Diplomatie

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Diplomatie
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Le Conseil de sécurité des Nations unies est un haut lieu de la diplomatie internationale

La diplomatie est la conduite de nĂ©gociations entre les personnes, les groupes ou les nations en rĂ©glant un problĂšme sans violence. UtilisĂ©e formellement, elle se rapporte habituellement Ă  la diplomatie internationale, la conduite des relations internationales par l’entremise (habituellement) de diplomates professionnels.

Une distinction importante existe entre la diplomatie et la politique Ă©trangĂšre, mĂȘme si elles sont Ă©troitement liĂ©es, complĂ©mentaires et indispensables l’une Ă  l’autre.

La politique Ă©trangĂšre correspond aux choix stratĂ©giques et politiques des plus hautes autoritĂ©s de l’État. En France, elle relĂšve du chef de l’État, du Premier ministre et du ministre des Affaires Ă©trangĂšres et europĂ©ennes.

La diplomatie est la mise en Ɠuvre de la politique Ă©trangĂšre par l’intermĂ©diaire des diplomates.

La diplomatie du Saint-SiĂšge est l’un des plus anciens services diplomatiques au monde, opĂ©rant depuis le Ve siĂšcle, et le plus ancien en Europe.

Les plus anciens se retrouvent en Occident, on observait en effet en Asie trĂšs tĂŽt dĂ©jĂ , le dĂ©veloppement de missions expĂ©ditionnaires et diplomatiques, en particulier avec l’expansion de la Chine impĂ©riale.

Sommaire

ThĂ©orie des relations entre les États

Dans leur Introduction Ă  l'histoire des relations internationales, Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle mettent en Ă©vidence que « l'Ă©tude des relations internationales s'attache surtout Ă  analyser et Ă  expliquer les relations entre les communautĂ©s politiques organisĂ©es dans le cadre d'un territoire, c'est-Ă -dire entre les États Â»[1].

À ce titre les relations internationales sont indissociables de la guerre, ou, plus exactement d'une tension constante entre la guerre et la paix. Thucydide, dĂ©jĂ , fondait son rĂ©cit historique sur une alternance constante entre le repos et le mouvement[2]. Dans une optique assez proche, Raymond Aron Ă©tablit que les deux principaux acteurs des relations inter-Ă©tatiques sont l'ambassadeur et le soldat : l'un comme l'autre ont de fait pour fonction de reprĂ©senter leur pays Ă  l'Ă©tranger[3]. Il existe ainsi une relation de continuitĂ© entre la diplomatie et la guerre. Toutes deux visent Ă©galement Ă  garantir les intĂ©rĂȘts d'un pays donnĂ© : la premiĂšre par la nĂ©gociation, la seconde par la violence.

Deux cas de figures Ă©chappent toutefois au champ des relations internationales[4] :

La communautĂ© isolĂ©e ou volontairement coupĂ©e du monde. Toute relation inter-Ă©tatique rend en effet le conflit ou la discorde possibles. Aussi, maintenir un État en paix impliquerait de l'exclure du reste du monde politique. Cette volontĂ© d'exclusion est en particulier formulĂ©e dans Les Lois de Platon. Pour prĂ©server la citĂ© idĂ©ale, il convient de limiter considĂ©rablement les Ă©changes extĂ©rieurs : « c'est pourquoi la citĂ© platonicienne entretiendra, par un « noble mensonge Â», le mythe de l'autochtonie, ou d'une diffĂ©rence de nature entre ses citoyens et les autres hommes, elle sera loin de la mer, dĂ©couragera les voyages et les contacts avec l'Ă©tranger, rĂ©servĂ©s aux ambassadeurs et aux philosophes Â»[5]

L'empire universel. L'Ă©tablissement d'un empire universel part d'un prĂ©requis inverse de celui de la communautĂ© isolĂ©e, mais ses consĂ©quences sont identiques. Il s'agit ici non pas de couper un groupe humain du reste de l'humanitĂ©, mais, bien au contraire, de fĂ©dĂ©rer l'ensemble des groupes humains et de les fĂ©dĂ©rer sous la mĂȘme autoritĂ©. Dans la De Monarchia, Dante met en Ă©vidence la nĂ©cessitĂ© et la naturalitĂ© d'un tel Ă©tablissement : « Tout royaume divisĂ© en son sein sera ravagĂ©. Si donc il en est ainsi dans ces rĂ©alitĂ©s prises une Ă  une, qui sont ordonnĂ©es en vue d'un but unique, quel qu'il soit, le principe posĂ© plus haut est vrai. Or, c'est un fait Ă©tabli que tout le genre humain est ordonnĂ© en vue d'un but unique : il faut qu'un seul donne les rĂšgles ou dirige Â»[6]. Cette perspective se heurte toutefois Ă  la question de sa rĂ©alisation : « dans la rĂ©alitĂ© des faits, les peuples n'ont jamais acceptĂ© durablement cette idĂ©e d'unitĂ© que comme unification culturelle (
) Les hommes se laissent plus facilement unir par les idĂ©es que par les pouvoirs Â»[7].

Institutions

Diplomates et mission diplomatiques

Un diplomate est une personne impliquĂ©e dans la diplomatie ; on parle de mission diplomatique dĂšs lors que l’on fait rĂ©fĂ©rence Ă  un groupe de diplomates originaires d’un mĂȘme pays qui rĂ©sident dans un autre pays. Le rang d’ambassadeur est le plus Ă©levĂ© des rangs diplomatiques ; une mission diplomatique Ă  la tĂȘte de laquelle se trouve un ambassadeur s'appelle une ambassade. L’ensemble de tous les diplomates d’un pays donnĂ© s'appelle le corps diplomatique. La mission diplomatique est un ensemble de personnes nommĂ©es par un État dit « Ă‰tat accrĂ©ditant Â» pour exercer, sous l’autoritĂ© d’un chef de mission, des fonctions de caractĂšre diplomatiques sur le territoire d’un État Ă©tranger dit « Ă‰tat accrĂ©ditaire Â».

Les fonctions de la mission diplomatique

Selon l’article 3 de la Convention de Vienne de 1961, les fonctions normales sont :

  • la reprĂ©sentation de l’État accrĂ©ditant ;
  • la protection des intĂ©rĂȘts de l’État accrĂ©ditant et de ses ressortissants, dans les limites admises par le droit international ;
  • la nĂ©gociation avec l’État accrĂ©ditaire ;
  • l’information par tous les moyens licites des conditions et de l’évolution des Ă©vĂšnements dans l’état accrĂ©ditaire, avec envoi de rapport Ă  l’état accrĂ©ditant ;
  • le dĂ©veloppement des relations amicales, notamment des relations Ă©conomiques, culturelles et scientifiques.

Les articles 45 et 46 de la Convention de Vienne Ă©tablissent des fonctions exceptionnelles. Selon ces articles, un État peut charger sa mission diplomatique de la protection des intĂ©rĂȘts d’un État tiers qui aurait rompu ses relations diplomatiques avec l’État accrĂ©ditaire. De plus, en principe, la mission diplomatique n’exerce pas de fonctions consulaires mais elle peut ĂȘtre amenĂ©e Ă  exercer de telles fonctions : selon l’article 3 de la Convention de Vienne, aucune des dispositions de cette Convention ne saurait ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme interdisant l’exercice de fonctions consulaires par une mission diplomatique.

La composition de la mission diplomatique

Elles sont toutes composĂ©es d’un chef de mission ainsi que de son personnel placĂ© sous son autoritĂ©.

Le chef de mission

La Convention de Vienne a dĂ» Ă©tablir des rĂšgles qui dĂ©terminent le classement des chefs de mission et cela afin de mettre un terme aux problĂšmes de prĂ©sĂ©ance entre agents diplomatiques. Les problĂšmes de prĂ©sĂ©ance sont le fait que (prĂ©sĂ©ance=prendre place avant quelqu’un d’autre) chaque État accrĂ©ditaire ayant un chef de mission, lequel prĂ©cĂšde l’autre dans le cas d'une cĂ©rĂ©monie officielle. Initialement, les ambassadeurs estimaient que la place qu’ils occupaient dans une cĂ©rĂ©monie officielle devait correspondre Ă  l’importance de leur souverain, en d’autres termes Ă  la considĂ©ration qu’ils pensaient lui ĂȘtre due. C’était pour rĂ©soudre ce type de problĂšme que le CongrĂšs de 1815 fut rĂ©uni. Mais le problĂšme de prĂ©sĂ©ance s’est poursuivi, c’est pourquoi l’article 14 de la Convention de Vienne aborde cette question : selon cet article, la catĂ©gorie chef de mission se divise en trois classes :

  • Une classe correspond aux ambassadeurs ou nonce apostolique accrĂ©ditĂ©s auprĂšs des chefs d’État.
  • Une autre classe est celle des envoyĂ©s ministre ou inter nonce, Ă©galement accrĂ©ditĂ©s auprĂšs des chefs d’État.
  • La derniĂšre classe est celle des chargĂ©s d’affaires qui sont ceux accrĂ©ditĂ©s auprĂšs du ministre des affaires Ă©trangĂšres.

Dans une mĂȘme classe, l’anciennetĂ© de la nomination dans le pays accrĂ©ditaire est dĂ©terminante. Les États dĂ©cident entre eux de la classe Ă  laquelle doivent appartenir les chefs de mission. Les États accrĂ©ditaires ne font aucune diffĂ©rence entre les chefs de mission en raison de leur classe sauf en ce qui concerne la prĂ©sĂ©ance et l’étiquette. Ces questions de prĂ©sĂ©ance envisagĂ©es Ă  l’article 14 ne concernent que les chefs de mission. L’article 17 prĂ©cise que l’ordre de prĂ©sĂ©ance du personnel diplomatique de chaque mission est Ă©tabli par l’État accrĂ©ditant lui-mĂȘme et notifiĂ© au ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres de l’État accrĂ©ditaire. Un chef de mission ne peut entrer en fonction que s’il a l’accord prĂ©alable du gouvernement qui le reçoit et cet accord s’appelle l’agrĂ©ment. Au moment oĂč un chef de mission prend ses fonctions, il doit prĂ©senter ses lettres de crĂ©ance par lesquelles son propre État l’accrĂ©dite auprĂšs de l’État accrĂ©ditaire. La Convention de Vienne confirme une pratique internationale ayant dĂ©butĂ© vers les annĂ©es 1920, qui permettait la reprĂ©sentation de plusieurs États par un seul chef de mission. Cette hypothĂšse est reprise aux articles 5 et 6 de la Convention de Vienne qui prĂ©cisent que l’État accrĂ©ditaire doit donner son accord pour qu’une mĂȘme personne soit accrĂ©ditĂ©e par/auprĂšs de plusieurs États. En adoptant cette formule, certains États Ă©vitent les difficultĂ©s financiĂšres que provoque la crĂ©ation de trĂšs nombreuses missions diplomatiques tout en Ă©tant reprĂ©sentĂ©s auprĂšs de diffĂ©rents États.

Le personnel de la mission diplomatique

La mission diplomatique comprend tout le personnel nĂ©cessaire pour remplir les fonctions diplomatiques et ce personnel se divise en plusieurs catĂ©gories : il y a les agents diplomatiques agrĂ©es par l’État d’accueil dont le chef de mission puis le personnel administratif et technique employĂ© dans les services administratifs de la mission et enfin le personnel de service employĂ© au service domestique de la mission. Les effectifs sont toujours fixĂ©s par un accord entre l’État accrĂ©ditant et l’État accrĂ©ditaire. Selon l’article 11 de la Convention de Vienne, l’État accrĂ©ditaire « peut exiger que cet effectif soit maintenu dans les limites de ce qu’il considĂšre comme raisonnable et normal Â». Les membres de la mission diplomatique sont choisis unilatĂ©ralement par le gouvernement d’envoi qui doit simplement notifier cette dĂ©signation au gouvernement de l’État accrĂ©ditaire. L’État accrĂ©ditaire peut Ă  tout moment dĂ©clarer qu’un membre du personnel diplomatique est considĂ©rĂ© comme persona non grata et donc demander son rappel Ă  l’État accrĂ©ditant. En gĂ©nĂ©ral, une telle pratique est le signe d’une tension politique entre les deux États et cela concerne majoritairement les chefs de mission.

Immunité diplomatique

Les diplomates avec un passeport diplomatique (catĂ©gories A et B) bĂ©nĂ©ficient d’une immunitĂ© diplomatique mais exclusivement Ă  l’étranger et dans le cadre de leurs fonctions. L’immunitĂ© diplomatique ne doit en aucun cas ĂȘtre confondue avec la protection diplomatique.

Politiques Ă©trangĂšres

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire diplomatique.

Europe

Selon Talleyrand « Il faut, (en parlant d'un ministre des Affaires Ă©trangĂšres) qu'il soit douĂ© d'une sorte d'instinct qui, l'avertissant promptement, l'empĂȘche avant toute discussion de jamais se compromettre. Il faut [...] la facultĂ© [...] d'ĂȘtre habile jusque dans le choix de ses distractions. Il faut que sa conversation soit simple, variĂ©e, inattendue, toujours naturelle et parfois naĂŻve, en un mot, il ne doit pas cesser un moment dans les vingt-quatre heures d'ĂȘtre ministre des Affaires Ă©trangĂšres  Â»[8].

Asie

Voir aussi

Bibliographie

  • Yvan Bazouni, Le MĂ©tier de diplomate, Paris, L’Harmattan, 2005
  • Jean-Paul Pancracio, Dictionnaire de la diplomatie, Clermont-Ferrand, Micro Buss, 1998.
  • Raoul Delcorde, Les mots de la diplomatie, Paris, L'Harmattan, 2006
  • Nora Ghelim, Marie-Elisabeth Ingres et Jennifer Moreau, Les mĂ©tiers de l'humanitaire, du dĂ©veloppement et de la diplomatie, Paris, Ellipses, 2009

Références

Liens externes

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