Dombrot-sur-Vair

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Dombrot-sur-Vair

48° 15â€Č 56″ N 5° 53â€Č 20″ E / 48.2655555556, 5.88888888889

Dombrot-sur-Vair
Administration
Pays France
RĂ©gion Lorraine
DĂ©partement Vosges
Arrondissement NeufchĂąteau
Canton Bulgnéville
Code commune 88141
Code postal 88170
Maire
Mandat en cours
Jacques Defer
2008 - 2014
Intercommunalité Communauté de communes de Bulgnéville entre Xaintois et Bassigny
DĂ©mographie
Population 251 hab. (2006)
DensitĂ© 28 hab./kmÂČ
GĂ©ographie
CoordonnĂ©es 48° 15â€Č 56″ Nord
       5° 53â€Č 20″ Est
/ 48.2655555556, 5.88888888889
Altitudes mini. 310 m — maxi. 399 m
Superficie 9,04 km2

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Dombrot-sur-Vair est une commune française, située dans le département des Vosges et la région Lorraine.

Sommaire

GĂ©ographie

Dombrot-sur-Vair, village Ă  l'est de l'autoroute A31 E21, est situĂ© Ă  mi-chemin entre La Neuveville-sous-ChĂątenois (au nord) et Saint-Remimont (au sud) et ne doit pas ĂȘtre confondu avec un autre du mĂȘme dĂ©partement, Dombrot-le-Sec, symĂ©triquement opposĂ© Ă  ContrexĂ©ville, plus au sud.

La commune de Dombrot-sur-Vair (anciennement "Bouzey"), dans le canton de BulgnĂ©ville et l'arrondissement de NeufchĂąteau, est un village qui s’étend dans la vallĂ©e du Vair sur une longueur approximative de 1 200 m, appuyĂ© par ses extrĂ©mitĂ©s sur deux coteaux de peu d'Ă©lĂ©vation. Son altitude (mentionnĂ©e en 1889 par l'instituteur) est de 325 m. MalgrĂ© quelques habitations Ă©parses, il prĂ©sente quatre agglomĂ©rations distinctes dont les noms ont subi quelques altĂ©rations ou changements depuis le siĂšcle dernier. Ce sont, en allant du midi au nord et par ordre d’importance :

  • le quartier de l’église ;
  • la rue de Vaux (anciennement la BroviĂšre) ;
  • la SerriĂšre (anciennement la PoiriĂšre) ;
  • la rue du Saint (autrefois rue de la Belle Croix).

Cette derniĂšre seule se trouve sur la rive droite du Vair, se reliant Ă  la rue de Vaux par un pont de reconstruction rĂ©cente en 1907. Enfin Ă  deux kilomĂštres environ, vers HouĂ©court, se trouve le moulin de la GraviĂšre qui eut autrefois son importance comme moulin banal destinĂ© aux habitants de la seigneurie et faisant partie d’une seigneurie distincte, celle du Ban de Velay.

Administration

Liste des maires successifs
PĂ©riode IdentitĂ© Étiquette QualitĂ©
1989 en cours Jacques Defer    
1988 1989 Jean Didier    
1971 1988 RenĂ© Pierre    

DĂ©mographie

La décroissance de la population (typique de l'exode rural) fut déjà mentionnée en 1889 par l'instituteur, auteur de la monographie locale). La commune ne compte plus de nos jours que la moitié environ (254 habitants en 1999) du nombre relevé (496) lors du recensement de 1866. Avec 363 habitants en 1886, ce furent donc un tiers des villageois qui "émigrÚrent" en 20 ans.

Évolution dĂ©mographique (Source : INSEE[1])
1792 1866 1886 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
environ 500 496 363 234 240 240 255 237 247 254 251
Nombre retenu Ă  partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Histoire

Depuis son origine, le village a dĂ» porter le nom de Bouzey. Les plus vieux documents le prĂ©sentent comme terre de nom et d’arme du Chevalier de Bouzey, mais Ă  raison de divers partages de la Seigneurie et pour Ă©viter Ă  l’antique famille du seigneur le dĂ©sagrĂ©ment d’avoir dĂ» comparsionner dans la terre de son nom et d’armer, le Duc de Lorraine LĂ©opold, par lettre patente du 20 janvier 1715, changea le nom du village d’ailleurs trĂšs rapprochĂ©, qui jusque lĂ  s’était appelĂ©, l’un Dombrot (Dombrot-le-Sec) et l’autre Bouzey. L’ancien Bouzey dut dĂšs lors porter le nom de Dombrot, et le nom de Bouzey fut donnĂ© au village appelĂ© aujourd’hui Dombrot-le-Sec. Ces changements furent-ils acceptĂ©s avec empressement par les populations ? Il est permis d’en douter. Longtemps les noms primitifs furent maintenus ; aujourd’hui encore dans le langage populaire, la localitĂ© continue de s’appeler Bouzey, en patois "Bougeye".

A la RĂ©volution, l’abolition du vestige de la fĂ©odalitĂ© Ă©tant regardĂ©e comme une mesure de salut public, les noms d’origine seigneuriale durent disparaĂźtre. Les deux villages, qui une premiĂšre fois avaient fait Ă©change de nom, durent s’appeler l’un et l’autre "Dombrot". La proximitĂ© du lieu pouvant amener la confusion dans les actes administratifs, il fut convenu que celui-ci serait dĂ©signĂ© sous le nom de Dombrot-sur-Vair et l’autre Dombrot-le-Sec, par une raison basĂ©e sur leur position gĂ©ographique. Concernant l’étymologie de chacune de ces dĂ©nominations, voici l’origine probable du premier Dombrot, Dom nouveau prĂ©fixe joint au nom du patron Brice. Ne trouve-t-on pas dans le voisinage bon nombre d’appellations identiques : Dom-Martin, Dom-Julien, Dom-Vallier, Dom-RĂ©my. Quant au premier Bouzey, la tradition est unanime Ă  l’attribuer au mot "boue", c’est une opinion que semble justifier la nature de son sol.

Les Curés

Liste des curés successifs
Période Identité Notes
1674 Louis de Vaucouleurs curé de "Bouzey", nommé ensuite à Saint-Remimont.
1677 Dieudonné Mangeot
1689 Philippe Simonin
avant 1760 Simonin Alors "ancien curé", est signalé à La Neuveville-sous-Chùtenois,
à propos de l'exécution du testament d'une veuve.
Les données antérieures et/ou intermédiaires ne sont pas connues.

1750 – Ă©glise primatiale

(développement à "revoir")

La maison de Bouzey

Administration avant la RĂ©volution

Officier de l’administration

Il faut savoir que l'organisation administrative de la communautĂ© Ă©tait rythmĂ©e : Tous les ans au mois de dĂ©cembre, se tenaient les plaids annaux, au nom du haut et puissant seigneur du lieu. Sur la rĂ©quisition et sous la prĂ©sidence du "juge-garde" assistĂ© de son greffier, tous les habitants Ă©taient rassemblĂ©s Ă  une heure convenue sur la place publique, chacun Ă©tait tenu de s’y rendre sous peine de 5 francs d’amende. LĂ  sur la rĂ©quisition du procureur d’office, Ă©taient rappelĂ©s Ă  tous les rĂšglements de police, puis il Ă©tait procĂ©dĂ© Ă  la nomination locale des "officiers" qui prĂȘtaient serment, sĂ©ance tenante, de remplir leurs fonctions en conscience et avec justice. Voici en partie le texte des plaids annaux de 1749 :

« Cejourd’hui 29 novembre 1749 au greffe de la Haute Justice de Dombrot ancien Bouzey, dix heures du matin.
Au nom de l’AuthoritĂ© du Haut et Puissant Seigneur, messire Jean Claude, comte de Bouzey, PrĂȘtre PrĂ©lat Domestique de sa SaintetĂ©, rĂ©fĂ©rendaires des signatures de GrĂące et de justice, Conseiller prĂ©lat en la Cour Souveraine de Lorraine et Barrois, Grand Doyen de l’insigne Ă©glise primatiale de Nancy, abbĂ© commanditaire de Belchamp, seigneur usufruitier des terres et seigneurie de Dombrot et de Vellay, en tous droits de haute, moyenne et basse justice, et de haut et Puissant Seigneur, Messire AdhĂ©mar de Monteil de Brunier (Alexandre d'AdhĂ©mar), Comte de Marsanne, Chevalier de l’Ordre militaire de Saint-Louis et de haute et puissante Dame Anne DorothĂ©e, Comtesse de Bouzey, son Ă©pouse, Seigneur et Dame propriĂ©taire des dites terres et seigneuries.
Les plaids annaux de la haute Justice de Bouzey ont Ă©tĂ© tenus Ă  la maniĂšre ordinaire par devant nous Jean Joseph LALLEMAND, avocat Ă  la Cour, Juge Garde en la haute Justice, en prĂ©sence de Claude BOUTON, greffier en icelle et Ă  la rĂ©quisition de Messire Alexis POMMIER, procureur d’Office, aprĂšs que tous les bans ont Ă©tĂ© avertis par le sergent de s’y trouvĂ© Ă  peine d’une amende de cinq francs contre chaque personne, et en prĂ©sence desquels avons procĂ©dĂ© Ă  la crĂ©ation des officiers comme s’en suit ...
  • pour maire, continuĂ©, Antoine NOIROT
  • pour lieutenant de maire, continuĂ©, Claude GRAVIER
  • pour greffier, continuĂ©, Claude BOUTON
  • pour sergent, continuĂ©, Pierre COLLIN
  • pour bangard, continuĂ©, Jacques RENAUDE et Pierre MARTIN
  • pour forestiers de l’affouage du Putaumont, Joseph RANCK et Jean EVRARD
  • pour forestiers de l’affouage du Houfosse, Pierre DORGET et Jean Pierre MANƒUVRE
  • pour gardes de cabaret Jean VELLOT et François NOIRTIN
  • pour garde chasse et pĂȘche, continuĂ©, Jean DORGET
  • pour forestiers des bois seigneuriaux, pour surveillants des bangards, forestiers, garde chasse et pĂȘche et de cabarets, continuĂ©, Pierre COLLIN et Joseph DELPORTE
De tous lesquels officiers 
 Â»

On voit par lĂ  que la police locale est confiĂ©e Ă  un grand nombre de fonctionnaires. Il n’y a plus lieu de s’étonner de la multitude de dĂ©lits de toute nature, constatĂ©s dans les annales judiciaires.

Le Maire

Aucun document ne renseigne sur l’étendue des pouvoirs du Maire. On sait que pour certaines dĂ©cisions, il est assistĂ© des bans ou notables du lieu. À quoi est due cette qualification de notable ? Est-ce Ă  l’instruction ou plutĂŽt Ă  la position de fortune ? Aucun registre de dĂ©libĂ©ration des membres de la communautĂ© ne figure aux Archives pour l’époque qui a prĂ©cĂ©dĂ© la RĂ©volution.

Instruction avant la RĂ©volution

L’instruction Ă©tait donnĂ©e en principe par un maĂźtre d’école ou rĂ©gent d'Ă©cole, appelĂ© Ă  diriger les enfants des deux sexes. EngagĂ© pour l’hiver seulement, c’est-Ă -dire, de la Saint-Martin Ă  la Saint-Georges, le rĂ©gent d’école installait sa classe dans une chambre louĂ©e par lui et qui lui servait en mĂȘme temps d’atelier, car outre ses fonctions d'enseignant, de chantre et de sacristain, il se trouvait dans la nĂ©cessitĂ©, pour supplĂ©er Ă  ses maigres Ă©moluments, d’exercer tantĂŽt la profession de tailleur, tantĂŽt celle de tisserand ou de cordonnier. Une grande table autour de laquelle s'installaient les enfants pouvant Ă©crire, un tableau noir, quelques bancs autour de la salle pour les plus petits, voilĂ  tout le mobilier des Ă©coles primitives.

Liste des régents d'école successifs
Date d'engagement Identité Remarques
1672 Pierre Noël Originaire de Sandaucourt.
1711 Claude Anthoine
1716 Pierre Mangin
1720 Jean Claude
1729 Joseph MĂ©rel
1739 Jean Baptiste Ballard
1764 Joseph Huin Exerça dans la localitĂ© jusqu’à la RĂ©volution.
Aucun de ses 8 ou 9 enfants ne s’établit dans le village.

Les matiĂšres enseignĂ©es Ă  l’école sont la lecture, l’écriture, le catĂ©chisme et pour quelques-uns le chant. Voici le plus ancien traitĂ© passĂ© entre les habitants et un maĂźtre. En 1672, les habitants de Bouzey

« traictent avec Pierre NOEL, jeune garçon de Sandaucourt, pour qu’il exerce les fonctions de RĂ©gent d’école, pendant un an Ă  la Saint Martin, Ă  la condition que chacun des dits habitants luy donneront un bichet de blĂ©, savoir un imal pour l’eau bĂ©nite et l’autre pour ce qu’il sera de service et par les enfants qui iront Ă  l’escole devant luy, luy donneront chacun par feu, deux carolin, scavoir pour ceux qui escrivent et qui apprennent leur plainchant et pour ceux qui ne feront que de dire leurs leçons, luy donneront un gros, et par chacun habitants, luy iront quĂ©rir un chair de bois, moyennant qu’il soit en charroy, et Ă  chacun service hault qu’on cĂ©lĂ©brera, aura le quart du curĂ© et pour les basses nul, et le logeront et porteront quitte et franc de toutes contributions, tant ordinaires qu’extraordinaires, hormis les frais d’église et de fontaine, et aussi sera obligĂ© d’aller sonner les Ave Maria, soir et matin, et quand il sera nĂ©cessaire pour les nuĂ©es et pour la gellĂ©e il en sera obligĂ©, et pour ce aura aussi de chacun logis une gerbe de bled, et une d’avoine, et de tout quoy de part et d’autre a Ă©tĂ© accordĂ©, sans prĂ©judice des droits ordinaires qu’ils ont du sieur CurĂ© et pour meilleure assurance sont tous soubsignĂ©s et nĂ©antmoins est rĂ©servĂ©e la volontĂ© du sieur CurĂ©. Â»

Plus tard, dans ces sortes de traitĂ©s, on trouve quelques modifications, en ce sens que l’instituteur, nommĂ© par le curĂ©, est ensuite agrĂ©Ă© par les habitants. Puis, au lieu de lui fournir une ou deux voitures de bois de chauffage Ă  prendre dans les bois communaux, ce sont les enfants qui sont chargĂ©s de livrer Ă  tour de rĂŽle, les bĂ»ches nĂ©cessaires au chauffage de la classe.

DĂ©veloppement de l’instruction

En feuilletant les registres paroissiaux de baptĂȘmes, de mariages et de sĂ©pultures (antĂ©rieurs Ă  ceux de l'Ă©tat civil), on verra que, vers la fin du XXVIIIe siĂšcle, la majeure partie de la population se trouvait Ă  peu prĂšs illettrĂ©e. C’est sans doute pour remĂ©dier Ă  cet Ă©tat de chose que dĂšs 1754, monsieur le prĂ©lat de Bouzey, en vue de combattre l’ignorance, fonda des Ă©coles gratuites Ă  Dombrot, qu’il dota au moyen de revenus en argent et en nature. (Voir un peu plus loin transcription du texte de cette fondation dans ses dispositions essentielles !) En 1774, il versa au MonastĂšre du refuge Ă  Nancy une somme de 14 000 livres, sous l’obligation pour cet Ă©tablissement de verser annuellement une somme de 400 livres au Maire de la seigneurie de Bouzey pour ĂȘtre employĂ©e en partie pour les Ă©coles gratuites, et l’autre en faveur d’un bureau de charitĂ© Ă  crĂ©er, le tout conformĂ©ment Ă  un rĂšglement Ă  faire par lui ou par le seigneur foncier, son neveu par alliance, Ă©poux de Anne DorothĂ©e de Bouzey. Ces dispositions se trouvent dĂ©veloppĂ©es dans l’acte authentique de 1754 passĂ© devant MaĂźtre TRANCHOT, notaire au bailliage de Nancy. Cependant le 7 novembre 1755, le MonastĂšre se libĂ©ra de cette rente en remboursant Ă  Monsieur le PrĂ©lat le montant du dĂ©pĂŽt de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Alors il Ă©crivit au bas de l’acte de rĂ©trocession ce qui suit :

« Pour remplir l’intention que j’ay depuis long-temps, d’établir Ă  Dombrot anciennement Bouzey des Ă©coles gratuites et un bureau de CharitĂ©, et pour satisfaire Ă  l’engagement que j’ay pris par le prĂ©sent contrat du 7 novembre 1755, de consacrer de mon vivant Ă  cet Ă©tablissement oĂč de faire donner aprĂšs mamort, par ma succession pour ce mĂȘme Ă©tablissement jusqu’à la concurrence de 14 000 livres, en fonds de terres, contracts de constitution, ou bĂątiment nĂ©cessaires, je dĂ©clare approuver, confirmer et rattifier la cession que j’ay faite dĂšsle 7 novembre 1755, date des contrats cy-dessus, au profit des Ă©coles gratuites et bureau de CharitĂ© de Dombrot :
1. D’un gagnage situĂ© dans cette terre du rapport actuel de huit paires, que j’ai acquis de Nicolas PETELOT et Anne JACQUINOT sa femme, par contract passĂ© devant Me BILLECART le 7 fĂ©vrier 1752, moyennant la somme de 2800 livres payĂ©e comptant.
2. D’un autre gagnage situĂ© Ă  MĂ©nil-en-Xaintois du rapport annuel de deux paires et demi, rendues au dit Dombrot, que j’ai acquis de Michel HUOT et Barbe Nicole GRAND-MESSEIN sa femme, par contract passĂ© devant Me LALLEMAND, notaire royal Ă  BallĂ©ville
3. D’un capital de 450 livres portant rente au denier vingt, provenant d la vente que j’ay faite Ă  François DELAURIER et Margueritte MOUGIN sa femme, par contract passĂ© devant ledit LALLEMAND, d’une maison que j’avais prĂ©cĂ©demment acquise Ă  Dombrot, le 3 avril 1755.
4. Je donne encore et transporte aux dites Ă©coles et Bureau, la cession Ă  moi faite devant Me BILLECART le 15 de ce mois, par le sieur SĂ©bastien Antoine de Braux du contrat de 8 000 livres Ă  leur du par l’Abbaye de Saint-BenoĂźt, passĂ© devant DELATTRE le 31 mars 1746, auquel de Braux, j’ay dĂ©livrĂ© comptant et de mes deniers la dite somme de huit mille livres le dit jour 15 de ce mois pour la dite cession ; toutes lesquelles sommes particuliĂšres reviennent Ă  celle grosse de 12257 francs, laquelle jointe aux frais de contracts, controlle, sceau, prise de possession des deux gagnages, et Ă  ce que coĂ»tera la maison d’école passera surement et de beaucoup la somme par moy promise de 14 000 livres.
Je me rĂ©serve au surplus pendant ma vie, la disposition des rentes et revenus des dits contracts et gagnages et la libertĂ© de rĂ©gler la maniĂšre dont je veux qu’il soit disposĂ© de tout aprĂšs ma mort. En foi de quoy j’ay signĂ© Ă  Nancy, ce 19 mars 1756. Le PrĂ©lat de Bouzey Â»

Le 31 mars 1756, par arrĂȘt de la Cour souveraine de Lorraine, la dite fondation est approuvĂ©e et enregistrĂ©e pour ĂȘtre mise Ă  exĂ©cution. En 1761, le Donateur fit bĂątir de ses deniers la maison d’école occupĂ©e vers 1900 encore par l’instituteur et oĂč se trouve la salle d’école des filles. DĂšs le principe les bĂątiments Ă©taient agencĂ©s de maniĂšre Ă  suffire Ă  la tenue des deux Ă©coles et au logement de l’instituteur et de l’institutrice. Ce n’est qu’en 1833 que l’école des garçons a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e dans un autre local, l’ancienne salle trop petite, basse mal Ă©clairĂ©e, humide, ne rĂ©pondant pas Ă  sa destination. Quant au rĂšglement, on en ignore le motif, le fondateur remis ce soin Ă  M. d’AdhĂ©mar de Marsanne, Comte de Bouzey son neveu par alliance, lequel aprĂšs bien des difficultĂ©s en confia la rĂ©daction Ă  M. BALTHAZAR, notaire Ă  Nancy en 1774. Cet acte, trop long pour ĂȘtre reproduit ici entiĂšrement, Ă©nonce ces principales dispositions :

« M. Alexandre d’AdhĂ©mar de Brunier de Monteil (Alexandre d'AdhĂ©mar), Comte de Marsanne, marquis d’Hudicourt, Ancien premier Gentilhomme de la Chambre de feue sa MajestĂ© le Roi de Pologne, bailly d’épĂ©e du Bailliage de NomĂ©ny, seigneur de Dombrot, pour exĂ©cuter les intention du PrĂ©lat de Bouzey a dressĂ© le prĂ©sent rĂšglement ; Monseigneur l’EvĂȘque est suppliĂ© de l’approuver et agrĂ©er pour l’exĂ©cution de la fondation.
  • 1. Le Juge Garde et procureur d’Office des seigneuries de Dombrot, sont chargĂ©s de veiller Ă  l'exĂ©cution de la fondation et du prĂ©sent rĂšglement, assisteront aux assemblĂ©es et y prĂ©sideront, auront voix dĂ©libĂ©ratives, veilleront exactement Ă  la conservation des hĂ©ritages 
etc.
  • Art. 6 : L’intention de M. le PrĂ©lat de Bouzey aiant Ă©tĂ© qu’il se tienne dans la mĂȘme maison deux Ă©coles sĂ©parĂ©es, l’une pour les garçons et l’autre pour les filles, et qu’à cet effet, il y a deux salles construites dans la mĂȘme maison, l’école pour les garçons sera toujours tenue dans la salle qui y est destinĂ©e, de la part du maĂźtre d’école, dont il tiendra la clef ; il sera chargĂ© des rĂ©parations locatives de la mĂȘme salle ; sans qu’il puisse prĂ©tendre y faire sa rĂ©sidence, ny dans le surplus de la ditte maison, ny jouir d’aucune dĂ©pendance d’icelle. Le maĂźtre d’école, indĂ©pendamment de ce qu’il peut percevoir des habitants et communautĂ© jouira du gagnage de MĂ©nil-en-Xaintois, Ă  commencer Ă  la Saint-Martin prochaine, soit en grain, soit en argent, Ă  son choix, dont le bail aprĂšs celui actuel expirĂ©, sera passĂ© en sa prĂ©sence par les Juge-Garde et procureur d’Office, le Maire et les notables, sous caution solidaire ; cette jouissance Ă©tant accordĂ©e au dit maĂźtre d’école, Ă  charge par luy expressĂ©ment d’apprendre les priĂšres, le catĂ©chisme, lire et Ă  Ă©crire aux enfants pauvres de Dombrot et ban de Vellay, selon l’état qui en sera dressĂ© chaque annĂ©e, par les sieurs CurĂ©, le Maire et les notables, dont il sera remis un double audit MaĂźtre d’école, sans qu’il puisse exiger chose quelconque des dits enfants pauvres. Il demeurera en outre chargĂ© d’acquitter les ceux des droits seigneuriaux et autres qui pourraient ĂȘtre affectĂ©s sur ce mĂȘme gagnage.
  • Art. 7 : L’établissement d’une maĂźtresse d’école pour les filles de Dombrot, a Ă©tĂ© l’objet principal de Monsieur le PrĂ©lat de Bouzey pour sa fondation, et le soulagement des pauvres. Le droit de la nomination de la maĂźtresse d’école pour les filles demeura Ă  perpĂ©tuitĂ© rĂ©servĂ© au seigneur du lieu et de Removille au dit Lieu, Ă  charge par elle de se faire approuver par l’ordinaire. Elle sera tenu de tenir l’école pendant toute l’annĂ©e, aux heures qui luy seront fixĂ©es, selon les saisons ; elle sera tenue d’apprendre gratuitement Ă  toutes les filles indistinctement de Dombrot et du Ban de Vellay, leurs priĂšres, le catĂ©chisme, Ă  lire et Ă  Ă©crire ; elle sera tenue pareillement d’apprendre aussi gratuitement aux filles pauvres Ă  coudre, Ă  filler, Ă  tricoter ; lesquelles filles s’assembleront Ă  cet effet dans la maison, soit dans la salle qui leur est destinĂ©e, soit dans sa chambre Ă  son choix, Ă  des heures diffĂ©rentes de celles qu’elle tiendra l’école, et leur fournira de la lumiĂšre en hyver et Ă  ses frais, veillera Ă  ce que les pĂšres et mĂšres et ceux chargĂ©s du soin de ces mĂȘmes filles, en cas d’heure nocturne de leur sortie de la maison, Ă  ce qu’elles soient accompagnĂ©es pour se retirer chacune Ă  leur rĂ©sidence. L’écolle se tiendra dans la mĂȘme salle de la maĂźtresse d’école. Elle jouira d’un logement suffisant dans la mĂȘme maison tel qu’il sera dĂ©signĂ© par le Juge-Garde et le procureur d’Office du seigneur, de la cave, de l’écurie, du grenier et du potager, Ă  charge d’entretenir ce qui sera destinĂ© Ă  son usage 

Outre le logement, le potager et ce qui est marquĂ© ci-dessus, la maĂźtresse d’école jouira des revenus du gagnage de Dombrot Ă  commencer Ă  la Saint-Martin prochaine, soit en grain ou en argent Ă  son choix, dont le bail aprĂšs celui actuel expirĂ© sera passĂ© en sa prĂ©sence 

  • 4. De la rente du capital de 450 livres dĂ» par François DELAURIER et Margueritte MOUGIN sa femme, ou de la rente de ce qu’on rĂ©cupĂšrera du prix de l’immeuble qui leur a Ă©tĂ© vendu et ce sans garantie Ă  cet Ă©gard, ni recherche contre la sucession de Monsieur le PrĂ©lat de Bouzey
  • 5. Enfin de la rente du prix des arrĂ©rages des canons des deux gagnages, scavoir de celui cy-dessus mentionnĂ© et de celui de MĂ©nil-en-Xaintois, Ă©chus Ă  la Saint-Martin 1762 jusque et y compris celui qui Ă©cherra Ă  la Saint-Martin 1774, sur le prix des quels arrĂ©rages de canons sera prĂ©levĂ© ce qu’il faudra pour les rĂ©parations qui peuvent ĂȘtre Ă  faire Ă  la maison pour la mettre en Ă©tat d’habitation et du surplus en former un capital au denier vingt Ă  titre de constitution
  • 8. Sur les arrĂ©rages de la rente du capital de 8 000 livres dĂ» par l’Abbaye de Saint-BenoĂźt-en-Voivre, courus depuis le 30 mars 1761 jusqu’à pareil jour de 1774 seront prĂ©levĂ©s sur le montant d’iceux les frais de dĂ©boursĂ©s rĂ©pĂ©tĂ©s par le sieur CurĂ© de Dombrot pour raison de l’exĂ©cution de la fondation et ceux pour la mettre en vigueur, du surplus sera formĂ© un capital selon l’article second par contrat de constitution, dont la rente ainsi que celle des 8 000 livres seront employĂ©s au soulagement des pauvres au profit desquels est la fondation. Â»

De ces articles essentiels du rĂšglement, est extrait surtout ce qui concerne la dotation des Ă©coles gratuites et du Bureau de bienfaisance. Le gagnage sis Ă  Dombrot qui constitue la fondation prĂ©citĂ©e est d’aprĂšs les anciennes dĂ©clarations de 42 jours de terres arables, soit environ 8 hectares et quelques parcelles de prĂ©, dont la contenance n’est pas toujours dĂ©terminĂ©e. Le tout louĂ© au dĂ©tail, est aujourd’hui d’un rapport de 325 livres.

Les biens de la dite fondation furent exposĂ©s Ă  quelles vicissitudes Ă  l’époque de la RĂ©volution. En vertu de la loi du 13 brumaire an II, les fondations relatives aux Ă©coles devinrent biens nationaux. Celle qui concerne le village subit le sort commun. Le petit gagnage du MĂ©nil-en-Xaintois fut totalement perdu pour les habitants, ainsi que les 400 livres de rentes annuelles constituĂ©es sur l’abbaye de Saint-BenoĂźt de Voivre, par le dĂ©pĂŽt d’un capital de 8 000 livres. Quant au gagnage de Dombrot, il n'a Ă©tĂ© conservĂ© que grĂące Ă  la persĂ©vĂ©rance, aux pressantes instances des municipaux aprĂšs du chef du district de Mouzon-sur-Meuse. Le 23 frimaire an III ou 13 dĂ©cembre 1794, les biens fonds dudit gagnage furent louĂ©s Ă  diffĂ©rents habitants par les soins des administrateurs du district. Enfin le 20 nivĂŽse an V ou 9 janvier 1797, le Bureau de CharitĂ© Ă©tait rĂ©organisĂ© sur de nouvelles bases, rentrant en possession, non seulement des immeubles confisquĂ©s temporairement, mais de divers capitaux formant un total de 11 486 francs. Depuis cette Ă©poque les divers revenus de cet Ă©tablissement ont suffi pour l’entretien de l’école gratuite des filles et la rĂ©tribution de secours aux indigents, malades ou nĂ©cessiteux.

Agriculture, industrie, commerce avant la RĂ©volution

Agriculture

Avant 1789, la population de Dombrot s’adonnait comme jusqu'Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale Ă  la culture du blĂ©, de l’avoine. Essentiellement agricole donc, elle Ă©coulait sur les marchĂ©s de Mirecourt et de NeufchĂąteau l’excĂ©dent de sa production. L’élevage du bĂ©tail Ă©tait aussi pour elle une source de revenu. À diffĂ©rentes Ă©poques on trouve des rĂšglements, des arrĂȘtĂ©s particuliers concernant les oies, les porcs. En 1720, dĂ©fense est faite aux habitants de nourrir plus de 12 oies par mĂ©nage et de les conduire dans les prĂ©s attendu que les dĂ©jections des oies dans l’herbe causent la mortalitĂ© du bĂ©tail. Le 7 octobre 1753, sur la demande des habitants, prĂ©sentĂ©e par Joseph CHARPENTIER et Jean EVRARD pour les affouagistes du Putaumont, Jean Joseph LALLEMAND Juge Garde audit Dombrot, rĂšgle la glandĂ©e ainsi qu’il suit :

« Le nombre de porcs Ă  conduire Ă  la glandĂ©e ne pourra pas ĂȘtre supĂ©rieur Ă  50 non compris ceux des Seigneurs et admodiateurs et ceux qu’il a droit d’y envoyer lui mĂȘme en qualitĂ© d’admodiateur. Â»

Le prix de la journĂ©e de travail pour les ouvriers agricoles n’était pas supĂ©rieur Ă  15 sols outre la nourriture et pour les femmes de 8 Ă  10 sols.

Industrie et commerces

Il n’existait pas dans la localitĂ© d’autre industrie que celle du chanvre. Les travaux des champs n’occupant pas tous les bras, bon nombre de particuliers exerçaient, une grande partie de l’annĂ©e, la profession de filassier ou chanvrier, activitĂ© toute particuliĂšre au village, et exercĂ©e de pĂšre en fils jusqu’au dĂ©but du XXe siĂšcle. Il n’y avait pas de commerce, si ce n’est celui du bĂ©tail, d’ailleurs peu important. Vers 1789, on y comptait deux dĂ©bits de boissons, le mĂȘme nombre que vers 1890-1900.

Voies de communication en 1907

  • Les voies de communication :

Celles reliant Dombrot aux communes voisines Ă©taient des plus dĂ©fectueuses. Le chemin vers Sandaucourt, complĂštement abandonnĂ© depuis 1836, est aujourd’hui impraticable mĂȘme comme chemin d’exploitation rurale, sur la plus grande partie de son Ă©tendue, prĂ©sentant un sol accidentĂ©, fangeux et ravinĂ©. Le chemin vers Laneuveville, rectifiĂ© vers 1840, n’était guĂšre praticable pendant les temps pluvieux, traversĂ© qu’il Ă©tait par des ruisseaux qui gĂȘnaient considĂ©rablement la circulation, couvrant parfois la chaussĂ©e

  • Ponts :

C’est en 1691 que fut construit sur le Vair, le premier pont en bois, reliant la rue de la Belle Croix, Ă  celle de la BroviĂšre (aujourd’hui rue de la Fontaine) lequel a Ă©tĂ© dans la suite remplacĂ© par un ouvrage de plus de soliditĂ©. VoilĂ  Ă  peu prĂȘt toutes les voies de communication dont pouvaient profiter nos anciens, ajoutons y un chemin vers Auzainvilliers, Ă  l’état de sentier aujourd’hui tellement accidentĂ© que je doute qu’il ait jamais Ă©tĂ© praticable pour les voitures. La route la plus Ă  proximitĂ© Ă©tait la route nationale no 66 traversant la vallĂ©e du Vair Ă  HouĂ©court Ă  5 km de notre village.

Situation démographique de la commune avant la Révolution

En 1792, la population Dombrot Ă©tait de 500 habitants environ, d’aprĂšs un Ă©tat de rĂ©quisition pour les armĂ©es, population bien supĂ©rieure Ă  celle d’un siĂšcle plus tard (du temps de la rĂ©daction de la monographie de l'instituteur) qui ne compte que 363 habitants. On y remarquait des familles nombreuses se composant parfois de 7 ou 8 enfants qui presque tous se fixaient sur le sol natal, ou dans les localitĂ©s voisines. Le courant d’émigration actuelle qui porte vers les villes, les individus souvent les plus robustes ou les plus intelligents n’existait pas alors au grand profit de l’agriculture et de l’industrie locale. Quant Ă  l’instruction, elle laissait beaucoup Ă  dĂ©sirer, si nous en jugeons par les tableaux de mouvement de la population

1. Naissances de 1773 Ă  1782 inclus Registre de baptĂȘmes

Nombre de naissances Nombre de parrains Nombre de marraines Ayant signĂ© N’ayant pas signĂ© Ayant signĂ© N’ayant pas signĂ© 121 110 11 58 63

La moyenne des naissances est donc de 12 tandis qu’aujourd’hui elle est de 7

2. Mariages de 1773 Ă  1782 inclus

annĂ©e Nombre de mariages Nombre de mariĂ©s Nombre de mariĂ©es Ayant signĂ© N’ayant pas signĂ© Ayant signĂ© N’ayant pas signĂ© 1773 6 6 0 3 3 1774 4 4 0 3 1 1775 4 4 0 1 3 1776 4 4 0 0 4 1777 3 3 0 1 2 1778 6 5 1 1 5 1779 5 4 1 1 4 1780 4 4 0 0 4 1781 4 4 0 0 4 1782 1 1 0 0 1 total 41 39 2 10 31

3. SĂ©pultures

Année Nombre de décÚs 1773 12 1774 4 1775 25 1776 9 1777 4 1778 20 1779 7 1780 7 1781 11 1782 8 total 107

Nous n’avons Ă  la mairie aucun registre de dĂ©libĂ©rations, antĂ©rieur Ă  1789

Fiat à Dombrot sur Vair le 1er mars 1889 L’instituteur LEFEVRE

Curiosités

Vestiges d’antiquitĂ©s

Traces d'habitations

A plusieurs reprises, et sur divers points du territoire de la commune, ont été faites des découvertes de tuiles plates épaisses, à rebords, dites "tuiles romaines", notamment au "Tiosselot".

  • Au sommet d’un petit coteau dominant la rue de "la BroviĂšre", des dĂ©bris ainsi que des fondations, des pierres noircies, font prĂ©sumer que lĂ  se trouvaient des habitations, oĂč d’aprĂšs la tradition devaient se trouver le Palais de Justice et le lieu d’exĂ©cution capitale.
  • Au canton du "Ras" ou "Hasa" (dĂ©rivĂ© de "Case"), le sol bouleversĂ© offrant çà et lĂ  des dĂ©molitions, des dĂ©pressions et des tertres successifs semble attester que lĂ  aussi se trouvaient jadis des habitations.
  • Vers le moulin de la GraviĂšre, entre le canton de prairie dit "le Chaudron de Vellay" et le Moulin de la GraviĂšre, des carriers ont dĂ©couvert des fondations contre lesquelles se trouvait un squelette humain. Ces ruines doivent dĂ©pendre du groupe dont il reste seulement le Moulin de la GraviĂšre et connu autrefois sous le nom de Vellay ou "Ban de Vellay "et qui devait avoir une certaine importance pour donner son nom Ă  la Seigneurie spĂ©ciale du Ban de Vellay.

Couvent, Chapelle Saint Martin et Vieux Moulin

Sur une petite Ă©minence, dominant la rive gauche du Vair en face du "canton du Courtisel" au lieu-dit "La Chapelle", existent des ruines considĂ©rables d’un couvent Ă©rigĂ©, dit la tradition, par les BĂ©nĂ©dictins de Metz et dĂ©truit vers le milieu du XVIe siĂšcle. Un peu au-dessous Ă©tait bĂąti sur la rive gauche du Vair, un moulin qui a donnĂ© son nom au petit canton de CheneviĂšre avoisinant le Vieux Moulin et dĂ©truit, dit-on, par la jalousie du propriĂ©taire du moulin banal et seigneurial de la GraviĂšre. Le moulin et une ferme voisine faisaient partie des biens que possĂ©daient encore en 1527 les BĂ©nĂ©dictins du MonastĂšre de Saint-Martin. Quant Ă  l’origine du couvent et Ă  sa destruction, nul document ne peut renseigner d’une maniĂšre prĂ©cise Ă  cet Ă©gard. Toujours est-il qu’en 1587, les bĂątiments du MonastĂšre avaient dĂ» disparaĂźtre, car le Moulin restant fut louĂ© Ă  bail, d’aprĂšs un acte authentique intervenu entre un seigneur de Removille et Martin SINGUET, abbĂ© commanditaire du monastĂšre de Saint-Martin-devant-Metz, qui laissait Ă  bail « son molin, molant farine, avec les autres biens et terres appartenant aux dits religieux BĂ©nĂ©dictins sur le Ban de Bouzey, HouĂ©court, Laneuveville Â».

C’est vers 1603 que toutes les dĂ©pendances de l’ancien monastĂšre, ainsi que d’autres terres sur le Ban de ChĂątenois, Morelmaison et Laneuveville furent cĂ©dĂ©es au Chapitre de la Primatiale de Nancy, d’oĂč est venu le nom de "Biens de la PrĂ©manciale" que porte encore le canton avoisinant celui de la Chapelle. Sur les ruines de l’ancien couvent et Ă  l’angle Est des bĂątiments disparus, fut Ă©difiĂ©e par la suite une petite chapelle dĂ©diĂ©e Ă  l’invocation de Saint Martin ainsi qu’un ermitage dont il reste quelques pans de mur, l’une et l’autre en grande vĂ©nĂ©ration chez les anciens. On prĂ©tendait que dans les temps de grande sĂ©cheresse, il suffisait d’une procession Ă  la chapelle de Saint-Martin pour obtenir la pluie Ă  bref dĂ©lai. La tourmente rĂ©volutionnaire renversa l’ermitage, saccagea la chapelle dont la cloche fut transfĂ©rĂ©e Ă  la chapelle de Belmont oĂč elle se trouvait encore peu avant 1914. Cette chapelle n’a Ă©tĂ© dĂ©molie entiĂšrement qu’en ? par un incendie attribuĂ© Ă  des pĂȘcheurs.

ChĂąteau de Bouzey

Le reste d'une tour (d’environ 6 Ă  7 mĂštres d’élĂ©vation, adossĂ© Ă  un monceau de dĂ©combres et de ruines) sous laquelle on a dĂ©couvert vers 1850 une vaste cave assez bien conservĂ©e, est tout ce qui subsiste de l’ancien manoir de Bouzey. La base de cette tour offre un vaste espace voĂ»tĂ© qui servit de cave Ă  Monsieur PERRIN, propriĂ©taire vers 1885-1905, mais dont la destination devait ĂȘtre tout autre Ă  l’origine. Compulser les anciens jugements relatifs aux condamnations correctionnelles permet de trouver cette mention : « Ledit NOIRTIN Quentin est condamnĂ© Ă  huit jours de prison, et subira sa peine dans la tour du chĂąteau. Â» Les murs de cette construction solidement bĂątie en moellons d’échantillon, en plein mortier de chaux et de sable sur une Ă©paisseur de 1 mĂštre 90 Ă  2 mĂštres et demi, offrent la plus grande soliditĂ© prĂ©sentant vers l’est une sorte de meurtriĂšre sans doute destinĂ©e Ă  l’usage des armes Ă  feu. Si on en croit la tradition, un chemin couvert partant du chĂąteau avait une issue au milieu du bois du Putaumont. Quoi qu’il en soit, ce bĂątiment devait ĂȘtre bien considĂ©rable, fortifiĂ© entourĂ© d’un fossĂ© d’enceinte, marquĂ© par endroit par la dĂ©pression du sol. C’est ce castel que dĂ©truisirent vers 1634, les troupes françaises employĂ©es au siĂšge de La Mothe, en raison de la part prise par Jean de Bouzey Ă  la dĂ©fense de l’indĂ©pendance lorraine. Outre cette antique demeure Ă  proximitĂ© de l’église, les sires de Bouzey bĂątirent Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la rue de Vaux, une autre demeure seigneuriale dont il reste encore deux pavillons, dĂ©signĂ©s sous le nom de ChĂąteau. Était ce lĂ  la demeure de quelques membres de la famille ou bien Ă©tait il destinĂ© Ă  remplacer celui qui avait Ă©tĂ© rasĂ© par les envahisseurs ?Les renseignements recueillis Ă  cet Ă©gard sont assez vagues. Le style de l’architecture en ferait remonter la construction vers 1640.

Autres antiquités

Furent trouvés dans la localité:

  • vieilles monnaies Ă  l’emplacement du Vieux Moulin
  • une piĂšce d’argent au millĂ©sime 1694 derriĂšre chez M. IRROY (contemporain de l'un ou l'autre des 2 auteurs des monographies),
  • des poignĂ©es de sabres, des casques, des armes diverses et quantitĂ© de squelettes, au lieu dit Le Cougnot lors de la construction d’un hangar dans la propriĂ©tĂ© de Michel Pierrot, ce qui ferait prĂ©sumer que le siĂšge du chĂąteau a coĂ»tĂ© beaucoup d’hommes Ă  l’ennemi.

Personnages célÚbres

  • Famille de Bouzey, seigneurs du lieu
Article dĂ©taillĂ© : Maison de Bouzey.

État des personnes avant la RĂ©volution

Le Clergé

D’aprĂšs les nombreux documents conservĂ©s tant au presbytĂšre qu’à la mairie, Bouzey faisait partie du diocĂšse de Toul, doyennĂ© de Vittel, bailliage de NeufchĂąteau, auparavant celui de Vosges. Le Chapitre de Remiremont y prĂ©levait les dĂźmes pour les 2/3 et le curĂ© du lieu pour l’autre tiers, Ă  charge par le Chapitre d’entretenir un chapelle latĂ©rale Ă  gauche du ChƓur de l’Église, ce dernier devant ĂȘtre entretenu par le pasteur.

Les revenus ecclĂ©siastiques pour l’époque Ă©taient considĂ©rables :

  • Le curĂ© tirait le 1/3 des grosses et menues dĂźmes, sur les rĂ©coltes, blĂ©, avoine, fruits, lĂ©gumes, laine, poules, oies, canards et enfin sur tous les produits de la ferme
  • Il avait la jouissance de biens considĂ©rables, connus sous le nom de "biens" (ou "bouvrot"), exempts d’impĂŽts, cultivĂ©s par corvĂ©e. Chaque laboureur du lieu Ă©tant tenu de faire trois jours de charrue, aux Ă©poques convenables et sur rĂ©quisition de l’intĂ©ressĂ©.
  • Le casuel, les fondations nombreuses, les messes et offices rĂ©tribuĂ©s par la communautĂ© en vertu de conventions particuliĂšres.

Certains pasteurs, comme M. SIMONIN, admodiateur des biens du "bouvrot", s’appliquaient entiĂšrement Ă  l’exercice de leur ministĂšre ; mais d’autres dirigeaient eux-mĂȘmes leur exploitation, se livrant Ă  l’élevage du bĂ©tail, ainsi qu’il est constatĂ© par un procĂšs verbal d’un bangar Ă  la date de 1682 qui avait trouvĂ© dans les champs d’avoine du Lutaumont 7 bĂȘtes de haut poil appartenant Ă  M. le CurĂ© MANGEOT qui pour ce fait est condamnĂ© Ă  l’amende.

La culture par corvée du "bouvrot"

C’est en 1674 qu’il est question pour la premiĂšre fois de cette corvĂ©e imposĂ©e par le curĂ© aux habitants du lieu. À cette Ă©poque, Louis de Vaucouleurs, curĂ© de Bouzey ayant Ă©tĂ© appelĂ© Ă  la paroisse de Saint-Remimont, eut pour successeur DieudonnĂ© MANGEOT qui, pendant son sĂ©jour Ă  Bouzey, occupa l’activitĂ© des tribunaux. D’un caractĂšre irascible et altier Ă  en juger et par ses Ă©crits et par les plaintes de ses administrĂ©s, il fut sans cesse en prise tantĂŽt avec les seigneurs, tantĂŽt avec les manants. A son arrivĂ©e, il dĂ©buta par faire condamner les habitants de la commune Ă  rebĂątir le presbytĂšre qui, selon lui, n’était pas convenable pour recevoir et hĂ©berger les religieux qu’il avait Ă  recevoir. MalgrĂ© le jugement mĂȘme rĂ©itĂ©rĂ©, les travaux rĂ©clamĂ©s ne furent exĂ©cutĂ©s qu’au temps de son successeur Philippe SIMONIN, en 1689 et dĂ©faut d’un logement restaurĂ©, il s’en prit aux bras de ses paroissiens et exigea la culture par corvĂ©e du biens du "bouvrot". En vain les malheureux dĂ©jĂ  surchargĂ©s et de corvĂ©es et de redevances de toutes sortes prĂ©sentĂšrent ils leur dolĂ©ance, disant que « jamais dans la paroisse une semblable servitude eĂ»t Ă©tĂ© de rĂšgle Â». Leurs reprĂ©sentants avouĂšrent bien avoir ouĂŻ dire d’anciens que, soixante ans auparavant, les terres Ă©taient cultivĂ©es parfois gratis par les paroissiens, mais par acte de seule et libre volontĂ©. Le PrĂ©sidial de Toul, Ă  qui l’affaire fut soumise, donna gain de cause au curĂ©. Mais tout ne fut pas fini suivant ce document de 1679 :

« supplient les Maire et habitants de Bouzey, visant que chaque annĂ©e, ils sont obligĂ©s de faire chacun trois jours de charrues en trois divers temps Ă  leur curĂ© et ce pour ? de corvĂ©e, et luy de son chef Ă  leur bailler Ă  chacun un repas auparavant ce travail, et aprĂšs Ă  chacun une michette de pain, comme il s’est toujours pratiquĂ©, Ă  quoy les suppliants ayant satisfait de leur part, le sieur curĂ© est refusant de satisfaire Ă  la sienne. Ce considĂ©rĂ©, ils demandent commission pour l’assigner. Â»

MalgrĂ© cette supplique, la michette fut supprimĂ©e et la corvĂ©e maintenue. La justice approuva les raisons de la dĂ©fense qui allĂ©gua que si, dans certains lieux, au retour de la charrue, le laboureur reçoit une michette, c’est par pure libĂ©ralitĂ©, mais n’y a aucun droit, une corvĂ©e n’entraĂźnant Ă  aucune rĂ©tribution. Cette sentence ne fut pas au grĂ© des demandeurs dont quelques-uns sans doute se trouvĂšrent surchargĂ©s arbitrairement. Le 18 septembre 1678, onze d’entre eux firent rĂ©diger et signĂšrent ce texte :

« Touchant Ă  ce que les paroissiens de Bouzey sont obligĂ©s Ă  faire des corvĂ©es au sieur CurĂ© de Bouzey, savoir : trois jours de charrue, verser, semer les blĂ©s et aux avoines, et comme est de coutume que les corvĂ©es se doivent faire tous ensemble et en les terres du Bouvrot du dit Bouzey, en y allant autrement, ça serait dĂ©sordre et confusion ; tous les dits paroissiens ont fait ensemblement un esdit entre eux, qu’à l’avenir ils ne feront les dites corvĂ©es ensemblement. En cas qu’il n’en soit commandĂ© que deux ou trois par le sieur CurĂ©, il advertiront les aultres et s’y trouveront tous. Et sy le sieur CurĂ© ne prĂ©tend faire travailler que ceux qu’il aura commandĂ©s, ils reviendront tous et ny seront obligĂ©s non plus que les aultres. Et sy il en prend quelques-uns Ă  partie, ils seront tous conjoints et amis et le dĂ©fendront en fait communal et pour effectuer au prĂ©sent motif ont de leur convention mis une boisson d’une pistolle aux contrevenants aulx profits des aultres paroissiens et tous les frais qui pourront en advenir, il sera aussi obligĂ© de les payer. De tout quoy a Ă©tĂ© dressĂ© le prĂ©sent acte pour servir et valloir le cas Ă©chĂ©ant et pour assurance plus grande ils ont tous obligĂ© tout un bien, subvenir Ă  tout jugement. Â»

Le 4 fĂ©vrier 1675, dix sept « manans et habitans de Bouzey faisant et reprĂ©sentant la plus grande et entiĂšre partie du corps de la communautĂ© dilluy, se portant forts de leurs chonhabitants absents desquels ils promettent l’agrĂ©ment et rattification Ă©tablissent pour leur procureur gĂ©nĂ©ral et spĂ©cial Demange REGNAULT et Claude BOUTON, leur donnant pouvoir et mandement de reprĂ©senter leur dite communautĂ© pour tous les jugements Ă  dehors d’icelle pour rĂ©pondre Ă  toutes les affaires que leur pourra advenir par le sieur CurĂ© tout Ă  charge que Ă  dĂ©charge et suivant leur conscience. » MalgrĂ© cet esprit de rancune de la part du pasteur en dĂ©mĂȘler en justice, la foi religieuse ne semble pas faiblir, les pratiques de dĂ©votion sont en grand honneur Ă  en juger d’aprĂšs les traitĂ©s onĂ©reux consentis par les habitants de la CommunautĂ© et dont voici un Ă©chantillon en date du 30 novembre 1677 :

« Cejourd’hui dernier novembre 1677 sont comparus Messire DieudonnĂ© MANGEOT prĂȘtre curĂ© de Bouzey d’une part, les maire et habitants du mĂȘme lieu d’aultre part, ont fait un traitĂ© et accord par ensemble qui s’ensuivent, sçavoir que le dit sieur CurĂ© continuera les services de festes vouĂ©e en aprĂšs dĂ©nommĂ©es de la St SĂ©bastien, de la Translation de St Nicolas en May, de S Ro ? et de S GĂ©ra, de S Hubert, de Ste Anne Ă  raison de vingt et un gros par service, tant messe que vespres que lesdits ? s’obligent par ces prĂ©sentent Ă  luy payer. Quant aulx offrandes, elles sont de dĂ©votions et non d’obligation. Le tout du temps que nous serons audit Bouzey de part et d’autres, sans obligation aux successeurs pour les dites festes vouĂ©es. D’ailleurs ont accordĂ© entre eux que ledit sieur CurĂ© dira aussi et cĂ©lĂ©brera messe haute et requiem pour chacun lundi de chacune semaine pendant trois ans consĂ©cutifs Ă  raison de 40 francs par an que les dits habitants s’obligent de luy payer par quartier. De plus pour les deux services sçavoir, l’un du lendemain, de la feste de St Denis, patron de la dite paroisse et du lendemain de la toussaint, accorde audit sieur CurĂ© trois francs par chacun service moyennant quoy, le dit CurĂ© relasche la moitiĂ© des offrandes pour aider Ă  payer les dits services qui dureront et se continueront comme les dites festes vouĂ©es, et quant au tronc, ce qui se trouvera se partagera esgallement la moitiĂ© au dit sieur CurĂ© et l’aultre au profit de l’eglise. Ce que les dites parties de part et d’autre ont promis. Et Ă  l’instant les nommĂ©s et soussignĂ©s dessou ? aul nom de la dite communautĂ© ont accordĂ© au dit sieur MANGEOT, CurĂ© douze francs pour fournir le vin pour dire la messe au nom et des charges des habitants qui sont obligĂ©s le dit accord pour trois ans consĂ©cutif. Â»

Dans ces stipulations, il n’est plus question des matines ni des processions qu’ils payaient bien malgrĂ© eux en 1675.

Nomination et étendue des attributions du curé

La nomination du curĂ© appartient Ă  l’EvĂȘque de Toul, si l’on en juge d’aprĂšs la piĂšce suivante nommant un prĂȘtre du voisinage pour remplir les fonctions curiales de Bouzey pendant que Messire DieudonnĂ© MANGEOT soutenait un grand procĂšs contre les habitants au sujet de la possession ou de la jouissance d’un canton de prairie Le Bure.

« Cejourd’hui 14° du mois de juin 1671 au lieu de Bouzey, Nous soussignĂ© Estienne LAFOSSE Mayeur au dit Bouzey Ă  l’assistance et prĂ©sence de Blaise PARENT et Michel ESTIENNE greffier, certifions Ă  tous qu’il appartiendra que suivant un pouvoir de Monseigneur l’illustrissime et rĂ©vĂ©rendissime EvĂȘque et Comte de Toul, donnĂ© Ă  Messire Jean Anthoine MORISOT, prĂȘtre et chapelain de la Chapelle de Saint SĂ©bastien de Parey Saint Ouen, il s’est aujourd’hui transportĂ© exprĂšs ensuite au pouvoir du lieu de Bouzey pour y servir et faire les fonctions curiales dans la dite paroisse, ou estant ayant Ă©tĂ© demandĂ© les clefs du tabernacle, et la clef des ornements, et ce au pĂšre du Sieur MANGEOT et Ă  sa mĂšre lesquels ont fait refus des dites clefs. Â»

Outre l’exercice de son ministĂšre, le curĂ© avait parmi ses attributions « la surveillance de l’école, la nomination du RĂ©gent d’école Â», par une sorte de traitĂ© dont nous donnerons plus loin un extrait. Il avait en outre sa place dans les assemblĂ©es communales, notamment lorsqu’il s’agissait de prĂ©senter aux bans du lieu les pauliers et dĂ©cimateurs pour la levĂ©e des dĂźmes.

Ancienne Ă©glise de Dombrot

Elle a dĂ» disparaĂźtre en 1778 pour faire place Ă  l’église actuelle. C’était Ă  cette Ă©poque une vieille construction, sombre, humide, si dĂ©labrĂ©e qu’elle menaçait ruine suivant le rapport de l’architecte CARON de NeufchĂąteau, chargĂ© de se prononcer sur l’urgence de la restauration ou de la reconstruction. Une tour massive supportĂ©e par 4 Ă©normes pilastres sĂ©parait le ChƓur de la nef principale. Au cĂŽtĂ© droit du ChƓur se trouvait la chapelle Ă©difiĂ©e par le Chevalier Christophe 1er de Bouzey et entretenue par ses descendants. À gauche la chapelle du Chapitre de Remiremont. De l’ornementation de ce vieil Ă©difice, il nous reste quelques tableaux parfaitement conservĂ©s :

  • un Saint Jean-Baptiste portant la date de 1613
  • le saint sĂ©pulcre portant la date de 1621

Les Seigneurs de Bouzey

En remontant Ă  l’époque la plus reculĂ©e, d’aprĂšs les piĂšces et documents qui ont Ă©chappĂ© Ă  la destruction, cette terre appartenait Ă  :

  • Jean 1er de Bouzey, en 1304,
  • Jean II, le 10 avril 1401,
  • Nicolas, Vautrain II, Jean III et Guillaume de Bouzey, chacun pour un quart, le 26 fĂ©vrier 1470.

La portion de Nicolas n’est jamais sortie de la maison Bouzey et, pour cette raison, s’est appelĂ©e en toute occasion "seigneurie du lieu". Les trois autres portions, par suite d’alliances ou d’hĂ©ritages, ont formĂ© plus tard 3 seigneuries distinctes : Removille, LignĂ©ville et Dommartin.

La "seigneurie du lieu" passa successivement :

  • par contrat de mariage, de Nicolas Ă  Mengin (son fils) le 30 juin 1496,
  • par ligne directe Ă  Jean IV le 28 avril 1547,
  • Ă  François III, le 5 aoĂ»t 1567,
  • Ă  Christophe, le 6 novembre 1600.

Ce dernier fit rentrer dans sa maison les seigneuries de Removille, Lignéville et moitié de celle de Dommartin, et transmit ainsi les 3 quarts et demi des terres de son nom à Henri II de Bouzey (son fils), par contrat de mariage le 24 novembre 1629.

AprĂšs la mort de celui-ci, la terre de Bouzey revint par hĂ©ritage Ă  Antoine, qui en aliĂ©na une partie et cĂ©da l’autre Ă  son frĂšre Joseph de Bouzey (pĂšre du MarĂ©chal de Bouzey) qui possĂ©dait en outre la terre de Dombrot (Dombrot-le-Sec). Pour ĂŽter Ă  la maison de Bouzey (qui possĂ©dait la terre de Dombrot en totalitĂ©) le dĂ©sagrĂ©ment d’avoir des comparsonniers Ă©trangers, le duc LĂ©opold, par lettres patentes du 20 janvier 1715, registrĂ©es en la Cour Souveraine et Ă  la Chambre des Comptes les 16 et 19 fĂ©vrier, dĂ©cida que les deux villages Ă©changeraient leur nom :

« LĂ©opold, par la grĂące de Dieu, duc de Lorraine et de Bar 
 Ă  tous prĂ©sent et avenir salut les Sujets de nos États qui ont le bonheur de se signaler dans les siĂšcles par leur valeur et leur dĂ©vouement Ă  leurs souverains ayant servi de modĂšle aux autres nations par leur fidĂ©litĂ© Ă  toute Ă©preuve, les Ducs, nos prĂ©dĂ©cesseurs leur ont donnĂ© en tous temps des marques Ă©clatantes de leur reconnaissance et n’ont laissĂ© aucun des services qui leur ont Ă©tĂ© reniĂ©s sans sa juste rĂ©compense.
Cette maxime de Justice et de GĂ©nĂ©rositĂ© est passĂ©e jusqu’à nous, comme par succession. Nous l’avons hĂ©ritĂ© de nos aĂŻeux avec le sang et dĂšs notre avĂšnement Ă  la couronne, nous avons eu un soin particulier de reconnaĂźtre le mĂ©rite de nos sujets et de faire rejaillir sur leur descendants la gloire et la rĂ©compense dues aux belles actions de leurs ancĂȘtres.
Dans ces vues nous avons mis en considĂ©ration le zĂšle, la fidĂ©litĂ© et attachement de notre trĂšs cher et fĂ©al sieur Nicolas Joseph Comte de Bouzey, lieutenant commandant une compagnie de chevau-lĂ©gers de notre garde, et l’un de nos chambellans et nous avions en mĂȘme temps rappelĂ© en notre souvenir les services signalĂ©s que ses ancĂȘtres auraient rendu aux Ducs nos prĂ©dĂ©cesseurs, et l’attention qu’ils auraient toujours eue de conserver dans leurs familles, par des alliances dignes d’eux, la puretĂ© de leur ancienne noblesse, de laquelle nous aurions fait examiner les titres justificatifs par les sieurs (suivant les noms et qualitĂ© des quatre vĂ©rificateurs) lesquels en qualitĂ© de commissaire par nous nommĂ©s Ă  cet effet auraient reconnu par un contrat de vente de plusieurs immeubles situĂ©s en la Seigneurie de Bouzey, passĂ© le 10 avril 1401 par devant Robert, tabellion gĂ©nĂ©ral en notre prĂ©vĂŽtĂ© de ChĂątenois, que le sieur Jean de Bouzey, seigneur du dit lieu aurait Ă©pousĂ© Damoiselle Marie de Beaufremont et qu'en l’annĂ©e 1425, les sieurs Thiriet, Henri, Vautrin, Jean, Bougno et Malclerc de Bouzey, aussi seigneurs au dit Bouzey auraient Ă©tĂ© appelĂ©s dans les principales assemblĂ©es de la Noblesse de notre Province et bailliage de Vosges et y auraient le rang et sĂ©ance comme gentilshommes de premier rang.
Il aurait aussi apparu aux dits commissaires, par une sentence des assises de notre dite province de VĂŽge du 19 dĂ©cembre 1435 par le testament du dit sieur Thiriet de Bouzey du 21 avril 1436, et par le partage des biens du 25 novembre. Avant comme aussi par deux autres titres des annĂ©es 1473 et 1499 que le sieur Guillaume de Bouzey qui avait Ă©pousĂ© Jeanne de Malain, et le sieur LiĂ©baut de Bouzey mariĂ© Ă  catherine de thuilliĂšres, Ă©taient frĂšres des dits Vautrin et Jean Bougno de Bouzey. Que Barbe de Bouzey aurait Ă©pousĂ© le sieur Jacques de Savigny, seigneur de Monthureux, et que Catherine de Bouzey aurait Ă©tĂ© mariĂ©e au sieur RenĂ© d’Anglure, vicomte d’EstĂŽges et de Bassigny. Le sieur Nicolas de Bouzey, seigneur du dit Boouzey, du Ballion de Saint Elophe et de Brancourt voulant imiter ses ancĂȘtres aurait Ă©pousĂ© DidiĂšre de Barezey, dont il aurait eu le sieur Mengin de Bouzey, auquel il aurait inspirĂ© ses sentiments, ce qui aurait Ă©tĂ© reconnu par l’alliance qu’il aurait contractĂ© le 30 juin 1496 avec damoiselle Adeline de Salvan, fille du sieur Jeannon de Salvan, seigneur de Valleroy aux Saules, et de dame Adeline d’Autrey son Ă©pouse, le sieur Jean de Bouzey, seigneur de Dombrot et de Saint Germain, fils du dit Jean Bougno de Bouzey et petit-fils de thiriet de Bouzey, les sieurs Georges de Savigny, Jean du Moustier et François de la Vaux, auraient assistĂ© Ă  la passation de leur contrat de mariage, par lequel il aurait Ă©tĂ© stipulĂ©, qu’en considĂ©ration d’une donation de dix huit mille francs de prĂ©ciput qui aurait Ă©tĂ© faite Ă  la dite Adeline de Salvan par ses pĂšres et mĂšres, les enfants qui naĂźtraient de leur mariage seraient tenus et obligĂ©s de porter les noms et armes de la Maison de Salvan, et ne pourraient reprendre celui et celles de Bouzey qu’en cas que la ligne collatĂ©rale de la Maison du dit Bouzey viendrait Ă  s’éteindre, ce qui aurait Ă©tĂ© observĂ© par le sieur Jean de Bouzey, leur fils, seigneur du dit Bouzey qui aurait commencĂ© Ă  porter le nom de Salvan, pour lors Ă©teint, il aurait Ă©pousĂ© damoiselle Antoinette de Montfleur, fille du sieur Georges de montfleur, seigneur de Fontenoy les Montbozon, et de dame Marguerite de Pauyette, et dans la passation de leur contrat de mariage du 28 juin 1547 ; ils auraient Ă©tĂ© assistĂ©s des sieurs Nicolas d’Autrey, seigneur de Pont, Jean et Pierre de Montangon, frĂšres, seigneurs de Valleroy aux Saules, François de Bassompierre, seigneur du dit lieu, bailly de notre province de VĂŽge et de dame Marguerite de Dommartin son Ă©pouse, du sieur richard de mandres, seigneur d’OutremĂ©court et de Chaumont la Ville, et de dame Uguette de Voisey, dame en l’église d’Epinal, et tante de la dite Antoinette de Montfleur, de laquelle serait issu le sieur François de Salvan de Bouzey, seigneur du dit Bouzey qui aprĂšs le dĂ©cĂšs de son pĂšre aurait eu pour tuteur le sieur Claude Antoine de Bassompierre, il aurait Ă©pousĂ© le 3 aoĂ»t 1567, damoiselle Catherine de ThilliĂšres, fille du sieur RĂ©my de ThuilliĂšres, seigneur d’Ordimont et de dame anne de SĂ©rocourt son Ă©pouse, dont il aurait eu le sieur Christophe de Salvan de Bouzey, seigneur du dit Bouzey, Bourbevelle, Saint Elopphe et du Ban de Velay, Conseiller d’État et Chambellan des feus Ducs Henri II notre bisaĂŻeul maternel et Charles IV, notre trĂšs honorĂ© grand-oncle (qui soient en gloire) lequel en 1611 se serait joint au sieur François de Bouzey son cousin, seigneur de melley, alors demeurant en Champagne, contre les usurpateurs de son nom et au mois de septembre 1631 aurait Ă©tĂ© Ă©tabli par le duc François II notre bisaĂŻeul paternel pour prĂ©sider aux assises de notre dite province de VĂŽge, en l’absence du sieur African de Bassompierre, marquis de Removille, conseiller d’État de notre bisaĂŻeul maternel, Grand Ecuyer de Lorraine et Bailly de notre Province, lequel accompagnait notre dit grand-oncle dans les premiĂšres campagnes qu’il faisait dans le royaume de BohĂȘme. Il aurait Ă©pousĂ© le 6 novembre 1600 damoiselle jolande de Jainville, fille du sieur Henry de Jainville et de dame barbe du Perray, seigneur et dame d’Avaigne et de Pulligny, et de ce mariage serait nĂ© le sieur Henry de Bouzey, seigneur du dit lieu, de Cleveland, Guerrepont et le ban de Vellay, lequel ayant hĂ©ritĂ© de biens et des titres de la maison de ThuilliĂšres et de Jaunville, et Ă©tant restĂ© le seul mĂąmle de sa maison par le dĂ©cĂšs du sieur François de Bouzey, son frĂšre, aurait cessĂ© de porter le nom de Salvan, comme il lui aurait Ă©tĂ© permis par le Contrat de mariage du dit sieur Mengin de Bouzey et de la dite dame Adeline de Salvan, ses trisaĂŻeux, Ă©tant formĂ© de la main du dit sieur Christophe de Salvan Bouzey, son pĂšre, il n’aurait point dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© dans sa vertu, il aurait eu comme lui l’honneur de prĂ©sider en assises de notre dite province de VĂŽge, dans lesquels en mĂ©nageant les intĂ©rĂȘts du public, il aurait su maintenir les droits de son souverain, et lors de la guerre dont nos États auraient Ă©tĂ© affligĂ©s, sous le rĂšgne de notre dit Grand Oncle, il aurait Ă©tĂ© l’un des premiers Ă  prendre les armes pour la dĂ©fense de sa patrie, et aurait levĂ© trois compagnies de cinq cent hommes d’Infanterie avec lesquelles il aurait fait tĂȘte Ă  ses ennemis, qui dĂ©sespĂ©rant de le pouvoir forcer dans les passages qu’il leur disputaient avec autant de fermetĂ© que de valeur, se vengĂšrent sur le ChĂąteau de Bouzey de la bravoure de son seigneur, et aprĂšs l’avoir abandonnĂ© au pillage du soldat, en aurait rasĂ© une partie jusqu’aux fondements, et fournirent dans cette ruine un monument de la gloire du dit sieur Henry de Bouzey, qui au mois de novembre 1629 aurait Ă©pousĂ© damoiselle Anne de CondĂ©, fille du sieur Daniel de CondĂ©, seigneur de ClĂ©velant et de Sivry, alliĂ© aux maison de Des Armoises et de SerriĂšres, ? annĂ©es 1486 et 1556 et de dame Marie de NeufchĂątel, son Ă©pouse, dont il aurait eu le sieur Joseph de Bouzey, seigneur du dit Lieu, Ceintrey, Dombrot, ClĂ©velant et du Ban de Vellay, lequel marchant sur les traces de son pĂšre, et sans apprĂ©hender la Confiscation de ses biens, aurait suivi la fortune de son lĂ©gitime Souverain et n’aurait pu ĂȘtre arrachĂ© Ă  ses devoirs que par l’autoritĂ© de notre dit Grand Oncle qui en 1660 l’aurait obligĂ© de retourner dans sa patrie pour y prendre alliance avec damoiselle Marguerite AngĂ©lique de CondĂ©, fille du sieur Jean François de CondĂ©, seigneur de ClĂ©velant et de dame AngĂ©lique de Franquemont, ci devant dame de BousiĂšres qu’il aurait Ă©pousĂ© en premiĂšres noces ; et le 26 avril 1672, il aurait aussi Ă©pousĂ© en 2° noce damoiselle ThĂ©rĂšse de Franquemont, fille du sieur Georges Gabriel de Franquemont, seigneur de TrĂ©mois et de la terre de Pierrefite, et de dame Marguerite du Mallet, son Ă©pouse, il aurait eu du premier mariage damoiselle Marguerite de Bouzey, mariĂ©e Ă  notre trĂšs cher et fĂ©al, le sieur Melchior, Comte de LignĂ©ville et du St Empire, Conseiller en notre dit Conseil d’Etat, et MarĂ©chal de nos DuchĂ©s de Lorraine et de Bar ; et de son second mariage serait issu le dit sieur Nicolas Joseph, comte de Bouzey, auquel et Ă  ses autres enfants, il aurait communiquĂ© jusqu’à son dĂ©cĂšs ses rares sentiments de Noblesse et de fidĂ©litĂ© pour les porter Ă  se donner entiĂšrement Ă  nous, ce qui nous aurait engagĂ© Ă  faire connaĂźtre Ă  la postĂ©ritĂ© le souvenir qu enous voulons conserver de mĂ©rite de ses aĂŻeux et la satisfaction que nous avons des services qu’à leur exemple il nous aurait rendus, et qu’il nous rend actuellement dans les emplois dont nous l’aurions honorĂ©, avec tout le zĂšle et l’attachement que nous pouvons attendre de lui, et d’autant que nous aurions aussi considĂ©rĂ© que la Maison de Bouzey, et de nom et d’armes trĂšs ancienne, illustre par elle mĂȘme et alliĂ©e Ă  plusieurs autres de nos États et des pays voisins, autant recommandables par leur antiquitĂ© que par les grands hommes qui en seraient sortis, nous aurions cru de voir la dĂ©corer par un nouveau lustre, afin de conserver sa dignitĂ© qui semble courir le risque d’ĂȘtre confondue avec des familles Ă©trangĂšres, comme elle aurait Ă©tĂ© en danger de l’ĂȘtre en 1580, si alors et dans les temps de la compilation de la coutume de notre Bailliage de Bassigny le sieur Jacques de Bouzey, frĂšre dudit Christophe de Salvan de Bouzey, ne se fut opposĂ© Ă  l’usurpation de son nom, avec les sieurs de LignĂ©ville, de Vaux et de Romain, dans le procĂšs verbal qui en aurait Ă©tĂ© dressĂ© par l’État de la Noblesse. Et comme par diffĂ©rents partages et par la vicissitude du temps, la terre et Seigneurie de Bouzey aurait Ă©tĂ© tellement dĂ©membrĂ©e, qu’il n’en reste aux anciens propriĂ©taires que le nom et les armes avec une partie des droits seigneuriaux, ce qui dans la suite pourrait rendre Ă©quivoque leur nom et leur maison, nous avons estimĂ© devoir remĂ©dier Ă  cet inconvĂ©nient et ayant Ă©tĂ© informĂ© que la terre et seigneurie de Dombrot, situĂ©e dans l'Ă©tendue de notre prĂ©votĂ© de Darney, dĂ©pendante de notre dit Bailliage de Vosges, aurait Ă©tĂ© possĂ©dĂ©e, il y a environ trois siĂšcle par la maison du dit Bouzey, le sieur Jean de Bouzey, fils du dit sieur Jean Bougno de Bouzey, en ayant fait ses reprises Ă  RenĂ© I Roi de JĂ©rusalem et de Sicile, Ă  Jean II, son fils et Ă  Nicolas son petit-fils, nos prĂ©dĂ©cesseur ? ainsi qu’il aurait apparu par les dĂ©membrements qu’il en aurait fournis le 10 novembre 1444, 8 juillet 1457, 7 janvier 1471, que le dit sieur Nicolas Joseph, Comte de Bouzey, en jouit encore actuellement et qu’il possĂšde une partie considĂ©rable de haute, moyenne et base Justice des villages de Marey et de GignĂ©ville, voisins et joignant les ban et finage du dit Dombrot. A ces causes et autre bonnes et justes, Ă  ce nom mouvant, Nous de l’avis des gens de notre dit Conseil et de notre certaine science, pleine, puissance et autoritĂ© souveraine, avons Ă©teint et supprimĂ©, Ă©teignons et supprimons par ces prĂ©sentes les noms de Bouzey et de Dombrot, lequel nom de Bouzey avec ses armes, nous avons nĂ©anmoins rĂ©tabli et transfĂ©rĂ©, rĂ©tablissons et transfĂ©rons au dit ci-devant appelĂ© Dombrot, lequel nom de Dombrot, nous avons donnĂ© et donnons au village ci-devant connu sous le nom de Bouzey, et de notre mĂȘme puissance et autoritĂ© souveraine, avons joint, uni et incorporĂ©, joignons, unissons et incorporons, par ces dites prĂ©sentes, Ă  la terre et seigneurie ci-devant appelĂ© Dombrot, et prĂ©sentement nommĂ©e Bouzey, la vouerie d’AgĂ©ville, en dĂ©pendant et appartenant au dit sieur Nicolas Joseph, Comte de Bouzey, ensemble les portions des dites hautes, moyenne et basse justice de Marey et GignĂ©ville, appartenances et dĂ©pendances, pour ne faire et composer Ă  l’avenir qu’un seul et mĂȘme corps de fief, mouvant et relevant de nous, Ă  cause de nos dits DuchĂ©s de Lorraine et de Bar, sans pouvoir jamais ĂȘtre dĂ©sunis, ni dĂ©membrĂ©s, et sans aucune mutative augmentation, ni accroissements de charges quelconques envers nous. Lequel fief nous avons Ă©rigĂ©, Ă©levĂ©, illustrĂ© et dĂ©corĂ©, Ă©rigeons, Ă©levons, illustrons et dĂ©corons des nom, titre, dignitĂ©, rang et prĂ©Ă©minence de ComtĂ© de Bouzey. Voulons entendons et nous plaĂźt qu’il soit nommĂ© et appelĂ© tel, tant en jugement que dehors, qu’il ait pour armes celles de la Maison de Bouzey et telles qui ci-aprĂšs elles sont empreintĂ©es, figurĂ©es et blasonnĂ©es, savoir, d’or au lion de sable, timbrĂ© du Lion et de l’Escu, issant d’un arme contournĂ©, armĂ© d’une couronne de Comte et couvert d’un bourrelet et lambrequin en mĂ©tal et couleur du dit escu et pour support, deux lions au naturel. Et que les sieur Charles Antoine et Jean Claude de Bouzey, frĂšres du dit sieur Nicolas Joseph, Comte de Bouzey, et les descendants de lui et d’eux, portent et jouissent du titre de Comte et de tous les mĂȘmes honneur, droit, autoritĂ© et rang, prĂ©Ă©minence, prĂ©rogative, privilĂšges et franchises dont sont accoutumĂ©s de jouir et user, prennent et doivent jouir de droit tous les autres ayant titres et qualitĂ©s de Comtes et possĂšdent contĂ©s, crĂ©Ă©s et Ă©riges par nous et par nos prĂ©dĂ©cesseurs d’eux 
 donnĂ© 
. Le 20 janvier 1715. Â»

Que firent les seigneurs de Bouzey en 1431 lors de la bataille de BulgnĂ©ville ? Peut-ĂȘtre prirent-ils une part trĂšs active aux hostilitĂ©s. Du moins ils n’étaient pas insensibles aux maux de leur pays, puisque pendant la dĂ©tention du Duc roi RenĂ© en 1435, Vautrin de Bouzey, Bougno de Bouzey, LiĂ©bal de Bouzey et Henry de Bouzey se rĂ©unirent Ă  Vautrin de ThuilliĂšres et Ă  d’autres seigneurs dans l’assemblĂ©e des trois États de Lorraine Ă  Nancy pour maintenir la paix dans le pays. Il est Ă  supposer qu’ils ne manquĂšrent pas non plus de s’opposer comme ils purent aux entreprises de Charles le TĂ©mĂ©raire. Les occasions ne manquĂšrent pas, par exemple en 1467, lorsque

« le Comte ????? qui estoit bon lorrain, meit ensemble toutes les garnisons, leur allĂšrent tenir tous les chemins prĂšs de Domp Julien, comme le MarĂ©chal de Boourgogne ses gens amenoit, Monsieur Le LiviĂšre, chef en estoit, s’en virent devisant que en Lorraine des ???? feraient durant le temps que en Lorraine seraient le Comte de Thierstein et tous les Seigneurs de Lorraine, ?? que d’eulx, ils approchaient, saillirent de leur embuche, la lame en arrest, tous en leurs endroits chargĂšrent dessus, come hardis lions, moultes en mirent Ă  mort et de prĂšs aussy. Â»

Sur diffĂ©rents documents, on voit que les seigneurs Ă©taient investis « de titres, rang, authoritĂ©, privilĂšges et franchises Â» selon l’usage de ce temps. En quoi consistaient ces privilĂšges ? Rien ne saurait en donner une idĂ©e plus prĂ©cise que le texte des comptes et rĂŽles prĂ©sentĂ©s en l’annĂ©e 1634 par les Mayeurs aux seigneurs du Lieu de Bouzey, du Ban de Vellay, de LignĂ©ville, de Removille et de Dommartin. Les Seigneurs, par les comptes de l’annĂ©e si soignĂ©s et si explicites, semblent avoir eu en vue de rĂ©tablir pour leurs intĂ©rĂȘts un ordre de choses qu’il leur importe de rendre stable positif, clair. Voir d’autre part l’exposĂ© prĂ©cĂ©dant le dĂ©tail des comptes :

« Comptes, Rolle et dĂ©claration que Poirson Claude, Claude Poirson et Didier Vincenot, Mayeurs Ă  Bouzey d’illesque et appellĂ© du lieu, de Removille, de LignĂ©ville et de Dommartin font apportent et rendent Ă  vous honorĂ© Seigneur, Messire Christophe de Salvan et Bouzey, du Ban de Vellay, et Conseiller d’Estat de son Altesse et honorĂ© Dame Yolande de Jainville votre Ă©pouse, et Dame des dits lieux, de tous et quelconques droits, hauteurs, pouvoirs, authoritĂ© seigneuriales, maisons, hommes, femmes, cens rentes, revenus et redevances, manants sujets, rĂ©sidents, demeurant, dĂ©pendants des dites seigneuries, tant au lieu, ban et finage du dit Bouzey que circonvoisine, les dites seigneurie dites du Lieu et Removille et LignĂ©ville et du Ban de Vellay appartenant entiĂšrement, sans part d’autruy Ă  vous mes Seigneur et Dame, et la dite seigneurie de Dommartin vous appartenant pour la moitiĂ© contre messeigneurs, les Duc de Croy et de Haurel pour l ‘autre moitiĂ© et ce de la charge et office des mayeurs et pour un an entier et complet 
..

Suivent les privilĂšges et droits des dits seigneurs :

Ils sont hauts Justiciers, moyens et bas et seigneurs fonciers sur tout le ban et finage.
  • Droit de banalitĂ© au dit Bouzey, sur tous les rĂ©sidents, sujets et manants pour la moitiĂ© des grains du moulin de la GraviĂšre, situĂ© en la seigneurie du ban de Vellay et « ce souls peines d’amende et confiscation Â»
  • Droit d’instituer et Ă©tablir des mayeurs en chaque seigneurie, pour l’administration de la communautĂ©. Les mayeurs ainsi crĂ©Ă©s ont pouvoir, puissance et autoritĂ© sous celles des seigneurs, de choisir chacun deux hommes parmi les sujets de leur charge et office, l’un pour lieutenant ou eschevin et l’autre pour Doyen ou sergent, lesquels rĂ©unis au Mayeur ont pour attribution de rendre la justice entiĂšre et complĂšte, en chacune des seigneuries, comme de mettre en ban, tous les fruits champĂȘtres, d’exercer et d’instituer les messiers et bangards Ă  la garde des fruits, les gardes des forĂȘts, gardes des tavernes enfin les porteurs de paulx et dixmes
  • Enfin la police locale est sous la haute autoritĂ© du seigneur.
« Toutes permissions de faire tenir et lever, dancer et jeux et la maĂźtrise des ballets, Ă  tenir les danses au jour de fĂȘte annale dudit Bouzey, se donne par mes dits Seigneurs et Dames ou leurs officiers de leur part et en leurs noms. Tous cris de fĂȘte annale dudit Bouzey et les dĂ©fenses et prohibitions des ports d’armes, querelles, noises et dĂ©bats se font de la part et au nom de mes dits Seigneur et Dame de Bouzey, et par les Doyens sergents de leur Justice d’icelle, avec expresse et spĂ©ciale dĂ©claration qu’ils sont Seigneurs et Dames, hauts justiciers, moyens et bas dudit lieu et les dĂ©fenses et prohibition, sur et Ă  peine de l’amende envers mes dits Seigneurs et Dame et Ă  leur volontĂ©.
En cas de mort et dĂ©cĂšs d’aucun ou d’aucuns des dits Seigneurs, Dames de Bouzey et seigneurie du lieu, de Removille, LignĂ©ville et Dommartin, les dances ??? et ne se fait aucun avis de feste, l’an du deuil au dit Bouzey, et les cloches de l’église du lieu seront sonnĂ©es trois jours et trois nuits consĂ©cutifs et l’une aprĂšs l’autre par les sujets, ou de leur part et Ă  leur frais Â»
  • C’est aussi le seigneur, ou ses officiers municipaux qui ont pouvoir autoritĂ© de crĂ©er, instituer et Ă©tablir des tuteurs et curateurs aux enfants orphelins, mineurs, pour la conservation de leurs biens. Tous les sujets ??? ou indiviser et non partager sont obligĂ©s et attenus Ă  tous guets et gardes des chĂąteaux du Seigneur et des prisonniers, le cas Ă©chĂ©ant. Ils sont tenus et obligĂ©s de suivre la banniĂšre des dits Seigneurs et Dames, pour dĂ©fense et attaque, exĂ©cution criminelle.
  • Toutes maisons, bĂątiments, rĂ©sidences et demeurances, les hommes, les femmes et tous en gĂ©nĂ©ral habitants le ban ou finage du dit Bouzey sont indiffĂ©remment sujets des quatre seigneurs, selon et comme les habitations sont assises et situĂ©es.
« S’ensuivent les maisons et sujets d’icelles seigneurie du lieu appartenantes Ă  mes dits Seigneurs et Dame, seuls et sans part d’autrui. Toutes lesquelles maisons de la dite seigneurie, les propriĂ©taires d’icelles sont tenus et obligĂ©s de les entretenir sans les laisser ruiner et y faire bornage sur et Ă  peine de confiscation d’icelles.
  • Premier, celles qui sont de teneures en la rue de l’Église et du Seigneurage et affouage des bois appelĂ©s du LĂ©tomont et abornĂ©s pour les tailles et qui se doivent payer par chacun an Ă  PĂąques Charnel et lĂ  la saint RĂ©my, chef d’octobre sur et Ă  peine du double montant et doublant toujours et tous les jours depuis chacun des dits termes Ă©chus jusqu’à l’entier paiement et solution d’icelle
.

Pour ceux qui possĂšdent des biens appelĂ©s teneures ou des maisons, ou mĂȘme des terres, prĂ©s, cheneviĂšres sont tenus de payer chaque annĂ©e une redevance, sans pouvoir laisser aller les maisons en ruine, ni les vendre, ni aliĂ©ner aucune piĂšce d'hĂ©ritage sous peine de confiscation.

  • CasualitĂ©, toutes les amendes et confiscations, des justices instituĂ©e dans les Seigneuries prĂ©citĂ©es, reviennent de droit au seigneur. Amendes pour infraction au ban Ă©tabli sur les rĂ©coltes, amendes pour dĂ©lits soit dans les bois, soit pour des animaux trouvĂ©s et gagĂ©s sur le ban et finage par les bangards jurĂ©s
  • CorvĂ©e : chaque teneur et chaseau (maison) Ă©tant taillable et corvĂ©able Ă  merci, soit aux dits seigneurs, du lieu de LignĂ©ville. Douze corvĂ©es « scavoir six de charrue, six de bras, ou 9 gros pour chacun des dites crouĂ©es, lequel plaĂźt le mieux Ă  mes dits Seigneur et Dame, chacune aussi deux pains de chiens Â»
  • Affouage : Les sujets et manants de Bouzey rĂ©partis entre les quatre Seigneuries dites du lieu, de LignĂ©ville, de Removille et de Dommartin, ainsi que du Ban de Vellay, n’étaient pas soumis, tant s’en faut aux mĂȘmes traitements. Tandis que ceux de la seigneurie de LignĂ©ville devaient par an, 12 jours de corvĂ©e, d’autres, ceux de la Seigneurie du lieu, par exemple, n’en devaient qu’un Ă  la fenaison et l’autre Ă  la moisson. Quelques-uns dans la mĂȘme Seigneurie sont taillables Ă  merci, tandis que d’autres ne sont que ? taillables. Mais oĂč la diffĂ©rence de traitement est le plus remarquable c’est en ce qui concerne les affouages. Les sujets de la Seigneurie du Lieu de Bouzey prennent leur affouage dans les bois de CommunautĂ© dit du "Sutaumont", lesquels comprennent "le Sutaumont", "le PrĂ© Mourot", "le Haut de Vaux" et le bois "l’Epoche", et cela sans aucune redevance. Les autres sujets au nombre de 50 feux environ tirent le bois nĂ©cessaire Ă  leur usage, tant pour le chauffage que pour la construction, des bois dits d’acensement ou du "Honfosse", moyennant un cens ou une redevance de « 6 bichets d’avoine, mesure ancienne de ChĂątenois, comble, bonne graine, fĂ©ale, Ă  dire de bonnes gens, encore 2 bonnes poules, deux deniers et de deux pains de chiens, au jour de la fĂȘte de saint Martin d’hiver, par chacun an et perpĂ©tuellement, sur et Ă  peine du double sur chacun des dĂ©faillants, ou d’ĂȘtre boutĂ©s et jettĂ©s ? des bois Â»

DĂ©tail de tous les revenus seigneuriaux pour l’annĂ©e 1634 :

1. Seigneurie du Lieu :

3 tenures imposées pour 8 fr. 6 gr.
14 maisons imposées pour 35 fr. 8 gr.
Différentes piÚces de terre et de pré 128 fr. 5 gr.
Droits de banalité du moulin 160 fr.
Casualité, amendes 5 fr. 1 gr.
total 336 fr. 20 gr.

2. Seigneurie du Ban de Vellay :

1er : « la Seigneurie du ban de Vellay comprend le moulin banal de la GraviĂšre, les terres et prĂ© d’un cĂŽtĂ© de la riviĂšre qui sĂ©tendent le long de cette riviĂšre avec pierre brocailles, pierres de taille, chauffour, plus de la moitiĂ© des grosses dismes sur le dit ban et d’autres sur le Ban de Bouzey, depuis le gros poirier, dit le Houc??? Sauvage Ă  la Remilier Fontaine jusqu’au ruisseau de rainvaux, pour longueur et pour largeur le prĂ© d’un cĂŽtĂ© tout le long de la riviĂšre et les bornes de HouĂ©court, seul le Chapitre de Saint Étienne sur et partout ces dites lieux, sont admodiĂ©s pour 12 ans Ă  Demange THOUVENIN d’Attigny pour chacun an Â» 600 fr.

L’embannie est admodiĂ©e pour 62 fr.
Amende pour prises et confiscation 62 fr.

Deux autres gagnages, l’un pour 10 resaux de blĂ© et autant d’avoine, l’autre admodiĂ© pour 5 resaux de blĂ© autant d’avoine, ce qui avec les dismes et autres cens donne en deniers clairs 936 fr. 9 gros

en chapons 7 fr. œ gros
En poules 22 fr. 0
En blé 15 resaux
En avoine 15 resaux
En Ɠufs 3

Enfin 1 gĂąteau le jour des Rois et fait 1 imal de fine farine, Ă  fournir par le meunier de la GraviĂšre

3. Seigneurie de Lignéville

Cette Seigneurie compte

dans la rue de Belle Croix 11 maisons
Dans celle de Vaux (y compris 3 teneures) 5 maisons
Dans celle de PerriĂšre 8 maisons
Puis des droits sur un taverne 1
En tout 25 maisons

La somme totale perçue est de 89 fr. 1 bl.

4. Seigneurie de Dommartin

Dans les comptes de cette Seigneurie, figurent les redevances de 12 affouagistes des bois d’ascensement. Ce qui fait pour toute recette

en deniers clairs 84 fr. 10 gros
En blé 4 resaux
En avoine 29 resaux
En poules 24

5. Seigneurie de Dommartin

Ici figure la location de la riviùre pour 12 fr. 8 gr. Sur une partie du ban et finage puis les redevances des affouagiste d’ascensement Ce qui donne pour toute recette

en deniers clairs 175 fr. 8 gros
En blé 17 resaux
En avoine 75 resaux
En poules 53
En chapon 14
En oison 4

En sus de ces revenus perçus chaque annĂ©e sur les sujets de la localitĂ©, au profit de la famille seigneuriale, cette derniĂšre jouissait de biens immenses, francs d’impĂŽts et admodiĂ©s ou louĂ©s Ă  diffĂ©rents particuliers, puis les 2/3 des bois communaux actuels, savoir:

  • Les bois du Houfosse
  • Du chenois
  • L’epoche
  • Bois de la Dame
  • De la Maye

Environ 225 ha

Pour ce qui concerne l’étendue des terres labourables, on relĂšve au rĂŽle de 1789, les dĂ©clarations suivantes

1er Admodiateurs de Monseigneur le Comte de Bouzey

François DURAND tenant un gagnage de 50 jours par chaque saison
Nicolas PIERROT tenant un gagnage de 20 jours par chaque saison
Joseph PIERROT tenant un gagnage de 25 jours par chaque saison
Denis MARCHAL tenant un gagnage de 30 jours par chaque saison
Denis MARCHAL tenant un gagnage de 43 jours par chaque saison
Claude BARRET tenant un gagnage de 36 jours par chaque saison

Total 204 jours

La primatiale avait aussi à chaque saison 42 jours Ce qui ferait pour les Seigneurs en bois 22 ha En terres labourables, pour les 3 saisons 120 ha Joignez à cela les prés cheneviÚres Emplacement du chùteau et dépendances 80 ha Au total 425 ha

Puis les biens de la Primatiale environ 30 ha Ce qui donne pour terres franches de taille 455 ha Le territoire de Dombrot Ă©tant de 875 ha, il reste pour le reste des habitants 420 ha

Le Tiers État

C’était, dit Dom Calmet, un usage fort frĂ©quent dans la Lorraine et le Barrois, vers le milieu du XIIIe siĂšcle, d’affranchir les villes et les villages, et de les mettre en assises, c’est-Ă -dire de les soumettre Ă  certaines lois et servitudes, fixĂ©es et dĂ©terminĂ©es, tandis qu’auparavant les populations Ă©taient dans une entiĂšre et absolue dĂ©pendance du Seigneur. C’est donc vers cette Ă©poque probablement que les serfs de Bouzey reçurent une certaine part de libertĂ©, moyennant certaines redevances annuelles au profit des Seigneurs, et de dismes grosses et menues au profit du ClergĂ©. Il n’est pas possible de dire d’une maniĂšre certaine, comment dĂšs l’origine les hauts et puissants Seigneurs traitĂšrent leurs serfs ou mĂȘme leurs vassaux, Ă  quelle Ă©poque fixe, les anciens habitants cessĂšrent d’ĂȘtre des choses pour devenir des hommes, Ă  quelles conditions, ils obtinrent l’affranchissement, c’est-Ă -dire comment avec un peu de libertĂ©, il purent jouir du droit de propriĂ©tĂ© sur les terres absolument seigneuriales jusqu’alors. Ce qui est certain, c’est que les serfs devinrent des tenanciers. Chaque maisonnette qui jusque lĂ  avait abritĂ© une famille de serfs fut transformĂ©e en teneure, prenant le nom de son propriĂ©taire : teneur Matis, teneure Barotte, teneure Tocquart 
Une maison avec son usuaire, ou son chemin, une Ă©tendue de terrain spĂ©cifiĂ©e, voilĂ  une teneure. Elle pouvait se transmettre par hĂ©ritage de pĂšre en fils, mais avec la dĂ©fense expresse d’en cultiver la moindre parcelle sans l’autorisation du Seigneur. Chaque tenancier Ă©tait tenu en outre d’entretenir la maison avec soin, dĂ©fense lui Ă©tait faite de la laisser tomber en ruine sous peine de confiscation totale.

Des droits seigneuriaux Ă©taient ? Ă  deux Ă©poques de l’annĂ©es sur chaque teneur Ă  la diligence du mayeur seigneurial et variant entre 8 ou 10 francs, sois 2 poules ou une oie, des Ɠufs. C’était toujours au tenancier primitif Ă  rĂ©pondre de la redevance, mĂȘme aprĂšs une aliĂ©nation totale consentie par le Seigneur. Autres les teneurs, d’autres maisons appelĂ©es Chasais ou chaseaux mot dĂ©rivĂ© de case diffĂ©rent des premiĂšres en ce qu’elles ne comprenaient point de terres ou dĂ©pendances Ă©taient soumises Ă  la redevance annuelle. Elles Ă©taient Ă  un ou deux rhuns, c’est-Ă -dire Ă  une ou deux portĂ©es de bois appelĂ©s pannes, reposant sur les murs ou supportĂ©s par des Ă©tages. D’aprĂšs le compte de 1742, chaque chaseau ou maison, dĂ©pendant de la seigneurie de LignĂ©ville est taxĂ© de 7 francs barrois environ (maison Nicolas PASSETEMPS 7fr., maison MATHIOT 7 fr., maison DORGET 12 fr., peut ĂȘtre cette derniĂšre se composait elle de deux rhuns. Dans le mĂȘme compte, sous la dĂ©nomination de taille Ă  volontĂ©, voici encore un impĂŽt d’un autre genre ; des poules estimĂ©es 16 sols, des chapons 20 sols et qui ne se fournissaient pas toujours en nature, l’argent en tenant lieu Ă  la volontĂ© du Seigneur. Plus loin tel propriĂ©taire doit 5 francs barrois, tel autre 6 francs, 2 poules, celui-ci 2 francs 5 deniers celui lĂ  2 francs et une poule. Ces impositions semblent venir de plusieurs causes diffĂ©rentes, mais toutes sont si rigoureusement dures qu’à dĂ©faut de paiement, elles vont doublant par chaque jour de retard, jusqu’à confiscation s’il y a lieu. Toute succession abandonnĂ©e revient aussi de droit au seigneur, si d’autres crĂ©anciers ne viennent point la lui disputer ou la partager avec lui. Les habitants affranchis reçurent en commun une assez grande quantitĂ© de terrains, terres et prĂ©s, de qualitĂ© mĂ©diocre, connus sous le nom de pĂątti communaux, rĂ©partis par lots entre les diffĂ©rents mĂ©nages et dont la communautĂ© de Bouzey Ă  jour jusqu’en 1808, Ă©poque oĂč ils ont Ă©tĂ© abandonnĂ©s en toute propriĂ©tĂ© aux habitants et partagĂ©s par feux. Puis pou l’usage des foyers, ils obtinrent aussi probablement des forĂȘts dĂ©signĂ©s sous le nom de forĂȘts de la communautĂ© de Bouzey et comprenant le Putaumont, le PrĂ© Mourot, le Haut de Vaux et le Bois Loichan. Je dis probablement, car c’est lĂ  une question qui Ă  diffĂ©rentes, Ă©poques a eu le privilĂšge de soulever de vives contestations entre les habitants du Lieu. DĂšs 1634, une distinction entre les gens du lieu se trouve Ă©tablie sous le rapport de l’affouage. Il est dit en effet que les gens de la rue de l’Église, partie de ceux de la BroviĂšre et de la PoiriĂšre, sont du Seigneurage du Lieu et de l’affouage du Putaumont, tandis que les bans manants de la Seigneurie de Ligneville, Dommartin, Removille et Ban de Vellay sont de l’affouage du Houfosse dits bois d’ascensement ou seigneuriaux moyennant un cens ou une redevance consistant en 6 bichets d’avoine, 2 deniers, 2 poules et 2 pains de chiens, par chaque affouagiste. Les ascensĂ©s de 1634 sont au nombre de 51 y compris le mayeur Ă  qui remise est faite de la redevance. Pourquoi cette diffĂ©rence entre gens d’une mĂȘme communautĂ© ? est Ă  dire que ceux de la rue de l’Église et quelques-uns des autres quartiers jouissaient de moins de franchises que leurs concitoyens ou bien d’aprĂšs ce que j’ai entendu raconter Ă  ce sujet, l’ascensement fut il dis le principe facultatif c’est ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui il n’y a pas entre les deux sections affouagĂšres de ligne de dĂ©marcation bien tranchĂ©e. L’usage seul sert de guide pour la confection des rĂŽles. Vers 1714, les ascensĂ©s non contents du bois d’affouage Ă  eux concĂ©dĂ©s dans les forĂȘts seigneuriales, les plus belles et les plus Ă©tendues, prĂ©tendirent avoir part aux affouages des forĂȘts de communautĂ© ou du Sutaumont, au mĂȘme titre que les gens du seigneurage du Lieu. Ils appuyaient leur dire sur un usage prĂ©tendu constant, la justice eut Ă  se prononcer sur cette affaire qui fut portĂ©e par devant le tribunal du bailliage de NeufchĂąteau. AprĂšs bien des enquĂȘtes, gain de cause fut donnĂ© aux affouagistes du Putaumont qui depuis cette Ă©poque ont joui seuls des bois dits communaux. Quant aux autres, aprĂšs avoir payĂ© l’ascensement jusqu’à la RĂ©volution, ils ont continuĂ© depuis Ă  jouir Ă  titre gratuit des bois seigneuriaux. Les autres servitudes pour nos anciens Ă©taient la corvĂ©e, variable suivant la seigneurie et mĂȘme suivant la qualitĂ© de l’individu. Tel devait 12 jours de corvĂ©e dont 6 de charrue et 6 de bras, tel seulement 2 jours, sans compter les charrois, les guets et gardes du chĂąteau . CorvĂ©e envers le seigneur, corvĂ©e envers le clergĂ©, redevances de toutes nature, dismes telles sont les charges qui pesaient sur des malheureux dont la plus de la moitiĂ© n’avainet d’autre propriĂ©tĂ© que les pĂąquis communaux. Si encore, aprĂšs la corvĂ©e accomplie, ils avaient eu la libertĂ© du travail ! Mais non, le seigneur avait le privilĂšge de mettre en ban toutes les rĂ©coltes, de lever le ban Ă  son grĂ©, enfin de commencer les travaux de la fenaison et de la moisson un jour avant ses sujets qui lui devaient cette premiĂšre journĂ©e. En 1634, parmi les infractions Ă  ce ban, on remarque entre autres amendes, celle de 60 sols infligĂ©e Ă  une pauvre femme de Belmont qui a Ă©tĂ© trouvĂ©e « sciant son blĂ© au lieu de RĂ©obetot, ban de Bouzey avant la levĂ©e du ban Â». S'ajoutaient Ă  cela les cĂŽtes ou les tailles Ă  verser dans les caisses de l’état et qui diffĂšrent essentiellement des autres impositions, et d’aprĂšs l’assiette des cotes et d’aprĂšs le mode de rĂ©partition. Les rolles des cotisables et non cotisables sont Ă©tablis par 3 habitants du lieu, dits "assoyeurs", choisi en corps de communautĂ© dans les 3 classes de citoyens, laboureurs, artisans ou manouvriers de 1er classe et artisans de 2e classe, puis remis en du collecteur, chargĂ© de la perception. Celui de 1711, comprend la somme de cent livres en pied certain et une somme totale de 780 livres y compris les sols pour droits, quittances, port de mandement. Cette somme se rĂ©partit sur 59 cotisables et 5 autres cotisables seulement pour le "dĂ©bit de ville". Cette expression, dĂ©bit de ville, ne serait pas synonyme de "fontaine", comme "usuaire de ville" qui signifie chemin ou rue ? Les impositions vont en augmentant avec les annĂ©es, car en 1744, l’état des cotes est ainsi libellĂ© :

« Rolle de tous les habitants qui composent la communautĂ© de Dombrot ancien Bouzey, et qui sont contribuables pour l’annĂ©e 1744, portant la somme de 100 livres en pied certain, celles de 1276 livres pour la subvention, celle de 604 livres pour les ponts et chaussĂ©es, maraichaussĂ©es et autres impositions, et 20 livres, tant pour droit de quittance, que copie de rolle, faisant en tout celle de 1800 livres, desquels la prĂ©sente dĂ©claration a Ă©tĂ© mise ez mains de François REDUIT, Dominique Remy DORGET et Nicolas CHAVOY, tous les trois assoyeurs choisis Ă  la pluralitez des voix, tirĂ©s des 3 classes, haute, moyenne et basse en corps de communautĂ© suivant l’ordonnance de sa majestĂ©, pour en faire la rĂ©partition sur tous les contribuables, le fort aidant le faible aprĂšs avoir pris et reçu leur serment de mĂȘme que celuy du collecteur. Â»

Suivent les dĂ©tails :

  • 22 laboureurs, dont le plus imposĂ© paie 88 livres 1 sol
  • 50 artisans ou manouvriers pour le plus imposĂ© 64 livres
  • 2 garçons, 18 veuves ou filles, 2 nouveaux entrants, 6 nouveaux mariĂ©s.

En examinant les rolles d’imposition ou des cotes Ă  une Ă©poque plus rapprochĂ©e de la RĂ©volution, on trouve les chiffres de plus en plus Ă©levĂ©s. Celui de 1787, par exemple porte une somme totale de 1050 livres, dont la rĂ©partition est faite comme il est dit prĂ©cĂ©demment. Sur le peu de propriĂ©tĂ© imposable, environ 440 hectares, ces impositions sont excessivement lourdes, en comparaison de ce qu'elle furent vers 1900 oĂč la richesse publique Ă©tait bien autrement dĂ©veloppĂ©e. Les contributions fonciĂšres pour 895 hectares Ă©taient de 2564 fr. et le montant des 4 contributions est de 3347 fr.

Justice locale avant la RĂ©volution

Les sires de Bouzey qui ne portĂšrent le titre de comte qu’à dater de 1715, Ă©taient dans l’étendue de leur terre, justicier haut, moyen et bas. Avant les ordonnances de Charles III, duc de Lorraine en 1580, c â€˜Ă©taient ou leurs reprĂ©sentants qui aprĂšs avoir ouĂŻ sommairement les parties, dĂ©cidaient sur la champ, jugeant sans appel, basant leurs dĂ©cisions sur les coutumes du pays. Ne pouvant par eux mĂȘmes, veiller Ă  toutes choses et prendre connaissances des nombreux diffĂ©rents qui s’élevaient entre leurs sujets, les seigneurs, dans chaque terre ou seigneurie, se faisaient remplacer par des officiers pour juger en leur nom. À un moment de l’annĂ©e, d’habitude vers le mois de dĂ©cembre, ils se tenaient Ă  la disposition des plaideurs, de lĂ  les termes de plaids annaux dont il est question jusqu’à la RĂ©volution Française, mais qui depuis longtemps n’avait d’autre objet que la redditions des comptes de l’annĂ©e et la nomination des officiers de petite police, comme bangards, gardes des forĂȘts, gardes des dĂ©bits de vin, pauliers, dĂ©cimateurs. Dans la partie la plus ancienne de nos chroniques judiciaires, remontant Ă  1662, nous voyons partout figurer comme juge, le mayeur, c’est-Ă -dire, le maire seigneurial avec son lieutenant, ajoutez y le greffier pour le sergent et vous aurez tout le tribunal. Mais notons que le mayeur n’était pas toujours bien lettrĂ©, ni assurĂ© du respect de ses justiciables par exemple Demange REGNAULT qui ne savait pas signer, et l’un de ses successeurs de qui un mĂ©content disait « Beau bougre de mayeur qui pour de l’argent rend sans jugement et sans argent les bĂȘtes reprises Â» Il n’est pas rare de voir l’un ou l’autre des membres du tribunal passer Ă  la barre pour rĂ©pondre de dĂ©lits semblables Ă  ceux qu’ils sont chargĂ©s de rĂ©primĂ©. Ainsi en 1744, le mayeur NOIROT et le sergent GENIN se soumettent de 5 livres pour avoir « bu du vin dans une taverne, chez Quentin GENIN oĂč l’on s’est battu Â»Un tĂ©moin Ă  charge dĂ©pose que le mayeur, assoupi par les vapeurs de l’ivresse est tombĂ© sous la table. Ce n’est guĂšre que vers 1698, aprĂšs le retour de LĂ©opold, que le siĂšge de juge est occupĂ© non plus par le mayeur, mais par un juge-garde ou graduĂ©, nommĂ© par le seigneur et rĂ©vocable Ă  volontĂ©. Son titre de graduĂ©, lui suppose quelques connaissances professionnelles et aussi quelque indĂ©pendance. Le juge-garde est assistĂ© par un procureur d’office. Les plaideurs avaient Ă  leur choix et moyennant finance, des dĂ©fenseurs venus, tantĂŽt de ChĂątenois, tantĂŽt de BulgnĂ©ville. Un nommĂ© ANDREUX de cette derniĂšre localitĂ© figure souvent dans les procĂšs en action civile. Chacun des avocats Ă©crivait au registre du greffe ses moyens d’attaque ou de dĂ©fense, les signait puis venait Ă  la suite la rĂ©plique ornĂ©e de mots plus ou moins injurieux, plus ou moins bizarres, assaisonnĂ©e d’agage judiciaire en latin, la plupart du temps. Les affaires communales litigieuses, celles de communautĂ© Ă  gens privilĂ©giĂ©s et rĂ©ciproquement ne pouvaient ĂȘtre soumises qu’au tribunal du Bailliage de Vosges, d’abord puis plus tard de NeufchĂąteau, auquel devaient ĂȘtre soumises les dĂ©cisions de la justice seigneuriale lorsqu’il y avait appel. Parmi les piĂšces de procĂ©dures, je n’ai remarquĂ© qu’une cause capitale ; mais les insultes, calomnies, attaques, batailles, friponnerie, faux en Ă©criture, dĂ©nĂ©gation de dettes, ou de signatures, vols Ă©taient encore une pĂąture assez abondante pour nos gens de justice. En parcourant les archives judiciaires, on est Ă©tonnĂ©, non seulement du nombre de procĂšs litigieux, de la mauvaise foi Ă©talĂ©e parfois avec une sorte d’impudence, mais surtout des dĂ©lits de toute nature, commis sur la propriĂ©tĂ© d’autrui, dans les bois communaux. Doit on aprĂšs cela formuler un jugement plus favorable des mƓurs de notre Ă©poque, ou bien est ce la raretĂ© des tribunaux de police, et un certain discrĂ©dit tombĂ© sur la chicane publique qui rendent aujourd’hui les petits procĂšs moins frĂ©quents. Pour donner une idĂ©e des mƓurs de cette Ă©poque, rappelons ici un fait qui est loin d’ĂȘtre Ă  l’avantage de nos ancĂȘtres. D’une plainte du 7 juillet 1725, dĂ©posĂ©e au greffe, il rĂ©sulte que Charles François GUILLEMIN, domiciliĂ© Ă  CrouĂ© ou CorvĂ© en Franche ComtĂ©, Ă©tait venu acheter du blĂ© chez divers particuliers Ă  Dombrot, en tout sept voitures. Dix huit habitants, tant hommes que femmes, s’étant assemblĂ©s et ameutĂ©s au son du tambour, s’opposĂšrent Ă  la sortie du grain, crevant les sacs, maltraitant les attelages et les conducteurs, leur jetant des cendres dans les yeux, brisant les voitures. Ils Ă©taient tous armĂ©s « de pliants, de faulx, d’outils pointus et tranchants, exigeant du marchand, pour chacun un bichet de blĂ© pour ne pas le tuer, suivant qu’ils le menaçaient Â»

Faits divers, mƓurs avant la rĂ©volution

La localitĂ© a Ă©tĂ© Ă©prouvĂ©e Ă  diverses Ă©poques par des flĂ©aux de tout genre : peste, famine, guerres exercĂšrent tour Ă  tour leurs ravages sur cette malheureuse rĂ©gion. Vers 1630, la peste fait son apparition vers PĂąques, pour ne cesser dĂ©finitivement qu’en 1637, ayant enlevĂ© plus du quart de la population. C’est Ă  cette Ă©poque aussi que nos anciens eurent le plus Ă  souffrir des malheurs de la guerre. AprĂšs la destruction des places fortes environnantes, Montfort, ChĂątenois, Lamothe par les troupes françaises et suĂ©doises, Bouzey fut ravagĂ© et son chĂąteau fort furent dĂ©truits par mesure de reprĂ©sailles contre Christophe de Bouzey dont il a Ă©tĂ© parlĂ©, aussi bon vassal que patriote ardent. Il fut le premier dit on Ă  prendre les armes, leva Ă  ses frais 3 compagnies de chaune 500 hommes. AprĂšs la prise de Lamothe, l’ennemi se rĂ©pandit dans notre rĂ©gion, rasa le chĂąteau aprĂšs l’avoir abandonnĂ© au pillage des soldats. La tradition locale concorde pour ce fait avec l’histoire. On dit que les troupes venues de Belmont se rĂ©pandirent d’abord dans le quartier de la Belle Croix qu’ils dĂ©vastĂšrent puis plaçant leur artillerie dans le Battant-ChĂąnois ou Battain-Chanois, battirent en brĂȘches les Ă©paisses murailles du manoir. Des traces de projectiles Ă  la base de la tour en partie conservĂ©e sont encore lĂ  pour l’attester. Chaque paroisse ou communautĂ© dut envoyer alors des hommes pour travailler, tant Ă  la destruction de Lamothe qu’aux fortifications de Nancy. Deux habitants de Bouzey, dĂ©signĂ©s pour ce travail Ă©levĂšrent des prĂ©tentions exorbitantes demandant pour leur rĂ©munĂ©ration 30 sols par jour, alors que la journĂ©e d’un ouvrier se payait de 15 Ă  18 sols

  • Il est question aussi vers 1660 d’une grande Ă©migration des habitants du Lieu, dont la plupart transportaient leur domicile dans les villages environnants. À quoi attribuer ce fait ? Est ce aux charges nombreuses qui pesaient sur cette population ? Aux traitements arbitraires auxquels ils Ă©taient exposĂ©s ? Il est Ă  remarquer que vers 1700 un courant contraire se produisit, quantitĂ© de famille du voisinage cherchĂšrent Ă  pĂ©nĂ©trer Ă  Bouzey avec l’intention de s’y fixer. À ce propos, il est bon de faire mention d’un « contract Â» intervenu entre le curĂ©, le maire et les habitants du lieu Ă  la date du 1er avril 1710. ils sont convenus que tout Ă©tranger et difforain qui viendra s’établir dans la communautĂ© versera 10 fr. lorrains pour ĂȘtre applicables « Ă  notre Ă©glise, pour ayder Ă  payer et subvenir aux ornements Â». Il prĂ©sentera aussi un certificat de bonne vie et mƓurs, dĂ©livrĂ© par le curĂ© et la gent de justice Â». Du reste les frais d’église Ă©taient supportĂ©s par tous les habitants ainsi que les frais de fontaine. La plupart des baux de location renferment cette clause « le fermier est franc de toutes choses qui se pourraient demander au dit lieu, hormis les frais d’église et de fontaine Â»
  • 1710 : À cette Ă©poque de 1710, les habitants de Bouzey sont traduits en justice pour de graves dĂ©gradations dans les bois du Houfosse. Ils exposent pour leur dĂ©fense que le 20 janvier 1704, Monsieur de Bouzey les autorisa Ă  vendre en Houfosse, telle quantitĂ© de boois de chauffage qui serait jugĂ©e Ă  propos entre eux et lui moyennant qu’ils lui rendraient compte du quart du prix, mais qu’ils laisseraient les vieilles dits vieilles Ă©corces et seize baliveaux par arpents
  • 1720 : Les oies trop nombreuses, gĂątant les pĂątis et les prĂ©s, causĂšrent dit on une grande mortalitĂ© sur les bestiaux. Par arrĂȘt de la police locale, il fut dĂ©fendu Ă  chaque particulier de nourrir plus de 12 oies outre les oisons, et de le garder dans les versaines, sous peine d’une amande de 5 fr. barrois.
  • 1724 les dĂ©lits et les dĂ©gradations dans les forĂȘts dites de communautĂ© Ă©taient chose criante. C’était par voitures que l’on enlevait, de son chef non seulement du bois de chauffage, mais les gros arbres, malgrĂ© l’activitĂ© des gardes locaux. Les affouages avaient Ă©tĂ© mis en coupes rĂ©glĂ©es par une ordonnance du duc LĂ©opold en 1707. Un Ă©dit du 31 janvier *1724 vint achever de rĂ©gulariser l’exploitation forestiĂšre. En consĂ©quence eurent lieu la visite et la reconnaissance des forĂȘts dites communales et qui composent la section actuelle du Putaumont.

On trouva un endroit au Haut de Vaux qui n’avait jamais Ă©tĂ© exploitĂ© et un autre coupĂ© seulement par jardinage. À dater de cette Ă©poque les affouagistes devinrent collectivement responsable des dĂ©lits commis dans leurs coupes affouagĂšres

  • 1728 : Une contestation s’éleva en 1728 entre le Marquis de Bassompierre habitant Saint Menge et les affouagistes du Houfosse au sujet de la possession de 120 arpents de bois au lieu dit le Houfosse. DĂšs cette mĂȘme annĂ©e, par dĂ©cision du tribunal de NeufchĂąteau, une enquĂȘte eut lieu. On appela sur les lieux, un certain nombre d’anciens domestiques, gens de service des pays voisins pour dĂ©poser au sujet de la jouissance des bois litigieux. Nos anciens gagnĂšrent leur procĂšs mais supportĂšrent une partie des dĂ©penses, car en 1734, ils se virent obligĂ©s de vendre leurs affouages pour solder les 600 livres du procĂšs gagnĂ© par eux contre le Marquis, lequel dut verser pour sa part contributive 1200 livres barrois. Ce dernier se pourvut par opposition Ă  l’arrĂȘt de la cour.
  • 1737 : C’est en 1737 que le tribunal de Mirecourt fut saisi de cette affaire. Les enquĂȘtes se renouvelĂšrent en 1737 en prĂ©sence du MarĂ©chal de LignĂ©ville, et du Sieur GAUDEL, commissaire dĂ©lĂ©guĂ© par la cour de Lorraine. Enfin nos gens eurent encore une fois gain de cause quoique ceux du Marquis de Bassompierre eussent prĂ©tendu que les tĂ©moins favorables Ă  la communautĂ© avait trouvĂ© la raison de leurs dĂ©positions dans « des coups Ă  boire Â». Le ruisseau de la Vernoux, affluent du Vair, nous fut donnĂ© comme limite sĂ©parative aux bois de Bassompierre.
  • 1740 : Le Grand Doyen de la Primatiale de Nancy remontre « qu’il appartient Ă  son chapitre sur le ban de Dombrot, un bois appelĂ© Demange-Bois oĂč l’on a fait de grands dĂ©gĂąts Â» Le Demange Bois, contigu d’un cĂŽtĂ© au bois de La Neuveville appartenait au dit chapitre comme l’ayant acquis des BĂ©nĂ©dictins de Saint Martin, avec toutes les dĂ©pendances de la ferme ayant appartenu Ă  nos anciens ?. les dĂ©gĂąts signalĂ©s, et peut-ĂȘtre d’autres causes amenĂšrent le dĂ©frichement de ce bois vers 1740.
  • 1756 : Cette annĂ©e 1756 fut marquĂ©e par une fondation bien prĂ©cieuse, dont la gĂ©nĂ©ration actuelle continue Ă  tirer profit. Ce fut en effet le 19 mars de la dite annĂ©e que Messire Jean Claude de Bouzey, voulant exĂ©cuter l’obligation qu’il s’était imposĂ© depuis longtemps disait il, Ă©tablit des Ă©coles gratuites et un Bureau de charitĂ© Ă  dombrot, ancien Bouzey, dont il Ă©tait seigneur usufruitier seulement depuis qu’il avait cĂ©dĂ© ses droits de Seigneur propriĂ©taire Ă  sa niĂšce Anne DorothĂ©e de Bouzey, Comtesse de Bouzey, Ă©pouse d’Alexandre d’AdhĂ©mar, Comte de Marcanne. Nous donnerons des dĂ©tails au sujet de cette fondation, lorsque nous aurons Ă  parler des Ă©coles. Ce n’est qu ‘en 1774 que fut donnĂ© le rĂšglement de la dite fondation.
  • 1780 : Reconstruction de l’église. En suite d’une expertise faite de l’ancienne Ă©glise de Dombrot, par M. CARON, architecte de NeufchĂąteau, l’ordonnance de reconstruction de la dite Ă©glise fut rendue le 30 mars 1778. Ce n’est qu’en 1780 que les travaux furent en Ă©tat de rĂ©ception. Le devis comporte une dĂ©pense de 17880 l. 2 s. 7 d. dont

1. au compte du Chapitre des Dames Chanoinesses de Remiremont, comme dĂ©cimatrice pour les 2/3 5884 l. 4s. 5d. 2. Au compte de la communautĂ© La tour La nef La sacristie Le cimetiĂšre 4989 l. 17 s. 8 d. 4169 l. 10 s. 8 d. 563 l. 9 s. 8 d. 222 l. 7 s. 8 d. 3.au compte du CurĂ©, comme dĂ©cimateur au tier et pour le chƓur 2050 l. 12 s. 6 d. A cette Ă©poque d’aprĂšs les Ă©tats fournis par M. le CurĂ© CHAROTTE, la population se composait ainsi 1. adultes de la paroisse 254 2. enfants de la paroisse 119 total 373 habitants ce chiffre ne concorde nullement avec celui qui est donnĂ© dans une dĂ©libĂ©ration de 1793, oĂč il est dit que la population de Dombrot ci-devant Bouzey est d’environ 500 habitants.

  • 1790 : Abolition des droits fĂ©odaux, dĂ©jĂ  en cette annĂ©e, les droits fĂ©odaux et les dĂźmes avaient Ă©tĂ© abolis au grand contentement des anciens roturiers et les privilĂ©giĂ©s avaient eu Ă  supporter comme les autres le poids des impĂŽts qui pour l’annĂ©e 1791 montĂšrent Ă  4014 l. 6s. 9 d.

Nos ascensĂ©s eurent leur bois franc, puis il fut Ă©tabli, sinon par ordonnance, du moins par l’usage que les nouveaux bĂątiments des rues de Belle Croix et de la SerriĂšre partageraient avec les autres dans les affouages dit du Houfosse, c’est ce qui explique pourquoi l’on bĂątit de prĂ©fĂ©rence dans ces quartiers oĂč l’affouage est de grande valeur.

  • 1790 : Revenus ecclĂ©siastiques : DĂšs le 12 mai 1790, Pierre CHAROTTE, curĂ© et receveur de la fabrique de l'Ă©glise avait fait en vertu de l’ordonnance de la Chambre des Comptes du 12 fĂ©vrier prĂ©cĂ©dent, la dĂ©claration des revenus et charges de la cure et de l’église, dont voici les termes :
-« 1. J’ai une ferme admodiĂ©e, du rapport de dix rĂ©seaux de blĂ© et dix d’avoine, mesure de Nancy (c’était le "bouvrot").
- 2. Je jouis et j’exploite le tiers de la grosse et menue disme de Dombrot avec quatre fauchĂ©es de prĂ© le tout estimĂ© 700 livres.Toute la disme se paye Ă  l’onziĂšme. Les deux autres tiers appartenant Ă  l’insigne Chapitre de Remiremont avec huit fauchĂ©es de prĂ© et seize jours de terre laissĂ©es par adjudication sur les lieux pour 1460 livres, le surplus qu’il possĂšde de plus que moi estimĂ© par les fermiers Ă  trois paires.
- 3. Je jouis d’un enclos attenant Ă  la maison de cure contenant environ trois jours, y compris le potager, la chambre Ă  four et le bĂ»cher que je n’estime pas, parce qu’il n’est pas dit qu’on l’estimera.
- 4. J’acquitte environ 115 messes de fondations, dont douze rĂ©tribuĂ©es Ă  30 sols, le grand nombre 20 sols et d’autres au-dessous, estimĂ©es Ă  cent quinze livres de Lorraine.
Charges du bénéfice
- 1. Je dois rendre à Chùtenois, tous les ans, trois réseaux de blé, moins 1 demi imal, pour sauce garde et ce pour le domaine estimé année courant à 16 livres le résal cy 47 livres
- 2. Je paye tous les ans pour don gratuit 40 livres
- 3. Je suis chargĂ© de la bĂątisse du chƓur de l’église, de son entretien, de celui de la maison de cure et du jardin, de plus de la fourniture de toutes les bĂȘtes mĂąles pour 1 tiers
- 4. Les prés de la cure sont chargés de 5 livres
DĂ©claration du receveur de la fabrique
- 1. Un gagnage du rapport de 65 livres de Lorraine, dont seize appartenant à la fabrique, le surplus et pour l’acquit de messes cy 16 l.
- 2. Je laisse tous les ans par adjudication le haut poil de 2 fauchĂ©es de prĂ© dit le prĂ© des trĂ©passĂ©, pour le prix annĂ©e commune de 28 livres, le tout pour l’acquit de messes, le fabricien n’y perçoit rien que le cinquiĂšme de la somme
- 3. Je perçois 5 livres, deux sols, 6 deniers pour une fondation de douze messes de Saint-Sacrement faites par feu Jacques PASSETEMPS, dont les héritiers possÚdent les héritages.
L’usage au lieu-dit Dombrot est que les paroissiens sont obligĂ©s de fournir les livres, ornements, vases sacrĂ©s, cire, huile et autres choses nĂ©cessaires au service divin, son revenu n’y suffirait point si les paroissiens et autres personnes pieuses n’y subvenaient.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • Monographie de l'abbĂ© Petitjean (curĂ© de La Neuveville-sous-ChĂątenois et Dombrot-sur-Vair, avant 1914), publiĂ©e dans le bulletin paroissial du village.
  • Monographie rĂ©digĂ©e en 1889, par l'instituteur local, LefĂšvre.
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des chĂąteaux et fortifications de la France au Moyen Âge, Strasbourg, Ă©ditions Publitotal, 1978, reprint 1991, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3).
    Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. Page 418 : Dombrot-sur-Vair
     

Liens externes

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