106e régiment d'infanterie de ligne

ï»ż
106e régiment d'infanterie de ligne
106e RĂ©giment d'Infanterie
106° R.I, TOUJOURS DEBOUT.jpg

insigne régimentaire du 106e RI

PĂ©riode 1766
Pays Drapeau de France France
Branche Armée de terre
Type régiment d'infanterie
RĂŽle infanterie
Devise Toujours debout
Inscriptions sur l’emblùme Biberach 1796
GĂȘnes 1800
Wagram 1809
Molojaroslawetz 1812
Les Eparges 1915
L'Aisne 1917
Montddidier 1918
Mont D'Origny 1918
Anniversaire Saint-Maurice
Guerres PremiĂšre Guerre mondiale
Batailles 1917 - Chemin des Dames
FourragĂšres aux couleurs du ruban de la MĂ©daille militaire
DĂ©corations Croix de guerre 1914-1918
4 palmes
1 Ă©toile d'argent
insigne de béret d'infanterie

Le 106e Régiment d'Infanterie de Ligne (106e RI) ancien "Régiment du Cap" 1766, est formé le 17 août 1772.

Il est parmi de nombreux rĂ©giments de la Monarchie qui avaient pour mission de servir sur les bateaux et dans les colonies. Tous ces rĂ©giments ont Ă©tĂ© dotĂ©s en 1791 d'un numĂ©ro dans l'ordre de bataille de l'infanterie de ligne
 alors qu'ils peuvent historiquement ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme les "ancĂȘtres" des rĂ©giments d'Infanterie de marine.

Ce sont:


Dénommé Régiment de Fer, il s'illustra pendant la PremiÚre Guerre mondiale aux Eparges avec son frÚre d'arme le 132 e Régiment d'Infanterie de Reims

Sommaire

Création et différentes dénominations

  • ancienne lĂ©gion de Saint-Dominique
  • 18 aout 1766: CrĂ©ation du RĂ©giment du Cap
  • 1772 : CrĂ©ation du 106e rĂ©giment d'infanterie de ligne le (17 aoĂ»t 1772)
  • 1794 : 106e demi-brigade de bataille
  • 1796 :formation de la 13e demi-brigade (arrĂȘtĂ© du 18 nivĂŽse an IV) Ă  parir des unitĂ©s suivantes :
    • 49e demi-brigade de premiĂšre formation
    • 1er bataillon du 106e rĂ©giment d'infanterie
    • 2e bataillon du 106e rĂ©giment d'infanterie
    • 1er bataillon du 29e rĂ©giment d'infanterie (ci-devant Dauphin)
    • 2e bataillon du 29e rĂ©giment d'infanterie (ci-devant Dauphin)
    • 1er bataillon des FĂ©dĂ©rĂ©s des 83 dĂ©partements
    • 6e bataillon de RhĂŽne-et-Loire (grenadiers)
    • 2e bataillon de la formation d'OrlĂ©ans
    • 19e bataillon des RĂ©serves.
  • 6e rĂ©giment provisoire
  • RĂ©formĂ© puis recrĂ©Ă© en 1854 Ă  partir du 30e rĂ©giment d'infanterie lĂ©gĂšre
  • 1872 : 106e rĂ©giment d'infanterie de ligne
  • 1882 : 106e rĂ©giment d'infanterie
  • 1914: À la mobilisation, il met sur pied son rĂ©giment de rĂ©serve, le 306e RĂ©giment d'Infanterie

Chefs de corps

  • 1809 : Louis-Amable-Jean-Baptiste Bertrand

31e rĂ©giment d'infanterie lĂ©gĂšre

Historique des garnisons, combats et batailles du 106e régiment d'infanterie de ligne

RĂ©volution et Empire

De 1815 Ă  1848

Second Empire

De 1871 Ă  1914

Epernay 1911

L’armĂ©e a une double mission : veiller sur la dĂ©fense des frontiĂšres, la dĂ©fense extĂ©rieure et maintenir l’ordre Ă  l’intĂ©rieur.

  • Le 19 janvier 1911, le vignoble de la vallĂ©e de la Marne est en Ă©tat de siĂšge, lors de la lutte des « cossiers Â» (vignerons en patois champenois) contre les nĂ©gociants et les importations de vins en fraude. Le 31e rĂ©giment de dragons, en garnison Ă  Épernay, et des Ă©lĂ©ments de renfort de quatre autres rĂ©giments, dont un bataillon du 106e et un bataillon du 132e, interdisent les accĂšs d'Épernay et, montant la garde Ă  la gare et chez des nĂ©gociants, se rĂ©partissent entre Damery, Venteuil, CumiĂšres, Ay et Hautvillers[2].

PremiĂšre Guerre mondiale

1914

Garnison Ă  ChĂąlons sur Marne.

  • A la 12e D.I. d'aoĂ»t 1914 Ă  janvier 1917 puis Ă  la 56e D.I jusqu'en 1918.
  • DĂšs fin juillet 1914, les opĂ©rations de la mobilisation s'exĂ©cutent Ă  la caserne Chanzy de ChĂąlons. Les rĂ©servistes arrivent en masse, principalement du territoire de la 6e RĂ©gion Militaire, laquelle comprenait les dĂ©partements de l'Aisne, de l'Oise, de la Marne, des Ardennes, de la Meuse. Des Bretons et des Parisiens complĂštent l'effectif. Le premier Ă©chelon du 106e RI est embarquĂ© Ă  la gare de ChĂąlons dĂšs le 1er aoĂ»t 1914 en direction de la rĂ©gion de Saint-Mihiel (Meuse). Le deuxiĂšme Ă©chelon rejoindra le 3 aoĂ»t.
  • Au cours de l'automne 1914, les rĂ©giments du 6e Corps d'ArmĂ©e se rapprochent de la crĂȘte des Eparges, prennent un tour de 3 fois 3 jours : repos Ă  l’arriĂšre, seconde ligne puis premiĂšre ligne. Au repos dans les villages de Belrupt, Sommedieue, Mont-sous-les-CĂŽtes, 
, en seconde ligne gĂ©nĂ©ralement sur la TranchĂ©e de Calonne, ils tiennent les premiĂšres lignes dans les ruines des villages de TrĂ©sauvaux et des Eparges, dans les bois sur le versant nord-est de la crĂȘte des Eparges (ravin de la Fragaoule, dit "ravin de la Mort") ou dans les prĂ©s et vergers sur le flanc nord-Ouest de la crĂȘte.

1915

Ces positions sont le thĂ©Ăątre d’une des luttes les plus meurtriĂšres et les plus pĂ©nibles de toute la guerre. L’ennemi s’acharne pour la possession de la crĂȘte, les attaques et les contre-attaques, les combats corps Ă  corps et Ă  la grenade, sous un bombardement d’obus de tous calibres et sous l’écrasement des torpilles se renouvellent opiniĂątres, sans arrĂȘt, pendant une pĂ©riode de 5 mois dans les conditions les plus pĂ©nibles.

La 33e division de rĂ©serve allemande avait organisĂ© une grande redoute bastionnĂ©e et entourĂ©e de deux lignes de tranchĂ©es. Pendant l’hiver, les rĂ©giments du 6e corps d'armĂ©e lancent des attaques ponctuelles contre les positions allemandes. Le gĂ©nie intervient pour creuser une bonne douzaine de sapes sur tout le flanc nord de la crĂȘte des Eparges, pour permettre d'approcher, la tranchĂ©e allemande qui parcours toute la crĂȘte d’Est en Ouest et d'installer des fourneaux de mine. Le 6e Corps du gĂ©nĂ©ral Herr tenait, dans la vallĂ©e, le village des Eparges et, depuis le 9 fĂ©vrier, le village de Saint-Remy. S'il s'emparait de la colline, il menacerait les positions de Von Strantz dans la forĂȘt de la Montagne et, par suite, dans l'angle de Saint-Mihiel.

Monument du 106e RI, au point A, CrĂȘte des Eparges

Du 17 au 21 fĂ©vrier 1915, violents combats aux Eparges. Sur ordre du GĂ©nĂ©ral Dubail, l'attaque commence le 17 fĂ©vrier. Quatre mines de 1500 kilos sautent; l'attaque française est lancĂ©e par les sapes de l’Ouest que l'on a fait exploser. AprĂšs une importante prĂ©paration d'artillerie, les Ă©lĂ©ments de la 12e Division d’Infanterie s’engagent. Le 106e RĂ©giment d'Infanterie part Ă  l’assaut du bastion Ouest de la crĂȘte (point A) et conquiert facilement les tranchĂ©es allemandes inoccupĂ©es. Deux bataillons du 132e RI marchent en Ă©chelon Ă  gauche du 106e. le 106e monte l'arme Ă  la bretelle et enlĂšve la crĂȘte ; l'ennemi contre-attaque Ă  la grenade.

En riposte, l'état-major allemand décide de reprendre les positions concédées. Entre le 18 et le 21 février, attaques et contre-attaques se succÚdent sous un bombardement permanent et d'une violence inouïe.

Le 18, dĂšs le matin, nos unitĂ©s avancĂ©es sont prises sous une pluie d'obus de gros calibre qui les harcĂšle pendant plus de 3 heures. Fortement Ă©prouvĂ©es, ayant perdu presque tous leurs officiers et plus du tiers de leurs effectifs, elles ne peuvent supporter le choc de la contre attaque allemande qui se dĂ©clenche Ă  8 heures et doivent se replier sur nos positions de dĂ©part. Le jour mĂȘme, Ă  15 heures, l'attaque est renouvelĂ©e par les 2 compagnies les moins Ă©prouvĂ©es du 2e Bataillon soutenues par le 3e Bataillon et une compagnie du 132e. Les tranchĂ©es allemandes sont reprises et cette fois, nous devions les garder dĂ©finitivement. En vain, les obus criblent le terrain jour et nuit, en vain, l'ennemi lance de furieux assauts, quatre dans la journĂ©e du 19, un cinquiĂšme le 20[3].

Le 20 fĂ©vrier au matin, un bataillon du 106e (Ă  droite), un bataillon du 67e (au centre), et un bataillon du 132e (Ă  gauche), aprĂšs une trĂšs rapide prĂ©paration d'artillerie, s'Ă©lançaient sur les tranchĂ©es allemandes et s'en emparaient. Au centre, le 67e dĂ©passait mĂȘme la fameuse crĂȘte et dĂ©valait sur les pentes qui descendent vers Combres. Les Allemands qui, pendant la nuit, avaient massĂ©, dans cette rĂ©gion des forces importantes, se lancĂšrent aussitĂŽt Ă  la contre-attaque et rejetĂšrent nos troupes sur leurs positions de dĂ©part. Le 67e, descendant vers Combres, est pris entre des barrages et, dĂ©cimĂ©, se replie ; Seul le bataillon du 132e put se maintenir, pendant quelques heures, dans un petit bois qu'il avait rĂ©ussi Ă  conquĂ©rir. Des deux cĂŽtĂ©s l'artillerie entra alors en action et, jusqu'Ă  la tombĂ©e de la nuit, arrosa copieusement les fantassins, qui organisaient les positions qu'ils occupaient.


un sixiĂšme enfin le 21. Mais nos soldats se maintiennent stoĂŻquement sur la position. Le 22, les 2e et 3e Bataillons, qui ont beaucoup souffert, vont prendre Ă  Rebrupt un repos bien gagnĂ©. Ce succĂšs a Ă©tĂ© chĂšrement achetĂ© : 300 tuĂ©s, dont 8 Officiers. 300 disparus et plus de 1000 blessĂ©s[3]

Au cours de ces rudes journĂ©es du 17 au 21 fĂ©vrier, nos troupes n'avaient pu s'emparer de leur objectifs. Les Bavarois ont perdu 2 000 hommes tuĂ©s, blessĂ©s ou prisonniers, mais Von Strantz a dĂ©cidĂ© de tenir coĂ»te que coĂ»te ; il fait creuser des abris-cavernes ainsi que des galeries boi­sĂ©es, Ă  8 mĂštres sous terre.

ORDRE DU CORPS D'ARMÉE no 60

« Le 27 fĂ©vrier, dans une opĂ©ration brillante, la 24e Brigade a enlevĂ© de haute lutte une partie importante de la position des Éparges. L'ennemi avait accumulĂ© sur cette hauteur escarpĂ©e, des travaux considĂ©rables. Depuis 4 mois, avec une science avisĂ©e, le Capitaine du GĂ©nie Gunther dirigeait par la sape et par la mine les travaux de siĂšge rĂ©gulier qui devaient ouvrir la voie Ă  notre infanterie. Le jour de l'attaque, aprĂšs une quadruple explosion de nos fourneaux de mines et une remarquable prĂ©paration par l'artillerie, le brave 106e RĂ©giment d'infanterie, dans un Ă©lan magnifique, escalada les pentes abruptes et couronna toute la partie ouest de la position. Au mĂȘme moment, le 132e RI aborda crĂąnement la partie ouest des Éparges et s'y installa. Le 19 fĂ©vrier, l'attaque fut poursuivie sur tout le front. Au cours de cette bataille de 4 jours, pendant lesquels l'ennemi nous disputa le terrain avec la derniĂšre ĂąpretĂ©, nos troupes furent soumises Ă  un bombardement formidable. Elles conservĂšrent nĂ©anmoins les positions conquises. Elles repoussĂšrent deux contre attaques furieuses, firent Ă©prouver des pertes sĂ©vĂšres Ă  l'ennemi, lui enlevĂšrent 700 mĂštres de tranchĂ©es, lui prirent 2 mitrailleuses, 2 minenwerfer et firent 175 prisonniers. Le 106e, le 132e, le 67e Bataillon Haguenin, la compagnie du GĂ©nie qui prirent la tĂȘte dans la colonne d'assaut ont noblement soutenu le renom de la vaillance du 6e Corps d'ArmĂ©e et montrĂ© une fois de plus quel succĂšs naĂźt de la fraternitĂ© des armes et de l'union des cƓurs.Le GĂ©nĂ©ral, commandant le 6e Corps d'ArmĂ©e, adresse ses fĂ©licitations Ă  ces braves troupes. Il salue pieusement la glorieuse mĂ©moire de ceux qui sont morts pour le pays. Il fĂ©licite les Colonels Barjonet, commandant le 106e RI et Bacquet, commandant le 132e RI qui ont magnifiquement conduit leurs rĂ©giments au feu . Â»' SignĂ© : GĂ©nĂ©ral Herr.

ORDRE N° 137 DE LA Ire ARMÉE DU 7 MARS 1915

« Est citĂ© Ă  la Ire ArmĂ©e, le 106e RĂ©giment d'infanterie. À enlevĂ© brillamment la pointe ouest d'une crĂȘte transformĂ©e par l'ennemi en vĂ©ritable forteresse. Ayant dĂ» l'Ă©vacuer Ă  la suite d'un bombardement d'artillerie lourde des plus violents et ininterrompu pendant douze heures, s'en est emparĂ© de nouveau par une vigoureuse contre-attaque Ă  la baĂŻonnette, rĂ©sistant ensuite victorieusement Ă  une sĂ©rie de contre-attaques ennemies Â» SignĂ© : GĂ©nĂ©ral Roques[3].

À partir du 22 fĂ©vrier, la bataille s'apaise. Les Français amĂ©nagent leurs positions, reconstruisent les tranchĂ©es que les bombardements ont bouleversĂ©es dans l'optique des futures offensives : l'objectif Ă©tant la prise du plateau dans sa totalitĂ©.

Les attaques françaises sont relancĂ©es en mars 1915, sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Herr qui obtient de Joffre des renforts en hommes et en matĂ©riels. Au mois de mars sur les parties Centre et Est de la crĂȘte, attaque par les sapes sur le point D et plus Ă  l’est sur le point X. La 12e Divi­sion se heurte, du 18 au 20 mars, Ă  des dĂ©fenses formidables que l'ennemi ne lĂąche qu'en partie et aprĂšs une Ăąpre rĂ©sistance[4]

Le 19, aprĂšs avoir brisĂ© deux contre-attaques ennemies, nous reprenons Ă  16 heures l'assaut de la deuxiĂšme ligne. Un violent barrage d'artillerie lourde nous arrĂȘte et nous inflige des pertes sé­rieuses. Le jour suivant, nous faisons quelques lĂ©gers progrĂšs et nous maĂźtrisons toutes les rĂ©actions allemandes. Alors, la situation reste sta­tionnaire aux Eparges jusqu'au 27 mars. Le 6eCorps avait perdu, dans ces cinq jours de combats, 7 officiers et 630 hommes[5]

au Point C, CrĂȘte des Eparges

Le 5 avril, par un temps exĂ©crable, la 12e DI du GĂ©nĂ©ral Paulinier, sans relĂšve envisagĂ©e, poursuit la mission de reprise des Eparges, entamĂ©e depuis le 5 janvier. La 24e brigade du Colonel Gramat, encadrĂ©e, doit attaquer la hauteur des Éparges par rĂ©giments accolĂ©s. Le 106e Ă  droite. se lance Ă  l’assaut de la crĂȘte. Le 106e RI doit s’emparer du mamelon C Ă  droite, et le 132e RI du point X Ă  gauche. Trois bataillons ont Ă©tĂ© placĂ©s en rĂ©serve sur Rupt-en-WoĂ«vre et la TranchĂ©e de Calonne. MalgrĂ© la boue, les Français s’emparent du point C mais n’empĂȘchent pas les renforts ennemis d’arriver au point X. En soirĂ©e, les Français tiennent la crĂȘte, mais le 6 avril au matin, les Allemands les submergent et reprennent le point C. Avec l’aide de l’artillerie, les Français sont de retour sur le point C en fin de journĂ©e avec d’importantes pertes de part et d’autre. Le mauvais temps ayant empĂȘchĂ© les rĂ©glages d’artillerie, la plaine de la WoĂ«vre transformĂ©e en marĂ©cage, force est de constater qu’au soir du 6 avril, « la manƓuvre en tenaille Â» a Ă©chouĂ©. Les Eparges restent donc le seul point d’ancrage de l’effort destinĂ© Ă  briser le front ennemi[6]

Au 106, c'est le 1er Bataillon, sous les ordres du Commandant Bestagne, qui a l'honneur de mener l'attaque. Les mouvements de mise en place s'exécutent péniblement car, depuis le matin, une pluie continue a détrempé le sol et les boyaux et tranchées ne sont plus que ruisseaux de boue liquide dans laquelle on s'enfonce jusqu'aux genoux.

A 16 heures, fin de la prĂ©paration d'artillerie, toute la ligne d'attaque dĂ©bouche avec le plus bel Ă©lan. Nos 2 compagnies de tĂȘte atteignent leurs objectifs, mais sont arrĂȘtĂ©es par un barrage intense d'artillerie de gros calibre. Le 6 au matin, les Allemands lancent une violente contre ïżœattaque. Surpris par la violence du choc, submergĂ©s par le nombre et paralysĂ©s dans leur dĂ©fense, car les fusils et mitrailleuses encrassĂ©s par la boue ne fonctionnent plus, les hommes du 1er Bataillon doivent lĂącher le terrain conquis.

Une nouvelle attaque lancée vers 16 heures aprÚs préparation d'artillerie nous le rend bientÎt avec une quinzaine de prisonniers (le lieutenant-colonel Barjonet qui commande le régiment a été blessé à la jambe mais refuse de se laisser évacuer et conserve son commandement).

L'ennemi n'encaissa pas ce nouvel échec sans protester par des violents bombardements et des attaques rageuses pour nous arracher notre gain. Celles-ci, lancées dans la journée du 7 et dans la nuit du 10, furent repoussées et aprÚs quelques fluctuations amenées par un repli momentané de quelques éléments, toutes les positions conquises furent maintenues[3]

Ensuite stabilisation du front et occupation d'un secteur vers le bois Loclont et TrĂ©sauvaux. À cette longue et terrible pĂ©riode de combat succĂšde une occupation d’un secteur calme (Bois Loclont – Bois du Bouchot) en alternance avec le 132e

1918

Lors de la Bataille de Montdidier (mars 1918), le 2°Bataillon sera citĂ© Ă  l'ordre de la Ie ArmĂ©e :
ORDRE DE LA 1° ARMEE N°8 DU 15 AVRIL 1918
" Au cours des six jours de durs combats, a sous le commandement du Capitaine Bouffet, affirmĂ© de nouveau ses brillantes qualitĂ©s d'endurance et de tĂ©nacitĂ©, jeter dans la bataille, aprĂšs des Ă©tapes longues et pĂ©nibles et chargĂ© de tenir une position, a rĂ©sistĂ© jusqu’à la derniĂšre limite aux efforts violents et rĂ©pĂ©tĂ©es de l'ennemi, infligeant Ă  celui -ci des pertes cruelles, ne s'est retirĂ© en manƓuvrant qu'au moment oĂč il allait ĂȘtre dĂ©bordĂ© par des masses toujours plus nombreuses de l'adversaire et aprĂšs avoir Ă©puisĂ© toutes ses munitions, deux de ses sections de mitrailleuses se sacrifiant pour assurer le repli des autres Ă©lĂ©ments." SignĂ© GĂ©nĂ©ral Marie-EugĂšne Debeney

Entre-deux-guerres

Seconde Guerre mondiale

En 1939 le 106e RIM (106e rĂ©giment d'infanterie de mitrailleurs) de ChĂąlons sur Marne et Reims sous les ordres du colonel Tardu, est intĂ©grĂ© Ă  la 12e division d’infanterie motorisĂ©e[7]

De 1945 Ă  nos jours

Faits d'arme faisant particuliÚrement honneur au régiment

  • 1914 : Bataille des FrontiĂšres (Arrancy, Cons-la-Grandville), Bataille de la Marne (Rembercourt, la Vaux-Marie), Woevre (Mouilly, St-Remy)
    fourragÚre aux couleurs du ruban de la médaille militaire
    .
  • 1915 : Hauts de Meuse (Les Eparges, TranchĂ©e de Calonne), Champagne (Souain, Ferme des Wacques)
  • 1916 : Champagne (AubĂ©rive), Verdun (Damloup, Tavannes), la Somme (Bois Madame, Bouchavesnes)
  • 1917 : Chemin des Dames (Soupir, Bois des Bovettes, Ostel, Ferme Froidmont), Alsace.
  • 1918 : Montdidier, Mesnil-St-Georges, Lorraine, Santerre, Mont d’Origny.

Drapeau

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions[8]:

106e régiment d'infanterie de ligne - drapeau.svg

DĂ©corations

  • 1914-1918 :

Sa cravate est dĂ©corĂ©e :

De la Croix de guerre 1914-1918 avec 4 citations à l'ordre de l'Armée et une à l'ordre de la division.

Le port de la fourragĂšre aux couleurs du ruban de la MĂ©daille militaire.

Traditions et uniformes

Insigne

Devise

Toujours debout

Personnages célÚbres ayant servi au 106e

  • Pierre Cabotte, GĂ©nĂ©ral
  • Maurice Genevoix, NĂ© en 1890, Maurice Genevoix est un brillant Ă©tudiant qui intĂšgre l’École Normale SupĂ©rieure de la rue d’Ulm Ă  Paris en 1911. À peine diplĂŽmĂ©, la guerre Ă©clate. Il rejoint le 106e bataillon d’infanterie de Chalons sur Marne, en tant que sous-lieutenant. Entre septembre 1914 et avril 1915, son rĂ©giment participe aux attaques de la tranchĂ©e de « Calonne Â» et de la butte des « Eparges Â» . Le 25 avril 1915, il est atteint de trois balles, deux au bras et une Ă  la poitrine. AprĂšs un long sĂ©jour en hĂŽpital il est rĂ©formĂ© car invalide
 il vivra jusqu’en 1980, aprĂšs avoir connu une brillante carriĂšre d’écrivain qui l’a notamment amenĂ© Ă  rejoindre les bancs de l’AcadĂ©mie française. De son expĂ©rience Maurice Genevoix a publiĂ© 5 ouvrages qui reprennent dans un ordre chronologique la vie qu’il a menĂ©e avec les soldats dont il avait le commandement : Sous Verdun, en avril 1916, Nuits de Guerre, en dĂ©cembre 1916, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en fĂ©vrier 1921, et Les Eparges, en septembre 1921. Tous ces Ă©crits ont Ă©tĂ© rĂ©unis et lĂ©gĂšrement remaniĂ©s sous le titre gĂ©nĂ©ral « Ceux de 14 Â» en 1949.
  • Marcel Loiseau, Soldat fusillĂ© pour l'exemple le 12 octobre 1914 Ă  Mouilly et rĂ©habilitĂ© en 1922.
  • GĂ©nĂ©ral Jean Bouffet (Capitaine en 1918 au 106° RI) puis son fils le GĂ©nĂ©ral Roger Bouffet (Sous-lieutenant en 1939 au 106° RI)
  • François de Laborde-Noguez : Compagnon de la LibĂ©ration, EngagĂ© volontaire pour cinq ans en juin 1935 au 106e RI, il est promu sergent en octobre 1937[9].
  • François Marie SĂ©bastien Pageot, GĂ©nĂ©ral.

Notes et références

  1. ↑ blessĂ© lĂ©gĂšrement aux Eparges le 6 avril 1915 mais garda son commandement jusqu'au 26 avril 1915 oĂč il reçut une deuxiĂšme blessure qui cette fois l'Ă©loigna dĂ©finitivement du rĂ©giment
  2. ↑ Champagne, un siùcle d'histoire sociale, CGT Caves Vignes, Liszek Slava, Monteuil, VO Editions, 1995, 221 p.
  3. ↑ a, b, c et d Historique du 106e rĂ©giment d'infanterie, Lieutenant Bonnet, sed, sd.
  4. ↑ Histoire illustrĂ©e de la guerre 1914, Gabriel Hanotaux de l’AcadĂ©mie Française. Edition française illustrĂ©e, Paris, 1922, vol. 13, p. 212-213.
  5. ↑ La grande guerre vĂ©cue - racontĂ©e - illustrĂ©e par les combattants. Librairie Aristide Quillet 1922, vol. 1, p. 183.
  6. ↑ Les grandes heures de 1915 – la guerre des tranchĂ©es, GĂ©nĂ©ral Mordacq, Plon, 1939.
  7. ↑ À partir du Recueil d'Historiques de l'Infanterie Française (GĂ©nĂ©ral Andolenko - Eurimprim 1969).
  8. ↑ DĂ©cision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et Ă©tendards des corps de troupe de l'armĂ©e de terre, du service de santĂ© des armĂ©es et du service des essences des armĂ©es, Bulletin officiel des armĂ©es, n°27, 9 novembre 2007
  9. ↑ Chancellerie de l'Ordre de la LibĂ©ration

Sources et bibliographie

  • Maurice Genevoix, Ceux de 14 (Sous Verdun, Nuits de Guerre, La Boue, Les Eparges), Paris, Éditions Flammarion, 1949 
  • Robert Porchon, Carnet de route, Paris, Editions de La Table Ronde, 2008, 206 p. (ISBN 978-2-7103-3083-7).
    Suivi de lettres de Maurice Genevoix et autres documents, édition établi et annoté par Thierry Joie
     
  • Lettres d'un soldat, EugĂšne-Emmanuel LEMERCIER, Bernard Giovanangeli Éditeur. L'auteur, sergent au 106e RI sera portĂ© disparu le 6 avril 1915 aux Eparges.
  • Pierre Mauget, Le 106e RĂ©giment d'Infanterie : " Toujours debout ! ", Reims, Amicale des Revenants et Anciens du 106e RI, 1999
    PrÚs de la moitié de cet ouvrage concerne la 2e guerre mondiale.
     
  • De Mars Ă  Eros, PoĂšmes de Guerre 1914-1918, Roger RIOU, Ă©ditĂ© en 1964.

La préface est de Maurice Genevoix et dans sa dédicace l'auteur dédie ses lignes à ses camarades du 106. Les périodes décrites vont de 1915 à 1918.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article 106e régiment d'infanterie de ligne de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • 106e regiment d'infanterie de ligne — 106e rĂ©giment d infanterie de ligne 106eRĂ©giment d Infanterie PĂ©riode 1766 Pays  France Branche ArmĂ©e de terre Type rĂ©giment d infanterie 
   WikipĂ©dia en Français

  • 106e RĂ©giment d’Infanterie — 106e rĂ©giment d infanterie de ligne 106eRĂ©giment d Infanterie PĂ©riode 1766 Pays  France Branche ArmĂ©e de terre Type rĂ©giment d infanterie 
   WikipĂ©dia en Français

  • 106e rĂ©giment d'infanterie — de ligne 106eRĂ©giment d Infanterie PĂ©riode 1766 Pays  France Branche ArmĂ©e de terre Type rĂ©giment d infanterie 
   WikipĂ©dia en Français

  • 132e regiment d'infanterie de ligne — 132e rĂ©giment d infanterie de ligne 132e rĂ©giment d’infanterie Insign 
   WikipĂ©dia en Français

  • 132e rĂ©giment d'infanterie de ligne — 132e rĂ©giment d’infanterie 
   WikipĂ©dia en Français

  • 67e regiment d'infanterie de ligne — 67e rĂ©giment d infanterie de ligne 67e RĂ©giment d’Infanterie Insigne rĂ©gimentaire du 67e R.I PĂ©riode 1672 – 1993 Pays 
   WikipĂ©dia en Français

  • 67e rĂ©giment d'infanterie de ligne — 67e RĂ©giment d’Infanterie PĂ©riode 1672 – 1993 Pays  France Branche ArmĂ©e de terre Type 
   WikipĂ©dia en Français

  • 11e rĂ©giment d'infanterie de ligne — Insigne du 11e rĂ©giment d infanterie PĂ©riode 
   WikipĂ©dia en Français

  • 110e rĂ©giment d'infanterie de ligne — 110e RĂ©giment d Infanterie PĂ©riode aoĂ»t 1692 Pays  France Branche ArmĂ©e de terre Type RĂ©giment d 
   WikipĂ©dia en Français

  • 11e regiment d'infanterie de ligne — 11e rĂ©giment d infanterie de ligne 11e rĂ©giment d infanterie de ligne Insigne du 11e rĂ©giment d infanterie PĂ©riode 1622 – 1940 Pays 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.