Deuxieme Guerre mondiale

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Deuxieme Guerre mondiale

Seconde Guerre mondiale

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Seconde Guerre mondiale
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Dans le sens des aiguilles d'une montre Ă  partir d'en haut Ă  gauche : troupes du Commonwealth dans le dĂ©sert ; civils chinois enterrĂ©s vivants par des soldats japonais ; forces soviĂ©tiques durant une offensive hivernale ; avions japonais s'envolant ; combat de troupes soviĂ©tiques Ă  Berlin ; un sous-marin allemand sous les attaques.
Informations générales
Date Du 3 septembre 1939
Au 2 septembre 1945
Lieu Europe, Pacifique, Asie, Moyen-Orient, Méditerranée, Atlantique, Afrique, Océanie
Issue - Victoire des Alliés.
- Émergence des États-Unis et de l’URSS comme superpuissances.
- Création de l'ONU.
- Constitution du Bloc de l'Est, Guerre froide.
- Début du processus de décolonisation.
Belligérants
Alliés Axe
Notes
Voir la liste
des affrontements militaires
Batailles

Front d’Europe de l’Ouest

Front d’Europe de l’Est


Campagnes d'Afrique et du Moyen-Orient


Bataille de l’Atlantique


Campagnes de Méditerranée et d'Europe du Sud


Guerre en Asie et dans le Pacifique


Guerre sino-japonaise

La Seconde Guerre mondiale ou la DeuxiĂšme Guerre mondiale[1] est un conflit armĂ© Ă  l'Ă©chelle planĂ©taire qui dura de septembre 1939 Ă  septembre 1945. ProvoquĂ©e par le rĂšglement insatisfaisant de la PremiĂšre Guerre mondiale de 1914-1918 et par les ambitions expansionnistes et hĂ©gĂ©moniques des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon), elle consista en la convergence, Ă  partir du 3 septembre 1939, d’un ensemble de conflits rĂ©gionaux respectivement amorcĂ©s le 18 juillet 1936 en Espagne (la guerre d'Espagne), le 7 juillet 1937 en Chine (la guerre sino-japonaise), et le 1er septembre 1939 en Pologne (campagne de Pologne). Le conflit planĂ©taire ainsi gĂ©nĂ©rĂ© opposa schĂ©matiquement deux camps — les AlliĂ©s et l’Axe. Il prit fin en Europe le 8 mai 1945 par la capitulation sans condition du IIIe Reich, puis s’acheva en Asie et dans le monde le 2 septembre 1945 par la capitulation sans condition du Japon, derniĂšre nation de l’Axe Ă  connaĂźtre la dĂ©faite.

La Seconde Guerre mondiale promeut les États-Unis et l’URSS, principaux vainqueurs, comme les deux superpuissances appelĂ©es Ă  dominer le monde pour prĂšs de 40 ans. Elle accĂ©lĂšre l’affaissement de l’Europe et le processus de dĂ©colonisation en Asie, dans le monde arabe puis en Afrique, achevĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1960. Paradoxalement, la Seconde Guerre mondiale est le dernier grave conflit en Europe, dĂ©sormais Ă  la recherche de son unification, et la difficile reconstruction est vite suivie d’une pĂ©riode de prospĂ©ritĂ© sans prĂ©cĂ©dent.

N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut la premiĂšre grande guerre idĂ©ologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupĂ©es aient pu ĂȘtre solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une rĂ©sistance ait pu exister jusqu’en plein cƓur de l’Allemagne nazie en guerre.

La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armĂ© le plus vaste que l’humanitĂ© ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, dĂ©ployant les hostilitĂ©s sur quelque 22 millions de kmÂČ[2], et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majoritĂ© de civils. Guerre totale, elle escamota largement la distinction entre civils et militaires et vit la mobilisation complĂšte des ressources Ă©conomiques, humaines et scientifiques des deux camps, y compris des vassaux de l’Axe, mis en coupe rĂ©glĂ©e.

La somme des dĂ©gĂąts matĂ©riels n’a jamais pu ĂȘtre chiffrĂ©e de façon sĂ»re, mais il est certain qu’elle dĂ©passe les destructions cumulĂ©es de l’ensemble des conflits connus par le genre humain depuis son apparition. Le traumatisme moral ne fut pas moins considĂ©rable, la violence ayant pris des proportions inĂ©dites. Elle fut aussi le thĂ©Ăątre de multiples crimes de guerre, dont l’Axe n’eut jamais le monopole.

Parmi ces crimes figurent la dĂ©portation en camps de concentration, camps de travail et camps de la mort, comportant des chambres Ă  gaz Ă  des fins d’extermination de populations entiĂšres (Juifs, Slaves, Tziganes), ou de catĂ©gories particuliĂšres d’individus (homosexuels, TĂ©moins de JĂ©hovah, handicapĂ©s, etc.) commandĂ©es par le rĂ©gime nazi. Le rĂ©gime Shƍwa ne fut nullement en reste en Asie avec, Ă  son actif, 10 millions de civils chinois enrĂŽlĂ©s de force par la Kƍa-in au Mandchoukouo, environ 200 000 « femmes de rĂ©confort Â» enrĂŽlĂ©es en CorĂ©e et dans tout l’ExtrĂȘme-Orient, ainsi que l’annihilation systĂ©matique de populations civiles, principalement en Chine et notamment lors du massacre de Nankin.

Il faut ajouter les meurtres systĂ©matiques de rĂ©sistants et d'opposants politiques, ainsi que les reprĂ©sailles contre les civils, par les nazis ; les expĂ©rimentations sur des ĂȘtres humains auxquelles se livrĂšrent des mĂ©decins nazis tels le SS Josef Mengele et l’unitĂ© japonaise 731 ; les bombardements aĂ©riens massifs de civils d’abord par l’Axe en Europe (Coventry en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas) et en Asie (Shanghai, Chongqing : la ville la plus bombardĂ©e de la guerre), puis par les AlliĂ©s: Dresde et Hambourg en Allemagne, Tƍkyƍ avec du napalm au Japon. Pour la premiĂšre fois, la bombe atomique fut utilisĂ©e contre un pays : deux bombes A larguĂ©es sur des cibles civiles par les États-Unis ont explosĂ© Ă  trois jours d’intervalle, Ă  Hiroshima et Ă  Nagasaki au Japon.

Sommaire

La marche vers la guerre

Article dĂ©taillĂ© : Causes de la Seconde Guerre mondiale.

Origines du conflit en Europe

Gris:Neutre ; Rose : Japon ; Orange : Axe et territoires contrĂŽlĂ©s par l'axe ; ; Vert/Bleu : AlliĂ©s et leurs colonies/dominions ; Violet : URSS

Les traitĂ©s de Versailles, de Saint Germain, de Trianon et de Neuilly avaient suscitĂ© rancƓurs et frustrations et dĂ©sirs de reconquĂȘte chez les peuples allemands, autrichiens, hongrois et bulgares.

La crise de 1929 conduit les diffĂ©rents États Ă  adopter des mesures protectionnistes et Ă  se placer en position de rivalitĂ© les uns par rapport aux autres. Alors que l’agressivitĂ© des dĂ©mocraties se situe sur le plan Ă©conomique, les dictatures fascistes vont adopter une stricte autarcie et, naturellement, penser leur dĂ©fense et leur expansion en termes militaires. Mais partout, les politiques d’armement sont mises en place efficacement pour sortir du marasme Ă©conomique[3].

Ceci pourrait expliquer une guerre dans un contexte oĂč la politique de l’Allemagne aurait Ă©tĂ© inspirĂ©e par les classes dominantes traditionnelles. La guerre en Europe est toutefois directement issue des ambitions expansionnistes du parti nazi, au pouvoir en Allemagne, et exprimĂ©es dĂšs 1924 par Adolf Hitler dans Mein Kampf. À ces ambitions visant Ă  reconstituer un espace vital pour le peuple germanique se sont greffĂ©es les vellĂ©itĂ©s expansionnistes du rĂ©gime fasciste italien qui tenta tant bien que mal de se constituer un empire colonial en Éthiopie et en Europe du Sud.

Origines du conflit en Asie

UlcĂ©rĂ©s par le traitement accordĂ© Ă  l'Empire du Japon par les puissances occidentales lors du TraitĂ© de Versailles et les TraitĂ©s navals de Washington et de Londres, de nombreux politiciens et militaires japonais, comme Fumimaro Konoe et Sadao Araki rĂ©actualisent la doctrine du hakko ichi’u (les 8 coins du monde sous un seul toit) et mettent en place une idĂ©ologie fondĂ©e sur la suprĂ©matie de la race japonaise et son droit Ă  dominer l’Asie. Cette idĂ©ologie raciste prĂ©sente le Japon comme le centre du monde et prend assise sur l’institution impĂ©riale et l’empereur, ĂȘtre divin et descendant de la dĂ©esse Amaterasu Omikami. Elle donne lieu Ă  une tentative de restauration shĂŽwa.

PortĂ© par l’influence des factions militaires, le Japon envahit ainsi la Mandchourie en 1931 puis le reste de la Chine en 1937. Le refus du Japon de se retirer de l’Indochine française, envahie en 1941, et de la Chine, Ă  l’exclusion du Mandchoukouo, mĂšne Ă  l'Ă©tĂ© de la mĂȘme annĂ©e Ă  l’imposition par les États-Unis d’un embargo sur le pĂ©trole. En rĂ©action, Hirohito lance alors la guerre de la Grande Asie orientale (Dai TĂŽ-A sensĂŽ) et autorise l’attaque sur Pearl Harbor et l’invasion de l’Asie du Sud-Est.

Les belligérants

Il est d’usage d’appeler les signataires du Pacte tripartite et leurs alliĂ©s, « Forces de l’Axe Â», et leurs adversaires, « AlliĂ©s Â». Il n’est pas forcĂ©ment possible de classer sans ambiguĂŻtĂ© un pays belligĂ©rant dans l’un ou l’autre camp, car les alliances se sont modifiĂ©es tout au long du conflit.

Les membres de l’Axe

Hermann Göring et Adolf Hitler, respectivement ministre de l'air et chef de l'État de l'Allemagne nazie.
Benito Mussolini, chef du gouvernement du Royaume d'Italie.

La marche Ă  la guerre en Europe a Ă©tĂ© rythmĂ©e de façon constante par les initiatives allemandes. Selon les mots d’Yves Durand : « La responsabilitĂ© du dĂ©clenchement de la Seconde Guerre mondiale incombe indubitablement Ă  l’Allemagne hitlĂ©rienne[4] Â». Lorsque l’Allemagne envahit la Pologne, l'Empire du Japon est dĂ©jĂ  en guerre contre la Chine depuis 1937, mais, en dĂ©pit du pacte anti-Komintern signĂ© par l’Allemagne et le Japon en 1936, les relations entre les deux pays restent distantes, et l’Allemagne ne soutient pas le Japon contre la Chine. L'empire du Japon, enlisĂ© dans une guerre prĂ©vue au dĂ©part pour trois mois, est confrontĂ© Ă  la difficultĂ© d’occuper un territoire trop vaste et s’est livrĂ© Ă  de nombreuses exactions contre les populations civiles (massacre de Nankin), en plus de recourir Ă  maintes reprises aux armes chimiques et aux armes bactĂ©riologiques produites par l’unitĂ© 731[5].

Le 27 septembre 1940 a lieu Ă  Berlin la signature du pacte tripartite par lequel le Japon reconnaĂźt la prĂ©dominance de l’Allemagne et de l’Italie en Europe et ces deux derniers États, la suprĂ©matie du Japon en Asie. Les trois pays signent un pacte d’assistance mutuelle. Quant Ă  l’Italie, thĂ©oriquement alliĂ©e de l’Allemagne depuis 1936, elle n’a dĂ©clarĂ© la guerre Ă  la France et au Royaume-Uni que le 10 juin 1940 et attaque le Royaume de GrĂšce sans consulter les Allemands le 28 octobre 1940.

Hideki Tƍjƍ, premier ministre de l'Empire du Japon de 1941 à 1944.

L’alliance du Royaume de Hongrie avec l’Allemagne Ă  partir de 1938 lui vaut de rĂ©aliser des agrandissements territoriaux aux dĂ©pens de la TchĂ©coslovaquie et de la Roumanie. Cependant, lorsqu’elle adhĂšre au pacte en novembre 1940, elle n’est pas encore belligĂ©rante. La Hongrie intervient militairement lors de l'invasion de la Yougoslavie en avril 1941, puis lors de l'attaque contre l'URSS.

Lorsque le Royaume de Roumanie adhĂšre au pacte en novembre 1940, les troupes allemandes sont dĂ©jĂ  prĂ©sentes sur son territoire. Quelques mois plus tard, la Roumanie s’engage de façon trĂšs dĂ©terminĂ©e aux cĂŽtĂ©s de l’Allemagne lors de l’invasion de l’URSS en juin 1941. L’armĂ©e roumaine n’hĂ©site pas dĂšs lors Ă  participer non seulement aux opĂ©rations militaires, mais aussi aux exactions nazies en URSS : extermination massive des Juifs en Transnistrie, ou de la population civile d’Odessa.

La Hongrie et la Roumanie ont envoyĂ© plusieurs centaines de milliers d’hommes combattre aux cĂŽtĂ©s de l’Allemagne en URSS. Les contingents de volontaires Ă©trangers engagĂ©s sur le front russe au nom de l’anti-bolchevisme, comme division Azul, espagnole ou la LĂ©gion des volontaires français ont des effectifs beaucoup plus modestes.

Le RĂ©gent du Royaume de Yougoslavie signe une alliance avec l’Allemagne en mars 1941. Il s’ensuit aussitĂŽt un coup d'État militaire anti-allemand : lorsque le nouveau roi imposĂ© par le putsch dĂ©nonce l’alliance, l’Allemagne et l’Italie envahissent et dĂ©mantĂšlent la Yougoslavie. L’État indĂ©pendant de Croatie devient un satellite de l’Allemagne nazie. Autre satellite de l’Allemagne, la Slovaquie, qui a adhĂ©rĂ© au pacte tripartite en novembre 1940, dĂ©clare la guerre Ă  l’URSS le 23 juin 1941.

Le Royaume de Bulgarie devient officiellement membre du pacte tripartite le 1er mars 1941 et laisse la Wehrmacht traverser son territoire pour envahir la GrĂšce. La Bulgarie profite de son alliance pour rĂ©aliser quelques agrandissements territoriaux. Elle ne participe pas Ă  l’invasion de l’URSS, mais doit dĂ©clarer la guerre Ă  l’Angleterre et aux États-Unis Ă  la fin de 1941. Elle n’est en guerre contre l’URSS que pendant vingt-quatre heures, le 5-6 septembre 1944.

AprĂšs avoir Ă©tĂ© agressĂ©e par l’URSS en novembre 1939 lors de la guerre d’Hiver, la Finlande se rapproche du Reich et dĂ©clare la guerre Ă  l’URSS le 26 Juin 1941. Cependant, le marĂ©chal Mannerheim borne explicitement ses objectifs Ă  la reprise des terres arrachĂ©es par les SoviĂ©tiques deux ans plus tĂŽt.

En dĂ©truisant une partie de la flotte des États-Unis Ă  Pearl-Harbor le 7 dĂ©cembre 1941 et en envahissant la Malaisie, possession britannique, le Japon entre rĂ©solument dans la guerre contre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Le Japon et l’URSS se sont quant Ă  eux affrontĂ©s en 1939 (bataille de Halhin Gol), mais ne rouvriront pas les hostilitĂ©s avant le 8 aoĂ»t 1945. Le 21 dĂ©cembre 1941, la ThaĂŻlande signe un pacte dĂ©fensif avec le Japon et dĂ©clare la guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni. La chute du gouvernement de Plaek Pibulsonggram en juillet 1944 ne rompt pas officiellement l'alliance, mais la ThaĂŻlande se retire du conflit en Ă©vacuant les territoires pris aux Britanniques et des contacts sont pris avec les AlliĂ©s.

Le 8 septembre 1943, Badoglio, qui a remplacĂ© Mussolini, rompt l’alliance avec l’Allemagne en signant un armistice avec les AlliĂ©s. Hitler envahit aussitĂŽt la pĂ©ninsule qu’il occupe jusqu’à Naples. En octobre, l’Italie dĂ©clare la guerre Ă  son ancien partenaire.

À partir de la fin 1943, la Hongrie envisage un retournement d’alliance. InformĂ© de ces prĂ©paratifs, Hitler ordonne l’occupation de la Hongrie le 19 mars 1944. Envahie par l’ArmĂ©e rouge, la Roumanie rompt l’alliance avec l’Allemagne le 23 aoĂ»t 1944. Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944, la Bulgarie change de camp et dĂ©clare la guerre Ă  l’Allemagne. La Finlande signe un armistice avec l’URSS en septembre 1944 et retourne les armes contre l’Allemagne en dĂ©cembre 1944.

Les adversaires de l'Axe

Winston Churchill, premier ministre du Royaume-Uni et Charles de Gaulle, chef de la France libre.

Comme l’armĂ©e TchĂ©coslovaque n’avait pas opposĂ© de rĂ©sistance lors de l’invasion de la BohĂȘme-Moravie, le 15 mars 1939, on peut considĂ©rer que la Pologne est le premier adversaire de l’Allemagne belligĂ©rant Ă  partir du 1er septembre 1939 lorsqu’elle rĂ©siste Ă  son invasion par l’Allemagne. L’invasion de la Pologne provoque les dĂ©clarations de guerre de la Grande-Bretagne et de la France le 3 septembre 1939, respectivement Ă  13 h et Ă  17 h. Avec la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-ZĂ©lande dĂ©clarent Ă©galement la guerre Ă  l’Allemagne. Au fil de la guerre, tous les dominions (Canada, Afrique du Sud, Terre-Neuve) et toutes les colonies (Inde, NigĂ©ria, Kenya, etc.) de l’Empire britannique deviennent tĂŽt ou tard partie prenante du conflit sauf l’Irlande du Sud qui reste officiellement neutre sous la direction de Éamon de Valera. En avril 1940, lorsque l’Allemagne envahit le Danemark et la NorvĂšge, la NorvĂšge oppose une rĂ©sistance armĂ©e alors que le Danemark, trop faible militairement, tente plusieurs attaques sans succĂšs.

Lorsque l’Allemagne Ă©tablit sa domination sur l’Europe continentale, le Royaume-Uni et l’Empire britannique se retrouvent seuls dans le camp des adversaires de l’Allemagne mais elle hĂ©berge un certain nombre de gouvernements en exil ou de gouvernements dissidents qui mettent des forces armĂ©es, notamment polonaises, tchĂšques et françaises, plus ou moins importantes aux cĂŽtĂ©s du Royaume-Uni. Les Indes nĂ©erlandaises restent sous le contrĂŽle du gouvernement nĂ©erlandais en exil Ă  Londres.

AprĂšs l’attaque sur Pearl Harbor, le 7 dĂ©cembre 1941, les États-Unis entrent en guerre contre le Japon ; et de fait contre l’Allemagne et l’Italie, puisque l’Allemagne et l’Italie ont dĂ©clarĂ© la guerre aux États-Unis le 11 dĂ©cembre en guise de soutien affichĂ© au rĂ©gime japonais. La RĂ©publique de Chine, en guerre avec le Japon depuis 1937, se retrouve dans le camp des puissances alliĂ©es. De nombreux pays d’AmĂ©rique latine dĂ©clareront la guerre Ă  l’Allemagne : le BrĂ©sil en janvier 1942[6] et le Mexique en mai 1942.

AprĂšs le dĂ©barquement amĂ©ricain en Afrique du Nord, en novembre 1942, la majeure partie de l’Empire colonial français se retrouve du cĂŽtĂ© des AlliĂ©s.

Viatcheslav Molotov et Joseph Staline, respectivement ministre des affaires étrangÚres et dirigeant politique de l'Union soviétique.

En 1945, les AlliĂ©s avertissent tous les États que ceux qui auront dĂ©clarĂ© la guerre Ă  l’Allemagne seront admis Ă  la confĂ©rence fondatrice de l’Organisation des Nations unies. Ce qui entraĂźne, au printemps 1945, une cascade de nouvelles dĂ©clarations de guerre au IIIe Reich, qui pour la plupart resteront fort platoniques : il s’agit de pays sud-amĂ©ricains tels que le Paraguay, l'Équateur, le PĂ©rou, l’Argentine, ou d'États du monde arabe tels que l'Égypte, la Turquie, la Syrie, le Liban, etc. Le 8 mai 1945, Ă  la capitulation allemande, les derniĂšres dĂ©lĂ©gations diplomatiques nazies sont expulsĂ©es des derniers États neutres : la Suisse, l’Irlande du Sud, l’Espagne, le Portugal, l’Afghanistan et le Chili. En tout, 52 États se sont trouvĂ©s en Ă©tat de guerre avec l’Allemagne hitlĂ©rienne, auquel aucun traitĂ© de paix aprĂšs 1945 n’est jamais venu mettre officiellement fin.

L’URSS

Lorsque l’URSS attaque la Pologne le 17 septembre 1939, conformĂ©ment au protocole secret du pacte germano-soviĂ©tique, elle est, d’un point de vue polonais, dans le mĂȘme camp que l’Allemagne, sans pour autant ĂȘtre en Ă©tat de guerre dĂ©clarĂ©e avec la France et le Royaume-Uni. Lorsque l’URSS attaque la Finlande en novembre 1939, la Finlande se trouve plutĂŽt du cĂŽtĂ© de la France et du Royaume-Uni. Cette agression vaut par ailleurs Ă  l’URSS de se voir expulsĂ©e de la SDN fin 1939. Pendant la durĂ©e du pacte, Staline livre ponctuellement et Ă  crĂ©dit du pĂ©trole, des matiĂšres premiĂšres et des cĂ©rĂ©ales permettant au Reich de contourner partiellement le blocus des AlliĂ©s. Il lui livre aussi plusieurs dizaines de communistes allemands rĂ©fugiĂ©s en URSS.

À partir du 22 juin 1941, l’URSS, attaquĂ©e par l’Allemagne, se retrouve dans le camp des AlliĂ©s. Elle bĂ©nĂ©ficie du prĂȘt-bail amĂ©ricain en Ă©change des rĂ©serves en or de la Banque d'État d’URSS. À dĂ©faut de pouvoir ouvrir avant 1944 le second front instamment rĂ©clamĂ© par Moscou, les AlliĂ©s fournissent Ă  l’URSS une aide importante, qui transite notamment par la dangereuse voie arctique — le convoi PQ-18 Ă©tant ainsi presque dĂ©cimĂ©.

Selon Raymond Cartier et John Keegan, entre octobre 1941 et juin 1942, les États-Unis livrent 1 285 avions, 2 249 chars, 81 287 mitrailleuses, 56 500 tĂ©lĂ©phones de campagne, 380 000 miles de fil tĂ©lĂ©phonique. En 1943, 427 000 des 665 000 camions de l’ArmĂ©e rouge viennent d’outre-Pacifique. L’AmĂ©rique fournit aussi 13 millions de bottes, 5 millions de tonnes de vivres ou encore 2 000 locomotives, 11 000 wagons, 54 000 tonnes de rail. Trois quarts du cuivre soviĂ©tique viennent des États-Unis, mais aussi une grande partie du pĂ©trole de haute teneur sans lequel il est impossible de fabriquer du carburant pour avion.

La dĂ©faite allemande est impensable sans l’ArmĂ©e rouge, qui fixe en juin 1944 les deux tiers de la Wehrmacht — en gĂ©nĂ©ral les troupes les plus jeunes et les mieux Ă©quipĂ©es — et met hors de combat 85 % de ses soldats.

RĂ©capitulatif

Effectifs des armées des principaux belligérants[7].
Les chiffres pour l’Allemagne sont donnĂ©s au 31 mai de chaque annĂ©e
Années 1940 1941 1942 1943 1944 1945
IIIe Reich 5 600 000 7 200 000 8 600 000 9 500 000 9 500 000
Japon 1 723 000 2 411 000 2 829 400 3 808 200 5 365 000 7 193 200
Royaume-Uni 2 212 000 3 278 000 3 784 000 4 300 000 4 500 000 4 653 000
États-Unis  458 000 1 795 000 3 844 000 8 918 000 11 240 000 11 858 000
URSS  500 000 4 027 000 9 000 000 10 000 000 12 400 000 10 800 000
France[8] 5 000 000   25 000   50 000  100 000  150 000  500 000
Canada[9]  92 296  260 553  454 418  692 953  747 475  761 041

Résumé chronologique des opérations militaires

Les succĂšs des Forces de l'Axe (1939-1942)

Les succĂšs des Forces de l'Axe en Europe (1939-1942)

La majoritĂ© des historiens[10], situe le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale le 3 septembre 1939, lorsqu'aprĂšs l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni dĂ©clarent la guerre Ă  l'Allemagne en vertu d'un traitĂ© les liant la Pologne depuis fĂ©vrier 1921. L'historien Eric Hobsbawm, dans son ouvrage L'Âge des extrĂȘmes (1994), souligne cependant que les gouvernements britanniques et français Ă©taient enclins Ă  nĂ©gocier malgrĂ© l'invasion de la Pologne et que c'est sous la pression de leur population qu'ils furent contraints Ă  ne pas reculer[11]. Les troupes allemandes avaient envahi la Pologne le 1er septembre 1939, Ă  4h45 du matin, suite Ă  une provocation connue sous le nom d'incident de Gleiwitz, les troupes allemandes envahissent la Pologne sur tous les fronts.

Articles dĂ©taillĂ©s : OpĂ©ration Himmler et Campagne de Pologne (1939).

L'Union soviétique récupÚre de son cÎté la partie est de la Pologne et les pays baltes, comme le prévoyait le Pacte germano-soviétique. Puis, aprÚs refus de la Finlande de lui échanger des terres propices à la défense de Leningrad contre des terres plus au nord, l'URSS attaque la Finlande le 30 novembre 1939 pour annexer la Carélie, ce qu'elle obtient par le traité de Moscou le 12 mars 1940, en dépit d'une résistance finlandaise inattendue.

Article dĂ©taillĂ© : Guerre d'Hiver.

Largement surclassĂ©e, l'armĂ©e polonaise est Ă©crasĂ©e avant la fin septembre par l'Allemagne d'un cĂŽtĂ© et l'URSS de l'autre ; plus rien ne se passe sur le front ouest, oĂč passĂ©e la maigre dĂ©monstration de Gamelin dans la Sarre allemande (6-13 septembre 1939), les troupes franco-britanniques (sous commandement français) ne prennent aucune initiative militaire et ne mĂšnent aucune opĂ©ration offensive pendant plusieurs mois.

Article dĂ©taillĂ© : DrĂŽle de guerre.

Au printemps 1940, les AlliĂ©s se prĂ©parent Ă  couper l'approvisionnement en fer de l'Allemagne, qui transite de la SuĂšde vers le Reich par la NorvĂšge, mais l'opĂ©ration tourne au fiasco : c'est l'incident de Narvik. L'Allemagne envahit alors le Danemark et la NorvĂšge le 9 avril 1940. Une majoritĂ© du corps expĂ©ditionnaire du Royaume-Uni et de la France doit rembarquer prĂ©cipitamment, ce qui entraĂźne la chute de Chamberlain et son remplacement par Churchill le 10 mai 1940, le jour mĂȘme oĂč la Belgique est envahie. Le 27 mai, les Français de BĂ©thouard s'emparent de Narvik, mais ils doivent l'abandonner quelques jours plus tard car en France mĂȘme la victoire allemande est alors pratiquement acquise.

Article dĂ©taillĂ© : Campagne de NorvĂšge.
Plan de bataille développé par Erich von Manstein en vue de la bataille de France.

En effet, en mai-juin 1940, l'armĂ©e allemande mĂšne Ă  bien l'invasion foudroyante des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France. On parle de « Blitzkrieg Â», c'est-Ă -dire de « guerre Ă©clair Â». Le roi des Belges LĂ©opold III fait capituler son armĂ©e le 28 mai 1940. Le Royaume-Uni est contraint d'Ă©vacuer ses troupes encerclĂ©es Ă  Dunkerque, rĂ©ussissant du 27 mai au 3 juin Ă  sauver 300 000 soldats au cours de la plus vaste opĂ©ration de rembarquement de l'histoire militaire. Le 5 juin, Hitler reprend l'offensive en France et perce les lignes de dĂ©fense du nouveau gĂ©nĂ©ralissime Weygand sur la Somme et l'Aisne. L'Italie se joint alors Ă  l'Allemagne et dĂ©clare la guerre Ă  la France le 10 juin. Puis, en France, le nouveau gouvernement PĂ©tain demande l'armistice le 17 et en accepte les conditions le 22. AprĂšs l'armistice franco-italien qui suit, le 24, les combats cessent le 25 juin. À la surprise gĂ©nĂ©rale, l'armĂ©e française, rĂ©putĂ©e depuis 1918 la meilleure du monde, s'est effondrĂ©e en quelques semaines.

Contre l'attente des stratĂšges nazis et des gĂ©nĂ©raux français battus, le Royaume-Uni rĂ©siste avec succĂšs Ă  l'aviation allemande, car, malgrĂ© la faiblesse de son armĂ©e de terre, elle dispose d'une flotte puissante (qui ne semble pas menacĂ©e par une mainmise allemande sur la flotte française, grĂące aux clauses de l'armistice et aprĂšs la destruction de quelques unes de ses unitĂ©s Ă  Mers El Kebir) et d'une aviation bien organisĂ©e. En outre, le premier ministre Churchill, qui a remplacĂ© Chamberlain, parvient Ă  galvaniser le pays. Soumise d'abord Ă  des attaques aĂ©riennes sur des cibles stratĂ©giques, le Royaume-Uni fait face de septembre 1940 Ă  mai 1941 Ă  des bombardements terroristes sur ses mĂ©tropoles : ce « Blitz Â», qui dĂ©truit notamment la City de Londres et la ville de Coventry, ne parvient ni Ă  entamer la rĂ©solution britannique ni Ă  compenser les pertes de la Luftwaffe de Göring, vaincue par les pilotes de la Royal Air Force.

Article dĂ©taillĂ© : Bataille d'Angleterre.

Désireux de venger l'affront fait par la France au royaume de Siam en 1893 et 1904, la Thaïlande profite de l'invasion de celle-ci par l'Allemagne et se lance en janvier 1941 dans une série d'attaques contre l'Indochine française, déclenchant la Guerre franco-thaïlandaise. Aucun camp n'étant en mesure de s'imposer, le litige est tranché par le Japon, présent au nord de l'Indochine depuis septembre 1940 et qui octroie à la Thaïlande une partie du Laos et du Cambodge.

Pour tenir seul face Ă  Hitler, le Royaume-Uni dispose de l'aide d'abord Ă©conomique des États-Unis, puisque ceux-ci, bien qu'officiellement neutres, l'approvisionnent en armes et en ravitaillement. Roosevelt obtient du CongrĂšs en mars 1941, le vote de la « loi PrĂȘt-Bail Â», qui lui permet d'apporter une aide matĂ©rielle illimitĂ©e au Royaume-Uni et Ă  ses alliĂ©s.

Hitler, dĂ©sespĂ©rant de prendre le Royaume-Uni et de l'amener Ă  faire la paix, Ă©rige une puissante chaĂźne de fortifications, surnommĂ©e « mur de l'Atlantique Â», sur les cĂŽtes de l'Atlantique et de la Manche, et dĂ©cide d'attaquer l'URSS. Mais l'Italie fasciste vient elle-mĂȘme d'agresser, Ă  partir de l'Albanie, la GrĂšce qu'elle croyait sans dĂ©fense. Or ce sont les forces grecques du dictateur nationaliste MetaxĂĄs qui sont victorieuses : aprĂšs avoir contenu l'attaque des troupes de Mussolini, l'armĂ©e grecque et un corps expĂ©ditionnaire britannique, australien, nĂ©o-zĂ©landais, indien et sud-africain les repousse et envahit Ă  son tour l'Albanie italienne.

Articles dĂ©taillĂ©s : Guerre italo-grecque et Bataille de GrĂšce.

C'est alors que, pour prĂȘter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs semaines son opĂ©ration contre l'URSS et envoie en avril 1941 ses troupes vers la GrĂšce, Ă  travers la Hongrie sympathisante et aprĂšs avoir envahi au passage la Yougoslavie. Les nazis battent les armĂ©es yougoslave et grecque, ce qui leur permet d'occuper tout le sud de l'Europe. Mais, du mĂȘme coup, ils viennent de crĂ©er un front supplĂ©mentaire en Yougoslavie, oĂč les rĂ©sistances monarchiste de DraĆŸa Mihailovic (Tchetniks) et communiste de Tito (Partisans), allaient immobiliser de 13 Ă  20 divisions allemandes jusqu'Ă  la fin de la guerre. De plus, l'invasion de l'URSS est diffĂ©rĂ©e, du 15 mai au 22 juin.

Le 22 juin, la Wehrmacht envahit l'URSS : c'est l'opĂ©ration Barbarossa, Ă  laquelle participe Ă©galement la Roumanie. MalgrĂ© une avance foudroyante et la capture ou le massacre de plusieurs millions de SoviĂ©tiques, la Wehrmacht est stoppĂ©e en dĂ©cembre 1941, Ă  une trentaine de kilomĂštres de Moscou sous un froid glacial et sans Ă©quipement adĂ©quat. C'est la seconde fois, aprĂšs la campagne de Russie de 1812, que les Russes sont sauvĂ©s par la rigueur de leur hiver, mais aussi par le rĂ©veil d'un puissant patriotisme qui en fait consentir beaucoup Ă  livrer des combats meurtriers. Les Allemands restent Ă©galement bloquĂ©s devant LĂ©ningrad, dĂ©libĂ©rĂ©ment soumise par Hitler Ă  un siĂšge de 900 jours, qui fera pĂ©rir de faim 700 000 habitants.

DÚs lors, la campagne de Russie va mobiliser l'essentiel des efforts militaires allemands. Malgré leurs pertes énormes, les Soviétiques ont pu replier leur potentiel industriel dans l'ordre, plus de 10 millions de travailleurs et des milliers d'usines démontées étant réinstallées à l'est de l'Oural. La réintégration de l'URSS dans le camp allié lui permet aussi de recevoir une forte aide américano-britannique en matériel de qualité et en ravitaillement. Staline proclame aussi l'union sacrée et galvanise les énergies, tout en maintenant intacte la terreur contre les soldats défaillants ou les officiers vaincus. Enfin, les Soviétiques ont encore des réserves. Au cours de l'hiver 1941, leurs troupes sibériennes contre-attaquent devant Moscou, obligeant les envahisseurs à reculer.

ConquĂȘtes allemandes (bleu) pendant la Seconde Guerre mondiale.

En septembre 1940, les forces italiennes avaient attaquĂ© l'Égypte, pays alors sous influence britannique. Mais dĂšs le mois de dĂ©cembre, les Britanniques, appuyĂ©s par les forces du Commonwealth, passent Ă  la contre-attaque, et les Allemands doivent envoyer ce que l'on appellera l'Afrika Korps en renfort pour secourir leurs alliĂ©s italiens. En juillet 1942, l'Afrika Korps de Rommel n'est plus qu'Ă  quelques dizaines de kilomĂštres d'Alexandrie

Article dĂ©taillĂ© : Guerre du dĂ©sert.

Le 7 dĂ©cembre 1941, l'Empire du Japon, alliĂ© de l'Allemagne depuis 1936 et en guerre depuis 1937 avec la RĂ©publique de Chine, attaque les États-Unis, restĂ©s jusque-lĂ  en-dehors de la guerre. Il dĂ©truit par surprise l'essentiel de la flotte amĂ©ricaine du Pacifique Ă  Pearl Harbor. Au mĂȘme moment a lieu l'invasion de la Malaisie britannique. L'ArmĂ©e impĂ©riale japonaise envahit ensuite le Commonwealth des Philippines et les Indes orientales nĂ©erlandaises.

Le tournant de 1942

L’attaque de Pearl Harbor provoque l’entrĂ©e en guerre des États-Unis, bientĂŽt suivis par le Mexique et par d’autres États latino-amĂ©ricains. Affaiblis par l’attaque japonaise, les États-Unis mettent toute leur puissance industrielle au service de la guerre et sont bientĂŽt en mesure de porter des coups. Au dĂ©but de juin 1942, la bataille aĂ©ronavale des Ăźles Midway coĂ»te quatre porte-avions au Japon, dĂ©sormais placĂ© sur la dĂ©fensive dans le Pacifique. Les États-Unis commencent la reconquĂȘte de l'ocĂ©an Pacifique, Ăźle par Ăźle.

En Europe, l’Union soviĂ©tique supporte presque seule l’effort de guerre contre l’Allemagne nazie. À partir de juin 1942, les Allemands ont relancĂ© leur offensive vers l’est, en direction de la Volga et des pĂ©troles du Caucase. Mais les troupes allemandes restent bloquĂ©es devant Stalingrad.

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Stalingrad.

En Afrique du Nord, les Britanniques ont repris l’initiative Ă  partir de septembre 1942. Ils remportent une victoire dĂ©cisive Ă  El-Alamein et commencent Ă  repousser l'Afrika Korps vers l’ouest.

Article dĂ©taillĂ© : Seconde bataille d’El Alamein.

Staline presse ses alliĂ©s d’ouvrir un deuxiĂšme front Ă  l’ouest. AprĂšs des hĂ©sitations, Churchill et Roosevelt se dĂ©cident pour l’Afrique du Nord. C’est l’opĂ©ration Torch, qui se traduit par le dĂ©barquement des forces alliĂ©es au Maroc et en AlgĂ©rie, le 8 novembre 1942. Le 11 novembre, l’amiral Darlan, Ă  Alger, engage l’Afrique Ă  reprendre le combat au cĂŽtĂ© des AlliĂ©s. Il est officiellement dĂ©savouĂ© par le marĂ©chal PĂ©tain. Mais les Allemands considĂšrent que l’armistice de juin 1940 est rompu et envahissent alors la zone sud-est de la France que cet armistice avait prĂ©vu non occupĂ©e. L’armĂ©e française d’Afrique se joint aux armĂ©es alliĂ©es. En Afrique du Nord, les Allemands sont alors pris en tenaille entre les Britanniques Ă  l’est et les Franco-AmĂ©ricains Ă  l’ouest.

Articles dĂ©taillĂ©s : OpĂ©ration Torch et campagne de Tunisie.

Au cours de l’annĂ©e 1942, l’entrĂ©e en guerre des États-Unis avait entraĂźnĂ© une extension Ă  tout l’ocĂ©an Atlantique de la lutte des sous-marins allemands contre les navires alliĂ©s qui assurent l’approvisionnement de la Grande-Bretagne. Les convois alliĂ©s subissent de trĂšs lourdes pertes tout au long de l’annĂ©e, mais Ă  partir de la fin de l’annĂ©e 1942 et plus encore au dĂ©but de 1943, de nouveaux moyens techniques — dĂ©cryptage des communications ennemies, radars, sonars — permettent aux AlliĂ©s de dĂ©truire de plus en plus de sous-marins allemands, et les pertes alliĂ©es dĂ©croissent inexorablement.

Les victoires des Alliés (1943-1944)

Au dĂ©but de l’annĂ©e 1943, les Allemands subissent sur le front oriental une trĂšs lourde dĂ©faite Ă  Stalingrad. AprĂšs les capitulations du 30 janvier et du 2 fĂ©vrier 1943, les SoviĂ©tiques font 91 000 prisonniers, dont le marĂ©chal Paulus, premier militaire allemand de ce rang capturĂ© depuis 1806. Auparavant, le nombre de victimes a Ă©tĂ© considĂ©rable : entre un et deux millions de morts de part et d’autre. Les Allemands sont dĂ©sormais sur la dĂ©fensive. Ils subissent Ă  nouveau la domination soviĂ©tique lors de la gigantesque bataille de chars de Koursk, Ă  ce jour la plus vaste confrontation de blindĂ©s de l’Histoire.

Articles dĂ©taillĂ©s : Bataille de Stalingrad et Bataille de Koursk.

Avec la prise de Tunis, le 7 mai 1943 et la reddition des troupes allemandes et italiennes, les AlliĂ©s sont maĂźtres de toute l’Afrique du Nord. Le 10 juillet, ils dĂ©barquent en Sicile et prennent pied sur la pĂ©ninsule italienne en septembre, le jour mĂȘme oĂč Badoglio, le successeur de Mussolini, Ă©vincĂ© du pouvoir, annonce un armistice qui prĂ©figure un retournement d’alliance. Les Allemands envahissent le territoire de leur ancien partenaire et bloquent de longs mois les troupes alliĂ©es de toutes nationalitĂ©s au Monte-Cassino. Rome ne sera libĂ©rĂ©e qu’en juin 1944, la Toscane en aoĂ»t 1944. La plaine du PĂŽ ne sera atteinte qu’en avril 1945.

Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de la guerre, les trois dirigeants alliĂ©s, Churchill, Roosevelt et Staline se rencontrent Ă  TĂ©hĂ©ran Ă  la fin du mois de novembre 1943 pour esquisser ce que sera le monde de l’aprĂšs-guerre.

Article dĂ©taillĂ© : ConfĂ©rence de TĂ©hĂ©ran.

Sur le front oriental, l’ArmĂ©e rouge ne cesse de progresser vers l’ouest. Elle entre Ă  Kiev, en Ukraine, en novembre 1943, dĂ©gage Leningrad en janvier 1944, reprend la BiĂ©lorussie en juin 1944, et arrive aux portes de Varsovie. À bout de souffle, et ne souhaitant pas aider la RĂ©sistance polonaise non-communiste, l’ArmĂ©e rouge laisse Ă©craser sans rĂ©agir l’insurrection de Varsovie (1er aoĂ»t - 2 octobre 1944). En aoĂ»t 1944, Ă  l’approche des troupes soviĂ©tiques, la Roumanie et la Bulgarie changent de camp. Mais en s’emparant de la Hongrie le 19 mars 1944, Hitler empĂȘche le rĂ©gent Horthy de virer de bord lui aussi, et les SoviĂ©tiques ne s’emparent de Budapest aprĂšs un trĂšs long siĂšge qu’en fĂ©vrier 1945, s’ouvrant la route de Vienne. En Yougoslavie, les partisans de Tito libĂšrent une grande partie du pays et entrent dans Belgrade en septembre 1944 sans l’aide de l’ArmĂ©e rouge.

Soldats canadiens sur Juno Beach, débarquement de Normandie du 6 juin 1944

Le 6 juin 1944, 4 126 navires alliĂ©s rĂ©ussissent le plus grand dĂ©barquement de l’Histoire sur les plages de Normandie, prenant les Allemands par surprise et ouvrant enfin le second front. MalgrĂ© l’exploit logistique, l’armĂ©e hitlĂ©rienne parvient Ă  contenir les Anglo-Saxons en Normandie pendant plus de dix semaines dans une longue bataille d’usure (bataille des haies, bataille de Caen), jusqu’à ce que la percĂ©e d’Avranches (31 juillet 1944) ouvre la voie de la Bretagne et prenne les troupes allemandes Ă  revers en les encerclant dans la poche de Falaise. Paris insurgĂ©e est libĂ©rĂ©e le 25 aoĂ»t 1944. Auparavant, le 15 aoĂ»t, des troupes amĂ©ricaines et françaises avaient dĂ©barquĂ© en Provence, sur la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne.

La progression se fait alors rapidement et mi-septembre, presque toute la France et la Belgique sont libĂ©rĂ©es. Mais alors que les AlliĂ©s espĂ©rait une fin du conflit avant la fin 1944, la rĂ©sistance allemande va s’intensifier. L’opĂ©ration aĂ©roportĂ©e pour tenter une percĂ©e vers l’Allemagne par les Pays-Bas Ă©choue (septembre 1944). La pĂ©nurie d’essence et les problĂšmes logistiques obligent Ă  une bataille sur les abords de l’Escaut (novembre 1944) menĂ©e par les Canadiens pour libĂ©rer les accĂšs maritimes du port d’Anvers et la contre-attaque allemande dans les Ardennes (NoĂ«l 1944) retardent le passage du Rhin jusqu’à fin mars 1945.

La victoire finale (1945)

Le Palais du Reichstag détruit aprÚs la bataille de Berlin.
Hirohito lisant l'annonce de la capitulation japonaise.

ÉcrasĂ©e sous les bombes, assaillie de tous cĂŽtĂ©s, l’Allemagne nazie voit sa capitale Berlin investie le 30 avril par les SoviĂ©tiques. Hitler s’y donne la mort dans son bunker le mĂȘme jour. Le 7 mai 1945 Ă  Reims au QG du SHAEF, le colonel gĂ©nĂ©ral Alfred Jodl signe l’acte de reddition inconditionnelle des forces armĂ©es allemandes. Le lendemain Ă  Berlin, le marĂ©chal Wilhelm Keitel signera Ă  son tour en prĂ©sence des reprĂ©sentants des AlliĂ©s la capitulation du TroisiĂšme Reich. C’est officiellement le 8 mai 1945 qu’est proclamĂ© l’armistice qui met fin Ă  la guerre en Europe.

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Berlin.

En Asie, si l'Empire du Japon n’a plus l’initiative, il dĂ©fend pied Ă  pied ses territoires conquis que les AmĂ©ricains prennent au prix de lourdes pertes. Ils s’emparent ainsi d’Iwo Jima et d’Okinawa, des Ăźles proches de l’archipel japonais permettant aux AlliĂ©s des attaques aĂ©riennes directes et massives sur le Japon comme les bombardements successifs sur Tƍkyƍ. Le 15 aoĂ»t 1945, aprĂšs le largage, par les États-Unis des deux premiĂšres bombes atomiques sur les villes de Hiroshima et de Nagasaki et l’invasion de la Mandchourie par l’URSS, l'empereur Hirohito annonce personnellement la capitulation du Japon. Les actes de capitulation inconditionnelle du Japon sont signĂ©s le 2 septembre.

DiffĂ©rents thĂ©Ăątres d’opĂ©ration

Théùtre européen

La Seconde Guerre mondiale en Europe

AprĂšs s’ĂȘtre assurĂ© que l’URSS participerait au dĂ©membrement du pays en signant le Pacte germano-soviĂ©tique, Hitler lance ses armĂ©es sur la Pologne, le 1er septembre 1939, sans dĂ©claration de guerre (voir : incident de Gleiwitz). En application de leur alliance, la France et le Royaume-Uni dĂ©clarent la guerre Ă  l’Allemagne. En particulier, la France a garanti aprĂšs 1918 par des traitĂ©s d’assistance mutuelle l’existence de la plupart des pays nouvellement crĂ©Ă©s en Europe centrale (avec l’arriĂšre-pensĂ©e de crĂ©er un cordon sanitaire autour de l’Allemagne ainsi que de la Russie bolchevique). Cependant, malgrĂ© la pression de Chamberlain, pas plus qu’elle n’a respectĂ© ses engagements envers les prĂ©cĂ©dentes victimes d’Hitler, la France ne respecte ses obligations envers la Pologne : celles-ci prĂ©voyaient que la France attaquerait l’Allemagne 15 jours aprĂšs le dĂ©but de la mobilisation gĂ©nĂ©rale.[12] Mais mise Ă  part une brĂšve offensive limitĂ©e en Sarre du 6 au 13 septembre, les Français restent l’arme au pied, alors que la Pologne fait seule face Ă  l’agression allemande puis soviĂ©tique. Les Allemands utilisent alors pour la premiĂšre fois la tactique de la « guerre Ă©clair Â» (Blitzkrieg), qui assure Ă  la Wehrmacht une victoire rapide malgrĂ© la contre-offensive de la Bsura. L’URSS prend alors sa part de la Pologne en attendant, Ă  l'Ă©tĂ© 1940, les États baltes et la Moldavie, et attaque la Finlande pour lui prendre la rĂ©gion frontaliĂšre de CarĂ©lie, prĂšs de Leningrad. Les Finlandais rĂ©sisteront trois mois, puis finiront par cĂ©der.

AprĂšs sa premiĂšre campagne victorieuse, Hitler se tourne vers l’ouest, mais rien ne se passe sur ce front pendant plusieurs mois. RetranchĂ©s derriĂšre la ligne Maginot, les Français attendent l’assaut allemand pour l’endiguer. C’est la drĂŽle de guerre. Mais la stratĂ©gie française du gĂ©nĂ©ral Gamelin est prise en dĂ©faut lorsque le 10 mai 1940, l’Allemagne lance l’opĂ©ration Fall Gelb, une vaste offensive sur les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, violant la neutralitĂ© de ces États, puis Ă  travers les Ardennes – la percĂ©e de Sedan – afin de prendre Ă  revers la ligne Maginot.

Les armĂ©es franco-britanniques se dĂ©ploient vers le nord pour dĂ©fendre la Belgique mais se trouvent prises Ă  revers, puis finalement encerclĂ©es autour de Dunkerque. La Royal Navy et les bateaux de plaisance britanniques Ă©vacuent leurs troupes et une large partie des forces françaises Ă  Dunkerque (opĂ©ration Dynamo) en abandonnant leur Ă©quipement lourd, tandis qu’un rideau de troupes françaises freine la rĂ©duction du rĂ©duit avant d’ĂȘtre fait prisonnier. Gamelin est remplacĂ© dĂšs le 19 mai par le gĂ©nĂ©ral Maxime Weygand, qui ne rĂ©ussit pas Ă  mettre en place une ligne de dĂ©fense le long de la Somme, jusqu’à la ligne Maginot. Il arrive trop tard, et son action, qui commence par retarder la riposte Ă  la trouĂ©e allemande, ne peut empĂȘcher la situation de s’aggraver, la France n’ayant plus de rĂ©serves. AprĂšs quelques jours de combats acharnĂ©s, cette ligne est percĂ©e. DĂšs lors, plus rien ne peut enrayer l’avancĂ©e nazie. Le prĂ©sident du Conseil Paul Reynaud dĂ©missionne et le nouveau gouvernement du marĂ©chal Philippe PĂ©tain choisit de demander l’armistice le 17 juin. Il est signĂ© le 22 juin. L’Allemagne occupe la partie nord et ouest de son territoire. PĂ©tain instaure en France un rĂ©gime autoritaire et collaborateur, dĂ©signĂ© sous le nom officiel d'État français, dit plus couramment « rĂ©gime de Vichy Â».

Voyant les succĂšs de l’Allemagne, Mussolini avait voulu aussi lancer son pays dans les conquĂȘtes. Il avait dĂ©jĂ  occupĂ© l’Albanie au dĂ©but de 1939 et Le 10 juin 1940, il attaque Ă©galement la France, mais ne progresse que de quelques kilomĂštres. Cependant, le gouvernement interdit Ă  la Royal Air Force de riposter.[12]

L’Allemagne ne parvient pas Ă  vaincre la Royal Air Force dans la bataille d'Angleterre. Ainsi, elle ne peut obtenir la supĂ©rioritĂ© aĂ©rienne nĂ©cessaire pour envahir les Ăźles britanniques. Par consĂ©quent, elle commence une campagne de bombardement (dite le Blitz, l’éclair), notamment sur des villes comme Coventry et un blocus (dit bataille de l’Atlantique) par sous-marins pour affaiblir le Royaume-Uni. Mais c’est un Ă©chec, l’Allemagne ne parvient pas Ă  briser la rĂ©sistance britannique.

Le 28 octobre 1940, sans consulter les Allemands, Mussolini dĂ©cide d’attaquer la GrĂšce. Mais la rĂ©sistance grecque de l’armĂ©e du dictateur MetaxĂĄs est farouche et se transforme en offensive victorieuse : Les Grecs occupent alors le quart sud de l’Albanie italienne. Pour prĂȘter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs mois l’opĂ©ration contre la Russie, et envoie en avril 1941 ses troupes vers la GrĂšce, Ă  travers la Hongrie (qui est son alliĂ©e) et la Yougoslavie (envahie car refusant de laisser le passage, et oĂč les nazis sont aidĂ©s par les Oustachis, croates nationalistes d’Ante Pavelić). Les armĂ©es yougoslave et grecque sont Ă©crasĂ©es, ce qui permet Ă  Hitler d’occuper tout le sud de l’Europe. La RĂ©sistance armĂ©e sera plus vigoureuse en Yougoslavie que partout ailleurs en Europe : les rĂ©sistances nationaliste de DraĆŸa Mihailović (Tchetniks) et communiste de Tito (Partisans), vont immobiliser 20 divisions allemandes depuis la fin de 1942 jusqu’à la fin de la guerre.

Les opĂ©rations dans les Balkans auront retardĂ© l’invasion de l’URSS connue sous le nom d’opĂ©ration Barbarossa. Celle-ci ne commence que le 22 juin 1941. L’Allemagne, en attaquant par surprise l’Union soviĂ©tique, s’empare de grandes portions de territoires et capture de nombreux soldats.

Ils le font d’autant plus facilement que Staline a choisi de faire confiance Ă  Hitler, alors qu’il reçoit depuis des mois des informations prĂ©cises et concordantes de ses agents Ă  l’étranger. " pour des raisons politiques, Staline s’abstient d’utiliser leurs informations. Jusqu’au dernier moment, il s’attend Ă  une rĂ©ouverture des nĂ©gociations avec les Allemands
 Les gĂ©nĂ©raux soviĂ©tiques partagent souvent ce point de vue
"[13]. De plus, aux premiĂšres heures de l’attaque, Staline, dans l’espoir d’arranger les choses avec Hitler, interdit mĂȘme aux forces soviĂ©tiques de traverser la frontiĂšre en cas de contre-attaque victorieuse, et initialement celles-ci n’osent pas ouvrir le feu alors qu’elles sont martelĂ©es par les bombes allemandes.

Cependant, pour la premiĂšre fois, une armĂ©e ne s’effondre pas devant la Wehrmacht : en dĂ©pit de ses lourdes dĂ©faites, l’ArmĂ©e rouge ne cesse dĂšs le premier jour de multiplier les contre-attaques, Ă  la surprise des officiers allemands. L’avance considĂ©rable des troupes hitlĂ©riennes se rĂ©vĂšle en mĂȘme temps plus lente que prĂ©vue, le nombre de divisions et de chars soviĂ©tiques nettement supĂ©rieurs aux estimations des services secrets. Les SoviĂ©tiques dĂ©placent leur base industrielle dans l’Oural, reçoivent l‘aide alliĂ©e par les ports arctiques toujours en leurs mains, et produisent dĂšs 1942 plus d’armes que l’Allemagne, tandis que l’ArmĂ©e rouge oppose une dĂ©fense hĂ©roĂŻque qui, aidĂ©e par un hiver Ă©prouvant, leur permet de dĂ©fendre notamment Moscou et Leningrad.

Staline a par ailleurs su rĂ©veiller le nationalisme russe et organiser l’union sacrĂ©e face Ă  l’agresseur : il reçoit le soutien des Églises, met en veilleuse le collectivisme agraire et une partie du contrĂŽle policier sur la sociĂ©tĂ©, et substitue les rĂ©fĂ©rences patriotiques Ă  celles au communisme, dĂšs son discours du 3 juillet 1941 oĂč il s’adresse habilement Ă  ses « frĂšres et sƓurs Â» soviĂ©tiques. Il ne nĂ©glige pas non plus de maintenir une rĂ©elle terreur contre ses officiers et ses gĂ©nĂ©raux, dont beaucoup sont fusillĂ©s pour « incompĂ©tence Â» dans les premiers mois de la guerre, tandis que les millions de prisonniers sont officiellement reniĂ©s et considĂ©rĂ©s comme des traĂźtres (et leurs familles avec eux), et les soldats dĂ©faillants exposĂ©s Ă  l’exĂ©cution ou Ă  la dĂ©portation au Goulag : au front, des Ă©quipes spĂ©ciales du NKVD se chargent mĂȘme, en 1941 comme Ă  Stalingrad, de mitrailler les soldats qui refluent vers l’arriĂšre.

Uniforme soviétique de la Seconde Guerre mondiale

Au printemps 1942, l’armĂ©e allemande reprend l’offensive en concentrant celle-ci vers les champs de pĂ©trole du Caucase, au sud. À la fin de l’annĂ©e, la VIe armĂ©e, avec plus de 300 000 hommes, est dĂ©truite Ă  Stalingrad qui reprĂ©sente un verrou pour le contrĂŽle du Caucase. En 1943, la Wehrmacht reprend l’initiative Ă  la troisiĂšme bataille de Kharkov, mais est brisĂ©e Ă  la grande bataille de Koursk.

En 1943, aprĂšs un dĂ©barquement en Sicile, puis un autre dans la pĂ©ninsule italienne, les AlliĂ©s entament la campagne d’Italie. Mussolini chassĂ©, le pays capitule et se range du cĂŽtĂ© des AlliĂ©s. NĂ©anmoins, l’Allemagne peut tenir une ligne de dĂ©fense dans les montagnes qui freine cette progression dans la pĂ©ninsule. Il faut attendre dĂ©but 1945 pour que les nazis soient complĂštement repoussĂ©s d’Italie.

Les AlliĂ©s prennent pied en Normandie avec l’opĂ©ration Overlord Ă  partir du 6 juin 1944. Les soldats alliĂ©s qui dĂ©barquent sont principalement amĂ©ricains, britanniques et canadiens. Un autre dĂ©barquement est organisĂ© en aoĂ»t (Ă  partir du 15), en Provence avec l’opĂ©ration Anvil Dragoon, pour libĂ©rer le sud de la France et ouvrir un deuxiĂšme front en France. L’Allemagne tente une contre-offensive dĂ©sespĂ©rĂ©e dans la bataille des Ardennes en dĂ©cembre, oĂč elle perd ses derniĂšres rĂ©serves militaires. Les derniers dĂ©fenseurs du IIIe Reich seront souvent des civils, des vieillards et des enfants de la Volksturm, une milice montĂ©e par Martin Bormann.

Fin mars 1945, les AlliĂ©s peuvent enfin franchir le Rhin et occuper de vastes secteurs de l’ouest et du sud de l’Allemagne, tandis que, Ă  l’est, les SoviĂ©tiques progressent de façon continue, libĂ©rant l’Europe centrale puis atteignant Berlin. Dans les rues de Vienne et Berlin assaillies par l’ArmĂ©e rouge, des escadrons SS font encore rĂ©gner la terreur en pendant en public ceux qui refusent de continuer un combat sans espoirs. Hitler se suicide le 30 avril d’une balle dans la tĂȘte dans le FĂŒhrerbunker de la Chancellerie du Reich. Le mĂȘme jour, les SoviĂ©tiques plantent leur drapeau sur le toit du Palais du Reichstag, l’ancien siĂšge du Parlement allemand, dans un Berlin en ruines. La bataille de Berlin continue jusqu’au 2 mai. L’Allemagne se rend sans condition le 8 mai 1945. Le TroisiĂšme Reich pour lequel Hitler prĂ©disait une durĂ©e d’un millĂ©naire n’aura finalement durĂ© qu’un peu plus de 12 ans.

Théùtres africain et moyen-oriental

Article dĂ©taillĂ© : Campagnes d'Afrique et du Moyen-Orient.
Femmes iraniennes regardant passer un de munitions amĂ©ricaines Ă  destination de l’URSS (1943).

L’armĂ©e italienne, partant de sa colonie de Libye, attaque les troupes britanniques et du Commonwealth en Égypte, mais est mise en dĂ©route jusqu’à ce que l’Allemagne la renforce. Des combats se succĂšdent alors, dans le dĂ©sert d’Afrique du Nord, entre les forces italiennes appuyĂ©es par l’Afrika-Korps d’Erwin Rommel et la 8e armĂ©e britannique.

Au Moyen-orient, les Britanniques envahissent en avril 1941 le territoire de l'Irak, dont le gouvernement nationaliste s'Ă©tait rapprochĂ© de l'Axe. En juin, les autoritĂ©s vichystes permettant aux Allemands d'utiliser les territoires de la Syrie et du Liban, alors sous mandat français, les AlliĂ©s envahissent les deux pays et en prennent le contrĂŽle. En aoĂ»t, le Royaume-Uni et l'Union soviĂ©tique rĂ©alisent conjointement une invasion de l'Iran afin d'assurer le ravitaillement via la corridor Perse et d'empĂȘcher un basculement pro-allemand du pays.

En mai 1942, Rommel lance une grande offensive vers l’est pour atteindre Suez, et bouscule les forces britanniques, mais il est arrĂȘtĂ© 14 jours Ă  Bir Hakeim par la 1re brigade française libre du gĂ©nĂ©ral KƓnig, ce qui donna le temps aux Britanniques en dĂ©route de se regrouper sur la ligne fortifiĂ©e d’El Alamein, que Rommel ne parvient pas Ă  franchir. Puis en octobre 1942, c’est la 8e armĂ©e britannique, commandĂ©e par Montgomery, qui attaque Ă  son tour les forces de l’Axe et remporte la seconde bataille d’El Alamein. Celle-ci met fin Ă  la prĂ©sence de l’Axe en Libye, quelques jours aprĂšs le succĂšs du dĂ©barquement alliĂ© en Afrique du Nord.

Le 5 mai 1942, a lieu l'Opération Ironclad, une invasion amphibie de la colonie française de Madagascar, sur Diégo-Suarez, contrÎlée par le gouvernement de Vichy. .
Le 8 novembre 1942, en effet, pour soulager l’Union soviĂ©tique qui rĂ©siste seule Ă  l’assaut allemand, les forces amĂ©ricaines et britanniques dĂ©barquent au Maroc et en AlgĂ©rie, contrĂŽlĂ©s par le gouvernement de Vichy : c’est l’opĂ©ration Torch. Les troupes françaises de Vichy ripostent et s’opposent aux alliĂ©s dĂ©barquĂ©s jusqu’à ce qu’un accord nĂ©gociĂ© avec l’amiral Darlan mette fin aux combats[14].

Les alliĂ©s chassent finalement l’Axe du continent africain, avec l’aide de l’armĂ©e d’Afrique retournĂ©e et des Forces françaises libres. Depuis l’Afrique du Nord, les AlliĂ©s peuvent alors organiser les dĂ©barquements en Sicile et en Italie en 1943, et en Provence en 1944.

Théùtre asiatique

Maquette d’un porte-avions amĂ©ricain
Douglas MacArthur, chef des forces alliées en Asie, et John Curtin, premier ministre australien.

À compter de 1937 en Chine, l’ArmĂ©e nationale rĂ©volutionnaire du Kuomintang de Tchang KaĂŻ-chek et le Parti communiste de Mao Zedong font front commun contre les Japonais mais gĂ©nĂ©ralement sans coopĂ©rer.

EnlisĂ©e en Chine, l’ArmĂ©e impĂ©riale japonaise a systĂ©matiquement recours, dĂšs 1937, Ă  l’utilisation d’armes chimiques. Selon les historiens Matsuno et Yoshimi, celles-ci furent notamment utilisĂ©es Ă  375 reprises lors de la bataille de Wuhan Ă  l’automne 1938. L’emploi d’armes bactĂ©riologiques est quant Ă  lui autorisĂ© par le Quartier gĂ©nĂ©ral impĂ©rial Ă  compter de 1940 mais jamais contre des Occidentaux.

Soumis Ă  compter de 1941 Ă  un embargo sur le pĂ©trole aprĂšs son occupation de l’Indochine, le Japon ne peut plus dĂ©sormais rĂ©aliser sa politique expansionniste sans dĂ©truire la principale menace qui peut encore s’opposer Ă  lui dans le Pacifique : la force navale des États-Unis basĂ©e Ă  Hawaii. Employant Ă  nouveau la stratĂ©gie qui lui a rĂ©ussi contre la Russie, le Japon dĂ©cide de bombarder Pearl Harbor le 7 dĂ©cembre 1941 par surprise. La flotte est fortement endommagĂ©e, mais les porte-avions sont en mer.

Carte des dĂ©barquements US dans l’ocĂ©an Pacifique de 1942 Ă  1945.

SimultanĂ©ment, l’armĂ©e japonaise occupe les possessions britanniques, hollandaises et amĂ©ricaines d’Asie du Sud-Est comme Hong Kong, Singapour (massacre de 10 000 civils), les Philippines (marche de la mort de Bataan) et s’empare des champs pĂ©troliers de la Malaisie britannique et des Indes orientales nĂ©erlandaises, menaçant mĂȘme l’Australie. L’Indochine française est dĂ©jĂ  passĂ©e sous son contrĂŽle militaire avec l’accord du rĂ©gime de Vichy. le 21 juillet 1941. Le coup de force du 9 mars 1945 achĂšvera la mainmise nippone sur la pĂ©ninsule : le vide politique consĂ©cutif Ă  la guerre mondiale favorisera la prise du pouvoir par le Viet-Minh de HĂŽ Chi Minh.

Douglas MacArthur dĂ©barquant aux Philippines, au dĂ©but de la reconquĂȘte de l'archipel.

Le raid de Doolittle en avril 1942 marque le dĂ©but de la riposte amĂ©ricaine. En mai 1942, la bataille entre porte-avions de la mer de Corail tourne Ă  l’avantage des alliĂ©s. Un mois plus tard, celui ci est accentuĂ© par celle de Midway.

A partir du dĂ©but 1942, l’ArmĂ©e impĂ©riale japonaise tente de neutraliser la rĂ©sistance communiste chinoise en lançant la Politique des Trois Tout (äž‰ć…‰äœœæˆŠ, Sankƍ Sakusen?, « tue tout, brule tout, pille tout Â»), une stratĂ©gie de la terre brĂ»lĂ©e, dans le nord de la Chine, tandis que des attaques rĂ©pĂ©tĂ©es sont lancĂ©es contre les place-fortes des nationalistes chinois.

En dĂ©pit de la dĂ©termination de l’armĂ©e japonaise, les AlliĂ©s reprennent peu Ă  peu les Ăźles du Pacifique comme Ă  Guadalcanal, les Salomon puis les Philippines aprĂšs la bataille du golfe de Leyte (octobre 1944), cette derniĂšre restant la plus grande bataille aĂ©ronavale jamais survenue. Soumis Ă  blocus et coupĂ© progressivement de ses ravitaillements en matiĂšres premiĂšres, le Japon est au bord de l’asphyxie Ă©conomique Ă  l'Ă©tĂ© 1945.

Le site d’Hiroshima, aprĂšs le bombardement nuclĂ©aire

L’engagement en 1944 des premiers kamikazes de l’histoire - ces avions-suicides qui se jettent sur les navires ennemis - ne peut freiner la reconquĂȘte amĂ©ricaine, mais prouve la dĂ©termination des Japonais. La capture des Ăźles proches du Japon comme Iwo Jima et Okinawa permet de lancer des attaques aĂ©riennes directes. Tƍkyƍ notamment subit un bombardement incendiaire le 10 mars 1945. Surtout, Hiroshima le 6 aoĂ»t et Nagasaki le 9 (ce devait ĂȘtre Kokura) subissent une attaque nuclĂ©aire.

ConjuguĂ©e Ă  la dĂ©claration de guerre de l’URSS et l’invasion du Mandchoukuo par les forces soviĂ©tiques, les bombardements atomiques provoquent finalement la reddition du Japon, annoncĂ©e par Hirohito le 15 aoĂ»t 1945, confirmĂ©e par la signature des actes officiels le 2 septembre Ă  bord de l’USS Missouri.

Moyens militaires des belligérants

Armes

"Guerre de mouvement sur de vastes espaces, la DeuxiÚme Guerre mondiale a été une guerre du moteur" [15].

L’usage gĂ©nĂ©ralisĂ© des chars est une premiĂšre illustration de cette tendance Ă  la motorisation. Alors que l’armĂ©e française fait le choix d’une dispersion des chars, mis au service des unitĂ©s d’infanterie, les Allemands en adoptant une tactique basĂ©e sur l’utilisation des chars groupĂ©s sortent vainqueurs de la bataille de France. La conception du char lui-mĂȘme oscille entre deux tendances : la puissance et la maniabilitĂ©. L’expĂ©rience de la guerre d’Espagne a montrĂ© que le blindage est moins important que la silhouette basse, moins vulnĂ©rable, la tourelle mobile Ă  360 Â° et la puissance du canon. Mais au cours de la seconde guerre mondiale, on assiste Ă  une croissance en poids, en blindage et en puissance de feu. Ainsi, le char allemand Tigre I fait 57 tonnes. L’amĂ©ricain Sherman M4 et le soviĂ©tique T34, utilisĂ©s jusqu’à la fin de la guerre restent dans la gamme des 30 tonnes. La concentration de chars dans des divisions blindĂ©es permettent de mener des guerres Ă©clairs (Blitzkrieg), comme la Bataille de France en mai-juin 1940 remportĂ©e par les Allemands. L’Allemagne nazie commet l’erreur d’envahir l’URSS en sous-estimant son nombre rĂ©el de chars, et sans savoir que les SoviĂ©tiques disposent du T34, le meilleur tank de la guerre. La plus grande concentration de chars a eu lieu lors de la bataille de Koursk, en Russie, en juillet 1943.

Les progrĂšs des chars vont de pair avec les progrĂšs de l’armement antichar : l’usage de la charge creuse permet de percer des blindages de plus en plus Ă©pais. Des tubes lance-roquettes comme le bazooka permettent au fantassin de disposer contre les chars de la puissance d’un artilleur [16].

ParallĂšlement Ă  l’utilisation de chars, on assiste tout au long de la guerre Ă  un accroissement des transports motorisĂ©s des troupes, au dĂ©triment des chevaux, encore trĂšs prĂ©sents tant du cĂŽtĂ© français que du cĂŽtĂ© allemand lors de la bataille de France ou encore sur le front de l’est. La division blindĂ©e amĂ©ricaine de 1944, sera, elle, entiĂšrement motorisĂ©e.

Les immenses progrĂšs de l’aviation rĂ©alisĂ©s entre les deux guerres vont donner aux diffĂ©rents avions de guerre une place de premiĂšre importance. L’amĂ©lioration des structures de l’avion permet aux chasseurs-bombardiers comme le Stuka d’opĂ©rer des bombardements en piquĂ© et de prendre ainsi toute leur part dans les combats terrestres. Les bombardiers lourds comme la forteresse volante amĂ©ricaine, dont le rayon d’action atteint, Ă  la fin de la guerre, 5 000 kilomĂštres, sont utilisĂ©s dans des raids massifs de mille avions et plus, mettant ainsi en Ɠuvre le concept de Bombardement stratĂ©gique. Pour contrer les bombardiers, les belligĂ©rants font usage de leurs avions de chasse et de canons de dĂ©fense antiaĂ©rienne (DCA). C’est l’efficacitĂ© de la DCA qui oblige Ă  organiser les opĂ©rations de bombardement la nuit. On demande aux avions de chasse d’assurer la maĂźtrise de l’espace aĂ©rien sur un champ de bataille ou sur un front donnĂ© [17].

Troupes américaines parachutées sur les Pays-Bas lors de l'Opération Market Garden, 1944

Les Allemands auraient peut-ĂȘtre pu renverser encore la guerre aĂ©rienne grĂące Ă  l’invention des premiers avions Ă  rĂ©action par Messerschmitt. Mais Hitler gĂąche cette chance en exigeant d’en faire des bombardiers, contre l’avis de ses officiers, et non des avions de chasse, ce qui aurait Ă©tĂ© bien plus appropriĂ© [18].

La DCA doit son efficacitĂ© aux tout nouveaux radars qui l’assistent et permettent de surveiller le ciel. À partir de 1942, les bombardiers sont Ă©quipĂ©s de radars. D’une façon gĂ©nĂ©rale, les tĂ©lĂ©communications font partie intĂ©grante de l’arsenal militaire. Les blindĂ©s allemands sont reliĂ©s entre eux par radio dĂšs 1939, alors que leurs adversaires français ne le sont que trĂšs partiellement. Les techniques de chiffrage et de dĂ©chiffrage suivent l'Ă©volution des techniques. Les Allemands utilisent la machine de codage Enigma, mais le dĂ©chiffrement d’Enigma par les alliĂ©s occidentaux est un facteur fondamental qui leur permet d’inverser le cours de la bataille de l’Atlantique et d’assurer finalement leur victoire finale.

Sur mer, avant la Seconde Guerre, on a assistĂ© Ă  un renforcement incessant des blindages des cuirassĂ©s, mais ces superstructures et ces moyens de combat exposĂ©s sur de larges appontements restent trĂšs vulnĂ©rables aux dĂ©gĂąts causĂ©s, par exemple, par les bombardements en piquĂ©. Le cuirassĂ© cesse d'ĂȘtre le roi des batailles navales, alors que le porte-avions, qui peut embarquer de 50 Ă  60 appareils, prend un rĂŽle de plus en plus crucial, surtout lorsque le thĂ©Ăątre des opĂ©rations est Ă©loignĂ© de la base terrestre, comme c’est le cas pour les États-Unis ou le Japon dans les batailles du Pacifique. Le porte-avions devient la piĂšce centrale d’un dispositif oĂč les autres navires deviennent ses auxiliaires [19].

Comme lors de la PremiĂšre Guerre mondiale, les sous-marins sont largement employĂ©s pour bloquer l’approvisionnement ennemi, mais la lutte anti-sous-marine a fait des progrĂšs grĂące aux sonars dont les premiers dĂ©veloppements datent de la premiĂšre guerre mondiale mais qui deviennent pleinement opĂ©rationnels.

À la fin de la Seconde Guerre, de nouvelles armes font irruption sur le champ de bataille, comme l’avion-robot V1 lancĂ© pour la premiĂšre fois par les Allemands sur l’Angleterre dans la nuit du 13 au 14 juin 1944 ou le missile V2 lancĂ© pour la premiĂšre fois sur Londres le 8 septembre 1944 [19]. Contrairement aux craintes des alliĂ©s, les Allemands n’avaient pas de projet de bombe atomique [20]. Les AmĂ©ricains, au contraire, avaient mis Ă  partir de dĂ©cembre 1941 de gigantesques ressources dans le projet Manhattan qui aboutit le 16 juillet 1945, aprĂšs la reddition de l’Allemagne, Ă  la premiĂšre explosion nuclĂ©aire dans le dĂ©sert du Nouveau-Mexique et aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 aoĂ»t 1945.

Statistiques

L’effort de guerre industriel
Puissance navale des différentes nations en 1939
Bùtiments Alliés Axe
France Royaume-Uni Total Allemagne Italie Total
Porte-aéronefs 1 8 9
Cuirassés 7 12 19 5 2 7
Croiseurs 19 50 69 6 22 28
Destroyers 70 94 164 17 59 76
Sous-marins 77 38 115 57 115 172
Escorteurs 87 87

L’Europe sous domination nazie

Article dĂ©taillĂ© : Europe sous domination nazie.

À partir de la victoire de l’Allemagne sur la France, et plus encore Ă  partir de 1941, avec l’invasion des Balkans et de l’Union soviĂ©tique, et jusqu’à la fin 1944, la presque totalitĂ© de l’Europe est sous domination Allemande. Certains pays et certaines rĂ©gions ont carrĂ©ment Ă©tĂ© rattachĂ©s au Grand Reich, comme l’Autriche, le Protectorat de BohĂȘme-Moravie, ou l’ouest de la Pologne. D’autres pays se sont alliĂ©s volontairement Ă  l’Allemagne, il s’agit de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Hongrie, mais ils sont complĂštement dĂ©pendants de l’Allemagne. Certains pays, Slovaquie et de la Croatie qui doivent leur indĂ©pendance Ă  l’Allemagne nazie. D’autres sont occupĂ©s Ă  la suite de victoires allemandes. C’est le cas des Pays-Bas, de la Belgique, de la NorvĂšge, du Danemark, de la France, de la Serbie, de la GrĂšce[21].

Domination Ă©conomique et asservissement

La domination allemande en Europe revĂȘt un caractĂšre diffĂ©rent Ă  l’est et Ă  l’ouest. Les pays de l’est europĂ©ens, au peuplement slave sont considĂ©rĂ©s par les nazis comme un « espace vital Â» (Lebensraum) revenant Ă  la « Race des Seigneurs Â». Dans cet espace immense, il s’agit Ă  la fois d’implanter des colons allemands, de germaniser de force les populations qui peuvent l'ĂȘtre, de dĂ©placer, stĂ©riliser ou faire mourir des millions de « sous-hommes Â» : Polonais, Slaves soviĂ©tiques ou Tziganes, en utilisant les survivants comme esclaves, allant jusqu'Ă  la solution finale pour les juifs.

L’Ouest n’est pas considĂ©rĂ© comme un espace vital Ă  vider pour que des Allemands puissent y prendre place. Dans le nouvel ordre europĂ©en, un pays comme la France garde sa place, mais Ă  un rang infĂ©rieur Ă  celui de l’Allemagne. Si l’occupant allemand exerce une terreur moindre, il n’en soumet pas moins les ressources des pays conquis au pillage systĂ©matique.

En effet, sur le plan Ă©conomique, le continent europĂ©en est soumis Ă  l’hĂ©gĂ©monie du Reich. Pour l’Allemagne, il s’agit d’abord de mettre l’ensemble des ressources et capacitĂ©s Ă©conomiques du continent au service du Reich en guerre. D’autre part, des jalons sont posĂ©s pour une intĂ©gration de toutes les Ă©conomies nationales dans un grand espace Ă©conomique dominĂ© par l’Allemagne[22].

Dans la pratique, les diffĂ©rents moyens pour mettre l'Ă©conomie de l’Europe au service de l’Allemagne vont des accords de compensation avec taux de change avantageux pour les pays alliĂ©s au pillage massif pour les pays comme la Pologne ou l’Union soviĂ©tique en passant par le paiement d’indemnitĂ©s pour un pays comme la France. La mise au travail des prisonniers de guerre et les dĂ©placements en Allemagne de millions de travailleurs reprĂ©sentent une forme encore plus directe de l’exploitation des ressources.

Collaborations et RĂ©sistances en Europe

Pour Yves Durand, « Les occupations engendrent parmi les occupĂ©s, des comportements qui vont de la collaboration Ă  la rĂ©sistance en passant par toute une gamme d’attitudes qui ne peuvent ĂȘtre rĂ©duites ni Ă  l’une ni Ă  l’autre Â»[23].

Tous les pays vaincus doivent accepter au moins une forme de collaboration minimale qui permet aux peuples de survivre en acceptant au moins temporairement les conditions du vainqueur. C’est ce que Werner Rings appelle la collaboration neutre qui est typiquement pratiquĂ©e aux Pays-Bas et en Belgique dont les gouvernements ont quittĂ© le pays mais dont les administrations font le nĂ©cessaire pour permettre aux habitants de survivre et Ă  l'Ă©conomie de tourner au service de l’effort de guerre allemand[24]. Dans certains pays, comme pour la NorvĂšge de Quisling Ă  partir de 1942, ce sont les partisans des nazis qui gouvernent directement le pays. Les historiens les appellent gĂ©nĂ©ralement des « collaborationnistes Â». Dans d'autres pays, l'Allemagne prĂ©fĂšre favoriser des dirigeants conservateurs comme PĂ©tain en France ou Nedić en Serbie qui sont prĂ©sumĂ©s mieux gĂ©rer leurs gouvernement. En Serbie, en Croatie, ou au MontĂ©nĂ©gro, les sĂ©paratismes locaux sont encouragĂ©s pour installer des gouvernements favorables Ă  l'Allemagne. En France, les diffĂ©rents gouvernements vichystes proposent d’eux-mĂȘmes une collaboration qui va au-delĂ  de ce qui est prĂ©vu par l’armistice de juin 1940 en espĂ©rant obtenir pour le pays une meilleure place dans l’Europe allemande. Selon les termes de Paxton, « Hitler repousse la main tendue Â»[25]. C’est lui qui choisit ses alliĂ©s. En Pologne, gouvernĂ©e directement par les Allemands pour ĂȘtre pillĂ©e et complĂštement asservie, il ne peut y avoir ni collaborationnistes ni collaborateurs.

L’engagement dans la « rĂ©sistance Â» permet aux peuples dominĂ©s de continuer Ă  s’opposer au vainqueur, Ă  participer Ă  l’effort de guerre des AlliĂ©s et si Ă©ventuellement Ă  la libĂ©ration de leur pays. La rĂ©sistance s’organise par la crĂ©ation de mouvements, de rĂ©seaux et de maquis, regroupant une minoritĂ© de la population et souvent en liaison avec les gouvernements en exil ou les services de renseignement anglais soviĂ©tiques ou amĂ©ricain.

Génocides, déportations, concentrations

Articles dĂ©taillĂ©s : Shoah, Porajmos et Aktion T4.

La guerre et la domination de l’Europe qui en est rĂ©sultĂ©e ont permis au rĂ©gime nazi de pousser Ă  l’extrĂȘme son idĂ©ologie raciste. Selon les termes de Goebbels : «  La guerre nous offre toutes sortes de possibilitĂ©s que la paix nous refusait Â»[26]

Le jour mĂȘme de l’entrĂ©e en guerre, en septembre 1939, Hitler autorise l’extermination des handicapĂ©s mentaux allemands et autres malades incurables. Officiellement stoppĂ©e en aoĂ»t 1941 grĂące Ă  un mouvement d’opinion, l’aktion T4 conduit Ă  « l'euthanasie Â» par le gaz de plus de 150 000 handicapĂ©s, nombre de techniciens de l’opĂ©ration Ă©tant ensuite rĂ©affectĂ©s au gazage massif des Juifs dans les camps de la mort.

DĂšs 1939, les juifs sont concentrĂ©s de force dans des ghettos misĂ©rables, surpeuplĂ©s et dĂ©libĂ©rĂ©ment affamĂ©s, notamment dans le Gouvernement GĂ©nĂ©ral de Pologne. Leur extermination systĂ©matique, que l’on dĂ©signe sous le nom de Shoah, est d’abord mise en Ɠuvre par des exĂ©cutions de masse pratiquĂ©es par la Wehrmacht puis par les Einsatzgruppen dans les territoires polonais et soviĂ©tiques. En URSS et dans une partie de la Pologne, la « Shoah par balles Â» cĂšde en 1942 le pas Ă  l’emploi mĂ©thodique de camions Ă  gaz. AprĂšs la confĂ©rence de Wannsee (20 janvier 1942), la politique d’extermination (« la solution finale de la question juive Â» dans la terminologie nazie) vise les Juifs de tous les pays occupĂ©s et prend un tour industriel. Les Juifs sont dĂ©portĂ©s dans des camps d’extermination dans lesquels les victimes sont gazĂ©es en masse, et leurs corps rĂ©duits en cendres dans des fours crĂ©matoires. Au total, environ les trois quarts des juifs de l’Europe occupĂ©e, totalisant, selon Raul Hilberg, au minimum 5 100 000 personnes sont exterminĂ©es[27].

Les Tziganes sont Ă©galement victimes de la politique raciale des nazis. L’extermination des Tziganes est connue sous le nom de Porajmos. En dĂ©cembre 1942, Himmler prend la dĂ©cision de dĂ©porter vers Auschwitz tous les Tziganes d’Europe, mais se dĂ©sintĂ©resse rapidement du sujet qui ne constitue pas un enjeu stratĂ©gique de premiĂšre importance. On peut estimer que pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 50 000 et 80 000 Tziganes sont morts des suites des mesures de persĂ©cutions nazies [28].

En plus des camps d’extermination dont la finalitĂ© est l’élimination immĂ©diate des Juifs et autres catĂ©gories qualifiĂ©es de « sous-hommes Â», les nazis multiplient les camps de concentration et leurs kommandos pour enfermer, et gĂ©nĂ©ralement exterminer par le travail forcĂ©, les opposants rĂ©els ou prĂ©sumĂ©s, ou des droits communs. Les conditions particuliĂšrement dĂ©shumanisantes de la dĂ©tention et les traitements brutaux des SS et des kapo y entraĂźnent une mortalitĂ© extrĂȘmement forte (40 % des dĂ©portĂ©s français ne survivent pas). Au dĂ©part, ce sont des unitĂ©s mobiles qui sont chargĂ©es d’exterminer les Juifs — ainsi que les Tziganes, les cadres communistes, voire les handicapĂ©s et les homosexuels.

L’ExtrĂȘme-Orient sous domination japonaise

En Asie Ă©galement, l’Empire du Japon suscite des gouvernements collaborateurs et a recours Ă  grande Ă©chelle au pillage des matiĂšres premiĂšres et au travail forcĂ© des prisonniers de guerre et des populations locales qu’il prĂ©tendait libĂ©rer de la servitude coloniale.

En Chine, les Japonais jouent des divisions politiques locales pour s'assurer le soutien de Wang Jingwei, ancien premier ministre et ancien chef du Kuomintang, qui dirige un gouvernement collaborateur à Nankin. Pour se donner un profil patriotique, ce gouvernement met fin au régime des concessions européenne à Shanghai.

Dans plusieurs colonies occidentales asiatiques occupĂ©es, les Japonais composent avec les indĂ©pendantistes locaux, crĂ©ant des rĂ©gimes comme l'État de Birmanie, dirigĂ© par Ba Maw, ou la RĂ©publique des Philippines, dirigĂ©e par JosĂ© P. Laurel. L'Empire du Japon use du concept de la SphĂšre de coprospĂ©ritĂ© de la grande Asie orientale pour promouvoir l'idĂ©e d'une Asie auto-suffisante et justifier sa politique expansionniste.

Envahie en 1931, la Mandchourie est devenue l'État du Mandchoukouo, oĂč l'ancien empereur de Chine Puyi exerce une autoritĂ© de façade, et qui garantit au Japon d'importantes ressources naturelles.

Dans le cadre de la campagne de Birmanie, les Japonais bĂ©nĂ©ficient de l’appui du gouvernement thaĂŻlandais de Plaek Pibulsonggram et du leader indĂ©pendantiste indien Subhash Chandra Bose, qui crĂ©e l'ArmĂ©e nationale indienne. Aux Indes orientales nĂ©erlandaises occupĂ©es, qui leur fournissent de trĂšs importantes rĂ©serves de pĂ©trole, les Japonais ne crĂ©ent pas de gouvernement, mais se mĂ©nagent l'appui des leaders indĂ©pendantistes comme Soekarno (futur prĂ©sident de l'IndonĂ©sie).

Camps de prisonniers et esclavage

DissĂ©minĂ©s sur tout le territoire de la SphĂšre, les camps de prisonniers japonais connurent un taux important de dĂ©cĂšs car la majoritĂ© d’entre eux impliquaient le travail forcĂ© des prisonniers. Selon le Tribunal de Tokyo, le taux de mortalitĂ© des occidentaux y Ă©tait de 27.1%, sept fois celui des prisonniers des camps allemands ou italiens.[29] Le taux de mortalitĂ© des prisonniers chinois Ă©tait bien supĂ©rieur en raison d’une directive ratifiĂ©e le 5 aoĂ»t 1937 par Hirohito qui Ă©liminait les mesures de protection du droit international Ă  l'Ă©gard de ces prisonniers.[30] Ainsi, si 37,583 prisonniers britanniques, 28,500 nĂ©erlandais et 14,473 amĂ©ricains furent relĂąchĂ©s aprĂšs la reddition du Japon, le nombre de Chinois libĂ©rĂ©s ne fut que de 56.[29][31]

Selon une Ă©tude de l’historienne Zhifen Ju, plus de 10 millions de Chinois furent mobilisĂ©s par l’armĂ©e impĂ©riale japonaise et transformĂ©s en esclaves par la Kƍa-in au Manchukuo et en Chine du nord.[32] Des documents retrouvĂ©s Ă  la BibliothĂšque du CongrĂ©s amĂ©ricain dĂ©montrent qu’entre 4 et 10 millions de romusha, des civils indonĂ©siens, ont Ă©tĂ© soumis au travail forcĂ© Ă  Java par le rĂ©gime shƍwa et que le taux de mortalitĂ© y fut de 80%.[33]

En AmĂ©rique du Nord, suite Ă  l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais et Ă  l’entrĂ©e en guerre contre l’Allemagne et l’Italie, le prĂ©sident Franklin Roosevelt autorise le 19 fĂ©vrier 1942, l’internement de dizaines de milliers d’amĂ©ricains d’origine japonaise, italienne et allemande. Le Canada, dans une moindre mesure, Ă  Ă©galement dĂ©tenu des citoyens originaires de ces pays dans des camps.

Conséquences historiques

La Seconde Guerre mondiale contribue, Ă  travers son bilan plus ou moins prĂ©judiciable aux participants, Ă  l'Ă©mergence de deux superpuissances qui vont se partager le monde : les États-Unis d’AmĂ©rique (USA) et l’Union des rĂ©publiques socialistes soviĂ©tiques (URSS).

La SociĂ©tĂ© des Nations, Ă  laquelle on impute d’avoir Ă©chouĂ© Ă  empĂȘcher la guerre, est remplacĂ©e par l’Organisation des Nations unies. La Charte des Nations Unies est rĂ©digĂ©e Ă  San Francisco en juin 1945.

Les institutions d’avant-guerre ne perdurent que dans une minoritĂ© d'États europĂ©ens et asiatiques. Toutes les monarchies d’Europe de l’Est sont balayĂ©es par la construction rapide des rĂ©gimes communistes. Un referendum abolit la royautĂ© en Italie (10 juin 1946); elle ne se maintient en GrĂšce qu’au prix d’une guerre civile, et la « question royale Â», issue directement de l’attitude controversĂ©e de LĂ©opold III pendant la guerre, ne trouve de solution en Belgique que dans l’abdication du monarque (1951). Au Japon, les AmĂ©ricains maintiennent l’empereur Hirohito, pourtant constamment tenu informĂ© des crimes commis par ses armĂ©es, mais imposent l’abolition du culte impĂ©rial qui le proclamait d’essence divine. En France, la IIIĂšme RĂ©publique, rendue responsable de la dĂ©faite, cĂšde la place Ă  une nouvelle constitution.

Partout, les gouvernements s’engagent dans la construction du Welfare State ou État-Providence : nationalisations, planification, intervention de l'État, lois de protection sociale sont dĂ©sormais Ă  l’ordre du jour pour une trentaine d’annĂ©es.

L'Allemagne est soumise à plusieurs années d'occupation. En 1949, elle est séparée en deux états, désignés des noms d'Allemagne de l'ouest (démocratie libérale, dans la zone occupée précédemment par les Américains, les Britanniques et les Français) et d'Allemagne de l'est (régime communiste, dans la zone occupée par les Soviétiques). La réunification allemande n'aura lieu qu'en 1990.

En Europe centrale et en Europe de l'est, zones investies en 1944-1945 par l'ArmĂ©e rouge, les partis communistes locaux sont en position de force et prennent le pouvoir entre 1945 et 1948. DĂšs mars 1946, Winston Churchill dĂ©clare « un rideau de fer s'est abattu Ă  travers le continent Â». En Hongrie, Bulgarie, en Pologne, en TchĂ©coslovaquie, en Roumanie, en Albanie, des rĂ©gimes communistes sous influence de l'Union soviĂ©tique sont mis en place. Le bloc de l'Est se constitue en Europe, signant le dĂ©but de la guerre froide. Seul le rĂ©gime communiste de Tito, en Yougoslavie, maintient une position indĂ©pendante vis-Ă -vis de l'URSS, avec laquelle il rompt dĂšs 1948. En GrĂšce, les diffĂ©rents mouvements de la rĂ©sistance locale entrent en conflit ouvert entre eux et avec le Royaume-Uni avant mĂȘme la fin de la guerre : la guerre civile grecque dure jusqu'en 1949 et manque de faire basculer la GrĂšce dans le camp communiste, mais le gouvernement monarchique remporte finalement la victoire.

L’Allemagne de l’ouest et le Japon sont dĂ©militarisĂ©s et dĂ©mocratisĂ©s par les Occidentaux. Les principaux dignitaires de la hiĂ©rarchie nazie sont jugĂ©s, et la plupart condamnĂ©s, pour crime contre l’humanitĂ© (une notion nouvelle, que les horreurs sans prĂ©cĂ©dent des nazis ont obligĂ© Ă  dĂ©finir) ou pour crime de guerre lors d’un procĂšs international Ă  Nuremberg. Les chefs militaires japonais rĂ©pondent de leurs exactions devant le tribunal international de Tokyo. L'empereur Hirohito est cependant protĂ©gĂ© de toute poursuite. Des criminels de guerre comme Shirƍ Ishii, ancien chef de l'unitĂ© 731, bĂ©nĂ©ficient Ă©galement de l'impunitĂ© grĂące Ă  leur coopĂ©ration avec les États-Unis. Un certain nombre d'ex-responsables nazis Ă©vitent des procĂšs pour crimes de guerre grĂące Ă  des initiatives amĂ©ricaines comme l'opĂ©ration Paperclip et retrouvent plus tard des postes de responsabilitĂ©s.

La recherche scientifique et technique, dans l’ensemble, bĂ©nĂ©ficient d’une forte impulsion, en particulier pour la maĂźtrise de l’atome dans le projet Manhattan et la recherche sur les fusĂ©es qui permettra des programmes spatiaux. La guerre a aussi vu le premier usage massif des antibiotiques dont la pĂ©nicilline inventĂ©e par les Britanniques, ou encore du DDT, utile aux AmĂ©ricains dans les marais du Pacifique.

En Chine, le régime de Tchang Kaï-chek est affaibli par les années de guerre et, dÚs 1949, est battu par les communistes de Mao Zedong. Ce dernier proclame sur le continent la République populaire de Chine, tandis que Tchang se réfugie à Taïwan.

Conséquences au Royaume-Uni

V for Victory, Churchill au balcon de Whitehall, le 8 mai 1945 (jour V-E)

Les autres alliĂ©s en effet, et si l’on excepte le Royaume-Uni, ont un rĂŽle mineur ou bien sont Ă©cartĂ©s des nĂ©gociations qui aboutissent Ă  la mise en place de deux zones d’influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. Cette situation, qui porte en elle les germes de la Guerre froide, dure jusqu’en 1989.

Le Royaume-Uni sort considérablement affaibli de la guerre. Celle-ci, en effet, a consacré la fin des puissances coloniales. Par la suite, les ßles britanniques connaissent une crise sans précédent, due à la reconstruction et à la restructuration de son économie.

Conséquences en France

Au cours de la bataille de Normandie, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle, accueilli en libĂ©rateur par les Français, parvient Ă  obtenir des alliĂ©s la reconnaissance de la pleine autoritĂ© de son gouvernement, le gouvernement provisoire de la RĂ©publique française (GPRF) (proclamĂ© le 3 juin Ă  Alger), sur la mĂ©tropole. Il fait en sorte que la France soit reconnue par le camp alliĂ© comme un vainqueur. Cette reconnaissance lui permet d’occuper une partie de l’Allemagne, ou d’obtenir un siĂšge de membre permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU.

La LibĂ©ration de la France s’accompagne de l’épuration d’une partie des personnes suspectĂ©es d’avoir collaborĂ©. Les Allemands et leurs collaborateurs ont multipliĂ© les atrocitĂ©s sous l’Occupation, puis pendant leur retraite. Aussi dans les territoires libĂ©rĂ©s par les rĂ©sistants, et malgrĂ© les efforts de la plupart de leurs chefs et des commissaires de la RĂ©publique pour instaurer au plus vite une Ă©puration lĂ©gale et judiciaire, de nombreuses exĂ©cutions sont expĂ©ditives et pas toujours prĂ©cĂ©dĂ©es de jugements. Environ 20 000 femmes sont tondues pour « collaboration horizontale Â»[34]. De ce fait, des erreurs sont commises dans cette libĂ©ration rapide, et des innocents injustement assassinĂ©s. Les historiens estiment qu’environ 11 000 exĂ©cutions sommaires ont lieu, aux trois quarts pendant les combats. L'Ă©puration sauvage a pu ĂȘtre d’autant plus brutale que la population peut avoir envie de se venger des exactions de la milice et des Allemands dans leur dĂ©route et que le gonflement des effectifs de la RĂ©sistance a permis Ă  certains rĂ©sistants de la 24e heure de se dĂ©douaner ainsi Ă  peu de frais. On a observĂ© le mĂȘme phĂ©nomĂšne lors de l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie.

À l’opposĂ©, certains collaborateurs sont parfois acquittĂ©s ou condamnĂ©s Ă  de faibles peines (malgrĂ© la gravitĂ© de leurs crimes) par les tribunaux rĂ©guliers dont la majoritĂ© des juges ont prĂȘtĂ© serment Ă  PĂ©tain. D’autres furent jugĂ©s par la Haute Cour composĂ©e de rĂ©sistants, mais l’importance des condamnations dĂ©crut avec le temps. C’est ainsi qu’en 1949, le dernier accusĂ© jugĂ© est acquittĂ©: le secrĂ©taire d'État Ă  l’IntĂ©rieur de PĂ©tain, RenĂ© Bousquet (qui mit la police et la gendarmerie françaises Ă  la disposition des occupants pour faire la chasse aux rĂ©sistants et dĂ©porter prĂšs de 60 000 Juifs) est acquittĂ©. À noter que les collaborateurs n’ont Ă©tĂ© poursuivis que pour trahison, et pas pour crime contre l’humanitĂ©.

De Gaulle empĂȘche le dĂ©veloppement d’une situation armĂ©e insurrectionnelle (voir Histoire de France), en amalgamant les mouvements ayant participĂ© Ă  la RĂ©sistance Ă  l’armĂ©e rĂ©guliĂšre issue de l’armĂ©e d’armistice cantonnĂ©e en Afrique (dont nombre de cadres avaient Ă©tĂ© vichystes avant de se rallier en 1942). Non sans mal, les rĂ©sistants des Forces françaises de l'intĂ©rieur (FFI) et des Francs-tireurs et partisans (FTP) sont intĂ©grĂ©s dans l’armĂ©e rĂ©guliĂšre sans trop d’à-coups. L’intĂ©gration des milices patriotiques du PCF est nĂ©gociĂ©e contre leur participation au gouvernement et l’amnistie de Maurice Thorez.

Au nom de la reconstruction du pays et afin de permettre Ă  la France de tenir son rang nouvellement restaurĂ© aux cĂŽtĂ©s des alliĂ©s, l’épuration de l’administration est limitĂ©e. Certains hauts fonctionnaires invoquent la continuitĂ© de l’État comme acte de rĂ©sistance. Les policiers dont une partie a poursuivi les rĂ©sistants se dĂ©douanent par une insurrection Ă  Paris Ă  la veille de la LibĂ©ration. Certains collaborateurs se font oublier en intĂ©grant des rĂ©giments de FFI ou en s’engageant dans le corps expĂ©ditionnaire d’ExtrĂȘme-Orient (engagĂ© en Indochine), ce qui est par la suite exploitĂ© par la propagande Việt Minh.

La France oublie qu’elle fut anglophobe et pĂ©tainiste aprĂšs le bombardement de Mers el Kebir, que des gendarmes français gardĂšrent le camp de concentration de Drancy et convoyĂšrent les convois de dĂ©portĂ©s jusqu’à la frontiĂšre. Toutefois, la proportion de Juifs d’avant-guerre ayant survĂ©cu est la plus importante de tous les pays occupĂ©s, bien que les Juifs dit apatrides fussent bien moins protĂ©gĂ©s que les Juifs français. Pour un temps, la lĂ©gislation française considĂ©ra que seuls les Allemands peuvent ĂȘtre poursuivis pour crimes contre l’humanitĂ©. Le procĂšs manquĂ© de Bousquet ainsi que les procĂšs tardifs de Paul Touvier et Maurice Papon sont emblĂ©matiques de cette politique.

ConsĂ©quences aux États-Unis

Les États-Unis d’AmĂ©rique prennent l’initiative d’avoir une attitude positive. Ils imposent la dĂ©mocratie, particuliĂšrement en Allemagne de l'Ouest et au Japon, Ă  travers une Ă©puration et un contrĂŽle des rouages de l'État et de l'Ă©ducation. ParallĂšlement, ils fournissent Ă  partir de 1947 une aide Ă©conomique Ă  la reconstruction de l’Europe, connue sous le nom de plan Marshall. Celle-ci permet une reconstruction rapide des Ă©conomies occidentales, achevĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1950, et Ă©vite aux populations la tentation de s’abandonner au communisme ou aux nĂ©o-fascismes.

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont avec l’URSS l’une des deux plus grandes puissances mondiales. Les États-Unis possĂšdent la premiĂšre flotte de guerre, la premiĂšre flotte de commerce, ils dĂ©tiennent 75 % des stocks d’or du monde (d’oĂč la devise « dollar as good as gold Â», le dollar est aussi sĂ»r que l’or).

16 millions d’AmĂ©ricains furent incorporĂ© dans les forces armĂ©es des États-Unis, 407 000 y pĂ©rirent, dont 292 000 sur le champ de bataille.

Conséquences en URSS

Staline n’est pas en reste et fut l’un des grands gagnants du conflit. L’ArmĂ©e rouge a mis hors de combat plus de 85 % des soldats allemands et apparaĂźt Ă  raison comme le principal vainqueur de Hitler. Le prestige et le rĂŽle de l’Union soviĂ©tique sortent grandis bien au-delĂ  des seuls cercles communistes. RĂ©intĂ©grĂ©e dans le concert des nations, l’URSS est membre permanent du Conseil de SĂ©curitĂ©.

Pour les Russes, cette grande guerre patriotique menĂ©e sur le front de l’Est invoqua la survie de la nation. En portant un toast au peuple russe lors du dĂ©filĂ© de la victoire, le 24 juin 1945, Staline confirmait le retour de l’URSS Ă  une forme plus accentuĂ©e de nationalisme grand-russe voire de chauvinisme, aux dĂ©pens des minoritĂ©s nationales et, bien vite, des Juifs « cosmopolites Â».

Les annexions de 1939-1940 sont confirmĂ©es, et d’autres sont venues s’y ajouter Ă  la victoire. L’URSS a augmentĂ© sa superficie de 475 000 km2 et sa population de 24 millions d’habitants, aussitĂŽt soumis Ă  une trĂšs brutale soviĂ©tisation par la terreur. DerriĂšre le rideau de fer, le systĂšme stalinien est progressivement imposĂ© pour des dĂ©cennies Ă  un empire immense allant de Berlin-Est Ă  la CorĂ©e du Nord, en attendant le basculement de la Chine et du ViĂȘt Nam dans le camp communiste.

Cependant, l’URSS sort considĂ©rablement appauvrie de la guerre, qui lui a coĂ»tĂ© plus de 25 millions de morts, ainsi que les pires destructions jamais subies par un belligĂ©rant dans l’histoire humaine. En 1945, une commission officielle estime que le coĂ»t des destructions Ă©quivaut au double des investissements consentis lors des deux premiers plans quinquennaux des annĂ©es 1930. Enfin, technologiquement, l’Union SoviĂ©tique accuse un retard sur l’AmĂ©rique, dont elle ne brise le monopole nuclĂ©aire qu’en 1949.

Coûts humains en fonction des pays

En tout environ 38 millions de civils furent tués par les nazis et leurs alliés.

En Europe : 7.5 millions de SoviĂ©tiques, six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs et trois millions de catholiques ; trois millions de Juifs des autres pays d’Europe ; deux millions de Tziganes, handicapĂ©s, homosexuels, tĂ©moins de JĂ©hovah et autres.

En Asie : les historiens Ă©valuent entre 10 et 30 millions le nombre de morts causĂ©es par les exactions japonaises, dont 2,7 millions pour la seule opĂ©ration de la Politique des Trois Tout (äž‰ć…‰äœœæˆŠ, Sankƍ Sakusen?) menĂ©e dans le nord de la Chine par le gĂ©nĂ©ral Yasuji Okamura.

Exactions et crimes de guerre

Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes furent des civils

De nombreux massacres de civils ou crimes de guerre sont perpĂ©trĂ©s au cours de ce conflit :

Sur le thĂ©Ăątre d’opĂ©ration europĂ©en

Article dĂ©taillĂ© : Crimes de guerre de la Wehrmacht.

Parmi les divers crimes de guerre, on peut citer:

  • expĂ©riences pseudo-mĂ©dicales de nombreux mĂ©decins nazis dans les camps de concentration, notamment du docteur Mengele
  • Dans le « Protectorat Â» de BohĂȘme-Moravie :
    • dĂ©portation de centaines d'Ă©tudiants ayant manifestĂ© contre l’occupation (novembre 1939)
    • massacre des habitants de Lidice, en reprĂ©sailles Ă  l’attentat qui abattit le chef SS et « boucher de Prague Â» Heydrich
  • en Pologne
    • affamement et dĂ©portation du ghetto de Varsovie
    • « nettoyage Â» du ghetto de Varsovie par les SS aprĂšs l’insurrection des derniers survivants
    • extermination de 50 000 membres des Ă©lites polonaises par les SS et la Gestapo (prĂȘtres, aristocrates, professeurs, officiers). L’enseignement secondaire, les sĂ©minaires et les universitĂ©s furent fermĂ©es, tout comme les thĂ©Ăątres par exemple, et ce n’est qu'Ă  un systĂšme remarquable de cours clandestins — les komplety — que les Polonais parvinrent Ă  instruire et Ă  sauver cinq classes d'Ăąge de bacheliers[35]
    • massacre de 5 000 officiers polonais Ă  KatyƄ, par l’armĂ©e soviĂ©tique (l’URSS a reconnu sa responsabilitĂ© aprĂšs plusieurs dĂ©cennies, ayant longtemps accusĂ© les nazis d'ĂȘtre responsables de ce massacre)
    • massacre de 10 000 autres officiers polonais en d’autres lieux, soit 15 000 personnes tuĂ©es froidement d’une balle dans la nuque par le NKVD, ancĂȘtre du KGB
    • destruction Ă  90 % de Varsovie par l’armĂ©e allemande aprĂšs le soulĂšvement de l’Armia Krajowa du 1er aoĂ»t au 2 octobre 1944. La rĂ©pression de l’insurrection par Himmler fit de 150 000 Ă  200 000 morts. Manquant de moyens pour franchir la Vistule et immobilisĂ©e par ordre de Staline pour des raisons politiques, l’ArmĂ©e rouge laissa les Allemands Ă©craser la rĂ©bellion polonaise et ne lui apporta ni armes ni aide.
  • en Union soviĂ©tique
    • affamement et mise Ă  mort prĂ©mĂ©ditĂ©s de prisonniers de guerre russes (2 millions de morts)
    • affamement dĂ©libĂ©rĂ© des civils de la citĂ© de Leningrad assiĂ©gĂ©e (700 000 victimes)
    • 20 millions de citoyens de l’Union SoviĂ©tique sont tuĂ©s, dont un trĂšs grand nombre de prisonniers de guerre exĂ©cutĂ©s par les Allemands, et aussi des civils dont les villages et villes sont anĂ©antis.
  • en Yougoslavie
    • dĂ©portation de dizaines de milliers de Serbes, Juifs et Roms dans les camps de la mort (notamment dans le Camp de concentration de Jasenovac) par les Oustachi croates. Ceux-ci sont responsables du massacre global de 300 000 Ă  400 000 personnes, ainsi que de multiples conversions forcĂ©es au catholicisme.

Il faut encore mentionner l’exĂ©cution sommaire de civils et de soldats alliĂ©s en uniforme (en particulier certains paras parachutĂ©s par le SOE afin d’encadrer les maquis ainsi que de certains pilotes, dont Martin Bormann autorisa et encouragea le lynchage en 1944).

Les bombardements de villes

Certaines opérations de bombardement de villes ont causées de nombreuses victimes civiles. Le nombre de victimes civiles était parfois un but recherché pour affaiblir "le moral" de l'adversaire.

  • en Allemagne
    • Le bombardement de la ville de Hambourg, nom de code « OpĂ©ration Gomorrhe Â» est estimĂ© avoir fait 40 000 victimes, le plus lourd bilan humain en Europe pour ce type d'opĂ©ration.
    • Le Bombardement de Dresde est estimĂ© avoir fait 35 000 victimes selon les travaux d'une commission d'historiens mandatĂ©e par la ville de Dresde. L'historien Jörg Friedrich estime le nombre de victimes Ă  40 000[36].
  • en Grande-Bretagne

Le bombardement de villes anglaises, et de Londres en particulier, nom de code « Blitz Â» est estimĂ© avoir fait 14 500 victimes.

Sur le thĂ©Ăątre d’opĂ©ration asiatique

Article dĂ©taillĂ© : Crimes de guerre du Japon Shƍwa.
Cadavres d’enfants chinois massacrĂ©s Ă  Nankin en dĂ©cembre 1937 par l’armĂ©e japonaise

La dĂ©cision prise en aoĂ»t 1937 par Hirohito d’approuver une directive de son Ă©tat-major supprimant l’application des TraitĂ©s internationaux sur la protection des prisonniers de guerre entraĂźna la mort de plusieurs millions de civils en Chine. Étendue Ă  compter de 1941 aux autres pays conquis, cette mesure causa la mort d’une quantitĂ© phĂ©nomĂ©nale de civils et de prisonniers alliĂ©s dĂ©tenus dans des conditions atroces (tĂ©moignage de Roger Cyr des Royal rifles[37]).

Parmi les crimes de l’armĂ©e shĂŽwa, les plus notables sont les suivants :

  • rapt Ă  des fins sexuelles de plus de 200 000 « femmes de rĂ©confort Â», surtout des corĂ©ennes par les soldats japonais
  • en Chine
    • Massacre de Nankin au cours duquel les troupes japonaises pillent la ville pourtant Ă©vacuĂ©e par les troupes chinoises et massacrent entre 150 000 et 300 000 civils aprĂšs avoir commis diverses exactions dont des viols en sĂ©rie
    • OpĂ©rations de la Politique des Trois Tout (äž‰ć…‰äœœæˆŠ, Sankƍ Sakusen?), une stratĂ©gie de la terre brĂ»lĂ©e mise en Ɠuvre Ă  partir de mai 1942 dans le nord de la Chine et ayant entraĂźnĂ© la mort d’environ 2,7 millions de civils.[38]
    • Massacre d’environ 250 000 civils du Zhejiang et du Jiangxi, d’avril Ă  aoĂ»t 1942, en reprĂ©sailles au raid de Doolittle sur le sol japonais le 18 avril.
    • expĂ©rimentation d’armes bactĂ©riologiques sur des milliers de prisonniers chinois, corĂ©ens et russes par l’unitĂ© 731
  • Ă  Singapour, massacre de 25 000 Ă  50 000 civils lors de « l'Ă©puration Â» (DaikenshĂŽ ou Sook Ching) menĂ©e du 18 fĂ©vrier au 4 mars 1942
  • en Malaisie
    • exĂ©cution de 161 prisonniers alliĂ©s (australiens, britanniques et indiens) Ă  Parit Sulong en janvier 1942
  • en Birmanie
    • massacre d’environ 600 civils en juin 1945 Ă  Kalagon.
  • aux Philippines, le Tribunal de Tokyo et le Tribunal de Manille identifiĂšrent 72 massacres d’envergure dont :
    • La marche de la mort de Bataan (environ 20 000 morts) d’avril Ă  mai 1942[39]
    • massacre d’environ 100 000 civils en fĂ©vrier 1945 Ă  Manille, dont de 200 civils au St-Paul College [40]
    • massacre de 2 500 civils Ă  Calamba
    • massacre de 2 500 civils Ă  Lippa, sur l'Ăźle de Luzon [41]
    • massacre de 500 civils Ă  Dapdap, province de Cebu[42]
    • massacre de 328 civils Ă  Bauan, 320 Ă  Taal, 300 Ă  Cuenca, 107 Ă  San Jose, 39 Ă  Lucero, province de Batangas[43]
  • Ă  Laha
    • exĂ©cution de 55 prisonniers australiens et 30 prisonniers nĂ©erlandais le 9 fĂ©vrier 1943
  • Ă  Bangka
  • Ă  Andaman

Cannibalisme

Plusieurs rapports Ă©crits et tĂ©moignages colligĂ©s par la Section australienne des Crimes de guerre du Tribunal de Tokyo et analysĂ©s par l’enquĂȘteur William Webb (le futur juge en chef du Tribunal), dĂ©montrent que les soldats japonais commirent des actes de cannibalisme Ă  l’encontre des prisonniers alliĂ©s. Dans bien des cas, ces actes Ă©taient motivĂ©s par la famine mais selon l’historien Yuki Tanaka, « le cannibalisme Ă©tait souvent une activitĂ© systĂ©matique menĂ©e par des escouades entiĂšres et sous le commandement d’officiers. Â»[44]

Selon le tĂ©moignage de nombreux prisonniers comme le soldat indien Hatam Ali, les victimes Ă©taient parfois dĂ©pecĂ©es vivantes. Les plus hauts gradĂ©s connus ayant pratiquĂ© le cannibalisme sont le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Yoshio Tachibana, qui avec 11 membres de son personnel, a Ă©tĂ© jugĂ© pour avoir fait dĂ©capiter et mangĂ© un aviateur amĂ©ricain en aoĂ»t 1944 Ă  Chichi Jima et le vice-amiral Mori pour avoir mangĂ© un prisonnier lors d’une rĂ©ception tenue en fĂ©vrier 1945[45][46][47].

5 juin 1941, victimes civiles de l’un des 268 raids aĂ©riens faits sur Chongqing par le Service aĂ©rien de l'armĂ©e impĂ©riale japonaise et celui de la marine. Plus de 5000 Chinois pĂ©rirent au cours des deux premiers jours de bombardement en 1939.[48]

Bombardements

Le Service aĂ©rien de l'armĂ©e impĂ©riale japonaise et celui de la marine menĂšrent, de 1937 Ă  1945, une campagne systĂ©matique de bombardements contre des objectifs civils en ExtrĂȘme-orient et mĂȘme contre la ville de Darwin en Australie. Les zones les plus Ă©prouvĂ©es furent les grandes villes chinoises comme Shanghai et Chongqing. À l’automne 1937, la violence des bombardement de Nanjing et de Guangzhou entraina une rĂ©solution de blĂąme du ComitĂ© aviseur de l’ExtrĂȘme-orient de la SociĂ©tĂ© des Nations Ă  l’encontre du Japon. Lord Cranborne, le sous-secrĂ©taire d'État aux Affaires Ă©trangĂšres de Grande-Bretagne, Ă©mit sa propre dĂ©claration d’indignation. « Les mots ne peuvent exprimer le sentiment de profonde horreur avec lequel la nouvelle de ces raids a Ă©tĂ© reçue par le monde civilisĂ©. Ils sont souvent dirigĂ©s contre des endroits Ă©loignĂ©s de la zone d’hostilitĂ© rĂ©elle. L’objectif militaire, s’il existe, semble prendre une place secondaire. Le but principal semble ĂȘtre d’inspirer la terreur par le massacre des civils
 Â»[49]

Pour la premiĂšre fois dans l'histoire de l'humanitĂ© l'arme nuclĂ©aire est utilisĂ©e par les États-Unis pour les Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Le nombre de victimes immĂ©diates est estimĂ© Ă  70 000 pour Hiroshima et 30 000 pour Nagasaki. Le nombre de victimes des suites d'irradiation est mal connu et contestĂ©, le maire d'Hiroshima Ă©voque un total de 237 000 victimes. Bien que l'essentiel des victimes soient civiles, certains estiment qu'il ne s'agit pas d'un crime de guerre en raison de l'attitude du Quartier gĂ©nĂ©ral impĂ©rial qui ignora Ă  deux reprises l'ultimatum de Potsdam.

Armes chimiques et bactériologiques

En Europe, les gaz de combat ne furent pas utilisĂ©s dans les combats entre belligĂ©rants, mais seulement contre les civils dĂ©portĂ©s, dans les camps d’extermination nazis. Des rĂ©serves importantes de gaz tabun et sarin furent retrouvĂ©es en Allemagne en 1945, suffisantes pour tuer des millions de personnes. Elles furent immergĂ©es dans des caissons de bĂ©ton sous la Manche. On s’inquiĂšte de leur Ă©tat de conservation aujourd’hui.

En Asie toutefois, les travaux des historiens Yoshiaki Yoshimi et Seiya Matsuno[50], dĂ©montrent que Hirohito permettait dĂšs juillet 1937 l’utilisation systĂ©matique de gaz toxiques contre l’armĂ©e chinoise et les populations civiles. Par peur des reprĂ©sailles et afin de s’assurer que ces armes ne soient jamais employĂ©es contre des intĂ©rĂȘts occidentaux, chaque utilisation faisait l’objet d’une directive spĂ©cifique approuvĂ©e par l’empereur et transmise par le chef d'Ă©tat-major de l’armĂ©e, le prince Kotohito Kan'in (le gĂ©nĂ©ral Hajime Sugiyama Ă  compter de 1940). DĂšs 1939, les armes chimiques furent employĂ©es en URSS et en Mongolie puis aux Philippines en 1942.

Charnier de l’UnitĂ© 731, l’unitĂ© de recherche bactĂ©riologique de l’armĂ©e impĂ©riale japonaise

En 2004, Yoshimi découvrit toutefois dans les archives nationales australiennes des documents démontrant que des gaz toxiques avaient été testés sur des prisonniers australiens et néerlandais en 1944 en Indonésie.[2]

À ces armes chimiques, s’ajoutent les armes bactĂ©riologiques produites par l’unitĂ© 731 et employĂ©es Ă  maintes reprises contre des civils en Chine et contre l’armĂ©e soviĂ©tique lors de la bataille de Halhin Gol.

Viols de guerre

Article connexe : Femmes de rĂ©confort.

Toutes les troupes belligĂ©rantes de la Grande Guerre avaient commis ou laissĂ© commettre de nombreux viols de guerre[51]. Le phĂ©nomĂšne ne se reproduisit pas autant en 1939-1945. Les historiens Ian Kershaw et Rees rapportent que contrairement Ă  la propagande de la Wechmacht qui dĂ©fendait le mythe d'une armĂ©e saine, des viols Ă  grande Ă©chelle ont Ă©tĂ© commis par l'armĂ©e Allemande[52]. En revanche, plusieurs milliers de viols perpĂ©trĂ©s pendant la campagne d’Italie par les Tabors marocains ont Ă©tĂ© reconnus et indemnisĂ©s par la France aprĂšs 1945. L’ArmĂ©e rouge, surtout, fut explicitement encouragĂ©e, en reprĂ©sailles aux exactions massives du Reich en URSS, Ă  terroriser les populations allemandes par le viol et les pillages Ă  grande Ă©chelle : selon Hanna Schissler de nombreuses Allemandes de l’est envahi ont subi en 1945 les violences systĂ©matiques des soldats soviĂ©tiques[53]. En Yougoslavie thĂ©oriquement alliĂ©e, Milovan Đilas dut se plaindre en personne Ă  Staline de milliers de viols, le dictateur soviĂ©tique lui rĂ©pondant cyniquement que l’ArmĂ©e rouge avait assez endurĂ© pour ne pas devoir s’attarder Ă  ce genre de rĂ©criminations[54].

Selon l'historien Robert J. Lilly environ 14 000 femmes auraient Ă©tĂ© violĂ©es par les troupes amĂ©ricaines de la Normandie en France Ă  l'Allemagne[55]. Certains militaires coupables ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s, essentiellement lorsqu'ils Ă©taient noirs.

L'historien Peter Schrijvers estime que plus de 10 000 femmes ont Ă©tĂ© violĂ©es par les troupes amĂ©ricaines Ă  l'occasion de la Bataille d'Okinawa[56]

Autres crimes

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Déportation de minorités soviétiques par Staline

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'URSS sous Staline.

DĂšs avant-guerre, Staline considĂšre les minoritĂ©s frontaliĂšres comme suspectes par dĂ©finition, et en prĂ©vision du conflit qui approche, ordonne pendant les Grandes Purges de 1937-1938 la dĂ©portation prĂ©ventive de centaines de milliers de Polonais, de Finnois, de Lettons, mais aussi, Ă  la frontiĂšre asiatique, de nombreux Chinois et de 170 000 CorĂ©ens qui se retrouvent en Asie centrale. Lors du pacte germano-soviĂ©tique, l’URSS brise toute rĂ©sistance Ă  la soviĂ©tisation forcĂ©e en dĂ©portant de 1939 Ă  1941 plus de 300 000 Polonais nouvellement annexĂ©s, ainsi que de nombreux Moldaves, Baltes, etc.

Des forces non nĂ©gligeables sont ensuite distraites du front en pleine offensive allemande de l'Ă©tĂ© 1941, afin de dĂ©porter la totalitĂ© des Allemands de la Volga et du reste de l’URSS, descendants de colons prĂ©sents depuis deux siĂšcles. Au printemps 1944, sous la fausse accusation de collaboration, quatorze peuples reprĂ©sentant deux millions de victimes, dont l’intĂ©gralitĂ© des TchĂ©tchĂšnes-Ingouches, des Tatars de CrimĂ©e, des Kalmouks, des KaratchaĂŻs, etc. sont dĂ©portĂ©s collectivement en SibĂ©rie et en Asie centrale. La dĂ©portation des 600 000 TchĂ©tchĂšnes, femmes, enfants, militants communistes et soldats dĂ©corĂ©s compris, fut accomplie en six jours par le NKVD en mars 1944, ce qui reste Ă  ce jour la plus intense dĂ©portation de l’histoire. Les biens des peuples dĂ©portĂ©s furent cĂ©dĂ©s Ă  des colons russes, leurs rĂ©publiques autonomes souvent supprimĂ©es et leurs villes dĂ©baptisĂ©es, et en 1949, un dĂ©cret du Soviet SuprĂȘme dĂ©clara que les peuples « punis Â» resteraient exilĂ©s Ă  perpĂ©tuitĂ©. Ces mesures ne furent abrogĂ©es que sous Khrouchtchev puis sous Gorbatchev.

À la reprise des Pays baltes, de l’Ukraine et de la Pologne orientale (1945), de nouvelles dĂ©portations massives au Goulag frappĂšrent les simples suspects, les collaborateurs locaux des nazis, mais aussi les rĂ©sistants nationalistes qui s'Ă©taient battus Ă  la fois contre les Allemands et les SoviĂ©tiques et qui refusĂšrent souvent de dĂ©poser les armes, enfin les populations civiles accusĂ©es Ă  tort ou Ă  raison de soutenir ces derniers. Selon Anne Applebaum et Jean-Jacques Marie, 6 Ă  10 % des populations baltes ou moldave se trouvent ainsi en dĂ©portation Ă  la fin des annĂ©es 1940. Des rafles massives de suspects ont Ă©galement lieu au fur et Ă  mesure de l’avancĂ©e de l’ArmĂ©e rouge en Europe de l’Est : ainsi disparut sans retour comme des milliers d’autres, en fĂ©vrier 1945 Ă  Budapest, le hĂ©ros du sauvetage des Juifs Raoul Wallenberg.

Il faut leur ajouter les centaines de milliers de soldats soviĂ©tiques dĂ©portĂ©s pendant la guerre pour « dĂ©faillance Â» ou pour esprit critique, tel Alexandre Soljenitsyne arrĂȘtĂ© sur le front de Pologne en fĂ©vrier 1945 pour avoir mis en doute le gĂ©nie militaire de Staline. De nombreux anciens prisonniers de guerre, dĂ©bris de l’armĂ©e Vlassov, travailleurs civils volontaires ou forcĂ©s en Allemagne, furent Ă©galement traitĂ©s en coupables Ă  leur retour au pays, et allĂšrent former la gĂ©nĂ©ration d’aprĂšs-guerre des captifs du Goulag. Quant aux centaines de milliers de prisonniers de guerre allemands et japonais, les derniers ne furent relĂąchĂ©s qu’au milieu des annĂ©es 1950.

Expulsion des minoritĂ©s allemandes d’Europe centrale et japonaises du Pacifique

  • Il y avait en Europe centrale (Prusse, TchĂ©coslovaquie, Pologne et pays baltes) des implantations allemandes depuis de nombreux siĂšcles. Les Allemands des SudĂštes, dont les porte-paroles avaient demandĂ© le rattachement Ă  l’Allemagne, avaient servi de prĂ©texte au dĂ©mantĂšlement de la TchĂ©coslovaquie, accordĂ© par les Accords de Munich en 1938. D’autres minoritĂ©s, Ă  travers les Balkans et les Pays baltes, Ă©taient plus dispersĂ©es, et dĂšs 1939, Hitler avait entrepris de « rapatrier Â» ces Volksdeutsche sur le territoire du Grand Reich, tache confiĂ©e Ă  Eichmann.
  • AprĂšs la prise de ces territoires par l’armĂ©e soviĂ©tique, de nombreux Allemands, dont beaucoup avaient collaborĂ© avec les nazis, furent expulsĂ©s ou fuirent ces rĂ©gions pour l’Allemagne ou l’Autriche, dans des conditions souvent dramatiques.
  • Plus d’un million d’Allemands de la Volga, descendants de colons appelĂ©s par les tsars au XVIIIe siĂšcle, furent dĂ©portĂ©s en SibĂ©rie par Staline dĂšs l'Ă©tĂ© 1941.

En tout, 8 millions d’Allemands ont Ă©tĂ© expulsĂ©s en 1945 de l’Europe centrale et orientale, dont 2 millions des vieux territoires du Reich situĂ©s de l’est de la ligne Oder-Neisse, et cĂ©dĂ©s Ă  la Pologne.

Un phĂ©nomĂšne comparable s’est produit en Asie : 13 millions de Japonais durent quitter la CorĂ©e, la Chine et les Ăźles du Pacifique conquises au XIXe siĂšcle par l’empire du Soleil-Levant. Cet afflux important de rĂ©fugiĂ©s sur un archipel nippon en ruines accrut dans l’immĂ©diat les dĂ©fis de la reconstruction. Mais la rĂ©solution Ă  terme du problĂšme dĂ©mentit la propagande d’avant-guerre, qui jugeait le Japon « surpeuplĂ© Â» et qui n’avait vu de solution que dans l’expansion territoriale.

Les dégùts culturels

La Shoah est aussi une catastrophe culturelle irrĂ©parable. Le yiddishland d’Europe centrale et orientale est pratiquement anĂ©anti, et l’on estime que les trois quarts des locuteurs du yiddish ont disparu pendant la guerre. Si la France n’a perdu « que Â» le quart de sa population juive, et que le monde israĂ©lite français en tant que tel continue d’exister, en revanche, les brillantes communautĂ©s juives d’Amsterdam, Berlin, Vienne, Budapest ou Vilnius ont Ă©tĂ© Ă©radiquĂ©es sans retour, Ă  plus de 90 %. Les nazis ont aussi cherchĂ© Ă  effacer toute trace du passĂ© juif multisĂ©culaire en spoliant leurs victimes de tous leurs biens et Ɠuvres d’art (aryanisation), en dĂ©truisant les synagogues, en brĂ»lant des livres de priĂšres, en retournant les cimetiĂšres.

Dans les pays occupĂ©s, les nazis ont volĂ© d’innombrables Ɠuvres d’art, collections juives en tĂȘte. Ce pillage artistique est orchestrĂ© particuliĂšrement par Hermann Göring et Alfred Rosenberg suivant le principe du Kunstschutz. Selon l’historien Marc Mazower[57], les agents de Rosenberg, rien qu’en Europe occidentale, ont pillĂ© pour 674 trains de marchandises, meubles et objets saisis dans les appartements des Juifs dĂ©portĂ©s. Les Allemands ont aussi emmenĂ© de nombreuses archives privĂ©es et publiques de toute sorte, dont beaucoup ont Ă©tĂ© perdues, ou rĂ©cupĂ©rĂ©es par les Russes qui les dissimulĂšrent pendant un demi-siĂšcle[58]. Si une partie des trĂ©sors volĂ©s est dĂ©couverte par les Anglo-Saxons Ă  la chute du Reich et rendue aux propriĂ©taires lĂ©gitimes, l’URSS puis la Russie ont toujours refusĂ© de restituer certains chefs-d’Ɠuvre figurant dans le butin de l’ArmĂ©e rouge en 1945, ainsi le cĂ©lĂšbre « trĂ©sor de Priam Â» [59]. Les nazis ont aussi, çà et lĂ , dĂ©truit des toiles reprĂ©sentatives de ce qu’ils qualifiaient d'« art dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© Â». Par exemple, ils ont organisĂ© au jardin des Tuileries, le 27 mai 1943, un autodafĂ© de 500 Ɠuvres de Picasso, LĂ©ger, Klee et Ernst.

Nombre de vieilles villes japonaises, surtout faites de bois et de papier, ont flambĂ© sous les bombardements. Des villes telle Kyoto ont toutefois Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©es par les bombardiers amĂ©ricains en raison de leur patrimoine prestigieux. En Europe, l’abbaye du Mont-Cassin, berceau du monachisme bĂ©nĂ©dictin au VIe siĂšcle, a servi de champ de bataille en 1944.

L’historien Jörg Friedrich[60] a Ă©tabli la liste des dĂ©gĂąts patrimoniaux subi par les villes allemandes : ainsi, ont Ă©tĂ© radicalement dĂ©vastĂ©es des villes telles Berlin, Hambourg, Cologne, Dresde, Nuremberg, Breslau, ou encore bon nombre de villes moyennes au passĂ© trĂšs prestigieux telles Potsdam, Fribourg, Ulm, Wurtzbourg, ou Bayreuth. Les 28 villes de la Ruhr ont aussi Ă©tĂ© durement bombardĂ©es et inondĂ©es. En sus de divers cathĂ©drales, palais et centres historiques, ont par exemple flambĂ© les maisons natales de Goethe, de Kleist, de Martin Luther ou des frĂšres Grimm.

Jörg Friedrich Ă©tablit aussi que quelque 40 % des archives allemandes totales ont Ă©tĂ© perdues, ainsi que quelque 8 millions d’ouvrages des bibliothĂšques publiques, dont des milliers de thĂšses irremplaçables, des incunables et des manuscrits prĂ©cieux. À titre d’exemple, la bibliothĂšque nationale bavaroise de Munich a perdu 500 000 volumes, celle d’Hambourg 650 000, celle de l’UniversitĂ© de MĂŒnster 360 000. Selon l’historien, « on n’avait jamais brĂ»lĂ© autant de livres de l’histoire de l’HumanitĂ© Â». Toutefois, la majoritĂ© des ouvrages, documents et Ɠuvres d’art amovibles, dissimulĂ©s dans des mines, des bunkers ou des fermes, ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©es.

John Keegan relĂšve que les destructions allemandes ont causĂ© la fin du centre Renaissance de Rotterdam (dĂ©truit en mai 1940), de toute la vieille ville de Varsovie, de la City de Londres, de TsarskoĂŻe Selo prĂšs de Leningrad. Bordeaux est le seul grand port de la cĂŽte atlantique française Ă  sortir Ă  peu prĂšs indemne de la guerre. Le centre mĂ©diĂ©val de Caen et de Rouen a Ă©tĂ© ravagĂ© par les bombardements amĂ©ricains et les combats de rue, Vienne et Budapest endommagĂ©es lors de leur conquĂȘte par les Russes. Cependant, relĂšve-t-il, des joyaux tels Oxford et Cambridge n’ont jamais Ă©tĂ© bombardĂ©es, ni AthĂšnes ou Venise. Paris a peu souffert dans son patrimoine, et les Allemands ont fait sauter tous les ponts de Florence en aoĂ»t 1944, sauf le Ponte Vecchio, le plus ancien et le plus prestigieux (en fait le seul trop Ă©troit pour les blindĂ©s).

AprĂšs la guerre, beaucoup de centre-villes et de monuments ont du ĂȘtre reconstruits Ă  l’identique. Quelques-uns sont restĂ©s en l'Ă©tat Ă  titre de mĂ©morial, telle l'Ă©glise du souvenir sur la KĂŒdamm de Berlin. Des impacts de balles se voient encore sur certaines façades de monuments parisiens, ainsi Ă  l'École militaire, Ă  l'École des Mines ou sur le Palais de Justice. D’autres citĂ©s ravagĂ©es ont Ă©tĂ© aprĂšs-guerre le laboratoire de l’urbanisme moderne, ainsi la reconstruction du Havre confiĂ©e Ă  l’architecte Auguste Perret.

Postérité de la Seconde Guerre mondiale

La fin du conflit planĂ©taire ne signifie pas partout le retour Ă  la paix. Des guĂ©rillas Ă  la fois antisoviĂ©tiques et antiallemandes continuent Ă  se battre aux confins de l’Ukraine et des Pays baltes jusqu’en 1946, voire jusqu’à la fin des annĂ©es 1940. La GrĂšce dĂšs dĂ©cembre 1944, la Chine en 1945 sombrent dans la guerre civile jusqu’en 1949, tandis que de longues guerres d’indĂ©pendance commencent immĂ©diatement en Palestine, en IndonĂ©sie, en Indochine. Le massacre de SĂ©tif, survenu le jour mĂȘme de la capitulation allemande (8 mai 1945), annonce la future guerre d’AlgĂ©rie (1954).

AprÚs la Seconde Guerre mondiale se sont dessinés les rapports de forces qui ont caractérisé la guerre froide, mais aussi un grand nombre de situations géopolitiques actuelles.

Le travail de reconstitution historique de cette pĂ©riode est toujours en cours, et sujet Ă  de nombreuses controverses, propres Ă  exacerber les sensibilitĂ©s nationales : la collaboration française sous Vichy en est un exemple. Les affrontements violents entre collaborateurs et rĂ©sistants en France, en Italie ou dans les Balkans, ont causĂ© des traumatismes durables, et le conflit meurtrier en ex-Yougoslavie (1991-1995) a vu ressurgir explicitement bien des vieilles rancunes. En Asie, les habitants des pays limitrophes du Japon (partciuliĂšrement la Chine et la CorĂ©e) restent inquiets du rĂ©visionnisme japonais, d’autant que le gouvernement du Japon d’aprĂšs-guerre a toujours fait preuve d’ambiguitĂ© concernant son rĂŽle pendant la pĂ©riode impĂ©rialiste (qui commence en 1910 avec la colonisation de la CorĂ©e, c’est-Ă -dire bien avant le dĂ©but de la seconde guerre mondiale) Ă  l’image des visites rĂ©pĂ©tĂ©es de politiciens japonais au trĂšs controversĂ© sanctuaire Yasukuni ou encore du problĂšme des manuels scolaires japonais, qui tendent Ă  embellir le passĂ© du Japon.

Par ailleurs, l’holocauste juif en particulier a donnĂ© lieu Ă  un important programme de dĂ©dommagements de guerre. Toutefois, les AlliĂ©s n’ont pas souhaitĂ© rĂ©pĂ©ter l’erreur des dĂ©dommagements trop lourds exigĂ©s Ă  l’Allemagne aprĂšs la premiĂšre guerre mondiale, ce qui a permis au pays de connaĂźtre un « miracle Ă©conomique Â», et d’intĂ©grer la CommunautĂ© Ă©conomique du charbon et de l’acier (CECA), prĂ©lude Ă  la CommunautĂ© europĂ©enne. Le plan Marshall a permis aux Ă©conomies europĂ©ennes de se reconstruire.

Bilan

Article dĂ©taillĂ© : Bilan de la Seconde Guerre mondiale.

Ce conflit fut le plus coĂ»teux en vie humaine de toute l’histoire de l’humanitĂ©. On recense environ 60 millions de morts (dont 45 millions Ă  cause des combats et des bombardements) avec plus de victimes civiles que militaires. L’URSS a payĂ© le plus lourd tribut avec de 20 Ă  30 millions de victimes, civils et militaires.

Des peuples entiers sont presque dĂ©cimĂ©s : les trois quarts des Juifs d’Europe ont pĂ©ri par suite du gĂ©nocide. Le plus terrible s’est produit en Europe centrale et orientale : la Pologne a perdu 15% de sa population, la Yougoslavie plus de 10 %. Combats, pillages, terres brĂ»lĂ©es et sabotages ont ravagĂ© l'Ă©conomie. Les populations sont dĂ©munies.

Nombre de rĂ©gions et de villes sont radicalement ravagĂ©es : par exemple Caen et la Normandie entiĂšre, Le Havre, Hiroshima, Nagasaki, Tokyo, Hambourg, Dresde, Stalingrad, Leningrad, Sebastopol, Kharkov, Varsovie, Budapest, Berlin
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ƒuvres liĂ©es

Radiophonie

La radio fut pendant toute la guerre une arme de propagande fondamentale. Sous l’occupation nazie, des millions d’EuropĂ©ens Ă©coutĂšrent chaque jour en cachette la BBC, dont les Ă©missions en toutes les langues entretenaient l’espoir. Winston Churchill galvanisa le Parlement, la nation britannique et les peuples occupĂ©s Ă  coup de discours radiodiffusĂ©s, et Charles de Gaulle, surnommĂ© le "gĂ©nĂ©ral Micro" par la propagande vichyste, ne fut longtemps qu’une voix pour beaucoup de Français.

La radio de Londres accueillit les cĂ©lĂšbres chroniques de Jean OberlĂ©, de Maurice Schumann et de Pierre Dac dans le cadre des Ă©missions « Honneur et Patrie Â» et « Les Français parlent aux Français Â». L’audience Ă©norme acquise par leur ennemi, le redoutable orateur ultra-collaborationniste Philippe Henriot, obligea la RĂ©sistance Ă  exĂ©cuter ce dernier (27 juin 1944).

Sont Ă©galement passĂ©es Ă  la postĂ©ritĂ© les Ă©missions antinazies de Thomas Mann, qui joutait avec Goebbels par-delĂ  l’Atlantique, ou les chroniques de Georges Orwell en Grande-Bretagne. Avides de nouvelles impartiales, beaucoup de francophones apprĂ©ciaient aussi la radio suisse, et notamment les Ă©ditoriaux rĂ©putĂ©s de RenĂ© Payot.

Chaque camp utilisa Ă  ses micros des ressortissants du pays ennemi pour saper le moral de ses civils et de ses soldats. DĂšs la DrĂŽle de Guerre, Goebbels fit parler au micro de Radio-Stuttgart, non sans succĂšs, un animateur francophone identifiĂ© comme Ă©tant le journaliste pro-nazi Paul Ferdonnet. Wiliam Joyce, dit « Lord Haw-Haw Â», un amĂ©ricain d'origine nord-irlandaise, anima des Ă©missions de propagande pro-allemande Ă  destination du Royaume-Uni, que captĂšrent des millions d’auditeurs. Les Japonais utilisĂšrent Ă©galement les services de diverses speakerines nippo-amĂ©ricaines ou anglophones, dĂ©signĂ©es par les GI sous le nom collectif de Tokyo Rose(« la Rose de Tokyo Â»). Inversement, le Ml Paulus, le vaincu de Stalingrad, parla Ă  la radio de Moscou.

Cinq volumes de chroniques françaises de la BBC ont été éditées par Jean-Louis Crémieux-Brilhac sous le titre Les voix de la liberté. Ici Londres, La Documentation Française, 1975.

Journalisme

Nombre de grands Ă©crivains ont Ă©tĂ© correspondants de guerre, ainsi l’AmĂ©ricain Ernest Hemingway qui tĂ©moigna de la libĂ©ration de Paris, ou sur le front russe les romanciers Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman, lequel fut le premier journaliste Ă  dĂ©couvrir les ruines du camp d’extermination de Treblinka.

Etroitement censurĂ©e par les Allemands et leurs collaborateurs, et souvent compromise, la presse fut soumise Ă  une sĂ©vĂšre Ă©puration en France libĂ©rĂ©e, l’historien Patrick Eveno estimant que 90 % des titres ont disparu ou changĂ© de main.

Le Temps fut ainsi remplacĂ© par Le Monde dĂšs dĂ©cembre 1944, L’Auto par L'Équipe, ou Paris-Soir par Le Parisien LibĂ©rĂ©. FondĂ©s en pleine clandestinitĂ©, de nombreux journaux de la RĂ©sistance entamaient aussi une carriĂšre plus ou moins longue, Ă  l’image de LibĂ©ration, de Franc-Tireur ou du DauphinĂ© LibĂ©rĂ©. Combat, qui s’attache Albert Camus Ă  la LibĂ©ration, perdure ainsi jusqu’en 1972, de mĂȘme que Les Lettres françaises de Louis Aragon, revue littĂ©raire qui a vu ses fondateurs Jacques Decours et Georges Politzer fusillĂ©s par l’occupant dĂšs 1942. DĂ©fense de la France, fondĂ© dans le sous-sol de la Sorbonne le 14 juillet 1941, engendre France-Soir en septembre 1944.

Tel qu'illustré par cette affiche du Bureau d'Information sur la Guerre du gouvernement américain, la propagande joua un rÎle important dans la mobilisation des populations.

Photographie

Parmi les nombreux photographes de guerre, on peut citer Robert Capa, prĂ©sent le jour J sur les plages d’Omaha Beach.

Nombre de photos aux auteurs moins connus du grand public sont entrĂ©es dans la mĂ©moire collective, ainsi le cĂ©lĂšbre clichĂ© des AmĂ©ricains plantant la banniĂšre Ă©toilĂ©e au sommet d’Iwo Jima, ou celui des SoviĂ©tiques Iegorov et Kantara attachant le drapeau rouge sur le Reichstag.

Littérature et bande dessinée

FondĂ©es dans la clandestinitĂ©, les Éditions de Minuit entretinrent la rĂ©sistance intellectuelle en France, publiant notamment Le Silence de la mer de Vercors (1941), un appel Ă  opposer un mutisme digne aux tentatives de sĂ©duction de l’occupant.

Des recueils collectifs tels que Le Cahier noir ou L’Honneur des PoĂštes (1943) rĂ©pliquĂšrent aux Ă©crivains collaborationnistes tels que CĂ©line, Brasillach, Lucien Rebatet. Des auteurs cĂ©lĂšbres tels le prix Nobel norvĂ©gien Knut Hamsun ou le philosophe italien Giovanni Gentile mirent aussi leur plume au service de la cause allemande.

Beaucoup d'Ă©crivains choisirent de ne pas publier pendant la durĂ©e de la guerre pour ne pas devoir passer par les services d'Ă©diteurs contrĂŽlĂ©s par l’occupant, ainsi AndrĂ© Malraux ou Roger Martin du Gard. Cependant, en France, oĂč la vie culturelle fut particuliĂšrement animĂ©e et brillante pendant la guerre, une trĂšs large partie de la production thĂ©Ăątrale, littĂ©raire ou philosophique ne fit aucune allusion au conflit en cours, bien des crĂ©ateurs semblant s’accommoder plus ou moins de la mainmise allemande sur leurs Ă©diteurs en particulier et sur la vie culturelle en gĂ©nĂ©ral (Philippe Burrin, La France Ă  l’heure allemande, Seuil, 1995).

De nombreux poĂštes Ă©crivirent pour la RĂ©sistance, ainsi Louis Aragon composant La Rose et le RĂ©sĂ©da pour exalter l’union de « celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas Â», ou Paul Éluard composant LibertĂ© ou chantant le martyre de Gabriel PĂ©ri. Ils furent parfois victimes de la rĂ©pression, ainsi Robert Desnos en France, Kak Munj au Danemark.

Des tĂ©moins cherchant Ă  analyser les causes de la guerre et de la dĂ©faite produisirent des Ɠuvres que leur luciditĂ© reconnue et leur finesse d'Ă©criture rendent toujours utilisables aujourd’hui, ainsi l’historien Marc Bloch (fusillĂ© pour RĂ©sistance par les nazis) rĂ©digeant L'Étrange DĂ©faite dĂšs l'Ă©tĂ© 1940, ou le philosophe catholique Jacques Maritain, militant de la France libre, publiant À travers le dĂ©sastre Ă  New York.

De nombreux contemporains tinrent des journaux intimes souvent de grande qualitĂ©, tels Ernst JĂŒnger, affectĂ© dans les forces d’occupation Ă  Paris, le professeur rĂ©sistant Jean GuĂ©henno en France, ou Ă  Amsterdam la trĂšs jeune Anne Frank, victime de la Shoah.

Le traumatisme immense causĂ© par la DĂ©portation se reflĂšte dĂšs l’immĂ©diat aprĂšs-guerre dans les nombreux rĂ©cits aussitĂŽt produits par des rescapĂ©s des camps de concentration, qu’ils soient politiques (L’EspĂšce humaine de Robert Antelme, L’Univers concentrationnaire de David Rousset, prix Goncourt 1946) ou juifs (ainsi Primo Levi).

AprĂšs sa conclusion, la Seconde Guerre mondiale n’allait pas cesser d'ĂȘtre une source intarissable d’inspiration et de rĂ©flexion pour les auteurs, qu’ils aient ou non vĂ©cu les Ă©vĂ©nements. En tĂ©moignerait encore, tout rĂ©cemment, le succĂšs en librairie des Bienveillantes de Johnattan Littel (2006).

Chansons et poĂšmes

  • It's a Long Way to Tipperary : chanson britannique.
  • Lili Marleen : chanson allemande avec des paroles inspirĂ©es d’un poĂšme du soldat Hans Leip, sur une musique de Norbert Schultze.
  • Le Chant des partisans : chanson française avec des paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel sur une musique de Anna Marly.
  • Le Chant des dĂ©portĂ©s (ou Chant des marais) : chant composĂ©, en 1934 par les dĂ©tenus du K.Z. de Borgermoor.
  • Chant des Marines (From the halls of Montezuma
) : chant militaire amĂ©ricain.
  • Blood on the Risers : chant militaire amĂ©ricain (parachutistes) Ă©crit Ă  l'Ă©poque.
  • Yankee Doodle (Yankee Doodle keep it up, Yankee Doodle Dandy
) : chant patriotique amĂ©ricain.
  • In the Mood : instrumental amĂ©ricain de Glenn Miller.
  • Les Ricains par Michel Sardou : Ă©vocation postĂ©rieure Ă  la guerre.
  • Divers chants patriotiques soviĂ©tiques ont aussi marquĂ© cette guerre, et notamment Moskva (Moscou) et Stalingrad, Ă©voquant la rĂ©sistance de ces deux villes, ainsi que Plaine Oh ma Plaine
. En outre, un chant communiste plus ancien revint alors Ă  l’actualitĂ©, le chant russe des Partisans (« Ă€ l’appel du Grand LĂ©nine, se levaient les partisans
 [3]»). Seuls les airs sont connus, non les paroles.
  • Fanny de Laninon, de Pierre Mac Orlan : une histoire d’amour (« â€Š c’était elle ma bonne amie
 Â»), la guerre en trois vers (« â€Š Tonnerre de Brest est tombĂ©, pas du bon cĂŽtĂ©, tout s’est Ă©croulé  Â»), le dĂ©sespoir du narrateur malgrĂ© la paix (« â€Š J’n'ai plus rien en survivance
 Â»).
  • Barbara, de Jacques PrĂ©vert : une histoire d’amour (« â€Š Ruisselante ravie Ă©panouie
 Â»), la guerre en trois vers (« â€Š Sous cette pluie de fer de feu d’acier de sang
 Â»), le dĂ©sespoir du narrateur malgrĂ© la paix (« â€Š Mais ce n’est plus pareil et tout est abĂźmé  Â»).

Films

Article dĂ©taillĂ© : Films sur la Seconde Guerre mondiale.

Si l’on produit sans surprise un certain nombre de films de propagande pendant la guerre, beaucoup de rĂ©alisations visent d’abord Ă  dĂ©tendre les spectateurs dans une pĂ©riode trĂšs dure. Goebbels fit ainsi dĂ©libĂ©rĂ©ment produire beaucoup plus de comĂ©dies musicales ou de films de style hollywoodien que d'Ɠuvres proprement nazies (Le Juif SĂŒss).

Notes et références

  1. ↑ EntrĂ©e « DeuxiĂšme guerre mondiale Â» dans le Grand dictionnaire terminologique, OQLF
  2. ↑ Raymond Cartier, La Seconde guerre mondiale, vol. 2, 1964, p. finale 
  3. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 59-78 
  4. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, p. 36 
  5. ↑ Y. Yoshimi and S. Matsuno, Dokugasusen Kankei shiryo II, Kaisetsu, Jugonen senso gokuhi shiryoshu 1997, p.27-29.
  6. ↑ Yannis Kadaris, Le BrĂ©sil et la Seconde Guerre mondiale 
  7. ↑ Philippe Masson, Une guerre totale, 1939-45, Taillandier, 1993, p. 426 
  8. ↑ TroisiĂšme RĂ©publique, Forces françaises libres puis ArmĂ©e française de la LibĂ©ration]].
  9. ↑ Effectifs militaires des Forces armĂ©es canadiennes [« Canada Total des effectifs militaires Â»] 
  10. ↑ par exemple, Pierre Miquel, La Seconde Guerre mondiale, Fayard, 1986, p. 11  ou Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 85 
  11. ↑ « C'est au fond l'occupation allemande de la TchĂ©coslovaquie en mars 1939, qui convertit l'opinion publique britannique Ă  la rĂ©sistance et, ce faisant, força la main d'un gouvernement rĂ©ticent ; lequel, Ă  son tour, contraignit un gouvernement français qui n'avait d'autre solution que d'emboiter le pas Ă  son seul vĂ©ritable alliĂ©. Â» in Eric Hobsbawm, L'Âge des extrĂȘmes [« The Age of Extremes Â»], Complexe, 1999, p. 210 
  12. ↑ a  et b  William Shirer (trad. non attribuĂ©e), Le TroisiĂšme Reich des origines Ă  la chute [« The Rise and Fall of the Third Reich Â»], Stock, 1961, 1275 p..
    1re Ă©d. originale 1960. 2 vol.
     
  13. ↑ Pierre Miquel, La Seconde Guerre mondiale, Fayard, 1986, p. 272 
  14. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 121 
  15. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 195 
  16. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 196-199 
  17. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 204-207 
  18. ↑ Ian Kershaw, Hitler, vol. 2 : Nemesis, Flammarion, 2000 
  19. ↑ a  et b  Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, p. 208-210 
  20. ↑ Franck Charles, OpĂ©ration Epsilon, Flammarion, 1993 
  21. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 403-404 
  22. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Éditions complexes, 1997, p. 336-337 
  23. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, p. 779 
  24. ↑ (en) Werner Rings, Leben mit dem Feind, Weidenfeld and Nicholson, 1982, p. 73.
    Traduit de la version originale allemande de 1979.
     
  25. ↑ Robert Paxton, La France de Vichy, Éditions du Seuil, 1997, p. 96 
  26. ↑ Yves Durand, Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale, p. 673 
  27. ↑ Raul Hilberg, La destruction des juifs d’Europe, vol. III, Gallimard, coll. « Folio Â», 2006, p. 2273 
  28. ↑ Denis Peschanski, La France des camps, l’internement 1938-46, Gallimard, 2002, p. 379 . Pesckanski cite (de) Michael Zimmerman, Rassenutopie und Genozid. Die nationalsiziatstische « Lösung der Zigeunerfrage Â», Christians Verlag, 1996 
  29. ↑ a  et b  (en) Yuki Tanaka, Hidden Horrors, 1996, p. 2-3.
    Japanese Atrocities in the Philippines
     
  30. ↑ Akira Fujiwara, NitchĂ» SensĂŽ ni Okeru Horyo Gyakusatsu, Kikan SensĂŽ Sekinin KenkyĂ» 9, 1995, p. 22 
  31. ↑ (en) Herbert Bix, Hirohito and the Making of Modern Japan, 2001, p. 360 
  32. ↑ Zhifen Ju, Japan’s atrocities of conscripting and abusing north China draftees after the outbreak of the Pacific war, 2002 
  33. ↑ (en) Indonesia: World War II and the Struggle For Independence, 1942-50; The Japanese Occupation, 1942-45, Library of Congress, 1992 
  34. ↑ Fabrice Virgili, La France Virile, Payot, 2000 
  35. ↑ Jacques SĂ©melin, Sans armes face Ă  Hitler. La rĂ©sistance civile en Europe, Payot, 1996 
  36. ↑ Jörg Friedrich dans "L'Incendie: L'Allemagne sous les bombes 1940-1945", Editeur : Editions de Fallois (7 avril 2004), (ISBN 978-2-87706-495-8)
  37. ↑ Les Anciens Combattants du Canada Ă  Hong Kong : La question de l’indemnisation, Les AmputĂ©s de guerre [prĂ©sentation en ligne] 
  38. ↑ Le Monde en guerre : le forum de la Seconde Guerre mondiale, « L’OpĂ©ration ‘Tue tout, pille tout, brĂ»le tout’ Â» 
  39. ↑ Le Monde en guerre : le forum de la Seconde Guerre mondiale, « La marche Ă  mort de Bataan Â» 
  40. ↑ Christine Sherman, M.J. Thurman, War Crimes, Japan's World War II, p.135
  41. ↑ Christine Sherman, War Crimes, Japan's World War II, p.136
  42. ↑ Christine Sherman, M.J. Thurman, War Crimes, Japan's World War II, p.137
  43. ↑ Christine Sherman, M.J. Thurman, War Crimes, Japan's World War II, p.136
  44. ↑ (en) Tanaka, Hidden Horrors : Japanese War crimes in World War II, Westview Press, 1996, p. 127 
  45. ↑ Edward Russell, The Knights of Bushido: a Short History of Japanese War Crimes, Greenhill Books, 2002, p. 236-238 
  46. ↑ (en) Jeanie Welch, Without a Hangman, Without a Rope: Navy War Crimes Trials After World War II, vol. 1, avril 2002 
  47. ↑ (en) Commission des crimes de guerre des Nations unies, Trial of General Tomoyuki Yamashita, vol. IV, Her Majesty’s Stationery Office, London, 1948 
  48. ↑ Herbert Bix, Hirohito and the making of modern Japan, 2000, p. 364 
  49. ↑ Martin Gilbert, Marching to War, 1933-1939 (The Illustrated London News), Doubleday, 1989, p. 135 
  50. ↑ Dokugasusen kankei shiryî II, Kaisetsu, 1997.
  51. ↑ StĂ©phane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14-18. Retrouver la guerre, 2000 
  52. ↑ Ian Kershaw et Laurence Rees dans "War of the Century: When Hitler Fought Stalin", Publisher: New Press (April 2000), (ISBN 978-1-56584-599-2)
  53. ↑ Hanna Schissler The Miracle Years: A Cultural History of West Germany, 1949-1968 [1]
  54. ↑ Milovan Đilas, Conversations avec Staline, 1964 
  55. ↑ Robert J. Lilly dans "Taken by Force: Rape and American GIs in Europe During World War II", Publisher: Palgrave Macmillan (7 Jun 2007), (ISBN 978-0-230-50647-3)
  56. ↑ Peter Schrijvers dans "The GI War Against Japan: American Soldiers in Asia and the Pacific During World War II", Publisher: Palgrave Macmillan (19 Jun 2002), (ISBN 978-0-333-77133-4)
  57. ↑ Marc Mazower, Le continent des tĂ©nĂšbres, Ed. Complexes, Bruxelles, 2003 
  58. ↑ Sophie CƓurĂ©, La mĂ©moire spoliĂ©e, 2007 
  59. ↑ Peter Bruhn: Beutekunst - Bibliographie des internationalen Schrifttums ĂŒber das Schicksal des im Zweiten Weltkrieg von der Roten Armee in Deutschland erbeuteten Kulturgutes (Museums-, Archiv- und BibliotheksbestĂ€nde) 4.ed. Vol.1-2. MĂŒnchen 2003 ISBN 3-87690-835-3; voir aussi Database bibliographique
  60. ↑ Jörg Friedrich, L’Incendie : l’Allemagne sous les bombes, 2005 

Bibliographie

Voir aussi

Grand Écho du Nord des 30, 31 aoĂ»t, 1er, 2 et 28 septembre 1939.

Articles connexes

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