Dmitri Chostakovitch

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Dmitri Chostakovitch
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Dmitri Chostakovitch
Dmitri Chostakovitch (1942).
Dmitri Chostakovitch (1942).

Naissance 25 septembre 1906
Saint-Pétersbourg,
Flag of Russia.svg Empire russe
D√©c√®s 9 ao√Ľt 1975 (√† 68 ans)
Moscou, Drapeau : URSS Union sovi√©tique
Activité principale Compositeur
Années d'activité 1919-1975

Dmitri Dmitrievitch Chostakovitch prononciation (en russe : –Ē–ľ–ł—ā—Ä–ł–Ļ –Ē–ľ–ł—ā—Ä–ł–Ķ–≤–ł—á –®–ĺ—Ā—ā–į–ļ–ĺ–≤–ł—á[1]), n√© le 25 septembre 1906 (12 septembre du calendrier julien) √† Saint-P√©tersbourg en Russie et mort le 9 ao√Ľt 1975 √† Moscou en URSS, est un compositeur russe de la p√©riode sovi√©tique. Il est l'auteur de quinze symphonies, de plusieurs concertos, d'une musique de chambre abondante, et de plusieurs op√©ras. Sa musique souvent tax√©e de formalisme par le pouvoir sovi√©tique contribuera par sa force et son dramatisme souvent exacerb√© √† faire de Chostakovitch une figure majeure de la musique du XXe si√®cle.

Sommaire

Biographie

Sa jeunesse, sa formation et ses débuts

Dmitri Chostakovitch est issu d'une famille appartenant à l'intelligentsia russe et au passé révolutionnaire: son grand-père Boleslav (en polonais Boleslaw Szostakowicz), lui-même fils d'un révolutionnaire polonais déporté en Russie dans la région de Perm, avait été exilé en Sibérie pour avoir été impliqué dans la tentative d'assassinat d'Alexandre II de 1866[2].

Apr√®s avoir √©tudi√© le piano avec sa m√®re, Dmitri Chostakovitch entre en 1919 au Conservatoire de Petrograd, o√Ļ il √©tudie le piano avec Leonid Nikola√Įev et la composition avec Maximilien Steinberg. Il se lie d'amiti√© avec Alexandre Glazounov, alors directeur du Conservatoire.

Bien que cumulant les apprentissages de composition et de piano, Chostakovitch se destine alors plut√īt √† une carri√®re d'interpr√®te. Il donne de nombreux concerts, dans lesquels il fait la part belle aux Ňďuvres de Beethoven, Schumann, Chopin et Liszt.

En f√©vrier 1922, le p√®re de Chostakovitch meurt d'une pneumonie. La famille Chostakovitch se trouve alors dans une situation mat√©rielle pr√©caire, ce qui conduira Dmitri √† se faire embaucher comme pianiste de cin√©ma. Au d√©but de l'ann√©e 1923, il effectue une cure en Crim√©e, o√Ļ il tombe amoureux de Tatiana Glivienko, √† laquelle il d√©die son Premier Trio avec piano.

En 1926 a lieu la cr√©ation de la premi√®re symphonie, Ňďuvre d'une maturit√© de m√©tier si exceptionnelle chez un gar√ßon de vingt ans que des chefs d'orchestre tels que Bruno Walter, Leopold Stokowski et Arturo Toscanini l'adoptent imm√©diatement et lui assurent une renomm√©e internationale. L'Ňďuvre vaut m√™me √† son jeune auteur une lettre de f√©licitation d'Alban Berg.

En 1927, le gouvernement lui commande sa Deuxi√®me Symphonie pour comm√©morer l'anniversaire de la R√©volution russe. Chostakovitch vient alors de composer deux Ňďuvres audacieuses, sa Sonate pour piano n¬į 1 et son cycle d'Aphorismes et la composition de cette deuxi√®me symphonie lui permet de poursuivre ses exp√©rimentations. La m√™me ann√©e, il obtient un dipl√īme d'honneur au concours Chopin √† Varsovie.

Entre l'√©t√© 1927 et l'√©t√© 1928, Chostakovitch s'attelle √† l'√©criture de l'op√©ra Le Nez s'inspirant du r√©cit √©ponyme de Nicolas Gogol issu des Nouvelles de P√©tersbourg. La partition r√©solument avant-gardiste rend √† merveille l'ironie et le sarcasme du r√©cit de Gogol et conna√ģt un immense succ√®s populaire.

La période d'avant-guerre

Dmitri Chostakovitch (1935)

Apr√®s Le Nez, le langage musical de Chostakovitch se simplifie. Le compositeur s'int√©resse aux possibilit√©s expressives de la satire et du comique et se rapproche de la musique l√©g√®re. Il √©crit en 1929 sa premi√®re musique de film, La Nouvelle Babylone, de Kozintsev et Trauberg, puis sur une proposition de Vsevolod Meyerhold, la musique de la Punaise de Vladimir Ma√Įakovski. Il compose aussi, toujours dans la m√™me veine, saTroisi√®me Symphonie puis deux ballets, l'√āge d'or et le Boulon, deux √©checs publics.

En mai 1932, Chostakovitch se marie avec Nina Varzar et ach√®ve √† la fin de l'ann√©e la composition de son second op√©ra, Lady Macbeth du district de Mtsensk. L'id√©e de l'√©criture de cet op√©ra, bas√© sur une nouvelle de Leskov, remonte √† 1930. L'Ňďuvre est cr√©√©e en 1934 et remporte un immense succ√®s, avec trois productions et quelque deux cents repr√©sentations tant √† Leningrad qu'√† Moscou au cours des deux ann√©es qui suivent, en plus de nombreuses ex√©cutions en dehors de l'URSS.

D√©but 1933, treize jours √† peine apr√®s avoir achev√© la composition de Lady Macbeth, Chostakovitch d√©bute un cycle de 24 pr√©ludes pour piano puis compose son Premier Concerto pour piano. Cette m√™me ann√©e, il compose l'opus 37, Musique pour La Com√©die humaine d'apr√®s Honor√© de Balzac pour petit orchestre (1933-1934)[3]. L'ann√©e suivante, il √©crit une Sonate pour violoncelle et piano. Ces trois derni√®res Ňďuvres n'ont stylistiquement rien √† voir avec les exp√©rimentations du Nez. Chostakovitch compose aussi son troisi√®me ballet, le Clair ruisseau, qui remportera lors de sa cr√©ation en 1935, un vif succ√®s.

Au cours du premier Congr√®s de l'Union des √©crivains sovi√©tiques, en √©t√© 1934, Maxime Gorki pr√©sente la doctrine du r√©alisme socialiste. En cette occasion, presque tous les √©crivains pr√™tent serment de fid√©lit√© √† Staline et rares sont ceux qui, comme Mikha√Įl Boulgakov, Ossip Mandelstam ou Anna Akhmatova, ont le courage de s'y refuser. La fin de l'ann√©e 1934 ouvre une des pages les plus sombres de l'histoire russe : l'assassinat de Sergue√Į Kirov marque le d√©clenchement d'une terreur d'une ampleur sans pr√©c√©dent, donnant le signal √† des pers√©cutions massives et √† d'innombrables condamnations. √Ä partir de d√©cembre, se produisent sur l'ensemble du territoire sovi√©tique des arrestations en masse et une ¬ę grande purge politique ¬Ľ, une exp√©rience terrifiante qui devient quotidienne √† dater de cet instant.

Ces premi√®res ann√©es de la grande terreur sont paradoxalement heureuses pour Chostakovitch: les repr√©sentations de Lady Macbeth du district de Mtsensk continuent de remporter un vif succ√®s, et il poursuit son travail de composition avec ardeur. Voyant dans son entourage d'√©minents repr√©sentants de la litt√©rature et des beaux-arts multiplier les d√©clarations opportunistes, Chostakovitch cherche d'abord √† pr√©server son ind√©pendance, et ses d√©clarations publiques, entre 1932 et 1936, ne contiennent gu√®re de phrases qui puissent passer pour une approbation de l'id√©ologie agressive du Parti. Les Ňďuvres qu'il compose √† cette √©poque, telles que son Premier Concerto pour piano ou sa Sonate pour violoncelle et piano, ne portent aucune influence de la politique int√©rieure du pays[4].

Mais le 28 janvier 1936 para√ģt dans la Pravda un article intitul√© : Le Chaos remplace la musique, violente diatribe contre l'op√©ra Lady Macbeth[3]. Staline, accompagn√© d'Andre√Į Jdanov et de Miko√Įan, avait en effet assist√© deux jours auparavant √† une repr√©sentation de l'op√©ra au Bolcho√Į[5], et l'avait d√©test√©. Cet article, non sign√©, s'en prend au style musical de l'op√©ra, fait de ¬ę tintamarre, grincements, glapissements ¬Ľ, √† son ¬ę formalisme petit-bourgeois ¬Ľ niant simplicit√© et r√©alisme socialiste au profit de l'¬ę herm√©tisme ¬Ľ; et, enfin, √† son ¬ę naturalisme grossier ¬Ľ montrant sur sc√®ne des personnages ¬ę bestiaux ¬Ľ, ¬ę vulgaires ¬Ľ. L'article va m√™me jusqu'√† menacer l'existence de Chostakovitch par cette phrase lourde de sens en pleine folie des purges staliniennes : ¬ę On joue avec l'herm√©tisme, un jeu qui pourrait mal finir ¬Ľ[6]. Les repr√©sentations furent aussit√īt arr√™t√©es. Le 6 f√©vrier 1936, Chostakovitch subit un autre coup du sort avec la publication dans la Pravda d'un √©ditorial √©reintant son ballet le Clair Ruisseau[7],[8]. Puis, quelques jours plus tard, il fait l'objet d'une condamnation officielle au cours d'une r√©union de la section de Leningrad de l'Union des compositeurs sovi√©tiques. Beaucoup de ses anciens amis rivalisent alors d'attaques contre lui. Rares sont ceux qui, comme Sergue√Į Prokofiev, Vissarion Chebaline et Dmitri Kabalevski, osent prendre le parti de Chostakovitch[9]. Ce dernier devient ainsi officiellement un ¬ę ennemi du peuple ¬Ľ, accusation qui, dans l'URSS des ann√©es 1930, pr√©c√©dait bien souvent une d√©portation. Les mois suivants s'accompagneront d'une intensification de la terreur, touchant de plus en plus brutalement les milieux artistiques: Maxime Gorki meurt dans des circonstances non √©lucid√©es, le po√®te Ossip Mandelstam est assassin√© en 1938, Vsevolod Meyerhold est fusill√© en 1940, Anna Akhmatova perd son mari et son fils, tandis que Marina Tsveta√Įeva se suicide en 1941[10]. En juin 1937, Chostakovitch est convoqu√© par le NKVD pour √™tre interrog√© et ne doit sa survie qu'√† l'ex√©cution de l'officier charg√© de son dossier[11]. L'attente constante du pire le plonge dans l'insomnie et la d√©pression. Il est hant√© par des id√©es de suicide, qui ne cesseront de le tourmenter toute sa vie[12].

La Symphonie n¬į 4, compos√©e entre septembre 1935 et mai 1936, est le reflet de son √©tat psychologique de l'√©poque. Cette Ňďuvre bouleversante, stylistiquement proche de Lady Macbeth du district de Mtsensk, ne sera cr√©√©e que dans les ann√©es 1960. En effet, Chostakovitch d√©cide de mettre un terme aux r√©p√©titions que dirigeait le chef Fritz Stiedry. Selon la version officielle, c'est le compositeur qui retira de lui-m√™me son Ňďuvre, la jugeant alors imparfaite.

Oblig√© de faire des concessions, Chostakovitch donne √† sa musique des accents plus traditionnels. Sa symphonie n¬į 5, dont la facture tr√®s classique emprunte √† Beethoven et Tcha√Įkovski, lui permet un retour en gr√Ęce. Avec cette Ňďuvre officiellement qualifi√©e de ¬ę r√©ponse cr√©ative d'un artiste sovi√©tique √† de justes critiques ¬Ľ (sous-titre de l'Ňďuvre), le musicien a simplifi√© son style sans pour autant r√©primer sa personnalit√©. Toute l'Ňďuvre peut m√™me √™tre interpr√©t√©e, sous la surface d'un langage conventionnel, comme la marque d'une profonde r√©volte contre la tyrannie. La cr√©ation de la 5e Symphonie fut aussi le point de d√©part de l'amiti√© du compositeur avec le chef Ievgueni Mravinski.

En mai 1938, Chostakovitch compose son Premier Quatuor à cordes, puis jusqu'en 1941, il s'occupe essentiellement de musiques de films. Entre avril et novembre 1939, il compose sa Sixième Symphonie.

Guerre et après-guerre

En 1941, Chostakovitch re√ßoit le Prix Staline pour son Quintette avec piano et cordes, Ňďuvre command√©e par le Quatuor Beethoven dont Chostakovitch devait tenir la partie de piano lors de la tourn√©e que le quatuor devait faire en 1942 √† travers toute l'URSS.

Le 8 ao√Ľt 1941, les premiers avions allemands bombardent Leningrad. La mobilisation est d√©cr√©t√©e et Chostakovitch est incorpor√© √† sa demande dans un piquet d'incendie du groupe de d√©fense antia√©rienne. Il se lance dans l'√©criture de sa Symphonie n¬į 7 ¬ę Leningrad ¬Ľ, compos√©e au debut du si√®ge de la ville puis √† Kou√Įbychev (aujourd'hui Samara), o√Ļ Chostakovitch et sa famille sont √©vacu√©s en octobre 1941. L'oeuvre est termin√©e en d√©cembre 1941, alors que Leningrad est toujours assi√©g√©e. La premi√®re de cette symphonie, au gigantisme patriotique, a lieu √† Kou√Įbychev en mars 1942. Quelques jours plus tard, elle est jou√©e √† Moscou lors d'un concert retransmis √† la radio et perturb√© par les alertes de la d√©fense antia√©rienne[13]. Rapidement populaire aussi bien √† l'Ouest qu'√† l'Est, elle est jou√©e 62 fois sur le continent am√©ricain entre 1942 et 1943[14]. L'oeuvre sera m√™me interpr√©t√©e √† L√©ningrad le 9 ao√Ľt 1942.

En 1943, Chostakovitch compose l'une de ses plus importantes symphonies, la Symphonie n¬į 8 (rarement et improprement sous-titr√©e Stalingrad ; cet hommage n'est pas de Chostakovitch lui-m√™me), d√©di√©e √† Mravinski. Consid√©r√©e par beaucoup comme le chef-d'Ňďuvre symphonique de Chostakovitch[15], cette symphonie est semblable √† un cri de protestation contre la guerre, le totalitarisme et la volont√© de supr√©matie en g√©n√©ral[16].

La guerre terminée, Chostakovitch compose sa Neuvième Symphonie. Tous s'attendent à ce que Chostakovitch produise une symphonie en forme d'apothéose, célébrant la victoire sur le fascisme. Tout au contraire, cette nouvelle symphonie, qui ne dure pas plus d'une demi-heure et ne nécessite qu'un petit orchestre classique, tourne ouvertement la victoire de Staline en dérision avec ses thèmes légers, voire ridicules.

Outre trois grandes symphonies, Chostakovitch a beaucoup compos√© pendant la guerre : les Deuxi√®me et Troisi√®me Quatuors √† cordes, parmi les plus beaux de la s√©rie, la Deuxi√®me Sonate pour piano, l'op√©ra Les Joueurs d'apr√®s Gogol, qui restera inachev√©, six romances sur des textes de po√®tes et des po√®mes populaires anglais. Surtout, Chostakovitch compose au printemps 1944 l'un des chefs d'Ňďuvres de sa musique de chambre, le Second Trio avec piano, d√©di√© √† la m√©moire de son grand ami disparu Ivan Sollertinski.

En 1948, Chostakovitch est emport√© par le tout puissant jdanovisme artistique et son repr√©sentant Tikhon Khrennikov. Dans un premier temps, il est critiqu√© ouvertement (avec d'autres musiciens) lors d'une r√©solution du parti du 10 f√©vrier 1948[17]. Il doit faire alors, √† plusieurs reprises, son autocritique et perd sa place de professeur, pour ne retrouver un poste qu'en 1961. Son fils Maxime Chostakovitch est m√™me contraint de le condamner publiquement. Alors que le Parti renforce son emprise sur la vie culturelle et artistique sovi√©tique, Chostakovitch, une seconde fois victime de la lutte contre le formalisme, √©crit son Ňďuvre la plus ouvertement contestataire, le Ra√Įok, dans laquelle il se moque de Staline et de ses subalternes.

En juillet 1947, il aborde la composition du Premier Concerto pour violon, puis, durant l'√©t√© 1948, il √©crit ses Chansons juives, notamment en r√©action √† l'antis√©mitisme ambiant. Il sera contraint de cacher ces Ňďuvres, comme jadis la Quatri√®me Symphonie.

Chostakovitch le 28 juillet 1950 √† un r√©cital Bach (photo Roger R√∂ssing)

En 1949, Chostakovitch participe √† un voyage aux √Čtats-Unis organis√© √† l'occasion d'un congr√®s culturel. Il √©crit la m√™me ann√©e son oratorio le Chant des for√™ts, une Ňďuvre de circonstance, mais non d√©nu√©e d'int√©r√™t, ainsi que son Quatri√®me Quatuor √† cordes, dans lequel se fait sentir l'influence du folklore juif, et qui ne sera cr√©√© qu'en 1953. C'est √©galement en 1949 qu'il composa la musique du film La Chute de Berlin. En 1950, ann√©e du bicentenaire de la mort de Bach, Chostakovitch s'attelle √† un cycle de 24 pr√©ludes et fugues; puis, durant l'hiver 1952, il compose son Cinqui√®me Quatuor √† cordes.

En 1953, alors que la situation de Chostakovitch semble fig√©e, comme celle de bien d'autres musiciens sovi√©tiques, survient l'annonce de la mort de Staline, le 5 mars 1953. Le compositeur revient alors √† l'√©criture symphonique, apr√®s cinq ans d'arr√™t, en composant sa Dixi√®me Symphonie de juillet √† octobre 1953. La cr√©ation en d√©cembre 1953 est un triomphe pour Chostakovitch.

M√™me apr√®s la mort de Staline, le dogme du r√©alisme socialiste r√®gne toujours en ma√ģtre. Mais les premiers indices de changement se manifestent, et de nombreuses Ňďuvres de Chostakovitch vont peu √† peu reprendre place dans la vie musicale : les Chansons juives et le Premier Concerto pour violon sont ainsi cr√©√©s en 1955, plus de sept ans apr√®s leur composition. Chostakovitch re√ßoit le prix international de la paix en 1953.

Peu apr√®s, le compositeur traverse une p√©riode de crise : il √©prouve du mal √† composer des Ňďuvres qui le satisfassent[r√©f. n√©cessaire]. Il est en outre confront√© √† la mort de sa femme Nina, fin 1954, ainsi qu'√† celle de sa m√®re l'ann√©e suivante. Chostakovitch f√™te ses cinquante ans en 1956, ann√©e riche en √©v√©nements : lors du XXe congr√®s du Parti communiste de l'Union sovi√©tique, Nikita Khrouchtchev d√©nonce les crimes de Staline. Une vague libertaire s'√©tend √† tout l'URSS. Dmitri Chostakovitch est √† nouveau r√©habilit√© en 1958, avec la publication d'un d√©cret du Parti sur la correction des erreurs commises en 1948. De nombreux musiciens tels que Prokofiev, Khatchatourian, Chebaline, Popov, Miaskovski sont √©galement r√©habilit√©s.

Mais Chostakovitch n'arrive toujours pas à surmonter la faiblesse de son inspiration: le Sixième Quatuor marque un net recul par rapport aux deux remarquables quatuors précédents. Le Deuxième Concerto pour piano, dédié à son fils Maxime, voit le jour en 1957. L'année suivante, Chostakovitch reçoit le prix Lénine pour sa monumentale Onzième symphonie.

Chostakovitch sort de sa longue crise d'inspiration en 1959 avec la composition de son Premier Concerto pour violoncelle, √©crit pour Rostropovitch. Il compose ensuite son Septi√®me quatuor √† cordes ainsi qu'un cycle vocal, d√©di√© √† Galina Vichnevska√Įa, l'√©pouse de Rostropovitch, les Satires. √Ä l'√©t√© 1960, lors d'un s√©jour √† Dresde, Chostakovitch √©crit, en trois jours seulement, son Huiti√®me quatuor √† cordes, qui reste l'un de ses chefs-d'Ňďuvre.

Le 15 septembre 1960, l'agence Tass publie un communiqu√© annon√ßant la candidature de Chostakovitch au Parti. Bien qu'il s'agisse au fond d'une manŇďuvre du Kremlin, beaucoup de ses amis se d√©tournent de lui, comme Chebaline. En f√©vrier, le compositeur ach√®ve sa Douzi√®me Symphonie.

Le XXIIe Congr√®s du Parti, en octobre 1961 marque une nouvelle √©tape dans les transformations intervenues depuis la mort de Staline. On assiste √ß√† et l√† √† des √©v√©nements d'une port√©e capitale, comme l'arriv√©e de Leonard Bernstein et de l'Orchestre de New York d√®s 1959, ou le retour d'Igor Stravinski en 1962, apr√®s cinquante ans d'absence. Un √©v√©nement musical inattendu se produit : le 30 d√©cembre 1961, l'Orchestre philharmonique de Moscou plac√© sous la direction de Kirill Kondrachine donne pour la premi√®re fois la Quatri√®me Symphonie de Chostakovitch.

Au printemps 1962, Chostakovitch compose sa Treizi√®me Symphonie, sur des textes d'Evgueni Evtouchenko. Le th√©√Ętre Stanislavski et N√©mirovitch Dantchenko de Moscou met en r√©p√©tition Lady Macbeth de Mzensk, qui a chang√© de titre pour devenir Katerina Isma√Įlova. En 1964, il √©crit ses Neuvi√®me et Dixi√®me Quatuors √† cordes, puis s'att√®le √† un po√®me vocal et instrumental sur un fragment po√©tique d'Evtouchenko, l'Ex√©cution de St√©pane Razine.

En octobre 1964, on assiste à la chute de Khrouchtchev et la nouvelle équipe au pouvoir s'éloigne de plus en plus de la voie du libéralisme.

Les dernières années

En 1966, ann√©e des soixante ans du compositeur, des concerts solennels sont organis√©s dans le monde entier en son honneur. En f√©vrier, il compose son Onzi√®me Quatuor, puis en avril son Deuxi√®me Concerto pour violoncelle, d√©di√© √† Rostropovitch. Le 28 mai 1966, Chostakovitch participe comme pianiste √† un concert consacr√© √† ses Ňďuvres. C'est la derni√®re fois qu'il joue en public. Dans la nuit, il est frapp√© d'une crise cardiaque, et reste plusieurs semaines √† l'h√īpital. Cet infarctus est le premier indice de d√©labrement d'une sant√© d√©j√† fragile : d√®s la fin des ann√©es 1950, Chostakovitch avait ressenti les premiers sympt√īmes d'une paralysie de la main. Son √©tat de sant√© l'oblige √† mener une vie plus calme, et il doit renoncer √† l'alcool et aux cigarettes. En d√©cembre 1966, lors d'un nouveau s√©jour √† l'h√īpital, il se plonge dans la po√©sie d'Alexandre Blok, d'o√Ļ il tirera un curieux cycle de Sept Romances.

Le Second Concerto pour violon, d√©di√© √† David O√Įstrakh, est cr√©√© √† l'automne 1967. En mars 1968, Chostakovitch ach√®ve son Douzi√®me Quatuor √† cordes dans lequel, pour la premi√®re fois, il utilise le langage dod√©caphonique. On retrouvera cette technique dans son Ňďuvre suivante, la Sonate pour violon et piano.

Le compositeur passe les mois de janvier et de f√©vrier 1969 de nouveau √† l'h√īpital. Il lit beaucoup et se prend de passion pour des po√®mes de Baudelaire, d'Apollinaire et de Rilke qui lui inspireront sa Quatorzi√®me Symphonie d√©di√©e √† Benjamin Britten. Il s'agit de la premi√®re de plusieurs Ňďuvres de Chostakovitch qu'on peut interpr√©ter comme un adieu √† la vie.

En juin 1970, il compose son Treizi√®me Quatuor √† cordes. Au d√©but de l'ann√©e suivante, il se met √† composer sa Quinzi√®me Symphonie, qui sera cr√©√©e √† Moscou en janvier 1972, sous la direction de son fils Maxime Chostakovitch. Le 17 septembre 1971, il subit un nouvel infarctus.

Les derni√®res ann√©es de la vie de Chostakovitch co√Įncident avec celles de l'√®re Brejnev, p√©riode durant laquelle le r√©gime se durcit. Des mouvements d'opposition √©mergent toutefois, avec √† leurs t√™tes Solj√©nitsyne et Sakharov. Parmi les musiciens, Rostropovitch est le seul √† rejoindre les rangs de l'opposition. Chostakovitch n'a plus la force ni le courage de se r√©volter contre la situation politique, et accepte de signer la lettre officielle condamnant Sakharov.

Apr√®s l'ach√®vement de sa Quinzi√®me Symphonie, il n'√©crit plus une note pendant un an et demi. Le spectre de la mort r√īde autour de lui et lui enl√®ve beaucoup de ses amis proches. Au printemps 1973, il reprend le dessus et √©crit son Quatorzi√®me Quatuor √† cordes puis Six Romances sur des po√®mes de Marina Tsveta√Įeva. √Ä la fin de l'ann√©e, on diagnostique chez lui un cancer.

Au printemps 1974 na√ģt le Quinzi√®me Quatuor √† cordes, suivi d'une autre Ňďuvre majeure, la Suite pour basse et piano sur des po√®mes de Michel-Ange. En avril 1975, lors d'un s√©jour dans une maison de sant√©, Chostakovitch √©crit un cycle de m√©lodies d√©di√© √† Nesterenko : quatre po√®mes du capitaine Lebiadkine pour basse et piano, sur des textes de Dostoievski. Il compose ensuite sa derni√®re Ňďuvre, la Sonate pour alto et piano, termin√©e en juillet.

Admis √† l'h√īpital, Chostakovitch meurt le 9 ao√Ľt 1975. Les fun√©railles ont lieu le 14 ao√Ľt. La cr√©ation de la Sonate pour alto et piano a lieu le 25 septembre 1975, jour de l'anniversaire du compositeur.

Esth√©tique de l'Ňďuvre

Les premi√®res Ňďuvres de Chostakovitch, notamment sa Premi√®re Symphonie, qui, cr√©√©e en 1926, le r√©v√©la au public et lui apporta une reconnaissance internationale, poss√®dent d√©j√† un style personnel bien que r√©v√©lant l'influence des compositeurs russes tels que Prokofiev ou Stravinski. Apr√®s sa Premi√®re Symphonie, Chostakovitch radicalisa son langage avec des Ňďuvres exp√©rimentales comme la Premi√®re Sonate pour piano. Ses recherches modernistes aboutirent √† la composition d'un de ses chefs-d'Ňďuvres : son op√©ra le Nez, cr√©√© en 1930. Mais le style de cette Ňďuvre d√©concerta nombre de critiques, ainsi que l'Association russe des musiciens prol√©tariens qui d√©clar√®rent l'op√©ra inutile pour les travailleurs[18].

En 1927, Chostakovitch accepte pour la premi√®re fois la commande d'une Ňďuvre de propagande et compose sa Deuxi√®me symphonie d√©di√©e √† la R√©volution russe d'octobre. Le compositeur, d√©sireux de se faire conna√ģtre et encore sous l'influence d'un id√©al communiste ¬ę esth√®te et √©clair√©e ¬Ľ, rend en toute candeur ce premier service √† la patrie en ignorant totalement les menaces planant sur sa libert√©.

Convaincu apr√®s le Nez de la n√©cessit√© de r√©viser ses ambitions stylistiques, Chostakovitch exp√©rimente les sources du comique et du satirique en musique. Il aborde ainsi avec enthousiasme la composition de musique pour le th√©√Ętre et le cin√©ma, confirmant son engagement aux c√īt√©s du pouvoir. Il √©crit la musique de la Punaise, d'apr√®s Ma√Įakovski, le ¬ę po√®te de la R√©volution ¬Ľ, sur une mise en sc√®ne de Meyerhold ; il c√ītoie les fondateurs du cin√©ma sovi√©tique √† travers l'√©criture de sa premi√®re musique de film, celle de la Nouvelle Babylone ; il √©crit deux ballets propagandistes, L'√āge d'or et Le Boulon. Si la composition de la musique de sc√®ne et de films lui permet de d√©velopper son go√Ľt pour le grotesque et le sarcasme, les √©checs des deux ballets l'√āge d'or et le Boulon lui font finalement prendre conscience de l'impasse dans laquelle l'a conduit la musique utilitaire. Il r√©dige en 1931 un manifeste qui para√ģt dans la revue Rabotchi i teatr dans lequel il proclame son d√©sir d'ind√©pendance. Chostakovitch est aussit√īt accus√© de s'√©loigner des masses.

M√Ľri de ces diverses exp√©riences, le langage de Chostakovitch est presque d√©finitivement forg√© √† la fin de la d√©cennie 1920. Ce langage r√©alise une synth√®se des tendances d'avant garde avec la tradition classique, √† laquelle le compositeur restera toujours fid√®lement attach√©[19].

L'op√©ra Lady Macbeth de Mtsensk (1934) lui vaut des critiques, l'artiste √©tant accus√©, en pleine terreur id√©ologique, de composer de la musique √©litiste, s'opposant ainsi au peuple. En r√©alit√©, cet op√©ra fut bien re√ßu par le public et la critique lors de sa cr√©ation. Toutefois, lors de l'une des repr√©sentations de l'Ňďuvre au Th√©√Ętre Bolcho√Į, Staline quitta ostensiblement la salle pendant le deuxi√®me acte ; le surlendemain, un article parut dans la Pravda, dont chacun comprit qu'il avait √©t√© inspir√© par Staline en personne, est tr√®s s√©v√®re pour l'Ňďuvre. L'article critiquait surtout le caract√®re ¬ę immoral ¬Ľ de l'h√©ro√Įne (cet op√©ra est une adaptation de Lady Macbeth du district de Mtsensk de Nicola√Į Leskov) et le caract√®re ¬ę pornographique ¬Ľ de la mise en sc√®ne[r√©f. n√©cessaire]. Les repr√©sentations furent imm√©diatement interrompues, √† l'initiative de la direction du Th√©√Ętre. Quelque temps plus tard, la Symphonie n¬į 4, dont la cr√©ation √©tait proche et qui √©tait en cours de r√©p√©tition re√ßut une critique difficile dans un nouvel article de la Pravda[20]. Chostakovitch d√©cida √† la suite de cet article de suspendre les r√©p√©titions et de ne pas publier cette symphonie, car cette critique √©tait manifestement lourde de menaces √† son encontre.

Le compositeur subit alors des pressions, d√©cide de composer la Cinqui√®me Symphonie (1935) afin de permettre une r√©habilitation de son image aupr√®s de l'√Čtat sovi√©tique. Cette symphonie reprend des motifs simples (√† la mani√®re par exemple de Mozart), en particulier dans son premier mouvement assez aust√®re, et dans un final o√Ļ la solennit√© est pouss√©e √† l'extr√™me, peut √™tre jusqu'au sarcasme contre la musique que l'on souhaitait lui voir composer. En r√©alit√©, il semble que cette symphonie soit tout enti√®re con√ßue dans la m√™me veine que la Quatri√®me Symphonie, Chostakovitch ayant volontairement supprim√© toute dissonance trop √©vidente et l'ayant charpent√©e en quatre mouvements tr√®s typ√©s, sans rien changer dans le fond √† sa musique. Cette symphonie remporta un grand succ√®s et fut consid√©r√©e par le r√©gime sovi√©tique comme un retour du compositeur dans le ¬ędroit chemin¬Ľ. La Cinqui√®me symphonie est aussi la symphonie du XXe si√®cle la plus jou√©e et la plus enregistr√©e, et beaucoup de grands chefs d'orchestre la tiennent pour le chef-d'Ňďuvre symphonique de Chostakovitch[21].

La Quatri√®me Symphonie ne fut cr√©√©e qu'en 1961, soit 25 ans apr√®s sa composition. Son style sombre, et son orchestration mahl√©rienne, en faisait une Ňďuvre que le compositeur ne pouvait librement publier √† l'√©poque de sa composition (1935). Elle √©tait, selon lui, compos√©e ¬ę pour le tiroir ¬Ľ. En r√©alit√©, c'est une Ňďuvre assez longue, tr√®s complexe quant √† ses structures, contenant quelques accords extr√™mement dissonants not√©s ffff sur la partition, ayant une absence totale d'allusions politiques, contrairement √† un certain nombre d'autres Ňďuvres du compositeur. Elle re√ßut, lors de sa cr√©ation, un succ√®s d'estime, et il n'en exista longtemps qu'un nombre limit√© d'enregistrements.

Chostakovitch en 1974

√Ä compter de ce moment, ses compositions apparaissent comme sombres, voire tr√®s noires, et r√©solument pessimistes. Sarcastique, grin√ßant, ou au contraire d'une limpidit√© et d'un classicisme tout ironique (ses Ňďuvres de ¬ę r√©alisme sovi√©tique ¬Ľ semblent √™tre √©crites d'une autre main), il se d√©marque nettement de ses contemporains par un ton qui ne pouvait que d√©plaire √† la toute puissante propagande stalinienne. Enfin, la musique de Chostakovitch ne peut √©videmment se r√©duire, chez lui comme chez tous ses contemporains, √† une analyse purement politique.

Plusieurs de ses quatuors ont √©t√© r√©orchestr√©s pour orchestre de chambre par Rudolf Barshai ; ainsi, la symphonie de chambre opus 110bis n'est autre que le Huiti√®me Quatuor retravaill√© par Barshai. Apr√®s avoir r√©alis√© une r√©orchestration du Boris Godounov de Modeste Moussorgski (orchestration aujourd'hui oubli√©e depuis le retour des orchestrations originales de Moussorgski), Chostakovitch r√©alisera l'orchestration de r√©f√©rence de La Khovantchina du m√™me Moussorgski.

Il aura composé 15 symphonies, 15 quatuors à corde, 2 concertos pour violon, 2 pour violoncelle, et 2 pour piano. Il s'intéressa également à la musique scénique et à la musique de film.

Dmitri Chostakovitch a li√© de profondes amiti√©s, notamment avec des musiciens comme David O√Įstrakh, et Mstislav Rostropovitch, d√©dicataires de ses concertos pour violon et violoncelle.

Liste des Ňďuvres

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Son nom de famille est d'origine polonaise et devrait donc s'√©crire Szostakowicz en alphabet latin selon le m√™me principe que les noms russes d'origine √©trang√®re. Son arri√®re-grand-p√®re est n√© √† Vilnius et √©tait Polonais et son grand-p√®re paternel √©tait un patriote polonais exil√© en Sib√©rie pour cette raison. Source : Dimitri Chostakovitch de Dermoncourt, Actes Sud/Classica, 2006.
  2. ‚ÜĎ Chostakovitch et Staline, Solomon Volkov, √Čditions du Rocher (collection Anatolia) 2005
  3. ‚ÜĎ a et b Dictionnaire de la musique, de Pierre Vidal, Larousse, 1988, p.152-153 (ISBN 2035113061)
  4. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 184-185
  5. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 200.
  6. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 204.
  7. ‚ÜĎ ¬ę On voit bien que le compositeur et l'auteur du livret de ce ballet n'ont jamais mis les pieds dans un Kolkhoze, et n'ont jamais partag√© le dur labeur des cultivateurs ¬Ľ. Extrait du programme du Th√©√Ętre Bolcho√Į, pour la reprise du ballet en 2003.
  8. ‚ÜĎ Le Clair Ruisseau est le nom du sovkhoze que tous les Sovi√©tiques de cette √©poque connaissaient car, chaque automne, c'est dans cette ferme d'√Čtat mod√®le qu'√©taient tourn√©es les actualit√©s cin√©matographiques montrant que la nouvelle r√©colte √©tait encore plus abondante que les pr√©c√©dentes.
  9. ‚ÜĎ "Les quatuors √† cordes de Chostakovitch", Liouba Bouscant, p. 44
  10. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 209
  11. ‚ÜĎ Notamment cit√© dans William T. Vollmann, Central Europe, 2005, ¬ę Le palmier de Deborah ¬Ľ, chapitre 16.
  12. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 211
  13. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 264.
  14. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 12
  15. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 279.
  16. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 279 et suivantes.
  17. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 308
  18. ‚ÜĎ "Les quatuors √† cordes de Chostakovitch", Liouba Bouscant, p. 31
  19. ‚ÜĎ "Les quatuors √† cordes de Chostakovitch", Liouba Bouscant, p. 32
  20. ‚ÜĎ ¬ę La nouvelle symphonie de Chostakovitch n'est, du d√©but √† la fin, qu'un abominable chaos sonore, une affreuse cacophonie. On sait que ce compositeur est parfaitement capable de faire de la belle musique, mais il s'obstine manifestement volontairement √† faire une musique totalement √©trang√®re au go√Ľt du Peuple. Tout cela pourrait tr√®s mal se terminer... ¬Ľ
  21. ‚ÜĎ Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, p. 233

Annexes

Bibliographie

Cinéma

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