Eau (nutriment)

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Eau (nutriment)

Eau

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L’eau (ce nom provient du nom latin aqua) est un composĂ© chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus. Le corps humain est ainsi composĂ© Ă  65 % d’eau pour l'adulte, (75 % chez les nourrissons) et chez les embryons de 3 jours 94 %. L’eau se trouve en gĂ©nĂ©ral dans son Ă©tat liquide et possĂšde Ă  tempĂ©rature ambiante des propriĂ©tĂ©s uniques : c’est notamment un solvant efficace pour la plupart des corps solides trouvĂ©s sur Terre — l’eau est quelque fois dĂ©signĂ©e sous le nom de « solvant universel Â». La formule chimique de l’eau pure est H2O. L’eau « courante Â» est une solution d'eau et de diffĂ©rents sels minĂ©raux ou d'autres adjuvants. Pour cette raison, l’eau qu’on trouve sur Terre n’est qu’exceptionnellement un composĂ© chimique pur. Les chimistes utilisent de l'eau distillĂ©e pour leurs solutions, cette eau Ă©tant pure Ă  99 %, il s'agit d'une solution aqueuse. L'expression « solvant universel Â» est sujette Ă  maintes prĂ©cautions, les cailloux (les roches) Ă©tant, par exemple, non-solubles dans l'eau dans la plupart des cas (ou de maniĂšre infime).

PrĂšs de 70 % de la surface de la Terre est recouverte d’eau (97 % d’eau salĂ©e et 3 % d’eau douce dans diffĂ©rents rĂ©servoirs), essentiellement sous forme d’ocĂ©ans mais l’eau est aussi prĂ©sente sous forme gazeuse (vapeur d’eau), liquide et solide. Ailleurs que dans les zones humides plus ou moins tourbeuses ou marĂ©cageuses, dans les mers et ocĂ©ans, l'eau est prĂ©sente dans les lagunes, lacs, Ă©tangs, mares, fleuves, riviĂšres, ruisseaux, canaux, rĂ©seaux de fossĂ©s ou de watringues
 ou comme eau interstitielle du sol.
La circulation de l’eau au sein des diffĂ©rents compartiments terrestres est dĂ©crite par le cycle de l'eau. En tant que composĂ© essentiel Ă  la vie, l’eau a une grande importance pour l'Homme (voir gĂ©opolitique de l'eau pour plus de dĂ©tails). Source de vie et objet de culte depuis les origines de l'homme, l'eau est conjointement, dans les sociĂ©tĂ©s d'abondance comme la France, un produit de l'Ă©conomie et un Ă©lĂ©ment majeur de l'environnement.

Cascades de Jonathan’s Run.
Bloc de glace sur une plage prÚs de Jökulsårlón, en Islande.
L’eau joue un rîle majeur dans les cycles de l’oxygùne et du carbone, et le climat.

Sommaire

Étymologie et usage du mot

Le terme eau dĂ©rive du latin aqua via les langues d'oĂŻl comme par exemple les mots ewes[1]. Le terme aqua a Ă©tĂ© ensuite repris pour former quelques mots comme aquarium. Un mĂ©lange aqueux est un mĂ©lange dont le solvant est l'eau. Le prĂ©fixe hydro dĂ©rive quant Ă  lui du grec ancien ᜕Ύωρ (hudĂŽr) et non pas de áœ•ÎŽÏÎżÏ‚ (hudros) lequel signifie « serpent Ă  eau Â».

Par eau, on comprend souvent liquide incolore constituĂ© Ă  majoritĂ© d'eau, et pas simplement l'eau pure. Suivant sa composition chimique qui induit son origine ou son usage, on prĂ©cise :

L'eau sur Terre et dans l'Univers

Origine de l'eau sur Terre

Selon la conception actuelle[rĂ©f. nĂ©cessaire] :

Présence d'eau dans l'Univers

L'eau a été trouvée dans des nuages interstellaires dans notre galaxie, la Voie lactée. On pense que l'eau existe en abondance dans d'autres galaxies aussi, parce que ses composants, l'hydrogÚne et l'oxygÚne, sont parmi les plus abondants dans l'Univers.

Les nuages interstellaires se concentrent Ă©ventuellement dans des nĂ©buleuses solaires et des systĂšmes stellaires tels que le nĂŽtre. L'eau initiale peut alors ĂȘtre trouvĂ©e dans les comĂštes, les planĂštes, les planĂštes naines et leurs satellites.

La forme liquide de l'eau est seulement connue sur Terre, bien que des signes indiquent qu'elle soit (ou ait Ă©tĂ©) prĂ©sente sous la surface d'un des satellites naturels de Saturne, Encelade, sur Europe et Ă  la surface de Mars. Il semblerait qu'il y ait de l'eau sous la forme glace sur la Lune en certains endroits; mais ça reste Ă  confirmer. La raison logique de cette assertion est que de nombreuses mĂ©tĂ©orites y sont tombĂ©es et que les grosses mĂ©tĂ©orites contiennent de la glace, d'oĂč la queue qu'on en voit (quand les vents solaires les touchent, laissant une trainĂ©e de vapeur).

Les formes de l'eau sur Terre

Volume d'eau contenu dans
les différents réservoirs
[2]
RĂ©servoirs Volume
(106 km3)
Pourcentage
du total
Océans 1370 97,25
Calottes glaciaires & glaciers 29 2,05
Eau souterraine 9,5 0,68
Lacs 0,125 0,01
Humidité des sols 0,065 0,005
AtmosphĂšre 0,013 0,001
Fleuves et riviĂšres 0,0017 0,0001
BiosphĂšre 0,0006 0,00004
Article dĂ©taillĂ© : Origine de l'eau sur la Terre.

Le cycle de l'eau (connu scientifiquement sous le nom de cycle hydrologique) se rapporte à l'échange continu de l'eau entre l'hydrosphÚre, l'atmosphÚre, l'eau des sols, l'eau de surface, la nappe phréatique, et les plantes.

Le volume approximatif de l'eau de la Terre (toutes les rĂ©serves d'eau du monde) est de 1 360 000 000 km3. Dans ce volume :

  • 1 320 000 000 km3 (97,2 %) se trouve dans les ocĂ©ans,
  • 25 000 000 km3 (1,8 %) se trouve dans les glaciers et les calottes glaciaires,
  • 13 000 000 km3 (0,9 %) sont des eaux souterraines,
  • 250 000 km3 (0,02 %) sous forme d'eau douce dans les lacs, les mers intĂ©rieures, et les fleuves,
  • 13 000 km3 (0,001 %) sous forme de vapeur d'eau atmosphĂ©rique Ă  un moment donnĂ©.

L'eau liquide est trouvĂ©e dans toutes sortes d'Ă©tendues d'eau, telles que les ocĂ©ans, les mers, les lacs, et de cours d'eau tel que les fleuves, les riviĂšres, les torrents, les canaux ou les Ă©tangs. La majoritĂ© de l'eau sur Terre est de l'eau de mer. L'eau est Ă©galement prĂ©sente dans l'atmosphĂšre en phase liquide et vapeur. Elle existe aussi dans les eaux souterraines (aquifĂšres). La tempĂ©rature de vaporisation de l'eau dĂ©pend directement de la pression atmosphĂ©rique comme le montrent ces formules empiriques :

Par exemple, au sommet de l'Everest, l'eau bout Ă  environ 68 Â°C, Ă  comparer aux 100 Â°C au niveau de la mer. RĂ©ciproquement, les eaux profondes de l'ocĂ©an prĂšs des courants gĂ©othermiques (volcans sous-marins par exemple) peuvent atteindre des tempĂ©ratures de centaines de degrĂ© et rester liquides.

Propriétés physiques

Article dĂ©taillĂ© : MolĂ©cule d'eau.

Utilisations

En quantitĂ©, l’activitĂ© humaine qui consomme le plus d’eau traitĂ©e est l’agriculture, avec 68 % de la consommation, viennent ensuite la consommation humaine (24 %), l'industrie (5 %) et la production d'Ă©nergie (3 %)[3].

Dans l'agriculture

L’agriculture est le premier secteur de consommation d’eau, notamment pour l’irrigation. En France, 68 % de l’eau sert Ă  l’agriculture. Le reste est utilisĂ© pour l'eau potable des particuliers (24%), l'industrie (5%) et l'Ă©nergie (3%).

Dans l'industrie

L’eau est aussi utilisĂ©e dans beaucoup de processus industriels et de machines, tels que la turbine Ă  vapeur ou l’échangeur de chaleur : on peut ajouter Ă  cela son utilisation comme solvant chimique. Le rejet d’eau utilisĂ©e dans l’industrie et non traitĂ©e, provoque des pollutions. La pollution inclut les rejets de solutions (pollution chimique) et les rejets d’eau de refroidissement (pollution thermique). L’industrie a besoin d’eau pure pour de multiples applications, et elle utilise une grande variĂ©tĂ© de techniques de purification Ă  la fois pour l’apport et le rejet de l’eau.

Dans la lutte contre les incendies

Article dĂ©taillĂ© : Lutte contre l'incendie.

C’est parce que les combustibles se combinent avec l’oxygĂšne de l’air qu’il brĂ»lent et dĂ©gagent de la chaleur. L’eau ne peut pas brĂ»ler, puisqu’elle est dĂ©jĂ  le rĂ©sultat d’une combustion : celle de l’hydrogĂšne avec l’oxygĂšne.

Elle Ă©teint le feu pour deux raisons, la premiĂšre Ă©tant que lorsqu’un objet est recouvert d’eau, l’oxygĂšne de l’air ne peut pas parvenir jusqu’à lui et activer sa combustion ; la seconde, et c’est la principale, est que l’eau peut absorber et retenir une grande quantitĂ© de chaleur lorsqu’elle se vaporise. De ce fait, la tempĂ©rature de l’objet qui brĂ»le s’abaisse au-dessous de son point d’ignition.

Dans l'alimentation

Robinet public
L’accĂšs Ă  l’eau est un besoin vital pour toutes les espĂšces, mais nombreux sont les animaux qui n’apprĂ©cient pas son contact direct. Ce qui explique que les fleuves aux berges artificielles et canaux soient des barriĂšres Ă©cologiques importantes.

Symbolique

Pavillon islandais de l’Expo 2000 de Hanovre.
L’eau, indispensable à la vie.
  • L’eau, Ă©lĂ©ment vital pour l’homme, est la boisson naturelle par excellence. Aussi, la consommation optimale d'eau, Ă  tempĂ©rature ambiante de 20 Â°C, pour l'individu adulte en activitĂ© moyenne (1900 kcal Ă  2400), est d'au moins 1,5 litres[4]. Ce minimum est variable selon les pays, aux États-Unis il est recommandĂ© de boire environ 3 litres. 73% des français ne boivent pas suffisamment[5].

L'eau dans les croyances

L’eau a longtemps revĂȘtu plusieurs aspects dans les croyances et les religions des peuples. Ainsi, de la mythologie grĂ©co-romaine aux religions actuelles, l’eau est toujours prĂ©sente sous diffĂ©rents aspects : destructrice, purificatrice, source de vie, guĂ©risseuse et protectrice.

L’eau destructrice

L’eau revĂȘt cet aspect-lĂ  notamment lorsqu’on parle de fin du monde ou de genĂšse. Mais cela ne se limite pas aux religions monothĂ©istes. Ainsi, dans l’épopĂ©e de Gilgamesh, une tempĂȘte qui dura six jours et sept nuits Ă©tait Ă  l’origine des inondations et de la destruction de l’humanitĂ©. Les AztĂšques ont eux aussi cette reprĂ©sentation de l’eau puisque le monde du Soleil d’Eau placĂ© sous le signe de l’épouse de Tlaloc est dĂ©truit par un dĂ©luge qui rasera mĂȘme jusqu’aux montagnes. « Et l’Éternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai crĂ©Ă©, depuis l’homme jusqu’au bĂ©tail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. Â», c’est par cela qu’est dĂ©signĂ©e la fin du monde dans la genĂšse judĂ©o-chrĂ©tienne, et d’ajouter : « Les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes. Â» (La genĂšse, (VI, 7)/ (VII, 19)). Le mythe des aborigĂšnes d’Australie est, quant Ă  lui, attachĂ© Ă  l’idĂ©e de punition et non pas de destruction, puisqu’une grenouille gĂ©ante aurait absorbĂ© toute l’eau et assĂ©chĂ© la terre mais aurait tout recrachĂ© en rigolant aux contorsions d’une anguille.

L’eau purificatrice

Cet aspect donne Ă  l’eau un caractĂšre presque sacrĂ© dans certaines croyances. En effet, outre la purification extĂ©rieure que confĂšre l’eau, il y a aussi cette facultĂ© d’effacer les difficultĂ©s et les pĂ©chĂ©s des croyants Ă  son contact, et de laver le croyant de toute souillure. Les exemples sont nombreux allant de la purification dans le Gange dans l’hindouisme (oĂč beaucoup de rituels sont exĂ©cutĂ©s au bord de l’eau tels que les funĂ©railles), ou les ablutions Ă  l’eau dans l’Islam jusqu’au baptĂȘme dans le christianisme ou l’initiation des prĂȘtres shintoĂŻstes.

L’eau guĂ©risseuse et protectrice

Outre l’aspect purificateur, l’eau s’est Ă©toffĂ©e au cours des siĂšcles et des croyances d’une facultĂ© de guĂ©rison. Plusieurs signes de culte et d’adoration datant du nĂ©olithique ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s prĂšs de sources d’eau en Europe. Longtemps, des amulettes d’eau bĂ©nite ont Ă©tĂ© accrochĂ©es Ă  l’entrĂ©e des maisons pour protĂ©ger ses occupants du Mal. On considĂšre que le contact avec certaines eaux peut aller jusqu’à guĂ©rir de certaines maladies. L’exemple le plus proche est celui du pĂšlerinage Ă  Lourdes en France oĂč chaque annĂ©e des milliers de gens se rendent pour se baigner dans sa source chaude. Parmi les cas de guĂ©rison par l’eau de Lourdes, 67 ont Ă©tĂ© reconnus par l’Église catholique. Du point de vue de la science, les propriĂ©tĂ©s curatives ont Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©es puisque, aujourd’hui, l’hydrothĂ©rapie est courante dans les soins de certaines maladies. Les rituels thĂ©rapeutiques christianisĂ©s des bonnes fontaines en constituent une autre illustration[6].

L’eau source de vie

Bien que les sciences aient dĂ©montrĂ© que l’eau Ă©tait indispensable Ă  la vie, la mythologie avait bien avant Ă©tabli le rapport entre l’eau et la naissance. Ainsi, plusieurs dieux et dĂ©esses romains et grecs sont issus des eaux : ainsi OcĂ©an, un Titan, le fleuve qui entoure le monde et son Ă©pouse TĂ©thys, une titanide, tous deux issus de l’eau donnĂšrent naissance aux dieux fleuves et Ă  plus de trois milles OcĂ©anides, leurs filles. D’autres plus cĂ©lĂšbres ont leur vie liĂ©e Ă  l’eau tels VĂ©nus (« celle qui sort de la mer Â»), Amphitrite (dĂ©esse de la mer), PosĂ©idon ou NĂ©rĂ©e (divinitĂ© marine).

L’eau comme rĂ©fĂ©rence dans le systĂšme mĂ©trique

Référence massique

À l’origine, un dĂ©cimĂštre cube (litre) d’eau dĂ©finissait une masse de un kilogramme (kg). L’eau avait Ă©tĂ© choisie car elle est simple Ă  trouver et Ă  distiller. Dans notre systĂšme actuel de mesure – le systĂšme international d’unitĂ©s (SI) – cette dĂ©finition de la masse n’est plus valable depuis 1889, date Ă  laquelle la premiĂšre ConfĂ©rence gĂ©nĂ©rale des poids et mesures dĂ©finit le kilogramme comme la masse d’un prototype de platine iridiĂ© conservĂ© Ă  SĂšvres. Aujourd’hui Ă  °C, la masse volumique est de 0,99995 kg⋅dm-3. Cette correspondance reste donc une excellente approximation pour tous les besoins de la vie courante.

Référence de température

Le systĂšme centigrade (Ă  ne pas confondre avec le degrĂ© Celsius, ci-dessous) fixe le degrĂ© 0 sur la tempĂ©rature de la glace fondante et dĂ©finit comme degrĂ© 100 la tempĂ©rature de l’eau en Ă©bullition sous pression atmosphĂ©rique normale. L’échelle est ensuite divisĂ©e en 100°. C’est ainsi que la tempĂ©rature du corps humain est en moyenne de 37°.

Le systĂšme Fahrenheit fixe le point de solidification de l’eau Ă  32°F et son point d’ébullition Ă  212°F.

Le kelvin est une mesure absolue de tempĂ©rature thermodynamique qui est Ă©gale Ă  1/273,16 fois la tempĂ©rature du point triple de l’eau.

Le systĂšme Celsius est dĂ©fini arbitrairement par une translation de 273,15 K par rapport au kelvin, pour se rapprocher au plus prĂšs du degrĂ© centigrade.

Article dĂ©taillĂ© : MolĂ©cule d'eau.

Référence de densité

Article dĂ©taillĂ© : densitĂ©.

Politique et géopolitique

Dans les zones oĂč les nappes sont polluĂ©es, rares ou inexistantes, les retenues sur riviĂšres ont Ă©tĂ© trĂšs utilisĂ©es, non sans contribuer Ă  la fragmentation Ă©cologique des cours d'eau, quand des barrages sont infranchissables (Ill : RĂ©servoir d'Itzelberg, sur la riviĂšre Brenz en Allemagne).

La protection de ce bien commun qu'est la ressource en eau a motivĂ© la crĂ©ation d'un programme de l'ONU (« UN-Water Â»), et d'une Ă©valuation annuelle « Global Annual Assessment of Sanitation and Drinking-Water  Â» (GLAAS)[7], coordonnĂ© par l'OMS.

La multiplicitĂ© de ses usages fait de l'eau une ressource fondamentale des activitĂ©s humaines. Sa gestion fait l’objet d'une surveillance permanente et affecte les relations entre les États. Voyez les articles consacrĂ©s Ă  ces sujets :

En France, les nombreux acteurs de l'eau et leurs missions diffĂšrent selon les dĂ©partements et les territoires. Il existait 5 polices de l'eau aujourd'hui coordonnĂ©es par les MISEs (Missions interservice de l'eau). Les Agences de l'eau sont des Ă©tablissements publics percevant des redevances qui financent des actions de collectivitĂ©s publiques, d'industriels, d'agriculteurs ou d'autres acteurs pour Ă©purer ou protĂ©ger la ressource en eau. La distribution d'eau potable est un service public gĂ©rĂ©e au niveau communal ou EPCI, soit directement en rĂ©gie, soit dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  une sociĂ©tĂ© privĂ©e (affermage, concession). L'ONEMA remplace le conseil supĂ©rieur de la pĂȘche, avec des missions Ă©tendues.
La nouvelle Loi sur l'Eau et les Milieux Aquatiques (LEMA) de 2007 modifie en profondeur la précédente loi et traduire dans la législation française la Directive Cadre de l'Eau (DCE) européenne.

La gestion de l’eau couvre de nombreuses activitĂ©s :

La France est le pays des grandes entreprises de l'eau (Suez, VĂ©olia...), qui prennent un importance mondiale depuis les annĂ©es 1990, mais sous l'Ă©gide du Grenelle de l'Environnement (suivi d'un grenelle de la mer, en cours), et de personnalitĂ©s telles que Riccardo Petrella.. la question de l'eau comme bien public reste posĂ©e. Un colloque [8] a en 2009 portĂ© sur la rĂ©gulation et une plus grande transparence des services d’eau en France.

La production d'eau potable

Articles dĂ©taillĂ©s : Eau potable et Eau potable en France.

De l’eau potable ou relativement pure est nĂ©cessaire Ă  beaucoup d’applications industrielles et Ă  la consommation humaine. Les humains ont besoin d’eau sans trop de sels et autres impuretĂ©s, comme des produits toxiques ou de bactĂ©ries pathogĂšnes.

Épuration, assainissement

Article dĂ©taillĂ© : Épuration des eaux.

L’épuration, ou assainissement, est l’activitĂ© qui consiste Ă  Ă©purer les eaux usĂ©es issues de l’activitĂ© industrielle, des usages domestiques, ou autres, avant leur rejet dans la nature. Ce processus est de plus en plus nĂ©cessaire, afin d’éviter la pollution et les nuisances sur l’environnement. Une des techniques qui est prĂ©conisĂ©e le plus souvent est la dĂ©sinfection par rayons ultraviolets, qui permet, sans produit, de dĂ©sinfecter en profondeur l'eau. Bien plus que le chlore ou l'ozonation...

Problématique de l'eau en montagne

Les montagnes couvrent une part trĂšs importante des surfaces de la terre. En Europe, elles couvrent 35,5 % du territoire total (90 % en Suisse et en NorvĂšge) et plus de 95 millions d’EuropĂ©ens y vivaient en 2006. Elles sont de vĂ©ritables chĂąteaux d’eau et jouent un rĂŽle capital dans la gestion des ressources aquifĂšres car elles concentrent une part importante des prĂ©cipitations et tous les grands fleuves et leurs principaux affluents y prennent leur source.

L’eau en montagne y est une richesse Ă©cologique mais aussi de dĂ©veloppement : hydroĂ©lectricitĂ©, mise en bouteille d’eau minĂ©rale, sports et loisirs en eaux vives. En Europe, 37 grandes centrales hydrauliques sont implantĂ©es en montagne (sur 50, soit 74 %) auxquelles s’ajoutent 59 autres grandes centrales sur 312 (18,9 %).

Les montagnes prĂ©sentent des situations particuliĂšres, car elles sont tout d’abord des zones de risques :

  • Avec la pente et le relief, conjuguĂ©s Ă  une vĂ©gĂ©tation souvent rase et fragile du fait d’un climat plus rude, elles sont des zones d’intenses Ă©rosions et de concentration rapide des eaux qui forment les crues et les inondations qui peuvent ĂȘtre ravageuses pour les parties basses des bassins et des plaines. Le phĂ©nomĂšne est accentuĂ© par le surpĂąturage et la dĂ©forestation, par l’impermĂ©abilisation du sol par les constructions, les aires de stationnement et les routes, en particulier dans les zones de fort dĂ©veloppement urbain et touristique.
  • À l’inverse, l’abandon des secteurs les plus difficiles par les populations qui pratiquent des activitĂ©s Ă©conomiques traditionnelles comme le pastoralisme, a pour consĂ©quences l’arrĂȘt de l’entretien et la destruction des ouvrages collectifs, des zones de terrasses et des systĂšmes de drainage.

Mais l’eau en montagne, est surtout une source de richesse et de dĂ©veloppement. Une meilleure valorisation de ce potentiel par l’amĂ©nagement du territoire peut ĂȘtre la source de nouvelles richesses pour l’économie des zones de montagne, mais dans le cadre d’un comportement Ă©conome et responsable. Dans l’avenir, avec le rĂ©chauffement climatique, les situations d’évĂšnements extrĂȘmes comme les sĂ©cheresses, les inondations et l’érosion accĂ©lĂ©rĂ©e, risquent de se multiplier et d’ĂȘtre, avec la pollution et le gaspillage, d’ici une seule gĂ©nĂ©ration un des principaux facteurs limitant le dĂ©veloppement Ă©conomique et social dans la plupart des pays du monde.

Selon les experts rĂ©unis Ă  MegĂšve en mars 2007 dans le cadre de l’« AnnĂ©e internationale de la montagne Â» avec la participation de la FAO, de l’UNESCO, du Global Water Partnership et du RĂ©seau international des organismes de bassin, afin de tirer un diagnostic et de formuler les propositions prĂ©sentĂ©es au forum mondial de l’eau de Kyoto (mars 2003) : « La « solidaritĂ© amont-aval Â» reste trop faible : il vaut mieux aider les montagnes dans le cadre de politiques intĂ©grĂ©es de bassins, pour qu’ils assurent la gestion et l’équipement nĂ©cessaires des hauts bassins versants. (
) Il est impĂ©ratif en effet de conduire en montagne des actions particuliĂšres renforcĂ©es d’amĂ©nagement et de gestion pour mieux se protĂ©ger contre les inondations et l’érosion, lutter contre les pollutions et optimiser les ressources en eau disponibles pour les partager entre les usagers, tant en amont que dans les plaines en aval. Â»

Problématique de l'eau et l'urbanisme

Certains territoires connaissent un dĂ©veloppement important induit par la mise en service d’infrastructures routiĂšres nouvelles, et un certain niveau de dynamisme Ă©conomique. En France, les documents d’urbanisme sont rĂ©visĂ©s frĂ©quemment pour permettre la construction d’espaces nouveaux. Or, l'extension des territoires urbanisĂ©s gĂ©nĂšre des impacts sur l’environnement : accroissement des prĂ©lĂšvements pour l’alimentation des populations en eau potable, augmentation des rejets (eaux pluviales et eaux usĂ©es), fragmentation des milieux naturels... Ceux-ci ne sont pas toujours correctement apprĂ©hendĂ©s au niveau des documents d'urbanisme, qui structurent et planifient l'espace. Ces rĂ©flexions ont Ă©tĂ© au cƓur du « Grenelle de l’Environnement Â». Ces impacts doivent ĂȘtre pris en compte en amont, dĂšs la dĂ©finition des projets structurant Ă  l’échelle d’un territoire. Aussi convient-il de les intĂ©grer dans l’élaboration des documents de planification urbaine (plans locaux d’urbanisme, cartes communales...). Des nombreuses publications (articles, guides...) existent sur le sujet  :

GĂ©opolitique : la « guerre de l'eau Â»

Situation mondiale

Part de la population ayant accĂšs Ă  l'eau potable.

La Terre est Ă  72 % recouverte d'eau. 97 % de cette eau est salĂ©e, et 2 % emprisonnĂ©e dans les glaces. Il n'en reste qu'un petit pourcent pour irriguer les cultures et Ă©tancher la soif de l'humanitĂ© toute entiĂšre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 2007, sur 6,4 milliards d'ĂȘtres humains, plus d'un milliard n'a pas du tout accĂšs Ă  l'eau potable et plus de 2,5 milliards ne disposent pas de systĂšme d'assainissement d'eau[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Aujourd'hui, dans le monde, 2 milliards d'ĂȘtres humains dĂ©pendent de l'accĂšs Ă  un puits[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il faudrait mobiliser 30 milliards de dollars par an pour rĂ©pondre au dĂ©fi de l'eau potable pour tous, quand l'aide internationale est Ă  peine de 3 milliards[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Selon l'ONG « Transparency International Â», la corruption grĂšve les contrats de l'eau dans de nombreux pays entraĂźnant des gaspillages et des coĂ»ts excessifs pour les plus pauvres[9].

Les conséquences sanitaires

L'impossibilitĂ© d'accĂšs Ă  l'eau potable d'une grande partie de la population mondiale a des consĂ©quences sanitaires graves. Ainsi, un enfant meurt toutes les 5 secondes ; des millions de femmes s'Ă©puisent en corvĂ©es d’eau ; entre 40 et 80 millions de personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es Ă  cause des 47 455 barrages construits dans le monde -dont 22 000 en Chine-[10]. Plus de 4.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de diarrhĂ©es liĂ©es Ă  l’absence d’assainissement et d’un manque d’hygiĂšne[11] ; chaque annĂ©e, 443 millions de jours de scolaritĂ© sont perdus Ă  cause d'infections transmises par l'eau insalubre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Comparaison de consommation d'eau dans le monde

File d'attente devant une citerne d'eau.

La consommation d'eau est trĂšs inĂ©gale selon les niveaux de dĂ©veloppement des pays :

  • 3000 m/habitant/an dans les pays europĂ©ens[12].
  • 9985 m/habitant/an aux États-Unis [13].
  • 200 m/habitant/an dans des pays en dĂ©veloppement comme l'Angola ou l'Éthiopie [14].
  • 20 litres par jour par habitant au Mali ou Ă  HaĂŻti [12].

Les associations humanitaires pointent du doigt ces disparitĂ©s. Un AmĂ©ricain utilise 600 litres d'eau par jour et un EuropĂ©en 200, quand un Africain doit survivre avec moins de 30 litres[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le poids de l'agriculture

L'agriculture des pays dĂ©veloppĂ©s est mise en cause pour sa consommation intensive d'eau :

  • Au dĂ©but du XXIe siĂšcle, 70% des prĂ©lĂšvements d'eau effectuĂ©s sont destinĂ©s Ă  l'agriculture vivriĂšre ou d'exportation pour le marchĂ© mondial[15] ;
  • Il faut 13 000 litres d'eau pour produire un kilogramme de bƓuf [16].

Solutions

Des solutions existent pour Ă©conomiser la consommation d'eau, mĂȘme en menant le mode de vie d'un habitant d'un pays dĂ©veloppĂ©. Ainsi, 57 litres par jour et par personne suffiraient Ă  deux retraitĂ©s vivant dans leur Ă©covillage du Queensland (Australie). Leur maison ne fonctionne qu'Ă  l'eau de pluie (lessive, arrosage, toilette
)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Notes et références

  1. ↑ Chanson de Roland, Ă©d. J. BĂ©dier, 1831 : Li val parfunt et les ewes curant
  2. ↑ PhysicalGeography.net. CHAPTER 8: Introduction to the Hydrosphere. Retrieved on 2006-10-24.
  3. ↑ Chiffres de la consommation d'eau en France par secteur sur le site Eaufrance
  4. ↑ Toutefois, cela n'a jamais Ă©tĂ© rĂ©ellement prouvĂ©, rapporte l'UFC-Que Choisir (NumĂ©ro 460) qui conseille de boire l'eau lorsque le besoin se fait sentir
  5. ↑ Étude CREDOC publiĂ©e le 20 mars 2008
  6. ↑ Les fontaines Ă  thĂ©rapie en France sont prĂ©sentĂ©es dans L'eau et le sacrĂ©, les cultes thĂ©rapeutiques autour des fontaines en France du Moyen Âge Ă  nos jours, Brigitte Caulier, Beauchesne, presses de l'universitĂ© Laval (ISBN 2-7010-1214-7<)
  7. ↑ GLASS, 2008
  8. ↑ Colloque organisĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale le 12 mars 2009, Ă  l’initiative de la Fondation France-LibertĂ©s, de la FĂ©dĂ©ration des distributeurs d’eau indĂ©pendants (FDEI) et des Entreprises publiques locales de l’eau, regroupĂ©es au sein de l’association Arpege (Propositions faites lors du colloque et programme)
  9. ↑ Le Figaro du jeudi 26 juin 2008, page 20
  10. ↑ source = l'eau et ses enjeux - François ANCTIL, « commission mondiale des barrages Â», 2000, WCD Press releases & Annoucements. ConsultĂ© le 11 mai 2009
  11. ↑ Appel de l'OCDE à investir dans les infrastructures de l'eau
  12. ↑ a  et b  La Mondialisation, L. CarrouĂ©, D. Collet, C. Ruiz, Ă©d. BrĂ©al
  13. ↑ Atlas de la Banque Mondiale 2003-2004, ESKA, 2004
  14. ↑ La Mondialisation, L. CarrouĂ©, D. Collet, C. Ruiz, Ă©d. BrĂ©al
  15. ↑ La Mondialisation, L. CarrouĂ©, D. Collet, C. Ruiz Ă©d. BrĂ©al
  16. ↑ Voir sources dans Eau virtuelle

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