme Amendment de North aurait pu ĂȘtre violĂ©s par l’utilisation indirecte de son tĂ©moignage au CongrĂšs qui Ă©taient donnĂ©es sous un accord d’immunitĂ©. En 1990, Poindexter est condamnĂ© de plusieurs chefs d’accusation dont : mensonges au CongrĂšs, obstruction Ă  la justice, conspiration, altĂ©ration et destruction de documents pertinents Ă  l’enquĂȘte. Sa sentence a Ă©galement Ă©tĂ© annulĂ©e en appel pour les mĂȘmes raisons. Le Independent Counsel (Conseil indĂ©pendant), Lawrence E. Walsh, a choisi de ne pas rĂ©-inculper North ou Poindexter. Weinberger a Ă©tĂ© inculpĂ© de mensonges au Independent Counsel, mais il est graciĂ© par la suite par le prĂ©sident George H.W. Bush. Face aux preuves indĂ©niables de sa participation au scandale, Ronald Reagan a exprimĂ© des regrets Ă  une confĂ©rence de presse tĂ©lĂ©visĂ©e de la Maison Blanche le 4 mars 1987. En rĂ©ponse aux questions, Reagan dĂ©clare que ses affirmations prĂ©cĂ©dentes, que les États-Unis n’ont pas Ă©changĂ© d’armes contre les otages, Ă©taient incorrectes. Il a Ă©galement dĂ©clarĂ© que le vice-prĂ©sident, George H.W Bush, Ă©tait au courant du plan. Le prĂ©sident Reagan a survĂ©cu au scandale et sa cote de popularitĂ© est revenue aux niveaux prĂ©cĂ©dents ; quand le scandale Ă©clata en 1986, "la cote de Reagan s’est effondrĂ©e Ă  46%", mais plus tard il "a fini solidement Ă  68%", selon un sondage Gallup en dĂ©cembre 1988."[32].

Argent de la drogue

À partir des annĂ©es 1980, les Contras Ă©taient soupçonnĂ©s d’ĂȘtre financĂ©s par la distribution de cocaĂŻne. Une des premiĂšres allĂ©gations est contenue dans un procĂšs classĂ© en 1986 par deux journalistes reprĂ©sentĂ©s par le Christic Institute, qui dĂ©claraient que la CIA et d’autres partis Ă©taient impliquĂ©s dans des actes criminels, dont le financement d’achat d’armes avec la recette des ventes de cocaĂŻne[33]. Le procĂšs a Ă©tĂ© rejetĂ© ; plusieurs participants ont subsĂ©quemment portĂ© plainte contre le Christic Institute pour diffamation et ont gagnĂ©. Le rapport du ComitĂ© du SĂ©nat des Affaires Ă©trangĂšres, du sĂ©nateur John Kerry en 1988 sur les liens de la drogue Contra, publiĂ© le 13 avril 1989, conclut que "des seniors de la politique des États-Unis n’étaient pas immunisĂ©s de l’idĂ©e que l’argent de la drogue Ă©tait une solution parfaite pour les problĂšmes de financement Contra"[34]. Le rapport du ComitĂ© Kerry affirme que des membres du dĂ©partement d’État « qui ont fourni du support aux Contras Ă©taient impliquĂ©s dans le trafic de drogue ; les Ă©lĂ©ments des Contras mĂȘmes savaient pertinemment qu’ils recevaient une assistance financiĂšre et matĂ©rielle de trafiquants de drogue Â»[35]. Kerry avait des suspicions sur la connexion de North avec Manuel Noriega, un baron de la drogue du Panama. Selon l’Archive de la SĂ©curitĂ© nationale (National Security Archive), Oliver North aurait Ă©tĂ© en contact avec Noriega et l’a rencontrĂ© personnellement.

Le rapport poursuit : « les liens de la drogue Contra inclut paiements aux trafiquants de drogue par le dĂ©partement d'État des États-Unis, autorisĂ© par le CongrĂšs en tant que assistance humanitaire, dans certains cas aprĂšs l’inculpation de trafiquants par des agences fĂ©dĂ©rales, dans d’autres pendant que les trafiquants Ă©taient sous enquĂȘte par ces mĂȘmes agences Â». Les Maisons du CongrĂšs ont commencĂ© Ă  poser des questions sur les allĂ©gations de drogue associĂ©es aux Contras, provoquant un rĂ©examen au printemps de 1986 sur les allĂ©gations du dĂ©partement d’État, conjointement avec le dĂ©partement de la Justice et les agences d’intelligence nationales[36].

Les allĂ©gations refont surface en 1996 quand le journaliste Gary Webb publie des rapports dans le San Jose Mercury News[37], et plus tard dans son livre "Alliance Obscure"[38], qui dĂ©taille comment les Contras avaient distribuĂ© du crack cocaĂŻne Ă  Los Angeles pour financer l’achat d’armes. Ces reportages Ă©taient initialement attaquĂ©s par d’autres journaux, qui tentaient de discrĂ©diter le lien, en citant des rapports officiels qui apparemment blanchissaient la CIA.

Le reportage du The Wall Street Journal du 29 janvier 1997[39] sur les activitĂ©s au Mena, indique que l’aĂ©roport d'Arkansas a prĂ©tendument impliquĂ© le gouverneur Ă  l’époque, Bill Clinton dans une dissimulation de trafic de drogue. L’article du Wall Street Journal affirme :

Au centre du rĂ©seau de spĂ©culation tissĂ© autour de Mena se trouve quelques faits incontestĂ©s : un des meilleurs informateurs de drogue dans l’histoire des États-Unis, le trafiquant Barry Seal, a basĂ© son opĂ©ration aĂ©rienne Ă  Mena. Au sommet de sa carriĂšre il importait environ 1 000 livres (450 kg) de cocaĂŻne par mois, et avait une fortune personnelle estimĂ©e Ă  plus de $50 millions. AprĂšs ĂȘtre devenu un informateur pour le Drug Enforcement Administration, il a travaillĂ© au moins une fois avec la CIA, dans une intervention de drogue Sandinista. Il a Ă©tĂ© assassinĂ© par des tueurs Ă  gages colombiens Ă  Baton Rouge (Louisiane), en 1986 ; huit mois plus tard, un de ses avions—avec un pilote d’Arkansas aux commandes et Eugene Hasenfus dans la soute—a Ă©tĂ© descendu au-dessus du Nicaragua avec une cargaison de fournitures Contra.

En 1998, l'Inspecteur GĂ©nĂ©ral de la CIA Frederick Hitz publie un rapport Ă  deux volumes[40] qui soutient les affirmations de Webb, dĂ©crit comment 50 Contras et entitĂ©s liĂ©s Ă  Contra impliquĂ©s dans le trafic de drogue ont Ă©tĂ© protĂ©gĂ©s par les forces de l’ordre par l’administration Reagan-Bush, et documente la dissimulation de preuves relatives aux activitĂ©s. Le rapport dĂ©montre qu’Oliver North et le National Security Council Ă©taient informĂ©s de ces activitĂ©s. Plus tard dans la mĂȘme annĂ©e, un rapport de l’inspecteur gĂ©nĂ©ral du dĂ©partement de la Justice Michael Bromwich parvient Ă  des conclusions similaires.

Le 10 dĂ©cembre 2004, Gary Webb s’est apparemment suicidĂ© en se tirant deux balles fatales dans la tĂȘte.

Personnes impliquées pardonnées et réinstallées

En 1992, le Président George H.W. Bush gracie six personnes[41] impliquées dans le scandale, Elliott Abrams, Duane R. Clarridge, Alan Fiers, Clair George, Robert C. McFarlane et Caspar W. Weinberger. George W. Bush a sélectionné quelques individus qui ont servi sous Reagan pour des fonctions de haut-niveau dans son administration présidentielle[42],[43].

  • Elliott Abrams [44]: sous Bush, assistant spĂ©cial au prĂ©sident et directeur senior du National Security Council pour les Affaires africaines Proche-Orient et du Nord ; dans Iran Contra, plaidĂ© coupable de deux chefs d’accusation de rĂ©tention illĂ©gale d’information, pardonnĂ©.
  • Otto Reich [45]: chef de l’Office de Diplomatie Publique sous Reagan.
  • John Negroponte [46]: sous Bush, Directeur de l’Intelligence Nationale.
  • Amiral John Poindexter [47]: sous Bush, Directeur du Information Awareness Office ; dans Iran Contra jugĂ© coupable de plusieurs chefs d’accusation dont conspiration, obstruction Ă  la justice, mensonges au CongrĂšs, arnaque du gouvernement, altĂ©ration et destruction de preuves, sentence annulĂ©e.
  • Robert Gates [48]: sous Bush, depuis le 6 dĂ©cembre 2006 en tant que nouveau secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense remplaçant Donald Rumsfeld. A servi en tant que directeur de l’Intelligence Centrale en 1991–1993 sous George H.W. Bush. Pendant Iran Contra il Ă©tait directeur adjoint de l’Intelligence Centrale.
  • Charles E. Allen [49]: sous Bush, dĂ©signĂ© en aoĂ»t 2005 chief intelligence officer au Department of Homeland Security. La position d’Allen au DHS n’était pas sujette Ă  la confirmation du SĂ©nat. Avant d’ĂȘtre dĂ©signĂ© au DHS, Allen avait travaillĂ© 47 ans pour la CIA. Directeur de l’Intelligence Centrale William Webster a formellement reprimandĂ© Allen pour ne pas avoir Ă©tĂ© conforme avec la requĂȘte de l’Intelligence Centrale d’ĂȘtre pleinement coopĂ©ratif dans leur enquĂȘte interne du scandale Iran-Contra. Toutefois les collĂšgues d’Allen signalent que Webster rĂ©primande la seule personne de la CIA qui l’a guidĂ© dans ses suspicions d’un dĂ©tournement de fonds de Robert Gates. [Eclipse: The Last Days of the CIA, Mark Perry, 1992, p. 216]

Notes et références

  1. ↑ En 1984, le CongrĂšs avait imposĂ© un arrĂȘt de l'aide aux Contras. Voir Philippe Lemarchand (dir.), Atlas des États-Unis. Les paradoxes de la puissance, Éditions Complexe, 1997, p. 88 (ISBN 978-2-912232-02-1)
  2. ↑ Pour Philippe Broyer, L'argent sale dans les rĂ©seaux du blanchiment, L'Harmattan, 2000, p. 162, note 1 (ISBN 978-2-7384-9998-1), le CongrĂšs a suspendu l'aide militaire aux mouvements antisandinistes entre octobre 1984 et octobre 1986.
  3. ↑ GĂ©rard Chaliand prĂ©cise que le Nicaragua n'a pas d'autre choix que de se tourner vers Cuba et l'URSS pour obtenir un soutien militaire face aux manƓuvres amĂ©ricaines dans Chaliand, un itinĂ©raire combattant: Afrique, Asie, AmĂ©rique latine : 30 ans d'enquĂȘtes de terrain, Karthala, 1997, p. 600.
  4. ↑ *Julie Wolf, « The Iran-Contra affair Â», The American Experience:, PBS /, 2000
  5. ↑ Ronald Reagan, « Address to the nation on the Iran arms and Contra aid controversy Â», Ronald Reagan Presidential Library /, 13 dĂ©cembre 1986
  6. ↑ "[...]a single transaction which wd be preceded by a release of hostages" Iran-Contra: White House e-mail, CNN
  7. ↑ Wright, Robin, Sacred Rage, Simon and Schuster, 2001, p.112
  8. ↑ Gary Hucul, « The tragedy of Iran Â», crisispapers.org, 25 avril 2006
  9. ↑ Douglas Martin, Albert Hakim, Figure in Iran-Contra Affair, Dies at 66, New York Times, 1er mai 2003
  10. ↑ Selon la Federation of American Scientistsfas.org
  11. ↑ Excerpts From the Iran-Contra Report: A Secret Foreign Policy, New York Times, 1994
  12. ↑ a et b The Iran-Contra Affair
  13. ↑ The American Experience | Reagan | Timeline (1983 - 1985)
  14. ↑ Walsh Iran / Contra Report - Chapter 1 United States v. Robert
  15. ↑ Lawrence Walsh, « Vol. I: Investigations and prosecutions Â», Final report of the independent counsel for Iran/Contra matters, Independent Council for Iran/Contra Matters, 4 aoĂ»t 1993
  16. ↑ a et b Iran-Contra Affair
  17. ↑ Address to the Nation on the Iran Arms and Contra Aid Controversy
  18. ↑ Louis Fisher, « How Tightly Can Congress Draw the Purse Strings? Â», dans American Journal of International Law, vol. 83, no 4, octobre 1989, p. 758-766 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2006-10-10)] 
  19. ↑ 1985-1992 Irangate, U-S-History.com
  20. ↑ George Cave, « Why Secret 1986 U.S.-Iran “Arms for Hostages” Negotiations Failed Â», Washington report on middle eastern affairs (wrmea.com)
  21. ↑ Ronald W Reagan, kipnotes.com
  22. ↑ « IN SUMMARY; Nicaragua Downs Plane and Survivor Implicates C.I.A Â», dans New York Times, 12 octobre 1986 [texte intĂ©gral] 
  23. ↑ « HASENFUS TEMPERS COMMENTS ON C.I.A Â», dans New York Times, 3 novembre 1986 [texte intĂ©gral] 
  24. ↑ Address to the Nation on the Iran Arms and Contra Aid Controversy
  25. ↑ WHITE HOUSE SHAKE-UP: A TASK IS HANDED TO STATE DEPT.; Poindexter and North Have Limited Options, New York Times.
  26. ↑ PBS, WGBH, « Timeline of Ronald Reagan's life Â», The American Experience:, PBS /, 2000
  27. ↑ Tower Commission, « Tower commission report excerpts Â», The Tower Commission report
  28. ↑ The American Experience | Reagan | Timeline (1986 - 1988)
  29. ↑ BBC NEWS | Americas | Reagan's mixed White House legacy
  30. ↑ Asher Price, « Unwise men Â», The New Republic, 28 juin 2002. ConsultĂ© le 14 mai 2006
  31. ↑ PHILIP SHENON : NORTH, POINDEXTER AND 2 OTHERS INDICTED ON IRAN-CONTRA FRAUD AND THEFT CHARGES, New York Times.
  32. ↑ Michael Benhoff, « More gloss for the Gipper: The myth of Reagan's "enormous popularity" Â», FAIR:, March/April 1989
  33. ↑ FBI, « The 'Christic Institute' lawsuit - Avirgan and Honey v. Hull, et al. Â», FBI, 1986
  34. ↑ National Security Archive, « The Oliver North file: His diaries, e-mail, and memos on the Kerry report, Contras and drugs Â», National Security Archive electronic briefing book No. 113, National Security Archive, 26 fĂ©vrier 2004
  35. ↑ (en) Alexander Cockburn, Jeffrey St. Clair, Whiteout, the CIA, drugs and the press, New York, Verso, 1998, poche (ISBN 978-1-85984-258-4) 
  36. ↑ Selections from the Senate Committee Report on Drugs, Law Enforcement and Foreign Policy chaired by Senator John F. Kerry, HTML. ConsultĂ© le 24 octobre 2006
  37. ↑ Webb, Gary ; Gary Webb : Iran-Contra articles (en English), San Jose Mercury News (1996).
  38. ↑ (en) Gary Webb, Dark alliance: The CIA, the Contras, and the crack cocaine explosion, New York, Seven Stories, 1998 (ISBN 978-1-888363-68-5) (LCCN 97052612) 
  39. ↑ Mysterious Mena: CIA Discloses, Leach Disposes, Wall Street Journal, January 29. ConsultĂ© le 24 octobre 2006
  40. ↑ Frederick Hitz, CIA Inspector General report into allegations of connections between CIA and the Contras in cocaine trafficking to the United States, [[Central Intelligence Agency|CIA]], 1998 lire en ligne 
  41. ↑ George H. W. Bush, « Proclamation 6518 - Grant of Executive Clemency Â», White House, 24 dĂ©cembre 1992. ConsultĂ© le 26 juillet 2006
  42. ↑ Duncan Campbell, « Bush nominees under fire for link with contras Â», The Guardian. ConsultĂ© le 12 octobre 2006
  43. ↑ Return of the Iran-Contra brigade, The Observer. ConsultĂ© le 12 octobre 2006
  44. ↑ Personnel Announcement, The White House. ConsultĂ© le 10 octobre 2006
  45. ↑ BIOGRAPHY. ConsultĂ© le 10 octobre 2006
  46. ↑ President Congratulates America's First Director and Deputy Director of National Intelligence, The White House. ConsultĂ© le 10 octobre 2006
  47. ↑ John Sutherland : No more Mr Scrupulous Guy, The Guardian. ConsultĂ© le 2006-10-10.
  48. ↑ David Espo and Liz Sidoti : Bush Says Rumsfeld Is Stepping Down, Associated Press. ConsultĂ© le 2006-11-08.
  49. ↑ Personnel Announcement, The White House. ConsultĂ© le 28 novembre 2006

Bibliographie

  • (en) Frederick Hitz, « CIA Inspector General report into allegations of connections between CIA and the Contras in cocaine trafficking to the United States Â», dans CIA, 1998 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2006-09-13)] 
  • Gary Hucul, « The tragedy of Iran Â», crisispapers.org, 25 avril 2006. ConsultĂ© le 14 mai 2006
  • Independent Council for Iran/Contra Matters, « United States v. Robert C. McFarlane Â», Final report of the independent council for Iran/Contra matters, Independent Council for Iran/Contra Matters, 1993. ConsultĂ© le 13 septembre 2006
  • Lawrence Walsh, « Vol. I: Investigations and prosecutions Â», Final report of the independent counsel for Iran/Contra matters, Independent Council for Iran/Contra Matters, 4 aoĂ»t 1993. ConsultĂ© le 13 septembre 2006

Annexes

Articles connexes

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Affaire Iran-Contra de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Affaire de l'Iran-Contra — Affaire Iran Contra L’affaire Iran Contra (ou Irangate, nommĂ©e ainsi en souvenir du scandale du Watergate), est un scandale politique survenu aux États Unis dans les annĂ©es 1980. L affaire est toujours voilĂ©e de secrets et il est difficile de… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Iran-Contra — Affaire Iran Contra L’affaire Iran Contra (ou Irangate, nommĂ©e ainsi en souvenir du scandale du Watergate), est un scandale politique survenu aux États Unis dans les annĂ©es 1980. L affaire est toujours voilĂ©e de secrets et il est difficile de… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Scandale Iran-Contra — Affaire Iran Contra L’affaire Iran Contra (ou Irangate, nommĂ©e ainsi en souvenir du scandale du Watergate), est un scandale politique survenu aux États Unis dans les annĂ©es 1980. L affaire est toujours voilĂ©e de secrets et il est difficile de… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Affaire de l'Irangate — Affaire Iran Contra L’affaire Iran Contra (ou Irangate, nommĂ©e ainsi en souvenir du scandale du Watergate), est un scandale politique survenu aux États Unis dans les annĂ©es 1980. L affaire est toujours voilĂ©e de secrets et il est difficile de… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Iran (RĂ©publique islamique d') — Iran ŰŹÙ…Ù‡ÙˆŰ±ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…ÛŒ Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù† (fa) JomhĆ«rÄ« ye EslāmÄ« ye ÄȘrān (fa) RĂ©publique islamique d Iran 
   WikipĂ©dia en Français

  • Iran — ŰŹÙ…Ù‡ÙˆŰ±ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…ÛŒ Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù† (fa) Jomhuriye Eslāmiye Irān (fa) RĂ©publique is 
   WikipĂ©dia en Français

  • Affaire de l'antisĂ©mitisme de Hugo Chavez — Hugo ChĂĄvez Pour les articles homonymes, voir ChĂĄvez. Hugo ChĂĄvez 
   WikipĂ©dia en Français

  • Politique Ă©trangĂšre de l'Iran — Iran Cet article fait partie de la sĂ©rie sur la politique de l Iran, sous sĂ©rie sur la politique. G 
   WikipĂ©dia en Français

  • JomhĆ«rÄ«-ye EslāmÄ«-ye ÄȘrān — Iran ŰŹÙ…Ù‡ÙˆŰ±ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…ÛŒ Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù† (fa) JomhĆ«rÄ« ye EslāmÄ« ye ÄȘrān (fa) RĂ©publique islamique d Iran 
   WikipĂ©dia en Français

  • RĂ©publique Islamique d'Iran — Iran ŰŹÙ…Ù‡ÙˆŰ±ÛŒ Ű§ŰłÙ„Ű§Ù…ÛŒ Ű§ÙŠŰ±Ű§Ù† (fa) JomhĆ«rÄ« ye EslāmÄ« ye ÄȘrān (fa) RĂ©publique islamique d Iran 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.