Ecologie

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Ecologie

√Čcologie

L'écologie est la science ayant pour objet les relations des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes) avec leur environnement biophysique et/ou leur environnement humain, ainsi qu'avec les autres êtres vivants[1]. Malgré une confusion extrêmement fréquente dans les médias français, elle ne doit pas être confondu avec l’écologisme, qui est un courant de pensée.

Sommaire

√Čtymologie

Végétation sur les monts Ruwenzori

L'√©cologie, du grec őŅőĮőļőŅŌā : "oikos" (maison) ; et őĽŌĆő≥őŅŌā : "logos" (discours, sciences, connaissance), est l'√©tude scientifique des interactions qui d√©terminent la distribution et l'abondance des organismes vivants. Ainsi, l'√©cologie est une science biologique qui √©tudie deux grands ensembles : celui des √™tres vivants (bioc√©nose) et le milieu physique (biotope), le tout formant l'√©cosyst√®me (mot invent√© par Tansley). L'√©cologie √©tudie les flux d'√©nergie et de mati√®res (r√©seaux trophiques) circulant dans un √©cosyst√®me. L'√©cosyst√®me d√©signe une communaut√© biotique et son environnement abiotique[2].

Le terme ¬ę √©cologie ¬Ľ fut invent√© en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel, bien que Henry David Thoreau l'ait peut-√™tre invent√© d√®s 1852[3]. Il semble avoir √©t√© utilis√© pour la premi√®re fois en fran√ßais vers 1874[3]. Dans son ouvrage Morphologie g√©n√©rale des organismes, Haeckel d√©signait en ces termes:

¬ę (...) la science des relations des organismes avec le monde environnant, c'est-√†-dire, dans un sens large, la science des conditions d'existence. ¬Ľ

En tant que science biologique, l'√©cologie est fortement li√©e √† d'autres branches de la biologie, principalement, la g√©n√©tique, la physiologie, l'√©thologie et l'√©volution[4]. Le terme ¬ę √©cologie ¬Ľ est souvent utilis√© de mani√®re erron√©e pour d√©signer les sciences de l'environnement, l'√©cologie politique, l'environnementalisme (ou l'√©cologisme) et l'√©cologie sociale.

Histoire

Article d√©taill√© : Histoire de l'√©cologie.

En 1866, le biologiste allemand Ernst Haeckel a forgé le terme écologie. Le concept d'écologie a été introduit en France par les géographes de l'école des Annales de Géographie, notamment Paul Vidal de la Blache, qui suivait de près - surtout après 1871 - les travaux allemands, notamment ceux de Friedrich Ratzel. Les Annales furent le siège d'une collaboration entre des géographes et des botanistes comme Gaston Bonnier. Toutefois, l'orientation néolamarckienne prise en France à cette époque fit que le concept se développa beaucoup plus chez les anglo-saxons.

Principes fondamentaux

Différentes disciplines d'écologie

Du point de vue scientifique, l'écologie fait partie des sciences biologiques de base qui concernent l'ensemble des êtres vivants. Il existe en biologie divers niveaux d'organisation, celui de la biologie moléculaire, de la biologie cellulaire, la biologie des organismes (au niveau individu et organisme), l'étude des populations, l'étude des communautés, les écosystèmes et la biosphère.

Le domaine de l'√©cologie regrouperait les derni√®res cat√©gories. En effet, elle est une science holistique qui √©tudie non seulement chaque √©l√©ment dans ses rapports avec les autres √©l√©ments, mais aussi l'√©volution de ces rapports selon les modifications que subissent le milieu, les populations animales et v√©g√©tales. Ces rapports sont d√©crits du plus petit niveau jusqu'au niveau le plus global. Certaines de ces sous-disciplines sont :

Ce qui est appelé écologie est donc en réalité un ensemble, les sciences écologiques. Elles rassemblent un assez grand nombre de disciplines, plus ou moins indépendantes, telles que la géologie, la météorologie, la biochimie, la géographie, la pédologie, la physique, etc.

Sous-disciplines

L'écologie inclut de nombreuses sous-disciplines:

Agro√©cologie - biog√©ographie - √Čcologie appliqu√©e - √Čcologie animale - √Čcologie aquatique - √Čcologie comportementale - √Čcologie chimique - √Čcologie communautaire - √Čcologie de la conservation - √Čcologie √©volutive ou Eco√©volution - √Čcologie de l'anthropologie - √Čcologie des √©cosyst√®mes - √Čco-√©pid√©miologie -√Čcotoxicologie - √Čcologie globale - √Čcologie humaine - √Čcologie de terrain - Macro√©cologie - √Čcologie m√©sologique - √Čcologie microbienne - √Čcologie mol√©culaire - Pal√©o√©cologie - √Čcologie des populations - √Čcologie de restauration - √Čcologie sociale - √Čcologie des sols - √Čcologie des syst√®mes - √Čcologie th√©orique - √Čcologie tropicale - √Čcologie urbaine - √Čcologie v√©g√©tale - √Čcologie virale - √Čcologie du paysage

L'√©cologie joue aussi un r√īle important dans des domaines interdisciplinaires tels que l'√©conomie, la g√©onomie, l'urbanisme, l'architecture, la sant√©, le design et l'industrie.

Biosphère et Biodiversité

L'√©cologie est une science qui √©tudie les √©cosyst√®mes √† plusieurs niveaux : la population (individus de la m√™me esp√®ce), la bioc√©nose (ou communaut√© d'esp√®ces), les √©cotones et les √©cosyst√®mes des diff√©rents habitats (marins, aquatiques, terrestre, ect.) et la biosph√®re. La Terre, d'un point de vue √©cologique, comprend plusieurs syst√®mes; l'hydrosph√®re (ou sph√®re de l'eau), la lithosph√®re (ou sph√®re du sol) et l'atmosph√®re (ou sph√®re de l'air).

La biosphère s'insère dans ces systèmes terrestre, elle est la partie vivante de la planète, la portion biologique qui abrite la vie qui se développe. Il s'agit d'une dimension superficielle localisé, qui descend jusqu'à 11 000 mètres de profondeur et s'élève jusqu'à 15 000 mètres d'altitude par rapport au niveau de la mer. La majorité des espèces vivantes vivent dans la zone située de -100 mètres à +100 mètres d'altitude.

La vie s'est tout d'abord développée dans l'hydrosphère, à faible profondeur, dans la zone photique. Des êtres pluricellulaires sont ensuite apparus et ont pu coloniser également les zones benthiques. La vie terrestre s'est développée plus tardivement, après que se soit formée la couche d'ozone protégeant les êtres vivants des rayons Ultraviolet. Les espèces terrestres vont d'autant plus se diversifier que les continents vont se fragmenter, ou au contraire se réunir.
Biosphère et biodiversité sont indissociables, caractéristiques de la planète Terre. On définit la biosphère comme étant la sphère du vivant, alors que la biodiversité en est la diversité. La sphère est le contenant, alors que la diversité en est le contenu. Cette diversité s'exprime à la fois au niveau écologique (écosystème), population (diversité intraspécifique) et espèce (diversité spécifique).

La biosphère contient de grandes quantités d'éléments tels que le carbone, l'azote et l'oxygène. D'autres éléments, tels que le phosphore, le calcium, le potassium sont également indispensables à la vie. Au niveau des écosystèmes et de la biosphère, il existe un recyclage permanent de tous ces éléments, qui alternent l'état minéral et l'état organique (cycles biogéochimiques).
En effet, le fonctionnement des √©cosyst√®mes est essentiellement bas√© sur la conversion de l'√©nergie solaire en √©nergie chimique par les organismes autotrophes, gr√Ęce √† la photosynth√®se (il existe aussi une chimiosynth√®se sans utilisation de l'√©nergie solaire) . Cette derni√®re aboutit √† la production de sucres et √† la lib√©ration d'oxyg√®ne. Ce dernier est utilis√© par tous les organismes - autotrophes comme h√©t√©rotrophes - pour d√©grader les sucres par la respiration cellulaire, lib√©rant ainsi de l'eau, du dioxyde de carbone et l'√©nergie n√©cessaire √† leur fonctionnement. Ainsi, l'activit√© des √™tres vivants est √† l'origine de la composition sp√©cifique de l'atmosph√®re terrestre, la circulation des gaz √©tant assur√©e par de grands courants a√©riens.

Les oc√©ans sont de grands r√©servoirs, qui stockent les √©changes de l'eau, assurent une stabilit√© thermique et climatique, ainsi que le transport des √©l√©ments chimiques gr√Ęce aux grands courants oc√©aniques.

De même, la composition des sols est la résultante de la composition de la roche mère, de l'action géologique et des effets cumulatifs des êtres vivants.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de la biosphère, l'équilibre énergétique et les dysfonctionnements liés à l'activité humaine, des scientifiques américains ont réalisé, sous serre, un modèle réduit de la biosphère, appelée Biosphère II.

√Čcosyst√®me

Article d√©taill√© : √Čcosyst√®me.

Le premier principe de l'écologie est que chaque être vivant est en relation continuelle avec tout ce qui constitue son environnement. On dit qu'il y a un écosystème dès qu'il y a interaction durable entre des organismes et un milieu.

L'√©cosyst√®me est analytiquement diff√©renci√© en deux ensembles qui interagissent :

  • la bioc√©nose, compos√©e de l'ensemble des √™tres vivants
  • le milieu (dit biotope). Au sein de l'√©cosyst√®me, les esp√®ces ont entre elles des liens de d√©pendance, dont alimentaire. Elles √©changent entre elles et avec le milieu qu'elles modifient, de l'√©nergie et de la mati√®re. La n√©cromasse en est un des √©l√©ments.

La notion d'√©cosyst√®me est th√©orique : elle est multiscalaire (multi-√©chelle), c‚Äôest-√†-dire qu'elle peut s'appliquer √† des portions de dimensions variables de la biosph√®re ; un √©tang, une prairie, ou un arbre mort. Une unit√© de taille inf√©rieure est appel√©e un micro√©cosyst√®me. Il peut, par exemple, s'agir des esp√®ces qui ont colonis√© une pierre immerg√©e. Un m√©so√©cosyst√®me pourrait √™tre une for√™t, et un macro-√©cosyst√®me une r√©gion et son bassin versant.

Les principales questions se posant √† un √©cologue lors de l'√©tude des √©cosyst√®mes sont :

  • comment a pu se r√©aliser la colonisation d'une terre aride ?
  • comment s'est poursuivie cette √©volution ?
  • l'√©tat actuel est-il stable ?
  • quelles sont les relations existant entre les diff√©rents √©l√©ments du syst√®me ?

Les écosystèmes sont souvent classés par référence aux biotopes concernés. On parlera

  • d'√©cosyst√®mes continentaux (ou terrestres), tels que les √©cosyst√®mes forestiers (for√™ts), les √©cosyst√®mes prairiaux (prairies, steppes, savanes), les agro-√©cosyst√®mes (syst√®mes agricoles) ;
  • d'√©cosyst√®mes des eaux continentales, pour les √©cosyst√®mes benthiques (lacs, √©tangs) ou √©cosyst√®mes lotiques (rivi√®res, fleuves) ;
  • d'√©cosyst√®mes oc√©aniques (les mers, les oc√©ans).

Une autre classification pourra se faire par référence à la biocénose (par exemple, on parlera d'écosystème forestier, ou d'écosystème humain).

Homéostasie

Article d√©taill√© : Hom√©ostasie.

Le biotope, ou milieu de vie, est classiquement caract√©ris√© par un ensemble de param√®tres g√©ologiques, g√©ographiques et climatologiques, dits facteurs √©cologiques abiotiques. En r√©alit√© le sol est vivant, et le climat et divers param√®tres g√©ographiques √©copaysagers sont en permanence r√©trocontrol√©s par le Vivant. Ce ne sont donc pas des compartiments stables ni ind√©pendant des √©cosyst√®mes. Cette mani√®re de pr√©senter le biotope est donc simplificatrice et purement th√©orique, mais elle est accept√©e par la Science r√©ductionniste. Les tenants d'une approche plus holistique des √©cosyst√®mes consid√®rent plut√īt l'√©cosyst√®me et le biotope comme un √©l√©ment de la biosph√®re, comme un organe est un √©l√©ment d'un organisme) :

Dans l'approche classique, les √©l√©ments dits abiotiques sont :

  • l'eau, √† la fois √©l√©ment indispensable √† la vie, et parfois milieu de vie ;
  • l'air, qui fournit le dioxyg√®ne et le dioxyde de carbone aux esp√®ces vivantes, et qui permet la diss√©mination du pollen et des spores ;
  • le sol, √† la fois source de nutriment et support de d√©veloppement ;
  • la temp√©rature, qui ne doit pas d√©passer certains extr√™mes, m√™me si les marges de tol√©rance sont importantes chez certaines esp√®ces ;
  • la lumi√®re, permettant la photosynth√®se.

La bioc√©nose est un ensemble de populations d'√™tres vivants, plantes, animaux, microorganismes. Chaque population est le r√©sultat des procr√©ations entre individus d'une m√™me esp√®ce et cohabitant en un lieu et en un temps donn√©. Lorsqu'une population pr√©sente un nombre insuffisant d'individus, l'esp√®ce risque de dispara√ģtre, soit par sous-population, soit par consanguinit√©. Une population peut se r√©duire pour plusieurs raisons, par exemple, disparition de son habitat (destruction d'une for√™t) ou par pr√©dation excessive (telle que la chasse d'une esp√®ce donn√©e).

La bioc√©nose se caract√©rise par des facteurs √©cologiques biotiques, de deux types : les relations intrasp√©cifiques et intersp√©cifiques.

Les relations intraspécifiques sont celles qui s'établissent entre individus de la même espèce, formant une population. Il s'agit de phénomènes de coopération ou de compétition, avec partage du territoire, et parfois organisation en société hiérarchisée.

Les relations intersp√©cifiques, c'est-√†-dire celles entre esp√®ces diff√©rentes, sont nombreuses et d√©crites en fonction de leur effet b√©n√©fique, mal√©fique ou neutre (par exemple, la symbiose (relation ++) ou la comp√©tition (relation --)). La relation la plus importante est la relation de pr√©dation (manger ou √™tre mang√©), laquelle conduit aux notions essentielles en √©cologie de cha√ģne alimentaire (par exemple, l'herbe consomm√©e par l'herbivore, lui-m√™me consomm√© par un carnivore, lui-m√™me consomm√© par un carnivore de plus grosse taille). La niche √©cologique est ce que partagent deux esp√®ces quand elles habitent le m√™me milieu et qu'elles ont le m√™me r√©gime alimentaire.

Les interactions existantes entre les différents êtres vivants s'accompagnent d'un brassage permanent de substances minérales et organiques, absorbées par les êtres vivants pour leur croissance, leur entretien et leur reproduction, et rejetées comme déchets. Ces recyclages permanents des éléments (en particulier le carbone, l'oxygène et l'azote) ainsi que l'eau sont appelés cycles biogéochimiques. Ils confèrent à la biosphère une stabilité durable (tout du moins en dehors des interventions humaines et des phénomènes géoclimatiques exceptionnels). Cette autorégulation, en particulier due à des phénomènes de feedback négatif, assure la pérennité des écosystèmes et se manifeste par une très grande constance du taux des divers éléments présents dans chaque milieu. On parle d'homéostasie. L'écosystème tend également à évoluer vers un état théorique d'équilibre idéal, contredit par les aléas externes ou internes, le climax (par exemple un étang peut devenir une tourbière).

Biomes

Article d√©taill√© : Biomes.

Les biomes sont des regroupements biogéographique d'écosystèmes par régions climatiques. Le biome constitue une formation biogéographique d'aspect homogène sur une vaste surface (par exemple, la toundra ou la steppe).
L'ensemble des biomes, ou ensemble des lieux o√Ļ la vie est possible (depuis les plus hautes montagnes jusqu'aux abysses) constitue la biosph√®re.

Les écosystèmes ne sont pas isolés les uns des autres, mais interdépendants. Par exemple, l'eau circule de l'un à l'autre par le biais de la rivière ou du fleuve.
Le milieu liquide lui-même définit des écosystèmes. Certaines espèces, telles les saumons ou les anguilles d'eau douce passent d'un système marin à un système d'eau douce et vice-versa. Ces relations entre les écosystèmes ont amené à proposer la notion de biome.

Les biomes correspondent assez bien √† des subdivisions r√©parties latitudinalement, de l'√©quateur vers les p√īles, en fonction du milieu (aquatique, terrestre, montagnard) et du climat (la r√©partition est g√©n√©ralement fondue sur les adaptations des esp√®ces au froid et/ou √† la s√©cheresse). Par exemple, on trouve en mer des plantes aquatiques seulement dans la partie photique (o√Ļ la lumi√®re p√©n√®tre), tandis qu'on trouve principalement des conif√®res en milieu montagnard.

Ces divisions sont assez sch√©matiques mais, globalement, latitude et altitude permettent une bonne repr√©sentation de la r√©partition de la biodiversit√© au sein de la biosph√®re. Tr√®s g√©n√©ralement, la richesse en biodiversit√©, tant animale que v√©g√©tale, est d√©croissante depuis l'√©quateur (comme au Br√©sil) jusqu'aux p√īles.

Un autre mode de représentation est la division en écozone, laquelle est aujourd'hui très bien définie et suit essentiellement les bordures continentales. Les écozones sont elles-mêmes divisées en écorégions, quoique la définition de leurs contours soit plus controversée.

Productivité des écosystèmes

Dans un √©cosyst√®me, les liens qui unissent les esp√®ces sont le plus souvent d'ordre alimentaire. On distingue trois cat√©gories d'organismes :

  • les producteurs (les v√©g√©taux chlorophylliens), qui consomment de la mati√®re min√©rale et produisent de la mati√®re organique: ce sont des autotrophes ;
  • les consommateurs (les animaux), qui peuvent √™tre de premier ordre (phytophage), de deuxi√®me ordre ou plus (les carnivores) et qui sont des h√©t√©rotrophes ;
  • les d√©composeurs (les bact√©ries, champignons) qui d√©gradent les mati√®res organiques de toutes les cat√©gories, et restituent au milieu les √©l√©ments min√©raux.

Ces relations forment des s√©quences, o√Ļ chaque individu mange le pr√©c√©dent et est mang√© par celui qui le suit, on parle de cha√ģne alimentaire (en th√©orie) ou de r√©seau alimentaire. Dans un r√©seau alimentaire, on observe que lorsque l'on passe d'une cha√ģne trophique √† l'autre (maillon du r√©seau), le nombre d'√™tres vivants diminue.

Ces notions ont aussi donné naissance au terme de biomasse (masse totale de matière vivante en un lieu donné), de productivité primaire (accroissement de la masse des végétaux pendant un temps donné) et de productivité secondaire (masse de matière vivante produite par les consommateurs et les décomposeurs en un temps donné).

Ces deux dernières informations sont essentielles, puisqu'elles permettent d'évaluer le nombre d'êtres vivants pouvant être supportés par un écosystème donné, ce qu'on nomme la capacité porteuse. En effet, l'observation d'un réseau alimentaire montre que toute l'énergie contenue au niveau des producteurs n'est pas totalement transférée au niveau des consommateurs. Ainsi, d'un point de vue énergétique, est-il plus intéressant pour l'homme de se comporter en consommateur primaire (de se nourrir de grains et de légumes) qu'en consommateur secondaire (de se nourrir de viande bovine), et plus encore qu'en consommateur tertiaire (en se nourrissant de carnivores).

La productivit√© des √©cosyst√®mes est parfois estim√©e en comparant trois ensembles terrestres et un ensemble continental :

  • l'ensemble for√™t (1/3 de la surface √©merg√©e) repr√©sente une forte biomasse et une forte productivit√©. La production totale des for√™ts correspond √† la moiti√© de la production primaire.
  • les savanes, prairies et marais (1/3 de la surface √©merg√©e) repr√©sentent une faible biomasse, mais une bonne productivit√©. Ces √©cosyst√®mes repr√©sentent la majeure partie de ce qui ¬ę nourrit ¬Ľ l'esp√®ce humaine.
  • les √©cosyst√®mes terrestres extr√™mes (d√©serts, toundra, prairies alpines, steppes) (1/3 de la surface √©merg√©e) ont une biomasse et une productivit√© tr√®s faibles.
  • enfin, les √©cosyst√®mes marins et d'eau douce (3/4 de la surface totale) repr√©sentent une tr√®s faible biomasse (en dehors des zones c√īti√®res).

Les actions humaines des derniers siècles ont porté à réduire notablement la surface forestière (déforestation) et à augmenter les agroécosystèmes (pratique de l'agriculture). Ces dernières décennies, une augmentation de la surface occupée par des écosystèmes extrêmes est observée (désertification).

Crises écologiques

Vue d'artiste de la Terre vue depuis l'espace

D'une façon générale, une crise écologique est ce qui se produit lorsque l'environnement biophysique d'un individus, d'une espèce ou d'une population d'espèces évoluent de façon défavorable à sa survie.

Il peut s'agir d'un environnement dont la qualité se dégrade par rapport aux besoins de l'espèce, suite à une évolution des facteurs écologiques abiotiques (par exemple, lors d'une augmentation de la température, de pluies moins importantes).
Il peut aussi s'agir d'un environnement qui devient d√©favorable √† la survie de l'esp√®ce (ou d'une population) suite √† une modification de l'habitat. Par exemple, lors de p√™che industrielle intensive, les pr√©l√®vements par les pr√©dateurs et l'augmentation de la fr√©quence de la perturbation de l'environnement modifie les conditions d'habitat et entra√ģne une disparition des esp√®ces.
Enfin, il peut aussi s'agir d'une situation qui devient défavorable à la qualité de vie de l'espèce (ou de la population) suite à une trop forte augmentation du nombre d'individus (surpopulation).

On utilise également le concept de crises biologiques.

Article d√©taill√© : crise √©cologique.

L'écologie dans la société

Dans la politique

Article d√©taill√© : √Čcologie politique.

Dans les religions

L'√Čglise catholique est relativement discr√®te en mati√®re d'√©cologie. On remarquera que certains fid√®les consid√®rent l'√©cologie comme une id√©ologie.[5]

Il faut cependant souligner que le pape Jean-Paul II aura √©t√© un des grands penseurs chr√©tiens de notre temps en mati√®re d'√©cologie. Depuis 1979, ann√©e o√Ļ il a proclam√© saint Fran√ßois d'Assise patron des √©cologistes, Jean-Paul II a √©crit une vingtaine de textes sur l'√©cologie.[6]

Jean-Paul II a aussi délivré un message fort en 1989 sur la responsabilité de tous devant l'importance des problèmes d'environnement. Il soulignait que la crise écologique est un problème moral.[7]

D√®s 1991, l'encyclique Centesimus annus alertait sur la responsabilit√© de l'homme en mati√®re d'√©cologie :

¬ę √Ä c√īt√© du probl√®me de la consommation, la question de l'√©cologie, qui lui est √©troitement connexe, inspire autant d'inqui√©tude. L'homme, saisi par le d√©sir d'avoir et de jouir plus que par celui d'√™tre et de cro√ģtre, consomme d'une mani√®re excessive et d√©sordonn√©e les ressources de la terre et sa vie m√™me. A l'origine de la destruction insens√©e du milieu naturel, il y a une erreur anthropologique, malheureusement r√©pandue √† notre √©poque. L'homme, qui d√©couvre sa capacit√© de transformer et en un sens de cr√©er le monde par son travail, oublie que cela s'accomplit toujours √† partir du premier don originel des choses fait par Dieu. Il croit pouvoir disposer arbitrairement de la terre, en la soumettant sans mesure √† sa volont√©, comme si elle n'avait pas une forme et une destination ant√©rieures que Dieu lui a donn√©es, que l'homme peut d√©velopper mais qu'il ne doit pas trahir. Au lieu de remplir son r√īle de collaborateur de Dieu dans l'oeuvre de la cr√©ation, l'homme se substitue √† Dieu et, ainsi, finit par provoquer la r√©volte de la nature, plus tyrannis√©e que gouvern√©e par lui. ¬Ľ[8]

La commission sociale des évêques de France a également publié Le Respect de la Création (éd. du Centurion), qui est un opuscule d'une cinquantaine de pages publié le 17 janvier 2000 dans lequel ils appellent les chrétiens au civisme écologique et les rend responsables de la sauvegarde de la Création.

Les 26 et 27 avril 2007, le Conseil pontifical Justice et Paix a organis√© un s√©minaire sur le th√®me "Changements climatiques et d√©veloppement". Au sujet de la r√©flexion sur "les changements climatiques et le d√©veloppement", le pape Beno√ģt XVI a lanc√© un appel au respect de la Cr√©ation.[9]

Le 9 mars 2008, Osservatore Romano, organe du Vatican, publiait un entretien avec l'archevêque Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique (organisme chargé de se prononcer sur les péchés et les pénitences), dans lequel les "nouvelles formes de péchés sociaux" incluent, entre autres, les atteintes à l'environnement[10].

En 2009, l'encyclique Caritas in Veritate de Beno√ģt XVI a abord√© la question du respect de l'environnement :

¬ę Le th√®me du d√©veloppement est aussi aujourd‚Äôhui fortement li√© aux devoirs qu‚Äôengendre le rapport de l‚Äôhomme avec l‚Äôenvironnement naturel. Celui-ci a √©t√© donn√© √† tous par Dieu et son usage repr√©sente pour nous une responsabilit√© √† l‚Äô√©gard des pauvres, des g√©n√©rations √† venir et de l‚Äôhumanit√© tout enti√®re. Si la nature, et en premier lieu l‚Äô√™tre humain, sont consid√©r√©s comme le fruit du hasard ou du d√©terminisme de l‚Äô√©volution, la conscience de la responsabilit√© s‚Äôatt√©nue dans les esprits. Dans la nature, le croyant reconna√ģt le merveilleux r√©sultat de l‚Äôintervention cr√©atrice de Dieu, dont l‚Äôhomme peut user pour satisfaire ses besoins l√©gitimes ‚Äď mat√©riels et immat√©riels ‚Äď dans le respect des √©quilibres propres √† la r√©alit√© cr√©√©e. Si cette vision se perd, l‚Äôhomme finit soit par consid√©rer la nature comme une r√©alit√© intouchable, soit, au contraire, par en abuser. Ces deux attitudes ne sont pas conformes √† la vision chr√©tienne de la nature, fruit de la cr√©ation de Dieu. ¬Ľ[11]

Pourtant, la question √©cologique semble encore p√©riph√©rique dans les pr√©occupations des √Čglises. Andr√© Beauchamp a ainsi √©crit un livre en forme d'appel √† l'√Čglise catholique qu√©becoise pour que celle-ci inscrive la question de l'environnement au cŇďur de ses pr√©occupations.[12]

Notes et références

  1. ‚ÜĎ D√©finition du dictionnaire Larousse
  2. ‚ÜĎ Charles J. Krebs, Ecology, Benjamin Cummins, 5e √©d., 2001
  3. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ "Retour au Contrat naturel", Michel Serres in Ctheory, 11 mai 2006
  4. ‚ÜĎ Charles J. Krebs, Ecology, Benjamin Cummins, 5e √©d., 2001
  5. ‚ÜĎ Consulter le blog de Patrice de Plunkett sur l'attitude attentiste de certains catholiques
  6. ‚ÜĎ Jean-Paul II, Les g√©missements de la Cr√©ation - Vingt textes sur l'√©cologie, Parole et silence, paru en 2006
  7. ‚ÜĎ √Čcologie chemin de la paix
  8. ‚ÜĎ Encyclique Centesimus annus, n¬į 37
  9. ‚ÜĎ Appel du pape Beno√ģt XVI au respect de la Cr√©ation
  10. ‚ÜĎ Article de La Croix du 11 mars 2008
  11. ‚ÜĎ Encyclique Caritas in Veritate, chapitre IV, n¬į 48
  12. ‚ÜĎ Andr√© Bauchamp, environnement et √Čglise, Fides, 2008

Dans la littérature

Le th√®me de l'√©cologie appara√ģt dans de nombreux ouvrages contemporains et il inspire de plus en plus d'essayistes, romanciers et m√™me po√®tes. On citera, √† titre d'exemple, le po√®te valaisan Maurice Chappaz, qui a publi√© en 1984 le texte satirique Les maquereaux des cimes blanches, une violente critique du saccage de la nature par les promoteurs immobiliers dans son pays. Plus proche de nous, on pense √† l'√©crivain Ferenc R√°k√≥czy avec son texte intitul√© √Čoliennes (2007), contenant entre autres le journal d'un voyage √† Tchernobyl ainsi que de nombreux po√®mes fortement engag√©s sur le plan environnemental.

Voir aussi

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Articles connexes

Généralités

Environnement et écologie

√Čcologie, philosophie et droit

Personnalit√©s :

Informatique

Bibliographie

  • Roger Dajoz Pr√©cis d'√©cologie. Dunod, (Paris) 615 p., 2000
  • Paul Duvigneaud La synth√®se √©cologique : populations, communaut√©s, √©cosyst√®mes, biosph√®re, noosph√®re Doin √©diteurs 1984 ISBN 2704003513
  • Patrick Matagne Comprendre l'√©cologie et son histoire. La biblioth√®que du naturaliste. Les origines, les fondateurs et l'√©volution d'une science..., Delachaux et Niestl√©, 2002 ISBN 2-603-01268-1)
  • Bernard Fischesser et Marie-France Dupuis Tate Le Guide illustr√© de l'√©cologie. Ed. La Martini√®re (Paris - 2006)(ISBN 2-7324-2246-0)
Domaines généraux de la biologie
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