DĂ©partement de Lot-et-Garonne

ï»ż
DĂ©partement de Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne
Drapeau du Lot-et-Garonne Logo-lotetgaronne.gif
Localisation de Lot-et-Garonne en France
Administration
RĂ©gion Aquitaine
Préfecture Agen
Préfet de département Lionel Beffre[1]
Président du
conseil général
Pierre Camani
Sous-préfecture(s) Marmande
NĂ©rac
Villeneuve-sur-Lot
Statistiques
Population totale 333 555 hab. (2006[2])
Densité 62 hab./km2
Superficie 5 361 km2
Subdivisions
Arrondissements 4
Cantons 40
Intercommunalités 24
Communes 319

Le dĂ©partement de Lot-et-Garonne (en occitan Òlt e Garona / Òut e Garona) est un dĂ©partement français dont le nom vient de deux cours d'eau : le Lot et la Garonne.

Sommaire

Histoire

Blason du Lot-et-Garonne
Article dĂ©taillĂ© : Histoire du Lot-et-Garonne.

Le département de Lot-et-Garonne est formé en 1790. Le chef-lieu est partagé entre Aiguillon et Agen, avant de revenir définitivement à cette ville.

GĂ©ographie

Carte de Lot-et-Garonne

Le département de Lot-et-Garonne fait partie de la région Aquitaine. Il est limitrophe des départements du Lot, de Tarn-et-Garonne, du Gers, des Landes, de la Gironde et de la Dordogne.

Le milieu naturel

Les grands domaines naturels et les paysages

Dans l'ensemble le milieu naturel lot-et-garonnais présente des modelés assez doux en raison de la nature des terrains géologiques qui le constituent. La vaste zone de plateaux qui couvre moins de 400.000 ha est composée de terrains d'origine marneuse ou mollassique et de coteaux calcaires ou argilo-calcaires.

La partie septentrionale de Lot-et-Garonne, entre Garonne, Lot et Dropt, est plutĂŽt constituĂ©e de collines calcaires aux formes vallonnĂ©es. Sur les buttes se placent quelques gros bourgs comme ceux de Monflanquin, Monclar, Cancon ou CastillonnĂšs. Le paysage est ouvert avec de grands champs cĂ©rĂ©aliers et des prairies. Les rĂ©gions proches de la bordure nord orientale prĂ©sentent des formes plus contrastĂ©es, en raison de l'existence de calcaires jurassiques dans le Quercy et crĂ©tacĂ©s en PĂ©rigord. Il s’agit du « pays au bois Â» ainsi dĂ©nommĂ© en raison du maintien d’un couvert forestier important. Cette rĂ©gion a Ă©galement fourni du minerai de fer qui a permis de fixer l’activitĂ© mĂ©tallurgique le long des riviĂšres et sur le Lot.

Entre Garonne et Lot se place le « pays des serres Â», plateau qui domine de maniĂšre marquĂ©e (parfois de plus de 100 m) les deux vallĂ©es fluviales. La platitude n’est pas absolue en raison de l’entaille des cours d’eau qui descendent rapidement vers les deux grandes vallĂ©es et de l’existence de buttes, les « pechs Â», au sommet desquels sont parfois placĂ©s de gros villages comme Tournon-d'Agenais ou Puymirol.

Au sud d’Agen, les collines du NĂ©racais se dĂ©veloppent sur la mollasse et annoncent les paysages gersois. Des paysages trĂšs vallonnĂ©s portent une agriculture cĂ©rĂ©aliĂšre et viticole.

Les sables du massif landais recouvrent le quart sud-ouest sur 80 000 ha environ. Les Landes du Lot-et-Garonne sont partie intĂ©grante des Landes de Gascogne : formes moutonnĂ©es, pins maritimes, routes rectilignes, traditions et populations (gascons de la lande).

Entre Casteljaloux et le Marmandais s’ouvre un espace de transition de plus en plus marquĂ© par une agriculture intensive en s’approchant de la vallĂ©e de la Garonne.

Les plaines tiennent une grande place (plus de 100 000 ha), principalement celles de la Garonne et du Lot, qui s'Ă©largissent en certains endroits sur plusieurs kilomĂštres. Les divagations de la Garonne dans sa vallĂ©e ont obligĂ© les villes Ă  se fixer sur sa rive droite : Agen, Aiguillon, Tonneins, Marmande. Les voies de communication modernes, sauf l’autoroute, ont fait de mĂȘme. Les zones inondables ou humides sont souvent occupĂ©es de champs de maĂŻs et de peupleraies dont la production est utilisĂ©e dans l’industrie du bois pour la fabrication de cagettes. Sur ces riches terres dominent cependant une agriculture fruitiĂšre et lĂ©gumiĂšre.

Les fleuves et la menace des eaux

Deux raisons expliquent principalement la frĂ©quence et la gravitĂ© des crues en Lot-et-Garonne. Ce phĂ©nomĂšne tient d'abord Ă  la concentration exceptionnelle des cours d'eau dans cette rĂ©gion. Outre les grands Ă©missaires que sont le Tarn, en amont d'Agen et le Lot dans sa partie centrale, tous deux amenant les eaux tombĂ©es dans le sud du Massif central, une multitude de riviĂšres plus ou moins longues, rejoignent la Garonne sur la rive gauche : le Gers, la BaĂŻse pour les plus importantes. Ce rassemblement, alliĂ© Ă  l'Ă©troitesse du lit de la Garonne, qui mĂȘme en pĂ©riode de dĂ©bordement est encombrĂ©e de nombreux obstacles, rendent catastrophiques les crues provoquĂ©es, suivant le cas, par les prĂ©cipitations et la fonte des neiges. En outre, la plupart des cours d'eau ont une faible hydraulicitĂ© du fait de leur modeste pente ; celle-ci est infĂ©rieure Ă  0,5 pour mille sur la Garonne Ă  partir de Malause en amont d’Agen.

Les donnĂ©es climatiques jouent Ă©galement un rĂŽle dĂ©terminant dans la montĂ©e des eaux. La moyenne Garonne est sensible Ă  toutes sortes d’influences : pluies d'origine mĂ©diterranĂ©enne, dites encore cĂ©venoles affectant principalement le bassin supĂ©rieur du Tarn ; celles, ocĂ©aniques, frappant les PyrĂ©nĂ©es et Lannemezan associĂ©es Ă  la fonte des neiges ; celles, enfin, liĂ©es aux perturbations touchant la partie occidentale du bassin. La grande crue de mars 1930 est du premier type, tandis qu’une des plus rĂ©centes, celle de dĂ©cembre 1981, relĂšve plutĂŽt de la derniĂšre influence. Enfin, il ne faut pas nĂ©gliger les violentes ondĂ©es orageuses, qui dans le meilleur des cas ne touchent qu'une petite rĂ©gion, mais peuvent aussi atteindre une ampleur exceptionnelle. Pour un dĂ©bit moyen de 650 mÂł/s au Mas-d'Agenais (1800 mÂł/s aux hautes eaux et 120 mÂł/s Ă  l'Ă©tiage pendant les mois d'Ă©tĂ©), on atteint des valeurs exceptionnelles lors des grandes crues des cent derniĂšres annĂ©es: 8500 mÂł/s en mai 1875, 7500 mÂł/s en fĂ©vrier 1952 et en dĂ©cembre 1981. Ces paroxysmes s'accompagnent de cotes maximales dĂ©passant rĂ©guliĂšrement de 10 m le niveau normal Ă  Tonneins, Marmande et La RĂ©ole. Le record est de 10,70 m Ă  Tonneins en 1930 (10 m en 1981), de 11,40 m Ă  Marmande en 1875, (10,56 en 1981). Agen faisant exception, les dĂ©gĂąts affectent davantage les campagnes que les villes. Lors de la catastrophe la plus rĂ©cente, celle de dĂ©cembre 1981, aucune perte en vie humaine n'a Ă©tĂ© dĂ©plorĂ©e, ce qui n'avait pas Ă©tĂ© le cas en 1875 oĂč l'on dĂ©nombra 500 morts et en 1930 (200 morts pour tout le bassin). En 1981, les dĂ©gĂąts matĂ©riels furent estimĂ©s Ă  prĂšs de 25 millions d’euros pour l’ensemble du bassin. PrĂšs de la moitiĂ© reprĂ©sente les pertes causĂ©es par la submersion de plus de 80 000 ha dans la plaine de la Garonne, valeur nettement plus Ă©levĂ©e lorsque la montĂ©e des eaux Ă  lieu au printemps, au moment oĂč les champs sont ensemencĂ©s. On conçoit, dans ces conditions, que les responsables politiques et Ă©conomiques soient intĂ©ressĂ©s par la mise en application d'un certain nombre de mesures visant Ă  Ă©liminer les risques de crues. Les solutions sont connues depuis fort longtemps : construire de grands rĂ©servoirs sur la Garonne et ses principaux affluents, renforcer les endiguements et rationaliser leurs implantations, libĂ©rer le lit mineur de tous les obstacles qui entravent la circulation rapide des eaux au moment de leur montĂ©e. Certaines de ces propositions sont toutefois inapplicables et le coĂ»t de ces opĂ©rations prohibitif. D’importants travaux ont Ă©tĂ© entrepris pour protĂ©ger l’agglomĂ©ration agenaise. Il est vrai aussi qu’en relation avec le probable changement climatique, l’intĂ©rĂȘt pour ces grands projets se relĂąche car il n’y a pas eu de crues importantes au cours de ces derniĂšres annĂ©es.

Climat

Le Lot-et-Garonne se situe dans la zone climatique ocĂ©anique. Mais, il s'agit d'un climat ocĂ©anique dĂ©gradĂ© avec une amplitude thermique annuelle plus marquĂ©e et des prĂ©cipitations moins abondantes que sur le littoral aquitain. De plus, Ă  la diffĂ©rence du littoral, le printemps (surtout Ă  sa fin) y est plus arrosĂ© que l'hiver. Les vents dominants sont d'ouest sans ĂȘtre exclusifs[3].

Données climatiques Lot-et-Garonne (Agen)[4] Moyenne nationale
Insolation 1984 heures / an 1973 heures / an
Précipitations 716 millimÚtres / an 770 millimÚtres / an
Brouillard 70,6 jours / an 40 jours / an
Orage 30 jours / an 22 jours / an
Neige 4,8 jours / an 14 jours / an
Mois Janv Fév Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures minimales moyennes °C (Agen)[4] 3,1 4,5 5,0 6,7 10,6 13,2 15,4 15,1 13,0 10,6 6,6 4,0 8,2
Températures maximales moyennes °C (Agen)[4] 8,5 10,8 13,6 16,4 20,2 23,8 26,9 26,2 24,1 19,0 12,5 8,8 17,6
Températures moyennes °C (Agen)[4] 5,1 6,7 8,6 11,3 14,8 18,2 20,8 20,2 18,0 14,0 8,6 5,6 12,6

La population de Lot-et-Garonne

Si le Lot-et-Garonne compte 333 555 habitants en 2006 selon les derniers rĂ©sultats de l’INSEE, il demeure moins peuplĂ© qu’au milieu du XIXe siĂšcle car il a connu un dĂ©clin dĂ©mographique prononcĂ© sur prĂšs d’un siĂšcle. AprĂšs avoir enregistrĂ© une nette reprise dĂ©mographique aprĂšs la seconde guerre mondiale, sa population ne progresse plus de maniĂšre rĂ©guliĂšre au cours des 25 derniĂšres annĂ©es.

L'évolution des naissances et des décÚs de 1806 à 1951

La dépopulation de Lot-et-Garonne entre 1841 et 1921

La dĂ©population est le fait marquant de l'histoire dĂ©mographique du dĂ©partement au cours d’une centaine d’annĂ©es. Il est possible de distinguer trois grandes phases. D'abord une pĂ©riode de croissance continue, depuis la fin du XVIIIe siĂšcle jusque vers 1836-1841, suivie d'une baisse de la population, rĂ©vĂ©lĂ©e par le recensement de 1846. DĂ©sormais le Lot-et-Garonne, tout comme les dĂ©partements voisins, perd des habitants et ce mouvement se poursuit jusqu'Ă  l'entre-deux-guerres.

L'évolution de la population de l'Agenais entre 1841 (année du maximum) et 1982.

Le Lot-et-Garonne a gagnĂ© 22 450 personnes en quarante ans, soit en moyenne 2 800 tous les cinq ans ; la progression fut la plus forte entre 1821 et 1836 avec un gain supĂ©rieur Ă  16 000 sur quinze ans. Si le maximum fut effectivement atteint en 1841 avec un peu plus de 347 000 habitants, il faut considĂ©rer que la pĂ©riode de croissance Ă©tait interrompue dĂšs 1831. Pendant 80 ans, d'un recensement Ă  l'autre, le Lot-et-Garonne a perdu des habitants. Au lendemain de la PremiĂšre Guerre mondiale, le Lot-et-Garonne ne comptait plus que 240 000 habitants contre 347 000 en 1841, soit une perte de 107 000 individus. L’inquiĂ©tude liĂ©e Ă  cette situation est perceptible Ă  travers la rĂ©flexion amĂšre de l'archiviste dĂ©partemental, commentant les rĂ©sultats de 1911 : « la race agenaise, pourtant si gracieuse et si alerte, tend de plus en plus Ă  s'Ă©liminer du sol français. Tous les jours elle fond sous nos yeux Â». Entre 1841 et 1921, seules douze communes dont les trois chefs-lieux d’arrondissement : Agen, siĂšge de prĂ©fecture, Marmande, et Villeneuve-sur-Lot ainsi que quelques citĂ©s industrielles (Casteljaloux, Miramont-de-Guyenne, Lavardac, Fumel) ne perdent pas d’habitants. À l’opposĂ©, prĂšs de 30% des communes ont perdu plus de la moitiĂ© de leur population. Toutes les autres communes enregistrent de fort taux de recul de leur population, la moitiĂ© d’entre elles perdant prĂšs de 50% de leurs habitants. Seules les communes rurales proches des vallĂ©es connaissent des diminutions moins fortes.

La rĂ©duction du nombre des naissances est la principale cause de la dĂ©population de Lot-et-Garonne. En un siĂšcle, de 1846 Ă  1946, il a perdu plus de 130 000 personnes du fait de dĂ©cĂšs trop nombreux par rapport aux naissances, dĂ©ficit en partie compensĂ©, seulement, par un apport migratoire de plus de 50 000 individus, principalement entre les deux guerres et durant la seconde guerre mondiale en raison de l’accueil de rĂ©fugiĂ©s. C’est entre 1901 et 1921 que le recul de la population est le plus prononcĂ© en raison d’un dĂ©ficit naturel qui frĂŽle 40 000 individus (dĂ©ficit des naissances et pertes humaines pendant le premier conflit mondial) alors que les apports migratoires sont nĂ©gligeables.

Il est difficile de cerner les causes de la dĂ©natalitĂ©. Deux choses au moins sont acquises : la baisse de la fĂ©conditĂ©, que l'on peut mesurer Ă  partir des annĂ©es 1850, et le vieillissement de la population qui interdit ensuite toute reprise. La faible fĂ©conditĂ© tĂ©moignait d'une limitation volontaire des naissances de la part des habitants. Il n'y a pas eu d'Ă©tudes prĂ©cises sur les moyens utilisĂ©s pour parvenir Ă  ce rĂ©sultat. Un mĂ©decin, bon connaisseur des campagnes, a Ă©crit que la rĂ©pression sĂ©vĂšre des avortements, relĂšverait la natalitĂ© d'un quart. La baisse de la fĂ©conditĂ© aurait dĂ©butĂ© trĂšs tĂŽt au sein de la bourgeoisie, puis aurait gagnĂ© les propriĂ©taires ruraux vivant de la polyculture. La relative richesse de la plaine de la Garonne permettait de vivre largement ou mĂȘme de s'enrichir, Ă  condition de restreindre les dimensions du mĂ©nage.

Du fait de son solde migratoire positif, le Lot-et-Garonne a gagnĂ© quelque 15 000 personnes entre 1821 et 1901, ce qui est peu, si l'on songe que cela reprĂ©sentait un peu moins de 200 individus par an. Entre 1821 et 1851, l'absence de grands bouleversements explique l'importance des excĂ©dents pendant cette pĂ©riode, ceux-ci Ă©tant d'ailleurs plus Ă©levĂ©s durant les deux premiĂšres dĂ©cennies que pendant la derniĂšre. De 1851 Ă  1861, au contraire, les dĂ©parts l'emportĂšrent sur les arrivĂ©es, du fait des dĂ©rĂšglements apparus dans plusieurs domaines d'activitĂ©s : crise de l'ancien systĂšme de production agricole, repli de certaines activitĂ©s industrielles, dĂ©clin de la batellerie, sur la Garonne et ses affluents, consĂ©cutif Ă  la concurrence de nouveaux modes de transport.

Le Lot-et-Garonne offrait pourtant l'originalitĂ© d'ĂȘtre l'un des rares dĂ©partements ruraux français, ayant connu un excĂ©dent des arrivĂ©es sur les dĂ©parts sur la pĂ©riode qui court jusqu’à la seconde guerre mondiale. PĂ©rigourdins, Caussenards, Limousins, PyrĂ©nĂ©ens ou encore Aveyronnais, se sont dirigĂ©s vers cette rĂ©gion ; de nombreux toponymes dans le Marmandais Ă©voquent en effet aujourd’hui l’Auvergne, les Auvergnats, Aurillac, les Rouergats, Landais de la cĂŽte (Marensin) venus pour le gemmage des pins maritimes dans les Landes du Lot-et-Garonne. Tout autre fut l'arrivĂ©e des paysans de l'Ouest, qui dĂ©buta seulement Ă  la fin du XIXe siĂšcle ; la plus importante, la migration des VendĂ©ens, commença vers 1890, culminant au dĂ©but du XXe siĂšcle et s'Ă©teignit un peu avant la PremiĂšre Guerre mondiale.

Bien que modeste, l'apport des Ă©trangers ne peut ĂȘtre nĂ©gligĂ©. Avant 1850 on en comptait moins de 2 000 en Lot-et-Garonne. Ce nombre s'accroĂźt fortement aprĂšs 1860, le maximum Ă©tant atteint en 1881 avec 7 000. Plus de 90% de ces Ă©trangers Ă©taient Espagnols. Une petite minoritĂ© d'entre eux venaient comme saisonniers agricoles ; certains se fixĂšrent progressivement en prenant en bail des mĂ©tairies. La plupart s'installĂšrent dans les principales villes de l'Agenais, occupant en majoritĂ© des emplois industriels, comme ouvriers et manƓuvres ; ils se regroupĂšrent dans quelques quartiers, tel Ă  Agen celui de la Porte du Pin oĂč ils Ă©taient plus de 3 000 ou encore dans le NĂ©racais et Casteljaloux pour rĂ©pondre au besoin de main-d’Ɠuvre de l'industrie et la construction des lignes de chemin de fer. Entre les deux guerres, l'arrivĂ©e massive des Italiens, originaires pour la plupart de la rĂ©gion de Venise, a Ă©tĂ© Ă  l'origine du gonflement de la population Ă©trangĂšre en Lot-et-Garonne, si bien qu'en 1936 les Italiens reprĂ©sentaient environ 60% des Ă©trangers. Aucune autre tentative de peuplement n'a rencontrĂ© autant de succĂšs, les Polonais Ă©tant peu nombreux (moins de 2 000) malgrĂ© une progression rĂ©guliĂšre de leurs effectifs, l'intĂ©rĂȘt des Suisses trĂšs limitĂ© et la proportion d'Espagnols toujours assez stable. Cette population Ă©trangĂšre Ă©tait beaucoup plus jeune que les autochtones, la moitiĂ© des individus ayant moins de 30 ans et 2,5% seulement plus de 65 ans (contre 9% pour l'ensemble de Lot-et-Garonne). ArrivĂšrent en effet une majoritĂ© de jeunes adultes, pour la plupart Ă  la tĂȘte d'une famille nombreuse. De plus, ces Italiens conservĂšrent une fĂ©conditĂ© beaucoup plus forte pendant quelques annĂ©es, ce qui expliquait la proportion des enfants de moins de 15 ans, de l'ordre de 30% contre 23% dans les pays garonnais. Toutefois ces immigrĂ©s, plus particuliĂšrement les Italiens, se sont si parfaitement intĂ©grĂ©s dans leur nouveau territoire, qu'ils ont trĂšs vite adoptĂ© les habitudes locales en matiĂšre de fĂ©conditĂ©.

Cet apport migratoire entre les deux guerres a donc Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment plutĂŽt favorable pour le Lot-et-Garonne durement touchĂ© par la dĂ©natalitĂ© et par les pertes liĂ©es aux combats de la guerre de 1914-1918. Mais, contrairement Ă  d'autres rĂ©gions qui ont servi d'exutoire aux migrations parce qu'elles avaient besoin d'une main-d’Ɠuvre industrielle, il s'agissait dans ce cas de mouvements de repeuplement de campagnes.

Les nouvelles formes de l’évolution dĂ©mographique aprĂšs 1945

De l’entre-deux-guerres aux annĂ©es 1980, le Lot-et-Garonne a gagnĂ© plus de 50 000 habitants. Par rapport Ă  la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente, il s'agit d'un changement fondamental qui s'explique, en grande partie, par la place prise dĂ©sormais par les villes dans le processus gĂ©nĂ©ral de croissance de la population de cette rĂ©gion : les centres urbains ont connu, depuis 1936, une progression soutenue, au rythme de 5 Ă  10% entre chaque recensement, alors que le monde rural enregistrait un recul continu. Cependant, si la population s'accroĂźt rĂ©guliĂšrement c'est presque toujours Ă  un rythme plus lent que celui de la France et cette croissance est surtout le fait des villes les plus importantes. Cette croissance repose plus sur les apports migratoires que sur le solde naturel rĂ©guliĂšrement dĂ©ficitaire depuis le milieu des annĂ©es 1970. AprĂšs la stagnation des annĂ©es 1990, la population de Lot-et-Garonne augmente de nouveau, de maniĂšre nette pour atteindre prĂšs de 318 000 habitants selon les estimations de 2005. Cette nouvelle croissance est Ă  mettre en rapport avec l’attractivitĂ© de l’Aquitaine auprĂšs des migrants venus des rĂ©gions au nord de la Loire. Pour autant, le Lot-et-Garonne attire moins que le littoral, il compte moins d’habitants qu’au dĂ©but du XIXe siĂšcle et reste le dĂ©partement le moins peuplĂ© d’Aquitaine.

AprĂšs plus d'un siĂšcle de dĂ©natalitĂ©, l'Agenais est entrĂ© dans une nouvelle phase dĂ©mographique Ă  partir de la Seconde Guerre mondiale. Les naissances plus nombreuses que les dĂ©cĂšs ont permis une croissance rĂ©guliĂšre de la population jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 1970. Puis, du fait du dĂ©part des plus jeunes vers la rĂ©gion parisienne et les deux mĂ©tropoles rĂ©gionales, Bordeaux et Toulouse, le solde naturel est redevenu nĂ©gatif. Les consĂ©quences du vieillissement de la population se font nettement sentir Ă  la fin du XXe siĂšcle, avec un dĂ©ficit de plus de 3 000 personnes dans la derniĂšre dĂ©cennie.

Le vieillissement de la population (l’ñge moyen est passĂ© de 40 Ă  42 ans entre 1990 et 1999) n’augure rien de bon, en ce qui concerne le dynamisme dĂ©mographique, pour les annĂ©es Ă  venir, d’autant que les jeunes adultes continuent de quitter le dĂ©partement alors que ce dernier attire des adultes dĂ©jĂ  mariĂ©s, avec des enfants. Ainsi, entre 1990 et 1999, plus de 40% des nouveaux venus ont entre 30 et 60 ans et un tiers d’entre eux ont plus de 40 ans. Heureusement, ils ont des enfants, les moins de 14 ans reprĂ©sentant plus de 20% des nouveaux arrivants depuis 1990. Ces Ă©lĂ©ments expliquent que les inactifs rassemblent 40% (enfants, Ă©pouses
) de ces rĂ©cents migrants vers le Lot-et-Garonne et il faudrait y ajouter les 13% de retraitĂ©s. Les employĂ©s et les professions intermĂ©diaires, puis les ouvriers, sont les plus nombreux parmi les actifs.

Durant la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle, le Lot-et-Garonne a connu le plus formidable exode rural de son histoire. Les communes rurales ont perdu, en moyenne, prĂšs de 1% de leurs habitants par an entre 1954 et 1962, mais certaines nettement plus : dans 35 d'entre elles on enregistre une perte annuelle supĂ©rieure Ă  3%. Leur apparente dispersion sur l'ensemble du dĂ©partement ne doit pas faire illusion, elle souligne au contraire les espaces les plus frappĂ©s par ce phĂ©nomĂšne de dĂ©sertion des campagnes. Il en est ainsi dans les Serres de l'Agenais, parfaitement limitĂ©es entre le Lot et la Garonne, oĂč les seuls cas de croissance s'observent dans les vallĂ©es autour de grandes citĂ©s. MĂȘme les bourgs, chefs-lieux de cantons, comme Montaigu-de-Quercy, Laroque-Timbaut ou Prayssas ont Ă©tĂ© incapables de s'opposer Ă  cet exode qui s'ajoutait Ă  une longue dĂ©natalitĂ©. L'attraction d'Agen et de Villeneuve-sur-Lot s'exerce ici pleinement. Les dĂ©parts sont tout aussi frĂ©quents dans les Landes et leur bordure sauf dans quelques bourgs ou villes, ainsi que dans les collines du Gers, si bien que toute la frange mĂ©ridionale de l'Agenais a Ă©tĂ© affectĂ©e par cet exode. LĂ  se trouvent quelques-unes unes des communes les moins peuplĂ©es de Lot-et-Garonne. Sous un titre choc, "Sos est-il condamnĂ© Ă  mourir ?", le maire de cette bourgade rĂ©sumait ainsi l'Ă©volution rĂ©cente : « quand j'Ă©tais enfant, il y avait 1200 habitants dans le bourg, maintenant 700. À chaque fois que je revenais au pays, selon le hasard de mes dĂ©placements professionnels, je voyais Sos dĂ©cliner ? Les marchands sont passĂ©s, les maquignons sont passĂ©s, et les foires ont disparu, alors qu'elles attiraient ici tant de monde. Sur cinq cafĂ©s, il n'en subsiste qu’un ; sur trois restaurants, il n'en reste plus qu'un seul, et encore ces trois restaurants nous ont longtemps camouflĂ© la rĂ©alitĂ©, comme ils attiraient du monde, nous avons cru que la vie Ă©tait toujours lĂ  Â». Dans les coteaux nord de la Garonne, plus particuliĂšrement au contact du PĂ©rigord, la situation n'est pas plus enviable, et, de Duras Ă  VillerĂ©al, les pertes sont considĂ©rables, les dĂ©parts mettant en difficultĂ© les rares commerces ou services restants, qui Ă  leur tour, au moment de leur fermeture pour cause de retraite, peuvent provoquer une nouvelle vague de migrants.

Toujours prĂ©sents, en Lot-et-Garonne, les Ă©trangers pĂšsent cependant moins lourds au sein de la population totale. D'un peu plus de 33 000 au sortir de la derniĂšre guerre, leur nombre est passĂ© Ă  17 500 vers 1975, chiffre encore en diminution aujourd’hui puisqu’ils sont moins de 15 000 en 1999. En mĂȘme temps, leur part est en recul, tombant de 12% de l'effectif total Ă  moins de 5% actuellement. Si l'on est bien informĂ© sur leur arrivĂ©e, on manque par contre de prĂ©cisions sur les dĂ©parts et la naturalisation, ce qui rend difficile toute explication de cette Ă©volution. Un certain nombre d'entre eux ont regagnĂ© leur pays, Italiens, et surtout Espagnols, qui pour une part, Ă©taient des rĂ©fugiĂ©s de la guerre civile de 1936. Quelques-uns ont demandĂ© Ă  ĂȘtre naturalisĂ©s parce que, s'Ă©tant assimilĂ©s sans difficultĂ©s, ils ont prĂ©fĂ©rĂ© faire souche en Agenais. Les Italiens sont remplacĂ©s par des personnes originaires de la PĂ©ninsule ibĂ©rique, surtout des Portugais, dont l'effectif approche 15% de la population Ă©trangĂšre, et par des MaghrĂ©bins, Marocains principalement. Si certains demeurent des salariĂ©s de l'agriculture, l’industrie en a accueilli le plus grand nombre, plus particuliĂšrement dans le FumĂ©lois.

Au moment de la pĂ©riode difficile de la dĂ©colonisation, la France a dĂ» accueillir plusieurs milliers de rapatriĂ©s, tous français de nationalitĂ©, certains appartenant cependant Ă  des cultures diffĂ©rentes. Le Lot-et-Garonne a, bien entendu, bĂ©nĂ©ficiĂ© de cet apport. Un camp avait Ă©tĂ© construit, sur le territoire de la commune de Sainte-Livrade-sur-Lot, pour recevoir des prisonniers Vietnamiens, dont le nombre atteignait 2 000 en 1946. Par la suite ce camp servit pour d'autres rĂ©fugiĂ©s d'Indochine, aprĂšs la dĂ©faite de 1954 ; ceux-ci formĂšrent une vĂ©ritable communautĂ© autour d'une Pagode bouddhiste, avec leurs propres commerces et activitĂ©s, en marge du bourg. À peu de distance de lĂ , Ă  Bias, aux portes de Villeneuve-sur-Lot, fut crĂ©Ă© un centre d'accueil pour les musulmans français d'AlgĂ©rie, expulsĂ©s aprĂšs l'indĂ©pendance de ce pays. Dans des structures provisoires, mais toujours fonctionnelles dans les annĂ©es 1980, ont Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©s jusqu'Ă  3 000 Harkis Ă  partir de 1962. Contrairement aux Indochinois qui se sont peu fixĂ©s dans l'Agenais, les Harkis ont essaimĂ© en direction des principales villes.

Tout autre est la venue des rapatriĂ©s d'Afrique du Nord de souche europĂ©enne qui arrivĂšrent en masse, et furent dirigĂ©s principalement vers des exploitations agricoles qu'ils achetĂšrent. La premiĂšre vague de 1954 Ă  1960 est constituĂ©e de gens fortunĂ©s qui prennent possession des domaines de vastes dimensions dans les vallĂ©es ainsi que dans les coteaux gersois. Leur arrivĂ©e fit une forte impression sur les agriculteurs locaux, en raison des moyens financiers dont ils disposaient et des techniques ou mĂ©thodes commerciales qu'ils mirent en pratique, marquant de leur empreinte les productions locales et amenant quelques paysans locaux Ă  les imiter. Bien que le nombre de ces premiers "colons" soit imprĂ©cis, leur effectif Ă©tait modeste comparĂ© Ă  la venue massive des "rapatriĂ©s" Ă  la suite des accords d'Évian, en 1962. En Lot-et-Garonne, il en fut dĂ©comptĂ© prĂšs de 20 000, entre 1962 et 1966, dont 83% d'origine europĂ©enne, la trĂšs grande majoritĂ© ayant abandonnĂ© l'AlgĂ©rie. Tous cependant ne se sont pas acclimatĂ©s dans cette rĂ©gion et seuls une dizaine de milliers sont restĂ©s. Leur dispersion est assez forte en Lot-et-Garonne ; quatre cantons, ceux de Duras, Marmande, Monclar et Villeneuve-sur-Lot ont accueilli plus de 50 familles de "pieds noirs" ; ceux-ci prĂ©fĂ©rĂšrent dans les autres cas, les vallĂ©es de la Garonne et du Lot, mais dĂ©laissĂšrent les Landes, les Serres de l'Agenais et le nord du dĂ©partement. Avec le temps, un petit nombre seulement (moins de 2 000) ont continuĂ© de travailler la terre, non sans succĂšs, notamment dans le domaine de la production et de la commercialisation. Mais la grande majoritĂ© des rapatriĂ©s ont maintenant des emplois dans les autres branches de l'activitĂ© Ă©conomique, rĂ©sidant dans les villes et les bourgs de la rĂ©gion. L’accroissement de la population de Lot-et-Garonne ne profite pas Ă  l’ensemble des communes du dĂ©partement. La dynamique la plus favorable s’observe autour des trois principales agglomĂ©rations en raison de leur capacitĂ© Ă  crĂ©er des emplois et Ă  fixer les migrants qu’ils viennent des autres communes du dĂ©partement, des rĂ©gions voisines ou du reste de la France.

L’évolution rĂ©cente indique cependant, que seule l’agglomĂ©ration d’Agen demeure attractive. Sa part dans la population totale s’accroĂźt sans cesse en raison de la stagnation de la population de Villeneuve-sur-Lot et Marmande. Dans les limites de l’aire urbaine, c'est-Ă -dire de la zone au sein de laquelle au moins 40% des actifs travaillent dans l’agglomĂ©ration, Agen regroupe 30% de la population de Lot-et-Garonne en 1999 contre 27% en 1982. En outre, sa capacitĂ© Ă  fournir des emplois aux jeunes mĂ©nages permet Ă  Agen de disposer d’un solde naturel toujours positif alors que ce n’est plus le cas du dĂ©partement et de la plupart des autres villes. Ainsi, se vĂ©rifie, en Lot-et-Garonne comme dans le reste de la France, la polarisation au profit d’un pĂŽle majeur concentrant les fonctions de direction entre Bordeaux et Toulouse.

L’agriculture joue un rîle important en Lot-et-Garonne

L'agriculture occupe une position dominante en Lot-et-Garonne tant par le nombre des actifs que par les revenus tirĂ©s de cette activitĂ©. Cela tient Ă  d'incontestables avantages climatiques et pĂ©dologiques, qui font que la vallĂ©e de la Garonne apparaĂźt plus spĂ©cialisĂ©e dans les cultures de produits frais, que toute autre rĂ©gion du Sud-Ouest, mĂȘme si la cĂ©rĂ©aliculture y occupe toujours une grande place. Cela rĂ©sulte aussi du travail des hommes et des choix qu’ils ont opĂ©rĂ©s. Cette spĂ©cialisation vers le marchĂ© a obligĂ© le Lot-et-Garonne Ă  vivre trĂšs tĂŽt en Ă©conomie ouverte afin de pouvoir Ă©couler ses productions vers les autres rĂ©gions françaises et Ă  l’international.

Les héritages

Quelques Ă©tudes ont soulignĂ© que les pays de la Garonne appartenaient, au XVIIIe siĂšcle, aux rĂ©gions riches, associant productions agricoles et industrielles. MĂȘme si d'autres recherches plus rĂ©centes ont mis en doute cette rĂ©alitĂ©, il est probable que la vallĂ©e de la Garonne a effectivement connu une pĂ©riode trĂšs favorable au XVIIIe siĂšcle. Le XIXe siĂšcle a Ă©tĂ© moins favorable, ce qui n’a pas empĂȘchĂ© l'agriculture d’enregistrer des mutations importantes du fait de la disparition de quelques productions ou du dĂ©veloppement de nouvelles.

En 1806, 53% des terres utiles Ă©taient consacrĂ©es aux labours, 11% aux vignes et moins de 6% aux herbages. Pour cette mĂȘme date : sur 41,5 millions de francs, les productions vĂ©gĂ©tales reprĂ©sentaient 37,5 millions et les productions animales quatre millions de francs seulement. À lui seul, le blĂ© totalisait 45% de ces revenus, et, avec les autres cĂ©rĂ©ales, demeurait la culture la plus rĂ©pandue dans les pays de la Moyenne Garonne. Cette cĂ©rĂ©aliculture prĂ©dominait sur les collines calcaires et molassiques, situĂ©es de part et d'autre de la Garonne et du Lot, ainsi qu'entre ces deux cours d'eau. Grande richesse d'exportation (10 000 t) pour les propriĂ©taires, le froment a Ă©tĂ© la grande prĂ©occupation de ces derniers, qui ont encouragĂ© son extension au dĂ©triment des autres productions, Ă  l'exception du maĂŻs qui devait nourrir les travailleurs des champs. La vigne enregistra un fort dĂ©veloppement. Pourtant les vins de qualitĂ© Ă©taient alors peu nombreux, installĂ©s sur les coteaux qui produisaient dans la majoritĂ© des cas, des vins blancs liquoreux, appelĂ©s aussi « vins pourris Â» parce que la vendange intervenait le plus tard possible, comme actuellement pour les Sauternes. Connu de longue date, le prunier greffĂ© (prunier d’Ente) s'Ă©tendit largement au XVIIIe siĂšcle autour de Clairac, Tonneins et Villeneuve-sur-Lot. PlantĂ© dans les vignes, il fournissait un fruit trĂšs savoureux, se conservant parfaitement et pouvant ĂȘtre exportĂ©.

Vigne et cultures industrielles au XVIIIe siĂšcle

Quelques plantes industrielles faisaient, elles aussi la rĂ©putation de l'Agenais. Le chanvre que les paysans travaillaient en association avec le blĂ© dans les terres de vallĂ©e servait notamment Ă  l’habillement et Ă  des manufactures de cordages. DĂšs la fin du XVIIIe siĂšcle, le chanvre reculait devant le tabac, en raison de la perte des dĂ©bouchĂ©s dans l'industrie, et de la fin du monopole de la Compagnie des Indes. Introduit en 1637 dans la rĂ©gion de Clairac, le tabac, trĂšs vite sous le contrĂŽle de l’État, devait acquĂ©rir trĂšs rapidement une grande notoriĂ©tĂ© et provoquer un vĂ©ritable engouement chez les agriculteurs tout autour de Tonneins.

Les mutations de l'agriculture au cours du XIXe et du dĂ©but du XXe siĂšcle

En 1856, le secteur agricole faisait vivre 68% de la population de Lot-et-Garonne et occupait plus de 70% des actifs. En 1946, plus de la moitiĂ© des habitants de Lot-et-Garonne dĂ©pendaient encore des activitĂ©s agricoles et un nombre plus Ă©levĂ© (57%) trouvait toujours un emploi dans cette branche. Entre ces deux dates, l’essor du faire valoir direct permit Ă  la majoritĂ© des exploitants d’ĂȘtre maĂźtre de leurs choix culturaux. Le mĂ©tayage, trĂšs rĂ©pandu au XIXe siĂšcle disparaĂźt complĂštement aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.

Cette transformation des structures d’exploitation s’accompagne de changement dans les pratiques culturales. AprĂšs avoir augmentĂ© durant tout le XIXe siĂšcle pour atteindre 58,7% en 1897, la part des terres labourables rĂ©gresse au profit des prairies et des cultures spĂ©cialisĂ©es, alors que le vignoble voit les surfaces plantĂ©es rĂ©duites de moitiĂ© (35 000 ha en 1936) en relation avec la crise du phylloxera et l’exclusion de la zone d’appellation « Bordeaux Â». Occupant moins de 10 000 ha dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, fruits et lĂ©gumes ont, somme toute, une importance trĂšs modeste. Pourtant leur apparition est capitale, car prĂ©sents depuis longtemps, leur essor dans le nouveau systĂšme agricole correspondait Ă  une influence plus grande des villes, Ă  un dĂ©veloppement du rĂ©seau de chemin de fer qui ouvrait des horizons commerciaux plus larges de mĂȘme qu'une extension dĂ©jĂ  soulignĂ©e de la polyculture. Ainsi, la tomate s'est imposĂ©e dans la moitiĂ© occidentale et vers 1930, tous les cantons de l'arrondissement de Marmande produisaient plus de 1000 quintaux de tomates. Le dĂ©veloppement Ă©tait liĂ© Ă  des exportations de tomates fraĂźches vers la capitale ou des pays Ă©trangers, ainsi qu'Ă  une demande accrue des conserveurs. Dans la vallĂ©e du Lot et dans celle de la Garonne, au grĂ© de la demande nationale, on cultivait les oignons, les asperges puis les choux-fleurs d'hiver, les carottes, le cĂ©leri, le salsifis, les petits pois, les haricots verts et enfin le melon. Durant la mĂȘme pĂ©riode, le Lot-et-Garonne est devenu une rĂ©gion fruitiĂšre. Le prunier d’Ente Ă©tait plus particuliĂšrement rĂ©coltĂ© dans le Villeneuvois. Les maladies qui affectĂšrent l'arbre, les conditions climatiques provoquĂšrent trop de variations dans les rĂ©coltes pour rĂ©sister Ă  la concurrence des pruneaux de Californie. Le chasselas a constituĂ© une grande nouveautĂ© lors de son introduction vers 1880-1885 Ă  Port-Sainte-Marie et Prayssas. S’y ajoutent le dĂ©veloppement des plantations de pommiers, pĂȘchers, cerisiers, poiriers et abricotiers dans les coteaux puis dans les deux grandes vallĂ©es.

Des agriculteurs de moins en moins nombreux

Majoritaires dans la population de Lot-et-Garonne au moment de la Seconde Guerre mondiale, les agriculteurs ne le sont plus dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1960. La diminution de la population active agricole s’est amplifiĂ©e ensuite : un peu plus de 50 000 actifs en 1962, 25 600 en 1982, moins de 15 000 selon les estimations de 2005 (plus en intĂ©grant les emplois saisonniers). La rĂ©duction de la population des mĂ©nages agricoles est un peu plus forte en raison de la diminution du nombre des personnes dans la cellule familiale. MalgrĂ© cela le Lot-et-Garonne compte encore une proportion d’actifs agricoles supĂ©rieurs Ă  la moyenne française. Cela tient en grande partie Ă  la rĂ©sistance des petites exploitations orientĂ©es dans des productions spĂ©cialisĂ©es qui utilisent une importante main-d’Ɠuvre.

Le nombre d’exploitations a diminuĂ© de moitiĂ© entre 1979 et aujourd’hui, passant de plus de 17 000 Ă  8 100 dans l’estimation de 2005. ParallĂšlement, la taille moyenne des exploitations n’a pas cessĂ© de croĂźtre entre ces mĂȘmes dates pour atteindre 36 ha en 2005 contre Ă  peine 20 ha en 1979. Curieusement, la part des exploitations de moins de cinq ha reste stable (proche de 25%), soit en raison de l’intensitĂ© de la production agricole quand il s’agit de lĂ©gumes, notamment sous serres, soit plus surement par poursuite d’une activitĂ© dans des fermes en voie de cessation d’activitĂ©. Ce sont les exploitations qui comptent entre 5 et 50 ha qui reculent en pourcentage et en nombre, au profit de celle de plus de 50 ha qui sont dĂ©sormais plus de 2 000. Si cette Ă©volution affecte les exploitations pratiquant polyculture et Ă©levage, elle concerne surtout celles qui se sont orientĂ©es vers la cĂ©rĂ©aliculture et les olĂ©agineux ainsi que celles qui se consacrent presque uniquement Ă  l’élevage. Ce sont les coteaux qui sont surtout touchĂ©s par cette Ă©volution. Celle-ci devrait se poursuivre de maniĂšre inexorable en raison de la part importante des agriculteurs ĂągĂ©s : 1/3 ont entre 50 et 60 ans, prĂšs de 25% ont plus de 60 ans. Cette situation influence les modes de faire-valoir et les structures des exploitations agricoles. Alors que le faire-valoir direct, caractĂ©ristique de la dimension familiale de l’agriculture en Lot-et-Garonne, occupait 80% de la surface agricole utile (SAU) en 1980, sa part est tombĂ©e Ă  moins de 50% d’aprĂšs les estimations de 2005, au seul profit du fermage qui est aujourd’hui le mode dominant. Le mĂ©tayage, longtemps trĂšs reprĂ©sentĂ©, notamment dans le Marmandais, Ă  l’origine de revendications nombreuses sur lesquelles le parti communiste a assis sa reprĂ©sentation, a quasiment disparu. Il est de plus en plus difficile d’entrer dans la profession d’agriculteur ou de prendre la suite d’une exploitation familiale, car le seuil de rentabilitĂ© s'est rĂ©guliĂšrement Ă©levĂ©. Ainsi la surface minimum pour permettre l’installation d’un jeune agriculteur est de 17 ha dans la plaine et de 23 ha dans les coteaux. Or, l’hectare de terre labourable dans les plaines de la Garonne et du Lot vaut 5 400 euros en 2005, 5 000 euros dans les coteaux sud de la Garonne, moins de 2 500 euros dans la partie orientale des Serres ou le FumĂ©lois. MĂȘme si la valeur vĂ©nale ne progresse plus depuis quelques annĂ©es, ces montants sont Ă©levĂ©s et cela explique en partie le succĂšs du fermage. Ces changements s’accompagnent d’une progression de l’agriculture de groupe. On compte ainsi 421 GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun).

Les agriculteurs lot-et-garonnais, comme leurs homologues des autres rĂ©gions agricoles françaises, ont profitĂ© de la politique agricole commune. Certes, cette derniĂšre jouait peu dans le domaine des fruits et lĂ©gumes, traversĂ© pourtant par des crises nombreuses et parfois sĂ©vĂšres en relation avec la chute des prix, la surproduction et la concurrence des pays du sud de l’Europe. Jusqu’aux annĂ©es 1990, la FNSEA et le MODEF Ă©taient les deux syndicats les plus influents en Lot-et-Garonne, le premier Ă  la tĂȘte de la Chambre d'agriculture quand le second se cantonnait dans un rĂŽle d’opposition dans la dĂ©fense des petites exploitations. La rĂ©forme de la PAC au dĂ©but des annĂ©es 1990 a profondĂ©ment modifiĂ© les rapports de force entre syndicats avec la montĂ©e en puissance de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne et surtout de la Coordination rurale. Dans les campagnes, des pancartes ou d’autres symboles dĂ©nonçaient la mort programmĂ©e de la petite agriculture familiale. Cette phase d’intense colĂšre paysanne a profitĂ© un peu Ă  la ConfĂ©dĂ©ration Paysanne et plus encore Ă  la Coordination Rurale qui a pris la prĂ©sidence de la Chambre d’agriculture. Le rĂ©cent scrutin, en 2007, a confirmĂ© le poids la Coordination Rurale, plutĂŽt de droite, dont la liste revendiquait « nourrir des hommes mĂ©rite un digne revenu Â». Elle garde donc la Chambre d’Agriculture sans ĂȘtre majoritaire. La FNSEA regroupe un tiers des membres des diffĂ©rents collĂšges, le MODEF reste stable Ă  11% et la ConfĂ©dĂ©ration paysanne s’effondre Ă  9%.

La production agricole au dĂ©but du XXIe siĂšcle

Si le Lot-et-Garonne demeure une rĂ©gion de polycultures en relation avec la petite dimension des exploitations de type familial et la volontĂ© de rĂ©partir le risque en pratiquant plusieurs cultures sur des terres suffisamment riches pour supporter une production intensive, la spĂ©cialisation dans les cultures vĂ©gĂ©tales s’impose et progresse au cours des cinquante derniĂšres annĂ©es. La force de ces changements a Ă©tĂ© analysĂ©e pour les exploitations des coteaux sud au cours du dernier demi-siĂšcle. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’exploitation type partageait ses surfaces et tirait ses revenus en trois grands tiers : Ă©levage, cĂ©rĂ©ales, vigne associĂ©e Ă  des arbres fruitiers. En 2000, la rĂ©partition est fondamentalement diffĂ©rente, surtout les revenus ne sont plus liĂ©s directement Ă  la superficie occupĂ©e. La vigne et l’élevage se sont effondrĂ©s. Les grandes cultures, cĂ©rĂ©ales et olĂ©agineux occupent plus de la moitiĂ© des terres mais contribuent plus modestement au chiffre d’affaires de la ferme. Les cultures lĂ©gumiĂšres et celles de semences de betteraves ont accru leur importance en superficie et ce sont elles qui assurent les rentrĂ©es financiĂšres les plus importantes. C’est le rĂ©sultat des progrĂšs de l’organisation en matiĂšre de commercialisation ainsi que l’influence des grandes firmes pour les semences de betterave. À l’opposĂ©, une grande partie des coteaux nord a choisi de se spĂ©cialiser dans les grandes cultures et l’élevage.

Ces mutations se retrouvent dans la valeur totale de la production agricole en Lot-et-Garonne estimĂ©e en 2005 Ă  655 000 euros (Ce chiffre est Ă©tonnamment bas et serait Ă  vĂ©rifier), soit quasiment six fois plus qu’en 1960, ou deux fois plus qu’en 1980. AprĂšs avoir lĂ©gĂšrement rĂ©gressĂ© au profit de l’élevage entre 1960 et 1970, la part des productions vĂ©gĂ©tales dans cette valeur finale atteint 73% en 2005. Si les cĂ©rĂ©ales y contribuent pour un peu plus de 10%, le poids des cultures lĂ©gumiĂšres et fruitiĂšres est important, de l’ordre de 30%. Ceci constitue une des particularitĂ©s fortes de l’agriculture lot-et-garonnaise. L’élevage est en repli, orientĂ© plus vers la production de viande que de lait. La production cĂ©rĂ©aliĂšre arrive nettement en tĂȘte tant par les superficies occupĂ©es que par le chiffre d’affaires (119 millions d’euros en 2005).

La culture du blĂ© est ancienne, prĂ©sente dans toutes les rĂ©gions agricoles de Lot-et-Garonne. Ce n’était pas le cas du maĂŻs dont la culture a progressĂ© de maniĂšre trĂšs spectaculaire en raison des prix attractifs et des investissements considĂ©rables rĂ©alisĂ©s par les collectivitĂ©s publiques, notamment le Conseil gĂ©nĂ©ral de Lot-et-Garonne, pour multiplier les capacitĂ©s d’irrigation. En 2005, 38% de la Surface agricole utile est irriguĂ©e, soit plus de 110 000 ha. Dans un premier temps le maĂŻs a pu se dĂ©velopper dans les plaines de la Garonne et du Lot, puis il a gagnĂ© les coteaux au rythme de la construction de retenues d’eau dans les rĂ©gions collinaires. On recense aujourd’hui plus de 3000 lacs dont la capacitĂ© thĂ©orique est proche de 90 millions de m3. Cette stratĂ©gie a atteint aujourd’hui ses limites avec le rĂ©chauffement climatique. Jamais les Ă©tiages de la Garonne n’ont Ă©tĂ© aussi modestes ces derniĂšres annĂ©es, jamais les lacs collinaires n’ont Ă©tĂ© aussi dĂ©pourvus d’eau. Les exploitants abandonnent progressivement le maĂŻs sur les terres les plus difficiles Ă  arroser : entre 2004 et 2005, les superficies consacrĂ©es au maĂŻs sont passĂ©es de 60 000 Ă  49 000 ha et les rendements ont chutĂ© fortement.

Parmi les olĂ©agineux, le tournesol, cultivĂ© en sec, profite du recul du maĂŻs sur les terres difficilement irrigables. Il occupe en 2005, 34 000 ha, soit 6000 de plus qu’en 2004. Le tournesol s’est rĂ©pandu dans les coteaux sud et nord de Lot-et-Garonne oĂč il occupe en moyenne de 10 Ă  35% de la SAU. Il est particuliĂšrement prĂ©sent dans le NĂ©racais oĂč sa diffusion doit beaucoup Ă  l’influence des exploitants voisins du Gers. Le colza est toujours devancĂ© par lesoja qui couvre prĂšs de 10 000 ha, en zone irriguĂ©e Ă  plus de 90%. Le chiffre d’affaires des olĂ©agineux est de 33 millions d’euros.

Le poids de la filiĂšre fruitiĂšre et lĂ©gumiĂšre se mesure plus au chiffre d’affaires rĂ©alisĂ© qu’aux superficies cultivĂ©es. Trois productions se dĂ©tachent nettement : 65 millions d’euros pour la prune Ă  pruneaux, 35 millions d’euros chacun pour la fraise et la tomate. Ces valeurs recouvrent l’ensemble des activitĂ©s de la filiĂšre et pas seulement le chiffre d’affaires des agriculteurs. Le Lot-et-Garonne compte en effet une vingtaine d’établissements de transformation des pruneaux et une trentaine de stations de conditionnement pour les fruits et lĂ©gumes. Il existe aussi un marchĂ© d’intĂ©rĂȘt national Ă  Agen et des nĂ©gociants privĂ©s trĂšs actifs Ă  Agen, Marmande et Villeneuve-sur-Lot.

Le verger de prune Ă  pruneau (prunier d’Ente) couvre plus de 8 000 ha et a livrĂ© prĂšs de 100 000 t en 2005 (il faut ensuite trois kg de prunes d’Ente pour obtenir 1kg de pruneaux d’Agen). Son dynamisme tient au contrĂŽle des opĂ©rations par la filiĂšre organisĂ©e autour du Bureau interprofessionnel du pruneau (BIP) qui a pour objectif de rĂ©guler le marchĂ© et d’assurer la promotion et la commercialisation du « pruneau d’Agen Â». Le BIP (crĂ©Ă© en 1963) a su passer le mauvais cap des annĂ©es 1970 (mauvaises rĂ©coltes et prix trop bas) et obtenir le soutien de Bruxelles. Les producteurs ont obtenu l’inscription des 118 cantons de l’aire de production dans une IGP (Identification gĂ©ographique protĂ©gĂ©e) qui garantit l’origine et la traçabilitĂ© des pruneaux d’Agen. La filiĂšre demeure toutefois trĂšs sensible aux alĂ©as climatiques et aux variations de la demande.

La culture de la fraise couvre prĂšs de 700 ha pour une production toujours supĂ©rieure Ă  12 000 t, ce qui place le Lot-et-Garonne au premier rang en Aquitaine (avec la Dordogne) et en France. La fraise est Ă©conomiquement importante pour le dĂ©partement de Lot-et-Garonne oĂč elle reprĂ©sente 20 % du chiffre d’affaires des fruits et lĂ©gumes et environ 10 % du chiffre d’affaires agricole du dĂ©partement. La culture de la fraise fait vivre environ un millier d’exploitations et livre prĂšs du quart des fraises françaises, notamment la variĂ©tĂ© gariguette qui arrive Ă  maturitĂ© dĂšs le dĂ©but du mois d’avril. Cette prĂ©cocitĂ© permet aux producteurs de fraises du dĂ©partement de Lot-et-Garonne de devancer les producteurs des autres dĂ©partements français et d’occuper seuls le marchĂ© pendant les trois semaines situĂ©es entre la fin des importations espagnoles et marocaines, et l’arrivĂ©e sur le marchĂ© de la production d’autres dĂ©partements. La trĂšs forte concurrence provoque un recul rĂ©gulier de la part de la production lot-et-garonnaise depuis une dizaine d’annĂ©es. Jusqu’alors cultivĂ©es en « plein champ Â» les diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s de fraise sont aujourd’hui placĂ©es sous abri de plastique et de plus en plus font l’objet d’une culture hors sol pour reprendre l’initiative face Ă  la concurrence. C’est en Lot-et-Garonne, que la fraise hors sol gagne le plus de terrain, avec aujourd’hui 65 ha. La production de fraise est prĂ©sente tout au long des deux vallĂ©es de la Garonne et du Lot, elle a Ă©galement gagnĂ© les coteaux proches surtout Ă  proximitĂ© des principaux centres de nĂ©goce : Marmande, NĂ©rac et Agen.

La tomate est une production destinĂ©e Ă  la fois au marchĂ© du frais et Ă  l’industrie de transformation. Pendant trĂšs longtemps, le dĂ©partement Ă©tait restĂ© en tĂȘte en France pour le volume de tomate, ne perdant sa position qu’au cours des annĂ©es quatre-vingts. Le Lot-et-Garonne rĂ©alise encore 10% environ de la production française. La production de tomate de conserve se fait en plein champ et est contractuelle, c’est-Ă -dire qu’avant la saison des accords sont passĂ©s entre producteurs et conservateurs, portant sur un prix et les tonnages Ă  livrer. Cette production est beaucoup moins intensive que celle des tomates d’expĂ©dition qui est beaucoup plus soignĂ©e et spĂ©culative. Ceci explique que la tomate de conserve couvre encore plus de 600 ha (deux fois moins pourtant qu’en 1980) pour une production de prĂšs de 50 000 t. La tomate destinĂ©e au marchĂ© de produits frais ne cesse de reculer en surface, 229 ha en 2005, car la culture en plein champ cĂšde le pas aux cultures sous serres, hors sol de plus en plus. La production de tomates pour le marchĂ© du frais est de 38 000 tonnes en 2005, soit sensiblement moins que la tomate de conserve. Le Marmandais, berceau d’origine de l’introduction de cette culture, fournit Ă  lui seul environ 23 000 tonnes. C’est dans cette ville que s’est dĂ©veloppĂ©e l'une des plus importantes exploitations en hors sol de France, sur un quinzaine d’hectares. Il s’agissait de rĂ©pondre Ă  la menace espagnole avec l’entrĂ©e de ce pays dans l’Union europĂ©enne et d’étaler la livraison sur une plus longue pĂ©riode. TrĂšs organisĂ©s au sein de diffĂ©rentes coopĂ©ratives pour mieux contrĂŽler les prix et la mise en marchĂ©, les producteurs restent soumis Ă  une vive concurrence, source de divisions entre les organisations, et ils doivent entrer dĂ©sormais dans des rĂ©seaux de commercialisation dominĂ©s par les agriculteurs du sud et de l’ouest de la France.

La vigne couvre plus de 8 000 ha, livre prĂšs de 400 000 hl ce qui reprĂ©sente prĂšs de 5% du chiffre d’affaires de l’agriculture dĂ©partementale, soit sensiblement la mĂȘme chose que le blĂ©. GrĂące aux efforts des viticulteurs locaux la vigne et le vin entrent dans une production de qualitĂ© bĂ©nĂ©ficiant du label AOC (Appellation d’origine contrĂŽlĂ©e). Trois zones dominent tant pour les superficies que pour les quantitĂ©s : le pays de Duras, les CĂŽtes du Marmandais (Beaupuy et Cocumont) et, surtout, le vignoble de Buzet. Toutes ont en commun d’ĂȘtre animĂ©es par des caves coopĂ©ratives qui ont su faire progresser la qualitĂ©, ouvrir de nouveaux dĂ©bouchĂ©s, mais sont soumises Ă  une vive concurrence. Ainsi, celles de Cocumont et Marmande ont dĂ» fusionner et opĂ©rer des restructurations douloureuses. Quelques vins de pays, comme celui des cĂŽtes du Brulhois, complĂštent cette gamme.

Les grandes régions de production agricole

Les plaines alluviales regroupent les terres les plus riches, des exploitants orientĂ©s vers le marchĂ©, et l'essentiel des cultures spĂ©cialisĂ©es de Lot-et-Garonne. Elles sont suivies par des voies de communication rapides, rĂ©centes, permettant une expĂ©dition accĂ©lĂ©rĂ©e des produits, grĂące Ă  la prĂ©sence de nombreuses villes qui apportent de multiples services. Dans l'ensemble, les petites exploitations sont infĂ©rieures Ă  15 ha, souvent mĂȘme beaucoup moins. L'irrigation est presque partout la rĂšgle, avec une prĂ©pondĂ©rance des pompages individuels dans la nappe ou directement dans les deux cours d'eau. Ne pouvant faire face avec sa famille au travail demandĂ© au moment de la collecte des fruits ou des lĂ©gumes, en plein Ă©tĂ©, l'exploitant fait appel Ă  des saisonniers. La MSA recense en 2005 plus de 28 000 salariĂ©s dans l’agriculture. La majeure partie de ces salariĂ©s sont des saisonniers. Ils venaient d'Espagne, plus particuliĂšrement des provinces du Sud, ou encore du Portugal. Ils arrivent dĂ©sormais du Maroc : prĂšs de 1000 en 2005 contre moins de 100 cinq ans plus tĂŽt. De nouveaux courants se dessinent actuellement en provenance des pays de l’Europe de l’Est rĂ©cemment entrĂ©s dans l’UE. Dans la rĂ©gion de Marmande, cĂ©rĂ©ales, cultures lĂ©gumiĂšres, tabac (en recul prononcĂ© Ă  la suite la fermeture de la Manufacture de Tonneins) et vigne dominent nettement. MĂȘme si les cĂ©rĂ©ales entrent dans les rotations culturales, la vocation lĂ©gumiĂšre et fruitiĂšre (notamment les pruniers) de la vallĂ©e du Lot est plus marquĂ©e avec des livraisons plus orientĂ©es vers la conserve. Le secteur d'Agen, de la confluence du Lot Ă  celle du Tarn avec la Garonne, tout en donnant beaucoup de place aux cultures lĂ©gumiĂšres et fruitiĂšres, est peut ĂȘtre le moins spĂ©cialisĂ© des trois.

Les grandes régions agricoles en Agenais

Coteaux et collines se dĂ©veloppent largement dĂšs qu'on quitte les plaines et terrasses des grandes vallĂ©es, exception faite des espaces densĂ©ment boisĂ©s des quarts sud-ouest et nord-est. En effet, dans les Landes et le FumĂ©lois, oĂč plus de 40% de la surface cadastrĂ©e est boisĂ©e, l'exploitation forestiĂšre domine, l'agriculture restant une activitĂ© secondaire dans le cadre de petites unitĂ©s de moins de 10 ha dont les propriĂ©taires occupaient un emploi complĂ©mentaire dans des Ă©tablissements industriels assez nombreux Ă  Casteljaloux ou Ă  Fumel.

MalgrĂ© un certain nombre de nuances, on observe nombre de similitudes dans les conditions de production des collines et coteaux de Lot-et-Garonne. Les terres y sont concentrĂ©es dans les mains de quelques paysans : les unitĂ©s y dĂ©passent frĂ©quemment 50 ha et la dimension s'accroĂźt au fur et Ă  mesure que l'on s'Ă©loigne des vallĂ©es. La situation Ă  l'Ă©cart des grandes infrastructures de transport influence les types de cultures possibles dans les coteaux et les collines et, par suite, la quantitĂ© de terre nĂ©cessaire Ă  un mĂ©nage agricole pour vivre sur l'exploitation. Élevage et cultures fourragĂšres sont les principales activitĂ©s agricoles des coteaux situĂ©s au nord de la vallĂ©e de la Garonne et du Lot. Les surfaces toujours en herbe y sont trĂšs rĂ©pandues, occupant 30% de la SAU et donnant lieu Ă  une exploitation sous forme de foin, complĂ©tĂ©e par des fourrages oĂč l'orge occupe une place prĂ©pondĂ©rante. Ceci explique l'existence d'un important troupeau de bovins, environ 45% de l'effectif dĂ©partemental, part qui est encore en accroissement. Entre le Lot et la Garonne, dans les Serres de l’Agenais, on retrouve le mĂȘme dualisme : cĂ©rĂ©aliculture traditionnelle, olĂ©agineux, fourrages, prairies naturelles et terrains de parcours pour le bĂ©tail, l'Ă©levage prenant parfois un caractĂšre extensif. Au sud de la Garonne, le NĂ©racais est marquĂ© par l'association cĂ©rĂ©aliculture et olĂ©agineux, le tournesol progressant le plus. Les cultures lĂ©gumiĂšres existent dans les communes les plus proches d’Agen. La vigne se maintient Ă  proximitĂ© de la coopĂ©rative viticole de Buzet, mais aussi en allant vers le Condomois (armagnac). Enfin entre Casteljaloux et Marmande rĂšgne la polyculture associant cĂ©rĂ©ales (place importante donnĂ© au maĂŻs), cultures spĂ©cialisĂ©es et Ă©levage.

Article de fond : GĂ©ographie de Lot-et-Garonne

Économie

Article de fond : Économie de Lot-et-Garonne

La pointe extrĂȘme de la forĂȘt landaise couvre le sud-ouest du dĂ©partement : les Landes du Lot et Garonne. Au sud-est, la viticulture domine (armagnac), ainsi qu'Ă  l'extrĂȘme nord oĂč notamment les cĂŽtes-de-Duras sont le prolongement du vignoble du Bordelais. Au nord de la Garonne, cultures et Ă©levage sont associĂ©s. Les vallĂ©es sont le domaine du maraĂźchage et des cultures fruitiĂšres (pruneaux d'Agen). Les principaux sites industriels sont Marmande, Tonneins, Fumel et Agen. Leurs industries sont diversifiĂ©es et de taille modeste. L'axe de transport Bordeaux-Toulouse traverse le dĂ©partement (canal, TGV, autoroute). Le Lot-et-Garonne est le premier producteur de France de kiwis, noisettes et fraises. Outre le vin de Duras -patrie de Marguerite- on trouve le Buzet, le cĂŽte de Marmande. Superficie : 5 361 kmÂČ ; population (1999) : 305 380 habitants ; densitĂ© de population : 57 habitants / kmÂČ.

Tourisme

Tourisme rural et fluvial (200 km de voies navigables), bastides, chĂąteaux, gastronomie, golfs, fĂȘtes estivales.

Voie verte (piste cyclable) de 87 km le long du canal de Garonne. Véloroute (itinéraire cycliste) le long de la vallée du Lot.

Communes ayant plus de 10% de résidences secondaires

Selon le recensement gĂ©nĂ©ral de la population du 8 mars 1999, 6 % des logements disponibles dans le dĂ©partement Ă©taient des rĂ©sidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes du Lot-et-Garonne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10% des logements totaux.

Politique

Article de fond : Politique de Lot-et-Garonne

Administration

Article de fond : Administration de Lot-et-Garonne

Personnalités, Lot-et-Garonnais célÚbres

Divers

Villes Population
Agen 35 121
Villeneuve-sur-Lot 24 515
Marmande 18 082
Tonneins 9 487
Le Passage d'Agen 9 335
NĂ©rac 7 519
Sainte-Livrade-sur-Lot 6 347
Bon-Encontre 6 068

Villages

Voir aussi

Liens externes

Sources

Notes

  1. ↑ http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/les_prefectures/votre_prefecture/047/
  2. ↑ http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/pages2008/xls/dep47.xls
  3. ↑ Les hivers froids ne sont pas rares et des gelĂ©es trĂ©s fortes sont enregistrĂ©es dans ce dĂ©partement(-23,5°C Ă  Lavardac en Janvier 1985).Agen peut connaitre de longues journĂ©es sans dĂ©gel Ă  cause du fameux brouillard glacĂ© garonnais.Papy Louis, Atlas et gĂ©ographie du Midi atlantique, p.27, Paris, Flammarion, 1982
  4. ↑ a , b , c  et d  DonnĂ©es mĂ©tĂ©orologiques en ligne de la station d'Agen-La Garenne sur le site d'Infoclimat : http://www.infoclimat.fr/climatologie/index.php?s=07524&aff=details
  • Portail de Lot-et-Garonne Portail de Lot-et-Garonne
  • Portail de l’Aquitaine Portail de l’Aquitaine

44°20â€ČN 00°30â€ČE / 44.333, 0.5

Ce document provient de « Lot-et-Garonne ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Département de Lot-et-Garonne de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Departement du Lot-et-Garonne — Admin ASC 2 Code Orig. name DĂ©partement du Lot et Garonne Country and Admin Code FR.97.47 FR 
   World countries Adminstrative division ASC I-II

  • DĂ©partement de Tarn-et-Garonne — Tarn et Garonne Tarn et Garonne 
   WikipĂ©dia en Français

  • DĂ©partement de la Haute-Garonne — Haute Garonne 43° 25â€Č 01″ N 1° 30â€Č 00″ E / 43.417, 1.5 
   WikipĂ©dia en Français

  • Lot-Et-Garonne — Administration 
   WikipĂ©dia en Français

  • Lot-et-Garonne — Administration Pays 
   WikipĂ©dia en Français

  • Lot et Garonne — Administration 
   WikipĂ©dia en Français

  • Lot-et-Garonne — [[Datei:|100px|Wappen des Departements Lot et Garonne]] Region Aquitaine PrĂ€fektur Agen 
   Deutsch Wikipedia

  • DĂ©partement du Lot — Lot (dĂ©partement) Pour les articles homonymes, voir Lot. Lot 
   WikipĂ©dia en Français

  • Lot-et-Garonne — (spr. lott e garĂłnn ), Departement im sĂŒdwestlichen Frankreich, nach den FlĂŒssen Lot und Garonne benannt, aus den Landschaften Agenais, Bazadais und Condomois der ehemaligen Provinzen Guyenne und Gascogne gebildet, grenzt im N. an das Depart.… 
   Meyers Großes Konversations-Lexikon

  • Lot-et-Garonne —   [lɔtega rɔn], DĂ©partement in SĂŒdwestfrankreich, Region Aquitanien, um die MĂŒndung des Lot in die Garonne, 5 361 km2, 305 000 Einwohner; Verwaltungssitz: Agen.   
   Universal-Lexikon


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.